{"id":1157,"date":"2024-12-04T23:44:39","date_gmt":"2024-12-04T22:44:39","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/?p=1157"},"modified":"2024-12-09T23:43:41","modified_gmt":"2024-12-09T22:43:41","slug":"ic-1928-07-09-6e-programme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/ic-1928-07-09-6e-programme\/","title":{"rendered":"6e Congr\u00e8s de l&rsquo;IC (juillet-septembre 1928) &#8211; Programme de l&rsquo;IC"},"content":{"rendered":"<div class=WordSection1> <p class=Texte align=left style='margin-bottom:0cm;margin-bottom:.0001pt; text-align:left;text-indent:0cm;line-height:3.0pt'><span style='font-size:3.0pt; color:white'><!--more --><\/span><\/p><p class=rocmlIntertitre2art style='margin-top:0cm'><\/p> <div align=center> <table class=MsoTableGrid border=1 cellspacing=0 cellpadding=0 style='border-collapse:collapse;border:none'> <tr> <td width=756 nowrap valign=top style='width:16.0cm;border:solid windowtext 1.0pt; border-bottom:none;padding:5.65pt 14.2pt 5.65pt 14.2pt'> <p class=Intertitre2 style='margin:0cm;margin-bottom:.0001pt'><span style='color:#E36C0A'>6e Congr\u00e8s de l&rsquo;Internationale communiste<br> (17 juillet &#8211; 1er septembre 1928)<\/span><\/p> <\/td> <\/tr> <tr> <td width=756 nowrap valign=top style='width:16.0cm;border-top:none; border-left:solid windowtext 1.0pt;border-bottom:none;border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:5.65pt 14.2pt 5.65pt 14.2pt'> <p class=Intertitre2 style='margin:0cm;margin-bottom:.0001pt;page-break-after: auto'>Programme de l&rsquo;Internationale communiste<\/p> <\/td> <\/tr> <tr> <td width=756 nowrap valign=top style='width:16.0cm;border:solid windowtext 1.0pt; border-top:none;padding:5.65pt 14.2pt 5.65pt 14.2pt'> <p class=Intertitre2a style='margin:0cm;margin-bottom:.0001pt;line-height: 12.0pt'><span style='font-size:11.0pt'>1er septembre 1928<\/span><\/p> <\/td> <\/tr> <tr> <td width=756 valign=top style='width:16.0cm;border:solid windowtext 1.0pt; border-top:none;padding:5.65pt 14.2pt 5.65pt 14.2pt'> <p class=Texte align=left style='margin-bottom:0cm;margin-bottom:.0001pt; text-align:left;text-indent:0cm;line-height:12.0pt'><span style='font-size: 11.0pt'>Source&nbsp;:<br> <i>La Correspondance internationale<\/i>, organe de l&rsquo;Internationale Communiste, n\u00b0&nbsp;141, 23&nbsp;novembre 1928.<\/span><\/p> <p class=Texte align=left style='margin-bottom:0cm;margin-bottom:.0001pt; text-align:left;text-indent:0cm;line-height:12.0pt'><span style='font-size: 11.0pt'>[Nous reproduisons ce texte avec l\u2019accord du responsable du site <i>321ignition.free.fr<\/i>]<\/span><\/p> <\/td> <\/tr> <\/table> <\/div> <p class=MsoNormal align=center style='text-align:center'>&nbsp;<\/p> <p class=rocmlDebutart>Programme de l&rsquo;Internationale communiste <br> (Adopt\u00e9 par le 6e&nbsp;Congr\u00e8s mondial &#8722; le 1er&nbsp;septembre 1928 \u00e0 Moscou)<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;\u00e9poque de l&rsquo;imp\u00e9rialisme est celle du capitalisme mourant. La guerre mondiale de 1914&#8209;1918 et la crise g\u00e9n\u00e9rale du capitalisme qu&rsquo;elle a d\u00e9cha\u00een\u00e9e furent le r\u00e9sultat d&rsquo;une profonde contradiction entre le d\u00e9veloppement des forces productives de l&rsquo;\u00e9conomie mondiale et les fronti\u00e8res des \u00c9tats. Elles ont montr\u00e9 et prouv\u00e9 que les conditions mat\u00e9rielles du socialisme au sein de la soci\u00e9t\u00e9 capitaliste sont d\u00e9j\u00e0 m\u00fbres et que, l&rsquo;enveloppe capitaliste de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e9tant devenue un obstacle intol\u00e9rable au d\u00e9veloppement ult\u00e9rieur de l&rsquo;humanit\u00e9, l&rsquo;histoire a mis \u00e0 l&rsquo;ordre du jour le renversement du joug capitaliste par la r\u00e9volution.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;imp\u00e9rialisme soumet les innombrables masses prol\u00e9tariennes de tous les pays &#8209;&nbsp;dans les m\u00e9tropoles de la puissance capitaliste comme dans les coins les plus recul\u00e9s du monde colonial&nbsp;&#8209; \u00e0 la dictature d&rsquo;une ploutocratie capitaliste financi\u00e8re. L&rsquo;imp\u00e9rialisme met \u00e0 nu et approfondit avec la force d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments d\u00e9cha\u00een\u00e9s toutes les contradictions de la soci\u00e9t\u00e9 capitaliste, d\u00e9veloppe \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame l&rsquo;oppression des classes, aiguise au plus haut degr\u00e9 la lutte entre les \u00c9tats capitalistes, engendre l&rsquo;in\u00e9luctabilit\u00e9 des guerres imp\u00e9rialistes mondiales qui \u00e9branlent tout le syst\u00e8me des rapports existants et achemine la soci\u00e9t\u00e9, avec une irr\u00e9sistible n\u00e9cessit\u00e9, vers la r\u00e9volution prol\u00e9tarienne mondiale.<\/p> <p class=Texte>Encha\u00eenant l&rsquo;univers dans les liens du capital financier, contraignant, par le sang, par le fer et par la faim, les prol\u00e9taires de tous les pays, de toutes les nationalit\u00e9s et de toutes les races \u00e0 se courber sous son joug, aggravant formidablement l&rsquo;exploitation, l&rsquo;oppression et l&rsquo;asservissement du prol\u00e9tariat qu&rsquo;il met devant la t\u00e2che imm\u00e9diate de conqu\u00e9rir le pouvoir, l&rsquo;imp\u00e9rialisme cr\u00e9e la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;une \u00e9troite coh\u00e9rence des ouvriers en une arm\u00e9e internationale unique des prol\u00e9taires de tous les pays, form\u00e9e ind\u00e9pendamment des fronti\u00e8res d&rsquo;\u00c9tats, des diff\u00e9rences de nationalit\u00e9, de culture, de langue, de race, de sexe et de profession. L&rsquo;imp\u00e9rialisme, en d\u00e9veloppant et en achevant ainsi la cr\u00e9ation des conditions mat\u00e9rielles du socialisme, place le prol\u00e9tariat en face de la n\u00e9cessit\u00e9 de s&rsquo;organiser en une association ouvri\u00e8re internationale de combat et assure, par l\u00e0, la coh\u00e9sion de l&rsquo;arm\u00e9e de ses propres fossoyeurs.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;imp\u00e9rialisme d\u00e9tache, d&rsquo;autre part, la partie la plus ais\u00e9e de la classe ouvri\u00e8re des grandes masses. Cette \u201caristocratie\u201d ouvri\u00e8re, corrompue par l&rsquo;imp\u00e9rialisme, qui constitue les cadres dirigeants des Partis social-d\u00e9mocrates, int\u00e9ress\u00e9e au pillage imp\u00e9rialiste des colonies, d\u00e9vou\u00e9e \u00e0 \u201csa\u201d bourgeoisie et \u00e0 \u201cson\u201d \u00c9tat imp\u00e9rialiste, se trouva, \u00e0 l&rsquo;heure des batailles d\u00e9cisives, aux c\u00f4t\u00e9s de l&rsquo;ennemi de classe du prol\u00e9tariat. La scission du mouvement socialiste provoqu\u00e9e par cette trahison de&nbsp;1914 et les trahisons ult\u00e9rieures des Partis social-d\u00e9mocrates, devenus en fait des partis ouvriers bourgeois, ont prouv\u00e9 que le prol\u00e9tariat mondial ne peut remplir sa mission historique &#8209;&nbsp;briser le joug de l&rsquo;imp\u00e9rialisme et conqu\u00e9rir la dictature prol\u00e9tarienne&nbsp;&#8209; que par une lutte implacable contre la social-d\u00e9mocratie. L&rsquo;organisation des forces de la r\u00e9volution internationale n&rsquo;est donc possible que sur la plate&#8209;forme du communisme. \u00c0 la Deuxi\u00e8me Internationale<a href=\"#_edn1\" name=\"_ednref1\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[1]<\/span><\/span><\/span><\/a> opportuniste de la social-d\u00e9mocratie, devenue l&rsquo;agent des imp\u00e9rialistes au sein de la classe ouvri\u00e8re, s&rsquo;oppose in\u00e9luctablement la Troisi\u00e8me, l&rsquo;Internationale communiste, organisation universelle de la classe ouvri\u00e8re, incarnant l&rsquo;unit\u00e9 authentique des ouvriers r\u00e9volutionnaires de tous les pays.<\/p> <p class=Texte>La guerre de 1914&#8209;1918 provoqua les premi\u00e8res tentatives de cr\u00e9er une nouvelle Internationale r\u00e9volutionnaire comme contrepoids de la Deuxi\u00e8me Internationale social-chauvine et comme instrument de r\u00e9sistance \u00e0 l&rsquo;imp\u00e9rialisme guerrier (<span lang=DE>Zimmerwald, Kienthal<\/span>). La victoire de la r\u00e9volution prol\u00e9tarienne en Russie donna l&rsquo;impulsion \u00e0 la constitution de Partis communistes dans les m\u00e9tropoles capitalistes et dans les colonies. En&nbsp;1919, fut fond\u00e9e l&rsquo;Internationale communiste qui, pour la premi\u00e8re fois dans l&rsquo;histoire, unit effectivement dans la lutte r\u00e9volutionnaire des \u00e9l\u00e9ments avanc\u00e9s du prol\u00e9tariat d&rsquo;Europe et d&rsquo;Am\u00e9rique aux prol\u00e9taires de Chine et des Indes, aux travailleurs n\u00e8gres d&rsquo;Afrique et d&rsquo;Am\u00e9rique.<\/p> <p class=Texte>Parti international unique et centralis\u00e9 du prol\u00e9tariat, l&rsquo;Internationale communiste est la seule continuatrice des principes de la Premi\u00e8re Internationale appliqu\u00e9s sur la base nouvelle d&rsquo;un mouvement prol\u00e9tarien r\u00e9volutionnaire de masses. L&rsquo;exp\u00e9rience de la premi\u00e8re guerre imp\u00e9rialiste, de la crise r\u00e9volutionnaire du capitalisme qui lui a succ\u00e9d\u00e9 et des r\u00e9volutions de l&rsquo;Europe et des pays coloniaux, l&rsquo;exp\u00e9rience de la dictature du prol\u00e9tariat et de l&rsquo;\u00e9dification du socialisme en U.R.S.S., l&rsquo;exp\u00e9rience du travail de toutes les sections de l&rsquo;Internationale communiste, fix\u00e9e dans les d\u00e9cisions de ses congr\u00e8s, et enfin, l&rsquo;internationalisation de plus en plus grande de la lutte entre la bourgeoisie imp\u00e9rialiste et le prol\u00e9tariat, rendent indispensable l&rsquo;\u00e9laboration d&rsquo;un programme de l&rsquo;Internationale communiste, unique et commun \u00e0 toutes ses sections. Le programme de l&rsquo;IC r\u00e9alise ainsi la plus haute synth\u00e8se critique de l&rsquo;exp\u00e9rience du mouvement r\u00e9volutionnaire international du prol\u00e9tariat, il est un programme de lutte pour la dictature mondiale du prol\u00e9tariat, un programme de lutte pour le communisme mondial.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;Internationale communiste, qui unit les ouvriers r\u00e9volutionnaires et entra\u00eene des millions d&rsquo;opprim\u00e9s et d&rsquo;exploit\u00e9s contre la bourgeoisie et ses agents \u201csocialistes\u201d, se consid\u00e8re comme la continuatrice historique de la \u201cLigue des communistes\u201d et de la Premi\u00e8re Internationale qui furent sous la direction imm\u00e9diate de Karl Marx, et comme l&rsquo;h\u00e9riti\u00e8re des meilleures traditions d&rsquo;avant-guerre de la Deuxi\u00e8me Internationale. La Premi\u00e8re Internationale jeta les bases doctrinales de la lutte internationale du prol\u00e9tariat pour le socialisme. La Deuxi\u00e8me Internationale, dans sa meilleure \u00e9poque, pr\u00e9para le terrain \u00e0 une large expansion du mouvement ouvrier parmi les masses. La Troisi\u00e8me Internationale Communiste, continuant l&rsquo;oeuvre de la Premi\u00e8re Internationale et recueillant les fruits des travaux de la Deuxi\u00e8me, en a r\u00e9solument rejet\u00e9 l&rsquo;opportunisme, le social-chauvinisme, la d\u00e9formation bourgeoise du socialisme, et a commenc\u00e9 \u00e0 r\u00e9aliser la dictature du prol\u00e9tariat. L&rsquo;Internationale communiste continue par cela les traditions h\u00e9ro\u00efques et glorieuses du mouvement ouvrier international: celles des chartistes anglais et des insurg\u00e9s fran\u00e7ais de&nbsp;1830, celles des ouvriers r\u00e9volutionnaires fran\u00e7ais et allemands de&nbsp;1848; celles des combattants immortels et des martyrs de la Commune de Paris; celles des soldats valeureux des r\u00e9volutions allemande, hongroise et finlandaise; celles des ouvriers courb\u00e9s nagu\u00e8re sous le despotisme des tsars et devenus des r\u00e9alisateurs victorieux de la dictature du prol\u00e9tariat; celles des prol\u00e9taires chinois, h\u00e9ros de Canton et de Shanghai.<\/p> <p class=Texte>S&rsquo;inspirant de l&rsquo;exp\u00e9rience historique du mouvement ouvrier r\u00e9volutionnaire de tous les continents et de tous les peuples, l&rsquo;Internationale communiste se place enti\u00e8rement et sans r\u00e9serves, dans son activit\u00e9 th\u00e9orique et pratique, sur le terrain du marxisme r\u00e9volutionnaire dont le l\u00e9ninisme &#8209;&nbsp;qui n&rsquo;est pas autre chose que le marxisme de l&rsquo;\u00e9poque de l&rsquo;imp\u00e9rialisme et des r\u00e9volutions prol\u00e9tariennes&nbsp;&#8209; est le d\u00e9veloppement ult\u00e9rieur.<\/p> <p class=Texte>En d\u00e9fendant et en propageant le mat\u00e9rialisme dialectique de Marx et d&rsquo;Engels, en l&rsquo;appliquant comme la m\u00e9thode r\u00e9volutionnaire de connaissance de la r\u00e9alit\u00e9 dans un but de transformation r\u00e9volutionnaire de cette derni\u00e8re, l&rsquo;Internationale communiste combat activement toutes les vari\u00e9t\u00e9s de la pens\u00e9e bourgeoise et de l&rsquo;opportunisme th\u00e9orique et pratique. Demeurant sur le terrain de la lutte de classe prol\u00e9tarienne cons\u00e9quente, subordonnant les int\u00e9r\u00eats passagers, partiels, corporatifs et nationaux du prol\u00e9tariat \u00e0 ses int\u00e9r\u00eats permanents, g\u00e9n\u00e9raux et internationaux, l&rsquo;Internationale communiste d\u00e9masque impitoyablement, quels qu&rsquo;en soient les aspects, la doctrine de la \u201cpaix sociale\u201d emprunt\u00e9e par les r\u00e9formistes \u00e0 la bourgeoise. Exprimant la n\u00e9cessit\u00e9 historique de l&rsquo;organisation internationale des prol\u00e9tariens r\u00e9volutionnaires, fossoyeurs du syst\u00e8me capitaliste, l&rsquo;Internationale communiste est l&rsquo;unique force internationale qui ait pour programme la dictature du prol\u00e9tariat et le communisme et qui agisse au grand jour comme organisatrice de la r\u00e9volution prol\u00e9tarienne mondiale.<\/p> <p class=Intertitre1a>I.&nbsp;Le syst\u00e8me mondial du capitalisme, son d\u00e9veloppement et sa ruine in\u00e9vitable<\/p> <h2>1.&nbsp;Les lois g\u00e9n\u00e9rales du d\u00e9veloppement du capitalisme et l&rsquo;\u00e9poque du capital industriel<\/h2> <p class=Texte>La soci\u00e9t\u00e9 capitaliste, fond\u00e9e sur le d\u00e9veloppement de la production des marchandises, est caract\u00e9ris\u00e9e par le monopole de la classe des capitalistes et des gros propri\u00e9taires fonciers sur les moyens de production les plus importants et d\u00e9cisifs, par l&rsquo;exploitation de la main&#8209;d&rsquo;oeuvre salari\u00e9e de la classe des prol\u00e9taires, priv\u00e9s des moyens de production et oblig\u00e9s de vendre leur force de travail, par la production des marchandises en vue d&rsquo;en retirer des profits, par l&rsquo;absence de plan et l&rsquo;anarchie qui r\u00e9sulte de ces diverses causes dans l&rsquo;ensemble du proc\u00e8s de la production. Les rapports sociaux d&rsquo;exploitation et la domination \u00e9conomique de la bourgeoisie trouvent leur expression politique dans l&rsquo;organisation de l&rsquo;\u00c9tat capitaliste, appareil de coercition contre le prol\u00e9tariat.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;histoire du capitalisme confirme enti\u00e8rement la doctrine de Marx sur les lois du d\u00e9veloppement de la soci\u00e9t\u00e9 capitaliste et sur les contradictions inh\u00e9rentes \u00e0 ce d\u00e9veloppement, qui m\u00e8nent le syst\u00e8me capitaliste \u00e0 sa perte in\u00e9luctable.<\/p> <p class=Texte>La bourgeoisie fut contrainte, dans sa course aux profits, de d\u00e9velopper, dans des proportions toujours croissantes, les forces productives, de renforcer et d&rsquo;\u00e9tendre la domination des rapports capitalistes de production. Le d\u00e9veloppement du capitalisme, pour cette raison, reproduisit constamment sur une base \u00e9largie toutes les contradictions internes du syst\u00e8me, avant tout, la contradiction d\u00e9cisive existant entre le caract\u00e8re social du travail et le caract\u00e8re priv\u00e9 de l&rsquo;appropriation, entre la croissance des forces productives et les rapports capitalistes de propri\u00e9t\u00e9. La propri\u00e9t\u00e9 des moyens de production et le fonctionnement spontan\u00e9 et anarchique de la production elle&#8209;m\u00eame provoqu\u00e8rent la rupture de l&rsquo;\u00e9quilibre \u00e9conomique entre les diff\u00e9rentes branches de la production, par suite du d\u00e9veloppement de la contradiction entre la tendance de la production \u00e0 une extension illimit\u00e9e et la consommation limit\u00e9e des masses prol\u00e9tariennes (surproduction g\u00e9n\u00e9rale), ce qui entra\u00eena des crises p\u00e9riodiques d\u00e9vastatrices et livra des masses de prol\u00e9taires au ch\u00f4mage. La domination de la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e s&rsquo;exprima par une concurrence sans cesse croissante, aussi bien \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de chaque pays capitaliste que sur le march\u00e9 mondial. Cette derni\u00e8re forme de rivalit\u00e9 entre capitalistes eut pour cons\u00e9quence les guerres qui accompagnent in\u00e9vitablement le d\u00e9veloppement capitaliste.<\/p> <p class=Texte>Les avantages techniques et \u00e9conomiques de la grande production provoqu\u00e8rent, d&rsquo;autre part, par le jeu de la concurrence, l&rsquo;\u00e9limination et la destruction des formes pr\u00e9capitalistes de l&rsquo;\u00e9conomie, une concentration et une centralisation croissante du capital. Dans l&rsquo;industrie, cette loi de concentration et de centralisation se manifesta avant tout par le d\u00e9p\u00e9rissement de la petite production ou par sa r\u00e9duction au r\u00f4le d&rsquo;auxiliaire subordonn\u00e9 des grandes entreprises. Dans l&rsquo;agriculture, dont le d\u00e9veloppement est n\u00e9cessairement retardataire par suite du monopole de la propri\u00e9t\u00e9 du sol et de la rente absolue, cette loi s&rsquo;exprima non seulement par la diff\u00e9renciation de la paysannerie et la prol\u00e9tarisation de larges couches de paysans, mais encore et surtout par des formes visibles ou voil\u00e9es de la domination du gros capital sur la petite \u00e9conomie rurale qui, dans ce cas, ne peut conserver une apparence d&rsquo;ind\u00e9pendance qu&rsquo;au prix d&rsquo;une extr\u00eame intensit\u00e9 du travail et d&rsquo;une sous-consommation syst\u00e9matique.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;utilisation croissante des machines, le perfectionnement constant de la technique et, sur cette base, la croissance incessante de la composition organique du capital accompagn\u00e9es de la division croissante du travail, de l&rsquo;augmentation de son rendement et de son intensit\u00e9, signifiaient \u00e9galement un emploi plus large de la main&#8209;d&rsquo;oeuvre f\u00e9minine et enfantine et la formation d&rsquo;\u00e9normes arm\u00e9es industrielles de r\u00e9serve, sans cesse grossies par les paysans prol\u00e9taris\u00e9s, \u00e9vinc\u00e9s des campagnes, et par la petite et moyenne bourgeoisie ruin\u00e9e des villes. \u00c0 l&rsquo;un des p\u00f4les des rapports sociaux, formation de masses consid\u00e9rables de prol\u00e9taires, intensification continue de l&rsquo;exploitation de la classe ouvri\u00e8re, reproduction sur une base \u00e9largie des contradictions profondes du capitalisme et de leurs cons\u00e9quences (crises, guerres, etc.), augmentation constante de l&rsquo;in\u00e9galit\u00e9 sociale, croissance de l&rsquo;indignation du prol\u00e9tariat rassembl\u00e9 et \u00e9duqu\u00e9 par le m\u00e9canisme m\u00eame de la production capitaliste, tout cela sape infailliblement les bases du capitalisme et rapproche le moment de son \u00e9croulement.<\/p> <p class=Texte>Un profond bouleversement se produisit en m\u00eame temps dans tout l&rsquo;ordre moral et culturel de la soci\u00e9t\u00e9 capitaliste: d\u00e9composition parasitaire des groupes de rentiers de la bourgeoisie, dissolution de la famille, exprimant la contradiction croissante entre la participation en masse des femmes \u00e0 la production sociale et les formes de la famille et de la vie domestique h\u00e9rit\u00e9es dans une large mesure des \u00e9poques \u00e9conomiques ant\u00e9rieures; d\u00e9veloppement monstrueux des grandes villes et m\u00e9diocrit\u00e9 de la vie rurale par suite de la division et de la sp\u00e9cialisation du travail; appauvrissement et d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence de la vie intellectuelle et de la culture g\u00e9n\u00e9rale; incapacit\u00e9 de la bourgeoisie de cr\u00e9er, en d\u00e9pit des grands progr\u00e8s des sciences naturelles, une synth\u00e8se philosophique scientifique du monde; d\u00e9veloppement des superstitions id\u00e9alistes, mystiques et religieuses; tous ces ph\u00e9nom\u00e8nes signalent l&rsquo;approche de la fin historique du syst\u00e8me capitaliste.<\/p> <p class=Intertitre2a>2.&nbsp;L&rsquo;\u00e9poque du capital financier (imp\u00e9rialisme)<\/p> <p class=Texte>La p\u00e9riode du capitalisme industriel fut, en g\u00e9n\u00e9ral, une p\u00e9riode de \u201clibre concurrence\u201d pendant laquelle le capitalisme \u00e9volua avec une certaine r\u00e9gularit\u00e9 et se r\u00e9pandit sur tout le globe par le partage des colonies encore libres, conquises par la force des armes, le poids des contradictions internes du capitalisme sans cesse croissantes retombant principalement sur la p\u00e9riph\u00e9rie coloniale opprim\u00e9e, terroris\u00e9e et syst\u00e9matiquement ran\u00e7onn\u00e9e.<\/p> <p class=Texte>Cette p\u00e9riode fit place, vers le d\u00e9but du 20e&nbsp;si\u00e8cle, \u00e0 celle de l&rsquo;imp\u00e9rialisme, caract\u00e9ris\u00e9e par le d\u00e9veloppement du capitalisme par sauts brusques et par conflits, la libre concurrence c\u00e9dant rapidement le pas au monopole, les terres coloniales nagu\u00e8re \u201clibres\u201d \u00e9tant d\u00e9j\u00e0 partag\u00e9es et la lutte pour un nouveau partage des colonies et des sph\u00e8res d&rsquo;influence commen\u00e7ant \u00e0 prendre in\u00e9vitablement et en premier lieu la forme de la lutte arm\u00e9e.<\/p> <p class=Texte>Les contradictions du capitalisme acquirent ainsi toute leur ampleur mondiale et leur expression la plus nette \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de l&rsquo;imp\u00e9rialisme (capitalisme financier), qui repr\u00e9sente une nouvelle forme historique du capitalisme lui-m\u00eame, un rapport nouveau entre les diff\u00e9rentes parties de l&rsquo;\u00e9conomie capitaliste mondiale et une modification des rapports entre les classes fondamentales de la soci\u00e9t\u00e9 capitaliste.<\/p> <p class=Texte>Cette nouvelle p\u00e9riode historique r\u00e9sulte de l&rsquo;action des lois essentielles du d\u00e9veloppement de la soci\u00e9t\u00e9 capitaliste. Elle m\u00fbrit avec le d\u00e9veloppement du capitalisme industriel, en est la continuation historique. Elle accentua la manifestation des tendances fondamentales et des lois du mouvement de la soci\u00e9t\u00e9 capitaliste, ses contradictions et ses antagonismes fondamentaux. La loi de concentration et de la centralisation du capital aboutit \u00e0 la formation de puissants groupements monopolistes (cartels, syndicats, trusts), \u00e0 une nouvelle forme d&rsquo;entreprises g\u00e9antes combin\u00e9es, li\u00e9es en un seul faisceau par les banques. La fusion du capital industriel et du capital bancaire, l&rsquo;entr\u00e9e de la grande propri\u00e9t\u00e9 fonci\u00e8re dans le syst\u00e8me g\u00e9n\u00e9ral du capitalisme d\u00e9sormais caract\u00e9ris\u00e9 par les monopoles, transform\u00e8rent la p\u00e9riode du capital industriel en celle du capital financier. La \u201clibre concurrence\u201d du capitalisme industriel, qui rempla\u00e7a autrefois le monopole f\u00e9odal et le monopole du capital commercial, se transforma elle&#8209;m\u00eame en monopole du capital financier. Les monopoles capitalistes, issus de la libre concurrence, ne la suppriment cependant pas, mais la dominent ou coexistent avec elle, provoquant ainsi des contradictions, des heurts et des conflits d&rsquo;une acuit\u00e9 et d&rsquo;une gravit\u00e9 particuli\u00e8res.<\/p> <p class=Texte>L&#8217;emploi grandissant de machines compliqu\u00e9es, des proc\u00e9d\u00e9s chimiques et de l&rsquo;\u00e9nergie \u00e9lectrique, la croissance de la composition organique du capital sur cette base et la chute du taux du profit qui en est la cons\u00e9quence &#8209;&nbsp;et qui n&rsquo;est enray\u00e9e qu&rsquo;en partie, en faveur des plus grandes associations monopolistes, par la politique des hauts prix des cartels&nbsp;&#8209; provoquent la continuation de la course aux surprofits coloniaux et la lutte pour un nouveau partage du monde. La production en masse, standardis\u00e9e, exige de nouveaux d\u00e9bouch\u00e9s ext\u00e9rieurs. La demande croissante de mati\u00e8res premi\u00e8res et de combustibles provoque d&rsquo;\u00e2pres rivalit\u00e9s pour en accaparer les sources. Enfin, le haut protectionnisme, emp\u00eachant l&rsquo;exportation des marchandises et assurant un surprofit au capital export\u00e9, cr\u00e9e des stimulants compl\u00e9mentaires \u00e0 l&rsquo;exportation des capitaux qui devient la forme d\u00e9cisive et sp\u00e9cifique de la liaison \u00e9conomique entre les diff\u00e9rentes parties de l&rsquo;\u00e9conomie capitaliste mondiale. En r\u00e9sum\u00e9, la possession monopolis\u00e9e des d\u00e9bouch\u00e9s coloniaux, des sources de mati\u00e8res premi\u00e8res et des sph\u00e8res d&rsquo;investissements de capitaux, accro\u00eet d&rsquo;une mani\u00e8re extr\u00eamement rapide l&rsquo;in\u00e9galit\u00e9 du d\u00e9veloppement capitaliste et aggrave, entre les \u201cgrandes puissances\u201d du capital financier, les conflits pour un nouveau partage des colonies des sph\u00e8res d&rsquo;influence.<\/p> <p class=Texte>La croissance des forces productives de l&rsquo;\u00e9conomie mondiale conduit donc \u00e0 une plus grande internationalisation de la vie \u00e9conomique et, en m\u00eame temps, \u00e0 la lutte pour un nouveau partage du monde, d\u00e9j\u00e0 partag\u00e9 entre les grands \u00c9tats du capital financier; elle provoque aussi un changement et une aggravation des formes de cette lutte: le remplacement de plus en plus fr\u00e9quent de la concurrence au moyen de la baisse des prix, par appel direct \u00e0 la force (boycottage, haut protectionnisme, guerres douani\u00e8res, guerres au sens propre du mot, etc.). Le capitalisme, sous sa forme monopoliste, est, par cons\u00e9quent, accompagn\u00e9 de guerres imp\u00e9rialistes in\u00e9vitables, qui, par leur ampleur et la puissance destructive de la technique employ\u00e9e, n&rsquo;ont pas de pr\u00e9c\u00e9dent dans l&rsquo;histoire du monde.<\/p> <p class=Intertitre2a>3.&nbsp;Les forces de l&rsquo;imp\u00e9rialisme et les forces de la r\u00e9volution<\/p> <p class=Texte>La forme imp\u00e9rialiste du capitalisme qui exprime la tendance \u00e0 la coh\u00e9sion des diverses factions de la classe dominante, oppose les grandes masses du prol\u00e9tariat non \u00e0 un patron isol\u00e9, mais, de plus en plus, \u00e0 la classe enti\u00e8re des capitalistes et \u00e0 son \u00c9tat. D&rsquo;autre part, cette forme de capitalisme brise les fronti\u00e8res des \u00c9tats nationaux devenues trop \u00e9troites et \u00e9largit les cadres du pouvoir capitaliste des grandes puissances, opposant \u00e0 ce pouvoir les millions d&rsquo;hommes des nationalit\u00e9s opprim\u00e9es, des \u201cpetites\u201d nations et des peuples coloniaux. Enfin, cette forme de capitalisme oppose avec plus d&rsquo;acuit\u00e9 les \u00c9tats imp\u00e9rialistes les uns aux autres.<\/p> <p class=Texte>Dans cet \u00e9tat de choses, le pouvoir politique acquiert pour la bourgeoisie une importance particuli\u00e8re, il devient la dictature d&rsquo;une oligarchie financi\u00e8re et capitaliste, l&rsquo;expression de sa puissance concentr\u00e9e. Les fonctions de cet \u00c9tat imp\u00e9rialiste qui comprend de nombreuses nationalit\u00e9s, se d\u00e9veloppent dans tous les sens. Le d\u00e9veloppement des formes de capitalisme d&rsquo;\u00c9tat facilite \u00e0 la fois la lutte sur les march\u00e9s ext\u00e9rieurs (mobilisation militaire de l&rsquo;\u00e9conomie) et la lutte contre la classe ouvri\u00e8re. Le d\u00e9veloppement monstrueux \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame du militarisme (arm\u00e9e, flottes a\u00e9rienne et navale, armes chimiques et bact\u00e9riologiques), la pression croissante de l&rsquo;\u00c9tat imp\u00e9rialiste sur la classe ouvri\u00e8re (exploitation accrue et r\u00e9pression directe, d&rsquo;une part, corruption syst\u00e9matique de la bureaucratie r\u00e9formiste dirigeante, de l&rsquo;autre), expriment l&rsquo;\u00e9norme accroissement du r\u00f4le de l&rsquo;\u00c9tat. Dans ces conditions, toute action plus ou moins importante du prol\u00e9tariat se transforme en une action contre l&rsquo;\u00c9tat, c&rsquo;est&#8209;\u00e0&#8209;dire en une action politique.<\/p> <p class=Texte>Ainsi, le d\u00e9veloppement du capitalisme et, plus particuli\u00e8rement, l&rsquo;\u00e9poque imp\u00e9rialiste reproduisent les contradictions fondamentales du capitalisme \u00e0 une \u00e9chelle de plus en plus consid\u00e9rable. La concurrence entre petits capitalistes ne cesse que pour faire place \u00e0 la concurrence entre grands capitalistes; lorsque celle&#8209;ci se calme, se d\u00e9cha\u00eene la concurrence entre les formidables coalitions des magnats du Capital et de leurs \u00c9tats; les crises locales et nationales s&rsquo;\u00e9tendent \u00e0 divers pays et finissent par embrasser le monde entier; les guerres locales font place aux guerres de coalitions et aux guerres mondiales; la lutte de classes passe de l&rsquo;action isol\u00e9e de certains groupes d&rsquo;ouvriers, \u00e0 des luttes nationales, puis \u00e0 la lutte internationale du prol\u00e9tariat mondial contre la bourgeoisie mondiale. Enfin, se dressent et s&rsquo;organisent contre les forces du capital financier puissamment organis\u00e9, deux grandes forces r\u00e9volutionnaires: d&rsquo;une part, les ouvriers des \u00c9tats capitalistes et, de l&rsquo;autre, les masses populaires des colonies ploy\u00e9es sous le joug du capital \u00e9tranger, mais luttant sous la direction et l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie du mouvement r\u00e9volutionnaire prol\u00e9tarien international.<\/p> <p class=Texte>Cette tendance r\u00e9volutionnaire fondamentale est cependant temporairement paralys\u00e9e par la corruption de certains \u00e9l\u00e9ments du prol\u00e9tariat europ\u00e9en, nord&#8209;am\u00e9ricain et japonais, acquis \u00e0 la bourgeoisie imp\u00e9rialiste et par la trahison de la bourgeoisie nationale des pays coloniaux et semi&#8209;coloniaux effray\u00e9e par le mouvement r\u00e9volutionnaire des masses. La bourgeoisie des grandes puissances imp\u00e9rialistes recevant un profit suppl\u00e9mentaire, tant en raison de sa position sur le march\u00e9 mondial en g\u00e9n\u00e9ral (technique plus d\u00e9velopp\u00e9e, exportation des capitaux, dans les pays o\u00f9 le taux du profit est plus \u00e9lev\u00e9, etc.) qu&rsquo;en raison du pillage des colonies et des semi&#8209;colonies, a pu \u00e9lever, gr\u00e2ce \u00e0 ces surprofits, les salaires d&rsquo;une partie de \u201cses\u201d ouvriers, les int\u00e9ressant ainsi au d\u00e9veloppement du capitalisme de leur \u201cpatrie\u201d, au pillage des colonies et \u00e0 la fid\u00e9lit\u00e9 envers l&rsquo;\u00c9tat imp\u00e9rialiste. Cette corruption syst\u00e9matique s&rsquo;est particuli\u00e8rement manifest\u00e9e et se manifeste encore sur une large \u00e9chelle dans les pays imp\u00e9rialistes les plus puissants; elle trouve son expression la plus \u00e9clatante dans l&rsquo;id\u00e9ologie et l&rsquo;action de l&rsquo;aristocratie ouvri\u00e8re et des couches bureaucratiques de la classe ouvri\u00e8re, c&rsquo;est-\u00e0-dire des cadres dirigeants de la social-d\u00e9mocratie et des syndicats qui se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9s les agents directs de l&rsquo;influence bourgeoise au sein du prol\u00e9tariat et les meilleurs soutiens du r\u00e9gime capitaliste.<\/p> <p class=Texte>Mais, apr\u00e8s avoir d\u00e9velopp\u00e9 l&rsquo;aristocratie corrompue de la classe ouvri\u00e8re, l&rsquo;imp\u00e9rialisme en d\u00e9truit en fin de compte l&rsquo;influence sur le prol\u00e9tariat, dans la mesure o\u00f9 l&rsquo;accentuation des contradictions du r\u00e9gime, l&rsquo;aggravation des conditions d&rsquo;existence et le ch\u00f4mage de grandes masses ouvri\u00e8res, les d\u00e9penses et les charges \u00e9normes provoqu\u00e9es par les conflits arm\u00e9s, la perte par certaines puissances des monopoles qu&rsquo;elles d\u00e9tenaient sur le march\u00e9 mondial, la s\u00e9paration des colonies, etc., \u00e9branlent dans les masses la base du social-imp\u00e9rialisme. De m\u00eame, la corruption syst\u00e9matique de diverses couches de la bourgeoisie des colonies et des semi&#8209;colonies, leur trahison du mouvement national-r\u00e9volutionnaire et leur rapprochement avec les puissances imp\u00e9rialistes ne paralysent que temporairement le d\u00e9veloppement de la crise r\u00e9volutionnaire. Ce proc\u00e8s m\u00e8ne, en fin de compte, au renforcement de l&rsquo;oppression imp\u00e9rialiste, \u00e0 l&rsquo;affaiblissement de l&rsquo;influence de la bourgeoisie nationale sur les masses populaires, \u00e0 l&rsquo;aggravation de la crise r\u00e9volutionnaire, au d\u00e9cha\u00eenement de la r\u00e9volution agraire des grandes masses paysannes et \u00e0 la cr\u00e9ation de conditions favorables \u00e0 l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie du prol\u00e9tariat des pays coloniaux et d\u00e9pendants dans la lutte des masses populaires, pour l&rsquo;ind\u00e9pendance et pour une compl\u00e8te lib\u00e9ration nationale.<\/p> <p class=Intertitre2a>4.&nbsp;L&rsquo;imp\u00e9rialisme et la chute du capitalisme<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;imp\u00e9rialisme a port\u00e9 les forces productives du capitalisme mondial \u00e0 un haut degr\u00e9 de d\u00e9veloppement. Il a achev\u00e9 la pr\u00e9paration des pr\u00e9mices mat\u00e9rielles pour l&rsquo;organisation socialiste de la soci\u00e9t\u00e9. Il d\u00e9montre par ses guerres que les forces productives de l&rsquo;\u00e9conomie mondiale ont d\u00e9pass\u00e9 les cadres restreints des \u00c9tats imp\u00e9rialistes et exigent l&rsquo;organisation de l&rsquo;\u00e9conomie sur une \u00e9chelle internationale mondiale. L&rsquo;imp\u00e9rialisme s&rsquo;efforce de r\u00e9soudre cette contradiction en frayant, par le fer et par le feu, la voie \u00e0 un trust capitaliste \u00e9tatique mondial et unique qui organiserait l&rsquo;\u00e9conomie mondiale. Cette sanglante utopie est glorifi\u00e9e par les id\u00e9ologues social-d\u00e9mocrates qui y voient la m\u00e9thode pacifique du nouveau capitalisme \u201corganis\u00e9\u201d. Elle se heurte, dans la r\u00e9alit\u00e9, \u00e0 des obstacles objectifs insurmontables d&rsquo;une telle ampleur que le capitalisme est appel\u00e9 \u00e0 s&rsquo;effondrer in\u00e9vitablement sous le poids de ses propres contradictions. La loi de l&rsquo;in\u00e9galit\u00e9 du d\u00e9veloppement capitaliste, accentu\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque imp\u00e9rialiste, rend impossibles les groupements stables et durables de puissances imp\u00e9rialistes. D&rsquo;autre part, les guerres imp\u00e9rialistes qui se transforment en guerres mondiales par lesquelles la loi de concentration du capital s&rsquo;efforce d&rsquo;atteindre son extr\u00eame limite &#8209;&nbsp;le trust mondial unique&nbsp;&#8209; s&rsquo;accompagnent de telles d\u00e9vastations, imposent \u00e0 la classe ouvri\u00e8re et aux millions de prol\u00e9taires et de paysans des colonies de telles charges, que le capitalisme p\u00e9rira in\u00e9vitablement sous les coups de la r\u00e9volution prol\u00e9tarienne, bien avant d&rsquo;avoir atteint ce but.<\/p> <p class=Texte>Phase supr\u00eame du d\u00e9veloppement capitaliste, portant \u00e0 un d\u00e9veloppement d&rsquo;une formidable ampleur les forces productives de l&rsquo;\u00e9conomie mondiale, recr\u00e9ant le monde entier \u00e0 son image, l&rsquo;imp\u00e9rialisme entra\u00eene dans le champ d&rsquo;exploitation du capital financier toutes les colonies, toutes les races et tous les peuples. Mais la forme monopoliste du capital d\u00e9veloppe en m\u00eame temps \u00e0 un degr\u00e9 croissant les \u00e9l\u00e9ments de d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence parasitaire, de pourriture et de d\u00e9clin du capitalisme. En d\u00e9truisant, dans une certaine mesure, cette force motrice qu&rsquo;est la concurrence, en menant une politique de hauts prix fix\u00e9s par les cartels, en disposant sans restriction du march\u00e9, le capital monopoliste tend \u00e0 entraver le d\u00e9veloppement ult\u00e9rieur des forces productives. Pr\u00e9levant sur des millions d&rsquo;ouvriers et de paysans coloniaux des surprofits fabuleux et accumulant les \u00e9normes revenus de cette exploitation, l&rsquo;imp\u00e9rialisme cr\u00e9e un type d&rsquo;\u00c9tat rentier en voie de d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence parasitaire et de putr\u00e9faction, et des couches enti\u00e8res de parasites vivant des coupons de rentes. Achevant le processus de la cr\u00e9ation des pr\u00e9mices mat\u00e9rielles du socialisme (concentration des moyens de production, immense socialisation du travail, croissance des organisations ouvri\u00e8res), l&rsquo;\u00e9poque imp\u00e9rialiste aggrave les contradictions existant entre les \u201cgrandes puissances\u201d et engendre des guerres qui aboutissent \u00e0 la dislocation de l&rsquo;unit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9conomie mondiale. L&rsquo;imp\u00e9rialisme est pour cette raison le capitalisme pourrissant et mourant et, en g\u00e9n\u00e9ral, la derni\u00e8re \u00e9tape de l&rsquo;\u00e9volution capitaliste, le pr\u00e9lude de la r\u00e9volution socialiste mondiale.<\/p> <p class=Texte>La r\u00e9volution prol\u00e9tarienne internationale d\u00e9coule ainsi des conditions du d\u00e9veloppement du capitalisme en g\u00e9n\u00e9ral, et de sa phase imp\u00e9rialiste, en particulier. Le syst\u00e8me capitaliste aboutit dans son ensemble \u00e0 une faillite d\u00e9finitive. La dictature du capital financier p\u00e9rit, faisant place \u00e0 la dictature du prol\u00e9tariat.<\/p> <p class=Intertitre1a>II.&nbsp;La crise g\u00e9n\u00e9rale du capitalisme et la premi\u00e8re phase de la r\u00e9volution mondiale<\/p> <p class=Intertitre2a>1.&nbsp;La guerre mondiale et le d\u00e9veloppement de la crise r\u00e9volutionnaire<\/p> <p class=Texte>La lutte entre les principaux \u00c9tats capitalistes pour un nouveau partage du monde provoqua la premi\u00e8re guerre imp\u00e9rialiste mondiale (1914&#8209;1918). Cette guerre \u00e9branla le syst\u00e8me capitaliste mondial et inaugura la p\u00e9riode de sa crise g\u00e9n\u00e9rale. Elle mit \u00e0 son service toute l&rsquo;\u00e9conomie nationale des pays bellig\u00e9rants, cr\u00e9ant ainsi la poigne de fer du capitalisme d&rsquo;\u00c9tat; elle entra\u00eena de fabuleuses d\u00e9penses improductives, d\u00e9truisit une quantit\u00e9 \u00e9norme de moyens de production et de main&#8209;d&rsquo;oeuvre, ruina les grandes masses populaires, imposa des charges innombrables aux ouvriers industriels, aux paysans et aux peuples coloniaux. Elle aggrava fatalement la lutte de classes, qui se transforma en action r\u00e9volutionnaire de masses et en guerre civile. Le front imp\u00e9rialiste fut rompu dans son secteur le plus faible, en Russie tsariste. La r\u00e9volution russe de f\u00e9vrier&nbsp;1917 brisa le pouvoir, l&rsquo;autocratie des gros propri\u00e9taires fonciers. La r\u00e9volution d&rsquo;Octobre renversa le pouvoir de la bourgeoisie. Cette r\u00e9volution prol\u00e9tarienne victorieuse expropria les expropriateurs, \u00f4ta \u00e0 la bourgeoisie et aux grands propri\u00e9taires fonciers les moyens de production, \u00e9tablit et affermit, pour la premi\u00e8re fois dans l&rsquo;histoire de l&rsquo;humanit\u00e9, la dictature du prol\u00e9tariat dans un grand pays, r\u00e9alisa un nouveau type d&rsquo;\u00c9tat, l&rsquo;\u00c9tat sovi\u00e9tique, et inaugura la r\u00e9volution prol\u00e9tarienne internationale.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;\u00e9branlement profond du capitalisme mondial, l&rsquo;aggravation de la lutte de classes et l&rsquo;influence imm\u00e9diate de la r\u00e9volution prol\u00e9tarienne d&rsquo;Octobre, d\u00e9termin\u00e8rent des r\u00e9volutions et des mouvements r\u00e9volutionnaires tant en Europe que dans les pays coloniaux et semi&#8209;coloniaux: janvier 1918, r\u00e9volution ouvri\u00e8re en Finlande; ao\u00fbt 1918, \u201c\u00e9meutes du riz\u201d au Japon; novembre 1918, r\u00e9volutions en Autriche et en Allemagne, renversant des monarchies semi&#8209;f\u00e9odales; mars 1919, r\u00e9volution prol\u00e9tarienne en Hongrie et soul\u00e8vement en Cor\u00e9e; avril 1919, R\u00e9publique des Soviets en Bavi\u00e8re; janvier 1920, r\u00e9volution nationale bourgeoise en Turquie; septembre 1920, occupation des usines par les ouvriers en Italie; mars 1921, soul\u00e8vement de l&rsquo;avant-garde ouvri\u00e8re en Allemagne; septembre 1923, insurrection en Bulgarie; automne 1923, crise r\u00e9volutionnaire en Allemagne; d\u00e9cembre 1924, insurrection en Estonie; avril 1925, soul\u00e8vement au Maroc; ao\u00fbt 1925, soul\u00e8vement en Syrie; mai 1926, gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale en Angleterre<a href=\"#_edn2\" name=\"_ednref2\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[2]<\/span><\/span><\/span><\/a>; juillet 1927, insurrection ouvri\u00e8re \u00e0 Vienne<a href=\"#_edn3\" name=\"_ednref3\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[3]<\/span><\/span><\/span><\/a>. Ces faits et des \u00e9v\u00e9nements tels que l&rsquo;insurrection de l&rsquo;Indon\u00e9sie, l&rsquo;effervescence profonde de l&rsquo;Inde, la grande r\u00e9volution chinoise qui a \u00e9branl\u00e9 tout le continent asiatique, forment les cha\u00eenons de l&rsquo;action r\u00e9volutionnaire internationale et sont les \u00e9l\u00e9ments constituants de la grave crise g\u00e9n\u00e9rale du capitalisme. Ce proc\u00e8s de la r\u00e9volution mondiale comprend la lutte imm\u00e9diate pour la dictature du prol\u00e9tariat, les guerres de lib\u00e9ration nationale et les soul\u00e8vements coloniaux contre l&rsquo;imp\u00e9rialisme, indissolublement li\u00e9s au mouvement agraire des grandes masses paysannes. La masse innombrable des hommes s&rsquo;est ainsi trouv\u00e9e entra\u00een\u00e9e dans le torrent r\u00e9volutionnaire. L&rsquo;histoire du monde est entr\u00e9e dans une nouvelle phase, celle de la crise g\u00e9n\u00e9rale et durable du syst\u00e8me capitaliste. L&rsquo;unit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9conomie mondiale s&rsquo;exprime dans le caract\u00e8re international de la r\u00e9volution; et l&rsquo;in\u00e9galit\u00e9 de d\u00e9veloppement des diverses parties de l&rsquo;\u00e9conomie mondiale dans le fait que les r\u00e9volutions n&rsquo;\u00e9clatent pas simultan\u00e9ment dans les diff\u00e9rents pays.<\/p> <p class=Texte>Les premi\u00e8res tentatives de r\u00e9volution, n\u00e9es de la crise aigu\u00eb du capitalisme (1918&#8209;1921), se termin\u00e8rent par la victoire et l&rsquo;affermissement de la dictature du prol\u00e9tariat dans l&rsquo;U.R.S.S. et par la d\u00e9faite du prol\u00e9tariat dans divers autres pays. Ces d\u00e9faites sont dues, avant tout, \u00e0 la tactique de trahison des chefs social-d\u00e9mocrates et des leaders r\u00e9formistes du mouvement syndical; au fait que les communistes n&rsquo;entra\u00eenaient pas encore la majorit\u00e9 de la classe ouvri\u00e8re et que dans plusieurs pays, des plus importants, il n&rsquo;existait pas encore de Parti communiste. \u00c0 la suite de ces d\u00e9faites qui rendirent possibles l&rsquo;exploitation accrue des masses prol\u00e9tariennes et des peuples coloniaux, et une brusque r\u00e9duction de leur niveau de vie, la bourgeoisie put r\u00e9aliser une stabilisation partielle du r\u00e9gime capitaliste.<\/p> <p class=Intertitre2a>2.&nbsp;La crise r\u00e9volutionnaire et la social-d\u00e9mocratie contre-r\u00e9volutionnaire<\/p> <p class=Texte>Les cadres dirigeants des partis social-d\u00e9mocrates et des syndicats r\u00e9formistes et les organisations capitalistes de combat du type fasciste ont acquis, au cours de la r\u00e9volution internationale, la plus grande importance comme force contre-r\u00e9volutionnaire combattant avec ardeur la r\u00e9volution et soutenant de m\u00eame la stabilisation partielle du Capital.<\/p> <p class=Texte>La guerre de&nbsp;1914&#8209;1918 fut accompagn\u00e9e de la honteuse faillite de la 2e&nbsp;Internationale social-d\u00e9mocrate. En contradiction absolue avec la th\u00e8se du Manifeste du Parti communiste de Marx et d&rsquo;Engels, qui affirme que les prol\u00e9taires n&rsquo;ont pas de patrie en r\u00e9gime capitaliste, en contradiction absolue avec les r\u00e9solutions adopt\u00e9es contre la guerre par les congr\u00e8s socialistes internationaux de Stuttgart et de B\u00e2le, les chefs des Partis social-d\u00e9mocrates nationaux, \u00e0 quelques exceptions pr\u00e8s, vot\u00e8rent les cr\u00e9dits de guerre, se prononc\u00e8rent r\u00e9solument pour la \u201cd\u00e9fense nationale\u201d de leurs \u201cpatries\u201d imp\u00e9rialistes (c&rsquo;est&#8209;\u00e0&#8209;dire des \u00c9tats de la bourgeoisie imp\u00e9rialiste) et, au lieu de s&rsquo;opposer \u00e0 la guerre imp\u00e9rialiste, devinrent ses fid\u00e8les soldats, ses propagandistes et ses thurif\u00e9raires (le social-patriotisme se transformait ainsi, par voie de croissance, en social-imp\u00e9rialisme). Dans la p\u00e9riode suivante, la social-d\u00e9mocratie d\u00e9fendit les trait\u00e9s spoliateurs (Brest-Litovsk, Versailles); elle intervint activement aux c\u00f4t\u00e9s des g\u00e9n\u00e9raux dans la r\u00e9pression sanglante des soul\u00e8vements prol\u00e9tariens (Noske<a href=\"#_edn4\" name=\"_ednref4\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[4]<\/span><\/span><\/span><\/a>); elle combattit les armes \u00e0 la main la premi\u00e8re R\u00e9publique prol\u00e9tarienne (la Russie des Soviets); elle trahit honteusement le prol\u00e9tariat au pouvoir (Hongrie); elle adh\u00e9ra \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 des nations imp\u00e9rialiste (A.&nbsp;Thomas<a href=\"#_edn5\" name=\"_ednref5\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[5]<\/span><\/span><\/span><\/a>, Paul-Boncour<a href=\"#_edn6\" name=\"_ednref6\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[6]<\/span><\/span><\/span><\/a>, Vandervelde<a href=\"#_edn7\" name=\"_ednref7\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[7]<\/span><\/span><\/span><\/a>); elle prit carr\u00e9ment le parti des esclavagistes imp\u00e9rialistes contre les esclaves coloniaux (le &quot;Labour Party&quot; anglais); elle soutint activement les bourreaux les plus r\u00e9actionnaires de la classe ouvri\u00e8re (Bulgarie, Pologne); elle prit l&rsquo;initiative des &quot;lois militaires&quot; imp\u00e9rialistes (France)<a href=\"#_edn8\" name=\"_ednref8\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[8]<\/span><\/span><\/span><\/a>; elle trahit la grande gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale du prol\u00e9tariat anglais; elle aida \u00e0 \u00e9touffer la gr\u00e8ve des mineurs anglais; elle aida et elle aide encore \u00e0 opprimer la Chine et l&rsquo;Inde (gouvernement Mac Donald<a href=\"#_edn9\" name=\"_ednref9\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[9]<\/span><\/span><\/span><\/a>); elle assume le r\u00f4le de propagandiste de la Soci\u00e9t\u00e9 des nations imp\u00e9rialiste, de h\u00e9raut du Capital et de force organisatrice de la lutte contre la dictature du prol\u00e9tariat dans l&rsquo;U.R.S.S. (Kautsky, Hilferding).<\/p> <p class=Texte>Poursuivant syst\u00e9matiquement cette politique contre-r\u00e9volutionnaire, la social-d\u00e9mocratie op\u00e8re au moyen de ses deux ailes: l&rsquo;aile droite, ouvertement contre-r\u00e9volutionnaire, indispensable aux n\u00e9gociations et \u00e0 la liaison directe avec la bourgeoisie, et l&rsquo;aile gauche destin\u00e9e \u00e0 tromper les ouvriers avec une subtilit\u00e9 particuli\u00e8re. La \u201cgauche\u201d social-d\u00e9mocrate, usant volontiers de la phrase pacifiste et parfois m\u00eame de la phrase r\u00e9volutionnaire, agit en r\u00e9alit\u00e9 contre les ouvriers, surtout aux heures les plus critiques (les &quot;ind\u00e9pendants&quot; anglais et la \u201cgauche\u201d du Conseil g\u00e9n\u00e9ral des Trade-Unions pendant la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale de 1926&nbsp;<a href=\"#_edn10\" name=\"_ednref10\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[10]<\/span><\/span><\/span><\/a>; Otto Bauer<a href=\"#_edn11\" name=\"_ednref11\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[11]<\/span><\/span><\/span><\/a> et Cie pendant l&rsquo;insurrection viennoise, etc.) et constitue pour cette raison la fraction la plus dangereuse des partis social-d\u00e9mocrates. Servant au sein de la classe ouvri\u00e8re les int\u00e9r\u00eats de la bourgeoisie et se pla\u00e7ant enti\u00e8rement sur le terrain de collaboration de classes et de la coalition avec la bourgeoisie, la social-d\u00e9mocratie est, \u00e0 certains moments, contrainte de passer \u00e0 l&rsquo;opposition et m\u00eame de simuler la d\u00e9fense des int\u00e9r\u00eats de classe du prol\u00e9tariat dans sa lutte \u00e9conomique; elle le fait \u00e0 seule fin d&rsquo;acqu\u00e9rir la confiance d&rsquo;une partie de la classe ouvri\u00e8re et de trahir ses int\u00e9r\u00eats permanents, d&rsquo;autant plus honteusement, \u00e0 l&rsquo;heure des batailles d\u00e9cisives.<\/p> <p class=Texte>Le r\u00f4le essentiel de la social-d\u00e9mocratie est maintenant de saper l&rsquo;indispensable unit\u00e9 de combat du prol\u00e9tariat en lutte contre l&rsquo;imp\u00e9rialisme. Scindant et divisant le front rouge unique de la lutte prol\u00e9tarienne contre le Capital, la social-d\u00e9mocratie est le principal appui de l&rsquo;imp\u00e9rialisme dans la classe ouvri\u00e8re. La social-d\u00e9mocratie internationale de toutes nuances, la 2e&nbsp;Internationale et sa filiale syndicale, la F\u00e9d\u00e9ration syndicale internationale d&rsquo;Amsterdam<a href=\"#_edn12\" name=\"_ednref12\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[12]<\/span><\/span><\/span><\/a>, sont ainsi devenues des r\u00e9serves de la soci\u00e9t\u00e9 bourgeoise, son plus s\u00fbr rempart.<\/p> <p class=Intertitre2a>3.&nbsp;La crise du capitalisme et le fascisme<\/p> <p class=Texte>\u00c0 c\u00f4t\u00e9 de la social-d\u00e9mocratie, \u00e0 l&rsquo;aide de laquelle la bourgeoisie r\u00e9prime le mouvement ouvrier ou endort sa vigilance de classe, se dresse le fascisme.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;\u00e9poque de l&rsquo;imp\u00e9rialisme, l&rsquo;aggravation de la lutte de classes et la croissance, surtout apr\u00e8s la guerre imp\u00e9rialiste mondiale, des facteurs de guerre civile, ont provoqu\u00e9 la faillite du parlementarisme. De l\u00e0, les \u201cnouvelles\u201d m\u00e9thodes et les nouvelles formes de gouvernement (le syst\u00e8me des \u201cpetits cabinets\u201d, la formation d&rsquo;oligarchies agissant dans les coulisses, la d\u00e9ch\u00e9ance et la falsification de la &quot;repr\u00e9sentation populaire&quot;, les restrictions apport\u00e9es aux &quot;libert\u00e9s d\u00e9mocratiques&quot;, qui sont parfois abolies, etc.). Cette offensive de la r\u00e9action bourgeoise imp\u00e9rialiste prend, dans certaines conditions historiques, la forme du fascisme. Ces conditions sont: l&rsquo;instabilit\u00e9 des rapports capitalistes, l&rsquo;existence d&rsquo;importants \u00e9l\u00e9ments sociaux d\u00e9class\u00e9s, l&rsquo;appauvrissement de grandes couches de la petite bourgeoisie des campagnes et, enfin, la constante menace d&rsquo;action de masse du prol\u00e9tariat. Afin de s&rsquo;assurer une stabilit\u00e9, une fermet\u00e9 et une continuit\u00e9 plus grandes du pouvoir, la bourgeoisie est de plus en plus contrainte de passer du syst\u00e8me parlementaire \u00e0 la m\u00e9thode fasciste, ind\u00e9pendante des rapports et des combinaisons de partis. Cette m\u00e9thode est celle de la dictature directe, id\u00e9ologiquement camoufl\u00e9e \u00e0 l&rsquo;aide de \u201cl&rsquo;id\u00e9e nationale\u201d et de la repr\u00e9sentation \u201ccorporative\u201d (qui est en r\u00e9alit\u00e9 celle des divers groupes des classes dominantes); elle exploite le m\u00e9contentement des masses petites-bourgeoises, des intellectuels et d&rsquo;autres milieux sociaux, au moyen d&rsquo;une d\u00e9magogie sociale assez particuli\u00e8re (antis\u00e9mitisme, attaques partielles contre le capital usurier, indignation contre les \u201cparlotes parlementaires\u201d) et de la corruption: cr\u00e9ation d&rsquo;une hi\u00e9rarchie solide et r\u00e9tribu\u00e9e des formations fascistes, cr\u00e9ation d&rsquo;un appareil de parti et d&rsquo;un corps de fonctionnaires; le fascisme s&rsquo;efforce, ce faisant, de p\u00e9n\u00e9trer dans les milieux ouvriers o\u00f9 il recrute les \u00e9l\u00e9ments les plus arri\u00e9r\u00e9s en mettant \u00e0 profit le m\u00e9contentement caus\u00e9 par la passivit\u00e9 de la social-d\u00e9mocratie, etc. Le fascisme s&rsquo;assigne pour t\u00e2che principale la destruction de l&rsquo;avant-garde ouvri\u00e8re r\u00e9volutionnaire, c&rsquo;est&#8209;\u00e0&#8209;dire des \u00e9l\u00e9ments communistes du prol\u00e9tariat et de leurs cadres. D\u00e9magogie sociale combin\u00e9e avec la corruption et la terreur blanche et li\u00e9e \u00e0 une politique ext\u00e9rieure imp\u00e9rialiste tr\u00e8s agressive, tels sont les traits caract\u00e9ristiques du fascisme. Recourant pendant les p\u00e9riodes les plus critiques pour la bourgeoisie \u00e0 une phras\u00e9ologie anticapitaliste, le fascisme perd en route ses grelots anticapitalistes et se r\u00e9v\u00e8le de plus en plus, d\u00e8s qu&rsquo;il s&rsquo;est affermi au pouvoir, comme la dictature terroriste du gros Capital.<\/p> <p class=Texte>S&rsquo;adaptant aux changements de la conjoncture politique, la bourgeoisie utilise tour \u00e0 tour les m\u00e9thodes du fascisme et celles de la coalition avec la social-d\u00e9mocratie, qui elle&#8209;m\u00eame joue fr\u00e9quemment, aux heures les plus critiques pour le capitalisme, un r\u00f4le fasciste. Elle manifeste dans son d\u00e9veloppement des tendances fascistes, ce qui ne l&#8217;emp\u00eache pas, dans d&rsquo;autres conjonctures politiques, de fronder contre le gouvernement bourgeois, en qualit\u00e9 de parti d&rsquo;opposition. Les m\u00e9thodes fascistes et de coalition avec la social-d\u00e9mocratie, qui sont des m\u00e9thodes inusit\u00e9es du capitalisme \u201cnormal\u201d et qui attestent la crise g\u00e9n\u00e9rale du r\u00e9gime, la bourgeoisie s&rsquo;en sert pour ralentir la marche ascendante de la r\u00e9volution.<\/p> <p class=Intertitre2a>4.&nbsp;Les contradictions de la stabilisation capitaliste et l&rsquo;in\u00e9luctabilit\u00e9 de la chute r\u00e9volutionnaire du capitalisme<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;exp\u00e9rience de toute la p\u00e9riode historique d&rsquo;apr\u00e8s&#8209;guerre d\u00e9montre que la stabilisation du capitalisme, r\u00e9alis\u00e9e par l&rsquo;impitoyable oppression de la classe ouvri\u00e8re et l&rsquo;aggravation syst\u00e9matique de ses conditions de vie, ne peut qu&rsquo;\u00eatre partielle, temporaire et pr\u00e9caire.<\/p> <p class=Texte>Le d\u00e9veloppement f\u00e9brile et saccad\u00e9 de la technique, confinant dans certains pays \u00e0 une nouvelle r\u00e9volution technique, l&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration du proc\u00e8s de concentration et d\u00e9centralisation du capital, la cr\u00e9ation de trusts gigantesques, de monopoles \u201cnationaux\u201d et \u201cinternationaux\u201d, l&rsquo;interp\u00e9n\u00e9tration des trusts et de l&rsquo;\u00c9tat, la croissance de l&rsquo;\u00e9conomie capitaliste mondiale, ne peuvent cependant, rem\u00e9dier \u00e0 la crise g\u00e9n\u00e9rale du syst\u00e8me capitaliste. La division de l&rsquo;\u00e9conomie mondiale en secteurs capitaliste et socialiste, le r\u00e9tr\u00e9cissement des d\u00e9bouch\u00e9s, le mouvement anti-imp\u00e9rialiste des colonies aggravent \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame toutes les contradictions du capitalisme qui se d\u00e9veloppe sur sa nouvelle base d&rsquo;apr\u00e8s-guerre. Le progr\u00e8s technique lui-m\u00eame et la rationalisation de l&rsquo;industrie qui ont pour revers la fermeture et la liquidation d&rsquo;entreprises, la limitation de la production, l&rsquo;exploitation impitoyable et rapace de la main&#8209;d&rsquo;oeuvre aboutissent \u00e0 un ch\u00f4mage chronique d&rsquo;une ampleur sans pr\u00e9c\u00e9dent. L&rsquo;aggravation absolue des conditions de vie de la classe ouvri\u00e8re, m\u00eame dans les pays capitalistes tr\u00e8s d\u00e9velopp\u00e9s, devient un fait \u00e9vident. La concurrence croissante entre les pays imp\u00e9rialistes, la menace constante de guerres et l&rsquo;acuit\u00e9 grandissante des conflits de classes cr\u00e9ent les conditions d&rsquo;une phase nouvelle et sup\u00e9rieure du d\u00e9veloppement de la crise g\u00e9n\u00e9rale du capitalisme et de la r\u00e9volution prol\u00e9tarienne mondiale.<\/p> <p class=Texte>\u00c0 la suite du premier cycle des guerres imp\u00e9rialistes (guerre mondiale de 1914&#8209;1918) et de la victoire remport\u00e9e en octobre 1917 par la classe ouvri\u00e8re dans l&rsquo;ancien Empire des tsars, l&rsquo;\u00e9conomie mondiale s&rsquo;est scind\u00e9e en deux parties irr\u00e9ductiblement oppos\u00e9es: les \u00c9tats imp\u00e9rialistes et la dictature du prol\u00e9tariat dans l&rsquo;U.R.S.S. La diff\u00e9rence de structure sociale, la nature de classe du pouvoir, diff\u00e9rent aussi, l&rsquo;opposition fondamentale des fins poursuivies en politique int\u00e9rieure et ext\u00e9rieure, comme en politique \u00e9conomique et culturelle, les tendances, diff\u00e9rentes en principe, du d\u00e9veloppement des deux syst\u00e8mes, opposent violemment le monde capitaliste \u00e0 l&rsquo;\u00c9tat du prol\u00e9tariat victorieux. Deux syst\u00e8mes antagonistes s&rsquo;affrontent dans le cadre de l&rsquo;\u00e9conomie mondiale, jadis unique: capitalisme et socialisme. La lutte de classes dans laquelle autrefois le prol\u00e9tariat n&rsquo;avait pas d&rsquo;\u00c9tat \u00e0 lui, se reproduit maintenant sur une \u00e9chelle immense, vraiment universelle, la classe ouvri\u00e8re internationale ayant d\u00e9j\u00e0 son \u00c9tat, sa seule patrie. L&rsquo;existence de l&rsquo;Union sovi\u00e9tique et l&rsquo;influence qu&rsquo;elle exerce en tous lieux sur les masses laborieuses opprim\u00e9es, sont la manifestation \u00e9clatante de la crise profonde du syst\u00e8me capitaliste mondial, de l&rsquo;extension et de l&rsquo;aggravation sans pr\u00e9c\u00e9dent de la lutte de classes.<\/p> <p class=Texte>Le monde capitaliste, incapable de surmonter ses contradictions internes, tente de cr\u00e9er des groupements internationaux (Soci\u00e9t\u00e9 des nations) dont l&rsquo;objet principal est d&rsquo;arr\u00eater le d\u00e9veloppement irr\u00e9sistible de la crise r\u00e9volutionnaire et d&rsquo;\u00e9touffer par le blocus ou la guerre l&rsquo;Union des R\u00e9publiques prol\u00e9tariennes. Toutes les forces du prol\u00e9tariat r\u00e9volutionnaire et des masses coloniales opprim\u00e9es se concentrent en m\u00eame temps autour de l&rsquo;U.R.S.S.: face \u00e0 la coalition mondiale du Capital, pr\u00e9caire et rong\u00e9e \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur, mais arm\u00e9e jusqu&rsquo;aux dents, se dresse la coalition mondiale, unique, du Travail. Une nouvelle contradiction fondamentale d&rsquo;une envergure et d&rsquo;une signification historiques mondiales a surgi ainsi \u00e0 la suite du premier cycle des guerres imp\u00e9rialistes, la contradiction entre l&rsquo;U.R.S.S. et le monde capitaliste.<\/p> <p class=Texte>Les antagonismes se sont aussi aggrav\u00e9s dans le secteur capitaliste de l&rsquo;\u00e9conomie mondiale. Le d\u00e9placement du centre \u00e9conomique de l&rsquo;univers aux \u00c9tats&#8209;Unis d&rsquo;Am\u00e9rique, la transformation de la \u201cR\u00e9publique du dollar\u201d en exploiteur mondial ont tendu les relations entre les \u00c9tats&#8209;Unis et le capitalisme europ\u00e9en, celui de Grande&#8209;Bretagne en premier lieu. Le conflit entre le plus puissant des vieux pays imp\u00e9rialistes et conservateurs, la Grande&#8209;Bretagne, et le plus grand pays du jeune imp\u00e9rialisme, qui a d\u00e9j\u00e0 r\u00e9ussi \u00e0 conqu\u00e9rir l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie mondiale, les \u00c9tats&#8209;Unis, devient l&rsquo;axe des conflits mondiaux entre les \u00c9tats du capital financier. L&rsquo;Allemagne, durement ran\u00e7onn\u00e9e par le trait\u00e9 de Versailles, s&rsquo;est r\u00e9tablie \u00e9conomiquement, rentre dans l&rsquo;ar\u00e8ne de la politique imp\u00e9rialiste, commence \u00e0 repara\u00eetre sur le march\u00e9 mondial comme un concurrent s\u00e9rieux. Autour du Pacifique, s&rsquo;enchev\u00eatrent des antagonismes dont le conflit am\u00e9ricano-japonais est l&rsquo;axe principal. Parall\u00e8lement \u00e0 ces antagonismes fondamentaux, des conflits d&rsquo;int\u00e9r\u00eats se d\u00e9veloppent entre des groupements instables et changeants de puissances, les \u00c9tats de second ordre \u00e9tant r\u00e9duits, aux mains des g\u00e9ants imp\u00e9rialistes et de leurs coalitions, \u00e0 un r\u00f4le accessoire.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;accroissement de la capacit\u00e9 de production de l&rsquo;appareil industriel du capitalisme mondial, en face du r\u00e9tr\u00e9cissement des march\u00e9s int\u00e9rieurs de l&rsquo;Europe par suite de la guerre et de la sortie de l&rsquo;Union sovi\u00e9tique du domaine des \u00e9changes purement capitalistes, l&rsquo;extr\u00eame monopolisation des principales sources de mati\u00e8res premi\u00e8res et de combustibles, ont pour cons\u00e9quence le d\u00e9veloppement de conflits entre \u00c9tats capitalistes. La lutte \u201cpacifique\u201d pour le p\u00e9trole, le caoutchouc, le coton, la houille, les m\u00e9taux, pour un nouveau partage des d\u00e9bouch\u00e9s et des sph\u00e8res d&rsquo;investissements de capitaux, conduit in\u00e9vitablement \u00e0 une nouvelle guerre mondiale, qui sera d&rsquo;autant plus d\u00e9vastatrice que la technique de guerre progresse \u00e0 une allure folle.<\/p> <p class=Texte>Les contradictions entre les m\u00e9tropoles et les pays coloniaux et semi&#8209;coloniaux croissent parall\u00e8lement. L&rsquo;affaiblissement &#8209;&nbsp;dans une certaine mesure&nbsp;&#8209; de l&rsquo;imp\u00e9rialisme europ\u00e9en, comme cons\u00e9quence de la guerre, le d\u00e9veloppement du capitalisme aux colonies, l&rsquo;influence de la R\u00e9volution sovi\u00e9tique, les tendances centrifuges au sein de la plus grande puissance navale et coloniale, la Grande-Bretagne (Canada, Australie, Afrique du Sud) ont facilit\u00e9 les soul\u00e8vements des colonies et des semi&#8209;colonies. La grande r\u00e9volution chinoise qui a \u00e9branl\u00e9 des centaines de millions d&rsquo;hommes du peuple chinois ouvre une br\u00e8che \u00e9norme dans le syst\u00e8me de l&rsquo;imp\u00e9rialisme. La constante effervescence r\u00e9volutionnaire de centaines de millions d&rsquo;ouvriers et de paysans des Indes menace de ruiner la domination de la Grande&#8209;Bretagne, citadelle de l&rsquo;imp\u00e9rialisme mondial. La croissance des tendances hostiles au puissant imp\u00e9rialisme des \u00c9tats&#8209;Unis dans les pays de l&rsquo;Am\u00e9rique latine y constitue une force contraire \u00e0 l&rsquo;expansion du capital nord-am\u00e9ricain. Le mouvement r\u00e9volutionnaire des colonies qui entra\u00eene dans la lutte contre l&rsquo;imp\u00e9rialisme l&rsquo;immense majorit\u00e9 de la population du globe assujettie par l&rsquo;oligarchie financi\u00e8re et capitaliste de quelques \u201cgrandes puissances\u201d imp\u00e9rialistes, manifeste \u00e0 son tour la profonde crise g\u00e9n\u00e9rale du syst\u00e8me capitaliste. Mais aussi, en Europe, o\u00f9 l&rsquo;imp\u00e9rialisme accable les petites nations sous son talon de fer, la question nationale est un facteur d&rsquo;aggravation des contradictions internes du capitalisme.<\/p> <p class=Texte>Enfin, la crise r\u00e9volutionnaire m\u00fbrit irr\u00e9sistiblement dans les centres m\u00eames de l&rsquo;imp\u00e9rialisme: l&rsquo;offensive de la bourgeoisie contre la classe ouvri\u00e8re, contre son niveau d&rsquo;existence, contre ses organisations et ses droits politiques, et l&rsquo;extension de la terreur blanche provoquent la r\u00e9sistance grandissante des grandes masses prol\u00e9tariennes et l&rsquo;aggravation de la lutte de classes entre le prol\u00e9tariat et le Capital trust\u00e9. Les batailles grandioses entre le Travail et le Capital, la radicalisation grandissante des masses, l&rsquo;influence et l&rsquo;autorit\u00e9 croissantes des Partis communistes, l&rsquo;immense mouvement de sympathie des masses ouvri\u00e8res pour le pays de la dictature prol\u00e9tarienne, tout cela signale nettement l&rsquo;approche d&rsquo;un nouvel essor r\u00e9volutionnaire dans les m\u00e9tropoles de l&rsquo;imp\u00e9rialisme.<\/p> <p class=Texte>Le syst\u00e8me de l&rsquo;imp\u00e9rialisme mondial et la stabilisation partielle du capitalisme sont donc min\u00e9s de divers c\u00f4t\u00e9s: contradictions et conflits entre les puissances imp\u00e9rialistes; multitude des peuples coloniaux soulev\u00e9s pour la lutte; prol\u00e9tariat r\u00e9volutionnaire des m\u00e9tropoles; dictature du prol\u00e9tariat dans l&rsquo;U.R.S.S. d\u00e9tenant l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie du mouvement r\u00e9volutionnaire mondial. La r\u00e9volution internationale est en marche.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;imp\u00e9rialisme groupe ses forces contre elle. Exp\u00e9ditions coloniales, nouvelle guerre mondiale, campagne contre l&rsquo;U.R.S.S. sont \u00e0 l&rsquo;ordre du jour. Le d\u00e9cha\u00eenement de toutes les forces de la r\u00e9volution mondiale et la chute in\u00e9vitable du capitalisme en r\u00e9sulteront in\u00e9luctablement.<\/p> <p class=Intertitre1a>III.&nbsp;Le communisme mondial, but final de l&rsquo;Internationale communiste<\/p> <p class=Texte>Substituer \u00e0 l&rsquo;\u00e9conomie capitaliste mondiale le syst\u00e8me du communisme mondial, tel est le but auquel aspire l&rsquo;Internationale communiste. Pr\u00e9par\u00e9e par tout le d\u00e9veloppement historique, la soci\u00e9t\u00e9 communiste est l&rsquo;unique issue pour l&rsquo;humanit\u00e9. Seule elle d\u00e9truira les contradictions du syst\u00e8me capitaliste qui menacent l&rsquo;humanit\u00e9 de d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence et la poussent \u00e0 sa perte.<\/p> <p class=Texte>La soci\u00e9t\u00e9 communiste abolira la division de la soci\u00e9t\u00e9 en classes; en d&rsquo;autres termes, elle supprimera, en m\u00eame temps que l&rsquo;anarchie de la production, tous les aspects et toutes les formes d&rsquo;exploitation et d&rsquo;oppression de l&rsquo;homme par l&rsquo;homme. Il n&rsquo;y aura plus de classes en lutte, mais les membres d&rsquo;une seule et m\u00eame association mondiale de travail. Pour la premi\u00e8re fois dans l&rsquo;histoire, l&rsquo;humanit\u00e9 prendra son sort dans ses propres mains. Au lieu de d\u00e9truire un nombre incalculable de vies humaines et de richesses immenses dans des luttes de classes et de peuples, l&rsquo;humanit\u00e9 portera toute son \u00e9nergie dans la lutte contre les forces de la nature, pour d\u00e9velopper et accro\u00eetre sa propre puissance collective.<\/p> <p class=Texte>La propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e des moyens de production abolie et transform\u00e9e en propri\u00e9t\u00e9 collective, le syst\u00e8me communiste mondial substitue aux lois \u00e9l\u00e9mentaires du march\u00e9 mondial et de la concurrence, au proc\u00e8s aveugle de la production sociale, l&rsquo;organisation consciente et concert\u00e9e &#8209;&nbsp;sur un plan d&rsquo;ensemble&nbsp;&#8209; tendant \u00e0 satisfaire les besoins rapidement croissants de la soci\u00e9t\u00e9. Les crises d\u00e9vastatrices et les guerres plus d\u00e9vastatrices encore dispara\u00eetront avec l&rsquo;anarchie de la production et de la concurrence. Au gaspillage formidable des forces productives, au d\u00e9veloppement convulsif de la soci\u00e9t\u00e9, le communisme oppose l&#8217;emploi syst\u00e9matique de toutes les ressources mat\u00e9rielles de la soci\u00e9t\u00e9 et une \u00e9volution \u00e9conomique indolore bas\u00e9s sur le d\u00e9veloppement illimit\u00e9, harmonieux et rapide des forces productives.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;abolition des classes et de la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e supprime l&rsquo;exploitation de l&rsquo;homme par l&rsquo;homme. Le travail cesse d&rsquo;\u00eatre accompli au profit de l&rsquo;ennemi de classe et de n&rsquo;\u00eatre qu&rsquo;un moyen d&rsquo;existence, il se transforme en un besoin primordial et vital; la pauvret\u00e9, l&rsquo;in\u00e9galit\u00e9 \u00e9conomique, la mis\u00e8re des classes asservies, le niveau mis\u00e9rable de la vie mat\u00e9rielle, en g\u00e9n\u00e9ral, s&rsquo;\u00e9vanouissent; la hi\u00e9rarchie des hommes dans la division du travail et la contradiction entre le travail intellectuel et le travail physique disparaissent, comme aussi toutes les traces de l&rsquo;in\u00e9galit\u00e9 sociale des sexes. Les organismes de la domination de classe, le pouvoir de l&rsquo;\u00c9tat, en premier lieu, disparaissent en m\u00eame temps. Incarnation de la domination de classe, l&rsquo;\u00c9tat se meurt \u00e0 mesure que disparaissent les classes et toutes les formes de contrainte.<\/p> <p class=Texte>La disparition des classes est accompagn\u00e9e de l&rsquo;abolition de tout monopole de l&rsquo;instruction. La culture devient le patrimoine de tous et les id\u00e9ologies de classes d&rsquo;antan c\u00e8dent la place \u00e0 une conception mat\u00e9rialiste scientifique du monde. Toute domination de l&rsquo;homme par l&rsquo;homme devient d\u00e8s lors impossible; un champ illimit\u00e9 s&rsquo;ouvre \u00e0 la s\u00e9lection sociale, au d\u00e9veloppement harmonieux de toutes les facult\u00e9s de l&rsquo;humanit\u00e9.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;essor des forces productives ne se heurte plus \u00e0 aucune borne sociale. La propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e des moyens de production, l&rsquo;esprit de lucre, l&rsquo;ignorance artificiellement entretenue dans les masses, leur pauvret\u00e9, obstacle au progr\u00e8s technique de la soci\u00e9t\u00e9 capitaliste, les d\u00e9penses improductives \u00e9normes, tout cela n&rsquo;existe plus dans la soci\u00e9t\u00e9 communiste. Utilisation aussi rationnelle que possible des forces de la nature et des conditions naturelles de la production dans les diverses parties du monde, abolition de la contradiction entre les villes et les campagnes (contradiction qui tient au regard syst\u00e9matique de l&rsquo;agriculture sur l&rsquo;industrie et au niveau inf\u00e9rieur de sa technique), union intime de la science et de la technique, des recherches et de leurs applications pratiques dans la plus large mesure sociale, organisation rationnelle du travail scientifique, emploi des m\u00e9thodes les plus perfectionn\u00e9es de statistique et de r\u00e9gularisation de l&rsquo;\u00e9conomie selon un plan d&rsquo;ensemble, accroissement rapide des besoins sociaux, puissants moteurs animant tout le syst\u00e8me, tout cela assure le maximum de rendement au travail collectif et lib\u00e8re, \u00e0 son tour, l&rsquo;\u00e9nergie humaine pour le plus grand essor de la science et des arts.<\/p> <p class=Texte>Le d\u00e9veloppement des forces productives de la soci\u00e9t\u00e9 communiste mondiale permet d&rsquo;\u00e9lever le bien&#8209;\u00eatre de l&rsquo;humanit\u00e9 enti\u00e8re, de r\u00e9duire au minimum le temps consacr\u00e9 \u00e0 la production mat\u00e9rielle et d\u00e9termine ainsi un \u00e9panouissement de la culture, inconnu de l&rsquo;histoire. Cette nouvelle culture de l&rsquo;humanit\u00e9, unifi\u00e9e pour la premi\u00e8re fois &#8209;&nbsp;toutes les fronti\u00e8res d&rsquo;\u00c9tat \u00e9tant d\u00e9truites&nbsp;&#8209; reposera, contrairement \u00e0 la culture capitaliste, sur des relations claires et lucides entre les hommes. Aussi enterrera&#8209;t&#8209;elle \u00e0 jamais toute mystique, toute religion, tout pr\u00e9jug\u00e9, toute superstition et donnera&#8209;t&#8209;elle une puissante impulsion au d\u00e9veloppement de la connaissance scientifique qui ne conna\u00eetra point d&rsquo;obstacles.<\/p> <p class=Texte>Cette phase sup\u00e9rieure du communisme, dans laquelle la soci\u00e9t\u00e9 communiste se sera d\u00e9velopp\u00e9e sur sa propre base, o\u00f9 le d\u00e9veloppement harmonieux des hommes s&rsquo;accompagnera d&rsquo;une croissance prodigieuse des forces productives, o\u00f9 la soci\u00e9t\u00e9 aura inscrit sur son drapeau: &quot;De chacun selon ses capacit\u00e9s, \u00e0 chacun selon ses besoins !&quot;&nbsp;&#8209; suppose en tant que condition historique pr\u00e9alable une phase inf\u00e9rieure de son \u00e9volution, le socialisme. La soci\u00e9t\u00e9 communiste ne fait ici que sortir de la soci\u00e9t\u00e9 capitaliste; elle en sort recouverte \u00e0 tous \u00e9gards dans la vie \u00e9conomique, morale, intellectuelle, des tares de la vieille soci\u00e9t\u00e9 dont elle est n\u00e9e. Les forces productives du socialisme ne sont pas encore suffisamment d\u00e9velopp\u00e9es pour assurer la r\u00e9partition des produits du travail selon les besoins; ils sont r\u00e9partis selon le travail. La division du travail, c&rsquo;est&#8209;\u00e0&#8209;dire l&rsquo;attribution de certaines fonctions sp\u00e9ciales \u00e0 des groupes d\u00e9termin\u00e9s de personnes, subsiste encore; l&rsquo;opposition entre le travail intellectuel et le travail physique en particulier n&rsquo;est pas encore radicalement supprim\u00e9e. Malgr\u00e9 l&rsquo;abolition des classes, des vestiges de l&rsquo;ancienne division de la soci\u00e9t\u00e9 subsistent et, partant, des vestiges du pouvoir, de la contrainte, du droit. Il existe encore des survivances attard\u00e9es de l&rsquo;in\u00e9galit\u00e9. La contradiction entre la ville et la campagne n&rsquo;est ni abrog\u00e9e, ni enti\u00e8rement disparue. Mais aucune force sociale ne soutient ni ne d\u00e9fend ces vestiges de l&rsquo;ancienne soci\u00e9t\u00e9. Li\u00e9s \u00e0 un niveau d\u00e9termin\u00e9 du d\u00e9veloppement des forces productives, ils disparaissent graduellement \u00e0 mesure que l&rsquo;humanit\u00e9, lib\u00e9r\u00e9e des cha\u00eenes du r\u00e9gime capitaliste, ma\u00eetrise rapidement les forces de la nature, se r\u00e9\u00e9duque dans l&rsquo;esprit du communisme et passe du socialisme au communisme int\u00e9gral.<\/p> <p class=Intertitre1a>IV.&nbsp;La p\u00e9riode de transition du capitalisme au socialisme et la dictature du prol\u00e9tariat<\/p> <p class=Intertitre2a>1.&nbsp;La p\u00e9riode de transition et la conqu\u00eate du pouvoir par le prol\u00e9tariat<\/p> <p class=Texte>Entre la soci\u00e9t\u00e9 capitaliste et la soci\u00e9t\u00e9 communiste s&rsquo;\u00e9tend une p\u00e9riode de transformation r\u00e9volutionnaire \u00e0 laquelle correspond une p\u00e9riode de transition politique durant laquelle l&rsquo;\u00c9tat ne peut \u00eatre qu&rsquo;une dictature r\u00e9volutionnaire du prol\u00e9tariat. La transition de la dictature mondiale de l&rsquo;imp\u00e9rialisme \u00e0 la dictature mondiale du prol\u00e9tariat embrasse une longue p\u00e9riode de luttes, de revers et de victoires du prol\u00e9tariat, une p\u00e9riode de crise continue du syst\u00e8me capitaliste et de croissance des r\u00e9volutions socialistes, c&rsquo;est&#8209;\u00e0&#8209;dire de guerres civiles du prol\u00e9tariat contre la bourgeoisie, p\u00e9riode de guerres nationales et de soul\u00e8vements coloniaux qui, tout en n&rsquo;\u00e9tant pas eux-m\u00eames des mouvements socialistes du prol\u00e9tariat r\u00e9volutionnaire, deviennent objectivement, parce qu&rsquo;ils \u00e9branlent la domination imp\u00e9rialiste, parties int\u00e9grantes de la r\u00e9volution prol\u00e9tarienne mondiale; p\u00e9riode qui comprend la coexistence, au sein de l&rsquo;\u00e9conomie mondiale, des syst\u00e8mes sociaux et \u00e9conomiques capitaliste et socialiste avec leurs rapports \u201cpacifiques\u201d et leurs luttes arm\u00e9es, p\u00e9riode de formation d&rsquo;unions d&rsquo;\u00c9tats sovi\u00e9tiques socialistes et p\u00e9riode de guerres des \u00c9tats imp\u00e9rialistes contre elles; p\u00e9riode de liaison toujours plus \u00e9troite entre les \u00c9tats sovi\u00e9tiques et les peuples coloniaux, etc.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;in\u00e9galit\u00e9 du d\u00e9veloppement \u00e9conomique et politique est une loi absolue du capitalisme. Cette in\u00e9galit\u00e9 s&rsquo;accentue et s&rsquo;aggrave \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque imp\u00e9rialiste. Il en r\u00e9sulte que la r\u00e9volution prol\u00e9tarienne internationale ne peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme une action unique, simultan\u00e9e et universelle. La victoire du socialisme est donc possible, au d\u00e9but dans quelques pays capitalistes, voire m\u00eame dans un seul isol\u00e9ment. Mais chaque victoire du prol\u00e9tariat \u00e9largit la base de la r\u00e9volution mondiale et aggrave, par cons\u00e9quent, la crise g\u00e9n\u00e9rale du capitalisme. L&rsquo;ensemble du syst\u00e8me capitaliste s&rsquo;achemine ainsi \u00e0 sa faillite d\u00e9finitive. La dictature du capital financier succombe, c\u00e9dant la place \u00e0 la dictature du prol\u00e9tariat.<\/p> <p class=Texte>Les r\u00e9volutions bourgeoises consistaient dans la lib\u00e9ration politique d&rsquo;un syst\u00e8me de rapports de production d\u00e9j\u00e0 dominant dans l&rsquo;\u00e9conomie et le passage du pouvoir d&rsquo;une classe d&rsquo;exploiteurs \u00e0 une autre. La r\u00e9volution prol\u00e9tarienne signifie, par contre, l&rsquo;intervention violente du prol\u00e9tariat dans le r\u00e9gime de propri\u00e9t\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9 bourgeoise, l&rsquo;expropriation des classes exploiteuses et le passage du pouvoir \u00e0 une classe qui se donne pour t\u00e2che fondamentale la refonte totale de la base \u00e9conomique de la soci\u00e9t\u00e9 et la destruction de toute exploitation de l&rsquo;homme par l&rsquo;homme. Mais, si les r\u00e9volutions bourgeoises ont mis des si\u00e8cles \u00e0 abolir la domination politique de la noblesse f\u00e9odale dans le monde entier, brisant cette domination par des r\u00e9volutions successives, la r\u00e9volution prol\u00e9tarienne internationale, quoiqu&rsquo;elle ne soit pas un acte unique et qu&rsquo;elle s&rsquo;\u00e9tende sur toute une \u00e9poque, pourra, gr\u00e2ce \u00e0 la liaison plus \u00e9troite entre les pays, accomplir plus rapidement sa t\u00e2che. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;apr\u00e8s la victoire compl\u00e8te du prol\u00e9tariat dans le monde et l&rsquo;affermissement de son pouvoir mondial que s&rsquo;ouvrira une longue \u00e9poque d&rsquo;intense \u00e9dification de l&rsquo;\u00e9conomie socialiste mondiale.<\/p> <p class=Texte>La conqu\u00eate du pouvoir par le prol\u00e9tariat est la condition pr\u00e9liminaire de la croissance des forces socialistes de l&rsquo;\u00e9conomie et de l&rsquo;essor culturel du prol\u00e9tariat qui, se transformant consciemment lui-m\u00eame, devient le dirigeant de la soci\u00e9t\u00e9 dans tous les domaines de la vie, entra\u00eene dans ce proc\u00e8s de refonte les autres classes et cr\u00e9e, par l\u00e0 m\u00eame, un terrain favorable \u00e0 la disparition des classes.<\/p> <p class=Texte>Dans la lutte pour la dictature du prol\u00e9tariat et pour la transformation ult\u00e9rieure du r\u00e9gime social, l&rsquo;union des ouvriers et paysans, base de la dictature du prol\u00e9tariat r\u00e9alis\u00e9e sous l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie id\u00e9ologique et politique des prol\u00e9taires, s&rsquo;organise en face du bloc des propri\u00e9taires fonciers et des capitalistes.<\/p> <p class=Texte>La p\u00e9riode de transition est, dans son ensemble, caract\u00e9ris\u00e9e par l&rsquo;implacable r\u00e9pression de la r\u00e9sistance des exploiteurs, par l&rsquo;organisation de l&rsquo;\u00e9dification socialiste, par la r\u00e9\u00e9ducation en masse des hommes dans l&rsquo;esprit du socialisme et par la destruction progressive des classes sociales. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;en accomplissant ces grandes t\u00e2ches historiques que la soci\u00e9t\u00e9 de la p\u00e9riode de transition commence \u00e0 se transformer en soci\u00e9t\u00e9 communiste.<\/p> <p class=Texte>Ainsi, la dictature du prol\u00e9tariat mondial est la condition pr\u00e9alable et n\u00e9cessaire du passage de l&rsquo;\u00e9conomie capitaliste mondiale \u00e0 l&rsquo;\u00e9conomie socialiste. Cette dictature ne peut s&rsquo;instituer que par la victoire du socialisme dans diff\u00e9rents pays ou groupes de pays, les nouvelles R\u00e9publiques prol\u00e9tariennes s&rsquo;unissant par des liens f\u00e9d\u00e9ratifs \u00e0 leurs devanci\u00e8res et le r\u00e9seau de ces unions f\u00e9d\u00e9ratives s&rsquo;\u00e9largissant et comprenant les colonies affranchies du joug de l&rsquo;imp\u00e9rialisme, pour constituer finalement l&rsquo;Union des R\u00e9publiques socialistes sovi\u00e9tiques du monde et r\u00e9aliser l&rsquo;unification de l&rsquo;humanit\u00e9 sous l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie internationale du prol\u00e9tariat organis\u00e9 en \u00c9tat.<\/p> <p class=Texte>La conqu\u00eate du pouvoir par le prol\u00e9tariat n&rsquo;est pas une \u201cconqu\u00eate\u201d pacifique de la machine toute pr\u00eate de l&rsquo;\u00c9tat bourgeois par une majorit\u00e9 parlementaire. La bourgeoisie use de tous les moyens de contrainte et de terreur pour d\u00e9fendre et affermir sa propri\u00e9t\u00e9 conquise par le pillage et sa domination politique. Comme la noblesse f\u00e9odale autrefois, elle ne peut c\u00e9der sa place historique \u00e0 une classe nouvelle sans lui opposer une r\u00e9sistance acharn\u00e9e et d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e. La violence de la bourgeoisie ne peut donc \u00eatre bris\u00e9e que par la violence implacable du prol\u00e9tariat. La conqu\u00eate du pouvoir par le prol\u00e9tariat, c&rsquo;est l&rsquo;abolition violente du pouvoir de la bourgeoisie, la destruction de l&rsquo;appareil d&rsquo;\u00c9tat capitaliste (arm\u00e9e bourgeoise, police, hi\u00e9rarchie bureaucratique, tribunaux, Parlement, etc.) remplac\u00e9 par les nouveaux organes du pouvoir prol\u00e9tarien qui sont, avant tout, des instruments de r\u00e9pression destin\u00e9s \u00e0 briser la r\u00e9sistance des exploiteurs.<\/p> <p class=Intertitre2a>2.&nbsp;La dictature du prol\u00e9tariat et sa forme sovi\u00e9tique<\/p> <p class=Texte>Comme l&rsquo;a d\u00e9montr\u00e9 l&rsquo;exp\u00e9rience de la r\u00e9volution russe d&rsquo;octobre 1917 et de la r\u00e9volution hongroise, qui ont infiniment \u00e9largi l&rsquo;exp\u00e9rience de la Commune de Paris de&nbsp;1871, la forme du pouvoir prol\u00e9tarien qui r\u00e9pond le mieux au but est le nouveau type d&rsquo;\u00c9tat diff\u00e9rent, en principe, de l&rsquo;\u00c9tat bourgeois, non seulement par son essence de classe, mais encore par sa structure interne: l&rsquo;\u00c9tat sovi\u00e9tique. Ce type d&rsquo;\u00c9tat qui surgit directement du grand mouvement des masses leur assure le maximum d&rsquo;activit\u00e9 et offre, par cons\u00e9quent, le plus de garanties d&rsquo;une victoire d\u00e9finitive.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;\u00c9tat du type sovi\u00e9tique qui r\u00e9alise la forme sup\u00e9rieure de la d\u00e9mocratie, la d\u00e9mocratie prol\u00e9tarienne, s&rsquo;oppose nettement \u00e0 la d\u00e9mocratie bourgeoise, forme voil\u00e9e de la dictature de la bourgeoise. L&rsquo;\u00c9tat sovi\u00e9tique c&rsquo;est la dictature du prol\u00e9tariat, la classe ouvri\u00e8re d\u00e9tenant le monopole du pouvoir. Au contraire de la d\u00e9mocratie bourgeoise, il proclame hautement son esprit de classe et se donne ouvertement pour t\u00e2che de r\u00e9primer la r\u00e9sistance des exploiteurs dans l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de l&rsquo;immense majorit\u00e9 de la population. Il prive de droits politiques ses ennemis de classe et peut, dans des conditions historiques particuli\u00e8res, donner au prol\u00e9tariat des privil\u00e8ges temporaires afin de l&rsquo;affermir dans son r\u00f4le dirigeant \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de la paysannerie petite-bourgeoise infiniment diss\u00e9min\u00e9e. D\u00e9sarmant ses ennemis de classe et brisant leur r\u00e9sistance, il consid\u00e8re la suppression de leurs droits politiques et une certaine limitation de leur libert\u00e9, comme des mesures temporaires destin\u00e9es \u00e0 combattre les tentatives des exploiteurs de d\u00e9fendre ou de r\u00e9tablir leurs privil\u00e8ges. Il \u00e9crit sur son drapeau que le prol\u00e9tariat d\u00e9tient le pouvoir non pour le perp\u00e9tuer, non pour en user dans ses int\u00e9r\u00eats \u00e9troitement corporatifs et professionnels, mais afin de grouper de plus en plus les masses arri\u00e9r\u00e9es et diss\u00e9min\u00e9es du prol\u00e9tariat et du semi&#8209;prol\u00e9tariat des campagnes et d&rsquo;unir les paysans travailleurs aux ouvriers les plus avanc\u00e9s, en \u00e9liminant progressivement et syst\u00e9matiquement toute division de la soci\u00e9t\u00e9 en classes. Forme d&rsquo;unification et d&rsquo;organisation universelle des masses sous la direction du prol\u00e9tariat, les Soviets entra\u00eenent en fait les masses les plus grandes des ouvriers, des paysans et de tous les travailleurs dans la lutte, dans l&rsquo;\u00e9dification du socialisme et dans la gestion de l&rsquo;\u00c9tat. Ils s&rsquo;appuient dans tout leur travail sur les organisations de masse de la classe ouvri\u00e8re et r\u00e9alisent une large d\u00e9mocratie parmi les travailleurs; ils sont plus pr\u00e8s des masses que n&rsquo;importe quelle autre forme du pouvoir. Le droit de proc\u00e9der \u00e0 de nouvelles \u00e9lections et de r\u00e9voquer les mandataires, l&rsquo;union du pouvoir ex\u00e9cutif et du pouvoir l\u00e9gislatif, les \u00e9lections sur la base des entreprises (usines, ateliers, etc.) et non de circonscriptions territoriales, sont autant de facteurs qui assurent au prol\u00e9tariat et aux grandes masses de travailleurs soumises \u00e0 son influence une participation syst\u00e9matique constante et active \u00e0 toutes les affaires publiques \u00e9conomiques, politiques, militaires et culturelles. Ils \u00e9tablissent, de ce fait, une profonde ligne de d\u00e9marcation entre la R\u00e9publique parlementaire bourgeoise et la dictature sovi\u00e9tique du prol\u00e9tariat.<\/p> <p class=Texte>La d\u00e9mocratie bourgeoise repose, avec son \u00e9galit\u00e9 purement formelle des citoyens devant la loi, sur une in\u00e9galit\u00e9 flagrante des classes dans le domaine mat\u00e9riel et \u00e9conomique. D\u00e9pendant et affermissant la possession exclusive et consid\u00e9r\u00e9e comme intangible des moyens de production essentiels par la classe capitaliste et les grands propri\u00e9taires fonciers, la d\u00e9mocratie bourgeoise transforme par l\u00e0 m\u00eame, pour les classes exploit\u00e9es, et en premier lieu pour le prol\u00e9tariat, l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 purement formelle devant la loi, les droits et les libert\u00e9s d\u00e9mocratiques, d&rsquo;ailleurs syst\u00e9matiquement limit\u00e9s dans la pratique, en une fiction juridique, et par cons\u00e9quent, en un instrument de duperie et d&rsquo;asservissement des masses. La pr\u00e9tendue d\u00e9mocratie exprime la domination politique de la bourgeoisie, elle est pour cette raison une d\u00e9mocratie capitaliste. L&rsquo;\u00c9tat sovi\u00e9tique, en privant la classe exploiteuse des moyens de production qu&rsquo;il monopolise entre les mains du prol\u00e9tariat, classe dirigeante, garantit avant tout et surtout les conditions mat\u00e9rielles de r\u00e9alisation des droits de la classe ouvri\u00e8re et des travailleurs en g\u00e9n\u00e9ral, la possession par celle&#8209;ci des immeubles et des \u00e9difices publics, des imprimeries, des moyens de locomotion, etc.<\/p> <p class=Texte>Dans le domaine des droits politiques et g\u00e9n\u00e9raux, l&rsquo;\u00c9tat sovi\u00e9tique, en privant de ces droits les ennemis du peuple et les exploiteurs, d\u00e9truit pour la premi\u00e8re fois, compl\u00e8tement, l&rsquo;in\u00e9galit\u00e9 des citoyens, fond\u00e9e, dans les r\u00e9gimes d&rsquo;exploitation, sur les diff\u00e9rences de sexe, de religion, de nationalit\u00e9; il \u00e9tablit dans ce domaine une \u00e9galit\u00e9 qui n&rsquo;existe dans aucun pays bourgeois; la dictature du prol\u00e9tariat b\u00e2tit inflexiblement la base mat\u00e9rielle sur laquelle se r\u00e9alise cette \u00e9galit\u00e9. Telles sont les mesures d&rsquo;\u00e9mancipation de la femme, d&rsquo;industrialisation des anciennes colonies, etc.<\/p> <p class=Texte>La d\u00e9mocratie sovi\u00e9tique est ainsi une d\u00e9mocratie prol\u00e9tarienne, une d\u00e9mocratie des masses laborieuses, une d\u00e9mocratie dirig\u00e9e contre les exploiteurs.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;\u00c9tat sovi\u00e9tique d\u00e9sarme enti\u00e8rement la bourgeoisie et concentre toutes les armes dans les mains du prol\u00e9tariat; c&rsquo;est l&rsquo;\u00c9tat du prol\u00e9tariat arm\u00e9. L&rsquo;organisation des forces arm\u00e9es y repose sur le principe de classe, dont s&rsquo;inspire tout le r\u00e9gime de la dictature du prol\u00e9tariat; il assure le r\u00f4le dirigeant au prol\u00e9tariat industriel. Cette organisation, \u00e9tay\u00e9e par la discipline r\u00e9volutionnaire, \u00e9tablit en m\u00eame temps que la participation des soldats de l&rsquo;Arm\u00e9e rouge et des marins de la Flotte rouge \u00e0 l&rsquo;administration du pays et \u00e0 l&rsquo;\u00e9dification du socialisme, leur liaison \u00e9troite et constante avec les masses laborieuses.<\/p> <p class=Intertitre2a>3.&nbsp;La dictature du prol\u00e9tariat et l&rsquo;expropriation des expropriateurs<\/p> <p class=Texte>Le prol\u00e9tariat victorieux use du pouvoir conquis comme d&rsquo;un instrument de r\u00e9volution \u00e9conomique, c&rsquo;est-\u00e0-dire pour la transformation r\u00e9volutionnaire du r\u00e9gime de propri\u00e9t\u00e9 capitaliste en un r\u00e9gime de production socialiste. Le point de d\u00e9part de cette profonde r\u00e9volution \u00e9conomique est dans l&rsquo;expropriation des gros propri\u00e9taires fonciers et des capitalistes c&rsquo;est-\u00e0-dire dans la transformation de la propri\u00e9t\u00e9 monopoliste de la bourgeoisie en propri\u00e9t\u00e9 de l&rsquo;\u00c9tat prol\u00e9tarien.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;Internationale communiste assigne dans ce domaine \u00e0 la dictature du prol\u00e9tariat les t\u00e2ches fondamentales suivantes:<\/p> <p class=Texte>A.&nbsp;Industrie, transports, P.T.T.<\/p> <p class=Texte>a)&nbsp;Confiscation et nationalisation prol\u00e9tarienne de toutes les grandes entreprises industrielles (fabriques, usines, mines, centrales \u00e9lectriques) appartenant au capital priv\u00e9; transfert aux Soviets de toutes les entreprises de l&rsquo;\u00c9tat et des municipalit\u00e9s;<\/p> <p class=Texte>b)&nbsp;Confiscation et nationalisation prol\u00e9tarienne des transports ferroviaires, automobiles et fluviaux, appartenant au capital priv\u00e9, des transports a\u00e9riens (flotte a\u00e9rienne de commerce et de voyage); transfert aux Soviets de tous les moyens de transport appartenant \u00e0 l&rsquo;\u00c9tat et aux municipalit\u00e9s;<\/p> <p class=Texte>c)&nbsp;Confiscation et nationalisation prol\u00e9tarienne des services de liaison appartenant au capital priv\u00e9 (t\u00e9l\u00e9graphe, t\u00e9l\u00e9phone, radio); transfert aux Soviets de tous ces services appartenant \u00e0 l&rsquo;\u00c9tat, aux municipalit\u00e9s, etc.;<\/p> <p class=Texte>d)&nbsp;Organisation de la gestion ouvri\u00e8re de l&rsquo;industrie. Cr\u00e9ation d&rsquo;organismes gouvernementaux de gestion avec participation directe des syndicats, un r\u00f4le correspondant \u00e9tant assur\u00e9 aux comit\u00e9s d&rsquo;usines, de fabriques, etc.;<\/p> <p class=Texte>e)&nbsp;Adaptation de l&rsquo;activit\u00e9 industrielle aux besoins des grandes masses des travailleurs. R\u00e9organisation des branches d&rsquo;industrie qui produisaient pour la consommation des anciennes classes dirigeantes (articles de luxe, etc.). Renforcement des branches d&rsquo;industrie favorisant l&rsquo;essor de l&rsquo;agriculture, afin d&rsquo;affermir la liaison avec l&rsquo;\u00e9conomie rurale, d&rsquo;assurer le progr\u00e8s des domaines agricoles de l&rsquo;\u00c9tat, et d&rsquo;acc\u00e9l\u00e9rer le d\u00e9veloppement de l&rsquo;\u00e9conomie nationale en g\u00e9n\u00e9ral.<\/p> <p class=Texte>B.&nbsp;Agriculture<\/p> <p class=Texte>a)&nbsp;Confiscation et nationalisation prol\u00e9tarienne de la grande propri\u00e9t\u00e9 fonci\u00e8re dans les villes et dans les campagnes (propri\u00e9t\u00e9s priv\u00e9es, propri\u00e9t\u00e9s de l&rsquo;\u00c9glise, couvents, etc.); transfert aux Soviets des propri\u00e9t\u00e9s fonci\u00e8res de l&rsquo;\u00c9tat et des municipalit\u00e9s, y compris les for\u00eats, le sous&#8209;sol, les eaux, etc.; nationalisation ult\u00e9rieure de tout le sol;<\/p> <p class=Texte>b)&nbsp;Confiscation de tous les biens constituant l&rsquo;outillage des grandes propri\u00e9t\u00e9s fonci\u00e8res (b\u00e2timents, outillage et mat\u00e9riel divers, b\u00e9tail, entreprises de transformation des produits agricoles, grandes minoteries, fromageries, laiteries, s\u00e9cheries, etc.);<\/p> <p class=Texte>c)&nbsp;Transfert des grands domaines, et, plus particuli\u00e8rement de ceux qui ont une grande importance \u00e9conomique ou peuvent servir d&rsquo;entreprises mod\u00e8les, aux organismes de la dictature du prol\u00e9tariat; organisation de domaines agricoles sovi\u00e9tiques;<\/p> <p class=Texte>d)&nbsp;Remise d&rsquo;une partie des anciennes propri\u00e9t\u00e9s fonci\u00e8res et d&rsquo;autres terres confisqu\u00e9es, &#8209;&nbsp;notamment de celles qui \u00e9taient afferm\u00e9es par les paysans et servaient \u00e0 les asservir \u00e9conomiquement,&nbsp;&#8209; en jouissance aux paysans (aux paysans pauvres et \u00e0 une partie des paysans moyens). La part des terres transmises aux paysans est d\u00e9termin\u00e9e par les besoins \u00e9conomiques et par la n\u00e9cessit\u00e9 de neutraliser les paysans et de les rallier au prol\u00e9tariat; elle varie donc selon les conditions;<\/p> <p class=Texte>e)&nbsp;Interdiction de la vente et de l&rsquo;achat des terres, afin de conserver la terre aux paysans et d&#8217;emp\u00eacher qu&rsquo;elle ne passe aux capitalistes, sp\u00e9culateurs, etc.; r\u00e9pression \u00e9nergique de toute infraction \u00e0 cette loi;<\/p> <p class=Texte>f)&nbsp;Lutte contre l&rsquo;usure. Annulation des contrats d&rsquo;asservissement. Annulation des dettes des paysans exploit\u00e9s. Exemption des paysans les plus pauvres de l&rsquo;imp\u00f4t, etc.;<\/p> <p class=Texte>g)&nbsp;Larges mesures d&rsquo;ensemble, de la part de l&rsquo;\u00c9tat, pour \u00e9lever les forces productives de l&rsquo;agriculture; d\u00e9veloppement de l&rsquo;\u00e9lectrification des campagnes, de la fabrication des tracteurs, de la production des engrais chimiques et des semences s\u00e9lectionn\u00e9es, \u00e9levage du b\u00e9tail de race dans les domaines sovi\u00e9tiques, ample organisation du cr\u00e9dit agricole pour l&rsquo;am\u00e9lioration du sol, etc.;<\/p> <p class=Texte>h)&nbsp;Appui g\u00e9n\u00e9ral et financier \u00e0 la coop\u00e9ration agricole et \u00e0 toutes les formes de production collective dans les campagnes (associations, communes, etc.). Propagande syst\u00e9matique de la coop\u00e9ration paysanne (coop\u00e9rative de vente, d&rsquo;approvisionnement, de cr\u00e9dit) sur la base de l&rsquo;initiative et de l&rsquo;activit\u00e9 des masses paysannes; propagande en faveur du passage \u00e0 la grande production agraire, qui, par son incontestable sup\u00e9riorit\u00e9 technique et \u00e9conomique et par ses grands avantages \u00e9conomiques imm\u00e9diats, constitue le moyen de transition au socialisme le plus accessible aux grandes masses des paysans travailleurs.<\/p> <p class=Texte>C.&nbsp;Commerce et cr\u00e9dit<\/p> <p class=Texte>a)&nbsp;Nationalisation prol\u00e9tarienne des banques priv\u00e9es (remise \u00e0 l&rsquo;\u00c9tat prol\u00e9tarien de toutes les r\u00e9serves d&rsquo;or, valeurs, d\u00e9p\u00f4ts, etc.) et transfert \u00e0 l&rsquo;\u00c9tat prol\u00e9tarien des banques nationales, municipales, etc.;<\/p> <p class=Texte>b)&nbsp;Centralisation de toutes les op\u00e9rations bancaires et subordination de toutes les grandes banques nationalis\u00e9es \u00e0 la Banque centrale de l&rsquo;\u00c9tat;<\/p> <p class=Texte>c)&nbsp;Nationalisation et transfert aux organismes de l&rsquo;\u00c9tat sovi\u00e9tique du commerce de gros et des grandes entreprises commerciales de d\u00e9tail (entrep\u00f4ts, \u00e9l\u00e9vateurs, magasins, stocks de marchandises, etc.);<\/p> <p class=Texte>d)&nbsp;Encouragement par tous les moyens de la coop\u00e9ration de consommation consid\u00e9r\u00e9e comme une partie int\u00e9grante extr\u00eamement importante de l&rsquo;appareil de r\u00e9partition; unification du syst\u00e8me de travail de la coop\u00e9ration et participation active des masses \u00e0 son \u00e9dification;<\/p> <p class=Texte>e)&nbsp;Monopole du commerce ext\u00e9rieur;<\/p> <p class=Texte>f)&nbsp;Annulation des dettes de l&rsquo;\u00c9tat envers les capitalistes \u00e9trangers et nationaux.<\/p> <p class=Texte>D.&nbsp;Protection du travail, conditions de vie des travailleurs, etc.<\/p> <p class=Texte>a)&nbsp;R\u00e9duction de la journ\u00e9e de travail \u00e0 sept heures&nbsp;&#8209; six heures dans les industries insalubres. R\u00e9duction ult\u00e9rieure de la journ\u00e9e de travail et passage \u00e0 la semaine de cinq jours, dans les pays \u00e0 production d\u00e9velopp\u00e9e. Journ\u00e9e de travail correspondant \u00e0 l&rsquo;augmentation du rendement du travail;<\/p> <p class=Texte>b)&nbsp;Interdiction, en r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, du travail des femmes la nuit et dans les industries insalubres. Interdiction du travail des enfants. Interdiction des heures suppl\u00e9mentaires;<\/p> <p class=Texte>c)&nbsp;R\u00e9duction de la journ\u00e9e de travail des jeunes (journ\u00e9e de six heures au maximum pour les adolescents jusqu&rsquo;\u00e0 18&nbsp;ans). R\u00e9organisation socialiste du travail des jeunes, combinant la production mat\u00e9rielle avec l&rsquo;instruction g\u00e9n\u00e9rale et politique;<\/p> <p class=Texte>d)&nbsp;Assurances sociales de toutes formes (invalidit\u00e9, vieillesse, accidents, ch\u00f4mage, etc.) aux frais de l&rsquo;\u00c9tat (aux frais du patronat, dans la mesure o\u00f9 subsistent les entreprises priv\u00e9es) et g\u00e9r\u00e9es d&rsquo;une fa\u00e7on compl\u00e8tement autonome par les assur\u00e9s;<\/p> <p class=Texte>e)&nbsp;Larges mesures d&rsquo;hygi\u00e8ne sociale, assistance m\u00e9dicale gratuite, lutte contre les maladies sociales (alcoolisme, maladies v\u00e9n\u00e9riennes, tuberculose);<\/p> <p class=Texte>f)&nbsp;\u00c9galit\u00e9 sociale des sexes devant la loi et dans les moeurs, transformation radicale de la l\u00e9gislation du mariage et de la famille, reconnaissance de la maternit\u00e9 comme fonction sociale, protection de la maternit\u00e9 et de l&rsquo;enfance. Premi\u00e8res mesures tendant \u00e0 l&rsquo;entretien et \u00e0 l&rsquo;\u00e9ducation des enfants et de la jeunesse par la soci\u00e9t\u00e9 (cr\u00e8ches, jardins et maisons d&rsquo;enfants, etc.). Cr\u00e9ation d&rsquo;institutions permettant de r\u00e9duire progressivement le travail domestique (restaurants et lavoirs publics), lutte syst\u00e9matique, dans le domaine de la culture g\u00e9n\u00e9rale, contre l&rsquo;id\u00e9ologie et les traditions qui asservissent la femme.<\/p> <p class=Texte>E.&nbsp;Habitation<\/p> <p class=Texte>a)&nbsp;Confiscation de la grande propri\u00e9t\u00e9 immobili\u00e8re;<\/p> <p class=Texte>b)&nbsp;Transfert des immeubles confisqu\u00e9s aux Soviets locaux qui en assureront la gestion;<\/p> <p class=Texte>c)&nbsp;Installation des ouvriers dans les quartiers bourgeois;<\/p> <p class=Texte>d)&nbsp;Mise \u00e0 la disposition des organisations ouvri\u00e8res des palais et des \u00e9difices priv\u00e9s et publics importants;<\/p> <p class=Texte>e)&nbsp;R\u00e9alisation d&rsquo;un large programme de construction d&rsquo;habitations.<\/p> <p class=Texte>F.&nbsp;Questions nationale et coloniale<\/p> <p class=Texte>a)&nbsp;Reconnaissance pour toutes les nationalit\u00e9s, sans distinction de race, du droit de disposer librement d&rsquo;elles-m\u00eames jusqu&rsquo;\u00e0 former des \u00c9tats ind\u00e9pendants;<\/p> <p class=Texte>b)&nbsp;Unification et centralisation volontaires des forces militaires et \u00e9conomiques de tous les peuples affranchis du capitalisme pour la lutte contre l&rsquo;imp\u00e9rialisme et l&rsquo;\u00e9dification de l&rsquo;\u00e9conomie socialiste;<\/p> <p class=Texte>c)&nbsp;Lutte \u00e9nergique, par tous les moyens, contre toute restriction ou limitation des droits d&rsquo;un peuple, d&rsquo;une nationalit\u00e9 ou d&rsquo;une race, quels qu&rsquo;ils soient. \u00c9galit\u00e9 compl\u00e8te des nations et des races;<\/p> <p class=Texte>d)&nbsp;Garantie de d\u00e9veloppement et soutien par toutes les forces et tous les moyens de l&rsquo;\u00c9tat sovi\u00e9tique, de la culture nationale des nations affranchies du capitalisme, poursuite d&rsquo;une politique prol\u00e9tarienne pers\u00e9v\u00e9rante dans le d\u00e9veloppement du contenu de ces cultures;<\/p> <p class=Texte>e)&nbsp;Large assistance au d\u00e9veloppement \u00e9conomique, politique et culturel des \u201cr\u00e9gions\u201d et des \u201ccolonies\u201d pr\u00e9c\u00e9demment opprim\u00e9es, afin d&rsquo;y constituer les bases solides d&rsquo;une \u00e9galit\u00e9 nationale effective et compl\u00e8te;<\/p> <p class=Texte>f)&nbsp;Lutte contre toutes les survivances du chauvinisme, des haines nationales, des pr\u00e9jug\u00e9s de race et de tous les autres produits de la barbarie f\u00e9odale et capitaliste.<\/p> <p class=Texte>G.&nbsp;Moyens d&rsquo;influence id\u00e9ologique<\/p> <p class=Texte>a)&nbsp;Nationalisation des imprimeries;<\/p> <p class=Texte>b)&nbsp;Monopolisation des journaux et des \u00e9ditions;<\/p> <p class=Texte>c)&nbsp;Nationalisation des grandes entreprises de cin\u00e9ma, des th\u00e9\u00e2tres, etc.;<\/p> <p class=Texte>d)&nbsp;Utilisation des moyens nationalis\u00e9s de \u201cproduction intellectuelle\u201d \u00e0 des fins de large instruction politique et g\u00e9n\u00e9rale des travailleurs et d&rsquo;\u00e9dification d&rsquo;une nouvelle culture socialiste sur une base prol\u00e9tarienne de classe.<\/p> <p class=Intertitre2a>4.&nbsp;Les bases de la politique \u00e9conomique de la dictature du prol\u00e9tariat<\/p> <p class=Texte>Il est n\u00e9cessaire de prendre en consid\u00e9ration les r\u00e8gles suivantes dans l&rsquo;accomplissement de ces diverses t\u00e2ches de la dictature du prol\u00e9tariat:<\/p> <p class=Texte>1.&nbsp;L&rsquo;abolition compl\u00e8te de la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e du sol et sa nationalisation ne peuvent avoir lieu imm\u00e9diatement dans les pays capitalistes les plus avanc\u00e9s o\u00f9 le principe de la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e est profond\u00e9ment enracin\u00e9 dans les grandes masses paysannes. La nationalisation du sol ne peut \u00eatre r\u00e9alis\u00e9e dans ces pays que progressivement, par diverses mesures transitoires.<\/p> <p class=Texte>2.&nbsp;La nationalisation de la production ne doit pas s&rsquo;\u00e9tendre, en r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, aux petites et moyennes entreprises (de paysans, d&rsquo;artisans, de petits et moyens commer\u00e7ants, etc.).<\/p> <p class=Texte>Premi\u00e8rement, parce que le prol\u00e9tariat doit \u00e9tablir une distinction rigoureuse entre la propri\u00e9t\u00e9 du simple producteur de marchandises, fond\u00e9e sur son travail m\u00eame et qu&rsquo;il est possible et n\u00e9cessaire de faire entrer peu \u00e0 peu dans la voie de l&rsquo;\u00e9dification socialiste, et la propri\u00e9t\u00e9 du capitaliste, exploiteur d&rsquo;autrui, dont la liquidation est la condition indispensable de toute \u00e9dification du socialisme. Deuxi\u00e8mement, parce que le prol\u00e9tariat, arriv\u00e9 au pouvoir, n&rsquo;a pas assez de forces organisatrices, surtout pendant les premi\u00e8re phases de la dictature, pour d\u00e9truire le capitalisme et organiser en m\u00eame temps la liaison des unit\u00e9s individuelles de production &#8209;&nbsp;petites et moyennes&nbsp;&#8209; sur une nouvelle base socialiste; ces petites exploitations individuelles (les exploitations paysannes avant tout) ne seront entra\u00een\u00e9es que peu \u00e0 peu dans la voie de l&rsquo;organisation socialiste g\u00e9n\u00e9rale de la production et de la r\u00e9partition, gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;appui syst\u00e9matique et puissant que l&rsquo;\u00c9tat prol\u00e9tarien pr\u00eatera \u00e0 toutes les forces de leur collectivisation. Tout essai de transformation de leur r\u00e9gime \u00e9conomique par contrainte, toute collectivisation forc\u00e9e ne donneraient que des r\u00e9sultats n\u00e9gatifs.<\/p> <p class=Texte>3.&nbsp;L&rsquo;existence d&rsquo;un grand nombre de petites unit\u00e9s de production (en premier lieu, d&rsquo;exploitations paysannes, de fermes, d&rsquo;ateliers d&rsquo;artisans, de fonds de petits commer\u00e7ants, etc.), non seulement dans les colonies, les semi-colonies et les pays \u00e9conomiquement arri\u00e9r\u00e9s o\u00f9 les masses petites-bourgeoises forment l&rsquo;\u00e9norme majorit\u00e9 de la population, mais encore dans les centres de l&rsquo;\u00e9conomie capitaliste mondiale (les \u00c9tats&#8209;Unis, l&rsquo;Allemagne et, jusqu&rsquo;\u00e0 un certain point, l&rsquo;Angleterre), rendent, dans une certaine mesure, n\u00e9cessaire au premier degr\u00e9 du d\u00e9veloppement le maintien du march\u00e9 comme forme de liaison \u00e9conomique, le maintien du syst\u00e8me mon\u00e9taire, etc. La diversit\u00e9 des types \u00e9conomiques (de la grande industrie socialis\u00e9e \u00e0 la petite production artisanale et paysanne) qui ne peut manquer d&rsquo;\u00eatre accompagn\u00e9e de leur lutte, la diversit\u00e9 des classes et des groupements de classe qui leur correspondent, qui ont des stimulants \u00e9conomiques diff\u00e9rents dans leur activit\u00e9 et qui luttent pour leurs int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques, enfin l&rsquo;existence, dans tous les domaines de la vie \u00e9conomique, de coutumes et de traditions h\u00e9rit\u00e9es de la soci\u00e9t\u00e9 bourgeoise qui ne peuvent dispara\u00eetre d&#8217;embl\u00e9e,&nbsp;&#8209; exigent que la direction \u00e9conomique du prol\u00e9tariat combine dans de justes proportions, sur la base du march\u00e9, la grande industrie socialiste et la petite exploitation des simples producteurs de marchandises, r\u00e9alise, en d&rsquo;autres termes, une combinaison susceptible d&rsquo;assurer en m\u00eame temps le r\u00f4le dirigeant de l&rsquo;industrie socialiste et l&rsquo;essor maximum de la masse principale des exploitations paysannes. Plus est grande dans l&rsquo;ensemble de l&rsquo;\u00e9conomie nationale l&rsquo;importance du travail des petits paysans diss\u00e9min\u00e9s, plus aussi est grand le r\u00f4le du march\u00e9, moindre est l&rsquo;importance de la gestion directe d&rsquo;apr\u00e8s un plan \u00e9tabli, plus le plan d&rsquo;ensemble de l&rsquo;\u00e9conomie d\u00e9pend de la pr\u00e9vision des rapports \u00e9conomiques spontan\u00e9s. Inversement, moindre est le poids de la petite \u00e9conomie dans l&rsquo;\u00e9conomie nationale, plus importante la part du travail socialis\u00e9, plus puissante la masse des moyens de production concentr\u00e9s et socialis\u00e9s, et moindre est l&rsquo;\u00e9tendue du march\u00e9, plus s&rsquo;accro\u00eet l&rsquo;importance du plan d&rsquo;ensemble \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard du jeu spontan\u00e9 des lois de l&rsquo;\u00e9change, et plus les m\u00e9thodes de gestion directe de la production et de la r\u00e9partition conform\u00e9ment \u00e0 un plan \u00e9tabli sont importantes et universellement applicables.<\/p> <p class=Texte>Les avantages techniques et \u00e9conomiques de la grande industrie socialis\u00e9e, la centralisation par l&rsquo;\u00c9tat prol\u00e9tarien de tous les leviers de commande de l&rsquo;\u00e9conomie (industrie, transports, grandes exploitations agricoles, banques, etc.), la gestion de l&rsquo;\u00e9conomie selon un plan, la puissance de l&rsquo;\u00c9tat dans son ensemble (budget, imp\u00f4ts, l\u00e9gislation administrative et l\u00e9gislation g\u00e9n\u00e9rale) conduisent, \u00e0 condition que la dictature du prol\u00e9tariat suive une politique juste, &#8209;&nbsp;qu&rsquo;elle tienne, en d&rsquo;autres termes, un compte exact des rapports des forces sociales&nbsp;&#8209; \u00e0 l&rsquo;\u00e9limination constante et syst\u00e9matique des vestiges du capital priv\u00e9 et des nouveaux \u00e9l\u00e9ments capitalistes qui, dans les villes comme les campagnes (paysans riches, koulaks), naissent du d\u00e9veloppement de la simple production marchande dans les conditions cr\u00e9\u00e9es par une libert\u00e9 de commerce plus ou moins grande et par le march\u00e9. La masse principale des exploitations paysannes (c&rsquo;est&#8209;\u00e0&#8209;dire les petites et les moyennes exploitations) sont, d&rsquo;autre part, syst\u00e9matiquement incorpor\u00e9es par la coop\u00e9ration et l&rsquo;extension des formes collectives de l&rsquo;agriculture au syst\u00e8me g\u00e9n\u00e9ral du socialisme en voie de d\u00e9veloppement. Les formes et les m\u00e9thodes d&rsquo;activit\u00e9 \u00e9conomique, d&rsquo;apparence capitaliste, li\u00e9es aux rapports \u00e9conomiques du march\u00e9 (calcul de la valeur, r\u00e9tribution du travail en argent, achat et vente, cr\u00e9dits et banques, etc.) jouent, dans la mesure o\u00f9 elles desservent de plus en plus les entreprises de type socialiste cons\u00e9quent, c&rsquo;est&#8209;\u00e0&#8209;dire le secteur socialiste de l&rsquo;\u00e9conomie, le r\u00f4le de leviers du socialisme.<\/p> <p class=Texte>Ainsi, les rapports \u00e9conomiques du march\u00e9 portent &#8209;&nbsp;la dictature du prol\u00e9tariat et une politique juste de l&rsquo;\u00c9tat sovi\u00e9tique \u00e9tant donn\u00e9es&nbsp;&#8209; dans leur d\u00e9veloppement les germes de leur propre destruction: en contribuant \u00e0 l&rsquo;\u00e9limination du capital priv\u00e9, \u00e0 la transformation de l&rsquo;\u00e9conomie rurale, \u00e0 la centralisation et \u00e0 la concentration des moyens de production aux mains de l&rsquo;\u00c9tat prol\u00e9tarien, ils facilitent l&rsquo;\u00e9limination des rapports \u00e9conomiques du march\u00e9.<\/p> <p class=Texte>Au cas probable d&rsquo;une intervention militaire des capitalistes et d&rsquo;une guerre contre-r\u00e9volutionnaire de longue dur\u00e9e contre la dictature du prol\u00e9tariat, la direction \u00e9conomique devra s&rsquo;inspirer, avant tout, des int\u00e9r\u00eats de la d\u00e9fense de la dictature du prol\u00e9tariat; la n\u00e9cessit\u00e9 peut s&rsquo;imposer d&rsquo;une politique communiste \u00e9conomique de guerre (communisme de guerre) qui n&rsquo;est autre que l&rsquo;organisation rationnelle de la consommation en vue de la d\u00e9fense, accompagn\u00e9e d&rsquo;une pression accrue sur les \u00e9l\u00e9ments capitalistes (confiscations, r\u00e9quisitions, etc.), d&rsquo;une abrogation plus ou moins compl\u00e8te de la libert\u00e9 du commerce et des rapports du march\u00e9 et d&rsquo;un bouleversement profond des stimulants individuels de la petite production, toutes choses li\u00e9es \u00e0 une baisse des forces productives du pays. Cette politique de \u201ccommunisme de guerre\u201d, sapant la base mat\u00e9rielle des ennemis de la classe ouvri\u00e8re \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du pays, assurant la r\u00e9partition rationnelle des stocks existants, secondant la d\u00e9fense arm\u00e9e de la dictature du prol\u00e9tariat et trouvant en cela sa justification historique, ne peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un syst\u00e8me \u201cnormal\u201d de politique \u00e9conomique de la dictature du prol\u00e9tariat.<\/p> <p class=Intertitre2a>5.&nbsp;La dictature du prol\u00e9tariat et les classes sociales<\/p> <p class=Texte>La dictature du prol\u00e9tariat continue la lutte de classes dans de nouvelles conditions. C&rsquo;est une lutte tenace, sanglante et sans effusion de sang, violente et pacifique, militaire et \u00e9conomique, p\u00e9dagogique et administrative, contre les forces et les traditions de l&rsquo;ancienne soci\u00e9t\u00e9, contre les capitalistes de l&rsquo;ext\u00e9rieur, contre les d\u00e9bris des classes exploiteuses \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du pays, contre les pousses d&rsquo;une bourgeoisie nouvelle naissant de la production marchande pas encore \u00e9limin\u00e9e.<\/p> <p class=Texte>Dans la p\u00e9riode de liquidation de la guerre civile, la lutte de classes opini\u00e2tre continue sous des formes nouvelles et, avant tout, sous la forme de la lutte entre les vestiges et les nouvelles pousses des vieux syst\u00e8mes \u00e9conomiques d&rsquo;une part, et les formes socialistes de l&rsquo;\u00e9conomie de l&rsquo;autre. Les formes m\u00eames de cette lutte se modifient aux diff\u00e9rentes \u00e9tapes du d\u00e9veloppement socialiste, au d\u00e9but duquel elles peuvent rev\u00eatir une certaine \u00e2pret\u00e9.<\/p> <p class=Texte>Au d\u00e9but de la dictature prol\u00e9tarienne, la politique du prol\u00e9tariat \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des autres classes et groupes sociaux de pays est d\u00e9termin\u00e9e par les principes suivants:<\/p> <p class=Texte>1.&nbsp;La grande bourgeoisie et les grands propri\u00e9taires fonciers, les officiers de carri\u00e8re d\u00e9vou\u00e9s \u00e0 ces classes, les g\u00e9n\u00e9raux et la haute bureaucratie sont les ennemis irr\u00e9ductibles de la classe ouvri\u00e8re; contre eux la lutte la plus implacable. L&rsquo;utilisation des capacit\u00e9s d&rsquo;organisation d&rsquo;une certaine partie d&rsquo;entre eux n&rsquo;est possible, en r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, qu&rsquo;apr\u00e8s l&rsquo;affermissement de la dictature du prol\u00e9tariat et la r\u00e9pression d\u00e9cisive de tous les complots et soul\u00e8vements des exploiteurs.<\/p> <p class=Texte>2.&nbsp;En ce qui concerne les intellectuels-techniciens \u00e9duqu\u00e9s dans les traditions bourgeoises, et dont les couches sup\u00e9rieures sont \u00e9troitement attach\u00e9es aux postes de commande du capital, le prol\u00e9tariat, tout en r\u00e9primant avec la derni\u00e8re \u00e9nergie toute vell\u00e9it\u00e9 de mouvement contre-r\u00e9volutionnaire des intellectuels hostiles, doit tenir compte de la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;utiliser cette force sociale qualifi\u00e9e dans l&rsquo;oeuvre d&rsquo;\u00e9dification socialiste et encourager par tous les moyens les neutres et plus encore ceux qui sympathisent avec la r\u00e9volution ouvri\u00e8re. Le prol\u00e9tariat, d\u00e9veloppant les perspectives de l&rsquo;\u00e9dification \u00e9conomique, technique et culturelle du socialisme dans toute leur ampleur, s&rsquo;efforce de conqu\u00e9rir syst\u00e9matiquement les intellectuels-techniciens, de les soumettre \u00e0 son influence id\u00e9ologique et de s&rsquo;assurer leur \u00e9troite collaboration dans l&rsquo;oeuvre de transformation sociale.<\/p> <p class=Texte>3.&nbsp;La t\u00e2che du Parti communiste \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des paysans consiste \u00e0 gagner \u00e0 sa cause, en s&rsquo;appuyant sur le prol\u00e9tariat rural, toutes les populations exploit\u00e9es et laborieuses des campagnes. \u00c9tablissant une distinction entre les diverses couches paysannes et tenant compte de leur importance respective, le prol\u00e9tariat victorieux doit soutenir par tous les moyens les paysans pauvres et les semi&#8209;prol\u00e9taires des campagnes, leur remettre une partie des terres des grands propri\u00e9taires fonciers, faciliter leur lutte contre le capital usurier, etc. Le prol\u00e9tariat doit, en outre, neutraliser les paysans moyens et r\u00e9primer toute r\u00e9sistance de la bourgeoisie rurale alli\u00e9e aux propri\u00e9taires fonciers. Le prol\u00e9tariat doit passer, dans la mesure o\u00f9 il affermit sa dictature et d\u00e9veloppe l&rsquo;\u00e9dification socialiste, d&rsquo;une politique de neutralisation de la masse des paysans moyens \u00e0 une politique d&rsquo;alliance durable avec elle, sans toutefois admettre aucun partage du pouvoir. Car la dictature du prol\u00e9tariat exprime le fait que seuls les ouvriers industriels sont en mesure de diriger l&rsquo;ensemble des travailleurs; monopole prol\u00e9tarien du pouvoir, elle est, d&rsquo;autre part, une forme particuli\u00e8re de l&rsquo;alliance du prol\u00e9tariat, avant&#8209;garde des travailleurs, et de nombreuses cat\u00e9gories non prol\u00e9tariennes de travailleurs, contre le Capital pour consommer son renversement d\u00e9finitif, pour r\u00e9primer \u00e0 fond la r\u00e9sistance et les tentatives de restauration de la bourgeoisie et pour instaurer et affermir le socialisme.<\/p> <p class=Texte>4.&nbsp;La petite bourgeoisie des villes, oscillant sans cesse entre la r\u00e9action la plus noire et la sympathie pour le prol\u00e9tariat, doit \u00e9galement \u00eatre neutralis\u00e9e et, autant que possible, conquise par le prol\u00e9tariat. On atteint ce but en lui conservant sa petite propri\u00e9t\u00e9 et une certaine libert\u00e9 de transactions \u00e9conomiques, et la lib\u00e9rant du joug du cr\u00e9dit usuraire, et en lui assurant l&rsquo;aide multiple du prol\u00e9tariat dans la lutte contre toutes les formes de l&rsquo;oppression capitaliste.<\/p> <p class=Intertitre2a>6.&nbsp;Les organisations de masses dans le syst\u00e8me de la dictature du prol\u00e9tariat<\/p> <p class=Texte>Les objectifs et les fonctions des organisations de masses &#8209;&nbsp;et en premier lieu des organisations ouvri\u00e8res&nbsp;&#8209; changent radicalement dans l&rsquo;accomplissement de toutes ces t\u00e2ches de la dictature prol\u00e9tarienne. Les syndicats, organisations ouvri\u00e8res de masses dans lesquelles s&rsquo;organisent et s&rsquo;\u00e9duquent pour la premi\u00e8re fois les couches les plus \u00e9tendues du prol\u00e9tariat, sont, en r\u00e9gime capitaliste, le principal instrument de la lutte par la gr\u00e8ve, puis de l&rsquo;action de masses contre le capital trust\u00e9 et son \u00c9tat. Ils se transforment sous la dictature prol\u00e9tarienne en levier essentiel de la dictature, en une \u00e9cole du communisme qui entra\u00eene les grandes masses du prol\u00e9tariat dans l&rsquo;oeuvre de gestion socialiste de l&rsquo;industrie, en organisations directement li\u00e9es \u00e0 tous les organes de l&rsquo;\u00c9tat, agissant sur toutes les branches de son activit\u00e9, veillant \u00e0 la fois aux int\u00e9r\u00eats permanents et imm\u00e9diats de la classe ouvri\u00e8re et combattant les d\u00e9formations bureaucratiques des organes de l&rsquo;\u00c9tat sovi\u00e9tique. Les syndicats fournissent les cadres dirigeants de l&rsquo;\u00e9dification, entra\u00eenent dans ce travail les grandes couches du prol\u00e9tariat et luttent contre les d\u00e9formations bureaucratiques qui naissent fatalement de l&rsquo;influence des classes \u00e9trang\u00e8res au prol\u00e9tariat et de l&rsquo;insuffisante culture de masses, ils forment ainsi l&rsquo;ossature des organisations \u00e9conomiques et sociales du prol\u00e9tariat.<\/p> <p class=Texte>Les coop\u00e9ratives ouvri\u00e8res sont, en d\u00e9pit des utopies r\u00e9formistes, condamn\u00e9es en r\u00e9gime capitaliste \u00e0 un r\u00f4le relativement modeste. Sous l&#8217;empire des conditions g\u00e9n\u00e9rales du syst\u00e8me capitaliste et de la politique r\u00e9formiste de leurs dirigeants, elles d\u00e9g\u00e9n\u00e8rent fr\u00e9quemment en appendice du r\u00e9gime; sous la dictature prol\u00e9tarienne, elles peuvent devenir et deviendront les parties constitutives essentielles de l&rsquo;appareil de r\u00e9partition.<\/p> <p class=Texte>Enfin, la coop\u00e9ration agricole des paysans (coop\u00e9ratives de vente, d&rsquo;achat, de cr\u00e9dit, de production) peut et doit &#8209;&nbsp;si elle est bien dirig\u00e9e, si elle combat syst\u00e9matiquement les \u00e9l\u00e9ments capitalistes et s&rsquo;assure la participation effective de la grande masse des paysans travailleurs appuyant le prol\u00e9tariat&nbsp;&#8209; devenir l&rsquo;une des formes d&rsquo;organisation fondamentales reliant la ville \u00e0 la campagne. Les soci\u00e9t\u00e9s coop\u00e9ratives form\u00e9es par les paysans et qui &#8209;&nbsp;dans la mesure o\u00f9 elles sont viables&nbsp;&#8209; se transforment fatalement, pour la plupart, dans les conditions capitalistes, en entreprises capitalistes (plac\u00e9es sous la d\u00e9pendance de l&rsquo;industrie capitaliste, des banques capitalistes, du milieu \u00e9conomique capitaliste, en g\u00e9n\u00e9ral, et dirig\u00e9es par des r\u00e9formistes, par la bourgeoisie rurale, et parfois m\u00eame par des propri\u00e9taires fonciers)&nbsp;&#8209; se transforment, en r\u00e9gime de dictature prol\u00e9tarienne, dans un tout autre sens; elles d\u00e9pendent de l&rsquo;industrie prol\u00e9tarienne, des banques prol\u00e9tariennes, etc. Si le prol\u00e9tariat suit une politique juste, si les \u00e9l\u00e9ments capitalistes sont syst\u00e9matiquement combattus dans la coop\u00e9ration comme au dehors, si l&rsquo;industrie socialiste exerce son r\u00f4le dirigeant, la coop\u00e9ration agricole devient l&rsquo;un des principaux leviers de la transformation socialiste des campagnes et de la collectivisation de l&rsquo;agriculture. Les coop\u00e9ratives de consommation et, plus particuli\u00e8rement, les coop\u00e9ratives agricoles dirig\u00e9es par la bourgeoisie et par ses agents sociaux-d\u00e9mocrates, peuvent \u00eatre n\u00e9anmoins au d\u00e9but, dans certains pays, des foyers d&rsquo;activit\u00e9 contre&#8209;r\u00e9volutionnaire et de sabotage de l&rsquo;\u00e9dification \u00e9conomique de la r\u00e9volution ouvri\u00e8re.<\/p> <p class=Texte>Le prol\u00e9tariat assure l&rsquo;unit\u00e9 de volont\u00e9 et d&rsquo;action dans toute l&rsquo;oeuvre de lutte et d&rsquo;\u00e9dification de ses organisations les plus diverses appel\u00e9es \u00e0 constituer les leviers de l&rsquo;\u00c9tat sovi\u00e9tique et \u00e0 le rattacher aux grandes masses de toutes les couches de classe ouvri\u00e8re par le r\u00f4le dirigeant du Parti communiste dans le syst\u00e8me de la dictature prol\u00e9tarienne.<\/p> <p class=Texte>Le Parti du prol\u00e9tariat s&rsquo;appuie directement sur les syndicats et sur les autres organisations englobant les masses ouvri\u00e8res et, par leur interm\u00e9diaire, les paysans (Soviets, coop\u00e9ratives, Jeunesses communistes, etc.). Par ces leviers, il dirige l&rsquo;ensemble du syst\u00e8me. Le prol\u00e9tariat ne pourra remplir son r\u00f4le d&rsquo;organisateur de la soci\u00e9t\u00e9 nouvelle que gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;appui d\u00e9vou\u00e9 et absolu pr\u00eat\u00e9 au pouvoir des Soviets par toutes les organisations de masses anim\u00e9es d&rsquo;une volont\u00e9 de classe enti\u00e8rement unanime dirig\u00e9e par le Parti.<\/p> <p class=Intertitre2a>7.&nbsp;La dictature du prol\u00e9tariat et la r\u00e9volution culturelle<\/p> <p class=Texte>Ce r\u00f4le d&rsquo;organisateur de la Soci\u00e9t\u00e9 nouvelle suppose, dans le domaine de la culture g\u00e9n\u00e9rale, la maturation culturelle du prol\u00e9tariat lui-m\u00eame, une refonte de sa propre nature par ses propres efforts, la formation incessante, dans ses rangs, de nouveaux cadres de militants susceptibles d&rsquo;acqu\u00e9rir toutes les ressources de la science, de la technique et de l&rsquo;administration et de les mettre en oeuvre pour l&rsquo;\u00e9dification du socialisme et de la nouvelle culture socialiste.<\/p> <p class=Texte>Si la r\u00e9volution bourgeoise, accomplie contre le f\u00e9odalisme, supposait l&rsquo;existence au sein m\u00eame de l&rsquo;ancien r\u00e9gime, d&rsquo;une classe nouvelle sup\u00e9rieure, par sa maturit\u00e9 culturelle, \u00e0 la classe dominante et exer\u00e7ant d\u00e9j\u00e0 l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie dans la vie \u00e9conomique, la r\u00e9volution prol\u00e9tarienne se d\u00e9veloppe dans d&rsquo;autres conditions. Exploit\u00e9e dans l&rsquo;ordre \u00e9conomique, opprim\u00e9e dans l&rsquo;ordre politique, accabl\u00e9e dans le domaine de la culture en r\u00e9gime capitaliste, la classe ouvri\u00e8re ne se transforme elle&#8209;m\u00eame que dans la p\u00e9riode de transition, apr\u00e8s avoir conquis le pouvoir, en d\u00e9truisant le monopole bourgeois de l&rsquo;instruction, en s&rsquo;assimilant la science, en profitant des le\u00e7ons de l&rsquo;oeuvre \u00e9dificatrice la plus vaste. La formation d&rsquo;une conscience communiste de masse et la r\u00e9alisation du socialisme exigent une transformation des masses humaines qui n&rsquo;est possible que par l&rsquo;action pratique, par la r\u00e9volution; la r\u00e9volution est donc n\u00e9cessaire, non seulement parce que la classe dominante ne peut \u00eatre renvers\u00e9e par aucun autre moyen, mais encore parce que la classe qui la renverse ne peut sortir des orni\u00e8res boueuses de la vieille soci\u00e9t\u00e9 et devenir capable de cr\u00e9er la soci\u00e9t\u00e9 nouvelle que par la r\u00e9volution.<\/p> <p class=Texte>La classe ouvri\u00e8re, abolissant le monopole capitaliste des moyens de production, doit \u00e9galement abolir le monopole bourgeois de l&rsquo;instruction, s&#8217;emparer en d&rsquo;autres termes de toutes les \u00e9coles, y compris les \u00e9coles sup\u00e9rieures. La pr\u00e9paration, au sein de la classe ouvri\u00e8re, de sp\u00e9cialistes de la production (ing\u00e9nieurs, techniciens, organisateurs, etc.), de sp\u00e9cialistes militaires, de savants, d&rsquo;artistes, etc., est pour la cause du prol\u00e9tariat une t\u00e2che d&rsquo;une importance particuli\u00e8re \u00e0 laquelle il faut ajouter le d\u00e9veloppement g\u00e9n\u00e9ral de la culture des masses prol\u00e9tariennes, leur instruction politique, l&rsquo;augmentation de leurs connaissances et de leur qualification technique, la cr\u00e9ation chez elles d&rsquo;habitudes de travail social et administratif, la lutte contre les vestiges des pr\u00e9jug\u00e9s bourgeois et petits-bourgeois, etc.<\/p> <p class=Texte>Ce n&rsquo;est que dans la mesure o\u00f9 le prol\u00e9tariat formera ses propres forces d&rsquo;avant-garde pour les placer \u00e0 tous les \u201cpostes de commande\u201d de la culture et de l&rsquo;\u00e9dification socialiste, ce n&rsquo;est que dans la mesure o\u00f9 ses forces grandiront entra\u00eenant sans cesse de nouveaux \u00e9l\u00e9ments de la classe ouvri\u00e8re dans le proc\u00e8s de transformation r\u00e9volutionnaire de la culture et supprimeront ainsi peu \u00e0 peu au sein de la classe ouvri\u00e8re m\u00eame la division en \u00e9l\u00e9ments \u201cavanc\u00e9s\u201d et \u201carri\u00e9r\u00e9s\u201d, que le succ\u00e8s de l&rsquo;\u00e9dification victorieuse du socialisme sera assur\u00e9 et garanti contre la gangr\u00e8ne bureaucratique et la d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence de la classe ouvri\u00e8re.<\/p> <p class=Texte>Mais le prol\u00e9tariat transforme aussi au cours de la r\u00e9volution les autres classes, les nombreux \u00e9l\u00e9ments de la petite bourgeoisie des villes et des campagnes, en premier lieu et plus particuli\u00e8rement les paysans travailleurs. Faisant concourir les grandes masses \u00e0 la r\u00e9volution culturelle, les entra\u00eenant dans l&rsquo;\u00e9dification socialiste, les unissant et les \u00e9duquant dans l&rsquo;esprit communiste par tous les moyens qui sont \u00e0 sa disposition, luttant avec \u00e9nergie contre toutes les id\u00e9ologies antiprol\u00e9tariennes et corporatives, combattant opini\u00e2trement et syst\u00e9matiquement l&rsquo;obscurantisme des campagnes, la classe ouvri\u00e8re pr\u00e9pare (sur la base du d\u00e9veloppement des formes collectives de l&rsquo;\u00e9conomie) l&rsquo;\u00e9limination de la division de la soci\u00e9t\u00e9 en classes.<\/p> <p class=Texte>Parmi les objectifs de la r\u00e9volution culturelle int\u00e9ressant les plus grandes masses, la lutte contre la religion, cet opium des peuples, tient une place sp\u00e9ciale; cette lutte doit \u00eatre poursuivie inflexiblement et syst\u00e9matiquement. Le pouvoir prol\u00e9taire doit supprimer tout appui de l&rsquo;\u00c9tat \u00e0 l&rsquo;\u00c9glise, agent des classes dominantes, mettre un terme \u00e0 toute intervention de l&rsquo;\u00c9glise dans l&rsquo;\u00e9ducation et l&rsquo;enseignement organis\u00e9s par l&rsquo;\u00c9tat et r\u00e9primer sans merci l&rsquo;activit\u00e9 contre-r\u00e9volutionnaire des organisations eccl\u00e9siastiques. Le pouvoir prol\u00e9tarien, admettant la libert\u00e9 religieuse et abolissant les privil\u00e8ges de la religion nagu\u00e8re dominante, entretient en m\u00eame temps, par tous les moyens \u00e0 sa port\u00e9e, une active propagande antireligieuse et reconstruit tout l&rsquo;enseignement et toute l&rsquo;\u00e9ducation sur la base de la conception scientifique mat\u00e9rialiste du monde.<\/p> <p class=Intertitre2a>8.&nbsp;La lutte pour la dictature mondiale du prol\u00e9tariat et les principaux types de r\u00e9volutions<\/p> <p class=Texte>La r\u00e9volution prol\u00e9tarienne internationale r\u00e9sulte de proc\u00e8s divers et non simultan\u00e9s: r\u00e9volutions prol\u00e9tariennes proprement dites; r\u00e9volutions du type d\u00e9mocratique-bourgeois se transformant en r\u00e9volutions prol\u00e9tariennes; guerres d&rsquo;\u00e9mancipation nationale, r\u00e9volutions coloniales. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;en fin de compte que le proc\u00e8s r\u00e9volutionnaire aboutit \u00e0 la dictature mondiale du prol\u00e9tariat.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;in\u00e9galit\u00e9 du d\u00e9veloppement capitaliste, accentu\u00e9e dans la p\u00e9riode imp\u00e9rialiste, cause la diversit\u00e9 des types de capitalisme de maturit\u00e9 in\u00e9gale dans les divers pays et les conditions vari\u00e9es et sp\u00e9cifiques du proc\u00e8s r\u00e9volutionnaire. Ces circonstances rendent historiquement in\u00e9vitable la diversit\u00e9 des voies et de l&rsquo;allure de la conqu\u00eate du pouvoir par le prol\u00e9tariat; elles rendent n\u00e9cessaires dans divers pays certaines \u00e9tapes transitoires vers la dictature du prol\u00e9tariat et la diversit\u00e9 des formes du socialisme en voie de construction.<\/p> <p class=Texte>La diversit\u00e9 des conditions et des voies qui conduisent \u00e0 la dictature du prol\u00e9tariat dans les diff\u00e9rents pays peut \u00eatre sch\u00e9matiquement r\u00e9duite \u00e0 trois types principaux.<\/p> <p class=Texte>Pays du capitalisme hautement d\u00e9velopp\u00e9 (\u00c9tats&#8209;Unis, Allemagne, Angleterre, etc.) poss\u00e9dant de puissantes forces productives, une production fortement centralis\u00e9e o\u00f9 la petite \u00e9conomie n&rsquo;a qu&rsquo;une importance relativement faible, jouissant d&rsquo;un r\u00e9gime politique de d\u00e9mocratie bourgeoise form\u00e9 depuis longtemps. Dans ces pays, le passage direct \u00e0 la dictature du prol\u00e9tariat est la principale revendication politique du programme. Dans le domaine \u00e9conomique, les points essentiels sont: l&rsquo;expropriation de toute la grande production, l&rsquo;organisation d&rsquo;un grand nombre d&rsquo;entreprises agricoles sovi\u00e9tiques d&rsquo;\u00c9tat, et, inversement, la remise d&rsquo;une partie relativement faible des terres aux paysans; l&rsquo;\u00e9tendue relativement restreinte des rapports \u00e9conomiques spontan\u00e9s du march\u00e9; l&rsquo;allure rapide de l&rsquo;\u00e9volution socialiste en g\u00e9n\u00e9ral et de la collectivisation de l&rsquo;\u00e9conomie paysanne en particulier.<\/p> <p class=Texte>Pays d&rsquo;un d\u00e9veloppement capitaliste moyen (Espagne, Portugal, Pologne, Hongrie, Balkans, etc.) qui conservent des vestiges assez importants du r\u00e9gime semi&#8209;f\u00e9odal dans l&rsquo;agriculture, poss\u00e8dent cependant un certain minimum de conditions mat\u00e9rielles indispensables \u00e0 l&rsquo;\u00e9dification socialiste mais n&rsquo;ont pas encore achev\u00e9 leur transformation d\u00e9mocratique-bourgeoise. Dans certains de ces pays, une transformation plus ou moins rapide de la r\u00e9volution d\u00e9mocratique-bourgeoise en r\u00e9volution socialiste est possible; dans d&rsquo;autres, sont possibles divers types de r\u00e9volutions prol\u00e9tariennes ayant, cependant, \u00e0 accomplir des t\u00e2ches de caract\u00e8re bourgeois-d\u00e9mocratique d&rsquo;une grande ampleur. Ici, la dictature du prol\u00e9tariat peut donc ne pas s&rsquo;\u00e9tablir d&#8217;embl\u00e9e; elle s&rsquo;institue au cours de la transformation de la dictature d\u00e9mocratique du prol\u00e9tariat et des paysans en dictature socialiste du prol\u00e9tariat; quand la r\u00e9volution rev\u00eat imm\u00e9diatement un caract\u00e8re prol\u00e9tarien, elle suppose la direction, par le prol\u00e9tariat, d&rsquo;un large mouvement paysan-agraire; la r\u00e9volution agraire y joue, en g\u00e9n\u00e9ral, un tr\u00e8s grand r\u00f4le, parfois d\u00e9cisif; au cours de l&rsquo;expropriation de la grande propri\u00e9t\u00e9 fonci\u00e8re, une grande partie des terres confisqu\u00e9es est mise \u00e0 la disposition des paysans; les rapports \u00e9conomiques du march\u00e9 conservent une grande importance au lendemain de la victoire du prol\u00e9tariat; amener les paysans \u00e0 la coop\u00e9ration puis les grouper dans des associations de production est une des t\u00e2ches les plus importantes de l&rsquo;\u00e9dification socialiste. L&rsquo;allure de cette \u00e9dification est relativement lente.<\/p> <p class=Texte>Pays coloniaux et semi&#8209;coloniaux (Chine, Indes, etc.) et pays d\u00e9pendants (Argentine, Br\u00e9sil et autres) poss\u00e9dant un embryon d&rsquo;industrie, parfois m\u00eame une industrie d\u00e9velopp\u00e9e, insuffisante toutefois dans la majorit\u00e9 des cas pour l&rsquo;\u00e9dification ind\u00e9pendante du socialisme; pays o\u00f9 pr\u00e9dominent les rapports sociaux du moyen \u00e2ge f\u00e9odal ou le \u201cmode asiatique de production\u201d tant dans la vie \u00e9conomique que dans sa superstructure politique; pays enfin, o\u00f9 les principales entreprises industrielles, commerciales, bancaires, les principaux moyens de transports, les plus grands domaines, les plus grandes plantations, etc., sont aux mains de groupes imp\u00e9rialistes \u00e9trangers. La lutte contre le f\u00e9odalisme et contre les formes pr\u00e9capitalistes de l&rsquo;exploitation et la r\u00e9volution agraire poursuivie avec esprit de suite, d&rsquo;une part; la lutte contre l&rsquo;imp\u00e9rialisme \u00e9tranger, pour l&rsquo;ind\u00e9pendance nationale, d&rsquo;autre part, ont ici une importance primordiale. Le passage \u00e0 la dictature du prol\u00e9tariat n&rsquo;est possible dans ces pays, en r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, que par une s\u00e9rie d&rsquo;\u00e9tapes pr\u00e9paratoires, par toute une p\u00e9riode de transformations de la r\u00e9volution bourgeoise-d\u00e9mocratique en r\u00e9volution socialiste; le succ\u00e8s de l&rsquo;\u00e9dification socialiste y est, dans la plupart des cas, conditionn\u00e9 par l&rsquo;appui direct des pays de dictature prol\u00e9tarienne.<\/p> <p class=Texte>Dans les pays encore plus arri\u00e9r\u00e9s (dans certaine partie de l&rsquo;Afrique, par exemple), o\u00f9 il n&rsquo;y a pas ou presque pas d&rsquo;ouvriers salari\u00e9s, o\u00f9 la majorit\u00e9 des populations vit en tribus, o\u00f9 subsistent encore les formes primitives de l&rsquo;organisation sociale, o\u00f9 la bourgeoisie nationale fait presque d\u00e9faut, o\u00f9 l&rsquo;imp\u00e9rialisme \u00e9tranger joue, avant tout, le r\u00f4le d&rsquo;un occupant militaire qui s&#8217;empare des terres, la lutte pour l&rsquo;\u00e9mancipation nationale est au premier plan. Le soul\u00e8vement national et sa victoire peuvent ouvrir ici la voie \u00e0 une \u00e9volution vers le socialisme sans passer par le stade du capitalisme, si une aide effective et puissante leur est apport\u00e9e par les pays de dictature prol\u00e9tarienne.<\/p> <p class=Texte>Ainsi, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque o\u00f9 la conqu\u00eate du pouvoir par le prol\u00e9tariat est \u00e0 l&rsquo;ordre du jour dans les pays capitalistes avanc\u00e9s, o\u00f9 la dictature du prol\u00e9tariat existe d\u00e9j\u00e0 dans l&rsquo;U.R.S.S. et constitue un facteur d&rsquo;importance mondiale, les mouvements de lib\u00e9ration des pays coloniaux et semi&#8209;coloniaux, suscit\u00e9s par la p\u00e9n\u00e9tration du capitalisme mondial, peuvent aboutir, malgr\u00e9 l&rsquo;insuffisante maturit\u00e9 des rapports sociaux de ces pays consid\u00e9r\u00e9s isol\u00e9ment, \u00e0 leur d\u00e9veloppement socialiste gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;aide et \u00e0 l&rsquo;appui de la dictature du prol\u00e9tariat et du mouvement prol\u00e9tarien international en g\u00e9n\u00e9ral.<\/p> <p class=Intertitre2a>9.&nbsp;La lutte pour la dictature mondiale du prol\u00e9tariat et la r\u00e9volution coloniale<\/p> <p class=Texte>Les conditions particuli\u00e8res de la lutte r\u00e9volutionnaire dans les pays coloniaux et semi&#8209;coloniaux, l&rsquo;in\u00e9luctabilit\u00e9 d&rsquo;une longue p\u00e9riode de luttes pour la dictature d\u00e9mocratique du prol\u00e9tariat et des paysans et pour sa transformation en dictature prol\u00e9tarienne, enfin, l&rsquo;importance d\u00e9cisive des facteurs nationaux, imposent aux Partis communistes de ces pays diverses t\u00e2ches particuli\u00e8res dont l&rsquo;accomplissement doit pr\u00e9parer les voies \u00e0 la dictature du prol\u00e9tariat. L&rsquo;Internationale communiste estime que les principales sont les suivantes:<\/p> <p class=Texte>1.&nbsp;Renversement de la domination de l&rsquo;imp\u00e9rialisme \u00e9tranger, des f\u00e9odaux et de la bureaucratie agrarienne.<\/p> <p class=Texte>2.&nbsp;\u00c9tablissement d&rsquo;une dictature d\u00e9mocratique du prol\u00e9tariat et des paysans sur la base des Soviets.<\/p> <p class=Texte>3.&nbsp;Compl\u00e8te ind\u00e9pendance nationale et formation de l&rsquo;\u00c9tat national.<\/p> <p class=Texte>4.&nbsp;Annulation des dettes de l&rsquo;\u00c9tat.<\/p> <p class=Texte>5.&nbsp;Nationalisation des grandes entreprises (industries, transports, banques, etc.) appartenant aux imp\u00e9rialistes.<\/p> <p class=Texte>6.&nbsp;Confiscation des domaines appartenant aux grands propri\u00e9taires fonciers, aux \u00e9glises et aux monast\u00e8res. Nationalisation du sol.<\/p> <p class=Texte>7.&nbsp;Journ\u00e9e de 8&nbsp;heures.<\/p> <p class=Texte>8.&nbsp;Organisation d&rsquo;une arm\u00e9e r\u00e9volutionnaire ouvri\u00e8re et paysanne.<\/p> <p class=Texte>Au cours de l&rsquo;extension et de l&rsquo;intensification de la lutte (sabotage de la part de la bourgeoisie, confiscation des entreprises appartenant aux \u00e9l\u00e9ments bourgeois qui sabotent, entra\u00eenant in\u00e9vitablement la nationalisation de la grande industrie) dans les colonies et semi-colonies o\u00f9 le prol\u00e9tariat joue un r\u00f4le dirigeant et pr\u00e9dominant, la r\u00e9volution d\u00e9mocratique-bourgeoise se transformera en r\u00e9volution prol\u00e9tarienne. Dans les pays o\u00f9 le prol\u00e9tariat fait d\u00e9faut, le renversement du pouvoir des imp\u00e9rialistes doit signifier l&rsquo;organisation du pouvoir des Soviets populaires (de paysans) et la confiscation au profit de l&rsquo;\u00c9tat des entreprises et des terres appartenant aux \u00e9trangers.<\/p> <p class=Texte>Au point de vue de la lutte contre l&rsquo;imp\u00e9rialisme et de la conqu\u00eate du pouvoir par la classe ouvri\u00e8re, les r\u00e9volutions coloniales et les mouvements de lib\u00e9ration nationale jouent un r\u00f4le immense. L&rsquo;importance des colonies et des semi&#8209;colonies dans la p\u00e9riode de transition r\u00e9sulte \u00e9galement du fait qu&rsquo;elles sont en quelque sorte la campagne mondiale, en pr\u00e9sence des pays industriels qui jouent le r\u00f4le de la cit\u00e9 mondiale; l&rsquo;organisation de l&rsquo;\u00e9conomie socialiste mondiale et la coordination rationnelle de l&rsquo;industrie et l&rsquo;agriculture d\u00e9pendent dans une large mesure de l&rsquo;attitude envers les anciennes colonies de l&rsquo;imp\u00e9rialisme. La r\u00e9alisation d&rsquo;une alliance fraternelle et combative avec les masses laborieuses des colonies est donc un des objectifs principaux du prol\u00e9tariat industriel du monde qui exerce l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie de la direction dans la lutte contre l&rsquo;imp\u00e9rialisme.<\/p> <p class=Texte>La marche de la r\u00e9volution mondiale qui entra\u00eene les ouvriers des m\u00e9tropoles dans la lutte pour la dictature du prol\u00e9tariat, dresse \u00e9galement des centaines de millions d&rsquo;ouvriers et de paysans coloniaux contre l&rsquo;imp\u00e9rialisme \u00e9tranger. \u00c9tant donn\u00e9 l&rsquo;existence de foyers du socialisme organis\u00e9s en R\u00e9publiques sovi\u00e9tiques et la croissance de leur puissance \u00e9conomique, les colonies d\u00e9tach\u00e9es de l&rsquo;imp\u00e9rialisme se rapprochent dans le domaine \u00e9conomique des centres industriels du socialisme mondial auxquels elles s&rsquo;unissent; peu \u00e0 peu elles sont entra\u00een\u00e9es dans l&rsquo;\u00e9dification socialiste, \u00e9vitent la phase du d\u00e9veloppement capitaliste comme syst\u00e8me dominant et acqui\u00e8rent la possibilit\u00e9 d&rsquo;un progr\u00e8s \u00e9conomique et culturel rapide. En se groupant politiquement autour des centres de la dictature du prol\u00e9tariat, les Soviets ouvriers et paysans des anciennes colonies plus d\u00e9velopp\u00e9es s&rsquo;int\u00e8grent au syst\u00e8me grandissant de la F\u00e9d\u00e9ration des R\u00e9publiques sovi\u00e9tiques, et, par l\u00e0 m\u00eame, au syst\u00e8me mondial de la dictature du prol\u00e9tariat.<\/p> <p class=Texte>Le socialisme, nouveau mode de production, atteint ainsi dans son essor une envergure mondiale.<\/p> <p class=Intertitre1a>V.&nbsp;La dictature du prol\u00e9tariat dans l&rsquo;U.R.S.S. et la r\u00e9volution sociale mondiale<\/p> <p class=Intertitre2a>1.&nbsp;L&rsquo;\u00e9dification du socialisme dans l&rsquo;U.R.S.S. et la lutte de classes<\/p> <p class=Texte>La scission de l&rsquo;\u00e9conomie mondiale en pays du capitalisme et pays du socialisme en voie d&rsquo;\u00e9dification est la manifestation essentielle de la profonde crise du syst\u00e8me capitaliste. L&rsquo;affermissement int\u00e9rieur de la dictature prol\u00e9tarienne dans l&rsquo;U.R.S.S., les succ\u00e8s de l&rsquo;\u00e9dification socialiste, l&rsquo;influence et l&rsquo;autorit\u00e9 croissantes de l&rsquo;U.R.S.S. parmi les masses prol\u00e9tariennes et les peuples opprim\u00e9s des colonies attestent par cons\u00e9quent la continuation, le renforcement et le d\u00e9veloppement de la r\u00e9volution socialiste mondiale. Disposant dans le pays m\u00eame des pr\u00e9mices mat\u00e9rielles n\u00e9cessaires et suffisantes, non seulement au renversement des grands propri\u00e9taires fonciers et de la bourgeoisie, mais aussi \u00e0 l&rsquo;\u00e9dification du socialisme int\u00e9gral, les ouvriers des R\u00e9publiques sovi\u00e9tiques, aid\u00e9s du prol\u00e9tariat international, ont h\u00e9ro\u00efquement repouss\u00e9 les agressions des forces arm\u00e9es de la contre&#8209;r\u00e9volution int\u00e9rieure et \u00e9trang\u00e8re, affermi leur alliance avec les grandes masses paysannes et obtenu des succ\u00e8s consid\u00e9rables dans le domaine de l&rsquo;\u00e9dification socialiste.<\/p> <p class=Texte>La liaison de l&rsquo;industrie socialiste prol\u00e9tarienne avec la petite \u00e9conomie rurale, liaison qui assure \u00e0 la fois la croissance des forces productives de l&rsquo;agriculture et le r\u00f4le dirigeant de l&rsquo;industrie socialiste; la soudure de cette industrie avec l&rsquo;agriculture, au lieu de la production capitaliste pour la consommation improductive des classes parasitaires; la production, non en vue du profit capitaliste, mais en vue de la satisfaction des besoins rapidement croissants des masses qui constituent en fin de compte un stimulant puissant \u00e0 la production; enfin l&rsquo;extr\u00eame concentration des principaux leviers de commande \u00e9conomiques aux mains de l&rsquo;\u00c9tat prol\u00e9tarien, l&rsquo;importance croissante de la direction selon un plan d&rsquo;ensemble, l&rsquo;\u00e9conomie qui en r\u00e9sulte ainsi que la r\u00e9partition la plus rationnelle des moyens de production, sont autant de facteurs qui donnent au prol\u00e9tariat la possibilit\u00e9 d&rsquo;aller rapidement de l&rsquo;avant dans la voie de l&rsquo;\u00e9dification socialiste.<\/p> <p class=Texte>\u00c9levant les forces productives de toute l&rsquo;\u00e9conomie du pays, poursuivant inflexiblement une politique d&rsquo;industrialisation de l&rsquo;U.R.S.S., industrialisation dont l&rsquo;allure acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e est dict\u00e9e par toute la situation internationale et int\u00e9rieure, le prol\u00e9tariat de l&rsquo;U.R.S.S., malgr\u00e9 les tentatives r\u00e9it\u00e9r\u00e9es de boycottage financier et \u00e9conomique dont il est l&rsquo;objet de la part des puissances capitalistes, augmente syst\u00e9matiquement l&rsquo;importance du secteur socialis\u00e9 (socialiste) de l&rsquo;\u00e9conomie nationale, tant dans le domaine des moyens de production que dans ceux de la production globale et de la circulation des marchandises. L&rsquo;industrie, les transports et le syst\u00e8me bancaire de l&rsquo;\u00c9tat socialiste entra\u00eenent ainsi sans cesse davantage \u00e0 leur suite la petite \u00e9conomie rurale sur laquelle ils agissent au moyen des leviers du commerce d&rsquo;\u00c9tat et de la coop\u00e9ration rapidement croissante, dans les conditions d\u00e9termin\u00e9es par la nationalisation du sol et l&rsquo;essor de l&rsquo;industrialisation.<\/p> <p class=Texte>Dans l&rsquo;agriculture plus sp\u00e9cialement, l&rsquo;essor des forces productives a lieu dans des conditions limitant la diff\u00e9renciation sociale des paysans (nationalisation du sol et, par cons\u00e9quent, interdiction d&rsquo;acheter et de vendre des terres, imp\u00f4ts fortement progressifs, cr\u00e9dit \u00e0 la coop\u00e9ration des paysans pauvres et moyens et \u00e0 leurs associations de production, l\u00e9gislation r\u00e9glant l&#8217;emploi de la main&#8209;d&rsquo;oeuvre salari\u00e9e, suppression de certains droits politiques et sociaux aux paysans riches &#8209;&nbsp;koulaks&nbsp;&#8209; organisation de paysans pauvres, etc.). Mais les forces productives de l&rsquo;industrie socialiste n&rsquo;\u00e9tant pas encore assez d\u00e9velopp\u00e9es pour doter en grand l&rsquo;agriculture d&rsquo;une nouvelle technique et r\u00e9unir rapidement d\u00e8s \u00e0 pr\u00e9sent les exploitations paysannes en de grands domaines agricoles collectifs, les koulaks croissent dans une certaine mesure en nombre et \u00e9tablissent une liaison d&rsquo;abord \u00e9conomique, puis politique, avec les \u00e9l\u00e9ments \u201cde la nouvelle bourgeoisie\u201d.<\/p> <p class=Texte>Ma\u00eetre des positions strat\u00e9giques dominantes de la vie \u00e9conomique; \u00e9vin\u00e7ant syst\u00e9matiquement dans les villes les vestiges du capital priv\u00e9, dont l&rsquo;importance a \u00e9t\u00e9 sensiblement r\u00e9duite au cours de la derni\u00e8re p\u00e9riode de la &quot;nouvelle politique \u00e9conomique&quot;; limitant par tous les moyens l&rsquo;action des exploiteurs de la population rurale, qui naissent du d\u00e9veloppement des rapports marchands et mon\u00e9taires; soutenant les domaines de l&rsquo;\u00c9tat et encourageant leur cr\u00e9ation; entra\u00eenant la masse essentielle des paysans simples producteurs de marchandises dans le syst\u00e8me g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;organisation \u00e9conomique sovi\u00e9tique et, par cons\u00e9quent, dans l&rsquo;oeuvre d&rsquo;\u00e9dification socialiste au moyen de la coop\u00e9ration dont les progr\u00e8s rapides, en r\u00e9gime de dictature prol\u00e9tarienne et sous la direction \u00e9conomique de l&rsquo;industrie socialiste, s&rsquo;identifient avec l&rsquo;essor du socialisme; passant de la p\u00e9riode de reconstruction \u00e0 celle de la reproduction \u00e9largie de toute la base technique de la production du pays, le prol\u00e9tariat de l&rsquo;U.R.S.S. se donne pour t\u00e2che &#8209;&nbsp;et en aborde d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 la r\u00e9alisation&nbsp;&#8209; une vaste \u00e9dification fondamentale (production de moyens de production en g\u00e9n\u00e9ral, industrie lourde et \u00e9lectrification en particulier) et, parall\u00e8lement au d\u00e9veloppement de la coop\u00e9ration de vente, d&rsquo;achat et de cr\u00e9dit, l&rsquo;organisation de plus en plus large des paysans en coop\u00e9ratives de production con\u00e7ues sur une base collectiviste et n\u00e9cessitant un puissant appui mat\u00e9riel de la part de l&rsquo;\u00c9tat prol\u00e9tarien.<\/p> <p class=Texte>Le socialisme qui est d\u00e9j\u00e0 le facteur \u00e9conomique d\u00e9cisif du d\u00e9veloppement de l&rsquo;\u00e9conomie de l&rsquo;U.R.S.S., fait ainsi de grands progr\u00e8s et surmonte d&rsquo;un effort syst\u00e9matique les difficult\u00e9s suscit\u00e9es par le caract\u00e8re petit-bourgeois du pays et li\u00e9es \u00e0 une aggravation momentan\u00e9e des antagonismes de classes.<\/p> <p class=Texte>La n\u00e9cessit\u00e9 de renouveler l&rsquo;outillage industriel et de cr\u00e9er de vastes entreprises nouvelles ne peut manquer de faire na\u00eetre dans le d\u00e9veloppement du socialisme de s\u00e9rieuses difficult\u00e9s qui s&rsquo;expliquent en fin de compte par l&rsquo;\u00e9tat arri\u00e9r\u00e9 de la technique et de l&rsquo;\u00e9conomie du pays et par les d\u00e9vastations des ann\u00e9es de guerre imp\u00e9rialiste et de guerre civile. La condition de la classe ouvri\u00e8re et des grandes masses laborieuses ne cesse cependant de s&rsquo;am\u00e9liorer. Parall\u00e8lement \u00e0 la rationalisation socialiste et \u00e0 l&rsquo;organisation scientifique de l&rsquo;industrie, la journ\u00e9e de 7&nbsp;heures est graduellement introduite. De nouvelles perspectives pour l&rsquo;am\u00e9lioration des conditions de travail et d&rsquo;existence de la classe ouvri\u00e8re sont ainsi cr\u00e9\u00e9es.<\/p> <p class=Texte>La classe ouvri\u00e8re unie sous la direction d&rsquo;un Parti communiste tremp\u00e9 dans les luttes r\u00e9volutionnaires, appuy\u00e9e dans les campagnes sur les paysans pauvres, solidement alli\u00e9e aux masses de paysans moyens et combattant inlassablement les koulaks, entra\u00eene des masses sans cesse \u00e9largies de dizaines de millions de travailleurs dans l&rsquo;oeuvre d&rsquo;\u00e9dification du socialisme sur la base de la croissance \u00e9conomique de l&rsquo;U.R.S.S. et de l&rsquo;importance grandissante du secteur socialiste de son \u00e9conomie. Ses principaux moyens pour atteindre ce but sont: le d\u00e9veloppement de grandes organisations de masses (le Parti, comme force dirigeante, les syndicats, assise du r\u00e9gime de la dictature du prol\u00e9tariat, les Jeunesses communistes, la coop\u00e9ration sous toutes ses formes, les organisations des ouvri\u00e8res et des paysannes, les associations diverses, les organisations de correspondants ouvriers et paysans de la presse, les organisations sportives, scientifiques, \u00e9ducatives et culturelles), l&rsquo;encouragement prodigu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;initiative des masses, la d\u00e9signation d&rsquo;ouvriers et \u00e0 des postes responsables dans tous les organes \u00e9conomiques et administratifs. La participation incessante et croissante des masses \u00e0 l&rsquo;\u00e9dification du socialisme, le renouvellement constant de l&rsquo;appareil de l&rsquo;\u00c9tat, des organes \u00e9conomiques, des syndicats et du Parti par de nouveaux militants prol\u00e9tariens, l&rsquo;enseignement sup\u00e9rieur donn\u00e9 \u00e0 des ouvriers et, plus particuli\u00e8rement, \u00e0 de jeunes ouvriers, afin de former de nouveaux cadres de techniciens socialistes dans toutes les branches de l&rsquo;\u00e9dification, telles sont les principales garanties contre la bureaucratisation et contre la d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence sociale des cadres prol\u00e9tariens dirigeants.<\/p> <p class=Intertitre2a>2.&nbsp;L&rsquo;importance de l&rsquo;U.R.S.S. &#8211; Ses obligations r\u00e9volutionnaires internationales<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;imp\u00e9rialisme russe terrass\u00e9, les anciennes colonies et les nationalit\u00e9s opprim\u00e9es de l&rsquo;Empire des tsars \u00e9mancip\u00e9es, la dictature du prol\u00e9tariat assure une base solide au d\u00e9veloppement culturel et politique des nationalit\u00e9s, au prix d&rsquo;un effort pers\u00e9v\u00e9rant, par l&rsquo;industrialisation de leurs territoires. Consacrant dans la Constitution de l&rsquo;Union le droit des r\u00e9gions et des R\u00e9publiques f\u00e9d\u00e9r\u00e9es, r\u00e9alisant int\u00e9gralement le droit des nations \u00e0 disposer d&rsquo;elles&#8209;m\u00eames, la dictature du prol\u00e9tariat assure l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 non seulement formelle mais aussi effective des diverses nationalit\u00e9s de l&rsquo;union.<\/p> <p class=Texte>Pays de la dictature du prol\u00e9tariat et de l&rsquo;\u00e9dification du socialisme, pays des immenses conqu\u00eates de la classe ouvri\u00e8re, de l&rsquo;union des ouvriers et des paysans et d&rsquo;une nouvelle culture en marche sous le drapeau du marxisme, l&rsquo;U.R.S.S. devient n\u00e9cessairement la base du mouvement universel des classes opprim\u00e9es, le foyer de la r\u00e9volution internationale, le facteur le plus grand de l&rsquo;histoire du monde. Le prol\u00e9tariat de tous les pays trouve pour la premi\u00e8re fois dans l&rsquo;U.R.S.S. une v\u00e9ritable patrie, et les mouvements coloniaux un puissant centre d&rsquo;attraction.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;U.R.S.S. est ainsi, au milieu de la crise g\u00e9n\u00e9rale du capitalisme, un facteur des plus importants, non seulement parce que, d\u00e9tach\u00e9e du syst\u00e8me capitaliste mondial, elle a pos\u00e9 les fondements d&rsquo;un nouveau syst\u00e8me \u00e9conomique socialiste, mais encore parce qu&rsquo;elle joue un r\u00f4le r\u00e9volutionnaire d&rsquo;une importance exceptionnelle, \u00e9norme: moteur international de la r\u00e9volution prol\u00e9tarienne, incitant les prol\u00e9taires de tous les pays \u00e0 la conqu\u00eate du pouvoir, exemple vivant d\u00e9montrant que la classe ouvri\u00e8re, capable de d\u00e9truire le capitalisme, sait aussi \u00e9difier le socialisme, prototype des relations fraternelles de toutes les nationalit\u00e9s au sein de l&rsquo;Union des R\u00e9publiques socialistes sovi\u00e9tiques de l&rsquo;univers et de la r\u00e9union des travailleurs de tous les pays dans le syst\u00e8me \u00e9conomique mondial unique du socialisme que le prol\u00e9tariat international \u00e9tablira apr\u00e8s la conqu\u00eate du pouvoir.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;existence simultan\u00e9e de deux syst\u00e8mes \u00e9conomiques, le syst\u00e8me socialiste de l&rsquo;U.R.S.S. et le syst\u00e8me capitaliste des autres pays, impose \u00e0 l&rsquo;\u00c9tat prol\u00e9tarien le devoir de repousser les attaques du monde capitaliste (boycottage, blocus, etc.), de manoeuvrer dans le domaine \u00e9conomique et de mettre \u00e0 profit les relations \u00e9conomiques avec les pays capitalistes (par le monopole du commerce ext\u00e9rieur constituant une des conditions essentielles d&rsquo;une \u00e9dification socialiste efficace, par les cr\u00e9dits, emprunts, concessions, etc.). Il s&rsquo;agit d&rsquo;abord et principalement de nouer des relations aussi larges que possible avec l&rsquo;\u00e9tranger, dans les limites o\u00f9 elles sont profitables \u00e0 l&rsquo;U.R.S.S. pour consolider son industrie, jeter les bases d&rsquo;une industrie lourde et de l&rsquo;\u00e9lectrification et enfin de cr\u00e9er une industrie socialiste de construction m\u00e9canique. Ce n&rsquo;est que dans la mesure o\u00f9 cette ind\u00e9pendance \u00e9conomique lui est assur\u00e9e malgr\u00e9 l&rsquo;encerclement capitaliste, que l&rsquo;U.R.S.S. se sent s\u00e9rieusement pr\u00e9munie contre la destruction \u00e9ventuelle de l&rsquo;oeuvre d&rsquo;\u00e9dification socialiste et contre son inf\u00e9odation au syst\u00e8me capitaliste mondial.<\/p> <p class=Texte>Les \u00c9tats capitalistes, quels que soient leurs int\u00e9r\u00eats en U.R.S.S., h\u00e9sitent, constamment sollicit\u00e9s en sens contraire par leur int\u00e9r\u00eats commerciaux et par la crainte du d\u00e9veloppement de l&rsquo;U.R.S.S. qui est aussi celui de la r\u00e9volution mondiale. La tendance \u00e0 l&rsquo;encerclement de l&rsquo;U.R.S.S. et \u00e0 la guerre contre&#8209;r\u00e9volutionnaire en vue de restaurer un r\u00e9gime universel de terrorisme bourgeois, est la tendance essentielle et fondamentale de la politique des puissances capitalistes.<\/p> <p class=Texte>Les tentatives syst\u00e9matiques d&rsquo;encerclement politique de l&rsquo;U.R.S.S. et le danger grandissant d&rsquo;une agression n&#8217;emp\u00eacheront pas le PC de l&rsquo;U.R.S.S., section de l&rsquo;Internationale communiste, dirigeant la dictature du prol\u00e9tariat en U.R.S.S., de remplir ses devoirs internationaux et de soutenir tous les opprim\u00e9s: le mouvement ouvrier des pays capitalistes, le mouvement des peuples coloniaux contre l&rsquo;imp\u00e9rialisme, la lutte contre toutes les formes d&rsquo;oppression nationale.<\/p> <p class=Intertitre2a>3.&nbsp;Les obligations du prol\u00e9tariat international \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de l&rsquo;U.R.S.S.<\/p> <p class=Texte>Le prol\u00e9tariat international, dont l&rsquo;U.R.S.S. est la seule patrie, le rempart de ses conqu\u00eates, le facteur essentiel de son affranchissement international, a pour devoir de contribuer au succ\u00e8s de l&rsquo;\u00e9dification du socialisme dans l&rsquo;U.R.S.S. et de la d\u00e9fendre par tous les moyens contre les attaques des puissances capitalistes.<\/p> <p class=MsoQuote>La situation politique mondiale met maintenant \u00e0 l&rsquo;ordre du jour la dictature du prol\u00e9tariat; tous les \u00e9v\u00e9nements de la politique mondiale se concentrent fatalement autour de ce seul point central; la lutte de la bourgeoisie mondiale contre la R\u00e9publique des Soviets en Russie, appel\u00e9e \u00e0 grouper in\u00e9vitablement autour d&rsquo;elle, d&rsquo;une part, les mouvements sovi\u00e9tiques des ouvriers avanc\u00e9s de tous les pays et, de l&rsquo;autre, tous les mouvements d&rsquo;affranchissement national des colonies et des nationalit\u00e9s opprim\u00e9es. (L\u00e9nine.)<\/p> <p class=Texte>Le devoir du prol\u00e9tariat international est de r\u00e9pondre \u00e0 l&rsquo;agression et \u00e0 la guerre des \u00c9tats imp\u00e9rialistes contre l&rsquo;U.R.S.S. par les actions de masses les plus audacieuses et les plus r\u00e9solues et par la lutte pour le renversement des gouvernements imp\u00e9rialistes sous les mots d&rsquo;ordre de la dictature du prol\u00e9tariat et de l&rsquo;alliance avec l&rsquo;U.R.S.S.<\/p> <p class=Texte>Il sera n\u00e9cessaire dans les colonies et plus particuli\u00e8rement dans celles du pays imp\u00e9rialiste assaillant l&rsquo;U.R.S.S. de mettre \u00e0 profit ce d\u00e9placement des forces arm\u00e9es de l&rsquo;imp\u00e9rialisme pour d\u00e9velopper au plus haut degr\u00e9 la lutte anti&#8209;imp\u00e9rialiste et pour secouer par l&rsquo;action r\u00e9volutionnaire le joug de l&rsquo;imp\u00e9rialisme et conqu\u00e9rir l&rsquo;ind\u00e9pendance compl\u00e8te.<\/p> <p class=Texte>Le d\u00e9veloppement du socialisme dans l&rsquo;U.R.S.S. et la croissance de son influence internationale, s&rsquo;ils mobilisent contre elle la haine des puissances capitalistes et de leur agence social-d\u00e9mocrate, suscitent d&rsquo;autre part les plus vives sympathies des grandes masses des travailleurs du monde entier et font na\u00eetre dans les classes opprim\u00e9es de tous les pays la ferme volont\u00e9 de se battre par tous les moyens, en cas d&rsquo;agression imp\u00e9rialiste, pour le pays de la dictature du prol\u00e9tariat.<\/p> <p class=Texte>Ainsi, le d\u00e9veloppement des contradictions de l&rsquo;\u00e9conomie mondiale, le d\u00e9veloppement de la crise g\u00e9n\u00e9rale du capitalisme et l&rsquo;agression imp\u00e9rialiste contre l&rsquo;U.R.S.S. aboutiront infailliblement \u00e0 une formidable explosion r\u00e9volutionnaire qui ensevelira le capitalisme dans les pays \u201ccivilis\u00e9s\u201d, d\u00e9cha\u00eenera la r\u00e9volution victorieuse dans les colonies, \u00e9largira immens\u00e9ment la base de la dictature du prol\u00e9tariat et constituera d\u00e8s lors un grand pas vers la victoire d\u00e9finitive du socialisme dans le monde.<\/p> <p class=Intertitre1a>VI.&nbsp;La strat\u00e9gie et la tactique de l&rsquo;Internationale communiste dans la lutte pour la dictature du prol\u00e9tariat<\/p> <p class=Intertitre2a>1.&nbsp;Les id\u00e9ologies hostiles au communisme au sein de la classe ouvri\u00e8re<\/p> <p class=Texte>Le communisme r\u00e9volutionnaire se heurte, dans sa lutte contre le capitalisme pour la dictature du prol\u00e9tariat, \u00e0 de nombreuses tendances au sein de la classe ouvri\u00e8re, exprimant \u00e0 un degr\u00e9 plus ou moins grand la subordination id\u00e9ologique de celle&#8209;ci \u00e0 la bourgeoisie imp\u00e9rialiste ou la pression id\u00e9ologique sur le prol\u00e9tariat, de la petite et moyenne bourgeoisie qui s&rsquo;insurge de temps \u00e0 autre contre le dur r\u00e9gime du capital financier, mais est incapable de suivre une strat\u00e9gie et une tactique fermes, fond\u00e9es sur une pens\u00e9e scientifique et de mener la lutte avec l&rsquo;organisation et la stricte discipline qui sont propres au prol\u00e9tariat.<\/p> <p class=Texte>La formidable puissance sociale de l&rsquo;\u00c9tat imp\u00e9rialiste et de toutes ses institutions auxiliaires &#8209;&nbsp;\u00e9cole, presse, th\u00e9\u00e2tre, \u00c9glise,&nbsp;&#8209; se traduit avant tout dans la classe ouvri\u00e8re par l&rsquo;existence de tendances confessionnelles et r\u00e9formistes, obstacle principal \u00e0 la r\u00e9volution socialiste du prol\u00e9tariat.<\/p> <p class=Texte>Les tendances confessionnelles, teint\u00e9es de religion, de la classe ouvri\u00e8re trouvent leur expression dans les syndicats confessionnels souvent li\u00e9s aux organisations politiques correspondantes de la bourgeoisie et rattach\u00e9s \u00e0 telle ou telle organisation cl\u00e9ricale de la classe dominante (syndicats catholiques, Jeunesses chr\u00e9tiennes, organisations sionistes et autres). Toutes ces tendances qui manifestent avec \u00e9clat la captivit\u00e9 id\u00e9ologique de certains milieux prol\u00e9tariens, ont le plus souvent un aspect romantique f\u00e9odal. Consacrant au nom de la religion toutes les infamies du r\u00e9gime capitaliste et terrorisant leurs fid\u00e8les par la menace des ch\u00e2timents d&rsquo;outre&#8209;tombe, les dirigeants de ces organisations forment au sein du prol\u00e9tariat la cohorte des agents les plus r\u00e9actionnaires de la classe ennemie.<\/p> <p class=Texte>Le r\u00e9formisme \u201csocialiste\u201d contemporain constitue l&rsquo;aspect commercial cynique, la\u00efc et imp\u00e9rialiste de la soumission id\u00e9ologique du prol\u00e9tariat \u00e0 l&rsquo;influence de la bourgeoisie. Prenant ses commandements des tables de la loi imp\u00e9rialiste, le r\u00e9formisme \u201csocialiste\u201d a, de nos jours, son mod\u00e8le accompli, consciencieusement antisocialiste et franchement contre-r\u00e9volutionnaire, dans la F\u00e9d\u00e9ration am\u00e9ricaine du travail. La dictature \u201cid\u00e9ologique\u201d de la bureaucratie syndicale am\u00e9ricaine parfaitement domestiqu\u00e9e, exprimant elle-m\u00eame la dictature \u201cid\u00e9ologique\u201d du dollar, est devenue, par l&rsquo;interm\u00e9diaire du r\u00e9formisme anglais et des socialistes monarchiques du Labour Party, partie int\u00e9grante essentielle de la th\u00e9orie et de la pratique de la social-d\u00e9mocratie internationale et des leaders de l&rsquo;Internationale d&rsquo;Amsterdam. Les chefs de la social-d\u00e9mocratie allemande et autrichienne se bornent \u00e0 rev\u00eatir les m\u00eames th\u00e9ories d&rsquo;une phras\u00e9ologie marxiste servant \u00e0 dissimuler leur trahison compl\u00e8te du marxisme. Le r\u00e9formisme \u201csocialiste\u201d, ennemi principal du communisme r\u00e9volutionnaire dans le mouvement ouvrier, poss\u00e8de une large base d&rsquo;organisation dans les Partis social-d\u00e9mocrates et, par leur interm\u00e9diaire, dans les syndicats r\u00e9formistes, il se manifeste dans toute sa politique et toute sa th\u00e9orie comme une force dirig\u00e9e contre la r\u00e9volution prol\u00e9tarienne.<\/p> <p class=Texte>En politique ext\u00e9rieure, les Partis social-d\u00e9mocrates ont particip\u00e9 \u00e0 la guerre imp\u00e9rialiste sous le drapeau de la \u201cd\u00e9fense nationale\u201d. L&rsquo;expansion de l&rsquo;\u00c9tat imp\u00e9rialiste et la \u201cpolitique coloniale\u201d ont leur appui de tous les instants; l&rsquo;orientation vers la \u201csainte alliance\u201d contre-r\u00e9volutionnaire des puissances imp\u00e9rialistes (Soci\u00e9t\u00e9 des nations), la pr\u00e9dication du \u201csuperimp\u00e9rialisme\u201d, la mobilisation des masses sous des mots d&rsquo;ordre pseudo-pacifistes, l&rsquo;appui actif aux men\u00e9es et pr\u00e9paratifs de guerre de l&rsquo;imp\u00e9rialisme contre l&rsquo;U.R.S.S., tels sont les traits caract\u00e9ristiques de la politique ext\u00e9rieure du r\u00e9formisme.<\/p> <p class=Texte>En politique int\u00e9rieure, la social-d\u00e9mocratie se donne pour t\u00e2che de soutenir le r\u00e9gime capitaliste et de collaborer avec lui. Appui sans r\u00e9serves \u00e0 la rationalisation et \u00e0 la stabilit\u00e9 du capitalisme, paix des classes, \u201cpaix industrielle\u201d, politique d&rsquo;int\u00e9gration des organisations ouvri\u00e8res aux organisations patronales et \u00e0 l&rsquo;\u00c9tat imp\u00e9rialiste spoliateur, application de la \u201cd\u00e9mocratie \u00e9conomique\u201d qui n&rsquo;est en r\u00e9alit\u00e9 que la subordination compl\u00e8te au capital trust\u00e9, culte de l&rsquo;\u00c9tat imp\u00e9rialiste et particuli\u00e8rement de ses enseignes pseudo-d\u00e9mocratiques, participation \u00e0 la formation des organes de cet \u00c9tat (police, arm\u00e9e, gendarmerie, justice de classe), d\u00e9fense de cet \u00c9tat contre toute attaque du prol\u00e9tariat communiste r\u00e9volutionnaire, r\u00f4le de bourreau de la social-d\u00e9mocratie dans les crises r\u00e9volutionnaires, telle est la politique int\u00e9rieure du r\u00e9formisme. Simulant la lutte syndicale, le r\u00e9formisme se donne pour t\u00e2che, dans ce domaine \u00e9galement, d&rsquo;\u00e9viter tout \u00e9branlement \u00e0 la classe capitaliste et d&rsquo;assurer en tout cas l&rsquo;inviolabilit\u00e9 compl\u00e8te de la propri\u00e9t\u00e9 capitaliste.<\/p> <p class=Texte>Dans le domaine de la th\u00e9orie, la social-d\u00e9mocratie, passant du r\u00e9visionnisme \u00e0 un r\u00e9formisme lib\u00e9ral-bourgeois achev\u00e9 et au social-imp\u00e9rialisme av\u00e9r\u00e9, a compl\u00e8tement reni\u00e9 le marxisme: \u00e0 la doctrine marxiste de contradictions du capitalisme, elle a substitu\u00e9 la doctrine bourgeoise du d\u00e9veloppement harmonieux du r\u00e9gime; elle a rel\u00e9gu\u00e9 aux archives la doctrine des crises et de la paup\u00e9risation du prol\u00e9tariat; elle a transform\u00e9 la th\u00e9orie ardente et mena\u00e7ante de la lutte de classes en pr\u00e9dication banale de la paix des classes; elle a transform\u00e9 la doctrine de l&rsquo;aggravation des antagonismes de classes en la fable petite-bourgeoise de la \u201cd\u00e9mocratisation\u201d du Capital; \u00e0 la th\u00e9orie de l&rsquo;in\u00e9vitabilit\u00e9 des guerres en r\u00e9gime capitaliste, elle a substitu\u00e9 la duperie bourgeoise du pacifisme et la pr\u00e9dication mensong\u00e8re du superimp\u00e9rialisme; elle a \u00e9chang\u00e9 la th\u00e9orie de la chute r\u00e9volutionnaire du capitalisme contre la fausse monnaie du capitalisme \u201csain\u201d se transformant paisiblement en socialisme, \u00e0 la r\u00e9volution elle substitue l&rsquo;\u00e9volution; \u00e0 la destruction de l&rsquo;\u00c9tat bourgeois, la participation active \u00e0 son \u00e9dification; \u00e0 la doctrine de la dictature du prol\u00e9tariat, la th\u00e9orie de la coalition avec la bourgeoisie; \u00e0 la doctrine de la solidarit\u00e9 prol\u00e9tarienne internationale, celle de la d\u00e9fense nationale imp\u00e9rialiste; au mat\u00e9rialisme dialectique de Marx, une philosophie id\u00e9aliste en coquetterie avec les d\u00e9chets religieux de la bourgeoisie.<\/p> <p class=Texte>On distingue au sein de ce r\u00e9formisme social-d\u00e9mocrate plusieurs courants qui font particuli\u00e8rement ressortir la d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence bourgeoise de la sociale d\u00e9mocratie.<\/p> <p class=Texte>Le \u201csocialisme constructif\u201d (Mac&nbsp;Donald et Cie), portant jusque dans son appellation l&rsquo;id\u00e9e de lutte contre la r\u00e9volution prol\u00e9tarienne et l&rsquo;approbation du r\u00e9gime capitaliste, continue les traditions bourgeoises, lib\u00e9rales, philanthropiques et antir\u00e9volutionnaires du Fabianisme (les Webb, Bernard Shaw, lord Ollivier et autres). R\u00e9pudiant en principe la dictature du prol\u00e9tariat et le recours \u00e0 la violence contre la bourgeoisie, le \u201csocialisme constructif\u201d concourt aux violences exerc\u00e9es contre le prol\u00e9tariat et contre les peuples coloniaux. Apologiste de l&rsquo;\u00c9tat capitaliste, pr\u00e9conisant le capitalisme d&rsquo;\u00c9tat sous le masque du socialisme, proclamant &#8209;&nbsp;en m\u00eame temps que les plus vulgaires id\u00e9ologues de l&rsquo;imp\u00e9rialisme des deux h\u00e9misph\u00e8res&nbsp;&#8209; \u201cpr\u00e9scientifique\u201d la th\u00e9orie de la lutte des classes, le \u201csocialisme constructif\u201d pr\u00e9conise en paroles un programme mod\u00e9r\u00e9 de nationalisation avec indemnit\u00e9, d&rsquo;imp\u00f4ts sur la rente fonci\u00e8re, d&rsquo;imp\u00f4ts sur les successions et les surprofits comme le moyen de d\u00e9truire le capitalisme. Adversaire d\u00e9cid\u00e9 de la dictature du prol\u00e9tariat dans l&rsquo;U.R.S.S., le \u201csocialisme constructif\u201d, \u00e9troitement alli\u00e9 \u00e0 la bourgeoisie, est l&rsquo;ennemi actif du mouvement communiste du prol\u00e9tariat et des r\u00e9volutions coloniales.<\/p> <p class=Texte>Le coop\u00e9ratisme ou socialisme coop\u00e9rateur (Charles Gide, Totomiantz et Cie) repousse avec autant d&rsquo;\u00e9nergie la lutte de classes et pr\u00e9conise la coop\u00e9ration de consommation comme le moyen de vaincre pacifiquement le capitalisme, tout en contribuant en r\u00e9alit\u00e9 par tous les moyens \u00e0 son affermissement. Il est une vari\u00e9t\u00e9 du \u201csocialisme constructif\u201d. Le \u201ccoop\u00e9ratisme\u201d qui dispose du vaste appareil de propagande des organisations de masses de la coop\u00e9ration de consommation exerce dans la vie quotidienne une influence syst\u00e9matique sur les grandes masses, combat avec acharnement le mouvement ouvrier r\u00e9volutionnaire et entrave la r\u00e9alisation de ses buts; il repr\u00e9sente actuellement un des facteurs les plus actifs de la contre-r\u00e9volution r\u00e9formiste.<\/p> <p class=Texte>Le \u201c<span lang=EN-US>Guild Socialism<\/span>\u201d (Penty, Orage, Hobson, etc.) s&rsquo;efforce avec \u00e9clectisme de r\u00e9unir le syndicalisme \u201cr\u00e9volutionnaire\u201d et le Fabianisme lib\u00e9ral bourgeois, la d\u00e9centralisation anarchiste (guildes industrielles nationales) et la centralisation du capitalisme d&rsquo;\u00c9tat, le corporatisme artisanal, born\u00e9, m\u00e9di\u00e9val et le capitalisme moderne. Proc\u00e9dant de la revendication verbale de \u201cl&rsquo;abolition du salariat\u201d consid\u00e9r\u00e9 comme \u201cimmoral\u201d et qui devrait \u00eatre remplac\u00e9 par le contr\u00f4le ouvrier de l&rsquo;industrie, le \u201c<span lang=EN-US>Guild Socialism<\/span>\u201d \u00e9lude compl\u00e8tement la question essentielle: celle du pouvoir. S&rsquo;appliquant \u00e0 r\u00e9unir les ouvriers, les intellectuels et les techniciens dans une f\u00e9d\u00e9ration nationale industrielle de \u201cguildes\u201d et \u00e0 transformer pacifiquement celles&#8209;ci en organes d&rsquo;administration de l&rsquo;industrie dans les cadres de l&rsquo;\u00c9tat bourgeois (&quot;contr\u00f4le int\u00e9rieur&quot;) le \u201c<span lang=EN-US>Guild Socialism<\/span>\u201d d\u00e9fend en r\u00e9alit\u00e9 cet \u00c9tat, dissimule son caract\u00e8re de classe, imp\u00e9rialiste, antiprol\u00e9tarien, lui assigne un r\u00f4le \u201cau-dessus des classes\u201d de repr\u00e9sentant des int\u00e9r\u00eats communs des \u201cconsommateurs\u201d en contrepoids aux \u201cproducteurs\u201d organis\u00e9s dans les guildes. Par sa propagande de \u201cd\u00e9mocratie fonctionnelle\u201d, c&rsquo;est&#8209;\u00e0&#8209;dire d&rsquo;une repr\u00e9sentation des classes de la soci\u00e9t\u00e9 capitaliste sous la forme des professions et de leurs fonctions sociales dans la production, le \u201c<span lang=EN-US>Guild Socialism<\/span>\u201d fraie la voie \u00e0 \u201cl&rsquo;\u00c9tat corporatif\u201d du fascisme. R\u00e9pudiant le parlementarisme et \u201cl&rsquo;action directe\u201d, la plupart des adeptes de ce mouvement vouent la classe ouvri\u00e8re \u00e0 une inaction compl\u00e8te et \u00e0 la soumission passive \u00e0 la bourgeoisie. Ce socialisme est une vari\u00e9t\u00e9 utopiste et trade&#8209;unioniste de l&rsquo;opportunisme et ne peut, par cons\u00e9quent, manquer de jouer un r\u00f4le contre-r\u00e9volutionnaire.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;austro-marxisme<a href=\"#_edn13\" name=\"_ednref13\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[13]<\/span><\/span><\/span><\/a> est une autre forme particuli\u00e8re du r\u00e9formisme social-d\u00e9mocrate. Partie int\u00e9grante de la \u201cgauche\u201d social-d\u00e9mocrate, il repr\u00e9sente la fa\u00e7on la plus subtile de duper les masses ouvri\u00e8res. Prostituant la terminologie marxiste et rompant \u00e0 la fois avec les principes fondamentaux du marxisme r\u00e9volutionnaire (des austro-marxistes se d\u00e9clarent, en philosophie, adeptes de Kant, de Mach, etc.), flirtant avec la religion, empruntant aux r\u00e9formistes anglais la th\u00e9orie de la \u201cd\u00e9mocratie fonctionnelle\u201d, se pla\u00e7ant sur le terrain de l&rsquo;\u00e9dification de la R\u00e9publique, c&rsquo;est&#8209;\u00e0&#8209;dire de la construction de l&rsquo;\u00c9tat bourgeois, l&rsquo;austro-marxisme recommande la coop\u00e9ration des classes dans les p\u00e9riodes dites \u201cd&rsquo;\u00e9quilibre des forces sociales\u201d, c&rsquo;est&#8209;\u00e0&#8209;dire pr\u00e9cis\u00e9ment lorsque m\u00fbrit la crise r\u00e9volutionnaire. Cette th\u00e9orie n&rsquo;est rien d&rsquo;autre que la justification de la coalition avec la bourgeoisie pour le renversement de la r\u00e9volution prol\u00e9tarienne sous le masque de la d\u00e9fense de la \u201cd\u00e9mocratie\u201d contre les attaques de la r\u00e9action. La violence admise par l&rsquo;austro-marxisme en cas d&rsquo;attaques de la r\u00e9action se transforme objectivement dans la pratique en violence de la r\u00e9action contre la r\u00e9volution prol\u00e9tarienne. Le \u201cr\u00f4le fonctionnel\u201d de l&rsquo;austro-marxisme consiste \u00e0 tromper les ouvriers qui vont au communisme; aussi l&rsquo;austro-marxisme est&#8209;il un ennemi particuli\u00e8rement redoutable du prol\u00e9tariat, plus redoutable m\u00eame que les partisans d\u00e9clar\u00e9s du social-imp\u00e9rialisme de forbans.<\/p> <p class=Texte>Si toutes les tendances, parties int\u00e9grantes du r\u00e9formisme \u201csocialiste\u201d, constituent une sorte d&rsquo;agence de la bourgeoisie imp\u00e9rialiste au sein de la classe ouvri\u00e8re, le communisme se heurte, d&rsquo;autre part, \u00e0 divers courants petits-bourgeois refl\u00e9tant et exprimant les fluctuations des couches sociales instables (petite bourgeoisie urbaine, moyenne bourgeoisie en voie de dissolution, prol\u00e9tariat en guenilles (lumpen-prol\u00e9tariat), boh\u00e8me intellectuelle d\u00e9class\u00e9e<a href=\"#_edn14\" name=\"_ednref14\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[14]<\/span><\/span><\/span><\/a>, artisans tomb\u00e9s dans la mis\u00e8re, certains groupes de paysans et maints autres \u00e9l\u00e9ments). Ces courants, qui se distinguent par une extr\u00eame instabilit\u00e9 politique, dissimulent souvent sous une phras\u00e9ologie de gauche une politique de droite ou tombent dans l&rsquo;aventurisme, substituent \u00e0 la connaissance objective des forces en pr\u00e9sence une bruyante gesticulation politique, passent fr\u00e9quemment de la \u201csurench\u00e8re\u201d r\u00e9volutionnaire la plus insolente au plus profond pessimisme et \u00e0 de v\u00e9ritables capitulations devant l&rsquo;ennemi. Ces courants peuvent, dans certaines conditions, surtout au moment de changements brusques dans la situation politique et dans la n\u00e9cessit\u00e9 de reculs momentan\u00e9s, jouer dans les rangs du prol\u00e9tariat un r\u00f4le d\u00e9sorganisateur des plus dangereux et entraver ainsi le mouvement ouvrier r\u00e9volutionnaire.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;anarchisme dont les repr\u00e9sentants les plus en vue (Kropotkine, Jean Grave et autres) trahirent et pass\u00e8rent, pendant la guerre de&nbsp;1914 \u00e0&nbsp;1918, \u00e0 la bourgeoisie imp\u00e9rialiste, nie la n\u00e9cessit\u00e9 de grandes organisations centralis\u00e9es et disciplin\u00e9es du prol\u00e9tariat et laisse ainsi ce dernier impuissant en pr\u00e9sence des organisations puissantes du Capital. Sa propagande du terrorisme individuel d\u00e9tourne le prol\u00e9tariat des m\u00e9thodes d&rsquo;organisation et de lutte de masses. R\u00e9pudiant la dictature du prol\u00e9tariat au nom d&rsquo;une \u201clibert\u00e9\u201d abstraite, l&rsquo;anarchisme prive le prol\u00e9tariat de son arme la plus importante et la plus efficace contre la bourgeoisie, contre ses arm\u00e9es et ses organes de r\u00e9pression. \u00c9loign\u00e9 de tout mouvement de masses dans les centres les plus importants de la lutte prol\u00e9tarienne, l&rsquo;anarchisme se r\u00e9duit de plus en plus \u00e0 une secte qui, par toute sa tactique, par toutes ses manifestations et notamment par ses manifestations contre la dictature de la classe ouvri\u00e8re dans l&rsquo;U.R.S.S. s&rsquo;int\u00e8gre objectivement au front des forces anti-r\u00e9volutionnaires.<\/p> <p class=Texte>Tout comme l&rsquo;anarchisme, le syndicalisme \u201cr\u00e9volutionnaire\u201d, dont de nombreux id\u00e9ologues pass\u00e8rent aux heures les plus critiques de la guerre \u00e0 la contre-r\u00e9volution \u201cantiparlementaire\u201d du type fasciste ou devinrent de paisibles r\u00e9formistes du type social-d\u00e9mocrate, par sa n\u00e9gation de la lutte politique (et particuli\u00e8rement du parlementarisme r\u00e9volutionnaire) et de la dictature r\u00e9volutionnaire du prol\u00e9tariat, par sa propagande d&rsquo;une d\u00e9centralisation corporative du mouvement ouvrier en g\u00e9n\u00e9ral et du mouvement syndical en particulier, par sa n\u00e9gation de la n\u00e9cessit\u00e9 du parti du prol\u00e9tariat, par sa n\u00e9gation de la n\u00e9cessit\u00e9 de l&rsquo;insurrection et enfin par sa surestimation de la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale (\u201ctactique des bras crois\u00e9s\u201d), entrave partout o\u00f9 il exerce quelque influence la radicalisation des masses ouvri\u00e8res. Ses attaques contre l&rsquo;U.R.S.S. connexes \u00e0 la n\u00e9gation de la dictature du prol\u00e9tariat le mettent, sous ce rapport, sur le m\u00eame plan que la social-d\u00e9mocratie.<\/p> <p class=Texte>Toutes ces tendances, toutes ces nuances rejoignent la social-d\u00e9mocratie, ce principal ennemi de la r\u00e9volution prol\u00e9tarienne dans la question politique fondamentale de la dictature du prol\u00e9tariat. C&rsquo;est pourquoi elles font toutes, avec plus ou moins de d\u00e9cision, front unique avec la social-d\u00e9mocratie contre l&rsquo;U.R.S.S. La social-d\u00e9mocratie, ayant compl\u00e8tement reni\u00e9 le marxisme, s&rsquo;appuie d&rsquo;autre part, de plus en plus, sur l&rsquo;id\u00e9ologie des \u201cfabiens\u201d, du \u201csocialisme constructif\u201d et du \u201c<span lang=EN-US>Guild Socialism<\/span>\u201d. Ainsi se forme une id\u00e9ologie lib\u00e9rale-r\u00e9formiste officielle du \u201csocialisme\u201d bourgeois de la 2e&nbsp;Internationale.<\/p> <p class=Texte>Dans les pays coloniaux et parmi les peuples et les races opprim\u00e9s, le communisme se heurte, au sein du mouvement ouvrier, \u00e0 l&rsquo;influence de tendances particuli\u00e8res qui jou\u00e8rent, \u00e0 une \u00e9poque d\u00e9termin\u00e9e, un certain r\u00f4le positif, mais qui deviennent, dans une nouvelle \u00e9tape, des forces r\u00e9actionnaires.<\/p> <p class=Texte>Le sun&#8209;yat&#8209;s\u00e9nisme<a href=\"#_edn15\" name=\"_ednref15\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[15]<\/span><\/span><\/span><\/a> fut, en Chine, l&rsquo;id\u00e9ologie d&rsquo;un \u201csocialisme\u201d petit-bourgeois et populaire. La notion du peuple voilait et dissimulait dans la doctrine des \u201ctrois principes\u201d (nationalisme, d\u00e9mocratisme, socialisme) la notion des classes sociales; le socialisme n&rsquo;\u00e9tait plus un mode sp\u00e9cifique de production, r\u00e9alis\u00e9 par une classe d\u00e9termin\u00e9e, le prol\u00e9tariat, mais il devenait un \u00e9tat ind\u00e9termin\u00e9 d&rsquo;aisance g\u00e9n\u00e9rale; la lutte contre l&rsquo;imp\u00e9rialisme ne se rattachait pas au d\u00e9veloppement de la lutte de classes dans le pays. C&rsquo;est pourquoi le sun&#8209;yat&#8209;s\u00e9nisme, qui a jou\u00e9, dans la premi\u00e8re phase de la r\u00e9volution chinoise, un tr\u00e8s grand r\u00f4le positif, est devenu, par suite de la diff\u00e9renciation sociale ult\u00e9rieure et de la marche de la r\u00e9volution chinoise, un obstacle \u00e0 cette r\u00e9volution. Les \u00e9pigones du sun&#8209;yat&#8209;s\u00e9nisme, en exag\u00e9rant pr\u00e9cis\u00e9ment les caract\u00e8res de cette doctrine devenus objectivement r\u00e9actionnaires, en ont fait l&rsquo;id\u00e9ologie officielle du Kuomintang<a href=\"#_edn16\" name=\"_ednref16\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[16]<\/span><\/span><\/span><\/a> devenu ouvertement contre-r\u00e9volutionnaire. La formation id\u00e9ologique des masses du prol\u00e9tariat et des paysans travailleurs de Chine doit, par cons\u00e9quent, s&rsquo;accompagner d&rsquo;une lutte \u00e9nergique contre le leurre du Kuomintang et surmonter les vestiges du sun&#8209;yat&#8209;s\u00e9nisme.<\/p> <p class=Texte>Les tendances telles que le gandhisme<a href=\"#_edn17\" name=\"_ednref17\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[17]<\/span><\/span><\/span><\/a> hindou, profond\u00e9ment p\u00e9n\u00e9tr\u00e9es d&rsquo;id\u00e9es religieuses, id\u00e9alisant les formes les plus r\u00e9actionnaires et les plus arri\u00e9r\u00e9es de l&rsquo;\u00e9conomie sociale, ne voyant d&rsquo;issue que dans le retour \u00e0 ces formes arri\u00e9r\u00e9es et non dans le socialisme prol\u00e9tarien, pr\u00eachant la passivit\u00e9 et la n\u00e9gation de la lutte des classes, deviennent, au cours du d\u00e9veloppement de la r\u00e9volution, des forces franchement r\u00e9actionnaires. Le gandhisme est de plus en plus une id\u00e9ologie oppos\u00e9e \u00e0 la r\u00e9volution des masses populaires. Le communisme doit le combattre avec \u00e9nergie.<\/p> <p class=Texte>Le garv\u00e9isme<a href=\"#_edn18\" name=\"_ednref18\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[18]<\/span><\/span><\/span><\/a>, qui fut l&rsquo;id\u00e9ologie des petits propri\u00e9taires et des ouvriers n\u00e8gres d&rsquo;Am\u00e9rique et qui a gard\u00e9 une certaine influence sur les masses n\u00e8gres, est devenu de m\u00eame un obstacle \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e de ces masses dans la voie r\u00e9volutionnaire. Apr\u00e8s avoir revendiqu\u00e9 pour les n\u00e8gres une compl\u00e8te \u00e9galit\u00e9 sociale, il s&rsquo;est transform\u00e9 en une sorte de \u201csionisme\u201d n\u00e8gre qui, au lieu de pr\u00e9coniser la lutte contre l&rsquo;imp\u00e9rialisme am\u00e9ricain, lance le mot d&rsquo;ordre \u201cdu retour en Afrique\u201d. Cette id\u00e9ologie dangereuse, qui n&rsquo;a rien d&rsquo;authentiquement d\u00e9mocratique et se pla\u00eet \u00e0 agiter les attributs aristocratiques d&rsquo;un \u201croyaume n\u00e8gre\u201d inexistant, doit se heurter \u00e0 une r\u00e9sistance \u00e9nergique, car, loin de contribuer \u00e0 la lutte \u00e9mancipatrice des masses n\u00e8gres contre l&rsquo;imp\u00e9rialisme am\u00e9ricain, elle lui fait obstacle.<\/p> <p class=Texte>\u00c0 toutes ces tendances s&rsquo;oppose le communisme prol\u00e9tarien. Grande id\u00e9ologie de la classe ouvri\u00e8re r\u00e9volutionnaire internationale, il se distingue de toutes et en premier lieu de la social-d\u00e9mocratie par la lutte r\u00e9volutionnaire, th\u00e9orique et pratique qu&rsquo;il m\u00e8ne en plein accord avec la doctrine de Marx et d&rsquo;Engels pour la dictature prol\u00e9tarienne en utilisant toutes les formes de l&rsquo;action de masse du prol\u00e9tariat.<\/p> <p class=Intertitre2a>2.&nbsp;Les t\u00e2ches essentielles de la strat\u00e9gie et de la tactique communistes<\/p> <p class=Texte>La lutte victorieuse de l&rsquo;Internationale communiste pour la dictature du prol\u00e9tariat suppose dans tous les pays l&rsquo;existence d&rsquo;un Parti communiste tremp\u00e9 dans les combats, disciplin\u00e9, centralis\u00e9, \u00e9troitement attach\u00e9 aux masses.<\/p> <p class=Texte>Le Parti est l&rsquo;avant-garde de la classe ouvri\u00e8re, avant&#8209;garde form\u00e9e des membres les meilleurs, les plus conscients, les plus actifs et les plus courageux de cette classe. Il incarne l&rsquo;exp\u00e9rience de toute la lutte prol\u00e9tarienne. \u00c9tay\u00e9 par la th\u00e9orie r\u00e9volutionnaire marxiste, repr\u00e9sentant les int\u00e9r\u00eats g\u00e9n\u00e9raux et permanents de l&rsquo;ensemble de la classe, le Parti incarne l&rsquo;unit\u00e9 des principes, de la volont\u00e9 et de l&rsquo;action r\u00e9volutionnaires du prol\u00e9tariat. Il constitue une organisation r\u00e9volutionnaire ciment\u00e9e par une discipline de fer et par l&rsquo;ordre r\u00e9volutionnaire le plus strict du centralisme d\u00e9mocratique; ces r\u00e9sultats sont obtenus par la conscience de l&rsquo;avant&#8209;garde prol\u00e9tarienne, par son d\u00e9vouement \u00e0 la r\u00e9volution, par son contact permanent avec les masses prol\u00e9tariennes, par la justesse de sa direction politique que l&rsquo;exp\u00e9rience des masses m\u00eame \u00e9claire et contr\u00f4le.<\/p> <p class=Texte>Le Parti communiste doit, pour accomplir sa t\u00e2che historique, conqu\u00e9rir la dictature prol\u00e9tarienne&nbsp;&#8209; poursuivre et atteindre d&rsquo;abord les fins strat\u00e9giques suivantes.<\/p> <p class=Texte>Gagner \u00e0 son influence la majorit\u00e9 de sa propre classe, y compris les ouvri\u00e8res et la jeunesse ouvri\u00e8re. Il est, \u00e0 cet effet, n\u00e9cessaire d&rsquo;assurer l&rsquo;influence d\u00e9cisive du Parti communiste sur les vastes organisations de masses du prol\u00e9tariat (Soviets, syndicats, comit\u00e9s d&rsquo;entreprises, coop\u00e9ratives, organisations sportives, culturelles, etc.). Il importe surtout, pour gagner la majorit\u00e9 du prol\u00e9tariat, de conqu\u00e9rir les syndicats, v\u00e9ritables organisations de masses de la classe ouvri\u00e8re, li\u00e9es \u00e0 sa lutte quotidienne. Le travail dans les syndicats r\u00e9actionnaires, qu&rsquo;il faut savoir gagner habilement, l&rsquo;acquisition de la confiance des larges masses de syndiqu\u00e9s, le remplacement des dirigeants r\u00e9formistes de ces syndicats, constituent l&rsquo;une des t\u00e2ches les plus importantes de la p\u00e9riode pr\u00e9paratoire.<\/p> <p class=Texte>La conqu\u00eate de la dictature du prol\u00e9tariat suppose \u00e9galement l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie du prol\u00e9tariat sur de grandes couches des masses laborieuses. Le Parti communiste doit, dans ce but, gagner \u00e0 son influence les masses de la population pauvre des villes et des campagnes, les couches inf\u00e9rieures des intellectuels, les \u201cpetites gens\u201d en un mot, c&rsquo;est-\u00e0-dire la population petite-bourgeoise en g\u00e9n\u00e9ral. L&rsquo;action tendant \u00e0 assurer l&rsquo;influence du Parti sur les paysans a une importance particuli\u00e8re. Le Parti communiste doit s&rsquo;assurer l&rsquo;appui complet des \u00e9l\u00e9ments les plus proches du prol\u00e9tariat dans les campagnes: ouvriers agricoles et paysans pauvres. La n\u00e9cessit\u00e9 s&rsquo;impose donc d&rsquo;organiser comme tels les ouvriers agricoles, de les appuyer par tous les moyens dans leur lutte contre la bourgeoisie rurale et de poursuivre une action \u00e9nergique parmi les petits paysans et les paysans parcellaires. La politique du Parti communiste doit s&rsquo;efforcer de neutraliser les paysans moyens (dans les pays capitalistes d\u00e9velopp\u00e9s). L&rsquo;accomplissement de ces diverses t\u00e2ches par le prol\u00e9tariat, devenu le repr\u00e9sentant des int\u00e9r\u00eats du peuple entier et le guide des grandes masses populaires dans leur lutte contre l&rsquo;oppression du capital financier, est la condition pr\u00e9alable n\u00e9cessaire d&rsquo;une r\u00e9volution communiste victorieuse.<\/p> <p class=Texte>La lutte r\u00e9volutionnaire dans les colonies, les semi-colonies et les pays d\u00e9pendants constitue, du point de vue de la lutte mondiale du prol\u00e9tariat, une des plus importantes t\u00e2ches strat\u00e9giques de l&rsquo;Internationale communiste. Cette lutte suppose la conqu\u00eate, sous les drapeaux de la r\u00e9volution, des plus grandes masses de la classe ouvri\u00e8re et des paysans des colonies, conqu\u00eate impossible sans une \u00e9troite collaboration entre le prol\u00e9tariat, des nations oppressives et les masses laborieuses des nations opprim\u00e9es.<\/p> <p class=Texte>Tout en organisant la r\u00e9volution contre l&rsquo;imp\u00e9rialisme, sous le drapeau de la dictature du prol\u00e9tariat, dans les puissances dites \u201ccivilis\u00e9es\u201d, l&rsquo;Internationale communiste soutient toute r\u00e9sistance \u00e0 la violence imp\u00e9rialiste dans les colonies, dans les semi&#8209;colonies et dans les pays d\u00e9pendants (exemple: l&rsquo;Am\u00e9rique latine); elle combat par la propagande toutes les vari\u00e9t\u00e9s du chauvinisme, tous les proc\u00e9d\u00e9s imp\u00e9rialistes employ\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des races et des peuples subjugu\u00e9s, grands et petits (attitude \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des n\u00e8gres, \u201cde la main-d&rsquo;oeuvre jaune\u201d, antis\u00e9mitisme, etc.); elle soutient la lutte de ces races et de ces peuples contre la bourgeoisie des nations oppressives. L&rsquo;Internationale communiste combat surtout avec \u00e9nergie le chauvinisme des grandes puissances, pr\u00each\u00e9 tant par la bourgeoisie imp\u00e9rialiste que par son agence social-d\u00e9mocrate, la 2e&nbsp;Internationale; elle oppose sans cesse \u00e0 la pratique de la bourgeoisie imp\u00e9rialiste celle de l&rsquo;Union sovi\u00e9tique qui a su \u00e9tablir des relations fraternelles entre des peuples \u00e9gaux en droits.<\/p> <p class=Texte>Les Partis communistes doivent, dans les pays de l&rsquo;imp\u00e9rialisme, venir syst\u00e9matiquement en aide aux mouvements r\u00e9volutionnaires \u00e9mancipateurs des colonies et de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale aux mouvements des nationalit\u00e9s opprim\u00e9es. Le devoir de pr\u00eater \u00e0 ces mouvements le concours le plus actif incombe en premier lieu aux ouvriers du pays dont la nation opprim\u00e9e d\u00e9pend politiquement, \u00e9conomiquement ou financi\u00e8rement. Les Partis communistes doivent reconna\u00eetre hautement le droit de s\u00e9paration des colonies et pr\u00e9coniser cette s\u00e9paration, c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;ind\u00e9pendance des colonies envers l&rsquo;\u00c9tat imp\u00e9rialiste. Ils doivent reconna\u00eetre le droit de d\u00e9fense arm\u00e9e des colonies contre l&rsquo;imp\u00e9rialisme (droit \u00e0 l&rsquo;insurrection et \u00e0 la guerre r\u00e9volutionnaire), et pr\u00e9coniser et appuyer \u00e9nergiquement cette lutte par tous les moyens. Les Partis communistes ont le m\u00eame devoir \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de toutes les nations opprim\u00e9es.<\/p> <p class=Texte>Dans les colonies et semi&#8209;colonies, les Partis communistes doivent combattre opini\u00e2trement l&rsquo;imp\u00e9rialisme \u00e9tranger, tout en pr\u00e9conisant obligatoirement le rapprochement et l&rsquo;alliance avec le prol\u00e9tariat des pays imp\u00e9rialistes; lancer, r\u00e9pandre et appliquer ouvertement le mot d&rsquo;ordre de la r\u00e9volution agraire en soulevant les grandes masses de paysans pour le renversement du joug des propri\u00e9taires fonciers et en combattant l&rsquo;influence r\u00e9actionnaire et m\u00e9di\u00e9vale du clerg\u00e9, des missions et d&rsquo;autres \u00e9l\u00e9ments analogues.<\/p> <p class=Texte>La t\u00e2che fondamentale est ici de former des organisations ind\u00e9pendantes d&rsquo;ouvriers et de paysans (Parti communiste comme parti de classe du prol\u00e9tariat, syndicats, ligues et comit\u00e9s de paysans, Soviets dans les situations r\u00e9volutionnaires, etc.) et de les soustraire \u00e0 l&rsquo;influence de la bourgeoisie nationale, avec laquelle des accords temporaires ne sont admissibles que dans la mesure o\u00f9 elle n&rsquo;entrave pas l&rsquo;organisation r\u00e9volutionnaire des ouvriers et des paysans et o\u00f9 elle combat effectivement l&rsquo;imp\u00e9rialisme.<\/p> <p class=Texte>Tout Parti communiste doit tenir compte, dans la d\u00e9termination de sa tactique, de la situation concr\u00e8te int\u00e9rieure et ext\u00e9rieure, du rapport des forces sociales, du degr\u00e9 de stabilit\u00e9 et de vigueur de la bourgeoisie, du degr\u00e9 de pr\u00e9paration du prol\u00e9tariat, de l&rsquo;attitude des couches interm\u00e9diaires, etc. C&rsquo;est en s&rsquo;inspirant de ces conditions g\u00e9n\u00e9rales et de la n\u00e9cessit\u00e9 de mobiliser, d&rsquo;organiser les masses les plus \u00e9tendues au moment le plus aigu de la lutte que le Parti formule ses mots d&rsquo;ordre et pr\u00e9cise ses m\u00e9thodes de combat. Lan\u00e7ant des mots d&rsquo;ordre transitoires au d\u00e9but d&rsquo;une situation r\u00e9volutionnaire et formulant des revendications partielles d\u00e9termin\u00e9es par la situation concr\u00e8te, le Parti doit subordonner ces revendications et ces mots d&rsquo;ordre \u00e0 son but r\u00e9volutionnaire qui est la prise du pouvoir et le renversement de la soci\u00e9t\u00e9 capitaliste-bourgeoise. Il serait \u00e9galement inadmissible que le Parti n\u00e9glige\u00e2t les besoins et la lutte quotidienne de la classe ouvri\u00e8re ou se confin\u00e2t au contraire dans les limites de ces besoins et de cette lutte. Sa mission est de prendre ces besoins quotidiens comme point de d\u00e9part et de conduire la classe ouvri\u00e8re \u00e0 la bataille r\u00e9volutionnaire pour le pouvoir. Lorsqu&rsquo;une pouss\u00e9e r\u00e9volutionnaire a lieu, lorsque les classes dirigeantes sont d\u00e9sorganis\u00e9es, les masses en \u00e9tat d&rsquo;effervescence r\u00e9volutionnaire, les couches sociales interm\u00e9diaires dispos\u00e9es dans leurs h\u00e9sitations \u00e0 se joindre au prol\u00e9tariat, lorsque les masses sont pr\u00eates au combat et aux sacrifices, le Parti du prol\u00e9tariat a pour but de les mener directement \u00e0 l&rsquo;assaut de l&rsquo;\u00c9tat bourgeois. Il le fait par la propagande de mots d&rsquo;ordre transitoires de plus en plus accentu\u00e9s (Soviets, contr\u00f4le ouvrier de la production, comit\u00e9s paysans pour l&rsquo;expropriation de la grande propri\u00e9t\u00e9 fonci\u00e8re, d\u00e9sarmement de la bourgeoisie, armement du prol\u00e9tariat, etc.) et par l&rsquo;organisation d&rsquo;actions des masses, auxquelles doivent \u00eatre subordonn\u00e9es toutes les formes de l&rsquo;agitation et de la propagande du Parti, y compris l&rsquo;agitation parlementaire. \u00c0 ces actions de masses se rapportent: les gr\u00e8ves et les manifestations combin\u00e9es, les gr\u00e8ves combin\u00e9es avec les manifestations arm\u00e9es, enfin la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale li\u00e9e \u00e0 l&rsquo;insurrection arm\u00e9e contre le pouvoir d&rsquo;\u00c9tat de la bourgeoisie. Cette derni\u00e8re forme sup\u00e9rieure de la lutte est soumise aux r\u00e8gles de l&rsquo;art militaire; elle suppose un plan strat\u00e9gique des op\u00e9rations offensives, l&rsquo;abn\u00e9gation et l&rsquo;h\u00e9ro\u00efsme du prol\u00e9tariat. Les actions de cette sorte sont obligatoirement conditionn\u00e9es par l&rsquo;organisation des grandes masses en formation de combat, dont la forme m\u00eame entra\u00eene et met en branle le plus grand nombre possible de travailleurs (Soviets des d\u00e9put\u00e9s ouvriers et paysans, Soviets de soldats, etc.) et par un renforcement du travail r\u00e9volutionnaire dans l&rsquo;arm\u00e9e et dans la flotte.<\/p> <p class=Texte>Il est n\u00e9cessaire de s&rsquo;inspirer, en passant \u00e0 des mots d&rsquo;ordre nouveaux plus accentu\u00e9s, de la r\u00e8gle fondamentale de tactique politique du l\u00e9ninisme. Cette r\u00e8gle veut que l&rsquo;on sache amener les masses \u00e0 des positions r\u00e9volutionnaires, en leur permettant de se convaincre par leurs propres exp\u00e9riences de la justesse de la politique du Parti. L&rsquo;inobservation de cette r\u00e8gle m\u00e8ne in\u00e9vitablement \u00e0 la rupture avec les masses, au \u201cputschisme\u201d, \u00e0 la d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence id\u00e9ologique du communisme qui aboutit \u00e0 un sectarisme de \u201cgauche\u201d et \u00e0 un aventurisme \u201cr\u00e9volutionnaire\u201d petit-bourgeois. Mais il n&rsquo;est pas moins dangereux de ne pas mettre \u00e0 profit l&rsquo;apog\u00e9e d&rsquo;une situation r\u00e9volutionnaire lorsqu&rsquo;il est du devoir du Parti d&rsquo;attaquer l&rsquo;ennemi avec audace et d\u00e9cision. Manquer cette occasion, ne pas d\u00e9clencher l&rsquo;insurrection, c&rsquo;est laisser l&rsquo;initiative \u00e0 l&rsquo;adversaire et vouer la r\u00e9volution \u00e0 une d\u00e9faite.<\/p> <p class=Texte>Quand la pouss\u00e9e r\u00e9volutionnaire fait d\u00e9faut, les Partis communistes s&rsquo;inspirant des besoins quotidiens des travailleurs doivent formuler des mots d&rsquo;ordre et des revendications partielles en les rattachant aux objectifs fondamentaux de l&rsquo;Internationale communiste. Ils se garderont cependant de donner des mots d&rsquo;ordre transitoires sp\u00e9cialement appropri\u00e9s \u00e0 une situation r\u00e9volutionnaire et qui, en l&rsquo;absence de celle&#8209;ci, se transforment en des mots d&rsquo;ordre d&rsquo;int\u00e9gration au syst\u00e8me des organisations capitalistes (exemple: le contr\u00f4le ouvrier, etc.). Les mots d&rsquo;ordre et les revendications partielles conditionnent absolument, de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, une bonne tactique; les mots d&rsquo;ordre transitoires sont ins\u00e9parables d&rsquo;une situation r\u00e9volutionnaire. Il est, d&rsquo;autre part, incompatible avec les principes tactiques du communisme de renoncer \u201cen principe\u201d aux revendications partielles et aux mots d&rsquo;ordre transitoires, ce serait condamner en r\u00e9alit\u00e9 le Parti \u00e0 la passivit\u00e9 et l&rsquo;isoler des masses. La tactique du front unique, moyen le plus efficace de lutte contre le Capital et de mobilisation des masses dans un esprit de classe, moyen de d\u00e9masquer et d&rsquo;isoler les chefs r\u00e9formistes, est un des \u00e9l\u00e9ments de la tactique des Partis communistes pendant toute la p\u00e9riode pr\u00e9r\u00e9volutionnaire.<\/p> <p class=Texte>La juste application de la tactique du front unique, et plus g\u00e9n\u00e9ralement la solution du probl\u00e8me de la conqu\u00eate des masses, suppose \u00e0 son tour une action syst\u00e9matique et pers\u00e9v\u00e9rante dans les syndicats et dans les autres organisations de masses du prol\u00e9tariat. L&rsquo;affiliation au syndicat, f\u00fbt-il le plus r\u00e9actionnaire pourvu qu&rsquo;il soit une organisation de masses, est de devoir imm\u00e9diat de tout communiste. Ce n&rsquo;est que par une action constante et suivie dans les syndicats et dans les entreprises pour la d\u00e9fense \u00e9nergique et ferme des int\u00e9r\u00eats des ouvriers &#8209;&nbsp;la bureaucratie r\u00e9formiste \u00e9tant parall\u00e8lement combattue sans merci&nbsp;&#8209; que l&rsquo;on peut se mettre \u00e0 la t\u00eate de la lutte ouvri\u00e8re et rallier au Parti la masse des syndiqu\u00e9s. \u00c0 l&rsquo;encontre de la politique scissionniste des r\u00e9formistes, les communistes d\u00e9fendent l&rsquo;unit\u00e9 syndicale sur la base de la lutte de classes, dans chaque pays, et \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle internationale en soutenant et en affermissant de toutes leurs forces l&rsquo;action de l&rsquo;Internationale syndicale rouge.<\/p> <p class=Texte>Prenant partout la d\u00e9fense des int\u00e9r\u00eats imm\u00e9diats, quotidiens de la masse ouvri\u00e8re et des travailleurs en g\u00e9n\u00e9ral, exploitant \u00e0 des fins d&rsquo;agitation et de propagande r\u00e9volutionnaire la tribune parlementaire bourgeoise, subordonnant tous les objectifs partiels \u00e0 la lutte pour la dictature du prol\u00e9tariat, les Partis de l&rsquo;Internationale communiste formulent des revendications partielles et donnent des mots d&rsquo;ordre dans les principaux domaines suivants:<\/p> <p class=Texte>Question ouvri\u00e8re&nbsp;&#8209; au sens \u00e9troit du mot: questions se rapportant \u00e0 lutte \u00e9conomique (lutte contre l&rsquo;offensive du capital trust\u00e9, salaires, journ\u00e9es de travail, arbitrage obligatoire, ch\u00f4mage) qui deviennent des questions de lutte politique g\u00e9n\u00e9rale (grands conflits industriels, droits de coalition et de gr\u00e8ve, etc.); questions nettement politiques (imp\u00f4ts, chert\u00e9 de la vie, fascisme, r\u00e9pression contre les partis r\u00e9volutionnaires, terreur blanche, politique g\u00e9n\u00e9rale du gouvernement); questions de politique mondiale (attitude envers l&rsquo;U.R.S.S. et les r\u00e9volutions coloniales, lutte pour l&rsquo;unit\u00e9 du mouvement syndical international, lutte contre l&rsquo;imp\u00e9rialisme et les menaces de guerre, pr\u00e9paration syst\u00e9matique \u00e0 la lutte contre la guerre imp\u00e9rialiste).<\/p> <p class=Texte>Dans la question paysanne, le probl\u00e8me des imp\u00f4ts, des hypoth\u00e8ques, de la lutte contre le capital usurier, de la p\u00e9nurie des terres dont souffrent les paysans pauvres, du fermage et des redevances, etc., suscitent des revendications partielles du m\u00eame ordre. Le Parti communiste partant de l\u00e0, doit accentuer et g\u00e9n\u00e9raliser ses mots d&rsquo;ordre jusqu&rsquo;\u00e0 r\u00e9clamer la confiscation des domaines des grands propri\u00e9taires fonciers et le gouvernement ouvrier et paysan (synonyme de dictature du prol\u00e9tariat dans les pays capitalistes d\u00e9velopp\u00e9s et synonyme de dictature d\u00e9mocratique du prol\u00e9tariat et des paysans dans les pays arri\u00e9r\u00e9s et diverses colonies).<\/p> <p class=Texte>Il est \u00e9galement n\u00e9cessaire de poursuivre une action syst\u00e9matique au sein de la jeunesse ouvri\u00e8re et paysanne (principalement au moyen de l&rsquo;ICJ et de ses sections) ainsi que parmi les femmes ouvri\u00e8res et paysannes, en s&rsquo;inspirant de leurs conditions d&rsquo;existence, de leurs luttes, et en rattachant leurs revendications aux revendications g\u00e9n\u00e9rales et aux mots d&rsquo;ordre de combat du prol\u00e9tariat.<\/p> <p class=Texte>Dans la lutte contre l&rsquo;oppression des peuples coloniaux, les Partis communistes formulent dans les colonies m\u00eames des revendications partielles dict\u00e9es par la situation particuli\u00e8re de chaque pays: \u00e9galit\u00e9 compl\u00e8te des nationalit\u00e9s et des races; abolition des privil\u00e8ges des \u00e9trangers; libert\u00e9 d&rsquo;association pour les ouvriers et les paysans; diminution de la journ\u00e9e de travail; interdiction du travail des enfants; abolition des contrats spoliateurs et usuriers; r\u00e9duction et suppression du fermage; diminution des imp\u00f4ts; refus de payer les imp\u00f4ts, etc., etc. Tous ces mots d&rsquo;ordre partiels doivent \u00eatre subordonn\u00e9s aux revendications essentielles des Partis communistes: ind\u00e9pendance compl\u00e8te du pays, expulsion des imp\u00e9rialistes, gouvernement ouvrier et paysan, la terre au peuple, journ\u00e9e de huit heures, etc. Dans les pays de l&rsquo;imp\u00e9rialisme, les Partis communistes ont le devoir de soutenir cette lutte des colonies, de r\u00e9clamer avec t\u00e9nacit\u00e9 le rappel des troupes imp\u00e9rialistes, de d\u00e9fendre par la propagande dans l&rsquo;arm\u00e9e et la flotte les pays opprim\u00e9s luttant pour leur \u00e9mancipation, de mobiliser les masses pour le boycottage du transport des troupes et des armes, d&rsquo;organiser, en relation avec ces actions, des gr\u00e8ves et d&rsquo;autres formes de protestations de masses, etc.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;Internationale communiste doit porter une attention particuli\u00e8re \u00e0 la pr\u00e9paration syst\u00e9matique de la lutte contre les dangers de guerre imp\u00e9rialiste. D\u00e9masquer impitoyablement le social-chauvinisme, le social-imp\u00e9rialisme, les phrases pacifistes qui dissimulent les dessins imp\u00e9rialistes de la bourgeoisie; r\u00e9pandre les mots d&rsquo;ordre essentiels de l&rsquo;Internationale communiste; poursuivre chaque jour un travail d&rsquo;organisation dans ce sens et en combiner obligatoirement les formes l\u00e9gales et ill\u00e9gales; poursuivre un travail organis\u00e9 dans l&rsquo;arm\u00e9e et la flotte; telle doit \u00eatre l&rsquo;activit\u00e9 des Partis communistes. Les mots d&rsquo;ordre fondamentaux de l&rsquo;Internationale communiste doivent \u00eatre les suivants: transformation de la guerre imp\u00e9rialiste en guerre civile, d\u00e9faite de \u201cson propre\u201d gouvernement imp\u00e9rialiste, d\u00e9fense par tous les moyens de l&rsquo;U.R.S.S. et des colonies en cas de guerre imp\u00e9rialiste contre elles. La propagande de ces mots d&rsquo;ordre, la d\u00e9nonciation des sophismes \u201csocialistes\u201d et du camouflage \u201csocialiste\u201d de la Soci\u00e9t\u00e9 des nations, le rappel constant de l&rsquo;exp\u00e9rience de la guerre de&nbsp;1914&#8209;1918, sont des devoirs imp\u00e9ratifs qui incombent \u00e0 toutes les sections et \u00e0 tous les membres de l&rsquo;Internationale communiste.<\/p> <p class=Texte>La coordination du travail et des actions r\u00e9volutionnaires et leur bonne direction imposent au prol\u00e9tariat international une discipline internationale de classe, dont la discipline internationale la plus rigoureuse dans les rangs des Partis communistes est la condition essentielle. Cette discipline communiste internationale doit se traduire par la subordination des int\u00e9r\u00eats partiels et locaux du mouvement \u00e0 ses int\u00e9r\u00eats g\u00e9n\u00e9raux et permanents, et par la stricte application de toutes les d\u00e9cisions des organes dirigeants de l&rsquo;Internationale communiste par tous les communistes.<\/p> <p class=Texte>\u00c0 l&rsquo;inverse de la 2e&nbsp;Internationale social-d\u00e9mocrate o\u00f9 chaque parti se soumet \u00e0 la discipline de \u201csa propre\u201d bourgeoisie nationale et de sa \u201cpatrie\u201d, les sections de l&rsquo;Internationale communiste ne connaissent qu&rsquo;une discipline, celle du prol\u00e9tariat international qui assure la lutte victorieuse des ouvriers de tous les pays pour la dictature mondiale du prol\u00e9tariat. \u00c0 l&rsquo;inverse de la 2e&nbsp;Internationale, qui divise les syndicats, combat les peuples coloniaux et s&rsquo;unit \u00e0 la bourgeoisie, l&rsquo;Internationale communiste est l&rsquo;organisation qui d\u00e9fend l&rsquo;unit\u00e9 des prol\u00e9taires de tous les pays, des travailleurs de toutes les races et de tous les peuples en lutte contre le joug imp\u00e9rialiste.<\/p> <p class=Texte>Quelle que soit la terreur sanglante de la bourgeoisie, les communistes m\u00e8nent ce combat avec abn\u00e9gation et courage, sur tous les secteurs du front international de la lutte de classes, fermement convaincus de l&rsquo;in\u00e9vitabilit\u00e9 et de l&rsquo;in\u00e9luctabilit\u00e9 de la victoire du prol\u00e9tariat.<\/p> <p class=MsoQuote>&quot;Les communistes ne s&rsquo;abaissent pas \u00e0 dissimuler leurs opinions et leurs projets. Ils proclament ouvertement que leurs buts ne peuvent \u00eatre atteints que par le renversement violent de tout l&rsquo;ordre social traditionnel.&quot;<\/p> <p class=MsoQuote>&quot;Que les classes dirigeantes tremblent \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une r\u00e9volution communiste. Les prol\u00e9taires n&rsquo;ont rien \u00e0 perdre que leurs cha\u00eenes. Ils ont un monde \u00e0 y gagner.&quot;<\/p> <p class=MsoQuote>&quot;Prol\u00e9taires de tous les pays, unissez-vous !&quot;<\/p> <p class=Texte>&nbsp;<\/p> <p class=Intertitre2a>Notes<\/p> <\/div> <div><br clear=all> <hr align=left size=1 width=\"33%\"> <div id=edn1> <p class=MsoEndnoteText style='margin-top:6.0pt'><a href=\"#_ednref1\" name=\"_edn1\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[1]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;<a name=\"REF_NOT_a\"><\/a>Internationale socialiste.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En&nbsp;1864 est constitu\u00e9e \u00e0 Londres l&rsquo;\u201cAssociation internationale des travailleurs\u201d, \u00e0 laquelle Karl Marx et Friedrich Engels participent activement; elle est dissoute par d\u00e9cision de son assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale tenue \u00e0 Philadelphie en&nbsp;1876. En&nbsp;1889 se tient un congr\u00e8s ouvrier international \u00e0 Paris. La coordination ainsi \u00e9tablie entre partis d&rsquo;orientation marxiste est d\u00e9sign\u00e9e couramment comme \u201cDeuxi\u00e8me Internationale\u201d. Dans un premier temps, aucune structure organisationnelle particuli\u00e8re n&rsquo;est mise en place, en dehors de la convocation de congr\u00e8s. En&nbsp;1900 est constitu\u00e9 un Bureau socialiste international, ainsi qu&rsquo;un comit\u00e9 ex\u00e9cutif charg\u00e9 des affaires courantes, avec si\u00e8ge \u00e0 Bruxelles.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Les&nbsp;14 et&nbsp;15&nbsp;f\u00e9vrier 1915 se tient \u00e0 Londres une conf\u00e9rence des partis socialistes des pays alli\u00e9s. Le nombre de d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve \u00e0&nbsp;46. La France est repr\u00e9sent\u00e9e de la fa\u00e7on suivante: pour le Parti socialiste Section fran\u00e7aise de l&rsquo;Internationale ouvri\u00e8re (SFIO) Alexandre Desrousseaux dit Bracke, Ad\u00e9odat Comp\u00e8re-Morel, Marcel Cachin, Jean Longuet, Marcel Sembat, Pierre Renaudel, Edouard Vaillant, Louis Dubreuilh, Ernest Poisson, Braemer; pour la Conf\u00e9d\u00e9ration g\u00e9n\u00e9rale du travail L\u00e9on Jouhaux, Alexandre Luquet, Moulinier, Albert Bourderon et Alphonse Merrheim. La Grande Bretagne est repr\u00e9sent\u00e9e entre autres par Arthur Henderson, Ramsay Macdonald, Keir Hardie, William Anderson, Bruce Glasier; la Belgique est repr\u00e9sent\u00e9e notamment par \u00c9mile Vandervelde et Camille Huysmans; pour la Russie participent entre autres Ivan M.&nbsp;Maisky du Parti ouvrier social-d\u00e9mocrate &#8211; mench\u00e9vik), Viktor M.&nbsp;&#268;ernov et Ilja A.&nbsp;Rubanovi&#269; du Parti des socialistes-r\u00e9volutionnaires, etc.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Apr\u00e8s la 1e&nbsp;guerre mondiale se tient d&rsquo;abord en f\u00e9vrier 1919 une conf\u00e9rence \u00e0 Bern, puis en aout 1920 \u00e0 Gen\u00e8ve la 2e&nbsp;Internationale est reconstitu\u00e9e avec la participation d&rsquo;un nombre r\u00e9duit de partis. Elle \u00e9tablit son si\u00e8ge \u00e0 Londres.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Un certain nombre d&rsquo;autres partis constituent en f\u00e9vrier 1921 \u00e0 Vienne en Autriche la \u201cCommunaut\u00e9 internationale de travail de partis socialistes\u201d. Friedrich Adler et Otto Bauer jouent un r\u00f4le important. Officiellement l&rsquo;organisation est d\u00e9sign\u00e9e aussi comme \u201cInternationale de Vienne\u201d, mais elle est couramment nomm\u00e9e \u201cInternationale&nbsp;2&nbsp;\u00bd\u201d.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En mai 1923 durant un congr\u00e8s tenu \u00e0 Hambourg cette Internationale et la 2e&nbsp;Internationale cr\u00e9ent en commun l&rsquo;\u201cInternationale ouvri\u00e8re socialiste\u201d.<\/p> <\/div> <div id=edn2> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn2\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[2]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;<a name=\"REF_NOT_c\"><\/a>Lutte des mineurs en Grande-Bretagne, 1926.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En Grande-Bretagne, le&nbsp;30&nbsp;juin 1925 les propri\u00e9taires des mines annoncent qu&rsquo;ils r\u00e9duiront les salaires des mineurs. Suite \u00e0 l&rsquo;opposition du Syndicat national des travailleurs des mines (<span lang=EN-US>National Union of Mineworkers<\/span>), soutenu par le <span lang=EN-US>Trades Union Congress<\/span> (Congr\u00e8s de Syndicats, TUC, l&rsquo;unique organisation centralis\u00e9e de syndicats, li\u00e9e au Labour Party), le gouvernement conservateur de Stanley Baldwin d\u00e9cide d&rsquo;intervenir et accorde les fonds n\u00e9cessaires pour maintenir le niveau des salaires, pendant une p\u00e9riode de neuf mois. Il constitue une commission pr\u00e9sid\u00e9e par Herbert Samuel charg\u00e9e d&rsquo;examiner la situation de l&rsquo;industrie mini\u00e8re, laquelle publie son rapport en mars 1926. Elle \u00e9carte l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une nationalisation, recommande l&rsquo;arr\u00eat des subventions et que les salaires des mineurs soient effectivement r\u00e9duits. Au m\u00eame moment les propri\u00e9taires des mines, au-del\u00e0 des r\u00e9ductions de salaires, modifient de fa\u00e7on plus g\u00e9n\u00e9rale les conditions d&#8217;emploi, notamment par un prolongement de l&rsquo;horaire journalier et la fixation des taux de salaires par district; ils annoncent que si les mineurs n&rsquo;acceptent pas ces d\u00e9cisions avant le 1er&nbsp;mai, ils proc\u00e8deront \u00e0 un lockout.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Le&nbsp;1er&nbsp;mai, le TUC annonce un appel \u00e0 la gr\u00e8ve pour le&nbsp;4&nbsp;mai, et entame des n\u00e9gociations dans l&rsquo;espoir d&rsquo;arriver \u00e0 un accord avant. Depuis le d\u00e9c\u00e8s du Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du TUC <span lang=EN-US>Fred Bramley<\/span> en octobre 1925, Walter Citrine assume la fonction \u00e0 titre provisoire, il sera officiellement d\u00e9sign\u00e9 comme Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral en septembre 1926. <span lang=EN-US>Ramsay MacDonald<\/span>, le dirigeant du Parti travailliste (Labour Party), est oppos\u00e9 au d\u00e9clenchement d&rsquo;une gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale. Les n\u00e9gociations \u00e9chouent. Le TUC applique la m\u00e9thode de mettre en gr\u00e8ve d&rsquo;abord les travailleurs de certains secteurs cl\u00e9&nbsp;&#8209; chemins de fer, transports, ports, imprimeries, construction, sid\u00e9rurgie. Le&nbsp;7&nbsp;mai, Samuel prend contact avec le TUC. Sans se coordonner avec les mineurs, les repr\u00e9sentants du TUC s&rsquo;accordent avec Samuel sur les conditions dans lesquelles la gr\u00e8ve pourrait \u00eatre r\u00e9voqu\u00e9e en \u00e9change d&rsquo;une poursuite des n\u00e9gociations. Les mineurs rejettent l&rsquo;arrangement, mais le&nbsp;11&nbsp;mai le Conseil g\u00e9n\u00e9ral du TUC l&rsquo;ent\u00e9rine et d\u00e9clare la fin de la gr\u00e8ve. Cependant, le gouvernement ne reprend pas \u00e0 son compte les termes de l&rsquo;arrangement.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Le&nbsp;21&nbsp;juin, le gouvernement fait adopter une loi qui suspend la loi concernant la journ\u00e9e de travail de sept heures dans les mines (<span lang=EN-US>Miners&rsquo; Seven Hours Act<\/span>) pour une dur\u00e9e de cinq ans, ce qui autorise le retour \u00e0 la journ\u00e9e de huit heures. Ainsi en juillet les propri\u00e9taires des mines confirment les mesures annonc\u00e9es. Les mineurs poursuivent la gr\u00e8ve, mais sont contraints de reprendre progressivement le travail; un grand nombre parmi eux sont sanctionn\u00e9s et restent au ch\u00f4mage.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Par la suite, en&nbsp;1927, le gouvernement adopte le <span lang=EN-US>Trade Disputes and Trade Unions Act<\/span> (Loi sur les conflits de travail et les syndicats), qui prohibe les gr\u00e8ves g\u00e9n\u00e9rales ainsi que les gr\u00e8ves de solidarit\u00e9, et interdit aux fonctionnaires publics d&rsquo;adh\u00e9rer aux syndicats affili\u00e9s au <span lang=EN-US>Trade Union Congress<\/span>.<\/p> <\/div> <div id=edn3> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref3\" name=\"_edn3\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[3]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Autriche, juillet 1927.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Le&nbsp;30&nbsp;janvier 1927, \u00e0&nbsp;<span lang=DE>Schattendorf<\/span>, localit\u00e9 de la province du <span lang=DE>Burgenland<\/span>, un groupe d&rsquo;anciens combattants monarchistes ouvre le feu sur un d\u00e9fil\u00e9 de la Ligue de protection r\u00e9publicaine (<span lang=DE>Republikanischer Schutzbund<\/span>), une organisation prol\u00e9tarienne arm\u00e9e cr\u00e9\u00e9e en&nbsp;1923, li\u00e9e \u00e0 la social-d\u00e9mocratie. L&rsquo;attaque fait deux morts, dont un enfant. Jug\u00e9s le&nbsp;14&nbsp;juillet, les tireurs &#8209;&nbsp;qui pourtant n&rsquo;avaient nullement ni\u00e9 les faits&nbsp;&#8209; sont acquitt\u00e9s. Le&nbsp;15, une gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale spontan\u00e9e \u00e9clate et conduit \u00e0 des affrontements autour du Palais de Justice de Vienne. La police fait usage d&rsquo;armes \u00e0 feu; le lendemain, les fusillades continuent encore. La Ligue de protection laisse d&rsquo;abord les manifestants seuls face \u00e0 la police; ensuite elle intervient, mais non arm\u00e9e, et contre les travailleurs en essayant de d\u00e9samorcer leur action; finalement, expos\u00e9e aux attaques meurtri\u00e8res de la police, elle se retire. Au total on comptera 86&nbsp;morts parmi la population, ainsi que 4&nbsp;policiers; plus de 1000&nbsp;bless\u00e9s sont hospitalis\u00e9s. D\u00e8s la nuit du&nbsp;15 au&nbsp;16&nbsp;juillet, le Parti communiste d&rsquo;Autriche (<span lang=DE>Kommunistische Partei \u00d6sterreichs, KP\u00d6<\/span>) diffuse une \u00e9dition sp\u00e9ciale de son organe <i><span lang=DE>Die&nbsp;Rote&nbsp;Fahne<\/span><\/i> \u00e9non\u00e7ant les revendications formul\u00e9es par le Parti: dissolution et d\u00e9sarmement de toutes les organisations fascistes, \u00e9puration de l&rsquo;appareil d&rsquo;\u00e9tat (police, arm\u00e9e, gendarmerie) d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments r\u00e9actionnaires, armement des travailleurs. L&rsquo;apr\u00e8s-midi du&nbsp;15&nbsp;juillet, le Parti ouvrier social-d\u00e9mocrate d&rsquo;Autriche (<span lang=DE>Sozialdemokratische Arbeiterpartei Deutsch-\u00d6sterreichs, SDAPD\u00d6<\/span>) et les dirigeants syndicaux se d\u00e9cident \u00e0 appeler \u00e0 une gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale de&nbsp;24&nbsp;heures ainsi qu&rsquo;une gr\u00e8ve illimit\u00e9e des transports et des postes, t\u00e9l\u00e9graphes et t\u00e9l\u00e9phones, en adressant au gouvernement une s\u00e9rie de revendications: fin des repr\u00e9sailles, inculpation des responsables du carnage, convocation du Parlement. Le chancelier f\u00e9d\u00e9ral <span lang=DE>Ignaz Seipel<\/span> rejette les revendications et remarque pour se moquer de la d\u00e9l\u00e9gation, qu&rsquo;en vue de la tenue d&rsquo;une session du parlement, ils devraient &quot;d&rsquo;abord faire en sorte que les trains circulent \u00e0 nouveaux, puisqu&rsquo;autrement les d\u00e9put\u00e9s ne peuvent pas se rendre \u00e0 Vienne&quot;. Les social-d\u00e9mocrates annulent effectivement la gr\u00e8ve des transports. Le&nbsp;16&nbsp;juillet, le <i>Bulletin d&rsquo;information de la social-d\u00e9mocratie<\/i> (<i><span lang=DE>Mitteilungsblatt der Sozialdemokratie<\/span><\/i>) \u00e9crit: &quot;Plus est total, de la part des camarades, le respect de la consigne de rester aujourd&rsquo;hui \u00e0 la maison et de ne pas descendre dans la rue, d&rsquo;autant plus efficace sera la prompte disposition du <span lang=DE>Schutzbund<\/span> d&rsquo;intervenir en cas de besoin.&quot; Puis le&nbsp;7&nbsp;aout, l&rsquo;<i><span lang=DE>Arbeiter&#8209;Zeitung<\/span><\/i> \u00e9crit: &quot;Nous n&rsquo;avons pas \u00e9t\u00e9 vaincus dans le combat, c&rsquo;est plut\u00f4t que nous avons \u00e9vit\u00e9 le combat.&quot;<\/p> <\/div> <div id=edn4> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref4\" name=\"_edn4\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[4]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Gustav Noske.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En&nbsp;1884 Noske adh\u00e8re au Parti ouvrier socialiste d&rsquo;Allemagne (<span lang=DE>Sozialistische Arbeiterpartei Deutschlands<\/span>, <span lang=DE>SAPD<\/span>), qui en&nbsp;1890 adopte le nom de Parti social-d\u00e9mocrate d&rsquo;Allemagne (<span lang=DE>Sozialdemokratische Partei Deutschlands<\/span>, <span lang=DE>SPD<\/span>). De&nbsp;1906 \u00e0&nbsp;1918 il est d\u00e9put\u00e9 pour le SPD. En&nbsp;1914 il publie un livre <span lang=DE>&quot;Kolonialpolitik und Sozialdemokratie&quot;<\/span> (&quot;Politique coloniale et social-d\u00e9mocratie&quot;), qui juge favorablement la politique coloniale de l&rsquo;Allemagne. Durant la Premi\u00e8re guerre mondiale il soutient la position de d\u00e9fense nationale. En d\u00e9cembre 1918, il devient membre du Conseil des mandat\u00e9s du peuple qui exerce la fonction de gouvernement provisoire. En janvier 1919 il dirige l&rsquo;\u00e9crasement, impos\u00e9 avec le concours de corps francs, de la tentative d&rsquo;insurrection r\u00e9volutionnaire. En f\u00e9vrier il est nomm\u00e9 ministre de la d\u00e9fense et met en oeuvre la reconstruction des forces arm\u00e9es. En mars 1920, au moment de la mise en \u00e9chec du putsch L\u00fcttwitz-Kapp, il est forc\u00e9 de d\u00e9missionner sous la pression des travailleurs en lutte. De&nbsp;1920 \u00e0&nbsp;1933 il occupe le poste de pr\u00e9sident <span lang=DE>[Oberpr\u00e4sident]<\/span><span lang=DE> <\/span>de la province <span lang=DE>Hannover<\/span>.<\/p> <\/div> <div id=edn5> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref5\" name=\"_edn5\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[5]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Albert Thomas.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En&nbsp;1904, Thomas est charg\u00e9 de la rubrique syndicale de <i>L&rsquo;Humanit\u00e9<\/i> et est \u00e9lu conseiller municipal de Champigny-sur-Marne, dont il deviendra maire huit ans plus tard. En tant que journaliste, il \u00e9crit pour <i>L&rsquo;Information<\/i> et la <i>Revue&nbsp;socialiste<\/i>, fonde la <i>Revue&nbsp;syndicaliste<\/i> et ensuite <i>L&rsquo;Information ouvri\u00e8re et sociale<\/i>. En&nbsp;1910, il est \u00e9lu d\u00e9put\u00e9 de l&rsquo;une des circonscriptions du d\u00e9partement de la Seine, et il sera r\u00e9\u00e9lu en&nbsp;1914. En mai 1915, il est nomm\u00e9 sous-secr\u00e9taire d&rsquo;\u00c9tat \u00e0 l&rsquo;Artillerie et aux \u00c9quipements militaires. Il devient ministre de l&rsquo;Armement l&rsquo;ann\u00e9e suivante. En novembre 1919, \u00e0 Washington, \u00e0 la premi\u00e8re session de la Conf\u00e9rence internationale du Travail (\u00e0 laquelle il n&rsquo;est pas pr\u00e9sent), le Conseil d&rsquo;administration de l&rsquo;Organisation internationale du Travail (OIT) ainsi constitu\u00e9e, le d\u00e9signe comme Directeur du Bureau international du Travail (BIT), organisme qui exerce la fonction de secr\u00e9tariat pour l&rsquo;OIT.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En mai 1928, Thomas en sa qualit\u00e9 d&rsquo;observateur et directeur du BIT, effectue un voyage en Italie. Il est re\u00e7u par divers repr\u00e9sentants du r\u00e9gime, et \u00e0 ces occasions il fait des d\u00e9clarations, dont une le&nbsp;3&nbsp;mai, en r\u00e9ponse au discours de Giuseppe Bottai, sous-secr\u00e9taire du Minist\u00e8re des Corporations. Voici un extrait:<\/p> <p class=Notedefincitation style='margin-bottom:6.0pt'>Les Hautes Parties contractantes qui ont conclu les Traites de Paix de&nbsp;1919 ont promis aux travailleurs du monde certaines r\u00e9formes en accord avec certains droits et principes reconnus. La <span lang=IT>Carta del Lavoro<\/span> de l&rsquo;Italie fasciste, elle aussi, a promis aux travailleurs d&rsquo;Italie un certain nombre de r\u00e9formes pr\u00e9cises. J&rsquo;ai observ\u00e9 des similarit\u00e9s nombreuses entre ces deux documents importants. J&rsquo;ai n\u00e9anmoins aussi observ\u00e9 une omission. La <span lang=IT>Carta del Lavoro<\/span> ne mentionne pas explicitement la journ\u00e9e de huit heures. Bien que j&rsquo;aie pu ressentir quelque malaise sur ce point, la d\u00e9claration que le Chef du gouvernement a faite il y a quelques jours, \u00e9claircit la question. &quot;Nous&quot;, a&#8209;t&#8209;il dit, &quot;avons \u00e9t\u00e9 les premiers \u00e0 \u00e9tablir une l\u00e9gislation au sujet la journ\u00e9e de huit heures, bien que des pays plus nantis, dont on dit qu&rsquo;ils sont d\u00e9mocratiques, poursuivent encore la discussion sur la question.&quot; La similitude qui existe entre la <span lang=IT>Carta del Lavoro<\/span> et le Trait\u00e9 est sans doute ce qui a permis \u00e0 l&rsquo;Italie de ratifier un nombre consid\u00e9rable de Conventions. [&#8230;] \u00c0 la r\u00e9cente Conf\u00e9rence sur la population mondiale nous nous sommes trouv\u00e9s, \u00e9tant donn\u00e9 notre pr\u00e9occupation pour la justice internationale, en plein accord avec les d\u00e9clarations des repr\u00e9sentants italiens. Cependant le Gouvernement fasciste d\u00e9sire aller plus loin. Il ne souhaite pas seulement assurer aux travailleurs le b\u00e9n\u00e9fice de justes r\u00e9formes, mais comme vous l&rsquo;avez vous-m\u00eame formul\u00e9, il d\u00e9sire de r\u00e9organiser la soci\u00e9t\u00e9 italienne en commen\u00e7ant par ses fondations. La <span lang=IT>Carta del Lavoro<\/span> non seulement promet certaines r\u00e9formes pr\u00e9cises, mais \u00e9tablit \u00e9galement certaines r\u00e8gles et principes, et une tentative est en train d&rsquo;\u00eatre faite d&rsquo;organiser la soci\u00e9t\u00e9 sur la base de ces principes. [&#8230;] D&rsquo;autre part, je suis s\u00fbr que vous allez \u00eatre d&rsquo;accord avec moi que, lorsque les classes travailleuses d&rsquo;une communaut\u00e9 jouissent de certains droits, lorsqu&rsquo;elles sont prosp\u00e8res, et avant tout lorsque l&rsquo;am\u00e9lioration de leur situation est parall\u00e8le \u00e0 un accroissement de la production, le moyen le plus s\u00fbr de maintenir et promouvoir la production est de faire montre de justice sociale envers les travailleurs. Je ressens la confiance la plus haute en notre coop\u00e9ration sur ces lignes, [&#8230;] l&rsquo;Italie et la France, et en fait les pays latins en g\u00e9n\u00e9ral, ont \u00e9t\u00e9 accus\u00e9s d&rsquo;avoir de grands principes mais de ne pas les appliquer pleinement. Plus je vois des aspects des faits, plus je suis s\u00fbr que c&rsquo;est un jugement h\u00e2tif et injuste. Il y a un an vous avez promulgu\u00e9 votre <span lang=IT>Carta del Lavoro<\/span>. J&rsquo;ai not\u00e9 avec satisfaction votre d\u00e9claration que vous \u00eates en train de vous efforcer graduellement et progressivement de mettre en oeuvre les principes de votre Charte du travail, et que des progr\u00e8s substantiels ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 faits.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Traduit de l\u2019anglais par nous [321ignition]:<\/p> <p class=Notedefincitation><span lang=EN-US>The High Contracting Parties who concluded the Treaties of Peace in&nbsp;1919 promised certain reforms to the workers of the world in accordance with certain recognised rights and principles. The <\/span><span lang=IT>Carta del Lavoro<\/span><span lang=EN-US> of Fascist Italy also promised a number of definite reforms to the workers of Italy. I have observed numerous similarities between these two important documents. I have, however, also observed one omission. The <\/span><span lang=IT>Carta del Lavoro<\/span><span lang=EN-US> does not explicitly mention the 8&#8209;hour day. Although I may have felt some uneasiness on this point, the statement which the Head of the Government made some days ago clears up the matter. &quot;We&quot;, he said, &quot;were the first to establish legislation on the 8&#8209;hour day, although wealthier countries, which are said to be democratic, are still discussing the matter.&quot; The similarity which exists between the <\/span><span lang=IT>Carta del Lavoro<\/span><span lang=EN-US> and the Treaty is no doubt what has enabled Italy to ratify a considerable number of Conventions. [&#8230;] At the recent World Population Conference we found ourselves, owing to our anxiety for international justice, in full agreement with the declarations of the Italian representatives. The Fascist Government, however, desires to go further. It does not merely wish to secure the benefit of just reforms for the workers, but as you yourself have put it, it desires to reorganise Italian society from its foundations. The <\/span><span lang=IT>Carta del Lavoro<\/span><span lang=EN-US> does not merely promise certain definite reforms, but also establishes certain rules and principles, and an attempt is being made to organise society on the basis of those principles. [&#8230;] On the other hand, I am sure you will agree with me that when the working classes of a community enjoy certain rights, when they are prosperous, and above all when the improvement in their position is parallel with an increase in production, the surest means of maintaining and promoting production is to show social justice towards the workers. I feel the utmost confidence in our collaboration on these lines [&#8230;] Italy and France, and indeed the Latin countries in general, have been accused of having great principles but not applying them completely. The more I see of the facts, the more sure I am that that is a hasty and unjust judgment. A year ago you promulgated your <\/span><span lang=IT>Carta del Lavoro<\/span><span lang=EN-US>. I noted with satisfaction your statement that you are gradually and progressively endeavouring to carry out the principles of your Labour Charter, and that substantial progress has already been made.<\/span><\/p> <p class=Notedefincitation style='margin-bottom:6.0pt'><span lang=EN-US>[Industrial and Labour Information, Volume&nbsp;26, International Labour Office, 1928.]<\/span><\/p> <p class=MsoEndnoteText>Et voici ce que Thomas note dans son Journal du voyage:<\/p> <p class=Notedefincitation>Et si, du c\u00f4t\u00e9 fasciste, il n&rsquo;y a pas lieu de penser qu&rsquo;on a tout invent\u00e9 et tout cr\u00e9\u00e9, s&rsquo;il n&rsquo;y a pas lieu de penser qu&rsquo;on a donn\u00e9 l&rsquo;exemple car partout se manifestent les m\u00eames ph\u00e9nom\u00e8nes, il serait, d&rsquo;autre part, stupide de nier, en raison des circonstances politiques et de la m\u00e9thode dictatoriale, le fait que l&rsquo;Italie a donn\u00e9 des formules nouvelles et plus syst\u00e9matiques qu&rsquo;ailleurs de toutes ces constructions n\u00e9cessaires.<\/p> <p class=Notedefincitation style='margin-bottom:6.0pt'>[http:\/\/www.cedias.org\/pdf\/guerin_thomas.pdf]<\/p> <\/div> <div id=edn6> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref6\" name=\"_edn6\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[6]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;<a name=\"REF_NOT_b\"><\/a>Joseph Paul&#8209;Boncour.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Homme politique fran\u00e7ais. Il adh\u00e8re dans un premier temps au Parti r\u00e9publicain-socialiste, puis en&nbsp;1916 passe \u00e0 la SFIO. En&nbsp;1927, \u00e0 la Chambre des d\u00e9put\u00e9s il est le rapporteur d&rsquo;un projet de loi &quot;sur l&rsquo;organisation g\u00e9n\u00e9rale de la nation en temps de guerre&quot;, qui est vot\u00e9e par la Chambre le 7&nbsp;mars 1927.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>L&rsquo;article&nbsp;1er du texte stipule: &quot;En temps de guerre, tous les Fran\u00e7ais et ressortissants fran\u00e7ais, sans distinction d&rsquo;\u00e2ge ni de sexe, ainsi que tous les groupements l\u00e9galement constitu\u00e9s, sont tenus de participer \u00e0 la d\u00e9fense du pays ou \u00e0 l&rsquo;entretien de sa vie mat\u00e9rielle et morale.&quot; En&nbsp;1931 Paul&#8209;Boncour revient au Parti r\u00e9publicain-socialiste, lequel se fond en&nbsp;1935 dans l&rsquo;Union socialiste r\u00e9publicaine. La loi de&nbsp;1927 fait par la suite l&rsquo;objet de d\u00e9bats prolong\u00e9s, la version finale est adopt\u00e9e le 11&nbsp;juillet 1938.<\/p> <\/div> <div id=edn7> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref7\" name=\"_edn7\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[7]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;\u00c9mile Vandervelde.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En&nbsp;1885, \u00e0 Bruxelles, est constitu\u00e9 le Parti ouvrier belge (POB). Vandervelde adh\u00e8re au POB peu apr\u00e8s sa fondation, et \u00e0 partir de&nbsp;1894 il en devient un des principaux dirigeants. (Il assure la pr\u00e9sidence de&nbsp;1933, date de la cr\u00e9ation de la fonction, jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort en&nbsp;1938). Il est pr\u00e9sident du Bureau de la 2e&nbsp;Internationale (voir&nbsp;:&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_a\">&#9658;<\/a>) de&nbsp;1900 \u00e0&nbsp;1914. Il adopte des positions en faveur de la d\u00e9fense nationale. Il est nomm\u00e9 ministre d&rsquo;\u00c9tat le 4&nbsp;aout 1914, ministre sans portefeuille en janvier 1916, ministre de l&rsquo;Intendance de&nbsp;1917 \u00e0&nbsp;1918. En tant que ministre d&rsquo;\u00c9tat, il signe deux brochures publi\u00e9es en&nbsp;1916 par le Comit\u00e9 de propagande socialiste pour la d\u00e9fense nationale: &quot;La Guerre&quot; et &quot;Le Devoir&quot;, cette derni\u00e8re \u00e9tant pr\u00e9fac\u00e9e par Marcel Cachin de la SFIO fran\u00e7aise. Il est ministre de la Justice de&nbsp;1918 \u00e0&nbsp;1921, ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res de&nbsp;1925 \u00e0&nbsp;1927, ministre de la Sant\u00e9 publique de&nbsp;1936 \u00e0&nbsp;1937. Il est pr\u00e9sident de l&rsquo;Internationale ouvri\u00e8re socialiste de&nbsp;1929 \u00e0&nbsp;1936.<\/p> <\/div> <div id=edn8> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref8\" name=\"_edn8\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[8]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Voir&nbsp;:&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_b\">&#9658;<\/a>.<\/p> <\/div> <div id=edn9> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref9\" name=\"_edn9\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[9]<\/span><\/span><\/span><\/a><span lang=DE>.&nbsp;Ramsay MacDonald.<\/span><\/p> <p class=MsoEndnoteText>Homme politique britannique. En novembre 1922 <span lang=EN-US>MacDonald<\/span> est d\u00e9sign\u00e9 comme pr\u00e9sident du Parti travailliste (<span lang=EN-US>Labour Party<\/span>). Lors des \u00e9lections de&nbsp;1923 le Parti travailliste obtient 191&nbsp;si\u00e8ges, le Parti conservateur&nbsp;258, cependant en janvier 1924 est form\u00e9 un gouvernement minoritaire avec <span lang=EN-US>MacDonald<\/span> comme Premier ministre. Or, ce gouvernement doit d\u00e9missionner en octobre suivant, lors des nouvelles \u00e9lections le Parti conservateur obtient 412&nbsp;si\u00e8ges, le Parti travailliste&nbsp;151.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Pour plus de d\u00e9tails sur les gouvernements dirig\u00e9s par le Parti travailliste, cf.:&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/internationale-communiste-question-tactique-notices-historiques#TOC_LP\"><span style='color:blue'>\u00c9l\u00e9ments d&rsquo;histoire &#8211; Labour Party &#9658;<\/span><\/a><span style='color:blue'>.<\/span><\/p> <\/div> <div id=edn10> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref10\" name=\"_edn10\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[10]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Voir&nbsp;:&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_c\"><span style='color:blue'>&#9658;<\/span><\/a>.<\/p> <\/div> <div id=edn11> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref11\" name=\"_edn11\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[11]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;<a name=\"REF_NOT_d\"><\/a>Otto Bauer.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En&nbsp;1900 Bauer adh\u00e8re au Parti ouvrier social-d\u00e9mocrate d&rsquo;Autriche (<span lang=DE>Sozialdemokratische Arbeiterpartei Deutsch-\u00d6sterreichs, SDAPD\u00d6<\/span>). En&nbsp;1904 il prend contact avec <span lang=DE>Karl Kautsky<\/span>, qui dirige l&rsquo;organe du Parti social-d\u00e9mocrate d&rsquo;Allemagne (<span lang=DE>Sozialdemokratische Partei Deutschlands, SPD<\/span>), le <i><span lang=DE>Neue&nbsp;Zeit<\/span><\/i> (<i>Temps<\/i><i><span lang=DE>&nbsp;<\/span>nouveau<\/i>). Bauer collabore par la suite \u00e0 ce journal, en&nbsp;1907 il est charg\u00e9 \u00e9galement de la direction du mensuel nouvellement cr\u00e9\u00e9, <i><span lang=DE>Der&nbsp;Kampf<\/span><\/i> (<i>Le<\/i><i><span lang=DE>&nbsp;<\/span>combat<\/i>) et fait partie aussi de la direction de l&rsquo;organe du <span lang=DE>SDAP\u00d6<\/span>, l&rsquo;<i><span lang=DE>Arbeiter&#8209;Zeitung<\/span><\/i> (<i>Journal&nbsp;ouvrier<\/i>). Au cours de la Premi\u00e8re guerre mondiale, il est fait prisonnier par les troupes russes, il revient \u00e0 Vienne apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9clatement de la R\u00e9volution russe. Il devient collaborateur \u00e9troit du pr\u00e9sident du <span lang=DE>SDAP\u00d6<\/span>, <span lang=DE>Victor Adler<\/span>. Il pr\u00e9pare notamment le programme qui est adopt\u00e9 en novembre 1926 au Congr\u00e8s de Linz du Parti.<\/p> <\/div> <div id=edn12> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref12\" name=\"_edn12\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[12]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;F\u00e9d\u00e9ration syndicale internationale (dite \u201cInternationale syndicale d&rsquo;Amsterdam\u201d).<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En&nbsp;1901 se tient \u00e0 Copenhague une r\u00e9union entre repr\u00e9sentants des centrales syndicales de Norv\u00e8ge, Su\u00e8de, Finlande, Danemark, Allemagne, France et Belgique. Une autre rencontre suit en&nbsp;1903, et se constitue un secr\u00e9tariat international avec Carl Legien comme secr\u00e9taire. En&nbsp;1913 est adopt\u00e9e la d\u00e9signation \u201cF\u00e9d\u00e9ration syndicale internationale\u201d (FSI). La 1e&nbsp;guerre mondiale induit le clivage correspondant aux alliances bellig\u00e9rantes. En&nbsp;1919 la FSI est reconstitu\u00e9e. Une premi\u00e8re r\u00e9union se tient en f\u00e9vrier 1919 \u00e0 Bern, en juillet-aout le si\u00e8ge est \u00e9tabli \u00e0 Amsterdam. La FSI est reconnue par la nouvelle Organisation internationale du travail. L&rsquo;admission \u00e0 la FSI des syndicats de l&rsquo;Union sovi\u00e9tique est refus\u00e9e. La F\u00e9d\u00e9ration am\u00e9ricaine du travail (AFL) adh\u00e8re finalement \u00e0 la FSI en&nbsp;1937.<\/p> <\/div> <div id=edn13> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref13\" name=\"_edn13\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[13]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Austro-marxisme.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Au d\u00e9but du 20e&nbsp;si\u00e8cle se forme en Autriche un courant politique particulier autour d&rsquo;un groupe de personnes se r\u00e9f\u00e9rant au marxisme. On peut citer: Otto Bauer (voir&nbsp;:&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_d\">&#9658;<\/a>), Max Adler, Rudolf Hilferding, Friedrich Adler, Karl Renner. Friedrich Adler est fils de Victor Adler, lequel en 1888 lors de la fondation du Parti social-d\u00e9mocrate d&rsquo;Autriche (<span lang=DE>Sozialdemokratische Partei \u00d6sterreichs<\/span>, SP\u00d6) fut nomm\u00e9 pr\u00e9sident; par contre Max Adler n&rsquo;a pas de lien de famille avec Victor et Friedrich. Le d\u00e9veloppement de ce courant se cristallise notamment autour de la publication \u00e0 partir de 1904 des &quot;<span lang=DE>Bl\u00e4tter zur Theorie und Politik des wissenschaftlichen Sozialismus<\/span>&quot; (&quot;Cahiers sur la th\u00e9orie et la politique du socialisme scientifique&quot;), les &quot;<span lang=DE>Marxstudien<\/span>&quot; (&quot;\u00c9tudes de Marx&quot;) \u00e9dit\u00e9es par M.&nbsp;Adler et Hilferding, et la revue mensuelle &quot;Der Kampf&quot; (&quot;Le combat&quot;) paraissant \u00e0 partir de&nbsp;1907 dont Bauer dirige la r\u00e9daction. Les id\u00e9es exprim\u00e9es dans ce cadre sont d\u00e9sign\u00e9es par le terme austro-marxisme. Elles consid\u00e8rent que l&rsquo;objectif du parti ouvrier doit \u00eatre d&rsquo;arriver au pouvoir par les moyens de la d\u00e9mocratie et de l&rsquo;\u00e9ducation politique et culturelle, pour ensuite mettre en oeuvre la &quot;r\u00e9volution sociale&quot;.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Apr\u00e8s la R\u00e9volution d&rsquo;Octobre 1917 en Russie, l&rsquo;austro-marxisme tente de jouer un r\u00f4le interm\u00e9diaire entre la 2e&nbsp;Internationale socialiste et la 3e&nbsp;Internationale communiste. Le programme du Parti ouvrier social-d\u00e9mocrate d&rsquo;Autriche allemande (<span lang=DE>Sozialdemokratische Arbeiterpartei Deutsch\u00f6sterreichs<\/span>, SDAPD\u00d6, d\u00e9nomination du parti \u00e0 partir de&nbsp;1919) adopt\u00e9 \u00e0 Linz en&nbsp;1926, bas\u00e9 sur un projet r\u00e9dig\u00e9 par Bauer, consacre l&rsquo;opposition au bolch\u00e9visme.<\/p> <\/div> <div id=edn14> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref14\" name=\"_edn14\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[14]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Dans le document en langue allemande on lit: <span lang=DE>&quot;deklassierte Intelligenz und Boheme&quot;<\/span>, c&rsquo;est-\u00e0-dire &quot;intelligentzia d\u00e9class\u00e9e et boh\u00e8me&quot;.<\/p> <\/div> <div id=edn15> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref15\" name=\"_edn15\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[15]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;<a name=\"REF_NOT_e\"><\/a>Guomindang ou Kuomintang (&quot;Parti nationaliste&quot;)<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Au cours de l&rsquo;ann\u00e9e&nbsp;1911, l&rsquo;Alliance r\u00e9volutionnaire (Zhongguo geming Tongmenghui, c&rsquo;est&#8209;\u00e0&#8209;dire Ligue r\u00e9volutionnaire unie de Chine, ou simplement Tongmenghui), fond\u00e9e par Sun&nbsp;Y\u00ecxian (Sun&nbsp;Yat&#8209;sen) en&nbsp;1905, intervient activement pour d\u00e9velopper l&rsquo;agitation, qui se dirige contre le r\u00e9gime imp\u00e9rial et am\u00e8ne l&rsquo;effondrement de celui&#8209;ci. Le&nbsp;29&nbsp;d\u00e9cembre, des repr\u00e9sentants des diverses provinces choisissent Sun&nbsp;Y\u00ecxian comme pr\u00e9sident de la R\u00e9publique. En f\u00e9vrier 1912 Yuan&nbsp;Shikai, charg\u00e9 par la Cour de r\u00e9primer les r\u00e9voltes, obtient l&rsquo;abdication du jeune empereur Puyi; une Assembl\u00e9e r\u00e9unie \u00e0 Nanjing (Nanking) d\u00e9signe Yuan Shikai comme pr\u00e9sident de la R\u00e9publique. La Tongmenghui est transform\u00e9e en Guomindang, qui formule comme programme les \u201cTrois Principes du peuple\u201d: nationalisme, d\u00e9mocratie, bien\u00eatre&nbsp;*. Cependant en&nbsp;1913 des soul\u00e8vements provoquent la dissolution du Guomindang par le r\u00e9gime. En&nbsp;1914 le Japon s&#8217;empare des concessions allemandes en Chine (Qingdao, dans la province Shandong) et en&nbsp;1915 impose \u00e0 la Chine son protectorat. Yuan&nbsp;Shikai d\u00e9c\u00e8de en&nbsp;1916, la Chine entre alors dans une longue p\u00e9riode de luttes entre les chefs r\u00e9publicains et les g\u00e9n\u00e9raux. En Chine du Nord les dujun (&quot;seigneurs de la guerre&quot;) rivaux, Zhang&nbsp;Zuolin, gouverneur de Mandchourie, Cao&nbsp;Kun, gouverneur du Zhili (correspondant approximativement \u00e0 la province actuelle Hebei), etc., s&rsquo;opposent dans des conflits arm\u00e9es qui se poursuivront jusqu&rsquo;en&nbsp;1927.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En&nbsp;1921 est cr\u00e9\u00e9 \u00e0 Shanghai le Parti communiste chinois (PCC), qui adh\u00e8re \u00e0 l&rsquo;Internationale communiste l&rsquo;ann\u00e9e suivante. En&nbsp;1922 Sun&nbsp;Y\u00ecxian est port\u00e9 \u00e0 Guangzhou (Canton) \u00e0 la pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique. Il se donne pour objectif la reconqu\u00eate de toute la Chine du Sud et la prise de Beijing (P\u00e9kin), face aux deux factions ennemis, dont l&rsquo;une soutenue par le Japon, l&rsquo;autre par la Grande&#8209;Bretagne. \u00c0 partir de&nbsp;1923&#8209;1924 il obtient le soutien de l&rsquo;U.R.S.S. et le Guomindang accepte le principe d&rsquo;un front uni impliquant l&rsquo;int\u00e9gration des communistes en son sein. Apr\u00e8s la mort de Sun&nbsp;Y\u00ecxian en&nbsp;1925, s&rsquo;op\u00e8re une scission au sein du Guomindang entre, d&rsquo;une part, une fraction autour de Wang&nbsp;Jingwei et Song&nbsp;Qingling (veuve de Sun&nbsp;Y\u00ecxian) et, d&rsquo;autre part, celle dirig\u00e9e par Jiang&nbsp;Jieshi (Chiang&nbsp;Kai&#8209;shek). En&nbsp;1926 Jiang&nbsp;Jieshi l&#8217;emporte et exclut les communistes des organes dirigeants. Il organise une \u201cexp\u00e9dition vers le Nord\u201d dans l&rsquo;objectif de reconqu\u00e9rir les provinces tenues par les divers gouverneurs. Le&nbsp;12&nbsp;avril 1927 un soul\u00e8vement des travailleurs de Shanghai, anim\u00e9 par le PCC, est r\u00e9prim\u00e9 par l&rsquo;arm\u00e9e de Jiang&nbsp;Jieshi, le massacre fait des milliers de victimes. Nanjing devient le si\u00e8ge du gouvernement du Guomintang de Jiang&nbsp;Jieshi. Les communistes sont priv\u00e9s de leurs bases urbaines, Mao&nbsp;Zedong, Zhou&nbsp;Enlai et Zhu&nbsp;De rassemblent des troupes pour former une arm\u00e9e populaire de lib\u00e9ration qui se regroupe dans les montagnes du Hunan puis du Jiangxi. En&nbsp;1928 Jiang&nbsp;Jieshi marche vers le nord et entre en juin \u00e0 Beijing, qui est d\u00e9clar\u00e9 capitale.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>*&nbsp;\u201cTrois Principes du peuple\u201d (en chinois \u201cSanmin zhuyi\u201d, \u201cmin\u201d signifie peuple, citoyen): nation (minzu), democratie (minquan), bienetre (minsheng).<\/p> <\/div> <div id=edn16> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref16\" name=\"_edn16\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[16]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Voir&nbsp;:&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_e\">&#9658;<\/a>.<\/p> <\/div> <div id=edn17> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref17\" name=\"_edn17\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[17]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Mohandas Karamchand Gandhi, dit \u201cMahatma\u201d.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>\u00c0 partir de&nbsp;1919 Gandhi intervient comme un des principaux dirigeants du Parti du Congr\u00e8s (constitu\u00e9 en&nbsp;1885 comme mouvement politique d\u00e9nomm\u00e9 Congr\u00e8s national indien). Le&nbsp;6&nbsp;f\u00e9vrier 1919 l&rsquo;administration britannique en Inde proclame avec effet imm\u00e9diat le <span lang=EN-US>Rowlatt&nbsp;Act<\/span>, qui donne au gouvernement le pouvoir d&rsquo;arr\u00eater et emprisonner sans proc\u00e9dure quiconque pour des offenses politiques. Le&nbsp;24 Gandhi et un certain nombre de ses partisans se r\u00e9unissent \u00e0 Ahmedabad (\u00e9tat du Gujarat), dans un lieu d\u00e9nomm\u00e9 Sabarmati Ashram (connu aussi comme Satyagraha Ashram); est adopt\u00e9 un document d&rsquo;engagement \u00e0 la d\u00e9sob\u00e9issance civile. Le terme principal associ\u00e9 \u00e0 cette campagne est \u201cSatyagraha\u201d, qui \u00e9tymologiquement signifie l&rsquo;\u00e9treinte (<i>graha<\/i>) de la v\u00e9rit\u00e9 (<i>Satya<\/i>). Le&nbsp;30&nbsp;mars se produisent des affrontements de protestation violents \u00e0 Delhi, la police ouvre le feu. Gandhi \u00e9met un appel au calme et contre la violence. Le&nbsp;10&nbsp;avril il est arr\u00eat\u00e9. Des affrontements violents s&rsquo;ensuivent \u00e0 Ahmedabad, Amritsar, Lahore, la police ouvre le feu, les manifestants ripostent par des attaques violents contre des lieus li\u00e9s \u00e0 la puissance coloniale britannique. Gandhi est rel\u00e2ch\u00e9 le&nbsp;11, il r\u00e9it\u00e8re son appel \u00e0 la non-violence. Les affrontements se poursuivent, \u00e0 Ahmedabad, Lahore, Bombay, Viramgam, Nadiad, Amritsar, Calcutta, Gujranwala. Le&nbsp;13, un massacre est perp\u00e9tr\u00e9 par les Britanniques durant une r\u00e9union publique de masse \u00e0 Amritsar, dans un jardin d\u00e9nomm\u00e9 Jallianwala Bagh. La loi martiale est proclam\u00e9e dans le Pendjab. Le&nbsp;14, Gandhi r\u00e9primande la population pour les comportements violents et annonce un je\u00fbne de trois jours de sa part \u00e0 titre de p\u00e9nitence. Le&nbsp;16, il assure le gouvernement de son soutien, dans une lettre adress\u00e9e au commissaire de la division du Nord (Bombay). Les affrontements se poursuivent, \u00e0 Gujranwala, Delhi, dans le Pendjab, des dirigeants sont d\u00e9port\u00e9s. Finalement le&nbsp;18, Gandhi annonce une suspension temporaire de la d\u00e9sob\u00e9issance civile.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En janvier 1922 Gandhi remet \u00e0 nouveau \u00e0 l&rsquo;ordre du jour l&rsquo;id\u00e9e de la d\u00e9sob\u00e9issance civile, en y associant la revendication adress\u00e9e \u00e0 l&rsquo;administration britannique que soit d\u00e9clar\u00e9e la politique de la non-interf\u00e9rence absolue vis-\u00e0-vis d&rsquo;actions non&nbsp;violentes, ainsi que la libert\u00e9 de la presse sans aucun contr\u00f4le administratif. Il fait part de cette demande au Vice-roi en lui adressant une lettre, qu&rsquo;il signe: &quot;Je reste, Votre Excellence, votre fid\u00e8le serviteur et ami. M.&nbsp;K.&nbsp;Gandhi.&quot; <span lang=EN-US>[&quot;I remain, Your Excellency&rsquo;s faithful servant and friend.&quot;]<\/span> Le&nbsp;4&nbsp;f\u00e9vrier, \u00e0 Chauri Chaura (dans la province d\u00e9nomm\u00e9e United Provinces), se produisent des affrontements, un poste de police est attaqu\u00e9, 21&nbsp;policiers et gardiens sont tu\u00e9s. Le&nbsp;10, Gandhi annonce sa d\u00e9cision de stopper imm\u00e9diatement le mouvement de d\u00e9sob\u00e9issance civile. Le&nbsp;12 il entame un je\u00fbne de cinq jours de sa part \u00e0 titre de p\u00e9nitence.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Le&nbsp;15&nbsp;f\u00e9vrier 1930, le comit\u00e9 de travail du Parti du Congr\u00e8s r\u00e9uni \u00e0 Ahmedabad autorise Gandhi et ceux qui croient en la non-violence de lancer un mouvement de d\u00e9sob\u00e9issance. Le&nbsp;27, Gandhi dans un article du p\u00e9riodique qu&rsquo;il \u00e9dite, <i><span lang=EN-US>Young India<\/span><\/i>, exhorte ses partisans notamment en les termes suivants:<\/p> <p class=Notedefincitation>Cette fois, lors de mon arrestation il doit y avoir non pas une non-violence muette, passive, mais une non-violence du type le plus active devra \u00eatre d\u00e9ploy\u00e9e, de sorte que pas un seul adepte de la non-violence, en tant qu&rsquo;article de foi aux fins de r\u00e9aliser le but de l&rsquo;Inde, devra se trouver libre ou vivant, au bout de l&rsquo;effort de ne plus se soumettre \u00e0 l&rsquo;esclavage existant.<\/p> <p class=Notedefincitation><span lang=EN-US>[This time on my arrest there is to be no mute, passive non-violence, but non-violence of the activest type should be set in motion, so that not a single believer in non-violence as an article of faith for the purpose of achieving India&rsquo;s goal should find himself free or alive at the end of the effort to submit any longer to the existing slavery.]<\/span><\/p> <p class=MsoEndnoteText>Le&nbsp;12&nbsp;mars, accompagn\u00e9 de&nbsp;78&nbsp;volontaires il part de Sabarmati pour une marche qui atteint la c\u00f4te \u00e0 Dandi, le&nbsp;6&nbsp;avril. Le&nbsp;5&nbsp;mai il est arr\u00eat\u00e9 \u00e0 Karadi.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>La p\u00e9riode cons\u00e9cutive, 1930&#8209;1931, est marqu\u00e9e par une accentuation de la lutte des masses indiennes contre l&rsquo;occupation coloniale. Quant \u00e0 Gandhi, il finit par se persuader de la vanit\u00e9 des remontrances qu&rsquo;il adressait \u00e0 maintes reprises \u00e0 ceux qui recourent \u00e0 la violence, spontan\u00e9ment ou de mani\u00e8re organis\u00e9e; il ne renonce pas pour autant \u00e0 ses positions orient\u00e9es obstin\u00e9ment vers la collaboration de classe, guid\u00e9es par les int\u00e9r\u00eats de la bourgeoisie indienne.<\/p> <\/div> <div id=edn18> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref18\" name=\"_edn18\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[18]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;<span lang=EN-US>Marcus Mosiah Garvey<\/span>.<\/p> <p class=MsoEndnoteText><span lang=EN-US>Garvey<\/span> est n\u00e9 en Jama\u00efque. En&nbsp;1914 il cr\u00e9e l&rsquo;\u201cAssociation Universelle pour le progr\u00e8s des Noirs\u201d (\u201c<span lang=EN-US>Universal Negro Improvement Association<\/span>\u201d<span lang=EN-US>, UNIA<\/span>). En aout 1920, se tient \u00e0 New York un congr\u00e8s international de l&rsquo;UNIA; il adopte une \u201cD\u00e9claration des droits des populations noirs du monde\u201d (\u201c<span lang=EN-US>Declaration of Rights of the Negro Peoples of the World<\/span>\u201d), qui consid\u00e8re tous les Noirs comme citoyens libres d&rsquo;Afrique et r\u00e9clame pour eux la pleine \u00e9galit\u00e9 de droits en tant qu&rsquo;\u00eatres humains. La m\u00eame ann\u00e9e, <span lang=EN-US>Garvey<\/span> cr\u00e9e la <span lang=EN-US>Negro Factories Corporation<\/span> et met en vente des actions pour les Afro-am\u00e9ricains; d&rsquo;autres entreprises sont cr\u00e9\u00e9es dans le m\u00eame esprit, telles que l&rsquo;<span lang=EN-US>Universal Printing House<\/span> et la <span lang=EN-US>Black Star Line<\/span>. Le projet de <span lang=EN-US>Garvey<\/span> consiste \u00e0 obtenir l&rsquo;ind\u00e9pendance de tous les pays d&rsquo;Afrique et \u00e0 cr\u00e9er les \u00c9tats unis d&rsquo;Afrique; l&rsquo;UNIA \u00e9labore un plan pour amener des Noirs en Afrique. Les conceptions de <span lang=EN-US>Garvey<\/span><span lang=EN-US> <\/span>se r\u00e9f\u00e8rent aux distinctions de race, et en&nbsp;1922 il rencontre un dirigeant du <span lang=EN-US>Ku&nbsp;Klux&nbsp;Klan<\/span>, <span lang=EN-US>Edward Young Clarke<\/span>. La teneur de cet entretien est caract\u00e9ristique de l&rsquo;attitude de <span lang=EN-US>Garvey<\/span>: lui \u00e9tait soucieux d&rsquo;\u00e9tendre le terrain d&rsquo;impl\u00e9mentation de ses projets \u00e9conomiques, <span lang=EN-US>Clarke<\/span> \u00e9tait int\u00e9ress\u00e9 par le fait que le UNIA se trouvait en opposition \u00e0 une autre organisation d&rsquo;Afro-am\u00e9ricains, l&rsquo;Association nationale pour l&rsquo;avancement des gens de couleur (<span lang=EN-US>National Association for the Advancement of Colored People, NAACP<\/span>). Cette derni\u00e8re, cr\u00e9\u00e9e en&nbsp;1909, n&rsquo;\u00e9tait pas limit\u00e9e dans sa composition \u00e0 des Noirs, et n&rsquo;avait pas pour objectif la s\u00e9paration des Afro-am\u00e9ricains vis-\u00e0-vis des USA.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Il affirme notamment:<\/p> <p class=Notedefincitation>Le capitalisme est n\u00e9cessaire au progr\u00e8s du monde, et ceux qui d\u00e9raisonnablement et sans justification le rejettent ou combattent, sont des ennemies de l&rsquo;avancement humain.<\/p> <p class=Notedefincitation><span lang=EN-US>[Capitalism is necessary to the progress of the world, and those who unreasonably and wantonly oppose or fight against it are enemies to human advancement.]<\/span><\/p> <p class=Notedefincitation>[<span lang=EN-US>Marcus Garvey: The Philosophy and Opinions of Marcus Garvey, Or, Africa for the Africans, Volume&nbsp;1; New York, Universal Pub. House, <\/span><span lang=DE>1923; p.&nbsp;72.]<\/span><\/p> <\/div> <\/div>\n <!--themify_builder_content-->\n<div id=\"themify_builder_content-1157\" data-postid=\"1157\" class=\"themify_builder_content themify_builder_content-1157 themify_builder tf_clear\">\n    <\/div>\n<!--\/themify_builder_content-->","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[7,9,22],"tags":[],"class_list":["post-1157","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-article-document","category-francais-document","category-ic-congres-6","has-post-title","has-post-date","has-post-category","has-post-tag","has-post-comment","has-post-author",""],"builder_content":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1157"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1157"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1157\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1157"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1157"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1157"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}