{"id":1092,"date":"2024-12-01T12:12:56","date_gmt":"2024-12-01T11:12:56","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/?p=1092"},"modified":"2025-02-10T23:40:05","modified_gmt":"2025-02-10T22:40:05","slug":"ic-1924-01-ce-pr-lecons-allemagne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/ic-1924-01-ce-pr-lecons-allemagne\/","title":{"rendered":"Pr\u00e9sidium du CE de l&rsquo;IC (8-21 janvier 1924) : Les le\u00e7ons des \u00e9v\u00e8nements d&rsquo;Allemagne"},"content":{"rendered":"<div class=WordSection1> <p class=Texte align=left style='margin-bottom:0cm;margin-bottom:.0001pt; text-align:left;text-indent:0cm;line-height:3.0pt'><span style='font-size:3.0pt; color:white'><!--more --><\/span><\/p><p class=rocmlIntertitre2art style='margin-top:0cm'><\/p> <div align=center> <table class=MsoTableGrid border=1 cellspacing=0 cellpadding=0 style='border-collapse:collapse;border:none'> <tr> <td width=756 nowrap valign=top style='width:16.0cm;border:solid windowtext 1.0pt; border-bottom:none;padding:5.65pt 14.2pt 5.65pt 14.2pt'> <p class=Intertitre2 style='margin:0cm;margin-bottom:.0001pt;page-break-after: auto'><span style='color:#E36C0A'>Pr\u00e9sidium du Comit\u00e9 ex\u00e9cutif<br> de l&rsquo;Internationale communiste<br> <\/span><span style='color:#E36C0A;font-weight:normal'>(8&#8209;21 janvier 1924)<\/span><\/p> <\/td> <\/tr> <tr> <td width=756 nowrap valign=top style='width:16.0cm;border-top:none; border-left:solid windowtext 1.0pt;border-bottom:none;border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:5.65pt 14.2pt 5.65pt 14.2pt'> <p class=Intertitre2 style='margin:0cm;margin-bottom:.0001pt;page-break-after: auto'>Les le\u00e7ons des \u00e9v\u00e8nements d&rsquo;Allemagne<\/p> <\/td> <\/tr> <tr> <td width=756 valign=top style='width:16.0cm;border:solid windowtext 1.0pt; padding:5.65pt 14.2pt 5.65pt 14.2pt'> <p class=Texte align=left style='margin-bottom:0cm;margin-bottom:.0001pt; text-align:left;text-indent:0cm;line-height:12.0pt'><span style='font-size: 11.0pt'>Source&nbsp;:<br> Les le\u00e7ons des \u00e9v\u00e8nements d&rsquo;Allemagne &#8211; La question allemande au Pr\u00e9sidium du C.E. de l&rsquo;I.C. en janvier 1924; Moscou, Edition &quot;Champ Rouge&quot;, 1924&nbsp;<a href=\"#_edn1\" name=\"_ednref1\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:11.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[1]<\/span><\/span><\/span><\/a>.<\/span><\/p> <p class=Texte align=left style='margin-bottom:0cm;margin-bottom:.0001pt; text-align:left;text-indent:0cm;line-height:12.0pt'><span style='font-size: 11.0pt'>[Nous reproduisons ce texte avec l\u2019accord du responsable du site <i>321ignition.free.fr<\/i>]<\/span><\/p> <\/td> <\/tr> <\/table> <\/div> <p class=MsoNormal align=center style='text-align:center'>&nbsp;<\/p> <p class=Texte>Le Pr\u00e9sidium a examin\u00e9 la question allemande pour la premi\u00e8re fois le 8&nbsp;janvier. Lozovski exposa alors la question syndicale. Apr\u00e8s quoi une courte discussion fut engag\u00e9e.<\/p> <p class=Texte>Une deuxi\u00e8me s\u00e9ance eut lieu le 11&nbsp;janvier. \u00c9taient pr\u00e9sents, outre le Pr\u00e9sidium, les membres de l&rsquo;Ex\u00e9cutif se trouvant \u00e0 Moscou, quelques d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s des partis polonais et bulgare et les repr\u00e9sentais des trois tendances du P.C.A.<\/p> <p class=Texte>Cinq projets de r\u00e9solution servirent de base \u00e0 la discussion de la question politique&nbsp;:<\/p> <p class=Texte>Un projet de Zinoviev.<\/p> <p class=Texte>Un projet de Trotski et Radek.<\/p> <p class=Texte>Un projet de la gauche.<\/p> <p class=Texte>Un projet du Centre.<\/p> <p class=Texte>Un projet de conciliation \u00e9labor\u00e9 par Zinoviev, deux repr\u00e9sentants du centre&nbsp;: Remmele et Koenen, et Pieck.<\/p> <p class=Texte>La discussion fut ouverte par un rapport du repr\u00e9sentant du Comit\u00e9 Ex\u00e9cutif de l&rsquo;Internationale Communiste, suivi des expos\u00e9s de Brandler, Remmele, R.&nbsp;Fischer. Les discours sont reproduits ci&#8209;dessous, sous une forme quelque peu abr\u00e9g\u00e9e qui n&rsquo;enl\u00e8ve rien \u00e0 leur substance.<\/p> <p class=Texte>On trouvera ensuite le discours prononc\u00e9 par Zinoviev \u00e0 la s\u00e9ance du&nbsp;12, puis une s\u00e9rie de documents.<\/p> <p class=Intertitre2>I.<br> Rapport du repr\u00e9sentant du C.E. de l&rsquo;I.C. en Allemagne<a href=\"#_edn2\" name=\"_ednref2\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><b><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"; letter-spacing:1.0pt'>[2]<\/span><\/b><\/span><\/span><\/a><\/p> <p class=Texte>Mon rapport se divise en deux parties. La premi\u00e8re formera un expos\u00e9 des travaux de la d\u00e9l\u00e9gation et des faits ou documents principaux les concernant; la deuxi\u00e8me jettera un coup d&rsquo;oeil sur le pass\u00e9 et sur l&rsquo;avenir et t\u00e2chera d&rsquo;analyser la grande d\u00e9faite du parti, d&rsquo;en comprendre la signification et de la raconter comme nous la comprenons, Arwid et moi.<\/p> <p class=Texte>La d\u00e9l\u00e9gation n&rsquo;a pas pris part \u00e0 la d\u00e9cision d\u00e9finitive du parti, qui \u00e9choua \u00e0 la conf\u00e9rence de Chemnitz, car elle n&rsquo;\u00e9tait pas encore l\u00e0.<\/p> <p class=Texte>Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;elle a trouv\u00e9 en arrivant?<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;\u00e9croulement du plan de l&rsquo;Ex\u00e9cutif. Le plan d&rsquo;offensive \u00e9tabli dans les conf\u00e9rences de septembre et d&rsquo;octobre s&rsquo;inspirait des id\u00e9es fondamentales suivantes&nbsp;: le prol\u00e9tariat marche d&rsquo;abord en Saxe, pour la d\u00e9fense du gouvernement ouvrier, dans lequel nous entrons; il s&rsquo;efforce d&rsquo;utiliser le pouvoir pour s&rsquo;armer et dresser dans cet \u00c9tat prol\u00e9tarien de l&rsquo;Allemagne centrale un mur entre la contre-r\u00e9volution bavaroise du Sud et le fascisme du Nord; en m\u00eame temps le Parti proc\u00e8de dans tout le Reich \u00e0 la mobilisation des masses.<\/p> <p class=Texte>Ce plan a \u00e9chou\u00e9 pour les raisons suivantes&nbsp;: premi\u00e8rement, nos camarades, une fois au gouvernement, n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 capables de r\u00e9aliser l&rsquo;armement du prol\u00e9tariat (le parti avait en Saxe, d&rsquo;apr\u00e8s nos informations, 800&nbsp;fusils!). Ensuite, \u00e0 la conf\u00e9rence de Chemnitz, la deuxi\u00e8me partie, c&rsquo;est&#8209;\u00e0&#8209;dire l&rsquo;offensive commune des ouvriers social-d\u00e9mocrates et communistes, a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9e. La proposition de gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale et d&rsquo;insurrection arm\u00e9e ne fut m\u00eame pas pr\u00e9sent\u00e9e, devant l&rsquo;opposition de la gauche social-d\u00e9mocrate. Notre parti op\u00e9ra sa retraite en se couvrant de la proposition suivante&nbsp;: nommer un comit\u00e9 d&rsquo;action qui d\u00e9ciderait de la conduite \u00e0 tenir. Le Comit\u00e9 Central r\u00e9solut d&rsquo;\u00e9viter tout combat, vu que l&rsquo;unit\u00e9 de front du prol\u00e9tariat n&rsquo;existait pas, qu&rsquo;il \u00e9tait impossible de la r\u00e9tablir et qu&rsquo;avec cette dispersion des forces et le manque de moyens mat\u00e9riels, il \u00e9tait impossible de pr\u00e9parer l&rsquo;insurrection.<\/p> <p class=Texte>En face de cette situation, j&rsquo;ai d\u00fb prendre position. Dans une conversation avec les camarades, j&rsquo;approuvai l&rsquo;abandon du projet d&rsquo;insurrection en Saxe apr\u00e8s la constatation de l&rsquo;impossibilit\u00e9 du front unique avec les ouvriers social-d\u00e9mocrates. Mais je demandai la proclamation de la gr\u00e8ve. Si nous ne sommes pas assez forts, disais-je, pour marcher seuls contre le fascisme, nous le sommes cependant assez pour nous d\u00e9fendre et ne pas livrer nos positions sans combat.<\/p> <p class=Texte>Cette proposition repouss\u00e9e, chaque jour ce furent au C.C. de nouvelles discussions. Chaque fois, on se demandait&nbsp;: qu&rsquo;allons-nous faire? Pour amener une tr\u00eave provisoire, la d\u00e9l\u00e9gation pr\u00e9senta le 26&nbsp;octobre \u00e0 la 7e Commission<a href=\"#_edn3\" name=\"_ednref3\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[3]<\/span><\/span><\/span><\/a> la r\u00e9solution suivante&nbsp;:<\/p> <p class=MsoQuote>La 7e Commission d\u00e9cide&nbsp;:<\/p> <p class=MsoQuote>1.&nbsp;Les antagonismes sociaux et politiques s&rsquo;exasp\u00e8rent \u00e0 vue d&rsquo;oeil; \u00e0 tout moment on peut voir s&rsquo;engager la lutte d\u00e9cisive entre la r\u00e9volution et la contre-r\u00e9volution.<\/p> <p class=MsoQuote>2.&nbsp;L&rsquo;avant-garde de la classe ouvri\u00e8re (les communistes et une partie des ouvriers social-d\u00e9mocrates) sont impatients de commencer la bataille. Mais le gros des ouvriers, malgr\u00e9 son m\u00e9contentement et sa mis\u00e8re, n&rsquo;est pas encore pr\u00eat.<\/p> <p class=MsoQuote>3.&nbsp;Les r\u00e9serves du prol\u00e9tariat doivent donc \u00eatre rapproch\u00e9es de l&rsquo;avant-garde par une campagne \u00e9nergique. Les cat\u00e9gories qu&rsquo;on doit principalement avoir en vue, m\u00e9tallurgistes, mineurs, cheminots, ouvriers agricoles et fonctionnaires, doivent \u00eatre particuli\u00e8rement travaill\u00e9es. La pr\u00e9paration mat\u00e9rielle doit \u00eatre pouss\u00e9e au maximum. Pour assurer l&rsquo;union des prol\u00e9taires dans le combat, il faut imm\u00e9diatement entrer en pourparlers avec les organisations centrales et locales de la social-d\u00e9mocratie, les contraindre \u00e0 l&rsquo;offensive ou d\u00e9tacher les ouvriers social-d\u00e9mocrates de leurs chefs.<\/p> <p class=MsoQuote>4.&nbsp;Dans cette situation, il faut que le parti retienne aussi longtemps que possible les camarades de toute lutte arm\u00e9e, afin de gagner du temps pour la pr\u00e9paration. Si cependant la classe ouvri\u00e8re se trouvait spontan\u00e9ment engag\u00e9e dans de grands combats, le parti la soutiendra par tous les moyens \u00e0 sa disposition. Il parera tous les coups de la contre-r\u00e9volution au moyen de manifestations, gr\u00e8ves politiques, etc&#8230;, en \u00e9vitant autant que possible les collisions arm\u00e9es.<\/p> <p class=MsoQuote>5.&nbsp;Le parti proposera une gr\u00e8ve de protestation dans tout le pays contre l&rsquo;ultimatum de Stresemann. Dans cette gr\u00e8ve on \u00e9vitera \u00e9galement les collisions arm\u00e9es. Au cas o\u00f9 le parti social-d\u00e9mocrate en Saxe ne r\u00e9pondrait pas \u00e0 cet appel, nos camarades rompront avec le gouvernement saxon et le combattront.<\/p> <p class=MsoQuote>6.&nbsp;Tous les membres du Comit\u00e9 Central sont charg\u00e9s de veiller \u00e0 l&rsquo;ex\u00e9cution de cette r\u00e9solution. Le Comit\u00e9 Central \u00e9tablira une nouvelle division du travail entre ses membres.<\/p> <p class=Texte>Cette r\u00e9solution fut adopt\u00e9e \u00e0 l&rsquo;unanimit\u00e9. Ruth Fischer vota pour. Cela se passait cinq jours apr\u00e8s la premi\u00e8re d\u00e9faite en Saxe, apr\u00e8s la conf\u00e9rence de Chemnitz.<\/p> <p class=Texte>Il \u00e9tait clair que nous avions essuy\u00e9 une d\u00e9faite grave, dont les cons\u00e9quences pouvaient se faire sentir longtemps. Il y avait de plus le danger imm\u00e9diat de la panique et du d\u00e9senchantement des masses. Une d\u00e9faite en elle-m\u00eame est moins grave que de telles suites. C&rsquo;est pourquoi nous nous fix\u00e2mes cette t\u00e2che&nbsp;: arr\u00eater la retraite, refaire du parti communiste allemand le point de concentration des travailleurs militants, et reprendre la lutte.<\/p> <p class=Texte>Le jour o\u00f9 le Comit\u00e9 Central se r\u00e9unit, nous ne voyions pas encore autour de quoi grouper ces travailleurs, sur quel terrain les concentrer pour l&rsquo;action; nous ne sentions pas encore le levier entre nos mains. C&rsquo;est pourquoi le passage correspondant des th\u00e8ses pr\u00e9sent\u00e9es par nous n&rsquo;est pas assez concret. Au bout de quelques jours, il devint clair que le premier devoir du parti \u00e9tait de ne pas se laisser chasser \u00e0 l&rsquo;arri\u00e8re-plan&nbsp;: par cons\u00e9quent, comme nous \u00e9tions priv\u00e9s des libert\u00e9s de presse et de r\u00e9union, il s&rsquo;agissait d&rsquo;organiser des manifestations dans la rue.<\/p> <p class=Texte>C&rsquo;est sur cette ligne de retraite active que nous tent\u00e2mes de regrouper le Parti. Comment fut-elle accept\u00e9e? En ce qui regarde les d\u00e9monstrations de sans&#8209;travail, tout le Comit\u00e9 Central \u00e9tait unanime. Pour la protection des manifestations par les centuries, la majorit\u00e9 \u00e9tait d&rsquo;accord. Mais lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de l&rsquo;application, nous rencontr\u00e2mes une vive opposition de la part de la repr\u00e9sentante des Berlinois<a href=\"#_edn4\" name=\"_ednref4\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[4]<\/span><\/span><\/span><\/a>&nbsp;: le m\u00e9contentement et le d\u00e9senchantement dans le parti \u00e9taient si grands, selon elle, que nous ne serions pas en \u00e9tat d&rsquo;entra\u00eener les masses pour des manifestations. Une deuxi\u00e8me objection \u00e9tait celle&#8209;ci&nbsp;: nous le ferons, mais cela demande de longs pr\u00e9paratifs.<\/p> <p class=Texte>Autre d\u00e9saccord dans la question des d\u00e9monstrations arm\u00e9es. Le repr\u00e9sentant de Berlin soutenait, contrairement \u00e0 celui de Hambourg, qu&rsquo;elles \u00e9taient impossibles, qu&rsquo;on s&rsquo;exposerait \u00e0 d&rsquo;inutiles effusions de sang, et que nos hommes ne pouvaient pas marcher dans les rues avec ce cliquetis. Tout en maintenant le principe, nous c\u00e9d\u00e2mes pour cette fois et le C.C. tout entier d\u00e9cida que la premi\u00e8re manifestation ne serait pas prot\u00e9g\u00e9e. La pratique montrerait ensuite jusqu&rsquo;o\u00f9 on pouvait aller.<\/p> <p class=Texte>Les raisons de cette ligne de conduite sont \u00e9videntes. Pour moi, la faiblesse du parti et des masses vient de leur passivit\u00e9. Tant que les masses n&rsquo;auront pas le sentiment que nous, communistes, sommes pr\u00eats \u00e0 risquer tout, elles ne marcheront pas au combat. L&rsquo;\u00e9tat actuel du prol\u00e9tariat allemand est un effet de la situation g\u00e9n\u00e9rale, de l&rsquo;an\u00e9antissement de l&rsquo;activit\u00e9 politique, de la passivit\u00e9 extraordinaire de toutes les classes \u00e0 l&rsquo;exception des militaires. N&rsquo;\u00e9tant pas soldat et ne pouvant indiquer pratiquement comment assurer la protection des manifestations &#8209;&nbsp;cela \u00e9tait l&rsquo;affaire de la direction militaire&nbsp;&#8209;, je me disais seulement&nbsp;: nous ne pouvons pas inviter les ouvriers une fois ou deux \u00e0 des d\u00e9monstrations o\u00f9 ils se feraient rouer de coups, et ensuite renouveler notre invitation une troisi\u00e8me fois. Ou bien, les d\u00e9monstrations ne sont qu&rsquo;un geste, ou bien nous devons assurer leur d\u00e9fense.<\/p> <p class=Texte>Avant de passer \u00e0 l&rsquo;analyse politique, je veux pr\u00e9ciser notre attitude. Sur les causes de notre d\u00e9faite, nous avions naturellement, d\u00e8s le premier jour, nos id\u00e9es et nous les avons communiqu\u00e9es dans des rapports \u00e0 l&rsquo;Ex\u00e9cutif. Ces rapports sont sous vos yeux. La question se posait ainsi&nbsp;: doit&#8209;on dans ce stade se livrer \u00e0 une analyse des faiblesses et des fautes du parti? Mon point de vue et celui de toute la d\u00e9l\u00e9gation, que je conserve encore actuellement, \u00e9tait qu&rsquo;au moment de la premi\u00e8re tentative de regroupement et de ralliement, au moment de livrer la bataille, il \u00e9tait non seulement inexp\u00e9dient, mais m\u00eame inacceptable d&rsquo;ouvrir un d\u00e9bat sur la tactique.<\/p> <p class=Texte>Telle \u00e9tait ma fa\u00e7on de voir. Je pr\u00e9voyais bien que la d\u00e9faite am\u00e8nerait une terrible crise, dans laquelle cette analyse se ferait, mais j&rsquo;estimais n\u00e9cessaire de l&rsquo;ajourner, jusqu&rsquo;\u00e0 ce que la clart\u00e9 f\u00fbt obtenue sur ceci&nbsp;: sommes&#8209;nous au d\u00e9but d&rsquo;une longue p\u00e9riode de pr\u00e9paration excluant toute action importante &#8209;&nbsp;et alors le parti devra trouver un rem\u00e8de \u00e0 ses d\u00e9fauts dans la discussion&nbsp;&#8209; ou bien marchons&#8209;nous, \u00e0 travers des combats partiels, \u00e0 de grandes luttes&nbsp;&#8209; et alors le parti trouvera sa gu\u00e9rison dans ces luttes m\u00eames? Je m&rsquo;opposai donc de la fa\u00e7on la plus \u00e9nergique \u00e0 toute tentative d&rsquo;ouvrir au milieu de novembre la discussion \u00e0 laquelle nous proc\u00e9dons maintenant. Je n&rsquo;affirmerai pas, naturellement, que les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s et moi nous \u00e9tions alors en mesure d&rsquo;appr\u00e9cier toute la gravit\u00e9 de la d\u00e9faite. Je n&rsquo;ai pas relu nos correspondances et peut&#8209;\u00eatre que ce que nous donnons aujourd&rsquo;hui comme la conclusion de notre examen contredit ce que sous la premi\u00e8re impression des \u00e9v\u00e9nements nous avions signal\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Ex\u00e9cutif. Je ne pense pas que le devoir de l&rsquo;homme politique soit de ne jamais se d\u00e9juger, quand il a appris davantage.<\/p> <p class=Texte>Quelles ont donc \u00e9t\u00e9 les causes de notre grande d\u00e9faite?<\/p> <p class=Texte>Premi\u00e8rement, la d\u00e9faite est grande&nbsp;: elle nous a rejet\u00e9s en arri\u00e8re, au moment o\u00f9 nous touchions le but. Nous avons laiss\u00e9 \u00e9chapper une occasion comme il s&rsquo;en pr\u00e9sente rarement d&rsquo;aussi favorables.<\/p> <p class=Texte>Deuxi\u00e8mement&nbsp;: nous ne savons pas avec quelle rapidit\u00e9 la dissolution du capital va se poursuivre en Allemagne. Nous devons pr\u00e9voir la lutte, tant qu&rsquo;il n&rsquo;est pas certain qu&rsquo;elle ne viendra pas. Un parti politique ne peut pas dire&nbsp;: il arrivera ceci, ou cela. Il doit tenir compte de toutes les possibilit\u00e9s. Il doit se dire&nbsp;: que ferons-nous dans telle et telle situation? Y a&#8209;t&#8209;il des chances d&rsquo;aggravation, alors travaillons en vue de cette aggravation. Mais ici, o\u00f9 nous commen\u00e7ons seulement \u00e0 essayer de nous rendre compte de toutes les \u00e9ventualit\u00e9s, nous devons faire ressortir qu&rsquo;il est possible que la situation reste g\u00e2t\u00e9e pour longtemps. Dans cette hypoth\u00e8se la d\u00e9faite serait encore plus lourde que nous ne la voyons maintenant.<\/p> <p class=Texte>Troisi\u00e8mement&nbsp;: nous ne savons pas quelle r\u00e9percussion cette d\u00e9faite aura sur les autres partis communistes. C&rsquo;est pourquoi je ne dis rien sur les moyens de la pallier.<\/p> <p class=Texte>Pour le moment nous devons nous demander d&rsquo;abord&nbsp;: d&rsquo;o\u00f9 vient la d\u00e9faite? Je trouve deux explications. Parmi les camarades les uns disent&nbsp;: il est vrai que la masse du parti est prol\u00e9tarienne, mais la direction est compos\u00e9e d&rsquo;anciens fonctionnaires social-d\u00e9mocrates qui ne sont pas encore devenus communistes, et qui ont trahi. Telle est la premi\u00e8re explication. La deuxi\u00e8me, celle \u00e0 laquelle je me rallie, est que notre Parti est un bon parti prol\u00e9tarien, mais sans exp\u00e9rience r\u00e9volutionnaire suffisante. Sa direction souffre naturellement, comme tous nos comit\u00e9s centraux, de grandes faiblesses inh\u00e9rentes \u00e0 son origine social-d\u00e9mocrate et tant qu&rsquo;elle n&rsquo;aura pas travers\u00e9 toute une s\u00e9rie de grands combats, elle n&rsquo;aura pas cette exp\u00e9rience.<\/p> <p class=Texte>(Brandler&nbsp;: Il y en a beaucoup qui n&rsquo;ont pas fait partie de la social-d\u00e9mocratie.)<\/p> <p class=Texte>(Maslow&nbsp;: Et, il y en a aussi qui retourneront \u00e0 la social-d\u00e9mocratie.)<\/p> <p class=Texte>Bien que nous soyons un bon parti ouvrier, nous ne sommes pas encore un bon parti communiste. Et c&rsquo;est ce qui me para\u00eet le plus grave. Il n&rsquo;est pas vrai, camarades, que les chefs ne voulaient pas et que les masses voulaient le combat. Si nous regardons les masses de la gauche social-d\u00e9mocrate, peut&#8209;\u00eatre que leurs chefs sont des tra\u00eetres, mais elles&#8209;m\u00eames n&rsquo;ont pas trahi et sont compos\u00e9es d&rsquo;ouvriers loyaux. Or elles n&rsquo;ont pas vu que leurs chefs \u00e9taient des tra\u00eetres, dans l&rsquo;ensemble elles ne les consid\u00e8rent pas encore comme tels. Cela montre que les r\u00e9serves dont nous pouvions b\u00e9n\u00e9ficier sur notre route sont encore en formation. La masse sympathise avec nous, mais elle n&rsquo;est pas pr\u00eate \u00e0 aller avec nous jusqu&rsquo;au bout. Notre parti allemand n&rsquo;est pas un parti dirig\u00e9 par des social-d\u00e9mocrates, c&rsquo;est un parti communiste encore imparfait. Voil\u00e0 la v\u00e9rit\u00e9.<\/p> <p class=Texte>On pose la question suivante&nbsp;: N&rsquo;avons&#8209;nous pas surestim\u00e9 la situation d&rsquo;octobre? N&rsquo;est-ce pas l\u00e0 la source de l&rsquo;erreur, de la d\u00e9faite? Non. Pour moi, il faut chercher ailleurs. L&rsquo;affaire de la Ruhr marquait une nouvelle phase dans le d\u00e9veloppement de la lutte des classes. Dans notre Manifeste du congr\u00e8s de Leipzig, nous disions&nbsp;: Cette phase se terminera par la guerre civile. Th\u00e9oriquement, c&rsquo;\u00e9tait juste, mais nous n&rsquo;en avons pas tir\u00e9 les conclusions pratiques. D\u00e8s le mois de mai, lorsque l&rsquo;\u00e9chec de la r\u00e9sistance \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 \u00e9vident, lorsque les \u00e9l\u00e9ments de d\u00e9sagr\u00e9gation \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 extraordinairement accrus, n&rsquo;aurait&#8209;il pas fallu d\u00e9clencher, non pas encore l&rsquo;occupation des fabriques, mais une offensive croissante des masses?<\/p> <p class=Texte>Ce n&rsquo;est qu&rsquo;apr\u00e8s les journ\u00e9es d&rsquo;ao\u00fbt que Moscou a commenc\u00e9 \u00e0 s&rsquo;orienter v\u00e9ritablement sur la pr\u00e9vision d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements d\u00e9cisifs. La meilleure preuve en est que les deux conf\u00e9rences d&rsquo;Essen et de Francfort avaient pr\u00e9par\u00e9 la propagande, mais non la lutte. L&rsquo;Ex\u00e9cutif n&rsquo;avait donn\u00e9 aucune indication dans ce sens et le Parti fran\u00e7ais avait seulement envoy\u00e9 vingt camarades pour la propagande ill\u00e9gale parmi les troupes. \u00c0 l&rsquo;Ex\u00e9cutif \u00c9largi, il ne fut question que d&rsquo;utilisation de la Ruhr au point de vue agitation. Si nous avions cru alors \u00e0 la r\u00e9volution, l&rsquo;ordre du jour de l&rsquo;Ex\u00e9cutif \u00c9largi n&rsquo;aurait port\u00e9 qu&rsquo;un point&nbsp;: la pr\u00e9paration de l&rsquo;offensive et de l&rsquo;insurrection.<\/p> <p class=Texte>(Clara Zetkin&nbsp;: Tr\u00e8s bien!)<\/p> <p class=Texte>Apr\u00e8s les \u00e9v\u00e9nements d&rsquo;ao\u00fbt, nous avons vu le tour que prenaient les choses, et nous nous sommes dit que les fascistes allaient s&#8217;emparer du pouvoir si nous ne nous en emparions pas nous&#8209;m\u00eames. Or, si nous voulions le combat, nous ne devions pas nous proposer comme but la d\u00e9fense de la r\u00e9publique de novembre. Il y a une diff\u00e9rence entre la r\u00e9publique de novembre et celle de Kerensky&nbsp;: sous Kerensky les ouvriers avaient les Soviets, par cons\u00e9quent quelque chose \u00e0 d\u00e9fendre; en Allemagne, la r\u00e9publique de novembre est morte dans le coeur des ouvriers et elle ne valait pas la peine qu&rsquo;on fasse un mouvement pour la d\u00e9fendre. Par cons\u00e9quent si nous voulions marcher de l&rsquo;avant, nous devions viser \u00e0 la conqu\u00eate du pouvoir.<\/p> <p class=Texte>Or qu&rsquo;est&#8209;ce qui s&rsquo;est produit? Zinoviev \u00e9crivit un projet que j&rsquo;ai ensuite modifi\u00e9, en 14&nbsp;articles, qui fut transmis au Parti allemand non comme une r\u00e9solution, mais pour \u00e9change de vues. Il r\u00e9pondit qu&rsquo;il l&rsquo;acceptait. C&rsquo;\u00e9tait un programme d&rsquo;action exposant ce qu&rsquo;il devait faire dans tous les domaines. Mais d&rsquo;ao\u00fbt \u00e0 octobre, il ne fit rien. C&rsquo;est un fait frappant que nous n&rsquo;avons jamais livr\u00e9 de combats d&rsquo;arri\u00e8re&#8209;garde; lorsque la presse communiste fut b\u00e2illonn\u00e9e, nous n&rsquo;avons pu parer le coup.<\/p> <p class=Texte>Nous avons jug\u00e9 ici&nbsp;: la situation est grave, ou bien les fascistes, ou bien les communistes prendront le pouvoir. En septembre, nous r\u00e9sol\u00fbmes de le prendre nous-m\u00eames. Nous fix\u00e2mes un terme. Maintenant on essaie de repr\u00e9senter cette histoire du terme comme la faute principale. Il faut distinguer ici deux choses&nbsp;:<\/p> <p class=Texte>Premi\u00e8rement, du moment que les communistes pensaient r\u00e9ellement \u00e0 la conqu\u00eate du pouvoir, devaient&#8209;ils fixer un terme?&nbsp;&#8209; \u00c9videmment.<\/p> <p class=Texte>Mais pouvaient-ils dire aux masses&nbsp;: &quot;Chers camarades, nous ne savons pas encore si nous prendrons le pouvoir, mais, pour des raisons p\u00e9dagogiques, nous allons nous fixer un terme&quot;. Naturellement non.<\/p> <p class=Texte>La faute n&rsquo;est pas dans l&rsquo;id\u00e9e de fixer une date, c&rsquo;est qu&rsquo;elle a \u00e9t\u00e9 fix\u00e9e \u00e0 Moscou. Je l&rsquo;avais dit&nbsp;: ce n&rsquo;est qu&rsquo;au milieu des \u00e9v\u00e9nements que le commandement qui dirige la lutte peut fixer des dates. Si Moscou fixe un d\u00e9lai, le parti en est inform\u00e9 et alors c&rsquo;est la panique et les cris \u00e0 la trahison si l&rsquo;on est forc\u00e9 d&rsquo;ajourner le combat.<\/p> <p class=Texte>Mais je pense que cette \u00e9valuation, juste ou fausse, n&rsquo;a jou\u00e9 aucun r\u00f4le. Dans toute cette affaire, ce qui a eu une influence d\u00e9cisive, c&rsquo;est que le parti, tout en donnant le mot d&rsquo;ordre du combat, tout en parlant d&rsquo;assaut en masse, est rest\u00e9 inactif.<\/p> <p class=Texte>La question principale n&rsquo;est pas de savoir si les fautes ont \u00e9t\u00e9 commises en octobre ou en mai, mais pourquoi nous les avons commises?<\/p> <p class=Texte>Camarades, une \u00e9poque de notre histoire a pris fin avec les journ\u00e9es de mars. Nous cherchions jusque&#8209;l\u00e0 la conqu\u00eate du pouvoir. Apr\u00e8s septembre 1920, et la d\u00e9faite de l&rsquo;arm\u00e9e rouge en Pologne, il \u00e9tait clair que le flux r\u00e9volutionnaire \u00e9tait en d\u00e9croissance et que nous devions nous borner provisoirement \u00e0 gagner la majorit\u00e9 du prol\u00e9tariat. Mais passer brusquement de la tactique d&rsquo;offensive directe \u00e0 la tactique d&rsquo;organisation lente \u00e9tait p\u00e9rilleux. Ni Moscou, ni les camarades sur place ne se rendirent compte assez t\u00f4t du changement de la situation. Lorsque la d\u00e9faite nous surprit \u00e0 l&rsquo;improviste, alors les \u00e9cailles nous tomb\u00e8rent des yeux et nous d\u00eemes&nbsp;: Oui, il faut d&rsquo;abord conqu\u00e9rir les masses. De l\u00e0 une p\u00e9riode d&rsquo;agitation et de propagande qui s&rsquo;est prolong\u00e9e jusqu&rsquo;\u00e0 la campagne de la Ruhr. D\u00e8s lors le seul moyen d&rsquo;entra\u00eener les masses avec nous devenait l&rsquo;action. Mais le nouveau flux de la r\u00e9volution n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 aper\u00e7u assez vite, ni ici \u00e0 Moscou, ni en Allemagne.<\/p> <p class=Texte>Cela signifie&#8209;t&#8209;il que le C. C. allemand soit social-d\u00e9mocrate? Non, il est meilleur que celui d&rsquo;aucun autre grand parti communiste et pour des raisons bien simples. Aucun autre pays ne nous offre le spectacle de luttes comme nous en avons eues en Allemagne. Il y a les traditions de Marx, les campagnes contre Kautsky, une grande exp\u00e9rience r\u00e9volutionnaire. La direction a quelques traits rappelant la social-d\u00e9mocratie, comme il s&rsquo;y trouve aussi des camarades qui montrent un d\u00e9faut complet de compr\u00e9hension d&rsquo;un mouvement de masse, sans avoir jamais appartenu au Parti social-d\u00e9mocrate. Nous avons affaire \u00e0 des hommes et non \u00e0 des anges.<\/p> <p class=Texte>C&rsquo;est pourquoi la question principale, \u00e0 mon avis, apr\u00e8s avoir donn\u00e9 cette interpr\u00e9tation des causes de notre d\u00e9faite, est la suivante&nbsp;: que faire maintenant?<\/p> <p class=Texte>Pour la r\u00e9soudre, il faut d&rsquo;abord \u00e9tablir quelques faits. Tout d&rsquo;abord qui gouverne en Allemagne? Dans toute situation, l&rsquo;homme politique qui a \u00e0 diriger une action de masse doit conna\u00eetre l&rsquo;adversaire, son organisation, sa nature.<\/p> <p class=Texte>La question de savoir si le fascisme a vaincu ou non est tranch\u00e9e, puisque la bourgeoisie a repouss\u00e9 par la force les ouvriers, leur a impos\u00e9 le programme de Stinnes et que la classe ouvri\u00e8re s&rsquo;est repli\u00e9e. La r\u00e9sistance a un sens, je le comprends bien, tant que vous pouvez croire que dans quelques semaines vous donnerez de nouveau l&rsquo;assaut. Mais si vous \u00eates forc\u00e9s de discuter encore toute une ann\u00e9e si le fascisme a vaincu ou non, c&rsquo;est preuve qu&rsquo;il a vaincu&#8230; Je m&#8217;embarrasse peu des formules, qui pour moi sont de simples moyens politiques, et lorsque Remmele et Koenen m&rsquo;ont propos\u00e9&nbsp;: &quot;Eh bien, pour ne pas aigrir la discussion, disons que les blancs ont triomph\u00e9&quot;, j&rsquo;ai r\u00e9pondu qu&rsquo;\u00e0 mon avis on pouvait aussi bien dire&nbsp;: les blonds, les bruns ont triomph\u00e9 \u00e0 mettre en doute<a href=\"#_edn5\" name=\"_ednref5\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[5]<\/span><\/span><\/span><\/a>.<\/p> <p class=Texte>Maintenant de qui le fascisme a-t-il triomph\u00e9? La p\u00e9riode qui vient de s&rsquo;\u00e9couler a \u00e9t\u00e9 une p\u00e9riode de d\u00e9mocratie bourgeoise, dans toute la force du terme. Nulle part au monde le prol\u00e9tariat, malgr\u00e9 des retours p\u00e9riodiques d&rsquo;oppression, n&rsquo;avait une telle libert\u00e9 de mouvement. Quelle immense influence avait l&rsquo;aristocratie ouvri\u00e8re dans la r\u00e9publique de novembre! Celui qui le m\u00e9conna\u00eetrait ne comprendrait pas les raisons pour lesquelles les masses social-d\u00e9mocrates tenaient tant \u00e0 leur r\u00e9publique. Il ne s&rsquo;agit nullement entre nous de savoir si la social-d\u00e9mocratie a \u00e9t\u00e9 violent\u00e9e ou s&rsquo;est prostitu\u00e9e. La raison pour laquelle j&rsquo;estimais absolument n\u00e9cessaire de dire que le fascisme a vaincu est autre. Si le fascisme a vaincu, il n&rsquo;y a plus d&rsquo;alliance possible avec la social-d\u00e9mocratie.<\/p> <p class=Texte>Je passe maintenant \u00e0 une chose qui, je dois le dire, m&rsquo;appara\u00eet d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 comme l&rsquo;une des plus importantes et de l&rsquo;autre comme l&rsquo;une des plus comiques \u00e0 mettre en doute<a href=\"#_edn6\" name=\"_ednref6\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[6]<\/span><\/span><\/span><\/a>.<\/p> <p class=Texte>Nous avons, lors des discussions poursuivies avec les camarades allemands ici m\u00eame \u00e0 Moscou, au printemps, adopt\u00e9 une r\u00e9solution sur la question nationale, dans laquelle nous disions&nbsp;: \u00e0 notre parti incombe une nouvelle t\u00e2che, la conqu\u00eate de la petite-bourgeoisie prol\u00e9taris\u00e9e, dont nous devons nous assurer l&rsquo;alliance au moins partielle, avant de nous emparer du pouvoir. Le parti doit donc s&rsquo;int\u00e9resser aux classes moyennes, \u00e0 la question nationale. Nous avons pris position l\u00e0&#8209;dessus \u00e0 l&rsquo;Ex\u00e9cutif \u00c9largi. Le discours sur Schlageter<a href=\"#_edn7\" name=\"_ednref7\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[7]<\/span><\/span><\/span><\/a> fut unanimement approuv\u00e9. Apr\u00e8s ce discours, la camarade Fischer et Remmele la main dans la main ont poursuivi avec moi cette nouvelle agitation. Bien plus, sa n\u00e9cessit\u00e9 fut soulign\u00e9e dans les th\u00e8ses de l&rsquo;Ex\u00e9cutif et du Comit\u00e9 Central russe sur la question allemande ainsi que dans les articles de Zinoviev. En Russie, le paysan, faisant partie de l&rsquo;arm\u00e9e, avait servi d&rsquo;alli\u00e9. S&rsquo;il n&rsquo;y avait pas eu d&rsquo;arm\u00e9e, il aurait jou\u00e9 son r\u00f4le plus tard, apr\u00e8s la conqu\u00eate du pouvoir, mais non pas dans la r\u00e9volution m\u00eame. En Allemagne nous avons une petite-bourgeoisie prol\u00e9taris\u00e9e qui marche sous l&rsquo;\u00e9tendard fasciste, quoique la victoire du fascisme soit sa ruine. C&rsquo;est pourquoi les d\u00e9saccords entre fascistes peuvent avoir une grosse importance. Si, en les \u00e9tudiant et en les \u00e9largissant, nous arrivons \u00e0 d\u00e9tacher les petits-bourgeois, totalement ou en partie, de Stinnes et de Westarp et \u00e0 les gagner \u00e0 notre cause, non pas comme membres du parti, mais comme alli\u00e9s m\u00eame h\u00e9sitants, nous aurons fait un grand pas en avant.<\/p> <p class=Texte>Que faire pour cela? Permettez-moi de citer un passage de la &quot;Maladie Infantile&quot; de L\u00e9nine&nbsp;:<\/p> <p class=MsoQuote>On ne peut vaincre un ennemi puissant que par un grand effort et par une utilisation r\u00e9solue, minutieuse, diligente, pr\u00e9voyante et habile de toutes les fissures m\u00eame les plus insignifiantes qui peuvent se produire dans son front, de tous les antagonismes se faisant jour dans la bourgeoisie de chaque pays et aussi des moindres possibilit\u00e9s de se trouver un alli\u00e9 m\u00eame provisoire, chancelant, inconsistant, douteux, conditionnel. Celui qui n&rsquo;a pas compris cela n&rsquo;a rien compris au marxisme, ni surtout au socialisme scientifique &quot;civilis\u00e9&quot; d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Celui qui n&rsquo;a pas montr\u00e9 pendant un laps de temps assez important, d&rsquo;une fa\u00e7on pratique et dans des conjonctures politiques diverses, qu&rsquo;il sait mettre ce pr\u00e9cepte en pratique n&rsquo;est pas encore pr\u00eat \u00e0 servir la classe r\u00e9volutionnaire dans sa lutte pour la lib\u00e9ration de toute l&rsquo;humanit\u00e9 laborieuse. Ce qui vient d&rsquo;\u00eatre dit est \u00e9galement bon avant et apr\u00e8s la conqu\u00eate du pouvoir par le prol\u00e9tariat.<\/p> <p class=Texte>Dans un autre endroit de la m\u00eame brochure, L\u00e9nine traite de l&rsquo;importance de ces divergences entre la petite-bourgeoisie et la grande, et commente la situation transitoire pacifique, telle qu&rsquo;elle existe en Angleterre.<\/p> <p class=Texte>De tout cela il r\u00e9sulte, \u00e0 mon avis, que les paysans joueront en Allemagne un grand r\u00f4le apr\u00e8s la victoire de la r\u00e9volution, quand on se demandera&nbsp;: &quot;O\u00f9 prendre le pain?&quot; Mais dans la conqu\u00eate m\u00eame du pouvoir ils ne joueront pas un aussi grand r\u00f4le. L&rsquo;Allemagne n&rsquo;a pas une masse compacte de paysans. C&rsquo;est la diff\u00e9renciation de la petite-bourgeoisie urbaine qui importe.<\/p> <p class=Texte>Quel r\u00f4le jouent ici les divers groupements antagonistes du fascisme? Je pense que dans son article&nbsp;: &quot;Le Koltchak allemand&quot;, Zinoviev ne distingue pas suffisamment entre la situation des masses petites-bourgeoises d&rsquo;Allemagne et de Russie. Il dit que les mench\u00e9viks, apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9crasement de la r\u00e9volution de 1905, ont mis \u00e0 profit les oppositions entre cadets et octobristes, tandis que les bolcheviks savaient que ces partis repr\u00e9sentaient seulement diff\u00e9rentes nuances de la bourgeoisie et que ces oppositions n&rsquo;auraient pas une influence d\u00e9cisive. Certes, si entre les petits-bourgeois m\u00e9decins, fonctionnaires, artisans d&rsquo;Allemagne, et Stinnes et Westarp, il n&rsquo;y avait pas plus de diff\u00e9rence qu&rsquo;entre Goutchkov et Milioukov, Zinoviev aurait raison. Mais il oublie le principal. En Occident il y a, outre les restes de l&rsquo;ancienne classe moyenne, des masses de petits-bourgeois qui se chiffrent par millions, et qui actuellement sont r\u00e9duits \u00e0 la mis\u00e8re par le capitalisme. La Russie de 1907 se trouvait dans une phase d&rsquo;essor \u00e9conomique, o\u00f9 le capitalisme ne nuisait gu\u00e8re mat\u00e9riellement aux classes moyennes m\u00eame quand il leur enlevait l&rsquo;ind\u00e9pendance. En Occident nous assistons \u00e0 une expropriation des classes moyennes comme on n&rsquo;en avait pas encore vu. Ce sont l\u00e0 des \u00e9l\u00e9ments de dissolution que nous devons utiliser.<\/p> <p class=Texte>Camarades, je me trouve dans l&rsquo;impossibilit\u00e9 de m&rsquo;arr\u00eater sur une question au sujet de laquelle il existe encore une divergence sensible entre nous, je veux parler de l&rsquo;application ult\u00e9rieure de la tactique du front unique. Le 4e&nbsp;Congr\u00e8s n&rsquo;avait pas pr\u00e9vu que cette tactique devrait \u00e9voluer et qu&rsquo;un laps de temps consid\u00e9rable s&rsquo;\u00e9coulerait avant la future r\u00e9volution. Toutefois il avait bien pr\u00e9vu la possibilit\u00e9 en Occident de conjonctures sp\u00e9ciales o\u00f9 notre accession &quot;d\u00e9mocratique&quot; \u00e0 un gouvernement ouvrier pourrait \u00eatre utilis\u00e9e comme tremplin pour la lutte pour la dictature du prol\u00e9tariat. Aurions&#8209;nous fait des milliers de fautes dans l&rsquo;application, il n&rsquo;y a qu&rsquo;\u00e0 les corriger. Mais si nous disons&nbsp;: la tactique du front unique n&rsquo;est que de l&rsquo;agitation, nous tombons tout d&rsquo;abord dans une erreur th\u00e9orique, en ignorant une possibilit\u00e9 qui peut encore se pr\u00e9senter, en Allemagne par exemple.<\/p> <p class=Texte>(Scholem&nbsp;: \u00c9coutez! \u00c9coutez!)<\/p> <p class=Texte>Je ne suis pas un politicien, seulement je veux dire ceci&nbsp;: si la dissolution des troupes fascistes se poursuit, nous pouvons nous trouver dans une situation o\u00f9 nous pourrons r\u00e9p\u00e9ter la manoeuvre saxonne mieux qu&rsquo;elle n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9e la premi\u00e8re fois.<\/p> <p class=Texte>(Tr\u00e8s bien! \u00c9coutez! \u00c9coutez!)<\/p> <p class=Texte>Ou bien nous sommes des partis de discussion, ou bien des partis de lutte. Dans ce dernier cas, nous ne devons nous priver d&rsquo;aucune possibilit\u00e9 pratique. Il y a 99&nbsp;chances sur&nbsp;100 que sur le continent la question du gouvernement ouvrier ne jouera pas un r\u00f4le important&nbsp;: mais qu&rsquo;en Angleterre cette forme de gouvernement soit appel\u00e9e \u00e0 jouer un r\u00f4le d\u00e9cisif, cela ne fait aucun doute. Pour cette raison, je dirai&nbsp;: comme, \u00e0 mon avis, une ligne de conduite pratique est mille fois plus importante que toutes les subtilit\u00e9s th\u00e9oriques sur la situation telle qu&rsquo;elle sera dans un an, dans cinq ans, ou dans six ans, je suis pr\u00eat \u00e0 sacrifier dix formules, mais il n&rsquo;est pas permis de se fermer la route, car alors nous susciterons une crise des plus graves, notre th\u00e9orie ne r\u00e9pondant plus aux n\u00e9cessit\u00e9s du mouvement.<\/p> <p class=Texte>Je conclus.<\/p> <p class=Texte>La grande source de la crise que nous traversons et que nous traverserons encore pendant des ann\u00e9es, si la r\u00e9volution ne vient pas, consiste en ceci&nbsp;: nous sommes le parti de la dictature, mais si aucun flux r\u00e9volutionnaire ne se pr\u00e9sente, nous sommes r\u00e9duits \u00e0 la propagande et \u00e0 l&rsquo;agitation pour la dictature. Or la masse ne vit pas seulement de propagande et d&rsquo;agitation. Des t\u00e2ches pratiques incombent au parti communiste. Il est si difficile dans ces derni\u00e8res de r\u00e9aliser le point de vue du communisme qu&rsquo;il se manifeste vite un grand d\u00e9saccord entre ce que nous voulons et ce que nous pouvons. Si nous ne nous en rendons pas compte, et si par suite de ce d\u00e9saccord nous accusons nos directions d&rsquo;\u00eatre r\u00e9formistes, nous nous d\u00e9truisons nous&#8209;m\u00eames. En \u00e9coutant hier le magnifique discours de Th\u00e4lmann je me disais&nbsp;: tant de flamme, tant de foi dans la r\u00e9volution, et cependant \u00e0 Hambourg nous n&rsquo;avons que 11.000&nbsp;membres tandis que la social-d\u00e9mocratie en a 78.000!<\/p> <p class=Texte>(Mais elle vient d&rsquo;en perdre 30.000!).<\/p> <p class=Texte>Apr\u00e8s cinq ann\u00e9es de trahison d\u00e9clar\u00e9e.<\/p> <p class=Texte>En faisant du communisme un simple sujet d&rsquo;agitation, nous aurons de superbes petits partis communistes. Et de nouveau la question se dressera&nbsp;: secte ou masse? Elle s&rsquo;est pos\u00e9e d\u00e9j\u00e0&nbsp;: si nous n&rsquo;avions retenu le parti en mars, Levi aurait eu raison. Mais nous l&rsquo;avons retenu et nous avons dit&nbsp;: Allons aux masses sur le terrain pratique. Elle se pose encore aujourd&rsquo;hui.<\/p> <p class=Texte>Nous ne sommes pas des Levi, et quoi qu&rsquo;il advienne nous accepterons pleinement les r\u00e9solutions de l&rsquo;Ex\u00e9cutif. Mais nous n&rsquo;effacerons pas les divergences qui existent et nous d\u00e9fendrons notre opinion au sein de l&rsquo;Internationale Communiste.<\/p> <p class=Texte>Quand la commission fonctionnera, je lui soumettrai les th\u00e8ses r\u00e9dig\u00e9es par Trotski, par P. et par moi.<\/p> <p class=Intertitre2>II.<br> Discours de Brandler<\/p> <p class=Texte>Je suis arriv\u00e9 en Allemagne le 8&nbsp;octobre, et c&rsquo;est le&nbsp;12 que fut form\u00e9 le Gouvernement saxon. Je trouvai en train, et touchant presque \u00e0 leur terme, les conversations touchant la composition du cabinet. Les \u00e9v\u00e9nements se succ\u00e9daient avec une rapidit\u00e9 vertigineuse. J&rsquo;avais la ferme intention d&rsquo;\u00e9tudier la situation \u00e0 fond, mais je n&rsquo;en eus pas le temps. Mon entr\u00e9e dans le gouvernement ne fut que l&rsquo;ex\u00e9cution d&rsquo;une d\u00e9cision de l&rsquo;Ex\u00e9cutif, qui, par t\u00e9l\u00e9gramme, nous avait invit\u00e9s \u00e0 en faire partie, sans nous y pr\u00e9parer. Je n&rsquo;\u00e9tais pas d&rsquo;accord avec Zinoviev et j&rsquo;adh\u00e9rais aux amendements de Radek, car je me disais que si notre av\u00e8nement au pouvoir devait faciliter notre armement, il exigeait une pr\u00e9paration intense en Saxe et dans le reste du Reich. La d\u00e9cision a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9cipit\u00e9e. Il ne s&rsquo;agissait pas d&rsquo;une manoeuvre parlementaire, mais de nous armer. Presque rien n&rsquo;ayant \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9, aucune mesure efficace ne put \u00eatre prise. Pour se procurer des armes il aurait fallu conna\u00eetre le m\u00e9canisme bureaucratique et les arsenaux. Il aurait fallu prendre en mains la municipalit\u00e9 et choisir son moment pour utiliser cette position. Cela peut sembler des d\u00e9tails accessoires et n\u00e9gligeables, mais ils furent pour nous d&rsquo;une importance capitale. Le pouvoir des communistes se maintint en tout neuf jours, pendant lesquels rien ne fut fait sauf quelques tentatives pour trouver des armes. Elles \u00e9chou\u00e8rent faute de pr\u00e9paration.<\/p> <p class=Texte>Je continue \u00e0 penser qu&rsquo;il est possible de r\u00e9p\u00e9ter l&rsquo;exp\u00e9rience saxonne en mieux. Cependant il est peu probable que, les choses se d\u00e9veloppant autrement, nous trouvions encore une occasion de ce genre. Les fautes commises nous serviront de le\u00e7on.<\/p> <p class=Texte>Th\u00e4lmann assure qu&rsquo;au fond nous ne croyions pas \u00e0 la R\u00e9volution et que cela nous a emp\u00each\u00e9s de la vouloir quand la situation l&rsquo;exigeait.<\/p> <p class=Texte>Th\u00e4lmann est persuasif, pourtant ce qu&rsquo;il dit est faux. Je vous demande, moi&nbsp;: peut&#8209;on dire qu&rsquo;en octobre la R\u00e9volution \u00e9tait m\u00fbre? Nul ne prise plus haut que moi le r\u00f4le subjectif du parti communiste, mais la r\u00e9volution d\u00e9pend&#8209;elle de la foi ou du manque de foi des chefs de ce parti? Si Th\u00e4lmann a raison, nous avons trahi la R\u00e9volution, et alors ce qui reste \u00e0 faire est tr\u00e8s simple&nbsp;: \u00e9loigner les tra\u00eetres, faire place aux r\u00e9volutionnaires int\u00e9graux.<\/p> <p class=Texte>Camarades!<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;action de mars 1921 nous a convaincus que toute la situation des classes et l&rsquo;ensemble des conditions objectives n&rsquo;\u00e9taient pas m\u00fbrs encore pour nous permettre d&rsquo;enlever le capitalisme d&rsquo;assaut. L&rsquo;assaut repouss\u00e9 fut suivi d&rsquo;une grande d\u00e9faite dont on a voulu me rendre responsable tout comme de celle&#8209;ci. Pourtant si, comme les autres camarades, j&rsquo;ai commis des erreurs, je crois ne pas \u00eatre capable de r\u00e9p\u00e9ter deux fois la m\u00eame.<\/p> <p class=Texte>J&rsquo;accepte l&rsquo;enti\u00e8re responsabilit\u00e9 de la retraite d&rsquo;Octobre. J&rsquo;affirme que si, au plus critique de la situation, apr\u00e8s la conf\u00e9rence de Chemnitz, je n&rsquo;avais pas fait marche arri\u00e8re, nous nous serions trouv\u00e9s engag\u00e9s dans une m\u00eal\u00e9e qui aurait abouti \u00e0 notre d\u00e9bandade et nous aurait enlev\u00e9 pour de longues ann\u00e9es jusqu&rsquo;\u00e0 la facult\u00e9 d&rsquo;envisager l&rsquo;\u00e9ventualit\u00e9 de la victoire du prol\u00e9tariat. Je dirai plus&nbsp;: qu&rsquo;une pareille situation se reproduise, j&rsquo;agirais comme j&rsquo;ai agi.<\/p> <p class=Texte>Nous nous \u00e9tions entendus avec l&rsquo;Ex\u00e9cutif. Nous pensions pouvoir faire de l&rsquo;Allemagne Centrale notre place d&rsquo;armes, passer de la d\u00e9fensive \u00e0 l&rsquo;offensive, puis livrer combat pour la dictature. En septembre, ce plan avait \u00e9t\u00e9 totalement approuv\u00e9 par l&rsquo;Ex\u00e9cutif. Il \u00e9tait parfait, d&rsquo;ailleurs, mais dans l&rsquo;appr\u00e9ciation des forces en pr\u00e9sence, le C.E. de l&rsquo;I.C. comme le C.C. du P.C.A. s&rsquo;\u00e9taient tromp\u00e9s. Nous avions choisi la voie la plus ais\u00e9e. C&rsquo;est la plus difficile qui est la bonne. Sur quoi \u00e9tait fond\u00e9 notre choix? Pour l&rsquo;expliquer, il faut que je me reporte aux \u00e9v\u00e9nements qui se sont d\u00e9roul\u00e9s lors de l&rsquo;occupation de la Ruhr.<\/p> <p class=Texte>Le d\u00e9but de l&rsquo;occupation co\u00efncida avec notre congr\u00e8s de Leipzig. Nous \u00e9tions tous d&rsquo;accord pour reconna\u00eetre l&rsquo;importance d\u00e9cisive de la Ruhr pour le mouvement et pour la r\u00e9volution allemande.<\/p> <p class=Texte>(Hesse et Maslow&nbsp;: Rien n&rsquo;avait \u00e9t\u00e9 dit \u00e0 ce sujet.)<\/p> <p class=Texte>Si fait, dans notre appel et dans le rapport Zetkin, la question a \u00e9t\u00e9 nettement vis\u00e9e.<\/p> <p class=Texte>(Ruth Fischer&nbsp;: Mais pas en s\u00e9ance publique.)<\/p> <p class=Texte>Le Congr\u00e8s a adopt\u00e9 \u00e0 l&rsquo;unanimit\u00e9 son manifeste. Ce n&rsquo;\u00e9tait pas en s\u00e9ance publique, mais c&rsquo;\u00e9tait bien l&rsquo;opinion du Congr\u00e8s et elle fut confirm\u00e9e encore dans une s\u00e9ance solennelle.<\/p> <p class=Texte>Plus tard, dans le rapport politique, nous avons encore pris position. Je fis remarquer qu&rsquo;il nous \u00e9tait difficile de dire si nous resterions dans la paix relative o\u00f9 nous nous trouvions, ou bien si l&rsquo;occupation de la Ruhr allait faire d\u00e9ferler une nouvelle vague montante de la r\u00e9volution. Pas un seul d&rsquo;entre vous ne s&rsquo;est montr\u00e9 ce jour&#8209;l\u00e0 plus avis\u00e9 que moi, pas un seul n&rsquo;a pu affirmer si oui ou non cette vague se l\u00e8verait. Et je stipulai dans les th\u00e8ses admises par la majorit\u00e9 que nous devions \u00eatre pr\u00eats aux deux \u00e9ventualit\u00e9s. La politique du parti fut conduite en conformit\u00e9 des d\u00e9cisions de Leipzig. En quoi consista&#8209;t&#8209;elle? Tout d&rsquo;abord, nous e\u00fbmes de grandes difficult\u00e9s \u00e0 \u00e9mouvoir les masses contre l&rsquo;occupation de la Ruhr. Impossible de les mettre sur pied. Au lieu d&rsquo;un large \u00e9lan d&rsquo;indignation populaire, nous n&rsquo;assistions qu&rsquo;\u00e0 une certaine irritation du nationalisme petit-bourgeois. Pour \u00eatre \u00e0 m\u00eame de susciter des mouvements, il nous fallait savoir les tendances des masses. C&rsquo;est alors que nous lan\u00e7\u00e2mes dix mots d&rsquo;ordre assez disparates, pour nous orienter nous&#8209;m\u00eames, pour voir quels objets pouvaient inciter le prol\u00e9tariat au combat. \u00c0 cette \u00e9poque l&rsquo;opposition exigeait l&rsquo;action \u00e0 tout prix et r\u00e9clamait la mainmise sur les entreprises, id\u00e9e qui fut repouss\u00e9e par le Parti. Au contraire, les ouvriers furent incit\u00e9s \u00e0 l&rsquo;action par les mots d&rsquo;ordre des commissions de contr\u00f4le et des centuries prol\u00e9tariennes. Ces mots d&rsquo;ordre n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 invent\u00e9s, ils ont \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9s par t\u00e2tonnement.<\/p> <p class=Texte>Telle \u00e9tait la situation \u00e0 la veille de la guerre de la Ruhr, qui s&rsquo;acheva bien vite. Une fois la r\u00e9sistance passive de la bourgeoisie bris\u00e9e en mai, toutes les d\u00e9penses et charges entra\u00een\u00e9es par la politique pr\u00e9c\u00e9dente d&rsquo;ex\u00e9cution, puis par celle de sabotage, tomb\u00e8rent sur le dos du prol\u00e9tariat. La lutte spontan\u00e9e des mineurs de la Ruhr commen\u00e7a, indiscutablement dirig\u00e9e ensuite par notre parti. Ce que les social-d\u00e9mocrates n&rsquo;avaient pu r\u00e9aliser, ni avant ni pendant la guerre, ce qui ne nous avait pas r\u00e9ussi non plus pendant la guerre, ni apr\u00e8s, \u00e0 savoir la direction d&rsquo;un aussi large mouvement de masse, nous fut rendu possible pour la premi\u00e8re fois par le naufrage de la r\u00e9sistance passive.<\/p> <p class=Texte>\u00c0 pr\u00e9sent je puis dire avec certitude que cette lutte de la Ruhr portait pr\u00e9cis\u00e9ment en elle tous les indices d&rsquo;une phase nouvelle du mouvement r\u00e9volutionnaire.<\/p> <p class=Texte>Apr\u00e8s la gr\u00e8ve de la Ruhr \u00e9clata la gr\u00e8ve de Haute&#8209;Sil\u00e9sie, o\u00f9 de nouveau nous p\u00fbmes prendre la t\u00eate des colonnes prol\u00e9tariennes. Cela prouve les bons r\u00e9sultats de la tactique du front unique par nous pratiqu\u00e9e.<\/p> <p class=Texte>Maintenant, camarades, j&rsquo;arrive au principal&nbsp;: j&rsquo;affirme qu&rsquo;en Saxe, comme dans la Ruhr et en Sil\u00e9sie, nous avons eu un bel actif, en obtenant la direction non seulement des sans&#8209;parti, mais encore des masses organis\u00e9es et en emp\u00eachant la coalition des social-d\u00e9mocrates avec la bourgeoisie&nbsp;: sous la pression des masses, les leaders de la droite opportuniste se refus\u00e8rent \u00e0 la compromission d&rsquo;un cabinet de coalition et se d\u00e9clar\u00e8rent dispos\u00e9s \u00e0 travailler de concert avec les communistes.<\/p> <p class=Texte>Ainsi, dans trois secteurs&nbsp;: Ruhr, Haute&#8209;Sil\u00e9sie, Saxe, et plus tard, en Allemagne Centrale, nous avons tenu assez fermement le gouvernail du mouvement ouvrier.<\/p> <p class=Texte>Quels ont \u00e9t\u00e9 nos points d&rsquo;appui parmi les ouvriers, en quoi se sont&#8209;ils confi\u00e9s \u00e0 nous? En tous leurs besoins quotidiens&nbsp;: salaires, dans la Ruhr; m\u00eame chose en Sil\u00e9sie; en Saxe, quelque chose de plus, ils nous remirent la direction politique pour utiliser la situation parlementaire.<\/p> <p class=Texte>Camarades, je n&rsquo;ai nullement l&rsquo;intention de me blanchir \u00e0 vos yeux; je me borne \u00e0 exposer la politique du parti apr\u00e8s Leipzig, et la politique saxonne. Toutefois, qu&rsquo;il me soit permis de faire remarquer que ce serait risiblement exag\u00e9rer mes capacit\u00e9s et mon influence que de leur imputer la fausse route suivie. Qui donc est le coupable? Ce sont les circonstances dans lesquelles il nous a fallu engager le combat. Nous avions fait dissoudre le Landtag saxon, nous y avions install\u00e9 une majorit\u00e9 prol\u00e9tarienne. Si nous avions d\u00e9clar\u00e9 selon le d\u00e9sir de l&rsquo;opposition, ne pas nous soucier de cette majorit\u00e9, ne pas vouloir nous en servir, j&rsquo;estime que nous aurions \u00e9t\u00e9 r\u00e9duits \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat de secte, et non pas en Saxe seulement, mais dans toute l&rsquo;Allemagne. Il nous fallait livrer la bataille sans choisir le terrain&nbsp;: il \u00e9tait tout donn\u00e9, avec ses avantages et ses inconv\u00e9nients. Des fautes ont \u00e9t\u00e9 commises. On nous dit que la puissance de choc et la mobilit\u00e9 du parti auraient d\u00fb \u00eatre plus grandes, plus effectives. Je r\u00e9ponds&nbsp;: l&rsquo;issue n&rsquo;a pas d\u00e9pendu de nos erreurs grandes ou petites, mais du terrain et du moment, dont nous n&rsquo;\u00e9tions pas ma\u00eetres et qu&rsquo;il ne nous restait qu&rsquo;\u00e0 utiliser de notre mieux, en nous r\u00e9glant sur la devise du&nbsp;3e et du 4e&nbsp;Congr\u00e8s&nbsp;: &quot;Aux masses!&quot;. Que r\u00e9sulta&#8209;t&#8209;il de notre effort? Par rapport \u00e0 nos ambitions, z\u00e9ro; mais \u00e0 consid\u00e9rer les aspirations, les esp\u00e9rances du prol\u00e9tariat et ce qu&rsquo;il attendait de sa victoire, quelque chose tout de m\u00eame&nbsp;: la facult\u00e9 de former des commissions de contr\u00f4le, de multiplier les conseils d&rsquo;usines, d&rsquo;organiser les centuries prol\u00e9tariennes. Nous \u00e9tions certes \u00e0 cent lieues des buts finaux du communisme, mais le Parti allemand avait acquis la confiance absolue des ouvriers.<\/p> <p class=Texte>Cette politique a fait na\u00eetre dans le prol\u00e9tariat des illusions dangereuses. Elles se sont fait jour jusque dans notre parti et elles n&rsquo;ont pu \u00eatre d\u00e9racin\u00e9es que par une agitation intense. Certains se disaient&nbsp;: Nous passerons de la coalition bourgeoise \u00e0 un gouvernement social-d\u00e9mocrate appuy\u00e9 par les communistes, puis \u00e0 un cabinet mi&#8209;partie social-d\u00e9mocrate, mi&#8209;partie communiste, enfin au pouvoir exclusif des communistes, sans grande difficult\u00e9, sans effusion de sang. Des pronostics de cette sorte \u00e9taient une cons\u00e9quence malheureusement in\u00e9vitable de notre politique.<\/p> <p class=Texte>Comment avons-nous surmont\u00e9 les difficult\u00e9s et conjur\u00e9 le danger? En entra\u00eenant par les cheveux les ouvriers social-d\u00e9mocrates \u00e0 notre suite et en dissipant leurs illusions par les faits. La pratique eut vite fait d&rsquo;en finir avec tous leurs espoirs de victoire facile.<\/p> <p class=Texte>De la vague r\u00e9volutionnaire qui montait, nous n&rsquo;apercevions que les bons c\u00f4t\u00e9s. Qu&rsquo;\u00e9tait la gr\u00e8ve contre Cuno? Pas autre chose que la continuation de la campagne pour les salaires, commenc\u00e9e dans la Ruhr, en Haute&#8209;Sil\u00e9sie et en Saxe. Mais un conflit de ce genre rev\u00eat \u00e0 Berlin une toute autre port\u00e9e politique. Co\u00efncidant avec la crise gouvernementale, il h\u00e2ta la chute du cabinet. Mais cette gr\u00e8ve ne fut politique que par ce qui en est r\u00e9sult\u00e9 gr\u00e2ce aux circonstances. Autrement, non; car elle n&rsquo;avait ni objectif r\u00e9volutionnaire consciemment pos\u00e9, ni force \u00e9l\u00e9mentaire.<\/p> <p class=Texte>Le parti ne songea s\u00e9rieusement \u00e0 se pr\u00e9parer \u00e0 la guerre civile que lors de cette gr\u00e8ve contre Cuno. Nous verrons une autre fois si sa position fut mauvaise ou bonne.<\/p> <p class=Texte>Presque partout ailleurs les pr\u00e9paratifs ne commenc\u00e8rent qu&rsquo;apr\u00e8s l&rsquo;appel du 11&nbsp;juillet. Cette pr\u00e9paration tardive aggravait les faiblesses objectives, \u00e0 un moment o\u00f9 la journ\u00e9e antifasciste, avec ses immenses possibilit\u00e9s d&rsquo;agitation parmi la petite-bourgeoisie et chez les ouvriers, cr\u00e9a une situation telle que chacun disait&nbsp;: le&nbsp;29 les communistes entrent en action.<\/p> <p class=Texte>Tous les sympt\u00f4mes d&rsquo;une ascension r\u00e9volutionnaire \u00e9taient l\u00e0. Nous avions avec nous la grande majorit\u00e9 des ouvriers et nous pensions dans ces conditions pouvoir engager l&rsquo;attaque, d\u00e8s que l&rsquo;occasion se pr\u00e9senterait. Nous nous trompions. Notre grande faute \u00e9tait de surestimer la force combattive de cette majorit\u00e9 que nous \u00e9tions impuissants \u00e0 organiser. Le gouvernement r\u00e9agit. Il interdit les conseils d&rsquo;usines.<\/p> <p class=Texte>Cette situation, grosse de tant de possibilit\u00e9s, nous ne p\u00fbmes donc pas, au contraire de ce que nous nous \u00e9tions figur\u00e9, la pousser jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;assaut. J&rsquo;estime que si nous nous \u00e9tions ralli\u00e9s alors \u00e0 l&rsquo;opinion de Radek, si le Parti et l&rsquo;Ex\u00e9cutif avaient pris \u00e0 temps certaines mesures, indispensables \u00e0 la veille du combat d\u00e9cisif, nous n&rsquo;aurions peut&#8209;\u00eatre pas remport\u00e9 en octobre une victoire d\u00e9cisive, mais nous n&rsquo;aurions pas essuy\u00e9 la d\u00e9faite que nous a value notre recul. Malheureusement, nous nous pr\u00e9occupions uniquement de profiter de notre position favorable pour attaquer la bourgeoisie et nous perdions de vue que tant que l&rsquo;initiative demeurait \u00e0 l&rsquo;adversaire, entr\u00e9 en action avant nous, pr\u00eat \u00e0 prendre l&rsquo;offensive, nous n&rsquo;\u00e9tions pas en \u00e9tat d&rsquo;organiser une r\u00e9sistance comme il faut.<\/p> <p class=Texte>Si j&rsquo;en avais le temps, je m&rsquo;arr\u00eaterais sur tout ce qui facilitait les manoeuvres de l&rsquo;ennemi, et nous faisait voir au contraire les choses sous un faux jour&#8230; Le fascisme petit-bourgeois de Bavi\u00e8re servit de trompe&#8209;l&rsquo;oeil pour d\u00e9tourner notre attention des pr\u00e9paratifs s\u00e9rieux du fascisme industriel et agrarien de Seeckt. Cette fois, comme en 1914, comme en 1918 et comme lors du coup de Kapp, le fascisme triompha sans peine sous le manteau de la social-d\u00e9mocratie sous lequel il se dissimulait, comme en 1918 la dictature militaire de Noske et la r\u00e9publique de novembre. Le gouvernement de coalition, la loi d&rsquo;extension des pouvoirs gouvernementaux, et l&rsquo;accord des social-d\u00e9mocrates masqu\u00e8rent les pr\u00e9paratifs fascistes et la masse eut l&rsquo;impression (pas dans notre parti, mais parmi les \u00e9l\u00e9ments influenc\u00e9s par les social-d\u00e9mocrates, dans les syndicats et chez les ouvriers non syndiqu\u00e9s) que l&rsquo;ennemi \u00e9tait la Bavi\u00e8re et que tous les armements pr\u00e9parant en r\u00e9alit\u00e9 la prise du pouvoir par les fascistes \u00e9taient destin\u00e9s non \u00e0 mater le prol\u00e9tariat, mais \u00e0 combattre la clique petite-bourgeoise ramass\u00e9e autour de Ludendorff, Hitler, etc&#8230;<\/p> <p class=Texte>Ainsi, apr\u00e8s quatre ans de guerre et cinq ans d&rsquo;apr\u00e8s&#8209;guerre, les ouvriers se sont une fois de plus laiss\u00e9s prendre \u00e0 la grossi\u00e8re manoeuvre des social-d\u00e9mocrates. Le front unique bris\u00e9, nous, communistes, avions \u00e0 d\u00e9cider si, malgr\u00e9 tout, il fallait accepter le combat ou nous replier. J&rsquo;affirme que si nous avions accept\u00e9 le combat, nous aurions d\u00fb passer directement, de la d\u00e9fensive contre l&rsquo;Ex\u00e9cutif du Reich, \u00e0 un corps \u00e0 corps d\u00e9cisif ayant pour enjeu la dictature et en regard duquel l&rsquo;action de Mars aurait sembl\u00e9 un jeu d&rsquo;enfant, et la d\u00e9faite d&rsquo;alors une plaisanterie aupr\u00e8s de la d\u00e9b\u00e2cle que nous aurions subie.<\/p> <p class=Texte>En dressant notre plan de campagne nous n&rsquo;avions, Centrale du P.C.A. et C.E. de l&rsquo;I.C., pris en consid\u00e9ration que le parti et le prol\u00e9tariat. Nous nous orientions exclusivement sur l&rsquo;Allemagne Centrale, et le C.E. ne nous a pas corrig\u00e9s. Je maintiens, quant \u00e0 moi, qu&rsquo;en octobre et novembre la perspective d&rsquo;une lutte d\u00e9cisive pour le pouvoir n&rsquo;existait que dans l&rsquo;Allemagne Centrale, et encore seulement dans des conditions favorables. Ces conditions n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es. C&rsquo;est pour une part la faute du Parti pendant les semaines d\u00e9cisives, que nous avons pass\u00e9es \u00e0 Moscou. Il aurait fallu la secousse d&rsquo;une intense agitation communiste. La loi d&rsquo;extension des pouvoirs, l&rsquo;interdiction des journaux, tout cela ne fut pas suffisamment utilis\u00e9. Mais le plan avait \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli avec le C.E. Il est bon maintenant de critiquer ce mauvais plan, afin d&rsquo;en tirer des enseignements. La plus lourde erreur, qui eut pour suite une d\u00e9pression dans le Parti et parmi les ouvriers, \u00e9tait d&rsquo;avoir faussement appr\u00e9ci\u00e9 la situation en n&rsquo;envisageant que la lutte pour le pouvoir exclusivement. C&rsquo;est pourquoi nous n&rsquo;avions organis\u00e9 ni notre retraite, ni notre r\u00e9sistance, comme dans la gr\u00e8ve contre Cuno. Nous visions tout ou rien&nbsp;: autrement nous aurions mieux su nous d\u00e9fendre et, sans triompher, nous n&rsquo;aurions pas \u00e9t\u00e9 aussi compl\u00e8tement d\u00e9faits. Le repr\u00e9sentant de l&rsquo;Ex\u00e9cutif a cit\u00e9 les paroles de certains camarades qui lui auraient dit que notre retraite s&rsquo;est effectu\u00e9e sans lutte. Cela n&rsquo;est pas exact. D\u00e8s le d\u00e9but, nous avons conduit des combats d&rsquo;arri\u00e8re&#8209;garde; manifestations, gr\u00e8ves, \u00e9taient recommand\u00e9es d\u00e8s notre premi\u00e8re circulaire, d\u00e8s nos premi\u00e8res directives. Seulement l&rsquo;ex\u00e9cution demandait un certain temps. Quoi qu&rsquo;il en soit, nous ne f\u00fbmes pas en \u00e9tat de riposter, de r\u00e9organiser nos rangs dans l&rsquo;ill\u00e9galit\u00e9, pour, apr\u00e8s, reprendre la lutte.<\/p> <p class=Texte>Voil\u00e0 \u00e0 quoi, et non \u00e0 une fausse tactique, nous devons la d\u00e9faite d&rsquo;octobre. Dans les conditions donn\u00e9es, analogues \u00e0 celles de Mars, je d\u00e9clare que si j&rsquo;avais encore \u00e0 trancher la question, j&rsquo;opterais une fois de plus pour la m\u00eame ligne de conduite. Toute autre \u00e9tait impraticable. Ce que veut l&rsquo;opposition conduit \u00e0 affaiblir la r\u00e9volution, malgr\u00e9 l&rsquo;ardeur r\u00e9volutionnaire dont fait preuve Th\u00e4lmann. Un discours comme celui de Th\u00e4lmann est facile \u00e0 prononcer, mais quand on n&rsquo;est pas en \u00e9tat de rassembler la masse, on ne l&rsquo;est pas non plus de r\u00e9soudre les probl\u00e8mes pos\u00e9s. Faisons en sorte que les masses entrent en lutte, et tous nos vices seront gu\u00e9ris en cours de lutte, et la victoire est \u00e0 nous. Cette fois&#8209;ci, les conditions pr\u00e9alables \u00e9taient absentes. Nous avions, nous et le C.E., surestim\u00e9 nos forces et sous&#8209;estim\u00e9 l&rsquo;adversaire. C&rsquo;est ce qui nous a contraints au recul.<\/p> <p class=Texte>Maintenant, quelles sont nos perspectives?<\/p> <p class=Texte>\u00c0 ce sujet, nous sommes \u00e0 peu pr\u00e8s d&rsquo;accord avec l&rsquo;opposition. La victoire a donn\u00e9 au fascisme la pl\u00e9nitude du pouvoir. Sa dictature est bas\u00e9e sur l&rsquo;alliance de l&rsquo;industrie lourde et des agrariens. Il ne peut maintenir le prol\u00e9tariat et se donner un r\u00e9pit que s&rsquo;il r\u00e9ussit&nbsp;: 1)&nbsp;\u00e0 assainir les finances, 2)&nbsp;\u00e0 gagner et \u00e0 subordonner la petite-bourgeoisie, par des r\u00e9pressions et des concessions, 3)&nbsp;\u00e0 diviser la classe ouvri\u00e8re, en sauvant les apparences d\u00e9mocratiques, en s&rsquo;assurant le concours de la social-d\u00e9mocratie, en pers\u00e9cutant le P.C., en excitant les sans&#8209;travail contre les travailleurs. L&rsquo;administration fasciste, civile et militaire, a d\u00e9j\u00e0 r\u00e9ussi \u00e0 introduire la journ\u00e9e de 10&nbsp;heures presque sans r\u00e9sistance, quoi qu&rsquo;on en dise, car le prol\u00e9tariat est trop d\u00e9prim\u00e9 pour lever la t\u00eate. Tous les efforts des communistes sont rest\u00e9s infructueux.<\/p> <p class=Texte>\u00c0 quoi attribuer ce marasme?<\/p> <p class=Texte>En face de la crise \u00e9conomique, le prol\u00e9tariat se trouve morcel\u00e9. Les ch\u00f4meurs sont dans une situation telle qu&rsquo;ils sont forc\u00e9s de combattre pour ne pas tomber d&rsquo;inanition, et ils auraient combattu, en effet, mais les travailleurs encore occup\u00e9s les ont plant\u00e9s l\u00e0. Il y a en Allemagne plus de 3&nbsp;millions de sans-travail que tout pousse \u00e0 la lutte, et qui ne peuvent cependant rien entreprendre seuls sous peine d&rsquo;\u00eatre s\u00fbrement vaincus. Trois millions d&rsquo;ouvriers travaillent \u00e0 journ\u00e9e r\u00e9duite. Tous les autres sont passifs, par peur de perdre leur gagne&#8209;pain. Fait remarquable&nbsp;: nombreux sont ceux qui sont tout dispos\u00e9s \u00e0 prendre les armes pour la lutte finale, mais qui se refusent absolument \u00e0 la lutte partielle, manifestations, gr\u00e8ves, etc&#8230; C&rsquo;est un fait que nous devons examiner s\u00e9rieusement. Si la bourgeoisie r\u00e9ussit \u00e0 approfondir cette division entre ch\u00f4meurs, ch\u00f4meurs partiels et travailleurs occup\u00e9s, elle pourra dormir sur ses deux oreilles assez longtemps. Sinon, la tr\u00eave sera plus courte. Tout d\u00e9pend, naturellement, de la possibilit\u00e9 qu&rsquo;elle aura de r\u00e9tablir provisoirement un certain \u00e9quilibre \u00e9conomique.<\/p> <p class=Texte>Donc perspectives pour nous&nbsp;: pas de lamentations, tout fait pr\u00e9voir que sous peu, pourvu que nous r\u00e9ussissions \u00e0 rallier les masses, nous pourrons recommencer la lutte. Mais si le parti entre en crise, s&rsquo;il se scinde, \u00e0 cause de l&rsquo;\u00e9chec d&rsquo;octobre, ce sera cinq ann\u00e9es de travail perdues. La d\u00e9faite d&rsquo;octobre est extr\u00eamement lourde. Elle a provoqu\u00e9 une fermentation sans pr\u00e9c\u00e9dent au sein de la social-d\u00e9mocratie \u00e0 la veille de se diviser. Un nouveau parti centriste va surgir, \u00e0 moins que nous n&rsquo;ayons la capacit\u00e9 d&rsquo;assimiler cette portion de la classe ouvri\u00e8re. Si ce nouveau parti subsiste plus de 6&nbsp;mois, si nous nous en tenons \u00e0 une politique de phrases, comme le fait l&rsquo;opposition, nous serons r\u00e9duits \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat de secte, et un nouveau centrisme appara\u00eetra, compos\u00e9 non plus cette fois des scissionnistes social-d\u00e9mocrates, mais des \u00e9l\u00e9ments perdus par le P.C. Ce sera la r\u00e9volution allemande mise au rancart pour des ann\u00e9es, la r\u00e9volution universelle retard\u00e9e. Le moment est donc d&rsquo;une importance capitale. Pas de pessimisme! Jamais encore une intense activit\u00e9 du Parti n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 d&rsquo;une n\u00e9cessit\u00e9 aussi p\u00e9remptoire.<\/p> <p class=Intertitre2>III.<br> Discours de Remmele<\/p> <p class=Texte>Que nous ont montr\u00e9 les \u00e9v\u00e9nements d&rsquo;octobre? Qu&rsquo;il n&rsquo;est possible de former un gouvernement ouvrier que lorsque d\u00e9j\u00e0 les forces r\u00e9volutionnaires sont pr\u00eates \u00e0 mener, imm\u00e9diatement apr\u00e8s, la lutte pour la dictature.<\/p> <p class=Texte>(\u00c0 gauche&nbsp;: Et le Congr\u00e8s de Leipzig!)<\/p> <p class=Texte>Camarades, je dis express\u00e9ment que cela touche particuli\u00e8rement l&rsquo;Allemagne. Il peut en \u00eatre autrement des autres pays; mais en Allemagne les conditions sont telles que la question du gouvernement ouvrier ne peut \u00eatre pos\u00e9e qu&rsquo;\u00e0 la veille du la lutte pour le pouvoir.<\/p> <p class=Texte>La d\u00e9cision du 4e&nbsp;Congr\u00e8s pr\u00e9voit aussi d&rsquo;autres \u00e9ventualit\u00e9s. Elle est internationale. Mais j&rsquo;estime, pour le probl\u00e8me actuellement pos\u00e9, que, si jamais la situation saxonne se reproduit, l&rsquo;entreprise ne doit \u00eatre tent\u00e9e que si toutes les conditions rendant possible le combat sont d&rsquo;avance r\u00e9unies.<\/p> <p class=Texte>Tel est l&rsquo;enseignement d&rsquo;Octobre.<\/p> <p class=Texte>Le principal probl\u00e8me, en Allemagne, \u00e9tait l&rsquo;\u00e9valuation des forces en pr\u00e9sence.<\/p> <p class=Texte>En janvier, au d\u00e9but de l&rsquo;affaire de la Ruhr, l&rsquo;Internationale a tr\u00e8s bien vu que, toutes proportions gard\u00e9es, cette affaire aurait, en Allemagne, des cons\u00e9quences politiques analogues \u00e0 celles de la guerre. Rappelons-nous les d\u00e9cisions prises \u00e0 Essen en janvier, \u00e0 Francfort en mars&nbsp;: elles pr\u00e9voyaient une crise \u00e9conomique et politique exceptionnelle et de longs conflits int\u00e9rieurs. C&rsquo;est en effet ce qui est arriv\u00e9. On a vu, comme \u00e0 l&rsquo;issue de la guerre, des actes de d\u00e9sespoir, de grands soul\u00e8vements, non seulement les gr\u00e8ves auxquelles on avait fait allusion, mais des cas o\u00f9, dans le chaos g\u00e9n\u00e9ral, le pouvoir local et, provincial s&rsquo;est trouv\u00e9 saisi par les ouvriers. Dans les r\u00e9gions embrass\u00e9es par les gr\u00e8ves, le pouvoir politique a plus d&rsquo;une fois appartenu aux ouvriers; les autorit\u00e9s assistaient impuissantes. Le mouvement avait donc atteint une intensit\u00e9 telle que nous ne pouvions souhaiter mieux, \u00e0 l&rsquo;heure o\u00f9 l&rsquo;\u00e9tat de si\u00e8ge tut d\u00e9clar\u00e9. Non seulement \u00e0 Stuttgart, mais dans le Centre, \u00e0 l&rsquo;Est, \u00e0 l&rsquo;Ouest, au Nord, partout, le pays fit face \u00e0 la vague de fascisme, des manifestations se d\u00e9roul\u00e8rent en d\u00e9pit des interdictions. En Thuringe les ouvriers s&#8217;empar\u00e8rent de camions automobiles et all\u00e8rent directement chercher de quoi manger chez les paysans&nbsp;: le service de l&rsquo;Alimentation fut aux mains du prol\u00e9tariat en juillet-ao\u00fbt. L&rsquo;imminence de graves \u00e9v\u00e9nements \u00e9tait claire pour chacun. La gr\u00e8ve contre Cuno marqua l&rsquo;apog\u00e9e du mouvement. Mais une fois les social-d\u00e9mocrates entr\u00e9s dans la grande coalition, les ouvriers influenc\u00e9s par eux retomb\u00e8rent dans leurs esp\u00e9rances illusoires. C&rsquo;est pourquoi vers la mi&#8209;ao\u00fbt, le flux r\u00e9volutionnaire diminue. Les masses social-d\u00e9mocrates attendent beaucoup de Hilferding au pouvoir. Apr\u00e8s avoir combattu \u00e0 nos c\u00f4t\u00e9s spontan\u00e9ment, les voil\u00e0 de nouveau remplies d&rsquo;illusions. Le probl\u00e8me redevient pour nous de conqu\u00e9rir cette majorit\u00e9 social-d\u00e9mocrate.<\/p> <p class=Texte>Maintenant, voyons ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du Parti. En septembre, le C.C. s&rsquo;est r\u00e9uni pour d\u00e9cider de la conduite \u00e0 tenir. Quelqu&rsquo;un d\u00e9clara que, si les conditions \u00e9taient m\u00fbres en Saxe, il fallait entrer en branle. Le C.C. s&rsquo;y opposa alors comme \u00e0 du putschisme. Le jour suivant, parvint la d\u00e9cision prise ici par l&rsquo;Ex\u00e9cutif. Toute la politique du parti se trouvait orient\u00e9e sur ce que, la veille m\u00eame, il avait repouss\u00e9. Un plan de campagne fut dress\u00e9 et adopt\u00e9, faisant de l&rsquo;Allemagne Centrale notre zone de concentration. Tous les organes du parti furent mis sur pied en vue de l&rsquo;insurrection. Le reste, mobilisation des masses, groupement des conseils d&rsquo;usines, etc&#8230; fut n\u00e9glig\u00e9, parce que tous les fonctionnaires \u00e9taient uniquement occup\u00e9s de l&rsquo;armement et des pr\u00e9paratifs de combat. Ainsi la plupart des ponts qui nous joignaient au prol\u00e9tariat furent dangereusement d\u00e9laiss\u00e9s. Faute capitale! Le parti, trop faible, ne vint pas \u00e0 bout des probl\u00e8mes si brusquement pos\u00e9s, car toutes ses forces furent prises par la question de l&rsquo;armement.<\/p> <p class=Texte>Camarades! La date fix\u00e9e pour l&rsquo;entr\u00e9e en action ne pouvait plus \u00eatre renvoy\u00e9e, une fois le parti oblig\u00e9 de former le gouvernement. Lorsque vint la d\u00e9cision de l&rsquo;Ex\u00e9cutif d&rsquo;entrer dans le cabinet saxon, les camarades se sont d&rsquo;abord refus\u00e9s \u00e0 l&rsquo;appliquer, car le gouvernement du Reich avait menac\u00e9, \u00e0 un moment o\u00f9 il n&rsquo;\u00e9tait pas m\u00eame question pour les communistes de participer \u00e0 la combinaison, de prendre des mesures contre le cabinet social-d\u00e9mocrate saxon. Apr\u00e8s toutes sortes de conversations, les camarades durent se rendre et entr\u00e8rent dans le Gouvernement.<\/p> <p class=Texte>La question saxonne, avec toute son histoire, joue un r\u00f4le capital pour toute l&rsquo;I.C. \u00c0 mon avis, le probl\u00e8me n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 pos\u00e9 comme il fallait. Il \u00e9tait illusoire de supposer que nos ministres pourraient faire grand-chose. La d\u00e9cision de Moscou a \u00e9t\u00e9 dict\u00e9e par des rapports ou des renseignements d\u00e9nu\u00e9s de fondement. On s&rsquo;est figur\u00e9 pouvoir armer et mobiliser le parti et les masses, on a compt\u00e9 sur une d\u00e9composition de l&rsquo;adversaire bien plus avanc\u00e9e qu&rsquo;elle n&rsquo;\u00e9tait en r\u00e9alit\u00e9.<\/p> <p class=Texte>Ce fut l&rsquo;ennemi qui prit l&rsquo;offensive et, par l\u00e0 nous dicta le temps d&rsquo;agir. Il nous fallait choisir&nbsp;: dictature blanche ou dictature prol\u00e9tarienne. Au premier instant on d\u00e9cida de marcher, d&rsquo;ex\u00e9cuter le plan de campagne adopt\u00e9.<\/p> <p class=Texte>Le 20&nbsp;Octobre, les mouvements en cours furent interrompus pour rassembler les forces et les jeter dans l&rsquo;action.<\/p> <p class=Texte>Tout fut donc ordonn\u00e9 vers cette action arm\u00e9e, et \u00e0 ce moment, il n&rsquo;\u00e9tait question que d&rsquo;entr\u00e9e en campagne et d&rsquo;armement en vue du combat d\u00e9cisif.<\/p> <p class=Texte>Ce n&rsquo;est qu&rsquo;apr\u00e8s l&rsquo;affaire de Hambourg et le naufrage de l&rsquo;exp\u00e9rience saxonne que le parti a pu se rassembler pour la premi\u00e8re fois. Imm\u00e9diatement apr\u00e8s ces \u00e9v\u00e9nements si\u00e9gea la commission centrale, qui tenta de trouver un fondement, de d\u00e9finir l&rsquo;\u00e9tat des choses, mais n\u00e9gligea de rechercher ce qui avait \u00e9t\u00e9 juste ou erron\u00e9. La clart\u00e9 n&rsquo;ayant pas \u00e9t\u00e9 faite, il s&rsquo;ensuivit dans la Centrale et dans les F\u00e9d\u00e9rations de profonds dissentiments; ils prirent une forme de plus en plus vive&nbsp;: ne sachant que penser du pass\u00e9, on ne pouvait choisir aucune ligne de conduite nette pour\u00a0 l&rsquo;avenir.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;\u00e9claircissement produit par la lettre de l&rsquo;Ex\u00e9cutif montra dans la Centrale trois opinions principales&nbsp;: celle de gauche (Fischer et Th\u00e4lmann), celle de Brandler et Talheimer, celle de Koenen et de moi.<\/p> <p class=Texte>Camarades, notre fa\u00e7on de voir consiste \u00e0 mettre le centre de gravit\u00e9 dans cette question&nbsp;: devait&#8209;on, oui ou non, dans les conditions donn\u00e9es, s&rsquo;\u00e9quiper pour la lutte d\u00e9cisive, en fixer la date, pr\u00e9parer le combat final? Nous r\u00e9pondons&nbsp;: non. La structure particuli\u00e8re de l&rsquo;Allemagne, la situation des classes et le rapport des forces ne nous permettaient pas de fixer la date de la bataille d\u00e9cisive. Nous disions qu&rsquo;avant d&rsquo;en venir \u00e0 cette bataille, il nous faudrait traverser une phase de multiples combats isol\u00e9s et de manifestations arm\u00e9es, comme l&rsquo;a dit Brandler.<\/p> <p class=Texte>Ainsi donc, nous sommes d&rsquo;avis, camarades, que la m\u00e9thode ou plut\u00f4t la th\u00e9orie essay\u00e9e en octobre, de sauter directement d&rsquo;une p\u00e9riode de propagande et d&rsquo;agitation au soul\u00e8vement \u00e0 main arm\u00e9e, ne valait rien pour l&rsquo;Allemagne. C&rsquo;\u00e9tait l\u00e0 un des principaux arguments de notre opposition en Octobre.<\/p> <p class=Texte>Quel doit \u00eatre maintenant notre objectif premier? Battre en br\u00e8che le bloc contre-r\u00e9volutionnaire form\u00e9 au sein de la classe ouvri\u00e8re, et alors seulement le terrain sera d\u00e9blay\u00e9 pour la bataille.<\/p> <p class=Texte>Bien entendu, ce bloc ne pourra \u00eatre vaincu que dans la lutte, mais il faut nous pr\u00e9occuper de ce qui arrivera tant que le combat ne sera pas engag\u00e9. Oui, le plus important, pour nous, est de d\u00e9truire le bloc contre-r\u00e9volutionnaire, annexe de la social-d\u00e9mocratie, au sein de la classe ouvri\u00e8re. Et cela n&rsquo;est possible que sur le terrain de la r\u00e9alit\u00e9.<\/p> <p class=Texte>Que de fois on a dit que l&rsquo;essentiel, c&rsquo;est la cr\u00e9ation, la mobilisation et l&rsquo;utilisation des conseils d&rsquo;usines pour notre id\u00e9ologie r\u00e9volutionnaire. C&rsquo;est juste. Mais nous devons nous demander&nbsp;: que sont les conseils d&rsquo;usines et quelles possibilit\u00e9s offrent&#8209;ils?<\/p> <p class=Texte>Il y a en Allemagne 370.000&nbsp;entreprises occupant plus de 20&nbsp;ouvriers et qui, selon la loi, doivent \u00e9lire chacune son conseil. Malgr\u00e9 toutes les mesures que nous avons pu prendre \u00e0 cet effet, envoi de militants, propagande, journaux sp\u00e9ciaux, nous ne sommes arriv\u00e9s \u00e0 mobiliser que 5.000&nbsp;conseils d&rsquo;usines.<\/p> <p class=Texte>En comparant ces deux chiffres, on peut se demander s&rsquo;il est possible en g\u00e9n\u00e9ral d&#8217;embrasser ce nombre formidable de 370.000&nbsp;entreprises. Il me semble qu&rsquo;il faut se borner d&rsquo;abord aux&nbsp;2.000 plus grosses.<\/p> <p class=Texte>(Warski&nbsp;: Et combien sont \u00e0 nous sur ces&nbsp;2.000?)<\/p> <p class=Texte>Je ne puis le dire au juste; mais je pense que dans chacune d&rsquo;elles nous avons au moins un ou deux camarades.<\/p> <p class=Texte>Mais il ne faudrait pas croire que les conseils d&rsquo;usines soient notre unique objectif, ou dire, comme l&rsquo;a fait derni\u00e8rement Fischer, que la gr\u00e8ve de Ludwigshafen ait \u00e9t\u00e9 l&rsquo;oeuvre des conseils d&rsquo;usines. Non, les gr\u00e8ves isol\u00e9es sont men\u00e9es par les hommes de confiance syndicaux de l&rsquo;entreprise. Seules les grandes gr\u00e8ves s&rsquo;\u00e9tendant sur un vaste territoire sont men\u00e9es par les Conseils d&rsquo;usines.<\/p> <p class=Texte>Il nous faut d&rsquo;ailleurs aussi prendre position \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des ouvriers syndiqu\u00e9s.<\/p> <p class=Texte>J&rsquo;estime que nous allons \u00e0 une grande catastrophe. En octobre, la bourgeoisie avait, en la personne des fonctionnaires, un appui vigoureux qu&rsquo;elle a perdu pour avoir voulu faire peser sur leur dos toute son exp\u00e9rience de consolidation du r\u00e9gime capitaliste. Notre base d&rsquo;action est donc naturellement plus large qu&rsquo;en ao\u00fbt et en octobre.<\/p> <p class=Texte>Le trimestre qui vient verra se d\u00e9rouler plus d&rsquo;un corps&#8209;\u00e0&#8209;corps entre le prol\u00e9tariat et la classe dominante. Il faut y pr\u00e9parer notre parti. Ce qui doit s&rsquo;ajouter \u00e0 notre travail ant\u00e9rieur, c&rsquo;est l&rsquo;armement, les actions partielles en armes comme moyen de la lutte de classe. Ces actions nous permettront de d\u00e9terminer la date de la bataille d\u00e9finitive.<\/p> <p class=Texte>Personne ne le nie, il y a des possibilit\u00e9s que la bourgeoisie se tire de ses embarras pr\u00e9sents. Il peut se passer dans ce trimestre bien des choses qui l&rsquo;aideront \u00e0 rel\u00e2cher le noeud qu&rsquo;elle s&rsquo;est elle&#8209;m\u00eame pass\u00e9 autour du cou. Mais nous ne pouvons nous placer \u00e0 deux points de vue \u00e0 la fois. Il nous faut mettre notre parti en \u00e9tat d&rsquo;atteindre ses objectifs, afin que, si l&rsquo;occasion se pr\u00e9sente d&rsquo;engager la lutte, il ne se trouve pas inapte \u00e0 agir avec \u00e0 sa t\u00eate une direction qui a besoin d&rsquo;\u00eatre dirig\u00e9e. Les forces subjectives du mouvement s&rsquo;accro\u00eetront ensuite d&rsquo;elles&#8209;m\u00eames.<\/p> <p class=Texte>Il faut au timon du parti une main vigoureuse capable d&rsquo;utiliser toutes les occasions et de nous mener \u00e0 la victoire. Tant que nos forces se d\u00e9penseront dans les dissensions intestines, nous n&rsquo;en aurons plus pour agir \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur.<\/p> <p class=Texte>La direction ne doit pas \u00eatre personnelle, mais l&rsquo;oeuvre collective de camarades dont la lutte a fait ce qu&rsquo;ils sont. La plupart des militants de notre C.C. sont en effet depuis des dizaines d&rsquo;ann\u00e9es dans le mouvement et se sont trouv\u00e9s eux&#8209;m\u00eames dans la lutte.<\/p> <p class=Texte>Les camarades russes nous disent que ce qui fait leur unit\u00e9, c&rsquo;est leur tradition bolch\u00e9viste. Nous ne pouvons pas parler de tradition communiste en Allemagne. Mais il y a une tradition de l&rsquo;opposition de gauche qui a travaill\u00e9 des dizaines d&rsquo;ann\u00e9es en bloc compact dans la social-d\u00e9mocratie. Ses membres sont naturellement bien plus li\u00e9s entre eux que les nouveaux.<\/p> <p class=Texte>Nous en sommes venus \u00e0 cette conviction que Brandler a souvent agi trop ind\u00e9pendamment, de sorte que tout autre chose est arriv\u00e9 que ce que voulaient les militants du parti. Nous avons d\u00e9j\u00e0 dit que nous voudrions, si Brandler reste \u00e0 la t\u00eate du parti, voir se former collectivement un fort noyau directeur. Sur la gauche, je maintiens ce que j&rsquo;ai dit hier. Elle doit trouver acc\u00e8s \u00e0 la Centrale. L&rsquo;opposition de Th\u00e4lmann est inspir\u00e9e par une bonne tradition prol\u00e9tarienne. Mais celle de Ruth Fischer et de Maslow s&rsquo;appuie non sur les faits, mais sur des th\u00e9ories. Pour eux, la r\u00e9alit\u00e9, c&rsquo;est ce qu&rsquo;ils imaginent.<\/p> <p class=Texte>Nous devons revenir de Moscou avec une main ferme au gouvernail, pour nos combats \u00e0 venir. Cela est particuli\u00e8rement n\u00e9cessaire en p\u00e9riode d&rsquo;ill\u00e9galit\u00e9; sans une absolue confiance les uns dans les autres, dans une pareille p\u00e9riode, aucun travail n&rsquo;est possible.<\/p> <p class=Intertitre2>IV.<br> Discours de Ruth Fischer<\/p> <p class=Texte>La d\u00e9faite d&rsquo;Octobre n&rsquo;est pas une d\u00e9faite, puisqu&rsquo;il n&rsquo;y a pas eu combat, c&rsquo;est un \u00e9croulement, une d\u00e9fection du parti. En comparant les trois expos\u00e9s que nous venons d&rsquo;entendre, on voit que les deux premiers, celui de l&rsquo;Ex\u00e9cutif et celui de Brandler, font un tout. On peut en penser ce qu&rsquo;on veut, mais ils expriment une ligne de conduite cons\u00e9quente, et nous connaissons la mauvaise pratique allemande de cette th\u00e9orie cons\u00e9quente.<\/p> <p class=Texte>Le discours de Remmele exprime la tentative de tr\u00e8s bons \u00e9l\u00e9ments pour en finir avec une politique jug\u00e9e par eux dangereuse, apr\u00e8s les fautes commises. Dix&#8209;huit mois durant Remmele est demeur\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart, mais pendant les crises Friesland et Levi, il a r\u00e9agi, et maintenant aussi. Cela montre au sein du parti une r\u00e9action naissante contre la tendance liquidationniste et r\u00e9visionniste. Camarades, si nous combattons avec tant d&rsquo;\u00e2pret\u00e9 ce r\u00e9visionnisme, c&rsquo;est que nous nous rappelons deux crises v\u00e9cues. Elles nous ont appris \u00e0 chercher sous les masques et les formules les fondements th\u00e9oriques qui doivent conduire \u00e0 des cons\u00e9quences pratiques.<\/p> <p class=Texte>Les discours du repr\u00e9sentant de l&rsquo;Ex\u00e9cutif et de Brandler marquent le d\u00e9but d&rsquo;une crise de liquidation, non seulement dans le Parti allemand, mais dans toute l&rsquo;Internationale. Nous avons vu une crise semblable apr\u00e8s le 3e&nbsp;Congr\u00e8s mondial. Elle trouvait son explication dans le reflux de la r\u00e9volution en Europe, et, en Allemagne, au premier chef dans la d\u00e9faite de mars.<\/p> <p class=Texte>Au retrait du flot r\u00e9volutionnaire r\u00e9pondit alors le mot d&rsquo;ordre&nbsp;: gagner les masses et les grouper pour la prise du pouvoir. Cette formule excellente fut transform\u00e9e par nos liquidateurs en r\u00e9vision du communisme, en renoncement \u00e0 la cr\u00e9ation d&rsquo;un Parti communiste v\u00e9ritable. Ils en ont tir\u00e9 des le\u00e7ons comme celle&#8209;ci&nbsp;: revenir aux m\u00e9thodes de la social-d\u00e9mocratie. Et ils y sont revenus&nbsp;: chaque ouvrier berlinois qui lit le Vorw\u00e4rts lit au&#8209;dessous &quot;Directeur Ernst Reuter&quot; et pense \u00e0 l&rsquo;am\u00e8re exp\u00e9rience que nous avons faite.<\/p> <p class=Texte>Camarades, cette crise de l&rsquo;I.C. n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 bien gu\u00e9rie. Il y a eu des cas isol\u00e9s d&rsquo;intervention chirurgicale, expulsion de Frossard, quelques exclusions chez nous, mais on n&rsquo;a pas fait l&rsquo;analyse th\u00e9orique n\u00e9cessaire pour faire comprendre \u00e0 nos camarades ouvriers que l&rsquo;infraction \u00e0 la discipline visait moins la structure que la politique m\u00eame. On a tent\u00e9 de formuler ces choses avec prudence pour conserver les \u00e9l\u00e9ments ouvriers, et le r\u00e9sultat est que le poison subsiste dans notre P.C.A. et, je le pense, dans l&rsquo;I.C.<\/p> <p class=Texte>La tactique du front unique \u00e9tait la suite cons\u00e9quente du mot d&rsquo;ordre &quot;Aux masses!&quot;. Chez nous cette tactique a toute une histoire remarquable, que je demande instamment aux camarades \u00e9trangers d&rsquo;\u00e9tudier, car on y voit comment, pas \u00e0 pas, de l&rsquo;id\u00e9e juste du front unique, excellent instrument d&rsquo;agitation, on en est venu au r\u00e9visionnisme. Depuis la lettre ouverte, \u00e0 travers la campagne Rathenau et la rencontre des trois Internationales, mille d\u00e9tails d\u00e9noncent une tentative de fusion organique du P.C.A. avec le parti s.&#8209;d. Lorsque par exemple certains camarades allemands d\u00e9couvrent que le meilleur dans la r\u00e9volution russe est la Nep et que l&rsquo;esprit m\u00eame du socialisme exige que cette Nouvelle Politique \u00c9conomique soit institu\u00e9e d\u00e8s avant la prise du pouvoir, je vois l\u00e0 un sympt\u00f4me de la volont\u00e9 de d\u00e9velopper cette orientation jusqu&rsquo;au bout.<\/p> <p class=Texte>Camarades, l&rsquo;origine de la situation d&rsquo;octobre remonte \u00e0 l&rsquo;occupation de la Ruhr. Tout le monde est d&rsquo;accord, je suppose, aujourd&rsquo;hui, que le fl\u00e9chissement de la r\u00e9volution allemande a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 net par l&rsquo;occupation de la Ruhr, que la bourgeoisie a \u00e9t\u00e9 emp\u00each\u00e9e dans ses efforts de consolidation sous le joug du capital \u00e9tranger, enfin que s&rsquo;est d\u00e9clench\u00e9e alors une crise de politique int\u00e9rieure.<\/p> <p class=Texte>Mais ce n&rsquo;est pas par hasard que notre congr\u00e8s de Leipzig s&rsquo;est refus\u00e9 \u00e0 entendre un rapport et un \u00e9change de vues sur la Ruhr. Nous appr\u00e9cions tous beaucoup la camarade Zetkin, mais un discours d&rsquo;elle et l&rsquo;adoption d&rsquo;un manifeste ne sont pas une fa\u00e7on de traiter le probl\u00e8me de la Ruhr.<\/p> <p class=Texte>Il est important d&rsquo;\u00e9tablir, \u00e0 propos des th\u00e8ses du congr\u00e8s de Leipzig, d\u00e9savou\u00e9es formellement par l&rsquo;Ex\u00e9cutif, que le repr\u00e9sentant de l&rsquo;Ex\u00e9cutif a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 maintes reprises les avoir parcourues le crayon \u00e0 la main et n&rsquo;y avoir pas trouv\u00e9 la moindre trace d&rsquo;une formule fausse. Cela pr\u00e9parait bien la plateforme commune sur laquelle nous l&rsquo;avons vu aujourd&rsquo;hui avec Brandler.<\/p> <p class=Texte>Camarades, ce congr\u00e8s de Leipzig a \u00e9t\u00e9 \u00e0 deux doigts de la scission, inutile d&rsquo;en faire myst\u00e8re. La lutte de fractions engag\u00e9e entre les deux groupes \u00e9tait si violente que l&rsquo;\u00e9nergique intervention du repr\u00e9sentant du C.E. put seule, \u00e0 la derni\u00e8re minute, conjurer la rupture. Nous ne nous \u00e9tions presque pas pr\u00e9par\u00e9s \u00e0 ce congr\u00e8s et il nous trouva assez mal nantis pour attaquer les anciens leaders. N\u00e9anmoins nous recueill\u00eemes un nombre imposant de voix ouvri\u00e8res dans les principales F\u00e9d\u00e9rations industrielles, en d\u00e9pit du trouble de la situation.<\/p> <p class=Texte>Chaque action men\u00e9e par notre parti, depuis Leipzig jusqu&rsquo;\u00e0 octobre, a un double visage&nbsp;: c&rsquo;est d&rsquo;une part la mont\u00e9e de la vague r\u00e9volutionnaire, l&rsquo;\u00e9lan des ouvriers, leur moral, et d&rsquo;autre part, la Centrale du P.C.A, dont la th\u00e9orie du fl\u00e9chissement de la r\u00e9volution ne concordait plus avec la r\u00e9alit\u00e9. Tout le confirme. Nous avons essay\u00e9 chaque fois, de f\u00e9vrier \u00e0 octobre, de faire triompher notre point de vue, que la Ruhr ouvre une p\u00e9riode nouvelle et met \u00e0 l&rsquo;ordre du jour la prise du pouvoir. Au Congr\u00e8s de Wasserkante, Brandler nous traita une fois de plus d&rsquo;idiots incapables de comprendre que l&rsquo;\u00e9tape prochaine serait un gouvernement ouvrier de la gauche social-d\u00e9mocrate et des syndicats, et que le moment n&rsquo;\u00e9tait pas venu de parler de la prise du pouvoir. Il fallait m\u00eame \u00e9viter d&rsquo;en parler. Le C.E de l&rsquo;I.C reconnut que la prise du pouvoir \u00e9tait \u00e0 l&rsquo;ordre du jour, et que la bourgeoisie pr\u00e9parait son assaut d\u00e9cisif contre la classe ouvri\u00e8re et non pas contre la R\u00e9publique de novembre.<\/p> <p class=Texte>\u00c0 son retour de Moscou, un des repr\u00e9sentants du parti d\u00e9clara&nbsp;: dans trois jours nous aurons le pouvoir en Saxe, apr\u00e8s quoi nous marchons sur Berlin.<\/p> <p class=Texte>Cette d\u00e9formation caract\u00e9ristique des d\u00e9cisions de l&rsquo;I.C montra aussit\u00f4t l&rsquo;impuissance du parti \u00e0 lutter, sans parler de lutter pour le pouvoir. Selon Brandler le P.C.A, en octobre, aurait surestim\u00e9 ses forces. Plus le Reich se d\u00e9sagr\u00e9geait, plus la crise d&rsquo;inflation d\u00e9g\u00e9n\u00e9rait en catastrophe \u00e9conomique, et plus on nous criait que le rapport des forces nous \u00e9tait d\u00e9favorable, apr\u00e8s qu&rsquo;on avait, en ao\u00fbt, parl\u00e9 de guerre civile! Quand il s&rsquo;est agi de combattre, la Centrale constata brusquement que les forces disponibles \u00e9taient insuffisantes.<\/p> <p class=Texte>Opportunisme typique&nbsp;: au moment d&rsquo;agir on manque toujours de forces, mais une fois l&rsquo;occasion perdue on promet la R\u00e9volution dans trois mois. C&rsquo;est bien la vieille tactique des syndicats allemands.<\/p> <p class=Texte>Camarades! La d\u00e9faite d&rsquo;octobre a eu deux points culminants, \u00e0 Hambourg et en Saxe. La diff\u00e9rence entre la conf\u00e9rence de Chemnitz et la lutte des ouvriers de Hambourg saute aux yeux. On est oblig\u00e9 de s&rsquo;y arr\u00eater. L&rsquo;affaire de Saxe a \u00e9t\u00e9 syst\u00e9matiquement pr\u00e9sent\u00e9e sous un faux jour. C&rsquo;est mal conna\u00eetre Brandler que d&rsquo;admettre qu&rsquo;il ne savait pas qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;armes \u00e0 prendre en Saxe. Il a agi en pleine conscience, pour r\u00e9aliser sa ch\u00e8re tactique du front unique.<\/p> <p class=Texte>Je prends pour exemple la conf\u00e9rence de Chemnitz.<\/p> <p class=Texte>Avant de mener le parti au combat, un chef responsable doit y pr\u00e9parer id\u00e9ologiquement les masses. Mais \u00e0 Chemnitz on se pr\u00e9occupe de questions \u00e9conomiques, et non d\u00e9mobiliser les masses pour la bataille. Quand ensuite, en pleine guerre civile, Graupe d\u00e9clare qu&rsquo;on ne peut pas appeler les masses au combat maintenant, mais seulement plus tard, c&rsquo;est bien la m\u00e9thode de Brandler. Au moment d\u00e9cisif, on recule pour faire honneur \u00e0 la th\u00e9orie du passage progressif du gouvernement ouvrier au paradis du socialisme.<\/p> <p class=Texte>La lutte de Hambourg montre que, m\u00eame en minorit\u00e9, notre parti peut conduire les masses au combat, et qu&rsquo;il est inutile, pour obtenir un rapport de forces favorable, d&rsquo;adopter le terrain de la social-d\u00e9mocratie. Elle produisit un effet indescriptible sur les ouvriers de Berlin, qui ont laiss\u00e9 passer sans attention la combinaison saxonne. Cela prouve que nous pouvons mobiliser le prol\u00e9tariat pour la lutte, mais \u00e0 condition de nous comporter en communistes et d&rsquo;avoir le courage de marcher m\u00eame sans les social-d\u00e9mocrates. Cet enseignement de Hambourg nous ram\u00e8ne au probl\u00e8me essentiel de la r\u00e9volution allemande&nbsp;: gagner les masses. Mais comment?<\/p> <p class=Texte>En nous cachant sous le manteau de la social-d\u00e9mocratie? ou bien en montrant franchement notre visage communiste, en d\u00e9fendant une th\u00e9orie et une pratique communistes?<\/p> <p class=Texte>Je dis que nous avons nous-m\u00eames permis aux ouvriers de rester dans les rangs de la social-democratie. Autrement, comment expliquer sa force? Les ouvriers de la gauche, qui commencent \u00e0 comprendre que la social-d\u00e9mocratie est un mauvais parti, ont \u00e9t\u00e9 rapproch\u00e9s d&rsquo;elle par notre tactique d&rsquo;unit\u00e9. Les ouvriers ne seront pouss\u00e9s au communisme que par une action nette et efficace de notre parti et de l&rsquo;I.C. Mais si aux ouvriers de gauche on offre l&rsquo;issue du front unique, m\u00eame les plus m\u00e9contents resteront dans le parti s.&#8209;d. C&rsquo;est \u00e0 tort qu&rsquo;on a parl\u00e9 ici de scission de la social-d\u00e9mocratie. Elle restera unie&nbsp;: sa d\u00e9composition a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9e par la tactique de notre parti et par sa faillite d&rsquo;Octobre. De plus, il faut dire que la gauche s.&#8209;d. n&rsquo;est pas en majorit\u00e9. Si elle se s\u00e9pare, ce sera pour fusionner avec la droite communiste et t\u00e2cher de former un nouveau parti centriste. Je vous ai communiqu\u00e9 des lettres d&rsquo;ouvriers exprimant cette opinion.<\/p> <p class=Texte>Aux camarades de la droite, je dirai&nbsp;: examinez s\u00e9rieusement le moral des camarades ouvriers, voyez combien il leur reste de confiance dans B\u00f6ttcher ou dans Brandler! Vous jouez avec le moral de ces ouvriers. N&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;existence de l&rsquo;I.C, une fraction importante nous aurait d\u00e9j\u00e0 quitt\u00e9s pour le parti communiste ouvrier, par suite de votre attitude en octobre. Si vous continuez et si vous les poussez \u00e0 bout, vous ferez partir les meilleurs ouvriers. Pas Ruth Fischer&nbsp;: elle est trop habile pour se faire prendre pour infraction \u00e0 la discipline.<\/p> <p class=Texte>Notre d\u00e9faite est inexplicable par des fautes d&rsquo;ordre technique ou de d\u00e9tail. Nous n&rsquo;en d\u00e9mordons pas, car c&rsquo;est le seul moyen de sauver de l&rsquo;opportunisme un parti qui comprend d&rsquo;excellents militants. Le repr\u00e9sentant du C.E. de l&rsquo;I.C. a men\u00e9 en Allemagne une tactique qui r\u00e9pondait parfaitement \u00e0 ses buts, mais qui elle aussi \u00e9tait une mascarade. Il nous dit avoir modifi\u00e9 du tout au tout ses vues depuis octobre. Mais nous avons lu de lui un article, \u00e9crit avant octobre, o\u00f9 il disait que le fascisme doit triompher d&rsquo;abord, avant que les ouvriers engagent le combat. Tel Brandler d\u00e9clarait en pleine d\u00e9faite&nbsp;: nous n&rsquo;avons pas besoin de combattre, ce serait pr\u00e9matur\u00e9 et insens\u00e9, la situation s&rsquo;am\u00e9liore de jour en jour. Brandler ajoutait qu&rsquo;il nous faudrait encore quatre semaines, et la Centrale de s&rsquo;\u00e9crier&nbsp;: 10&nbsp;jours! mais Brandler insiste sur quatre semaines au moins. Quand une action \u00e9tait possible, par exemple lors de la journ\u00e9e antifasciste, o\u00f9 nous voulions manifester, on n&rsquo;a rien fait par crainte de d\u00e9clencher la guerre civile et de voir le parti interdit. C&rsquo;est la m\u00e9thode qui consiste \u00e0 s&rsquo;\u00e9pouvanter soi&#8209;m\u00eame pour rendre la chose impossible. Ainsi nous ne p\u00fbmes manifester contre le fascisme, bien que tout Berlin attend\u00eet notre d\u00e9monstration, d\u00fbment pr\u00e9par\u00e9e. 250.000&nbsp;ouvriers au bas mot assistaient \u00e0 nos r\u00e9unions, tant \u00e9tait grand notre succ\u00e8s aupr\u00e8s des masses. Mais la manifestation n&rsquo;eut pas lieu, parce que Brandler voulait que je lui garantisse qu&rsquo;il ne s&rsquo;ensuivrait pas de conflit arm\u00e9, ce que je ne pouvais ni ne voulais faire. Au contraire en Octobre, en pleine et lourde crise, quand nous avons toutes les peines du monde \u00e0 retenir les ouvriers dans nos rangs, le repr\u00e9sentant du C.E. exige de nous une d\u00e9monstration arm\u00e9e, pour des motifs purement politiques. Nous avons fait cette manifestation et nous l&rsquo;avons d\u00e9fendue, les armes \u00e0 la main, car nous faisons toujours ce que nous dit l&rsquo;I.C.<\/p> <p class=Texte>J&rsquo;en viens \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat actuel du Parti et aux perspectives. Certains se f\u00e2chent quand on dit que notre parti n&rsquo;est pas bon. C&rsquo;est pourtant un fait que quand on dit parti on ne dit pas la direction. Cette illusion est bris\u00e9e en Allemagne.<\/p> <p class=Texte>Au sein m\u00eame du parti un processus profond est en cours. Certains \u00e9l\u00e9ments tendent vers la social-d\u00e9mocratie.<\/p> <p class=Texte>La crise ne peut \u00eatre gu\u00e9rie par des compromis ni en avalant toutes les sottises. Pour assainir notre parti, il faut reconna\u00eetre qu&rsquo;il existe en son sein un r\u00e9visionnisme. Si on ferme les yeux l\u00e0&#8209;dessus, la Centrale fera bloc avec les social-d\u00e9mocrates et le prochain congr\u00e8s sera un congr\u00e8s de scission. Aussi nos premiers objectifs sont de r\u00e9former et de regrouper le parti. Sans quoi il est inapte au combat.<\/p> <p class=Texte>&quot;Le fascisme a vaincu la r\u00e9volution de Novembre&quot;, a dit le repr\u00e9sentant de l&rsquo;Ex\u00e9cutif? Qu&rsquo;est-ce \u00e0 dire? C&rsquo;est une fa\u00e7on d\u00e9magogique de s&rsquo;exprimer pour tromper les ouvriers sur la d\u00e9faite. Mais elle a entrav\u00e9 extr\u00eamement notre travail&nbsp;: 1)&nbsp;on a tromp\u00e9 le parti sur le caract\u00e8re de l&rsquo;\u00e9chec, 2)&nbsp;on a fond\u00e9 les illusions d\u00e9mocratiques. Cette politique n&rsquo;est d\u00e9fendable que si l&rsquo;on fait une diff\u00e9rence entre gouvernement fasciste, gouvernement des industriels, et gouvernement social-d\u00e9mocrate, si on adopte la th\u00e9orie de la R\u00e9publique d\u00e9mocratique au&#8209;dessus des classes.<\/p> <p class=Texte>Qu&rsquo;il me soit permis d&rsquo;inviter les camarades de l&rsquo;I.C. \u00e0 lire le dernier num\u00e9ro de l&rsquo;Internationale<a href=\"#_edn8\" name=\"_ednref8\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[8]<\/span><\/span><\/span><\/a>. J&rsquo;y ai not\u00e9 pour moi 10&nbsp;passages dans l&rsquo;article de Brandler o\u00f9 le sens r\u00e9visionniste des th\u00e8ses sur la victoire du fascisme appara\u00eet clairement. Le point de vue qui y est d\u00e9velopp\u00e9 vaut comme commentaire th\u00e9orique de la politique de notre parti en octobre. Ce sont les cons\u00e9quences de l&rsquo;analyse de Radek.<\/p> <p class=Texte>Quant aux perspectives de combat, je dois dire que si je me suis \u00e9lev\u00e9e contre ce d\u00e9lai de trois mois, c&rsquo;est parce que le parti n&rsquo;est pas en \u00e9tat de mener des combats d\u00e9cisifs de quelque importance avant de s&rsquo;\u00eatre int\u00e9rieurement consolid\u00e9. Nous aurons des combats \u00e0 livrer, mais ils porteront un caract\u00e8re autre qu&rsquo;avant Octobre. Alors ils commen\u00e7aient par des questions \u00e9conomiques, mais prenaient aussit\u00f4t un caract\u00e8re politique. Pendant la gr\u00e8ve contre Cuno, j&rsquo;ai dit \u00e0 Schlecht, un des chefs du mouvement des Conseils d&rsquo;usines&nbsp;: Tu dois dire \u00e0 tes gens que nous sommes pour une action \u00e9conomique. Il le dit, mais on lui cria&nbsp;: &quot;Nous ne voulons pas de secours \u00e9conomique, nous voulons renverser le gouvernement&quot;. Ce cri des masses est significatif. Maintenant, nous aurons des combats, mais ils auront pour but la d\u00e9fense des int\u00e9r\u00eats et revendications \u00e9conomiques. La journ\u00e9e de huit heures perdue doit figurer au centre de nos pr\u00e9occupations. Nous devons travailler \u00e0 diminuer l&rsquo;ab\u00eeme entre les sans-travail et les travailleurs encore occup\u00e9s. Nous devons combattre non pas pour que les Conseils d&rsquo;usines se changent en soviets, mais pour qu&rsquo;ils ne soient pas chass\u00e9s des usines, comme le patronat commence \u00e0 le faire.<\/p> <p class=Texte>Tel sera le caract\u00e8re de la lutte. Elle pourra aboutir \u00e0 une plus \u00e9troite union entre les masses et le parti. Nous avions gagn\u00e9 du terrain et nous l&rsquo;avons reperdu \u00e0 cause de l&rsquo;inconsistance de notre politique. Il faudra le regagner, pas en d\u00e9clinant vers la social-d\u00e9mocratie, mais en attirant \u00e0 nous les masses qu&rsquo;elle d\u00e9tient. Alors, il se peut que nous soyons amen\u00e9s plus t\u00f4t que nous le supposons \u00e0 livrer bataille pour le pouvoir. Toute autre orientation politique n&rsquo;aura que des succ\u00e8s apparents et jamais ne nous fournira l&rsquo;occasion de devenir un parti v\u00e9ritablement r\u00e9volutionnaire.<\/p> <p class=Texte>Nous attendons de l&rsquo;Internationale une d\u00e9cision claire et nette, un congr\u00e8s o\u00f9 soit pos\u00e9e la question de la direction et de la politique du parti. En attendant, nous ne pouvons pas encore dire, avec certains camarades, &quot;que le pass\u00e9 repose en paix, l&rsquo;avenir s&rsquo;offre \u00e0 nous dans toute sa gloire et sa joie&quot;.<\/p> <p class=Texte>Car le pass\u00e9 n&rsquo;est pas encore pass\u00e9.<\/p> <p class=Intertitre2>V.<br> Discours de Zinoviev<\/p> <p class=Texte>Camarades.<\/p> <p class=Texte>Il nous faut tous d&rsquo;abord bien comprendre dans quelle situation nous avons ouvert cette discussion.<\/p> <p class=Texte>Nous sommes tous d&rsquo;accord que nous venons d&rsquo;\u00e9prouver un s\u00e9rieux \u00e9chec. Je pense qu&rsquo;il est exag\u00e9r\u00e9 de parler d&rsquo;\u00e9croulement, mais on ne peut pas nier la gravit\u00e9 de la d\u00e9faite. Notre exp\u00e9rience nous a montr\u00e9 que des \u00e9v\u00e9nements de ce genre sont la pierre de touche la plus efficace des partis et de leurs directions. Il est donc bon de faire maintenant notre examen. Seulement, si nous nous laissons aller \u00e0 voir tout en noir, nous mettons le parti en grand danger. C&rsquo;est au contraire le moment, pour chaque camarade allemand, de montrer ce dont il est capable, de prouver sa fid\u00e9lit\u00e9.<\/p> <p class=Texte>On a dit ici qu&rsquo;une scission du parti communiste ajournerait la r\u00e9volution allemande \u00e0 cinq ans. C&rsquo;est absolument vrai. C&rsquo;est pourquoi, en, abordant cette discussion, nous devons bien nous persuader que celui, quel qu&rsquo;il soit, qui oserait, par esprit de fraction, ou m\u00eame par conviction, porter atteinte \u00e0 l&rsquo;unit\u00e9 commettrait un crime envers la classe ouvri\u00e8re. Il y a des situations o\u00f9 l&rsquo;on doit accepter la scission; il en est d&rsquo;autres o\u00f9 l&rsquo;on doit tout supporter pour l&rsquo;\u00e9viter.<\/p> <p class=Texte>Maintenant abordons les faits.<\/p> <p class=Texte>On a avanc\u00e9 ici&nbsp;: ce n&rsquo;est pas en octobre que la faute a \u00e9t\u00e9 commise, ce n&rsquo;est pas en octobre que notre diagnostic a \u00e9t\u00e9 erron\u00e9, mais bien plus t\u00f4t, au commencement de la crise de Ruhr.<\/p> <p class=Texte>Naturellement, si nous avions commenc\u00e9 nos pr\u00e9paratifs d\u00e8s le d\u00e9but de la crise, nous aurions \u00e9t\u00e9 mieux pr\u00e9par\u00e9s; plus t\u00f4t on commence, et mieux on s&rsquo;en trouve. Mais c&rsquo;est un encha\u00eenement dans lequel on pourrait encore remonter plus haut. C&rsquo;est un sophisme pour cacher la v\u00e9ritable faute. Soyons sinc\u00e8res avec nous&#8209;m\u00eames et nous la d\u00e9couvrirons.<\/p> <p class=Texte>Le tableau que Koenig nous a trac\u00e9 d&rsquo;un incident entre les femmes allemandes et les soldats fran\u00e7ais est int\u00e9ressant et il est bien vrai que l&rsquo;occupation de la Ruhr est le point de d\u00e9part de tout.<\/p> <p class=Texte>J&rsquo;ai sous la main les instructions du C.E. aux d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s communistes \u00e0 la conf\u00e9rence de Francfort. Voici ce que j&rsquo;y trouve&nbsp;:<\/p> <p class=MsoQuote>La Conf\u00e9rence d&rsquo;Essen \u00e9tait avant tout une d\u00e9monstration. La conf\u00e9rence du 17&nbsp;mars doit \u00eatre une conf\u00e9rence de travail.<\/p> <p class=MsoQuote>Dans les conjonctures o\u00f9 la premi\u00e8re conf\u00e9rence eut lieu, une simple d\u00e9monstration \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 un grand \u00e9v\u00e9nement politique. Il ne faut pas rabaisser l&rsquo;importance d&rsquo;une coordination plus parfaite obtenue dans les efforts des partis fran\u00e7ais et allemand en face de l&rsquo;occupation de la Ruhr. Mais se borner maintenant \u00e0 r\u00e9p\u00e9ter Essen, ce serait un pas en arri\u00e8re. La conf\u00e9rence du 17&nbsp;mars et la conf\u00e9rence pr\u00e9liminaire (surtout la conf\u00e9rence pr\u00e9liminaire) ont une double mission&nbsp;:<\/p> <p class=MsoQuote>a)&nbsp;\u00e9laborer un vrai programme d&rsquo;agitation, commun, \u00e9nergique, clair, net, concentr\u00e9, pour les principales sections int\u00e9ress\u00e9es;<\/p> <p class=MsoQuote>b)&nbsp;pr\u00e9voir un certain nombre de mesures d&rsquo;organisation, dont certaines conspiratives, et les appliquer effectivement.<\/p> <p class=Texte>Vient ensuite tout un chapitre sur le parti fran\u00e7ais.<\/p> <p class=Texte>Par cons\u00e9quent, l&rsquo;Ex\u00e9cutif avait pr\u00e9vu et la Conf\u00e9rence avait fix\u00e9 les nouveaux objectifs. Que l&rsquo;ex\u00e9cution ait \u00e9t\u00e9 d\u00e9fectueuse (quoique la jeunesse fran\u00e7aise ait tr\u00e8s bien travaill\u00e9) on peut l&rsquo;admettre. Nous l&rsquo;avons d\u00e9j\u00e0 montr\u00e9 suffisamment. Mais il ne faut pas dire qu&rsquo;en ne posant pas alors la question de l&rsquo;insurrection, nous avons commis une erreur.<\/p> <p class=Texte>La faute d&rsquo;octobre incombe au parti allemand et en partie \u00e0 l&rsquo;Ex\u00e9cutif.<\/p> <p class=Texte>Trotski a voulu fixer un plan-calendrier.<\/p> <p class=Texte>C&rsquo;\u00e9tait une faute&nbsp;: Radek, je dois l&rsquo;avouer, \u00e9tait contre.<\/p> <p class=Texte>(Brandler&nbsp;: Moi aussi!)<\/p> <p class=Texte>Et Brandler aussi. Nous avons d\u00e9cid\u00e9 que ce plan servirait seulement \u00e0 titre d&rsquo;orientation et que la date exacte serait fix\u00e9e sur place, en Allemagne. Par cons\u00e9quent dans la question de l&rsquo;\u00e9ch\u00e9ance, l&rsquo;Ex\u00e9cutif n&rsquo;a commis aucune faute.<\/p> <p class=Texte>Voici un autre document&nbsp;: notre t\u00e9l\u00e9gramme du 1er&nbsp;octobre 1923 concernant la Saxe&nbsp;:<\/p> <p class=MsoQuote>Vu que, d&rsquo;apr\u00e8s notre appr\u00e9ciation de la situation, le moment d\u00e9cisif doit arriver au plus tard dans quatre ou cinq semaines, nous estimons n\u00e9cessaire d&rsquo;occuper d\u00e8s maintenant toutes les positions qui peuvent offrir une utilit\u00e9 imm\u00e9diate. On doit donc poser sur le terrain pratique la question de notre entr\u00e9e dans le gouvernement saxon. Si les gens de Zeigner sont r\u00e9solus \u00e0 d\u00e9fendre r\u00e9ellement la Saxe contre la Bavi\u00e8re et contre les fascistes, entrons&#8209;y. Armons&nbsp;50 \u00e0 60.000&nbsp;hommes et ignorons le g\u00e9n\u00e9ral M\u00fcller. De m\u00eame en Thuringe.<\/p> <p class=Texte>Ce t\u00e9l\u00e9gramme, nous l&rsquo;avons r\u00e9dig\u00e9 en pr\u00e9sence de Brandler. \u00c9tait&#8209;il juste ou non? Il \u00e9tait incontestablement juste, si toutefois les partisans de Zeigner \u00e9taient r\u00e9ellement d\u00e9cid\u00e9s \u00e0 lutter contre les fascistes et \u00e0 armer&nbsp;50 ou 60.000&nbsp;ouvriers.<\/p> <p class=Texte>(Warski&nbsp;: C&rsquo;\u00e9tait une grosse faute.)<\/p> <p class=Texte>Ces chiffres de&nbsp;50 \u00e0&nbsp;60.000 nous avaient \u00e9t\u00e9 donn\u00e9s par le repr\u00e9sentant du parti allemand.<\/p> <p class=Texte>(Pieck&nbsp;: Le parti n&rsquo;a jamais connu cette particularit\u00e9.)<\/p> <p class=Texte>Ce t\u00e9l\u00e9gramme a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 en pr\u00e9sence de trois camarades allemands et de trois camarades russes.<\/p> <p class=Texte>Ainsi nous avons vu dans l&rsquo;affaire saxonne un \u00e9pisode de la guerre civile. Cela ressort de ce texte.<\/p> <p class=Texte>Troisi\u00e8mement, notre attitude envers la gauche de la social-d\u00e9mocratie et envers la social-d\u00e9mocratie en g\u00e9n\u00e9ral. Nous avons ici, en pr\u00e9sence des repr\u00e9sentants allemands, pris la d\u00e9cision suivante&nbsp;: Notre ennemi principal est la social-d\u00e9mocratie de gauche; nous ne devons pas perdre de vue que nous aurons \u00e0 combattre non seulement sans, mais contre les social-d\u00e9mocrates de gauche.<\/p> <p class=Texte>Ces documents suffisent pour nous rappeler la conduite de l&rsquo;Ex\u00e9cutif.<\/p> <p class=Texte>(Brandler&nbsp;: Je n&rsquo;ai pas approuv\u00e9 le t\u00e9l\u00e9gramme.)<\/p> <p class=Texte>Pour l&rsquo;entr\u00e9e dans le gouvernement saxon, je dois reconna\u00eetre que c&rsquo;est moi qui, avec les autres camarades, porte la plus grande part de responsabilit\u00e9. Brandler \u00e9tait h\u00e9sitant. Il disait&nbsp;: je ne sais pas si cette d\u00e9marche est assez pr\u00e9par\u00e9e. Mais enfin il a c\u00e9d\u00e9. Je ne d\u00e9cline pas la responsabilit\u00e9 qui m&rsquo;incombe; je l&rsquo;assume, au contraire, telle qu&rsquo;elle r\u00e9sulte du diagnostic \u00e9tabli d&rsquo;accord avec vous apr\u00e8s nos entretiens avec les partis fran\u00e7ais, polonais et tch\u00e9coslovaque. Si c&rsquo;est r\u00e9ellement une question de semaines, disions&#8209;nous, nous ne devons pas n\u00e9gliger cette position, en cas de guerre civile.<\/p> <p class=Texte>Maintenant, qu&rsquo;a valu l&rsquo;ex\u00e9cution? C&rsquo;est l\u00e0 le plus important. Remmele disait hier&nbsp;: que pouvait&#8209;on bien attendre de nos ministres? N&rsquo;\u00e9tait&#8209;ce pas une esp\u00e8ce d&rsquo;opportunisme?<\/p> <p class=Texte>Sans doute, le principal c&rsquo;est la masse. Pourquoi la guerre civile n&rsquo;a&#8209;t&#8209;elle pas \u00e9clat\u00e9, pourquoi la masse n&rsquo;a&#8209;t&#8209;elle pas \u00e9t\u00e9 mobilis\u00e9e? Mais vous devez comprendre pourquoi nous avons attach\u00e9 tant d&rsquo;importance \u00e0 l&rsquo;attitude de nos ministres communistes&nbsp;: nous y voyions un sympt\u00f4me d&rsquo;une orientation fausse de notre parti. Quels \u00e9taient ces ministres? Les meilleurs de nos camarades, les leaders, Brandler, Heckert, B\u00f6ttcher. Leur conduite est la manifestation d&rsquo;un \u00e9tat malsain.<\/p> <p class=Texte>(Th\u00e4lmann&nbsp;: Tr\u00e8s bien!).<\/p> <p class=Texte>Comparez notre t\u00e9l\u00e9gramme avec les discours de ces ministres! Il n&rsquo;y a pas le moindre rapport.<\/p> <p class=Texte>La camarade Fischer a beaucoup exag\u00e9r\u00e9 hier, en disant que de la part de Brandler il y avait eu manoeuvre consciente. L&rsquo;exag\u00e9ration est le grand d\u00e9faut du discours, d&rsquo;ailleurs excellent, de cette camarade, comme en g\u00e9n\u00e9ral, de toute la gauche. Nous l&rsquo;avons dit aussi bien souvent \u00e0 notre gauche bolch\u00e9vique. Il est impossible que Brandler ait agi ainsi consciemment.<\/p> <p class=Texte>(Walcher&nbsp;: C&rsquo;\u00e9tait le seul argument.)<\/p> <p class=Texte>Mais Ruth Fischer a apport\u00e9 beaucoup d&rsquo;autres arguments, auxquels nous devons donner notre assentiment. Notre jugement s\u00e9v\u00e8re sur les ministres communistes vient de ce qu&rsquo;ils ont refl\u00e9t\u00e9 une politique erron\u00e9e du parti&nbsp;: et c&rsquo;est pourquoi le tout a d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9 en une banale partie de colin-maillard avec la social-d\u00e9mocratie.<\/p> <p class=Texte>Il est entendu que les pr\u00e9visions \u00e9taient inexactes, qu&rsquo;on ne pouvait pas armer 600.000&nbsp;ouvriers, m\u00eame pas&nbsp;60; on avait surestim\u00e9 la situation. Mais pourquoi agir en social-d\u00e9mocrate?<\/p> <p class=Texte>Pourquoi dire que nous acceptons le terrain constitutionnel? Pourquoi d\u00e9clarer que nous sommes seulement responsables devant le Landtag? Bebel parlait ainsi dans sa bonne \u00e9poque. Alors c&rsquo;\u00e9tait juste. Mais maintenant, il fallait faire appel aux forces r\u00e9volutionnaires de la classe ouvri\u00e8re, proclamer que la gauche social-d\u00e9mocrate est l&rsquo;ennemi principal, car elle marche avec la droite, avec Seeckt, et Seeckt avec Ludendorff, et non pas dire&nbsp;: Nous sommes sur le terrain constitutionnel!<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;ex\u00e9cution a donc \u00e9t\u00e9 excessivement mauvaise et elle a signal\u00e9 dans notre parti des dangers que nul ne soup\u00e7onnait. C&rsquo;est pourquoi nous avons r\u00e9solu \u00e0 l&rsquo;unanimit\u00e9 d&rsquo;adresser une lettre de critique au Comit\u00e9 Central allemand. Il ne faut pas oublier cette unanimit\u00e9. Je ne d\u00e9sire pas rejeter la responsabilit\u00e9 sur les autres. J&rsquo;ai \u00e9crit cette lettre, mais elle ne portait nullement un caract\u00e8re personnel, comme on l&rsquo;a pr\u00e9tendu en Allemagne&nbsp;: une commission comprenant entre autres Kolarov et la camarade Zetkin y avait propos\u00e9 maintes modifications, que j&rsquo;ai presque toutes accept\u00e9es.<\/p> <p class=Texte>(Zetkin&nbsp;: Je ferai remarquer que la lettre a \u00e9t\u00e9 \u00e9crite avant la r\u00e9ception des comptes&#8209;rendus d\u00e9taill\u00e9s et que nous n&rsquo;avions presque aucune donn\u00e9e.)<\/p> <p class=Texte>Il est vrai que nous n&rsquo;\u00e9tions pas inform\u00e9s comme nous le sommes maintenant. Je suis pr\u00eat \u00e0 admettre que, sur certains d\u00e9tails, mon jugement n&rsquo;est plus celui d&rsquo;alors, mais sur l&rsquo;essentiel nous avions raison. Il nous faut aller \u00e0 la 2e&nbsp;Internationale, si nous voulons d\u00e9fendre la conduite suivie en Saxe. Il faut dire les choses comme elles sont et dans ses th\u00e8ses la majorit\u00e9 actuelle du Comit\u00e9 Central ne s&rsquo;en fait pas faute.<\/p> <p class=Texte>Maintenant nos rapports avec la social-d\u00e9mocratie. L&rsquo;ennemi principal, je le r\u00e9p\u00e8te, est la social-d\u00e9mocratie de gauche et nous devons lutter malgr\u00e9, sans et contre elle. J&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 \u00e9crit un article l\u00e0&#8209;dessus lorsque vers le milieu d&rsquo;octobre une partie de nos camarades berlinois ont d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 une semaine durant avec ces gredins, \u00e9labor\u00e9 un programme et que le jour suivant on leur a dit&nbsp;: remettons \u00e0 deux jours, nous apporterons un nouveau programme.<\/p> <p class=Texte>Nous arrivons \u00e0 la question du front unique. Avions&#8209;nous \u00e0 ce moment&#8209;l\u00e0 des divergences d&rsquo;opinions sur ce point dans l&rsquo;Internationale? Oui, certes, et nous ne les avons pas compl\u00e8tement dissip\u00e9es. Maintenant nous devons les combattre jusqu&rsquo;au bout.<\/p> <p class=Texte>J&rsquo;ai dit \u00e0 l&rsquo;Ex\u00e9cutif \u00e9largi que le gouvernement ouvrier \u00e9tait un pseudonyme de la dictature du prol\u00e9tariat. Un repr\u00e9sentant de la majorit\u00e9 me l&rsquo;a reproch\u00e9&nbsp;: vous nuisez, a&#8209;t&#8209;il pr\u00e9tendu, \u00e0 notre propagande, on ne doit pas risquer de semblables explications. J&rsquo;ai c\u00e9d\u00e9, dans l&rsquo;id\u00e9e qu&rsquo;il ne faut pas toujours en effet tout dire. Mais il est clair aujourd&rsquo;hui que la critique n&rsquo;\u00e9tait pas dict\u00e9e par un souci de la propagande, mais provenait de fautes essentielles. Le Gouvernement ouvrier n&rsquo;est autre chose qu&rsquo;un pseudonyme de la dictature du prol\u00e9tariat, ou bien ce n&rsquo;est qu&rsquo;une forme de l&rsquo;opposition social-d\u00e9mocratique.<\/p> <p class=Texte>Radek le confirmera, j&rsquo;ai dit imm\u00e9diatement apr\u00e8s Leipzig; nous sommes en pr\u00e9sence d&rsquo;une grande d\u00e9viation de style ou d&rsquo;une grande d\u00e9viation politique. Bient\u00f4t apr\u00e8s, une semaine plus tard, je pense, eut lieu le congr\u00e8s tch\u00e9coslovaque&nbsp;: les m\u00eames formules d\u00e9mocratiques! Il \u00e9tait clair que Brandler \u00e9tait d&rsquo;accord avec. Mon tort est de n&rsquo;avoir pas imm\u00e9diatement r\u00e9agi. On se disait&nbsp;: Attendons, le mal est frais, on pourra peut-\u00eatre y rem\u00e9dier sans \u00e9clat.<\/p> <p class=Texte>Cette critique de mon explication du &quot;pseudonyme&quot;, les r\u00e9solutions de Leipzig, les r\u00e9solutions tch\u00e9coslovaques, tout cela constitue un ensemble de d\u00e9viations opportunistes. Il faut en convenir franchement et y porter le fer. Autrement nous tuons le parti.<\/p> <p class=Texte>Qu&rsquo;est-ce que le front unique? Dans les th\u00e8ses du Bureau Politique du parti russe, nous lisons&nbsp;: le front unique est une m\u00e9thode de r\u00e9volution et non d&rsquo;\u00e9volution, un moyen d&rsquo;agiter et de mobiliser les masses, dans une \u00e9poque donn\u00e9e, contre la social-d\u00e9mocratie, rien de plus. Celui qui croit qu&rsquo;il est autre chose, s&rsquo;\u00e9carte du droit chemin. Le front unique n&rsquo;est rien de plus et ne saurait \u00eatre rien de plus&nbsp;: celui qui pense autrement fait d\u00e9j\u00e0 une concession \u00e0 la social-d\u00e9mocratie contre-r\u00e9volutionnaire et doit \u00eatre combattu impitoyablement.<\/p> <p class=Texte>Reprenons cette m\u00eame question du point de vue international. Le 4e&nbsp;congr\u00e8s a d\u00e9fini que tout gouvernement ouvrier n&rsquo;est pas un gouvernement prol\u00e9tarien<a href=\"#_edn9\" name=\"_ednref9\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[9]<\/span><\/span><\/span><\/a>. Dans quelques jours par exemple, nous verrons en Angleterre un gouvernement de Mac Donald. Ce sera un gouvernement ouvrier.<\/p> <p class=Texte>(Interruptions&nbsp;: Non!)<\/p> <p class=Texte>Mais si! ou bien vous \u00eates contre les r\u00e9solutions du 4e&nbsp;congr\u00e8s! Nous avons pr\u00e9cis\u00e9ment au 4e&nbsp;Congr\u00e8s cit\u00e9 l&rsquo;exemple de l&rsquo;Australie. Comparez la Saxe et Mac Donald. La Saxe est bien petite en comparaison, mais \u00e0 la veille de la r\u00e9volution prol\u00e9tarienne en Allemagne, c&rsquo;est un \u00e9pisode important. Que constatons&#8209;nous? Ou bien le gouvernement ouvrier n&rsquo;est qu&rsquo;un pseudonyme de la dictature prol\u00e9tarienne, ou bien il est ce que sera le gouvernement de Mac Donald, un gouvernement de Scheidemann \u00e0 la sauce anglaise. Ce n&rsquo;en est pas moins un grand \u00e9v\u00e9nement historique. L&rsquo;ouvrier anglais a l&rsquo;impression qu&rsquo;il acc\u00e8de au pouvoir, et cependant ce ne sera qu&rsquo;une r\u00e9\u00e9dition anglaise de Scheidemann. En Saxe, nous avons eu un essai des communistes pour marcher de concert avec les social-d\u00e9mocrates et il n&rsquo;en est sorti que confusion.<\/p> <p class=Texte>Du moment o\u00f9 nous entrons dans un gouvernement ouvrier, nous perdons non seulement la possibilit\u00e9 d&rsquo;utiliser ce mot d&rsquo;ordre pour la propagande, nous le prenons comme pseudonyme de la dictature prol\u00e9tarienne.<\/p> <p class=Texte>De m\u00eame pour le front unique. Vous vous rappelez, lorsque nous d\u00e9cid\u00e2mes le front unique, comment se pr\u00e9senta l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une r\u00e9union des 3&nbsp;Internationales. J&rsquo;\u00e9tais d&rsquo;avis de diff\u00e9rer le plus possible, car, le jour m\u00eame o\u00f9 nous nous rassemblerions, le front unique recevrait d\u00e9j\u00e0 un coup. Ou bien nous ferions des concessions \u00e0 la social-d\u00e9mocratie, ou bien il n&rsquo;en sortirait rien et le front unique perdrait toute sa force d&rsquo;attraction. Il faut savoir l&rsquo;approprier aux diff\u00e9rentes phases. Celui qui en attend davantage retombe sur le terrain de la social-d\u00e9mocratie. Brandler a dit hier quelque chose qui m&rsquo;a fort int\u00e9ress\u00e9&nbsp;: les masses se repr\u00e9sentent le front unique comme une esp\u00e8ce d&rsquo;\u00e9volution, d&rsquo;abord la coalition avec la bourgeoisie, ensuite un gouvernement social-d\u00e9mocrate avec l&rsquo;appui des communistes, et ainsi de suite progressivement. Si cela est vrai, c&rsquo;est un grave argument contre l&rsquo;application qui a \u00e9t\u00e9 faite de cette tactique chez vous, camarades.<\/p> <p class=Texte>(Hesse&nbsp;: C&rsquo;est l&rsquo;article de Brandler).<\/p> <p class=Texte>Il s&rsquo;agit ici d&rsquo;une chose beaucoup plus importante qu&rsquo;un article&nbsp;: il ne s&rsquo;agit pas seulement de la culpabilit\u00e9 de Brandler ou du Comit\u00e9 Central, mais d&rsquo;un \u00e9tat d&rsquo;esprit tr\u00e8s inqui\u00e9tant que nous devons savoir examiner.<\/p> <p class=Texte>(Koenen&nbsp;: Cet \u00e9tat d&rsquo;esprit n&rsquo;existe pas).<\/p> <p class=Texte>(Th\u00e4lmann&nbsp;: Il existe, particuli\u00e8rement en Saxe).<\/p> <p class=Texte>Brandler l&rsquo;a constat\u00e9. Sa d\u00e9claration est d&rsquo;autant plus grave qu&rsquo;il est le promoteur de la tactique du front unique en Allemagne, ce qui n&rsquo;est nullement un reproche. Nous l&rsquo;avons d\u00e9cid\u00e9 tous ensemble. S&rsquo;il vient nous dire maintenant que la masse a compris le mot d&rsquo;ordre en ce sens qu&rsquo;un gouvernement sort progressivement d&rsquo;un autre, notre devoir est de rechercher avec le plus grand soin o\u00f9 est la faute commise. Je pense qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas dans la tactique comme telle, mais dans son application. C&rsquo;est une chose que nous ne devons pas prendre \u00e0 la l\u00e9g\u00e8re. C&rsquo;est un fait qui d\u00e9passe en port\u00e9e tous les autres.<\/p> <p class=Texte>Il n&rsquo;y a aucun motif de soumettre \u00e0 une r\u00e9vision radicale la th\u00e9orie du front unique. Elle \u00e9tait juste et elle le reste.<\/p> <p class=Texte>Il en est de m\u00eame du parlementarisme r\u00e9volutionnaire. Nous nous y tenons fermement. De quelle fa\u00e7on ne l&rsquo;a&#8209;t&#8209;on pas combattu! On est venu nous dire&nbsp;: Bombacci est un sot; en Allemagne et en France la fraction parlementaire est au&#8209;dessous de sa t\u00e2che. Mais ce ne sont pas l\u00e0 des objections de principe. Il faut savoir mettre l&rsquo;id\u00e9e en pratique. Tout vient de ce que nous sommes en minorit\u00e9 dans la classe ouvri\u00e8re et que la social-d\u00e9mocratie reste encore la majorit\u00e9, de ce que, en un mot, nous sommes en position d\u00e9fensive et non offensive. Cela vient aussi de la faiblesse g\u00e9n\u00e9rale du mouvement ouvrier communiste. Pour servir l&rsquo;id\u00e9e, il faut attaquer impitoyablement toute mauvaise application. Autrement l&rsquo;ouvrier se dira&nbsp;: Qu&rsquo;est&#8209;ce qu&rsquo;une tactique qui a \u00e9t\u00e9 mal appliqu\u00e9e en France, en Tch\u00e9coslovaquie, en Allemagne m\u00eame o\u00f9 se trouve le meilleur parti communiste? Qu&rsquo;est&#8209;-ce que le front unique, s&rsquo;il n&rsquo;aboutit \u00e0 rien de bon? Certes, le front unique n&rsquo;est pas une id\u00e9e juste tant qu&rsquo;il n&rsquo;est pas bien appliqu\u00e9.<\/p> <p class=Texte>En pr\u00e9sence des diff\u00e9rentes formules en pr\u00e9sence, le mieux est d&rsquo;approfondir la chose jusqu&rsquo;au bout. Au nom de mon parti, et selon la d\u00e9cision prise unanimement par son Bureau Politique, je propose cette motion&nbsp;: Le front unique n&rsquo;est rien autre chose qu&rsquo;un moyen d&rsquo;agiter et de mobiliser les forces prol\u00e9tariennes dans la p\u00e9riode que nous traversons. Tout le reste est social-d\u00e9mocrate. Soyons francs! Il ne serait pas trop difficile de trouver une formule \u00e9lastique, car nous sommes pass\u00e9s ma\u00eetres en cet art. Mais nous n&rsquo;en ferons rien. Si nous nous trouvons en minorit\u00e9 dans l&rsquo;Ex\u00e9cutif, nous combattrons pour devenir majorit\u00e9. Mais c&rsquo;est peu probable. Nous devons donner une formule claire. Toute \u00e9tape de soi&#8209;disant d\u00e9mocratie en coalition avec les social-d\u00e9mocrates est compl\u00e8tement exclue; celui qui l&rsquo;admettrait, aurait d\u00e9j\u00e0 un pied dans le camp de la social-d\u00e9mocratie, ou m\u00eame les deux pieds. Celui qui croit possible une alliance politique des communistes avec les social-d\u00e9mocrates, est un v\u00e9ritable centriste.<\/p> <p class=Texte>Par cons\u00e9quent, camarades, nous avons fait d&rsquo;assez tristes exp\u00e9riences en Allemagne. Mais il n&rsquo;y a pas de mal sans bien&nbsp;: la lumi\u00e8re est faite.<\/p> <p class=Texte>Maintenant, je vais aborder la question de la social-d\u00e9mocratie et du fascisme.<\/p> <p class=Texte>Hier, Radek a dit avec raison que la premi\u00e8re question qu&rsquo;un homme politique doit se poser est celle&#8209;ci&nbsp;: qui d\u00e9tient le pouvoir? Qui gouverne en Allemagne? Mais il r\u00e9pond&nbsp;: les fascistes. Et moi je demande&nbsp;: qui gouverne avec eux? et je r\u00e9ponds&nbsp;: les social-d\u00e9mocrates.<\/p> <p class=Texte>(Brandler&nbsp;: Tr\u00e8s bien!)<\/p> <p class=Texte>Ah, j&rsquo;ai raison? Tirons imm\u00e9diatement les cons\u00e9quences.<\/p> <p class=Texte>Depuis 1918, l&rsquo;Allemagne est gouvern\u00e9e par un bloc. Il est trop simple de dire&nbsp;: c&rsquo;est le fascisme qui domine. La r\u00e9volution bourgeoise s&rsquo;est faite contre la volont\u00e9 de la social-d\u00e9mocratie, qui est rest\u00e9e jusqu&rsquo;au bout fid\u00e8le \u00e0 la monarchie. La r\u00e9volution sociale a \u00e9clat\u00e9 malgr\u00e9 elle et contre elle. L&rsquo;Allemagne s&rsquo;est appel\u00e9e r\u00e9publique socialiste. Maintenant vous voulez l&rsquo;appeler&nbsp;: la r\u00e9publique de novembre. Mais nous avons int\u00e9r\u00eat \u00e0 employer lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de d\u00e9finition scientifique la vieille terminologie marxiste.<\/p> <p class=Texte>Or qu&rsquo;avons&#8209;nous en Allemagne? Une d\u00e9mocratie bourgeoise. Elle diff\u00e8re de la d\u00e9mocratie fran\u00e7aise, am\u00e9ricaine ou suisse, mais le type est le m\u00eame. Pendant les cinq ann\u00e9es d&rsquo;existence de cette d\u00e9mocratie bourgeoise, la social-d\u00e9mocratie a tout fait pour livrer peu \u00e0 peu le pouvoir, ou la plus grande partie du pouvoir, \u00e0 la bourgeoisie. L&rsquo;Allemagne, je le r\u00e9p\u00e8te, est gouvern\u00e9e par un bloc. Dans ce dernier, la corr\u00e9lation des forces a un peu vari\u00e9. Vous dites&nbsp;: il y a maintenant quelque chose de nouveau. On interdit le parti communiste et Noske ne l&rsquo;avait pas os\u00e9.<\/p> <p class=Texte>(Walcher&nbsp;: Et c&rsquo;est beaucoup mieux ainsi.)<\/p> <p class=Texte>Tr\u00e8s bien! Mais cherchons \u00e0 la loupe quels sont les codirigeants. Severing n&rsquo;est&#8209;il pas ministre?<\/p> <p class=Texte>Ebert est pr\u00e9sident. Des milliers et des dizaines de milliers de social-d\u00e9mocrates sont fonctionnaires. Ils font partie de l&rsquo;appareil gouvernemental, ils ont quelque chose \u00e0 d\u00e9fendre. Pour parler exactement, il ne suffit pas de dire&nbsp;: le fascisme r\u00e8gne. La social-d\u00e9mocratie partage le pouvoir. On voit ainsi s&rsquo;\u00e9vanouir la formule&nbsp;: le fascisme a vaincu la r\u00e9publique de novembre.<\/p> <p class=Texte>Premi\u00e8rement&nbsp;: est&#8209;il vrai de dire &quot;r\u00e9publique&quot;? Si vous \u00eates marxistes, vous devez dire&nbsp;: &quot;d\u00e9mocratie bourgeoise&quot;. C&rsquo;est la d\u00e9mocratie bourgeoise qui gouverne, et elle est \u00e0 peu de chose pr\u00e8s la m\u00eame qu&rsquo;en France. Vous croyez qu&rsquo;en France ce ne sont pas les g\u00e9n\u00e9raux qui gouvernent?<\/p> <p class=Texte>Deuxi\u00e8mement&nbsp;: on ne peut vaincre la r\u00e9publique, dites&#8209;vous, sans vaincre la classe ouvri\u00e8re. C&rsquo;est de nouveau une fleur de rh\u00e9torique ou de l&rsquo;opportunisme, comme \u00e0 Leipzig; souhaitons que ce ne soit qu&rsquo;une fleur de rh\u00e9torique.<\/p> <p class=Texte>Pourquoi cela est&#8209;il nuisible politiquement? Parce qu&rsquo;il en d\u00e9coule une fausse appr\u00e9ciation de la social-d\u00e9mocratie et, chose plus grave pour nous, il peut en r\u00e9sulter une nouvelle d\u00e9viation. S&rsquo;il est vrai que la social-d\u00e9mocratie a \u00e9t\u00e9 vaincue, il faut se rapprocher d&rsquo;elle. Arwid \u00e9crivait dans une lettre ces paroles na\u00efves&nbsp;: pourquoi avons&#8209;nous besoin de cette formule? Parce qu&rsquo;elle seule explique pourquoi nous renon\u00e7ons actuellement aux mots d&rsquo;ordre partiels et aux luttes partielles. Mais, camarades, c&rsquo;est renverser les choses. Pour se faciliter le renoncement \u00e0 certaines revendications partielles, se fabriquer une terminologie inexacte! Personne ne le contestera&nbsp;: si la social-d\u00e9mocratie est battue, il en d\u00e9coule un rapprochement avec elle. Marx nous l&rsquo;enseigne dans le Manifeste Communiste&nbsp;: s&rsquo;il y a d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 la r\u00e9action et de l&rsquo;autre la petite-bourgeoisie qui faiblit, nous devons marcher avec cette derni\u00e8re. Mais la situation est toute autre. C&rsquo;est la r\u00e9action qui gouverne et, avec elle, la social-d\u00e9mocratie. Nous devons les combattre toutes les deux. De votre terminologie, ressort une conclusion toute diff\u00e9rente.<\/p> <p class=Texte>Il faut donc pr\u00e9ciser notre tactique, puisque la social-d\u00e9mocratie, selon toute \u00e9vidence, est complice du fascisme. C&rsquo;est une social-d\u00e9mocratie fasciste.<\/p> <p class=Texte>(Walcher&nbsp;: C&rsquo;est ce que nous avons dit.)<\/p> <p class=Texte>Non. Vous ne l&rsquo;avez pas dit. Vous huez la social-d\u00e9mocratie, mais vous ne savez pas expliquer \u00e0 la classe ouvri\u00e8re pourquoi. C&rsquo;est trop peu de dire&nbsp;: instrument de la bourgeoisie! plac\u00e9 au pouvoir par la bourgeoisie, etc&#8230; La social-d\u00e9mocratie n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 vaincue, elle fait partie int\u00e9grante du mouvement fasciste. Toute la social-d\u00e9mocratie internationale \u00e9volue dans ce sens. Qu&rsquo;est&#8209;ce que Pilsudski et les autres? Des social-d\u00e9mocrates fascistes. L&rsquo;\u00e9taient&#8209;ils il y a dix ans? Non, mais \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de la r\u00e9volution ils le sont devenus. Qu&rsquo;est&#8209;ce que la social-d\u00e9mocratie italienne? C&rsquo;est une aile du fascisme&nbsp;: Turati est un social-d\u00e9mocrate fasciste. Aurait&#8209;on pu l&rsquo;affirmer il y a cinq ans? Non. Rappelez-vous le groupe des acad\u00e9miques, qui est devenu peu \u00e0 peu une force bourgeoise. Prenez encore les socialistes bulgares de gouvernement. C&rsquo;\u00e9taient des opportunistes, mais aurait&#8209;on pu, il y a dix ans, les appeler des social-d\u00e9mocrates fascistes? Non. Et pourtant ils le sont maintenant.<\/p> <p class=Texte>D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 Macdonald, le pr\u00e9sident de la 2e&nbsp;Internationale, arrive au pouvoir&nbsp;: la bourgeoisie anglaise s&rsquo;incline! &quot;S&rsquo;il vous plait, gouvernez!&quot; C&rsquo;est une preuve de faiblesse de la part de la bourgeoisie. C&rsquo;est une preuve que la classe ouvri\u00e8re se d\u00e9veloppe et devient un facteur politique. Mais c&rsquo;est aussi une preuve de ce que la social-d\u00e9mocratie est devenue. La bourgeoisie anglaise peut installer sans danger le pr\u00e9sident de la deuxi\u00e8me Internationale au pouvoir.<\/p> <p class=Texte>On peut traiter Macdonald de tous les noms, mais il faut comprendre la p\u00e9riode o\u00f9 nous vivons. Ce n&rsquo;est pas le fascisme qui a triomph\u00e9. Mais c&rsquo;est la social-d\u00e9mocratie internationale qui est devenue une aile du fascisme. Il faut l&rsquo;expliquer aux ouvriers allemands, car il en r\u00e9sulte une conception toute diff\u00e9rente.<\/p> <p class=Texte>Votre opinion \u00e9tait inexacte. Vous ne pourrez jamais la d\u00e9fendre devant l&rsquo;Internationale. Elle devra conclure \u00e0 sa fausset\u00e9; elle dira&nbsp;: c&rsquo;est un article de Radek et non pas une r\u00e9solution du parti.<\/p> <p class=Texte>Mon article sur Koltchak \u00e9tait infiniment plus juste.<\/p> <p class=Texte>La r\u00e9daction de votre organe central a publi\u00e9 une Note de la R\u00e9daction, qui est en r\u00e9alit\u00e9 un nouvel article de Radek. Vous en avez le droit, mais vous n&rsquo;avez pas le droit de vous \u00e9tonner ensuite&nbsp;: la droite? o\u00f9 est&#8209;elle? La droite, c&rsquo;est ceux qui ont \u00e9crit et r\u00e9pandu cette Note.<\/p> <p class=Texte>Elle est une minorit\u00e9. Quand l&rsquo;Internationale aura parl\u00e9, cette minorit\u00e9 sera encore plus r\u00e9duite. Nous marchons encore ensemble. Mais il y a chez vous une tendance de droite. Les r\u00e9solutions de Leipzig, le bruit fait autour du &quot;pseudonyme&quot;, cette r\u00e9solution de la commission du Reich, la conduite suivie en Saxe, l&rsquo;article de Radek, endoss\u00e9 par la r\u00e9daction, tout cela suffit \u00e0 tout homme politique pour reconna\u00eetre un syst\u00e8me faux.<\/p> <p class=Texte>(Radek&nbsp;: C&rsquo;est peut&#8209;\u00eatre un syst\u00e8me, mais est-il faux?&#8230;)<\/p> <p class=Texte>Ce syst\u00e8me est mench\u00e9viste. Qu&rsquo;est-ce que le mench\u00e9visme? on dit souvent&nbsp;: Radek est un mench\u00e9vik. Il est pourtant bolch\u00e9vik. Mais il tombe souvent dans des fautes mench\u00e9vistes. S&rsquo;il \u00e9tait mench\u00e9vik, nous nous combattrions d&rsquo;une toute autre fa\u00e7on. Radek dit&nbsp;: Zinoviev aurait raison, si la situation \u00e9tait la m\u00eame en Allemagne qu&rsquo;autrefois en Russie. Pour vous, camarades, en votre qualit\u00e9 d&rsquo;\u00e9trangers, vous n&rsquo;\u00eates nullement oblig\u00e9s de conna\u00eetre tous nos politiciens, mais Radek ne saurait en \u00eatre dispens\u00e9. Il n&rsquo;y avait pas seulement les mench\u00e9viks, mais encore Pourichkevitch. C&rsquo;est le Hitler russe. Il y a eu le large mouvement, archir\u00e9actionnaire, des Cents noirs, un vrai fascisme russe, avec une forte dose de d\u00e9magogie sociale. Les &quot;Cents noirs&quot; furent form\u00e9s par le parti de Pourichkevitch, comme une des colonnes de la monarchie. Ils avaient des sections dans presque tous les villages, vous l&rsquo;entendez, camarade Radek, dans toutes les villes.<\/p> <p class=Texte>(Piatnitski&nbsp;: Ils avaient aussi des ouvriers.)<\/p> <p class=Texte>Les petites gens, les portiers, les femmes d&rsquo;ouvriers, \u00e9taient nombreux dans ce mouvement. Il exploitait beaucoup la religion. C&rsquo;\u00e9tait en quelque sorte un mouvement populaire r\u00e9volutionnaire avec d\u00e9magogie antis\u00e9mite. Il ne comprenait pas seulement des grands propri\u00e9taires et des nobles, mais aussi des dizaines de milliers de gens du peuple. En comparant la Russie et l&rsquo;Allemagne, il ne faut pas l&rsquo;oublier.<\/p> <p class=Texte>(Radek&nbsp;: En ce qui regarde la petite-bourgeoisie, je suis compl\u00e8tement d&rsquo;accord avec Zinoviev).<\/p> <p class=Texte>Radek a eu raison de souligner l&rsquo;importance de la petite-bourgeoisie. Nous devons venir en aide \u00e0 la petite-bourgeoisie. C&rsquo;est l\u00e0 un de nos objectifs les plus importants. Vos r\u00e9unions de petits commer\u00e7ants sont une bonne chose et montrent que vous \u00eates r\u00e9ellement en contact avec le peuple. Continuez, t\u00e2chez de gagner les milieux petits-bourgeois. Je n&rsquo;ai jamais entendu dire que la gauche y soit oppos\u00e9e&#8230;<\/p> <p class=Texte>(Non.)<\/p> <p class=Texte>Mais quand la r\u00e9solution du Comit\u00e9 du Reich d\u00e9couvre une grande diff\u00e9rence entre les Wittelsbach et les Hohenzollern, alors, d&rsquo;apr\u00e8s nous, c&rsquo;est de l&rsquo;opportunisme. Baser l\u00e0&#8209;dessus la politique de la classe ouvri\u00e8re, voir l\u00e0 un grand facteur de r\u00e9volution, c&rsquo;est une erreur.<\/p> <p class=Texte>Pourquoi L\u00e9nine a-t-il combattu Martov? Non pas parce que d&rsquo;apr\u00e8s lui, il ne fallait pas exploiter les divisions de l&rsquo;adversaire, mais parce que Martov, aveugl\u00e9 par cette savante recherche, oubliait le principal, l&rsquo;existence de 3&nbsp;classes&nbsp;: la bourgeoisie, la petite-bourgeoisie et le prol\u00e9tariat.<\/p> <p class=Texte>Enfin en \u00e9non\u00e7ant ce dilemme&nbsp;: Ou bien parti d&rsquo;agitation communiste, ou bien parti de lutte, secte ou grand parti de masse, Radek pose mal la question. Je ne dirai pas qu&rsquo;il se place sur le m\u00eame terrain que Levi. Mais c&rsquo;est en somme la m\u00eame faute, le m\u00eame point de d\u00e9part. Il s&rsquo;agit de savoir si nous serons un bon parti d&rsquo;agitation, d&rsquo;agitation communiste ou bien centriste. Qu&rsquo;on ne nous effraye pas avec cet \u00e9pouvantail de la &quot;secte&quot;. Nous le connaissons. Ce qui manque \u00e0 nos partis, c&rsquo;est qu&rsquo;ils ne savent pas conduire une agitation communiste. Prenez les partis anglais, fran\u00e7ais, tch\u00e8que, allemand. Ils ne savent pas encore mener des campagnes communistes. Ils ne se sentent pas encore les tribuns du peuple. Pourquoi les d\u00e9clarations de camarades comme Heckert nous ont&#8209;elles pein\u00e9s? Nous aimons sa loyaut\u00e9, nous savons qu&rsquo;il est d\u00e9vou\u00e9 jusqu&rsquo;a la mort \u00e0 la troisi\u00e8me Internationale. Nous n&rsquo;en avons que plus regrett\u00e9 son attitude.<\/p> <p class=Texte>(Walcher&nbsp;: Avez-vous lu un seul de ses discours?)<\/p> <p class=Texte>J&rsquo;ai lu tout ce qu&rsquo;il \u00e9tait possible de lire et pour le moins autant que Walcher. Nous ne jugeons pas \u00e0 la l\u00e9g\u00e8re. Lorsque nous avons r\u00e9dig\u00e9 la lettre, nous \u00e9tions tous d&rsquo;accord. Et nous avions l\u00e0 une douzaine de rapports.<\/p> <p class=Texte>(Walcher&nbsp;: Tous ont reconnu que le discours de Heckert \u00e9tait un bon discours communiste.)<\/p> <p class=Texte>Peut-\u00eatre que dans des conjonctures normales c&rsquo;e\u00fbt \u00e9t\u00e9 vrai. Mais ce n&rsquo;\u00e9tait pas le discours d&rsquo;un homme qui sent les masses ouvri\u00e8res enlev\u00e9es par la vague r\u00e9volutionnaire. Il n&rsquo;aurait pas dit, autrement&nbsp;: je suis responsable devant le Landtag, je me tiens sur le terrain constitutionnel.<\/p> <p class=Texte>(La vague \u00e9tait absente.)<\/p> <p class=Texte>Cette vague \u00e9tait absente \u00e0 Leipzig, mais elle \u00e9tait l\u00e0 en Allemagne. Remmele a racont\u00e9 comment les ouvriers ont pass\u00e9 la nuit dans les rues, r\u00e9quisitionnant les camions automobiles, et quel \u00e9tait l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit des femmes. Cela nous para\u00eet bien plus important que des volumes de th\u00e8ses. Il faut sentir avec la masse. Le tableau que Remmele trace, incidemment, que K\u00f6nig peint et que Th\u00e4lmann refl\u00e8te, c&rsquo;est ce qui se passait vraiment en Allemagne. Vous \u00eates-vous faits les interpr\u00e8tes de cet \u00e9tat d&rsquo;\u00e2me?<\/p> <p class=Texte>Les masses agissent spontan\u00e9ment, mais les membres du Comit\u00e9 Central, comme Heckert, n&rsquo;agissent pas spontan\u00e9ment. Un chef doit sentir ce qui s&rsquo;agite dans la masse. Ce que Th\u00e4lmann, Remmele, K\u00f6nig ont exprim\u00e9, nous ne l&rsquo;avons pas senti dans les discours de nos Ministres, et voil\u00e0 ce qui est inqui\u00e9tant. Nous ne dirons pas comme Shylock&nbsp;: Pourquoi, en neuf jours, n&rsquo;avez&#8209;vous pas trouv\u00e9 des armes? C&rsquo;\u00e9tait impossible, et on devait s&rsquo;en rendre compte rapidement. Mais pourquoi du moins ne vous \u00eates&#8209;vous pas faits les interpr\u00e8tes passionn\u00e9s du peuple? Voil\u00e0 ce que nous ne comprenons pas, voil\u00e0 ce qui est un sympt\u00f4me grave.<\/p> <p class=Texte>Nous estimions qu&rsquo;\u00e0 Chemnitz la retraite \u00e9tait in\u00e9vitable. Mais que pendant l&rsquo;affaire saxonne on ait fait ce qu&rsquo;on a fait, c&rsquo;est une preuve qu&rsquo;il y a des tendances de droite demi&#8209;conscientes et qu&rsquo;elles n&rsquo;ont pas encore rencontr\u00e9 dans notre Parti et ici au C.E. une r\u00e9sistance suffisamment organis\u00e9e.<\/p> <p class=Texte>\u00c0 parler sinc\u00e8rement, nous aurions besoin d&rsquo;une dizaine d&rsquo;hommes comme Remmele et Th\u00e4lmann. Nous aurions alors un v\u00e9ritable Comit\u00e9 Central. Des hommes de cette trempe sont ce qu&rsquo;il y a de meilleur dans le Parti allemand. Je ne me propose pas naturellement de pr\u00e9senter la th\u00e9orie des mains calleuses. Mais notre plus grand reproche au Comit\u00e9 Central est de n&rsquo;avoir pas su employer ces tr\u00e9sors de la classe ouvri\u00e8re, tandis qu&rsquo;il discutait sur des th\u00e8ses et regardait imm\u00e9diatement chaque article de Radek comme une r\u00e9solution. Vous ne savez pas pr\u00eater l&rsquo;oreille \u00e0 la classe ouvri\u00e8re. Sans doute, nous avons aussi besoin de tous les camarades intellectuels. Ils doivent continuer \u00e0 travailler. Mais il faut enfin b\u00e2tir sur un fondement solide.<\/p> <p class=Texte>Maintenant, il doit y avoir un remaniement dans la direction. Lequel? La majorit\u00e9 actuelle dirigera le Parti avec la gauche et avec l&rsquo;aide et le contr\u00f4le de l&rsquo;Internationale Communiste&nbsp;: tel est le conseil que nous vous donnons. Les Polonais disent que dans la question allemande, nous avons toujours cherch\u00e9 un juste milieu. Mais ils n&rsquo;ont jamais fait de propositions. Je ne pense pas qu&rsquo;il convienne \u00e0 un parti comme le Parti polonais d&rsquo;apporter seulement ses larmes apr\u00e8s la d\u00e9faite.<\/p> <p class=Texte>(Warski&nbsp;: Il n&rsquo;est pas question de larmes.)<\/p> <p class=Texte>Vous avez r\u00e9dig\u00e9 une lettre au Parti Communiste russe sans nous entendre. C&rsquo;est sans doute pour vous une politique \u00e0 la Salomon. Peut&#8209;\u00eatre d\u00e9poserez&#8209;vous ici une proposition? Celle qu&rsquo;on peut trouver dans votre lettre revient \u00e0 dire qu&rsquo;on ne lutte pas contre soi&#8209;m\u00eame.<\/p> <p class=Texte>Nous croyons, camarades, avoir agi sagement jusqu&rsquo;ici. Vous dites souvent que Maslow et Fischer sont mauvais et que Th\u00e4lmann est bon. Camarades, j&rsquo;ai une certaine exp\u00e9rience&nbsp;: il est bien rare qu&rsquo;on puisse parler ainsi. Je connais les ouvriers aussi bien que vous; ils r\u00e9agissent \u00e9nergiquement contre de pareilles tentatives de division. Il y a des diff\u00e9rences entre Th\u00e4lmann et Maslow, politiques et personnelles. Th\u00e4lmann sort des entrailles de la classe ouvri\u00e8re, Maslow est un intellectuel.<\/p> <p class=Texte>(Walcher&nbsp;: Th\u00e4lmann a fait de son mieux au Comit\u00e9 Central.) (Pieck&nbsp;: Il a essay\u00e9 de collaborer.)<\/p> <p class=Texte>Mais ne croyez pas qu&rsquo;il soit si simple d&rsquo;\u00e9tablir une s\u00e9paration. Ils ont commis des fautes, Maslow et Fischer&nbsp;: nous avons d\u00e9j\u00e0 dit qu&rsquo;il fallait un peu de patience.<\/p> <p class=Texte>(Pieck&nbsp;: Jusqu&rsquo;\u00e0 ce que le Parti se dissolve.)<\/p> <p class=Texte>Le Parti n&rsquo;est pas dissous et ne menace pas de se dissoudre. Radek court les r\u00e9unions d&rsquo;\u00e9tudiants en disant que le Comit\u00e9 Ex\u00e9cutif et moi&#8209;m\u00eame avons tu\u00e9 le Parti allemand. Je ne crains pas ces accusations. Le Parti allemand serait un beau parti en v\u00e9rit\u00e9, si on pouvait ainsi le tuer de Moscou!<\/p> <p class=Texte>(Radek&nbsp;: Je n&rsquo;ai pas dit cela. J&rsquo;ai dit que vous aviez bris\u00e9 le Comit\u00e9 Central.)<\/p> <p class=Texte>Un Comit\u00e9 Central qui se laisserait ainsi briser serait vraiment un joli Comit\u00e9 Central.<\/p> <p class=Texte>(Radek&nbsp;: Oui, s&rsquo;il s&rsquo;agissait du Comit\u00e9 Central russe.)<\/p> <p class=Texte>Je n&rsquo;ai pas bris\u00e9 le Comit\u00e9 Central.<\/p> <p class=Texte>Peu de jours apr\u00e8s le d\u00e9part d&rsquo;Allemagne du repr\u00e9sentant de l&rsquo;I.C., la majorit\u00e9 du Comit\u00e9 Central s&rsquo;est trac\u00e9 toute seule une ligne assez juste. Comment pourrais&#8209;je l&rsquo;avoir bris\u00e9? Je constate que je n&rsquo;ai pas \u00e9crit un seul mot ni \u00e0 Remmele ni \u00e0 aucun autre, ce qui aurait \u00e9t\u00e9 mon droit. Mais c&rsquo;est un fait que ce Comit\u00e9 Central, qu&rsquo;on nous repr\u00e9sente comme ayant \u00e9t\u00e9 bris\u00e9 de Moscou, a \u00e0 peu pr\u00e8s trouv\u00e9 sa v\u00e9ritable ligne sans nous. Que manque&#8209;t&#8209;il encore \u00e0 cette majorit\u00e9 du Comit\u00e9 Central? Soit dit entre nous&nbsp;: il lui manque la r\u00e9solution, la volont\u00e9 de commander le Parti. Il faut cela pour le diriger. Elle est encore quelque peu an\u00e9mique. Elle cherche encore \u00e0 \u00e9laborer des formules qui satisfassent Jacob Walcher. Ce dernier nous est cher, naturellement. Nous marcherons de concert avec lui, mais la politique r\u00e9volutionnaire du parti nous est encore plus ch\u00e8re que Jacob; et il ne perdrait rien \u00e0 se rendre compte qu&rsquo;il n&rsquo;est nullement besoin de ces formules enchev\u00eatr\u00e9es&nbsp;: &quot;d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, &#8230; de l&rsquo;autre&quot;. Le temps en est pass\u00e9.<\/p> <p class=Texte>Nous avons pour nous cette majorit\u00e9. Dans l&rsquo;ensemble, nous marchons avec elle. Mais il faut avoir, \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de la gauche, une attitude diff\u00e9rente de celle que Radek et Brandler ont mise \u00e0 la mode. Radek a \u00e9t\u00e9 injuste envers la Gauche. Il s&rsquo;est laiss\u00e9 emporter par son temp\u00e9rament et souvent aussi par un faux point de vue.<\/p> <p class=Texte>Vous dites que la Gauche ne repr\u00e9sente qu&rsquo;un quart. Mais on ne peut pas sans ce quart diriger le Parti. Vous dites&nbsp;: les plus mauvais \u00e9l\u00e9ments sont \u00e0 Berlin, ce sont les fonctionnaires, etc&#8230; Camarades, je suis \u00e0 la t\u00eate de l&rsquo;organisation de P\u00e9trograd et je sais ce que c&rsquo;est de diriger&nbsp;25 \u00e0 30.000&nbsp;ouvriers. Cela ne se fait pas m\u00e9caniquement, par la contrainte. Je suis en relations depuis 20&nbsp;ans avec eux, mais si je voulais les forcer, croyez&#8209;vous qu&rsquo;ils risqueraient rien pour nos beaux yeux? Vous avez la presse et un appareil, pourquoi n&rsquo;avez&#8209;vous pas gagn\u00e9 Berlin et Hambourg?<\/p> <p class=Texte>En second lieu vous exag\u00e9rez le r\u00f4le des personnalit\u00e9s dans l&rsquo;histoire.<\/p> <p class=Texte>(Radek&nbsp;: Tr\u00e8s bien).<\/p> <p class=Texte>(Pieck&nbsp;: En Allemagne, vous m\u00e9disez toujours sur des personnalit\u00e9s).<\/p> <p class=Texte>Aucunement. Nous croyions que Brandler \u00e9tait le plus propre \u00e0 ex\u00e9cuter la politique d&rsquo;Octobre. Maintenant nous ne croyons pas qu&rsquo;il soit incapable de rien faire de bon. Nous savons au contraire qu&rsquo;il faut subir 20&nbsp;d\u00e9faites avant de remporter une victoire.<\/p> <p class=Texte>(Brandler&nbsp;: J&rsquo;ai commis des fautes, mais pas celles que vous croyez).<\/p> <p class=Texte>Ce que vous avez dit hier de l&rsquo;id\u00e9e que la masse se fait du front unique prouve vos d\u00e9viations.<\/p> <p class=Texte>(Brandler&nbsp;: Existe&#8209;t&#8209;il une tactique sans danger et sans d\u00e9viations?)<\/p> <p class=Texte>Savez-vous ce que L\u00e9nine a \u00e9crit une fois? Le chef est responsable non pas seulement de ce qu&rsquo;il fait, mais de ce que font les masses qui se trouvent sous sa direction. Lorsqu&rsquo;apr\u00e8s deux ans on vient nous dire que les masses sont dans cet \u00e9tat d&rsquo;esprit, j&rsquo;y vois le signe qu&rsquo;il y avait quelque chose de malsain dans la direction.<\/p> <p class=Texte>La conclusion est la suivante&nbsp;: nous devons remanier la direction. Nous ne voulons nullement pr\u00eacher une croisade contre ce qu&rsquo;on appelle la droite. Lorsqu&rsquo;on veut retrouver l&rsquo;esprit de Paul Levi, c&rsquo;est une exag\u00e9ration. L&rsquo;exag\u00e9ration est le grand d\u00e9faut de la camarade Ruth Fischer. Mais lorsque nous avons appris par votre lettre comment vous avez des journ\u00e9es enti\u00e8res discut\u00e9, tandis qu&rsquo;on vous assi\u00e9geait de p\u00e9titions, nous nous sommes effray\u00e9s. Comment peut&#8209;on discuter pour savoir si l&rsquo;on doit sacrifier le Parti ou non? C&rsquo;\u00e9tait aussi le sentiment de Radek.<\/p> <p class=Texte>(Radek&nbsp;: C&rsquo;est encore le sien.)<\/p> <p class=Texte>Le Comit\u00e9 central a discut\u00e9 toute une semaine si l&rsquo;on devait sacrifier le Parti. Radek a encore l&rsquo;impression qu&rsquo;il y avait dans le Parti une tendance de Droite. Maintenant, lorsque je vous lis le projet de r\u00e9solution du Parti russe, vous demandez&nbsp;: o\u00f9 sont les tendances de Droite? est&#8209;ce Brandler, Pieck? \u00c0 quoi bon citer des noms? La tendance existe. C&rsquo;est un fait.<\/p> <p class=Texte>Il y a d&rsquo;ailleurs de grandes survivances social-d\u00e9mocrates non seulement dans le Parti allemand, mais dans toute l&rsquo;Internationale Communiste, puisqu&rsquo;elle provient de la 2e&nbsp;Internationale. Je communiquais un jour \u00e0 L\u00e9nine, il y a plusieurs ann\u00e9es, mon angoisse&nbsp;: lorsque je consid\u00e8re l&rsquo;Internationale telle qu&rsquo;elle est, je doute quelquefois que nous puissions jamais en faire une v\u00e9ritable Internationale Communiste. Il y a dans nos rangs des survivances tr\u00e8s sensibles de social-d\u00e9mocratie. Pouvons&#8209;nous ne plus voir ces faiblesses parce que nous sommes \u00e0 la direction de l&rsquo;Internationale Communiste? M\u00eame dans notre Parti la r\u00e9cente discussion a montr\u00e9 que la social-d\u00e9mocratie a laiss\u00e9 des traces.<\/p> <p class=Texte>(Radek&nbsp;: Tr\u00e8s juste!)<\/p> <p class=Texte>Pas de notre c\u00f4t\u00e9, mais du v\u00f4tre. Je pr\u00e9vois que Pieck et Walcher vont se cabrer&nbsp;: notre Parti, social-d\u00e9mocrate! Nous ne l&rsquo;avons jamais pens\u00e9. Vous \u00eates au contraire, malgr\u00e9 tout, une des meilleures sections de l&rsquo;Internationale Communiste.<\/p> <p class=Texte>(Radek&nbsp;: Non pas une des meilleures, mais la meilleure.)<\/p> <p class=Texte>Beaucoup d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments jeunes parmi vous, par exemple Maslow, ont l&rsquo;avantage de ne pas \u00eatre embarrass\u00e9s par la tradition social-d\u00e9mocrate, mais d&rsquo;autre part ils ont le d\u00e9savantage de n&rsquo;avoir pas grandi avec les ouvriers. Maslow d&rsquo;ailleurs, personnellement, les conna\u00eet bien.<\/p> <p class=Texte>Quoiqu&rsquo;il en soit, le Parti est en crise. L&rsquo;esprit de fraction doit dispara\u00eetre&nbsp;: pour assurer la victoire, il faut une direction homog\u00e8ne. Il faut voir la situation comme elle est. Si l&rsquo;on veut lutter pour la R\u00e9volution et sauver le Parti, il faut chasser la passivit\u00e9, les divisions, etc&#8230; Nous avons \u00e0 examiner ici toute une s\u00e9rie de questions comme la question syndicale, la question d&rsquo;organisation, et \u00e0 les r\u00e9soudre objectivement. Probablement aussi nous d\u00e9ciderons la convocation d&rsquo;un Congr\u00e8s.<\/p> <p class=Texte>Je vous le dis franchement&nbsp;: le Comit\u00e9 Ex\u00e9cutif et le Parti russe ne peuvent pas prendre la responsabilit\u00e9 de former une nouvelle combinaison pour la Direction du Parti allemand. La situation est trop complexe. Le Parti doit montrer lui-m\u00eame sa physionomie et dire quelle direction il d\u00e9sire. L&rsquo;Internationale Communiste pourra intervenir plus tard, mais le Parti doit parler avant. Alors seulement nous pourrons agir au mieux de ses int\u00e9r\u00eats. Nous pensons que la pr\u00e9paration politique du Congr\u00e8s doit commencer \u00e0 Moscou.<\/p> <p class=Texte>Si actuellement il pouvait s&rsquo;\u00e9tablir une certaine coop\u00e9ration de la majorit\u00e9 actuelle du Comit\u00e9 Central avec la Gauche sur un certain programme politique, ce bloc rallierait les 99%&nbsp;du Parti.<\/p> <p class=Texte>(Pieck&nbsp;: Vous n&rsquo;avez pas encore entendu les masses qui suivent la majorit\u00e9.)<\/p> <p class=Texte>Mais vous les repr\u00e9sentez. J&rsquo;avoue que dans la question de la corr\u00e9lation des forces des fractions \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du Parti on peut facilement errer.<\/p> <p class=Texte>Il existe maintenant trois tendances dans le Comit\u00e9 Central&nbsp;: la majorit\u00e9, qui a pr\u00e9sent\u00e9 ici des th\u00e8ses soutenues par Remmele et Koenen, assez faiblement d&rsquo;ailleurs; la gauche, que vous connaissez; enfin la minorit\u00e9, que vous avez entendue.<\/p> <p class=Texte>(Brandler&nbsp;: O\u00f9 placez-vous Pieck et Walcher?)<\/p> <p class=Texte>(Zetkin&nbsp;: Et o\u00f9 me rangez-vous?)<\/p> <p class=Texte>Ne m&rsquo;en veuillez pas. Le cas de la camarade Zetkin est trop difficile pour moi. Elle a sign\u00e9 la lettre de l&rsquo;Ex\u00e9cutif.<\/p> <p class=Texte>J&rsquo;esp\u00e8re qu&rsquo;elle restera sur ce terrain. Mais je n&rsquo;y puis rien si elle est pour une autre ligne.<\/p> <p class=Texte>Camarades, le Comit\u00e9 Central a adopt\u00e9 un projet que vous connaissez. Nous nous sommes ensuite entendus avec la majorit\u00e9 de la d\u00e9l\u00e9gation et nous avons \u00e9labor\u00e9 un projet. Les camarades l&rsquo;ont revu et am\u00e9lior\u00e9, mais dans l&rsquo;ensemble son esprit est demeur\u00e9. Les travaux de la petite commission, o\u00f9 \u00e9taient pr\u00e9sents Pieck, Koenen, Remmele, ont montr\u00e9 que m\u00eame avec Pieck on peut marcher d&rsquo;accord dans la proportion de&nbsp;99%. Mais il est possible malgr\u00e9 tout que des difficult\u00e9s surgissent entre lui et la Gauche, car il est passionn\u00e9 comme nous tous et dans sa lutte avec les Berlinois il se laisse parfois entra\u00eener \u00e0 des fautes que je ne saurais excuser.<\/p> <p class=Texte>Notre t\u00e2che ici ne consiste pas \u00e0 faire de la strat\u00e9gie ni \u00e0 ex\u00e9cuter une manoeuvre au sein de notre Parti, mais \u00e0 dire&nbsp;: voil\u00e0 la faute. Si vous concluez&nbsp;: le Parti russe est avec les Berlinois, vous aurez tort. Il pense que l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit de la nouvelle majorit\u00e9 est juste dans l&rsquo;ensemble. Elle doit instituer une coop\u00e9ration loyale avec la gauche. La guerre intestine et les menaces doivent cesser. Vous aussi, la Gauche, vous avez commis de grandes fautes, vous pouvez en \u00eatre convaincus.<\/p> <p class=Texte>On dit parfois que la majorit\u00e9 repr\u00e9sente la partie r\u00e9trograde des ouvriers; elle r\u00e9pond que la Gauche d\u00e9fend la partie impatiente. Mais peut&#8209;on faire la r\u00e9volution sans cette partie r\u00e9trograde? La Droite dit&nbsp;: impatience. Mais il y a des moments o\u00f9 cette impatience est n\u00e9cessaire. Prenez par exemple Th\u00e4lmann. Tous les camarades qui l&rsquo;ont entendu disent que lorsqu&rsquo;on le voit on a l&rsquo;impression que la r\u00e9volution allemande viendra. Nous devons avoir cette impression, nous devons nous l&rsquo;inspirer r\u00e9ciproquement, en suivant l&rsquo;itin\u00e9raire que nous vous proposons.<\/p> <p class=Texte>Que fera la minorit\u00e9? Beaucoup disent&nbsp;: une nouvelle fraction. Brandler, tr\u00e8s probablement, ne fera pas une nouvelle fraction. Il attendra. Attendre est pour lui le meilleur parti.<\/p> <p class=Texte>Chacun d&rsquo;entre nous appr\u00e9cie personnellement le camarade Brandler. Il fera encore de grandes choses dans le Parti. Lorsqu&rsquo;on vient nous dire&nbsp;: amputez, sciez et autres mots du m\u00eame genre, ce sont des paroles l\u00e9g\u00e8res, elles n&rsquo;expriment pas la v\u00e9rit\u00e9. Nous n&rsquo;avons rien \u00e0 amputer.<\/p> <p class=Texte>Nous ne savons pas comment les choses se d\u00e9rouleront ult\u00e9rieurement. Dans la question du temps nous nous sommes tromp\u00e9s. M\u00eame L\u00e9nine et Marx se sont quelquefois tromp\u00e9s. Mais le diagnostic reste juste. Tout d\u00e9pend de la force d&rsquo;attaque de notre Parti. En tout cas l&rsquo;Internationale Communiste est pr\u00eate \u00e0 tout pour acc\u00e9l\u00e9rer autant que possible les \u00e9v\u00e9nements&nbsp;: armement, organisation ill\u00e9gale, orientation conforme des autres sections, etc&#8230; Nous avons r\u00e9dig\u00e9 une lettre au Parti fran\u00e7ais. La camarade Zetkin, qui \u00e9tait membre de la Commission, t\u00e9moignera que nos perspectives sont rest\u00e9es les m\u00eames, \u00e0 savoir la r\u00e9volution. Nous pr\u00e9parerons tout en Russie aussi pour un d\u00e9nouement rapide. Mais, comme chefs du Parti, nous devons pr\u00e9voir l&rsquo;\u00e9ventualit\u00e9 d&rsquo;une \u00e9volution lente. C&rsquo;est la le\u00e7on de nos exp\u00e9riences pass\u00e9es. En 1905 il nous a fallu un an et demi pour voir clairement o\u00f9 nous allions. L\u00e9nine a en 1906 annonc\u00e9 par trois fois l&rsquo;insurrection, d&rsquo;abord au printemps, ensuite vers la fin de l&rsquo;\u00e9t\u00e9, apr\u00e8s la moisson, et les mench\u00e9viks se sont moqu\u00e9s de nous. Il n&rsquo;y avait pas de quoi rire. Nous nous sommes tromp\u00e9s sur la date&nbsp;: au bout d&rsquo;un an et demi, nous avons vu que la r\u00e9volution tarderait. Actuellement nous devons, vu l&rsquo;\u00e9tat actuel des choses, penser qu&rsquo;au printemps ou \u00e0 l&rsquo;\u00e9t\u00e9, nous serons bient\u00f4t fix\u00e9s.<\/p> <p class=Texte>Si nous sommes d&rsquo;accord sur ce point, la discussion n&rsquo;aura pas \u00e9t\u00e9 inutile. Nous avons perdu beaucoup d&rsquo;illusions et gagn\u00e9 beaucoup d&rsquo;esprit pratique.<\/p> <p class=Intertitre2>VI.<br> La commission et les d\u00e9clarations orales<\/p> <p class=Texte>Apr\u00e8s le discours de Zinoviev \u00e0 la s\u00e9ance du 12&nbsp;janvier, on d\u00e9cida de cl\u00f4turer la discussion en s\u00e9ances pl\u00e9ni\u00e8res du Pr\u00e9sidium et de former une commission. Elle serait compos\u00e9e, selon la proposition de Zinoviev, de repr\u00e9sentants de la majorit\u00e9 (le centre) et de la gauche du P.C.A. Cette commission \u00e9laborerait un projet commun de r\u00e9solutions qui constituerait un premier essai de collaboration entre ces deux fractions.<\/p> <p class=Texte>Radek, Pieck et Clara Zetkin demand\u00e8rent l&rsquo;adjonction de repr\u00e9sentants de la droite et de Radek lui&#8209;m\u00eame.<\/p> <p class=Texte>La motion Zinoviev, mise aux voix, r\u00e9unit toutes les voix sauf&nbsp;2, Radek et Clara Zetkin, qui vot\u00e8rent contre. Furent \u00e9lus membres de la commission&nbsp;: Kuusinen, Pieck, Remmele, Koenen, Maslow, Th\u00e4lmann.<\/p> <p class=Texte>Le Pr\u00e9sidium d\u00e9signa ensuite une commission d&rsquo;organisation et une commission syndicale. La commission syndicale fut compos\u00e9e des camarades&nbsp;: Kolarov, Remmele, Koenen, Fischer, K\u00f6nig, Walcher, Tomski, Antselovitch.<\/p> <p class=Texte>La commission d&rsquo;organisation comprit&nbsp;: Mitskevitch-Kapsukas, Piatnitski et Kuusinen, membres de la section d&rsquo;Organisation de l&rsquo;Ex\u00e9cutif de l&rsquo;I.C., et les camarades allemands Remmele, Koenen, Fischer et Thaelmann.<\/p> <p class=Texte>La premi\u00e8re commission termina le 17&nbsp;janvier un projet commun qui fut soumis \u00e0 la s\u00e9ance du Pr\u00e9sidium du 19&nbsp;janvier.<\/p> <p class=Texte>Il fut d&rsquo;abord d\u00e9cid\u00e9 de prendre ce projet comme base. Radek et Clara Zetkin vot\u00e8rent contre et parmi les camarades allemands, Brandler et Walcher; Pieck s&rsquo;abstint.<\/p> <p class=Texte>Quand on passa \u00e0 l&rsquo;examen du texte, Pieck pr\u00e9senta deux additions.<\/p> <p class=Texte>1)&nbsp;&quot;Les fautes et les manquements \u00e9num\u00e9r\u00e9s plus haut expliquent suffisamment pourquoi le P.C.A. n&rsquo;a pas eu, au mois d&rsquo;Octobre, la majorit\u00e9 de la classe ouvri\u00e8re. Dans ces conditions, il \u00e9tait juste qu&rsquo;il \u00e9vite la lutte arm\u00e9e et d\u00e9cisive pour le pouvoir.&quot;<\/p> <p class=Texte>Cette motion fut rejet\u00e9e par la majorit\u00e9 du Pr\u00e9sidium. Il y eut 11&nbsp;voix pour, parmi lesquelles celle de Radek et de Clara Zetkin, et 18&nbsp;contre.<\/p> <p class=Texte>2)&nbsp;&quot;L&rsquo;opposition actuelle a sans aucun doute attir\u00e9 l&rsquo;attention sur le danger opportuniste, mais elle n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 en mesure de proposer au Parti une politique plus propre \u00e0 gagner au communisme la masse ouvri\u00e8re et \u00e0 la mener aux grandes luttes r\u00e9volutionnaires&quot;.<\/p> <p class=Texte>Cette motion, en faveur de laquelle vot\u00e8rent Radek et Clara Zetkin, fut aussi rejet\u00e9e. Il y eut 10&nbsp;voix pour et les autres contre.<\/p> <p class=Texte>Une addition propos\u00e9e par Warski au sujet du front uni que fut aussi rejet\u00e9e.<\/p> <p class=Texte>Dans le vote sur l&rsquo;ensemble, la r\u00e9solution fut adopt\u00e9e contre les voix de Radek et Clara Zetkin. Le repr\u00e9sentant de l&rsquo;I.C.J. vota pour. Parmi les camarades allemands, vot\u00e8rent pour&nbsp;: Remmele, Koenen, Fischer, Maslow, Hesse, Th\u00e4lmann, K\u00f6nig; et contre&nbsp;: Brandler, Pieck, Walcher, Jannack, Hammer, Eisenberger.<\/p> <p class=Texte>Le Pr\u00e9sidium se r\u00e9unit le 21&nbsp;janvier pour la s\u00e9ance de cl\u00f4ture. La r\u00e9solution sur l&rsquo;organisation et les th\u00e8ses sur la question syndicale, mises aux voix, furent adopt\u00e9es \u00e0 l&rsquo;unanimit\u00e9. Seul le camarade Hesse s&rsquo;abstint sur la question syndicale.<\/p> <p class=Texte>Dans le vote sur la circulaire pour l&rsquo;organisation de cellules d&rsquo;usine en Allemagne, les camarades Maslow, Fischer, Hesse, K\u00f6nig et Th\u00e4lmann vot\u00e8rent d&rsquo;abord contre le 4e&nbsp;point. Mais dans le vote sur l&rsquo;ensemble, la circulaire fut adopt\u00e9e \u00e0 l&rsquo;unanimit\u00e9.<\/p> <p class=Texte>Ensuite Zinoviev fit une d\u00e9claration de conclusion, ainsi que plusieurs autres camarades.<\/p> <p class=Texte>Zinoviev. Nous touchons \u00e0 la fin de cette discussion. Peut&#8209;\u00eatre serait&#8209;il exp\u00e9dient, maintenant que nous avons devant nous toutes les donn\u00e9es&nbsp;: r\u00e9solution politique, r\u00e9solution syndicale et r\u00e9solution d&rsquo;organisation, de nous prononcer sur une motion g\u00e9n\u00e9rale, de mettre aux voix le r\u00e9sultat total de nos d\u00e9lib\u00e9rations.<\/p> <p class=Texte>Je pense que la question principale est celle&#8209;ci&nbsp;: sommes-nous en pr\u00e9sence d&rsquo;un flux ou d&rsquo;un reflux de la r\u00e9volution. Nul n&rsquo;oserait pr\u00e9dire l&rsquo;avenir. On peut facilement se tromper. Nous devons \u00eatre pr\u00eats au pire. Nos r\u00e9solutions sont justes sur ce point, puisque nous avons pris en consid\u00e9ration toutes les perspectives.<\/p> <p class=Texte>La r\u00e9solution projette une lumi\u00e8re compl\u00e8te sur beaucoup de points, mais incompl\u00e8te sur quelques autres. Par exemple, dans la question du front unique, il me semble que nous sommes arriv\u00e9s \u00e0 une pr\u00e9cision suffisante. Mais sur la crise d&rsquo;octobre, c&rsquo;\u00e9tait impossible&nbsp;: d\u00e9j\u00e0 nous y voyons plus clair qu&rsquo;il y a un mois et dans trois mois nous y verrons encore mieux.<\/p> <p class=Texte>Les opinions diff\u00e8rent aussi pour savoir si la retraite \u00e9tait absolument n\u00e9cessaire ou non&nbsp;: si elle \u00e9tait impos\u00e9e par la situation objective ou si elle a \u00e9t\u00e9 une faute. Je comprends bien que dans de telles circonstances, les esprits soient excit\u00e9s les uns contre les autres. Mais notre r\u00e9solution dit clairement ce qui \u00e9tait \u00e0 dire. La retraite fut rendue n\u00e9cessaire, non pas seulement par les fautes du parti, mais aussi par la faiblesse de la classe ouvri\u00e8re. Naturellement, il y aura toujours un certain nombre d&rsquo;ouvriers qui diront&nbsp;: on a laiss\u00e9 passer le moment propice.<\/p> <p class=Texte>En ce qui regarde la lutte inter fractionnelle, je dois avouer en toute sinc\u00e9rit\u00e9 que je ne sais pas si nous y avons mis un terme, ou si elle ne va pas se rallumer avec une nouvelle violence. J&rsquo;ai souvent remarqu\u00e9 ce ph\u00e9nom\u00e8ne dans notre parti&nbsp;: on adopte \u00e0 l&rsquo;unanimit\u00e9 une r\u00e9solution, et c&rsquo;est ensuite que commencent les divergences et les luttes de fractions. Je d\u00e9sire sinc\u00e8rement qu&rsquo;ici, il n&rsquo;en soit pas ainsi&nbsp;: toutes les nuances du parti ont profit\u00e9 des le\u00e7ons de l&rsquo;exp\u00e9rience; la gauche avait beaucoup \u00e0 apprendre et elle a beaucoup appris. Une lutte entre fractions, dans la situation actuelle en Allemagne, ne serait utile \u00e0 aucune d&rsquo;entre elles. Les masses ouvri\u00e8res &#8209;&nbsp;et nous sommes un parti de masses&nbsp;&#8209; n&rsquo;en veulent \u00e0 aucun prix. Elles sont encore sous l&rsquo;impression de la derni\u00e8re retraite. Les fautes de toutes les nuances \u00e9tant reconnues, il s&rsquo;agit le plus vite possible de mettre en pratique ce que nous avons \u00e9labor\u00e9 ici.<\/p> <p class=Texte>Nous avons pris position contre la droite, contre les survivances de la social-d\u00e9mocratie dans le Parti allemand. Maintenant passons des paroles aux actes. Nous suivrons les \u00e9v\u00e9nements de pr\u00e8s, mais nous serons heureux si nous n&rsquo;avons plus \u00e0 intervenir. Le Parti allemand doit lui&#8209;m\u00eame choisir son comit\u00e9 central. Vous avez les mat\u00e9riaux d&rsquo;un tr\u00e8s bon comit\u00e9 central. Si vous n&rsquo;y r\u00e9ussissez pas, alors, bien qu&rsquo;\u00e0 regret, nous interviendrons. Nous prendrons toute la responsabilit\u00e9, pour \u00e9pargner \u00e0 la classe ouvri\u00e8re une nouvelle lutte de fractions. Sans doute la social-d\u00e9mocratie est historiquement condamn\u00e9e \u00e0 dispara\u00eetre, et m\u00eame, \u00e0 mon avis, dans un avenir rapproch\u00e9. Mais si nous nous mettons \u00e0 nous diviser, nous lui infuserons une vie nouvelle.<\/p> <p class=Texte>Par cons\u00e9quent, camarades, je vous proposerai un vote g\u00e9n\u00e9ral.<\/p> <p class=Texte>Je me permettrai aussi d&rsquo;\u00e9crire une br\u00e8ve pr\u00e9face \u00e0 la r\u00e9solution politique.<\/p> <p class=Texte>Zetkin. J&rsquo;ai une d\u00e9claration \u00e0 faire au nom de la d\u00e9l\u00e9gation de la majorit\u00e9.<\/p> <p class=Texte>Si l&rsquo;on vote pour l&rsquo;ensemble des travaux de la commission, nous sommes pr\u00eats \u00e0 donner notre assentiment aux trois th\u00e8ses prises en bloc. Nous constatons que les deux r\u00e9solutions, syndicale et d&rsquo;organisation, expriment notre point de vue, qui est celui de la majorit\u00e9 du parti.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;introduction que Zinoviev veut ajouter aux th\u00e8ses pour expliquer la situation comme elle est selon lui, co\u00efncidera sans doute aussi avec notre conception sur deux points importants. Elle affirmera premi\u00e8rement que la retraite \u00e9tait n\u00e9cessaire, deuxi\u00e8mement que du c\u00f4t\u00e9 de ce qu&rsquo;on appelle la gauche des fautes graves ont \u00e9t\u00e9 commises.<\/p> <p class=Texte>Nous sommes donc pr\u00eats \u00e0 voter en faveur de l&rsquo;ensemble de l&rsquo;oeuvre de la commission. En ce qui regarde les th\u00e8ses politiques, nous n&rsquo;en conservons pas moins toutes nos id\u00e9es.<\/p> <p class=Texte>Les luttes acharn\u00e9es qui attendent le parti communiste n&rsquo;exigent pas seulement l&rsquo;unit\u00e9 la plus compl\u00e8te et la plus compacte, mais encore une grande fermet\u00e9 dans l&rsquo;application d&rsquo;une ligne politique homog\u00e8ne. Les th\u00e8ses politiques ne cr\u00e9ent pas des conditions pr\u00e9alables favorables \u00e0 cette fermet\u00e9 et \u00e0 cette unit\u00e9. Les diverses opinions ne sont pas \u00e9clair\u00e9es, mais au contraire voil\u00e9es par des tournures et des phrases g\u00e9n\u00e9rales.<\/p> <p class=Texte>Ainsi, les causes qui ont provoqu\u00e9 la retraite ne sont pas expos\u00e9es assez en d\u00e9tail, ni m\u00eame avec justesse et clart\u00e9&nbsp;: &quot;l&rsquo;exp\u00e9rience saxonne&quot; n&rsquo;est pas bien mise en lumi\u00e8re, non pas seulement quant aux fautes qui, d\u00e8s le d\u00e9but, la condamnaient \u00e0 l&rsquo;\u00e9chec, mais aussi quant aux fautes r\u00e9elles qui y ont \u00e9t\u00e9 commises et quant aux r\u00e9sultats multiples de cette exp\u00e9rience consid\u00e9r\u00e9e dans son ensemble.<\/p> <p class=Texte>Les th\u00e8ses passent sous silence le principal, la grande question en litige&nbsp;: la retraite \u00e9tait&#8209;elle n\u00e9cessaire dans l&rsquo;int\u00e9r\u00eat du parti, ou devait&#8209;on, quelles que soient les conditions, accepter le combat? Elles ne touchent pas cette question une seule fois. Elles ne se prononcent pas non plus sur des actions de masses, qui, d&rsquo;apr\u00e8s moi, \u00e9taient non seulement possibles, mais n\u00e9cessaires.<\/p> <p class=Texte>Dans la question du front unique, les th\u00e8ses exposent la ligne d\u00e9j\u00e0 contenue dans la r\u00e9solution du C.E.&nbsp;: l&rsquo;unit\u00e9 de front par en&#8209;bas, sans entente avec les chefs de la droite ou de la gauche social-d\u00e9mocrate. Dans cette formule, nous trouvons une certaine \u00e9troitesse et une certaine raideur qui peuvent nous emp\u00eacher d&rsquo;utiliser toutes les circonstances r\u00e9elles. Nous regrettons en m\u00eame temps l&rsquo;absence de toute critique des fautes de la gauche sur ce point.<\/p> <p class=Texte>La r\u00e9solution politique peut \u00eatre une source de graves dangers.<\/p> <p class=Texte>Premi\u00e8rement il est \u00e0 craindre que la discussion ne soit pas termin\u00e9e; deuxi\u00e8mement, que les diff\u00e9rentes sections de l&rsquo;Internationale Communiste n&rsquo;obtiennent pas ainsi un tableau complet et exact des \u00e9v\u00e9nements d&rsquo;Octobre, de leurs r\u00e9percussions et de leurs enseignements vari\u00e9s. Nous comptons donc, camarades, que l&rsquo;Ex\u00e9cutif \u00e9largi abordera cet important probl\u00e8me de la pr\u00e9paration, de l&rsquo;organisation et de la direction de l&rsquo;insurrection arm\u00e9e, qui int\u00e9resse directement toutes les sections de notre Internationale. Nous esp\u00e9rons qu&rsquo;il r\u00e9visera cette r\u00e9solution sur beaucoup de points, ce qui sera d&rsquo;ailleurs beaucoup plus facile \u00e0 un moment o\u00f9 la situation se sera \u00e9claircie.<\/p> <p class=Texte>Je le r\u00e9p\u00e8te, tout en conservant nos scrupules \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des th\u00e8ses politiques, que nous avons rejet\u00e9es, nous accepterons dans le vote g\u00e9n\u00e9ral toutes les th\u00e8ses en bloc. Car nous sommes persuad\u00e9s qu&rsquo;il est absolument n\u00e9cessaire que le Parti forme un bloc in\u00e9branlable en mati\u00e8re politique comme en mati\u00e8re d&rsquo;organisation, un bloc contre lequel nos adversaires viendront se briser. Nous avons besoin d&rsquo;unit\u00e9 et d&rsquo;union. Je puis vous assurer que malgr\u00e9 nos opinions particuli\u00e8res sur certaines questions, nous sommes pr\u00eats \u00e0 observer la discipline et \u00e0 aider le Comit\u00e9 Central dans tous ses efforts pour engager le parti sans h\u00e9sitation et en rangs compacts sur une voie politique clairement trac\u00e9e. Il est indispensable que le parti communiste, dans son agitation, dans sa propagande et dans tous ses actes, montre clairement et hardiment sa physionomie de parti communiste. Il faut \u00e9videmment utiliser chaque divergence, chaque scission se produisant dans le camp bourgeois, non seulement pour recruter des alli\u00e9s, mais encore pour porter la fermentation et le d\u00e9sarroi dans les rangs ennemis et pour d\u00e9truire plus vite l&rsquo;appareil gouvernemental. Le Parti communiste doit se dresser comme le tribun de toutes les cat\u00e9gories de la population dont les int\u00e9r\u00eats vont le plus \u00e0 l&rsquo;encontre de ceux de la bourgeoisie et de son r\u00e9gime. Mais il ne doit jamais, \u00e0 aucun prix, d\u00e9g\u00e9n\u00e9rer en un parti populiste au sens p\u00e9joratif et banal de ce mot. Plus il p\u00e9n\u00e9trera dans la masse, et plus il doit rester un parti communiste compact, in\u00e9branlable dans sa doctrine et son organisation. S&rsquo;il se laisse d\u00e9voyer et s&rsquo;il tente de voiler, de farder, de couvrir de poudre r\u00e9formiste son visage communiste rude et peut-\u00eatre effrayant pour les couches bourgeoises, il perdra de plus en plus de sa capacit\u00e9 \u00e0 \u00e9veiller les masses et \u00e0 les conduire au combat.<\/p> <p class=Texte>C&rsquo;est parce que nous sommes d&rsquo;avis qu&rsquo;il faut faire une place de plus en plus grande \u00e0 cette v\u00e9rit\u00e9&nbsp;: la masse est toute puissante et l&rsquo;action du parti, si pr\u00e9cieuse et indispensable qu&rsquo;elle soit, ne peut jamais remplacer l&rsquo;action de la masse, c&rsquo;est parce que nous sommes convaincus de la puissance irr\u00e9sistible, \u00e9ruptive et r\u00e9novatrice de la masse entra\u00een\u00e9e par son guide, le Parti, que nous voterons pour l&rsquo;ensemble des travaux de la Conf\u00e9rence.<\/p> <p class=Texte>Lauer (Pologne). Nous voterons pour toutes les r\u00e9solutions. Nous ins\u00e9rerons ult\u00e9rieurement une d\u00e9claration \u00e9crite au proc\u00e8s-verbal.<\/p> <p class=Texte>Maslow. Dans le discours de la camarade Zetkin, il y a de la lumi\u00e8re et de l&rsquo;obscurit\u00e9. Apr\u00e8s avoir vot\u00e9 contre les r\u00e9solutions, on vote maintenant pour. On all\u00e8gue des faits nouveaux. Mais il n&rsquo;y en a pas et la r\u00e9solution est absolument telle qu&rsquo;elle \u00e9tait auparavant. On dit que Zinoviev doit \u00e9crire une pr\u00e9face et que pour cette raison on votera la r\u00e9solution. Est&#8209;ce une raison pour voter en principe une r\u00e9solution qu&rsquo;on a ant\u00e9rieurement repouss\u00e9e?<\/p> <p class=Texte>Remmele. Les camarades allemands qui nous ont d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s, Koenen et moi, estiment que la ligne trac\u00e9e quant au front unique dans le projet de Zinoviev est si claire et si nette, qu&rsquo;elle doit \u00eatre soutenue sous tous les rapports. Mais ils trouvent que dans les th\u00e8ses ult\u00e9rieurement r\u00e9dig\u00e9es en collaboration cette nettet\u00e9 a disparu.<\/p> <p class=Texte>Les camarades ont examin\u00e9 deux probl\u00e8mes, le russe et l&rsquo;allemand, et ils sont arriv\u00e9s \u00e0 cette conclusion que l&rsquo;attitude du Comit\u00e9 Central russe, dans les deux probl\u00e8mes, a \u00e9t\u00e9 juste et ils l&rsquo;approuvent. Le camarade&nbsp;G. a \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 d&rsquo;Allemagne pour d\u00e9fendre cette ligne. Les d\u00e9cisions adopt\u00e9es ici comme base et par le Comit\u00e9 Central et par l&rsquo;Ex\u00e9cutif, en un mot l&rsquo;orientation \u00e0 gauche, seront mises en pratique par tous les moyens.<\/p> <p class=Texte>Radek. En tant qu&rsquo;Ex\u00e9cutif, nous avons toujours agi solidairement. C&rsquo;est pourquoi, lors du vote g\u00e9n\u00e9ral, je me prononcerai pour les d\u00e9cisions adopt\u00e9es. Zinoviev a dit que dans trois mois nous verrions peut&#8209;\u00eatre les choses tout autrement. Je prends acte de ses paroles.<\/p> <p class=Texte>G. Je dois vous dire que notre parti prend position tout entier sur les probl\u00e8mes ici d\u00e9battus, non pas seulement les fonctionnaires, mais les membres. Nous ne nous repr\u00e9sentons donc pas qu&rsquo;on puisse \u00e9viter la discussion. Il est hors de doute que le parti allemand ne peut triompher que s&rsquo;il porte la lumi\u00e8re dans toutes les questions. Mais il existe un autre danger, c&rsquo;est qu&rsquo;en d\u00e9pit de toutes les r\u00e9solutions nous voyions s&rsquo;ouvrir des discussions qui ne nous feraient pas avancer, mais r\u00e9trograder. Les divergences sont rest\u00e9es. La grande majorit\u00e9 est avec ce qu&rsquo;on appelle ici le centre. Le centre a surgi r\u00e9cemment. Ses opinions ne se sont cristallis\u00e9es que dans le courant des derni\u00e8res semaines. Mais cette tendance a pris une position beaucoup plus ferme qu&rsquo;\u00e0 Moscou. Les th\u00e8ses de Radek et de Brandler ont \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9es.<\/p> <p class=Texte>Nous avons examin\u00e9 les r\u00e9solutions de Zinoviev. Nous avions des doutes de fait, et non de principe, sur trois points.<\/p> <p class=Texte>Le premier \u00e9tait celui des \u00e9v\u00e9nements d&rsquo;Octobre. C&rsquo;est une question \u00e0 laquelle il faut r\u00e9pondre imm\u00e9diatement. Nous ne pouvons pas expliquer \u00e0 chaque fonctionnaire du parti, comme Zinoviev l&rsquo;a fait ici, que dans trois mois nous en saurons davantage et dans six mois encore davantage. Le fonctionnaire veut savoir sur le champ.<\/p> <p class=Texte>Deuxi\u00e8mement, nous voudrions qu&rsquo;on tire les conclusions de l&rsquo;exp\u00e9rience saxonne comme utilisation du parlementarisme.<\/p> <p class=Texte>Troisi\u00e8mement&nbsp;: la question syndicale dans ses rapports avec le front unique. Sur ce point, ce que nous pensions d&rsquo;essentiel a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9.<\/p> <p class=Texte>Telles \u00e9taient les questions encore d\u00e9battues.<\/p> <p class=Texte>Dans les autres questions nous \u00e9tions d&rsquo;accord. Nous trouvons excellente la partie qui regarde le parti social-d\u00e9mocrate. C&rsquo;est l&rsquo;opinion de la majorit\u00e9 du parti sans aucune h\u00e9sitation et le danger n&rsquo;est pas de ce c\u00f4t\u00e9. Si les trois groupes retournent en Allemagne avec la conviction que pour le parti allemand l&rsquo;orientation \u00e0 gauche est aussi n\u00e9cessaire que le pain et l&rsquo;air&#8230;<\/p> <p class=Texte>(Radek&nbsp;: Tr\u00e8s bien!)<\/p> <p class=Texte>(Brandler&nbsp;: Tr\u00e8s bien!)<\/p> <p class=Texte>(Radek&nbsp;: Brandler dit&nbsp;: Tr\u00e8s bien!)<\/p> <p class=Texte>que les th\u00e8ses ont \u00e9t\u00e9 exactement formul\u00e9es par Zinoviev et donnent une base pour la lutte, s&rsquo;ils n&rsquo;agissent plus en tant que fractions ou nuances, mais sont pr\u00eats \u00e0 adopter les nouvelles positions command\u00e9es par les faits nouveaux, alors, je pense que les r\u00e9sultats de la conf\u00e9rence de Moscou marqueront pour nous un progr\u00e8s.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;ensemble des r\u00e9solutions est adopt\u00e9 \u00e0 l&rsquo;unanimit\u00e9 sans aucune voix contre et sans abstention.<\/p> <p class=Intertitre2>VII.<br> Documents<\/p> <p class=Intertitre4>D\u00e9claration de la minorit\u00e9<\/p> <p class=Texte>Dans le but d&rsquo;assurer l&rsquo;unit\u00e9, l&rsquo;homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 et la fermet\u00e9 du Parti communiste allemand, si n\u00e9cessaires dans le travail et dans la lutte, les soussign\u00e9s se croient oblig\u00e9s de voter contre les th\u00e8ses politiques du Comit\u00e9 Ex\u00e9cutif sur les enseignements des \u00e9v\u00e9nements d&rsquo;Octobre.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;unit\u00e9, l&rsquo;homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 et la fermet\u00e9 du Parti ne peuvent \u00eatre fond\u00e9s que sur une attitude absolument nette par rapport aux questions litigieuses pos\u00e9es par les \u00e9v\u00e9nements d&rsquo;Octobre. La connaissance exacte des fautes commises, de leurs causes et de leurs effets, est la condition n\u00e9cessaire pour que le parti triomphe de ses fautes et de ses imperfections et, aussi bien arm\u00e9 que possible, marche \u00e0 la t\u00eate du prol\u00e9tariat r\u00e9volutionnaire au-devant des combats d\u00e9cisifs imminents.<\/p> <p class=Texte>Les th\u00e8ses politiques laissent \u00e0 d\u00e9sirer au point de vue de la clart\u00e9 et de la pr\u00e9cision. Elles ne font pas la lumi\u00e8re sur les opinions divergentes, elles les voilent de formules \u00e9lastiques qui ouvrent les portes toutes grandes aux interpr\u00e9tations. Nous voyons leurs plus graves d\u00e9fauts en ce qui suit&nbsp;:<\/p> <p class=Texte>elles donnent une explication incompl\u00e8te, et en partie inexacte, de la d\u00e9faite d&rsquo;octobre; elles n&rsquo;\u00e9tablissent pas suffisamment pourquoi &quot;l&rsquo;exp\u00e9rience saxonne&quot; devait \u00eatre un \u00e9chec, ni les fautes r\u00e9elles commises, ni les effets de cette exp\u00e9rience consid\u00e9r\u00e9e dans son ensemble;<\/p> <p class=Texte>elles ne d\u00e9cident pas nettement si, dans les circonstances donn\u00e9es, le parti a eu raison de ne pas accepter la lutte arm\u00e9e pour le pouvoir et elles ne disent pas par quelles actions de masses il pouvait couvrir sa retraite;<\/p> <p class=Texte>elles ne contiennent pas la critique n\u00e9cessaire des erreurs de la soi&#8209;disant &quot;opposition de gauche&quot; et rendent par l\u00e0 difficile l&rsquo;aveu de ces erreurs et la collaboration de la majorit\u00e9 avec l&rsquo;opposition.<\/p> <p class=Texte>Les th\u00e8ses politiques ne sont donc pas de nature \u00e0 mettre un terme aux dissentiments. Elles ne fournissent pas aux sections de l&rsquo;Internationale Communiste un tableau fid\u00e8le des \u00e9v\u00e9nements d&rsquo;Octobre et de leurs effets.<\/p> <p class=Texte>Les soussign\u00e9s comptent donc que l&rsquo;Ex\u00e9cutif \u00e9largi examinera de nouveau la question et r\u00e9visera les th\u00e8ses.<\/p> <p class=Texte>Au contraire les th\u00e8ses syndicales et d&rsquo;organisation r\u00e9pondent \u00e0 l&rsquo;opinion de la majorit\u00e9 du Parti et du Comit\u00e9 Central. Les soussign\u00e9s ont pu leur donner leur assentiment.<\/p> <p class=Texte>Bien que les soussign\u00e9s conservent les doutes s\u00e9rieux expos\u00e9s plus haut \u00e0 l&rsquo;endroit des th\u00e8ses politiques, cependant, dans le vote g\u00e9n\u00e9ral sur les trois th\u00e8ses relatives \u00e0 la question allemande, ils ont vot\u00e9 pour les r\u00e9solutions en bloc, parce que les th\u00e8ses syndicale et d&rsquo;organisation ont une importance pratique d\u00e9cisive. Ils sont \u00e9galement guid\u00e9s par la persuasion que le parti communiste allemand a un besoin pressant d&rsquo;unit\u00e9 en vue des durs combats que le prol\u00e9tariat aura \u00e0 soutenir contre le fascisme. Il ne pourra \u00eatre le guide r\u00e9volutionnaire de la classe ouvri\u00e8re et de toutes les fractions de la population dont les int\u00e9r\u00eats s&rsquo;opposent \u00e0 ceux de la bourgeoisie, que si, dans la propagande et dans l&rsquo;action, il intervient tout entier et r\u00e9solument, de la fa\u00e7on la plus claire et la plus \u00e9nergique, comme un bloc communiste compact.<\/p> <p class=Texte>Les soussign\u00e9s regardent comme leur devoir \u00e9vident et comme le devoir de tous les camarades qui partagent leurs vues d&rsquo;observer une discipline rigoureuse et d&rsquo;aider la direction \u00e0 mobiliser les masses ouvri\u00e8res pour les batailles futures. Les dissentiments qui existent encore dispara\u00eetront dans l&rsquo;action r\u00e9elle sans formation de fractions. Le moment nous impose la collaboration \u00e9troite de tous les camarades. Notre assentiment \u00e0 l&rsquo;ensemble des r\u00e9sultats de la Conf\u00e9rence est destin\u00e9 \u00e0 servir ce but.<\/p> <p class=Texte align=right style='text-align:right'>Zetkin. Pieck. Jannack. Walcher. Brandler. Hammer. Eisenberger.<\/p> <p class=Intertitre4>D\u00e9claration de la D\u00e9l\u00e9gation polonaise<\/p> <p class=Texte>Nous avons vot\u00e9 pour les th\u00e8ses politiques, principalement parce qu&rsquo;elles sont conformes en principe \u00e0 la tactique suivie jusqu&rsquo;ici par l&rsquo;I.C. et avec laquelle la gauche allemande voulait briser. Elles sont d&rsquo;ailleurs compl\u00e9t\u00e9es sur la question d&rsquo;organisation et sur la question syndicale par des th\u00e8ses de la plus grande justesse, et d&rsquo;une importance pratique d\u00e9cisive.<\/p> <p class=Texte>Cependant, les th\u00e8ses politiques ne sont pas exemptes d&rsquo;obscurit\u00e9. En particulier elles r\u00e9partissent faussement la responsabilit\u00e9 des fautes commises. Une part de la responsabilit\u00e9 des \u00e9v\u00e9nements d&rsquo;octobre doit tomber sur le Comit\u00e9 Ex\u00e9cutif qui a jug\u00e9 la situation avec trop d&rsquo;optimisme et a donn\u00e9 aux camarades allemands des directives trop strictes, sans pr\u00e9voir une ligne de retraite.<\/p> <p class=Texte>Nous estimons que ceux qu&rsquo;on appelle la droite (Clara Zetkin, Brandler, Thalheimer, Walcher, Pieck, etc&#8230;), dont les fautes et les omissions ont \u00e9t\u00e9 soulign\u00e9es et critiqu\u00e9es non sans raison, forment le noyau le plus \u00e9prouv\u00e9 et le plus exp\u00e9riment\u00e9 du Parti. Contre cette vieille garde du Parti, la gauche a men\u00e9 et m\u00e8ne encore une campagne acharn\u00e9e d&rsquo;excitation qui est radicalement oppos\u00e9e \u00e0 l&rsquo;esprit du bolchevisme et rappelle la d\u00e9magogie anarchiste. Cependant discr\u00e9diter ce groupe aux yeux du prol\u00e9tariat allemand serait porter un coup terrible au P.C.A. On doit au contraire, dans le Parti communiste allemand, mettre en pratique le principe de L\u00e9nine&nbsp;:<\/p> <p class=MsoQuote>Aucun mouvement r\u00e9volutionnaire ne peut \u00eatre durable sans un groupe de chefs stable et conservant la coh\u00e9sion dans le temps. Plus les masses qui entrent spontan\u00e9ment dans la lutte et forment la base du mouvement sont nombreuses, et plus se fait sentir la n\u00e9cessit\u00e9 de ce groupe, plus il doit \u00eatre solide.<\/p> <p class=Texte>Aussi \u00e9tait&#8209;ce le devoir de l&rsquo;Ex\u00e9cutif, tout en critiquant les fautes commises, de d\u00e9sapprouver cette campagne d&rsquo;excitation contre les chefs qui a \u00e9clat\u00e9 avec une nouvelle force apr\u00e8s les \u00e9v\u00e9nements d&rsquo;octobre en accusant de trahison ceux qui ont ordonn\u00e9 la retraite. La n\u00e9cessit\u00e9 de la retraite, dans les circonstances donn\u00e9es, a \u00e9t\u00e9 reconnue par le Pr\u00e9sident du Comit\u00e9 Ex\u00e9cutif dans son expos\u00e9. Malheureusement, nous ne la retrouvons pas dans les th\u00e8ses destin\u00e9es \u00e0 la publicit\u00e9. C&rsquo;est pourtant la d\u00e9claration qui mettrait un terme aux excitations irresponsables.<\/p> <p class=Texte>Nous enregistrons avec satisfaction toute d\u00e9marche pouvant conduire \u00e0 l&rsquo;apaisement des dissensions actuelles entre les F\u00e9d\u00e9rations de Berlin-Wasserkante, etc&#8230; d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, Merseburg-Halle, Saxe, Thuringe, etc&#8230; de l&rsquo;autre. Mais nous devons d\u00e9clarer que le but ne saurait \u00eatre atteint par des ententes entre les chefs&nbsp;: il faut que l&rsquo;I.C. adopte une tactique claire qui \u00e9carte non seulement les fautes et les d\u00e9fauts de la droite, mais aussi les maladies infantiles de la gauche.<\/p> <p class=Texte>Le deuxi\u00e8me point, d&rsquo;une port\u00e9e plus internationale, mais int\u00e9ressant directement le Parti allemand, est le danger d&rsquo;une crise d&rsquo;autorit\u00e9 dans l&rsquo;Internationale Communiste et dans le P.C.A.<\/p> <p class=Texte>L\u00e9nine, chef incontest\u00e9 du prol\u00e9tariat r\u00e9volutionnaire universel, ne prenant plus part \u00e0 la direction de l&rsquo;I.C. et l&rsquo;autorit\u00e9 de Trotski, un des chefs reconnus de ce prol\u00e9tariat, \u00e9tant mise en question, on peut craindre que l&rsquo;autorit\u00e9 de l&rsquo;I.C. ne soit \u00e9branl\u00e9e.<\/p> <p class=Texte>C&rsquo;est pourquoi nous avons tous le devoir non seulement de d\u00e9fendre l&rsquo;autorit\u00e9 du Comit\u00e9 Ex\u00e9cutif et de son Pr\u00e9sidium, mais d&rsquo;\u00e9viter toute d\u00e9marche pouvant entraver leur t\u00e2che.<\/p> <p class=Texte>Dans ces conditions nous consid\u00e9rons l&rsquo;accusation d&rsquo;opportunisme port\u00e9e contre Radek, un des chefs les plus pr\u00e9cieux de l&rsquo;I.C., non seulement comme injuste, mais comme nuisible au plus haut point pour l&rsquo;autorit\u00e9 de tous les chefs de l&rsquo;I.C. Nous ne voyons aucun fondement \u00e0 cette accusation, car, quelque int\u00e9r\u00eat qu&rsquo;il y ait \u00e0 savoir qui a vaincu en Octobre, il reste av\u00e9r\u00e9 que des conclusions tactiques opportunistes n&rsquo;ont \u00e9t\u00e9 tir\u00e9es d&rsquo;aucun c\u00f4t\u00e9. Les diff\u00e9rences d&rsquo;opinion qui se sont manifest\u00e9es chez les leaders les plus connus de l&rsquo;I.C. dans l&rsquo;appr\u00e9ciation de la question allemande, sont de celles qui se rencontrent dans un parti r\u00e9volutionnaire vivant, qui deviennent particuli\u00e8rement in\u00e9vitables dans une situation difficile et qui se sont d\u00e9j\u00e0 produites dans le pass\u00e9 et dans la direction de l&rsquo;I.C. sans provoquer des accusations d&rsquo;opportunisme.<\/p> <p class=Texte>Vu que dans les derni\u00e8res s\u00e9ances du Pr\u00e9sidium le camarade Zinoviev nous a attaqu\u00e9s \u00e0 plusieurs reprises sans que nous ayons la possibilit\u00e9 de r\u00e9pondre, nous sommes forc\u00e9s de le faire ici par \u00e9crit.<\/p> <p class=Texte>En ce qui concerne la lettre du Comit\u00e9 Central polonais, nous tenons \u00e0 dire qu&rsquo;on doit lui accorder la m\u00eame valeur qu&rsquo;\u00e0 notre d\u00e9claration. Quant aux questions relatives au parti russe, nous demandions au Comit\u00e9 Central russe ce que ce dernier a \u00e9t\u00e9 forc\u00e9 de faire lui&#8209;m\u00eame, \u00e0 savoir de d\u00e9clarer que personne n&rsquo;admettait l&rsquo;id\u00e9e que Trotski p\u00fbt \u00eatre \u00e9cart\u00e9 de ses hautes fonctions dans le Parti et dans le Gouvernement. Lors que le parti polonais demandait cette d\u00e9claration au C.C. russe, il ne savait pas qu&rsquo;elle avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9j\u00e0 r\u00e9solue.<\/p> <p class=Texte>\u00c0 propos des reproches du camarade Zinoviev sur nos soi&#8209;disant tendances fractionnelles, nous lui rappellerons qu&rsquo;il devrait savoir que nous nous effor\u00e7ons avec le plus grand z\u00e8le d&rsquo;appliquer les principes bolcheviques d&rsquo;organisation. Il va de soi que nous condamnons la campagne du camarade Trotski contre l&rsquo;appareil du Parti.<\/p> <p class=Texte>Quant aux affirmations du camarade Zinoviev que les camarades polonais ont pris part \u00e0 diverses commissions allemandes et auraient d\u00fb y exprimer leur opinion, nous d\u00e9clarons, sans avoir nullement l&rsquo;intention de rejeter notre part de responsabilit\u00e9 des \u00e9v\u00e9nements d&rsquo;Octobre, qu&rsquo;aucun camarade polonais n&rsquo;a pris part \u00e0 une commission allemande. Une seule fois, le camarade Warski a \u00e9t\u00e9 \u00e9lu membre de la commission charg\u00e9e de r\u00e9diger la lettre de Novembre au C.C. allemand, mais n&rsquo;ayant pas \u00e9t\u00e9 invit\u00e9 aux s\u00e9ances de la commission, il n&rsquo;a pas pu prendre part \u00e0 ses travaux.<\/p> <p class=Texte align=right style='text-align:right'>Moscou, le 21&nbsp;janvier 1924.<\/p> <p class=Texte align=right style='text-align:right'>Par mission de la D\u00e9l\u00e9gation Polonaise<\/p> <p class=Texte align=right style='text-align:right'>E. Prouchniak.<\/p> <p class=Intertitre2>VIII.&nbsp;<a href=\"#_edn10\" name=\"_ednref10\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><b><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\";letter-spacing:1.0pt'>[10]<\/span><\/b><\/span><\/span><\/a><br> Les r\u00e9solutions<\/p> <p class=Intertitre4>La r\u00e9solution du 19&nbsp;janvier 1924<\/p> <p class=Texte style='margin-left:1.0cm'>Le document ci&#8209;dessous, dont l&rsquo;importance est grande pour l&rsquo;Internationale, a \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9 ces jours derniers par l&rsquo;Ex\u00e9cutif de l&rsquo;Internationale Communiste et le Comit\u00e9 Central du Parti Communiste allemand.<\/p> <p class=Texte style='margin-left:1.0cm'>Un s\u00e9rieux regroupement des forces s&rsquo;est accompli dans le Comit\u00e9 Central du Parti Communiste Allemand, en raison de la crise politique travers\u00e9e. Une droite s&rsquo;y est form\u00e9e (Brandler), qui constitue une tr\u00e8s faible minorit\u00e9 (2&nbsp;voix sur&nbsp;27). Un centre compact, qui repr\u00e9sente en ce moment le gros du parti, r\u00e9unit 17&nbsp;voix. Il y a enfin l&rsquo;ancienne gauche, Berlin-Hambourg.<\/p> <p class=Texte style='margin-left:1.0cm'>L&rsquo;Ex\u00e9cutif a consid\u00e9r\u00e9 que l&rsquo;union compl\u00e8te du noyau central et de la gauche contre les erreurs opportunistes de la droite s&rsquo;impose en ce moment.<\/p> <p class=Texte style='margin-left:1.0cm'>Le document ci&#8209;dessous, r\u00e9dig\u00e9 avec l&rsquo;Ex\u00e9cutif par les deux tendances en question, qui repr\u00e9sentent \u00e0 l&rsquo;heure actuelle les&nbsp;99\/100 du P.C.A., marque le d\u00e9but de cette union.<\/p> <p class=Texte style='margin-left:1.0cm'>Cette r\u00e9solution a \u00e9t\u00e9 vot\u00e9e par tous les repr\u00e9sentants des sections de l&rsquo;Internationale Communiste pr\u00e9sents \u00e0 Moscou, y compris les camarades polonais.<\/p> <p class=Texte style='margin-left:1.0cm'>Au dernier moment les camarades qui se placent sur la plateforme de Brandler ont, par une d\u00e9claration sp\u00e9ciale, souscrit \u00e0 l&rsquo;essentiel de la pr\u00e9sente r\u00e9solution.<\/p> <p class=Texte style='margin-left:1.0cm'>L&rsquo;Ex\u00e9cutif est convaincu que l&rsquo;union du noyau central du parti avec la gauche, contre les erreurs opportunistes de la droite, permettra au Parti Communiste Allemand de remplir les grandes t\u00e2ches qui s&rsquo;imposent \u00e0 lui. L&rsquo;Ex\u00e9cutif de l&rsquo;Internationale Communiste s&rsquo;opposera avec la derni\u00e8re rigueur \u00e2 toutes les manifestations de l&rsquo;esprit de fraction, d&rsquo;o\u00f9 qu&rsquo;elles puissent venir.<\/p> <p class=MsoQuote align=right style='text-align:right'>G. Z.<\/p> <p class=Intertitre4>R\u00e9solution politique.<\/p> <p class=Texte>Les \u00e9v\u00e9nements qui se sont d\u00e9roul\u00e9s en Allemagne, en Pologne et en Bulgarie dans la p\u00e9riode mai-novembre 1923 ouvrent un nouveau chapitre dans l&rsquo;histoire du mouvement international.<\/p> <p class=Texte>En Allemagne la lutte prol\u00e9tarienne, en connexion avec la crise de la Ruhr, est pass\u00e9e de la concentration graduelle des forces r\u00e9volutionnaires \u00e0 une phase nouvelle&nbsp;: la lutte pour le pouvoir.<\/p> <p class=Texte>Le tournant historique franchi en ao\u00fbt-septembre et les \u00e9v\u00e9nements d&rsquo;automne acqui\u00e8rent, vu le r\u00f4le de ce mouvement r\u00e9volutionnaire allemand, la plus grande importance pour l&rsquo;Internationale Communiste.<\/p> <p class=Texte>Les enseignements et les conclusions de l&rsquo;exp\u00e9rience doivent \u00eatre mis \u00e0 profit par toute l&rsquo;Internationale.<\/p> <p class=Texte>\u00c9tant donn\u00e9 que nous devons baser notre jugement sur les principes fondamentaux de l&rsquo;I.C., le Comit\u00e9 Ex\u00e9cutif juge n\u00e9cessaire de caract\u00e9riser une fois encore la m\u00e9thode la plus importante \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque actuelle tant au point de vue des principes qu&rsquo;au point de vue pratique&nbsp;: la tactique du Front Unique.<\/p> <p class=Intertitre2a>I.&nbsp;La Tactique du Front Unique<\/p> <p class=Texte>Au 3e&nbsp;Congr\u00e8s Mondial de l&rsquo;Internationale Communiste les t\u00e2ches du P.C. allemand ont \u00e9t\u00e9, \u00e0 propos de la d\u00e9faite de mars&nbsp;1921, discut\u00e9es en d\u00e9tail et ont trouv\u00e9 leur expression derni\u00e8re dans le mot d&rsquo;ordre &quot;Aux Masses&quot;. En d\u00e9cembre de la m\u00eame ann\u00e9e, les m\u00e9thodes propres \u00e0 la conqu\u00eate des masses ont \u00e9t\u00e9 concr\u00e9tis\u00e9es dans les d\u00e9cisions du Comit\u00e9 Ex\u00e9cutif sur la tactique du Front Unique.<\/p> <p class=Texte>En Allemagne le P.C. a imm\u00e9diatement appliqu\u00e9 cette tactique. L&rsquo;ensemble des circonstances objectives lui \u00e9tait tr\u00e8s favorable. Elle fut couronn\u00e9e de grands succ\u00e8s, nous gagna la sympathie des masses et sema la d\u00e9sorganisation dans les rangs de la Social-d\u00e9mocratie.<\/p> <p class=Texte>D&rsquo;autres sections de l&rsquo;I.C. ne mirent en pratique la tactique du Front Unique que dans une faible mesure, en surmontant toutes sortes de r\u00e9sistances et en commettant de grandes erreurs.<\/p> <p class=Texte>En France en&nbsp;1922 une fraction consid\u00e9rable du Parti n&rsquo;en comprit pas le sens et appr\u00e9henda sinc\u00e8rement qu&rsquo;elle ne marqu\u00e2t une concession th\u00e9orique \u00e0 la Social-d\u00e9mocratie.<\/p> <p class=Texte>En Angleterre une partie des camarades en tir\u00e8rent la conclusion erron\u00e9e que les Communistes ne doivent pas critiquer au Parlement l&rsquo;opportunisme du Labour Party.<\/p> <p class=Texte>En Finlande erreurs analogues.<\/p> <p class=Texte>En Roumanie une partie des camarades a exprim\u00e9 le regret sinc\u00e8re que la tactique du front unique se ramen\u00e2t \u00e0 la collaboration parlementaire avec la Social-d\u00e9mocratie<a href=\"#_edn11\" name=\"_ednref11\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[11]<\/span><\/span><\/span><\/a>.<\/p> <p class=Texte>Le Parti Communiste Italien commit longtemps une faute oppos\u00e9e et \u00e9vita la mise en pratique de cette tactique dans la crainte qu&rsquo;elle ne comprom\u00eet l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 du programme et de la th\u00e9orie communistes.<\/p> <p class=Texte>Un certain nombre d&rsquo;autres partis comprirent cette tactique d&rsquo;une fa\u00e7on trop m\u00e9canique et crurent suffisant d&rsquo;\u00e9crire chaque mois aux Social-d\u00e9mocrates des lettres ouvertes \u00e9non\u00e7ant quelques lieux communs, sans plus; ils ne surent pas se baser sur elle pour engager des luttes d&rsquo;actualit\u00e9 politique.<\/p> <p class=Texte>Ces erreurs de pratique, surtout au d\u00e9but, ne signifient cependant pas que la tactique soit fautive. Une telle conclusion serait aussi illogique que de renoncer \u00e0 l&rsquo;utilisation r\u00e9volutionnaire du Parlement, uniquement parce que certaines fractions parlementaires ont \u00e9prouv\u00e9 de grandes difficult\u00e9s dans la mise en pratique de cette tactique. La tactique du front unique \u00e9tait et reste juste, en dehors de toutes les fautes passag\u00e8res.<\/p> <p class=Texte>La tactique du front unique pr\u00e9sente des avantages et des dangers. Bien qu&rsquo;en Octobre&nbsp;1923 nous n&rsquo;eussions pas encore obtenu de majorit\u00e9 assur\u00e9e dans le prol\u00e9tariat allemand, le seul fait que le jeune parti communiste pouvait d\u00e9j\u00e0 se demander s\u00e9rieusement s&rsquo;il devait compter sur une majorit\u00e9 pour la conqu\u00eate du pouvoir prouve que la tactique du front unique est capable de cr\u00e9er les conditions pr\u00e9alables les plus essentielles \u00e0 cette conqu\u00eate et de gagner la majorit\u00e9 de la classe ouvri\u00e8re \u00e0 la r\u00e9volution prol\u00e9tarienne. Quand bien m\u00eame les Partis Communistes sont contraints de compter avec la psychologie et les dispositions des masses arri\u00e9r\u00e9es influenc\u00e9es par la Social-d\u00e9mocratie, cela n&rsquo;est nullement une preuve de l&rsquo;insuffisance de la tactique elle&#8209;m\u00eame, mais simplement une source de dangers dans son application.<\/p> <p class=Texte>D\u00e9j\u00e0 dans les premi\u00e8res th\u00e8ses du Comit\u00e9 Ex\u00e9cutif en d\u00e9cembre&nbsp;1921 les dangers inh\u00e9rents \u00e0 l&rsquo;application du front unique avaient \u00e9t\u00e9 soulign\u00e9s avec toute la clart\u00e9 n\u00e9cessaire<a href=\"#_edn12\" name=\"_ednref12\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[12]<\/span><\/span><\/span><\/a>&nbsp;:<\/p> <p class=MsoQuote>Tous les Partis Communistes ne sont pas encore suffisamment compacts et robustes et tous n&rsquo;ont pas encore enti\u00e8rement bris\u00e9 avec l&rsquo;id\u00e9ologie centriste ou demi&#8209;centriste. Il peut se pr\u00e9senter des cas d&rsquo;exag\u00e9ration contraire; il peut se r\u00e9v\u00e9ler des tendances qui en r\u00e9alit\u00e9 marqueraient la d\u00e9composition des groupes et partis communistes.<\/p> <p class=MsoQuote>Afin d&rsquo;appliquer avec succ\u00e8s pour la cause la tactique envisag\u00e9e, il est n\u00e9cessaire que les partis communistes soient forts, compacts et que la direction du mouvement soit marqu\u00e9e d&rsquo;une grande nettet\u00e9 id\u00e9ologique.<\/p> <p class=Texte>Le 4e&nbsp;Congr\u00e8s Mondial a \u00e9galement indiqu\u00e9 les dangers inh\u00e9rents \u00e0 l&rsquo;application de la tactique du Front Unique en g\u00e9n\u00e9ral et du mot d&rsquo;ordre du &quot;gouvernement ouvrier&quot; en particulier. Il d\u00e9clare<a href=\"#_edn13\" name=\"_ednref13\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[13]<\/span><\/span><\/span><\/a>&nbsp;:<\/p> <p class=MsoQuote>Afin d&rsquo;\u00e9viter ces dangers et de combattre l&rsquo;illusion d&rsquo;une soi&#8209;disant \u00e9tape in\u00e9vitable de &quot;coalition d\u00e9mocratique&quot;, les partis communistes doivent se rappeler ce qui suit&nbsp;: tout gouvernement bourgeois est en m\u00eame temps un gouvernement de capitalistes, mais tout gouvernement ouvrier n&rsquo;est pas n\u00e9cessairement un v\u00e9ritable gouvernement prol\u00e9tarien socialiste.<\/p> <p class=Texte>Il est tr\u00e8s opportun de rappeler cet avertissement \u00e0 l&rsquo;heure actuelle, apr\u00e8s les \u00e9v\u00e9nements d&rsquo;Allemagne, puisque le P.C.A., le plus exp\u00e9riment\u00e9 de l&rsquo;Internationale apr\u00e8s la section Russe, est tomb\u00e9 dans des fautes graves.<\/p> <p class=Texte>Il est n\u00e9cessaire que les communistes de toutes les contr\u00e9es se rendent un compte exact de ce qu&rsquo;est r\u00e9ellement et de ce que ne doit pas \u00eatre la tactique du front unique. C&rsquo;est une tactique de r\u00e9volution et non d&rsquo;\u00e9volution. De m\u00eame que le &quot;gouvernement ouvrier&quot; (ou ouvrier-paysan) ne peut pas \u00eatre pour nous une phase transitoire d\u00e9mocratique, la tactique du front unique n&rsquo;est pas une coalition d\u00e9mocratique ni la fusion avec la Social-d\u00e9mocratie. Elle constitue simplement une m\u00e9thode d&rsquo;agitation et de mobilisation r\u00e9volutionnaires. Nous rejetons comme opportuniste toute autre interpr\u00e9tation.<\/p> <p class=Texte>Voil\u00e0 ce qu&rsquo;il faut toujours se rappeler. Alors seulement la tactique du front unique aura un sens pour l&rsquo;Internationale Communiste et pourra contribuer \u00e0 conqu\u00e9rir la masse du prol\u00e9tariat \u00e0 la cause de la lutte r\u00e9volutionnaire pour le pouvoir. La tactique du Front Unique, m\u00e9thode d&rsquo;agitation dans les masses ouvri\u00e8res, s&rsquo;applique, bien entendu, \u00e0 une \u00e9poque d\u00e9termin\u00e9e, celle o\u00f9 les communistes se trouvent encore en minorit\u00e9 dans presque tous les pays d&rsquo;importance capitale pour le mouvement ouvrier. Au fur et \u00e0 mesure que le milieu changera, il y aura lieu de modifier l&rsquo;application. D\u00e8s maintenant elle doit \u00eatre diff\u00e9rente selon les contr\u00e9es. Selon que la lutte deviendra plus intense et prendra un caract\u00e8re plus d\u00e9cisif, il nous faudra \u00e0 diff\u00e9rentes reprises la modifier. Il viendra un moment o\u00f9 des partis social-d\u00e9mocrates, encore importants \u00e0 l&rsquo;heure actuelle, feront banqueroute et, s&rsquo;acharnant dans leur oeuvre de trahison, s&rsquo;\u00e9vanouiront sous nos yeux comme des bulles de savon. Il viendra un moment o\u00f9 des couches enti\u00e8res de travailleurs social-d\u00e9mocrates passeront en masse de notre c\u00f4t\u00e9. La tactique du front unique favorise ce processus et l&rsquo;acc\u00e9l\u00e8re.<\/p> <p class=Intertitre2a>II.&nbsp;La crise r\u00e9volutionnaire en Allemagne<\/p> <p class=Texte>Imm\u00e9diatement apr\u00e8s l&rsquo;occupation de la Ruhr par les troupes fran\u00e7aises, le Comit\u00e9 Ex\u00e9cutif de l&rsquo;Internationale Communiste jeta le cri d&rsquo;alarme et tenta de fixer l&rsquo;attention de toutes les sections sur la crise r\u00e9volutionnaire imminente en Allemagne. Les conf\u00e9rences internationales d&rsquo;Essen et de Francfort y furent consacr\u00e9es.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;approche et la formation d&rsquo;une nouvelle vague r\u00e9volutionnaire en Allemagne avaient eu pour sympt\u00f4mes les gr\u00e8ves grandioses de la Ruhr en Mai&#8209;Juin, les gr\u00e8ves de Haute&#8209;Sil\u00e9sie, la gr\u00e8ve des m\u00e9tallurgistes de Berlin, les conflits de l&rsquo;Erzgebirge, du Vogtland et la grande gr\u00e8ve politique d&rsquo;Ao\u00fbt&nbsp;1923, qui entra\u00eena la chute du Gouvernement Cuno.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;exacerbation rapide de la situation se refl\u00e9ta dans l&rsquo;augmentation du prix de la vie, dans l&rsquo;inflation, dans l&rsquo;aggravation monstrueuse des charges fiscales, dans la crise du parlementarisme, dans la faible offensive du prol\u00e9tariat suivie d&rsquo;une contre&#8209;offensive renforc\u00e9e du capital, dans la crise de l&rsquo;approvisionnement, dans l&rsquo;abaissement des salaires, dans l&rsquo;annihilation progressive des conqu\u00eates sociales de la classe ouvri\u00e8re; puis dans le d\u00e9veloppement des mouvements s\u00e9paratistes et particularistes, dans l&rsquo;appauvrissement croissant de l&rsquo;ancienne et de la nouvelle classe moyenne, dans la perte par les partis d\u00e9mocratiques mod\u00e9r\u00e9s de leur influence. Toutes les charges de la r\u00e9sistance dans la Ruhr furent concentr\u00e9es sur le prol\u00e9tariat et sur les classes moyennes qui se prol\u00e9tarisaient \u00e0 mesure que se d\u00e9sagr\u00e9geait l&rsquo;\u00e9conomie capitaliste allemande, coup\u00e9e de ses points d&rsquo;appui.<\/p> <p class=Texte>Dans de nombreuses provinces les pauvres s&rsquo;arm\u00e8rent et all\u00e8rent s&rsquo;approvisionner eux&#8209;m\u00eames dans les campagnes. Toute une classe moyenne, s&rsquo;abandonnant au d\u00e9sespoir, h\u00e9sita entre les deux p\u00f4les indiquant une issue \u00e0 cette situation, les communistes et les fascistes. Dans les grandes villes on vit fr\u00e9quemment vols, pillages, manifestations de la faim et collisions sanglantes.<\/p> <p class=Texte>Dans les mois qui pr\u00e9c\u00e9d\u00e8rent l&rsquo;hiver de 1923, la corr\u00e9lation des forces penchait de plus en faveur de la r\u00e9volution prol\u00e9tarienne. De&nbsp;18 \u00e0 20&nbsp;millions de prol\u00e9taires \u00e9taient rest\u00e9s, depuis le commencement m\u00eame de l&rsquo;occupation de la Ruhr, \u00e9trangers \u00e0 tout courant nationaliste quel qu&rsquo;il f\u00fbt. Au sein des&nbsp;6 \u00e0 7&nbsp;millions de personnes appartenant \u00e0 la petite-bourgeoisie urbaine et des&nbsp;4 \u00e0 5&nbsp;millions de petits propri\u00e9taires et de fermiers se produisait une profonde fermentation.<\/p> <p class=Texte>La politique des coalitions d\u00e9mocratiques subit un \u00e9chec \u00e9vident. La Social-d\u00e9mocratie, partageant le pouvoir gouvernemental avec les partis d\u00e9mocratiques bourgeois, dut se d\u00e9cider \u00e0 former un bloc \u00e9troit avec la grande industrie et la soldatesque r\u00e9actionnaire.<\/p> <p class=Texte>Le P.C.A. avait et a encore le devoir de profiter des complications internationales suscit\u00e9es par la crise de la Ruhr, de la crise int\u00e9rieure d&rsquo;une extr\u00eame gravit\u00e9 travers\u00e9e par le capitalisme allemand, et de la liquidation progressive de la crise de la Ruhr, pour renverser la bourgeoisie et instaurer la dictature prol\u00e9tarienne.<\/p> <p class=Texte>Dans ce but le Parti avait \u00e0 mobiliser le prol\u00e9tariat industriel pour la lutte contre la grande industrie et en m\u00eame temps contre l&rsquo;imp\u00e9rialisme fran\u00e7ais. Il devait aussi neutraliser pour le moins les classes moyennes urbaines et rurales et, si possible, les placer sous son influence.<\/p> <p class=Texte>Le premier objectif ne pouvait \u00eatre atteint qu&rsquo;en arrachant la majorit\u00e9 du prol\u00e9tariat \u00e0 l&rsquo;influence des Social-d\u00e9mocrates de toute nuance et en l&rsquo;organisant de telle fa\u00e7on qu&rsquo;elle f\u00fbt pr\u00eate \u00e0 marcher \u00e0 l&rsquo;assaut des positions capitalistes.<\/p> <p class=Texte>Cette t\u00e2che ne fut accomplie que d&rsquo;une fa\u00e7on insuffisante. Nous verrons pourquoi.<\/p> <p class=Texte>Le deuxi\u00e8me objectif consistait \u00e0 ruiner l&rsquo;influence fasciste, \u00e0 changer la direction des courants nationalistes au profit d&rsquo;une action commune avec le prol\u00e9tariat contre les grands capitalistes allemands et par l\u00e0 m\u00eame contre les imp\u00e9rialistes fran\u00e7ais. Sur ce point le Parti Communiste allemand remporta d&rsquo;abord des succ\u00e8s, dont la meilleure preuve est l&rsquo;organisation de la journ\u00e9e antifasciste du 29&nbsp;Juillet 1923. La petite bourgeoisie nourrissait d\u00e9j\u00e0 des sympathies pour le P.C.A. qui avait en grande partie r\u00e9ussi \u00e0 lui faire sentir l&rsquo;hypocrisie de la propagande &quot;sociale&quot; et le v\u00e9ritable r\u00f4le des fascistes, interm\u00e9diaires charg\u00e9s de livrer la nation \u00e0 la grande bourgeoisie; certains \u00e9l\u00e9ments des classes moyennes comprenaient la co\u00efncidence de leurs int\u00e9r\u00eats avec ceux du prol\u00e9tariat.<\/p> <p class=Texte>La d\u00e9composition de la bourgeoisie s&rsquo;accentuait chaque jour. En m\u00eame temps croissait la confiance dans le parti communiste. Il fallait organiser cette confiance et pr\u00e9parer toutes les forces pour le coup d\u00e9cisif.<\/p> <p class=Texte>En septembre, le P.C.A. et le Comit\u00e9 Ex\u00e9cutif, dans des conf\u00e9rences avec les repr\u00e9sentants des&nbsp;5 plus grands partis de l&rsquo;I.C., arriv\u00e8rent \u00e0 la conclusion que la crise r\u00e9volutionnaire \u00e9tait arriv\u00e9e \u00e0 un degr\u00e9 de maturit\u00e9 tel que l&rsquo;on pouvait attendre le choc d\u00e9finitif dans quelques semaines. D\u00e8s ce moment le Parti commen\u00e7a la mobilisation de toutes les forces et se pr\u00e9para par tous les moyens possibles \u00e0 la lutte d\u00e9cisive. Il travailla fi\u00e9vreusement \u00e0 faire de tous ses membres sans exception aucune des militants r\u00e9pondant \u00e0 toutes les exigences de la lutte. Une campagne intense fut faite parmi les cheminots, les \u00e9lectriciens, les ouvriers des villes et des municipalit\u00e9s.<\/p> <p class=Texte>Le Comit\u00e9 Ex\u00e9cutif de l&rsquo;I.C. orienta toute l&rsquo;Internationale, et en particulier les sections des pays limitrophes de l&rsquo;Allemagne et de la Russie Sovi\u00e9tiste, vers l&rsquo;imminence de la r\u00e9volution allemande et, de concert avec chacune en particulier, leur fixa leur t\u00e2che.<\/p> <p class=Intertitre2a>III.&nbsp;La retraite d&rsquo;Octobre et ses causes<\/p> <p class=Texte>En d\u00e9pit de ses faiblesses, le Parti Communiste allemand se pr\u00e9parait consciemment, en Octobre, \u00e0 l&rsquo;action r\u00e9volutionnaire. Si, malgr\u00e9 la situation r\u00e9volutionnaire et en d\u00e9pit des efforts de l&rsquo;I.C. et du P.C.A, on n&rsquo;en est point venu au combat d\u00e9cisif ni \u00e0 une vaste lutte politique, il faut en chercher la cause dans un ensemble de fautes et de lacunes imputables en partie \u00e0 des d\u00e9viations opportunistes.<\/p> <p class=Intertitre4a>Erreurs d&rsquo;appr\u00e9ciation sur le cours probable des \u00e9v\u00e9nements r\u00e9volutionnaires<\/p> <p class=Texte>Le Parti reconnut trop tard la maturit\u00e9 de la situation r\u00e9volutionnaire en Allemagne. Le Comit\u00e9 Ex\u00e9cutif de l&rsquo;I.C. de son c\u00f4t\u00e9 ne porta pas une attention suffisante sur le d\u00e9nouement imminent, de sorte qu&rsquo;on aborda trop tard les pr\u00e9paratifs les plus importants.<\/p> <p class=Texte>Il aurait d\u00e9j\u00e0 fallu poser la question de la conqu\u00eate du pouvoir et de la pr\u00e9paration technique au d\u00e9clin de la p\u00e9riode pr\u00e9c\u00e9dente (Gouvernement Cuno, occupation de la Ruhr). Le Parti ne sut pas appr\u00e9cier \u00e0 temps la signification des mouvements de la Ruhr et de Haute-Sil\u00e9sie, n&rsquo;y devina pas les sympt\u00f4mes d&rsquo;une conscience de classe et d&rsquo;une activit\u00e9 politique croissantes. Ce ne fut qu&rsquo;apr\u00e8s la gr\u00e8ve contre Cuno qu&rsquo;il commen\u00e7a le regroupement indispensable de ses formations.<\/p> <p class=Intertitre4a>Fautes tactiques<\/p> <p class=Texte>La t\u00e2che consistant \u00e0 pousser, \u00e9tendre et rattacher \u00e0 des mots d&rsquo;ordre politiques les nombreuses actions partielles survenues de juin \u00e0 septembre n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 accomplie.<\/p> <p class=Texte>Apr\u00e8s la gr\u00e8ve contre le gouvernement Cuno, une autre faute est commise&nbsp;: on s&rsquo;efforce de freiner et de diff\u00e9rer les mouvements spontan\u00e9s des masses jusqu&rsquo;au choc d\u00e9finitif.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;une des fautes les plus graves fut de ne pas assigner de buts politiques \u00e0 l&rsquo;indignation spontan\u00e9e des masses; des mots d&rsquo;ordre politiques l&rsquo;auraient syst\u00e9matiquement transform\u00e9e en une volont\u00e9 r\u00e9volutionnaire consciente.<\/p> <p class=Texte>Le Parti n&rsquo;a pas d\u00e9velopp\u00e9 une agitation vive et \u00e9nergique en faveur des Soviets de D\u00e9put\u00e9s Ouvriers et n&rsquo;a pas li\u00e9 les revendications transitoires et les actions partielles au terme d\u00e9finitif, la dictature du prol\u00e9tariat.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;attention insuffisante accord\u00e9e au mouvement des Comit\u00e9s d&rsquo;usines et de fabriques a fait perdre l&rsquo;occasion de leur confier temporairement le r\u00f4le de Soviets de D\u00e9put\u00e9s Ouvriers, de sorte que dans les journ\u00e9es d\u00e9cisives il ne s&rsquo;est point trouv\u00e9 d&rsquo;autorit\u00e9 qui p\u00fbt rallier les ouvriers h\u00e9sitants secouant la tutelle de la Social-d\u00e9mocratie.<\/p> <p class=Texte>Comme les autres organes du front unique (comit\u00e9s d&rsquo;action, commissions de contr\u00f4le des prix, comit\u00e9s de militants) n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 syst\u00e9matiquement utilis\u00e9s pour la pr\u00e9paration politique de l&rsquo;action, cette derni\u00e8re n&rsquo;a pas rev\u00eatu l&rsquo;ampleur d&rsquo;une action de tout le prol\u00e9tariat et a simplement paru une affaire de Parti.<\/p> <p class=Intertitre4a>Lacunes d&rsquo;organisation<\/p> <p class=Texte>Le parti ne s&rsquo;est montr\u00e9 qu&rsquo;\u00e0 un faible degr\u00e9 capable d&rsquo;affermir organiquement dans les organisations prol\u00e9tariennes son influence croissante. Il n&rsquo;a su qu&rsquo;\u00e0 un degr\u00e9 moindre encore concentrer ses forces pour le combat urgent.<\/p> <p class=Texte>La pr\u00e9paration technique&nbsp;: reconstruction de tout l&rsquo;appareil de la lutte pour le pouvoir, armement, homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 int\u00e9rieure des centuries, etc&#8230; s&rsquo;est trouv\u00e9e tr\u00e8s faible. Trop courte, ex\u00e9cut\u00e9e \u00e0 t\u00e2tons, elle n&rsquo;a presque rien donn\u00e9 au point de vue pratique. Elle a d\u00e9velopp\u00e9 chez les communistes la conscience n\u00e9cessaire pour le soul\u00e8vement, mais elle a laiss\u00e9 en dehors la masse des prol\u00e9taires.<\/p> <p class=Intertitre4a>Erreurs dans l&rsquo;appr\u00e9ciation des forces<\/p> <p class=Texte>La fi\u00e8vre de la pr\u00e9paration technique pendant les semaines d\u00e9cisives, l&rsquo;id\u00e9e que l&rsquo;entr\u00e9e en lutte regardait seulement le Parti et l&rsquo;orientation vers un coup &quot;d\u00e9cisif&quot;, abstraction faite des collisions particuli\u00e8res et des mouvements de masses, emp\u00each\u00e8rent d&rsquo;appr\u00e9cier sainement la v\u00e9ritable corr\u00e9lation des forces et rendirent impossible la juste fixation des d\u00e9lais. L&rsquo;estimation du concours pr\u00eat\u00e9 par la majorit\u00e9 de la classe ouvri\u00e8re au P.C.A. sur les points principaux s&rsquo;est trouv\u00e9e bas\u00e9e sur des calculs hypoth\u00e9tiques. En r\u00e9alit\u00e9 on ne pouvait constater qu&rsquo;une chose, \u00e0 savoir que le Parti \u00e9tait en train de conqu\u00e9rir la majorit\u00e9, mais qu&rsquo;il n&rsquo;en avait pas encore la direction.<\/p> <p class=Texte>La sous&#8209;estimation des forces de la contre&#8209;r\u00e9volution s&rsquo;est surtout exprim\u00e9e en ce que le Parti n&rsquo;a pas compris la puissance du sabotage social-d\u00e9mocrate dans le prol\u00e9tariat.<\/p> <p class=Texte>Le Parti n&rsquo;a pas vu le caract\u00e8re et le r\u00f4le des chefs de la gauche social-d\u00e9mocrate; il a laiss\u00e9 ses propres membres se bercer de l&rsquo;illusion que, sous une pression convenable des masses, ces chefs pouvaient \u00eatre contraints \u00e0 engager l&rsquo;action de concert avec lui.<\/p> <p class=Intertitre4a>Orientation erron\u00e9e sur la Saxe<\/p> <p class=Texte>La directive exclusive et sans souplesse &#8209;&nbsp;passer \u00e0 l&rsquo;offensive d\u00e9cisive de la d\u00e9fense des positions de l&rsquo;Allemagne Centrale&nbsp;&#8209; \u00e9tait erron\u00e9e. Elle fit perdre de vue les autres r\u00e9gions industrielles et places d&rsquo;armes importantes et apr\u00e8s la reddition sans combat des positions saxonnes engendra une forte d\u00e9sorganisation. L&rsquo;erreur fatale fut pour le Parti de tout jouer sans la moindre r\u00e9serve sur la carte saxonne et de ne point tenter de se r\u00e9server en cas d&rsquo;insucc\u00e8s une ligne de retraite ou un second plan d&rsquo;offensive.<\/p> <p class=Texte>Le r\u00e9sultat de toutes ces fautes et de toutes ces lacunes comme de la faiblesse de la classe ouvri\u00e8re fut qu&rsquo;au dernier moment on recula devant le choc d\u00e9finitif pour la conqu\u00eate du pouvoir. Alors qu&rsquo;en Bulgarie, o\u00f9 le Parti ne s&rsquo;\u00e9tait pas encore risqu\u00e9 dans la lutte arm\u00e9e, la d\u00e9faite peut devenir le gage des victoires futures, nous nous trouvons au contraire en Allemagne, apr\u00e8s la d\u00e9faite de janvier 1919 et celle de Mars 1921, dans des circonstances o\u00f9 les communistes devraient, semble&#8209;t&#8209;il, \u00eatre \u00e0 m\u00eame de conduire les masses \u00e0 la victoire.<\/p> <p class=Texte>Il faut voir une faute grossi\u00e8re dans le fait que le Parti n&rsquo;ait pas su imm\u00e9diatement changer de direction, en se reformant pour des combats particuliers, et que malgr\u00e9 une certaine pr\u00e9paration il ait op\u00e9r\u00e9 sa retraite sans combat d\u00e8s l&rsquo;entr\u00e9e en ligne de la Reichswehr, l&rsquo;\u00e9tablissement dans tout le pays de l&rsquo;\u00e9tat de si\u00e8ge et la r\u00e9pression.<\/p> <p class=Intertitre2a>IV.&nbsp;Les \u00e9v\u00e9nements de Saxe et la bataille de Hambourg<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;exacerbation des divergences de classes en Allemagne, l&rsquo;aggravation de la crise \u00e9conomique et l&rsquo;orientation du Parti vers la lutte d\u00e9cisive engag\u00e8rent le Comit\u00e9 Ex\u00e9cutif de l&rsquo;I.C. et le P.C.A. \u00e0 faire en octobre l&rsquo;exp\u00e9rience de la participation des communistes au gouvernement de la Saxe.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;entr\u00e9e au gouvernement saxon \u00e9tait regard\u00e9e par l&rsquo;Ex\u00e9cutif de l&rsquo;I.C., comme une action sp\u00e9ciale d&rsquo;un caract\u00e8re militaire et politique, action d\u00e9finie de la fa\u00e7on suivante dans une instruction&nbsp;:<\/p> <p class=MsoQuote>Comme, \u00e0 notre avis, dans la situation actuelle l&rsquo;heure d\u00e9cisive doit sonner au plus dans&nbsp;4,&nbsp;5 ou 6&nbsp;semaines nous consid\u00e9rons comme n\u00e9cessaire d&rsquo;occuper imm\u00e9diatement toutes les positions dont la possession peut offrir un int\u00e9r\u00eat imm\u00e9diat. En tenant compte de la situation, nous estimons que dans les circonstances actuelles il convient d&rsquo;examiner pratiquement la question de notre entr\u00e9e au Gouvernement saxon. Si les amis politiques de Zeigner sont r\u00e9ellement dispos\u00e9s \u00e0 d\u00e9fendre la Saxe contre la Bavi\u00e8re et les fascistes, nous devons entrer dans le gouvernement saxon, r\u00e9aliser effectivement l&rsquo;armement de&nbsp;50 \u00e0 60&nbsp;mille hommes et ignorer le g\u00e9n\u00e9ral M\u00fcller. De m\u00eame en Thuringe.<\/p> <p class=Texte>\u00c9tant donn\u00e9 l&rsquo;existence des conditions pr\u00e9alables formul\u00e9es au d\u00e9but, cette participation au Gouvernement \u00e9tait conforme aux d\u00e9cisions du 4e&nbsp;Congr\u00e8s de Moscou. L&rsquo;effervescence r\u00e9volutionnaire, le groupement des masses ouvri\u00e8res auraient d\u00fb servir de conditions pr\u00e9alables \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e dans le Gouvernement de Saxe&nbsp;: cette d\u00e9marche ne pouvait \u00eatre accomplie qu&rsquo;en s&rsquo;appuyant sur un mouvement des masses. Si m\u00eame il avait fallu remettre l&rsquo;ex\u00e9cution de la t\u00e2che militaire imm\u00e9diate par suite du ralentissement de l&rsquo;allure du mouvement r\u00e9volutionnaire, les communistes auraient d\u00fb d\u00e9ployer une activit\u00e9 v\u00e9ritablement r\u00e9volutionnaire tandis qu&rsquo;au contraire ils ont fait preuve d&rsquo;une incapacit\u00e9 regrettable.<\/p> <p class=Texte>Les communistes devaient d&rsquo;abord poser sans d\u00e9tour la question de l&rsquo;armement des ouvriers. D\u00e8s les premiers instants de leur participation au Gouvernement, ils ne devaient pas avoir d&rsquo;autre th\u00e8me fondamental que l&rsquo;armement du prol\u00e9tariat.<\/p> <p class=Texte>Ils devaient exposer aux masses leur programme prol\u00e9tarien de salut et mener une propagande active en faveur de la cr\u00e9ation de Soviets politiques de d\u00e9put\u00e9s ouvriers, afin d&rsquo;opposer leurs initiatives au sabotage des ministres socialistes de gauche. De m\u00eame ils devaient exercer une pression sur le Parlement et sur les Comit\u00e9s d&rsquo;Usines et de Fabriques afin de h\u00e2ter l&rsquo;adoption de mesures r\u00e9volutionnaires, p.&nbsp;ex. la r\u00e9quisition des entreprises des industriels sabotant la production, la r\u00e9quisition des maisons bourgeoises, riches h\u00f4tels priv\u00e9s pour les familles ouvri\u00e8res sans toit, etc.<\/p> <p class=Texte>Les communistes devaient, d\u00e8s les premiers moments de leur participation au gouvernement, fl\u00e9trir la duplicit\u00e9 de Zeigner, ses n\u00e9gociations dans la coulisse avec les dictateurs militaires et l&rsquo;esprit contre&#8209;r\u00e9volutionnaire des chefs social-d\u00e9mocrates de gauche.<\/p> <p class=Texte>Ces manquements, joints au fait que le Parti n&rsquo;a pas su mobiliser les masses, ont eu comme r\u00e9sultat que l&rsquo;\u00e9pisode saxon n&rsquo;a pas jou\u00e9 le r\u00f4le d&rsquo;une \u00e9tape dans le combat; au lieu d&rsquo;une op\u00e9ration de strat\u00e9gie r\u00e9volutionnaire on a eu une coop\u00e9ration parlementaire non r\u00e9volutionnaire avec les social-d\u00e9mocrates de gauche. La d\u00e9claration des ministres communistes &quot;responsables uniquement devant le Landtag et la Constitution&quot; ne pouvait contribuer en aucune fa\u00e7on \u00e0 la destruction des illusions d\u00e9mocratiques dans les masses.<\/p> <p class=Texte>Ce n&rsquo;est que gr\u00e2ce \u00e0 un travail r\u00e9volutionnaire intense de tous les organes du Parti que la Conf\u00e9rence de Chemnitz pouvait donner des r\u00e9sultats f\u00e9conds pour le Parti. En r\u00e9alit\u00e9 le Parti se laissa prendre au d\u00e9pourvu par l&rsquo;adversaire, c&rsquo;est&#8209;\u00e0&#8209;dire par l&rsquo;action militaire du Reich sur la Saxe, pourtant pr\u00e9vue. La faute est d&rsquo;autant plus grave que, bien qu&rsquo;on ait eu l&rsquo;intention de proposer la proclamation de la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale, on n&rsquo;a fait aucun effort avant l&rsquo;ouverture de la conf\u00e9rence de Chemnitz pour orienter exclusivement cette conf\u00e9rence vers une r\u00e9sistance r\u00e9solue \u00e0 la pression du Reich. Toutes ces erreurs ont facilit\u00e9 sans contredit le jeu hypocrite et la trahison des chefs social-d\u00e9mocrates de gauche.<\/p> <p class=Texte>Le soul\u00e8vement de Hambourg est aux antipodes des \u00e9v\u00e9nements de Saxe. Il a montr\u00e9 que l&rsquo;entr\u00e9e en action de d\u00e9tachements de choc, remplis de d\u00e9cision, agissant rapidement, pouvait prendre l&rsquo;adversaire au d\u00e9pourvu au point de vue militaire. Il n&rsquo;en est pas moins \u00e9vident que, m\u00eame dans ce cas et si, comme \u00e0 Hambourg, le soul\u00e8vement arm\u00e9 est appuy\u00e9 par la sympathie de la population et par un mouvement des masses, ce soul\u00e8vement reste condamn\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9chec, s&rsquo;il reste isol\u00e9, s&rsquo;il n&rsquo;a pas sur place l&rsquo;appui des conseils ouvriers (Soviets) dont l&rsquo;absence s&rsquo;est fait particuli\u00e8rement sentir \u00e0 Hambourg.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;action a \u00e9t\u00e9 dans tout le pays entrav\u00e9e par les d\u00e9cisions contradictoires du Centre; des gr\u00e8ves qui allaient commencer ont \u00e9t\u00e9 enray\u00e9es, par suite du manque d&rsquo;informations sur la marche de la lutte dans les autres parties du Reich et des nouvelles re\u00e7ues de la Conf\u00e9rence de Chemnitz.<\/p> <p class=Texte>Malgr\u00e9 tout, la bataille de Hambourg a cependant \u00e9t\u00e9 conduite avec une discipline exemplaire. Les enseignements qui en d\u00e9coulent sont des plus pr\u00e9cieux pour le Parti et l&rsquo;I.C. Remarquons en particulier la l\u00e2chet\u00e9 des leaders de la Social-d\u00e9mocratie locale, qui ont soutenu les mesures militaires prises contre les ouvriers soulev\u00e9s. Leur conduite en cette occasion n&rsquo;est qu&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 de la m\u00e9daille dont l&rsquo;autre repr\u00e9sente la conduite de Zeigner et de ses gauches en Saxe.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;\u00e9pisode de la Saxe a jet\u00e9 dans une large mesure le discr\u00e9dit sur les Social-d\u00e9mocrates de gauche. Il a montr\u00e9 qu&rsquo;ils se font en r\u00e9alit\u00e9 les instruments de la contre-r\u00e9volution. Le soul\u00e8vement de Hambourg a fortifi\u00e9 dans la conscience du prol\u00e9tariat allemand le sentiment de sa force et a port\u00e9 \u00e0 Hambourg m\u00eame un grand coup \u00e0 la social-d\u00e9mocratie.<\/p> <p class=Texte>Le Parti Communiste Allemand doit se rendre un compte exact des fautes commises pendant l&rsquo;exp\u00e9rience saxonne et le soul\u00e8vement de Hambourg, sans quoi il lui deviendrait impossible d&rsquo;avoir \u00e0 l&rsquo;avenir une tactique exacte.<\/p> <p class=Intertitre2a>V.&nbsp;Le r\u00f4le de la social-d\u00e9mocratie et la modification de la tactique du front unique en Allemagne<\/p> <p class=Texte>Les dirigeants de la social-d\u00e9mocratie ne sont plus \u00e0 l&rsquo;heure actuelle autre chose qu&rsquo;une fraction du fascisme dissimul\u00e9e sous le masque socialiste. Dans le Reich les social-d\u00e9mocrates ont pass\u00e9 le pouvoir aux repr\u00e9sentants de la dictature du capital, afin de sauver le capital de la r\u00e9volution prol\u00e9tarienne. Le ministre social-d\u00e9mocrate de l&rsquo;Int\u00e9rieur Sollmann a proclam\u00e9 l&rsquo;\u00e9tat de si\u00e8ge, le ministre s.&#8209;d. de la Justice Radbruch a transform\u00e9 le droit &quot;d\u00e9mocratique&quot; en mesures d&rsquo;exception dirig\u00e9es contre le prol\u00e9tariat r\u00e9volutionnaire. Le Pr\u00e9sident du Reich Ebert a formellement remis le pouvoir gouvernemental au g\u00e9n\u00e9ral von&nbsp;Seeckt, la fraction social-d\u00e9mocrate du Reichstag a couvert toutes ces machinations, a vot\u00e9 les lois de pleins pouvoirs, suspendant ainsi de fait la Constitution et livrant tout le pouvoir aux g\u00e9n\u00e9raux r\u00e9actionnaires.<\/p> <p class=Texte>La Social-d\u00e9mocratie internationale tout enti\u00e8re devient ainsi peu \u00e0 peu l&rsquo;auxiliaire permanent de la dictature du capital. Les Turati et les Modigliani en Italie, les Sakyzov en Bulgarie, les Pilsudski en Pologne, les chefs Social-d\u00e9mocrates du type Severing en Allemagne coop\u00e8rent directement \u00e0 l&rsquo;\u00e9tablissement de la dictature du capital.<\/p> <p class=Texte>Dans le courant des cinq derni\u00e8res ann\u00e9es, les Social-d\u00e9mocrates allemands de toutes nuances ont graduellement descendu la pente vers la contre&#8209;r\u00e9volution. La descente est maintenant pr\u00e8s de finir. Le successeur l\u00e9gal du gouvernement r\u00e9volutionnaire Scheidemann-Haase est le g\u00e9n\u00e9ral fasciste von&nbsp;Seeckt.<\/p> <p class=Texte>Il est vrai que la dictature capitaliste nous offre diverses nuances. On y voit m\u00eame des divergences qu&rsquo;on pourra exploiter dans l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de la lutte de classe. Les Ebert, les Seeckt et les Ludendorff se distinguent par des nuances diff\u00e9rentes; mais les Communistes allemands ne doivent jamais oublier que le plus important est de faire clairement comprendre \u00e0 la classe ouvri\u00e8re de quoi il s&rsquo;agit au fond, de lui faire saisir que dans la lutte entre le capital et le travail les chefs de la Social-d\u00e9mocratie ont fait un pacte de vie et de mort avec les g\u00e9n\u00e9raux r\u00e9actionnaires.<\/p> <p class=Texte>Ce n&rsquo;est pas la premi\u00e8re fois que ces chefs de la social-d\u00e9mocratie allemande passent au service du capital. En r\u00e9alit\u00e9 ils ont toujours \u00e9t\u00e9 du c\u00f4t\u00e9 des ennemis de classe du prol\u00e9tariat, quoique ce fait ne soit apparu bien en \u00e9vidence que par la transformation de la d\u00e9mocratie bourgeoisie en dictature brutale du capital.<\/p> <p class=Texte>Ces circonstances nous conduisent \u00e0 r\u00e9viser la tactique du front unique en Allemagne. Rien de commun avec les salari\u00e9s de la dictature blanche!&nbsp;<a href=\"#_edn14\" name=\"_ednref14\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[14]<\/span><\/span><\/span><\/a>&#8209; Voil\u00e0 ce que les communistes allemands se repr\u00e9sentent d\u00e9j\u00e0 clairement et ce qu&rsquo;ils doivent proclamer devant tout le prol\u00e9tariat allemand.<\/p> <p class=Texte>Mais les chefs de la Social-d\u00e9mocratie de gauche sont plus dangereux encore que ceux de droite&nbsp;: ils symbolisent la derni\u00e8re illusion des ouvriers tromp\u00e9s, ils sont, pour ainsi dire, la derni\u00e8re feuille de vigne sous laquelle se cache la honteuse politique contre-r\u00e9volutionnaire de Severing, de Noske et d&rsquo;Ebert.<\/p> <p class=Texte>Le Parti Communiste Allemand refuse d&rsquo;entrer en pourparlers quels qu&rsquo;ils soient non seulement avec le Comit\u00e9 Central du Parti Social-d\u00e9mocrate, mais aussi avec les chefs de la Gauche, tant qu&rsquo;ils n&rsquo;auront pas tout au moins le courage de rompre ouvertement avec la bande contre-r\u00e9volutionnaire qui s&rsquo;est install\u00e9e au Comit\u00e9 Central de leur parti.<\/p> <p class=Texte>Maintenant la tactique du Front Unique en Allemagne se formule ainsi&nbsp;: l&rsquo;union par en&#8209;bas.<\/p> <p class=Texte>D\u00e9j\u00e0 dans les premi\u00e8res th\u00e8ses du Comit\u00e9 Ex\u00e9cutif de l&rsquo;I.C. de d\u00e9cembre 1921 il \u00e9tait dit<a href=\"#_edn15\" name=\"_ednref15\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[15]<\/span><\/span><\/span><\/a>&nbsp;:<\/p> <p class=MsoQuote>Comme contrepoids au jeu d\u00e9mocratique des chefs mench\u00e9viks, les Bolch\u00e9viks russes ont proclam\u00e9 le mot d&rsquo;ordre l&rsquo;Union par en&#8209;bas, c&rsquo;est&#8209;\u00e0&#8209;dire l&rsquo;union des masses ouvri\u00e8res elles&#8209;m\u00eames dans la lutte pratique pour les revendications r\u00e9volutionnaires des ouvriers contre les capitalistes. La pratique a montr\u00e9 que c&rsquo;\u00e9tait la seule v\u00e9ritable r\u00e9ponse. Et le r\u00e9sultat de cette tactique, qui s&rsquo;est d&rsquo;ailleurs modifi\u00e9e selon les circonstances de temps et de lieu, a \u00e9t\u00e9 qu&rsquo;une partie consid\u00e9rable des meilleurs ouvriers mench\u00e9viks ont pass\u00e9 graduellement au Communisme.<\/p> <p class=Texte>Le Parti Communiste Allemand doit \u00eatre capable d&rsquo;appliquer ce mot d&rsquo;ordre d&rsquo;Unit\u00e9 de Front par en&#8209;bas. Les rangs des ouvriers rest\u00e9s fid\u00e8les jusqu&rsquo;ici aux social-d\u00e9mocrates sont travaill\u00e9s par une fermentation encore inconnue. Ils voient la banqueroute de leurs chefs et cherchent de nouveaux chemins. Il n&rsquo;y a donc aucune raison de se d\u00e9rober \u00e0 des pourparlers et \u00e0 des conventions locales avec les ouvriers social-d\u00e9mocrates partout o\u00f9 nous aurons devant nous des prol\u00e9taires honn\u00eates, pr\u00eats \u00e0 montrer \u00e0 l&rsquo;oeuvre leur d\u00e9vouement \u00e0 la R\u00e9volution.<\/p> <p class=Texte>Les organes du front unique, les Comit\u00e9s de Fabriques et d&rsquo;Usines, les Commissions de Contr\u00f4le et les Comit\u00e9s d&rsquo;Action doivent \u00eatre r\u00e9unis entre eux en un r\u00e9seau \u00e9troit et compact de fa\u00e7on \u00e0 se transformer finalement en un appareil de centralisation et de Gouvernement, de fa\u00e7on \u00e0 incarner l&rsquo;action prol\u00e9tarienne pour la conqu\u00eate du pouvoir<a href=\"#_edn16\" name=\"_ednref16\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[16]<\/span><\/span><\/span><\/a>.<\/p> <p class=Intertitre2a>VI.&nbsp;Les objectifs imm\u00e9diats du Parti<\/p> <p class=Texte>Dans ses traits essentiels le diagnostic donn\u00e9 par l&rsquo;Ex\u00e9cutif en Septembre continue \u00e0 servir de base. Le caract\u00e8re de la phase actuelle de la lutte, de m\u00eame que les objectifs fondamentaux du Parti, restent les m\u00eames. Le Parti Communiste Allemand maintient \u00e0 l&rsquo;ordre du jour le soul\u00e8vement et la conqu\u00eate du pouvoir. Cette question doit rester pos\u00e9e devant nous dans toute son ampleur, avec toute son urgence. Quelle que soit l&rsquo;importance des victoires partielles remport\u00e9es par la contre&#8209;r\u00e9volution, ces victoires ne r\u00e9solvent aucun des probl\u00e8mes de la crise de l&rsquo;Allemagne capitaliste.<\/p> <p class=Texte>C&rsquo;est pourquoi, profitant de l&rsquo;exp\u00e9rience amass\u00e9e dans les derniers mois, le Parti Communiste Allemand se trouve en face d&rsquo;une s\u00e9rie de t\u00e2ches urgentes.<\/p> <p class=Texte>Le Parti doit organiser l&rsquo;action du prol\u00e9tariat contre la prolongation de la journ\u00e9e de travail et contre toute atteinte aux droits de la classe ouvri\u00e8re. Il doit lier organiquement et politiquement le mouvement des sans&#8209;travail avec le mouvement ouvrier et pr\u00e9venir ainsi le grave danger d&rsquo;une division de la classe ouvri\u00e8re en ch\u00f4meurs affam\u00e9s et en ouvriers ayant encore un morceau de pain. Le meilleur moyen pour cela sera de pr\u00e9parer l&rsquo;action \u00e9conomique \u00e9ventuelle de fa\u00e7on \u00e0 ce que cette derni\u00e8re ne soit pas uniquement dirig\u00e9e contre les diminutions de salaire, mais poursuive aussi des buts politiques sous le mot d&rsquo;ordre&nbsp;: du travail aux ch\u00f4meurs!<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;agitation du Parti doit rendre les masses conscientes que seule la dictature du prol\u00e9tariat peut les sauver. Ce travail doit se poursuivre en m\u00eame temps que la destruction politique du parti social-d\u00e9mocrate, ce qui exige la formation d&rsquo;organes du front unique et la claire proclamation des buts dans tous les combats partiels.<\/p> <p class=Texte>Ne se bornant pas au prol\u00e9tariat industriel, l&rsquo;activit\u00e9 du parti doit embrasser le prol\u00e9tariat agricole, les employ\u00e9s et les fonctionnaires, les petits paysans, la petite bourgeoisie urbaine prol\u00e9taris\u00e9e. Le parti doit diriger ses efforts vers la transformation de ces \u00e9l\u00e9ments en alli\u00e9s de la classe ouvri\u00e8re, et vers leur soumission \u00e0 l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie des ouvriers r\u00e9volutionnaires. Ces buts ne peuvent \u00eatre atteints que par une agitation continuelle, par la propagande du programme \u00e9conomique du P.C.A., par la lutte contre les derniers repr\u00e9sentants de l&rsquo;orientation pacifiste dans les pays d&rsquo;Occident, par l&rsquo;affirmation du r\u00f4le national de la r\u00e9volution allemande et de la signification de l&rsquo;alliance de la r\u00e9publique sovi\u00e9tiste allemande avec l&rsquo;Union sovi\u00e9tiste russe, et aussi par un travail organique patient dans les commissions de contr\u00f4le et dans les organes analogues du mouvement r\u00e9volutionnaire.<\/p> <p class=Texte>Parall\u00e8lement \u00e0 l&rsquo;agitation doit marcher le travail d&rsquo;organisation int\u00e9rieure du parti et autour du parti. Le P.C.A. ne doit pas \u00eatre seulement un bon parti d&rsquo;agitation, mais aussi un bon parti de combat. Il doit poursuivre sans d\u00e9faillances l&rsquo;armement des travailleurs et la pr\u00e9paration technique de la bataille d\u00e9cisive. Les centuries rouges doivent avoir une existence r\u00e9elle et m\u00e9riter la sympathie des masses; cette derni\u00e8re ne peut leur \u00eatre acquise que si le Parti Communiste est capable de prendre la direction active de l&rsquo;action quotidienne et de toutes les offensives du prol\u00e9tariat. Ce n&rsquo;est que lorsque la masse ouvri\u00e8re trouvera clans les centuries rouges des d\u00e9fenseurs pour ses manifestations, pour ses gr\u00e8ves et pour toutes ses rencontres avec les puissances bourgeoises, qu&rsquo;elles pourront compter sur son aide tant pour l&rsquo;armement et l&rsquo;instruction que pour l&rsquo;information sur les forces de l&rsquo;adversaire.<\/p> <p class=Texte>La condition de l&rsquo;accomplissement de ces diff\u00e9rentes t\u00e2ches est l&rsquo;utilisation s\u00e9rieuse de l&rsquo;exp\u00e9rience acquise. Le parti doit d\u00e9truire dans son sein les derniers vestiges des illusions d\u00e9mocratiques et aussi toute croyance d&rsquo;apr\u00e8s laquelle la Social-d\u00e9mocratie ou les groupes contr\u00f4l\u00e9s par elle au point de vue id\u00e9ologique ou organique pourraient agir r\u00e9volutionnairement. Il faut graver dans la conscience des militants que jusqu&rsquo;\u00e0 la victoire de la r\u00e9volution prol\u00e9tarienne, le Parti Communiste allemand est le seul parti de la r\u00e9volte, le seul parti de la destruction du r\u00e9gime capitaliste, et que dans tous les combats partiels son travail ne sera r\u00e9volutionnaire que s&rsquo;il tend infatigablement \u00e0 saper l&rsquo;appareil gouvernemental bourgeois et s&rsquo;il ne perd pas un instant de vue l&rsquo;\u00e9tablissement de la dictature prol\u00e9tarienne.<\/p> <p class=Texte>Le Parti Communiste est le seul parti r\u00e9volutionnaire. Il est assez fort pour pr\u00e9parer et assurer contre tous les autres partis la victoire du prol\u00e9tariat. Telle doit \u00eatre la conviction in\u00e9branlable de chacun de ses membres.<\/p> <p class=Texte>Pour cela il doit proposer l&rsquo;exp\u00e9rience amass\u00e9e \u00e0 la libre discussion de ses adh\u00e9rents. Le parti doit apprendre \u00e0 soutenir ces discussions sans porter atteinte pour cela \u00e0 ses qualit\u00e9s combatives. Pour arriver \u00e0 la concentration de toutes ses forces, il doit, malgr\u00e9 tous les obstacles, malgr\u00e9 sa situation ill\u00e9gale, porter le maximum de clart\u00e9 dans toutes les questions litigieuses, en terminant la discussion \u00e0 son prochain congr\u00e8s.<\/p> <p class=Texte>Le maintien de l&rsquo;unit\u00e9 du parti est rigoureusement exig\u00e9 par l&rsquo;Internationale Communiste; le C.E. convie tous les membres du P.C.A. \u00e0 ne rien n\u00e9gliger pour que le parti, homog\u00e8ne et unanime, mette un terme \u00e0 la lutte des fractions et acqui\u00e8re une puissance d&rsquo;action chaque jour plus grande. Le C.E. attire l&rsquo;attention de tous les membres du Parti Communiste Allemand et de toutes les sections de l&rsquo;I.C. sur les immenses devoirs que nous impose la crise r\u00e9volutionnaire actuelle. Il est fermement convaincu que les enseignements des mois derniers ne seront pas st\u00e9riles, et que, s\u00e9rieusement \u00e9tudi\u00e9s, mis \u00e0 profit, ils contribueront \u00e0 h\u00e2ter la victoire du prol\u00e9tariat.<\/p> <p class=Intertitre4>R\u00e9solution syndicale<\/p> <p class=Texte>Le P.C.A., se proposant imm\u00e9diatement de soustraire le prol\u00e9tariat \u00e0 l&rsquo;influence du r\u00e9formisme, continue \u00e0 combattre sans r\u00e9serve le mot d&rsquo;ordre de l&rsquo;abandon des syndicats.<\/p> <p class=Texte>Les communistes, qui militent partout o\u00f9 se trouve une masse prol\u00e9tarienne, constituent ou consolident avec plus d&rsquo;\u00e9nergie que jamais et sans doute, vu la d\u00e9sagr\u00e9gation de la social-d\u00e9mocratie, avec plus de succ\u00e8s que jamais, leurs fractions syndicales, point de cristallisation d&rsquo;un vaste mouvement r\u00e9volutionnaire au sein des syndicats.<\/p> <p class=Texte>Au moment actuel o\u00f9 notre parti est ill\u00e9gal et doit utiliser toute possibilit\u00e9 l\u00e9gale, la chose est particuli\u00e8rement importante.<\/p> <p class=Texte>Les communistes sont, comme auparavant, contre la scission. Ils combattent la politique scissionniste des social-d\u00e9mocrates, m\u00eame lorsqu&rsquo; ils sont par eux expuls\u00e9s des syndicats. \u00c0 une \u00e9poque d&rsquo;offensive du Capital et de progr\u00e8s de la r\u00e9action, l&rsquo;unit\u00e9 syndicale est exceptionnellement pr\u00e9cieuse.<\/p> <p class=Intertitre4a>L&rsquo;organisation des exclus<\/p> <p class=Texte>Les travailleurs exclus des syndicats ou encore non organis\u00e9s doivent \u00eatre group\u00e9s par les communistes conform\u00e9ment \u00e0 la situation concr\u00e8te de leur branche. Il convient d&#8217;employer une grande diversit\u00e9 de m\u00e9thodes&nbsp;: conseils d&rsquo;entreprises, commissions de contr\u00f4le, syndicats d&rsquo;exclus, commissions ouvri\u00e8res mixtes, commissions de sans-travail, etc&#8230;, sans se laisser lier les mains par aucune de ces m\u00e9thodes ou de ces formes d&rsquo;opposition. La centrale des syndicats d&rsquo;exclus est rattach\u00e9e \u00e0 la Centrale des conseils d&rsquo;entreprises. Notre parti doit, dans les conditions actuelles, mener une propagande soigneuse, \u00e9nergique et syst\u00e9matique parmi les ouvriers non organis\u00e9s et sans-parti, afin de parer \u00e0 l&rsquo;\u00e9crasement de la classe ouvri\u00e8re voulu par la bureaucratie syndicale.<\/p> <p class=Intertitre4a>Le front unique par en&#8209;bas<\/p> <p class=Texte>Tout en se refusant \u00e0 n\u00e9gocier avec les dirigeants syndicaux r\u00e9formistes de m\u00eame qu&rsquo;avec ceux de la social-d\u00e9mocratie, alli\u00e9s de fait de la bourgeoisie et du fascisme, les communistes doivent savoir pratiquer dans les syndicats le front unique par en&#8209;bas, grouper en un bloc compact tous les ouvriers, organis\u00e9s et non organis\u00e9s, sur le terrain de la lutte journali\u00e8re et entra\u00eener dans cette lutte les cat\u00e9gories qui n&rsquo;ont pas encore rompu avec les social-d\u00e9mocrates. Les pourparlers et les ententes en vue du combat avec les organisations syndicales locales, loin de contredire la tactique du front unique, sont au contraire une arme puissante contre la bureaucratie syndicale et les r\u00e9formistes.<\/p> <p class=Texte>Dans les cas o\u00f9, \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur d&rsquo;organisations ou d&rsquo;entreprises, les communistes engagent une action commune avec les ouvriers social-d\u00e9mocrates, ils doivent, sans nuire \u00e0 la coordination pratique, proclamer bien haut leurs principes et exercer une critique impitoyable des fautes et de l&rsquo;ind\u00e9cision de la social-d\u00e9mocratie ainsi que du caract\u00e8re hybride et incons\u00e9quent de ses revendications.<\/p> <p class=Texte>Le parti communiste doit en outre rendre \u00e9vident aux ouvriers&nbsp;:<\/p> <p class=Texte>1.&nbsp;que la crise travers\u00e9e par les syndicats r\u00e9sulte de toute l&rsquo;histoire des F\u00e9d\u00e9rations r\u00e9formistes, de leur tactique et de leur politique d&rsquo;union sacr\u00e9e;<\/p> <p class=Texte>2.&nbsp;que la classe ouvri\u00e8re sera tir\u00e9e de l&rsquo;impasse \u00e9conomique non pas par les proc\u00e9d\u00e9s habituels de la lutte syndicale, mais seulement par le renversement du Capital et la dictature du prol\u00e9tariat.<\/p> <p class=Texte>Le parti communiste ne doit jamais se refuser \u00e0 utiliser une grande organisation ouvri\u00e8re, quelle qu&rsquo;elle soit, \u00e0 plus forte raison antir\u00e9formiste, pour combattre les r\u00e9formistes. C&rsquo;est de ce point de vue qu&rsquo;il faut consid\u00e9rer la conf\u00e9rence de Weimar, qui a pu r\u00e9unir sur un programme d&rsquo;action contre la bureaucratie syndicale d&rsquo;importants \u00e9l\u00e9ments antir\u00e9formistes. C&rsquo;est le cas \u00e9galement des f\u00e9d\u00e9rations d&rsquo;exclus et autres organisations.<\/p> <p class=Intertitre4a>Le mot d&rsquo;ordre &quot;Sauvez les syndicats&quot;<\/p> <p class=Texte>Le mot d&rsquo;ordre &quot;Sauvez les syndicats&quot;, tel qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 souvent interpr\u00e9t\u00e9, est faux. Les syndicats ne peuvent pas \u00eatre sauv\u00e9s par les anciens errements. Il faut qu&rsquo;ils soient radicalement transform\u00e9s, au moyen des conseils d&rsquo;entreprises, en organisations d&rsquo;industrie; il faut que le r\u00e9formisme fasse place dans leur activit\u00e9 \u00e0 un contenu r\u00e9volutionnaire.<\/p> <p class=Intertitre4a>Le r\u00f4le des conseils d&rsquo;entreprises.<\/p> <p class=Texte>Les communistes doivent en cons\u00e9quence militer dans les entreprises et dans les conseils d&rsquo;entreprises pour en faire le point de d\u00e9part et d&rsquo;appui de toute leur action dans la masse, en particulier contre les leaders r\u00e9formistes.<\/p> <p class=Texte>Aux conseils d&rsquo;entreprises incombe la t\u00e2che essentielle, dans les conflits \u00e9l\u00e9mentaires qui se multiplient, d&rsquo;assurer la liaison entre les syndiqu\u00e9s et la masse non organis\u00e9e.<\/p> <p class=Texte>\u00c0 cet effet ils doivent se grouper par branche d&rsquo;industrie dans chaque localit\u00e9, dans chaque district et dans tout le pays. C&rsquo;est la condition et la base de la future organisation de la production.<\/p> <p class=Texte>Il faut actuellement combattre la subordination des conseils d&rsquo;entreprises aux syndicats r\u00e9formistes sous quelque forme que ce soit.<\/p> <p class=Intertitre4a>La lutte \u00e9conomique.<\/p> <p class=Texte>La situation actuelle (crise \u00e9conomique, chute de la production, faillite des syndicats r\u00e9formistes&#8230;) entra\u00eene fatalement une d\u00e9centralisation et des gr\u00e8ves spontan\u00e9es (engag\u00e9es contre les syndicats et sans leur aide financi\u00e8re), qui commandent aux communistes de prendre la direction du combat.<\/p> <p class=Texte>Chaque question concr\u00e8te concernant la lutte \u00e9conomique et la tactique syndicale doit \u00eatre rattach\u00e9e par eux \u00e0 la mission historique de la classe ouvri\u00e8re et \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de militer pour la dictature du prol\u00e9tariat.<\/p> <p class=Texte>Les communistes doivent prendre la part la plus active \u00e0 l&rsquo;organisation des comit\u00e9s de gr\u00e8ves et des comit\u00e9s d&rsquo;action et les mettre en liaison avec les conseils d&rsquo;entreprises.<\/p> <p class=Texte>Il ne faut cependant pas faire retomber tout le poids de la lutte \u00e9conomique sur les conseils d&rsquo;entreprises; ces derniers seront la base du regroupement g\u00e9n\u00e9ral des forces ouvri\u00e8res dans ce combat.<\/p> <p class=Texte>Les conseils d&rsquo;entreprises doivent rendre les syndicats responsables de la paup\u00e9risation croissante de la classe ouvri\u00e8re.<\/p> <p class=Intertitre4a>La tactique syndicale.<\/p> <p class=Texte>La tactique \u00e0 suivre et les mots d&rsquo;ordre \u00e0 d\u00e9fendre au sein des syndicats doivent \u00eatre \u00e9tablis par les communistes en consid\u00e9ration des buts g\u00e9n\u00e9raux ou concrets de la classe ouvri\u00e8re et du parti ainsi que des forces en pr\u00e9sence.<\/p> <p class=Intertitre4>R\u00e9solution d&rsquo;Organisation<\/p> <p class=Texte>La r\u00e9solution suivante sur l&rsquo;organisation de cellules d&rsquo;usines a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e \u00e0 l&rsquo;unanimit\u00e9 par le Pr\u00e9sidium de l&rsquo;Ex\u00e9cutif de l&rsquo;I.C. du 21&nbsp;janvier 1924, sous r\u00e9serve des changements qui pourraient se r\u00e9v\u00e9ler n\u00e9cessaires par suite de la situation des diff\u00e9rentes sections<a href=\"#_edn17\" name=\"_ednref17\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[17]<\/span><\/span><\/span><\/a>.<\/p> <p class=Texte>La structure du parti doit \u00eatre adapt\u00e9e aux conditions et aux objectifs de son action. Sous la politique r\u00e9formiste des partis social-d\u00e9mocrates, qui pr\u00e9tendaient agir sur l&rsquo;\u00c9tat bourgeois par le moyen du bulletin de vote, il est naturel que toute l&rsquo;attention ait \u00e9t\u00e9 port\u00e9e sur l&rsquo;organisation des \u00e9lecteurs. Il fallait alors b\u00e2tir le parti sur les circonscriptions \u00e9lectorales et la r\u00e9sidence des \u00e9lecteurs. Cette structure est pass\u00e9e en h\u00e9ritage aux partis communistes. Mais elle est en contradiction non seulement avec le but final du parti communiste, mais aussi avec ses objectifs imm\u00e9diats. Notre but final, c&rsquo;est le renversement de la bourgeoisie, la conqu\u00eate du pouvoir, et la r\u00e9alisation du communisme. Nos objectifs imm\u00e9diats sont&nbsp;: la conqu\u00eate de la majorit\u00e9 de la classe ouvri\u00e8re, par une participation active \u00e0 sa lutte quotidienne et par la conduite de cette lutte. Pour cela, il faut une liaison \u00e9troite de nos organisations communistes avec les masses ouvri\u00e8res, \u00e0 l&rsquo;usine m\u00eame.<\/p> <p class=Texte>Partant de ce point de vue, le 3e&nbsp;Congr\u00e8s de l&rsquo;I.C. avait d\u00e9j\u00e0 d\u00e9cid\u00e9 que la base du Parti Communiste doit \u00eatre la cellule d&rsquo;usine. Cependant la plupart des sections n&rsquo;ont pas encore mis cette d\u00e9cision en pratique&nbsp;: beaucoup n&rsquo;ont m\u00eame pas pos\u00e9 concr\u00e8tement la question. Pourtant la r\u00e9volution allemande (fin 1923) a montr\u00e9 une fois de plus et avec \u00e9vidence que sans cellules d&rsquo;usines, sans une liaison \u00e9troite avec les masses ouvri\u00e8res, il est impossible d&rsquo;attirer ces derni\u00e8res dans la lutte et de les conduire, il est impossible de conna\u00eetre leur \u00e9tat d&rsquo;esprit et d&rsquo;utiliser le moment le plus favorable, il est impossible de vaincre la bourgeoisie.<\/p> <p class=Intertitre4a>L&rsquo;organisation de base<\/p> <p class=Texte>1.&nbsp;La base de l&rsquo;organisation communiste est la cellule d&rsquo;usine. Tous les communistes travaillant dans une entreprise doivent faire partie de la cellule de cette entreprise.<\/p> <p class=MsoQuote>Remarque&nbsp;: L\u00e0 o\u00f9 il n&rsquo;y a qu&rsquo;un ou deux communistes, ils doivent adh\u00e9rer \u00e0 la cellule de la plus proche entreprise; cette cellule m\u00e8ne son action dans toutes les entreprises de son ressort ne poss\u00e9dant pas de cellule.<\/p> <p class=Texte>2.&nbsp;Les communistes ne travaillant pas dans les usines, fabriques, ateliers, magasins, etc&#8230; (c&rsquo;est&#8209;\u00e0&#8209;dire les m\u00e9nag\u00e8res, les gens de maison, les concierges, etc&#8230;) doivent cr\u00e9er des cellules de rues (selon le domicile des adh\u00e9rents).<\/p> <p class=MsoQuote>Remarque&nbsp;: Tous les membres des cellules d&rsquo;entreprises, habitant un autre quartier doivent se faire enregistrer au Bureau de ce quartier. Les membres des cellules d&rsquo;autres quartiers, dirig\u00e9s par le bureau de quartier sur une cellule de rue, n&rsquo;y ont pas voix d\u00e9lib\u00e9rative sur les questions qu&rsquo;ils d\u00e9cident dans leur cellule d&rsquo;usine (questions de principe, \u00e9lection de d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s, etc&#8230;).<\/p> <p class=Texte>3.&nbsp;Les ch\u00f4meurs restent membres de la cellule de l&rsquo;entreprise o\u00f9 ils ont travaill\u00e9. En cas de ch\u00f4mage prolong\u00e9, ils peuvent, d&rsquo;accord avec le comit\u00e9 de rayon, \u00eatre transf\u00e9r\u00e9s dans une cellule de leur quartier d&rsquo;habitation.<\/p> <p class=Texte>4.&nbsp;Dans les centres industriels peu importants, les petites villes et les villages, o\u00f9 les ouvriers vivent pr\u00e8s de l&rsquo;entreprise ou exploitation o\u00f9 ils travaillent, il sera constitu\u00e9 des cellules homog\u00e8nes autant que possible \u00e0 proximit\u00e9 de ces entreprises ou exploitations.<\/p> <p class=Texte>5.&nbsp;Les cellules d&rsquo;entreprises et de rues \u00e9lisent un bureau de trois \u00e0 cinq membres. Les \u00e9lections sont faites par l&rsquo;assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de la cellule. Le bureau distribue le travail entre ses membres. Selon l&rsquo;importance de la cellule, le bureau d\u00e9 signe des camarades pour diriger et r\u00e9pandre les publications, pour mener la propagande, un camarade pour s&rsquo;occuper de la fraction communiste au comit\u00e9 d&rsquo;usine, un autre pour le travail syndical, un pour la liaison et le travail avec la cellule de la jeunesse, un pour le travail parmi les femmes, etc&#8230;<\/p> <p class=Texte>6.&nbsp;Les communistes, membres d&rsquo;une cellule d&rsquo;entreprise, y paient leurs cotisations; ceux qui sont membres d&rsquo;une cellule de rue paient dans cette derni\u00e8re.<\/p> <p class=Texte>7.&nbsp;Dans les grandes villes, o\u00f9 les cellules d&rsquo;entreprises et de rues sont nombreuses, elles s&rsquo;unissent par quartier. Plusieurs quartiers forment un rayon.<\/p> <p class=Texte>Tous les rayons d&rsquo;une grande ville composent l&rsquo;organisation de ville. Les quartiers sont d\u00e9limit\u00e9s par le Comit\u00e9 de rayon. Ce dernier s&rsquo;efforce, dans la mesure du possible, de grouper les quartiers autour des grandes entreprises. Dans les villes moyennes, on forme \u00e9galement des quartiers pour grouper les cellules d&rsquo;usines et de rues. Leur ensemble forme l&rsquo;organisation de villes. Dans les petites villes et les villages, les cellules sont unies en groupes locaux. Les organisations des villes moyennes et les groupes locaux des petites villes et villages s&rsquo;unissent en sous&#8209;rayons.<\/p> <p class=MsoQuote>Remarque&nbsp;: Les bureaux de quartiers (ou de groupes locaux), selon les possibilit\u00e9s et les n\u00e9cessit\u00e9s de l&rsquo;endroit, convoquent r\u00e9guli\u00e8rement l&rsquo;assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de toutes les cellules d&rsquo;entreprises et de rues de leur quartier ou de leur groupe.<\/p> <p class=Texte>8.&nbsp;\u00c0 la t\u00eate du quartier ou du groupe local se trouve un bureau de trois \u00e0 cinq membres, \u00e9lus par l&rsquo;assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de tous les membres du quartier ou groupe, ou par une assembl\u00e9e de d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s, selon les possibilit\u00e9s locales (par ex., en \u00e9tat d&rsquo;ill\u00e9galit\u00e9). Le secr\u00e9taire de quartier ou de groupe est confirm\u00e9 par le sous-rayon. \u00c0 la t\u00eate du rayon et du sous- rayon sont les comit\u00e9s de rayon et de sous-rayon, \u00e9lus par la conf\u00e9rence de rayon ou de sous-rayon.<\/p> <p class=Texte>9.&nbsp;Les assembl\u00e9es de d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s de quartier et de groupe, les conf\u00e9rences de rayon et de sous&#8209;rayon sont compos\u00e9es de repr\u00e9sentants des cellules, proportionnellement au nombre de leurs membres, mais de fa\u00e7on que la majorit\u00e9 appartienne aux cellules d&rsquo;entreprises. La norme de repr\u00e9sentation pour chaque cellule est fix\u00e9e par le comit\u00e9 de rayon ou de sous-rayon.<\/p> <p class=Texte>Dans les organisations o\u00f9, par suite de l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;ill\u00e9galit\u00e9, une grande repr\u00e9sentation aux conf\u00e9rences est impossible, on peut faire \u00e9lire les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s, non pas directement par les cellules, mais par des assembl\u00e9es de quartiers ou de groupes.<\/p> <p class=Texte>10.&nbsp;Les comit\u00e9s de ville (dans les grandes villes), sont \u00e9lus par la conf\u00e9rence de ville, compos\u00e9e de d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s des rayons, \u00e9lus par les conf\u00e9rences de rayon proportionnellement au nombre de membres de chacun<a href=\"#_edn18\" name=\"_ednref18\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[18]<\/span><\/span><\/span><\/a>.<\/p> <p class=Texte>11.&nbsp;Pour renforcer l&rsquo;influence des cellules d&rsquo;entreprises, tant dans les bureaux de quartier que dans les comit\u00e9s de rayons, plus de la moiti\u00e9 des membres de ceux&#8209;ci doivent \u00eatre choisis parmi les membres des cellules d&rsquo;entreprises. Les comit\u00e9s de ville doivent comprendre un certain nombre d&rsquo;ouvriers travaillant \u00e0 l&rsquo;usine.<\/p> <p class=Texte>12.&nbsp;En cas d&rsquo;ill\u00e9galit\u00e9, les instances sup\u00e9rieures, dans certains cas exceptionnels (par ex. en cas d&rsquo;arrestation d&rsquo;un comit\u00e9, etc&#8230;), ont le droit de d\u00e9signer les nouveaux membres du comit\u00e9, \u00e0 condition, \u00e0 la premi\u00e8re possibilit\u00e9, de convoquer une assembl\u00e9e ou une conf\u00e9rence de d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s, qui confirmera le comit\u00e9 ou en \u00e9lira un autre. Ceux des membres de l&rsquo;ancien comit\u00e9 qui ont \u00e9vit\u00e9 l&rsquo;arrestation peuvent \u00eatre admis dans le nouveau, avec l&rsquo;assentiment et la sanction des organes sup\u00e9rieurs, jusqu&rsquo;\u00e0 la conf\u00e9rence. L&rsquo;effectif des comit\u00e9s, en cas d&rsquo;ill\u00e9galit\u00e9, doit \u00eatre r\u00e9duit au minimum.<\/p> <p class=Intertitre4a>Fonctions des cellules d&rsquo;entreprises<\/p> <p class=Texte>Le centre de gravit\u00e9 du travail politique d&rsquo;organisation doit \u00eatre transf\u00e9r\u00e9 dans la cellule d&rsquo;entreprise. C&rsquo;est elle qui, en prenant la t\u00eate de la lutte des ouvriers pour leurs besoins quotidiens, les conduira \u00e0 la lutte pour la dictature du prol\u00e9tariat. Pour cela, la cellule communiste \u00e9tudiera en temps utile toutes les questions politiques ou \u00e9conomiques int\u00e9ressant les ouvriers et formera son opinion sur elles ainsi que sur chaque conflit surgissant. Elle mettra les ouvriers sur la voie de la solution r\u00e9volutionnaire de toutes les questions. En tant que fraction la plus consciente et la plus active de la classe ouvri\u00e8re, elle doit prendre en mains la direction de sa lutte.<\/p> <p class=Texte>Les t\u00e2ches particuli\u00e8res des cellules d&rsquo;entreprises, en dehors de celles qui incombent \u00e0 tout le parti, sont les suivantes&nbsp;:<\/p> <p class=Texte>1.&nbsp;Mener l&rsquo;agitation et la propagande communistes parmi les ouvriers; les travailler individuellement pour les attirer dans les rangs du P.C.; r\u00e9pandre les publications communistes; \u00e9clairer les questions qui se posent dans l&rsquo;usine, m\u00eame publier un journal d&rsquo;usine, fonder des oeuvres d&rsquo;\u00e9ducation.<\/p> <p class=Texte>2.&nbsp;Mener une action prolong\u00e9e et \u00e9nergique pour conqu\u00e9rir tous les postes \u00e9lectifs de l&rsquo;entreprise (syndicat, coop\u00e9rative, comit\u00e9 d&rsquo;usine, commission de contr\u00f4le, etc&#8230;).<\/p> <p class=Texte>3.&nbsp;Intervenir dans tous les conflits \u00e9conomiques, dans toutes les revendications des ouvriers, pour \u00e9tendre et approfondir le mouvement, montrer aux ouvriers ses cons\u00e9quences politiques et les pousser \u00e0 une lutte plus large, non seulement \u00e9conomique, mais politique et, au front unique contre la bourgeoisie et le fascisme.<\/p> <p class=Texte>4.&nbsp;D\u00e9raciner l&rsquo;influence, sur les ouvriers de l&rsquo;entreprise, des autres partis politiques, nuisibles \u00e0 la classe ouvri\u00e8re. La cellule doit mener \u00e0 l&rsquo;usine une lutte \u00e9nergique contre les partisans et les membres des autres partis politiques, partis socialistes ou autres partis dits &quot;ouvriers&quot; en exploitant tous les faits \u00e0 la port\u00e9e des ouvriers les plus arri\u00e9r\u00e9s.<\/p> <p class=Texte>5.&nbsp;\u00c9tablir une liaison entre ouvriers travaillant et ouvriers ch\u00f4meurs, pour \u00e9viter une concurrence entre eux.<\/p> <p class=Texte>6.&nbsp;L\u00e0 o\u00f9 le terrain est m\u00fbr, revendiquer le contr\u00f4le ouvrier sur la production, les banques, les exploitations agricoles, les transports&nbsp;: r\u00e9clamer la distribution aux ouvriers d&rsquo;objets de premi\u00e8re n\u00e9cessit\u00e9.<\/p> <p class=Texte>7.&nbsp;Militer parmi les femmes et la jeunesse de l&rsquo;usine et les enr\u00f4ler dans la lutte; aider \u00e0 la cr\u00e9ation d&rsquo;une cellule de la jeunesse Communiste et, l\u00e0 o\u00f9 elle existe, la soutenir.<\/p> <p class=Texte>8.&nbsp;Faire participer chacun de ses membres \u00e0 un travail d\u00e9termin\u00e9 qui lui est fix\u00e9 par le bureau.<\/p> <p class=Texte>Outre ces t\u00e2ches sp\u00e9ciales \u00e0 l&rsquo;usine m\u00eame, les cellules d&rsquo;usine ont encore des t\u00e2ches territoriales sur le lieu d&rsquo;habitation, car les ouvriers ont aussi des besoins l\u00e0 o\u00f9 ils habitent et remplissent diff\u00e9rentes fonctions sociales (logement, ravitaillement, hygi\u00e8ne, enseignement, divertissements, \u00e9lections, etc&#8230;.).<\/p> <p class=Texte>Les plus importantes sont&nbsp;:<\/p> <p class=Texte>1.&nbsp;L&rsquo;organisation et l&rsquo;action politique, les campagnes diverses (\u00e9lections, logement, vie ch\u00e8re), la fourniture aux familles des ouvriers, des petits employ\u00e9s et des couches moyennes d&rsquo;objets de premi\u00e8re n\u00e9cessit\u00e9.<\/p> <p class=Texte>2.&nbsp;La diffusion de la presse communiste, le recrutement de nouveaux lecteurs et d&rsquo;adh\u00e9rents au parti, l&rsquo;agitation et la propagande, la propagande individuelle, les oeuvres d&rsquo;\u00e9ducation dans les quartiers (clubs, etc.), l&rsquo;enr\u00f4lement des sympathisants dans les d\u00e9monstrations ouvri\u00e8res, et en g\u00e9n\u00e9ral dans la lutte de la classe ouvri\u00e8re.<\/p> <p class=Texte>3.&nbsp;L&rsquo;agitation dans les maisons du quartier; l&rsquo;information sur les opinions politiques des habitants, sur la vie politique, les manoeuvres des fascistes, les d\u00e9p\u00f4ts d&rsquo;armes, etc&#8230;<\/p> <p class=Texte>4.&nbsp;L&rsquo;action parmi les femmes et les enfants.<\/p> <p class=Texte>Toutes ces t\u00e2ches territoriales concernent \u00e9galement les cellules de rues. Leur action doit \u00eatre men\u00e9e sous la conduite directe du bureau de district et doit concorder avec celle des cellules d&rsquo;entreprises.<\/p> <p class=Intertitre4a>Mise en pratique<\/p> <p class=Texte>Vu la nouveaut\u00e9 de la question pour beaucoup de Sections de l&rsquo;Internationale Communiste et leur situation diverse, le C.E. de l&rsquo;I.C. propose d&rsquo;abord que la question soit examin\u00e9e sur toutes ses faces dans la presse et les r\u00e9unions du parti; apr\u00e8s seulement on abordera la r\u00e9organisation sur la base des cellules d&rsquo;entreprises, en commen\u00e7ant par les plus grandes entreprises.<\/p> <p class=Texte>Les cellules ne doivent en aucun cas \u00eatre confondues avec les fractions communistes dans les syndicats, les coop\u00e9ratives, etc. Les cellules ne peuvent pas prendre les fonctions de ces derni\u00e8res; ce sont elles au contraire, ou plus exactement leur bureau, qui dirigent les fractions syndicales ou autres correspondantes.<\/p> <p class=Texte>Le bureau d&rsquo;organisation du C.E. demande \u00e0 toutes les sections de l&rsquo;Internationale Communiste de l&rsquo;informer en d\u00e9tail et p\u00e9riodiquement de la discussion sur les questions touch\u00e9es ici et sur les r\u00e9sultats obtenus.<\/p> <p class=Intertitre4a>Instruction concernant l&rsquo;Allemagne<\/p> <p class=Texte>Le Pr\u00e9sidium du C.E. de l&rsquo;I.C. a d\u00e9cid\u00e9 les instructions sp\u00e9ciales suivantes concernant l&rsquo;organisation des cellules d&rsquo;usines dans le parti communiste d&rsquo;Allemagne&nbsp;:<\/p> <p class=Texte>1.&nbsp;Suivant la r\u00e9solution adopt\u00e9e par l&rsquo;Ex\u00e9cutif sur l&rsquo;organisation des cellules d&rsquo;usines, le parti allemand doit ex\u00e9cuter la r\u00e9organisation de sorte que les cellules d&rsquo;usines constituent la base de son organisation.<\/p> <p class=Texte>2.&nbsp;La majorit\u00e9 des membres des Comit\u00e9s de quartier et de rayon doit se composer de membres des cellules d&rsquo;usines. Les grandes villes se subdivisent en rayons. Les comit\u00e9s de ville doivent prendre une partie de leurs membres parmi les ouvriers des usines.<\/p> <p class=Texte>3.&nbsp;Les cellules d&rsquo;usines et de rues se r\u00e9unissent en quartiers, group\u00e9s \u00e0 leur tour par des comit\u00e9s de quartier. Le comit\u00e9 du rayon groupe dans la mesure du possible les quartiers autour des grandes entreprises.<\/p> <p class=Texte>4.&nbsp;Les comit\u00e9s de ville (ou bien les comit\u00e9s de rayon) \u00e9laboreront imm\u00e9diatement un programme pr\u00e9voyant la date \u00e0 laquelle cette r\u00e9organisation sera termin\u00e9e \u00e0 chaque endroit, et le soumettront \u00e0 la centrale du parti pour confirmation. L&rsquo;ex\u00e9cution doit \u00eatre termin\u00e9e (sous la direction de la Centrale du parti) dans le Reich tout entier dans les 2&nbsp;mois. La Centrale doit rendre compte r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 l&rsquo;Ex\u00e9cutif de l&rsquo;ex\u00e9cution.<\/p> <p class=Texte>Pour cette raison, le paragraphe de la r\u00e9solution sur la &quot;mise en pratique&quot; n&rsquo;est pas valable pour le parti communiste d&rsquo;Allemagne.<\/p> <p class=Texte>&nbsp;<\/p> <p class=Intertitre2a>Notes<\/p> <\/div> <div><br clear=all> <hr align=left size=1 width=\"33%\"> <div id=edn1> <p class=MsoEndnoteText style='margin-top:6.0pt'><a href=\"#_ednref1\" name=\"_edn1\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[1]<\/span><\/a>.&nbsp;[321ignition] Les annotations sont formul\u00e9es par nous en tenant compte d&rsquo;\u00e9ventuelles notes figurant dans la source.<\/p> <\/div> <div id=edn2> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn2\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[2]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Durant les \u00e9v\u00e8nements, la d\u00e9l\u00e9gation du CE de l&rsquo;IC en Allemagne \u00e9tait compos\u00e9 de Jurij Pjatakov (&quot;Arvid&quot;), Karl Radek, Vasilij Smidt, Nikolaj Krestinskij. Radek pr\u00e9sente le rapport.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Le document exposant les th\u00e8ses de la d\u00e9l\u00e9gation au sujet de l&rsquo;action d&rsquo;octobre 1923, dat\u00e9 du 15 novembre, est reproduit dans&nbsp;:<\/p> <p class=MsoEndnoteText><span lang=DE>Bernhard Bayerlein, Deutscher Oktober 1923&nbsp;: ein Revolutionsplan und sein Scheitern; Berlin, Aufbau-Verlag, 2003;<\/span> p.&nbsp;364.<\/p> <\/div> <div id=edn3> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref3\" name=\"_edn3\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[3]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Le 28&nbsp;aout 1923, le Bureau politique du KPD d\u00e9cide la cr\u00e9ation d&rsquo;un Comit\u00e9 r\u00e9volutionnaire central (REVKOM), d\u00e9nomm\u00e9 aussi Commission des Sept.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Ce Comit\u00e9 r\u00e9volutionnaire central est form\u00e9 d&rsquo;un Conseil de guerre r\u00e9volutionnaire, ainsi que de six autres membres de la Centrale du KPD. Le Conseil de guerre r\u00e9volutionnaire, d\u00e9nomm\u00e9 aussi Commission des Trois, est form\u00e9 de Brandler et Kleine (Guralski) ainsi que du Dirigeant militaire (M-Leiter) aupr\u00e8s de la Centrale du KPD.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>[Harald Jent<span lang=DE>sch, Die KPD und der &quot;Deutsche Oktober&quot; 1923; Rostock, Ingo Koch Verlag, 2005<\/span>]<\/p> <\/div> <div id=edn4> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref4\" name=\"_edn4\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[4]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Il s&rsquo;agit de Ruth Fischer.<\/p> <\/div> <div id=edn5> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref5\" name=\"_edn5\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[5]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Les mots &quot;\u00e0 mettre en doute&quot; semblent d\u00e9pourvus de sens et ne correspondent \u00e0 rien dans la version allemande&nbsp;: &quot;<span lang=DE>meinetwegen kann man auch sagen, die Blonden, die Br\u00fcnetten haben gesiegt<\/span>&quot;.<\/p> <\/div> <div id=edn6> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref6\" name=\"_edn6\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[6]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Dans la version allemande du compte-rendu&nbsp;: <span lang=DE>&quot;eine der komischsten Fragen als Differenzfrage&quot; [<\/span>&quot;en tant que question controvers\u00e9e, une des plus comiques&quot;]. Les mots &quot;\u00e0 mettre en doute&quot; semblent correspondre \u00e0 &quot;<span lang=DE>Differenzfrage&quot;<\/span>. Quant \u00e0 l&#8217;emploi, dans les deux versions, du mot &quot;comique&quot; [&quot;komisch&quot;], il peut s&rsquo;agir d&rsquo;une erreur de traduction, en supposant que le rapporteur (Radek) a parl\u00e9 en russe.<\/p> <\/div> <div id=edn7> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref7\" name=\"_edn7\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[7]<\/span><\/span><\/span><\/a><span lang=DE>.&nbsp;Albert Leo Schlageter.<\/span><\/p> <p class=MsoEndnoteText>Avec la fin de la 1e&nbsp;Guerre mondiale, la d\u00e9faite de l&rsquo;Allemagne et les amorces de mouvements anticapitalistes, se constituent des Corps francs contre-r\u00e9volutionnaires. Schlageter rejoint le Freikorps Medem et participe aux combats dans le Baltikum. En 1920 il participe en tant que membre de la 3e&nbsp;Brigade de Marine \u00e0 la r\u00e9pression des mouvements insurrectionnels qui se d\u00e9veloppent en r\u00e9action au putsch L\u00fcttwitz-Kapp. En 1921 il rejoint le Freikorps Hauenstein en Haute-Sil\u00e9sie et participe aux op\u00e9rations contre les combattants polonais. L&rsquo;entr\u00e9e dans la r\u00e9gion de la Ruhr, le 11&nbsp;janvier, de troupes fran\u00e7aises et belges d\u00e9clenche une r\u00e9sistance active et passive. Schlageter participe au 1er&nbsp;Congr\u00e8s du NSDAP, tenu du&nbsp;27 au 29&nbsp;janvier \u00e0 Munich. Il organise un groupe de sabotage contre les troupes d&rsquo;occupation. Il est arr\u00eat\u00e9 le 7&nbsp;avril, condamn\u00e9 \u00e0 mort le 7&nbsp;mai et ex\u00e9cut\u00e9 le&nbsp;26.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Du&nbsp;12 au 23&nbsp;juin 1923 se tient \u00e0 Moscou le 3e&nbsp;Plenum \u00e9largi du CE de l&rsquo;IC. Le&nbsp;21, Karl&nbsp;Radek prononce un discours, qui est reproduit le&nbsp;26 dans le <i>Rote Fahne<\/i>. Voici des extraits&nbsp;:<\/p> <p class=Notedefincitation>[&#8230;] du fasciste allemand [Schlageter] [&#8230;], de notre adversaire de classe, qui a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 \u00e0 mort et fusill\u00e9 par les sbires de l&rsquo;imp\u00e9rialisme fran\u00e7ais, cette forte organisation d&rsquo;une autre partie de nos ennemis de classe. [&#8230;]<\/p> <p class=Notedefincitation>Le Parti communiste Allemand doit dire ouvertement aux masses petites-bourgeoises nationalistes&nbsp;: celui qui, au service des trafiquants, des sp\u00e9culateurs, des ma\u00eetres du fer et du charbon veut tenter de soumettre le peuple allemand \u00e0 l&rsquo;esclavage, de le pr\u00e9cipiter dans une aventure, celui&#8209;l\u00e0 se heurtera \u00e0 la r\u00e9sistance des travailleurs communistes allemands. [&#8230;] Celui qui, par incompr\u00e9hension, se lie aux mercenaires du capital, celui&#8209;l\u00e0, nous le combattrons par tous les moyens. Mais nous pensons que la grande majorit\u00e9 des masses ayant un sentiment national ne doivent pas se trouver dans le camp du capital, mais celui du travail. Nous voulons chercher et trouver la voie vers ces masses, et nous le ferons. [&#8230;]<\/p> <p class=Notedefincitation>[http:\/\/www.marxists.org\/deutsch\/archiv\/radek\/1923\/06\/schlageter.html]<\/p> <\/div> <div id=edn8> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref8\" name=\"_edn8\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[8]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;&quot;Die Internationale &#8211; Zeitschrift f\u00fcr Praxis und Theorie des Marxismus&quot;, publi\u00e9 par la Centrale du KPD.<\/p> <\/div> <div id=edn9> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref9\" name=\"_edn9\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[9]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;R\u00e9solution &nbsp;: La tactique de l&rsquo;Internationale communiste. Cf. le document&nbsp;:&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/ic-1922-11-12-4e-resolution-tactique\/\">&#9658;<\/a>.<\/p> <\/div> <div id=edn10> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref10\" name=\"_edn10\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[10]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;La brochure du compte-rendu en allemand inclut dans la section num\u00e9rot\u00e9e VII les deux premi\u00e8res r\u00e9solutions figurant ici dans la section VIII, tandis que les deux r\u00e9solutions suivantes sont num\u00e9rotes s\u00e9par\u00e9ment VII et IX.<\/p> <\/div> <div id=edn11> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref11\" name=\"_edn11\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[11]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;&quot;a exprim\u00e9 le regret&quot;&nbsp;: dans la version en allemand&nbsp;: &quot; glaubte aufrichtig&quot; [&quot;pensait sinc\u00e8rement&quot;].<\/p> <\/div> <div id=edn12> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref12\" name=\"_edn12\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[12]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;CE de l&rsquo;IC (18 d\u00e9cembre 1921) &nbsp;: Th\u00e8ses sur l&rsquo;unit\u00e9 du front prol\u00e9tarien. Cf. le document&nbsp;:&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/ic-1921-12-ce-theses-unite-front-proletarien\/\">&#9658;<\/a>.<\/p> <\/div> <div id=edn13> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref13\" name=\"_edn13\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[13]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;R\u00e9solution &nbsp;: La tactique de l&rsquo;Internationale communiste. Cf. le document&nbsp;:&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/ic-1922-11-12-4e-resolution-tactique\/\">&#9658;<\/a>.<\/p> <\/div> <div id=edn14> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref14\" name=\"_edn14\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[14]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Dans la version allemande du compte-rendu&nbsp;: &quot;Mit den Soldknechten der wei\u00dfen Diktatur gibt es kein Verhandeln!&quot; [&quot;Avec les mercenaires de la dictature blanche, pas question de n\u00e9gocier!&quot;]<\/p> <\/div> <div id=edn15> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref15\" name=\"_edn15\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[15]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;CE de l&rsquo;IC (18 d\u00e9cembre 1921) &nbsp;: Th\u00e8ses sur l&rsquo;unit\u00e9 du front prol\u00e9tarien. Cf. le document&nbsp;:&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/ic-1921-12-ce-theses-unite-front-proletarien\/\">&#9658;<\/a>.<\/p> <\/div> <div id=edn16> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref16\" name=\"_edn16\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[16]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;La formulation &quot;de fa\u00e7on \u00e0 se transformer finalement en un appareil de centralisation et de Gouvernement, de fa\u00e7on \u00e0 incarner l&rsquo;action prol\u00e9tarienne pour la conqu\u00eate du pouvoir&quot; est inexacte compar\u00e9e \u00e0 la version en allemand.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Dans la version allemande du compte-rendu&nbsp;: &quot;<span lang=DE>da\u00df sie schlie\u00dflich zum zentral geleiteten Tr\u00e4ger des Apparates des Machtkampfes des Proletariats werden<\/span>&quot; [&quot;de fa\u00e7on \u00e0 ce qu&rsquo;au bout du compte ils deviennent le repr\u00e9sentant centralement dirig\u00e9 de l&rsquo;appareil de la lutte du prol\u00e9tariat pour le pouvoir &quot;]. Le terme &lsquo;&quot;gouvernement&quot; n\u2019y figure pas.<\/p> <\/div> <div id=edn17> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref17\" name=\"_edn17\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[17]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Cette phrase ne figure pas dans le compte-rendu en allemand.<\/p> <\/div> <div id=edn18> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref18\" name=\"_edn18\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[18]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;[Note faisant partie du compte-rendu]<\/p> <p class=Notedefincitation>Note pour la France. Dans les grandes villes qui sont en m\u00eame temps chef-lieu de d\u00e9partement, il n&rsquo;est pas constitu\u00e9 de comit\u00e9 de ville. La Conf\u00e9rence f\u00e9d\u00e9rale, compos\u00e9e des d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s des rayons de la ville et de ceux du d\u00e9partement, \u00e9lit un Comit\u00e9 d\u00e9partemental qui remplit en m\u00eame temps les fonctions de Comit\u00e9 de ville.<\/p> <\/div> <\/div>\n <!--themify_builder_content-->\n<div id=\"themify_builder_content-1092\" data-postid=\"1092\" class=\"themify_builder_content themify_builder_content-1092 themify_builder tf_clear\">\n    <\/div>\n<!--\/themify_builder_content-->","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[7,9,25],"tags":[],"class_list":["post-1092","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-article-document","category-francais-document","category-ic-comite-executif","has-post-title","has-post-date","has-post-category","has-post-tag","has-post-comment","has-post-author",""],"builder_content":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1092"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1092"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1092\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1092"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1092"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1092"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}