| Autriche 1918 – 1945 |
Le 30 janvier 1927, à Schattendorf, localité de la province du Burgenland, un groupe d’anciens combattants monarchistes ouvre le feu sur un défilé du Republikanischer Schutzbund. L’attaque fait deux morts, dont un enfant. Le cas est traité devant le tribunal le 14 juillet à Vienne, les auteurs sont acquittés en dépit du fait qu’ils ne nient pas les faits. Le 15, une grève générale spontanée éclate et conduit à des affrontements autour du Palais de Justice de Vienne. La police fait usage d’armes à feu; le lendemain, les fusillades continuent encore. Dans un premier temps le Schutzbund ne réagit pas; ensuite il intervient, mais non armée et dans l’intention de désamorcer l’action des manifestants; finalement, exposé aux attaques meurtrières de la police, il se retire. Au total on compte 86 morts parmi la population, ainsi que 4 policiers; plus de 1.000 blessés sont hospitalisés. Durant la nuit du 15 au 16 juillet, le Parti communiste (KPÖ) diffuse une édition spéciale de son organe Die Rote Fahne énonçant les revendications formulées par le Parti : dissolution et désarmement de toutes les organisations fascistes, épuration de l’appareil d’État (police, armée, gendarmerie) d’éléments réactionnaires, armement des travailleurs. L’après‑midi du 15 juillet, le SDAPDÖ et les dirigeants syndicaux se décident à appeler à une grève générale de 24 heures ainsi qu’à une grève illimitée des transports et des services de postes, télégraphes et téléphones, en adressant au gouvernement une série de revendications: fin des représailles, inculpation des responsables du carnage, convocation du Parlement. Le chancelier fédéral Ignaz Seipel rejette les revendications et, pour se moquer de la délégation, il remarque qu’en vue de la tenue d’une session du parlement, ils devraient "d’abord faire en sorte que les trains circulent à nouveaux, puisqu’autrement les députés ne peuvent pas se rendre à Vienne". Les social-démocrates annulent effectivement la grève des transports.
Le 16 juillet, le Bulletin d’information de la social-démocratie (Mitteilungsblatt der Sozialdemokratie) écrit[1] : "Plus est total, de la part des camarades, le respect de la consigne de rester aujourd’hui à la maison et de ne pas descendre dans la rue, d’autant plus efficace sera la prompte disposition du Schutzbund d’intervenir en cas de besoin." ["Je vollständiger die Genossen die Parole, heute zu Hause zu bleiben und nicht auf die Straße zu gehen, befolgen, desto wirksamer wird die Bereitschaft des Schutzbundes sein, im Falle der Notwendigkeit einzugreifen."]
Puis le 7 aout, l’Arbeiter‑Zeitung écrit: "Nous n’avons pas été vaincus dans le combat, c’est plutôt que nous avons évité le combat." ["Wir sind nicht im Kampf besiegt, wir sind vielmehr dem Kampf ausgewichen."]
[1] Citations selon : Historische Kommission beim ZK der KPÖ, Geschichte der Kommunistischen Partei Österreichs – 1918 1955 – Kurzer Abriss; Wien, Globus Verlag, 1977; p. 103‑104.
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