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Autriche 1918 – 1945 Annotations historiques : Engelbert Dollfuß
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À partir de 1929, les gouvernements autrichiens ne tiennent que quelques mois. Lors des élections nationales du 9 novembre 1930, le Parti chrétien-social, auquel appartenait Dollfuss, perd sa majorité relative au Parlement. Sur un total de 165 mandats, le SDAPDÖ dispose désormais d’une majorité relative de 72, devant le parti chrétien-social avec 66 mandats.
Lors des élections régionales du 24 avril 1932 à Vienne, en Basse-Autriche et à Salzbourg, les nationaux-socialistes gagnent nettement des voix. Le 28 avril, les social-démocrates déposent une demande de dissolution du Conseil national, ce qui aurait signifié de nouvelles élections. Le gouvernement de Karl Buresch l’a devancé en démissionnant.
Le 10 mai 1932, Dollfuß est chargé, en tant que chancelier fédéral, de former un nouveau gouvernement. Il propose une collaboration aux sociaux-démocrates, mais ceux-ci exigent de nouvelles élections. Le Parti de la Grande Allemagne refuse également une coalition. Afin d’éviter de nouvelles élections, Dollfuß forme le 20 mai une coalition avec le Landbund et le Heimatblock, qui dispose de 83 voix sur 165 au Parlement. Dollfuß prend en charge le ministère des Affaires étrangères et le ministère de l’Agriculture. Le Heimatblock, bras politique de la Heimwehr (Défense patriotique), obtient trois postes ministériels, bien qu’il ne dispose que de huit sièges au Parlement. Cette coalition ne dispose que d’une majorité d’une voix, face au SDAPDÖ et au Großdeutsche Partei.
Lorsque le Heimatblock menace de quitter la coalition et demande un poste supplémentaire au gouvernement, Dollfuß fait une nouvelle offre de coalition aux Grands-Allemands. Comme elle est à nouveau refusée, il nomme le 17 octobre Emil Fey, le chef national de la Heimwehr viennoise, au poste de secrétaire d’État à la Sécurité. Fey interdit toutes les réunions et les défilés des social-démocrates, des communistes et des national-socialistes.
Une grève des cheminots commencée le 1er mars 1933 est à l’origine d’une réunion d’urgence du Conseil national le 4 mars. Des irrégularités lors du vote et un débat sur le règlement entrainent la démission des trois présidents du Parlement et l’absence de quorum. Dollfuß présente sa démission au président fédéral chrétien-social Wilhelm Miklas, mais est chargé de poursuivre les affaires gouvernementales. Dans un appel au peuple autrichien le 7 mars, il annonce[1] :
Die Regierung wünscht nicht, daß das Land dauernd einer aktionsfähigen, dem allgemeinen Wohl dienenden Volksvertretung entbehrt. Die Führung eines Staates liegt aber nicht allein bei der Gesetzgebung, sondern ebenso beim Staatsoberhaupt und der Regierung. Die von Herrn Bundespräsidenten ernannte gesetzmäßige Regierung ist im Amte. Sie ist von der Parlamentskrise, die ohne ihr Zutun heraufbeschworen wurde, nicht berührt; es gibt daher keine Staatskrise!
Dollfuß introduit la censure de la presse et interdit les défilés et les rassemblements. Il s’appuie pour cela sur des décrets d’urgence en application d’une loi d’habilitation d’économie de guerre du 24 juillet 1917. Le 31 mars 1933, la dissolution du Republikanischer Schutzbund est déclarée, celui-ci continue à exister illégalement. Le 21 mai, le "Vaterländische Front" ("Front patriotique") est fondé en tant que mouvement de rassemblement "patriotique-autrichien-national". Le 27 mai, le Parti communiste (KPÖ) est interdit.
Après une entrevue avec Mussolini (19-20 aout 1933), Dollfuß se décide définitivement pour le cours corporatiste. Le 11 septembre, il prononce un discours programmatique lors du premier grand rassemblement du Vaterländische Front à Vienne, qui se tient sur la place du Trabrennplatz[2] :
[…] Ich will heute all das, was insbesondere in unserem Parlament und in der sogenannten Demokratie gesündigt worden ist, nicht im einzelnen anführen. Diejenigen, die die Entwicklung, wie sie jetzt gekommen ist, bedauern, mögen nur selbst im eigenen Schuldkonto nachschauen und ihre Sünden richtig einbekennen, dann werden sie die Entwicklung unserer Zeit schon richtig verstehen. So war es fast natürlich, wenn auch überraschend, was sich am 4. März dieses Jahres in unserem Parlament abgespielt hat: Das Parlament hat sich selbst ausgeschaltet, ist an seiner eigenen Demagogie und Formalistik zugrunde gegangen. Dieses Parlament, eine solche Volksvertretung, eine solche Führung unseres Volkes, wird und darf nie wiederkommen. Im Kampf gegen den Marxismus, der rascher, als jemand zu hoffen wagte, zurückgedrängt werden konnte, ist uns unter der Fahne des Nationalsozialismus eine Bewegung in den Rücken gefallen und so war die Regierung gezwungen, in einem Zweifrontenkrieg die Führung des Staates fest in die Hand zu nehmen und aus eigenem Gewissen und eigener Verantwortung die nötigen Vorsorgen zu treffen. Ich glaube, daß die große Masse des braven österreichischen Volkes doch das Empfinden hat, daß in diesen wenigen Monaten, in denen der Regierung fast keine Stunde ruhiger Arbeit gegönnt war, doch auf vielen Gebieten mehr geschehen ist, als früher in Jahren geschaffen werden konnte. […]
Ich wiederhole: Die Zeit des kapitalistischen Systems, die Zeit kapitalistisch-liberalistischer Wirtschaftsordnung ist vorüber, die Zeit marxistischer, materialistischer Volksverführung ist gewesen! Die Zeit der Parteienherrschaft ist vorbei! Wir lehnen Gleichschalterei und Terror ab, wir wollen den sozialen, christlichen, deutschen Staat Österreich auf ständischer Grundlage, unter starker, autoritärer Führung!
Lors d’un remaniement ministériel du 21 septembre 1933, Dollfuß en tire les premières conséquences : Emil Fey, chef national de la Heimwehr viennoise, devient vice-chancelier.
Dans le cadre des combats de février 1934, le SDAPDÖ est également interdit.
Le 1er mai 1934, Dollfuß proclame une nouvelle constitution qui remplace l’État des partis de la Constitution fédérale de 1920 par un "Ständestaat" (État corporatiste).
Le 25 juillet 1934, une tentative de putsch national-socialiste a lieu, qui échoue, mais Dollfuß est tué au cours des évènements. Kurt Schuschnigg, également représentant du Parti chrétien-social, prend la tête de la chancellerie fédérale.