Autriche 1918 – 1945
Annotations historiques :
"Gleichschaltung"

 

Le terme "Gleichschaltung" remonte à l’évolution politique en Allemagne à partir de 1932.

Le 20 juillet 1932, le président Paul von Hindenburg met fin à la dernière participation importante de la social-démocratie au gouvernement de la République de Weimar. Par décret d’urgence, il dépose le gouvernement prussien dirigé par le ministre-président prussien Otto Braun, membre du SPD, en poste depuis 1920. Depuis les élections régionales du 24 avril, le gouvernement prussien n’avait plus de majorité parlementaire et ne fonctionnait plus que par intérim. Hindenburg nomme le chancelier Franz von Papen commissaire du Reich pour la Prusse. Lors des élections au Reichstag du 31 juillet, le Parti ouvrier national-socialiste d’Allemagne (Nationalsozialistische Arbeiterpartei Deutschlands, NSDAP) obtient la majorité des voix avec 37,4 %. Le 30 janvier 1933, Hindenburg nomme Adolf Hitler, président du NSDAP, nouveau chancelier du Reich.

Avec, entre autres, von Papen, Alfred Hugenberg, Franz Seldte, Johann Ludwig Graf Schwerin von Krosigk et Werner von Blomberg, des membres du DNVP et des ministres sans parti forment la majorité du cabinet. Le NSDAP obtient, en plus de la chancellerie, deux postes ministériels : Wilhelm Frick dirige d’abord le ministère de l’Intérieur, Hermann Göring devient ministre sans portefeuille.

Dans la nuit du 27 au 28 février 1933, un incendie se déclare dans le bâtiment du Reichstag à Berlin. Le pouvoir en place profite de ces circonstances pour éliminer les institutions constitutionnelles. Le président du Reich promulgue un décret d’urgence sur la base de l’article 48 de la Constitution de Weimar, le "décret pour la protection du peuple et de l’État", promulgué le 28 février. En adoptant le projet de loi des groupes parlementaires du NSDAP et du DNVP du 21 mars, le Parlement confère au gouvernement des pouvoirs quasi illimités pour promulguer des lois sans l’accord, le contrôle ou la possibilité d’opposition du Parlement. La loi d’habilitation du 24 mars suspend la séparation des pouvoirs et met fin de facto à la constitution démocratique et parlementaire de l’État allemand.

L’aboutissement législatif de ces mesures est, le 31 mars 1933, la "loi provisoire sur l’assimilation des Länder au Reich", qui sera complétée sept jours plus tard par la "deuxième loi". Au niveau des Länder, elles visent à l’élimination politique de tous les ministres, députés et hauts fonctionnaires de l’État qui n’appartiennent pas au NSDAP. La "loi provisoire" permet aux gouvernements des Länder, conformément à la loi d’habilitation, de promulguer eux-mêmes des lois modifiant la Constitution sans l’accord du Landtag et de réorganiser les administrations des Länder. Parallèlement, elle détermine, à l’exception de la Prusse, la dissolution des parlements régionaux et une nouvelle composition en fonction des résultats des élections au Reichstag du 5 mars. La "deuxième loi" institue dans les Länder des gouverneurs du Reich personnellement subordonnés au chancelier Adolf Hitler, en majorité les Gauleiter du NSDAP, qui doivent veiller à l’application de la politique du gouvernement du Reich. Ils sont supérieurs aux gouvernements des Länder et doivent les surveiller en tant qu’organe de contrôle.

Lors des élections suivantes au Reichstag en novembre 1933, un seul parti figure sur les bulletins de vote : le NSDAP.

Les dernières structures de la structure fédérale de l’État sont supprimées par la "loi sur la reconstruction du Reich" du 30 janvier 1934, qui abolit les parlements des Länder. Les droits souverains des Länder reviennent au Reich. Les gouvernements des Länder sont placés sous l’autorité du gouvernement du Reich. La loi du 14 février dissout le Reichsrat. Fin 1934, on commence également à fusionner les ministères prussiens avec les ministères du Reich.

La "Gleichschaltung" du national-socialisme signifiait que l’État et toutes les organisations et associations devaient être contrôlés par des nationaux-socialistes. Le NSDAP a imposé la "Gleichschaltung" dans toute l’Allemagne.

Avec l’annexion de l’Autriche à l’Allemagne, le système politique autrichien a été restructuré selon le même principe.