{"id":1155,"date":"2024-12-04T23:41:44","date_gmt":"2024-12-04T22:41:44","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/?p=1155"},"modified":"2024-12-09T23:44:04","modified_gmt":"2024-12-09T22:44:04","slug":"ic-1928-07-09-6e-theses-mouvement-revolutionnaire-colonies-semi-colonies","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/ic-1928-07-09-6e-theses-mouvement-revolutionnaire-colonies-semi-colonies\/","title":{"rendered":"6e Congr\u00e8s de l&rsquo;IC (juillet-septembre 1928) &#8211; Th\u00e8ses : Le mouvement r\u00e9volutionnaire dans les colonies et semi colonies"},"content":{"rendered":"<div class=WordSection1> <p class=Texte align=left style='margin-bottom:0cm;margin-bottom:.0001pt; text-align:left;text-indent:0cm;line-height:3.0pt'><span style='font-size:3.0pt; color:white'><!--more --><\/span><\/p><p class=rocmlIntertitre2art style='margin-top:0cm'><\/p> <div align=center> <table class=MsoTableGrid border=1 cellspacing=0 cellpadding=0 style='border-collapse:collapse;border:none'> <tr> <td width=756 nowrap valign=top style='width:16.0cm;border:solid windowtext 1.0pt; border-bottom:none;padding:5.65pt 14.2pt 5.65pt 14.2pt'> <p class=Intertitre2 style='margin:0cm;margin-bottom:.0001pt'><span style='color:#E36C0A'>6e Congr\u00e8s de l&rsquo;Internationale communiste<br> (17 juillet &#8211; 1er septembre 1928)<\/span><\/p> <\/td> <\/tr> <tr> <td width=756 nowrap valign=top style='width:16.0cm;border-top:none; border-left:solid windowtext 1.0pt;border-bottom:none;border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:5.65pt 14.2pt 5.65pt 14.2pt'> <p class=Intertitre2 style='margin:0cm;margin-bottom:.0001pt'>Th\u00e8ses :<br> Le mouvement r\u00e9volutionnaire<br> dans les colonies et semi&#8209;colonies<\/p> <\/td> <\/tr> <tr> <td width=756 valign=top style='width:16.0cm;border:solid windowtext 1.0pt; padding:5.65pt 14.2pt 5.65pt 14.2pt'> <p class=Texte align=left style='margin-bottom:0cm;margin-bottom:.0001pt; text-align:left;text-indent:0cm;line-height:12.0pt'><span style='font-size: 11.0pt'>Source&nbsp;:<br> <i>La Correspondance internationale<\/i>, n\u00b0&nbsp;149\/n\u00b0&nbsp;sp\u00e9cial&nbsp;51, 11&nbsp;d\u00e9cembre 1928; p.&nbsp;1727&#8209;1742&nbsp;<a href=\"#_edn1\" name=\"_ednref1\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:11.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[1]<\/span><\/span><\/span><\/a>.<\/span><\/p> <p class=Texte align=left style='margin-bottom:0cm;margin-bottom:.0001pt; text-align:left;text-indent:0cm;line-height:12.0pt'><span style='font-size: 11.0pt'>[Nous reproduisons ce texte avec l\u2019accord du responsable du site <i>321ignition.free.fr<\/i>]<\/span><\/p> <\/td> <\/tr> <\/table> <\/div> <p class=MsoNormal align=center style='text-align:center'>&nbsp;<\/p> <p class=Intertitre2>I.&nbsp;Introduction<\/p> <p class=Texte>1.&nbsp;Le 6e&nbsp;Congr\u00e8s de l&rsquo;Internationale communiste d\u00e9clare que les &quot;Th\u00e8ses sur les questions nationale et coloniale&quot;, \u00e9labor\u00e9es par L\u00e9nine et adopt\u00e9es par le 2e&nbsp;Congr\u00e8s mondial<a href=\"#_edn2\" name=\"_ednref2\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[2]<\/span><\/span><\/span><\/a>, conservent toute leur importance et doivent continuer \u00e0 guider l&rsquo;activit\u00e9 des partis communistes. Apr\u00e8s le 2e&nbsp;Congr\u00e8s, l&rsquo;importance des colonies et semi&#8209;colonies, comme facteur de crise du syst\u00e8me imp\u00e9rialiste mondial, a augment\u00e9 d&rsquo;actualit\u00e9.<\/p> <p class=Texte>D&rsquo;une part, en tant qu&rsquo;objet d&rsquo;exploitation dont l&rsquo;imp\u00e9rialisme ne saurait se passer, les colonies sont devenues, plus encore qu&rsquo;auparavant, une source perp\u00e9tuelle de conflits et guerres entre les imp\u00e9rialistes. Les guerres de rapine et les nouveaux plans militaires des \u00c9tats imp\u00e9rialistes contre divers peuples rest\u00e9s plus ou moins ind\u00e9pendants, les pr\u00e9paratifs croissants des puissances imp\u00e9rialistes en vue de guerres pour un nouveau partage des colonies se d\u00e9veloppent sans cesse.<\/p> <p class=Texte>D&rsquo;autre part, le monde immense des colonies et des semi&#8209;colonies s&rsquo;est transform\u00e9 en un foyer inextinguible de mouvements r\u00e9volutionnaires de masses. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne, dont la signification historique est gigantesque, r\u00e9sulte en partie des changements qui se sont op\u00e9r\u00e9s pendant et apr\u00e8s la guerre imp\u00e9rialiste, dans la situation int\u00e9rieure des principales colonies et semi&#8209;colonies, dans leur structure \u00e9conomique et sociale: renforcement des \u00e9l\u00e9ments de d\u00e9veloppement industriel capitaliste, aggravation de la crise agraire, accroissement et commencement d&rsquo;organisation du prol\u00e9tariat, paup\u00e9risation de grandes masses paysannes, etc., en partie aussi des changements dans la situation internationale: d&rsquo;une part, les difficult\u00e9s rencontr\u00e9es par les principales puissances imp\u00e9rialistes pendant la guerre et la crise d&rsquo;apr\u00e8s-guerre de l&rsquo;imp\u00e9rialisme mondial, plus tard, l&rsquo;agressivit\u00e9 accrue de la politique coloniale de l&rsquo;Angleterre, du Japon, des \u00c9tats&#8209;Unis, de la France, de l&rsquo;Italie, de la Hollande, comme cons\u00e9quence, de la &quot;paix&quot; imp\u00e9rialiste; d&rsquo;autre part, la transformation de la Russie de puissance imp\u00e9rialiste en puissance prol\u00e9tarienne antiimp\u00e9rialiste, la lutte victorieuse des peuples de l&rsquo;U.R.S.S. contre l&rsquo;imp\u00e9rialisme mondial pour la d\u00e9fense de leur ind\u00e9pendance, l&rsquo;exemple de la solution r\u00e9volutionnaire de la question nationale, l&rsquo;influence de l&rsquo;\u00e9dification socialiste de l&rsquo;Union&nbsp;sovi\u00e9tique, enfin le renforcement du mouvement communiste dans les pays capitalistes, et son action en faveur des colonies.<\/p> <p class=Texte>Tous ces faits ont consid\u00e9rablement acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 l&rsquo;\u00e9veil politique des formidables masses populaires des pays coloniaux et semi&#8209;coloniaux et provoqu\u00e9 une s\u00e9rie de grands soul\u00e8vements r\u00e9volutionnaires qui, pour la plupart, li\u00e8rent \u00e9troitement, d&rsquo;une fa\u00e7on originale, la lutte lib\u00e9ratrice antiimp\u00e9rialiste et le d\u00e9veloppement des forces de la lutte de classes \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur.<\/p> <p class=Texte>2.&nbsp;La R\u00e9volution <i>chinoise<\/i> a eu la plus grande importance internationale. Le massacre des ouvriers chinois \u00e0 Shangha\u00ef, le 30&nbsp;mai 1925, fut le signal du d\u00e9cha\u00eenement d&rsquo;une formidable vague r\u00e9volutionnaire en Chine. Les plus grands centres industriels: Shangha\u00ef, Tientsin, Hank\u00e9ou, Canton et la colonie anglaise de Hongkong furent l&rsquo;ar\u00e8ne de gr\u00e8ves r\u00e9volutionnaires de masses, qui soulev\u00e8rent une vague d&rsquo;action des masses paysannes contre les propri\u00e9taires fonciers chinois et la &quot;gentry&quot;<a href=\"#_edn3\" name=\"_ednref3\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[3]<\/span><\/span><\/span><\/a>. D\u00e9j\u00e0, \u00e0 cette \u00e9tape initiale du large mouvement national-r\u00e9volutionnaire, la bourgeoisie nationale s&rsquo;est efforc\u00e9e de limiter la lutte r\u00e9volutionnaire exclusivement \u00e0 <span lang=ES>des <\/span>objectifs nationaux, tels que la lutte contre les militaristes, le boycott des imp\u00e9rialistes, etc. Au moment m\u00eame o\u00f9 se levait la vague r\u00e9volutionnaire, la contre-r\u00e9volution commen\u00e7ait \u00e0 organiser ses forces (coup&nbsp;d&rsquo;\u00c9tat de Tchang Ka\u00ef&nbsp;Chek en mars 1926, massacre des manifestations d&rsquo;\u00e9tudiants \u00e0 P\u00e9kin, organisation de l&rsquo;aile droite du Kuomintang<a href=\"#_edn4\" name=\"_ednref4\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[4]<\/span><\/span><\/span><\/a> qui engagea la lutte contre les paysans dans le Kvantoung et le Kvangsi, etc.). L&rsquo;exp\u00e9dition vers le Nord, qui commen\u00e7a en \u00e9t\u00e9 1926, la conqu\u00eate d&rsquo;une s\u00e9rie de provinces, la d\u00e9faite et l&rsquo;effondrement de nombreux groupements militaristes r\u00e9actionnaires furent accompagn\u00e9s d&rsquo;une formidable croissance du mouvement des masses (occupation des concessions anglaises \u00e0 Hank\u00e9ou et Kioukiang, gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale \u00e0 Shangha\u00ef, qui se transforma en une insurrection arm\u00e9e, croissance gigantesque du mouvement paysan). L&rsquo;insurrection victorieuse de Shangha\u00ef, en avril 1927, posa la question de l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie du prol\u00e9tariat dans le mouvement national-r\u00e9volutionnaire, poussa d\u00e9finitivement la bourgeoisie indig\u00e8ne dans le camp de la r\u00e9action et d\u00e9termina le coup&nbsp;d&rsquo;\u00c9tat contre-r\u00e9volutionnaire de Tchang Ka\u00ef Chek.<\/p> <p class=Texte>Les actions ind\u00e9pendantes des ouvriers luttant pour le pouvoir, et surtout l&rsquo;essor continu du mouvement paysan, se transformant en r\u00e9volution agraire pouss\u00e8rent aussi le gouvernement de Wouhan, form\u00e9 sous la direction de l&rsquo;aile<a href=\"#_edn5\" name=\"_ednref5\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[5]<\/span><\/span><\/span><\/a> petite-bourgeoise du Kuomintang, dans le camp de la contre-r\u00e9volution. Cependant, la vague r\u00e9volutionnaire d\u00e9clinait d\u00e9j\u00e0. Dans une s\u00e9rie d&rsquo;insurrections (insurrection de Ho&nbsp;Lung, V\u00e9&nbsp;Ting, soul\u00e8vements paysans dans le Hounan, Houp\u00e9, Kvantoung, Kiangsou) la classe ouvri\u00e8re et les paysans tent\u00e8rent d&rsquo;arracher le pouvoir aux imp\u00e9rialistes, \u00e0 la bourgeoisie et aux propri\u00e9taires fonciers et d&#8217;emp\u00eacher par l\u00e0 la d\u00e9faite de la r\u00e9volution. Ils n&rsquo;y r\u00e9ussirent pas. La derni\u00e8re puissante manifestation de cette vague r\u00e9volutionnaire fut l&rsquo;insurrection de l&rsquo;h\u00e9ro\u00efque prol\u00e9tariat de Canton, qui, sous le mot d&rsquo;ordre des Soviets, tenta de lier la r\u00e9volution agraire au renversement du Kuomintang et \u00e0 l&rsquo;\u00e9tablissement de la dictature du prol\u00e9tariat et des paysans.<\/p> <p class=Texte>3.&nbsp;Aux <i>Indes<\/i>, la politique de l&rsquo;imp\u00e9rialisme anglais, entravant le d\u00e9veloppement de l&rsquo;industrie indig\u00e8ne, souleva un fort m\u00e9contentement de la bourgeoisie hindoue dont la consolidation, en tant que classe, rempla\u00e7a la division ant\u00e9rieure en sectes religieuses et en castes, s&rsquo;exprima en&nbsp;1916 par la fusion du Congr\u00e8s national hindou<a href=\"#_edn6\" name=\"_ednref6\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[6]<\/span><\/span><\/span><\/a> &#8209;&nbsp;organe de la bourgeoisie hindoue&nbsp;&#8209; avec la Ligue musulmane et dressa, face \u00e0 l&rsquo;imp\u00e9rialisme anglais, le front uni national. La crainte d&rsquo;un mouvement r\u00e9volutionnaire pendant la guerre obligea l&rsquo;imp\u00e9rialisme anglais \u00e0 faire des concessions \u00e0 la bourgeoisie indig\u00e8ne; elles s&rsquo;exprim\u00e8rent dans le domaine \u00e9conomique, par une augmentation des droits de douane sur les produits import\u00e9s, dans le domaine politique, par les pi\u00e8tres r\u00e9formes parlementaires introduites en&nbsp;1919. Cependant, les cons\u00e9quences d\u00e9sastreuses de la guerre imp\u00e9rialiste (famine et \u00e9pid\u00e9mies de&nbsp;1918), l&rsquo;aggravation catastrophique de la situation des grandes masses de la population laborieuse, l&rsquo;influence de la r\u00e9volution d<sup>&lsquo;<\/sup>Octobre en Russie et d&rsquo;une s\u00e9rie de soul\u00e8vements dans les pays coloniaux (par exemple, la lutte du peuple turc pour l&rsquo;ind\u00e9pendance) suscit\u00e8rent dans les masses du peuple hindou une intense fermentation qui s&rsquo;exprima par une s\u00e9rie d&rsquo;actions r\u00e9volutionnaires contre l&rsquo;imp\u00e9rialisme anglais. Ce premier grand mouvement antiimp\u00e9rialiste aux Indes (1919&#8209;1922) se termina par la trahison de la bourgeoisie hindoue envers la cause de la r\u00e9volution nationale, trahison d\u00e9termin\u00e9e surtout par la crainte de la vague grandissante des insurrections de paysans et des gr\u00e8ves des ouvriers contre les patrons indig\u00e8nes. La d\u00e9b\u00e2cle du mouvement national-r\u00e9volutionnaire et la d\u00e9sagr\u00e9gation graduelle du nationalisme bourgeois permirent \u00e0 l&rsquo;imp\u00e9rialisme anglais de revenir \u00e0 la politique d&rsquo;entraves au d\u00e9veloppement industriel des Indes. Les derni\u00e8res mesures de l&rsquo;imp\u00e9rialisme anglais aux Indes d\u00e9montrent que la contradiction objective entre le monopole colonial et la tendance des Indes \u00e0 un d\u00e9veloppement \u00e9conomique ind\u00e9pendant s&rsquo;aggrave d&rsquo;ann\u00e9e en ann\u00e9e et m\u00e8ne \u00e0 une nouvelle et profonde crise r\u00e9volutionnaire.<\/p> <p class=Texte>Le v\u00e9ritable danger pour la domination anglaise vient non pas du camp de la bourgeoisie, mais du mouvement de masses croissant des ouvriers hindous qui se d\u00e9veloppe en de formidables gr\u00e8ves; en m\u00eame temps, l&rsquo;aggravation de la crise \u00e0 la campagne t\u00e9moigne de la maturation de la r\u00e9volution agraire. Ces ph\u00e9nom\u00e8nes d\u00e9terminent un changement total de la situation politique aux Indes.<\/p> <p class=Texte>4.&nbsp;En <i>Indon\u00e9sie<\/i>, l&rsquo;imp\u00e9rialisme hollandais est de plus en plus oblig\u00e9 d&rsquo;accorder aux puissances plus fortes (imp\u00e9rialismes am\u00e9ricain et anglais) la possibilit\u00e9 d&rsquo;importer toujours plus de marchandises et de capitaux. L&rsquo;imp\u00e9rialisme hollandais est ainsi oblig\u00e9 de jouer en fait en Indon\u00e9sie un r\u00f4le subalterne, un r\u00f4le &quot;d&rsquo;agent&quot; qui exerce en outre les fonctions de gendarme et de bourreau. L&rsquo;insurrection qui \u00e9clata \u00e0 Java, en novembre 1926&nbsp;<a href=\"#_edn7\" name=\"_ednref7\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[7]<\/span><\/span><\/span><\/a>, fut directement caus\u00e9e par la crise \u00e9conomique qui aggrava la situation des grandes, masses de la population et par la r\u00e9pression cruelle du mouvement national-r\u00e9volutionnaire par le gouvernement. L&rsquo;insurrection fut dirig\u00e9e en grande partie par les communistes. Le gouvernement r\u00e9ussit \u00e0 la noyer dans le sang, \u00e0 \u00e9craser le parti communiste, \u00e0 exterminer ou \u00e0 emprisonner des milliers des meilleurs combattants du prol\u00e9tariat et des paysans. Les r\u00e9formes insignifiantes mises en sc\u00e8ne plus tard par le gouvernement pour att\u00e9nuer la haine des larges masses populaires et pour acheter le soutien des chefs national-r\u00e9formistes, dans l&rsquo;oeuvre &quot;d&rsquo;apaisement&quot; des masses n&rsquo;am\u00e9lior\u00e8rent en rien la situation des couches laborieuses du peuple. La crise \u00e9conomique qui continue, celle des industries du sucre et du caoutchouc, en particulier l&rsquo;offensive du capital pour aggraver les conditions de travail et le ch\u00f4mage croissant, cr\u00e9ent les conditions objectives de nouvelles actions in\u00e9vitables des masses ouvri\u00e8res et paysannes contre l&rsquo;imp\u00e9rialisme.<\/p> <p class=Texte>5.&nbsp;En <i>Afrique du Nord<\/i>, commen\u00e7a en 1923 une s\u00e9rie de soul\u00e8vements des tribus kabyles du Riff<a href=\"#_edn8\" name=\"_ednref8\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[8]<\/span><\/span><\/span><\/a> contre les imp\u00e9rialismes fran\u00e7ais et espagnol. Elles furent suivies d&rsquo;un soul\u00e8vement des tribus Druzes<a href=\"#_edn9\" name=\"_ednref9\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[9]<\/span><\/span><\/span><\/a>, de la Syrie, sous &quot;mandat&quot;, contre l&rsquo;imp\u00e9rialisme fran\u00e7ais. Au Maroc, les imp\u00e9rialistes ne r\u00e9ussirent \u00e0 ma\u00eetriser ce soul\u00e8vement qu&rsquo;apr\u00e8s une guerre prolong\u00e9e. La p\u00e9n\u00e9tration renforc\u00e9e du capital \u00e9tranger dans ces pays donne naissance \u00e0 de nouvelles forces sociales. L&rsquo;apparition et la croissance du prol\u00e9tariat urbain s&rsquo;exprime par une vague de gr\u00e8ves de masses qui, pour la premi\u00e8re fois, se d\u00e9veloppent en Palestine, en Syrie, en Tunisie et en Alg\u00e9rie. Peu \u00e0 peu, quoique tr\u00e8s lentement, les paysans de ces pays entreront aussi dans la lutte.<\/p> <p class=Texte>6.&nbsp;L&rsquo;expansion \u00e9conomique et militaire croissante de l&rsquo;imp\u00e9rialisme nord&#8209;am\u00e9ricain dans les pays de <i>l&rsquo;Am\u00e9rique&nbsp;latine<\/i> fait de ce continent un des principaux th\u00e9\u00e2tres des antagonismes de tout le syst\u00e8me colonial imp\u00e9rialiste. L&rsquo;influence de l&rsquo;Angleterre qui, avant la guerre, \u00e9tait d\u00e9cisive dans ces pays, r\u00e9duisant beaucoup d&rsquo;entre eux \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat de semi&#8209;colonie, fut supplant\u00e9e apr\u00e8s la guerre par une d\u00e9pendance, plus forte encore, \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des \u00c9tats&#8209;Unis. Gr\u00e2ce \u00e0 une exportation croissante de capitaux, l&rsquo;imp\u00e9rialisme nord&#8209;am\u00e9ricain conquiert les postes de commande de l&rsquo;\u00e9conomie de ces pays, soumet leurs gouvernements \u00e0 son contr\u00f4le financier et, en m\u00eame temps, les excite les uns contre les autres. Cette politique agressive de l&rsquo;imp\u00e9rialisme am\u00e9ricain prend de plus en plus un caract\u00e8re de violence non d\u00e9guis\u00e9e, allant jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;intervention arm\u00e9e (Nicaragua)<a href=\"#_edn10\" name=\"_ednref10\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[10]<\/span><\/span><\/span><\/a>. La lutte d&rsquo;\u00e9mancipation nationale contre l&rsquo;imp\u00e9rialisme am\u00e9ricain qui a commenc\u00e9 en Am\u00e9rique&nbsp;latine est en grande partie dirig\u00e9e par la petite bourgeoisie. La bourgeoisie nationale, qui forme une couche tr\u00e8s r\u00e9duite de la population (sauf en Argentine, au Br\u00e9sil, au Chili) li\u00e9e, d&rsquo;une part, aux grands propri\u00e9taires fonciers, et, d&rsquo;autre part, au capital am\u00e9ricain, est dans le camp de la contre-r\u00e9volution.<\/p> <p class=Texte>La r\u00e9volution mexicaine, qui d\u00e9buta par la lutte r\u00e9volutionnaire des paysans pour la terre, contre les propri\u00e9taires fonciers et l&rsquo;\u00c9glise, rev\u00eatit en m\u00eame temps \u00e0 un degr\u00e9 consid\u00e9rable le caract\u00e8re d&rsquo;une lutte des masses contre l&rsquo;imp\u00e9rialisme am\u00e9ricain et anglais et<a href=\"#_edn11\" name=\"_ednref11\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[11]<\/span><\/span><\/span><\/a> aboutit \u00e0 la constitution d&rsquo;un gouvernement de la petite-bourgeoisie, qui s&rsquo;efforce de conserver le pouvoir par des concessions aux grands propri\u00e9taires fonciers et \u00e0 l&rsquo;imp\u00e9rialisme nord&#8209;am\u00e9ricain. Les insurrections paysannes, les gr\u00e8ves des ouvriers, etc., en \u00c9quateur, contre le gouvernement des propri\u00e9taires fonciers de la c\u00f4te et contre le gouvernement des banquiers et de la bourgeoisie commer\u00e7ante de <span lang=ES>Guayaquil <\/span>d\u00e9termin\u00e8rent un coup&nbsp;d&rsquo;\u00c9tat militaire et l&rsquo;instauration d&rsquo;un gouvernement militaire dictatorial en&nbsp;1925; une s\u00e9rie de coups&nbsp;d&rsquo;\u00c9tat militaires au Chili; une guerre de partisans au Nicaragua contre l&rsquo;imp\u00e9rialisme nord&#8209;am\u00e9ricain; une s\u00e9rie d&rsquo;insurrections dans le sud du Br\u00e9sil; l&rsquo;insurrection des ouvriers agricoles de Patagonie<a href=\"#_edn12\" name=\"_ednref12\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[12]<\/span><\/span><\/span><\/a>, en Argentine; les soul\u00e8vements d&rsquo;indiens, en Bolivie, \u00c9quateur et Colombie, les r\u00e9bellions, les gr\u00e8ves g\u00e9n\u00e9rales spontan\u00e9es et les manifestations de masses au Venezuela et en Colombie; les mouvements antiimp\u00e9rialistes de masses \u00e0 Cuba et dans toute l&rsquo;Am\u00e9rique&nbsp;Centrale, en Colombie, etc., etc., tous ces \u00e9v\u00e9nements des derni\u00e8res ann\u00e9es t\u00e9moignent d&rsquo;un \u00e9largissement et d&rsquo;un approfondissement du processus r\u00e9volutionnaire et surtout de la col\u00e8re croissante des pays de l&rsquo;Am\u00e9rique&nbsp;latine contre l&rsquo;imp\u00e9rialisme mondial.<\/p> <p class=Texte>7.&nbsp;Dans la plupart des cas l&rsquo;imp\u00e9rialisme a jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent r\u00e9ussi \u00e0 noyer dans le sang le mouvement r\u00e9volutionnaire des pays coloniaux. Mais toutes ces questions fondamentales qui provoqu\u00e8rent ces mouvements sont rest\u00e9es sans solution. La contradiction objective entre la politique coloniale de l&rsquo;imp\u00e9rialisme mondial et le d\u00e9veloppement ind\u00e9pendant des peuples coloniaux n&rsquo;a nullement disparu ni en Chine, ni aux Indes, ni dans aucun autre des pays coloniaux et semi&#8209;coloniaux, au contraire, elle s&rsquo;aggrave toujours plus et ne peut \u00eatre \u00e9limin\u00e9e que par la lutte r\u00e9volutionnaire victorieuse des masses travailleuses des colonies. Tant que cette contradiction n&rsquo;aura pas \u00e9t\u00e9 \u00e9limin\u00e9e, elle agira dans chaque colonie et semi&#8209;colonie comme un des principaux facteurs objectifs de la r\u00e9volution. En m\u00eame temps, la politique coloniale des \u00c9tats imp\u00e9rialistes agit comme un des plus puissants g\u00e9n\u00e9rateurs d&rsquo;antagonisme et de guerres, entre eux. Cet antagonisme s&rsquo;aggrave de plus en plus et joue, dans les semi&#8209;colonies surtout, en d\u00e9pit de blocs fr\u00e9quents des imp\u00e9rialistes, un r\u00f4le plus ou moins consid\u00e9rable. Mais les antagonismes entre le monde imp\u00e9rialiste d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, <i>l&rsquo;U.R.S.S.<\/i> et le mouvement ouvrier r\u00e9volutionnaire des pays capitalistes de l&rsquo;autre, ont la plus grande importance pour le d\u00e9veloppement du mouvement r\u00e9volutionnaire dans les colonies.<\/p> <p class=Texte>8.&nbsp;La formation d&rsquo;un front de combat entre les forces actives et la r\u00e9volution socialiste mondiale (l&rsquo;Union&nbsp;sovi\u00e9tique et le mouvement ouvrier dans les pays capitalistes) d&rsquo;une part, et, de l&rsquo;autre, <span lang=ES>les <\/span>forces de l&rsquo;imp\u00e9rialisme, ont, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque actuelle de l&rsquo;Histoire universelle, <i>une <\/i><i>signification primordiale d\u00e9cisive<\/i>. Les masses laborieuses des colonies luttant contre l&rsquo;esclavage imp\u00e9rialiste forment une puissante arm\u00e9e militaire de la r\u00e9volution socialiste mondiale. Les pays coloniaux sont actuellement pour l&rsquo;imp\u00e9rialisme mondial le secteur du front le plus dangereux. Les mouvements r\u00e9volutionnaires lib\u00e9rateurs des colonies et des semi&#8209;colonies se groupent de plus en plus autour du drapeau de l&rsquo;Union&nbsp;sovi\u00e9tique, convaincus par une am\u00e8re exp\u00e9rience, qu&rsquo;il n&rsquo;y a pour eux de salut que dans l&rsquo;alliance avec le prol\u00e9tariat r\u00e9volutionnaire, dans la victoire de la r\u00e9volution prol\u00e9tarienne mondiale sur l&rsquo;imp\u00e9rialisme mondial. De leur c\u00f4t\u00e9, le prol\u00e9tariat de l&rsquo;U.R.S.S. et le mouvement ouvrier dans les pays capitalistes, dirig\u00e9s par l&rsquo;Internationale communiste, soutiennent et soutiendront de plus en plus \u00e9nergiquement par leur action, la lutte \u00e9mancipatrice de tous les peuples coloniaux dans leur lutte pour l&rsquo;\u00e9mancipation d\u00e9finitive du joug de l&rsquo;imp\u00e9rialisme. Plus: l&rsquo;alliance de l&rsquo;U.R.S.S. et du prol\u00e9tariat r\u00e9volutionnaire des pays imp\u00e9rialistes cr\u00e9e pour les masses laborieuses des peuples de Chine, des Indes et de tous les pays arri\u00e9r\u00e9s coloniaux et semi&#8209;coloniaux la possibilit\u00e9 d&rsquo;un d\u00e9veloppement ind\u00e9pendant, libre, \u00e9conomique et culturel, <i>br\u00fblant l&rsquo;\u00e9tape de la domination du r\u00e9gime capitaliste<\/i> et m\u00eame le d\u00e9veloppement des rapports capitalistes en g\u00e9n\u00e9ral.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;\u00e9poque de l&rsquo;imp\u00e9rialisme, des guerres et des r\u00e9volutions, dans laquelle na\u00eet la dictature du prol\u00e9tariat, ouvre ainsi une perspective tout \u00e0 fait nouvelle au d\u00e9veloppement des peuples coloniaux. \u00c9tant donn\u00e9 que de l&rsquo;analyse d&rsquo;ensemble de l&rsquo;\u00e9conomie mondiale contemporaine ne r\u00e9sulte nullement de la perspective d&rsquo;une nouvelle p\u00e9riode prolong\u00e9e de prosp\u00e9rit\u00e9 capitaliste, mais, au contraire, la chute in\u00e9vitable du capitalisme, qui a d\u00e9j\u00e0 termin\u00e9 son r\u00f4le historique progressif et est devenu un frein au progr\u00e8s, se d\u00e9compose c\u00e9dant la place \u00e0 la dictature prol\u00e9tarienne (U.R.S.S.) et m\u00e8ne l&rsquo;humanit\u00e9 \u00e0 de nouvelles catastrophes. Ainsi il y a la possibilit\u00e9 objective d&rsquo;un d\u00e9veloppement non capitaliste des colonies arri\u00e9r\u00e9es, d&rsquo;une transformation de la r\u00e9volution d\u00e9mocratique-bourgeoise en r\u00e9volution socialiste prol\u00e9tarienne dans les colonies avanc\u00e9es gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;aide de la dictature prol\u00e9tarienne des autres pays. Si les conditions objectives sont favorables, cette possibilit\u00e9 devient r\u00e9alit\u00e9, la marche r\u00e9elle des \u00e9v\u00e9nements \u00e9tant d\u00e9termin\u00e9e par la <i>lutte<\/i>, et seulement la lutte. D\u00e9fendre cette voie en th\u00e9orie et en pratique, lutter pour elle avec abn\u00e9gation, est le devoir de tous les communistes. Cette perspective pose \u00e9galement devant les colonies le probl\u00e8me de la prise du pouvoir r\u00e9volutionnaire par les <i>Soviets<\/i>.<\/p> <p class=Texte>Toutes les questions fondamentales du mouvement r\u00e9volutionnaire des colonies et des semi&#8209;colonies se trouvent ainsi en liaison \u00e9troite avec la lutte formidable et historique, entre le syst\u00e8me capitaliste et le syst\u00e8me socialiste, men\u00e9e actuellement, \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle mondiale, par l&rsquo;imp\u00e9rialisme contre l&rsquo;U.R.S.S. et, \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de chaque pays capitaliste, entre la domination de classe de la bourgeoisie et le mouvement communiste.<\/p> <p class=Texte>Dans cette lutte, la collaboration du prol\u00e9tariat r\u00e9volutionnaire au monde entier et des masses laborieuses des colonies est la garantie la plus s\u00fbre de victoires sur l&rsquo;imp\u00e9rialisme. Dans cette lutte, tout conflit arm\u00e9 entre deux \u00c9tats imp\u00e9rialistes, et toute guerre des imp\u00e9rialistes contre l&rsquo;U.R.S.S. doivent \u00eatre utilis\u00e9s pour mobiliser les masses des colonies et les entra\u00eener dans une lutte d\u00e9cisive contre l&rsquo;imp\u00e9rialisme, pour l&rsquo;\u00e9mancipation nationale, pour la victoire des ouvriers et paysans.<\/p> <p class=Intertitre2>II.&nbsp;Traits caract\u00e9ristiques de la vie \u00e9conomique<br> des colonies et de la politique coloniale imp\u00e9rialiste<\/p> <p class=Texte>9.&nbsp;L&rsquo;histoire contemporaine des colonies ne peut \u00eatre comprise que si elle est consid\u00e9r\u00e9e comme une partie de l&rsquo;histoire du d\u00e9veloppement de l&rsquo;\u00e9conomie capitaliste dans son ensemble, de ses formes les plus primitives \u00e0 sa derni\u00e8re \u00e9tape: l&rsquo;imp\u00e9rialisme.<\/p> <p class=Texte>\u00c0&nbsp;mesure que le capitalisme englobe de plus en plus l&rsquo;immense domaine colonial dans la sph\u00e8re de son \u00e9conomie mondiale bas\u00e9e sur l&rsquo;exploitation et la chasse au profit, l&rsquo;histoire \u00e9conomique et politique des pays coloniaux et semi&#8209;coloniaux refl\u00e8te, comme un miroir, tous les traits caract\u00e9ristiques de la soi-disant &quot;mission civilisatrice et culturelle&quot; du mode de production capitalisme et de l&rsquo;ordre social bourgeois. Elle d\u00e9couvre surtout, avec une franchise implacable, les m\u00e9thodes et la pratique de l<span style='font-family:\"Times New Roman\",\"serif\"'>&#8242;<\/span>&quot;accumulation primitive du capital&quot;. Une politique de conqu\u00eates et d&rsquo;oppression d&rsquo;une cruaut\u00e9 inou\u00efe avec sa rapine coloniale et ses exp\u00e9ditions punitives, ses guerres d&rsquo;opium et ses incursions de pirates, son ravitaillement forc\u00e9 de la population indig\u00e8ne en eau&#8209;de&#8209;vie, en bibles et autres poisons, produits en abondance par les pays tr\u00e8s chr\u00e9tiens d&rsquo;Europe et d&rsquo;Am\u00e9rique, tels furent les principaux facteurs qui favoris\u00e8rent le renforcement du r\u00e9gime capitaliste.<\/p> <p class=Texte>En d\u00e9pit des odieux mensonges des imp\u00e9rialistes et de leurs valets r\u00e9formistes (MacDonald, Otto Bauer et&nbsp;Cie) qui affirment que l&rsquo;imp\u00e9rialisme &quot;apporte aux peuples arri\u00e9r\u00e9s la prosp\u00e9rit\u00e9, le progr\u00e8s et la culture&quot;, le passage \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque du capitalisme monopoliste n&rsquo;a aucunement all\u00e9g\u00e9 le fardeau qui p\u00e8se sur les formidables masses des peuples coloniaux. Les cons\u00e9quences d\u00e9sastreuses qu&rsquo;entra\u00eene partout le d\u00e9veloppement capitaliste, surtout dans la premi\u00e8re phase de son existence, se reproduisent dans les colonies \u00e0 un degr\u00e9 monstrueux et avec une rapidit\u00e9 accrue gr\u00e2ce \u00e0 la p\u00e9n\u00e9tration du capital \u00e9tranger. Le progr\u00e8s provoqu\u00e9 par le capitalisme, au contraire, ne s&rsquo;y fait g\u00e9n\u00e9ralement pas du tout sentir. L\u00e0 o\u00f9 l&rsquo;imp\u00e9rialisme r\u00e9gnant a besoin dans les colonies d&rsquo;un appui social, il s&rsquo;unit d&rsquo;abord aux couches dirigeantes de l&rsquo;ancien r\u00e9gime social &#8209;&nbsp;les f\u00e9odaux et la bourgeoisie marchande et usuri\u00e8re&nbsp;&#8209; contre la majorit\u00e9 du peuple. Partout, l&rsquo;imp\u00e9rialisme s&rsquo;efforce de conserver et d&rsquo;\u00e9terniser toutes les formes d&rsquo;exploitation pr\u00e9capitalistes (surtout dans les campagnes) qui sont la base d&rsquo;existence de ses alli\u00e9s r\u00e9actionnaires. Les masses populaires de ces pays sont contraintes de payer des sommes immenses pour l&rsquo;entretien de l&rsquo;arm\u00e9e, de la gendarmerie et de l&rsquo;appareil administratif du r\u00e9gime colonial. La famine, et les \u00e9pid\u00e9mies qui se d\u00e9veloppent surtout parmi les paysans paup\u00e9ris\u00e9s; l&rsquo;expropriation en masse des terres de la population indig\u00e8ne; les conditions inhumaines de travail (dans les plantations et les mines des capitalistes blancs, etc., etc.), pires parfois que l&rsquo;esclavage avou\u00e9&nbsp;&#8209; exercent partout leur influence n\u00e9faste sur la population des colonies et d\u00e9terminent parfois l&rsquo;extinction de peuplades enti\u00e8res. Le &quot;r\u00f4le \u00e9ducatif culturel&quot; des \u00c9tats imp\u00e9rialistes dans les colonies est en r\u00e9alit\u00e9 celui de bourreau.<\/p> <p class=Texte>10.&nbsp;Parmi les pays coloniaux, il faut distinguer entre les colonies des pays capitalistes qui servaient de territoire de colonisation pour le surplus de leur population et qui devinrent ainsi le prolongement de leur syst\u00e8me capitaliste propre (Australie, Canada, etc., etc.) et les colonies qui sont exploit\u00e9es par les imp\u00e9rialistes surtout comme d\u00e9bouch\u00e9s, source de mati\u00e8res premi\u00e8res et sph\u00e8re d&rsquo;investissement des capitaux. Cette distinction a une grande importance, non seulement historique, mais aussi \u00e9conomique et politique. Les colonies du premier type sont devenues, par leur d\u00e9veloppement g\u00e9n\u00e9ral, des Dominions, c&rsquo;est&#8209;\u00e0&#8209;dire des parties de syst\u00e8me imp\u00e9rialiste jouissant de droits \u00e9gaux ou presque \u00e9gaux \u00e0 ceux de la m\u00e9tropole. Le d\u00e9veloppement capitaliste y reproduit, au sein de la population blanche immigr\u00e9e, la m\u00eame structure sociale que celle de la m\u00e9tropole, tandis que la population indig\u00e8ne est en grande partie extermin\u00e9e. Il n&rsquo;est pas question de r\u00e9gime colonial sous la forme existant dans les colonies du second type. Entre ces deux types, existe un type transitoire o\u00f9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de nombreuses populations indig\u00e8nes existe une population blanche consid\u00e9rable form\u00e9e de colons (Afrique du Sud, Nouvelle-Z\u00e9lande, Alg\u00e9rie, etc., etc.). La bourgeoisie, venue de la m\u00e9tropole, repr\u00e9sente au fond dans ces pays (colonies d&rsquo;\u00e9migration) un &quot;prolongement&quot; colonial de la bourgeoisie de la m\u00e9tropole. Les int\u00e9r\u00eats de cette bourgeoisie sont en grande partie identiques aux int\u00e9r\u00eats coloniaux de la m\u00e9tropole. La m\u00e9tropole est int\u00e9ress\u00e9e, jusqu&rsquo;\u00e0 un certain degr\u00e9, \u00e0 renforcer sa &quot;filiale&quot; capitaliste dans la colonie, surtout quand cette &quot;filiale&quot; de l&rsquo;imp\u00e9rialisme r\u00e9ussit \u00e0 subjuguer l&rsquo;ancienne population indig\u00e8ne ou m\u00eame \u00e0 la faire dispara\u00eetre compl\u00e8tement. D&rsquo;autre part, la rivalit\u00e9 des divers syst\u00e8mes imp\u00e9rialistes pour l&rsquo;influence dans ces pays demi&#8209;ind\u00e9pendants<a href=\"#_edn13\" name=\"_ednref13\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[13]<\/span><\/span><\/span><\/a> peut aboutir \u00e0 leur s\u00e9paration de la m\u00e9tropole et m\u00eame \u00e0 leur rattachement aux concurrents de celle&#8209;ci. Ces causes contraignent souvent l&rsquo;imp\u00e9rialisme \u00e0 accorder \u00e0 son agence une certaine ind\u00e9pendance politique et \u00e9conomique dans ces colonies (Dominions) qui deviennent alors des puissances alli\u00e9es et apparent\u00e9es \u00e0 leur imp\u00e9rialisme respectif.<\/p> <p class=Texte>11.&nbsp;Au fond, le r\u00e9gime colonial imp\u00e9rialiste consiste en un monopole, bas\u00e9 non seulement sur la pression \u00e9conomique mais aussi sur la contrainte non \u00e9conomique, de la bourgeoisie du pays imp\u00e9rialiste dans le pays d\u00e9pendant, monopole qui a deux fonctions principales: d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, <i>l&rsquo;exploitation<\/i> impitoyable des colonies (diverses formes de tributs directs ou indirects, surprofits provenant de l&rsquo;\u00e9coulement des produits industriels de la m\u00e9tropole et de l&rsquo;approvisionnement de l&rsquo;industrie de la m\u00e9tropole en mati\u00e8res premi\u00e8res \u00e0 bas prix avec utilisation de main&#8209;d&rsquo;oeuvre \u00e0 tr\u00e8s bon march\u00e9); d&rsquo;autre part, le monopole imp\u00e9rialiste sert \u00e0 conserver et \u00e0 d\u00e9velopper les conditions de sa propre existence, c&rsquo;est&#8209;\u00e0&#8209;dire <i>l&rsquo;assujettissement<\/i> des masses coloniales.<\/p> <p class=Texte>Dans sa fonction <i>d&rsquo;exploiteur<\/i> colonial, l&rsquo;imp\u00e9rialisme est, par rapport au pays colonial, avant tout un parasite qui suce le sang de son organisme \u00e9conomique. Le fait que ce parasite repr\u00e9sente envers sa victime une haute culture, en fait un exploiteur d&rsquo;autant plus puissant et dangereux, mais du point de vue du pays colonial, ne modifie en rien le caract\u00e8re parasitaire de ses fonctions. L&rsquo;exploitation capitaliste de chaque pays imp\u00e9rialiste a suivi la voie du d\u00e9veloppement des forces productives. Les formes sp\u00e9cifiquement coloniales d&rsquo;exploitation capitaliste, employ\u00e9es par la bourgeoisie anglaise fran\u00e7aise et autres, <i>freinent<\/i>, par contre, en fin de compte, le d\u00e9veloppement des forces productives de leurs colonies. Elles consistent \u00e0 n&rsquo;effectuer que le minimum de travail constructif (chemins&nbsp;de&nbsp;fer, ports) n\u00e9cessaire \u00e0 la domination militaire du pays, au fonctionnement ininterrompu de la machine fiscale et aux besoins du commerce du pays imp\u00e9rialiste. L&rsquo;agriculture des colonies est oblig\u00e9e, en grande partie, de travailler pour l&rsquo;exportation, mais l&rsquo;agriculture n&rsquo;est nullement lib\u00e9r\u00e9e par l\u00e0 des entraves des formes \u00e9conomiques pr\u00e9capitalistes. En r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, elle se transforme en \u00e9conomie marchande &quot;libre&quot; gr\u00e2ce \u00e0 la subordination des formes de production pr\u00e9capitalistes aux besoins du capital financier, \u00e0 l&rsquo;intensification des m\u00e9thodes pr\u00e9capitalistes d&rsquo;exploitation, \u00e0 l&rsquo;assujettissement de l&rsquo;\u00e9conomie paysanne au joug du capital marchand et usuraire, qui se d\u00e9veloppent rapidement, au renforcement des charges fiscales, etc., etc. L&rsquo;exploitation des paysans se renforce, mais leurs m\u00e9thodes de production ne sont pas renouvel\u00e9es. En r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, la transformation industrielle des mati\u00e8res premi\u00e8res coloniales s&rsquo;op\u00e8re non pas dans la colonie, mais dans les pays capitalistes, avant tout dans la m\u00e9tropole. Les b\u00e9n\u00e9fices tir\u00e9s des colonies n&rsquo;y sont pas, pour la plupart, d\u00e9pens\u00e9s productivement, ils sont extraits du pays pour \u00eatre investis soit dans la m\u00e9tropole, soit dans de nouvelles sph\u00e8res d&rsquo;expansion de l&rsquo;imp\u00e9rialisme. Ainsi, l&rsquo;exploitation coloniale est, par sa tendance fondamentale, un frein au d\u00e9veloppement des forces productives des colonies, elle op\u00e8re le pillage des richesses naturelles et, surtout, \u00e9puise les r\u00e9serves de forces productives humaines du pays colonial.<\/p> <p class=Texte>12.&nbsp;Cependant, dans la mesure o\u00f9 l&rsquo;exploitation coloniale d\u00e9termine un certain d\u00e9veloppement de la production dans les colonies, ce d\u00e9veloppement, gr\u00e2ce au monopole imp\u00e9rialiste, prend une orientation sp\u00e9ciale et n&rsquo;est encourag\u00e9 que dans la mesure o\u00f9 il correspond aux int\u00e9r\u00eats de la m\u00e9tropole, au maintien de son monopole colonial en particulier. Elle peut pousser une partie des paysans, par exemple, \u00e0 passer de la culture des c\u00e9r\u00e9ales \u00e0 celle du coton, du sucre, du caoutchouc (Soudan, Cuba, Java, \u00c9gypte, etc.), mais cela s&rsquo;op\u00e8re d&rsquo;une fa\u00e7on qui, non seulement, ne correspond pas aux int\u00e9r\u00eats du d\u00e9veloppement \u00e9conomique ind\u00e9pendant des pays coloniaux, mais au contraire, renforce encore davantage la d\u00e9pendance des colonies \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des m\u00e9tropoles imp\u00e9rialistes. Dans le but d&rsquo;\u00e9largir l&rsquo;approvisionnement de l&rsquo;imp\u00e9rialisme mondial en mati\u00e8res premi\u00e8res, on cr\u00e9e de nouvelles cultures agricoles pour remplacer celles qu&rsquo;an\u00e9antit la politique coloniale. Les nouveaux syst\u00e8mes d&rsquo;irrigation, construits dans ce but pour remplacer les anciens syst\u00e8mes d\u00e9truits, se transforment aux mains des imp\u00e9rialistes en un instrument d&rsquo;exploitation renforc\u00e9e des paysans. Dans le but d&rsquo;\u00e9largir le march\u00e9 int\u00e9rieur, on fait des tentatives d&rsquo;adapter au mode de production capitaliste les rapports agraires cr\u00e9\u00e9s en partie par la politique coloniale elle&#8209;m\u00eame. Les plantations de toute sorte servent les int\u00e9r\u00eats du capital financier des m\u00e9tropoles. L&rsquo;exploitation des richesses min\u00e9rales des colonies est faite en vue des besoins de l&rsquo;industrie de la m\u00e9tropole, surtout afin de la rendre ind\u00e9pendante des sources de mati\u00e8res premi\u00e8res des autres pays, sur lesquels ne s&rsquo;exerce pas son monopole. Ce sont les principales sph\u00e8res de la production coloniale. Le d\u00e9veloppement de la production dans les colonies grandit relativement, l\u00e0 seulement o\u00f9 la fabrication est une op\u00e9ration extr\u00eamement simple (industrie du tabac, du sucre, etc.) et o\u00f9 les frais de transport des mati\u00e8res premi\u00e8res peuvent \u00eatre sensiblement r\u00e9duits par leur transformation sur place. En tout cas, les entreprises capitalistes, cr\u00e9\u00e9es dans les colonies par les imp\u00e9rialistes (\u00e0 l&rsquo;exception de certaines entreprises cr\u00e9\u00e9es pour des buts de guerre) portent essentiellement ou exclusivement un caract\u00e8re capitaliste-agraire caract\u00e9ris\u00e9 par une faible composition organique du capital. La v\u00e9ritable industrialisation des pays coloniaux, en particulier la cr\u00e9ation d&rsquo;une industrie viable de construction m\u00e9canique capable de favoriser le d\u00e9veloppement ind\u00e9pendant des forces productives du pays, loin d&rsquo;\u00eatre encourag\u00e9e, est au contraire entrav\u00e9e, par la m\u00e9tropole. <i>C&rsquo;est en cela, au fond, que consiste sa fonction d&rsquo;oppression coloniale<\/i>: le pays colonial est contraint de sacrifier les int\u00e9r\u00eats de son d\u00e9veloppement ind\u00e9pendant et de jouer le r\u00f4le d&rsquo;appendice \u00e9conomique (agriculture, mati\u00e8res premi\u00e8res) du capitalisme \u00e9tranger, afin de renforcer, au d\u00e9triment des classes laborieuses du pays colonial, le pouvoir \u00e9conomique et politique de la bourgeoisie du pays imp\u00e9rialiste, de perp\u00e9tuer son monopole colonial et de renforcer son expansion dans le reste du monde.<\/p> <p class=Texte>De m\u00eame que le &quot;capitalisme classique&quot; de l&rsquo;\u00e9poque pr\u00e9imp\u00e9rialiste d\u00e9montrait, on ne peut plus clairement, par sa rapine dans les colonies, tous les caract\u00e8res n\u00e9gatifs de la destruction du pass\u00e9 sans \u00e9dification cr\u00e9atrice d&rsquo;une \u00e9conomie nouvelle; de m\u00eame l&rsquo;indice le plus caract\u00e9ristique de la d\u00e9cadence de l&rsquo;imp\u00e9rialisme, son caract\u00e8re usuraire et parasitaire appara\u00eet clairement dans son \u00e9conomie coloniale. La tendance des grandes puissances imp\u00e9rialistes \u00e0 adapter toujours davantage et toujours plus exclusivement leurs colonies monopolis\u00e9es aux besoins de l&rsquo;\u00e9conomie capitaliste de la m\u00e9tropole, entra\u00eene non seulement la destruction du r\u00e9gime \u00e9conomique traditionnel de la population coloniale indig\u00e8ne, mais aussi \u00e0 une rupture de l&rsquo;\u00e9quilibre entre les diff\u00e9rentes branches de la production et, en fin de compte, \u00e0 un ralentissement artificiel du d\u00e9veloppement des forces productives des colonies.<\/p> <p class=Texte>La tendance g\u00e9n\u00e9rale commune \u00e0 toutes les m\u00e9tropoles consiste, d&rsquo;une part, \u00e0 faire de la colonie une partie subordonn\u00e9e de son syst\u00e8me imp\u00e9rialiste, afin de permettre \u00e0 celui-ci de se suffire \u00e0 lui&#8209;m\u00eame \u00e9conomiquement et de s&rsquo;opposer aux autres syst\u00e8mes imp\u00e9rialistes, et, d&rsquo;autre part, \u00e0 priver la colonie des rapports directs avec l&rsquo;ensemble de l&rsquo;\u00e9conomie mondiale et \u00e0 prendre la fonction d&rsquo;interm\u00e9diaire et d&rsquo;arbitre supr\u00eame de ses rapports \u00e9conomiques avec le monde ext\u00e9rieur. Cette tendance des imp\u00e9rialistes \u00e0 renforcer la d\u00e9pendance unilat\u00e9rale des colonies \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de la m\u00e9tropole, aiguise la rivalit\u00e9 des diverses puissances imp\u00e9rialistes, des trusts internationaux, etc.<\/p> <p class=Texte>Le d\u00e9veloppement des rapports capitalistes et l&rsquo;exploitation des masses populaires des colonies d\u00e9termin\u00e9s par ces conditions rev\u00eatent des formes tr\u00e8s vari\u00e9es.<\/p> <p class=Texte>13.&nbsp;L&rsquo;immense majorit\u00e9 de la population des colonies \u00e9tant attach\u00e9e \u00e0 la terre dans les campagnes, les formes rapaces d&rsquo;exploitation des paysans employ\u00e9es par l&rsquo;imp\u00e9rialisme et ses alli\u00e9s (la classe des propri\u00e9taires fonciers et le capital marchand et usuraire) acqui\u00e8rent une importance particuli\u00e8re. Gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;intervention de l&rsquo;imp\u00e9rialisme (imp\u00f4ts, importation de marchandises industrielles de la m\u00e9tropole, etc.) l&rsquo;incorporation des campagnes dans l&rsquo;\u00e9conomie mon\u00e9taire et marchande est accompagn\u00e9e de la paup\u00e9risation de l&rsquo;\u00e9conomie paysanne, de la ruine de l&rsquo;artisanat paysan, etc., etc. et s&rsquo;op\u00e8re d&rsquo;une fa\u00e7on beaucoup plus rapide que nagu\u00e8re dans les pays capitalistes avanc\u00e9s: au contraire, le d\u00e9veloppement industriel ralenti fixe des limites \u00e9troites \u00e0 la prol\u00e9tarisation. Cette formidable disproportion entre la destruction rapide des anciennes formes \u00e9conomiques et le lent d\u00e9veloppement des formes nouvelles a engendr\u00e9 en Chine, aux Indes, en Indon\u00e9sie, en \u00c9gypte, etc., un extraordinaire &quot;manque de terre&quot; et la surpopulation des campagnes, une grande augmentation de la rente fonci\u00e8re et un morcellement extr\u00eame des terres cultiv\u00e9es par les paysans. En plus tout le poids des anciens rapports d&rsquo;exploitation et d&rsquo;oppression f\u00e9odaux ou semi&#8209;f\u00e9odaux, sous des formes quelque peu &quot;modernis\u00e9es&quot;, mais pas plus supportables, p\u00e8se comme par le pass\u00e9 sur les paysans. Le capitalisme, qui a englob\u00e9 les campagnes des colonies dans son syst\u00e8me fiscal et son appareil commercial et qui a provoqu\u00e9 un bouleversement dans les rapports pr\u00e9capitalistes (par exemple en supprimant la communaut\u00e9 villageoise) n&rsquo;a aucunement \u00e9mancip\u00e9 par l\u00e0 les paysans du joug des formes pr\u00e9capitalistes d&rsquo;oppression et d&rsquo;exploitation, et n&rsquo;a fait que les exprimer en argent (la corv\u00e9e et le fermage en nature sont en partie remplac\u00e9s par le fermage en argent, l&rsquo;imp\u00f4t en nature par l&rsquo;imp\u00f4t en argent, etc., etc.) ce qui a encore aggrav\u00e9 la mis\u00e8re des paysans. Au &quot;secours&quot; de la situation pr\u00e9caire des paysans sont venus les usuriers qui les spolient et parfois (par exemple, dans certaines r\u00e9gions des Indes et de la Chine) cr\u00e9ent un esclavage h\u00e9r\u00e9ditaire pour dettes.<\/p> <p class=Texte>En d\u00e9pit de toute la diversit\u00e9 des rapports agraires dans les divers pays coloniaux et m\u00eame dans les diff\u00e9rentes r\u00e9gions d&rsquo;un m\u00eame pays, la situation mis\u00e9rable des masses paysannes est presque partout la m\u00eame: en partie, gr\u00e2ce \u00e0 un \u00e9change non \u00e9quivalent, en partie, gr\u00e2ce \u00e0 une exploitation directe, les paysans de ces pays sont hors d&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;\u00e9lever le niveau de la technique et de l&rsquo;organisation de leur culture. La productivit\u00e9 de leur travail et leur consommation diminuent. La paup\u00e9risation des paysans dans ces pays est un ph\u00e9nom\u00e8ne g\u00e9n\u00e9ral. Aux Indes, en Chine, en Indon\u00e9sie, la paup\u00e9risation des paysans a atteint un tel degr\u00e9, qu&rsquo;actuellement le type dominant \u00e0 la campagne est le paysan pauvre sans terre ou presque sans terre, souvent en proie \u00e0 la famine. La grande propri\u00e9t\u00e9 fonci\u00e8re n&rsquo;est presque jamais li\u00e9e \u00e0 la grande exploitation agricole et ne sert qu&rsquo;\u00e0 tirer des paysans le paiement des fermages. Il existe du reste souvent toute une hi\u00e9rarchie de fermiers et de sous&#8209;fermiers, interm\u00e9diaires parasitaires entre le cultivateur et le grand propri\u00e9taire foncier (gentry, zomindar<a href=\"#_edn14\" name=\"_ednref14\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[14]<\/span><\/span><\/span><\/a>) ou l&rsquo;\u00c9tat. Les vieux r\u00e9seaux d&rsquo;irrigation artificielle, qui sont dans ces pays d&rsquo;une grande importance pour l&rsquo;agriculture, sont d&rsquo;abord tomb\u00e9s en d\u00e9ch\u00e9ance gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;intervention de l&rsquo;imp\u00e9rialisme et lorsqu&rsquo;ils furent ensuite r\u00e9tablis sur une base capitaliste, leur usage devint trop co\u00fbteux pour le paysan. Les mauvaises r\u00e9coltes deviennent de plus en plus fr\u00e9quentes. Devant les calamit\u00e9s et les \u00e9pid\u00e9mies de toute sorte le paysan est sans d\u00e9fense. De grandes masses de paysans sont \u00e9limin\u00e9es du processus de production; ils n&rsquo;ont aucune possibilit\u00e9 de trouver du travail dans les villes, trouvent rarement du travail dans les campagnes et se transforment en mis\u00e9rables coolies<a href=\"#_edn15\" name=\"_ednref15\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[15]<\/span><\/span><\/span><\/a>.<\/p> <p class=Texte>Cette situation mis\u00e9rable des paysans a pour cons\u00e9quence une crise du march\u00e9 int\u00e9rieur pour l&rsquo;industrie et constitue donc un fort obstacle au d\u00e9veloppement capitaliste du pays. De m\u00eame que la bourgeoisie nationale des Indes, de Chine, d&rsquo;\u00c9gypte, l&rsquo;imp\u00e9rialisme se heurte \u00e0 cette mis\u00e8re des paysans comme \u00e0 un obstacle \u00e0 l&rsquo;\u00e9largissement de son exploitation; mais, comme elle, il est si \u00e9troitement li\u00e9 par ses int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques et politiques \u00e0 la grande propri\u00e9t\u00e9 fonci\u00e8re et au capital marchand et usuraire, qu&rsquo;il ne peut r\u00e9aliser une forme agraire de quelque importance.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;\u00e9conomie domestique et l&rsquo;artisanat paysan se d\u00e9sagr\u00e8gent de plus en plus. Le d\u00e9veloppement du commerce cr\u00e9e une large couche de bourgeoisie commer\u00e7ante indig\u00e8ne, exer\u00e7ant aussi la fonction d&rsquo;accapareur, d&rsquo;usurier, etc. La pr\u00e9dominance et l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie du capital marchand et usuraire, dans les conditions sp\u00e9cifiques de l&rsquo;\u00e9conomie coloniale, entrave la croissance du capital industriel. Dans la lutte pour le march\u00e9 int\u00e9rieur, le capital national se heurte toujours davantage \u00e0 la concurrence des capitaux \u00e9trangers import\u00e9s et au frein que constituent les rapports pr\u00e9capitalistes dans les campagnes. En d\u00e9pit de ces obstacles na\u00eet, dans certaines branches de production, une grande industrie indig\u00e8ne (industrie l\u00e9g\u00e8re surtout). Le capital national et les banques nationales naissent et se d\u00e9veloppent.<\/p> <p class=Texte>Les pitoyables tentatives de r\u00e9aliser des r\u00e9formes agraires, sans pr\u00e9judices pour le r\u00e9gime colonial, tendent \u00e0 r\u00e9aliser une lente transformation du propri\u00e9taire semi&#8209;f\u00e9odal en propri\u00e9taire capitaliste, et dans certains cas, la formation d&rsquo;une petite couche de paysans riches. En pratique, cela ne conduit qu&rsquo;\u00e0 une paup\u00e9risation toujours plus grande de l&rsquo;\u00e9crasante majorit\u00e9 des paysans, ce qui paralyse encore davantage le d\u00e9veloppement du march\u00e9 int\u00e9rieur. Sur la base de ces processus \u00e9conomiques contradictoires se d\u00e9veloppent les principales forces sociales des mouvements coloniaux.<\/p> <p class=Texte>14.&nbsp;Dans la p\u00e9riode de l&rsquo;imp\u00e9rialisme, le r\u00f4le du capital financier dans la conqu\u00eate du monopole \u00e9conomique et politique dans les colonies appara\u00eet avec une nettet\u00e9 particuli\u00e8re. Cela se manifeste en particulier dans certaines cons\u00e9quences \u00e9conomiques d\u00e9termin\u00e9es par l&rsquo;exploitation du capital dans les colonies. Ce capital afflue particuli\u00e8rement dans le commerce, joue principalement le r\u00f4le de capital usuraire (pr\u00eats) et vise \u00e0 conserver et \u00e0 renforcer l&rsquo;appareil d&rsquo;oppression de l&rsquo;\u00c9tat imp\u00e9rialiste dans les colonies (par les emprunts d&rsquo;\u00c9tat, etc.), ou \u00e0 conqu\u00e9rir un contr\u00f4le complet des organes gouvernementaux soi-disant ind\u00e9pendants de la bourgeoisie indig\u00e8ne des pays semi&#8209;coloniaux.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;exportation du capital dans les colonies y acc\u00e9l\u00e8re le d\u00e9veloppement des rapports capitalistes. La partie du capital export\u00e9, qui est investie dans la production des colonies, d\u00e9termine en partie une acc\u00e9l\u00e9ration du d\u00e9veloppement industriel; non pas dans le but de favoriser l&rsquo;ind\u00e9pendance de l&rsquo;\u00e9conomie coloniale, mais au contraire, pour en renforcer la d\u00e9pendance \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard du capital financier des pays imp\u00e9rialistes. En g\u00e9n\u00e9ral, les capitaux import\u00e9s dans les colonies sont employ\u00e9s presque exclusivement pour saisir et extraire les mati\u00e8res premi\u00e8res ou pour en d\u00e9velopper les voies de communication (chemins&nbsp;de&nbsp;fer, constructions navales, am\u00e9nagement des ports, etc.) qui facilitent l&rsquo;enl\u00e8vement des mati\u00e8res premi\u00e8res et lient plus \u00e9troitement les colonies aux m\u00e9tropoles. La forme de pr\u00e9dilection des investissements dans l&rsquo;agriculture est la participation des capitaux dans les grandes plantations, dans le but de produire des aliments \u00e0 bon march\u00e9 et de monopoliser des sources immenses de mati\u00e8res premi\u00e8res. Le transfert dans les m\u00e9tropoles de la plus grande partie de la plus&#8209;value tir\u00e9e de la main&#8209;d&rsquo;oeuvre \u00e0 bas prix des esclaves coloniaux ralentit consid\u00e9rablement l&rsquo;essor de l&rsquo;\u00e9conomie des pays coloniaux, le d\u00e9veloppement de leurs forces productives et fait obstacle \u00e0 l&rsquo;\u00e9mancipation \u00e9conomique et politique des colonies.<\/p> <p class=Texte>Une autre caract\u00e9ristique fondamentale des rapports entre les \u00c9tats capitalistes et les colonies est la tendance de divers groupes monopolistes du capital financier \u00e0 monopoliser tout le commerce ext\u00e9rieur de certains pays coloniaux et semi&#8209;coloniaux, \u00e0 les soumettre ainsi \u00e0 leur contr\u00f4le et \u00e0 r\u00e9glementer tous les canaux qui lient l&rsquo;\u00e9conomie coloniale au march\u00e9 mondial. L&rsquo;influence directe que cette monopolisation du commerce ext\u00e9rieur, par un petit nombre de firmes d&rsquo;exportation monopolistes, exerce sur le d\u00e9veloppement capitaliste des colonies, s&rsquo;exprime moins par le d\u00e9veloppement du march\u00e9 int\u00e9rieur national que par l&rsquo;adaptation du commerce int\u00e9rieur diss\u00e9min\u00e9 des colonies aux besoins de l&rsquo;exportation et par l&rsquo;absorption des richesses naturelles des pays coloniaux par les parasites imp\u00e9rialistes. Cette particularit\u00e9 du d\u00e9veloppement du commerce colonial trouve aussi son expression sp\u00e9cifique dans la forme et le caract\u00e8re des banques imp\u00e9rialistes dans les colonies: elles mobilisent l&rsquo;\u00e9pargne de la population indig\u00e8ne principalement pour financer le commerce ext\u00e9rieur des colonies, etc.<\/p> <p class=Texte>15.&nbsp;Toute la politique \u00e9conomique de l&rsquo;imp\u00e9rialisme envers les colonies est guid\u00e9e par le souci de conserver et de renforcer leur d\u00e9pendance, d&rsquo;intensifier leur exploitation et d&rsquo;entraver le plus possible leur d\u00e9veloppement ind\u00e9pendant. Seules, des circonstances particuli\u00e8res peuvent obliger la bourgeoisie des \u00c9tats imp\u00e9rialistes \u00e0 favoriser le d\u00e9veloppement de la grande industrie dans les colonies. Ainsi, la n\u00e9cessit\u00e9 de conduire ou de pr\u00e9parer une guerre peut, dans une certaine mesure, provoquer la cr\u00e9ation de diverses entreprises m\u00e9tallurgiques et chimiques dans les colonies qui ont le plus d&rsquo;importance strat\u00e9gique (par exemple aux Indes). La concurrence des rivaux plus forts peut obliger la m\u00e9tropole \u00e0 accorder certaines concessions dans la politique douani\u00e8re, mais en ayant soin de se garantir de taxes de faveur. Afin de corrompre certaines couches de la bourgeoisie des colonies et semi&#8209;colonies, surtout dans les p\u00e9riodes d&rsquo;essor du mouvement r\u00e9volutionnaire, elle peut diminuer, dans une certaine mesure, sa pression \u00e9conomique; mais, d\u00e8s que ces circonstances extraordinaires, et pour la plupart non \u00e9conomiques, disparaissent, la politique \u00e9conomique des puissances imp\u00e9rialistes s&rsquo;efforce aussit\u00f4t d&rsquo;opprimer et d&rsquo;entraver le d\u00e9veloppement \u00e9conomique des colonies. C&rsquo;est pourquoi le d\u00e9veloppement de l&rsquo;\u00e9conomie nationale des colonies et surtout leur industrialisation, le d\u00e9veloppement ind\u00e9pendant et complet de leur industrie, ne peuvent s&rsquo;effectuer qu&rsquo;en contradiction flagrante avec la politique de l&rsquo;imp\u00e9rialisme. C&rsquo;est pourquoi le caract\u00e8re sp\u00e9cifique du d\u00e9veloppement des pays coloniaux s&rsquo;exprime particuli\u00e8rement en ce que la croissance des forces productives s&rsquo;effectue \u00e0 travers des difficult\u00e9s exceptionnelles, des spasmes et qu&rsquo;elle est artificiellement limit\u00e9e \u00e0 certaines branches industrielles.<\/p> <p class=Texte>Tout cela d\u00e9termine in\u00e9vitablement une pression sans cesse croissante de l&rsquo;imp\u00e9rialisme sur les pays coloniaux et semi&#8209;coloniaux qui suscite une r\u00e9sistance de plus en plus forte des facteurs sociaux \u00e9conomiques engendr\u00e9s par l&rsquo;imp\u00e9rialisme lui&#8209;m\u00eame. L&rsquo;entrave permanente au d\u00e9veloppement ind\u00e9pendant renforce toujours davantage l&rsquo;antagonisme et provoque des crises r\u00e9volutionnaires, des mouvements de boycott, des soul\u00e8vements nationaux-r\u00e9volutionnaires, etc.<\/p> <p class=Texte>D&rsquo;une part, les contradictions objectives immanentes du d\u00e9veloppement capitaliste dans les colonies se renforcent, et par l\u00e0 s&rsquo;intensifient \u00e9galement les contradictions entre le d\u00e9veloppement ind\u00e9pendant des colonies et les int\u00e9r\u00eats de la bourgeoisie des \u00c9tats imp\u00e9rialistes. D&rsquo;autre part, la nouvelle forme d&rsquo;exploitation capitaliste cr\u00e9e une force vraiment r\u00e9volutionnaire: le prol\u00e9tariat, autour duquel les millions de paysans s&rsquo;unissent de plus en plus pour opposer une r\u00e9sistance organis\u00e9e \u00e0 l&rsquo;oppression du capital financier.<\/p> <p class=Texte>Toutes ces palabres des imp\u00e9rialistes et de leurs valets sur la politique de d\u00e9colonisation men\u00e9e par les puissances imp\u00e9rialistes, sur l&rsquo;encouragement au &quot;libre essor des colonie&quot; ne sont que mensonges imp\u00e9rialistes. Il est extr\u00eamement important que les communistes d\u00e9masquent ce mensonge aussi bien dans les pays imp\u00e9rialistes que dans les pays coloniaux.<\/p> <p class=Intertitre2>III.&nbsp;La strat\u00e9gie et la tactique communistes en Chine,<br> aux Indes et dans les pays coloniaux semblables<\/p> <p class=Texte>16.&nbsp;Comme dans toutes les colonies et semi&#8209;colonies, le d\u00e9veloppement des forces productives et la collectivisation du travail en Chine et aux Indes sont \u00e0 un niveau relativement bas. Cette circonstance, ajout\u00e9e \u00e0 l&rsquo;oppression \u00e9trang\u00e8re et \u00e0 la pr\u00e9sence des fortes survivances du f\u00e9odalisme et des rapports pr\u00e9capitalistes, d\u00e9termine le caract\u00e8re de la prochaine \u00e9tape de la r\u00e9volution dans ces pays. Dans le mouvement r\u00e9volutionnaire de ces pays, il s&rsquo;agit d&rsquo;une <i>r\u00e9volution d\u00e9mocratique-bourgeoise<\/i>, c&rsquo;est&#8209;\u00e0&#8209;dire d&rsquo;une \u00e9tape o\u00f9 se pr\u00e9parent les pr\u00e9misses de la dictature prol\u00e9tarienne et de la r\u00e9volution socialiste. On peut donc fixer les t\u00e2ches fondamentales suivantes aux r\u00e9volutions d\u00e9mocratiques-bourgeoises des colonies et semi&#8209;colonies:<\/p> <p class=Texte>a)&nbsp;Modifier le rapport des forces en faveur du prol\u00e9tariat; lib\u00e9rer le pays du joug de l&rsquo;imp\u00e9rialisme (nationalisation des concessions, voies&nbsp;ferr\u00e9es, banques et autres entreprises \u00e9trang\u00e8res); cr\u00e9er l&rsquo;unit\u00e9 nationale l\u00e0 o\u00f9 elle n&rsquo;est pas encore r\u00e9alis\u00e9e; renverser le pouvoir des classes exploiteuses derri\u00e8re lesquelles est l&rsquo;imp\u00e9rialisme; organiser des conseils ouvriers et paysans et une arm\u00e9e rouge; instaurer la dictature du prol\u00e9tariat et des paysans; consolider l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie du prol\u00e9tariat;<\/p> <p class=Texte>b)&nbsp;R\u00e9aliser la r\u00e9volution agraire; lib\u00e9rer les paysans de toutes les formes pr\u00e9capitalistes et coloniales d&rsquo;exploitation et d&rsquo;esclavage, nationaliser la terre; prendre des mesures radicales, pour all\u00e9ger la situation des paysans, afin d&rsquo;\u00e9tablir entre la ville et la campagne l&rsquo;alliance \u00e9conomique et politique la plus \u00e9troite.<\/p> <p class=Texte>c)&nbsp;Avec le d\u00e9veloppement ult\u00e9rieur de l&rsquo;industrie, des transports, etc., et la croissance correspondante du prol\u00e9tariat, d\u00e9velopper l&rsquo;organisation syndicale de la classe ouvri\u00e8re, consolider le parti communiste et lui acqu\u00e9rir une solide position dirigeante parmi les masses travailleuses, conqu\u00e9rir la journ\u00e9e de huit heures.<\/p> <p class=Texte>d)&nbsp;\u00c9tablir l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des nationalit\u00e9s et des sexes (\u00e9galit\u00e9 des droits pour la femme); s\u00e9parer l&rsquo;\u00c9tat et l&rsquo;\u00c9glise et abolir les castes; enseignement politique et rel\u00e8vement du niveau intellectuel g\u00e9n\u00e9ral des masses urbaines et rurales, etc.<\/p> <p class=Texte>La marche du mouvement r\u00e9volutionnaire des ouvriers et des paysans, ses succ\u00e8s ou ses d\u00e9faites dans la lutte contre les imp\u00e9rialistes, les f\u00e9odaux et la bourgeoisie d\u00e9termineront dans quelle mesure la r\u00e9volution d\u00e9mocratique-bourgeoise pourra r\u00e9aliser pratiquement <i>toutes<\/i> ses t\u00e2ches fondamentales, et la partie d&rsquo;entre elles qui ne pourra \u00eatre r\u00e9alis\u00e9e que par la r\u00e9volution socialiste. La lib\u00e9ration des colonies du joug imp\u00e9rialiste est facilit\u00e9e par le d\u00e9veloppement de la r\u00e9volution socialiste dans le monde capitaliste et ne peut \u00eatre assur\u00e9e d\u00e9finitivement que par la victoire du prol\u00e9tariat dans les pays capitalistes avanc\u00e9s. Un certain minimum de conditions sont indispensables au passage de la r\u00e9volution \u00e0 sa phase socialiste; par exemple, un certain niveau de d\u00e9veloppement industriel, une organisation syndicale prol\u00e9tarienne et un puissant parti communiste. Le plus important est pr\u00e9cis\u00e9ment le d\u00e9veloppement d&rsquo;un fort parti communiste ayant une grande influence sur les masses, ce qui, dans ces pays, serait un processus lent et p\u00e9nible au plus haut point, s&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 par la r\u00e9volution d\u00e9mocratique-bourgeoise engendr\u00e9e d\u00e9j\u00e0 par les conditions objectives de ces pays.<\/p> <p class=Texte>17.&nbsp;Dans les colonies, la r\u00e9volution d\u00e9mocratique-bourgeoise se distingue de la r\u00e9volution d\u00e9mocratique-bourgeoise dans un pays ind\u00e9pendant, surtout par sa liaison organique avec <i>la lutte pour l&rsquo;\u00e9mancipation nationale du joug imp\u00e9rialiste<\/i>. Le facteur national a une grande influence sur le processus r\u00e9volutionnaire de toutes les colonies et semi&#8209;colonies, o\u00f9 l&rsquo;esclavage imp\u00e9rialiste appara\u00eet dans tout son cynisme qui exasp\u00e8re les masses populaires. D&rsquo;une part, l&rsquo;oppression nationale acc\u00e9l\u00e8re la maturation de la crise r\u00e9volutionnaire, renforce le m\u00e9contentement des masses ouvri\u00e8res et paysannes, facilite leur mobilisation et donne aux explosions r\u00e9volutionnaires le caract\u00e8re d&rsquo;un mouvement \u00e9l\u00e9mentaire de masse, d&rsquo;une v\u00e9ritable r\u00e9volution populaire. D&rsquo;autre part, le facteur national peut non seulement influencer le mouvement de la classe ouvri\u00e8re et des paysans, mais encore modifier, au cours de la r\u00e9volution, la position de toutes les autres classes; en premier lieu, la petite-bourgeoisie pauvre des villes et les intellectuels petits-bourgeois tombent dans une mesure assez large, au d\u00e9but, sous l&rsquo;influence des forces r\u00e9volutionnaires actives; deuxi\u00e8mement, la position de la bourgeoisie coloniale dans la r\u00e9volution d\u00e9mocratique-bourgeoise a, en grande partie, un caract\u00e8re de duplicit\u00e9; au cours de la r\u00e9volution, ses oscillations sont encore plus fortes que celles de la bourgeoisie des pays ind\u00e9pendants (par exemple, celles de la bourgeoisie russe en&nbsp;1905&#8209;1917). Il est tr\u00e8s important, selon les circonstances concr\u00e8tes, d&rsquo;\u00e9tudier attentivement l&rsquo;influence particuli\u00e8re du facteur national, qui d\u00e9termine en grande partie l&rsquo;originalit\u00e9 de la r\u00e9volution coloniale; il est tr\u00e8s important d&rsquo;en tenir compte, dans la tactique du parti communiste int\u00e9ress\u00e9.<\/p> <p class=Texte>\u00c0&nbsp;c\u00f4t\u00e9 de la lutte pour l&rsquo;\u00e9mancipation nationale, le probl\u00e8me de <i>la r\u00e9volution agraire<\/i> constitue l&rsquo;axe de la r\u00e9volution d\u00e9mocratique-bourgeoise dans les pays coloniaux avanc\u00e9s. C&rsquo;est pourquoi les communistes doivent suivre avec la plus grande attention le d\u00e9veloppement de la crise agraire et l&rsquo;aggravation des contradictions de <span lang=ES>clases <\/span>\u00e0 la campagne; ils doivent, d\u00e8s le d\u00e9but, donner une orientation consciente et r\u00e9volutionnaire au m\u00e9contentement des masses ouvri\u00e8res et au mouvement paysan; les orienter contre l&rsquo;exploitation et l&rsquo;esclavage imp\u00e9rialistes et contre le joug des divers rapports pr\u00e9capitalistes f\u00e9odaux ou semi&#8209;f\u00e9odaux, qui ruinent l&rsquo;\u00e9conomie paysanne. L&rsquo;\u00e9tat consid\u00e9rablement arri\u00e9r\u00e9 de l&rsquo;agriculture, l&rsquo;existence d&rsquo;un syst\u00e8me de fermage inhumain, le joug du capital marchand et usuraire sont les plus grandes entraves au d\u00e9veloppement des forces productives de l&rsquo;agriculture des colonies et sont en contradiction inou\u00efe avec les formes tr\u00e8s d\u00e9velopp\u00e9es, cr\u00e9\u00e9es et monopolis\u00e9es par l&rsquo;imp\u00e9rialisme, de l&rsquo;\u00e9change entre la production agricole des colonies et le march\u00e9 mondial.<\/p> <p class=Texte>18.&nbsp;La <i>bourgeoisie<\/i> nationale de ces pays coloniaux n&rsquo;occupe pas une position uniforme envers l&rsquo;imp\u00e9rialisme. Une partie de cette bourgeoisie, la bourgeoisie marchande avant tout, sert directement les int\u00e9r\u00eats du capital imp\u00e9rialiste (la bourgeoisie dite des <span lang=ES>compradores). <\/span>Dans l&rsquo;ensemble, elle d\u00e9fend d&rsquo;une fa\u00e7on plus ou moins cons\u00e9quente, comme les alli\u00e9s f\u00e9odaux de l&rsquo;imp\u00e9rialisme et les fonctionnaires indig\u00e8nes les mieux r\u00e9tribu\u00e9s, un point de vue anti&#8209;national, imp\u00e9rialiste, dirig\u00e9 contre tout le mouvement national. Le reste de la bourgeoisie indig\u00e8ne, en particulier la fraction repr\u00e9sentant les int\u00e9r\u00eats de l&rsquo;industrie indig\u00e8ne, se place sur le terrain du mouvement national et constitue une tendance particuli\u00e8rement h\u00e9sitante et encline aux compromis qu&rsquo;on peut appeler <i>national-r\u00e9formisme<\/i> (ou, d&rsquo;apr\u00e8s la terminologie des th\u00e8ses du 2e&nbsp;Congr\u00e8s: orientation &quot;d\u00e9mocratique-bourgeoise&quot;). Il est vrai qu&rsquo;on n&rsquo;observe plus en Chine, apr\u00e8s&nbsp;1925, cette position interm\u00e9diaire de la bourgeoisie nationale entre le camp r\u00e9volutionnaire et le camp imp\u00e9rialiste. Par suite de la situation particuli\u00e8re, une grande partie de la bourgeoisie nationale chinoise s&rsquo;est mise, au d\u00e9but, \u00e0 la t\u00eate de la guerre nationale lib\u00e9ratrice; plus tard, elle a pass\u00e9 d\u00e9finitivement au camp de la contre-r\u00e9volution. Aux Indes et en \u00c9gypte, nous observons encore pour le moment un mouvement nationaliste bourgeois typique,&nbsp;&#8209; un mouvement opportuniste, enclin \u00e0 de grandes h\u00e9sitations, oscillant entre l&rsquo;imp\u00e9rialisme et la r\u00e9volution.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;ind\u00e9pendance du pays \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de l&rsquo;imp\u00e9rialisme, qui correspond aux int\u00e9r\u00eats de tout le peuple colonial correspond aussi aux int\u00e9r\u00eats de la bourgeoisie nationale, mais elle est en contradiction absolue avec toute la nature du syst\u00e8me imp\u00e9rialiste. Mais les divers capitalistes indig\u00e8nes sont en grande partie li\u00e9s par leurs int\u00e9r\u00eats imm\u00e9diats et d&rsquo;une fa\u00e7on tr\u00e8s vari\u00e9e au capital imp\u00e9rialiste. L&rsquo;imp\u00e9rialisme peut en corrompre directement une partie importante; il pourrait m\u00eame leur cr\u00e9er dans une plus large mesure que jusqu&rsquo;ici, une certaine position de compradore, d&rsquo;interm\u00e9diaire commercial, d&rsquo;exploiteur subalterne, de garde-chiourme du peuple asservi. Mais l&rsquo;imp\u00e9rialisme se r\u00e9serve la position de ma\u00eetre d&rsquo;esclaves et d&rsquo;exploiteur monopoliste supr\u00eame. L&rsquo;imp\u00e9rialisme ne consentira jamais volontairement \u00e0 la bourgeoisie nationale une domination souveraine, la possibilit\u00e9 d&rsquo;un d\u00e9veloppement capitaliste ind\u00e9pendant et &quot;libre&quot; et l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie sur le peuple &quot;ind\u00e9pendant&quot;. Ici, la contradiction d&rsquo;int\u00e9r\u00eats entre la bourgeoisie nationale des pays coloniaux et l&rsquo;imp\u00e9rialisme est objective, fondamentale sur ce point, l&rsquo;imp\u00e9rialisme exige la <i>capitulation<\/i> de la bourgeoisie nationale.<\/p> <p class=Texte>La bourgeoisie indig\u00e8ne plus faible est toujours pr\u00eate \u00e0 capituler devant l&rsquo;imp\u00e9rialisme. Sa capitulation n&rsquo;est toutefois pas d\u00e9finitive tant que le danger d&rsquo;une r\u00e9volution de classe n&rsquo;est pas imm\u00e9diat, r\u00e9el, aigu, mena\u00e7ant de la part des masses. Pour \u00e9viter ce danger, et, pour renforcer sa position \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de l&rsquo;imp\u00e9rialisme, ce nationalisme bourgeois s&rsquo;efforce, dans ces colonies, de gagner l&rsquo;appui de la petite-bourgeoisie, des paysans et d&rsquo;une partie de la classe ouvri\u00e8re. Elle a peu de chances de succ\u00e8s en ce qui concerne la classe ouvri\u00e8re (apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9veil de la classe ouvri\u00e8re \u00e0 la vie politique dans ces pays), il lui importe donc d&rsquo;autant plus d&rsquo;obtenir le soutien des paysans. Mais l\u00e0 est le point le plus faible de la bourgeoisie coloniale. L&rsquo;exploitation insupportable des paysans dans les colonies ne peut \u00eatre abolie que par la r\u00e9volution agraire. Les int\u00e9r\u00eats imm\u00e9diats de la bourgeoisie de la Chine, des Indes et de l&rsquo;\u00c9gypte sont si \u00e9troitement li\u00e9s \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 fonci\u00e8re, au capital usuraire et, en g\u00e9n\u00e9ral, \u00e0 l&rsquo;exploitation des masses paysannes, que la bourgeoisie intervient non seulement contre la r\u00e9volution agraire, mais aussi contre toute r\u00e9forme agraire d\u00e9cisive. Elle craint, non sans raison, que le seul fait de poser nettement le probl\u00e8me agraire ne provoque l&rsquo;effervescence r\u00e9volutionnaire et n&rsquo;acc\u00e9l\u00e8re son allure parmi les masses paysannes. Aussi la bourgeoisie r\u00e9formiste est&#8209;elle presque incapable d&rsquo;aborder la solution pratique de ce probl\u00e8me fondamental et difficile.<\/p> <p class=Texte>Par contre, elle cherche, par des phrases et des gestes nationalistes sans port\u00e9e, \u00e0 maintenir les masses petites-bourgeoises sous son influence et \u00e0 obliger l&rsquo;imp\u00e9rialisme \u00e0 certaines concessions. Mais les imp\u00e9rialistes tendent de plus en plus fortement la corde, la bourgeoisie nationale n&rsquo;\u00e9tant pas en \u00e9tat de leur opposer la moindre r\u00e9sistance s\u00e9rieuse. C&rsquo;est pourquoi la bourgeoisie nationale cherche dans chaque conflit avec l&rsquo;imp\u00e9rialisme, d&rsquo;une part, \u00e0 simuler une &quot;fermet\u00e9 de ses principes nationalistes&quot;, d&rsquo;autre part, \u00e0 semer des illusions sur la possibilit\u00e9 d&rsquo;un compromis pacifique avec l&rsquo;imp\u00e9rialisme. Les masses sont n\u00e9cessairement d\u00e9tromp\u00e9es sur les deux points et perdront ainsi graduellement leurs illusions r\u00e9formistes.<\/p> <p class=Texte>19.&nbsp;Une fausse appr\u00e9ciation de cette tendance fondamentale nationale r\u00e9formiste de la bourgeoisie nationale cr\u00e9e dans ces pays coloniaux l&rsquo;\u00e9ventualit\u00e9 de lourdes fautes dans la strat\u00e9gie et la tactique des partis communistes. Deux genres d&rsquo;erreurs sont possibles:<\/p> <p class=Texte>a)&nbsp;L&rsquo;incompr\u00e9hension de la diff\u00e9rence entre l&rsquo;orientation national-r\u00e9formiste et la tendance national-r\u00e9volutionnaire peut conduire \u00e0 une politique qui consiste \u00e0 se mettre \u00e0 la remorque de la bourgeoisie, \u00e0 une d\u00e9limitation politique et organique insuffisamment nette du prol\u00e9tariat \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de la bourgeoisie, \u00e0 une impr\u00e9cision des mots d&rsquo;ordre r\u00e9volutionnaires les plus importants (notamment du mot d&rsquo;ordre de la r\u00e9volution agraire). Ce fut l&rsquo;erreur fondamentale du parti communiste en Chine en&nbsp;1925&#8209;27.<\/p> <p class=Texte>b)&nbsp;La sous-estimation de l&rsquo;importance particuli\u00e8re du national-r\u00e9formisme bourgeois &#8209;&nbsp;distinct du camp f\u00e9odal imp\u00e9rialiste&nbsp;&#8209; gr\u00e2ce \u00e0 sa grande influence sur la petite-bourgeoisie, les paysans et m\u00eame une partie de la classe ouvri\u00e8re, au moins dans les premi\u00e8res \u00e9tapes du mouvement, peut conduire \u00e0 une politique sectaire, \u00e0 l&rsquo;isolement des communistes des masses laborieuses, etc.<\/p> <p class=Texte>Dans les deux cas, on n&rsquo;accorde pas une attention suffisante \u00e0 l&rsquo;application des t\u00e2ches que le 2e&nbsp;Congr\u00e8s de l&rsquo;Internationale communiste a d\u00e9j\u00e0 fix\u00e9es comme les t\u00e2ches particuli\u00e8res des partis communistes des pays coloniaux, c&rsquo;est&#8209;\u00e0&#8209;dire la lutte contre le mouvement d\u00e9mocratique bourgeois au sein m\u00eame du pays. Sans cette lutte, sans la lib\u00e9ration des masses travailleuses de l&rsquo;influence de la bourgeoisie et du national-r\u00e9formisme on ne peut atteindre le but strat\u00e9gique fondamental du mouvement communiste dans la r\u00e9volution d\u00e9mocratique bourgeoise: <i>l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie<\/i><i> du prol\u00e9tariat<\/i>. Sans h\u00e9g\u00e9monie du prol\u00e9tariat, dont <i>la <\/i><i>position dirigeante du parti communiste<\/i> est partie int\u00e9grante, la r\u00e9volution d\u00e9mocratique bourgeoise, \u00e0 son tour, ne peut \u00eatre men\u00e9e jusqu&rsquo;au bout&nbsp;&#8209; sans parler de la r\u00e9volution socialiste.<\/p> <p class=Texte>20.&nbsp;La <i>petite-bourgeoisie<\/i> joue un r\u00f4le tr\u00e8s important dans ces pays coloniaux et semi&#8209;coloniaux. Elle est constitu\u00e9e par diverses couches qui jouent un r\u00f4le tr\u00e8s diff\u00e9rent dans les diverses p\u00e9riodes du mouvement national r\u00e9volutionnaire.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;artisan, qui souffre de la concurrence que lui font les marchandises import\u00e9es, est hostile \u00e0 l&rsquo;imp\u00e9rialisme. Mais, en m\u00eame temps, il est int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 exploiter sans limites les compagnons et apprentis qu&rsquo;il occupe, et c&rsquo;est pourquoi il est \u00e9galement hostile au mouvement ouvrier conscient de ses buts de classe. Il souffre largement lui&#8209;m\u00eame de l&rsquo;exploitation du capital marchand et usuraire. La position incertaine et contradictoire au plus haut point de cette couche d\u00e9termine ses oscillations; elle tombe souvent sous l&rsquo;influence de r\u00e9actionnaires utopiques. Le <i>commer\u00e7ant<\/i>, citadin et rural, est li\u00e9 \u00e0 l&rsquo;exploitation des campagnes par le commerce et l&rsquo;usure<a href=\"#_edn16\" name=\"_ednref16\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[16]<\/span><\/span><\/span><\/a>, il s&rsquo;agrippe aux vieilles formes d&rsquo;exploitation et les pr\u00e9f\u00e8re aux perspectives d&rsquo;\u00e9largissement du march\u00e9 int\u00e9rieur. Mais ces couches ne forment pas une masse homog\u00e8ne. La bourgeoisie commer\u00e7ante, li\u00e9e sous une forme quelconque aux <span lang=ES>compradores, <\/span>a une autre position que celle dont l&rsquo;activit\u00e9 se limite exclusivement au march\u00e9 int\u00e9rieur. <i>Les intellectuels petits-bourgeois<\/i>, les \u00e9tudiants, etc., sont tr\u00e8s souvent les repr\u00e9sentants les plus \u00e9nergiques non seulement des int\u00e9r\u00eats sp\u00e9cifiques de la petite-bourgeoisie, mais encore des int\u00e9r\u00eats objectifs et g\u00e9n\u00e9raux de l&rsquo;ensemble de la bourgeoisie nationale. Dans la premi\u00e8re p\u00e9riode du mouvement national, ils interviennent fr\u00e9quemment comme champions des aspirations nationales. Leur r\u00f4le est relativement grand \u00e0 la surface du mouvement. En g\u00e9n\u00e9ral, ils ne peuvent \u00eatre les d\u00e9fenseurs des int\u00e9r\u00eats paysans, le milieu social dont ils sortent \u00e9tant li\u00e9 \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 fonci\u00e8re. La vague r\u00e9volutionnaire montante peut les pousser dans le mouvement ouvrier, o\u00f9 ils apportent leur id\u00e9ologie petite-bourgeoise h\u00e9sitante et ind\u00e9cise. Quelques&#8209;uns seulement peuvent rompre avec leur classe, au cours de la lutte, s&rsquo;\u00e9lever jusqu&rsquo;\u00e0 concevoir les t\u00e2ches de la lutte de classe du prol\u00e9tariat et devenir d&rsquo;actifs d\u00e9fenseurs des int\u00e9r\u00eats prol\u00e9tariens. Il n&rsquo;est pas rare que des intellectuels petits-bourgeois donnent \u00e0 leur id\u00e9ologie une couleur socialiste et m\u00eame communiste. Dans la lutte contre l&rsquo;imp\u00e9rialisme, ils ont jou\u00e9 et jouent encore aujourd&rsquo;hui dans certains pays, comme l&rsquo;Inde, l&rsquo;\u00c9gypte, un r\u00f4le r\u00e9volutionnaire. Le mouvement de masse peut les entra\u00eener mais aussi les pousser dans le camp de la pire r\u00e9action ou bien favoriser la diffusion, dans leurs rangs, de tendances r\u00e9actionnaires utopiques.<\/p> <p class=Texte>\u00c0 c\u00f4t\u00e9 de ces couches, existe dans les villes coloniales une nombreuse <i>population citadine pauvre<\/i>, que sa situation pousse objectivement vers la r\u00e9volution: artisans n&rsquo;exploitant pas le travail d&rsquo;autrui, marchands des rues, intellectuels sans travail, paysans ruin\u00e9s \u00e0 la recherche d&rsquo;un gagne&#8209;pain, etc&#8230; En outre, dans les villes comme dans les campagnes, existe une nombreuse couche des &quot;coolies&quot;, semi-prol\u00e9taires qui n&rsquo;ont pas pass\u00e9 par l&rsquo;\u00e9cole de la fabrique et vivent de gains occasionnels.<\/p> <p class=Texte>Les <i>paysans<\/i> sont, aux c\u00f4t\u00e9s du prol\u00e9tariat et comme alli\u00e9s du prol\u00e9tariat, une des forces motrices de la r\u00e9volution. Les innombrables millions de paysans forment l&rsquo;\u00e9crasante majorit\u00e9 de la population, m\u00eame dans les colonies les plus d\u00e9velopp\u00e9es (dans certaines colonies 90&nbsp;% de la population). Les principaux alli\u00e9s du prol\u00e9tariat \u00e0 la campagne sont les masses consid\u00e9rables des fermiers affam\u00e9s, des petits paysans \u00e9cras\u00e9s par la mis\u00e8re et toutes les formes d&rsquo;exploitation pr\u00e9capitalistes et capitalistes, qui ont perdu en grande partie leur culture m\u00eame sur la terre lou\u00e9e, qui sont rejet\u00e9s du processus de production et d\u00e9p\u00e9rissent lentement de faim et de maladie, et, enfin, les ouvriers agricoles. Les paysans ne peuvent conqu\u00e9rir leur \u00e9mancipation que sous la direction du prol\u00e9tariat, mais ce n&rsquo;est qu&rsquo;alli\u00e9 aux paysans que le prol\u00e9tariat peut mener \u00e0 la victoire la r\u00e9volution d\u00e9mocratique bourgeoise. Dans les pays coloniaux et semi&#8209;coloniaux, o\u00f9 existent encore de fortes survivances du f\u00e9odalisme et des rapports pr\u00e9capitalistes, la diff\u00e9renciation de classe parmi les paysans s&rsquo;effectue \u00e0 une allure relativement faible. Cependant, les rapports de march\u00e9 s&rsquo;y sont d\u00e9velopp\u00e9s au point que les paysans ne forment plus une masse homog\u00e8ne au point de vue de classe. Dans la campagne chinoise et hindoue, dans certaines r\u00e9gions surtout, on peut d\u00e9j\u00e0 rencontrer des \u00e9l\u00e9ments issus de la paysannerie, qui exploitent les ouvriers agricoles et les paysans par l&rsquo;usure, le commerce, l&#8217;emploi de main&#8209;d&rsquo;oeuvre, la location et la sous&#8209;location de la terre, du b\u00e9tail et des engins agricoles, etc&#8230; Dans la premi\u00e8re p\u00e9riode de la lutte des paysans contre les propri\u00e9taires fonciers, il est g\u00e9n\u00e9ralement possible que le prol\u00e9tariat entra\u00eene toute la paysannerie. Mais, par la suite, certaines couches sup\u00e9rieures de paysans peuvent passer \u00e0 la contre-r\u00e9volution. Le prol\u00e9tariat ne peut conqu\u00e9rir le r\u00f4le dirigeant \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des paysans qu&rsquo;\u00e0 la condition de lutter avec abn\u00e9gation pour leurs revendications partielles pour l&rsquo;accomplissement total de la r\u00e9volution agraire et d&rsquo;\u00eatre \u00e0 la t\u00eate de la lutte des larges masses paysannes pour la solution r\u00e9volutionnaire du probl\u00e8me agraire.<\/p> <p class=Texte>21.&nbsp;La <i>classe ouvri\u00e8re<\/i> des pays coloniaux et semi&#8209;coloniaux poss\u00e8de des caract\u00e8res sp\u00e9ciaux qui jouent un r\u00f4le tr\u00e8s important dans la formation d&rsquo;un mouvement ouvrier ind\u00e9pendant et d&rsquo;une id\u00e9ologie prol\u00e9tarienne de classe dans ces pays. La majorit\u00e9 \u00e9crasante du prol\u00e9tariat colonial vient de la campagne paup\u00e9ris\u00e9e, avec laquelle l&rsquo;ouvrier reste li\u00e9 m\u00eame quand il est \u00e0 l&rsquo;usine. Dans la plupart des colonies (\u00e0 l&rsquo;exception de quelques grandes villes industrielles comme Shangha\u00ef, Bombay, Calcutta et autres) nous n&rsquo;avons, en g\u00e9n\u00e9ral, que la premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration prol\u00e9tarienne occup\u00e9e dans la grande industrie. Le reste du prol\u00e9tariat est constitu\u00e9 par les artisans ruin\u00e9s et rejet\u00e9s de l&rsquo;artisanat en d\u00e9composition, qui est largement r\u00e9pandu m\u00eame dans les colonies les plus avanc\u00e9es. L&rsquo;artisan ruin\u00e9, le petit propri\u00e9taire apportent, au sein de la classe ouvri\u00e8re, une mentalit\u00e9 et une id\u00e9ologie corporatives qui permettent l&rsquo;infiltration de l&rsquo;influence nationale r\u00e9formiste dans le mouvement ouvrier des colonies. La forte fluctuation de ses effectifs (changement fr\u00e9quent de la main&#8209;d&rsquo;oeuvre dans les fabriques, retour \u00e0 la campagne et afflux de nouvelles masses de paysans paup\u00e9ris\u00e9s dans l&rsquo;industrie, la forte proportion de femmes et d&rsquo;enfants, la diversit\u00e9 des langues et l&rsquo;analphab\u00e9tisme, les pr\u00e9jug\u00e9s religieux et de caste rendent difficiles l&rsquo;agitation et la propagande syst\u00e9matiques et retardent le d\u00e9veloppement de la conscience de classe parmi les ouvriers. Cependant, l&rsquo;exploitation implacable pratiqu\u00e9e dans les formes les plus brutales par le capital indig\u00e8ne et \u00e9tranger, l&rsquo;absence de tout droit politique pour les ouvriers cr\u00e9ent les conditions objectives sur la base desquelles le mouvement ouvrier des colonies surmonte rapidement toutes les difficult\u00e9s et entra\u00eene chaque ann\u00e9e des masses sans cesse plus grandes dans la lutte contre les exploiteurs indig\u00e8nes et les imp\u00e9rialistes.<\/p> <p class=Texte>La premi\u00e8re p\u00e9riode du d\u00e9veloppement du mouvement ouvrier dans les colonies et semi&#8209;colonies (de&nbsp;1919 \u00e0&nbsp;1923 environ) fut organiquement li\u00e9e \u00e0 l&rsquo;essor g\u00e9n\u00e9ral du mouvement national-r\u00e9volutionnaire qui suivit la guerre mondiale; elle est caract\u00e9ris\u00e9e par la subordination des int\u00e9r\u00eats de la classe ouvri\u00e8re aux int\u00e9r\u00eats de la lutte antiimp\u00e9rialiste dirig\u00e9e par la bourgeoisie indig\u00e8ne. Quand les gr\u00e8ves et autres actions ouvri\u00e8res portent un caract\u00e8re organis\u00e9, elles sont organis\u00e9es d&rsquo;ordinaire par les intellectuels petits-bourgeois qui limitent les revendications ouvri\u00e8res aux questions de la lutte nationale. Au contraire, le caract\u00e8re le plus important de la seconde p\u00e9riode de l&rsquo;essor du mouvement ouvrier, qui commen\u00e7a dans les colonies apr\u00e8s le 5e&nbsp;Congr\u00e8s, est constitu\u00e9 par l&rsquo;entr\u00e9e de la classe ouvri\u00e8re des colonies dans l&rsquo;ar\u00e8ne politique comme force et classe ind\u00e9pendantes qui s&rsquo;oppose \u00e0 la bourgeoisie nationale et engage la lutte contre elle pour ses propres int\u00e9r\u00eats de classe et pour l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie dans la r\u00e9volution nationale en g\u00e9n\u00e9ral. Cette particularit\u00e9 de la nouvelle \u00e9tape des r\u00e9volutions coloniales est confirm\u00e9e absolument par l&rsquo;histoire de ces derni\u00e8res ann\u00e9es, par l&rsquo;exemple de la grande r\u00e9volution chinoise et de l&rsquo;insurrection en Indon\u00e9sie en particulier. Tout prouve qu&rsquo;aux Indes aussi, la classe ouvri\u00e8re se lib\u00e8re de l&rsquo;influence des chefs nationaux-r\u00e9formistes et social-r\u00e9formistes et devient un facteur politique ind\u00e9pendant en lutte contre les imp\u00e9rialistes britanniques et la bourgeoisie indig\u00e8ne.<\/p> <p class=Texte>22.&nbsp;Pour fixer correctement les t\u00e2ches imm\u00e9diates du mouvement r\u00e9volutionnaire, il importe de prendre comme point de d\u00e9part <i>le degr\u00e9 de maturit\u00e9<\/i> atteint par ce mouvement dans les divers pays coloniaux. Le mouvement r\u00e9volutionnaire de Chine se distingue du mouvement actuel des Indes par une s\u00e9rie de traits essentiels qui caract\u00e9risent la diff\u00e9rence de maturit\u00e9 du mouvement dans ces deux pays. L&rsquo;exp\u00e9rience pass\u00e9e de la r\u00e9volution chinoise doit absolument \u00eatre utilis\u00e9e dans le mouvement r\u00e9volutionnaire des Indes et des autres pays coloniaux analogues. Mais ce serait une mani\u00e8re tout \u00e0 fait erron\u00e9e d&rsquo;appliquer l&rsquo;exp\u00e9rience chinoise si nous voulions fixer les t\u00e2ches <i>imm\u00e9diates<\/i>, les mots d&rsquo;ordre et les m\u00e9thodes tactiques aux Indes, en \u00c9gypte, etc&#8230; dans la forme qui \u00e9tait opportune en Chine par exemple, pendant la p\u00e9riode de Wouhan, ou bien dans la forme n\u00e9cessaire actuellement. La tendance \u00e0 ignorer les difficult\u00e9s in\u00e9luctables et les objectifs particuliers de l&rsquo;\u00e9tape pr\u00e9sente du mouvement r\u00e9volutionnaire des Indes, de l&rsquo;\u00c9gypte, etc&#8230; ne peut \u00eatre que funeste. Il importe de r\u00e9aliser un grand travail pour constituer et \u00e9duquer les partis communistes, pour d\u00e9velopper les organisations syndicales du prol\u00e9tariat, pour orienter les syndicats dans la voie r\u00e9volutionnaire, pour d\u00e9ployer des actions \u00e9conomiques et politiques de masses, pour conqu\u00e9rir les masses et les lib\u00e9rer de l&rsquo;influence de la bourgeoisie national-r\u00e9formiste; avant d&rsquo;accomplir dans ces pays avec quelques chances de succ\u00e8s les t\u00e2ches qui \u00e9taient pleinement justes en Chine, pendant la p\u00e9riode de Wouhan, comme objectifs imm\u00e9diats de la lutte de la classe ouvri\u00e8re et des paysans.<\/p> <p class=Texte>Les int\u00e9r\u00eats de la lutte pour la domination de classe de la bourgeoisie nationale obligent les partis bourgeois les plus importants des Indes et de l&rsquo;\u00c9gypte (swarajistes<a href=\"#_edn17\" name=\"_ednref17\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[17]<\/span><\/span><\/span><\/a>, wafdistes<a href=\"#_edn18\" name=\"_ednref18\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[18]<\/span><\/span><\/span><\/a>) \u00e0 manifester encore leur opposition contre le bloc imp\u00e9rialiste f\u00e9odal r\u00e9gnant. Cette opposition n&rsquo;est pas r\u00e9volutionnaire, mais simplement r\u00e9formiste et opportuniste; cela ne signifie cependant pas qu&rsquo;elle n&rsquo;ait de ce fait aucune port\u00e9e sp\u00e9cifique. La bourgeoisie nationale n&rsquo;a pas l&rsquo;importance d&rsquo;une force qui m\u00e8ne la lutte contre l&rsquo;imp\u00e9rialisme. Mais cette opposition r\u00e9formiste bourgeoise poss\u00e8de une signification r\u00e9elle et sp\u00e9ciale &#8209;&nbsp;n\u00e9gative et positive&nbsp;&#8209; pour le d\u00e9veloppement du mouvement r\u00e9volutionnaire, dans la mesure o\u00f9 elle poss\u00e8de une influence sur les masses. Le fait le plus important, c&rsquo;est qu&rsquo;elle entrave et retarde le d\u00e9veloppement du mouvement r\u00e9volutionnaire, dans la mesure o\u00f9 elle r\u00e9ussit \u00e0 entra\u00eener les masses travailleuses et \u00e0 les \u00e9loigner de la lutte r\u00e9volutionnaire. Mais, d&rsquo;autre part, l&rsquo;action de l&rsquo;opposition bourgeoise contre le bloc imp\u00e9rialiste f\u00e9odal r\u00e9gnant &#8209;&nbsp;m\u00eame si elle ne vise pas tr\u00e8s loin&nbsp;&#8209; peut <i>acc\u00e9l\u00e9rer<\/i> dans une certaine mesure l&rsquo;\u00e9veil des larges masses travailleuses \u00e0 la vie politique; quoique sans grande importance en eux&#8209;m\u00eames, les conflits concrets et d\u00e9clar\u00e9s entre la bourgeoisie national-r\u00e9formiste et l&rsquo;imp\u00e9rialisme peuvent, dans certaines conditions, devenir la cause indirecte du d\u00e9clenchement de grandes actions r\u00e9volutionnaires de masses. Certes, la bourgeoisie r\u00e9formiste s&rsquo;efforce elle&#8209;m\u00eame d&#8217;emp\u00eacher que son action d&rsquo;opposition ait de telles cons\u00e9quences et de les paralyser d&rsquo;avance d&rsquo;une fa\u00e7on ou de l&rsquo;autre. Mais l\u00e0 o\u00f9 existent les conditions objectives d&rsquo;une profonde crise politique, l&rsquo;action de l&rsquo;opposition nationale-r\u00e9formiste, ses conflits avec l&rsquo;imp\u00e9rialisme m\u00eame les plus insignifiants et les moins li\u00e9s au v\u00e9ritable foyer de la r\u00e9volution, peuvent acqu\u00e9rir une importance des plus graves. Les communistes doivent apprendre \u00e0 utiliser chacun de ces conflits, \u00e0 les aviver, \u00e0 en renforcer la port\u00e9e, \u00e0 les lier avec l&rsquo;agitation pour les mots d&rsquo;ordre r\u00e9volutionnaires, \u00e0 les porter \u00e0 la connaissance des larges masses, \u00e0 pousser ces masses \u00e0 une action ind\u00e9pendante, ouverte avec leurs propres revendications, etc&#8230;<\/p> <p class=Texte>23.&nbsp;Dans la lutte contre des partis tels que les swarajistes et les wafdistes, la tactique juste consiste dans ce moment \u00e0 d\u00e9masquer avec succ\u00e8s leur v\u00e9ritable caract\u00e8re national-r\u00e9formiste. Ces partis ont d\u00e9j\u00e0 trahi maintes fois la lutte pour l&rsquo;\u00e9mancipation nationale, sans avoir pass\u00e9 encore d\u00e9finitivement au camp contre-r\u00e9volutionnaire, comme le Kuomintang. Il est certain qu&rsquo;ils le feront plus tard, mais actuellement ils sont dangereux pr\u00e9cis\u00e9ment parce que leur v\u00e9ritable figure n&rsquo;est pas encore d\u00e9masqu\u00e9e aux yeux des larges masses travailleuses. Dans ce but, un tr\u00e8s grand travail d&rsquo;\u00e9ducation communiste est encore n\u00e9cessaire, de plus, ces masses doivent acqu\u00e9rir elles&#8209;m\u00eames une nouvelle et tr\u00e8s grande exp\u00e9rience politique. Si les communistes ne r\u00e9ussissent pas \u00e0 \u00e9branler d\u00e9j\u00e0 maintenant la confiance des masses travailleuses dans la direction bourgeoise, national-r\u00e9formiste, du mouvement national, cette direction deviendra un immense danger pour la r\u00e9volution lors de la prochaine mont\u00e9e de la vague r\u00e9volutionnaire. C&rsquo;est pourquoi il importe, par une tactique communiste juste, correspondant aux conditions de l&rsquo;\u00e9tape actuelle, d&rsquo;aider les masses travailleuses des Indes, d&rsquo;\u00c9gypte, de l&rsquo;Indon\u00e9sie et des autres colonies analogues, \u00e0 se lib\u00e9rer de l&rsquo;influence des partis bourgeois. Cela ne sera pas obtenu au moyen de grandes phrases, paraissant tr\u00e8s radicales, sur l&rsquo;absence de toute diff\u00e9rence entre l&rsquo;opposition nationale-r\u00e9formiste (swarajistes, wafdistes, etc&#8230;) et les imp\u00e9rialistes britanniques ou leurs alli\u00e9s f\u00e9odaux contre-r\u00e9volutionnaires. Les chefs nationaux-r\u00e9formistes pourraient facilement utiliser une telle exag\u00e9ration pour exciter les masses contre les communistes. Les masses voient le principal ennemi imm\u00e9diat de l&rsquo;\u00e9mancipation nationale dans le bloc imp\u00e9rialiste-f\u00e9odal, ce qui est juste en soi-m\u00eame \u00e0 l&rsquo;\u00e9tape pr\u00e9sente du mouvement aux Indes, en \u00c9gypte et en Indon\u00e9sie (pour autant qu&rsquo;on n&rsquo;envisage qu&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 de la question). Dans la lutte contre cette force contre-r\u00e9volutionnaire dominante, les communistes hindous, \u00e9gyptiens et indon\u00e9siens doivent \u00eatre au premier rang, ils doivent combattre plus \u00e9nergiquement, d&rsquo;une fa\u00e7on plus cons\u00e9quente et plus hardiment que n&rsquo;importe quel groupe petit-bourgeois national-r\u00e9volutionnaire; naturellement, pas pour organiser des putschs, des tentatives pr\u00e9matur\u00e9es de soul\u00e8vements d&rsquo;une petite minorit\u00e9 r\u00e9volutionnaire, mais pour mobiliser les plus larges masses travailleuses pour des d\u00e9monstrations et autres actions, afin de s&rsquo;assurer une v\u00e9ritable participation de ces masses \u00e0 l&rsquo;insurrection victorieuse dans l&rsquo;\u00e9tape ult\u00e9rieure de la lutte r\u00e9volutionnaire. Mais il n&rsquo;est pas moins important de d\u00e9masquer implacablement aux masses travailleuses le caract\u00e8re national-r\u00e9formiste des swarajistes, wafdistes et autres partis nationalistes, de leurs chefs en particulier, leur incons\u00e9quence et leurs oscillations dans le mouvement national, leurs marchandages, leur volont\u00e9 de compromis avec les imp\u00e9rialistes britanniques, leurs capitulations pass\u00e9es et leurs actions contre-r\u00e9volutionnaires, leur r\u00e9sistance r\u00e9actionnaire aux revendications de classe du prol\u00e9tariat et des paysans, leurs phrases nationalistes creuses, les illusions n\u00e9fastes qu&rsquo;ils r\u00e9pandent sur la d\u00e9colonisation pacifique du pays et leur sabotage des m\u00e9thodes r\u00e9volutionnaires dans la lutte pour l&rsquo;\u00e9mancipation nationale. Il faut repousser tout bloc entre le parti communiste et l&rsquo;opposition nationale-r\u00e9formiste. Cela n&rsquo;exclut pas des ententes temporaires et la coordination de certaines actions bien d\u00e9termin\u00e9es contre l&rsquo;imp\u00e9rialisme, si l&rsquo;action de l&rsquo;opposition bourgeoise peut \u00eatre utilis\u00e9e pour d\u00e9clencher un mouvement des masses et si ces ententes ne restreignent en rien la libert\u00e9 d&rsquo;agitation et d&rsquo;organisation du parti communiste parmi les masses. Il est bien entendu que les communistes doivent lutter simultan\u00e9ment, le plus vigoureusement, id\u00e9ologiquement et politiquement contre le nationalisme bourgeois et contre la moindre expression de son influence au sein du mouvement ouvrier. En de tels cas, le parti communiste doit veiller particuli\u00e8rement non seulement \u00e0 conserver toute son ind\u00e9pendance politique et \u00e0 montrer son propre visage, mais encore en se fondant sur des faits, \u00e0 ouvrir les yeux des masses travailleuses, qui sont sous l&rsquo;influence de l&rsquo;opposition bourgeoise, afin qu&rsquo;elles voient toute l&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9 de cette opposition et le danger des illusions d\u00e9mocratiques-bourgeoises qu&rsquo;elle r\u00e9pand.<\/p> <p class=Texte>24.&nbsp;Une fausse appr\u00e9ciation de l&rsquo;orientation fondamentale du parti de la grosse bourgeoisie nationale entra\u00eene le danger d&rsquo;une fausse appr\u00e9ciation du caract\u00e8re et du r\u00f4le des <i>partis petits-bourgeois<\/i>. En r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, le d\u00e9veloppement de ces partis \u00e9volue de la position nationale-r\u00e9volutionnaire \u00e0 la position nationale-r\u00e9formiste. M\u00eame des mouvements tels que le sunyats\u00e9nisme<a href=\"#_edn19\" name=\"_ednref19\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[19]<\/span><\/span><\/span><\/a> en Chine, le ghandisme<a href=\"#_edn20\" name=\"_ednref20\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[20]<\/span><\/span><\/span><\/a> aux Indes, le Sarekat Islam<a href=\"#_edn21\" name=\"_ednref21\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[21]<\/span><\/span><\/span><\/a> en Indon\u00e9sie, furent au d\u00e9but des tendances id\u00e9ologiques radicales petites-bourgeoises, devenues plus tard, au service de la grosse bourgeoisie, des tendances nationales-r\u00e9formistes. Depuis lors, s&rsquo;est de nouveau form\u00e9e aux Indes, en \u00c9gypte et en Indon\u00e9sie une aile radicale de groupes petits-bourgeois (par exemple, le parti r\u00e9publicain<a href=\"#_edn22\" name=\"_ednref22\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[22]<\/span><\/span><\/span><\/a>, le Watani<a href=\"#_edn23\" name=\"_ednref23\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[23]<\/span><\/span><\/span><\/a>, le Sarekat-Rayat<a href=\"#_edn24\" name=\"_ednref24\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[24]<\/span><\/span><\/span><\/a>) qui repr\u00e9sentent un point de vue national-r\u00e9volutionnaire plus ou moins cons\u00e9quent. Aux Indes, il est possible que de nouveaux groupes et partis analogues petits-bourgeois radicaux se forment. Mais il ne faut pas oublier que ces partis sont li\u00e9s au fond \u00e0 la bourgeoisie nationale. Les intellectuels petits-bourgeois qui sont \u00e0 la t\u00eate de ces partis, pr\u00e9sentent des revendications nationales-r\u00e9volutionnaires. Mais ils sont en m\u00eame temps plus ou moins consciemment les repr\u00e9sentants d&rsquo;un <i>d\u00e9veloppement capitaliste<\/i> de leur pays. Certains de ces \u00e9l\u00e9ments peuvent devenir les adeptes de toutes sortes d&rsquo;utopies r\u00e9actionnaires, mais, face \u00e0 l&rsquo;imp\u00e9rialisme et au f\u00e9odalisme, ils sont, au d\u00e9but &#8209;&nbsp;et c&rsquo;est ce qui les distingue des partis de la grande bourgeoisie nationale&nbsp;&#8209; non les repr\u00e9sentants du r\u00e9formisme, mais les repr\u00e9sentants plus ou moins r\u00e9volutionnaires des int\u00e9r\u00eats antiimp\u00e9rialistes de la bourgeoisie coloniale jusqu&rsquo;au moment o\u00f9 le d\u00e9veloppement du processus r\u00e9volutionnaire pose nettement et avec acuit\u00e9, les probl\u00e8mes int\u00e9rieurs fondamentaux de la r\u00e9volution d\u00e9mocratique-bourgeoise, notamment la question de la r\u00e9volution agraire et de la dictature du prol\u00e9tariat et des paysans. Alors les partis petits-bourgeois cessent ordinairement d&rsquo;avoir un caract\u00e8re r\u00e9volutionnaire. D\u00e8s que la r\u00e9volution oppose les int\u00e9r\u00eats de classe du prol\u00e9tariat et des paysans non seulement \u00e0 la domination du bloc f\u00e9odal et imp\u00e9rialiste, mais aussi \u00e0 la domination de classe de la bourgeoisie, les groupes petits-bourgeois passent ordinairement au c\u00f4t\u00e9 des partis nationaux-r\u00e9formistes.<\/p> <p class=Texte>Il est absolument indispensable que les partis communistes de ces pays proc\u00e8dent d\u00e8s le d\u00e9but et <i>de la fa\u00e7on la plus nette \u00e0 une d\u00e9limitation<\/i> politique et organique entre eux et tous les partis et groupes petits-bourgeois. Une collaboration momentan\u00e9e entre le parti communiste et le mouvement national r\u00e9volutionnaire est admissible si elle est exig\u00e9e par l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de la lutte r\u00e9volutionnaire; en certaines circonstances m\u00eame, une alliance temporaire peut m\u00eame \u00eatre conclue si le mouvement national r\u00e9volutionnaire lutte effectivement contre le pouvoir \u00e9tabli, s&rsquo;il est r\u00e9ellement r\u00e9volutionnaire et si ses repr\u00e9sentants n&#8217;emp\u00eachent pas les communistes d&rsquo;\u00e9duquer les paysans et les larges masses des travailleurs dans l&rsquo;esprit r\u00e9volutionnaire. Mais au cours de toute collaboration, il faut comprendre tr\u00e8s clairement qu&rsquo;elle ne doit pas d\u00e9g\u00e9n\u00e9rer en une fusion du mouvement communiste avec le mouvement petit-bourgeois r\u00e9volutionnaire. Le mouvement communiste doit absolument maintenir en toutes circonstances l&rsquo;ind\u00e9pendance du mouvement prol\u00e9tarien, son autonomie dans l&rsquo;agitation, l&rsquo;organisation et l&rsquo;action. Critiquer l&rsquo;incons\u00e9quence et l&rsquo;ind\u00e9cision des groupes petits-bourgeois, pr\u00e9voir leurs oscillations, se pr\u00e9parer \u00e0 y faire face et utiliser en m\u00eame temps toutes les ressources r\u00e9volutionnaires de ces couches, mener une lutte cons\u00e9quente contre l&rsquo;influence petite-bourgeoise dans les rangs du prol\u00e9tariat, s&rsquo;efforcer par tous les moyens d&rsquo;arracher les larges masses paysannes \u00e0 l&rsquo;influence des partis petits-bourgeois, leur enlever l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie sur la paysannerie&nbsp;&#8209; voil\u00e0 les t\u00e2ches des partis communistes.<\/p> <p class=Texte>25.&nbsp;Le mouvement r\u00e9volutionnaire des Indes, de l&rsquo;\u00c9gypte, etc&#8230; n&rsquo;atteindra un degr\u00e9 de maturit\u00e9 aussi \u00e9lev\u00e9 que celui de Chine, que d\u00e8s qu&rsquo;une grande vague r\u00e9volutionnaire se soul\u00e8vera dans ces pays. Au&nbsp;cas o\u00f9 elle se produirait avec retard, la maturation politique et organique des forces motrices de la r\u00e9volution pourra s&rsquo;op\u00e9rer par un d\u00e9veloppement graduel, relativement lent. Mais si la prochaine grande vague r\u00e9volutionnaire se l\u00e8ve plus t\u00f4t, le mouvement peut rapidement atteindre un haut degr\u00e9 de maturit\u00e9. Si les conditions sont exceptionnellement favorables, il n&rsquo;est m\u00eame pas exclu que la r\u00e9volution y conduise d&#8217;embl\u00e9e \u00e0 la conqu\u00eate du pouvoir par le prol\u00e9tariat et les paysans. Mais il est aussi possible que le processus r\u00e9volutionnaire soit interrompu pour un temps plus ou moins long, surtout si la prochaine vague r\u00e9volutionnaire n&rsquo;atteint qu&rsquo;une force et une dur\u00e9e relativement faibles. C&rsquo;est pourquoi il importe d&rsquo;analyser avec une grande nettet\u00e9 chaque situation <i>concr\u00e8te<\/i>.<\/p> <p class=Texte>Les facteurs suivants sont d&rsquo;une port\u00e9e d\u00e9cisive dans le d\u00e9veloppement de la r\u00e9volution d&rsquo;un stade \u00e0 un autre plus \u00e9lev\u00e9:<\/p> <p class=Texte>1)&nbsp;Le degr\u00e9 de d\u00e9veloppement de la direction r\u00e9volutionnaire prol\u00e9tarienne du mouvement, c&rsquo;est&#8209;\u00e0&#8209;dire du parti communiste (effectifs du parti, son degr\u00e9 d&rsquo;ind\u00e9pendance, sa conscience de classe, sa capacit\u00e9 combative, son autorit\u00e9, sa liaison avec les masses et son influence dans les syndicats et sur le mouvement paysan);<\/p> <p class=Texte>2)&nbsp;Le degr\u00e9 d&rsquo;organisation et d&rsquo;exp\u00e9rience r\u00e9volutionnaire de la classe ouvri\u00e8re, et, dans une certaine mesure, des paysans. L&rsquo;exp\u00e9rience r\u00e9volutionnaire des masses, c&rsquo;est l&rsquo;exp\u00e9rience de la lutte, d&rsquo;abord elles doivent se lib\u00e9rer de l&rsquo;influence des partis bourgeois et petits-bourgeois. Comme ces conditions ne se rencontrent pas \u00e0 un degr\u00e9 suffisant, m\u00eame dans les meilleurs des cas, avant la premi\u00e8re explosion de la r\u00e9volution, il faut que la crise r\u00e9volutionnaire soit extraordinairement profonde, la vague r\u00e9volutionnaire tr\u00e8s longue et tr\u00e8s forte pour que la r\u00e9volution d\u00e9mocratique bourgeoise puisse aboutir, du premier coup, \u00e0 la victoire compl\u00e8te du prol\u00e9tariat et des paysans. On peut imaginer une telle \u00e9ventualit\u00e9 par exemple, si l&rsquo;imp\u00e9rialisme dominant est entra\u00een\u00e9 simultan\u00e9ment dans une longue guerre au dehors du pays colonial.<\/p> <p class=Texte>26.&nbsp;La dialectique historique, vivante et concr\u00e8te que nous a montr\u00e9e la premi\u00e8re \u00e9tape de la r\u00e9volution d\u00e9mocratique bourgeoise en Chine, donne aux communistes, surtout \u00e0 ceux qui militent dans les pays coloniaux, une exp\u00e9rience pr\u00e9cieuse qu&rsquo;il faut \u00e9tudier minutieusement pour en tirer les enseignements, surtout en ce qui concerne les erreurs commises par les communistes dans le travail colonial. La dur\u00e9e de la vague r\u00e9volutionnaire y fut extraordinairement longue (plus de&nbsp;2&nbsp;ans), parce qu&rsquo;elle \u00e9tait li\u00e9e \u00e0 une guerre int\u00e9rieure prolong\u00e9e. L&rsquo;exp\u00e9dition du Nord n&rsquo;ayant pas \u00e9t\u00e9 men\u00e9e directement contre les grandes puissances imp\u00e9rialistes, ces derni\u00e8res &#8209;&nbsp;par suite de leur rivalit\u00e9 r\u00e9ciproque&nbsp;&#8209; rest\u00e8rent au d\u00e9but partiellement passives, la direction bourgeoise du mouvement national avait en mains, depuis plusieurs ann\u00e9es d\u00e9j\u00e0, Canton qui repr\u00e9sentait un certain territoire, quoique limit\u00e9, un pouvoir central, s&rsquo;appuyant sur une arm\u00e9e, etc., cela explique pourquoi, dans ce cas exceptionnel, une grande partie de la bourgeoisie consid\u00e9ra d&rsquo;abord la guerre d&rsquo;\u00e9mancipation nationale comme sa cause. Le Kuomintang, au sein duquel elle jouait en fait le r\u00f4le dirigeant, fut un certain temps, \u00e0 la t\u00eate du mouvement national r\u00e9volutionnaire, et ce fait constitua dans les \u00e9v\u00e9nements ult\u00e9rieurs le plus grand danger pour la r\u00e9volution. D&rsquo;autre part, une des particularit\u00e9s de la situation chinoise est le fait que le prol\u00e9tariat y est proportionnellement plus fort par rapport \u00e0 sa bourgeoisie que le prol\u00e9tariat des autres colonies. Certes, il \u00e9tait faiblement organis\u00e9, mais avec la mont\u00e9e de la vague r\u00e9volutionnaire, la croissance des organisations ouvri\u00e8res fut extr\u00eamement rapide. Le parti communiste, de petit groupe qu&rsquo;il \u00e9tait, porta ses effectifs \u00e0&nbsp;60.000&nbsp;membres (plus tard encore davantage) en un tr\u00e8s court laps de temps et gagna une grande influence parmi les masses ouvri\u00e8res. Naturellement un grand nombre d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments petits-bourgeois sont ainsi entr\u00e9s dans le parti. Le parti manquait d&rsquo;exp\u00e9rience r\u00e9volutionnaire et encore plus de tradition bolch\u00e9viste. Les \u00e9l\u00e9ments h\u00e9sitants, encore tr\u00e8s peu lib\u00e9r\u00e9s des tendances petites-bourgeoises opportunistes, qui ne comprenaient pas assez bien les t\u00e2ches ind\u00e9pendantes et le r\u00f4le du parti communiste et qui \u00e9taient contre tout d\u00e9veloppement \u00e9nergique de la r\u00e9volution agraire, prirent la place pr\u00e9pond\u00e9rante dans sa direction. L&rsquo;adh\u00e9sion momentan\u00e9e des communistes au parti dirigeant la r\u00e9volution nationale &#8209;&nbsp;au Kuomintang&nbsp;&#8209; r\u00e9pondait en elle&#8209;m\u00eame aux exigences de la situation de la lutte et m\u00eame aux int\u00e9r\u00eats du travail absolument n\u00e9cessaire des communistes parmi les masses travailleuses consid\u00e9rables qui suivaient ce parti. De plus, le Parti communiste de Chine re\u00e7ut au d\u00e9but, sur le territoire soumis au pouvoir du Kuomintang, la possibilit\u00e9 de d\u00e9velopper une agitation ind\u00e9pendante parmi les masses ouvri\u00e8res et paysannes, parmi les soldats de l&rsquo;arm\u00e9e nationale, et parmi leurs organisations. \u00c0 ce moment, le parti avait plus de possibilit\u00e9s qu&rsquo;il n&rsquo;en a utilis\u00e9es. Il n&rsquo;a pas assez nettement expliqu\u00e9 alors aux masses sa position de classe prol\u00e9tarienne et r\u00e9volutionnaire distincte du sunyatsenisme et des autres tendances petites-bourgeoises. Dans les rangs du Kuomintang, les communistes n&rsquo;ont pas men\u00e9 une politique ind\u00e9pendante, ils ont perdu de vue que lorsque la formation d&rsquo;un bloc devient n\u00e9cessaire, les communistes doivent y avoir une attitude critique envers les \u00e9l\u00e9ments bourgeois et intervenir toujours comme une force ind\u00e9pendante. Les communistes renonc\u00e8rent \u00e0 d\u00e9masquer les h\u00e9sitations de la bourgeoisie nationale, du nationalisme bourgeois, alors que cette action devait \u00eatre une des t\u00e2ches les plus importantes du parti communiste pendant la premi\u00e8re \u00e9tape. La scission in\u00e9luctable du Kuomintang se rapprochait \u00e0 mesure que l&rsquo;arm\u00e9e nationale avan\u00e7ait; la direction du Parti communiste chinois n&rsquo;a rien ou presque rien entrepris pour pr\u00e9parer le parti \u00e0 cette scission, pour lui assurer des positions ind\u00e9pendantes et pour unifier les ouvriers et les paysans r\u00e9volutionnaires en un bloc de lutte ind\u00e9pendant qui aurait pu \u00eatre oppos\u00e9 \u00e0 la direction du Kuomintang.<\/p> <p class=Texte>Aussi, le coup&nbsp;d&rsquo;\u00c9tat de Tchang Ka\u00ef&nbsp;Chek a-t-il surpris le prol\u00e9tariat r\u00e9volutionnaire, aucunement pr\u00e9par\u00e9, et suscit\u00e9 la confusion dans ses rangs. Mais la direction du parti communiste ne comprit<a href=\"#_edn25\" name=\"_ednref25\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[25]<\/span><\/span><\/span><\/a> pas m\u00eame alors que la r\u00e9volution passait \u00e0 une nouvelle \u00e9tape et ne changea pas le cours du parti dans la direction n\u00e9cessit\u00e9e par le coup&nbsp;d&rsquo;\u00c9tat. L&rsquo;aile gauche des chefs petits-bourgeois du Kuomintang ayant march\u00e9 pendant quelque temps encore avec le parti communiste, une d\u00e9limitation territoriale s&rsquo;est op\u00e9r\u00e9e: les gouvernements de Nankin et Wouhan se form\u00e8rent. Mais, \u00e0 Wouhan, le parti communiste ne joua pas non plus un r\u00f4le dirigeant. Bient\u00f4t, commen\u00e7a sur le territoire de Wouhan une seconde p\u00e9riode caract\u00e9ris\u00e9e d&rsquo;une part par les \u00e9l\u00e9ments naissant d&rsquo;une dualit\u00e9 du pouvoir non encore cristallis\u00e9e (les unions paysannes se sont empar\u00e9es \u00e0 la campagne d&rsquo;un certain nombre de fonctions appartenant au pouvoir, les syndicats ont \u00e9tendu leurs fonctions sous la pression des masses qui tendaient \u00e0 une solution &quot;pl\u00e9b\u00e9ienne&quot; autonome de la question du pouvoir), d&rsquo;autre part, par l&rsquo;absence de conditions assez m\u00fbres pour organiser des Soviets comme organe de l&rsquo;insurrection contre le gouvernement de Wouhan qui menait encore une lutte r\u00e9volutionnaire contre le gouvernement de Nankin repr\u00e9sentant la bourgeoisie qui a trahi la r\u00e9volution. Le parti communiste a entrav\u00e9 directement alors l&rsquo;action ind\u00e9pendante des masses r\u00e9volutionnaires, il ne les a pas aid\u00e9es \u00e0 rassembler et \u00e0 organiser leurs forces, il n&rsquo;a pas contribu\u00e9 \u00e0 saper l&rsquo;influence et les positions des chefs du Kuomintang dans le pays et dans l&rsquo;arm\u00e9e, il n&rsquo;a pas utilis\u00e9 dans ce but sa participation au gouvernement, au contraire, il a couvert toute l&rsquo;activit\u00e9 de ce gouvernement (certains membres dirigeants petits-bourgeois du parti sont all\u00e9s jusqu&rsquo;\u00e0 participer au d\u00e9sarmement des ouvriers \u00e0 Wouhan et \u00e0 sanctionner l&rsquo;exp\u00e9dition punitive \u00e0 Tchangcha!).<\/p> <p class=Texte>\u00c0&nbsp;la base de cette politique opportuniste \u00e9tait l&rsquo;espoir d&rsquo;\u00e9viter la rupture avec les leaders petits-bourgeois du gouvernement de Wouhan. Mais en fait cette rupture ne fut qu&rsquo;ajourn\u00e9e. Quand les soul\u00e8vements de masses prirent un caract\u00e8re mena\u00e7ant, les chefs du Kuomintang de Wouhan cherch\u00e8rent \u00e0 s&rsquo;unir avec leurs alli\u00e9s de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de la barricade. Le mouvement r\u00e9volutionnaire des ouvriers et paysans poursuivait toujours ses efforts pour atteindre la victoire. Maintenant le parti communiste de Chine a redress\u00e9 sa politique, \u00e9lu une nouvelle direction et occup\u00e9 sa place \u00e0 la t\u00eate de la r\u00e9volution. Mais la vague r\u00e9volutionnaire r\u00e9gresse d\u00e9j\u00e0. Dans les combats h\u00e9ro\u00efques de masse, men\u00e9s sous le mot d&rsquo;ordre des Soviets, seuls des succ\u00e8s temporaires furent atteints. Dans quelques r\u00e9gions seulement la r\u00e9volution agraire s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9e \u00e0 temps; dans les autres, l&rsquo;immense arri\u00e8re-garde paysanne vint trop tard. Aujourd&rsquo;hui, \u00e0 la place des fautes opportunistes grossi\u00e8res pass\u00e9es se manifestent dans certaines localit\u00e9s, des erreurs putschistes tr\u00e8s dangereuses. De grandes fautes ont aussi \u00e9t\u00e9 commises par les communistes dans la pr\u00e9paration des insurrections. Les lourdes d\u00e9faites ont de nouveau rejet\u00e9 la r\u00e9volution qui entrait d\u00e9j\u00e0 au Sud dans la seconde \u00e9tape de son d\u00e9veloppement, au point de d\u00e9part de cette \u00e9tape.<\/p> <p class=Texte>27.&nbsp;La bourgeoisie nationale de Chine \u00e9tant parvenue au pouvoir, la composition de l&rsquo;ancien bloc des militaristes s&rsquo;est modifi\u00e9e. Le nouveau bloc au pouvoir est aujourd&rsquo;hui le principal ennemi imm\u00e9diat de la r\u00e9volution. Pour le renverser, il faut conqu\u00e9rir \u00e0 la r\u00e9volution les masses d\u00e9cisives du prol\u00e9tariat et des paysans. C&rsquo;est en cela que consiste la t\u00e2che la plus importante du Parti communiste de Chine dans la p\u00e9riode pr\u00e9sente. Les ouvriers chinois poss\u00e8dent d\u00e9j\u00e0 une exp\u00e9rience consid\u00e9rable. Il faut renforcer et rendre plus r\u00e9volutionnaire le mouvement syndical, consolider le parti communiste. Une certaine partie des paysans chinois s&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 d\u00e9barrass\u00e9e des illusions d\u00e9mocratiques bourgeoises et a montr\u00e9 une activit\u00e9 consid\u00e9rable dans la lutte r\u00e9volutionnaire, mais c&rsquo;est l\u00e0 seulement une minorit\u00e9 insignifiante de l&rsquo;immense masse paysanne de Chine. Il est fort possible que certains groupes petits-bourgeois se rallient \u00e0 la position du national-r\u00e9formisme (au sein ou en marge du Kuomintang), afin d&rsquo;acqu\u00e9rir une influence parmi les masses travailleuses au moyen d&rsquo;une certaine opposition d\u00e9mocratique bourgeoise (Tang <span lang=ES>Pin&nbsp;Shan <\/span>et les chefs syndicaux social-d\u00e9mocrates appartiennent aussi \u00e0 ces r\u00e9formistes petits-bourgeois). Il ne faut pas sous-estimer la port\u00e9e de ces tentatives. Les isoler et les d\u00e9masquer devant les masses par une juste tactique communiste est une condition absolument indispensable pour que le parti communiste puisse occuper une situation effectivement dirigeante au moment d&rsquo;une nouvelle vague r\u00e9volutionnaire en Chine. D\u00e9j\u00e0 maintenant le parti doit propager partout parmi les masses l&rsquo;id\u00e9e des Soviets, l&rsquo;id\u00e9e de la dictature du prol\u00e9tariat et des paysans, l&rsquo;id\u00e9e qu&rsquo;une nouvelle insurrection arm\u00e9e victorieuse des masses est in\u00e9luctable. Le parti doit d\u00e9j\u00e0 souligner dans son agitation la n\u00e9cessit\u00e9 de renverser le bloc au pouvoir et mobiliser les masses pour des manifestations r\u00e9volutionnaires. Tout en tenant compte minutieusement des conditions objectives qui continuent \u00e0 m\u00fbrir pour la r\u00e9volution, tout en utilisant toute possibilit\u00e9 de mobiliser les masses, le parti communiste doit s&rsquo;orienter invariablement et opini\u00e2trement vers la prise du pouvoir d&rsquo;\u00c9tat, l&rsquo;organisation des Soviets comme organe d&rsquo;insurrection, l&rsquo;expropriation des propri\u00e9taires fonciers, l&rsquo;expulsion des imp\u00e9rialistes \u00e9trangers et la confiscation de leurs biens.<\/p> <p class=Intertitre2>IV.&nbsp;Les t\u00e2ches imm\u00e9diates des communistes<\/p> <p class=Texte>28.&nbsp;<i>La cr\u00e9ation et le d\u00e9veloppement des partis communistes<\/i> dans les pays coloniaux et semi&#8209;coloniaux, la suppression de la disproportion extr\u00eame entre la situation r\u00e9volutionnaire objective et la faiblesse du facteur subjectif, constituent une des t\u00e2ches les plus urgentes de l&rsquo;Internationale communiste. Cette t\u00e2che se heurte \u00e0 un certain nombre de difficult\u00e9s, conditionn\u00e9es par le d\u00e9veloppement historique et la structure sociale de ces pays. Le d\u00e9veloppement industriel de ces pays est faible et la classe ouvri\u00e8re, encore jeune et relativement (par rapport \u00e0 la population) peu nombreuse. La terreur du r\u00e9gime colonial, l&rsquo;analphab\u00e9tisme, la diversit\u00e9 des langues, etc. rendent difficile l&rsquo;organisation et le d\u00e9veloppement de la classe ouvri\u00e8re en g\u00e9n\u00e9ral et la rapide croissance des partis communistes en particulier. La fluctuation des effectifs de la classe ouvri\u00e8re, la grande proportion des femmes et des enfants sont les traits caract\u00e9ristiques du prol\u00e9tariat colonial. Dans un grand nombre de r\u00e9gions pr\u00e9dominent les ouvriers saisonniers et m\u00eame les cadres fondamentaux du prol\u00e9tariat ont encore un pied au village. Cela facilite la liaison entre la classe ouvri\u00e8re et les paysans, mais rend difficile le d\u00e9veloppement de la conscience de classe du prol\u00e9tariat. L&rsquo;exp\u00e9rience a d\u00e9montr\u00e9 que dans la plupart des pays coloniaux et semi&#8209;coloniaux, une partie importante, sinon pr\u00e9dominante, des cadres communistes est recrut\u00e9e, au d\u00e9but, parmi la petite bourgeoisie et notamment parmi les intellectuels r\u00e9volutionnaires, tr\u00e8s fr\u00e9quemment parmi les \u00e9tudiants. Il n&rsquo;est pas rare que ces \u00e9l\u00e9ments viennent au parti parce qu&rsquo;ils voient en lui l&rsquo;ennemi le plus \u00e9nergique de l&rsquo;imp\u00e9rialisme; ils ne comprennent cependant pas toujours assez, que le parti communiste n&rsquo;est pas seulement un parti de lutte contre l&rsquo;exploitation imp\u00e9rialiste et l&rsquo;oppression nationale, mais qu&rsquo;il lutte en tant que parti du prol\u00e9tariat, \u00e9nergiquement, contre toute exploitation et oppression. Au cours de la lutte r\u00e9volutionnaire, un grand nombre de ces communistes s&rsquo;\u00e9l\u00e8vent jusqu&rsquo;au point de vue de classe prol\u00e9tarien, tandis qu&rsquo;une partie d&rsquo;entre eux se d\u00e9barrasse difficilement de l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit, des h\u00e9sitations et des oscillations de la petite-bourgeoisie. Ce sont pr\u00e9cis\u00e9ment ces \u00e9l\u00e9ments du parti qui ont le plus de difficult\u00e9s \u00e0 appr\u00e9cier avec justesse, au moment critique, le r\u00f4le de la bourgeoisie nationale, et d&rsquo;agir m\u00e9thodiquement et sans h\u00e9sitation dans le probl\u00e8me de la r\u00e9volution agraire, etc. Les pays coloniaux n&rsquo;ont aucune tradition social-d\u00e9mocrate, mais ils n&rsquo;ont aussi aucune tradition marxiste. Nos jeunes partis doivent se d\u00e9barrasser des survivances de l&rsquo;id\u00e9ologie nationaliste petite-bourgeoise au cours de la lutte et de la formation du parti, pour trouver la voie du bolch\u00e9visme.<\/p> <p class=Texte>Ces difficult\u00e9s objectives obligent d&rsquo;autant plus l&rsquo;Internationale communiste \u00e0 consacrer une attention toute sp\u00e9ciale \u00e0 la formation du parti dans les pays coloniaux et semi&#8209;coloniaux. Une responsabilit\u00e9, particuli\u00e8rement grande \u00e0 ce sujet, incombe aux partis communistes des pays imp\u00e9rialistes. Il faut pour <span lang=ES>cela non <\/span>seulement une aide dans l&rsquo;\u00e9laboration d&rsquo;une ligne politique juste, une analyse minutieuse de l&rsquo;exp\u00e9rience dans le domaine de l&rsquo;organisation et de l&rsquo;agitation, mais encore une \u00e9ducation syst\u00e9matique des cadres communistes, l&rsquo;\u00e9dition et traduction d&rsquo;un certain minimum de litt\u00e9rature marxiste-l\u00e9niniste dans la langue des divers pays coloniaux, enfin une aide des plus actives dans l&rsquo;\u00e9tude et l&rsquo;analyse marxistes des probl\u00e8mes \u00e9conomiques et sociaux des pays coloniaux et semi&#8209;coloniaux, dans la cr\u00e9ation d&rsquo;une presse du parti, etc. Les partis communistes des pays coloniaux et semi&#8209;coloniaux ont pour devoir de faire tous leurs efforts pour \u00e9duquer un cadre de militants issus de la classe ouvri\u00e8re m\u00eame; utilisant les intellectuels du parti comme directeurs et conf\u00e9renciers des cercles de propagande, des \u00e9coles du parti l\u00e9gales et ill\u00e9gales dans le but d&rsquo;\u00e9duquer les meilleurs ouvriers pour en faire des agitateurs, des propagandistes, des organisateurs et des chefs impr\u00e9gn\u00e9s de l&rsquo;esprit l\u00e9niniste. Les partis communistes des pays coloniaux doivent aussi devenir de v\u00e9ritables partis communistes par leur composition sociale. Tout en absorbant les meilleurs intellectuels r\u00e9volutionnaires, en se forgeant dans la lutte quotidienne et les grandes batailles r\u00e9volutionnaires, les partis communistes doivent consacrer leur plus grande attention \u00e0 consolider l&rsquo;organisation communiste dans les fabriques, dans les mines, parmi les ouvriers des transports et parmi les demi&#8209;serfs des plantations. Partout o\u00f9 le capitalisme concentre le prol\u00e9tariat, le parti communiste doit cr\u00e9er ses cellules; dans les quartiers ouvriers, dans les corons, dans les casernes ouvri\u00e8res des plantations fortifi\u00e9es et barricad\u00e9es contre les agitateurs. Il ne faut pas n\u00e9gliger non plus le travail parmi les artisans, les apprentis et les coolies. Les ouvriers indig\u00e8nes et les ouvriers venant des m\u00e9tropoles doivent \u00eatre organis\u00e9s dans la m\u00eame organisation du parti. Il faut utiliser en l&rsquo;adaptant \u00e0 la situation des pays coloniaux, l&rsquo;exp\u00e9rience des plus vieux partis sur la coordination du travail l\u00e9gal et ill\u00e9gal, afin d&rsquo;\u00e9viter si possible ce qui est arriv\u00e9, par exemple en Chine o\u00f9 des organisations de masse consid\u00e9rables furent an\u00e9anties relativement rapidement et sans grande r\u00e9sistance par les coups de la r\u00e9action, ce qui a extraordinairement affaibli la liaison du parti communiste avec les masses.<\/p> <p class=Texte>29.&nbsp;La principale des t\u00e2ches imm\u00e9diates g\u00e9n\u00e9rales des communistes consiste, dans les colonies et semi&#8209;colonies, outre le d\u00e9veloppement des partis communistes, <i>\u00e0 <\/i><i>travailler dans les syndicats<\/i>. Recruter les inorganis\u00e9s avant tout dans les branches industrielles les plus importantes, telles que la m\u00e9tallurgie, le sous&#8209;sol, les transports, le textile, etc&#8230;, transformer les organisations actuelles en v\u00e9ritables syndicats de classe, lutter contre les chefs syndicaux nationaux-r\u00e9formistes et r\u00e9actionnaires pour la direction des organisations, ce sont l\u00e0 les t\u00e2ches dans le domaine syndical. L&rsquo;autre cat\u00e9gorie des t\u00e2ches consiste \u00e0 d\u00e9fendre les int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques et les revendications imm\u00e9diates des ouvriers dans la lutte contre les patrons, et \u00e0 diriger \u00e9nergiquement et intelligemment les gr\u00e8ves. Dans les syndicats r\u00e9actionnaires, qui groupent des masses ouvri\u00e8res, les communistes ont le devoir de mener un travail de propagande r\u00e9volutionnaire. Dans les pays o\u00f9 la situation d\u00e9termine la n\u00e9cessit\u00e9 de cr\u00e9er des syndicats r\u00e9volutionnaires s\u00e9par\u00e9s (parce que la direction syndicale r\u00e9actionnaire emp\u00eache le recrutement des inorganis\u00e9s, enfreint les exigences les plus \u00e9l\u00e9mentaires de la d\u00e9mocratie syndicale, transforme les syndicats en organisations jaunes, etc., etc.), cette question doit \u00eatre r\u00e9solue en accord avec la direction de l&rsquo;Internationale Syndicale Rouge. Il importe de suivre avec une attention toute particuli\u00e8re les intrigues de l&rsquo;Internationale d&rsquo;Amsterdam dans les pays coloniaux (Chine, Indes, Afrique du Nord) et d\u00e9masquer aux yeux des masses sa nature r\u00e9actionnaire. Le parti communiste de la &quot;m\u00e9tropole&quot; a pour devoir d&rsquo;aider efficacement le mouvement syndical r\u00e9volutionnaire des colonies par des conseils et par l&rsquo;envoi d&rsquo;instructeurs permanents. Sous ce rapport, il a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s peu fait jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent.<\/p> <p class=Texte>30.&nbsp;L\u00e0 o\u00f9 existent des <i>organisations paysannes<\/i>, quel que soit leur caract\u00e8re, pourvu qu&rsquo;elles soient de v\u00e9ritables organisations de masses, le parti communiste doit prendre toutes les mesures pour y p\u00e9n\u00e9trer. Une des t\u00e2ches imm\u00e9diates du parti consiste \u00e0 poser correctement le probl\u00e8me agraire dans la classe ouvri\u00e8re, \u00e0 lui faire comprendre l&rsquo;importance et le r\u00f4le d\u00e9cisif de la r\u00e9volution agraire, \u00e0 faire conna\u00eetre aux membres du parti les m\u00e9thodes d&rsquo;agitation, de propagande et d&rsquo;organisation parmi les paysans. Chaque organisation du parti a pour devoir d&rsquo;\u00e9tudier la situation agraire particuli\u00e8re dans le rayon de son activit\u00e9 et de formuler les revendications imm\u00e9diates correspondantes des paysans. Les communistes doivent chercher partout \u00e0 imprimer un caract\u00e8re r\u00e9volutionnaire au mouvement paysan existant. Ils doivent organiser aussi de nouveaux comit\u00e9s ou unions de paysans r\u00e9volutionnaires. Un contact r\u00e9gulier doit \u00eatre maintenu entre ces organisations et le parti communiste. Aussi bien dans les masses paysannes, que parmi les ouvriers, il faut mener une propagande \u00e9nergique en faveur d&rsquo;une alliance de combat entre le prol\u00e9tariat et les paysans. Les &quot;partis ouvriers et paysans&quot;<a href=\"#_edn26\" name=\"_ednref26\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[26]<\/span><\/span><\/span><\/a> peuvent trop facilement se transformer en vulgaires partis petit-bourgeois, quel que soit le caract\u00e8re r\u00e9volutionnaire qu&rsquo;ils peuvent avoir dans certaines p\u00e9riodes, c&rsquo;est pourquoi leur fondation n&rsquo;est pas recommandable. Le parti communiste ne doit jamais \u00e9difier son organisation sur la base de la fusion de deux classes, de m\u00eame qu&rsquo;il ne peut se proposer d&rsquo;organiser d&rsquo;autres partis sur ce principe caract\u00e9ristique pour les groupes petits-bourgeois. Le bloc de combat des masses ouvri\u00e8res et paysannes peut trouver son expression dans des conf\u00e9rences et congr\u00e8s des repr\u00e9sentants des unions (ou comit\u00e9s) de paysans r\u00e9volutionnaires et des syndicats, convoqu\u00e9s p\u00e9riodiquement et minutieusement pr\u00e9par\u00e9s en certaines circonstances il peut \u00eatre opportun de cr\u00e9er des comit\u00e9s d&rsquo;action r\u00e9volutionnaires pour coordonner l&rsquo;activit\u00e9 des organisations ouvri\u00e8res et paysannes et pour diriger diverses actions de masses, etc&#8230; Enfin, dans la p\u00e9riode de l&rsquo;insurrection, une des t\u00e2ches fondamentales du parti communiste sera la formation de Conseils de d\u00e9put\u00e9s ouvriers et paysans (soviets). Quelles que soient les circonstances, le parti communiste doit s&rsquo;efforcer de conqu\u00e9rir une influence d\u00e9cisive sur le mouvement paysan, rechercher et appliquer les formes d&rsquo;organisation d&rsquo;un bloc ouvrier et paysan qui facilitent le plus possible la direction du mouvement paysan et cr\u00e9ent les conditions pour une transformation future de ces formes en soviets comme organes de l&rsquo;insurrection et du pouvoir.<\/p> <p class=Texte>31.&nbsp;La <i>jeunesse<\/i> prol\u00e9tarienne des pays coloniaux souffre tout particuli\u00e8rement. Son importance parmi la classe ouvri\u00e8re y est beaucoup plus forte que dans les anciens pays capitalistes. L&rsquo;exploitation des jeunes n&rsquo;y conna\u00eet aucune restriction l\u00e9gale: temps de travail illimit\u00e9, conditions de travail inou\u00efes, cruaut\u00e9 des patrons et des contrema\u00eetres. La situation de la jeunesse paysanne n&rsquo;est pas meilleure. Il n&rsquo;est pas \u00e9tonnant que la jeunesse ouvri\u00e8re et paysanne participe activement \u00e0 tous les mouvements r\u00e9volutionnaires des pays coloniaux. Cette jeunesse constituait la grande partie des organisations r\u00e9volutionnaires et des arm\u00e9es paysannes en Chine, des bataillons des partisans cor\u00e9ens qui lutt\u00e8rent contre les colonisateurs japonais, des rebelles h\u00e9ro\u00efques d&rsquo;Indon\u00e9sie, etc&#8230;<\/p> <p class=Texte>La t\u00e2che la plus importante et la plus urgente de l&rsquo;Internationale communiste des Jeunes dans les pays coloniaux est de cr\u00e9er des organisations r\u00e9volutionnaires de masses sous la direction communiste. L&rsquo;\u00e9ducation de cadres dirigeants vraiment communistes pour le mouvement des jeunes est aussi importante que le caract\u00e8re de masses et la composition essentiellement prol\u00e9tarienne des organisations de la jeunesse communiste. \u00c0 c\u00f4t\u00e9 de la jeunesse ouvri\u00e8re, il est opportun de recruter les meilleurs \u00e9l\u00e9ments r\u00e9volutionnaires parmi les \u00e9tudiants et la jeunesse paysanne, tout en cherchant \u00e0 renforcer les \u00e9l\u00e9ments prol\u00e9tariens dans les organes directeurs des f\u00e9d\u00e9rations de jeunesses. Le recrutement en masse de la jeunesse non prol\u00e9tarienne est admissible pour les Jeunesses communistes seulement si une composition prol\u00e9tarienne pr\u00e9dominante et une ferme direction communiste y sont assur\u00e9es.<\/p> <p class=Texte>En participant \u00e0 toute la lutte du parti communiste, la jeunesse communiste doit \u00e9viter aussi bien la tendance \u00e0 remplacer le parti dans la direction de la classe ouvri\u00e8re (tendance dite &quot;avant-gardiste&quot;), que la mentalit\u00e9 liquidatrice qui s&rsquo;exprime par la n\u00e9gation de la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;un mouvement communiste des jeunes et qui r\u00e9duit le r\u00f4le des f\u00e9d\u00e9rations de jeunesses communistes \u00e0 celui d&rsquo;organisations d&rsquo;\u00e9tudiants ou d&rsquo;organisations g\u00e9n\u00e9rales et ind\u00e9termin\u00e9es de la jeunesse.<\/p> <p class=Texte>Les jeunesses communistes des colonies doivent \u00e9galement utiliser le syst\u00e8me des organisations l\u00e9gales auxiliaires pour conqu\u00e9rir les larges masses de la jeunesse ouvri\u00e8re et paysanne et des \u00e9tudiants r\u00e9volutionnaires et pour les arracher \u00e0 l&rsquo;influence du national-r\u00e9formisme et des tendances pseudo-r\u00e9volutionnaires; il faut leur donner un programme r\u00e9volutionnaire et y assurer la direction du parti et des jeunesses communistes.<\/p> <p class=Texte>Les jeunesses communistes doivent travailler dans les organisations de ce genre qui existent d\u00e9j\u00e0, les entra\u00eener dans l&rsquo;action r\u00e9volutionnaire et y conqu\u00e9rir l&rsquo;influence et la direction. En utilisant ces organisations et en entra\u00eenant les masses de la jeunesse travailleuse \u00e0 la lutte r\u00e9volutionnaire, les organisations de la jeunesse communiste ne doivent pas perdre leur ind\u00e9pendance ou r\u00e9duire leur travail propre. La perte de leur physionomie communiste et la perte \u00e9ventuelle de la direction du mouvement r\u00e9volutionnaire des jeunes, qui en serait la cons\u00e9quence sont un grand danger pour les organisations de jeunesse communiste. C&rsquo;est pourquoi, tout en travaillant parmi les organisations auxiliaires pour les utiliser et les d\u00e9velopper, la jeunesse communiste doit renforcer son travail propre, intervenir ouvertement devant les masses de la jeunesse travailleuse et recruter \u00e0 la jeunesse communiste les meilleurs \u00e9l\u00e9ments de ces organisations de masses. Les sections de jeunes des syndicats et des unions paysannes, les unions de la jeunesse ouvri\u00e8re, les associations antimilitaristes, les groupes sportifs, les soci\u00e9t\u00e9s locales d&rsquo;\u00e9tudiants, etc&#8230; sont de telles organisations de masses.<\/p> <p class=Texte>Le 6&nbsp;Congr\u00e8s de l&rsquo;Internationale communiste fait un devoir \u00e0 tous les partis communistes des pays coloniaux de contribuer \u00e9nergiquement \u00e0 la cr\u00e9ation et au d\u00e9veloppement d&rsquo;un mouvement de la jeunesse communiste et de lutter contre toute mentalit\u00e9 retardataire au sein de la classe ouvri\u00e8re et des syndicats, qui tend \u00e0 n\u00e9gliger les int\u00e9r\u00eats de la jeunesse ouvri\u00e8re et \u00e0 refuser de participer \u00e0 la lutte pour l&rsquo;am\u00e9lioration de la situation de la jeunesse exploit\u00e9e.<\/p> <p class=Texte>32.&nbsp;Dans les pays coloniaux, l&rsquo;exploitation de la main&#8209;d&rsquo;oeuvre des femmes et des enfants a pris une envergure particuli\u00e8rement grande et des formes barbares. Un salaire de famine des plus mis\u00e9rables, une journ\u00e9e de travail insupportablement longue, dans certaines contr\u00e9es l&rsquo;achat des femmes et des enfants pour travailler dans les plantations \u00e0 des conditions d&rsquo;esclavage, l&rsquo;existence d&rsquo;enfer dans les maisons d&rsquo;ouvriers, la conduite barbare et les s\u00e9vices de la part des employeurs&nbsp;&#8209; telles sont les conditions de travail des femmes et des enfants. Cependant, la bourgeoisie, les missionnaires, etc&#8230; qui disposent de fortes sommes d&rsquo;argent m\u00e8nent parmi les femmes prol\u00e9tariennes un vaste travail r\u00e9actionnaire; mais les ouvri\u00e8res coloniales pouss\u00e9es au d\u00e9sespoir s&rsquo;\u00e9veillent petit \u00e0 petit \u00e0 la conscience de classe, entrent dans la voie r\u00e9volutionnaire, rallient \u00e9nergiquement et courageusement les rangs du prol\u00e9tariat en lutte. La preuve en est d&rsquo;abord dans la participation pleine d&rsquo;abn\u00e9gation des travailleuses chinoises aux luttes r\u00e9volutionnaires (gr\u00e8ves en masse des femmes, h\u00e9ro\u00efsme de certaines ouvri\u00e8res, entr\u00e9e des paysannes dans les troupes de partisans). Les partis communistes des colonies et semi&#8209;colonies doivent consacrer une grande attention au travail parmi ces couches ouvri\u00e8res, notamment dans les entreprises o\u00f9 pr\u00e9domine la main&#8209;d&rsquo;oeuvre f\u00e9minine, ils doivent organiser syst\u00e9matiquement les femmes dans les syndicats et recruter les meilleures d&rsquo;entre elles au parti. Tout en luttant contre l&rsquo;influence des organisations hostiles, le parti doit s&rsquo;efforcer de conqu\u00e9rir les femmes travailleuses en employant tous les moyens d&rsquo;agitation et de propagande l\u00e9gales et ill\u00e9gales par la parole et par l&rsquo;\u00e9crit.<\/p> <p class=Texte>En dehors de ces t\u00e2ches g\u00e9n\u00e9rales, les partis communistes des colonies ont encore une s\u00e9rie de t\u00e2ches sp\u00e9cifiques qui d\u00e9coulent des particularit\u00e9s de la structure sociale et \u00e9conomique et de la situation politique de chaque pays. Tout en laissant chaque parti fixer l&rsquo;ensemble de ces t\u00e2ches dans son programme d&rsquo;action concret, le Congr\u00e8s signale quelques&#8209;unes des t\u00e2ches imm\u00e9diates les plus importantes.<\/p> <p class=Texte>33.&nbsp;En <i>Chine<\/i>, la nouvelle vague r\u00e9volutionnaire posera de nouveau au parti la t\u00e2che pratique imm\u00e9diate de la pr\u00e9paration et l&rsquo;ex\u00e9cution de l&rsquo;insurrection arm\u00e9e comme unique voie pour accomplir la r\u00e9volution d\u00e9mocratique bourgeoise et renverser le pouvoir des imp\u00e9rialistes, des propri\u00e9taires fonciers et de la bourgeoisie nationale: le pouvoir du Kuomintang. Dans le moment pr\u00e9sent, caract\u00e9ris\u00e9 dans son ensemble par l&rsquo;absence de vague r\u00e9volutionnaire des grandes masses du peuple chinois, la ligne g\u00e9n\u00e9rale du parti est la lutte pour la conqu\u00eate des masses. Cette politique men\u00e9e dans les conditions de renforcement du mouvement antiimp\u00e9rialiste, d&rsquo;un certain r\u00e9veil du mouvement de gr\u00e8ve et de l&rsquo;action paysanne qui continue, exige du parti la tension de toutes ses forces pour rassembler et unir le prol\u00e9tariat autour des principaux mots d&rsquo;ordre du parti, un immense travail d&rsquo;organisation pour renforcer les syndicats et les unions paysannes r\u00e9volutionnaires, le maximum d&rsquo;adaptation \u00e0 la direction du travail quotidien, \u00e9conomique et politique parmi les masses du prol\u00e9tariat et des paysans, un travail intense pour expliquer au prol\u00e9tariat l&rsquo;exp\u00e9rience de la p\u00e9riode r\u00e9volutionnaire \u00e9coul\u00e9e. En m\u00eame temps, le parti doit expliquer aux masses l&rsquo;impossibilit\u00e9 d&rsquo;une am\u00e9lioration radicale de leur situation, l&rsquo;impossibilit\u00e9 de renverser la domination des imp\u00e9rialistes et de r\u00e9soudre les probl\u00e8mes de la r\u00e9volution agraire sans renverser le pouvoir du Kuomintang et des militaristes et instaurer le pouvoir des soviets.<\/p> <p class=Texte>Le parti doit utiliser chaque conflit, m\u00eame le plus insignifiant entre les ouvriers et les capitalistes \u00e0 la fabrique, entre les paysans et les propri\u00e9taires fonciers \u00e0 la campagne, entre les soldats et les officiers dans l&rsquo;arm\u00e9e, pour approfondir et aiguiser ces conflits de classes dans le but de mobiliser les larges masses d&rsquo;ouvriers et de paysans et de les conqu\u00e9rir au parti. Le parti doit utiliser tous les cas de violence de l&rsquo;imp\u00e9rialisme international contre le peuple chinois, violence qui rev\u00eat actuellement le caract\u00e8re de conqu\u00eate militaire de r\u00e9gions enti\u00e8res, tous les exploits sanglants de la r\u00e9action enrag\u00e9e, pour \u00e9largir la protestation populaire des masses contre les classes dominantes.<\/p> <p class=Texte>Le succ\u00e8s de cette lutte pour la conqu\u00eate des masses est d\u00e9termin\u00e9 en grande partie par l&rsquo;application d&rsquo;une tactique appr\u00e9ciant justement la situation, par la correction des fautes et des tendances d&rsquo;extr\u00eame&#8209;gauche (putschisme, aventurisme militaire, terreur individuelle, etc.) et de l&rsquo;opportunisme qui a trouv\u00e9 son expression dans la revendication de la convocation de l&rsquo;Assembl\u00e9e Nationale et de la restauration du gouvernement du Kuomintang. En m\u00eame temps le parti doit vaincre toutes les tendances \u00e0 remplacer les m\u00e9thodes de conviction et d&rsquo;\u00e9ducation des masses par des m\u00e9thodes de contrainte et de commandement, qui renforcent le danger d&rsquo;isolement du parti envers les masses travailleuses d\u00e9j\u00e0 si s\u00e9rieux dans la situation actuelle de terreur terrible.<\/p> <p class=Texte>Dans le travail int\u00e9rieur, le parti doit s&rsquo;efforcer de r\u00e9organiser les cellules et les comit\u00e9s locaux an\u00e9antis par la r\u00e9action; am\u00e9liorer la composition sociale du parti en concentrant une attention particuli\u00e8re \u00e0 la cr\u00e9ation de cellules du parti dans les principales branches de la production, les principales fabriques, ateliers de chemins de fer. Le P.C. chinois doit \u00e9galement consacrer l&rsquo;attention la plus s\u00e9rieuse \u00e0 la r\u00e9gularisation de la composition sociale de ses organisations \u00e0 la campagne afin qu&rsquo;elles se recrutent principalement parmi les \u00e9l\u00e9ments prol\u00e9tariens, semi-prol\u00e9tariens et pauvres des campagnes. Application du principe du centralisme d\u00e9mocratique, autant que le permettent les conditions du travail ill\u00e9gal de la d\u00e9mocratie int\u00e9rieure du parti, la discussion et solution collective des questions; en m\u00eame temps, la lutte contre les tendances ultra-d\u00e9mocratiques de certaines organisations, qui conduisent \u00e0 la rupture de la discipline du parti, au manque croissant de responsabilit\u00e9 et \u00e0 la destruction de l&rsquo;autorit\u00e9 des centres dirigeants du parti.<\/p> <p class=Texte>Il faut renforcer le travail d&rsquo;\u00e9ducation th\u00e9orique des membres du parti, \u00e9lever leur niveau politique; exercer une propagande syst\u00e9matique du marxisme et du l\u00e9ninisme, \u00e9tudier les exp\u00e9riences et les le\u00e7ons des anciennes \u00e9tapes de la r\u00e9volution chinoise (p\u00e9riode de Wouhan, insurrection de Canton, etc&#8230;). \u00c0 l&rsquo;\u00e9gard des &quot;tiers&quot; partis (de Tang <span lang=ES>Pin&nbsp;Shan, <\/span>Wang <span lang=ES>Chin&nbsp;<\/span>We\u00ef) qui sont un instrument de la contre-r\u00e9volution capitaliste et agrarienne, la t\u00e2che du Parti communiste chinois consiste \u00e0 les combattre \u00e9nergiquement, \u00e0 d\u00e9masquer en se basant sur la pratique du mouvement antiimp\u00e9rialiste et du mouvement de masses, leur activit\u00e9 nationale-r\u00e9formiste, et \u00e0 les d\u00e9noncer comme agences des classes dirigeantes.<\/p> <p class=Texte>Les principaux mots d&rsquo;ordre pour conqu\u00e9rir les masses sont: 1)&nbsp;Suppression de la domination des imp\u00e9rialistes; 2)&nbsp;Confiscation des entreprises et des banques \u00e9trang\u00e8res; 3)&nbsp;Unification du pays avec le droit pour chaque nation de disposer d&rsquo;elle&#8209;m\u00eame; 4)&nbsp;Renversement du pouvoir des militaristes et du Kuomintang; 5)&nbsp;Instauration du pouvoir des Soviets ouvriers, paysans et soldats; 6)&nbsp;Journ\u00e9e de 8&nbsp;heures, augmentation des salaires, aide aux ch\u00f4meurs et assurances sociales; 7)&nbsp;Confiscation de toute la terre appartenant aux grands propri\u00e9taires fonciers; remise de la terre aux paysans et aux soldats; 8)&nbsp;Suppression de tous les imp\u00f4ts du gouvernement des militaristes et des fonctionnaires locaux; imp\u00f4t progressif unique sur les revenus; 9)&nbsp;Alliance avec l&rsquo;U.R.S.S. et le mouvement prol\u00e9tarien mondial.<\/p> <p class=Texte>34.&nbsp;Les t\u00e2ches fondamentales des communistes <i>hindous<\/i> sont: la lutte contre l&rsquo;imp\u00e9rialisme anglais pour la lib\u00e9ration du pays, la suppression de tous les vestiges du f\u00e9odalisme, la r\u00e9volution agraire, l&rsquo;instauration de la dictature du prol\u00e9tariat et des paysans sous la forme de la r\u00e9publique sovi\u00e9tique. Ces t\u00e2ches ne pourront \u00eatre accomplies avec succ\u00e8s que lorsque sera cr\u00e9\u00e9 un puissant parti communiste qui saura se mettre \u00e0 la t\u00eate des larges masses de la classe ouvri\u00e8re, des paysans et de tous les travailleurs et les entra\u00eener \u00e0 l&rsquo;insurrection arm\u00e9e contre le bloc f\u00e9odal-imp\u00e9rialiste.<\/p> <p class=Texte>Le mouvement de gr\u00e8ves du prol\u00e9tariat hindou qui se d\u00e9veloppe actuellement, son ind\u00e9pendance envers le nationalisme bourgeois, le caract\u00e8re g\u00e9n\u00e9ral de ce mouvement, son extension \u00e0 presque toutes les branches de la production, la fr\u00e9quence et la dur\u00e9e prolong\u00e9e des gr\u00e8ves, l&rsquo;opini\u00e2tret\u00e9 et la grande vigueur des ouvriers dans leur conduite, le fait que les chefs des gr\u00e8ves sortent des masses ouvri\u00e8res elles-m\u00eames, tout cela signifie un tournant dans l&rsquo;histoire du prol\u00e9tariat hindou et montre qu&rsquo;aux Indes les conditions n\u00e9cessaires \u00e0 la cr\u00e9ation d&rsquo;un parti communiste de masses sont m\u00fbres. La fusion de tous les groupes communistes et des communistes isol\u00e9s diss\u00e9min\u00e9s dans tout le pays en un parti unique ill\u00e9gal, ind\u00e9pendant et centralis\u00e9 est le premier devoir des communistes hindous. Tout en repoussant le principe de fondation du parti sur deux classes, les communistes doivent utiliser les liaisons des partis ouvriers et paysans existant avec les masses laborieuses pour renforcer <i>leur propre parti<\/i>. Ils ne doivent pas oublier que l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie du prol\u00e9tariat ne peut \u00eatre r\u00e9alis\u00e9e sans l&rsquo;existence d&rsquo;un parti communiste uni, ferme et arm\u00e9 de la th\u00e9orie marxiste. L&rsquo;agitation du parti communiste doit \u00eatre li\u00e9e \u00e0 la lutte des ouvriers pour leurs revendications imm\u00e9diates et expliquer en m\u00eame temps les buts g\u00e9n\u00e9raux du parti communiste et ses m\u00e9thodes pour les atteindre. Il est n\u00e9cessaire de constituer des cellules dans les entreprises qui prennent une part active au mouvement ouvrier, \u00e0 l&rsquo;organisation et \u00e0 la direction des gr\u00e8ves et des actions politiques. Les organisations communistes doivent d\u00e8s le d\u00e9but, consacrer une attention particuli\u00e8re \u00e0 la cr\u00e9ation de cadres dirigeants ouvriers pour le parti.<\/p> <p class=Texte>Dans les <i>syndicats<\/i>, les communistes hindous doivent d\u00e9masquer impitoyablement les chefs nationaux-r\u00e9formistes, mener une lutte \u00e9nergique pour transformer les syndicats en v\u00e9ritables organisations de classe du prol\u00e9tariat et pour remplacer la direction r\u00e9formiste actuelle par les repr\u00e9sentants r\u00e9volutionnaires des masses ouvri\u00e8res. Il faut particuli\u00e8rement d\u00e9masquer la m\u00e9thode de pr\u00e9dilection des r\u00e9formistes hindous, qui consiste \u00e0 faire trancher les conflits par le repr\u00e9sentant de l&rsquo;imp\u00e9rialisme anglais comme arbitre &quot;impartial&quot; entre les ouvriers et les patrons. Dans cette lutte il faut poser les revendications de d\u00e9mocratie syndicale, de composition de l&rsquo;appareil syndical par les ouvriers, etc&#8230; Les points d&rsquo;appui pour le travail du parti dans les syndicats doivent \u00eatre les fractions communistes et les groupes form\u00e9s de communistes et de sympathisants. Il faut aussi utiliser la vague de gr\u00e8ves actuelle pour organiser les ouvriers <i>inorganis\u00e9s<\/i>. Les mineurs et les m\u00e9tallurgistes, les coolies travaillant dans les plantations et les salari\u00e9s agricoles en g\u00e9n\u00e9ral, sont la partie la moins organis\u00e9e du prol\u00e9tariat hindou; les communistes doivent leur consacrer l&rsquo;attention n\u00e9cessaire. <\/p> <p class=Texte>Les communistes doivent d\u00e9masquer le national-r\u00e9formisme du Congr\u00e8s national hindou et opposer \u00e0 toutes les phrases des swarajistes, des ghandistes, etc&#8230; sur la r\u00e9sistance passive, le mot d&rsquo;ordre implacable de lutte arm\u00e9e pour lib\u00e9rer le pays et en chasser les imp\u00e9rialistes.<\/p> <p class=Texte>Quant aux <i>paysans<\/i> et aux organisations paysannes, les communistes hindous ont pour t\u00e2che tout d&rsquo;abord de faire conna\u00eetre aux grandes masses de paysans les revendications g\u00e9n\u00e9rales du parti dans la question agraire. Dans ce but, le parti doit \u00e9laborer un programme d&rsquo;action. Par l&rsquo;interm\u00e9diaire des ouvriers li\u00e9s avec la campagne et directement aussi, les communistes doivent stimuler la lutte des paysans pour leurs revendications partielles et au cours de la lutte, organiser des unions paysannes. II faut particuli\u00e8rement veiller \u00e0 ce que les organisations paysannes qui seront cr\u00e9\u00e9es ne tombent pas sous l&rsquo;influence des exploiteurs des campagnes. Il faut donner aux organisations paysannes existantes un programme clair de revendications concr\u00e8tes et soutenir l&rsquo;action des paysans par des manifestations ouvri\u00e8res dans les villes.<\/p> <p class=Texte>Il ne faut pas oublier qu&rsquo;en aucune occasion les communistes ne doivent renoncer \u00e0 leur droit de critiquer ouvertement la tactique opportuniste et r\u00e9formiste de la direction des organisations de masses dans lesquelles ils travaillent.<\/p> <p class=Texte>35.&nbsp;En <i>Indon\u00e9sie<\/i>, l&rsquo;\u00e9crasement de l&rsquo;insurrection de&nbsp;1926, l&rsquo;arrestation et l&rsquo;exil de milliers de membres de notre parti l&rsquo;ont extr\u00eamement d\u00e9sorganis\u00e9. La n\u00e9cessit\u00e9 de reconstituer les organisations an\u00e9anties de notre parti exige de nouvelles m\u00e9thodes de travail, correspondant aux conditions ill\u00e9gales cr\u00e9\u00e9es par le r\u00e9gime policier de l&rsquo;imp\u00e9rialisme hollandais. Transfert du centre de gravit\u00e9 du parti l\u00e0 o\u00f9 est concentr\u00e9 le prol\u00e9tariat urbain et rural,&nbsp;&#8209; les fabriques et les plantations; reconstitution des syndicats dissous et lutte pour leur vie l\u00e9gale; attention particuli\u00e8re aux revendications partielles <i>pratiques<\/i> des paysans; d\u00e9veloppement et renforcement des organisations paysannes; travail dans toutes les organisations nationales de masses, o\u00f9 le P.C. doit constituer des fractions et grouper autour de lui les \u00e9l\u00e9ments nationaux-r\u00e9volutionnaires; lutte \u00e9nergique contre les social-d\u00e9mocrates hollandais qui, avec l&rsquo;appui du gouvernement essayent de constituer une base dans le prol\u00e9tariat indig\u00e8ne; entra\u00eenement des nombreux ouvriers chinois dans la lutte de classes et dans la lutte nationale-r\u00e9volutionnaire; \u00e9tablissement de liaisons avec le mouvement communiste de Chine et des Indes,&nbsp;&#8209; voil\u00e0 quelques&#8209;unes des principales t\u00e2ches du parti communiste d&rsquo;Indon\u00e9sie.<\/p> <p class=Texte>36.&nbsp;En <i>Cor\u00e9e<\/i>, les communistes doivent renforcer leur travail au sein du prol\u00e9tariat et, dans leur effort pour augmenter l&rsquo;activit\u00e9 et renforcer l&rsquo;organisation des f\u00e9d\u00e9rations ouvri\u00e8res et paysannes, r\u00e9organiser les syndicats, y englober les principales couches de la classe ouvri\u00e8re et rattacher les luttes \u00e9conomiques aux revendications politiques. En m\u00eame temps, ils doivent lier la revendication de l&rsquo;\u00e9mancipation nationale du pays au mot d&rsquo;ordre de la r\u00e9volution agraire qui acquiert de plus en plus d&rsquo;actualit\u00e9 par suite de la paup\u00e9risation croissante des paysans sous le r\u00e9gime de rapine coloniale. Au sein des masses laborieuses, affili\u00e9es aux grandes unions religieuses nationales (Tchen Do&nbsp;Gio, etc&#8230;) il faut mener un travail patient d&rsquo;\u00e9ducation r\u00e9volutionnaire afin de les soustraire \u00e0 l&rsquo;influence des chefs nationaux r\u00e9formistes. Il faut renforcer l&rsquo;influence communiste dans toutes les organisations r\u00e9volutionnaires de masse existantes. Au lieu de cr\u00e9er un parti national r\u00e9volutionnaire unique bas\u00e9 sur l&rsquo;adh\u00e9sion individuelle, il faut s&rsquo;efforcer de coordonner et d&rsquo;unir l&rsquo;activit\u00e9 des diff\u00e9rentes organisations nationales r\u00e9volutionnaires \u00e0 l&rsquo;aide de comit\u00e9s d&rsquo;action communs et de cr\u00e9er un bloc effectif des \u00e9l\u00e9ments r\u00e9volutionnaires tout en critiquant l&rsquo;incons\u00e9quence et les h\u00e9sitations des nationalistes petits-bourgeois, et en les d\u00e9masquant constamment devant les masses. Il faut recruter de nouvelles forces dans le parti communiste, surtout parmi les ouvriers industriels. Ce sera la meilleure garantie de d\u00e9veloppement bolch\u00e9viste du parti et cela facilitera en particulier, la liquidation n\u00e9cessaire de l&rsquo;esprit de fraction, nuisible au sein du parti.<\/p> <p class=Texte>37.&nbsp;En <i>\u00c9gypte<\/i>, le parti communiste ne jouera un r\u00f4le important dans le mouvement national que lorsqu&rsquo;il s&rsquo;appuiera sur le prol\u00e9tariat organis\u00e9. L&rsquo;organisation de syndicats des ouvriers \u00e9gyptiens, le renforcement et la direction des luttes de classes sont donc la premi\u00e8re et la plus importante t\u00e2che du parti communiste. Le plus grand danger pour le mouvement syndical d&rsquo;\u00c9gypte est actuellement la conqu\u00eate des syndicats par les nationalistes bourgeois. Sans lutte \u00e9nergique contre leur influence une v\u00e9ritable organisation de classe des ouvriers est impossible. Un des d\u00e9fauts essentiels des communistes \u00e9gyptiens dans le pass\u00e9 fut de travailler exclusivement parmi les ouvriers des villes. Poser correctement la question agraire, entra\u00eener le plus possible dans la lutte et organiser les larges masses d&rsquo;ouvriers agricoles et de paysans, voil\u00e0 une des t\u00e2ches principales du parti. Il faut consacrer une attention particuli\u00e8re \u00e0 l&rsquo;\u00e9dification m\u00eame du parti qui est encore tr\u00e8s faible.<\/p> <p class=Texte>38.&nbsp;Dans les colonies fran\u00e7aises de <i>l&rsquo;Afrique du Nord<\/i>, les communistes doivent travailler dans toutes les organisations nationales r\u00e9volutionnaires de masses d\u00e9j\u00e0 existantes, afin d&rsquo;y unir les \u00e9l\u00e9ments vraiment r\u00e9volutionnaires sur un programme cons\u00e9quent et clair de bloc ouvrier et paysan pour la lutte. Quant \u00e0 l&rsquo;organisation de l<span style='font-family:\"Times New Roman\",\"serif\"'>&#8242;<\/span>&quot;Etoile Nord&#8209;Africaine&quot;, les communistes doivent travailler \u00e0 ce qu&rsquo;elle ne se d\u00e9veloppe pas sous la forme d&rsquo;un parti, mais sous la forme d&rsquo;un bloc de combat des diff\u00e9rentes organisations r\u00e9volutionnaires, avec adh\u00e9sion collective de syndicats d&rsquo;ouvriers industriels et agricoles, d&rsquo;unions paysannes, etc&#8230;; il est n\u00e9cessaire d&rsquo;y assurer le r\u00f4le dirigeant du prol\u00e9tariat r\u00e9volutionnaire; avant tout, il faut d\u00e9velopper le mouvement syndical qui est la base d&rsquo;organisation de l&rsquo;influence communiste dans les masses. La collaboration toujours plus \u00e9troite de la partie r\u00e9volutionnaire du prol\u00e9tariat blanc avec la classe ouvri\u00e8re indig\u00e8ne est notre t\u00e2che constante. Dans la question agraire il faut savoir diriger la haine croissante de la population rurale, d\u00e9termin\u00e9e par la politique d&rsquo;expropriation de l&rsquo;imp\u00e9rialisme fran\u00e7ais, dans la voie d&rsquo;une lutte bien organis\u00e9e (meilleure organisation des gr\u00e8ves d&rsquo;ouvriers agricoles, renforcement des syndicats d&rsquo;ouvriers agricoles en Alg\u00e9rie, etc&#8230;). Les organisations communistes de chaque pays doivent recruter eu premier lieu les ouvriers indig\u00e8nes et lutter contre le m\u00e9pris manifest\u00e9 envers eux. Les partis communistes qui sont vraiment compos\u00e9s de prol\u00e9taires indig\u00e8nes doivent \u00eatre formellement et effectivement des sections ind\u00e9pendantes de l&rsquo;Internationale communiste.<\/p> <p class=Texte>39.&nbsp;Parall\u00e8lement \u00e0 la question coloniale, le 6e&nbsp;Congr\u00e8s attire s\u00e9rieusement l&rsquo;attention des partis communistes sur la question <i>n\u00e8gre<\/i>. La situation des n\u00e8gres dans les divers pays est diff\u00e9rente; elle exige donc une \u00e9tude et une analyse concr\u00e8te. On peut diviser les territoires habit\u00e9s par des masses compactes de n\u00e8gres de la fa\u00e7on suivante: 1)&nbsp;les \u00c9tats&#8209;Unis et quelques pays sud-am\u00e9ricains o\u00f9 les masses compactes de n\u00e8gres constituent une minorit\u00e9 par rapport \u00e0 la population blanche; 2)&nbsp;l&rsquo;Union sud-africaine o\u00f9 les n\u00e8gres constituent la majorit\u00e9 par rapport aux colons blancs; 3)&nbsp;les \u00c9tats n\u00e8gres qui sont en fait des colonies ou des semi&#8209;colonies de l&rsquo;imp\u00e9rialisme (Lib\u00e9ria, Ha\u00efti, St.&#8209;Domingue); 4)&nbsp;toute l&rsquo;Afrique Centrale divis\u00e9e en colonies<a href=\"#_edn27\" name=\"_ednref27\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[27]<\/span><\/span><\/span><\/a> et en territoires sous mandat des diverses puissances imp\u00e9rialistes (Angleterre, France, Portugal, etc&#8230;). Les t\u00e2ches des partis communistes doivent \u00eatre d\u00e9finies en tenant compte de chaque situation concr\u00e8te.<\/p> <p class=Texte>Aux <i>\u00c9tats&#8209;Unis<\/i>, vivent environ 12&nbsp;millions de n\u00e8gres. La plupart sont des fermiers qui paient leur fermage en nature et vivent dans des conditions semi&#8209;f\u00e9odales. La situation de ces fermiers n\u00e8gres est la m\u00eame que celle des salari\u00e9s agricoles et ne se distingue que formellement de l&rsquo;esclavage aboli par la l\u00e9gislation. Les propri\u00e9taires fonciers blancs qui cumulent les fonctions de seigneurs fonciers, de commer\u00e7ants et d&rsquo;usuriers, donnent le fouet aux n\u00e8gres, pratiquent une politique de s\u00e9jour forc\u00e9 et d&rsquo;autres m\u00e9thodes de la d\u00e9mocratie bourgeoise am\u00e9ricaine et reproduisent les pires formes d&rsquo;exploitation de la p\u00e9riode d&rsquo;esclavage. Gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;industrialisation du Sud, un prol\u00e9tariat n\u00e8gre commence \u00e0 se constituer. En m\u00eame temps se poursuit de plus en plus rapidement l&rsquo;\u00e9migration des n\u00e8gres vers le Nord, o\u00f9 leur immense majorit\u00e9 est form\u00e9e d&rsquo;ouvriers non qualifi\u00e9s. La croissance du prol\u00e9tariat n\u00e8gre est l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement le plus important des derni\u00e8res ann\u00e9es. Mais en m\u00eame temps dans les quartiers n\u00e8gres se forme une petite bourgeoisie qui donne naissance \u00e0 des intellectuels et \u00e0 une faible couche de bourgeoisie qui deviennent les agents de l&rsquo;imp\u00e9rialisme.<\/p> <p class=Texte>Une des t\u00e2ches les plus importantes du parti communiste consiste \u00e0 lutter pour l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 compl\u00e8te et r\u00e9elle des n\u00e8gres, pour l&rsquo;abolition de toute in\u00e9galit\u00e9 sociale et politique et de toute in\u00e9galit\u00e9 de races. Le parti communiste a le devoir de lutter de toute son \u00e9nergie contre la moindre expression de chauvinisme blanc, d&rsquo;organiser une r\u00e9sistance active contre la justice du lynch, de renforcer son travail parmi les ouvriers n\u00e8gres, de recruter les plus conscients dans le parti, de lutter pour leur admission dans toutes les organisations des ouvriers blancs et, avant tout, dans les syndicats (ce qui n&rsquo;exclut pas, s&rsquo;il le faut, leur organisation en syndicats s\u00e9par\u00e9s), d&rsquo;organiser les masses paysannes et les ouvriers agricoles du Sud, de travailler parmi les masses n\u00e8gres petites-bourgeoises, en expliquant le caract\u00e8re utopique et r\u00e9actionnaire des tendances petites-bourgeoises tel le Harveyisme<a href=\"#_edn28\" name=\"_ednref28\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[28]<\/span><\/span><\/span><\/a>, et en combattant leur influence sur la classe ouvri\u00e8re. Dans les \u00c9tats du Sud, o\u00f9 sont des masses compactes de n\u00e8gres il faut lancer le mot d&rsquo;ordre du droit des n\u00e8gres \u00e0 disposer d&rsquo;eux&#8209;m\u00eames. La transformation radicale du r\u00e9gime agraire des \u00c9tats du Sud est une des t\u00e2ches essentielles de la r\u00e9volution. Les communistes n\u00e8gres doivent expliquer aux ouvriers et paysans n\u00e8gres que seule une alliance \u00e9troite et une lutte commune avec le prol\u00e9tariat blanc contre la bourgeoisie am\u00e9ricaine peuvent les lib\u00e9rer de l&rsquo;exploitation barbare, que seule la r\u00e9volution prol\u00e9tarienne triomphante r\u00e9soudra d\u00e9finitivement le probl\u00e8me agraire et national du Sud des \u00c9tats&#8209;Unis, dans l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de la masse \u00e9crasante de la population n\u00e8gre du pays.<\/p> <p class=Texte>Dans <i>l&rsquo;Union sud-africaine<\/i>, les masses n\u00e8gres constituent la majorit\u00e9 de la population, leurs terres sont expropri\u00e9es par les colons blancs et par l&rsquo;\u00c9tat, elles sont priv\u00e9es des droits politiques et du droit de circuler librement, elles souffrent de la pire oppression de race et de classe et des m\u00e9thodes d&rsquo;exploitation et d&rsquo;oppression pr\u00e9capitalistes et capitalistes. Le parti communiste, qui a d\u00e9j\u00e0 obtenu certains succ\u00e8s dans le prol\u00e9tariat n\u00e8gre, a le devoir de poursuivre avec encore plus d&rsquo;\u00e9nergie sa lutte pour l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 compl\u00e8te des n\u00e8gres, l&rsquo;abolition de toutes les mesures et lois sp\u00e9cialement dirig\u00e9es contre eux et pour la confiscation des terres appartenant aux propri\u00e9taires fonciers. En recrutant les ouvriers n\u00e8gres, en les organisant dans les syndicats, en luttant pour l&rsquo;admission des n\u00e8gres dans les syndicats des ouvriers blancs, le parti a le devoir de lutter par tous les moyens contre tous les pr\u00e9jug\u00e9s de race parmi les ouvriers blancs et les d\u00e9raciner compl\u00e8tement de ses propres rangs. Le parti doit lancer avec \u00e9nergie et cons\u00e9quence le mot d&rsquo;ordre de la fondation d&rsquo;une r\u00e9publique indig\u00e8ne ind\u00e9pendante qui assurerait les droits de la minorit\u00e9 blanche, il doit lutter par l&rsquo;action pour la r\u00e9alisation de ce mot d&rsquo;ordre. Dans la mesure o\u00f9 le d\u00e9veloppement des rapports capitalistes d\u00e9sagr\u00e8ge le r\u00e9gime des tribus le parti doit renforcer l&rsquo;\u00e9ducation de classe des couches exploit\u00e9es de la population n\u00e8gre et s&rsquo;efforcer de les arracher \u00e0 l&rsquo;influence des exploiteurs, qui deviennent de plus en plus les agents de l&rsquo;imp\u00e9rialisme.<\/p> <p class=Texte><i>Dans les colonies du Centre de l&rsquo;Afrique<\/i>, l&rsquo;exploitation prend les pires formes et r\u00e9unit les m\u00e9thodes d&rsquo;exploitation esclavagistes, f\u00e9odales et capitalistes. Dans la p\u00e9riode d&rsquo;apr\u00e8s&#8209;guerre, le capital des m\u00e9tropoles imp\u00e9rialistes s&rsquo;efforce avec une force toujours plus grande de p\u00e9n\u00e9trer les colonies africaines, il y favorise la concentration des grandes masses exploit\u00e9es et prol\u00e9taris\u00e9es dans les plantations, dans les mines, etc&#8230; Le Congr\u00e8s fait un devoir aux partis communistes des m\u00e9tropoles d&rsquo;en finir avec l&rsquo;indiff\u00e9rentisme dont ils font preuve \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des mouvements de masses dans ces colonies, et de commencer \u00e0 aider \u00e9nergiquement ces mouvements aussi bien dans les m\u00e9tropoles que dans les colonies elles-m\u00eames. Ils doivent \u00e9tudier attentivement la situation dans ces pays afin de d\u00e9masquer les exploits sanglants de l&rsquo;imp\u00e9rialisme et de cr\u00e9er la possibilit\u00e9 d&rsquo;une liaison organique avec les \u00e9l\u00e9ments prol\u00e9tariens naissants de ces colonies les plus implacablement exploit\u00e9es par l&rsquo;imp\u00e9rialisme.<\/p> <p class=Texte>40.&nbsp;En <i>Am\u00e9rique&nbsp;latine<\/i>, les communistes doivent prendre partout une part active au mouvement r\u00e9volutionnaire de masses dirig\u00e9 contre le r\u00e9gime des gros agrariens et contre l&rsquo;imp\u00e9rialisme, m\u00eame l\u00e0 o\u00f9 ce mouvement est encore sous la direction de la petite-bourgeoisie. Toutefois, les partis communistes ne doivent \u00e0 aucune condition se soumettre \u00e0 leurs alli\u00e9s temporaires. En luttant pour l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie dans le mouvement r\u00e9volutionnaire, les partis communistes doivent, en premier lieu, toujours conserver leur ind\u00e9pendance politique et d&rsquo;organisation et travailler pour devenir le parti dirigeant du prol\u00e9tariat. Dans leur agitation, les communistes doivent souligner particuli\u00e8rement les mots d&rsquo;ordre suivants:<\/p> <p class=Texte>1)&nbsp;Expropriation (sans indemnit\u00e9) et remise aux ouvriers agricoles, aux fins de travail en commun, d&rsquo;une partie des grosses plantations et latifundi; r\u00e9partition de la partie restante entre les paysans, les fermiers et les colons; 2)&nbsp;confiscation des entreprises \u00e9trang\u00e8res (mines, entreprises industrielles, banques, etc&#8230;) et des entreprises les plus importantes de la bourgeoisie nationale et des gros propri\u00e9taires terriens; 3)&nbsp;annulation des dettes d&rsquo;\u00c9tat et liquidation de tout contr\u00f4le sur le pays de la part de l&rsquo;imp\u00e9rialisme; 4)&nbsp;introduction de la journ\u00e9e de 8&nbsp;heures et abolition des conditions de travail semi-esclavagistes; 5)&nbsp;armement des ouvriers et des paysans et transformation de l&rsquo;arm\u00e9e en milice ouvri\u00e8re et paysanne; 6)&nbsp;instauration du pouvoir des Soviets d&rsquo;ouvriers, paysans et soldats, au lieu de la domination de classe des gros propri\u00e9taires fonciers et de l&rsquo;\u00c9glise. Le mot d&rsquo;ordre du <i>gouvernement ouvrier et paysan<\/i>, oppos\u00e9 aux soi&#8209;disant gouvernements &quot;r\u00e9volutionnaires&quot; que cr\u00e9e la dictature militaire de la petite-bourgeoisie, doit occuper le centre de l&rsquo;agitation communiste.<\/p> <p class=Texte>Dans ces pays, la condition fondamentale du succ\u00e8s de l&rsquo;ensemble du mouvement r\u00e9volutionnaire est dans la consolidation de l&rsquo;id\u00e9ologie et de l&rsquo;organisation des partis communistes et en leur liaison avec les masses travailleuses et les organisations de masse. Les partis communistes doivent tendre inlassablement \u00e0 organiser les ouvriers industriels dans les syndicats de classe, en premier lieu les ouvriers des grandes entreprises appartenant \u00e0 l&rsquo;imp\u00e9rialisme, \u00e0 \u00e9lever leur niveau politique et leur conscience de classe et \u00e0 d\u00e9raciner l&rsquo;id\u00e9ologie r\u00e9formiste, anarcho-syndicaliste et corporative. En m\u00eame temps, il faut organiser les paysans, les fermiers et les colons dans les unions paysannes. Il faut d\u00e9velopper l&rsquo;organisation de la Ligue antiimp\u00e9rialiste, au sein de laquelle doivent travailler les fractions communistes. La collaboration la plus \u00e9troite entre toutes les organisations r\u00e9volutionnaires de masses des ouvriers et paysans, la liaison entre les partis communistes des pays de l&rsquo;Am\u00e9rique&nbsp;latine, leur liaison avec les organisations internationales respectives, et avec le prol\u00e9tariat r\u00e9volutionnaire des \u00c9tats&#8209;Unis sont parmi les t\u00e2ches importantes.<\/p> <p class=Texte>41.&nbsp;Les t\u00e2ches les plus importantes des partis communistes des <i>pays imp\u00e9rialistes<\/i> dans la question coloniale ont un triple caract\u00e8re. Premi\u00e8rement, il faut \u00e9tablir une liaison active entre les partis communistes et les syndicats r\u00e9volutionnaires des m\u00e9tropoles, et les organisations r\u00e9volutionnaires correspondantes des colonies. Les liaisons \u00e9tablies jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent entre les partis communistes des m\u00e9tropoles et le mouvement r\u00e9volutionnaire des pays coloniaux correspondants ne peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme suffisantes, \u00e0 quelques rares exceptions pr\u00e8s. Ce fait ne peut \u00eatre expliqu\u00e9 que partiellement par les difficult\u00e9s objectives. Il faut reconna\u00eetre que tous les partis de l&rsquo;Internationale communiste ne comprennent pas encore l&rsquo;importance d\u00e9cisive de l&rsquo;\u00e9tablissement de liaisons \u00e9troites, r\u00e9guli\u00e8res et permanentes avec les mouvements r\u00e9volutionnaires dans les colonies, afin de soutenir ces mouvements d&rsquo;une fa\u00e7on active, directe et pratique. Ce n&rsquo;est que dans la mesure o\u00f9 les partis communistes des pays imp\u00e9rialistes soutiennent en fait le mouvement r\u00e9volutionnaire dans les colonies et la lutte des pays coloniaux contre l&rsquo;imp\u00e9rialisme, que leur position dans la question coloniale peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme v\u00e9ritablement bolch\u00e9viste. C&rsquo;est l\u00e0, en g\u00e9n\u00e9ral, le crit\u00e8re de leur activit\u00e9 r\u00e9volutionnaire.<\/p> <p class=Texte>La seconde cat\u00e9gorie de t\u00e2ches consiste \u00e0 soutenir v\u00e9ritablement la lutte des peuples coloniaux contre l&rsquo;imp\u00e9rialisme par l&rsquo;organisation d&rsquo;actions de masses effectives du prol\u00e9tariat. Dans ce domaine, l&rsquo;activit\u00e9 des partis communistes des pays capitalistes les plus importants fut aussi insuffisante. La pr\u00e9paration et l&rsquo;organisation de telles actions de solidarit\u00e9 doivent absolument devenir un des \u00e9l\u00e9ments essentiels de l&rsquo;agitation communiste parmi les masses ouvri\u00e8res des pays capitalistes. Les communistes doivent d\u00e9masquer le v\u00e9ritable caract\u00e8re de rapine du r\u00e9gime colonial-capitaliste par tous les moyens d&rsquo;agitation dont ils disposent (presse, manifestations publiques, tribunes parlementaires), ils doivent d\u00e9chirer implacablement le r\u00e9seau de mensonges qui pr\u00e9sente le syst\u00e8me colonial comme une \u0153uvre de civilisation et de progr\u00e8s g\u00e9n\u00e9ral. Dans ce domaine, une t\u00e2che particuli\u00e8re consiste \u00e0 lutter contre les organisations de missionnaires, qui sont un des points d&rsquo;appui les plus actifs de l&rsquo;expansion imp\u00e9rialiste et de l&rsquo;asservissement des peuples coloniaux.<\/p> <p class=Texte>Les communistes doivent mobiliser les larges masses ouvri\u00e8res et paysannes des pays capitalistes pour la revendication de l&rsquo;ind\u00e9pendance compl\u00e8te et de la souverainet\u00e9 des peuples coloniaux. La lutte contre la r\u00e9pression sanglante des soul\u00e8vements coloniaux, contre l&rsquo;intervention arm\u00e9e des imp\u00e9rialistes dans les r\u00e9volutions nationales, contre la croissance de l&rsquo;agressivit\u00e9 guerri\u00e8re de l&rsquo;imp\u00e9rialisme contre les nouvelles conqu\u00eates militaires doit \u00eatre une lutte syst\u00e9matique, organis\u00e9e et pleine d&rsquo;abn\u00e9gation de la part du prol\u00e9tariat mondial. Il est n\u00e9cessaire de tirer toutes les le\u00e7ons du fait qu&rsquo;aucune des sections de l&rsquo;Internationale communiste dans les pays capitalistes n&rsquo;est arriv\u00e9e \u00e0 mobiliser les masses dans une mesure suffisante pour d\u00e9fendre effectivement la r\u00e9volution chinoise contre l&rsquo;offensive ininterrompue de l&rsquo;imp\u00e9rialisme mondial. Les pr\u00e9paratifs en vue d&rsquo;une guerre mondiale, la croisade des imp\u00e9rialistes contre les peuples de &quot;leurs&quot; colonies dans le but de les &quot;pacifier&quot; posent la t\u00e2che de soutenir activement les r\u00e9volutions coloniales, et cet objectif doit occuper le centre de la lutte du prol\u00e9tariat des pays capitalistes.<\/p> <p class=Texte><i>La lutte contre la politique coloniale de la social-d\u00e9mocratie<\/i> doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e par le parti communiste comme une partie organique de sa lutte contre l&rsquo;imp\u00e9rialisme. Par sa position dans la question coloniale, \u00e0 son dernier Congr\u00e8s de Bruxelles<a href=\"#_edn29\" name=\"_ednref29\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[29]<\/span><\/span><\/span><\/a>, la 2e&nbsp;Internationale a sanctionn\u00e9 d\u00e9finitivement ce qu&rsquo;avait d\u00e9j\u00e0 r\u00e9v\u00e9l\u00e9 clairement toute l&rsquo;activit\u00e9 pratique des diff\u00e9rents partis socialistes des pays imp\u00e9rialistes, apr\u00e8s la guerre. La politique coloniale de la social-d\u00e9mocratie est une politique d&rsquo;appui actif de l&rsquo;imp\u00e9rialisme dans l&rsquo;\u0153uvre d&rsquo;exploitation et d&rsquo;oppression des peuples coloniaux. Elle a adopt\u00e9 officiellement le point de vue de la Soci\u00e9t\u00e9 des nations, qui veut que les classes dominantes des pays capitalistes d\u00e9velopp\u00e9s soient en &quot;droit&quot; de r\u00e9gner sur la majorit\u00e9 des peuples du globe pour les soumettre \u00e0 un r\u00e9gime f\u00e9roce d&rsquo;exploitation et d&rsquo;asservissement. Afin de tromper une partie de la classe ouvri\u00e8re et l&rsquo;int\u00e9resser au maintien du r\u00e9gime de rapine coloniale, la social-d\u00e9mocratie d\u00e9fend les exploits les plus honteux et les plus repoussants de l&rsquo;imp\u00e9rialisme dans les colonies. Elle cache l\u00e9 v\u00e9ritable caract\u00e8re du syst\u00e8me colonial capitaliste, le lien qui existe entre la politique coloniale et le danger d&rsquo;une nouvelle guerre imp\u00e9rialiste mena\u00e7ant le prol\u00e9tariat et les masses travailleuses du monde entier. L\u00e0 o\u00f9 l&rsquo;indignation des peuples coloniaux prend la forme d&rsquo;une lutte d&rsquo;\u00e9mancipation contre l&rsquo;imp\u00e9rialisme, la social-d\u00e9mocratie se range toujours en fait et malgr\u00e9 toutes ses phrases mensong\u00e8res, du c\u00f4t\u00e9 des bourreaux imp\u00e9rialistes de la r\u00e9volution. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, les partis socialistes de tous les pays capitalistes votent les cr\u00e9dits qu&rsquo;exigent leurs gouvernements pour mener la guerre contre les peuples coloniaux en lutte pour leur lib\u00e9ration (Maroc, Syrie, Indon\u00e9sie), ils prennent part eux&#8209;m\u00eames directement \u00e0 l&rsquo;exploitation coloniale, des socialistes fran\u00e7ais sont nomm\u00e9s gouverneurs de colonies aux ordres des gouvernements imp\u00e9rialistes, les coop\u00e9ratives socialistes de Belgique participent aux entreprises coloniales (pour l&rsquo;exploitation de la population n\u00e8gre du Congo), ils approuvent les mesures les plus f\u00e9roces pour \u00e9touffer les soul\u00e8vements coloniaux (les chefs du Labour Party britannique ont d\u00e9fendu l&rsquo;intervention en Chine, le Parti socialiste hollandais est intervenu pour r\u00e9primer le soul\u00e8vement en Indon\u00e9sie). La th\u00e9orie social-d\u00e9mocrate, affirmant que le r\u00e9gime colonial capitaliste peut \u00eatre r\u00e9form\u00e9 et devenir un &quot;bon r\u00e9gime colonial&quot;, n&rsquo;est qu&rsquo;un masque derri\u00e8re lequel les social-d\u00e9mocrates cherchent \u00e0 cacher leur v\u00e9ritable figure social-d\u00e9mocrate. Les communistes doivent leur arracher ce masque et montrer aux masses travailleuses des pays imp\u00e9rialistes que les partis socialistes sont les co&#8209;participants et les collaborateurs directs de la politique coloniale imp\u00e9rialiste, que dans ce domaine ils ont trahi de la fa\u00e7on la plus odieuse tout le programme socialiste, qu&rsquo;ils sont devenus les agents de l&rsquo;imp\u00e9rialisme rapace dans les m\u00e9tropoles et les colonies.<\/p> <p class=Texte>Les communistes doivent suivre avec la plus grande attention toutes les tentatives de la social-d\u00e9mocratie qui cherche, avec l&rsquo;aide des gouvernements capitalistes, \u00e0 \u00e9tendre son influence dans les colonies et \u00e0 y fonder des sections et des organisations. Ces tentatives correspondent \u00e0 la politique de cette fraction des colonialistes imp\u00e9rialistes qui se propose de consolider ses positions dans les colonies au moyen de la corruption de certaines couches indig\u00e8nes. Les conditions sp\u00e9cifiques de certaines colonies peuvent contribuer \u00e0 un certain succ\u00e8s de cette politique et d\u00e9terminer un d\u00e9veloppement temporaire du mouvement r\u00e9formiste dans ces pays sous l&rsquo;influence de la social-d\u00e9mocratie des pays capitalistes. La t\u00e2che du parti communiste consiste \u00e0 lutter \u00e9nergiquement contre de semblables tentatives, \u00e0 d\u00e9masquer la politique coloniale des socialistes devant les masses indig\u00e8nes et \u00e0 \u00e9tendre ainsi aux chefs social-d\u00e9mocrates, ces laquais de l&rsquo;imp\u00e9rialisme, la haine m\u00e9rit\u00e9e que les peuples coloniaux opprim\u00e9s vouent aux imp\u00e9rialistes.<\/p> <p class=Texte>Dans tous ces domaines, les partis communistes des pays capitalistes ne peuvent obtenir des succ\u00e8s que s&rsquo;ils d\u00e9veloppent une propagande intense dans <i>leurs propres rangs<\/i>, pour expliquer le point de vue communiste dans la question coloniale, pour d\u00e9raciner toutes les survivances de l&rsquo;id\u00e9ologie social-d\u00e9mocrate dans cette question et pour repousser \u00e0 toute d\u00e9viation de la juste ligne l\u00e9niniste.<\/p> <p class=Intertitre2a>Notes<\/p> <\/div> <div><br clear=all> <hr align=left size=1 width=\"33%\"> <div id=edn1> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref1\" name=\"_edn1\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[1]<\/span><\/a>.&nbsp;[321ignition] Les annotations sont formul\u00e9es par nous en tenant compte d&rsquo;\u00e9ventuelles notes figurant dans la source.<\/p> <\/div> <div id=edn2> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn2\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[2]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Cf. le document&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/ic-1920-07-08-theses-creation-soviets-ouvriers\/\"><span style='color:blue'>&#9658;<\/span><\/a><span style='color:blue'>.<\/span><\/p> <\/div> <div id=edn3> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref3\" name=\"_edn3\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[3]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;<span lang=EN-US>Gentry<\/span>.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Terme utilis\u00e9 ici par extension; au sens historique propre il d\u00e9signe, en Grande-Bretagne, l&rsquo;ensemble des nobles ayant droit \u00e0 des armoiries, mais non titr\u00e9s (par opposition \u00e0 la <span lang=EN-US>nobility<\/span>).<\/p> <\/div> <div id=edn4> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref4\" name=\"_edn4\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[4]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;<a name=\"REF_NOT_a\"><\/a>Guomindang ou Kuomintang (&quot;Parti nationaliste&quot;).<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Au cours de l&rsquo;ann\u00e9e&nbsp;1911, l&rsquo;Alliance r\u00e9volutionnaire (Zhongguo geming Tongmenghui, c&rsquo;est&#8209;\u00e0&#8209;dire Ligue r\u00e9volutionnaire unie de Chine, ou simplement Tongmenghui), fond\u00e9e par Sun&nbsp;Y\u00ecxian (Sun&nbsp;Yat&#8209;sen) en&nbsp;1905, intervient activement pour d\u00e9velopper l&rsquo;agitation, qui se dirige contre le r\u00e9gime imp\u00e9rial et am\u00e8ne l&rsquo;effondrement de celui&#8209;ci. Le&nbsp;29&nbsp;d\u00e9cembre, des repr\u00e9sentants des diverses provinces choisissent Sun&nbsp;Y\u00ecxian comme pr\u00e9sident de la R\u00e9publique. En f\u00e9vrier 1912 Yuan&nbsp;Shikai, charg\u00e9 par la Cour de r\u00e9primer les r\u00e9voltes, obtient l&rsquo;abdication du jeune empereur Puyi; une Assembl\u00e9e r\u00e9unie \u00e0 Nanjing (Nanking) d\u00e9signe Yuan Shikai comme pr\u00e9sident de la R\u00e9publique. La Tongmenghui est transform\u00e9e en Guomindang, qui formule comme programme les \u201cTrois Principes du peuple\u201d: nationalisme, d\u00e9mocratie, bien\u00eatre&nbsp;*. Cependant en&nbsp;1913 des soul\u00e8vements provoquent la dissolution du Guomindang par le r\u00e9gime. En&nbsp;1914 le Japon s&#8217;empare des concessions allemandes en Chine (Qingdao, dans la province Shandong) et en&nbsp;1915 impose \u00e0 la Chine son protectorat. Yuan&nbsp;Shikai d\u00e9c\u00e8de en&nbsp;1916, la Chine entre alors dans une longue p\u00e9riode de luttes entre les chefs r\u00e9publicains et les g\u00e9n\u00e9raux. En Chine du Nord les dujun (&quot;seigneurs de la guerre&quot;) rivaux &#8209;&nbsp;Zhang&nbsp;Zuolin, gouverneur de Mandchourie, Cao&nbsp;Kun, gouverneur du Zhili (correspondant approximativement \u00e0 la province actuelle Hebei), etc.&nbsp;&#8209; s&rsquo;opposent dans des conflits arm\u00e9es qui se poursuivront jusqu&rsquo;en&nbsp;1927.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En&nbsp;1921 est cr\u00e9\u00e9 \u00e0 Shanghai le Parti communiste chinois (PCC), qui adh\u00e8re \u00e0 l&rsquo;Internationale communiste l&rsquo;ann\u00e9e suivante. En&nbsp;1922 Sun&nbsp;Y\u00ecxian est port\u00e9 \u00e0 Guangzhou (Canton) \u00e0 la pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique. Il se donne pour objectif la reconqu\u00eate de toute la Chine du Sud et la prise de Beijing (P\u00e9kin), face aux deux factions ennemis, dont l&rsquo;une soutenue par le Japon, l&rsquo;autre par la Grande&#8209;Bretagne. \u00c0 partir de&nbsp;1923&#8209;1924 il obtient le soutien de l&rsquo;U.R.S.S. et le Guomindang accepte le principe d&rsquo;un front uni impliquant l&rsquo;int\u00e9gration des communistes en son sein. Apr\u00e8s la mort de Sun&nbsp;Y\u00ecxian en&nbsp;1925, s&rsquo;op\u00e8re une scission au sein du Guomindang entre, d&rsquo;une part, une fraction autour de Wang&nbsp;Jingwei et Song&nbsp;Qingling (veuve de Sun&nbsp;Y\u00ecxian) et, d&rsquo;autre part, celle dirig\u00e9e par Jiang&nbsp;Jieshi (Chiang&nbsp;Kai&#8209;shek). En&nbsp;1926 Jiang&nbsp;Jieshi l&#8217;emporte et exclut les communistes des organes dirigeants. Il organise une \u201cexp\u00e9dition vers le Nord\u201d dans l&rsquo;objectif de reconqu\u00e9rir les provinces tenues par les divers gouverneurs. Le&nbsp;12&nbsp;avril 1927 un soul\u00e8vement des travailleurs de Shanghai, anim\u00e9 par le PCC, est r\u00e9prim\u00e9 par l&rsquo;arm\u00e9e de Jiang&nbsp;Jieshi, le massacre fait des milliers de victimes. Nanjing devient le si\u00e8ge du gouvernement du Guomintang de Jiang&nbsp;Jieshi. Les communistes sont priv\u00e9s de leurs bases urbaines, Mao&nbsp;Zedong, Zhou&nbsp;Enlai et Zhu&nbsp;De rassemblent des troupes pour former une arm\u00e9e populaire de lib\u00e9ration qui se regroupe dans les montagnes du Hunan puis du Jiangxi. En&nbsp;1928 Jiang&nbsp;Jieshi marche vers le nord et entre en juin \u00e0 Beijing, qui est d\u00e9clar\u00e9 capitale.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>*&nbsp;\u201cTrois Principes du peuple\u201d (en chinois \u201cSanmin zhuyi\u201d, \u201cmin\u201d signifie peuple, citoyen): nation (minzu), d\u00e9mocratie (minquan), bien\u00eatre (minsheng).<\/p> <\/div> <div id=edn5> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref5\" name=\"_edn5\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[5]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Dans l&rsquo;original: &quot;aide&quot;.<\/p> <\/div> <div id=edn6> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref6\" name=\"_edn6\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[6]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;<a name=\"REF_NOT_f\"><\/a>Congr\u00e8s national indien.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Le Congr\u00e8s national indien a \u00e9t\u00e9 constitu\u00e9 comme mouvement politique en&nbsp;1885 et devient ult\u00e9rieurement un parti proprement dit (d\u00e9nomm\u00e9 couramment Parti du Congr\u00e8s). \u00c0 partir de&nbsp;1919 Mohandas Karamchand Gandhi (voir&nbsp;:&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_c\"><span style='font-family:\"Arial\",\"sans-serif\"'>&#9658;<\/span><\/a>) intervient comme un des principaux dirigeants.<\/p> <\/div> <div id=edn7> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref7\" name=\"_edn7\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[7]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Sur l&rsquo;Indon\u00e9sie, cf. <a href=\"http:\/\/321ignition.free.fr\/pag\/fr\/ana\/pag_002\/docu_01.htm\"><span style='color:blue'>L&rsquo;Indon\u00e9sie au 6e&nbsp;Congr\u00e8s de l&rsquo;Internationale communiste&nbsp;&#8209;&nbsp;1928&nbsp;&#9658;<\/span><\/a>.<\/p> <\/div> <div id=edn8> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref8\" name=\"_edn8\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[8]<\/span><\/a>.&nbsp;Mouvement d&rsquo;ind\u00e9pendance du peuple marocain, 1925.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En&nbsp;1925 l&rsquo;imp\u00e9rialisme fran\u00e7ais m\u00e8ne une guerre (P\u00e9tain commandant les troupes fran\u00e7aises) pour r\u00e9primer le mouvement d&rsquo;ind\u00e9pendance du peuple marocain et, en particulier, le soul\u00e8vement arm\u00e9 des Riffains (population du Riff, r\u00e9gion du Nord du Maroc) que dirige Abd&#8209;el&#8209;Krim.<\/p> <\/div> <div id=edn9> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref9\" name=\"_edn9\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[9]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;R\u00e9volte contre le mandat fran\u00e7ais en Syrie, 1925.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En juillet 1925, dans le sud de la Syrie, est d\u00e9clench\u00e9e une r\u00e9volte contre le mandat fran\u00e7ais (\u00e9tabli en avril 1920 sur d\u00e9cision de la Soci\u00e9t\u00e9 des Nations) dans la zone montagneuse du Hawr&#257;n, habit\u00e9e par une population druze (zone connue sous le nom de Djebel Druze). La r\u00e9volte s&rsquo;\u00e9tend ailleurs en Syrie et au Sud-Liban. L&rsquo;ind\u00e9pendance et l&rsquo;unit\u00e9 syriennes sont les deux revendications d\u00e9fendues par les nationalistes pendant l&rsquo;insurrection. En avril 1926, Souida, capitale du Djebel Druze est reprise par les troupes fran\u00e7aises. L&rsquo;insurrection est r\u00e9prim\u00e9e compl\u00e8tement \u00e0 la fin de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1927.<\/p> <\/div> <div id=edn10> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref10\" name=\"_edn10\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[10]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;L&rsquo;imp\u00e9rialisme&nbsp;US au Nicaragua.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Au d\u00e9but du 19e&nbsp;si\u00e8cle, dans le cadre de l&#8217;empire colonial espagnol, la r\u00e9gion de l&rsquo;Am\u00e9rique centrale \u00e9tait organis\u00e9e comme Royaume de Guatemala, qui comprenait les provinces de Ciudad Real de Chiapas, Guatemala, San Salvador, Comayagua (Honduras) et Nicaragua-Costa&nbsp;Rica. Le&nbsp;15&nbsp;septembre 1821 est sign\u00e9 un acte d&rsquo;ind\u00e9pendance pour cette zone. Il est stipul\u00e9 que sera form\u00e9 un Congr\u00e8s de Provinces, qui devra ratifier la d\u00e9claration.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>\u00c0 l&rsquo;\u00e9poque, au Mexique, Agust\u00edn de Iturbide vient de mener une campagne victorieuse pour l&rsquo;instauration d&rsquo;un empire monarchique s\u00e9par\u00e9 vis&#8209;\u00e0&#8209;vis de l&rsquo;Espagne. Le Trait\u00e9 de C\u00f3rdoba (ville au Mexique) sign\u00e9 le&nbsp;24&nbsp;aout 1821 entre Iturbide et le repr\u00e9sentant de l&rsquo;Espagne reconnait l&rsquo;ind\u00e9pendance du Mexique et offre la couronne \u00e0 Ferdinand&nbsp;VII d&rsquo;Espagne ou un autre repr\u00e9sentant des Bourbons. Le trait\u00e9 n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 ratifi\u00e9 par les Cort\u00e8s d&rsquo;Espagne, et le&nbsp;18&nbsp;mai 1822 Iturbide est proclam\u00e9 empereur par les Cort\u00e8s constituantes de Mexique. Il consid\u00e8re que les provinces du Royaume de Guatemala doivent \u00eatre rattach\u00e9es au Mexique, mais ce projet se heurte \u00e0 la r\u00e9sistance de certains gouvernements provinciaux concern\u00e9s, ce qui d\u00e9clenche une campagne militaire mexicaine dans le but d&rsquo;imposer l&rsquo;annexion. Finalement la pr\u00e9tention d&rsquo;Iturbide est mise en \u00e9chec, le&nbsp;1er&nbsp;juillet 1923 se r\u00e9unit l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale constituante des Provinces unies d&rsquo;Am\u00e9rique centrale, d\u00e9clare l&rsquo;ind\u00e9pendance absolue vis&#8209;\u00e0&#8209;vis de toute nation \u00e9trang\u00e8re et \u00e9tablit la R\u00e9publique f\u00e9d\u00e9rale d&rsquo;Am\u00e9rique centrale qui comprend les \u00c9tats de Guatemala, El&nbsp;Salvador, Honduras, Nicaragua et Costa&nbsp;Rica. Rapidement, surgissent des dissensions et des conflits arm\u00e9s. Le Nicaragua se s\u00e9pare de la R\u00e9publique le&nbsp;30&nbsp;avril de 1838, Honduras fait de m\u00eame le&nbsp;6&nbsp;octobre, ainsi que le Costa&nbsp;Rica le&nbsp;14&nbsp;novembre, puis Guatemala le 17&nbsp;avril de 1839.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>D\u00e9j\u00e0 en 1826 avait \u00e9t\u00e9 formul\u00e9 l&rsquo;id\u00e9e de construire une voie interoc\u00e9anique \u00e0 travers le territoire du Nicaragua. En&nbsp;1833 une concession en ce sens est attribu\u00e9e \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 capitaux hollandais, mais ce projet n&rsquo;aboutit pas, puis en&nbsp;1849 une autre concession est attribu\u00e9e \u00e0 Cornelius Vanderbilt, entrepreneur yanquee. Entretemps, en&nbsp;1847, des navigateurs britanniques avaient envahi <span lang=ES>San&nbsp;Juan del&nbsp;Norte<\/span> au Nicaragua. En&nbsp;1850 les USA et la Grande Bretagne signent le Trait\u00e9 dit Clayton-Bulwer. Son objet direct est d&rsquo;\u00e9viter des conflits d&rsquo;int\u00e9r\u00eat entre eux qui pourraient surgir dans l&rsquo;hypoth\u00e8se qu&rsquo;un canal passant par le Nicaragua serait construit. Quels que puissent \u00eatre les \u00e9ventuels acteurs d&rsquo;une telle entreprise, les deux signataires du trait\u00e9 s&rsquo;engagent \u00e0 garantir conjointement qu&rsquo;eux&#8209;m\u00eames pourront en b\u00e9n\u00e9ficier librement sans qu&rsquo;une discrimination puisse intervenir au d\u00e9triment de l&rsquo;un ou de l&rsquo;autre, ni de parties tiers. Au&#8209;del\u00e0 du projet pr\u00e9cis envisag\u00e9 pour le Nicaragua, le trait\u00e9 formule des dispositions du m\u00eame type \u00e0 port\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale:<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Comme les gouvernements des USA et de la Grande&#8209;Bretagne, en concluant cette convention, souhaitent non seulement poursuivre la r\u00e9alisation d&rsquo;un objet particulier, mais \u00e9galement \u00e9tablir un principe g\u00e9n\u00e9ral, ils conviennent par la pr\u00e9sente d&rsquo;\u00e9tendre leur protection, moyennant les clauses de ce trait\u00e9, \u00e0 toute autre voie de communication faisable, que ce soit par un canal ou par voie ferr\u00e9e, \u00e0 travers les isthmes qui unissent l&rsquo;Am\u00e9rique du&nbsp;Nord \u00e0 l&rsquo;Am\u00e9rique du&nbsp;Sud, et plus particuli\u00e8rement les communications interoc\u00e9aniques pour lesquelles elles sont r\u00e9alisables, soit par la voie de Tehuantepec, soit par celle de Panama. Cependant, en accordant leur protection commune aux canaux et aux voies ferr\u00e9es mentionn\u00e9es dans cet article, il est toujours entendu, de la part des USA et de la Grande&#8209;Bretagne, que ceux qui construisent ou poss\u00e8dent de tels canaux ou voies ferr\u00e9es n&rsquo;imposeront pas de charges ou conditions de trafic autres que celles que les gouvernements susmentionn\u00e9s approuvent comme justes et \u00e9quitables; et que ces canaux et voies ferr\u00e9es, ouverts aux citoyens des USA et aux sujets de la Grande-Bretagne aux m\u00eames conditions, le seront \u00e9galement dans les m\u00eames conditions pour les citoyens ou les sujets de tout \u00c9tat ayant la volont\u00e9 de donner \u00e0 de tels voies de communication une protection telle que celle que les USA et la Grande&#8209;Bretagne s&rsquo;engagent \u00e0 leur accorder.&nbsp;*<\/p> <p class=MsoEndnoteText>L&rsquo;accord sera r\u00e9voqu\u00e9 en 1900.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En&nbsp;1855 les forces lib\u00e9rales de Nicaragua, pour \u00e9liminer leurs rivaux conservateurs, contractent un aventurier yanquee, William Walker, qui avec une bande de mercenaires occupe la ville de Granada. En&nbsp;1856, il se proclame pr\u00e9sident du pays et cherche \u00e0 r\u00e9aliser l&rsquo;annexion aux USA. Il d\u00e9clare la l\u00e9galisation de l&rsquo;esclavage. En&nbsp;1857 les forces lib\u00e9rales et conservateurs se coalisent contre lui et le mettent en d\u00e9route avec l&rsquo;appui de troupes de Costa&nbsp;Rica, El&nbsp;Salvador et Guatemala.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Apr\u00e8s une succession de gouvernements conservateurs depuis&nbsp;1858, une Junte lib\u00e9rale pr\u00e9sid\u00e9e par Jos\u00e9 Santos Zelaya assume le pouvoir en&nbsp;1893. Une nouvelle constitution est mise en vigueur. En&nbsp;1905 Zelaya fait modifier cette constitution pour accentuer la concentration du pouvoir.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En&nbsp;1904 d\u00e9bute la construction du Canal de Panam\u00e1, qui sera inaugur\u00e9 le&nbsp;15&nbsp;aout 1914. Les USA n\u00e9cessitent tranquillit\u00e9 en Am\u00e9rique centrale et invitent les cinq r\u00e9publiques centram\u00e9ricaines \u00e0 une Conf\u00e9rence de paix qui se termine par la signature, le&nbsp;20&nbsp;d\u00e9cembre 1907 \u00e0 Washington, d&rsquo;un Trait\u00e9 g\u00e9n\u00e9ral de paix et d&rsquo;amiti\u00e9 centram\u00e9ricain. Une situation conflictuelle persiste entre le Nicaragua et le Honduras ainsi qu&rsquo;El&nbsp;Salvador. Divers diff\u00e9rends opposent Zelaya aux USA. Entre autre, est concern\u00e9e une concession d&rsquo;exploitation foresti\u00e8re acquise en&nbsp;1894 par George D.&nbsp;Emery, concernant des bois d&rsquo;acajou, c\u00e8dre, et autres. La concession incluait l&rsquo;engagement de construire une ligne de voie ferr\u00e9e et d&rsquo;assurer le renouv\u00e8lement des arbres. Emery ne respecte pas ces clauses, Zelaya le menace de confiscation. Emery a recours \u00e0 Philander C.&nbsp;Knox, avocat d&rsquo;affaires, pour faire valoir des r\u00e9clamations concernant des pertes qu&rsquo;il aurait subi et pour lesquelles il demande compensation. Les relations se d\u00e9gradent lorsque le&nbsp;4&nbsp;mars 1909 le pr\u00e9sident William Howard Taft nomme Knox comme Secr\u00e9taire d&rsquo;\u00c9tat, mais un arrangement est conclu qui pr\u00e9voit le paiement de 640.000&nbsp;dollars \u00e0 Emery \u00e0 titre d&rsquo;indemnisation, moyennant quoi celui&#8209;ci renonce \u00e0 la concession. Parmi les clients de Knox il y a aussi la soci\u00e9t\u00e9 <span lang=EN-US>La&nbsp;Luz and Los&nbsp;Angeles Mining Company<\/span>, qui d\u00e9tient une concession de mines d&rsquo;or au Nicaragua. Knox a des liens personnels avec la famille Fletcher, propri\u00e9taire de <span lang=EN-US>La&nbsp;Luz and Los&nbsp;Angeles<\/span>. <span lang=EN-US>Gilmore Fletcher<\/span> g\u00e8re la soci\u00e9t\u00e9, et son fr\u00e8re <span lang=EN-US>Henry<\/span> occupe successivement des postes influents au D\u00e9partement d&rsquo;\u00c9tat, jusqu&rsquo;\u00e0 devenir sous&#8209;secr\u00e9taire.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En septembre 1909 deux aventuriers yanquee, Lee Roy Cannon et Leonard Groce, tentent de perp\u00e9trer un attentat aux explosifs contre un navire nicaraguayen transportant des soldats, ils sont appr\u00e9hend\u00e9s et fusill\u00e9s.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En octobre, le g\u00e9n\u00e9ral Juan Jos\u00e9 Estrada, lib\u00e9ral, gouverneur du port atlantique de Bluefields, d\u00e9clenche une r\u00e9bellion contre le pr\u00e9sident Zelaya et se proclame pr\u00e9sident provisoire, ceci avec l&rsquo;appui des conservateurs dirig\u00e9s par <span lang=ES>Adolfo D\u00edaz Recinos<\/span><span lang=ES> <\/span>ainsi que le g\u00e9n\u00e9ral Emiliano Chamorro Vargas. Chamorro est appuy\u00e9 par le pr\u00e9sident Estrada Cabrera de Guatemala. Cette op\u00e9ration a \u00e9t\u00e9 planifi\u00e9e et financ\u00e9e par des hommes d&rsquo;affaires yanquees avec l&rsquo;approbation tacite du consul&nbsp;US William Moffett. D\u00edaz travaille comme comptable de <span lang=EN-US>La&nbsp;Luz and Los&nbsp;Angeles<\/span>. <\/p> <p class=MsoEndnoteText>[Remarque: On peut rencontrer des textes qui mettent Knox, Fletcher et D\u00edaz en lien non pas avec <span lang=EN-US>La&nbsp;Luz and Los&nbsp;Angeles Mining<\/span>, mais avec la <span lang=EN-US>Rosario and Light&nbsp;Mines Company<\/span>. Il semble que la confusion vient du fait qu&rsquo;en&nbsp;1973, la <span lang=EN-US>Luz&nbsp;Mines Limited<\/span> a transf\u00e9r\u00e9 les droits et obligations qu&rsquo;elle d\u00e9tenait au Nicaragua, \u00e0 la <span lang=EN-US>Rosario Mining of&nbsp;Nicaragua, Inc.<\/span>, filiale de <span lang=EN-US>Rosario and Light&nbsp;Mines.<\/span>]<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Les USA reconnaissent \u00e0 Estrada le statut de &quot;bellig\u00e9rant&quot;. Le&nbsp;1er&nbsp;d\u00e9cembre 1909 ils rompent les relations diplomatiques avec le Nicaragua, par une note du Secr\u00e9taire d&rsquo;\u00c9tat Knox transmise au charg\u00e9 d&rsquo;affaires nicaraguayen <span lang=ES>Felipe Rodr\u00edguez Mayorga<\/span>**.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Le&nbsp;21&nbsp;d\u00e9cembre Zelaya, par l&rsquo;interm\u00e9diaire du pr\u00e9sident du Congr\u00e8s national, remet le pouvoir au ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res <span lang=ES>Jos\u00e9 Madriz Rodr\u00edguez<\/span>, lib\u00e9ral. Cet acte est consid\u00e9r\u00e9 inacceptable pour Knox, et le gouvernement&nbsp;US poursuit son appui \u00e0 Estrada et Chamorro. Dans un premier temps, le m\u00eame mois, Madriz reprend Bluefields. En f\u00e9vrier 1910 des troupes lib\u00e9rales infligent une d\u00e9faite aux troupes de Chamorro. En mai des navires&nbsp;US du corps des Marines, entr\u00e9s dans le port de Bluefields, d\u00e9clarent ce port &quot;zone neutre&quot;. En aout l&rsquo;arm\u00e9e de la r\u00e9bellion occupe Managua, Madriz c\u00e8de le pouvoir \u00e0 Jos\u00e9 Dolores Estrada, fr\u00e8re de Juan Jos\u00e9 Estrada. Ce dernier assume la pr\u00e9sidence, avec comme vice-pr\u00e9sident D\u00edaz, conservateur.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En octobre 1910, l&rsquo;ambassadeur&nbsp;US Thomas Dawson m\u00e8ne des n\u00e9gociations auxquelles participent Estrada, le Ministre des affaires \u00e9trang\u00e8res D\u00edaz, et le ministre de la Guerre Luis Mena Sol\u00f3rzano qui fait partie de la faction Chamorro. Le&nbsp;27, est sign\u00e9 une s\u00e9rie de pactes connus comme les Pactes Dawson, bien que ce dernier ne soit pas signataire. Il est convenu de convoquer une assembl\u00e9e constituante, ceci dans l&rsquo;optique que la pr\u00e9sidence et la vice-pr\u00e9sidence reviennent respectivement \u00e0 Estrada y D\u00edaz.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>L&rsquo;Assembl\u00e9e constituante r\u00e9unie en novembre, enti\u00e8rement conservateur, prend une d\u00e9cision conforme \u00e0 cette orientation. Luis Mena occupe le poste de ministre de la Guerre. Le gouvernement&nbsp;US reconnait ces nouvelles autorit\u00e9s. Or, Chamorro qui contr\u00f4le l&rsquo;Assembl\u00e9e constituante, ne coop\u00e8re pas \u00e0 la mise en oeuvre des Pactes Dawson. En avril 1911 Estrada dissout l&rsquo;Assembl\u00e9e, Chamorro quitte Nicaragua pour El&nbsp;Salvador. En mai Mena est arr\u00eat\u00e9, mais finalement Estrada renonce comme pr\u00e9sident. D\u00edaz assume le gouvernement, il lib\u00e8re Mena. Les deux concluent un accord selon lequel Mena soutient Diaz pour le mandat en cours et aura le soutien de Diaz pour sa d\u00e9signation en vue du mandat suivant, de la p\u00e9riode 1913&#8209;1916. En octobre, une nouvelle assembl\u00e9e constituante ent\u00e9rine cette d\u00e9cision, en passant outre la convocation d&rsquo;\u00e9lections pr\u00e9sidentielles. Mena entame des contacts pour \u00e9tablir une alliance avec les lib\u00e9raux, tandis que D\u00edaz demande l&rsquo;aide du gouvernement&nbsp;US. Quant \u00e0 Chamorro il menace de d\u00e9clencher une nouvelle r\u00e9bellion. Le&nbsp;29&nbsp;juillet 1912 D\u00edaz nomme Chamorro g\u00e9n\u00e9ral en chef des forces militaires de Nicaragua et lui donne instruction de destituer Mena comme ministre de la Guerre. Mena s&rsquo;\u00e9chappe \u00e0 la ville de Granada. Le&nbsp;1er&nbsp;aout l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale r\u00e9unie \u00e0 Masaya en pr\u00e9sence de Mena destitue D\u00edaz, nomme Marcos Mairena pour le remplacer, et ratifie Mena pour la succession de&nbsp;1913. Le g\u00e9n\u00e9ral <span lang=ES>Benjam\u00edn Zeled\u00f3n<\/span>, lib\u00e9ral, ministre de la guerre \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de Zelaya, rejoint Mena. Ses troupes coupent le chemin de fer \u00e0 L\u00e9on, ce qui am\u00e8ne les USA \u00e0 d\u00e9barquer un contingent de Marines pour prot\u00e9ger les rentes du chemin de fer hypoth\u00e9qu\u00e9 par le Nicaragua en faveur de banquiers yanquee. Mena est captur\u00e9 et envoy\u00e9 en exil \u00e0 Panama. Zeledon est tu\u00e9 au cours des combats. Une garnison&nbsp;US reste install\u00e9e durant une d\u00e9cennie.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En novembre 1912 se tiennent des \u00e9lections pr\u00e9sidentielles, Diaz est \u00e9lu, il assume la fonction le&nbsp;1er&nbsp;janvier 1913. Chamorro est nomm\u00e9 ambassadeur \u00e0 Washington. Les conservateurs seront au pouvoir jusqu&rsquo;en&nbsp;1923, la loi martiale est en vigueur quasiment en permanence.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En&nbsp;1914 le pr\u00e9sident Emiliano Chamorro signe le trait\u00e9 dit Bryan-Chamorro avec les USA: en \u00e9change de 3&nbsp;millions de dollars&nbsp;US, les USA acqui\u00e8rent le droit de construire un canal traversant le Nicaragua, de louer les grandes et les petites iles <span lang=EN-US>Little&nbsp;Corn<\/span> et d&rsquo;\u00e9tablir une base navale dans le Golfe de Fonseca. Le trait\u00e9 est ratifi\u00e9 en&nbsp;1916.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Aux \u00e9lections d&rsquo;octobre 1916 est \u00e9lu Chamorro, investi le&nbsp;1er&nbsp;janvier 1917.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En avril 1918 est cr\u00e9\u00e9e par les USA et Nicaragua une Haute Commission compos\u00e9e du ministre des Finances du Nicaragua, d&rsquo;un commissaire&nbsp;US r\u00e9sident et d&rsquo;un troisi\u00e8me membre nomm\u00e9 par le Secr\u00e9taire d&rsquo;\u00c9tat&nbsp;US Robert Lansing. La Commission supervise les revenus de l&rsquo;\u00c9tat du Nicaragua pour pr\u00e9lever des sommes \u00e0 des fins de remboursement en faveur de cr\u00e9diteurs \u00e9trangers (dit &quot;Plan Lansing&quot;).<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En d\u00e9cembre 1919 Chamorro fait savoir qu&rsquo;il est candidat pour les \u00e9lections pr\u00e9sidentielles \u00e0 venir, mais le gouvernement&nbsp;US d\u00e9sapprouve l&rsquo;\u00e9ventualit\u00e9, alors Chamorro fait en sorte qu&rsquo;en novembre 1920 soit \u00e9lu son oncle Diego Manuel, investi le&nbsp;1er&nbsp;janvier 1920. Celui&#8209;ci d\u00e9c\u00e8de en octobre 1923, son vice-pr\u00e9sident <span lang=ES>Bartolom\u00e9 Mart\u00ednez Gonz\u00e1lez<\/span>, conservateur anti-chamorro, assume l&rsquo;int\u00e9rim pour terminer la p\u00e9riode 1921&#8209;1924.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Carlos Jos\u00e9 Sol\u00f3rzano Guti\u00e9rrez, conservateur, et Juan Bautista Sacasa, lib\u00e9ral, sont \u00e9lus respectivement pr\u00e9sident et vice-pr\u00e9sident en octobre 1924 et investis le&nbsp;1er&nbsp;janvier 1925. Le gouvernement est reconnu par les&nbsp;USA.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En aout 1925 les troupes&nbsp;US se retirent du Nicaragua. En octobre, Chamorro d\u00e9clenche une r\u00e9bellion contre le gouvernement. Le pr\u00e9sident Sol\u00f3rzano le nomme commandant en chef de l&rsquo;arm\u00e9e et destitue les membres lib\u00e9raux de son gouvernement, Sacasa quitte le pays. Sol\u00f3rzano d\u00e9missionne en janvier 1926, Chamorro assume le contr\u00f4le du gouvernement. Les gouvernements des USA, de Costa Rica, El Salvador, Guatemala et Honduras ne reconnaissent pas ce gouvernement.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En mai 1926, des rebelles loyales \u00e0 Sacasa s&#8217;emparent de Bluefields et d&rsquo;autres villes. Le congr\u00e8s d\u00e9clare l&rsquo;\u00e9tat de guerre. Un navire de guerre&nbsp;US d\u00e9ploie des troupes \u00e0 Bluefield pendant un mois. De son exile au Guatemala, Sacasa nomme le g\u00e9n\u00e9ral Jos\u00e9 Mar\u00eda Moncada commandant en chef de la r\u00e9bellion. D&rsquo;aout \u00e0 octobre, 14&nbsp;navires de guerre&nbsp;US sont d\u00e9ploy\u00e9s dans la r\u00e9gion de Bluefields et <span lang=ES>Corinto<\/span>. Chamorro d\u00e9missionne comme pr\u00e9sident en octobre, <span lang=ES>Sebasti\u00e1n Uriza<\/span> est d\u00e9sign\u00e9 comme pr\u00e9sident provisoire.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Des rebelles lib\u00e9raux command\u00e9s par <span lang=ES>Agustino Cesar Sandino<\/span> attaquent des troupes gouvernementales \u00e0 <span lang=ES>El Jicaro<\/span> en novembre. Cette lutte arm\u00e9e se poursuivra jusqu&rsquo;au retrait des troupes&nbsp;US en&nbsp;1933.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En novembre 1926 Diaz, conservateur, est \u00e9lu et investi comme pr\u00e9sident provisoire. Il est reconnu par le gouvernement&nbsp;US. En d\u00e9cembre Sacasa \u00e9tablit un gouvernement rebelle. Chamorro d\u00e9missionne comme commandant en chef de l&rsquo;arm\u00e9e. Diaz demande l&rsquo;assistance militaire au gouvernement&nbsp;US, des troupes&nbsp;US \u00e9tablissent des zones neutres \u00e0 Rio&nbsp;Grande&nbsp;Bar et <span lang=ES>Puerto Cabezas<\/span>, puis en janvier 1927 aussi \u00e0 Rama et <span lang=ES>Corinto<\/span>. En mars les USA d\u00e9ploient environ 1.600&nbsp;effectifs militaires dans cette derni\u00e8re ville. Le pr\u00e9sident&nbsp;US Calvin Coolidge nomme <span lang=EN-US>Henry Stimson<\/span> repr\u00e9sentant sp\u00e9cial au Nicaragua. En aout une partie des troupes&nbsp;US est retir\u00e9e du pays, il reste un effectif d&rsquo;environ&nbsp;1.200. En janvier 1928, environ 5.800&nbsp;effectifs militaires sont \u00e0 nouveau d\u00e9ploy\u00e9s.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En novembre 1928 le g\u00e9n\u00e9ral Jos\u00e9 Mar\u00eda Moncada, lib\u00e9ral, est \u00e9lu pr\u00e9sident et investi le&nbsp;1er&nbsp;janvier 1929. En novembre 1932 Sacasa est \u00e9lu pr\u00e9sident et Rodolfo Espinoza vice-pr\u00e9sident, ils sont investis le&nbsp;1er janvier&nbsp;1933.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>La lutte arm\u00e9e organis\u00e9e par Sandino aboutit en&nbsp;1933 au retrait des troupes&nbsp;US. L&rsquo;ambassadeur&nbsp;US, <span lang=EN-US>Arthur Bliss Lane,<\/span> prend soin cependant de placer Anastasio Somoza (mari\u00e9 \u00e0 une des ni\u00e8ces du pr\u00e9sident Sacasa) au poste de commandant de la Garde nationale. En f\u00e9vrier 1933 un trait\u00e9 de paix est sign\u00e9 entre le pr\u00e9sident Sacasa et Sandino. En f\u00e9vrier 1934 Somoza, apr\u00e8s s&rsquo;\u00eatre concert\u00e9 avec <span lang=EN-US>Lane<\/span>, organise et fait accomplir l&rsquo;assassinat de Sandino. Puis il effectue un coup d&rsquo;\u00c9tat en&nbsp;1936 en destituant le pr\u00e9sident Sacasa, il se fait \u00e9lire pr\u00e9sident en janvier 1937 et met en place par la suite un r\u00e9gime de dictature ouverte.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>*&nbsp;Trait\u00e9 dit Clayton-Bulwer.<\/p> <p class=Notedefincitation>En anglais:<\/p> <p class=Notedefincitation><span lang=EN-US>The governments of the United States and Great Britain having not only desired, in entering into this convention, to accomplish a particular object, but also to establish a general principle, they hereby agree to extend their protection, by treaty stipulations, to any other practicable communications, whether by canal or railway, across the isthmus which connects North and South America, and especially to the interoceanic communications, should the same prove to be practicable, whether by canal or railway, which are now proposed to be established by the way of Tehuantepec or Panama. In granting, however, their joint protection to any such canals or railways as are by this article specified, it is always understood by the United States and Great Britain that the parties constructing or owning the same shall impose no other charges or conditions of traffic thereupon than the aforesaid governments shall approve of as just and equitable; and that the same canals or railways, being open to the citizens and sub- jects of the United States and Great Britain on equal terms, shall also be open on like terms to the citizens and subjects of every other state which is willing to grant thereto such protection as the United States and Great Britain engage to afford.<\/span><\/p> <p class=Notedefincitation style='margin-bottom:6.0pt'><span lang=EN-US>[<\/span>https:\/\/archive.org\/details\/jstor-25751541]<\/p> <p class=Notedefincitation>En espagnol:<\/p> <p class=Notedefincitation><span lang=ES>Como los Gobiernos de los Estados Unidos y la Gran Breta\u00f1a, al celebrar este Convenio, desean, no solamente atender al logro de un objeto particular, sino tambi\u00e9n establecer un principio general, convienen por el presente en extender su protecci\u00f3n, estipulaciones de tratados, a cualesquiera otras comunicaci\u00f3n, practicables, sean por canal o por ferrocarril, a trav\u00e9s de los istmos que unen la Am\u00e9rica del Norte a la del Sur, y especialmente a las comunicaciones interoce\u00e1nicas a que sean practicables, ya por la v\u00eda de Tehuantepec o por la de Panam\u00e1. Sin embargo, al conceder su protecci\u00f3n com\u00fan a los canales y ferrocarriles mencionados en este art\u00edculo, es siempre entendido por los Estados Unidos y la Gran Breta\u00f1a que los que construyan o posean tales canales o ferrocarriles, no impondr\u00e1n otros grav\u00e1menes y condiciones de tr\u00e1fico que los que aprueben como justos y equitativos los Gobiernos antedichos; y que dichos canales y ferrocarriles, abiertos a los ciudadanos de los Estados Unidos y a los s\u00fabditos de la Gran Breta\u00f1a con iguales condiciones, lo estar\u00e1n tambi\u00e9n con las mismas condiciones a los ciudadanos o s\u00fabditos de cualquier Estado que tenga la voluntad de dar a tales v\u00edas de comunicaci\u00f3n una protecci\u00f3n tal como la que los Estados Unidos y la Gran Breta\u00f1a se comprometen a darles.<\/span><\/p> <p class=Notedefincitation style='margin-bottom:6.0pt'><span lang=EN-US>[<\/span>http:\/\/constitucionweb.blogspot.com\/2012\/03\/tratado-clayton-bulwer-1850.html]<\/p> <p class=MsoEndnoteText>**&nbsp;Note du Secr\u00e9taire d&rsquo;\u00c9tat Knox.<\/p> <p class=Notedefincitation>Traduit de l&rsquo;anglais par nous [321ignition]:<\/p> <p class=Notedefincitation style='margin-bottom:6.0pt'>Au vu des int\u00e9r\u00eats des \u00c9tats&#8209;Unis et de leurs engagements pris par les conventions de Washington [de 1907], ce gouvernement a re\u00e7u des appels pour qu&rsquo;il s&rsquo;oppose \u00e0 cette situation [r\u00e9gnante au Nicaragua], de la part de la majorit\u00e9 des r\u00e9publiques centram\u00e9ricaines. Maintenant s&rsquo;y ajoute l&rsquo;appel, \u00e0 travers la r\u00e9volution, d&rsquo;une grande partie du peuple nicaraguayen. Deux \u00e9tatsuniens, au sujet desquels ce gouvernement est maintenant convaincu que s&rsquo;\u00e9taient des officiels ayant une relation avec les forces r\u00e9volutionnaires et qui, par cons\u00e9quent, devaient \u00eatre trait\u00e9s selon la pratique illustre des nations civilis\u00e9es, ont \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9s sur ordre direct du pr\u00e9sident Zelaya. [&#8230;] De tous les points de vue il est de fa\u00e7on \u00e9vidente devenu difficile pour les \u00c9tats&#8209;Unis de retarder plus longtemps une r\u00e9ponse plus active aux appels r\u00e9alis\u00e9s depuis longtemps, \u00e0 assumer ses responsabilit\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de ses citoyens, \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de leur dignit\u00e9, \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de l&rsquo;Am\u00e9rique centrale et \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de la civilisation.&nbsp;<\/p> <p class=Notedefincitation>En anglais:<\/p> <p class=Notedefincitation><span lang=EN-US>In view of the interests of the United States and of its relation to the Washington Conventions, appeal against this situation has long since been made to this Government by a majority of the Central American republics. There is now added the appeal, through the revolution, of a great body of the Nicaraguan people. Two Americans who, this Government is now convinced were officers connected with the revolutionary forces, and therefore entitled to be dealt with according to the enlightened practice of civilized nations, have been killed by direct order of President Zelaya. Their execution is said to have been preceded by barbarous cruelties. The consulate at Managua is now officially reported to have been menaced. There is thus a sinister culmination of an administration also characterized by a cruelty to its own citizens which has, until the recent outrage, found vent in the case of this country in a succession of petty annoyances and indignities which many months ago made it impossible to ask an American minister longer to reside at Managua. From every point of view it has evidently become difficult for the United States further to delay more active response to the appeals so long made to its duty to its citizens, to its dignity, to Central America, and to civilization.<\/span><\/p> <p class=Notedefincitation style='margin-bottom:6.0pt'>[https:\/\/history.state.gov\/historicaldocuments\/frus1909\/d422]<\/p> <p class=Notedefincitation>En espagnol:<\/p> <p class=Notedefincitation><span lang=ES>A la vista de los intereses de los Estados Unidos y de sus compromisos con las convenciones de Washington, este Gobierno ha recibido llamamientos para que se oponga a esta situaci\u00f3n por parte de la mayor\u00eda de las rep\u00fablicas centroamericanas. Ahora se les suma el llamamiento, a trav\u00e9s de la revoluci\u00f3n, de una gran parte del pueblo nicarag\u00fcense. Dos estadounidenses, quienes este Gobierno est\u00e1 ahora convencido de que eran oficiales relacionados con las fuerzas revolucionarias y que, por lo tanto, deb\u00edan ser tratados seg\u00fan la pr\u00e1ctica ilustrada de las naciones civilizadas, han sido asesinados por orden directa del presidente Zelaya. [&#8230;]Desde todos los puntos de vista se ha hecho evidentemente dif\u00edcil para los Estados Unidos retrasar por m\u00e1s tiempo una respuesta m\u00e1s activa a los llamamientos realizados desde hace mucho a cumplir sus responsabilidades para con sus ciudadanos, para con su dignidad, para con Centroam\u00e9rica y para con la civilizaci\u00f3n.<\/span><\/p> <p class=Notedefincitation style='margin-bottom:6.0pt'><span lang=ES>[<\/span>https:\/\/www.uv.es\/ivorra\/Historia\/SXX\/Knox.html]<\/p> <\/div> <div id=edn11> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref11\" name=\"_edn11\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[11]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Dans l&rsquo;original: &quot;e:&quot;.<\/p> <\/div> <div id=edn12> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref12\" name=\"_edn12\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[12]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Insurrection des ouvriers agricoles de Patagonie, en Argentine, 1920&#8209;1921.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En Argentine, en 1916, <span lang=ES>Hip\u00f3lito Yrigoyen<\/span> est \u00e9lu pr\u00e9sident. Il forme un gouvernement compos\u00e9 de grands propri\u00e9taires fonciers et repr\u00e9sentants du secteur de l&rsquo;agro-exportation.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>\u00c0&nbsp;R\u00edo&nbsp;Gallegos, capitale de la province de Santa&nbsp;Cruz, situ\u00e9e dans la r\u00e9gion nomm\u00e9e <span lang=ES>Patagonia<\/span>, la F\u00e9d\u00e9ration ouvri\u00e8re r\u00e9gionale argentine (<span lang=ES>Federaci\u00f3n Obrera Regional Argentina<\/span>, FORA) organise la Soci\u00e9t\u00e9 ouvri\u00e8re de professions diverses (<span lang=ES>Sociedad Obrera de Oficios Varios<\/span>) de R\u00edo&nbsp;Gallegos, dirig\u00e9e par un anarchiste espagnol, Antonio Soto. (Il s&rsquo;agit de la FORA dite &quot;du cinqui\u00e8me congr\u00e8s&quot;. En&nbsp;1901 s&rsquo;\u00e9tait constitu\u00e9e la F\u00e9d\u00e9ration ouvri\u00e8re argentine (FOA) r\u00e9unissant anarchistes et socialistes. En&nbsp;1904 elle avait chang\u00e9 son nom en F\u00e9d\u00e9ration ouvri\u00e8re r\u00e9gionale argentine, en&nbsp;1905 \u00e0 son 5e&nbsp;congr\u00e8s les anarchistes avaient obtenu une large majorit\u00e9, puis apr\u00e8s le 9e&nbsp;congr\u00e8s tenu en&nbsp;1915, une scission s&rsquo;\u00e9tait produite: les anarchistes tiennent ensuite un premier congr\u00e8s s\u00e9par\u00e9, se r\u00e9clamant du 5e&nbsp;congr\u00e8s de la FORA, tandis que les partisans du syndicalisme neutre poursuivent la FORA dans la continuit\u00e9 du 9e&nbsp;congr\u00e8s.)<\/p> <p class=MsoEndnoteText>R\u00edo&nbsp;Gallegos est alors un centre de production de laine destin\u00e9e \u00e0 l&rsquo;exportation, o\u00f9 se trouvent de grandes exploitations agricoles et aussi des d\u00e9p\u00f4ts frigorifiques \u00e0 capitaux britanniques. Le gouverneur de Santa&nbsp;Cruz est <span lang=ES>Edelmiro Correa Falc\u00f3n<\/span>, secr\u00e9taire du la Soci\u00e9t\u00e9 rurale argentine (<span lang=ES>Sociedad rural argentina<\/span>) de Santa Cruz et futur membre de la Ligue patriotique argentine (<span lang=ES>Liga Patri\u00f3tica argentina<\/span>) de Santa Cruz.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En septembre 1920, la Soci\u00e9t\u00e9 ouvri\u00e8re demande \u00e0 <span lang=ES>Correa<\/span> l&rsquo;autorisation d&rsquo;organiser un acte en hommage \u00e0 Francisco Ferrer, un anarchiste fusill\u00e9 en Espagne. <span lang=ES>Correa<\/span> refuse, il fait perquisitionner les locaux de la Soci\u00e9t\u00e9 ouvri\u00e8re. Une gr\u00e8ve de 48&nbsp;heures est d\u00e9clench\u00e9e, des d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s des travailleurs se rendent \u00e0 Rio&nbsp;Gallegos pour pr\u00e9senter une liste de revendications, exigeant essentiellement des am\u00e9liorations des conditions de travail et la reconnaissance de la Soci\u00e9t\u00e9 ouvri\u00e8re. En octobre, la police proc\u00e8de \u00e0 l&rsquo;arrestation des syndicalistes en charge de la Soci\u00e9t\u00e9 ouvri\u00e8re, en majorit\u00e9 des immigr\u00e9s. Ils sont menac\u00e9s d&rsquo;expulsion, la Soci\u00e9t\u00e9 ouvri\u00e8re d\u00e9clare la gr\u00e8ve dans toute la province. Elle obtient la lib\u00e9ration de ses camarades. Cependant le conflit se poursuit sur la base de demandes formul\u00e9es ant\u00e9rieurement.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Les \u00e9leveurs de la Ligue des marchands et des industriels (<span lang=ES>Liga de Comerciantes e Industriales<\/span>) ne reconnaissent ni la Soci\u00e9t\u00e9 ouvri\u00e8re ni les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s des ouvriers agricoles, et refusent d\u2019accepter les demandes. Apr\u00e8s une tentative infructueuse d&rsquo;imposer des briseurs de gr\u00e8ve, les employeurs accordent une partie des revendications des travailleurs, \u00e0 condition que les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s soient choisis en accord avec eux, en tenant compte de la conduite et de l&rsquo;anciennet\u00e9 et se r\u00e9servant le droit d&rsquo;admission, c&rsquo;est&#8209;\u00e0&#8209;dire les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s ne sont pas assur\u00e9s de leur emploi. Les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s acceptent la proposition, Soto et son groupe la rejettent. La gr\u00e8ve se poursuit, elle s&rsquo;\u00e9tend \u00e0 <span lang=ES>Puerto Deseado<\/span> en d\u00e9cembre, o\u00f9 s&rsquo;y joignent les travailleurs du magasin g\u00e9n\u00e9ral &quot;<span lang=ES>La An\u00f3nima<\/span>&quot; appartenant \u00e0 Mauricio Braun, un des principaux propri\u00e9taires terriens de la zone. Des affrontements arm\u00e9s se produisent, au cours desquels des travailleurs sont tu\u00e9s.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Le&nbsp;2&nbsp;janvier 1921 <span lang=ES>Yrigoyen<\/span> ordonne au lieutenant-colonel <span lang=ES>H\u00e9ctor Benigno Varela<\/span> d&rsquo;intervenir, et nomme un nouveau gouverneur par int\u00e9rim, le capitaine <span lang=ES>\u00c1ngel Ignacio Yza<\/span>. Dans un premier temps, un r\u00e8glement du conflit selon des termes dict\u00e9s par <span lang=ES>Yza<\/span> est accept\u00e9 par les deux parties et valid\u00e9 par le D\u00e9partement du travail le 22 f\u00e9vrier. <span lang=ES>Varela<\/span> ordonne la reddition des gr\u00e9vistes, et les employeurs reconnaissent la Soci\u00e9t\u00e9 ouvri\u00e8re. Mais en juillet les propri\u00e9taires terriens modifient leur attitude et d\u00e9cident de r\u00e9cuser le r\u00e8glement prononc\u00e9 par <span lang=ES>Yza<\/span>. Le&nbsp;24&nbsp;octobre les locaux de la FORA \u00e0 <span lang=ES>R\u00edo Gallegos, Puerto Deseado, San&nbsp;Juli\u00e1n, Puerto Santa&nbsp;Cruz<\/span> sont perquisitionn\u00e9s, les dirigeants ouvriers sont arr\u00eat\u00e9s. Des personnes qui avaient particip\u00e9 aux gr\u00e8ves sont emprisonn\u00e9s, des militants pers\u00e9cut\u00e9s, des travailleurs expuls\u00e9s (chiliens, espagnols, italiens). Une deuxi\u00e8me gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale est initi\u00e9e en <span lang=ES>Santa&nbsp;Cruz<\/span> pour obtenir la lib\u00e9ration des prisonniers politiques, les gr\u00e9vistes occupent des fermes, saisissent des armes et de la nourriture.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Le&nbsp;5&nbsp;novembre 1921 R\u00edo&nbsp;Gallegos est paralys\u00e9, ni fermes, ni h\u00f4tels et commerces ne fonctionnent. Des milliers de travailleurs d\u00e9filent dans la ville avec des drapeaux rouges. La Soci\u00e9t\u00e9 rurale et la Ligue patriotique exigent une &quot;solution d\u00e9finitive&quot;. Le&nbsp;10 <span lang=ES>Varela<\/span> revient \u00e0 R\u00edo Gallegos et impose la &quot;peine d&rsquo;ex\u00e9cution&quot; contre les ouvriers agricoles et les travailleurs en gr\u00e8ve. Le&nbsp;11, la premi\u00e8re ex\u00e9cution \u00e0 lieu frappant l&rsquo;ouvrier chilien <span lang=ES>Trivi\u00f1o Carcomo<\/span>, le&nbsp;22 le dernier groupe de combattants est abattu, celui dirig\u00e9 par <span lang=ES>Jose Font<\/span>. Au total environ 1500 ouvriers et dirigeants syndicaux ont \u00e9t\u00e9 fusill\u00e9s.<\/p> <\/div> <div id=edn13> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref13\" name=\"_edn13\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[13]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;<i>sic<\/i>.<\/p> <\/div> <div id=edn14> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref14\" name=\"_edn14\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[14]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Le syst\u00e8me des Zamindari, en Inde.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Le syst\u00e8me des zamindari a \u00e9t\u00e9 instaur\u00e9 en Inde au temps de l&rsquo;Empire moghol pour ensuite \u00eatre renforc\u00e9 par les Britanniques en&nbsp;1793. Dans l&rsquo;Empire moghol, c&rsquo;\u00e9tait le raj qui avait le droit de pr\u00e9lever des imp\u00f4ts fonciers. Or, il avait conc\u00e9d\u00e9 la lev\u00e9e des taxes \u00e0 des sortes de fermiers de l&rsquo;imp\u00f4t, et ce sont ces derniers que l&rsquo;on appelle zamindari (zamindar au singulier). Ces zamindari sont l&rsquo;\u00e9quivalent des saulniers au temps de la monarchie fran\u00e7aise ou des publicains dans l&rsquo;Empire romain. Ils \u00e9taient r\u00e9put\u00e9s pour lever des imp\u00f4ts de beaucoup sup\u00e9rieurs \u00e0 ce qu&rsquo;ils devaient rendre \u00e0 leurs sup\u00e9rieurs, et comme il y avait toute une s\u00e9rie d&rsquo;interm\u00e9diaires entre le raj et le simple paysan, celui&#8209;ci devait payer des sommes astronomiques puisque chaque zamindar dans la chaine gardait un certain pourcentage des taxes r\u00e9colt\u00e9es. <\/p> <p class=MsoEndnoteText>Les Britanniques, \u00e0 leur arriv\u00e9e en Inde, ont voulu cr\u00e9er une classe de grands propri\u00e9taires dont ils esp\u00e9raient une certaine efficacit\u00e9 \u00e9conomique et un soutien politique, et c&rsquo;est pourquoi ils ont renforc\u00e9 ce syst\u00e8me des zamindari, voyant en eux des alli\u00e9s \u00e9ventuels. Peu apr\u00e8s l&rsquo;ind\u00e9pendance de l&rsquo;Inde, en&nbsp;1949, l&rsquo;Acte d&rsquo;abolition des zamindari, pr\u00e9par\u00e9 notamment par le pr\u00e9sident Jawaharlal Nehru et le ministre du Revenu Prakasam, supprimait officiellement les privil\u00e8ges des zamindari en&nbsp;1953.<\/p> <\/div> <div id=edn15> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref15\" name=\"_edn15\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[15]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Coolie.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Coolie, utilis\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral dans un sens p\u00e9joratif, d\u00e9signe des travailleurs ou porteurs non qualifi\u00e9s, en Extr\u00eame-Orient ou provenant de cette r\u00e9gion, contract\u00e9s pour des salaires bas, de subsistance. Le commerce de coolies d\u00e9bute vers la fin des ann\u00e9es&nbsp;1840, en r\u00e9action \u00e0 la p\u00e9nurie de force de travail caus\u00e9 par les mouvements en faveur de l&rsquo;abolition de l&rsquo;esclavage. La majorit\u00e9 de cette main-d&rsquo;oeuvre est alors transport\u00e9e par bateau \u00e0 partir de la Chine, notamment des ports d&rsquo;Amoy et Macao, pour \u00eatre employ\u00e9 au d\u00e9veloppement de r\u00e9gions coloniales europ\u00e9ennes comme Hawaii, Ceylan, Malaisie, les iles Cara\u00efbes. La plupart des coolies se trouvent dans cette situation moyennant une n\u00e9gociation volontaire, bien que kidnapping, duperie et fraude interviennent \u00e9galement. Vers la fin du&nbsp;19e&nbsp;si\u00e8cle, l&rsquo;immigration libre commence \u00e0 l&#8217;emporter sur commerce de coolies.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Origines \u00e9tymologiques possibles: Kol (en Inde, nom d&rsquo;une tribu class\u00e9e comme caste inf\u00e9rieure); Kuli (Tamoul, signifiant salaires).<\/p> <\/div> <div id=edn16> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref16\" name=\"_edn16\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[16]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Dans l&rsquo;original: &quot;et de l&rsquo;usure&quot;.<\/p> <\/div> <div id=edn17> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref17\" name=\"_edn17\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[17]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;<a name=\"REF_NOT_b\"><\/a>Parti Swaraj.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Apr\u00e8s le recul de Mohandas Gandhi en r\u00e9action aux \u00e9v\u00e8nements de Chauri Chaura (voir&nbsp;:&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_c1\"><span style='font-family:\"Arial\",\"sans-serif\"'>&#9658;<\/span><\/a>), apparait durant la session du Congr\u00e8s national indien (voir&nbsp;:&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_f\"><span style='font-family:\"Arial\",\"sans-serif\"'>&#9658;<\/span><\/a>) tenue en janvier 1923 une faction d\u00e9sign\u00e9e comme Parti Swaraj&nbsp;*. Le Parti Swaraj en tant que tel se constitue durant une r\u00e9union tenue les&nbsp;16&#8209;17&nbsp;aout 1924 \u00e0 Kolkata. Il critique l&rsquo;orientation du mouvement de non&#8209;coop\u00e9ration telle qu&rsquo;elle est fa\u00e7onn\u00e9e par Gandhi. D&rsquo;un point de vue pratique, contrairement au courant gandhiste, il pr\u00e9conise la participation aux conseils l\u00e9gislatifs [<span lang=EN-US>Legislative Councils<\/span>] comme un des moyens de mettre en oeuvre l&rsquo;opposition \u00e0 la domination coloniale. Les principaux dirigeants du Parti Swaraj sont Vitalbhai Patel dans la province de Bombay, Motilal Nehru (p\u00e8re de Jawaharlal Nehru) en Inde du Nord, Chitta Ranjan Das en Bengale et Inde du Sud.<\/p> <p class=MsoEndnoteText><a name=\"REF_NOT_b1\"><\/a>*&nbsp;Swaraj.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Mohandas Gandhi v\u00e9cut en Afrique du Sud de&nbsp;1893 \u00e0&nbsp;1914. En novembre 1909, durant en voyage qui le ram\u00e8ne en Afrique du Sud apr\u00e8s un s\u00e9jour en Grande-Bretagne, il r\u00e9dige, en goujarati, un texte intitule &quot;Hind Swaraj&quot; qui est publi\u00e9 d&rsquo;abord en d\u00e9cembre dans la langue d&rsquo;origine par le journal <i><span lang=EN-US>Indian Opinion<\/span><\/i> sous le titre &quot;Hind Swarajya&quot;, et imprim\u00e9 s\u00e9par\u00e9ment en janvier 1910. En mars suivant, l&rsquo;administration britannique interdit la publication et sa circulation. Gandhi insiste en publiant le texte en anglais (&quot;Hind Swaraj<span lang=EN-US> or Indian Home Rule&quot;<\/span>), traduit par lui-m\u00eame.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Le terme swaraj (svar&#257;j) est la forme que prend en hindi le substantif sanskrit svar&#257;jya. Il y d\u00e9signe la puissance autonome propre \u00e0 chacun des grands dieux du panth\u00e9on de l&rsquo;Inde v\u00e9dique. Une variante de ce mot, sv&#257;r&#257;jya, beaucoup plus r\u00e9pandue, couvre aussi un champ s\u00e9mantique plus large, le fait d&rsquo;\u00eatre \u00e0 soi&#8209;m\u00eame son propre souverain. L&rsquo;individu humain qui r\u00e9alise cette relation avec le &quot;soi&quot; impersonnel et cosmique devient son propre souverain (svar&#257;j), &quot;il peut tout ce qu&rsquo;il veut dans tous les mondes&quot; (Ch&#257;ndogya Upani&#351;ad VII&nbsp;25,&nbsp;2).<\/p> <\/div> <div id=edn18> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref18\" name=\"_edn18\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[18]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Wafd, en \u00c9gypte.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En novembre&nbsp;1918 est form\u00e9 en \u00c9gypte le Wafd (Wafd signifie \u201cd\u00e9l\u00e9gation\u201d en arabe) par Saad Zaghloul afin de participer \u00e0 la conf\u00e9rence de Versailles o\u00f9 les puissances europ\u00e9ennes n\u00e9gocient les accords de paix et d\u00e9terminent le sort des anciennes provinces ottomanes. La d\u00e9l\u00e9gation entend y d\u00e9fendre l&rsquo;ind\u00e9pendance de l&rsquo;\u00c9gypte. Le&nbsp;13&nbsp;novembre 1918, la d\u00e9l\u00e9gation rencontre Reginald Wingate, haut-commissaire britannique en \u00c9gypte, pour lui faire part de ses revendications, ce dernier refuse de la laisser quitter l&rsquo;\u00c9gypte pour n\u00e9gocier avec le gouvernement britannique. En mars 1919, Saad Zaghloul et les principales personnalit\u00e9s de la d\u00e9l\u00e9gation sont arr\u00eat\u00e9s et exil\u00e9s \u00e0 Malte.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>D&rsquo;importantes manifestations populaires et gr\u00e8ves \u00e9clatent dans l&rsquo;ensemble du pays. La r\u00e9pression dirig\u00e9e par le g\u00e9n\u00e9ral britannique Edmund Allenby fait des milliers de morts. Les autorit\u00e9s britanniques sont contraintes de lib\u00e9rer les dirigeants du Wafd au mois d&rsquo;avril et d&rsquo;autoriser Zaghloul \u00e0 rentrer de son exil. Le protectorat britannique est officiellement reconnu par les puissances europ\u00e9ennes r\u00e9unies \u00e0 Versailles. Les agitations populaires et les manifestations antibritanniques s&rsquo;intensifient, les mouvements de gr\u00e8ves perdurent encore en&nbsp;1921. En d\u00e9cembre 1921, Zaghloul est de nouveau arr\u00eat\u00e9 et exil\u00e9.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En f\u00e9vrier 1921 est cr\u00e9\u00e9e la F\u00e9d\u00e9ration de syndicats \u00e9gyptiens (FSE). En aout de la m\u00eame ann\u00e9e se constitue le Parti socialiste \u00e9gyptien (PSE), il d\u00e9tient une influence dominante dans la direction de la FSE. En juillet 1922 une aile marxiste op\u00e8re une scission au sein du PSE en excluant l&rsquo;aile dont l&rsquo;orientation est inspir\u00e9e par la Fabian Society, et postule pour l&rsquo;adh\u00e9sion \u00e0 l&rsquo;International Communiste. Sur cette base se constitue en d\u00e9cembre de la m\u00eame ann\u00e9e le Parti communiste d&rsquo;\u00c9gypte (PCE).<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Le&nbsp;21&nbsp;f\u00e9vrier 1922 le gouvernement britannique se dit pr\u00eat \u00e0 renoncer au protectorat sur l&rsquo;\u00c9gypte, et Fouad, pacha d&rsquo;\u00c9gypte de 1917 \u00e0 1922, devient roi d&rsquo;\u00c9gypte sous le nom de Fouad&nbsp;Ier. Une constitution est promulgu\u00e9e le&nbsp;19&nbsp;avril 1923. Toutefois, l&rsquo;arm\u00e9e britannique reste sur le territoire, et si le pouvoir ex\u00e9cutif revient au roi, la Grande-Bretagne se r\u00e9serve le contr\u00f4le des voies de communication, la d\u00e9fense, la protection des int\u00e9r\u00eats \u00e9trangers et des minorit\u00e9s; elle maintient l&rsquo;occupation du Soudan.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Lors des premi\u00e8res \u00e9lections l\u00e9gislatives de janvier 1924 le Wafd obtient une large victoire avec&nbsp;195 des&nbsp;214 si\u00e8ges \u00e0 la chambre. Le parti se veut la\u00efc et lib\u00e9ral, sa ligne directrice reste la lutte pour l&rsquo;ind\u00e9pendance compl\u00e8te de l&rsquo;\u00c9gypte. Il n&rsquo;a pas de liens avec les travailleurs, il a des liens parmi les grands propri\u00e9taires fonciers et mobilise une partie de la petite notabilit\u00e9 rurale et des couches moyennes urbaines.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Le gouvernement interdit la tenue d&rsquo;une conf\u00e9rence convoqu\u00e9e par le PCE. Les travailleurs r\u00e9pondent par des mouvements de protestation, le PCE appelle \u00e0 la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale. Les dirigeants communistes et des travailleurs sont arr\u00eat\u00e9s, la FSE est dissoute. Sept membres du parti sont condamn\u00e9s \u00e0 des peines de prison, des membres du parti, et des travailleurs non \u00e9gyptiens, sont d\u00e9port\u00e9s. Durant toute la p\u00e9riode suivante, le gouvernement arr\u00eate p\u00e9riodiquement des r\u00e9sidents \u00e9trangers qui tentent de d\u00e9velopper une activit\u00e9 communiste. Les syndicats ne seront reconnus l\u00e9galement qu&rsquo;en 1942.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Rapidement, les succ\u00e8s \u00e9lectoraux du parti Wafd g\u00eanent le roi Fouad&nbsp;Ier qui dissout le gouvernement Wafd \u00e0 plusieurs reprises, et gouverne par d\u00e9crets. En&nbsp;1927, apr\u00e8s la mort de Zaghloul, Nahhas Pacha <span class=NotedefinCar>reprend la direction du parti.<\/span><\/p> <p class=MsoEndnoteText>Le Wafd s&rsquo;oppose aux gouvernements de Ziwar Pasha et Muhammad Mahmoud Pasha. Il arrive au gouvernement de mars \u00e0 juin 1928 et tente de r\u00e9tablir la f\u00e9d\u00e9ration syndicale. Il revient au gouvernement de janvier \u00e0 juin 1930, plusieurs repr\u00e9sentants du Wafd constituent alors une nouvelle f\u00e9d\u00e9ration syndicale. Daoud Ratib, associ\u00e9 au Parti lib\u00e9ral constitutionaliste, \u00e9tablit une f\u00e9d\u00e9ration concurrente. Selon certaines informations, il agit en collusion avec le roi Fouad. Toutefois, des \u00e9l\u00e9ments pro-Wafd \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de la f\u00e9d\u00e9ration de Ratib accaparent la direction en 1930 et le remplacent par le prince Abbas Halim, un ren\u00e9gat de la famille royale. Le roi dissout de nouveau le gouvernement wafdiste et le pouvoir revient \u00e0 Isma\u00efl Sidqi qui, avec le roi, r\u00e9dige et promulgue une nouvelle Constitution qui contr\u00f4le mieux les partis politiques et renforce les pouvoirs du gouvernement et de la monarchie. Sidqi dissout la f\u00e9d\u00e9ration syndicale d&rsquo;Abbas Halim. Le gouvernement de Sidqi tombe en 1933, Abbas Halim et le Wafd coop\u00e8rent pour r\u00e9tablir la f\u00e9d\u00e9ration syndicale.<\/p> <\/div> <div id=edn19> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref19\" name=\"_edn19\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[19]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Voir&nbsp;:&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_a\"><span style='font-family:\"Arial\",\"sans-serif\"'>&#9658;<\/span><\/a>.<\/p> <\/div> <div id=edn20> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref20\" name=\"_edn20\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[20]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;<a name=\"REF_NOT_c\"><\/a>Mohandas Karamchand Gandhi, dit \u201cMahatma\u201d.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>\u00c0&nbsp;partir de&nbsp;1919 Mohandas Gandhi intervient comme un des principaux dirigeants du Congr\u00e8s national indien (voir&nbsp;:&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_f\"><span style='font-family:\"Arial\",\"sans-serif\"'>&#9658;<\/span><\/a>). Le&nbsp;6&nbsp;f\u00e9vrier 1919 l&rsquo;administration britannique en Inde proclame avec effet imm\u00e9diat le <span lang=EN-US>Rowlatt&nbsp;Act<\/span>, qui donne au gouvernement le pouvoir d&rsquo;arr\u00eater et emprisonner sans proc\u00e9dure quiconque pour des offenses politiques. Le&nbsp;24 Gandhi et un certain nombre de ses partisans se r\u00e9unissent \u00e0 Ahmedabad (\u00c9tat du Gujarat), dans un lieu d\u00e9nomm\u00e9 Sabarmati Ashram (connu aussi comme Satyagraha Ashram); est adopt\u00e9 un document d&rsquo;engagement \u00e0 la d\u00e9sob\u00e9issance civile. Le terme principal associ\u00e9 \u00e0 cette campagne est \u201cSatyagraha\u201d, qui \u00e9tymologiquement signifie l&rsquo;\u00e9treinte (<i>graha<\/i>) de la v\u00e9rit\u00e9 (<i>satya<\/i>). Le&nbsp;30&nbsp;mars se produisent des affrontements de protestation violents \u00e0 Delhi, la police ouvre le feu. Gandhi \u00e9met un appel au calme et contre la violence. Le&nbsp;10&nbsp;avril il est arr\u00eat\u00e9. Des affrontements violents s&rsquo;ensuivent \u00e0 Ahmedabad, Amritsar, Lahore, la police ouvre le feu, les manifestants ripostent par des attaques violentes contre des lieux li\u00e9s au pouvoir britannique. Gandhi est rel\u00e2ch\u00e9 le&nbsp;11, il r\u00e9it\u00e8re son appel \u00e0 la non&#8209;violence. Les affrontements se poursuivent, \u00e0 Ahmedabad, Lahore, Bombay (aujourd&rsquo;hui Mumbai), Viramgam, Nadiad, Amritsar, Calcutta (aujourd&rsquo;hui Kolkata), Gujranwala. Le&nbsp;13, un massacre est perp\u00e9tr\u00e9 par les Britanniques durant une r\u00e9union publique de masse \u00e0 Amritsar, dans un jardin d\u00e9nomm\u00e9 Jallianwala Bagh. La loi martiale est proclam\u00e9e dans le Pendjab. Le&nbsp;14, Gandhi r\u00e9primande la population pour les comportements violents et annonce un je\u00fbne de trois jours de sa part \u00e0 titre de p\u00e9nitence. Le&nbsp;16, il assure le gouvernement de son soutien, dans une lettre adress\u00e9e au commissaire de la division du Nord (Mumbai). Les affrontements se poursuivent, \u00e0 Gujranwala, Delhi, dans le Pendjab, des dirigeants sont d\u00e9port\u00e9s. Finalement le&nbsp;18, Gandhi annonce une suspension temporaire de la d\u00e9sob\u00e9issance civile.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En janvier 1922 Gandhi remet \u00e0 nouveau \u00e0 l&rsquo;ordre du jour l&rsquo;id\u00e9e de la d\u00e9sob\u00e9issance civile, en y associant la revendication adress\u00e9e \u00e0 l&rsquo;administration britannique que soit d\u00e9clar\u00e9e la politique de la non-interf\u00e9rence absolue vis&#8209;\u00e0&#8209;vis d&rsquo;actions non&nbsp;violentes, ainsi que la libert\u00e9 de la presse sans aucun contr\u00f4le administratif. Il fait part de cette demande au Vice-roi en lui adressant une lettre, qu&rsquo;il signe: &quot;Je reste, Votre Excellence, votre fid\u00e8le serviteur et ami. M.&nbsp;K.&nbsp;Gandhi.&quot;&nbsp;* <a name=\"REF_NOT_c1\"><\/a>Le&nbsp;4&nbsp;f\u00e9vrier, \u00e0 Chauri Chaura (dans la province d\u00e9nomm\u00e9e United Provinces, UP), se produisent des affrontements, un poste de police est attaqu\u00e9, 21&nbsp;policiers et gardiens sont tu\u00e9s. Le&nbsp;10, Gandhi annonce sa d\u00e9cision de stopper imm\u00e9diatement le mouvement de d\u00e9sob\u00e9issance civile. Le&nbsp;12 il entame un je\u00fbne de cinq jours de sa part \u00e0 titre de p\u00e9nitence.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Le&nbsp;15&nbsp;f\u00e9vrier 1930, le comit\u00e9 de travail du Congr\u00e8s national r\u00e9uni \u00e0 Ahmedabad autorise Gandhi et ceux qui croient en la non&#8209;violence de lancer un mouvement de d\u00e9sob\u00e9issance. Le&nbsp;27, Gandhi dans un article du p\u00e9riodique qu&rsquo;il \u00e9dite, <i><span lang=EN-US>Young India<\/span><\/i>, exhorte ses partisans notamment en les termes suivants:<\/p> <p class=Notedefincitation style='margin-bottom:6.0pt'>Cette fois, lors de mon arrestation il doit y avoir non pas une non&#8209;violence muette, passive, mais une non&#8209;violence du type le plus active devra \u00eatre d\u00e9ploy\u00e9e, de sorte que pas un seul adepte de la non&#8209;violence, en tant qu&rsquo;article de foi aux fins de r\u00e9aliser le but de l&rsquo;Inde, devra se trouver libre ou vivant, au bout de l&rsquo;effort de ne plus se soumettre \u00e0 l&rsquo;esclavage existant.&nbsp;**<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Le&nbsp;12&nbsp;mars, accompagn\u00e9 de&nbsp;78&nbsp;volontaires il part de Sabarmati pour une marche qui atteint la c\u00f4te \u00e0 Dandi, le&nbsp;6&nbsp;avril. Le&nbsp;5&nbsp;mai il est arr\u00eat\u00e9 \u00e0 Karadi.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>La p\u00e9riode cons\u00e9cutive, 1930&#8209;1931, est marqu\u00e9e par une accentuation de la lutte des masses indiennes contre l&rsquo;occupation coloniale. Quant \u00e0 Gandhi, il finit par se persuader de la vanit\u00e9 des remontrances qu&rsquo;il adressait \u00e0 maintes reprises \u00e0 ceux qui recourent \u00e0 la violence, spontan\u00e9ment ou de mani\u00e8re organis\u00e9e; il ne renonce pas pour autant \u00e0 ses positions orient\u00e9es obstin\u00e9ment vers la collaboration de classe, guid\u00e9es par les int\u00e9r\u00eats de la bourgeoisie indienne.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>*&nbsp;Traduit de l&rsquo;anglais par nous [321ignition]:<\/p> <p class=Notedefincitation><span lang=EN-US>I remain, Your Excellency&rsquo;s faithful servant and friend.<\/span><\/p> <p class=Notedefincitation style='margin-bottom:6.0pt'><span lang=EN-US>[Collected Works<\/span><span class=NotedefincitationCar> of Mahatma Gandhi, Volume 26; Publications Division, Ministry of Information and Broadcasting, Gover<\/span><span lang=EN-US>nment of India, 2000; <\/span>p.&nbsp;60&#8209;62.]<\/p> <p class=MsoEndnoteText>**&nbsp;Traduit de l&rsquo;anglais par nous [321ignition]:<\/p> <p class=Notedefincitation><span lang=EN-US>This time on my arrest there is to be no mute, passive non&#8209;violence, but non&#8209;violence of the activest type should be set in motion, so that not a single believer in non&#8209;violence as an article of faith for the purpose of achieving India&rsquo;s goal should find himself free or alive at the end of the effort to submit any longer to the existing slavery.<\/span><\/p> <p class=Notedefincitation style='margin-bottom:6.0pt'><span lang=EN-US>[Collected Works of Mahatma Gandhi, Volume 42; Publications Division, Ministry of Information and Broadcasting, Government of India, 1970; p.&nbsp;497.]<\/span><\/p> <\/div> <div id=edn21> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref21\" name=\"_edn21\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[21]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Sarekat Islam, en Indon\u00e9sie.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Le Sarekat Dagang Islam (Union des commer\u00e7ants islamiques, SDI) est cr\u00e9\u00e9 en&nbsp;1911. \u00c0&nbsp;l&rsquo;origine il s&rsquo;agit d&rsquo;un mouvement de fabricants de batik de Java oriental et central, avec pour but la protection de leur commerce de batik contre les concurrents chinois. Ce type d&rsquo;organisation existe aussi ailleurs; la m\u00eame ann\u00e9e, une organisation du m\u00eame nom est fond\u00e9e \u00e0 Batavia (ancien nom de Jakarta) et \u00e0 Buitenzorg (Bogor) au Java occidental.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En&nbsp;1912 l&rsquo;organisation se transforme en mouvement plus large et prend le nom de Sarekat Islam (SI). Parmi les dirigeants figurent Omar Said Tjokroaminoto, Agus Salim. Le Sarekat Islam est bas\u00e9e sur une id\u00e9ologie islamique moderniste. Il tient son premier congr\u00e8s en&nbsp;1913.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Le gouvernement colonial refuse la reconnaissance l\u00e9gale du Sarekat Islam en tant que mouvement national; il reconnait uniquement ses branches locales comme unit\u00e9s ind\u00e9pendantes.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>D\u00e8s le d\u00e9part, la direction du mouvement est confront\u00e9e aux militants de la branche de Semarang \u00e9troitement li\u00e9 aux forces politiques de gauche pr\u00e9sentes dans cette ville, en particulier le Indische Sociaal-Democratische Vereeniging (ISDV).<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En&nbsp;1916 le Sarekat Islam tient un congr\u00e8s \u00e0 Bandung et prend la d\u00e9cision de demander l&rsquo;\u00e9tablissement de l&rsquo;autonomie pour l&rsquo;Indon\u00e9sie, en coop\u00e9ration avec les Pays&#8209;Bas.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Le congr\u00e8s suivant se tient en&nbsp;1917. Cette m\u00eame ann\u00e9e le gouvernement colonial n\u00e9erlandais vient d&rsquo;\u00e9tablir le Volksraad (Conseil du peuple) qui a des attributions uniquement consultatives. Le congr\u00e8s discute de l&rsquo;attitude \u00e0 adopter vis&#8209;\u00e0&#8209;vis de cet organisme. La branche de Semarang se prononce pour un refus de coop\u00e9rer avec le Volksraad. Par la suite, seulement quelques membres du Sarekat Islam y participeront, en particulier Agus Salim. Le congr\u00e8s discute \u00e9galement de la position du Sarekat Islam par rapport au syst\u00e8me capitaliste. La direction refuse de d\u00e9noncer le capitalisme en tant que tel. Elle propose de faire la distinction entre deux formes de capitalisme, l&rsquo;une &quot;inique&quot;, l&rsquo;autre &quot;l\u00e9gitime&quot;, la premi\u00e8re correspondant au capitalisme \u00e9tranger, la deuxi\u00e8me au capitalisme autochtone.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Vers&nbsp;1918, le Sarekat Islam demande une action imm\u00e9diate pour soulager le fardeau pesant sur les masses de travailleurs et refuse de continuer la coop\u00e9ration avec le Volksraad. Mais dans son soutien aux syndicats et aux actions de gr\u00e8ve, la direction est prudente et utilise des termes tels que &quot;violence moralement justifi\u00e9e&quot; et &quot;r\u00e9sistance passive&quot;. La branche de Semarang pousse au d\u00e9veloppement d&rsquo;un mouvement syndical r\u00e9volutionnaire, mais la direction se limite \u00e0 demander un code du travail, un salaire minimum, l&rsquo;abolition du travail des femmes et des enfants, un horaire maximum (ce qui signifie l&rsquo;abolition du syst\u00e8me des coolies) et une pension pour les personnes \u00e2g\u00e9es.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Le congr\u00e8s de&nbsp;1920 du Sarekat Islam expose pour la premi\u00e8re fois les relations entre la colonie et les Pays&#8209;Bas en termes marxistes. Le marxisme est accept\u00e9 de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, avec la pr\u00e9cision que cela n&rsquo;implique pas la coop\u00e9ration avec des organisations socialistes \u00e9trang\u00e8res.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>La direction du Sarekat Islam d\u00e9cide de prendre position contre les communistes. Au congr\u00e8s tenu en&nbsp;1921, Agus Salim pr\u00e9sente une motion stipulant que les membres du Sarekat Islam ne peuvent pas appartenir simultan\u00e9ment \u00e0 un autre parti; elle est adopt\u00e9e. Les communistes accusent la direction de soutenir des concepts capitalistes et de promouvoir des id\u00e9es panislamiques. Agus Salim emploie l&rsquo;argument selon lequel le Proph\u00e8te a suivi les id\u00e9es marxistes longtemps avant Marx.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Se produit alors une scission entre l&rsquo;aile droite et l&rsquo;aile gauche. De nombreuses branches du Sarekat Islam se scindent en une faction Sarekat Islam Putih (Sarekat Islam Blanc) et une faction Sarekat Islam Merah (Sarekat Islam Rouge). La plus grande partie de l&rsquo;aile gauche rejoint le Perserikatan Komunis di Hindia (PKH)&nbsp;*, d&rsquo;autres entreront plus tard au Partai Nasional Indonesia (PNI). Certains parmi ceux qui consid\u00e8rent que le Sarekat Islam s&rsquo;est \u00e9cart\u00e9 de sa base islamique, adh\u00e8rent \u00e0 l&rsquo;organisation Persyarikatan Muhammadiyah, tandis que d&rsquo;autres fondent le Nahdlatul Ulama. Le Sarekat Islam est fortement affaibli.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En 1923 Tjokroaminoto cr\u00e9e le Partai Sarekat Islam (Parti de l&rsquo;union islamique) qui en&nbsp;1929 est renomm\u00e9 en Partai Sarekat Islam Indonesia (Parti de l&rsquo;union islamique d&rsquo;Indon\u00e9sie, PSII). Tjokroaminoto d\u00e9c\u00e8de en&nbsp;1934. Son fr\u00e8re Abikusno Tjokrosujoso lui succ\u00e8de \u00e0 la direction du PSII.<\/p> <p class=MsoEndnoteText><a name=\"REF_NOT_e1\"><\/a>Les communistes organisent le Sarekat Rayat Merah comme soci\u00e9t\u00e9 rivale par rapport au Sarekat Islam, ainsi qu&rsquo;un secr\u00e9tariat syndical rouge. La campagne communiste d\u00e9bouche sur une vague de gr\u00e8ves \u00e0 la fin de&nbsp;1925 et culmine en un certain nombre de d\u00e9sordres violents simultan\u00e9s en Java et Sumatra, puis encore en janvier 1927. Le gouvernement r\u00e9prime les mouvements et instaure un camp d&rsquo;internement en Nouvelle Guin\u00e9e, o\u00f9 des milliers de communistes sont d\u00e9port\u00e9s.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>*&nbsp;En 1914 est fond\u00e9 le Indische Sociaal-Democratische Vereenigung avec comme principal dirigeant Henk Sneevliet. C&rsquo;est la premi\u00e8re organisation marxiste en Indon\u00e9sie. D&rsquo;abord europ\u00e9en en ce qui concerne les membres, des Indon\u00e9siens adh\u00e8rent par la suite, dont Semaun, Tan Malaka, Alimin Prawirodirdjo. En&nbsp;1920, l&rsquo;ISDV se transforme en Perserikatan Komunis de Hindia, puis en Parai Komunis Indonesia.<\/p> <\/div> <div id=edn22> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref22\" name=\"_edn22\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[22]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Congr\u00e8s r\u00e9publicain, en Inde.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>D\u00e8s la formation du Congr\u00e8s national indien (voir&nbsp;:&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_f\"><span style='font-family:\"Arial\",\"sans-serif\"'>&#9658;<\/span><\/a>), la formulation des objectifs au sujet des rapports de l&rsquo;Inde avec la Grande-Bretagne \u00e9tait sujette \u00e0 controverses. D&rsquo;une fa\u00e7on ou d&rsquo;une autre, le rejet de la domination qu&rsquo;exer\u00e7ait la Grande-Bretagne comme puissance coloniale \u00e9tait mitig\u00e9 par l&rsquo;id\u00e9e qu&rsquo;il fallait maintenir des liens \u00e9troits avec celle&#8209;ci. Ainsi il \u00e9tait envisag\u00e9 de demander pour l&rsquo;Inde un statut de &quot;Dominion&quot;. Les dominions se distinguent des autres colonies par l&rsquo;existence d&rsquo;un certain de degr\u00e9 d&rsquo;autonomie de gouvernement, n\u00e9anmoins le monarque du Royaume Uni reste chef constitutionnel de l&rsquo;\u00c9tat et des pouvoirs politiques dans le domaine des affaires constitutionnelles sont r\u00e9serv\u00e9s au parlement britannique. En d\u00e9cembre 1927 se tient la session annuel du Congr\u00e8s national, \u00e0 Madras. Il approuve une r\u00e9solution soumise par Jawaharlal Nehru selon laquelle: &quot;Ce congr\u00e8s d\u00e9clare que l&rsquo;objectif du peuple indien comme \u00e9tant l&rsquo;ind\u00e9pendance nationale compl\u00e8te&quot;&nbsp;*. Keshav Nilkanth Joglekar (membre du Comit\u00e9 ex\u00e9cutif du Parti communiste d&rsquo;Inde, et du Parti ouvrier et paysan form\u00e9 au Bengale (voir&nbsp;:&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_d1\"><span style='font-family:\"Arial\",\"sans-serif\"'>&#9658;<\/span><\/a>), apr\u00e8s avoir attaqu\u00e9 les dirigeants du Congr\u00e8s national engag\u00e9s dans &quot;une ignoble guerre intestine de caract\u00e8re personnel et communautaire&quot; avait soumis un projet de r\u00e9solution: &quot;L&rsquo;objectif du Congr\u00e8s national indien est l&rsquo;\u00e9tablissement de la R\u00e9publique f\u00e9d\u00e9rale socialiste des soviets d&rsquo;Inde&quot;&nbsp;**. Ce projet avait \u00e9t\u00e9 inclus de fa\u00e7on consid\u00e9rablement remani\u00e9e dans la r\u00e9solution adopt\u00e9 par le Congr\u00e8s.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Le&nbsp;28&nbsp;d\u00e9cembre, apr\u00e8s la fin de la session du Congr\u00e8s national, se r\u00e9unit un &quot;Congr\u00e8s r\u00e9publicain&quot;. J.&nbsp;Nehru est \u00e9lu pr\u00e9sident et Muzaffar Ahmad (membre du Parti Swaraj ouvrier &#8209;&nbsp;voir&nbsp;:&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_d1\"><span style='font-family:\"Arial\",\"sans-serif\"'>&#9658;<\/span><\/a>&nbsp;&#8209; et de la direction du PCI) comme un des membres du secr\u00e9tariat. L&rsquo;initiative restera sans suite.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Mohandas Gandhi exprime son d\u00e9saccord avec cette r\u00e9solution. \u00c0 la session suivante du Congr\u00e8s national, en&nbsp;1928 \u00e0 Calcutta (aujourd&rsquo;hui Kolkata), lui, de m\u00eame que le pr\u00e9sident de la session Shri Motilal Nehru (p\u00e8re de J.&nbsp;Nehru), d\u00e9clarent qu&rsquo;ils acceptent le statut de dominion s&rsquo;il est accord\u00e9 par le gouvernement britannique avant le&nbsp;31&nbsp;d\u00e9cembre 1929 minuit.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>\u00c0 la session de 1929, \u00e0 Lahore, compte tenu du refus par le gouvernement britannique de r\u00e9pondre positivement \u00e0 cette demande, une r\u00e9solution est adopt\u00e9e qui d\u00e9clare comme objectif l&rsquo;ind\u00e9pendance nationale compl\u00e8te:<\/p> <p class=Notedefincitation style='margin-bottom:6.0pt'>Ce Congr\u00e8s approuve l&rsquo;action du Comit\u00e9 de travail en lien avec le manifeste sign\u00e9 par des chefs de parti, y compris des membres du Congr\u00e8s, sur la d\u00e9claration du vice-roi du&nbsp;31&nbsp;octobre sur le statut de Dominion, et se f\u00e9licite des efforts d\u00e9ploy\u00e9s par le vice-roi en vue de r\u00e9gler la question du mouvement national orient\u00e9 vers le Swarajya (voir&nbsp;:&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_d1\"><span style='font-family:\"Arial\",\"sans-serif\"'>&#9658;<\/span><\/a>). Le Congr\u00e8s, toutefois, apr\u00e8s avoir examin\u00e9 tout ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 depuis et le r\u00e9sultat de la r\u00e9union entre Mahatma Gandhi, Pandit Motilal Nehru et d&rsquo;autres dirigeants et le vice-roi, est de l&rsquo;avis que dans les circonstances actuelles rien ne pourrait \u00eatre obtenu au moyen d&rsquo;une repr\u00e9sentation du Congr\u00e8s lors de la Table ronde propos\u00e9e. Par cons\u00e9quent, conform\u00e9ment \u00e0 la r\u00e9solution adopt\u00e9e lors de sa session \u00e0 Calcutta l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re, ce Congr\u00e8s d\u00e9clare que le mot &quot;Swarajya&quot; figurant \u00e0 l&rsquo;article premier de la constitution du Congr\u00e8s doit signifier &quot;ind\u00e9pendance compl\u00e8te&quot; et d\u00e9clare en outre que le sch\u00e9ma tout entier du rapport du Comit\u00e9 Nehru est devenu caduc, et esp\u00e8re que tous les membres du Congr\u00e8s consacreront d\u00e9sormais leur attention exclusive \u00e0 la r\u00e9alisation de l&rsquo;ind\u00e9pendance compl\u00e8te de l&rsquo;Inde.&nbsp;***<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Le&nbsp;26&nbsp;janvier 1930, a lieu symboliquement la d\u00e9claration de l&rsquo;ind\u00e9pendance:<\/p> <p class=Notedefincitation style='margin-bottom:6.0pt'>Nous pensons qu&rsquo;il est le droit inali\u00e9nable du peuple indien, comme de tout autre peuple, de jouir de la libert\u00e9, du fruit de son travail et des n\u00e9cessit\u00e9s de la vie, afin qu&rsquo;ils aient les pleines opportunit\u00e9s de d\u00e9veloppement. Nous pensons \u00e9galement que si un quelconque gouvernement prive un peuple de ces droits et l&rsquo;opprime, les personnes ont de plus le droit de le modifier ou de le supprimer. Le gouvernement britannique en Inde a non seulement priv\u00e9 le peuple indien de sa libert\u00e9, mais s&rsquo;est fond\u00e9 sur l&rsquo;exploitation des masses et a ruin\u00e9 l&rsquo;Inde sur les plans \u00e9conomique, politique, culturel et spirituel. Nous pensons donc que l&rsquo;Inde doit rompre le lien avec la Grande-Bretagne et atteindre Purna Swaraj (voir&nbsp;:&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_d1\"><span style='font-family:\"Arial\",\"sans-serif\"'>&#9658;<\/span><\/a>) ou ind\u00e9pendance compl\u00e8te.&nbsp;****<\/p> <p class=MsoEndnoteText>*&nbsp;Traduit de l&rsquo;anglais par nous [321ignition]:<\/p> <p class=Notedefincitation><span lang=EN-US>This Congress declares the goal of the Indian people to be complete National Independence.<\/span><\/p> <p class=Notedefincitation style='margin-bottom:6.0pt'><span lang=EN-US>[Indian National Congress: The Congress and the National Movement (from a Bengali Standpoint), M.L. Sarkar, 1928; p.<\/span><span lang=EN-US>&nbsp;<\/span><span lang=EN-US>99.]<\/span><\/p> <p class=MsoEndnoteText><span lang=EN-US>**&nbsp;<\/span>Traduit de l&rsquo;anglais par nous [321ignition]:<\/p> <p class=Notedefincitation><span lang=EN-US>The aim of the INC is the establishment of the Federated Socialist Soviet Republic of India, based on Universal Adult Franchise.<\/span><\/p> <p class=Notedefincitation style='margin-bottom:6.0pt'><span lang=EN-US>[Georges Kristoffel Lieten, Colonialism, class and nation &#8211; the confrontation in Bombay around 1930; Calcutta, K.&nbsp;P.&nbsp;Bagchi &amp;&nbsp;Co., 1984; p.&nbsp;98.]<\/span><\/p> <p class=MsoEndnoteText>***&nbsp;Traduit de l&rsquo;anglais par nous [321ignition]:<\/p> <p class=Notedefincitation><span lang=EN-US>This Congress endorses the action of the Working Committee in connection with the manifesto signed by party leaders, including Congressmen, on the Viceregal pronouncement of the October 31 relating to Dominion Status, and appreciates the efforts of the Viceroy towards a settlement of the national movement for Swarajya. The Congress, however, having considered all that has since happened and the result of the meeting between Mahatma Gandhi, Pandit Motilal Nehru and other leaders and the Viceroy, is of opinion that nothing is to be gained in the existing circumstances by the Congress being represented at the proposed Round Table Conference. This Congress, therefore, in pursuance of the resolution passed at its session at Calcutta last year, declares that the word \u201cSwarajya\u201d in Article I of the Congress constitution shall mean Complete Independence, and further declares the entire scheme of the Nehru Committee&rsquo;s Report to have lapsed, and hopes that all Congressmen will henceforth devote their exclusive attention to the attainment of Complete Independence for India.<\/span><\/p> <p class=Notedefincitation style='margin-bottom:6.0pt'><span lang=EN-US>[Congress Hand-book, Indian National Congress, All India Congress Committee, 1946; p.<\/span><span lang=EN-US>&nbsp;<\/span><span lang=EN-US>255.]<\/span><\/p> <p class=MsoEndnoteText>****&nbsp;Traduit de l&rsquo;anglais par nous [321ignition]:<\/p> <p class=Notedefincitation><span lang=EN-US>We believe that it is the inalienable right of the Indian people, as of any other people, to have freedom and to enjoy the fruits of their toil and have the necessities of life, so that they may have full opportunities of growth. We believe also that if any government deprives a people of these rights and oppresses them the people have a further right to alter it or to abolish it. The British government in India has not only deprived the Indian people of their freedom but has based itself on the exploitation of the masses, and has ruined India economically, politically, culturally, and spiritually. We believe, therefore, that India must sever the British connection and attain Purna Swaraj or complete independence.<\/span><\/p> <p class=Notedefincitation style='margin-bottom:6.0pt'><span lang=EN-US>[Ramananda Chatterjee, The Modern Review, Volume 47, Prabasi Press Private, Limited, 1930; p.&nbsp;274.]<\/span><\/p> <\/div> <div id=edn23> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref23\" name=\"_edn23\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[23]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Al&#8209;Hizb al&#8209;Watani, en \u00c9gypte.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>La Grande&#8209;Bretagne occupe militairement l&rsquo;\u00c9gypte depuis 1882. En&nbsp;1907 se constitue le Parti nationaliste (al&#8209;Hizb al&#8209;Watani) autour du journal <i>al&#8209;Liwa<\/i> dirig\u00e9 par Mustafa Kamil. Les deux principaux objectifs du parti sont le retrait complet de la Grande&#8209;Bretagne et l&rsquo;unification du Soudan avec l&rsquo;\u00c9gypte. Apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s de Kamil en&nbsp;1908, la direction du parti est assum\u00e9e par Muhammad Farid, qui entretient des relations avec des repr\u00e9sentants de l&rsquo;Internationale socialiste. Al&#8209;Watani d\u00e9veloppe une activit\u00e9 en direction des travailleurs. Il est \u00e0 l&rsquo;origine de la cr\u00e9ation en&nbsp;1909 de l&rsquo;Union des artisans (Niqabat &lsquo;Ummal al&#8209;Masani&rsquo; al&#8209;Yadawiyya), \u00e0 laquelle se joignent aussi quelques travailleurs de l&rsquo;industrie. Al&#8209;Watani noue en outre des liens avec les travailleurs des chemins de fer, du tramway et des services publics. Une Association des travailleurs du tramway du Caire est cr\u00e9\u00e9e.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>La r\u00e9pression colonialiste britannique s&rsquo;accentue. En&nbsp;1909 est impos\u00e9e la censure de la presse, une loi d&rsquo;expulsion administrative est adopt\u00e9e. En&nbsp;1911 Horatio Kitchener est nomm\u00e9 Proconsul pour l&rsquo;\u00c9gypte, al&#8209;Watani est frapp\u00e9, beaucoup de ses dirigeants sont exil\u00e9s. En&nbsp;1914 la Grande&#8209;Bretagne profite de l&rsquo;entr\u00e9e en guerre de l&rsquo;Empire ottoman aux c\u00f4t\u00e9s des empires centraux pour assoir son pouvoir en instaurant un protectorat sur l&rsquo;\u00c9gypte. L&rsquo;assembl\u00e9e l\u00e9gislative est dissoute, la loi martiale instaur\u00e9e. De nouveau des membres d&rsquo;Al&#8209;Watani sont expuls\u00e9s.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Une vague de gr\u00e8ves d\u00e9bute en aout 1917 et d\u00e9bouche sur un soul\u00e8vement national en mars 1919. Al&#8209;Watani est principalement orient\u00e9 vers la lutte de lib\u00e9ration nationale et plaide pour la r\u00e9union de tous les travailleurs, y compris ceux de l&rsquo;industrie, au sein de l&rsquo;Union des artisans, pour transformer celle&#8209;ci en organisation politique. Ce projet s&rsquo;av\u00e8re impraticable dans le contexte de l&rsquo;extension des rapports de production capitalistes qui implique la tendance vers la formation de syndicats s\u00e9par\u00e9s pour les travailleurs.<\/p> <\/div> <div id=edn24> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref24\" name=\"_edn24\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[24]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Sarekat-Rayat, en Indon\u00e9sie.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Voir&nbsp;:&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_e1\"><span style='font-family:\"Arial\",\"sans-serif\"'>&#9658;<\/span><\/a>.<\/p> <\/div> <div id=edn25> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref25\" name=\"_edn25\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[25]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Dans l&rsquo;original: &quot;conquit&quot;.<\/p> <\/div> <div id=edn26> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref26\" name=\"_edn26\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[26]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;&quot;Partis ouvriers et paysans&quot;, en Inde.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Suite au 2e&nbsp;Congr\u00e8s de l&rsquo;Internationale communiste tenu en&nbsp;1920, celle&#8209;ci organise le 1er&nbsp;Congr\u00e8s des peuples de l&rsquo;Orient, \u00e0 Bakou en septembre 1920. En octobre est form\u00e9 un parti communiste indien (nomm\u00e9 indiff\u00e9remment &quot;indien&quot; ou &quot;d&rsquo;Inde&quot;), \u00e0 Tachkent, dans la R\u00e9publique socialiste sovi\u00e9tique autonome du Turkestan. Il rassemble sept membres: Manabendra Nath Roy, Evelyn Roy&#8209;Trent, Abaninath Mukhopadhyaya Mukerjee (Mukherji) (connu aussi sous le pseudonyme de Shahi), Rosa Fitingov, Khoshi Mohammad (pseudonymes: Mirza Mohammad Ali, Ahmed Hasan), Mohammad Shafiq Siddiqui (nomm\u00e9 alternativement Mohammad Shafiq ou Mohammad Siddiqui), Madayam Parthasarathi Tirulamai Acharya (variante d&rsquo;\u00e9criture: Tirumala) (qui signe Prativadi Bayankar Acharya).<\/p> <p class=MsoEndnoteText>M.&nbsp;Shafiq est \u00e9lu secr\u00e9taire du parti, M.&nbsp;N.&nbsp;Roy secr\u00e9taire du bureau du parti bas\u00e9 au Turkestan socialiste. \u00c0 sa premi\u00e8re r\u00e9union, le&nbsp;17&nbsp;octobre, l&rsquo;organisation adopte les principes de l&rsquo;IC et d\u00e9cide d&rsquo;\u00e9laborer un programme. Il \u00e9lit un Comit\u00e9 ex\u00e9cutif form\u00e9 par M.&nbsp;N.&nbsp;Roy, M.&nbsp;Shafiq et M.&nbsp;P.&nbsp;T.&nbsp;Acharya. Il est reconnu par l&rsquo;IC comme groupe ayant voix consultative pendant le&nbsp;3e&nbsp;Congr\u00e8s de l&rsquo;IC en&nbsp;1921.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Parall\u00e8lement mais de fa\u00e7on ind\u00e9pendante, des groupes communistes apparaissent en Inde.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>\u00c0&nbsp;Bombay (aujourd&rsquo;hui Mumbai), autour de Shripad Amrit Dange; \u00e0 Calcutta (aujourd&rsquo;hui Kolkata), autour de Muzaffar Ahmad (Mujaphphara &#256;hamada); \u00e0 Madras, autour de Malayapuram Singaravelu Chettiar (Singaravelar), qui en&nbsp;1923 cr\u00e9e le Parti ouvrier Kisan du Hindoustan (kisan d\u00e9signe les ouvriers agricoles sans-terre et les paysans pauvres); \u00e0 Lahore autour de Ghulam Hussain. Ces groupes ignoraient mutuellement leur existence, et, mis \u00e0 part G.&nbsp;Hussain, les activit\u00e9s de M.&nbsp;N.&nbsp;Roy et de l&rsquo;IC.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Au milieu de&nbsp;1924 un ex&#8209;membre d&rsquo;un groupe patriotique dans l&rsquo;Uttar Pradesh, de nom Satyabhakta, annonce la cr\u00e9ation d&rsquo;un Parti communiste indien. Au d\u00e9part les groupes communistes existants n&rsquo;accordaient pas d&rsquo;int\u00e9r\u00eat \u00e0 cette initiative, jusqu&rsquo;\u00e0 ce que Satyabhakta convoque une &quot;Premi\u00e8re conf\u00e9rence communiste indienne&quot; \u00e0 Kanpur pour les 25&#8209;28&nbsp;d\u00e9cembre 1925, \u00e0 laquelle ils d\u00e9cident de participer. Durant la conf\u00e9rence, contre la seule voie de Satyabhakta, le comit\u00e9 de r\u00e9solutions d\u00e9cide de nommer l&rsquo;organisation issue de ces travaux, selon les normes de l&rsquo;IC, Parti communiste d&rsquo;Inde. Quelques jours apr\u00e8s la conf\u00e9rence Satyabhakta se s\u00e9pare de cette organisation et cr\u00e9e un nouveau parti nomm\u00e9 Parti communiste national.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En&nbsp;1927 le PCdI tient une r\u00e9union \u00e9largie du Comit\u00e9 ex\u00e9cutif. Une constitution-programme est adopt\u00e9e et une direction est d\u00e9sign\u00e9e. Sachchidanand Vishnu Ghate est \u00e9lu Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral, un pr\u00e9sidium compos\u00e9 de cinq membres, dont Keshav Nilkanth Joglekar, Raghunath Shivaram Nimbkar et S.&nbsp;A.&nbsp;Dange, est form\u00e9.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Durant la p\u00e9riode 1926-d\u00e9but&nbsp;1929 des partis d&rsquo;ouvriers et paysans apparaissent dans les provinces de Bengale, Bombay, Pendjab, Uttar Pradesh et Ajmer-Marwara, avec des orientations et des programmes qui co\u00efncident largement.<\/p> <p class=MsoEndnoteText><a name=\"REF_NOT_d1\"><\/a>Dans la province de Bengale, le Parti Swaraj ouvrier est constitu\u00e9 au sein du Congr\u00e8s national indien le&nbsp;1er&nbsp;novembre 1925 par Hemanta Kumar Sarkar, Kazi Nazrul Islam, M.&nbsp;Ahmad et autres. Le parti d\u00e9finit son objet comme &quot;l&rsquo;obtention du swaraj (voir&nbsp;:&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_d1\"><span style='font-family:\"Arial\",\"sans-serif\"'>&#9658;<\/span><\/a>) dans le sens de l&rsquo;ind\u00e9pendance compl\u00e8te de l&rsquo;Inde bas\u00e9e sur l&rsquo;\u00e9mancipation \u00e9conomique et sociale ainsi que la libert\u00e9 politique des hommes et des femmes&quot;, avec &quot;l&rsquo;action de masse non-violente&quot; comme &quot;moyen principal pour l&rsquo;obtention de l&rsquo;objet ci&#8209;dessus&quot;. Il accorde une importance particuli\u00e8re \u00e0 la t\u00e2che d&rsquo;organiser les ouvriers et les paysans, et met en avant un ensemble de demandes aussi bien imm\u00e9diates que finales pour ceux&#8209;ci.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En&nbsp;1926 le parti est renomm\u00e9 en Parti des paysans et ouvriers de Bengale. Il \u00e9dite d&rsquo;abord un organe hebdomadaire <i>Langal<\/i>, puis <i>Ganavani<\/i> (<i>La Voix du peuple<\/i>). Cette presse publie divers documents et articles concernant le marxisme ainsi que les \u00e9v\u00e8nements li\u00e9s au mouvement ouvrier. Le magazine cesse de paraitre en octobre 1927. En f\u00e9vrier de la m\u00eame ann\u00e9e, le Parti adopte un programme. Il maintient la possibilit\u00e9 de l&rsquo;adh\u00e9sion de membres du Parti au Congr\u00e8s national, et encourage ses membres de participer activement au Congr\u00e8s. En&nbsp;1928 il est renomm\u00e9 en Parti ouvrier et paysan de Bengale.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Dans la province de Bombay, une organisation du m\u00eame type apparait en&nbsp;1926. Son noyau est constitu\u00e9 par un petit groupe de membres du Congr\u00e8s national, qui se r\u00e9unit le 26&nbsp;novembre et forme le Parti ouvrier du Congr\u00e8s, avec Shantaram Savlaram Mirajkar comme secr\u00e9taire. En f\u00e9vrier 1927 il est d\u00e9cid\u00e9 de changer le nom en Parti ouvrier et paysan. Du Comit\u00e9 ex\u00e9cutif font partie S.&nbsp;V.&nbsp;Ghate, R.&nbsp;S.&nbsp;Nimbkar et K.&nbsp;N.&nbsp;Joglekar qui sont membres du PCdI, S.&nbsp;S.&nbsp;Mirajkar qui rejoindra le PCdI ult\u00e9rieurement la m\u00eame ann\u00e9e, ainsi que D.&nbsp;R.&nbsp;Thengde, L.&nbsp;M.&nbsp;Pendse et S.&nbsp;H.&nbsp;Jhabvala. R.&nbsp;S.&nbsp;Nimbkar, K.&nbsp;N.&nbsp;Joglekar et D.&nbsp;R.&nbsp;Thengdi sont membres de la direction du Congr\u00e8s national.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Le parti adopte un programme qui correspond \u00e0 la r\u00e9solution adopt\u00e9e par le Comit\u00e9 ex\u00e9cutif du PCdI en janvier 1927. Le programme pr\u00e9cise que le Parti ouvrier et paysan est un parti politique ind\u00e9pendant bas\u00e9 sur les organisations de classe des ouvriers et des paysans, mais qu&rsquo;il travaille aussi \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du Congr\u00e8s national pour former un bloc de gauche; il s&rsquo;efforce \u00e0 \u00e9tablir un large front antiimp\u00e9rialiste pour atteindre &quot;l&rsquo;ind\u00e9pendance nationale compl\u00e8te&quot; avec pour &quot;objectif final&quot; le swaraj socialiste. L&rsquo;organe du parti, <i>Kranti<\/i> (Marathi, signifiant r\u00e9volution) parait de mai \u00e0 septembre 1927.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Au Pendjab, les choses se passent diff\u00e9remment. Un mensuel <i>Kirti<\/i> (Gurmukhi, signifiant ouvrier) est cr\u00e9\u00e9 en f\u00e9vrier 1926 par Bhai Santokh Singh, pr\u00e9sident du parti Ghadar, cr\u00e9\u00e9 en 1913 par des \u00e9migr\u00e9s originaires du Pendjab. En&nbsp;1927, suite au d\u00e9c\u00e8s de B.&nbsp;S.&nbsp;Singh, Sohan Singh Josh prend en charge <i>Kirti<\/i>. En avril 1928 se tient la conf\u00e9rence constitutive du Parti Kirti Kisan (Parti ouvrier et paysan, KKP) \u00e0 Amritsar. Un certain nombre de dirigeants nationalistes du Pendjab et de la <span lang=EN-US>North&nbsp;West Frontier Province<\/span> (NWFP) sont pr\u00e9sents, tels que Satyapal, Bhag Singh Canadian, Gopal Singh Qaumi. Parmi les principaux organisateurs du parti figurent S.&nbsp;S.&nbsp;Josh, Firozuddin Mansur (Feroz&#8209;ud&#8209;din Mansoor), Mir Abdul Majid (<span lang=EN-US>Meer Abdul Majeed<\/span>), Kedarnath Sehgal. <i>Kirti<\/i> devient l&rsquo;organe du parti, une \u00e9dition en Urdu parait \u00e9galement. S.&nbsp;S.&nbsp;Josh est \u00e9lu secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral, M.&nbsp;A.&nbsp;Majid secr\u00e9taire adjoint. Selon une d\u00e9claration ult\u00e9rieure de S.&nbsp;S.&nbsp;Josh, le KKP a pour objectif &quot;l&rsquo;\u00e9tablissement de l&rsquo;ind\u00e9pendance nationale d\u00e9mocratique par la r\u00e9volution&quot;. Le KKP diff\u00e8re des partis de Bombay et Bengale au sujet de l&rsquo;attitude \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard du Congr\u00e8s national. Selon une d\u00e9claration de S.&nbsp;S.&nbsp;Josh, c&rsquo;est une organisation ouvertement r\u00e9volutionnaire de militants ouvriers et paysans d\u00e9sillusionn\u00e9s par la politique d\u00e9faitiste du Congr\u00e8s, et qui n&rsquo;a aucun lien avec le Congr\u00e8s.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Le Parti ouvrier et paysan d&rsquo;Uttar Pradesh et Delhi est fond\u00e9 au cours d&rsquo;une conf\u00e9rence tenue \u00e0 Meerut en octobre 1929. La conf\u00e9rence est pr\u00e9sid\u00e9e par K.&nbsp;Sehgal; y assistent des dirigeants communistes d&rsquo;autres provinces, tels que S.&nbsp;S.&nbsp;Josh, Philip Spratt, M.&nbsp;Ahmad. Puran Chandra Joshi est \u00e9lu secr\u00e9taire du parti (il deviendra plus tard secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du PCdI). Le parti \u00e9dite l&rsquo;hebdomadaire Hindi <i>Krantikari<\/i> (R\u00e9volutionnaire).<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Les communistes actifs dans les diff\u00e9rents Partis ouvrier et paysan convoquent une conf\u00e9rence nationale qui se tient en d\u00e9cembre 1928, pr\u00e9sid\u00e9 par S.&nbsp;S.&nbsp;Josh. Se constitue ainsi le Parti ouvrier et paysan au niveau national, et les Partis ouvrier et paysan existants deviennent de comit\u00e9s provinciaux de ce parti.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>R\u00e9f\u00e9rences:<\/p> <p class=MsoEndnoteText><span lang=EN-US>A.&nbsp;R. Desai, Sunil Dighe (ed.): Labour Movement in India &#8211; Documents, Volume&nbsp;4 &#8211; 1923&#8209;1927; Indian Council of Historical Research; New&nbsp;Delhi, Pragati Publications, 1988.<\/span><\/p> <p class=MsoEndnoteText align=left style='text-align:left'>&#8211;&nbsp;https:\/\/cpim.org\/75th-anniversary-formation-cpi\/<\/p> <p class=MsoEndnoteText align=left style='text-align:left'>&#8211;&nbsp;https:\/\/cpiml.org\/library\/communist-movement-in-india\/introduction-communist-movement-in-india\/workers-and-peasants-parties<\/p> <\/div> <div id=edn27> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref27\" name=\"_edn27\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[27]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Dans l&rsquo;original: &quot;colonnes&quot;.<\/p> <\/div> <div id=edn28> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref28\" name=\"_edn28\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[28]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;<span lang=EN-US>Marcus Mosiah Garvey<\/span>.<\/p> <p class=MsoEndnoteText><span lang=EN-US>Marcus Garvey<\/span> est n\u00e9 au Jama\u00efque. En&nbsp;1914 il cr\u00e9e l&rsquo;\u201cAssociation Universelle pour le progr\u00e8s des Noirs\u201d (\u201c<span lang=EN-US>Universal Negro Improvement Association<\/span>\u201d<span lang=EN-US>, UNIA<\/span>). En aout 1920, se tient \u00e0 New&nbsp;York un congr\u00e8s international de l&rsquo;UNIA; il adopte une \u201cD\u00e9claration des droits des populations noirs du monde\u201d (\u201c<span lang=EN-US>Declaration of Rights of the Negro Peoples of the World<\/span>\u201d), qui consid\u00e8re tous les Noirs comme citoyens libres d&rsquo;Afrique et r\u00e9clame pour eux la pleine \u00e9galit\u00e9 de droits en tant qu&rsquo;\u00eatres humains. La m\u00eame ann\u00e9e, <span lang=EN-US>Garvey<\/span> cr\u00e9e la <span lang=EN-US>Negro Factories Corporation<\/span> et met en vente des actions pour les Afro-am\u00e9ricains; d&rsquo;autres entreprises sont cr\u00e9\u00e9es dans le m\u00eame esprit, telles que l&rsquo;<span lang=EN-US>Universal Printing House<\/span> et la <span lang=EN-US>Black&nbsp;Star Line<\/span>. Le projet de <span lang=EN-US>Garvey<\/span> consiste \u00e0 obtenir l&rsquo;ind\u00e9pendance de tous les pays d&rsquo;Afrique et \u00e0 cr\u00e9er les \u00c9tats&nbsp;unis d&rsquo;Afrique; l&rsquo;UNIA \u00e9labore un plan pour amener des Noirs en Afrique. Les conceptions de <span lang=EN-US>Garvey<\/span><span lang=EN-US> <\/span>se r\u00e9f\u00e8rent aux distinctions de race, et en&nbsp;1922 il rencontre un dirigeant du <span lang=EN-US>Ku&nbsp;Klux&nbsp;Klan<\/span>, <span lang=EN-US>Edward Young Clarke<\/span>. La teneur de cet entretien est caract\u00e9ristique de l&rsquo;attitude de <span lang=EN-US>Garvey<\/span>: lui \u00e9tait soucieux d&rsquo;\u00e9tendre le terrain d&rsquo;impl\u00e9mentation de ses projets \u00e9conomiques, <span lang=EN-US>Clarke<\/span> \u00e9tait int\u00e9ress\u00e9 par le fait que le UNIA se trouvait en opposition \u00e0 une autre organisation d&rsquo;Afro-am\u00e9ricains, l&rsquo;Association nationale pour l&rsquo;avancement des gens de couleur (<span lang=EN-US>National Association for the Advancement of Colored People, NAACP<\/span>). Cette derni\u00e8re, cr\u00e9\u00e9e en&nbsp;1909, n&rsquo;\u00e9tait pas limit\u00e9e dans sa composition \u00e0 des Noirs, et n&rsquo;avait pas pour objectif la s\u00e9paration des Afro-am\u00e9ricains vis&#8209;\u00e0&#8209;vis des USA.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Garvey affirme notamment:<\/p> <p class=Notedefincitation style='margin-bottom:6.0pt'>Le capitalisme est n\u00e9cessaire au progr\u00e8s du monde, et ceux qui d\u00e9raisonnablement et sans justification le rejettent ou combattent, sont des ennemies de l&rsquo;avancement humain.&nbsp;*<\/p> <p class=MsoEndnoteText>*&nbsp;Traduit de l&rsquo;anglais par nous [321ignition]:<\/p> <p class=Notedefincitation><span lang=EN-US>Capitalism is necessary to the progress of the world, and those who unreasonably and wantonly oppose or fight against it are enemies to human advancement.<\/span><\/p> <p class=Notedefincitation style='margin-bottom:6.0pt'>[<span lang=EN-US>Marcus Garvey: The Philosophy and Opinions of Marcus Garvey, Or, Africa for the Africans, Volume&nbsp;1; New&nbsp;York, Universal Pub.&nbsp;House, <\/span><span lang=DE>1923; p.&nbsp;72.]<\/span><\/p> <\/div> <div id=edn29> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref29\" name=\"_edn29\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[29]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Congr\u00e8s de la 2e&nbsp;Internationale, 1928, r\u00e9solution sur &quot;le probl\u00e8me colonial&quot;.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Un Congr\u00e8s de la 2e&nbsp;Internationale se tient \u00e0 Bruxelles, du&nbsp;5 au&nbsp;11&nbsp;aout 1928. Un des points \u00e0 l&rsquo;ordre du jour porte sur &quot;le probl\u00e8me colonial&quot;. Voici un extrait de la r\u00e9solution correspondante, vot\u00e9e \u00e0 l&rsquo;unanimit\u00e9:<\/p> <p class=Notedefincitation>La politique coloniale a \u00e9t\u00e9 un des moyens par lesquels le capitalisme s&rsquo;est \u00e9tendu sur la terre enti\u00e8re. Elle a ouvert l&rsquo;acc\u00e8s aux tr\u00e9sors naturels des pays arri\u00e9r\u00e9s, d\u00e9velopp\u00e9 chez eux la production et les moyens de transport modernes et ainsi \u00e9norm\u00e9ment \u00e9largi la base des mati\u00e8res premi\u00e8res pour l&rsquo;\u00e9conomie mondiale et aid\u00e9 au d\u00e9veloppement de la division internationale du travail. Mais ce puissant d\u00e9veloppement des forces productives, ce grand progr\u00e8s de la civilisation mat\u00e9rielle a \u00e9t\u00e9 achet\u00e9 au prix de bien des maux : les peuples indig\u00e8nes, livr\u00e9s la plupart du temps \u00e0 une domination \u00e9trang\u00e8re brutale, \u00e0 l&rsquo;exploitation et au pillage \u00e9hont\u00e9s du capital \u00e9tranger, d\u00e9pouill\u00e9s dans bien des cas de la possession de leur sol, et tenus, sous le fouet de ma\u00eetres \u00e9trangers, au travail forc\u00e9. Les profits r\u00e9sultant de l&rsquo;exploitation des tr\u00e9sors naturels des colonies et du travail indig\u00e8ne s&rsquo;\u00e9coulent souvent dans la m\u00e9tropole, emp\u00eachant par l\u00e0 le d\u00e9veloppement des forces naturelles et l&rsquo;organisation de la production moderne dans le pays m\u00eame. D&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9 pourtant, le d\u00e9veloppement de la production et des moyens de transport modernes dans les colonies, a \u00e9t\u00e9 le point de d\u00e9part d&rsquo;une \u00e9volution moderne de l&rsquo;\u00e9tat social et culturel chez les peuples colonis\u00e9s, les rendant ainsi accessibles \u00e0 des id\u00e9es d\u00e9mocratiques, nationales et sociales modernes. Au cours de cette \u00e9volution, les peuples colonis\u00e9s ont atteint des stades de d\u00e9veloppement divers. Des peuples de vieille civilisation ont, d\u00e8s \u00e0 pr\u00e9sent, sous la domination \u00e9trang\u00e8re, d\u00e9pass\u00e9 dans une large mesure leur situation r\u00e9trograde au point de vue technique et social. Il s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9, au sein de ces populations, d&rsquo;importants mouvements nationaux, qui tendent \u00e0 se lib\u00e9rer enti\u00e8rement du joug \u00e9tranger et \u00e0 d\u00e9velopper une vie nationale ind\u00e9pendante. Au p\u00f4le oppos\u00e9 sont des peuples colonis\u00e9s qui se trouvaient, avant la domination \u00e9trang\u00e8re, \u00e0 un stade d&rsquo;\u00e9volution tr\u00e8s primitif, et ne l&rsquo;ont m\u00eame pas encore sensiblement d\u00e9pass\u00e9 sous la domination \u00e9trang\u00e8re. Dans ces pays, les m\u00e9thodes modernes de production et de transport reposent encore exclusivement sur la domination des \u00e9trangers. Sa disparition imm\u00e9diate repr\u00e9senterait non pas encore le progr\u00e8s vers une culture nationale, mais bien la r\u00e9gression \u00e0 une barbarie primitive, non pas encore le d\u00e9veloppement d&rsquo;une d\u00e9mocratie nationale, mais l&rsquo;assujettissement des masses du peuple \u00e0 la domination, soit d&rsquo;une minorit\u00e9 de colons blancs, soit du despotisme indig\u00e8ne, ou \u00e0 une nouvelle \u00e8re capitaliste et de guerres coloniales. Entre ces deux p\u00f4les, les divers peuples colonis\u00e9s se trouvent \u00e0 des degr\u00e9s divers d&rsquo;\u00e9volution. Le socialisme repousse le principe m\u00eame de la domination \u00e9trang\u00e8re \u00e9tablie sur les peuples colonis\u00e9s. Il consid\u00e8re la suppression du syst\u00e8me colonial comme une condition pr\u00e9alable d&rsquo;une communaut\u00e9 internationale des peuples. Il appuie en cons\u00e9quence les aspirations \u00e0 l&rsquo;ind\u00e9pendance des peuples coloniaux qui ont d\u00e8s \u00e0 pr\u00e9sent atteint la condition d&rsquo;une civilisation moderne ind\u00e9pendante et revendique pour eux la compl\u00e8te lib\u00e9ration du joug \u00e9tranger ou, s&rsquo;ils le d\u00e9sirent, l&rsquo;assimilation avec des droits \u00e9gaux \u00e0 ceux des citoyens de la m\u00e9tropole. Il r\u00e9clame, pour les autres peuples colonis\u00e9s qui ne sont pas encore \u00e0 ce stade, une protection efficace contre l&rsquo;oppression et l&rsquo;exploitation, une \u00e9ducation syst\u00e9matique dirig\u00e9e vers la pr\u00e9paration de l&rsquo;ind\u00e9pendance de ces peuples et, en m\u00eame temps, l&rsquo;extension de leur autonomie administrative pouss\u00e9e progressivement jusqu&rsquo;\u00e0 la compl\u00e8te autonomie d\u00e9finitive.<\/p> <p class=Notedefincitation>[Congo &#8211; Le livre blanc du P.S.B; Parti socialiste belge, Institut \u00c9mile Vandervelde, Fondation Louis de Brouckere, 1961; p.&nbsp;15&#8209;16.]<\/p> <\/div> <\/div>\n <!--themify_builder_content-->\n<div id=\"themify_builder_content-1155\" data-postid=\"1155\" class=\"themify_builder_content themify_builder_content-1155 themify_builder tf_clear\">\n    <\/div>\n<!--\/themify_builder_content-->","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[7,9,22],"tags":[],"class_list":["post-1155","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-article-document","category-francais-document","category-ic-congres-6","has-post-title","has-post-date","has-post-category","has-post-tag","has-post-comment","has-post-author",""],"builder_content":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1155"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1155"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1155\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1155"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1155"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1155"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}