Autriche 1918 – 1945
Annotations historiques :
Intégration de social-démocrates dans l’État corporatiste

 

Matthias Zeinitzer, Député du parlement de Carinthie [1]

En mai 1933, après l’interdiction de la Ligue républicaine de protection, Matthias Zeinitzer et le maire social-démocrate de Klagenfurt, Franz Pichler-Mandorf, furent invités à des négociations par des fonctionnaires chrétiens-sociaux (parmi lesquels le prélat Michael Paulitsch[2]). On voulait établir une étroite collaboration qui permettrait aux deux parties d’avoir plus d’influence, mais aussi d’agir ensemble contre les nationaux-socialistes.

Le 12 février 1934, face à l’éclatement des combats, Zeinitzer se sépare des sociaux-démocrates. Il fait part de sa décision au maire social-démocrate de Klagenfurt, la capitale de la Carinthie, Franz Pichler-Mandorf ; Pichler se déclare solidaire de Zeinitzer. Zeinitzer charge également Pichler de convoquer les hommes de confiance sociaux-démocrates du pays et de leur demander de maintenir absolument le calme et l’ordre en Carinthie.

 

Après l’interdiction du parti social-démocrate le même jour, Zeinitzer tente de négocier avec Dollfuß la création d’une "fédération libre des travailleurs". Lors du Conseil des ministres de ce jour, le chancelier rapporte à Dollfuß qu’"il s’est entretenu avec Zeinitzer et a pris note de sa volonté" de "gagner à la démarche qu’il [Zeinitzer] a entreprise des cercles aussi larges que possible du parti". Zeinitzer aurait exprimé l’opinion qu’il serait préférable de dissoudre immédiatement le parti social-démocrate, coupable d’actes criminels. Dollfuß fait savoir par la radio que le social-démocrate Zeinitzer et Pichler ont quitté la social-démocratie, car ils n’approuvent pas la "politique irresponsable des dirigeants". Une réunion n’aura lieu qu’après le déclenchement de l’insurrection, à 20h15, à la Chancellerie fédérale. Dollfuß demande à Zeinitzer s’il est prêt à faire une déclaration de loyauté. Zeinitzer accepte.

Le magazine "Wiener Neueste Nachrichten" publie le rapport suivant :

Démission du parti social-démocrate Vienne, 12 février. (Le chancelier Dollfuss a reçu aujourd’hui une lettre du représentant social-démocrate du gouverneur de Carinthie, le Dr. Zeinitzer, dans laquelle on peut lire : "Les événements d’aujourd’hui m’ont appris qu’il n’est pas possible, au sein du parti social-démocrate, d’avertir de manière décisive les ouvriers des malheurs menaçants de la barbarie nationale-socialiste, c’est pourquoi j’ai porté à la connaissance de la représentation du parti ma démission du parti. Le maire de Klagenfurt, Ing. Pichler, que j’ai prévenu par téléphone, s’est déclaré solidaire de moi. Par son intermédiaire, j’ai demandé aux ouvriers de la région de Klagenfurt de se tenir parfaitement tranquilles, de ne pas entreprendre d’actions de combat contre l’exécutif ou le gouvernement fédéral, dans l’intérêt de la liberté et de l’indépendance de notre État et surtout de notre pays.

Le 14 février, le « Kärntner Tagblatt » publie un appel de Zeinitzer pour la nouvelle « Fédération libre des travailleurs d’Autriche ».

Heinrich Schneidmadl, Député du parlement de Basse-Autriche [3]

Schneidmadl est arrêté le 12 février 1934. Il fait consigner dans le procès-verbal : "Je suis d’avis que les membres du parti dissous soz.dem. Parti devraient maintenant faire davantage front avec le gouvernement afin de pouvoir repousser l’attaque des nationaux-socialistes".

Le 16 février, alors qu’il est encore en prison, il rédige un appel "aux anciens membres du parti social-démocrate interdit" pour la création d’un "front du travail". Il s’y distancie de tout travail illégal. Il plaide pour la remise d’armes éventuellement cachées et demande au peuple du parti social-démocrate de "s’engager avec nous pour la reconstruction économique et le renouvellement constitutionnel de l’Autriche dans le sens professionnel, mais aussi pour la participation à la défense de l’indépendance et de la liberté de l’Autriche sous la direction du chancelier fédéral, le Dr.

Schneidmadl recommande Karl Renner et Oskar Helmer comme signataires de l’appel, en plus de lui-même, avec la remarque « l’accord devrait d’abord être obtenu, mais il sera sans aucun doute donné ». L’appel, auquel il attribue une importance programmatique, devrait être affiché rapidement afin de gagner les partisans du SDAP inquiets à la réorganisation corporative.

Anton Linder, député au Bundestag, et la direction régionale du Vorarlberg du Schutzbund [4]

Linder et la direction régionale du Vorarlberg du Schutzbund se portent garants auprès de la direction régionale de la sécurité de veiller au « calme et à l’ordre » parmi leurs adeptes.

Michael Dobler, ancien maire adjoint de Salzbourg [5]

Le 18 février 1934, l’ancien maire adjoint de Salzbourg prend publiquement ses distances avec le parti.

Konrad Reif, Député du parlement de Basse-Autriche [6]

Reif est arrêté le 12 février, il rejoint le « Front patriotique » pendant sa détention préventive et se met à leur service après sa libération le 16 octobre.

Karl Renner [7]

Karl Renner a été député au Conseil national de 1930 à 1934 et son premier président de 1931 à 1933.

Il est arrêté le 12 février 1934 à la Landhaus de Basse-Autriche, où il avait voulu proposer au gouverneur de Basse-Autriche Josef Reither (Parti chrétien-social) de devenir chancelier avec l’aide de la social-démocratie.

 



[1]. Helene Maimann, Siegfried Mattl, Die Kälte des Februar – Österreich 1933-1938; Verlag: Junius, 1984.

Wilhelm Baum, Klagenfurt – Geschichte einer Stadt am Schnittpunkt dreier Kulturen; Kitab Verlag, 2002.

Everhard Holtmann, Zwischen Unterdrückung und Befriedung – sozialist. Arbeiterbewegung u. autoritäres Regime in Österreich 1933-1938; Oldenbourg, 1978.

Pertinax (pseud.), Österreich 1934 – Die Geschichte einer Konterrevolution; Europa-Verlag, 1935.

[2]. Michael Paulitsch (Prälat).

Ab 1911 Chefredakteur des "Kärntner Tagblatt", das er zu einem Organ der Kärntner Christlichsozialen macht. 1931 wird er zum Obmann der Kärntner christlichsozialen Partei gewählt. Im Dezember 1933 legt er in Befolgung eines Beschlusses der österreichischen Bischofskonferenz seine politische Ämter zurück, behält aber seine Stellung als Chefredakteur des "Kärntner Tagblatt" bei.

[3]. Juridikum, Zeitschrift für Kritik-Recht-Gesellschaft, Heftnummer 1, 2024.

Everhard Holtmann, op. cit.

Christliche Demokratie, 1993

Wilhelm Svoboda, Die Partei, die Republik und der Mann mit den vielen Gesichtern – Oskar Helmer und Österreich II : eine Korrektur; Böhlau, 1993.

[4]. Everhard Holtmann, op. cit.

[5] https://anno.onb.ac.at/cgi-content/anno?aid=sch&datum=19340217&seite=4&zoom=33

[6]. Everhard Holtmann, op. cit.

[7]. Everhard Holtmann, op. cit.