Autriche 1918 – 1945
Annotations historiques :
Der liebe Augustin

 

 

"Der liebe Augustin" est une chanson populaire dont l’origine a été attestée pour la première fois vers 1800. Selon une légende autrichienne, ce cher Augustin aurait réellement existé. Il aurait été joueur de cornemuse et chanteur et aurait vécu à Vienne du milieu à la fin du 17e siècle sous le nom de Marx ou Markus Augustin.

Dans la seconde moitié du 17e siècle, la peste s’est abattue sur Vienne. Elle est venue de Hongrie et a rapidement fait des ravages dans toutes les maisons. Presque toutes les familles ont eu des pertes. Les morts gisaient dans les maisons, dans les rues, dans les ruelles. Pour beaucoup de gens, la seule joie était peut-être les auberges viennoises. C’est ainsi qu’Augustin s’est enivré à l’auberge "Zum Roten Dacherl" et a fini ivre mort dans une ruelle, où il a cuvé son vin. Une équipe chargée de ramasser les morts dans les rues passa par là. Pensant qu’Augustin était mort, ils le hissèrent sur leur charrette et le déposèrent dans la fosse commune. Lorsque le chanteur se réveilla et se vit entouré de morts, il fut horrifié. Les ramasseurs de cadavres revinrent d’une autre tournée, ils aperçurent l’Augustin trépignant qui ne parvenait pas à sortir seul de la fosse. Ils dirent qu’il avait eu de la chance que la fosse ne soit pas pleine ce jour-là et qu’elle n’ait pas été comblée.

On ne sait pas si ce Markus Augustin en est vraiment l’auteur. Le texte moqueur indique toutefois clairement que la chanson date de l’époque de la peste à Vienne.

 

O du lieber Augustin, Augustin, Augustin,

O du lieber Augustin, alles ist hin.

 

Geld ist weg, Mensch (Mäd´l) ist weg,

Alles hin, Augustin.

O du lieber Augustin,

Alles ist hin.

 

Rock ist weg, Stock ist weg,

Augustin liegt im Dreck,

O du lieber Augustin,

Alles ist hin.

 

Und selbst das reiche Wien,

Hin ist’s wie Augustin;

Weint mit mir im gleichen Sinn,

Alles ist hin!

 

Jeder Tag war ein Fest,

Und was jetzt? Pest, die Pest!

Nur ein groß’ Leichenfest,

Das ist der Rest.

 

Augustin, Augustin,

Leg’ nur ins Grab dich hin!

O du lieber Augustin,

Alles ist hin!