{"id":1043,"date":"2024-11-30T15:40:30","date_gmt":"2024-11-30T14:40:30","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/?p=1043"},"modified":"2024-12-09T23:55:12","modified_gmt":"2024-12-09T22:55:12","slug":"ic-1920-07-08-mouvement-syndical-comites-fabrique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/ic-1920-07-08-mouvement-syndical-comites-fabrique\/","title":{"rendered":"2e congr\u00e8s de l&rsquo;IC (juillet-aout 1920) &#8211; Le mouvement syndical, les comit\u00e9s de fabrique et d&rsquo;usines"},"content":{"rendered":"<div class=WordSection1> <p class=Texte align=left style='margin-bottom:0cm;margin-bottom:.0001pt; text-align:left;text-indent:0cm;line-height:3.0pt'><span style='font-size:3.0pt; color:white'><!--more --><\/span><\/p><p class=rocmlIntertitre2art style='margin-top:0cm'><\/p> <div align=center> <table class=MsoTableGrid border=1 cellspacing=0 cellpadding=0 style='border-collapse:collapse;border:none'> <tr> <td width=756 nowrap valign=top style='width:16.0cm;border:solid windowtext 1.0pt; border-bottom:none;padding:5.65pt 14.2pt 5.65pt 14.2pt'> <p class=Intertitre2 style='margin:0cm;margin-bottom:.0001pt'><span style='color:#E36C0A'>2e congr\u00e8s de l&rsquo;Internationale communiste<br> (23 juillet &#8211; 7 aout 1920)<\/span><\/p> <\/td> <\/tr> <tr> <td width=756 nowrap valign=top style='width:16.0cm;border-top:none; border-left:solid windowtext 1.0pt;border-bottom:none;border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:5.65pt 14.2pt 5.65pt 14.2pt'> <p class=Intertitre2 style='margin:0cm;margin-bottom:.0001pt;page-break-after: auto'>Le mouvement syndical, les comit\u00e9s de fabrique et d&rsquo;usines<\/p> <\/td> <\/tr> <tr> <td width=756 valign=top style='width:16.0cm;border:solid windowtext 1.0pt; padding:5.65pt 14.2pt 5.65pt 14.2pt'> <p class=Texte align=left style='margin-bottom:0cm;margin-bottom:.0001pt; text-align:left;text-indent:0cm;line-height:12.0pt'><span style='font-size: 11.0pt'>Source&nbsp;:<br> Th\u00e8ses, manifestes et r\u00e9solutions adopt\u00e9s par les Ier, IIe, IIIe et IVe&nbsp;Congr\u00e8s de l&rsquo;Internationale communiste (1919&#8209;1923), Paris, Librairie du travail, 1934, pp.&nbsp;53&#8209;56&nbsp;<a href=\"#_edn1\" name=\"_ednref1\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:11.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[1]<\/span><\/span><\/span><\/a>.<\/span><\/p> <p class=Texte align=left style='margin-bottom:0cm;margin-bottom:.0001pt; text-align:left;text-indent:0cm;line-height:12.0pt'><span style='font-size: 11.0pt'>[Nous reproduisons ce texte avec l\u2019accord du responsable du site <i>321ignition.free.fr<\/i>]<\/span><\/p> <\/td> <\/tr> <\/table> <\/div> <p class=MsoNormal align=center style='text-align:center'>&nbsp;<\/p> <p class=Intertitre2>I<\/p> <p class=Texte>1.&nbsp;Les syndicats cr\u00e9\u00e9s par la classe ouvri\u00e8re pendant la p\u00e9riode du d\u00e9veloppement pacifique du capitalisme repr\u00e9sentaient des organisations ouvri\u00e8res destin\u00e9es \u00e0 lutter pour la hausse des salaires ouvriers sur le march\u00e9 du travail et l&rsquo;am\u00e9lioration des conditions du travail salari\u00e9. Les marxistes r\u00e9volutionnaires furent oblig\u00e9s d&rsquo;entrer en contact avec le Parti politique du prol\u00e9tariat, le Parti social-d\u00e9mocrate, afin d&rsquo;engager une lutte commune pour le Socialisme. Les m\u00eames raisons qui, \u00e0 de rares exceptions pr\u00e8s, avaient fait de la d\u00e9mocratie socialiste non une arme de la lutte r\u00e9volutionnaire du prol\u00e9tariat pour le renversement du capitalisme, mais une organisation entra\u00eenant l&rsquo;effort r\u00e9volutionnaire du prol\u00e9tariat dans l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de la bourgeoisie, firent que, pendant la guerre, les syndicats se pr\u00e9sent\u00e8rent le plus souvent en qualit\u00e9 d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments de l&rsquo;appareil militaire de la bourgeoisie; ils aid\u00e8rent cette derni\u00e8re \u00e0 exploiter la classe ouvri\u00e8re avec la plus grande intensit\u00e9 et \u00e0 faire mener la guerre de la mani\u00e8re la plus \u00e9nergique, au nom des int\u00e9r\u00eats du capitalisme. N&rsquo;englobant que les ouvriers sp\u00e9cialis\u00e9s les mieux r\u00e9tribu\u00e9s par les patrons, n&rsquo;agissant que dans des limites corporatives tr\u00e8s \u00e9troites, encha\u00een\u00e9s par un appareil bureaucratique, compl\u00e8tement \u00e9tranger aux masses tromp\u00e9es par leurs leaders opportunistes, les syndicats ont non seulement trahi la cause de la R\u00e9volution sociale, mais aussi celle de la lutte pour l&rsquo;am\u00e9lioration des conditions de la vie des ouvriers qu&rsquo;ils avaient organis\u00e9s. Ils ont abandonn\u00e9 le terrain de la lutte professionnelle contre les patrons et l&rsquo;ont remplac\u00e9, co\u00fbte que co\u00fbte, par un programme de transactions aimables avec les capitalistes. Cette politique a \u00e9t\u00e9 non seulement celle des Trade-Unions lib\u00e9rales en Angleterre et en Am\u00e9rique, des syndicats libres, pr\u00e9tend\u00fbment socialistes d&rsquo;Allemagne et d&rsquo;Autriche, mais aussi des Unions syndicales de France.<\/p> <p class=Texte>2.&nbsp;Les cons\u00e9quences \u00e9conomiques de la guerre, la d\u00e9sorganisation compl\u00e8te du syst\u00e8me \u00e9conomique du monde entier, la chert\u00e9 affolante de la vie, l&rsquo;exploitation la plus intense du travail des femmes et des enfants, la question de l&rsquo;habitation, qui vont progressivement de mal en pis, tout cela pousse les masses prol\u00e9tariennes dans la voie de la lutte contre le capitalisme. Par son caract\u00e8re et par son envergure se dessinant plus nettement de jour en jour, ce combat devient une grande bataille r\u00e9volutionnaire d\u00e9truisant les bases g\u00e9n\u00e9rales du capitalisme. L&rsquo;augmentation des salaires d&rsquo;une cat\u00e9gorie quelconque d&rsquo;ouvriers, arrach\u00e9e aux patrons au prix d&rsquo;une lutte \u00e9conomique acharn\u00e9e, est r\u00e9duite le lendemain \u00e0 z\u00e9ro par la hausse du co\u00fbt de la vie. Or, la hausse des prix doit continuer, car la classe capitaliste des pays vainqueurs, tout en ruinant par sa politique d&rsquo;exploitation l&rsquo;Europe orientale et centrale, n&rsquo;est pas en \u00e9tat d&rsquo;organiser le syst\u00e8me \u00e9conomique du monde entier; elle le d\u00e9sorganise au contraire de plus en plus. Pour s&rsquo;assurer le succ\u00e8s dans la lutte \u00e9conomique, les larges masses ouvri\u00e8res qui demeuraient jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent en dehors des syndicats y affluent maintenant. On constate dans tous les pays capitalistes une croissance prodigieuse des syndicats qui ne repr\u00e9sentent plus maintenant l&rsquo;organisation des seuls \u00e9l\u00e9ments avanc\u00e9s du prol\u00e9tariat, mais celle de toute sa masse. En entrant dans les syndicats, les masses cherchent \u00e0 en faire leur arme de combat. L&rsquo;antagonisme des classes devenant toujours de plus en plus aigu force les syndicats \u00e0 organiser des gr\u00e8ves dont la r\u00e9percussion se fait sentir dans le monde capitaliste tout entier, en interrompant le processus de la production et de l&rsquo;\u00e9change capitalistes. En augmentant leurs exigences \u00e0 mesure qu&rsquo;augmente le prix de la vie et qu&rsquo;elles-m\u00eames s&rsquo;\u00e9puisent de plus en plus, les masses ouvri\u00e8res d\u00e9truisent par cela m\u00eame tout calcul capitaliste qui repr\u00e9sente le fondement \u00e9l\u00e9mentaire d&rsquo;une \u00e9conomie organis\u00e9e. Les syndicats, qui \u00e9taient devenus pendant la guerre les organes de l&rsquo;asservissement des masses ouvri\u00e8res aux int\u00e9r\u00eats de la bourgeoisie, repr\u00e9sentent maintenant les organes de la destruction du capitalisme.<\/p> <p class=Texte>3.&nbsp;Mais la vieille bureaucratie professionnelle et les anciennes formes de l&rsquo;organisation syndicale entravent de toute mani\u00e8re cette transformation du caract\u00e8re des syndicats. La vieille bureaucratie professionnelle cherche partout \u00e0 faire garder aux syndicats leur caract\u00e8re d&rsquo;organisations de l&rsquo;aristocratie ouvri\u00e8re; elle cherche \u00e0 maintenir en vigueur les r\u00e8gles rendant impossible l&rsquo;entr\u00e9e des masses ouvri\u00e8res mal pay\u00e9es dans les syndicats. La vieille bureaucratie syndicale s&rsquo;efforce encore de remplacer le mouvement gr\u00e9viste qui rev\u00eat chaque jour de plus en plus le caract\u00e8re d&rsquo;un conflit r\u00e9volutionnaire entre la bourgeoisie et le prol\u00e9tariat par une politique de contrats \u00e0 long terme qui ont perdu toute signification en pr\u00e9sence des variations fantastiques des prix. Elle cherche \u00e0 imposer aux ouvriers la politique des communes ouvri\u00e8res, des Conseils r\u00e9unis de l&rsquo;industrie (<span lang=EN-US>Joint Industrials Councils<\/span>) et \u00e0 entraver par la voie l\u00e9gale, gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;aide de l&rsquo;\u00c9tat capitaliste, l&rsquo;expansion du mouvement gr\u00e9viste. Aux moments critiques de la lutte, la bourgeoisie s\u00e8me la discorde parmi les masses ouvri\u00e8res militantes et emp\u00eache les actions isol\u00e9es de diff\u00e9rentes cat\u00e9gories d&rsquo;ouvriers de fusionner dans une action de classe g\u00e9n\u00e9rale; elle est soutenue dans ces tentatives par l&rsquo;\u0153uvre des anciennes organisations syndicales, morcelant les travailleurs d&rsquo;une branche d&rsquo;industrie en groupes professionnels artificiellement isol\u00e9s, bien qu&rsquo;ils soient tous rattach\u00e9s les uns aux autres par le fait m\u00eame de l&rsquo;exploitation capitaliste. Elle s&rsquo;appuie sur le pouvoir de la tradition id\u00e9ologique de l&rsquo;ancienne aristocratie ouvri\u00e8re, bien que cette derni\u00e8re soit sans cesse affaiblie par l&rsquo;abolition des privil\u00e8ges de divers groupes du prol\u00e9tariat; cette abolition s&rsquo;explique par la d\u00e9composition g\u00e9n\u00e9rale du capitalisme, le nivellement de la situation de divers \u00e9l\u00e9ments de la classe ouvri\u00e8re, l&rsquo;\u00e9galisation de leurs besoins et leur manque de s\u00e9curit\u00e9.<\/p> <p class=Texte>C&rsquo;est de cette mani\u00e8re que la bureaucratie syndicale substitue de faibles ruisseaux au puissant courant du mouvement ouvrier, substitue des revendications partielles r\u00e9formistes aux buts r\u00e9volutionnaires g\u00e9n\u00e9raux du mouvement et entrave d&rsquo;une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale la transformation des efforts isol\u00e9s du prol\u00e9tariat en une lutte r\u00e9volutionnaire unique tendant \u00e0 la destruction du capitalisme.<\/p> <p class=Texte>4.&nbsp;\u00c9tant donn\u00e9e la tendance prononc\u00e9e des larges masses ouvri\u00e8res \u00e0 s&rsquo;incorporer dans les syndicats, et consid\u00e9rant le caract\u00e8re objectivement r\u00e9volutionnaire de la lutte que ces masses soutiennent en d\u00e9pit de la bureaucratie professionnelle, il importe que les communistes de tous les pays fassent partie des syndicats et travaillent \u00e0 en faire des organes conscients de lutte pour le renversement du r\u00e9gime capitaliste et le triomphe du Communisme. Ils doivent prendre l&rsquo;initiative de la cr\u00e9ation des syndicats partout o\u00f9 ces derniers n&rsquo;existent pas encore.<\/p> <p class=Texte>Toute d\u00e9sertion volontaire du mouvement professionnel, toute tentative de cr\u00e9ation artificielle de syndicats qui ne serait pas d\u00e9termin\u00e9e par les violences excessives de la bureaucratie professionnelle (dissolution des filiales locales r\u00e9volutionnaires syndicales par les centres opportunistes) ou par leur \u00e9troite politique aristocratique fermant aux grandes masses de travailleurs peu qualifi\u00e9s l&rsquo;entr\u00e9e des organes syndicaux, pr\u00e9sente un danger \u00e9norme pour le mouvement communiste. Elle \u00e9carte de la masse les ouvriers les plus avanc\u00e9s, les plus conscients, et les pousse vers les chefs opportunistes travaillant pour les int\u00e9r\u00eats de la bourgeoisie&#8230; Les h\u00e9sitations des masses ouvri\u00e8res, leur ind\u00e9cision politique et l&rsquo;influence que poss\u00e8dent sur eux les leaders opportunistes ne pourront \u00eatre vaincus que par une lutte de plus en plus \u00e2pre dans la mesure o\u00f9 les couches profondes du prol\u00e9tariat apprendront par exp\u00e9rience, par les le\u00e7ons de leurs victoires et de leurs d\u00e9faites, que jamais le syst\u00e8me \u00e9conomique capitaliste ne leur permettra d&rsquo;obtenir des conditions de vie humaines et supportables, dans la mesure o\u00f9 les travailleurs communistes avanc\u00e9s apprendront, par l&rsquo;exp\u00e9rience de leur lutte \u00e9conomique, \u00e0 \u00eatre non seulement des propagandistes th\u00e9oriques de l&rsquo;id\u00e9e communiste, mais aussi des meneurs r\u00e9solus de l&rsquo;action \u00e9conomique et syndicale. Ce n&rsquo;est que de cette fa\u00e7on qu&rsquo;il sera possible d&rsquo;\u00e9carter des syndicats leurs leaders opportunistes, de mettre des communistes \u00e0 la t\u00eate et d&rsquo;en faire un organe de la lutte r\u00e9volutionnaire pour le Communisme. Ce n&rsquo;est que de cette mani\u00e8re qu&rsquo;il sera possible d&rsquo;arr\u00eater la d\u00e9sagr\u00e9gation des syndicats, de les remplacer par des Unions industrielles, d&rsquo;\u00e9carter la bureaucratie \u00e9trang\u00e8re aux masses et de lui substituer un organe form\u00e9 par les repr\u00e9sentants des ouvriers industriels (<span lang=DE>Betriebsvertreter<\/span>) en n&rsquo;abandonnant aux institutions centrales que les fonctions strictement n\u00e9cessaires.<\/p> <p class=Texte>5.&nbsp;Comme les communistes attachent plus de prix au but et \u00e0 la substance des syndicats qu&rsquo;\u00e0 leur forme, ils ne doivent pas h\u00e9siter devant les scissions qui pourraient se produire au sein des organisations syndicales si, pour les \u00e9viter, il \u00e9tait n\u00e9cessaire d&rsquo;abandonner le travail r\u00e9volutionnaire, de se refuser \u00e0 organiser la partie la plus exploit\u00e9e du prol\u00e9tariat. S&rsquo;il arrive pourtant qu&rsquo;une scission s&rsquo;impose comme une n\u00e9cessit\u00e9 absolue, on ne devra y recourir que poss\u00e9dant la certitude que les communistes r\u00e9ussiront par leur participation \u00e9conomique \u00e0 convaincre les larges masses ouvri\u00e8res, que la scission se justifie non par des consid\u00e9rations dict\u00e9es par un but r\u00e9volutionnaire encore tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9 et vague, mais par les int\u00e9r\u00eats concrets imm\u00e9diats de la classe ouvri\u00e8re, correspondant aux n\u00e9cessit\u00e9s de l&rsquo;action \u00e9conomique. Dans le cas o\u00f9 une scission deviendrait in\u00e9vitable, les communistes devraient accorder une grande attention \u00e0 ce que cette scission ne les isole pas de la masse ouvri\u00e8re.<\/p> <p class=Texte>6.&nbsp;Partout o\u00f9 la scission entre les tendances syndicales opportunistes et r\u00e9volutionnaires s&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 produite, o\u00f9 il existe, comme en Am\u00e9rique, des syndicats aux tendances r\u00e9volutionnaires, sinon communistes, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des syndicats opportunistes, les communistes sont dans l&rsquo;obligation de pr\u00eater leur concours \u00e0 ces syndicats r\u00e9volutionnaires, de les soutenir, de les aider \u00e0 se lib\u00e9rer des pr\u00e9jug\u00e9s syndicalistes et \u00e0 se placer sur le terrain du Communisme, car ce dernier est l&rsquo;unique boussole fid\u00e8le et s\u00fbre dans toutes les questions compliqu\u00e9es de la lutte \u00e9conomique. Partout o\u00f9 se constituent des organisations industrielles (soit sur la base des syndicats, soit en dehors d&rsquo;eux), tels les <span lang=EN-US>Shop Stewards<\/span>, les <span lang=DE>Betriebsr\u00e4te<\/span> (Conseils de Production), organisations se donnant pour but de lutter contre les tendances contre-r\u00e9volutionnaires de la bureaucratie syndicale, il est bien entendu que les communistes sont tenus de les soutenir avec toute l&rsquo;\u00e9nergie possible. Mais le concours pr\u00eat\u00e9 aux syndicats r\u00e9volutionnaires ne doit pas signifier la sortie des communistes des syndicats opportunistes en \u00e9tat d&rsquo;effervescence politique et en \u00e9volution vers la lutte de classe. Bien au contraire, c&rsquo;est en s&rsquo;effor\u00e7ant de h\u00e2ter cette r\u00e9volution de la masse des syndicats qui se trouvent d\u00e9j\u00e0 sur la voie de la lutte r\u00e9volutionnaire que les communistes pourront jouer le r\u00f4le d&rsquo;un \u00e9l\u00e9ment unissant moralement et pratiquement les ouvriers organis\u00e9s pour une lutte commune tendant \u00e0 la destruction du r\u00e9gime capitaliste.<\/p> <p class=Texte>7.&nbsp;\u00c0 l&rsquo;\u00e9poque o\u00f9 le capitalisme tombe en ruines, la lutte \u00e9conomique du prol\u00e9tariat se transforme en lutte politique beaucoup plus rapidement qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de d\u00e9veloppement pacifique du r\u00e9gime capitaliste. Tout conflit \u00e9conomique important peut soulever devant les ouvriers la question de la R\u00e9volution. Il est donc du devoir des communistes de faire ressortir devant les ouvriers, dans toutes les phases de la lutte \u00e9conomique, que cette lutte ne saurait \u00eatre couronn\u00e9e de succ\u00e8s que lorsque la classe ouvri\u00e8re aura vaincu la classe capitaliste dans une bataille rang\u00e9e et se chargera, sa dictature une fois \u00e9tablie, de l&rsquo;organisation socialiste du pays. C&rsquo;est en partant de l\u00e0 que les communistes doivent tendre \u00e0 r\u00e9aliser, dans la mesure du possible, une union parfaite entre les syndicats et le Parti Communiste, en les subordonnant \u00e0 ce dernier, avant-garde de la R\u00e9volution. Dans ce but, les communistes doivent organiser dans tous ces syndicats et Conseils de Production (<span lang=DE>Betriebsr\u00e4te<\/span>) des fractions communistes, qui les aideront \u00e0 s&#8217;emparer du mouvement syndical et \u00e0 le diriger.<\/p> <p class=Intertitre2>II<\/p> <p class=Texte>1.&nbsp;La lutte \u00e9conomique du prol\u00e9tariat pour la hausse des salaires et pour l&rsquo;am\u00e9lioration g\u00e9n\u00e9rale des conditions de la vie des masses accentue tous les jours son caract\u00e8re de lutte sans issue. La d\u00e9sorganisation \u00e9conomique qui envahit un pays apr\u00e8s l&rsquo;autre, dans une proportion toujours croissante, d\u00e9montre, m\u00eame aux ouvriers les plus arri\u00e9r\u00e9s, qu&rsquo;il ne suffit pas de lutter pour la hausse des salaires et la r\u00e9duction de la journ\u00e9e de travail, que la classe capitaliste perd de plus en plus la capacit\u00e9 de r\u00e9tablir la vie \u00e9conomique et de garantir aux ouvriers ne fut ce que les conditions d&rsquo;existence qu&rsquo;elle leur assurait avant la guerre. La conscience toujours croissante des masses ouvri\u00e8res fait na\u00eetre parmi eux une tendance \u00e0 cr\u00e9er des organisations capables d&rsquo;entamer la lutte pour la renaissance \u00e9conomique au moyen du contr\u00f4le ouvrier exerc\u00e9 sur l&rsquo;industrie par les Conseils de Production. Cette tendance \u00e0 cr\u00e9er des Conseils industriels ouvriers, qui gagne les ouvriers de tous les pays, tire son origine de facteurs diff\u00e9rents et multiples (lutte contre la bureaucratie r\u00e9actionnaire, fatigue caus\u00e9e par les d\u00e9faites essuy\u00e9es par les syndicats, tendances \u00e0 la cr\u00e9ation d&rsquo;organisations embrassant tous les travailleurs) et s&rsquo;inspire en d\u00e9finitive de l&rsquo;effort fait pour r\u00e9aliser le contr\u00f4le de l&rsquo;industrie, t\u00e2che historique sp\u00e9ciale des Conseils industriels ouvriers. C&rsquo;est pourquoi on commettrait une erreur en cherchant \u00e0 ne former ces Conseils que d&rsquo;ouvriers partisans de la dictature du prol\u00e9tariat. La t\u00e2che du Parti Communiste consiste, au contraire, \u00e0 profiter de la d\u00e9sorganisation \u00e9conomique pour organiser les ouvriers et \u00e0 les mettre dans la n\u00e9cessit\u00e9 de combattre pour la dictature du prol\u00e9tariat tout en \u00e9largissant l&rsquo;id\u00e9e de la lutte pour le contr\u00f4le ouvrier, id\u00e9e que tous comprennent maintenant.<\/p> <p class=Texte>2.&nbsp;Le Parti Communiste ne pourra s&rsquo;acquitter de cette t\u00e2che qu&rsquo;en consolidant dans la conscience des masses la ferme assurance que la restauration de la vie \u00e9conomique sur la base capitaliste est actuellement impossible; elle signifierait d&rsquo;ailleurs un nouvel asservissement \u00e0 la classe capitaliste. L&rsquo;organisation \u00e9conomique correspondant aux int\u00e9r\u00eats des masses ouvri\u00e8res n&rsquo;est possible que si l&rsquo;\u00c9tat est gouvern\u00e9 par la classe ouvri\u00e8re et si la main ferme de la dictature prol\u00e9tarienne se charge de l&rsquo;abolition du capitalisme et de la nouvelle organisation socialiste.<\/p> <p class=Texte>3.&nbsp;La lutte des Comit\u00e9s de fabriques et d&rsquo;usines contre le capitalisme a pour but imm\u00e9diat l&rsquo;introduction du contr\u00f4le ouvrier dans toutes les branches de l&rsquo;industrie. Les ouvriers de chaque entreprise, ind\u00e9pendamment de leurs professions, souffrent du sabotage des capitalistes qui estiment assez souvent que la suspension de l&rsquo;activit\u00e9 de telle ou telle industrie leur sera avantageuse, la faim devant contraindre les ouvriers \u00e0 accepter les conditions les plus dures pour \u00e9viter \u00e0 quelque capitaliste un accroissement de frais. La lutte contre cette sorte de sabotage unit la plupart des ouvriers ind\u00e9pendamment de leurs id\u00e9es politiques, et fait des Comit\u00e9s d&rsquo;usines et de fabriques, \u00e9lus par tous les travailleurs d&rsquo;une entreprise, de v\u00e9ritables organisations de masse du prol\u00e9tariat. Mais la d\u00e9sorganisation de l&rsquo;\u00e9conomie capitaliste est non seulement la cons\u00e9quence de la volont\u00e9 consciente des capitalistes, mais aussi et beaucoup plus celle de la d\u00e9cadence irr\u00e9sistible de leur r\u00e9gime. Aussi, les Comit\u00e9s ouvriers seront-ils forc\u00e9s, dans leur action contre les cons\u00e9quences de cette d\u00e9cadence, \u00e0 d\u00e9passer les bornes du contr\u00f4le des fabriques et des usines isol\u00e9es et se trouveront-ils bient\u00f4t en face de la question du contr\u00f4le ouvrier \u00e0 exercer sur des branches enti\u00e8res de l&rsquo;industrie et sur son ensemble. Les tentatives d&rsquo;ouvriers d&rsquo;exercer leur contr\u00f4le non seulement sur l&rsquo;approvisionnement des fabriques et des usines en mati\u00e8res premi\u00e8res, mais aussi sur les op\u00e9rations financi\u00e8res des entreprises industrielles, provoqueront cependant, de la part de la bourgeoisie et du gouvernement capitaliste, des mesures de rigueur contre la classe ouvri\u00e8re, ce qui transformera la lutte ouvri\u00e8re pour le contr\u00f4le de l&rsquo;industrie en une lutte pour la conqu\u00eate du pouvoir par la classe ouvri\u00e8re.<\/p> <p class=Texte>4.&nbsp;La propagande en faveur des Conseils industriels doit \u00eatre men\u00e9e de mani\u00e8re \u00e0 ancrer dans la conviction des grandes masses ouvri\u00e8res, m\u00eame de celles qui n&rsquo;appartiennent pas directement au prol\u00e9tariat industriel, que la responsabilit\u00e9 de la d\u00e9sorganisation \u00e9conomique incombe \u00e0 la bourgeoisie, et que le prol\u00e9tariat, exigeant le contr\u00f4le ouvrier, lutte pour l&rsquo;organisation de l&rsquo;industrie, pour la suppression de la sp\u00e9culation et de la vie ch\u00e8re. La t\u00e2che des Partis Communistes est de combattre pour le contr\u00f4le de l&rsquo;industrie, en profitant dans ce but de toutes les circonstances se trouvant \u00e0 l&rsquo;ordre du jour, de la p\u00e9nurie du combustible et de la d\u00e9sorganisation des transports, en fusionnant dans le m\u00eame but les \u00e9l\u00e9ments isol\u00e9s du prol\u00e9tariat et en attirant de son c\u00f4t\u00e9 les milieux les plus larges de la petite bourgeoisie qui se prol\u00e9tarise davantage de jour en jour et souffre cruellement de la d\u00e9sorganisation \u00e9conomique.<\/p> <p class=Texte>5.&nbsp;Les Conseils industriels ouvriers ne sauraient remplacer les syndicats. Ils ne peuvent que s&rsquo;organiser au courant de l&rsquo;action dans diverses branches de l&rsquo;industrie et cr\u00e9er peu \u00e0 peu un appareil g\u00e9n\u00e9ral capable de diriger toute la lutte. D\u00e9j\u00e0, \u00e0 l&rsquo;heure qu&rsquo;il est, les syndicats repr\u00e9sentent des organes de combat centralis\u00e9s, bien qu&rsquo;ils n&rsquo;englobent pas des masses ouvri\u00e8res aussi larges que peuvent embrasser les Conseils industriels ouvriers en leur qualit\u00e9 d&rsquo;organisations accessibles \u00e0 toutes les entreprises ouvri\u00e8res. Le partage de toutes les t\u00e2ches de la classe ouvri\u00e8re entre les Comit\u00e9s industriels ouvriers et les syndicats est le r\u00e9sultat du d\u00e9veloppement historique de la R\u00e9volution sociale. Les syndicats ont organis\u00e9 les masses ouvri\u00e8res dans le but d&rsquo;une lutte pour la hausse des salaires et pour la r\u00e9duction des journ\u00e9es ouvri\u00e8res et l&rsquo;ont fait sur une large \u00e9chelle. Les Conseils ouvriers industriels s&rsquo;organisent pour le contr\u00f4le ouvrier de l&rsquo;industrie et la lutte contre la d\u00e9sorganisation \u00e9conomique; ils englobent toutes les entreprises ouvri\u00e8res, mais la lutte qu&rsquo;ils soutiennent ne peut rev\u00eatir que tr\u00e8s lentement un caract\u00e8re politique g\u00e9n\u00e9ral. Ce n&rsquo;est que dans la mesure o\u00f9 les syndicats arriveront \u00e0 surmonter les tendances contre-r\u00e9volutionnaires de leur bureaucratie, ou deviendront des organes conscients de la R\u00e9volution, que les communistes auront le devoir de soutenir les Conseils industriels ouvriers dans leurs tendances \u00e0 devenir des groupes industriels syndicalistes.<\/p> <p class=Texte>6.&nbsp;La t\u00e2che des communistes se r\u00e9duit aux efforts qu&rsquo;ils doivent faire pour que les syndicats et les Conseils industriels ouvriers se p\u00e9n\u00e8trent du m\u00eame esprit de r\u00e9solution combative, de conscience et de compr\u00e9hension des meilleurs m\u00e9thodes de combat, c&rsquo;est-\u00e0-dire de l&rsquo;esprit communiste. Pour s&rsquo;en acquitter, les communistes doivent soumettre, en fait, les syndicats et les Comit\u00e9s ouvriers au Parti Communiste et cr\u00e9er ainsi des organes prol\u00e9tariens des masses qui serviront de base \u00e0 un puissant Parti prol\u00e9tarien centralis\u00e9, englobant toutes les organisations prol\u00e9tariennes et les faisant toutes marcher dans la voie que conduit \u00e0 la victoire de la classe ouvri\u00e8re et \u00e0 la dictature du prol\u00e9tariat &#8211; au Communisme.<\/p> <p class=Texte>7.&nbsp;Pendant que les communistes se font des syndicats et des Conseils industriels une arme puissante pour la R\u00e9volution, ces organisations des masses se pr\u00e9parent au grand r\u00f4le qui leur incombera avec l&rsquo;\u00e9tablissement de la dictature du prol\u00e9tariat. Ce sera en effet leur devoir de devenir la base socialiste de la nouvelle organisation de la vie \u00e9conomique. Les syndicats, organis\u00e9s en qualit\u00e9 de piliers de l&rsquo;industrie, s&rsquo;appuyant sur les Conseils industriels ouvriers qui repr\u00e9senteront les organisations des fabriques et des usines, enseigneront aux masses ouvri\u00e8res leur devoir industriel, formeront avec les ouvriers les plus avanc\u00e9s des directeurs d&rsquo;entreprises, organiseront le contr\u00f4le technique des sp\u00e9cialistes; ils \u00e9tudieront et ex\u00e9cuteront, de concert avec les repr\u00e9sentants du pouvoir ouvrier, les plans de la politique \u00e9conomique socialiste.<\/p> <p class=Intertitre2>III<\/p> <p class=Texte>Les syndicats manifestaient en temps de paix des tendances \u00e0 former une Union internationale. Pendant les gr\u00e8ves, les capitalistes recouraient \u00e0 la main-d&rsquo;\u0153uvre des pays voisins et aux services des &quot;renards&quot; \u00e9trangers. Mais avant la guerre, l&rsquo;Internationale syndicale n&rsquo;avait qu&rsquo;une importance secondaire. Elle s&rsquo;occupait de l&rsquo;organisation de secours financiers r\u00e9ciproques et d&rsquo;un service de statistique concernant la vie ouvri\u00e8re, mais elle ne cherchait pas \u00e0 unifier la vie ouvri\u00e8re parce que les syndicats dirig\u00e9s par des opportunistes, faisaient leur possible pour se soustraire \u00e0 toute lutte r\u00e9volutionnaire internationale. Les leaders opportunistes des syndicats qui, pendant la guerre, furent les serviteurs fid\u00e8les de la bourgeoisie dans leurs pays respectifs, cherchent maintenant \u00e0 restaurer l&rsquo;Internationale syndicale en se faisant une arme du capitalisme universel international, dirig\u00e9e contre le prol\u00e9tariat. Ils cr\u00e9ent avec Jouhaux<a href=\"#_edn2\" name=\"_ednref2\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[2]<\/span><\/span><\/span><\/a>, <span lang=EN-US>Gompers<a href=\"#_edn3\" name=\"_ednref3\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span lang=EN-US style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[3]<\/span><\/span><\/span><\/a><\/span>, <span lang=DE>Legien<a href=\"#_edn4\" name=\"_ednref4\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span lang=DE style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[4]<\/span><\/span><\/span><\/a><\/span>, etc., un &quot;Bureau de Travail&quot; aupr\u00e8s de la &quot;Ligue des Nations&quot;, qui n&rsquo;est autre chose qu&rsquo;une organisation de brigandage capitaliste international. Ils t\u00e2chent d&rsquo;\u00e9touffer dans tous les pays le mouvement gr\u00e9viste en faisant d\u00e9cr\u00e9ter l&rsquo;arbitrage obligatoire des repr\u00e9sentants de l&rsquo;\u00c9tat capitaliste. Ils cherchent partout \u00e0 obtenir, \u00e0 force de compromis avec les capitalistes, toutes esp\u00e8ces de faveurs pour les ouvriers capitalistes, afin de briser de cette mani\u00e8re l&rsquo;union chaque jour plus \u00e9troite de la classe ouvri\u00e8re. L&rsquo;Internationale syndicale d&rsquo;Amsterdam<a href=\"#_edn5\" name=\"_ednref5\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[5]<\/span><\/span><\/span><\/a> est donc la rempla\u00e7ante de la 2e&nbsp;Internationale de Bruxelles<a href=\"#_edn6\" name=\"_ednref6\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[6]<\/span><\/span><\/span><\/a> en faillite. Les ouvriers communistes qui font partie des syndicats de tous les pays doivent, au contraire, travailler \u00e0 la cr\u00e9ation d&rsquo;un front syndicaliste international. Il ne s&rsquo;agit plus de secours p\u00e9cuniaires en cas de gr\u00e8ve; il faut d\u00e9sormais qu&rsquo;au moment o\u00f9 le danger menacerait la classe ouvri\u00e8re d&rsquo;un pays, les syndicats des autres pays, en qualit\u00e9 d&rsquo;organisations de masses, prennent sa d\u00e9fense et fassent tout pour emp\u00eacher la bourgeoisie de leur pays de venir en aide \u00e0 celle qui est aux prises avec la classe ouvri\u00e8re. Dans tous les \u00c9tats, la lutte \u00e9conomique du prol\u00e9tariat devient de plus en plus r\u00e9volutionnaire. Aussi les syndicats doivent-ils employer consciemment toute leur \u00e9nergie \u00e0 appuyer toute action r\u00e9volutionnaire, tant dans leur propre pays que dans les autres. Ils doivent s&rsquo;orienter dans ce but vers la plus grande centralisation de l&rsquo;action, non seulement dans chaque pays \u00e0 part, mais aussi dans l&rsquo;Internationale; ils le feront en adh\u00e9rant \u00e0 l&rsquo;Internationale communiste et en y fusionnant en une seule arm\u00e9e les divers \u00e9l\u00e9ments engag\u00e9s dans le combat, afin qu&rsquo;ils agissent de concert et se pr\u00eatent un concours mutuel.<\/p> <p class=Intertitre2a>Notes<\/p> <\/div> <div><br clear=all> <hr align=left size=1 width=\"33%\"> <div id=edn1> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref1\" name=\"_edn1\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[1]<\/span><\/a>.&nbsp;Sauf indication contraire, les annotations sont ajout\u00e9es par nous [321ignition].<\/p> <\/div> <div id=edn2> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn2\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[2]<\/span><\/a>.&nbsp;L\u00e9on Jouhaux.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En 1906, Jouhaux devient d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 au comit\u00e9 f\u00e9d\u00e9ral des Bourses du travail, et en 1909, il devient secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la CGT. En aout 1914, il est favorable \u00e0 la participation \u00e0 la guerre. En 1916, il lance l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un organisme international pour \u00e9laborer les instruments d&rsquo;am\u00e9lioration de la condition ouvri\u00e8re et, la guerre termin\u00e9e, il participe \u00e0 la Conf\u00e9rence de la Paix et aux n\u00e9gociations qui aboutissent \u00e0 la cr\u00e9ation de l&rsquo;Organisation internationale du Travail en 1919. Il est repr\u00e9sentant titulaire des travailleurs au Conseil d&rsquo;Administration du BIT de 1919 jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort en 1954.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En 1921, apr\u00e8s la scission du Parti socialiste, la CGT se divise. Les r\u00e9formistes gardent l\u2019appareil, et les opposants fondent la CGT Unitaire (CGTU). Ainsi, L\u00e9on Jouhaux est le principal dirigeant de la CGT. Lors de la r\u00e9unification de la CGT et la CGTU en 1936, il demeure seul secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la CGT.<\/p> <\/div> <div id=edn3> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref3\" name=\"_edn3\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[3]<\/span><\/a>.&nbsp;Samuel Gompers.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En 1886 est cr\u00e9\u00e9 aux USA l&rsquo;<span lang=EN-US>American Federation of Labor<\/span> (Conf\u00e9d\u00e9ration am\u00e9ricaine du travail, AFL). Gompers assume la pr\u00e9sidence, poste qu&rsquo;il occupe jusqu&rsquo;en 1924. Pendant la Premi\u00e8re guerre mondiale, il est membre du <span lang=EN-US>Council of National Defense<\/span> (Conseil national de la d\u00e9fense). \u00c0 la fin de la guerre, le pr\u00e9sident <span lang=EN-US>Woodrow Wilson<\/span> le nomme \u00e0 la commission sur la l\u00e9gislation internationale du travail dans le cadre de la conf\u00e9rence de Versailles. Il participe \u00e0 la mise en place de l&rsquo;Organisation internationale du travail. Durant toute cette p\u00e9riode, l&rsquo;AFL ne se pr\u00e9occupe nullement d&rsquo;organiser les ouvriers industriels non qualifi\u00e9s. En 1935 <span lang=EN-US>John L.&nbsp;Lewis<\/span>, de la f\u00e9d\u00e9ration des mineurs, constitue au sein de l&rsquo;AFL le <span lang=EN-US>Committee for Industrial Organization<\/span>, (Comit\u00e9 d&rsquo;organisation industrielle) qui rompt avec l&rsquo;AFL en 1938 et prend le nom de <span lang=EN-US>Congress of Industrial Organizations<\/span> (Congr\u00e8s d&rsquo;organisations industrielles, CIO). Finalement, en 1955 AFL et CIO fusionnent pour constituer l&rsquo;AFL-CIO.<\/p> <\/div> <div id=edn4> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref4\" name=\"_edn4\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[4]<\/span><\/a>.&nbsp;<span lang=DE>Carl Legien<\/span>.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En 1885 <span lang=DE>Legien<\/span> adh\u00e8re au <span lang=DE>Sozialistische Arbeiterpartei Deutschlands<\/span> (Parti ouvrier socialiste d&rsquo;Allemagne, <span lang=DE>SAPD<\/span>), qui en 1890 adopte le nom de <span lang=DE>Sozialdemokratische Partei Deutschlands<\/span> (Parti social-d\u00e9mocrate d&rsquo;Allemagne, <span lang=DE>SPD<\/span>). En 1889 il participe au Congr\u00e8s de fondation de la 2e&nbsp;Internationale.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Apr\u00e8s la non-prorogation en 1890 de la \u201cloi relative aux socialistes\u201d (<span lang=DE>\u201cSozialistengesetz\u201d<\/span>), qui maintenait les socialistes dans l&rsquo;ill\u00e9galit\u00e9, se constitue une structure syndicale ouvri\u00e8re selon une orientation socialiste, rassembl\u00e9e dans le cadre de la \u201cCommission g\u00e9n\u00e9rale des syndicats d&rsquo;Allemagne\u201d <span lang=DE>(\u201cGeneralkommission der Gewerkschaften Deutschlands\u201d).<\/span> Legien assume la fonction de pr\u00e9sident. Progressivement, diff\u00e9rentes f\u00e9d\u00e9rations syndicales se constituent. Avec le temps s&rsquo;\u00e9tablit la coutume de se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 ces organisations comme \u201csyndicats libres\u201d <span lang=DE>[\u201cFreie Gewerkschaften\u201d]<\/span>, pour les distinguer d&rsquo;une part des Associations de m\u00e9tier <span lang=DE>(Gewerkvereine)<\/span> dites de <span lang=DE>Hirsch<\/span> et <span lang=DE>Duncker<\/span> (fond\u00e9s en 1869 par <span lang=DE>Max Hirsch<\/span> et <span lang=DE>Franz Duncker<\/span>), et d&rsquo;autre part des syndicats chr\u00e9tiens qui se constituent \u00e0 partir de 1899. En 1892 se tient un Congr\u00e8s des syndicats dit libres qui forme un mouvement unifi\u00e9 au niveau national.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>De 1893 \u00e0 1918 Legien est d\u00e9put\u00e9 \u00e0 l&rsquo;assembl\u00e9e nationale [Reichstag] pour le SPD.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Au congr\u00e8s syndical tenu en 1905 il est \u00e0 l&rsquo;initiative d&rsquo;une r\u00e9solution contre la gr\u00e8ve de masse en faveur d&rsquo;objectifs politiques. En 1913 est constitu\u00e9e la F\u00e9d\u00e9ration syndicale internationale dont <span lang=DE>Legien<\/span> est nomm\u00e9 pr\u00e9sident. Durant la Premi\u00e8re guerre mondiale, il se prononce pour l&rsquo;union sacr\u00e9e (d\u00e9sign\u00e9e en Allemagne par le terme <span lang=DE>Burgfrieden<\/span>, litt\u00e9ralement &quot;paix aux ch\u00e2teaux forts&quot;). Il pousse \u00e0 ce que soient exclus du groupe SPD \u00e0 l&rsquo;assembl\u00e9e, les opposants de gauche. En novembre 1918 il est signataire d&rsquo;un accord de coop\u00e9ration entre les syndicats et les employeurs (repr\u00e9sent\u00e9s notamment par Hugo Stinnes), dit &quot;accord <span lang=DE>Stinnes-Legien<\/span>&quot;. En 1919 se tient un congr\u00e8s syndical qui aboutit \u00e0 la constitution de l&rsquo;<span lang=DE>Allgemeine Deutsche Gewerkschaftsbund<\/span> (Conf\u00e9d\u00e9ration syndicale g\u00e9n\u00e9rale allemande, ADGB), dont <span lang=DE>Legien<\/span> est nomm\u00e9 pr\u00e9sident. En 1920 il est nomm\u00e9 pr\u00e9sident adjoint du Conseil national \u00e9conomique provisoire [<span lang=DE>Vorl\u00e4ufiger Reichswirtschaftsrat]<\/span>. Il d\u00e9c\u00e8de \u00e0 la fin de l&rsquo;ann\u00e9e.<\/p> <\/div> <div id=edn5> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref5\" name=\"_edn5\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[5]<\/span><\/a>.&nbsp;F\u00e9d\u00e9ration syndicale internationale (Internationale syndicale d&rsquo;Amsterdam).<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En 1901 se tient \u00e0 Copenhague une r\u00e9union entre repr\u00e9sentants des centrales syndicales de Norv\u00e8ge, Su\u00e8de, Finlande, Danemark, Allemagne, France et Belgique. Une autre rencontre suit en 1903, et est constitu\u00e9 un secr\u00e9tariat international avec <span lang=DE>Carl Legien<\/span> comme secr\u00e9taire. En 1913 est adopt\u00e9e la d\u00e9signation F\u00e9d\u00e9ration syndicale internationale. La Premi\u00e8re guerre mondiale introduit le clivage correspondant aux alliances bellig\u00e9rantes. En 1919 la FSI est reconstitu\u00e9e. Une premi\u00e8re r\u00e9union se tient en f\u00e9vrier 1919 \u00e0 Bern, en juillet-aout le si\u00e8ge est \u00e9tabli \u00e0 Amsterdam. La FSI est reconnue par l&rsquo;Organisation internationale du travail, nouvellement cr\u00e9\u00e9e. L&rsquo;admission \u00e0 la FSI des syndicats de l&rsquo;Union sovi\u00e9tique est refus\u00e9e. L&rsquo;AFL am\u00e9ricaine adh\u00e8re finalement en 1937.<\/p> <\/div> <div id=edn6> <p class=MsoEndnoteText style='margin-bottom:0cm;margin-bottom:.0001pt'><a href=\"#_ednref6\" name=\"_edn6\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt; font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[6]<\/span><\/a>.&nbsp;C&rsquo;est \u00e0 dire la 2e Internationale fond\u00e9e en 1889, r\u00e9unissant des partis politiques, dont le SPD.<\/p> <\/div> <\/div>\n <!--themify_builder_content-->\n<div id=\"themify_builder_content-1043\" data-postid=\"1043\" class=\"themify_builder_content themify_builder_content-1043 themify_builder tf_clear\">\n    <\/div>\n<!--\/themify_builder_content-->","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[7,9,18],"tags":[],"class_list":["post-1043","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-article-document","category-francais-document","category-ic-congres-2","has-post-title","has-post-date","has-post-category","has-post-tag","has-post-comment","has-post-author",""],"builder_content":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1043"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1043"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1043\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1043"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1043"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1043"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}