Autriche 1918 – 1945
Annotations historiques :
Vaterländische Front

 

Le 21 mai 1933, le chancelier Engelbert Dollfuß fonde le "Vaterländische Front" en tant qu’organisation politique "non partisane" destinée à rassembler toutes les forces "loyales au gouvernement". Dans un discours prononcé le 11 septembre de la même année à l’hippodrome de Vienne, il annonce son objectif de créer un "État autrichien social, chrétien et allemand sur une base corporative et une direction autoritaire forte". Les pressions économiques et politiques forcent surtout les employés de l’État et les travailleurs des entreprises dépendant de l’approvisionnement du gouvernement à devenir membres. Le chef fédéral est Dollfuß (jusqu’au 25 juillet 1934), puis Ernst Rüdiger Starhemberg (29 juillet 1934 – 14 mars 1936, qui auparavant était le chef fédéral adjoint) et enfin Kurt Schuschnigg (14 mars 1936 – 11 mars 1938).

Dans l’"État corporatiste" autoritaire, le Front patriotique se voit bientôt attribuer une position de monopole. Le Parti chrétien-social doit lui aussi cesser ses activités à l’automne 1934. En tant qu’association de droit public, le Vaterländische Front a vocation, selon la loi du 1er mai 1934 le concernant, à être "porteur de l’idée d’État autrichien". La loi constitutionnelle du 19 juin 1934 relative au passage à la constitution corporatiste lui confère le droit de proposition pour la nomination des membres des organes législatifs fédéraux. Une nouvelle loi de mai 1936 déclare finalement le Vaterländische Front comme "seul vecteur de la formation de la volonté politique dans l’État". Malgré un grand nombre de membres (3 millions en dernier lieu), il ne reste que la fiction d’un véritable mouvement populaire.

Après l’annexion de l’Autriche par le Reich allemand, le Front patriotique a été dissous et ses dirigeants poursuivis.