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Autriche 1918 – 1945 |
En Allemagne, après la fin de la 1re Guerre mondiale et les évènements de 1918/1919, une Assemblée nationale a été élue et a adopté une nouvelle Constitution. Selon la Constitution, les élections au Parlement ‑ le Reichstag ‑ déterminent sa composition pour une durée de quatre ans. Les premières élections au Reichstag ont eu lieu en 1920. En 1924, des élections ont eu lieu en mai et en décembre, à chaque fois en raison de la dissolution du Reichstag par le président du Reich.
En 1928, un gouvernement de coalition est formé, mais il se brise et le Reichstag est à nouveau dissous. Les élections du 20 mai 1928 donnent la composition suivante sur un total de 491 mandats :
SPD 153 (31,16 %), DNVP 73 (14,87 %), Deutsche Zentrumspartei 62 (12,42 %), KPD 54 (11 %), DVP 45 (9,16 %), DDP 25 (5,09 %), BVP 16 (3,46 %), NSDAP 12 (2,44 %), autres 51.
Le 28 juin 1928, un gouvernement de coalition est formé sous la direction de Heinrich Müller (SPD), qui comprend des membres du SPD, du Deutsche Zentrumspartei, du DVP et du DDP. Le 27 mars 1930, Müller démissionne et le 30 mars, un gouvernement minoritaire ‑ sans le SPD ‑ est formé sous la direction de Heinrich Brüning (Deutsche Zentrumspartei), composé de membres du Deutsche Zentrumspartei, du DVP, du DDP, du BVP, du Wirtschaftspartei, du DNVP. Joseph Wirth (Deutsche Zentrumspartei) est ministre de l’Intérieur, Wilhelm Groener (sans parti) ministre de la Défense, Adam Stegerwald (Deutsche Zentrumspartei) ministre du Travail.
Le 1er avril 1930, Brüning annonce au Reichstag, dans sa déclaration gouvernementale, que son cabinet ‑ selon le mandat de Hindenburg ‑ n’est "lié à aucune coalition" et qu’il sera "la dernière tentative de mettre en oeuvre la solution avec ce Reichstag". Le nouveau gouvernement veut donc travailler, si nécessaire, sans et contre le Parlement, et ce à l’aide des moyens de pouvoir du président du Reich : décrets d’urgence selon l’article 48 de la Constitution et dissolution du Reichstag selon l’article 25 de la Constitution.
Le 16 juillet 1930, le Reichstag rejette, avec les voix du KPD, du DNVP et du NSDAP ainsi que du SPD, le projet de budget pour l’année en cours présenté par le chancelier Heinrich Brüning. Ainsi, le Parlement doit obligatoirement être dissous.
Des élections au Reichstag ont lieu le 14 septembre 1930. Elles donnent la composition suivante pour un total de 577 mandats :
SPD 143 (24,78 %), NSDAP 107 (18,54 %), KPD 77 (13,34 %), Deutsche Zentrumspartei 68 (11,79 %), DNVP 41 (7,11 %), DVP 30 (5,20 %), Deutsche Staatspartei * 20 (3,47 %), BVP 19 (3,29 %), autres 72.
[* Deutsche Staatspartei : fusion du DDP avec la Volksnationale Reichsvereinigung et des groupes apparentés.]
Le président du Reich nomme à nouveau Heinrich Brüning chancelier, bien que son gouvernement composé de différents partis n’ait pas de majorité au Reichstag.
L’analyse de la nouvelle répartition du Parlement après les élections amène Brüning et Wirth à penser qu’en pratique, il n’y a aucun risque que le gouvernement soit renversé. Le NSDAP indique clairement qu’il n’est pas pressé d’entrer au gouvernement et que, si le Deutschen Zentrumspartei le contacte à ce sujet, il réclamera les ministères de l’Intérieur et de la Défense. Cette attitude attentiste implique un consentement passif, du moins tant que le gouvernement n’est pas élargi au SPD. En Prusse, il existe encore un gouvernement de coalition formé le 5 avril 1925, dirigé par Otto Braun (SPD) et des membres du SPD, du Parti centriste allemand et du DDP. Le Parti centriste allemand peut à tout moment renverser ce gouvernement et forcer la tenue de nouvelles élections.
Le 3 octobre 1930, le groupe parlementaire du SPD au Reichstag se réunit. Le SPD décide de tolérer le cabinet Brüning et ses ordonnances d’urgence comme "le moindre mal" et de se prononcer en faveur de Hindenburg lors de l’élection du président du Reich afin d’éviter la victoire de Hitler. Cette attitude se concrétise lors des votes sur différentes motions de censure présentées au Reichstag par les autres partis. Les social-démocrates font confiance à l’État pour empêcher un putsch des national-socialistes grâce à ses moyens de pouvoir.
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