J. B. (Jérusalem) :
Atrocités et manoeuvres de duperie
du gouvernement Macdonald en Palestine [1]
(25 juin 1930)
Le système de violence et d’oppression impérialiste, représenté par le gouvernement Macdonald, fait des efforts désespérés pour empêcher un nouveau soulèvement dans les pays arabes, soulèvement qui signifierait un renforcement considérable de la lutte d’émancipation antibritannique et un tournant dans l’orientation des musulmans de l’Inde. C’est ainsi que s’expliquent les voltefaces grotesques de la politique britannique en Palestine.
Tout d’abord, on a cherché à apaiser les chefs nationalistes arabes en fermant provisoirement l’immigration juive en Palestine. En dépit du fait que cette mesure soit provisoire et que la pitoyable banqueroute économique du sionisme ait déjà depuis longtemps mis fin à la possibilité d’une immigration juive de masses en Palestine, le retrait de l’autorisation d’immigration en Palestine, ainsi que l’envoi d’un commissaire spécial (Sir John Simpson), chargé d’enquêter sur une interdiction éventuelle de la vente du sol aux Juifs de Palestine, constituent des manoeuvres raffinées de duperie.
Il y a eu naturellement, en réponse, les jérémiades et les protestations hypocrites de la réaction mondiale juive, de "Vilna à San Francisco" et de l’"Agudass Jissroel" au "Poaley Sion" drapé de rouge. Cette clameur des laquais de l’impérialisme britannique devait éveiller l’illusion parmi les chefs arabes que Macdonald voulait faire quelques concessions. De plus, ces chefs arabes s’armaient d’un argument vis-à-vis des masses en affirmant que les négociations avec l’impérialisme britannique et les voyages à Londres avaient tout de même certains résultats. L’autorité des chefs nationaux-réformistes devait en être fortifiée, et cela avant tout contre l’aile national-révolutionnaire (Hamdi Husseini) et l’agitation communiste de plus en plus profonde, exigeant la rupture de toutes négociations et la lutte contre l’impérialisme et le sionisme par l’action directe des masses.
Mais quand Macdonald fait des concessions aux chefs réactionnaires arabes, cela ne signifie pas que ses agents en Palestine mettent fin au régime de terreur et de sang contre les masses. Les poursuites contre les révolutionnaires continuent. Les arrestations et les perquisitions d’ouvriers révolutionnaires juifs et arabes sont à l’ordre du jour. Là, où il s’agit d’ouvriers révolutionnaires, les représentants du gouvernement "ouvrier" couvert de sang ne sont pas seulement impitoyables et d’une brutalité moyenageuse, mais encore parjures : les promesses officielles du gouvernement britannique – promesses arrachées par 12 jours de grève de la faim de près de 100 prisonniers – accordaient aux prisonniers politiques un régime spécial correspondant à leur niveau de vie; les autorités pénitentiaires, sur l’ordre du gouvernement semble-t-il, ont rétabli l’ancien régime pour les prisonniers politiques arabes, et renforcé les mauvais traitements.
Longtemps, l’appareil administratif britannique en Palestine a hésité à appliquer les sentences de mort prononcées contre les participants arabes aux troubles d’aout. De tout l’orient arabe, de tous les pays musulmans, de tous les cercles de la population palestinienne (à l’exception des sanglants sionistes, dont l’organe anglais Palestine Daily Bulletin lança le mot d’ordre : "Plutôt pendre des innocents que de ne pas pendre du tout!"), parvinrent des protestations contre l’exécution des paysans arabes. Mais il était clair que le prestige britannique ne pouvait pas être maintenu sans exécution, d’autant plus qu’il fallait donner aux sionistes une sorte de compensation pour la fermeture de l’immigration.
L’exécution de trois paysans arabes à Jérusalem a entrainé de sérieuses contre-manifestations des masses arabes. De violentes collisions avec les troupes anglaises ont eu lieu tant à Jaffa qu’à Jérusalem.
La population juive, à l’exception des ouvriers juifs, qui suivent le P.C. de Palestine, s’est solidarisée avec l’excitation sioniste. La population juive est ainsi de nouveau en danger de servir de victime de l’impérialisme britannique en Palestine.
La tâche du P.C. de Palestine est d’organiser la lutte antiimpérialiste des masses ouvrières arabes et de gagner à cette lutte les travailleurs juifs. Les P.C. travaillant parmi les masses juives laborieuses des autres pays (Pologne, Lithuanie, Roumanie, Etats-Unis) doivent démasquer le sionisme. Le P.C. de Grande-Bretagne doit, quant à lui, systématiquement démasquer la domination sanglante de Macdonald en Palestine.
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