{"id":1266,"date":"2025-01-14T09:43:04","date_gmt":"2025-01-14T08:43:04","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/?p=1266"},"modified":"2025-02-16T22:44:28","modified_gmt":"2025-02-16T21:44:28","slug":"kpd-1928-01-g-brandler-contribution-programme-action-allemagne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/kpd-1928-01-g-brandler-contribution-programme-action-allemagne\/","title":{"rendered":"G. Brandler : Contribution \u00e0 un programme d&rsquo;action pour l&rsquo;Allemagne"},"content":{"rendered":"<div class=WordSection1>\n<p class=Texte align=left style='margin-bottom:0cm;margin-bottom:.0001pt; text-align:left;text-indent:0cm;line-height:3.0pt'><span style='font-size:3.0pt; color:white'><!--more --><\/span><\/p>\n<p class=rocmlIntertitre2art style='margin-top:0cm'>\n<div align=center>\n<table class=MsoTableGrid border=1 cellspacing=0 cellpadding=0 style='border-collapse:collapse;border:none'>\n<tr>\n<td width=756 valign=top style='width:16.0cm;border:solid windowtext 1.0pt; border-bottom:none;padding:5.65pt 14.2pt 5.65pt 14.2pt'>\n<p class=Intertitre2 style='margin:0cm;margin-bottom:.0001pt'><span lang=DE style='color:#E36C0A'>G. Brandler<\/span><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=756 valign=top style='width:16.0cm;border-top:none;border-left: solid windowtext 1.0pt;border-bottom:none;border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:5.65pt 14.2pt 5.65pt 14.2pt'>\n<p class=Intertitre2 style='margin:0cm;margin-bottom:.0001pt'>Contribution \u00e0 un programme d&rsquo;action pour l&rsquo;Allemagne<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=756 valign=top style='width:16.0cm;border:solid windowtext 1.0pt; border-top:none;padding:5.65pt 14.2pt 5.65pt 14.2pt'>\n<p class=Intertitre2a style='margin:0cm;margin-bottom:.0001pt;line-height: 12.0pt'><span style='font-size:11.0pt'>1927<\/span><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=756 valign=top style='width:16.0cm;border:solid windowtext 1.0pt; border-top:none;padding:5.65pt 14.2pt 5.65pt 14.2pt'>\n<p class=Texte align=left style='margin-bottom:0cm;margin-bottom:.0001pt; text-align:left;text-indent:0cm;line-height:12.0pt'><span style='font-size: 11.0pt'>Source:<br \/> L&rsquo;Internationale communiste (organe du Comit\u00e9 ex\u00e9cutif de l&rsquo;Internationale communiste), 9e ann\u00e9e (1928), nr. 2, p. 99 123 et nr. 3, p. 158 182&nbsp;<a href=\"#_edn1\" name=\"_ednref1\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:11.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[1]<\/span><\/span><\/span><\/a>.<br \/> Pour la publication initiale en allemand:<br \/> &quot;Beitr\u00e4ge zu einem Aktionsprogramm f\u00fcr Deutschland&quot;, in: Die Kommunistische Internationale, 9e ann\u00e9e (1928), nr. 1, p. 32 52; et nr. 2, p. 75 94.<\/span><\/p>\n<p class=Texte align=left style='margin-bottom:0cm;margin-bottom:.0001pt; text-align:left;text-indent:0cm;line-height:12.0pt'><span style='font-size: 11.0pt'>[Nous reproduisons ce texte avec l\u2019accord du responsable du site <i>321ignition.free.fr<\/i>]<\/span><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/table><\/div>\n<p class=MsoNormal align=center style='text-align:center'><span lang=DE>&nbsp;<\/span><\/p>\n<p class=Intertitre1 style='text-align:justify'>[Premi\u00e8re partie]<\/p>\n<p class=Texte>La r\u00e9daction de l&rsquo;Internationale Communiste a re\u00e7u, il y a quelques mois, un article du camarade Brandler sur &quot;un programme d&rsquo;action&quot; pour l&rsquo;Allemagne.<\/p>\n<p class=Texte>\u00c9tant donn\u00e9 l&rsquo;actualit\u00e9 extr\u00eame des questions soulev\u00e9es par Brandler (mots d&rsquo;ordre du contr\u00f4le ouvrier, de la nationalisation, attitude envers la social-d\u00e9mocratie, etc.), la R\u00e9daction publie en entier cet article malgr\u00e9 sa longueur et quoique certains chiffres soient d\u00e9j\u00e0 p\u00e9rim\u00e9s. Nous publions en m\u00eame temps la r\u00e9ponse du Bureau politique du C.&nbsp;C. du parti communiste allemand, r\u00e9ponse qui exprime \u00e9galement l&rsquo;opinion du C.E. de l&rsquo;I.C.<\/p>\n<p class=Texte style='text-indent:0cm'>Note de la r\u00e9daction<\/p>\n<p class=Intertitre2 style='text-align:justify'>I. La situation actuelle en Allemagne<\/p>\n<p class=Texte>1. <i>La situation internationale<\/i>. \u2013 Dans sa pr\u00e9face \u00e0 la <i>Lutte des classes en France<\/i>, Engels dit<a name=\"_ednref2\"><\/a><a href=\"#_edn2\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[2]<\/span><\/a>:<\/p>\n<p class=MsoQuote>On ne peut avoir un tableau net de l&rsquo;histoire \u00e9conomique d&rsquo;une p\u00e9riode tant que cette p\u00e9riode n&rsquo;est pas termin\u00e9e; on ne peut avoir ce tableau que dans la suite, post factum, lorsque les mat\u00e9riaux sont d\u00e9j\u00e0 rassembl\u00e9s et tri\u00e9s. La statistique est en l&rsquo;occurrence un moyen auxiliaire n\u00e9cessaire, mais elle vient toujours apr\u00e8s. C&rsquo;est pourquoi dans l&rsquo;histoire actuelle, contemporaine, on est trop souvent oblig\u00e9 de consid\u00e9rer comme constant le facteur qui a l&rsquo;importance la plus d\u00e9cisive, de consid\u00e9rer la situation \u00e9conomique qui s&rsquo;est form\u00e9e au d\u00e9but de la p\u00e9riode \u00e9tudi\u00e9e comme un \u00e9tat permanent et immuable pour toute cette p\u00e9riode; on est bien oblig\u00e9 de ne porter attention que sur des changements \u00e9conomiques qui d\u00e9coulent d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements \u00e9vidents, indubitables, et qui par cons\u00e9quent sont aussi \u00e9vidents et indubitables que ces \u00e9v\u00e9nements m\u00eames&#8230;<\/p>\n<p class=MsoQuote>On comprend quelle source d&rsquo;erreurs constitue cette n\u00e9gligence forc\u00e9e des modifications qui se produisent en m\u00eame temps dans la situation \u00e9conomique, base v\u00e9ritable de tous les \u00e9v\u00e9nements \u00e9tudi\u00e9s. Mais toutes les conditions d&rsquo;un expos\u00e9 g\u00e9n\u00e9ralisateur de l&rsquo;histoire actuelle sont n\u00e9cessairement li\u00e9es \u00e0 une possibilit\u00e9 d&rsquo;erreurs; n\u00e9anmoins cela ne fait renoncer personne \u00e0 \u00e9crire l&rsquo;histoire du moment actuel. <\/p>\n<p class=Texte>Cette th\u00e8se, juste pour l&rsquo;appr\u00e9ciation de la situation \u00e9conomique dans la p\u00e9riode r\u00e9volutionnaire de 1848 et dans la p\u00e9riode imm\u00e9diatement cons\u00e9cutive, est doublement juste appliqu\u00e9e \u00e0 la situation extr\u00eamement embrouill\u00e9e et rapidement changeante de l&rsquo;\u00e9poque cons\u00e9cutive \u00e0 la guerre mondiale. \u00c9videmment, cela n&#8217;emp\u00eache pas les communistes d&rsquo;\u00e9crire et, en quelque sorte, de cr\u00e9er &quot;l&rsquo;histoire du moment actuel&quot;. Mais, de nos jours, quand la stabilisation t\u00e9moigne en quelque sorte de l&rsquo;ach\u00e8vement de cette p\u00e9riode, il est n\u00e9cessaire de tenir compte d&rsquo;une s\u00e9rie de changements profonds qui se sont accomplis depuis 1914 dans le m\u00e9canisme de l&rsquo;\u00e9conomie capitaliste et qui ne s&rsquo;\u00e9taient pas encore manifest\u00e9s dans une telle mesure il y a quelques ann\u00e9es, car cela nous permet de comprendre la situation actuelle.<\/p>\n<p class=Texte>Le facteur essentiel du d\u00e9veloppement \u00e9conomique et, en derni\u00e8re analyse, du d\u00e9veloppement politique mondial dans les ann\u00e9es post\u00e9rieures \u00e0 1914 est la croissance formidable de l&rsquo;appareil de production capitaliste, croissance compl\u00e8tement disproportionn\u00e9e aux possibilit\u00e9s d&rsquo;\u00e9coulement. D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, dans les anciens pays capitalistes, les vieilles branches d&rsquo;industrie se sont d\u00e9velopp\u00e9es consid\u00e9rablement et il en a surgi de nouvelles; d&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9 il s&rsquo;est produit une industrialisation consid\u00e9rable des colonies. La puissance de production dans les trois ou quatre pays capitalistes les plus importants et les plus d\u00e9velopp\u00e9s (Am\u00e9rique, Angleterre, France, Allemagne) est telle que a production de ces pays serait plus que suffisante pour couvrir les besoins de tous les march\u00e9s existants. Par suite, d&rsquo;une part, telles ou telles machines ne sont pas utilis\u00e9es; d&rsquo;autre part, des millions d&rsquo;ouvriers sont rejet\u00e9s de la production et l&rsquo;arm\u00e9e des sans&#8209;travail s&rsquo;accro\u00eet formidablement. Seule une extension consid\u00e9rable des march\u00e9s pourrait tirer, pour un temps plus ou moins long, le capitalisme de ce cercle vicieux. Une extension relative du march\u00e9 pour un \u00c9tat capitaliste au d\u00e9triment d&rsquo;un autre \u00c9tat capitaliste son concurrent ne fait que transf\u00e9rer la contradiction d&rsquo;un pays dans un autre en accumulant les mati\u00e8res inflammables. La condition n\u00e9cessaire pour l&rsquo;extension absolue du march\u00e9 en Chine, en Russie et dans les autres pays non encore d\u00e9velopp\u00e9s serait une guerre du capitalisme contre la r\u00e9volution russe et chinoise, contre le mouvement lib\u00e9rateur des peuples opprim\u00e9s, ce qui provoquerait de profonds bouleversements dans l&rsquo;\u00e9conomie capitaliste. Une extension &quot;normale&quot; du march\u00e9 (normale pour notre p\u00e9riode) dans les pays non d\u00e9velopp\u00e9s serait insuffisante, m\u00eame si la Chine s&rsquo;engageait temporairement dans la voie du d\u00e9veloppement capitaliste, \u00e0 faire dispara\u00eetre le caract\u00e8re de d\u00e9clin de l&rsquo;\u00e9poque actuelle du capitalisme. La capacit\u00e9 d&rsquo;achat de la masse paysanne en Chine est encore minime (environ 4 dollars par t\u00eate et par an) et ne repr\u00e9sente<a name=\"_ednref3\"><\/a><a href=\"#_edn3\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[3]<\/span><\/a> pour les 70 millions d&rsquo;exploitations rurales que 300 millions de dollars environ (ce chiffre, \u00e9videmment, est tr\u00e8s approximatif et changera au cours du d\u00e9veloppement \u00e9conomique de la Chine). Un d\u00e9veloppement du capitalisme indig\u00e8ne en Chine \u00e9quivaudrait, il est vrai, \u00e0 l&rsquo;ouverture d&rsquo;un nouveau d\u00e9bouch\u00e9 pour les moyens de production et pour les investissements de capital<span style='color:red'> <\/span>\u00e9tranger, mais d&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9 il cr\u00e9erait un nouveau concurrent dont l&rsquo;existence se ferait de plus en plus fortement sentir et qui aspirerait in\u00e9vitablement \u00e0 l&rsquo;\u00e9mancipation compl\u00e8te. Pour ce qui est du commerce entre le monde capitaliste et l&rsquo;U.R.S.S., les possibilit\u00e9s d&rsquo;\u00e9coulement pour quelques pays capitalistes augmenteraient si le capitalisme se r\u00e9signait au fait de l&rsquo;\u00e9dification socialiste de l&rsquo;\u00e9conomie sovi\u00e9tique et posait des conditions acceptables pour l&rsquo;\u00e9conomie socialiste de l&rsquo;U.R.S.S. Mais, m\u00eame dans ce cas favorable, l&rsquo;extension du march\u00e9 serait insuffisante pour \u00e9puiser la force de production des principaux pays capitalistes de fa\u00e7on \u00e0 permettre un nouvel \u00e9panouissement du capitalisme en d\u00e9cr\u00e9pitude. Le d\u00e9veloppement m\u00e9thodique des propres moyens de production de l&rsquo;U.R.S.S. doit, apr\u00e8s l&rsquo;importation des moyens de production et des mati\u00e8res premi\u00e8res indispensables, amener dans un d\u00e9lai relativement rapide la diminution des importations \u00e9trang\u00e8res dans l&rsquo;Union sovi\u00e9tique.<\/p>\n<p class=Texte>De nos jours, aucune extension du march\u00e9 ne peut aller de pair avec la croissance rapide de la puissance de production capitaliste, \u00e9tant donn\u00e9 les perfectionnements techniques \u00e9tant donn\u00e9 les perfectionnements techniques (rationalisation, nouvelles inventions, etc.) impos\u00e9s aux capitalistes par la concurrence internationale et le d\u00e9sir de se frayer un chemin co\u00fbte que co\u00fbte. \u00c9videmment, il peut se produire des modifications isol\u00e9es de la situation, qui peut s&rsquo;am\u00e9liorer localement ou particuli\u00e8rement, par exemple gr\u00e2ce \u00e0 de nouvelles inventions permettant d&rsquo;avoir des mati\u00e8res premi\u00e8res \u00e0 bon march\u00e9, gr\u00e2ce \u00e0 de nouvelles voies de communications, \u00e0 la d\u00e9couverte de nouveaux proc\u00e9d\u00e9s avantageux de production (par exemple, en Allemagne, fabrication du p\u00e9trole au moyen du charbon, conduite des gaz, \u00e9lectrification de la navigation int\u00e9rieure, production des engrais artificiels).<\/p>\n<p class=Texte>D&rsquo;autre part, l&rsquo;aggravation qui va se produire dans la situation en Am\u00e9rique aura des cons\u00e9quences internationales et influera en premier lieu sur l&rsquo;Allemagne, li\u00e9e \u00e9troitement au capitalisme am\u00e9ricain par ses emprunts.<\/p>\n<p class=Texte>Ces contradictions s&rsquo;aggravent du fait de l&rsquo;organisation monopolisatrice du capital qui a atteint de nos jours un degr\u00e9 de concentration sans pr\u00e9c\u00e9dent. Avec la domination des monopoles, la lutte pour les march\u00e9s rev\u00eat les formes les plus violentes. Sous le r\u00e9gime de la libre concurrence, les perfectionnements techniques entra\u00eenent la ruine des entreprises arri\u00e9r\u00e9es. Sous le r\u00e9gime des monopoles, le capital de production devenu disponible se transforme en capital fictif; les entreprises qui se ferment deviennent une source de revenus (fixation de la part de participation dans le commerce). En d\u00e9finitive, les monopolisateurs s&rsquo;efforcent de r\u00e9aliser une exploitation encore plus grande, d&rsquo;augmenter leurs surprofits.<\/p>\n<p class=Texte>Les cartels internationaux, loin d&rsquo;att\u00e9nuer les contradictions internes du capitalisme, les aggravent et les \u00e9tendent; la concurrence \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur d&rsquo;un cartel se transforme en lutte pour la quote-part de chaque participant; la concurrence sur le march\u00e9 mondial rev\u00eat la forme d&rsquo;une lutte de groupes de pays unis en cartels.<\/p>\n<p class=Texte>Une telle situation pousse fatalement le capitalisme \u00e0 pr\u00e9parer de nouveaux conflits militaires. Cette pr\u00e9paration se fait dans deux sens: a)&nbsp;formation de coalitions imp\u00e9rialistes hostiles les unes aux autres; b)&nbsp;formation, principalement sous la direction de l&rsquo;Angleterre, d&rsquo;une sorte de Sainte-Alliance contre l&rsquo;U.R.S.S. Ces deux processus ne sont pas strictement d\u00e9limit\u00e9s, ils s&rsquo;interp\u00e9n\u00e8trent dans une large mesure. La p\u00e9riode actuelle est une p\u00e9riode de t\u00e2tonnement, une p\u00e9riode, o\u00f9 se cristallisent de grands antagonismes d&rsquo;int\u00e9r\u00eats autour desquels peuvent se cr\u00e9er de nouveaux groupements de puissances. Ce qu&rsquo;on appelle le surimp\u00e9rialisme<a name=\"_ednref4\"><\/a><a href=\"#_edn4\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[4]<\/span><\/a> est une invention social-d\u00e9mocrate. Les social-d\u00e9mocrates confectionnent cette th\u00e9orie pour d\u00e9tourner l&rsquo;attention des masses des \u00e9v\u00e9nements r\u00e9els et pour leur donner la croyance illusoire \u00e0 la possibilit\u00e9 d&rsquo;un capitalisme pacifique, d\u00e9pourvu de contradictions. Mais il est possible que les puissances imp\u00e9rialistes concluent des alliances temporaires pour la lutte contre la r\u00e9volution prol\u00e9tarienne en Russie et contre la r\u00e9volution nationale en g\u00e9n\u00e9ral, et en premier lieu en Chine. Boukharine a indiqu\u00e9 avec justesse l&rsquo;exemple de la r\u00e9pression de l&rsquo;insurrection des Boxers en Chine par les grandes puissances en 1900<a name=\"_ednref5\"><\/a><a href=\"#_edn5\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[5]<\/span><\/a>. Mais une telle collaboration temporaire des brigands imp\u00e9rialistes pour l&rsquo;accomplissement de telle ou telle t\u00e2che ne supprime nullement les antagonismes fondamentaux dans le camp de l&rsquo;imp\u00e9rialisme mondial. De telles alliances ont surgi \u00e9galement avant la guerre, mais loin de pr\u00e9venir cette derni\u00e8re elles n&rsquo;ont fait qu&rsquo;y conduire.<\/p>\n<p class=Texte>Depuis la fin de la guerre europ\u00e9enne nous avons eu une s\u00e9rie presque ininterrompue de guerres coloniales (guerre gr\u00e9co-turque, guerre du Maroc, guerre de Syrie, etc.). Dans l&rsquo;ensemble, l&rsquo;imp\u00e9rialisme d&rsquo;apr\u00e8s&#8209;guerre a les traits manifestes d&rsquo;un r\u00e9gime social en d\u00e9clin. Rosa Luxembourg avait raison d&rsquo;appeler l&rsquo;imp\u00e9rialisme la p\u00e9riode des crises, des guerres et des catastrophes, de m\u00eame que L\u00e9nine, qui caract\u00e9risait l&rsquo;imp\u00e9rialisme comme la derni\u00e8re phase du capitalisme. Il va de soi que le d\u00e9clin du capitalisme ne comporte pas une r\u00e9gression continue et g\u00e9n\u00e9rale de la production; il ne fait que porter \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame tous les antagonismes et contradictions, toutes les &quot;in\u00e9galit\u00e9s&quot;: le manque de coordination entre les conditions de la production et de la r\u00e9partition prend des proportions sans pr\u00e9c\u00e9dent; la d\u00e9pression industrielle devient un ph\u00e9nom\u00e8ne chronique pour une s\u00e9rie de pays capitalistes; des millions d&rsquo;hommes sont en \u00e9tat de ch\u00f4mage permanent, alors que les profits des magnats des trusts s&rsquo;accroissent monstrueusement et que la bourgeoisie, cherchant une issue \u00e0 la situation, s&rsquo;engage fatalement dans la voie de nouvelles guerres, de nouvelles catastrophes mondiales. Si le d\u00e9veloppement des forces de production diminuait la quantit\u00e9 absolue des ouvriers, c&rsquo;est&#8209;\u00e0&#8209;dire permettait en r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 toute la nation d&rsquo;effectuer toute sa production dans un temps plus court, cela provoquerait la r\u00e9volution parce que la majorit\u00e9 de la population serait sans emploi. Cela manifeste \u00e0 nouveau la limite de la production capitaliste: cela montre que cette production n&rsquo;est pas la forme absolue du d\u00e9veloppement des forces productrices et de la production des richesses, qu&rsquo;au contraire, \u00e0 un certain point, elle entre en collision avec ce d\u00e9veloppement (MARX: Capital, tome III, 1\u00e8re partie).<\/p>\n<p class=Texte>Les ph\u00e9nom\u00e8nes de la stabilisation, c&rsquo;est&#8209;\u00e0&#8209;dire la reconstitution de l&rsquo;\u00e9conomie mondiale d\u00e9truite par la guerre et l&rsquo;inflation et la liquidation de la majorit\u00e9 des facteurs de d\u00e9sagr\u00e9gation propres \u00e0 la crise d&rsquo;apr\u00e8s&#8209;guerre en Europe (par exemple la r\u00e9gression absolue de la production), ne font que souligner plus fortement les contradictions essentielles. La consolidation de la bourgeoisie est incontestable, mais cette consolidation ne fait que frayer la voie \u00e0 une nouvelle r\u00e9volution en donnant \u00e0 cette derni\u00e8re une base nouvelle, plus large.<\/p>\n<p class=Texte>Les communistes ne nient pas les faits incontestables, mais ils montrent comment le facteur r\u00e9volutionnaire creuse le tombeau du capitalisme au plus profond de sa stabilisation; il prouve que les nouveaux probl\u00e8mes pos\u00e9s par la stabilisation en surgissant sur le terrain de cette stabilisation ne peuvent \u00eatre r\u00e9solus qu&rsquo;au moyen de la r\u00e9volution.<\/p>\n<p class=Texte>2. <i>Les rapports de classe dans l&rsquo;Allemagne stabilis\u00e9e<\/i>. \u2014 Les traits sp\u00e9cifiques de la situation en Allemagne correspondent enti\u00e8rement au tableau g\u00e9n\u00e9ral que nous avons esquiss\u00e9. En ce qui concerne la concentration industrielle, l&rsquo;Allemagne a d\u00e9pass\u00e9 les \u00c9tats&#8209;Unis, pays classique des trusts. Les principales branches de l&rsquo;industrie sont, du fa\u00eete \u00e0 la base, trust\u00e9es et cartellis\u00e9es. Le commerce de gros est dirig\u00e9 et contr\u00f4l\u00e9 par les trusts. Dans le commerce de d\u00e9tail, de grandes firmes se constituent \u00e0 nouveau, et il se produit une concentration formidable. En Allemagne, une r\u00e9volution commence \u00e0 s&rsquo;op\u00e9rer dans le domaine de la technique industrielle. L&rsquo;industrie allemande commence d\u00e9j\u00e0 \u00e0 utiliser toute une s\u00e9rie d&rsquo;inventions ouvrant de nouvelles voies; il suffit d&rsquo;indiquer la fabrication du p\u00e9trole au moyen du charbon, fabrication qui, \u00e9tendue \u00e0 une vaste \u00e9chelle, donnera \u00e0 l&rsquo;Allemagne la premi\u00e8re place parmi les producteurs d&rsquo;huile min\u00e9rale, mati\u00e8re premi\u00e8re autour de laquelle se d\u00e9roule de nos jours la lutte la plus acharn\u00e9e. L&rsquo;accumulation annuelle du capital en Allemagne se rapproche d\u00e9j\u00e0 du niveau d&rsquo;avant&#8209;guerre. Les ph\u00e9nom\u00e8nes concomitants de la d\u00e9flation (crise mon\u00e9taire, etc.) sont d\u00e9j\u00e0 en partie surmont\u00e9s. Au d\u00e9but, gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;afflux des capitaux am\u00e9ricains, et maintenant d\u00e9j\u00e0 gr\u00e2ce \u00e0 la constitution de nouveaux capitaux dans le pays m\u00eame, les banques allemandes se d\u00e9veloppent consid\u00e9rablement et ont recouvr\u00e9 en partie leur ancien r\u00f4le dans l&rsquo;industrie. Ainsi la consolidation \u00e9conomique du capitalisme allemand est indiscutable.<\/p>\n<p class=Texte>Mais le probl\u00e8me des march\u00e9s, qui a une importance d\u00e9cisive pour l&rsquo;industrie allemande, n&rsquo;est pas r\u00e9solu. Apr\u00e8s la fin de la gr\u00e8ve anglaise<a name=\"_ednref6\"><\/a><a href=\"#_edn6\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[6]<\/span><\/a>, il a acquis une nouvelle acuit\u00e9. Comme en Angleterre, il y a en Allemagne, depuis plusieurs ann\u00e9es, plus d&rsquo;un million de ch\u00f4meurs. Quoiqu&rsquo;elle ait d\u00e9pass\u00e9 dans certaines branches les chiffres d&rsquo;avant&#8209;guerre, la production de l&rsquo;industrie allemande ne correspond pas encore \u00e0 la capacit\u00e9 de production de cette derni\u00e8re. Jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent le fardeau du plan Dawes<a name=\"_ednref7\"><\/a><a name=\"NOT_s\"><\/a><a href=\"#_edn7\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[7]<\/span><\/a> n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 un obstacle, mais dans l&rsquo;avenir il cr\u00e9era des difficult\u00e9s politiques et \u00e9conomiques.<\/p>\n<p class=Intertitre2a style='text-align:justify'>Grande bourgeoisie et Junkers, r\u00e9publique et monarchie<\/p>\n<p class=Texte>Le bouleversement \u00e9conomique qui a eu lieu pendant et apr\u00e8s la guerre a entra\u00een\u00e9 des modifications profondes dans le bloc des classes dominantes en Allemagne. Le renforcement de la bourgeoisie, et en premier lieu des magnats des trusts, a fait de ces derniers, au point de vue politique, la classe dominante et dirigeante en Allemagne. Les junkers<a name=\"_ednref8\"><\/a><a href=\"#_edn8\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[8]<\/span><\/a> sont sortis \u00e9conomiquement affaiblis de la guerre et de la r\u00e9volution, de l&rsquo;inflation et de la d\u00e9flation. Une partie de leurs domaines est pass\u00e9e aux mains des industriels, pour qui, \u00e9videmment, les int\u00e9r\u00eats sp\u00e9ciaux des agrariens ne comptent pas. Le manque de capitaux a mis les junkers dans la d\u00e9pendance des banques et des capitalistes produisant les engrais artificiels. Et il est clair que les magnats des trusts ne permettront pas aux junkers de s&#8217;emparer de tous les postes gouvernementaux. Le trait caract\u00e9ristique de la monarchie de Guillaume&nbsp;II<a name=\"_ednref9\"><\/a><a href=\"#_edn9\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[9]<\/span><\/a>, c&rsquo;\u00e9tait que, malgr\u00e9 le r\u00f4le dominant de la grande industrie, les junkers restaient cependant la classe dirigeante de l&rsquo;Allemagne. Actuellement, c&rsquo;est la bourgeoisie des trusts qui, dans la mesure du possible, exerce directement le pouvoir. C&rsquo;est par l\u00e0 que s&rsquo;explique principalement, sinon compl\u00e8tement, la consolidation de la r\u00e9publique bourgeoise, la renonciation plus ou moins tacite de la grande bourgeoisie aux plans fascistes ou l\u00e9gitimistes de renversement de la constitution r\u00e9publicaine. Au cours de ces derni\u00e8res ann\u00e9es, la grande bourgeoisie a pris go\u00fbt au pouvoir et a compris qu&rsquo;une r\u00e9publique dirig\u00e9e par elle lui est plus avantageuse que l&rsquo;exercice du pouvoir par une caste limit\u00e9e de junkers et le r\u00e9gime de l&rsquo;arbitraire, comme c&rsquo;\u00e9tait le cas sous la monarchie de Guillaume, o\u00f9 la grande bourgeoisie ne d\u00e9terminait la politique qu&rsquo;en derni\u00e8re instance gr\u00e2ce \u00e0 sa force \u00e9conomique. Au point de vue de la politique ext\u00e9rieure, la r\u00e9publique, plus que la monarchie, permet \u00e0 la bourgeoisie allemande d&rsquo;influer sur l&rsquo;opinion publique des autres pays. En outre, le r\u00e9sultat du pl\u00e9biscite<a name=\"_ednref10\"><\/a><a href=\"#_edn10\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[10]<\/span><\/a> a montr\u00e9 \u00e0 la grande bourgeoisie que non seulement la majorit\u00e9 du prol\u00e9tariat, mais aussi la grande masse de la petite bourgeoisie \u00e9taient r\u00e9solument hostiles \u00e0 toute restauration de la monarchie. La grande bourgeoisie a rapidement tir\u00e9 la le\u00e7on de ce pl\u00e9biscite (congr\u00e8s des industriels \u00e0 Dresde<a name=\"_ednref11\"><\/a><a name=\"NOT_n\"><\/a><a href=\"#_edn11\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[11]<\/span><\/a>).<\/p>\n<p class=Texte>\u00c9videmment, cela ne signifie pas que la grande bourgeoisie ait renonc\u00e9 \u00e0 une alliance politique avec les junkers (bloc bourgeois), alliance qui l&rsquo;aide \u00e0 sauter par&#8209;dessus les obstacles en politique, mais dans cette alliance elle ne donnera pas aux junkers un r\u00f4le dirigeant ou d\u00e9cisif. Sa politique n&rsquo;est pas d\u00e9pourvue d&rsquo;h\u00e9sitations, elle n&rsquo;est pas vraiment une. La grande bourgeoisie ne renoncera pas si facilement \u00e0 influer sur les masses petites bourgeoises au moyen de la propagande monarchique. Ensuite, il convient de tenir compte des cons\u00e9quences politiques des antagonismes d&rsquo;int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques au sein du capital des trusts. Ainsi, dans l&rsquo;union des industriels du Reich, il se produit une lutte entre les deux groupes les plus forts du capital (chimie et acier): d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 Duisburg<a name=\"_ednref12\"><\/a><a name=\"NOT_e\"><\/a><a href=\"#_edn12\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[12]<\/span><\/a> (trust des produits chimiques), Silberberg<a name=\"_ednref13\"><\/a><a name=\"NOT_f\"><\/a><a href=\"#_edn13\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[13]<\/span><\/a> (lignite) et Gl\u00e4ckner<a name=\"_ednref14\"><\/a><a href=\"#_edn14\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[14]<\/span><\/a> (qui est sorti du trust de l&rsquo;acier); de l&rsquo;autre, les magnats du trust de l&rsquo;acier: Fritz Thyssen<a name=\"_ednref15\"><\/a><a name=\"NOT_m\"><\/a><a href=\"#_edn15\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[15]<\/span><\/a>, Reusch<a name=\"_ednref16\"><\/a><a href=\"#_edn16\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[16]<\/span><\/a>, Reichert<a name=\"_ednref17\"><\/a><a href=\"#_edn17\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[17]<\/span><\/a>, V\u00f6gler<a name=\"_ednref18\"><\/a><a name=\"NOT_h\"><\/a><a href=\"#_edn18\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[18]<\/span><\/a>, qui sont proches des nationalistes allemands, de la droite du parti populiste<a name=\"_ednref19\"><\/a><a name=\"NOT_c\"><\/a><a href=\"#_edn19\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[19]<\/span><\/a> et de la droite du centre<a name=\"_ednref20\"><\/a><a name=\"NOT_d\"><\/a><a href=\"#_edn20\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[20]<\/span><\/a>. Tout r\u00e9cemment, l&rsquo;industrie lourde se r\u00e9signait au r\u00f4le dirigeant de l&rsquo;industrie chimique dans l&rsquo;union nationale des industriels, mais ces derniers temps l&rsquo;influence du trust de l&rsquo;acier a consid\u00e9rablement augment\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 la situation favorable cr\u00e9\u00e9e par la gr\u00e8ve des mineurs anglais. <\/p>\n<p class=Texte>Quoi qu&rsquo;il en soit, on observe une tendance g\u00e9n\u00e9rale au renforcement de la r\u00e9publique bourgeoise. Il ne saurait \u00eatre question d&rsquo;un danger direct de restauration monarchique. De m\u00eame que Silberberg pr\u00f4ne la grande coalition, de m\u00eame L\u00e6ball<a name=\"_ednref21\"><\/a><a href=\"#_edn21\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[21]<\/span><\/a>, conseiller politique de Hindenburg<a name=\"_ednref22\"><\/a><a href=\"#_edn22\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[22]<\/span><\/a> et dirigeant th\u00e9orique du bloc bourgeois, fait campagne pour la reconnaissance de la r\u00e9publique. La grande bourgeoisie comprend que la r\u00e9publique \u00e0 l&rsquo;heure actuelle est la seule base possible pour sa politique ext\u00e9rieure. Et elle s&rsquo;efforce, au moyen de mesures l\u00e9gislatives, d&rsquo;accentuer le caract\u00e8re ploutocratique de cette r\u00e9publique (restriction du droit \u00e9lectoral, extension des pouvoirs du pr\u00e9sident du Reich, etc.). Au fur et \u00e0 mesure que la r\u00e9publique se renforce, elle manifeste de plus en plus son essence, qui est la dictature des trusts, la dictature de la grande bourgeoisie. La constitution du bloc bourgeois a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e d&rsquo;une campagne furieuse des extr\u00e9mistes, qui r\u00e9clamaient la suppression radicale de la politique sociale et, en premier lieu, la suppression par voie l\u00e9gislative de la journ\u00e9e de huit heures. La tendance de la grande bourgeoisie s&rsquo;est manifest\u00e9e nettement dans le domaine de la politique fiscale. Les mesures fiscales de Luther<a name=\"_ednref23\"><\/a><a href=\"#_edn23\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[23]<\/span><\/a> \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 dict\u00e9es par le d\u00e9sir d&rsquo;obtenir la majorit\u00e9 des recettes fiscales en imposant les revenus et la consommation des larges masses, tout en abaissant l&rsquo;imp\u00f4t sur le revenu frappant le grand capital. D&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, le bloc bourgeois profitera de son influence dominante dans l&rsquo;\u00c9tat pour empocher les millions que l&rsquo;\u00c9tat lui accordera sous forme de subventions (subventions aux armateurs, 700 millions d\u00e9livr\u00e9s aux industriels de la Ruhr pour les d\u00e9dommager de leurs pertes, derniers emprunts \u00e0 Krupp et autres). Jamais probablement l&rsquo;\u00c9tat n&rsquo;avait manifest\u00e9 aussi ouvertement et aussi cyniquement sa nature d&rsquo;instrument du capital spoliateur que dans l&rsquo;Allemagne actuelle. Dans les premi\u00e8res ann\u00e9es d&rsquo;existence de la r\u00e9publique, lorsque la grande bourgeoisie caressait encore des plans de coups d&rsquo;\u00c9tat fascistes, lorsque le gouvernement \u00e9tait aux mains de partis petits-bourgeois, qui menaient une lutte apparente contre les &quot;droites&quot;, les illusions d\u00e9mocratiques \u00e9taient encore vivaces parmi les masses; maintenant le fait que la d\u00e9mocratie bourgeoise de la r\u00e9publique manifeste son caract\u00e8re v\u00e9ritable et se r\u00e9v\u00e8le comme la dictature du capital cr\u00e9e les conditions n\u00e9cessaires pour la disparition de ces illusions.<\/p>\n<p class=Intertitre2a style='text-align:justify'>La clique militariste et la bureaucratie<\/p>\n<p class=Texte>La lutte pour l&rsquo;arm\u00e9e, quoique ne modifiant pas le tableau g\u00e9n\u00e9ral, a pourtant un caract\u00e8re sp\u00e9cifique. Il s&rsquo;agit de savoir si la Reichswehr, au cas o\u00f9 elle serait appel\u00e9e \u00e0 devenir l&rsquo;arm\u00e9e de l&rsquo;imp\u00e9rialisme allemand qui rena\u00eet<a name=\"_ednref24\"><\/a><a href=\"#_edn24\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[24]<\/span><\/a>, doit avoir comme compl\u00e9ment des ligues de droite ou des ligues r\u00e9publicaines (Casque d&rsquo;Acier<a name=\"_ednref25\"><\/a><a name=\"NOT_p\"><\/a><a href=\"#_edn25\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[25]<\/span><\/a> et autres, ou Banni\u00e8re d&rsquo;Empire<a name=\"_ednref26\"><\/a><a href=\"#_edn26\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[26]<\/span><\/a>). L&rsquo;ancienne clique militaire, qui \u00e9tait l&rsquo;axe de la monarchie, d\u00e9fend ses positions. Maintenant encore, elle repr\u00e9sente une grande force dans l&rsquo;\u00c9tat. Elle est \u00e9paul\u00e9e par les junkers. Ses int\u00e9r\u00eats sp\u00e9ciaux s&rsquo;expriment \u00e9galement, il va de soi, en politique.<\/p>\n<p class=Texte>Pourtant il ne faut pas oublier que, malgr\u00e9 cette lutte pour la politique militaire, et en partie gr\u00e2ce \u00e0 cette lutte, il s&rsquo;est produit un rapprochement sensible entre le Casque d&rsquo;Acier et la Banni\u00e8re d&rsquo;Empire (mesures prises contre les partisans de la politique de revanche du Standart<a name=\"_ednref27\"><\/a><a href=\"#_edn27\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[27]<\/span><\/a>, qui ont \u00e9t\u00e9 exclus du Casque d&rsquo;Acier; discours d&rsquo;Ehrhardt<a name=\"_ednref28\"><\/a><a href=\"#_edn28\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[28]<\/span><\/a> hostile \u00e0 la restauration de la monarchie, passage \u00e0 la r\u00e9publique du Jungdo<a name=\"_ednref29\"><\/a><a name=\"NOT_t\"><\/a><a href=\"#_edn29\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[29]<\/span><\/a>, qui en 1923 marchait la main dans la main avec Hitler). Les cercles monarchiques ne forment pas un tout uni: ils sont divis\u00e9s par dynasties. Les monarchistes bavarois, partisans des Wittelsbach, aspirent \u00e0 la r\u00e9union avec l&rsquo;Autriche catholique sous le sceptre des Wittelsbach, dont ils veulent \u00e9tendre le pouvoir sur tous les territoires allemands, opposant cette dynastie \u00e0 celle des Hohenzollern. Le porte&#8209;parole de cette id\u00e9ologie est le parti populaire bavarois<a name=\"_ednref30\"><\/a><a name=\"NOT_o\"><\/a><a href=\"#_edn30\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[30]<\/span><\/a>, qui s&rsquo;est d\u00e9tach\u00e9 du centre apr\u00e8s la guerre. Malgr\u00e9 l&rsquo;accord des milieux de la grande bourgeoisie et des agrariens du centre avec les tendances r\u00e9actionnaires du parti populaire bavarois, il existe entre ces \u00e9l\u00e9ments des frictions aggrav\u00e9es par les conflits avec les milieux monarchistes protestants du parti populiste allemand et des nationalistes qui s&rsquo;orientent vers les Hohenzollern. Ces d\u00e9saccords entre les monarchistes renforcent la tendance g\u00e9n\u00e9rale de la bourgeoisie \u00e0 un &quot;r\u00e9publicanisme raisonnable&quot;.<\/p>\n<p class=Texte>Pendant les ann\u00e9es cons\u00e9cutives \u00e0 la r\u00e9volution, une foule d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments nouveaux venus de la social-d\u00e9mocratie, des syndicats chr\u00e9tiens et d&rsquo;ailleurs sont entr\u00e9s dans la bureaucratie. Pour ces \u00e9l\u00e9ments, la lutte pour la r\u00e9publique \u00e9quivaut \u00e0 la d\u00e9fense des places qu&rsquo;ils ont acquises contre les convoitises de l&rsquo;ancienne bureaucratie. Mais, l\u00e0 aussi, on remarque un certain rapprochement, car les anciens \u00e9l\u00e9ments s&rsquo;adaptent peu \u00e0 peu \u00e0 la nouvelle situation, et cela gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;orientation de plus en plus r\u00e9actionnaire du gouvernement. Le &quot;r\u00e9publicain raisonnable&quot;<a name=\"_ednref31\"><\/a><a href=\"#_edn31\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[31]<\/span><\/a> est un type extr\u00eamement r\u00e9pandu en Allemagne \u00e0 l&rsquo;heure actuelle; le &quot;r\u00e9publicanisme raisonnable&quot; est \u00e9galement un trait sp\u00e9cifique de la classe dominante.<\/p>\n<p class=Intertitre2a style='text-align:justify'>La paysannerie<\/p>\n<p class=Texte>Les cons\u00e9quences nuisibles de l&rsquo;inflation se sont fait sentir en premier lieu sur une partie consid\u00e9rable de la paysannerie, sur les d\u00e9tenteurs d&rsquo;obligations de l&#8217;emprunt de guerre et autres, ainsi que sur les \u00e9l\u00e9ments semi-prol\u00e9tariens les plus pauvres de la paysannerie qui ne peuvent vivre de leur propre r\u00e9colte et sont oblig\u00e9s d&rsquo;acheter sur le march\u00e9 des produits agricoles. L&rsquo;inflation a \u00e9t\u00e9 avantageuse non seulement pour les grands et les moyens paysans, mais aussi pour une partie consid\u00e9rable des petits paysans (lib\u00e9ration de l&rsquo;endettement au moyen du paiement des hypoth\u00e8ques avec une monnaie d\u00e9pr\u00e9ci\u00e9e; r\u00e9duction formidable des charges fiscales; baisse des prix sur les produits industriels comparativement aux prix des produits agricoles).<\/p>\n<p class=Texte>Au cours de la stabilisation, la situation s&rsquo;est modifi\u00e9e. Les couches sup\u00e9rieures de la paysannerie sont satisfaites des droits de douane protecteurs. D&rsquo;autre part, la stabilisation et le besoin de reconstituer le capital de roulement d\u00e9truit par l&rsquo;inflation (et transform\u00e9 partiellement en &quot;valeurs mat\u00e9rielles&quot; inutiles) ont provoqu\u00e9 un nouvel endettement de la masse paysanne. Les cr\u00e9dits ne sont accord\u00e9s aux paysans pauvres qu&rsquo;\u00e0 des conditions extr\u00eamement dures. La concentration croissante de l&rsquo;industrie m\u00e8ne \u00e0 la monopolisation de la production des instruments agricoles par les trusts, dans la d\u00e9pendance desquels tombe la paysannerie. Mais comme la monopolisation de l&rsquo;industrie est accompagn\u00e9e d&rsquo;un progr\u00e8s technique (progr\u00e8s dans l&rsquo;industrie des tracteurs, dans la production des machines agricoles, projet de production d&rsquo;engrais azot\u00e9s et mixtes), ce qui entra\u00eene la baisse des prix, la paysannerie n&rsquo;a pas encore enti\u00e8rement conscience du fait qu&rsquo;elle est soumise \u00e0 la dictature des trusts. La campagne d&rsquo;approvisionnement en c\u00e9r\u00e9ales, qui ne s&rsquo;est pas encore pleinement d\u00e9velopp\u00e9e cette ann\u00e9e, am\u00e8nera, les ann\u00e9es prochaines, la monopolisation du commerce des grains sous l&rsquo;\u00e9gide des industriels qui produisent des engrais artificiels et mettra les propri\u00e9taires ruraux dans la d\u00e9pendance de ces industriels. En r\u00e9sultat, la politique des trusts et leurs prix de monopole exerceront une influence d\u00e9cisive sur la masse paysanne laborieuse. Actuellement d\u00e9j\u00e0, le paysan, outre le manque de cr\u00e9dit d\u00e9termin\u00e9 par la politique des grandes banques et des \u00e9tablissements de cr\u00e9dit de l&rsquo;\u00c9tat, sent douloureusement le fardeau croissant des imp\u00f4ts.<\/p>\n<p class=Intertitre2a style='text-align:justify'>La classe moyenne des villes<\/p>\n<p class=Texte>Parmi les classes moyennes des villes, il se produit une \u00e9volution sp\u00e9ciale vers la gauche. L&rsquo;intervention des nationalistes allemands contre l&rsquo;Aufwertung<a name=\"_ednref32\"><\/a><a href=\"#_edn32\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[32]<\/span><\/a> et les exigences exorbitantes des anciens monarques ont dissip\u00e9 les illusions monarchistes parmi la petite bourgeoisie urbaine. Par milliers, les petits bourgeois abandonnent les anciens partis o\u00f9, de longues ann\u00e9es durant, ils avaient jou\u00e9 le r\u00f4le passif de b\u00e9tail votant. Les nouveaux partis dans lesquels ils entrent (parti \u00e9conomique<a name=\"_ednref33\"><\/a><a href=\"#_edn33\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[33]<\/span><\/a>, parti Aufwertung<a name=\"_ednref34\"><\/a><a name=\"NOT_r\"><\/a><a href=\"#_edn34\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[34]<\/span><\/a>) pratiquent une politique aussi r\u00e9actionnaire que les anciens. Ce regroupement des masses petites-bourgeoises a une tr\u00e8s grande importance. Ces masses se rapprochent partiellement du prol\u00e9tariat (campagne contre les indemnit\u00e9s aux anciens monarques). Une des causes essentielles de l&rsquo;\u00e9volution des couches moyennes vers la gauche est la rationalisation, qui a laiss\u00e9 sans pain une foule d&#8217;employ\u00e9s de commerce et de bureau, et aussi un certain nombre de fonctionnaires. Mais ce qui exerce l&rsquo;effet le plus durable et le plus n\u00e9faste, c&rsquo;est l&rsquo;exploitation pratiqu\u00e9e par les trusts qui, au moyen de leur politique douani\u00e8re et des prix qu&rsquo;ils \u00e9tablissent, ne cessent d&rsquo;abaisser le niveau de vie de la masse petite-bourgeoise et am\u00e8nent progressivement \u00e0 la ruine les couches dites &quot;ind\u00e9pendantes&quot;. Cet \u00e9tat de choses influe sur tous les partis bourgeois et contribue fortement \u00e0 la d\u00e9sagr\u00e9gation du Centre. Ce parti, qui est le plus fort des partis petits-bourgeois allemands et renferme en outre une aile ouvri\u00e8re puissante, est \u00e0 la veille d&rsquo;une crise p\u00e9nible. D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, il voit se dresser contre lui les ouvriers chr\u00e9tiens, qui s&rsquo;insurgent contre la politique r\u00e9actionnaire du comit\u00e9 central, politique qui trahit les int\u00e9r\u00eats du prol\u00e9tariat; d&rsquo;autre part, il est sous la menace d&rsquo;une r\u00e9volte des petits bourgeois, dont les int\u00e9r\u00eats, dans la p\u00e9riode d&rsquo;inflation, de d\u00e9dommagement des anciens monarques et de rationalisation, ont \u00e9t\u00e9 foul\u00e9s aux pieds, de m\u00eame que ceux des vignerons petits-bourgeois de la Moselle membres du Centre, o\u00f9 ils ont juste le droit de voter. Parall\u00e8lement \u00e0 la r\u00e9volte des membres et des \u00e9lecteurs de base de ce parti, il se produit des frictions entre les milieux dirigeants du Centre: les grands industriels et les agrariens. Tout l&rsquo;art des chefs de ce parti ne saurait dissimuler ces contradictions.<\/p>\n<p class=Intertitre2a style='text-align:justify'>Le prol\u00e9tariat<\/p>\n<p class=Texte>Parmi le prol\u00e9tariat, il s&rsquo;est form\u00e9 de nouvelles couches \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de la stabilisation. Il existe plus d&rsquo;un million de ch\u00f4meurs permanents, qui comprennent de plus en plus nettement qu&rsquo;ils ne peuvent obtenir du travail dans les conditions actuelles et que le r\u00e9gime social existant les condamne \u00e0 une existence de mis\u00e8re. Par suite, ils se tournent de plus en plus vers la r\u00e9volution. (Il suffit de rappeler l&rsquo;Angleterre qu&rsquo;une situation analogue a transform\u00e9e, de pays de la paix sociale, en une vaste ar\u00e8ne de batailles de classe.) <\/p>\n<p class=Texte>D&rsquo;autre part, la diff\u00e9renciation parmi les ouvriers employ\u00e9s dans la production s&rsquo;est accrue par suite de la stabilisation. Cette diff\u00e9renciation est favoris\u00e9e par les entrepreneurs, qui augmentent de nouveau la diff\u00e9rence de r\u00e9tribution des diverses cat\u00e9gories d&rsquo;ouvriers, diff\u00e9rence qui avait diminu\u00e9 dans la p\u00e9riode d&rsquo;inflation. Quoique la rationalisation, qui tend \u00e0 att\u00e9nuer les diff\u00e9rences entre le travail qualifi\u00e9 et le travail non qualifi\u00e9 (Ford), contribue au nivellement de la classe ouvri\u00e8re, ce serait une erreur de croire \u00e0 la disparition de l&rsquo;aristocratie ouvri\u00e8re. Sur une \u00e9chelle restreinte, la stabilisation a indubitablement amen\u00e9 une renaissance de l&rsquo;aristocratie ouvri\u00e8re.<\/p>\n<p class=Texte>C&rsquo;est ce que montre entre autres l&rsquo;augmentation des d\u00e9p\u00f4ts dans les caisses d&rsquo;\u00e9pargne. Sous le r\u00e9gime actuel, o\u00f9 les couches moyennes s&rsquo;appauvrissent et se prol\u00e9tarisent de plus en plus, une certaine partie des ouvriers les mieux pay\u00e9s ont la possibilit\u00e9 de faire des \u00e9conomies.<\/p>\n<p class=Texte>Dans notre presse, on a d\u00e9clar\u00e9 parfois qu&rsquo;en Allemagne l&rsquo;existence d&rsquo;une ploutocratie ouvri\u00e8re est impossible, car la bourgeoisie allemande n&rsquo;a pas de colonies et, partant, pas de surprofits coloniaux pour corrompre les couches sup\u00e9rieures du prol\u00e9tariat. Comme si dans l&rsquo;Allemagne d&rsquo;avant&#8209; guerre tous les surprofits de la bourgeoisie allemande \u00e9taient tir\u00e9s des maigres colonies de l&rsquo;Allemagne, et comme si maintenant les trusts allemands ne r\u00e9alisaient pas des surprofits! Les illusions que nourrissent les masses ouvri\u00e8res en raison de la stabilisation sont appel\u00e9es \u00e0 dispara\u00eetre peu \u00e0 peu. La social-d\u00e9mocratie et les syndicats assurent la classe ouvri\u00e8re que les cons\u00e9quences de la stabilisation: ch\u00f4mage de masses, aggravation des conditions de travail, ont un caract\u00e8re temporaire et cr\u00e9eront les conditions n\u00e9cessaires pour un nouvel \u00e9panouissement du capitalisme, \u00e9panouissement qui annulera ces cons\u00e9quences. Ces illusions n&rsquo;ont pas encore disparu, mais les effets de la stabilisation et de la rationalisation am\u00e8neront progressivement la classe ouvri\u00e8re \u00e0 comprendre que les m\u00e9thodes de la social-d\u00e9mocratie et de la bureaucratie syndicale dans l&rsquo;\u00e9poque d&rsquo;apr\u00e8s-guerre sont vou\u00e9es \u00e0 la faillite. Les fameuses conqu\u00eates de la r\u00e9volution sont ou liquid\u00e9es ou consid\u00e9rablement rogn\u00e9es. C&rsquo;est ce qui d\u00e9termine une \u00e9volution \u00e0 gauche des masses, \u00e9volution encore timide et mal assur\u00e9e, mais indubitable. La bureaucratie syndicale s&rsquo;efforce de ranimer de nouvelles illusions en pr\u00eachant ces derniers temps un &quot;surr\u00e9formisme&quot; d&rsquo;origine am\u00e9ricaine (d\u00e9mocratie \u00e9conomique, etc.). Pour pr\u00e9venir la d\u00e9ception prochaine des masses, elle rev\u00eat ce surr\u00e9formisme d&rsquo;une phras\u00e9ologie gauchiste, promet aux ouvriers la participation \u00e0 la direction de la production, etc.<\/p>\n<p class=Intertitre2 style='text-align:justify'>II. La social-d\u00e9mocratie<\/p>\n<p class=Texte>Le fait que la social-d\u00e9mocratie, quoiqu&rsquo;elle ne cesse de trahir les int\u00e9r\u00eats de la classe ouvri\u00e8re, ne compte pas moins de membres qu&rsquo;auparavant et a trois fois plus d&rsquo;\u00e9lecteurs que le parti communiste ne s&rsquo;explique pas seulement par les fautes du P.C.A. Ce fait a aussi des causes objectives.<\/p>\n<p class=Texte>La social-d\u00e9mocratie allemande est devenue un parti de masse, l&rsquo;expression du mouvement de plusieurs millions d&rsquo;hommes \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque du d\u00e9veloppement imp\u00e9tueux du capitalisme. Le grand m\u00e9rite historique de la social-d\u00e9mocratie \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de son \u00e9panouissement, c&rsquo;est d&rsquo;avoir cr\u00e9\u00e9 de larges organisations prol\u00e9tariennes de masse, d&rsquo;avoir popularis\u00e9 les id\u00e9es du socialisme et d\u00e9fendu de fa\u00e7on efficace les int\u00e9r\u00eats directs du prol\u00e9tariat dans la lutte contre les entrepreneurs et l&rsquo;\u00c9tat bourgeois. Dans la p\u00e9riode d&rsquo;\u00e9panouissement du capitalisme (1871&#8209;1914), la r\u00e9volution, la prise du pouvoir par le prol\u00e9tariat ne pouvaient \u00eatre le but imm\u00e9diat de la lutte de classe prol\u00e9tarienne. Il s&rsquo;agissait alors de conqu\u00e9rir une plus grande libert\u00e9 d&rsquo;action pour le prol\u00e9tariat et de lutter pour l&rsquo;am\u00e9lioration de sa situation dans le cadre du capitalisme. Dans sa lutte contre l&rsquo;opportunisme petit-bourgeois, le marxisme r\u00e9volutionnaire soulignait que la lutte pour les r\u00e9formes n&rsquo;\u00e9tait pas une fin en soi, qu&rsquo;elle \u00e9tait f\u00e9conde et ne correspondait aux int\u00e9r\u00eats de l&rsquo;ensemble de la classe ouvri\u00e8re que dans la mesure o\u00f9 elle contribuait non pas \u00e0 r\u00e9concilier le prol\u00e9tariat avec le r\u00e9gime existant, mais au contraire \u00e0 mettre en lumi\u00e8re par les petits combats journaliers l&rsquo;inconciliabilit\u00e9 des int\u00e9r\u00eats de classe de la bourgeoisie et du prol\u00e9tariat et \u00e0 pr\u00e9parer les ouvriers \u00e0 la bataille g\u00e9n\u00e9rale des classes en les convainquant de la n\u00e9cessit\u00e9 de la r\u00e9volution; en un mot, dans la lutte, le but final restait le point vers lequel devaient converger les efforts. C&rsquo;est de cet esprit qu&rsquo;\u00e9tait p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 le mouvement ouvrier allemand avant le d\u00e9but du XX\u00b0&nbsp;si\u00e8cle. N\u00e9anmoins au fur et \u00e0 mesure que le mouvement syndical et coop\u00e9ratif se consolidait dans les premi\u00e8res ann\u00e9es du XX\u00b0&nbsp;si\u00e8cle, il s&rsquo;\u00e9tablissait peu \u00e0 peu, en th\u00e9orie et en pratique, dans les couches sup\u00e9rieures de la classe ouvri\u00e8re, un opportunisme qui, malgr\u00e9 les brillantes victoires remport\u00e9es sur le r\u00e9visionnisme au congr\u00e8s du parti, pr\u00e9para en d\u00e9finitive la trahison de 1914 de la social-d\u00e9mocratie.<\/p>\n<p class=Texte>Le contenu restreint de la lutte de classe dans cette p\u00e9riode ne cessait d&rsquo;engendrer des courants opportunistes petits-bourgeois dans les rangs de la social-d\u00e9mocratie, courants qui trouvaient un appui dans la couche grandissante de l&rsquo;aristocratie ouvri\u00e8re. Ce qui contribuait \u00e0 renforcer ces courants, c&rsquo;\u00e9tait que l&rsquo;aile orthodoxe n&rsquo;avait pas d&rsquo;id\u00e9e concr\u00e8te de la r\u00e9volution. L&rsquo;enseignement de Marx sur la tactique qu&rsquo;il convient de suivre dans la r\u00e9volution, enseignement fond\u00e9 sur l&rsquo;exp\u00e9rience des r\u00e9volutions qui avaient eu lieu de 1789 jusqu&rsquo;\u00e0 la Commune, n&rsquo;\u00e9tait plus soumis \u00e0 une \u00e9laboration, \u00e0 un perfectionnement continus. Le facteur objectif, qui consiste dans l&rsquo;impossibilit\u00e9 d&rsquo;une action directement r\u00e9volutionnaire, et le facteur subjectif, c&rsquo;est&#8209;\u00e0&#8209;dire les lacunes dans l&rsquo;id\u00e9ologie de l&rsquo;orthodoxie marxiste, firent que dans les rangs de la social-d\u00e9mocratie il ne se produisit pas de scission au moment de l&rsquo;intervention de Bernstein<a name=\"_ednref35\"><\/a><a href=\"#_edn35\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[35]<\/span><\/a> et que les gauches qui se d\u00e9tach\u00e8rent de la social-d\u00e9mocratie se trouv\u00e8rent port\u00e9s vers l&rsquo;anarchisme, comme on le vit par l&rsquo;exemple des &quot;Jeunes&quot;<a name=\"_ednref36\"><\/a><a href=\"#_edn36\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[36]<\/span><\/a>. Les invitations r\u00e9it\u00e9r\u00e9es d&rsquo;Engels \u00e0 la rupture avec les \u00e9l\u00e9ments purement opportunistes et la revendication de Rosa Luxembourg, qui r\u00e9clama l&rsquo;exclusion de Bernstein, ne furent pas comprises et ne trouv\u00e8rent pas d&rsquo;\u00e9cho m\u00eame parmi les marxistes orthodoxes.<\/p>\n<p class=Texte>Le d\u00e9veloppement progressif de l&rsquo;imp\u00e9rialisme modifia la situation. Dans la perspective historique, l&rsquo;imp\u00e9rialisme apparut d\u00e9j\u00e0 comme la phase de d\u00e9clin du capitalisme. La preuve \u00e9vidente que le capitalisme avait d\u00e9j\u00e0 jou\u00e9 son r\u00f4le de facteur de progr\u00e8s et que la soci\u00e9t\u00e9 \u00e9tait m\u00fbre pour le socialisme fut la conscience croissante de l&rsquo;inutilit\u00e9 de la lutte pour les r\u00e9formes et pour l&rsquo;am\u00e9lioration dans le cadre du capitalisme. La monopolisation du capital changea radicalement la perspective de la lutte syndicale. Malgr\u00e9 l&rsquo;augmentation formidable des mandats parlementaires de la social-d\u00e9mocratie, il s&rsquo;av\u00e9rait de plus en plus qu&rsquo;on ne pourrait rien obtenir au moyen de la lutte parlementaire.<\/p>\n<p class=Texte>Il fallait de nouvelles m\u00e9thodes, de nouveaux moyens de lutte. La r\u00e9volution russe de 1905 inaugurait une nouvelle \u00e9poque r\u00e9volutionnaire. Partant de l&rsquo;analyse de l&rsquo;imp\u00e9rialisme, les radicaux de gauche, Rosa Luxembourg en t\u00eate, r\u00e9clamaient l&rsquo;organisation d&rsquo;actions r\u00e9volutionnaires de masse, la mobilisation de forces extra-parlementaires. Mais Bebel, Kautsky et, avec eux, la majorit\u00e9 du parti \u00e9taient incapables de s&rsquo;assimiler les nouvelles t\u00e2ches. Ils se raccrochaient \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 purement r\u00e9formiste, m\u00eame \u00e0 cette \u00e9poque o\u00f9 Kautsky \u00e9tait oblig\u00e9 de reconna\u00eetre que les conditions objectives pour le socialisme existaient. Incapables de comprendre le caract\u00e8re v\u00e9ritable de l&rsquo;imp\u00e9rialisme, ils d\u00e9viaient, dans leurs projets de lutte contre ce dernier, vers les pacifistes bourgeois. Le centrisme de Kautsky s&rsquo;effor\u00e7ait de coucher le marxisme dans le lit de Procuste de l&rsquo;activit\u00e9 exclusivement parlementaire, exclusivement r\u00e9formiste. La bureaucratie du parti, qui s&rsquo;interp\u00e9n\u00e9trait avec l&rsquo;aristocratie ouvri\u00e8re, ne voulait pas entendre parler de perspective r\u00e9volutionnaire. C&rsquo;est ainsi que fut cr\u00e9\u00e9 le terrain pour la trahison du 4 ao\u00fbt<a name=\"_ednref37\"><\/a><a href=\"#_edn37\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[37]<\/span><\/a>. La catastrophe se produisit lorsqu&rsquo;il fallut faire ouvertement sa profession de foi.<\/p>\n<p class=Texte>La social-d\u00e9mocratie de l&rsquo;\u00e9poque d&rsquo;apr\u00e8s&#8209;guerre a r\u00e9alis\u00e9 les d\u00e9sirs formul\u00e9s jadis par Bernstein. Elle a montr\u00e9 ouvertement ce qu&rsquo;elle est devenue, c&rsquo;est&#8209;\u00e0&#8209;dire un parti petit-bourgeois de r\u00e9formes. Il n&rsquo;est pas jusqu&rsquo;\u00e0 des mots comme &quot;lutte de classe&quot; et &quot;socialisme&quot; qui ne disparaissent progressivement de sa propagande. Les mitrailleuses du social-d\u00e9mocrate Noske<a name=\"_ednref38\"><\/a><a href=\"#_edn38\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[38]<\/span><\/a> ont montr\u00e9 avec \u00e9vidence la valeur des propos de la social-d\u00e9mocratie sur le socialisme.<\/p>\n<p class=Texte>Les masses petites-bourgeoises afflu\u00e8rent dans le parti social-d\u00e9mocrate allemand imm\u00e9diatement apr\u00e8s la guerre non pas parce que le socialisme figurait dans son programme, mais parce qu&rsquo;elles voyaient dans ce parti un refuge contre l&rsquo;Union Spartacus, contre le communisme, contre la r\u00e9alisation du socialisme. N\u00e9anmoins, quoique la social-d\u00e9mocratie se t\u00eent enti\u00e8rement sur le terrain du r\u00e9gime capitaliste, quoiqu&rsquo;elle e\u00fbt noy\u00e9 dans le sang la r\u00e9volution ouvri\u00e8re, elle avait encore de nombreux adh\u00e9rents parmi les masses prol\u00e9tariennes. Gr\u00e2ce \u00e0 leur platitude devant l&rsquo;imp\u00e9rialisme de l&rsquo;Entente, les social-d\u00e9mocrates apparaissaient aux masses comme les messagers de la paix, alors que la r\u00e9volution prol\u00e9tarienne recelait le danger d&rsquo;une r\u00e9volution, d&rsquo;une nouvelle guerre. La politique de coalition de la social-d\u00e9mocratie \u00e9tait repr\u00e9sent\u00e9e comme la d\u00e9fense de la r\u00e9publique, et la r\u00e9publique bourgeoise semblait une conqu\u00eate pr\u00e9cieuse aux masses prol\u00e9tariennes \u00e9duqu\u00e9es dans la lutte pour les droits d\u00e9mocratiques. Enfin les r\u00e9formes sociales et politiques de la r\u00e9volution de Novembre, r\u00e9formes qui avaient d\u00e9charg\u00e9 l&rsquo;atmosph\u00e8re dans les entreprises, \u00e9taient un app\u00e2t de plus qui attirait l&rsquo;ouvrier vers l&rsquo;id\u00e9ologie petite-bourgeoise de la politique de r\u00e9formes. C&rsquo;est au moment de l&rsquo;inflation que cette politique atteignit son plein \u00e9panouissement. La situation cr\u00e9\u00e9e par la p\u00e9riode d&rsquo;inflation \u00e9cartait alors presque compl\u00e8tement le ch\u00f4mage; parall\u00e8lement \u00e0 l&rsquo;abaissement du salaire r\u00e9el, le salaire nominal ne cessait d&rsquo;augmenter.<\/p>\n<p class=Texte>La social-d\u00e9mocratie s&rsquo;appuyait sur une large couche de fonctionnaires r\u00e9publicains frais \u00e9moulus. Cet \u00e9tat de choses, \u00e0 son tour, exer\u00e7ait une influence d\u00e9termin\u00e9e sur la social-d\u00e9mocratie, qui se fondait de plus en plus avec l&rsquo;appareil d&rsquo;\u00c9tat. La social-d\u00e9mocratie s&rsquo;est int\u00e9gr\u00e9e dans l&rsquo;\u00c9tat bourgeois, de m\u00eame que dans la p\u00e9riode ant\u00e9rieure \u00e0 la stabilisation elle \u00e9tait intervenue en qualit\u00e9 de repr\u00e9sentant des int\u00e9r\u00eats de la soci\u00e9t\u00e9 capitaliste dans son ensemble, et non des int\u00e9r\u00eats de certaines parties de la bourgeoisie, et avait servi de courtier entre la bourgeoisie allemande et le capital financier international.<\/p>\n<p class=Texte>Apr\u00e8s la stabilisation, la situation n&rsquo;est plus la m\u00eame. Les f\u00e9tiches de la social-d\u00e9mocratie ont perdu dans la p\u00e9riode d&rsquo;apr\u00e8s&#8209;guerre leur influence sur les masses. La r\u00e9publique est apparue comme la domination des magnats des trusts; la politique ext\u00e9rieure de l&rsquo;Allemagne, au fur et \u00e0 mesure que l&rsquo;imp\u00e9rialisme allemand rena\u00eet, devient de moins en moins pacifique, et ses conqu\u00eates dans le domaine social et politique sont supprim\u00e9es.<\/p>\n<p class=Texte>Par suite, il se produit une nouvelle diff\u00e9renciation dans les rangs de la social-d\u00e9mocratie. Sous la direction du parti et de la bureaucratie d&rsquo;\u00c9tat, une couche s&rsquo;efforce de pratiquer co\u00fbte que co\u00fbte la politique de coalition pour conserver sa part de l&rsquo;assiette au beurre. Dans la mesure o\u00f9 la social-d\u00e9mocratie pratiquera, en qualit\u00e9 de parti gouvernemental, la politique extr\u00e9miste des trusts, elle perdra ses adh\u00e9rents parmi les masses. D&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, en vertu des raisons mentionn\u00e9es plus haut, les masses perdent consid\u00e9rablement de leur enthousiasme pour la politique de coalition. Apr\u00e8s l&rsquo;exp\u00e9rience de la politique de collaboration pratique et de conciliation de classe, l&rsquo;id\u00e9e de la lutte de classe gagne de nouveau du terrain. Ayant compris que les mots d&rsquo;ordre prometteurs de la social-d\u00e9mocratie (r\u00e9publique, paix, etc.) n&rsquo;ont servi qu&rsquo;\u00e0 les berner, les ouvriers aspirent \u00e0 un nouveau grand but susceptible de d\u00e9livrer le prol\u00e9tariat de l&rsquo;enfer capitaliste. Ils se convainquent peu \u00e0 peu que ce but ne peut \u00eatre que l&rsquo;ancien but proclam\u00e9 tout d&rsquo;abord, puis trahi par la social-d\u00e9mocratie: le socialisme. Voil\u00e0 la raison de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat qu&rsquo;ils manifestent \u00e0 nouveau pour l&rsquo;\u0153uvre d&rsquo;\u00e9dification du socialisme poursuivie en U.R.S.S. Cet \u00e9tat d&rsquo;esprit se manifeste par le renforcement des \u00e9l\u00e9ments centristes de gauche du parti social-d\u00e9mocrate, qui ne pr\u00eachent le socialisme et la lutte de classe qu&rsquo;en paroles. Le programme de la gauche centriste repousse plus ou moins r\u00e9solument la participation \u00e0 un gouvernement de coalition et pr\u00f4ne une opposition purement parlementaire, mais il repousse aussi toute action r\u00e9volutionnaire de masse. Dans la situation actuelle, o\u00f9 il devient de plus en plus difficile \u00e0 la social-d\u00e9mocratie de pratiquer une politique de coalition, la gauche du parti social-d\u00e9mocrate prend une importance de plus en plus grande. Elle refl\u00e8te un double ph\u00e9nom\u00e8ne: tout d&rsquo;abord, l&rsquo;indignation des masses contre le gouvernement de coalition; ensuite, la tentative d&rsquo;une certaine fraction de la bureaucratie du parti d&rsquo;\u00e9touffer cette indignation au moyen d&rsquo;une politique radicale en paroles. La fondation d&rsquo;un parti centriste distinct est peu probable, car le trait caract\u00e9ristique du centrisme c&rsquo;est que, tout en d\u00e9bitant des tirades d&rsquo;opposition, il collabore \u00e9troitement avec le r\u00e9formisme av\u00e9r\u00e9. N\u00e9anmoins cette possibilit\u00e9 n&rsquo;est nullement exclue, surtout s&rsquo;il se produit une situation nettement r\u00e9volutionnaire amenant un renforcement consid\u00e9rable de la pression des masses.<\/p>\n<p class=Texte>La t\u00e2che des communistes est d&rsquo;acc\u00e9l\u00e9rer la d\u00e9sagr\u00e9gation dans les rangs de la social-d\u00e9mocratie, car cette d\u00e9sagr\u00e9gation est une des conditions et une des formes du r\u00e9volutionnement du prol\u00e9tariat. Un parti centriste n&rsquo;est pas un instrument de r\u00e9volution, c&rsquo;est un obstacle \u00e0 la r\u00e9volution. Si cette derni\u00e8re est appel\u00e9e \u00e0 triompher et \u00e0 se consolider, les partis centristes dispara\u00eetront de la sc\u00e8ne, mais \u00e0 certains moments l&rsquo;id\u00e9ologie centriste peut \u00eatre pour les ouvriers une \u00e9tape dans la voie menant du r\u00e9formisme au communisme. Les ouvriers s&rsquo;attarderont d&rsquo;autant moins \u00e0 cette \u00e9tape que nous saurons, au moyen d&rsquo;une politique pratique nette et rationnelle, les convaincre plus rapidement que les centristes ne veulent pas la lutte v\u00e9ritable contre les r\u00e9formistes et qu&rsquo;\u00e0 leur tour ils sont incapables de combattre r\u00e9ellement la bourgeoisie et de d\u00e9fendre les int\u00e9r\u00eats du prol\u00e9tariat. Voil\u00e0 pourquoi, partant des principes communistes et les reliant aux besoins actuels de la lutte de classe, les communistes doivent critiquer la position des gauches, pousser ceux&#8209;ci en avant, soustraire les ouvriers \u00e0 leur direction et les entra\u00eener dans notre front de bataille.<\/p>\n<p class=Intertitre2a style='text-align:justify'>Le mouvement syndical et la coop\u00e9ration<\/p>\n<p class=Texte>Les syndicats et les coop\u00e9ratives sont de vastes organisations prol\u00e9tariennes englobant des millions d&rsquo;hommes, que la bureaucratie social-d\u00e9mocrate dirige et qu&rsquo;elle utilise au d\u00e9triment de la masse des membres et dans l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de la bourgeoisie. De l\u00e0, la t\u00e2che essentielle des communistes \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de ces organisations: elle consiste \u00e0 les d\u00e9barrasser de la direction social-d\u00e9mocrate, et c&rsquo;est l\u00e0 la premi\u00e8re condition pour que ces organisations fond\u00e9es comme organisations de combat du prol\u00e9tariat puissent de nouveau servir pour le but en vue duquel elles ont \u00e9t\u00e9 constitu\u00e9es. Quant aux syndicats, il est n\u00e9cessaire de r\u00e9organiser parall\u00e8lement les unions centrales et professionnelles, administr\u00e9es bureaucratiquement, en syndicats de production administr\u00e9s d\u00e9mocratiquement par leurs membres et construits sur la base des unit\u00e9s de production, car ce n&rsquo;est qu&rsquo;ainsi qu&rsquo;ils pourront, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de trustification nationale et internationale, s&rsquo;acquitter de leurs t\u00e2ches de combat sans en \u00eatre emp\u00each\u00e9s par la bureaucratie. Le moyen pour les communistes de conqu\u00e9rir les syndicats et de les impr\u00e9gner d&rsquo;un esprit r\u00e9volutionnaire de classe, d&rsquo;un esprit combatif, c&rsquo;est de participer activement \u00e0 leur travail journalier, \u00e0 l&rsquo;organisation de leur direction autonome sur la base des entreprises, et de r\u00e9duire au minimum indispensable la bureaucratie syndicale. Toute lutte pour les salaires et pour la journ\u00e9e de travail doit \u00eatre pr\u00e9par\u00e9e s\u00e9rieusement parmi les membres et par les membres eux&#8209;m\u00eames. \u00c0 cet effet, les communistes doivent tout d&rsquo;abord \u00e9tudier la strat\u00e9gie et la tactique de la lutte syndicale d&rsquo;avant&#8209;guerre, alors que les syndicats, qui ne comptaient encore que tr\u00e8s peu de membres et qui souvent ne disposaient que de ressources insignifiantes, menaient \u00e0 la bataille, de larges masses non encore organis\u00e9es, et cela gr\u00e2ce uniquement \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 et \u00e0 l&rsquo;esprit combatif de leurs membres, sans tutelle d\u00e9mocratique aucune. En ces ann\u00e9es o\u00f9 les syndicats menaient furieusement l&rsquo;offensive, les syndiqu\u00e9s n&rsquo;auraient pas souffert un seul jour \u00e0 la t\u00eate de leur organisation un dirigeant trahissant leurs int\u00e9r\u00eats. Un travail syndical actif organis\u00e9 par les communistes donnera les m\u00eames r\u00e9sultats. L&rsquo;histoire r\u00e9elle du mouvement syndical et coop\u00e9ratif est maintenant oubli\u00e9e, ce qui fait merveilleusement l&rsquo;affaire de la bureaucratie dirigeante. Le parti communiste doit exhumer de l&rsquo;oubli cette histoire, source d&rsquo;\u00e9nergie combative. Les nombreuses fautes, la pusillanimit\u00e9 des membres, l&rsquo;absence de fonctionnaires exp\u00e9riment\u00e9s s&rsquo;expliquent par l&rsquo;ignorance de l&rsquo;exp\u00e9rience ant\u00e9rieure et du caract\u00e8re de la lutte syndicale. Cette ignorance, alli\u00e9e \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e insuffisamment nette des limites de la lutte syndicale, \u00e9conomique, et \u00e0 l&rsquo;incapacit\u00e9 de la relier \u00e0 la lutte politique, est cause que les communistes n&rsquo;ont pas toujours une position juste devant les r\u00e9formistes.<\/p>\n<p class=Texte>\u00c0 l&rsquo;\u00e9poque actuelle de lutte syndicale, \u00e9poque de monopoles et de trusts, la lutte \u00e9conomique, par suite de la puissance concentr\u00e9e du capital, est de plus en plus d\u00e9pourvue de perspectives. Avant la guerre d\u00e9j\u00e0, le marxisme affirmait que, pour obtenir des r\u00e9sultats quelconques, la lutte \u00e9conomique dans les branches les plus concentr\u00e9es de l&rsquo;industrie capitaliste, et en premier lieu dans l&rsquo;industrie mini\u00e8re, devait se transformer en lutte politique. Cela s&rsquo;applique exactement \u00e0 l&rsquo;Allemagne contemporaine, o\u00f9 l&rsquo;importance absolue et relative des monopoles a formidablement augment\u00e9. C&rsquo;est en Angleterre que s&rsquo;est manifest\u00e9 le plus nettement l&rsquo;insuffisance des anciennes m\u00e9thodes syndicales de lutte. De la sorte, si les syndicats veulent s&rsquo;acquitter de leur t\u00e2che, qui est la d\u00e9fense du niveau de vie des ouvriers, ils ne doivent pas craindre de s&rsquo;assigner des buts politiques r\u00e9volutionnaires. S&rsquo;ils ne le font pas, il leur faudra \u00e9viter toute lutte, mener, sous une forme ou sous une autre, une politique de collaboration pratique afin d&rsquo;\u00e9viter tout conflit avec la bourgeoisie. C&rsquo;est en cela qu&rsquo;est la diff\u00e9rence essentielle entre communistes et social-d\u00e9mocrates dans la compr\u00e9hension des t\u00e2ches syndicales. Il ne s&rsquo;agit pas pour les communistes de r\u00e9clamer, \u00e0 chaque lutte \u00e9conomique, deux ou trois pfennigs de plus; ils doivent montrer comment tous les avantages obtenus progressivement peuvent \u00eatre annul\u00e9s par la bourgeoisie si le prol\u00e9tariat ne transforme pas sa lutte en lutte politique pour le pouvoir; ils doivent montrer que les grands probl\u00e8mes actuels (ch\u00f4mage et autres) ne peuvent \u00eatre r\u00e9solus que de cette fa\u00e7on. La transformation de la lutte \u00e9conomique en lutte politique, de la lutte des groupes syndicaux ou des groupes de production en une lutte unique de classe ne peut s&rsquo;effectuer par la simple addition arithm\u00e9tique des luttes \u00e9conomiques partielles, par l&rsquo;\u00e9tablissement de la somme des revendications de groupes et des revendications professionnelles. Par suite, le mot d&rsquo;ordre de l&rsquo;unification de la lutte \u00e9conomique est insuffisant en tant que mot d&rsquo;ordre g\u00e9n\u00e9ral; la transformation en lutte politique de classe doit s&rsquo;effectuer sous un mot d&rsquo;ordre politique de rassemblement. M\u00eame sur une \u00e9chelle restreinte, l&rsquo;unification de la lutte \u00e9conomique n&rsquo;est que rarement un moyen tactique juste pour le d\u00e9veloppement fructueux de la lutte pour les salaires et les conditions de travail. La m\u00e9thode oppos\u00e9e, succession rapide d&rsquo;actions de groupes petits mais importants, a donn\u00e9 beaucoup plus fr\u00e9quemment \u00e0 de larges couches ouvri\u00e8res les r\u00e9sultats d\u00e9sir\u00e9s dans la lutte \u00e9conomique. S&rsquo;il est impossible de transformer la lutte syndicale en lutte politique, les communistes ne doivent pas craindre d&rsquo;interrompre la lutte d\u00e8s que sont \u00e9puis\u00e9es les possibilit\u00e9s syndicales. \u00c0 ce moment aussi, ils se distinguent des social-d\u00e9mocrates. Les r\u00e9formistes s&rsquo;efforcent d&rsquo;\u00e9touffer les gr\u00e8ves parce qu&rsquo;ils redoutent toute lutte, surtout si elle se d\u00e9veloppe. Les communistes n&rsquo;interrompent la lutte qu&rsquo;apr\u00e8s avoir fait tout ce qui d\u00e9pend d&rsquo;eux pour la renforcer et la rendre victorieuse tout en ne cessant de montrer aux ouvriers la perspective de cette lutte et d&rsquo;affermir leur foi en leurs forces.<\/p>\n<p class=Texte>Les clich\u00e9s dans la lutte syndicale ne servent de rien. Pour le succ\u00e8s de cette lutte, il faut une capacit\u00e9 man\u0153uvri\u00e8re extr\u00eame, un art de tirer parti des moindres d\u00e9saccords dans le camp de l&rsquo;adversaire. Ainsi, dans certaines circonstances, quand le mouvement n&rsquo;est pas encore suffisamment fort pour \u00e9carter l&rsquo;arbitrage, les communistes doivent l&rsquo;utiliser et conclure des accords. Un cadre de fonctionnaires ayant pass\u00e9 par une bonne \u00e9cole syndicale et dou\u00e9s d&rsquo;un esprit combatif, une propagande montrant aux larges masses les limites et les possibilit\u00e9s de la lutte \u00e9conomique, et surtout une direction pratique de cette lutte, telles sont les conditions indispensables pour la conqu\u00eate des syndicats. Il convient d&rsquo;estomper les limites du possible dans la lutte \u00e9conomique, contrairement \u00e0 ce que font les bureaucrates syndicaux et les braillards ultra&#8209;gauches, qui se d\u00e9robent \u00e0 la lutte syndicale, sous pr\u00e9texte qu&rsquo;elle ne peut remplacer la lutte de masse r\u00e9volutionnaire en vue du renversement de la bourgeoisie. Pour un communiste, pour un r\u00e9volutionnaire v\u00e9ritable, le travail r\u00e9volutionnaire commence pr\u00e9cis\u00e9ment l\u00e0 o\u00f9 une lutte bien men\u00e9e pour les salaires et pour la journ\u00e9e de travail arrive \u00e0 ses limites et o\u00f9 il faut alors ou bien la poursuivre comme lutte politique si l&rsquo;on a des forces suffisantes, ou bien, si l&rsquo;on n&rsquo;est pas assez fort, l&rsquo;interrompre sur un succ\u00e8s partiel ou un compromis en tant que lutte professionnelle pour les salaires et la journ\u00e9e de travail, afin de conserver ses forces et de gagner du temps pour une nouvelle lutte plus importante. Telles sont les t\u00e2ches essentielles de la direction pratique de la lutte, et c&rsquo;est de leur ex\u00e9cution que d\u00e9pend la rapidit\u00e9 \u00e0 laquelle le parti communiste conquerra les masses.<\/p>\n<p class=Texte>La t\u00e2che de la coop\u00e9ration, c&rsquo;est de fournir aux travailleurs des produits de premi\u00e8re n\u00e9cessit\u00e9 de bonne qualit\u00e9 et \u00e0 bon march\u00e9, d&rsquo;\u00e9liminer les interm\u00e9diaires commerciaux et de mener dans le domaine politique la lutte pour rendre meilleur march\u00e9 les produits de consommation courante. La lutte contre le profit commercial \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 les prix sont dict\u00e9s par les monopoles qui englobent \u00e9galement le commerce, devient une lutte politique pour le contr\u00f4le de la production et des prix, lutte dirig\u00e9e principalement contre les trusts et les monopoles commerciaux. De telles coop\u00e9ratives combatives peuvent servir d&rsquo;\u00e9cole de socialisme en montrant comment on peut se passer du capitalisme et en familiarisant les ouvriers avec l&rsquo;administration des entreprises et leur fonctionnement, Mais la bureaucratie coop\u00e9rative est encore plus corrompue, elle est encore un obstacle plus grand que la bureaucratie syndicale \u00e0 la transformation de la coop\u00e9ration en organisation de lutte de classe du prol\u00e9tariat r\u00e9volutionnaire. La coop\u00e9ration, si l&rsquo;on compte avec les soci\u00e9taires tous les membres de leur famille, englobe beaucoup plus de personnes que les syndicats. Les coop\u00e9ratives de consommation actuelles dirig\u00e9es par Kaasch et Kaufmann de l&rsquo;Union centrale<a name=\"_ednref39\"><\/a><a href=\"#_edn39\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[39]<\/span><\/a> ne sont autre chose que de petites boutiques centralis\u00e9es et g\u00e9r\u00e9es par des mercantis. Elles sont compl\u00e8tement insuffisantes pour la lutte contre la chert\u00e9 de vie, elles ne peuvent \u00eatre des appuis pour le prol\u00e9tariat en lutte, des \u00e9coles de pr\u00e9paration et de recrutement pour la lutte r\u00e9volutionnaire. Le nettoyage de ces \u00e9curies d&rsquo;Augias repr\u00e9sente un travail formidable, mais si les communistes d\u00e9ploient une activit\u00e9 rationnelle, s&rsquo;ils savent en premier lieu mobiliser les m\u00e9nag\u00e8res, cette t\u00e2che r\u00e9volutionnaire urgente peut \u00eatre accomplie: il faut nettoyer soigneusement ce dernier refuge des ennemis de classe dans le camp du prol\u00e9tariat afin de cr\u00e9er une large base de classe pour la lutte d\u00e9cisive en vue de la domination du prol\u00e9tariat.<\/p>\n<p class=Intertitre2 style='text-align:justify'>III. La renaissance de l&rsquo;imp\u00e9rialisme allemand<\/p>\n<p class=Intertitre2a style='text-align:justify'>Les buts de la grande bourgeoisie en politique ext\u00e9rieure<\/p>\n<p class=Texte>Le renforcement \u00e9conomique et politique de la bourgeoisie allemande modifie la politique ext\u00e9rieure de l&rsquo;Allemagne, ce qui \u00e0 son tour, \u00e9videmment, influe sur la situation int\u00e9rieure de l&rsquo;Allemagne. Alors que, il y a quelques ann\u00e9es seulement, tout l&rsquo;art de la bourgeoisie allemande en politique ext\u00e9rieure consistait \u00e0 ramper devant l&rsquo;Entente afin de sauver ce qui \u00e9tait possible et de trouver un appui contre la r\u00e9volution mena\u00e7ante des ouvriers allemands (\u00e0 noter que la grande bourgeoisie confiait volontiers l&rsquo;ex\u00e9cution de cette politique aux social-d\u00e9mocrates et aux autres politiciens petits-bourgeois), \u00e0 l&rsquo;heure actuelle la grande bourgeoisie veut diriger elle-m\u00eame la politique ext\u00e9rieure, afin de redonner \u00e0 l&rsquo;Allemagne sa situation mondiale de puissance imp\u00e9rialiste. Le pacifisme d&rsquo;apparat n&rsquo;est qu&rsquo;un moyen de propagande de cette politique, car il r\u00e9pond mieux aux besoins du temps que le cliquetis des armes, m\u00e9thode diplomatique de la monarchie de Guillaume&nbsp;II. Les discours sur la r\u00e9conciliation des peuples correspondent on ne peut mieux \u00e0 la p\u00e9riode actuelle de sondage, de recherches d&rsquo;alli\u00e9s, car ce n&rsquo;est qu&rsquo;en alliance avec d&rsquo;autres grandes puissances que la bourgeoisie allemande peut esp\u00e9rer r\u00e9aliser son d\u00e9sir ardent de reconqu\u00e9rir sa place au soleil. Il est clair que cette politique ne peut rester pacifique et que la participation de l&rsquo;Allemagne au jeu des groupements imp\u00e9rialistes des puissances l&rsquo;entra\u00eenera fatalement \u00e0 des pr\u00e9paratifs militaires et, en d\u00e9finitive, \u00e0 la guerre si la r\u00e9volution prol\u00e9tarienne ne survient \u00e0 temps.<\/p>\n<p class=Texte>C&rsquo;est sur ce but g\u00e9n\u00e9ral que se r\u00e8gle la politique ext\u00e9rieure de la grande bourgeoisie allemande depuis que le probl\u00e8me des r\u00e9parations est provisoirement r\u00e9solu au moyen du plan Dawes. La grande bourgeoisie allemande veut reconqu\u00e9rir sa situation de puissance imp\u00e9rialiste, elle veut \u00eatre sur un pied d&rsquo;\u00e9galit\u00e9 dans le concert des autres grandes puissances, dans le ch\u0153ur des brigands de l&rsquo;imp\u00e9rialisme, car ce n&rsquo;est que dans ce cas qu&rsquo;elle peut mener la lutte pour de nouveaux march\u00e9s. Or c&rsquo;est l\u00e0 une question de vie ou de mort pour le capitalisme allemand.<\/p>\n<p class=Texte>Pour arriver \u00e0 ce but, la grande bourgeoisie s&rsquo;assigne actuellement une s\u00e9rie de t\u00e2ches concr\u00e8tes. Elle cherche \u00e0 obtenir la r\u00e9vision du trait\u00e9 de Versailles<a name=\"_ednref40\"><\/a><a name=\"NOT_a\"><\/a><a href=\"#_edn40\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[40]<\/span><\/a> et, en premier lieu, l&rsquo;\u00e9vacuation des provinces rh\u00e9nanes, la restitution du bassin de la Sarre, la rectification des fronti\u00e8res orientales au moyen de la restitution du couloir de Dantzig, en un mot la reconstitution du territoire de l&rsquo;ancien empire allemand. Au point de vue militaire, elle cherche \u00e0 se d\u00e9barrasser de tout contr\u00f4le pour reconstituer une arm\u00e9e et une flotte puissantes sans lesquelles sa politique imp\u00e9rialiste est, en d\u00e9finitive, impossible. Elle cherche \u00e0 se soustraire \u00e0 un contr\u00f4le qui porte atteinte \u00e0 la souverainet\u00e9 allemande, et en particulier \u00e0 obtenir la r\u00e9vision des conditions de paiement fix\u00e9es par le plan Dawes. Elle r\u00e9clame la restitution des colonies allemandes comme base pour un nouvel empire colonial. Elle s&rsquo;efforce de consolider ses positions en politique commerciale afin d&rsquo;assurer compl\u00e8tement aux trusts le march\u00e9 int\u00e9rieur et de pouvoir appliquer le dumping sur le march\u00e9 mondial. En l&rsquo;occurrence, elle se heurte \u00e0 l&rsquo;obstacle que repr\u00e9sentent les lois \u00e9dict\u00e9es dans une s\u00e9rie d&rsquo;\u00c9tats contre le dumping; d&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, les cartels internationaux o\u00f9 l&rsquo;Allemagne joue un r\u00f4le de premier plan sont pour elle une arme puissante dans sa politique commerciale.<\/p>\n<p class=Intertitre2a style='text-align:justify'>Les moyens de la politique ext\u00e9rieure allemande<\/p>\n<p class=Texte>En politique ext\u00e9rieure, la bourgeoisie allemande est oblig\u00e9e de se contenter des moyens que lui impose sa situation sp\u00e9ciale. G\u00ean\u00e9e aux entournures par le plan Dawes et par le contr\u00f4le militaire des Alli\u00e9s, elle ne peut encore s&rsquo;appuyer sur des forces navales et terrestres importantes. Aussi a&#8209;t&#8209;elle \u00e9rig\u00e9 le besoin en vertu et profit\u00e9 dans une certaine mesure des le\u00e7ons de sa d\u00e9faite militaire. \u00c0 la politique du &quot;poing de fer&quot; de Guillaume, elle a substitu\u00e9 la diplomatie par\u00e9e de phrases pacifistes. L&rsquo;arme principale des magnats des trusts en politique ext\u00e9rieure est, selon le mod\u00e8le am\u00e9ricain, la force \u00e9conomique. Cette politique est d&rsquo;autant plus dangereuse qu&rsquo;elle se dissimule plus soigneusement sous le masque du pacifisme, et il est d&rsquo;autant plus n\u00e9cessaire de la d\u00e9voiler que la social-d\u00e9mocratie la soutient plus fortement. Jamais encore, la liaison pratique et l&rsquo;\u00e9troite affinit\u00e9 spirituelle du social-pacifisme et du social-imp\u00e9rialisme ne s&rsquo;\u00e9taient manifest\u00e9es aussi ouvertement que maintenant. Ce ne sont que les deux faces d&rsquo;une seule et m\u00eame fausse monnaie. En politique ext\u00e9rieure, l&rsquo;Allemagne s&rsquo;efforce, avec un certain succ\u00e8s, d&rsquo;exploiter les rivalit\u00e9s d&rsquo;int\u00e9r\u00eats des autres puissances. La social-d\u00e9mocratie a trouv\u00e9 un fort appui dans le capital am\u00e9ricain. En effet, le capital financier am\u00e9ricain est int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 s&rsquo;assurer l&rsquo;Europe, et en premier lieu l&rsquo;Allemagne, comme sph\u00e8re d&rsquo;investissement de capitaux; en outre, les fermiers, couche importante des \u00e9lecteurs am\u00e9ricains, sont extr\u00eamement int\u00e9ress\u00e9s \u00e0 conserver l&rsquo;Europe comme d\u00e9bouch\u00e9 pour leurs produits alimentaires. Ces deux facteurs incitent l&rsquo;Am\u00e9rique \u00e0 demander qu&rsquo;on donne satisfaction \u00e0 l&rsquo;Allemagne, qu&rsquo;on respecte l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 de son territoire et qu&rsquo;on lui facilite le paiement de ses dettes.<\/p>\n<p class=Texte>L&rsquo;exploitation de la rivalit\u00e9 anglo-fran\u00e7aise est devenue presque une tradition pour la politique ext\u00e9rieure allemande. Ces derniers temps, l&rsquo;Allemagne s&rsquo;efforce d&rsquo;exploiter \u00e9galement les antagonismes entre la France et l&rsquo;Italie (accord arbitral conclu avec l&rsquo;Italie<a name=\"_ednref41\"><\/a><a href=\"#_edn41\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[41]<\/span><\/a> pour contre-balancer l&rsquo;entrevue de Thoiry<a name=\"_ednref42\"><\/a><a href=\"#_edn42\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[42]<\/span><\/a>). La bourgeoisie allemande s&rsquo;efforce \u00e9galement d&rsquo;exploiter \u00e0 sa mani\u00e8re les antagonismes entre l&rsquo;U.R.S.S. et les autres \u00c9tats europ\u00e9ens. Elle fait des avances \u00e0 l&rsquo;Union sovi\u00e9tique, non pas parce qu&rsquo;elle d\u00e9sire se rapprocher s\u00e9rieusement de cette derni\u00e8re, mais uniquement pour avoir par l\u00e0 un moyen de pression sur les puissances d&rsquo;Europe occidentale et en obtenir des concessions. En outre, tirant parti de sa situation g\u00e9ographique interm\u00e9diaire, l&rsquo;Allemagne s&rsquo;efforce de faire pression sur l&rsquo;U.R.S.S. et de renverser les barri\u00e8res \u00e9lev\u00e9es par l&rsquo;\u00c9tat socialiste contre la p\u00e9n\u00e9tration du capital \u00e9tranger.<\/p>\n<p class=Texte>Les trusts allemands jouent un r\u00f4le formidable en tant que facteur frayant la voie \u00e0 la politique ext\u00e9rieure allemande. La politique qu&rsquo;ils pratiquent dans les cartels internationaux d\u00e9termine la ligne de la politique ext\u00e9rieure allemande. Leur force \u00e9conomique, gr\u00e2ce \u00e0 laquelle ils jouent un r\u00f4le pr\u00e9pond\u00e9rant dans les cartels internationaux, est maintenant le plus fort atout dans la politique mondiale de l&rsquo;Allemagne. La force renaissante des financiers allemands sert aussi d&rsquo;instrument \u00e0 la bourgeoisie allemande dans sa politique ext\u00e9rieure. Il suffit de rappeler le projet de rachat des mines de la Sarre et la participation de l&rsquo;Allemagne \u00e0 l&#8217;emprunt belge de stabilisation. Dans sa politique ext\u00e9rieure, la bourgeoisie allemande a d\u00e9j\u00e0 obtenu certains succ\u00e8s et quelque peu progress\u00e9. La premi\u00e8re zone de la Rh\u00e9nanie est d\u00e9j\u00e0 \u00e9vacu\u00e9e; Locarno<a name=\"_ednref43\"><\/a><a href=\"#_edn43\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[43]<\/span><\/a> a donn\u00e9 une certaine garantie de maintien de la fronti\u00e8re occidentale actuelle et une garantie contre toute tentative de d\u00e9tachement de la Rh\u00e9nanie. Le contr\u00f4le militaire est remplac\u00e9 par le contr\u00f4le plus doux de la Soci\u00e9t\u00e9 des nations. Les premiers paiements annuels fix\u00e9s par le plan Dawes sont \u00e9tablis sous une forme plus commode pour l&rsquo;Allemagne. Enfin, l&rsquo;Allemagne a obtenu une place au conseil de la S.D.N., c&rsquo;est&#8209;\u00e0&#8209;dire, ext\u00e9rieurement tout au moins, est trait\u00e9e comme une grande puissance.<\/p>\n<p class=Texte>Actuellement la politique ext\u00e9rieure allemande est en quelque sorte dans une impasse: elle ne peut continuer \u00e0 se d\u00e9velopper dans le m\u00eame sens qu&rsquo;au moyen d&rsquo;un contact plus \u00e9troit de l&rsquo;Allemagne avec les autres puissances imp\u00e9rialistes. Sous ce rapport, on remarque dans les rangs de la bourgeoisie des trusts elle&#8209;m\u00eame, des fluctuations et des courants divers. La constitution du cartel continental du fer, o\u00f9 le trust allemand de l&rsquo;acier joue un r\u00f4le pr\u00e9pond\u00e9rant, a \u00e9t\u00e9 \u00e0 la base de la conf\u00e9rence de Thoiry, o\u00f9 l&rsquo;Allemagne a tent\u00e9 de s&rsquo;entendre avec la France. Elle voulait, au moyen de cet accord, obtenir en premier lieu l&rsquo;\u00e9vacuation des provinces rh\u00e9nanes et la restitution du bassin de la Sarre. \u00c0 l&rsquo;heure actuelle, dans le cartel international du fer et de l&rsquo;acier, la lutte des diff\u00e9rents pays pour leur quote&#8209;part dans la production est r\u00e9gularis\u00e9e, mais des frictions de m\u00eame genre se produiront \u00e0 l&rsquo;avenir, ce qui, \u00e9videmment, influera aussi sur la politique. En attendant, le projet d&rsquo;accord de Thoiry reste en suspens. Le trust allemand de l&rsquo;industrie chimique, li\u00e9 \u00e9troitement \u00e0 la production anglaise des couleurs, manifeste de son c\u00f4t\u00e9 une tendance \u00e0 l&rsquo;accord avec l&rsquo;Angleterre. La premi\u00e8re tentative officielle en ce sens a \u00e9t\u00e9 la conf\u00e9rence industrielle anglo-allemande de Romsey<a name=\"_ednref44\"><\/a><a href=\"#_edn44\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[44]<\/span><\/a>, \u00e0 laquelle ont particip\u00e9 les dirigeants du trust de l&rsquo;industrie chimique allemande. Les pourparlers sur l&rsquo;entr\u00e9e de l&rsquo;Angleterre dans le cartel du fer sont en bonne voie. Comme on le sait, l&rsquo;Angleterre, \u00e0 son tour, tente d&rsquo;entra\u00eener l&rsquo;Allemagne ainsi que l&rsquo;Italie dans sa politique antirusse par l&rsquo;offre de mandats sur les colonies.<\/p>\n<p class=Texte>Ces tendances qui se manifestent en politique ext\u00e9rieure parmi la bourgeoisie des trusts ont jou\u00e9 un grand r\u00f4le au cours de la derni\u00e8re crise gouvernementale. Le bloc bourgeois est devenu possible en grande partie gr\u00e2ce \u00e0 la rupture temporaire des pourparlers de Thoiry. Selon toute vraisemblance, l&rsquo;Allemagne continuera encore assez longtemps \u00e0 louvoyer en politique ext\u00e9rieure. Ce n&rsquo;est pas sans raison que la bourgeoisie allemande, en se rapprochant de la France, continue \u00e0 tenir en r\u00e9serve l&rsquo;atout anglais afin de contraindre la France \u00e0 des concessions plus importantes; elle suit la m\u00eame tactique \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de l&rsquo;Angleterre en se rapprochant de cette derni\u00e8re.<\/p>\n<p class=Intertitre2a style='text-align:justify'>Caract\u00e8re imp\u00e9rialiste de la politique ext\u00e9rieure allemande<\/p>\n<p class=Texte>La politique ext\u00e9rieure allemande est d\u00e9termin\u00e9e par la bourgeoisie des trusts, dont le but est de restaurer l&rsquo;Allemagne comme puissance imp\u00e9rialiste mondiale. De l\u00e0 le caract\u00e8re de cette politique. Il va de soi que l&rsquo;imp\u00e9rialisme allemand n&rsquo;est pas encore redevenu ce qu&rsquo;il \u00e9tait auparavant. Il ne fait encore que rena\u00eetre \u00e0 la vie. Il est superflu de discuter sur la question de savoir si la d\u00e9finition l\u00e9niniste de l&rsquo;imp\u00e9rialisme est applicable en tous points \u00e0 l&rsquo;Allemagne. Dans sa formule, L\u00e9nine avait en vue non pas l&rsquo;imp\u00e9rialisme d&rsquo;un pays quelconque, mais l&rsquo;imp\u00e9rialisme comme forme mondiale. Par suite, l&rsquo;assertion que l&rsquo;Allemagne ne peut pratiquer une politique imp\u00e9rialiste car elle importe des capitaux est d\u00e9pourvue de toute valeur. Si L\u00e9nine avait compris la chose ainsi, il n&rsquo;aurait pu parler de la politique imp\u00e9rialiste de la Russie pendant la guerre mondiale, car la Russie, on le sait, \u00e9tait un pays important des capitaux. Mais L\u00e9nine ne proc\u00e9dait pas m\u00e9caniquement dans sa formule, et c&rsquo;est pourquoi il disait: En Russie l&rsquo;imp\u00e9rialisme capitaliste nouveau type s&rsquo;est compl\u00e8tement manifest\u00e9 dans la politique du tsarisme \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de la Perse, de la Mandchourie et de la Mongolie, mais en g\u00e9n\u00e9ral c&rsquo;est l&rsquo;imp\u00e9rialisme militaire et f\u00e9odal qui domine en Russie.<\/p>\n<p class=Texte>L\u00e9nine savait distinguer l&rsquo;essence des ph\u00e9nom\u00e8nes dans leur entrelacement et leurs modifications diverses. Comme, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de l&rsquo;imp\u00e9rialisme, il faut encore trouver des sph\u00e8res d&rsquo;investissement de capitaux, la politique imp\u00e9rialiste peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme une pr\u00e9misse pour l&rsquo;exportation du capital. D&rsquo;ailleurs la croissance rapide de l&rsquo;accumulation du capital en Allemagne, parall\u00e8lement \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de financer l&rsquo;exportation, doit pousser de plus en plus la bourgeoisie allemande dans la voie de l&rsquo;exportation du capital. Les paiements des r\u00e9parations, m\u00eame s&rsquo;ils sont effectu\u00e9s, ne sont pas une entrave, car en raison du syst\u00e8me fiscal allemand, les milliards pr\u00e9vus par le plan Dawes sont retir\u00e9s exclusivement des larges masses. Ce n&rsquo;est pas en prenant sur l&rsquo;accumulation du capital, mais en abaissant le niveau de vie des masses que l&rsquo;on r\u00e9unit les sommes n\u00e9cessaires \u00e0 ces paiements.<\/p>\n<p class=Texte>L&rsquo;Allemagne capitaliste n&rsquo;a pas encore reconstitu\u00e9 tous les points d&rsquo;appui de sa puissance imp\u00e9rialiste. Toute la politique ext\u00e9rieure allemande atteste que l&rsquo;imp\u00e9rialisme allemand est en voie de reconstitution, ce qui signifie que l&rsquo;Allemagne, t\u00f4t ou tard, est menac\u00e9e d&rsquo;\u00eatre entra\u00een\u00e9e dans une aventure militaire imp\u00e9rialiste. L&rsquo;un des principaux obstacles psychologiques \u00e0 la r\u00e9volution en Allemagne \u00e9tait la crainte des masses, qui redoutaient qu&rsquo;une r\u00e9volution prol\u00e9tarienne n&rsquo;entra\u00een\u00e2t le pays dans une guerre et qui consid\u00e9raient que la r\u00e9publique et le r\u00e9gime bourgeois \u00e9taient une garantie de paix. Mais, \u00e0 l&rsquo;heure actuelle, il s&rsquo;av\u00e8re de plus en plus que la politique de la bourgeoisie est grosse de dangers de guerre.<\/p>\n<p class=Texte>(<i>\u00c0 suivre<\/i>)<\/p>\n<p class=Intertitre1 style='text-align:justify'>[Deuxi\u00e8me partie]<\/p>\n<p class=Texte><i>(Suite et fin)<\/i><\/p>\n<p class=Texte style='text-indent:0cm;line-height:12.0pt'><b>IV. La stabilisation et nos revendications<\/b><\/p>\n<p class=Texte style='text-indent:0cm;line-height:12.0pt'><b>1. La stabilisation et le caract\u00e8re g\u00e9n\u00e9ral de nos revendications<\/b><\/p>\n<p class=Texte>Du fait de la stabilisation, la r\u00e9volution ne dispara\u00eet pas de l&rsquo;ordre du jour (voir le discours de Boukharine \u00e0 la derni\u00e8re conf\u00e9rence de l&rsquo;organisation de L\u00e9ningrad<a name=\"_ednref45\"><\/a><a href=\"#_edn45\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[45]<\/span><\/a>).<\/p>\n<p class=Texte><a name=\"REF_a\"><\/a>Jadis le marxisme r\u00e9volutionnaire, sur la base de l&rsquo;analyse de l&rsquo;imp\u00e9rialisme, en \u00e9tait arriv\u00e9 \u00e0 la conclusion th\u00e9orique (formul\u00e9e \u00e9galement par Hilferding dans son Capital Financier) que seul le socialisme pouvait succ\u00e9der \u00e0 l&rsquo;imp\u00e9rialisme. Depuis lors, le d\u00e9veloppement historique nous a fait avancer d&rsquo;un pas sur le programme d&rsquo;Erfurt<a name=\"_ednref46\"><\/a><a name=\"NOT_k\"><\/a><a href=\"#_edn46\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[46]<\/span><\/a>, dont la partie concr\u00e8te repr\u00e9sentait un programme de r\u00e9formes dans le cadre de l&rsquo;\u00c9tat bourgeois et de l&rsquo;\u00e9conomie capitaliste, programme destin\u00e9 \u00e0 renforcer, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque du capitalisme ascendant, les positions du prol\u00e9tariat pour la lutte d\u00e9cisive contre la bourgeoisie et \u00e0 tremper ce dernier dans la lutte de classe pour les r\u00e9formes afin de le pr\u00e9parer \u00e0 la bataille plus importante qui approchait.<\/p>\n<p class=Texte>Comme on le sait, Hilferding ne tira pas de conclusions pratiques de sa th\u00e8se. C&rsquo;\u00e9taient les radicaux de gauche, et en premier lieu Rosa Luxembourg, qui devaient formuler pratiquement les nouvelles revendications de l&rsquo;\u00e9poque. Dans sa pol\u00e9mique avec Kautsky, qui ne voulait pas d\u00e9mordre de l&rsquo;ancienne strat\u00e9gie du &quot;grignotage&quot;, qui pr\u00e9conisait exclusivement la lutte parlementaire pour les r\u00e9formes, Rosa Luxembourg exigea la pr\u00e9paration d&rsquo;actions r\u00e9volutionnaires de masse extra-parlementaires au cours desquelles on profiterait de l&rsquo;exp\u00e9rience de la r\u00e9volution russe de 1905. Remontrant \u00e0 Rosa Luxembourg que la tactique qu&rsquo;elle proposait dans la lutte contre le syst\u00e8me \u00e9lectoral prussien contraindrait la social-d\u00e9mocratie \u00e0 &quot;bondir \u00e0 la gorge des junkers, pour renverser leur r\u00e9gime ou \u00eatre renvers\u00e9e par lui&quot;, Kautsky se d\u00e9roba \u00e0 la t\u00e2che pratique de pr\u00e9paration de la lutte r\u00e9volutionnaire pour le pouvoir. Rosa Luxembourg posa alors le mot d&rsquo;ordre de la r\u00e9publique, le mot d&rsquo;ordre du renversement de la monarchie de Guillaume. \u00c0 ce moment o\u00f9 toute la bourgeoisie allemande \u00e9tait pour la monarchie, qu&rsquo;elle consid\u00e9rait comme l&rsquo;instrument de sa politique imp\u00e9rialiste, cela \u00e9quivalait \u00e0 poser la question de la lutte pour le pouvoir entre le prol\u00e9tariat et la bourgeoisie. Ainsi on commen\u00e7ait \u00e0 comprendre que, dans la p\u00e9riode de l&rsquo;imp\u00e9rialisme, dans la p\u00e9riode de dictature des monopoles capitalistes, dans la p\u00e9riode d&rsquo;armements et de guerres, les anciennes m\u00e9thodes de lutte, la lutte pure et simple pour les r\u00e9formes \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 insuffisantes, que la r\u00e9volution prol\u00e9tarienne devenait une t\u00e2che d&rsquo;actualit\u00e9 et que sa pr\u00e9paration devait avoir un caract\u00e8re pratique.<\/p>\n<p class=Texte>Apr\u00e8s la premi\u00e8re catastrophe mondiale provoqu\u00e9e par l&rsquo;imp\u00e9rialisme, apr\u00e8s la premi\u00e8re phase de la r\u00e9volution mondiale, cela est pour nous plus clair que jamais. Voil\u00e0 pourquoi les communistes ne peuvent penser que la stabilisation oblige \u00e0 se limiter \u00e0 la lutte pour les r\u00e9formes et pour de petites am\u00e9liorations de la situation des travailleurs. Il n&rsquo;est pas vrai que la stabilisation exclue la possibilit\u00e9 m\u00eame de la lutte r\u00e9volutionnaire pour le pouvoir; il n&rsquo;est pas vrai que les communistes, s&rsquo;ils parlent de la r\u00e9volution, n&rsquo;en parlent que comme lieu commun de propagande en taisant leur programme et en attendant tranquillement que la fin de la stabilisation ouvre de nouvelles perspectives r\u00e9volutionnaires. Agir ainsi serait, pour les communistes, s&rsquo;abaisser au niveau d&rsquo;une secte de propagande r\u00e9volutionnaire, ou d&rsquo;un parti centriste dans lequel la lutte pour les revendications imm\u00e9diates et le but r\u00e9volutionnaire final n&rsquo;ont aucune connexion interne. Agir ainsi serait r\u00e9p\u00e9ter la strat\u00e9gie kautskiste, doublement erron\u00e9e \u00e0 notre \u00e9poque o\u00f9 le capitalisme est beaucoup moins &quot;stable&quot; et beaucoup plus d\u00e9chir\u00e9 de contradictions qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9poque o\u00f9 Kautsky et Rosa Luxembourg pol\u00e9misaient l&rsquo;un avec l&rsquo;autre. De cette conception, il n&rsquo;y a qu&rsquo;un pas au liquidationnisme pur et simple des mench\u00e9viks russes qui, apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9crasement de la r\u00e9volution de 1905 et la &quot;stabilisation du tsarisme par Stolypine&quot;, niaient l&rsquo;existence de toute perspective r\u00e9volutionnaire, ce pour quoi ils \u00e9taient vigoureusement combattus par L\u00e9nine et les bolch\u00e9viks. Assimiler la reconnaissance de la &quot;stabilisation&quot; \u00e0 la n\u00e9gation de la possibilit\u00e9 d&rsquo;une lutte r\u00e9volutionnaire pour le pouvoir, \u00e0 la n\u00e9gation de la possibilit\u00e9 d&rsquo;une aggravation extr\u00eame de la lutte de classe, serait ne point comprendre l&rsquo;\u00e9poque que nous traversons. Affirmer qu&rsquo;il faut attendre la fin de la stabilisation, et alors commencer la lutte politique pour le pouvoir, serait capituler devant le plan de stabilisation esquiss\u00e9 par la bourgeoisie. Attendre le moment o\u00f9 la bourgeoisie sera \u00e0 bout de souffle, serait se condamner \u00e0 attendre \u00e9ternellement, car, comme l&rsquo;a dit L\u00e9nine, il n&rsquo;y a pas pour le capitalisme de situation sans issue au sens absolu du mot. Les communistes affirment que la stabilisation n&rsquo;est que temporaire, que cette force \u00e9conomique et politique du capitalisme aura n\u00e9cessairement sa fin, mais, cette fin, ils ne se la repr\u00e9sentent pas m\u00e9caniquement.<\/p>\n<p class=Texte>La stabilisation am\u00e8nera \u00e0 la r\u00e9volution, parce que c&rsquo;est un processus contradictoire en soi dont le d\u00e9veloppement ne cesse de renforcer les contradictions; parce que ce processus engendre de fortes crises et pousse continuellement la bourgeoisie \u00e0 de nouvelles offensives contre le prol\u00e9tariat, \u00e0 de nouvelles guerres, obligeant ainsi le prol\u00e9tariat \u00e0 se d\u00e9fendre de plus en plus fortement et les peuples coloniaux \u00e0 s&rsquo;insurger. Chaque jour, la stabilisation pose de nouveaux probl\u00e8mes, engendre de nouvelles contradictions, cr\u00e9e le terrain pour de nouveaux conflits sociaux puissants. La stabilisation de la devise nationale en Allemagne a mis fin \u00e0 la situation d\u00e9termin\u00e9e par l&rsquo;inflation et a plac\u00e9 l&rsquo;imp\u00e9rialisme allemand devant la n\u00e9cessit\u00e9 de r\u00e9soudre le probl\u00e8me des march\u00e9s; les contradictions ont r\u00e9apparu sous une nouvelle forme, les salaires de mis\u00e8re de la p\u00e9riode d&rsquo;inflation ont fait place au ch\u00f4mage en masse. D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, la rationalisation empire la crise de la bourgeoisie; de l&rsquo;autre, les perfectionnements techniques accroissent la puissance de l&rsquo;appareil de production et le rendement du travail, aggravant ainsi la disproportion entre les possibilit\u00e9s de production et les possibilit\u00e9s d&rsquo;\u00e9coulement. Le r\u00e9tablissement du cr\u00e9dit international et du commerce mondial aggrave la concurrence entre les diff\u00e9rents pays, engendre de nouveaux conflits d&rsquo;int\u00e9r\u00eats. Le renforcement politique de la bourgeoisie, qui m\u00e8ne \u00e0 la dictature int\u00e9grale de la bourgeoisie des trusts, enl\u00e8ve, lentement mais s\u00fbrement, leurs illusions d\u00e9mocratiques non seulement aux ouvriers mais aussi aux petits bourgeois. La stabilisation, renforcement temporaire de la bourgeoisie, ne cesse d&rsquo;accumuler de nouveaux facteurs de crise, des sujets de conflits et, parall\u00e8lement, cr\u00e9e des pr\u00e9misses plus profondes pour la victoire sur la bourgeoisie. Par suite, ne pas voir les nouveaux objectifs de la lutte, ne pas voir avec quelle facilit\u00e9 peuvent surgir les conditions de la lutte pour le pouvoir serait une grosse faute. On peut citer comme exemple la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale et la gr\u00e8ve des mineurs en Angleterre. La tentative de la bourgeoisie anglaise de cr\u00e9er, au moyen de l&rsquo;abaissement des salaires, une base \u00e0 la rationalisation de la production afin de consolider la position de la Grande&#8209;Bretagne sur le march\u00e9 mondial n&rsquo;a fait qu&rsquo;entra\u00eener une collision plus forte des classes. La seule tactique r\u00e9volutionnaire juste a \u00e9t\u00e9 celle des communistes, qui insistaient sur la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;accentuer politiquement la lutte, de la transformer en lutte pour le pouvoir. Consid\u00e9rer que la stabilisation exclut la lutte pour le pouvoir \u00e9quivaudrait \u00e0 se solidariser avec la conduite tra\u00eetresse des r\u00e9formistes anglais, qui ont arr\u00eat\u00e9 la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale sous pr\u00e9texte qu&rsquo;elle devait poursuivre des objectifs \u00e9conomiques et non pas des buts politiques.<\/p>\n<p class=Texte>L&rsquo;apparition de nouvelles contradictions profondes t\u00e9moigne avec \u00e9clat de la stabilisation actuelle. Le nier serait ne pas voir ce qui va arriver, ne pas comprendre ce qu&rsquo;il y a de nouveau dans la situation; ce serait en somme chercher peureusement \u00e0 d\u00e9montrer qu&rsquo;il y a dans la stabilisation les m\u00eames \u00e9l\u00e9ments que dans la crise imm\u00e9diatement cons\u00e9cutive \u00e0 la guerre. Ce serait une caricature du marxisme, ce ne serait en somme que la paraphrase vulgaire de la th\u00e8se bourgeoise et social-d\u00e9mocrate d&rsquo;apr\u00e8s laquelle commence un \u00e9panouissement l\u00e9gitime du capitalisme, sans contradictions ni antagonismes. Cela engendre des fluctuations et de la nervosit\u00e9. Ainsi, au moment de la banqueroute de Stinnes<a name=\"_ednref47\"><\/a><a name=\"NOT_g\"><\/a><a href=\"#_edn47\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[47]<\/span><\/a> en 1925, Zinoviev estimait que la stabilisation \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 \u00e9branl\u00e9e et, au moment de la gr\u00e8ve anglaise, qu&rsquo;elle prenait fin, alors qu&rsquo;en r\u00e9alit\u00e9 la &quot;crise d&rsquo;\u00e9puration&quot; provoqu\u00e9e par la faillite de Stinnes n&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;un des moments de la stabilisation du capitalisme allemand et que la gr\u00e8ve anglaise n&rsquo;\u00e9tait que la lutte qui trancha la question de la stabilisation et de ses m\u00e9thodes en Angleterre.<\/p>\n<p class=Texte>La fin de la stabilisation ne peut venir tout d&rsquo;un coup sans raison; son point de d\u00e9part ne peut \u00eatre qu&rsquo;une crise \u00e9conomique, une guerre, l&rsquo;accentuation de la lutte \u00e9conomique de masse; mais ni une crise \u00e9conomique, ni une lutte de masse, ni m\u00eame la guerre ne marquent par elles&#8209; m\u00eames la fin de la stabilisation. Cette fin sera un processus plus ou moins long, elle sera le r\u00e9sultat de l&rsquo;action r\u00e9ciproque de tous les facteurs de la crise \u00e9conomique, de tous les mat\u00e9riaux accumul\u00e9s pour les conflits sociaux. L&rsquo;activit\u00e9 r\u00e9volutionnaire du prol\u00e9tariat ne sera pas le moindre des facteurs qui d\u00e9termineront cette fin.<\/p>\n<p class=Texte>Il est superflu de signaler que la position des extr\u00eames-gauches, qui nient cat\u00e9goriquement la stabilisation, est erron\u00e9e et dangereuse. Ne pas remarquer les modifications qui surviennent dans la situation \u00e9conomique et politique, c&rsquo;est se rendre par l\u00e0 m\u00eame incapable de comprendre les nouvelles conditions de lutte du prol\u00e9tariat et rouler fatalement au sectarisme: une telle position m\u00e8ne soit au putschisme, soit \u00e0 l&rsquo;opportunisme int\u00e9gral, \u00e0 la passivit\u00e9 compl\u00e8te masqu\u00e9e d&rsquo;une phras\u00e9ologie gauchiste retentissante.<\/p>\n<p class=Texte>Nous ne contestons pas les faits, nous ne fermons pas les yeux sur le renforcement \u00e9conomique et politique de la bourgeoisie. En ce moment, il n&rsquo;existe pas de &quot;situation directement r\u00e9volutionnaire&quot;, mais, d&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, nous ne rejetons pas la perspective r\u00e9volutionnaire et nous ne nous bornons pas \u00e0 travailler pour de petites r\u00e9formes tant que dure la stabilisation. La lutte nouvelle qui doit \u00e9clater du fait de la progression de la stabilisation peut s&rsquo;accentuer au point de devenir une lutte r\u00e9volutionnaire pour le pouvoir.<\/p>\n<p class=Intertitre2a style='text-align:justify'>L&rsquo;action r\u00e9volutionnaire du prol\u00e9tariat mettra fin \u00e0 la stabilisation<\/p>\n<p class=Texte>Il ne s&rsquo;ensuit pas, \u00e9videmment, que nous renoncions \u00e0 la lutte pour les r\u00e9formes. Les communistes feront tous leurs efforts pour obtenir les moindres r\u00e9formes de nature \u00e0 am\u00e9liorer la situation des travailleurs, mais ils ne manqueront pas d&rsquo;indiquer aux ouvriers l&rsquo;insuffisance de ces r\u00e9formes en soulignant que, tant que la bourgeoisie exerce sa domination, elle ne cesse d&rsquo;annuler les r\u00e9formes accord\u00e9es en renfor\u00e7ant sa pression et son exploitation des masses laborieuses. La lutte pour les r\u00e9formes ne peut emp\u00eacher la bataille supr\u00eame contre la bourgeoisie. Ainsi comprise, la lutte pour les r\u00e9formes est une des conditions essentielles de la lutte finale. Elle trempe l&rsquo;ouvrier dans cette lutte. S&rsquo;il est vrai que le processus d&rsquo;appauvrissement fait aller l&rsquo;eau au moulin de la r\u00e9volution en convainquant les masses de la n\u00e9cessit\u00e9 de renverser le capitalisme, il n&rsquo;est pas moins vrai que la victoire sera remport\u00e9e non pas par le prol\u00e9taire qui reste passif devant son appauvrissement, mais par celui qui y r\u00e9siste et qui, dans la lutte contre cet appauvrissement apport\u00e9 par le capitalisme se fortifie moralement et mat\u00e9riellement, s&rsquo;organise, accumule de l&rsquo;exp\u00e9rience et forge ses armes.<\/p>\n<p class=Texte>Le parti communiste ne remplira sa t\u00e2che \u00e0 cette \u00e9poque que si les masses des travailleurs se convainquent que, pour le parti r\u00e9volutionnaire, ni la lutte pour les revendications imm\u00e9diates, pour les r\u00e9formes, ni le but r\u00e9volutionnaire final ne sont des mots vides; si elles se convainquent que le parti a fix\u00e9 nettement dans les grands traits sa voie, qui est celle de la r\u00e9volution victorieuse; si elles voient que les revendications pos\u00e9es par le parti ne sont pas une simple concession \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit qui r\u00e8gne, mais son \u00e9troitement reli\u00e9es les unes aux autres. D&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, les, communistes, m\u00eame \u00e0 l&rsquo;heure actuelle o\u00f9 les grandes batailles de masse ne sont encore qu&rsquo;en pr\u00e9paration, ne peuvent rester de v\u00e9ritables r\u00e9volutionnaires que s&rsquo;ils ont une id\u00e9e nette de la fa\u00e7on dont il faut d\u00e9velopper la lutte journali\u00e8re partielle et de la liaison qui doit exister entre les revendications imm\u00e9diates et le but final.<\/p>\n<p class=Texte>En un mot, le parti doit avoir un programme d&rsquo;action reliant en un syst\u00e8me coh\u00e9rent ses revendications. Ce programme d&rsquo;action ne saurait \u00eatre une r\u00e9\u00e9dition du programme d&rsquo;Erfurt, comme le proposait Maslow en 1925<a name=\"_ednref48\"><\/a><a href=\"#_edn48\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[48]<\/span><\/a>. Nous ne pouvons, pour les raisons expos\u00e9es plus haut, nous borner \u00e0 un programme de r\u00e9formes dans le cadre de l&rsquo;\u00c9tat bourgeois et du capitalisme. D&rsquo;autre part, un programme d&rsquo;action ne peut \u00eatre non plus un simple assemblage de mots d&rsquo;ordre finals. Sa t\u00e2che, c&rsquo;est de relier les revendications imm\u00e9diates et finales, les unes d\u00e9coulant des autres. D\u00e9veloppant cons\u00e9quemment les revendications journali\u00e8res imm\u00e9diates (salaires, journ\u00e9e de travail, etc.), le programme d&rsquo;action doit poser toute une s\u00e9rie de mesures compr\u00e9hensibles aux travailleurs et dict\u00e9es par les besoins actuels de ces derniers, mesures dont la r\u00e9alisation \u00e9quivaut \u00e0 une ing\u00e9rence r\u00e9volutionnaire dans le syst\u00e8me d&rsquo;\u00e9conomie capitaliste et met en question la domination de la bourgeoisie. Ce sont des mesures transitoires, des revendications transitoires, mais non dans l&rsquo;esprit du programme d&rsquo;Erfurt, qui est r\u00e9alisable dans le cadre de l&rsquo;\u00c9tat bourgeois; ce sont des revendications qui doivent \u00eatre satisfaites au cours de la lutte et qui, satisfaites, frayent la voie \u00e0 la lutte pour les buts finals, pour les mots d&rsquo;ordre finals.<\/p>\n<p class=Texte>Ce sont ces revendications dont, il y a 80 ans (en 1847), Engels parlait en ces termes dans la <i>Gazette de Bruxelles<\/i>&nbsp;<a name=\"_ednref49\"><\/a><a href=\"#_edn49\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[49]<\/span><\/a>:<\/p>\n<p class=MsoQuote>Toute mesure contribuant \u00e0 limiter la concurrence et la concentration de grands capitaux entre les mains de certains individus, toute limitation ou suppression du droit d&rsquo;h\u00e9ritage, toute organisation du prol\u00e9tariat par la voie de l&rsquo;\u00c9tat, etc. repr\u00e9sentent des mesures qui, en tant que mesures r\u00e9volutionnaires, sont non seulement possibles mais n\u00e9cessaires. Elles sont possibles parce que tout le prol\u00e9tariat soulev\u00e9 les d\u00e9fend \u00e0 main arm\u00e9e; elles sont possibles en d\u00e9pit de toutes les difficult\u00e9s et m\u00e9saventures d\u00e9peintes par les \u00e9conomistes, car ces difficult\u00e9s et m\u00e9saventures obligeront le prol\u00e9tariat \u00e0 aller sans cesse plus loin, jusqu&rsquo;\u00e0 la suppression d\u00e9finitive de la propri\u00e9t\u00e9 individuelle, afin de ne pas perdre ce qu&rsquo;il aura d\u00e9j\u00e0 conquis. Elles sont possibles en tant que degr\u00e9 pr\u00e9paratoire interm\u00e9diaire vers la suppression de la propri\u00e9t\u00e9 individuelle, mais non autrement.<\/p>\n<p class=Texte>Nous avons vu qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;heure actuelle la bourgeoisie des trusts, est, en politique int\u00e9rieure et ext\u00e9rieure, un facteur d\u00e9cisif en Allemagne, qu&rsquo;elle donne le ton en \u00e9conomie et en politique. La lutte contre la bourgeoisie des trusts doit \u00eatre la pierre angulaire de notre programme d&rsquo;action, l&rsquo;axe sur lequel doivent tourner toutes les revendications. Le caract\u00e8re de notre programme d&rsquo;action se d\u00e9termine \u00e9galement par ce facteur. Ce ne peut \u00eatre un programme de r\u00e9formes, car on ne saurait triompher des trusts, des monopoles capitalistes sur le terrain du capitalisme, par le retour \u00e0 la libre concurrence, mais uniquement par des mesures r\u00e9volutionnaires d\u00e9velopp\u00e9es dans le sens du socialisme.<\/p>\n<p class=Intertitre2 style='text-align:justify'>2. Nos revendications dans le domaine politique<\/p>\n<p class=Intertitre2a style='text-align:justify'>Le gouvernement ouvrier et paysan<\/p>\n<p class=Texte>Comme mot d&rsquo;ordre d&rsquo;unification dans le domaine politique, les communistes r\u00e9clament la formation d&rsquo;un gouvernement ouvrier et paysan, d&rsquo;un gouvernement rempla\u00e7ant l&rsquo;appareil bureaucratique de l&rsquo;\u00c9tat bourgeois par les organes de classe des travailleurs, par l&rsquo;interm\u00e9diaire desquels il exerce le pouvoir d&rsquo;\u00c9tat. La forme d\u00e9velopp\u00e9e de ces organes de classe est constitu\u00e9e par les soviets ouvriers et paysans, mais il peut y avoir diff\u00e9rentes formes embryonnaires de soviets (comit\u00e9s de contr\u00f4le, centuries de 1923<a name=\"_ednref50\"><\/a><a href=\"#_edn50\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[50]<\/span><\/a>). Le gouvernement ouvrier et paysan s&rsquo;appuie sur l&rsquo;armement des ouvriers et r\u00e9alise le d\u00e9sarmement de la bourgeoisie.<\/p>\n<p class=Intertitre2a style='text-align:justify'>Attitude envers la r\u00e9publique bourgeoise<\/p>\n<p class=Texte>Pendant la campagne pour le pl\u00e9biscite, notre parti s&rsquo;est trop born\u00e9 \u00e0 une propagande purement r\u00e9publicaine dirig\u00e9e contre la monarchie et n&rsquo;a pas reli\u00e9 comme il convenait la question de l&rsquo;expropriation des princes d\u00e9chus aux grands probl\u00e8mes sociaux alors \u00e0 l&rsquo;ordre du jour. Il faut r\u00e9parer cette omission. Au fur et \u00e0 mesure que la bourgeoisie des trusts s&rsquo;installe fermement sur le terrain de la r\u00e9publique, il est n\u00e9cessaire de souligner notre attitude de principe \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de la r\u00e9publique bourgeoise en en d\u00e9voilant le caract\u00e8re ploutocratique. \u00c0 l&rsquo;heure actuelle, la r\u00e9publique est en somme consolid\u00e9e et n&rsquo;est plus un objet de lutte. Comme en France avant la guerre, la formule &quot;la r\u00e9publique est en danger&quot; sert chez nous, dans la plupart des cas, \u00e0 attraper les masses et \u00e0 couvrir id\u00e9ologiquement la lutte qui se d\u00e9roule au sein des partis bourgeois et de la social-d\u00e9mocratie pour l&rsquo;obtention des postes de direction dans l&rsquo;\u00c9tat.<\/p>\n<p class=Texte>Il ne s&rsquo;ensuit pas, \u00e9videmment, que la question r\u00e9publique ou monarchie nous soit indiff\u00e9rente. Il ne s&rsquo;ensuit pas que nous renoncions \u00e0 combattre \u00e9nergiquement tous les facteurs r\u00e9trogrades m\u00eame du point de vue de la r\u00e9publique bourgeoise, tous les facteurs contribuant \u00e0 faire machine en arri\u00e8re \u00e0 l&rsquo;\u00e9volution. En particulier, les communistes doivent lutter de la fa\u00e7on la plus \u00e9nergique contre toute tentative de restriction des droits \u00e9lectoraux, du droit de r\u00e9union et de coalition, contre toute tentative d&rsquo;\u00e9tablissement d&rsquo;une censure, contre la loi sur l&rsquo;\u00e9tat de si\u00e8ge, en un mot contre toute limitation des libert\u00e9s d\u00e9mocratiques au d\u00e9triment du prol\u00e9tariat.<\/p>\n<p class=Texte>Mais les communistes ne peuvent se borner \u00e0 lutter pour des revendications bourgeoises-d\u00e9mocratiques.<\/p>\n<p class=Texte>Dans la propagande, il faut opposer \u00e0 la r\u00e9publique bourgeoise, o\u00f9 dominent les parasites, la r\u00e9publique sovi\u00e9tique, qui s&rsquo;appuie sur les larges masses de travailleurs.<\/p>\n<p class=Texte>Il est d&rsquo;autant plus n\u00e9cessaire de bien expliquer par la propagande nos buts finals que notre parti se d\u00e9veloppe et que de nouvelles forces y affluent. Il faut utiliser \u00e9galement la tribune parlementaire \u00e0 cet effet.<\/p>\n<p class=Intertitre2a style='text-align:justify'>La Justice<\/p>\n<p class=Texte>Soutenant toute lutte pour la r\u00e9vocation des juges monarchiques et la suppression de l&rsquo;inamovibilit\u00e9 des juges, les communistes ne doivent cesser de souligner que la &quot;r\u00e9publicanisation&quot;, la r\u00e9forme de la justice dans le sens bourgeois d\u00e9mocratique n&rsquo;\u00e9quivaut pas \u00e0 la suppression de la justice de classe bourgeoise. La justice de classe am\u00e9ricaine qui s&rsquo;est rendue c\u00e9l\u00e8bre par sa cruaut\u00e9, la justice de classe suisse qui est devenue l&rsquo;instrument de la contre-r\u00e9volution europ\u00e9enne sont les produits directs de la r\u00e9publique et sont repr\u00e9sent\u00e9es par des juges \u00e9lus pour une dur\u00e9e d\u00e9termin\u00e9e. En Allemagne, les juges r\u00e9publicains ne se sont pas montr\u00e9s moins hostiles aux ouvriers que les autres (conduite du d\u00e9mocrate Niedner, &quot;haute cour pour la d\u00e9fense de la r\u00e9publique&quot; \u00e0 laquelle si\u00e8gent des social-d\u00e9mocrates en qualit\u00e9 d&rsquo;assesseurs). Le but des communistes, but qu&rsquo;il est n\u00e9cessaire de souligner dans la propagande, est l&rsquo;\u00e9tablissement d&rsquo;une justice de classe prol\u00e9tarienne agissant dans l&rsquo;int\u00e9r\u00eat des travailleurs, l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie du prol\u00e9tariat \u00e9tant, \u00e9videmment, la condition de l&rsquo;instauration de cette justice de classe. En outre, il faut exiger la suppression de tous les articles de la loi qui, comme l&rsquo;a montr\u00e9 la pratique, servent \u00e0 ligotter le mouvement ouvrier (loi sur la d\u00e9fense de la r\u00e9publique<a name=\"_ednref51\"><\/a><a href=\"#_edn51\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[51]<\/span><\/a>, art. 48<a name=\"_ednref52\"><\/a><a name=\"NOT_q\"><\/a><a href=\"#_edn52\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[52]<\/span><\/a> et autres), et l&rsquo;amnistie compl\u00e8te pour tous les d\u00e9tenus politiques.<\/p>\n<p class=Intertitre2a style='text-align:justify'>Les probl\u00e8mes militaires<\/p>\n<p class=Texte>Contrairement aux social-d\u00e9mocrates, les communistes ne se bornent pas \u00e0 demander la r\u00e9forme de la Reichswehr, c&rsquo;est&#8209;\u00e0&#8209;dire sa transformation en une troupe mercenaire command\u00e9e par des officiers r\u00e9publicains; ils r\u00e9clament la dissolution compl\u00e8te de cette force arm\u00e9e de la contre-r\u00e9volution. Ind\u00e9pendamment de cette revendication g\u00e9n\u00e9rale, les communistes soutiennent toute lutte pour l&rsquo;\u00e9limination des c\u00f4t\u00e9s les plus mauvais de la Reichswehr, et, diff\u00e9rant en cela des social-d\u00e9mocrates, ils ne se bornent pas \u00e0 combattre les manifestations ext\u00e9rieures de monarchisme mais d\u00e9fendent en premier lieu les int\u00e9r\u00eats des soldats de la Reichswehr, r\u00e9clament pour eux l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 des droits politiques, combattent le r\u00e9gime de caserne, les mauvais traitements auxquels ils sont soumis, etc. Mais cette r\u00e9forme m\u00eame, cette suppression des abus les plus criants ne peut \u00eatre r\u00e9alis\u00e9e d&rsquo;en&#8209;haut, par un d\u00e9cret du gouvernement ou par une d\u00e9cision du parlement. On ne r\u00e9ussira \u00e0 tenir en mains le corps des officiers que lorsqu&rsquo;il y aura dans la Reichswehr des soviets de soldats o\u00f9 ne seront pas admis les officiers et sous&#8209;officiers et o\u00f9 seront r\u00e9solues en derni\u00e8re instance les questions concernant l&rsquo;administration et le commandement. Les communistes r\u00e9clament la dissolution de toutes les organisations fascistes, monarchiques et autres, nettement contre-r\u00e9volutionnaires, comme le Casque d&rsquo;Acier, la Jungle<a name=\"_ednref53\"><\/a><a href=\"#_edn53\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[53]<\/span><\/a>, etc.<\/p>\n<p class=Texte>Ils soutiennent les prol\u00e9taires conscients de la Banni\u00e8re d&rsquo;Empire dans leurs efforts pour transformer cet organe de protection de la r\u00e9publique bourgeoise, cet instrument de la politique de coalition, en une arme servant \u00e0 la population laborieuse pour d\u00e9fendre ses int\u00e9r\u00eats contre ceux de la bourgeoisie. Le prol\u00e9tariat doit se donner pour but l&rsquo;armement des seuls travailleurs, des ouvriers de la ville et de la campagne, des petits paysans. Pour y arriver, il faut d\u00e9velopper toutes les organisations prol\u00e9tariennes de classe qui contribuent \u00e0 la sant\u00e9 physique et \u00e0 la pr\u00e9paration militaire de la population laborieuse.<\/p>\n<p class=Texte>Au fur et \u00e0 mesure que l&rsquo;imp\u00e9rialisme allemand se r\u00e9veille, la bourgeoisie allemande songe \u00e0 reconstituer ses forces arm\u00e9es d\u00e9truites par la d\u00e9faite militaire et interdites par le trait\u00e9 de Versailles. Parmi la bourgeoisie, il s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve des voix de plus en plus nombreuses pour r\u00e9clamer le r\u00e9tablissement du service militaire obligatoire. Certains r\u00e9clament \u00e9galement l&rsquo;instauration d&rsquo;un service g\u00e9n\u00e9ral dans la milice: c&rsquo;est ce que demandait jadis le g\u00e9n\u00e9ral Seckt<a name=\"_ednref54\"><\/a><a href=\"#_edn54\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[54]<\/span><\/a>, c&rsquo;est ce que demande maintenant le parti d\u00e9mocratique allemand<a name=\"_ednref55\"><\/a><a name=\"NOT_b\"><\/a><a href=\"#_edn55\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[55]<\/span><\/a>.<\/p>\n<p class=Texte>Les social-d\u00e9mocrates de gauche (par exemple, Gerhardt Seeger<a name=\"_ednref56\"><\/a><a href=\"#_edn56\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[56]<\/span><\/a>, dans la <i><span lang=DE>Leipziger Volkszeitung<\/span><\/i>) et autres pacifistes r\u00e9pondent \u00e0 la r\u00e9clamation concernant le r\u00e9tablissement du service militaire obligatoire par des lamentations sur la militarisation de la population et, par l\u00e0, poussent m\u00eame des ouvriers dans le camp du fascisme. Ils nient m\u00eame la n\u00e9cessit\u00e9 de la milice (Seeger), car elle impr\u00e8gne les masses d&rsquo;un esprit de guerre et de violence. L&rsquo;instauration du service militaire obligatoire \u00e9quivaut au renforcement du militarisme et de la bourgeoisie. La milice est aussi une institution bourgeoise et, en r\u00e9gime bourgeois, elle est un instrument de la bourgeoisie (Suisse et \u00c9tats-Unis).<\/p>\n<p class=Texte>Mais, dans l&rsquo;examen des probl\u00e8mes militaires \u00e9galement, nous devons nous r\u00e9gler uniquement sur les int\u00e9r\u00eats de la lutte de classe. Comment cr\u00e9er pour le prol\u00e9tariat les meilleures conditions de lutte avec le militarisme bourgeois? Les pacifistes, qui pr\u00e9f\u00e8rent une arm\u00e9e mercenaire au service militaire obligatoire et \u00e0 la milice, s&rsquo;imaginent que l&rsquo;on peut pr\u00e9venir une guerre ext\u00e9rieure par des propos pacifistes: en m\u00eame temps, ils sont pr\u00eats \u00e0 mettre dans les mains de la bourgeoisie une arme pour sa lutte avec l&rsquo;ennemie int\u00e9rieur, le prol\u00e9tariat, en sanctionnant l&rsquo;entretien d&rsquo;une troupe de mercenaires qualifi\u00e9s.<\/p>\n<p class=Texte>Le militarisme bourgeois ne pourra \u00eatre renvers\u00e9 que lorsque le prol\u00e9tariat lui-m\u00eame s&rsquo;armera, apprendra \u00e0 se servir des armes, d\u00e9sagr\u00e9gera conform\u00e9ment \u00e0 ses int\u00e9r\u00eats de classe les forces militaires, expression \u00e9clatante de la domination bourgeoise dans l&rsquo;\u00c9tat, et, l&rsquo;arme \u00e0 la main, \u00e9crasera les cadres bourgeois et f\u00e9odaux impossibles \u00e0 d\u00e9sagr\u00e9ger.<\/p>\n<p class=Texte>Il est de notre int\u00e9r\u00eat que le plus possible de prol\u00e9taires conscients re\u00e7oivent des armes en mains, qu&rsquo;ils apprennent \u00e0 s&rsquo;en servir et qu&rsquo;ils aient la sup\u00e9riorit\u00e9 num\u00e9rique dans les troupes. Voil\u00e0 pourquoi la r\u00e9pudiation pure et simple de toute obligation militaire n&rsquo;a aucun sens et ne peut que faire aller l&rsquo;eau au moulin de la bourgeoisie. Du point de vue prol\u00e9tarien de classe, le service militaire obligatoire vaut mieux qu&rsquo;une arm\u00e9e mercenaire, car dans une arm\u00e9e fond\u00e9e sur l&rsquo;obligation g\u00e9n\u00e9rale du service militaire, ce seront les ouvriers qui domineront et il sera plus facile, au moyen de la propagande r\u00e9volutionnaire, d&rsquo;arracher cette arm\u00e9e \u00e0 la bourgeoisie et d&rsquo;en faire un instrument de lutte r\u00e9volutionnaire.<\/p>\n<p class=Texte>Se basant sur les int\u00e9r\u00eats de la lutte r\u00e9volutionnaire, les communistes doivent actuellement faire de l&rsquo;agitation pour le service militaire obligatoire sous une forme permettant aux ouvriers d&rsquo;utiliser contre la bourgeoisie l&rsquo;arme qu&rsquo;on leur aura confi\u00e9e. Cette forme c&rsquo;est la milice.<\/p>\n<p class=Texte>Cela ne signifie pas, \u00e9videmment, que nous soyons pr\u00eats \u00e0 servir les buts de la propagande militaire bourgeoise; au contraire, nous devons r\u00e9clamer l&rsquo;instauration de la milice conform\u00e9ment aux paroles de la chanson de Hildebrandt, cit\u00e9es par Engels dans un cas analogue: &quot;Il faut recevoir les dons sur l&rsquo;\u00e9pieu, de la pointe \u00e0 la pointe&quot;. Nous demandons la milice, parce que nous pourrons plus facilement, par la propagande en faveur des soviets de soldats et de l&rsquo;\u00e9lectivit\u00e9 des officiers, la transformer, avec l&rsquo;aide des ouvriers conscients, en un instrument de nos buts et utiliser les possibilit\u00e9s qu&rsquo;elle nous offre pour l&rsquo;armement du prol\u00e9tariat et le d\u00e9sarmement de la bourgeoisie. \u00c7a \u00e9t\u00e9 et c&rsquo;est l\u00e0 notre but.<\/p>\n<p class=Intertitre2a style='text-align:justify'>Suppression du morcellement en \u00e9tats distincts<\/p>\n<p class=Texte>La liquidation des survivances moyen\u00e2geuses en Allemagne est une revendication particuli\u00e8rement actuelle, car le morcellement en petits \u00c9tats est une entrave directe au d\u00e9veloppement \u00e9conomique (probl\u00e8me de l&rsquo;\u00e9lectrification, \u00e9quipement du port de Hambourg, etc.) et une forte partie des recettes fiscales est absorb\u00e9e par la lutte &quot;des grenouilles avec les rats&quot;, d&rsquo;un \u00c9tat provincial avec un autre. Il suffit de rappeler la pol\u00e9mique acharn\u00e9e entre la Prusse et Hambourg, la r\u00e9publique de Lippe et celle de Waldeck. En effet, l&rsquo;Allemagne est oblig\u00e9e d&rsquo;entretenir 2.600 d\u00e9put\u00e9s, 22 organes l\u00e9gislatifs et 70 ministres. L&rsquo;ancienne bureaucratie, qui veut conserver ses sin\u00e9cures, est int\u00e9ress\u00e9e \u00e0 maintenir le morcellement en petits \u00c9tats, mais y sont int\u00e9ress\u00e9s \u00e9galement les social-d\u00e9mocrates et autres braillards de diff\u00e9rents partis qui ne veulent pas renoncer \u00e0 l&rsquo;assiette au beurre \u00e0 laquelle viennent manger 22 \u00c9tats et dont la population fait les frais. N\u00e9anmoins, il convient de noter que les communistes ne veulent ni l&rsquo;absorption des petits \u00c9tats par les grands (par la Prusse, par exemple, qui pr\u00e9tend au r\u00f4le de grande puissance), ni la centralisation d\u00e9mocratique de l&rsquo;Allemagne. Ils veulent la centralisation de l&rsquo;Allemagne par la destruction de l&rsquo;appareil d\u00e9mocratique pourri, et ils la veulent sur la base d&rsquo;une autonomie administrative la plus large possible. C&rsquo;est une r\u00e9publique sovi\u00e9tique allemande qui permet le mieux d&rsquo;arriver \u00e0 ce r\u00e9sultat, car le pouvoir prol\u00e9tarien des soviets suppose la destruction compl\u00e8te de l&rsquo;appareil d&rsquo;\u00c9tat bureaucratique bourgeois. Tout gouvernement ouvrier et paysan doit parachever sous ce rapport l&rsquo;\u0153uvre commenc\u00e9e par la r\u00e9volution bourgeoise. <\/p>\n<p class=Intertitre2a style='text-align:justify'>La s\u00e9paration de l&rsquo;\u00c9glise et de l&rsquo;\u00c9tat, de l&rsquo;\u00e9cole et de l&rsquo;\u00c9glise<\/p>\n<p class=Texte>Dans ce domaine, il faut demander que l&rsquo;\u00e9cole soit d\u00e9barrass\u00e9e de la tutelle bureaucratique afin de pr\u00e9server les enfants de l&rsquo;influence de la propagande bourgeoise; il faut r\u00e9clamer que des droits soient attribu\u00e9s aux conseils de parents, que ces conseils ainsi que les syndicats d&rsquo;instituteurs aient une influence d\u00e9cisive sur la direction de l&rsquo;\u00e9cole, que l&rsquo;instruction et la fourniture des manuels soient gratuites dans tous les \u00e9tablissements d&rsquo;enseignement et que les \u00e9coles soient r\u00e9organis\u00e9es sur le principe de l&rsquo;\u00e9cole de travail.<\/p>\n<p class=Intertitre2a style='text-align:justify'>La lutte contre la politique de coalition<\/p>\n<p class=Texte>Il faut noter une lutte implacable contre la politique de coalition des social-d\u00e9mocrates; il faut d\u00e9voiler non seulement la politique de coalition av\u00e9r\u00e9e, mais aussi la politique d&rsquo;opposition purement parlementaire. En particulier, il faut combattre la th\u00e9orie du &quot;travail organique&quot;<a name=\"_ednref57\"><\/a><a href=\"#_edn57\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[57]<\/span><\/a> dans les parlements en d\u00e9montrant que, maintenant moins que jamais, on ne peut obtenir une am\u00e9lioration r\u00e9elle de la situation des ouvriers par des moyens purement parlementaires, sans intervention ni pression des masses en dehors du parlement. Il faut d\u00e9montrer que le &quot;travail organique&quot; parlementaire de la social-d\u00e9mocratie se r\u00e9duit en grande partie \u00e0 la fameuse politique du &quot;moindre mal&quot;<a name=\"_ednref58\"><\/a><a href=\"#_edn58\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[58]<\/span><\/a>, c&rsquo;est&#8209;\u00e0&#8209;dire \u00e0 la politique de trahison des ouvriers en gros et en d\u00e9tail. \u00c0 cette trahison, il faut opposer le travail parlementaire des communistes, dont le caract\u00e8re r\u00e9volutionnaire ne doit pas se borner \u00e0 l&rsquo;application de l&rsquo;obstruction parlementaire; le centre de gravit\u00e9 doit \u00eatre transf\u00e9r\u00e9 dans une union \u00e9troite de l&rsquo;action parlementaire avec l&rsquo;action extra-parlementaire des masses. L&rsquo;obstruction n&rsquo;est rationnelle que dans les cas o\u00f9 elle contribue \u00e0 d\u00e9cha\u00eener l&rsquo;action extra-parlementaire des masses.<\/p>\n<p class=Texte>En politique ext\u00e9rieure, nos revendications essentielles sont les suivantes:<\/p>\n<p class=Texte>1. Annulation du trait\u00e9 de Versailles et droit de disposer d&rsquo;elles-m\u00eames pour toutes les r\u00e9gions qui sont une pomme de discorde (Dantzig, couloir de Dantzig, partie allemande et polonaise de Haute&#8209;Sil\u00e9sie). Mais les communistes repoussent toute modification de la situation existante au moyen de la violence, au moyen d&rsquo;une guerre imp\u00e9rialiste. Les marchandages diplomatiques entre peuples, le fameux &quot;accord&quot; des social-d\u00e9mocrates n&rsquo;\u00e9limineront pas les cons\u00e9quences du trait\u00e9 de Versailles, en particulier l&rsquo;oppression nationale. Dans de tels &quot;accords&quot;, les peuples ne sont que des balles que l&rsquo;on se renvoie, des pions que l&rsquo;on fait marcher sur l&rsquo;\u00e9chiquier, alors que se constituent de nouvelles alliances militaires imp\u00e9rialistes. Seule, la r\u00e9volution prol\u00e9tarienne peut liquider de fa\u00e7on conforme aux int\u00e9r\u00eats de la population des nationalit\u00e9s en jeu les cons\u00e9quences du trait\u00e9 de Versailles et l&rsquo;oppression nationale. Les communistes indiquent que le triomphe de la r\u00e9volution et le renversement de la bourgeoisie en Allemagne et dans les pays voisins cr\u00e9eront les conditions n\u00e9cessaires pour une solution pacifique de toutes les questions de fronti\u00e8res et pour l&rsquo;abolition de toute oppression nationale au moyen de l&rsquo;exercice int\u00e9gral du droit des peuples \u00e0 disposer d&rsquo;eux&#8209;m\u00eames.<\/p>\n<p class=Texte>Lutte contre l&rsquo;oppression et l&rsquo;\u00e9crasement des minorit\u00e9s nationales en Allemagne (Polonais, Danois et autres).<\/p>\n<p class=Texte>2. R\u00e9pudiation de toute politique coloniale et lutte implacable contre cette politique. Lutte contre la propagande coloniale. Soutien de la lutte de lib\u00e9ration des peuples coloniaux.<\/p>\n<p class=Texte>3. Lutte contre la participation de l&rsquo;Allemagne \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 des nations, institution r\u00e9alisant la politique des groupes imp\u00e9rialistes. En g\u00e9n\u00e9ral, lutte contre toute politique d&rsquo;alliances imp\u00e9rialistes de la part de l&rsquo;Allemagne.<\/p>\n<p class=Texte>4. Suppression du contr\u00f4le \u00e9tabli par le plan Dawes et annulation des paiements de r\u00e9parations. Lutte temporaire pour le rejet de ce fardeau sur les \u00e9paules des poss\u00e9dants.<\/p>\n<p class=Texte>5. Alliance avec l&rsquo;U.R.S.S., soutien actif de cette derni\u00e8re.<\/p>\n<p class=Texte>Dans le domaine \u00e9conomique, nos revendications sont les suivantes:<\/p>\n<p class=Texte>La lutte contre le capital des trusts s&rsquo;effectuera dans deux directions, conform\u00e9ment \u00e0 la double exploitation exerc\u00e9e par les trusts: dans la production ainsi qu&rsquo;au moyen des hauts prix. La lutte contre les prix \u00e9lev\u00e9s \u00e9tablis par les monopoles assurera \u00e0 la classe ouvri\u00e8re l&rsquo;appui des couches moyennes de la ville et de la campagne, \u00e9galement exploit\u00e9es par le capital des trusts.<\/p>\n<p class=Texte>Au premier groupe de revendications se rapportent l&rsquo;am\u00e9lioration des conditions de travail, la suppression des cons\u00e9quences funestes de la rationalisation pour les ouvriers, l&rsquo;augmentation des salaires, la diminution de la journ\u00e9e de travail, l&rsquo;obligation de donner du travail aux ch\u00f4meurs ou de leur assurer un minimum de vie. La deuxi\u00e8me revendication essentielle est l&rsquo;abaissement des prix \u00e9tablis par les monopoles et la fourniture d&rsquo;articles d&rsquo;usage courant bon march\u00e9 aux travailleurs. <\/p>\n<p class=Intertitre2 style='text-align:justify'>3. La lutte pour le contr\u00f4le de la production<\/p>\n<p class=Texte>Le mot d&rsquo;ordre g\u00e9n\u00e9ral de cette lutte est celui du contr\u00f4le de la production. Ce n&rsquo;est que par l&rsquo;instauration d&rsquo;un contr\u00f4le de la production que l&rsquo;on peut r\u00e9ellement et compl\u00e8tement supprimer les deux maux principaux dont souffrent les masses: le ch\u00f4mage et la hausse des prix. Le contr\u00f4le ouvrier de la production consiste \u00e0 \u00e9carter de la gestion des entreprises les capitalistes ou leurs fond\u00e9s de pouvoir, \u00e0 transmettre aux organes des travailleurs la direction de la production et la r\u00e9gularisation des \u00e9changes commerciaux.<\/p>\n<p class=Texte>L&rsquo;\u00e9tablissement d&rsquo;un contr\u00f4le sur la production \u00e9quivaut \u00e0 une ing\u00e9rence r\u00e9volutionnaire dans l&rsquo;\u00e9conomie capitaliste; c&rsquo;est le premier pas vers l&rsquo;expropriation des expropriateurs; c&rsquo;est, par suite, une lutte pour le pouvoir. De la sorte, la lutte pour le contr\u00f4le de la production est une lutte hautement politique.<\/p>\n<p class=Texte>La r\u00e9alisation du contr\u00f4le de la production \u00e9quivalant \u00e0 la lutte pour le pouvoir, on peut se demander s&rsquo;il est rationnel de poser ce mot d&rsquo;ordre au moment actuel o\u00f9 il n&rsquo;y a pas de &quot;situation directement r\u00e9volutionnaire&quot; et o\u00f9 les ouvriers ne se sont m\u00eame pas encore unis pour se d\u00e9fendre contre l&rsquo;offensive du capital. Ne convient&#8209;il pas de nous borner \u00e0 pr\u00e9senter des revendications imm\u00e9diates directement r\u00e9alisables (en r\u00e9alit\u00e9, directement r\u00e9alisables seulement en apparence)? Nous renvoyons le lecteur au passage o\u00f9 nous avons d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9 du caract\u00e8re g\u00e9n\u00e9ral de nos revendications \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de la stabilisation, nous bornant \u00e0 y ajouter ce qui suit: Le mot d&rsquo;ordre du contr\u00f4le de la production ne peut, \u00e9videmment, \u00e0 l&rsquo;heure actuelle \u00eatre pos\u00e9 comme mot d&rsquo;ordre susceptible d&rsquo;une r\u00e9alisation directe (comme c&rsquo;\u00e9tait le cas en Russie en 1917), avec des t\u00e2ches de combat concr\u00e8tes comme la mainmise sur les entreprises; il ne peut \u00eatre pos\u00e9 temporairement que comme mot d&rsquo;ordre de propagande servant \u00e0 grouper les masses en un front de combat unique.<\/p>\n<p class=Texte>Nous disposant \u00e0 d\u00e9velopper la lutte contre les maux r\u00e9els du moment pr\u00e9sent: longue journ\u00e9e de travail, ch\u00f4mage, cons\u00e9quences de la rationalisation et bas salaires, loyers trop \u00e9lev\u00e9s et chert\u00e9, et nous effor\u00e7ant de donner \u00e0 cette lutte une ampleur suffisante pour obtenir tout au moins des succ\u00e8s partiels, nous devons recommander des m\u00e9thodes plus efficaces et plus perfectionn\u00e9es de lutte aux ouvriers d\u00e9voy\u00e9s par les r\u00e9formistes et combattant au moyen de m\u00e9thodes p\u00e9rim\u00e9es. Il ne suffit pas de fl\u00e9trir les petites et les grandes trahisons commises par la bureaucratie, qui se raccroche obstin\u00e9ment aux m\u00e9thodes d&rsquo;avant&#8209;guerre de la lutte de classe prol\u00e9tarienne. Dans chaque cas, notre premier devoir est, dans notre propagande, d&rsquo;opposer aux m\u00e9thodes de cette bureaucratie des m\u00e9thodes de direction de la lutte plus efficaces et correspondant mieux \u00e0 la situation actuelle. Ce n&rsquo;est que dans ce travail pratique, mais \u00e9minemment r\u00e9volutionnaire, que le parti peut jouer son r\u00f4le de chef. Dans la p\u00e9riode de stabilisation temporaire c&rsquo;est la seule m\u00e9thode d&rsquo;organisation de la r\u00e9volution, parce que c&rsquo;est uniquement en surmontant pratiquement les m\u00e9thodes p\u00e9rim\u00e9es et hybrides de lutte et en recherchant les formes sup\u00e9rieures de lutte que l&rsquo;on peut \u00e9tablir un front de combat r\u00e9volutionnaire unique et mener le prol\u00e9tariat \u00e0 la victoire sur la bourgeoisie. \u00c0 l&rsquo;\u00e9poque du capitalisme monopolisateur, quand les trusts et les consortiums, par mille moyens divers, d\u00e9terminent directement non seulement la vie \u00e9conomique mais encore la politique ext\u00e9rieure et int\u00e9rieure, la divulgation de cette activit\u00e9 et l&rsquo;\u00e9tablissement d&rsquo;un contr\u00f4le rigoureux sur l&rsquo;activit\u00e9 \u00e9conomique et politique des magnats des trusts et des consortiums permettront de d\u00e9couvrir toutes les man\u0153uvres ex\u00e9cut\u00e9es par la bourgeoisie pour affermir sa domination. La divulgation des pratiques secr\u00e8tes et de l&rsquo;exploitation effr\u00e9n\u00e9e des monopoles capitalistes est un cha\u00eenon essentiel dans la lutte de classe prol\u00e9tarienne et une condition permettant de rassembler, d&rsquo;organiser et de pr\u00e9parer les masses \u00e0 la lutte pour le renversement d\u00e9finitif des parasites capitalistes. Il ne saurait \u00eatre question d&rsquo;une d\u00e9mocratie \u00e9conomique idyllique; ce qu&rsquo;il faut, c&rsquo;est une lutte de classe prol\u00e9tarienne acharn\u00e9e; il suffirait d&rsquo;ailleurs pour le prouver de rappeler l&rsquo;attitude des &quot;socialistes de la chaire&quot; qui, devant les froncements de sourcils mena\u00e7ants des entrepreneurs, viennent de capituler au Reichstag et ont renonc\u00e9 \u00e0 r\u00e9clamer aux capitalistes des donn\u00e9es sur leurs prix de revient. Les \u00e9conomistes allemands qui, avant la guerre, par leurs \u00e9tudes sur le travail de l&rsquo;artisan, sur la situation de l&rsquo;ouvrier agricole, etc., pr\u00e9paraient indirectement le prol\u00e9tariat \u00e0 la lutte de classe bien qu&rsquo;ils se servissent de leur documentation pour embellir le capitalisme, ont maintenant compl\u00e8tement flanch\u00e9. Le prol\u00e9tariat n&rsquo;a plus rien \u00e0 attendre de ce c\u00f4t\u00e9. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;au moyen des efforts conjugu\u00e9s des travailleurs que l&rsquo;on r\u00e9ussira \u00e0 p\u00e9n\u00e9trer les arcanes des machinations capitalistes, \u00e0 les d\u00e9voiler et \u00e0 y mettre fin.<\/p>\n<p class=Texte>12.392 compagnies anonymes, dont le capital nominal repr\u00e9sente 20 milliards 12 de marks et qui, dans la proportion de 65&nbsp;%, sont d\u00e9j\u00e0 unies en consortiums, d\u00e9terminent le sort de 65&nbsp;millions d&rsquo;Allemands. 90&nbsp;% du capital dans l&rsquo;industrie mini\u00e8re et dans la production des couleurs, 75&nbsp;% du capital dans l&rsquo;industrie chimique, la sid\u00e9rurgie, la m\u00e9tallurgie, l&rsquo;industrie \u00e9lectrique et les assurances, plus de 50&nbsp;% du capital dans le commerce, les banques, les transports, les entreprises th\u00e9\u00e2trales et sportives sont entre les mains des consortiums. Cette force despotique se trouve maintenant oppos\u00e9e au prol\u00e9tariat allemand, elle dicte les salaires et les prix, fait travailler \u00e0 journ\u00e9e r\u00e9duite ou allonge la journ\u00e9e de travail, arr\u00eate les entreprises ou les \u00e9largit, jette sur le pav\u00e9 des masses de travailleurs ou les condamne \u00e0 des salaires de famine. Sans l&rsquo;\u00e9tablissement du contr\u00f4le ouvrier, sans la p\u00e9n\u00e9tration des secrets commerciaux de ce capital concentr\u00e9, sans une lutte acharn\u00e9e contre chaque cas d&rsquo;escroquerie, toute lutte syndicale pour les salaires et la journ\u00e9e de travail, toute action coop\u00e9rative tendant \u00e0 fournir aux travailleurs des objets d&rsquo;usage courant \u00e0 bon march\u00e9, tout effort pour l&rsquo;am\u00e9lioration des conditions d&rsquo;habitation, en un mot toute activit\u00e9 sociale et politique est un travail de Sisyphe. Sans contr\u00f4le aucun, les magnats des trusts et des consortiums instaurent, selon leurs app\u00e9tits, des normes pour l&rsquo;\u00e9conomie \u00e0 l&rsquo;insu des masses ouvri\u00e8res exploit\u00e9es.<\/p>\n<p class=Texte>Ainsi la lutte pour le contr\u00f4le de la production n&rsquo;est pas un truc, un mot d&rsquo;ordre arbitrairement lanc\u00e9 ou rejet\u00e9; c&rsquo;est la t\u00e2che cardinale \u00e0 accomplir pour que le sort des travailleurs ne soit plus d\u00e9termin\u00e9 par une poign\u00e9e de capitalistes. C&rsquo;est l\u00e0 la question la plus urgente pour les 2 millions de ch\u00f4meurs permanents.<\/p>\n<p class=Texte>C&rsquo;\u00e9tait et c&rsquo;est encore la mani\u00e8re des extr\u00eames&#8209;gauches de poser comme mots d&rsquo;ordre pratiques imm\u00e9diats des mots d&rsquo;ordre qui n&rsquo;ont provisoirement qu&rsquo;une valeur de propagande et d&rsquo;agitation et qui sont destin\u00e9s \u00e0 rassembler les masses en un tout unique. Cette m\u00e9thode ne m\u00e8ne ordinairement qu&rsquo;au putschisme; dans la plupart des cas, elle revient \u00e0 substituer au travail de propagande minutieux parmi la masse de grands mots d&rsquo;ordre qui ne disent rien \u00e0 cette derni\u00e8re parce qu&rsquo;ils sont arbitraires et ne correspondent pas \u00e0 ses besoins r\u00e9els.<\/p>\n<p class=Texte>Quand nous posons le mot d&rsquo;ordre du contr\u00f4le de la production, cela ne signifie pas que nous nous disposions \u00e0 d\u00e9velopper, dans les deux mois \u00e0 venir, une ou plusieurs campagnes sous ce mot d&rsquo;ordre et ensuite \u00e0 le rel\u00e9guer \u00e0 l&rsquo;arri\u00e8re&#8209;plan, pour lui substituer dans notre travail un autre mot d&rsquo;ordre que nous retirerons au bout de quelque temps. En p\u00e9riode de stabilisation, le parti ne peut se borner \u00e0 rappeler son existence aux masses au moyen de telle ou telle campagne passag\u00e8re. La stabilisation est une \u00e9tape d\u00e9termin\u00e9e, caract\u00e9ris\u00e9e par le fait que le d\u00e9veloppement imp\u00e9tueux et multiforme de la lutte de classe, comme c&rsquo;\u00e9tait le cas dans la p\u00e9riode imm\u00e9diatement cons\u00e9cutive \u00e0 la guerre, fait place \u00e0 une certaine consolidation du pouvoir de la bourgeoisie et \u00e0 un certain affaiblissement de la classe ouvri\u00e8re. Nous devons, sans nous lasser, indiquer la liaison g\u00e9n\u00e9rale des \u00e9v\u00e9nements et montrer la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;une solution r\u00e9volutionnaire aux ouvriers, dont beaucoup ne s&rsquo;int\u00e9ressent plus aux grands probl\u00e8mes actuels, absorb\u00e9s qu&rsquo;ils sont par la lutte et les soucis de chaque jour. Pour cela, deux ou trois mois ne suffisent pas. Le mot d&rsquo;ordre du contr\u00f4le de la production n&rsquo;est pas un mot d&rsquo;ordre \u00e9ph\u00e9m\u00e8re. Comme nous l&rsquo;avons dit plus haut, c&rsquo;est le mot d&rsquo;ordre g\u00e9n\u00e9ral de la lutte de notre \u00e9poque, de la lutte contre les trusts.<\/p>\n<p class=Texte>La lutte pour le contr\u00f4le de la production ne saurait remplacer la lutte quotidienne pour les salaires et la journ\u00e9e de travail. Mais seul un anarchiste peut s&rsquo;imaginer qu&rsquo;il est possible de faire sauter le capitalisme par une offensive \u00e9conomique g\u00e9n\u00e9rale, et seul un r\u00e9formiste peut s&rsquo;imaginer qu&rsquo;il est possible de r\u00e9aliser le r\u00e9gime socialiste au moyen de l&rsquo;\u00e9l\u00e9vation graduelle des salaires. Seuls des gens ayant des conceptions pareilles peuvent se borner \u00e0 la lutte \u00e9conomique sans se donner pour t\u00e2che de la transformer en lutte politique (pour ce qui est de l&rsquo;attitude g\u00e9n\u00e9rale envers cet &quot;\u00e9conomisme&quot;, voir les raisonnements classiques de L\u00e9nine dans <i>Que faire?<\/i>). Les moyens de cette transformation peuvent varier selon les conditions. Le mot d&rsquo;ordre du contr\u00f4le de la production remplit en Allemagne cette fonction dans les conditions de la lutte contre le capital des monopoles.<\/p>\n<p class=Texte>Le mot d&rsquo;ordre du contr\u00f4le de la production permet d&rsquo;expliquer aux ouvriers la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;une ing\u00e9rence r\u00e9volutionnaire dans la production capitaliste sous telle ou telle forme concr\u00e8te adapt\u00e9e aux besoins des prol\u00e9taires unis dans la lutte pour les revendications imm\u00e9diates. Ce mot d&rsquo;ordre, en tant que mot d&rsquo;ordre central de rassemblement de toute la lutte journali\u00e8re, relie entre eux les int\u00e9r\u00eats particuliers des ouvriers. \u00c0 un certain degr\u00e9, la lutte pour le contr\u00f4le de la production doit amener la formation et l&rsquo;union des organes de classe, comit\u00e9s d&rsquo;usines, comit\u00e9s de contr\u00f4le, comit\u00e9s pour la lutte contre la chert\u00e9 et comit\u00e9s d&rsquo;action, qui, dans la p\u00e9riode de lutte r\u00e9solue et d\u00e9cisive, peuvent donner naissance aux soviets, organes du pouvoir du prol\u00e9tariat victorieux. Les luttes partielles et isol\u00e9es dans les syndicats, la coop\u00e9ration, les unions de locataires, les associations sportives et les municipalit\u00e9s seront coordonn\u00e9es au moyen de la lutte pour le contr\u00f4le de la production. Par l\u00e0 m\u00eame dispara\u00eetront les mots d&rsquo;ordre non politiques, d\u00e9tach\u00e9s de la r\u00e9alit\u00e9 et, partant, erron\u00e9s et jetant la confusion, tels que le mot d&rsquo;ordre syndical, par lequel on tente d&rsquo;unifier la lutte pour les salaires et la journ\u00e9e de travail sans en d\u00e9passer les limites, au lieu de lui donner un contenu politique et de compl\u00e9ter les revendications purement \u00e9conomiques concernant les conditions de travail et les salaires, revendications variant selon les professions, par des revendications de classe g\u00e9n\u00e9rales, afin de d\u00e9velopper et d&rsquo;organiser, si l&rsquo;on a des forces suffisantes, une lutte de masse une et puissante.<\/p>\n<p class=Texte>L&rsquo;histoire ne conna\u00eet pas d&rsquo;exemple d&rsquo;union solide et durable de toutes les forces de la classe ouvri\u00e8re sur la base des revendications syndicales purement \u00e9conomiques. Les r\u00e9formistes n&rsquo;ont r\u00e9ussi \u00e0 \u00e9touffer la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale anglaise que parce qu&rsquo;ils la menaient comme une gr\u00e8ve de solidarit\u00e9 purement syndicale. Les communistes, qui s&rsquo;effor\u00e7aient de lui donner plus d&rsquo;ampleur, posaient des revendications politiques; dans la mesure o\u00f9 la lutte syndicale des masses est possible et existe en effet, la t\u00e2che des communistes est de poser des revendications d\u00e9bordant le cadre de la lutte purement \u00e9conomique. La propagande du contr\u00f4le de la production ouvre des possibilit\u00e9s pratiques pour une telle transformation. Donner \u00e0 la lutte un contenu politique, ce n&rsquo;est pas accoler des revendications politiques \u00e0 des revendications \u00e9conomiques, par exemple accoler le mot d&rsquo;ordre du gouvernement ouvrier et paysan ou de la nationalisation \u00e0 une revendication d&rsquo;augmentation de salaires dans la proportion de 15 pfennigs, c&rsquo;est cristalliser les t\u00e2ches concr\u00e8tes en revendications g\u00e9n\u00e9rales de classe. Ainsi le mot d&rsquo;ordre du contr\u00f4le de la production est en premier lieu un mot d&rsquo;ordre de propagande, un mot d&rsquo;ordre de rassemblement indiquant aux masses la voie dans la lutte \u00e9conomique. La propagande pour le contr\u00f4le de la production ne doit pas avoir un caract\u00e8re abstrait, elle doit se fonder sur des exemples frappants: exploitation renforc\u00e9e par suite de la rationalisation, surprofits monstrueux, politique des prix pratiqu\u00e9e par les monopoles. (Ainsi le trust chimique, en fabriquant l&rsquo;azote par le proc\u00e9d\u00e9 Haber-Bosch, r\u00e9alise 60 \u00e0 80&nbsp;% de b\u00e9n\u00e9fice net, ce qui, pour une production de 250.000 tonnes, donne un b\u00e9n\u00e9fice net de 100 millions de marks. \u2014 <i>Magazin der Wirtschaft<\/i>.)<\/p>\n<p class=Texte>Le parti et le prol\u00e9tariat doivent utiliser toutes les institutions de l&rsquo;\u00c9tat bourgeois: parlements, commissions d&rsquo;enqu\u00eate, instituts des cartels et autres pour obtenir les mat\u00e9riaux qui leur sont n\u00e9cessaires. Les ouvriers des diff\u00e9rentes entreprises et des consortiums doivent s&rsquo;unir en une organisation commune avec les employ\u00e9s afin de s&rsquo;assurer la possibilit\u00e9 de p\u00e9n\u00e9trer les secrets commerciaux des trusts. Il faut, en premier lieu, exiger la suppression du secret commercial capitaliste et publier les donn\u00e9es de la comptabilit\u00e9.<\/p>\n<p class=Texte>Le fait que les ouvriers conna\u00eetront exactement les proportions de leur exploitation et le montant des b\u00e9n\u00e9fices capitalistes sera un stimulant pour un puissant mouvement de masse. La tentative des ouvriers et employ\u00e9s de p\u00e9n\u00e9trer dans le saint des saints du capital, non pas pour servir l&rsquo;entrepreneur dans l&rsquo;esprit de &quot;la d\u00e9mocratie \u00e9conomique&quot; mais pour pr\u00e9parer la lutte, est d\u00e9j\u00e0 par elle&#8209;m\u00eame une lutte. Plus les larges masses seront touch\u00e9es par la propagande pour le contr\u00f4le de la production, par la lutte pour la divulgation de la comptabilit\u00e9 commerciale des monopoles, plus l&rsquo;on devra approfondir la campagne elle&#8209;m\u00eame et r\u00e9clamer r\u00e9solument l&rsquo;\u00e9tablissement direct du contr\u00f4le de la production, du contr\u00f4le de la direction des entreprises.<\/p>\n<p class=Texte>La lutte pour le contr\u00f4le de la production, loin de rendre inutile la lutte pour les salaires et la journ\u00e9e de travail la renforce, lui infuse une nouvelle \u00e9nergie en montrant aux ouvriers comment on les exploite, en cimentant plus fortement ouvriers et employ\u00e9s des grands trusts et en mettant davantage en lumi\u00e8re le grand but pour lequel lutte toute la classe.<\/p>\n<p class=Texte>Le mot d&rsquo;ordre du contr\u00f4le de la production implique la lutte contre les cons\u00e9quences funestes aux ouvriers de la rationalisation. Dans la d\u00e9termination de notre attitude de principe envers la rationalisation pr\u00e9conis\u00e9e par la bourgeoisie et la social-d\u00e9mocratie, et qui leur sert \u00e0 embellir la r\u00e9alit\u00e9 et \u00e0 induire les masses en erreur, ne fait en somme que grouper une s\u00e9rie de m\u00e9thodes qui au fond ne sont pas nouvelles et qui contribuent \u00e0 augmenter le profit capitaliste<a name=\"_ednref59\"><\/a><a href=\"#_edn59\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[59]<\/span><\/a>. Pour \u00e9lucider notre attitude il faut analyser soigneusement chacune de ces m\u00e9thodes. De cette analyse, il ressortira que nous ne sommes pas oppos\u00e9s aux am\u00e9liorations techniques, mais que nous devons nous \u00e9lever contre l&rsquo;augmentation de la journ\u00e9e de travail et contre toute mesure renfor\u00e7ant l&rsquo;exploitation.<\/p>\n<p class=Texte>La lutte contre la politique des trusts sous le mot d&rsquo;ordre du contr\u00f4le de la production donne pour la premi\u00e8re fois une base concr\u00e8te \u00e0 l&rsquo;union de tous les travailleurs, \u00e0 l&rsquo;union des ouvriers, des paysans et des couches moyennes des villes, sous la direction du prol\u00e9tariat. Jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent l&rsquo;agitation parmi ces couches suivait le courant g\u00e9n\u00e9ral, ou bien \u00e9tait reli\u00e9e \u00e0 des ph\u00e9nom\u00e8nes isol\u00e9s qui, pour la plupart, n&rsquo;avaient aucune liaison entre eux. Par suite, nous n&rsquo;avons pas r\u00e9ussi \u00e0 nous rapprocher de la masse des couches moyennes urbaines. \u00c0 l&rsquo;heure actuelle, l&rsquo;\u00e9volution \u00e9conomique et politique permet au prol\u00e9tariat d&rsquo;\u00e9tendre son influence sur les couches moyennes de la ville et de la campagne dans la lutte contre les monopoles, qui pratiquent une politique des prix ruineuse pour ces couches. En l&rsquo;occurrence, le mot d&rsquo;ordre du contr\u00f4le ouvrier de la production a une importance particuli\u00e8re. Dans un pays capitaliste aussi d\u00e9velopp\u00e9 que l&rsquo;Allemagne, o\u00f9 l&rsquo;on applique les proc\u00e9d\u00e9s de la culture intensive, le besoin de terre ne joue pas pour le petit paysan un r\u00f4le d\u00e9cisif comme dans les pays agraires d&rsquo;Orient. Le petit paysan allemand est int\u00e9ress\u00e9 surtout au bon march\u00e9 des divers moyens de production agricole. Or il souffre de plus en plus de la monopolisation de ces moyens de production (engrais artificiels, machines et instruments agricoles, charbon, etc.) par les trusts. En l&rsquo;occurrence, il faut lui expliquer que l&rsquo;exploitation dont il est l&rsquo;objet de la part des monopoles ne dispara\u00eetra pas du fait des tarifs protectionnistes qui sont \u00e9tablis exclusivement dans l&rsquo;int\u00e9r\u00eat des grands propri\u00e9taires fonciers, des paysans riches et des paysans ais\u00e9s et qui ne font que le charger davantage; il faut lui montrer que la hausse des prix ne vient pas d&rsquo;un bas rendement du travail, mais des profits fabuleux r\u00e9alis\u00e9s par les trusts, qu&rsquo;il doit lutter la main dans la main avec l&rsquo;ouvrier contre la bourgeoisie des trusts et que l&rsquo;issue pour lui r\u00e9side uniquement dans l&rsquo;organisation de l&rsquo;\u00e9change direct entre une industrie plac\u00e9e sous le contr\u00f4le ouvrier et la coop\u00e9ration paysanne. Les autres mots d&rsquo;ordre pos\u00e9s principalement par la social-d\u00e9mocratie dans la lutte contre la politique des trusts, s&rsquo;ils ne font pas directement aller l&rsquo;eau au moulin de l&rsquo;adversaire, sont en tout cas compl\u00e8tement insuffisants. Le mot d&rsquo;ordre de la d\u00e9mocratie \u00e9conomique, d\u00e9formation r\u00e9e formiste du mot d&rsquo;ordre du contr\u00f4le de la production, ou bien est d\u00e9nu\u00e9 de tout sens, \u00e9tant donn\u00e9 que la conciliation des int\u00e9r\u00eats du prol\u00e9tariat et des capitalistes pr\u00e9suppos\u00e9e par ce mot d&rsquo;ordre est impossible, ou bien \u00e9quivaut \u00e0 attribuer une situation privil\u00e9gi\u00e9e \u00e0 une partie infime du prol\u00e9tariat aux d\u00e9pens de la masse des prol\u00e9taires, \u00e0 faire participer cette partie infime du prol\u00e9tariat aux b\u00e9n\u00e9fices \u00e9lev\u00e9s de l&rsquo;entreprise, c&rsquo;est&#8209;\u00e0&#8209;dire au renforcement de l&rsquo;exploitation de tous les autres ouvriers.<\/p>\n<p class=Texte>La l\u00e9gislation contre les trusts aux \u00c9tats-Unis n&rsquo;a pas arr\u00eat\u00e9 le d\u00e9veloppement des trusts. Elle ne fait qu&rsquo;inciter les magnats des trusts \u00e0 chercher de nouvelles formes et de nouveaux proc\u00e9d\u00e9s d&rsquo;union. En Allemagne la l\u00e9gislation r\u00e9glementant l&rsquo;activit\u00e9 des cartels n&rsquo;a fait jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent que favoriser les trusts et les cartels. Ces exemples montrent que les mesures adopt\u00e9es par l&rsquo;\u00c9tat bourgeois pour l&rsquo;\u00e9tablissement d&rsquo;un contr\u00f4le sur les trusts sont sans efficacit\u00e9. Il ne s&rsquo;ensuit pas, \u00e9videmment, que nous ne devions pas tirer parti du droit de regard que poss\u00e8de l&rsquo;\u00c9tat sur les trusts pour d\u00e9voiler devant les masses la pratique de ces derniers. Nous devons p\u00e9n\u00e9trer dans tous ces comit\u00e9s pour soutenir la lutte des masses.<\/p>\n<p class=Texte>En outre, dans certains cas, nous pouvons exiger la nationalisation des entreprises comme punition pour leur fermeture, sans toutefois \u00e9riger la nationalisation des trusts en mot d&rsquo;ordre et sans nous faire d&rsquo;illusions sur les r\u00e9sultats de la nationalisation des entreprises par l&rsquo;\u00c9tat bourgeois. La nationalisation des trusts, tant que l&rsquo;\u00c9tat reste bourgeois, ne change pas au fond le caract\u00e8re de ces entreprises (voir les entreprises d&rsquo;\u00c9tat en Allemagne, par exemple le consortium des entreprises allemandes Pl\u00e4wag ou Preussa<a name=\"_ednref60\"><\/a><a href=\"#_edn60\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[60]<\/span><\/a>, les syndicats du charbon et de la potasse contr\u00f4l\u00e9s par l&rsquo;\u00c9tat). Sans modifications du rapport actuel des forces entre les classes, la nationalisation ne fait que renforcer la concentration de la puissance capitaliste.<\/p>\n<p class=Texte>Mais nous devons combattre non seulement ces mots d&rsquo;ordre erron\u00e9s ou hybrides, mais aussi les conceptions, ext\u00e9rieurement tr\u00e8s acceptables, que s&rsquo;attache \u00e0 r\u00e9pandre la bureaucratie syndicale. Un des moyens \u00e9nergiquement pr\u00e9conis\u00e9s par la bureaucratie syndicale comme issue \u00e0 toutes les difficult\u00e9s actuelles, c&rsquo;est d&rsquo;en appeler au bon sens des entrepreneurs en leur proposant d&rsquo;augmenter les salaires. Ainsi tout le monde sera satisfait: les entrepreneurs auront la possibilit\u00e9 d&rsquo;\u00e9couler en plus grande quantit\u00e9 leurs produits et les ch\u00f4meurs auront du travail, car l&rsquo;\u00e9largissement des d\u00e9bouch\u00e9s n\u00e9cessite l&rsquo;extension de la production. Les crises dispara\u00eetront, la situation g\u00e9n\u00e9rale deviendra favorable. Cette perspective est aussi trompeuse que s\u00e9duisante. Ceux qui la font miroiter aux yeux des ouvriers ne tiennent pas compte de l&rsquo;ensemble du m\u00e9canisme de l&rsquo;\u00e9conomie capitaliste, ils n\u00e9gligent le facteur d\u00e9cisif qui d\u00e9termine la situation en r\u00e9gime capitaliste. Marx dit<a name=\"_ednref61\"><\/a><a href=\"#_edn61\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[61]<\/span><\/a>:<\/p>\n<p class=MsoQuote>Ce serait une simple tautologie de dire que les crises d\u00e9coulent de l&rsquo;insuffisance du pouvoir de consommation ou de l&rsquo;insuffisance de consommateurs en \u00e9tat de payer. Le syst\u00e8me capitaliste ne conna\u00eet pas d&rsquo;autres consommateurs que ceux qui payent, exception faite des indigents et des aigrefins. Si les marchandises restent invendues, cela signifie qu&rsquo;elles ne trouvent pas d&rsquo;acheteurs en \u00e9tat de les payer, c&rsquo;est&#8209;\u00e0&#8209;dire de consommateurs (du moment que les marchandises sont achet\u00e9es en d\u00e9finitive pour la consommation productive ou individuelle). Mais quand on cherche \u00e0 donner \u00e0 cette tautologie un semblant de fondement en affirmant que la classe ouvri\u00e8re touche une partie trop petite de sa propre production et que, par suite, il est possible de rem\u00e9dier au mal en lui en attribuant une plus grande, c&rsquo;est&#8209;\u00e0&#8209;dire en \u00e9levant le salaire, il suffit pour r\u00e9futer ce raisonnement de remarquer que chaque crise est pr\u00e9par\u00e9e pr\u00e9cis\u00e9ment par une p\u00e9riode o\u00f9 il se produit une \u00e9l\u00e9vation g\u00e9n\u00e9rale du salaire et o\u00f9 la classe ouvri\u00e8re re\u00e7oit en r\u00e9alit\u00e9 une part plus grande de la quantit\u00e9 de la production annuelle destin\u00e9e \u00e0 la consommation. Du point de vue de ces chevaliers du &quot;simple&quot; bon sens, une telle p\u00e9riode devrait au contraire \u00e9loigner la crise. Ainsi la production capitaliste renferme en elle des conditions qui ne d\u00e9pendent de la bonne ou de la mauvaise volont\u00e9 de personne et qui ne permettent un bien&#8209;\u00eatre relatif de la classe ouvri\u00e8re que pour un temps, et encore ce bien&#8209;\u00eatre n&rsquo;est&#8209;il que le pr\u00e9sage d&rsquo;une crise (Karl MARX: Capital, tome II).<\/p>\n<p class=Texte>Rosa Luxembourg, \u00e0 son tour, se moque de ces conceptions, que soutenait jadis Sombart<a name=\"_ednref62\"><\/a><a href=\"#_edn62\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[62]<\/span><\/a>&nbsp;: L&rsquo;entrepreneur ne doit pas, en cas de hausse des prix, compenser la hausse des salaires au moyen d&rsquo;un \u00e9largissement de la production. Mais les entrepreneurs depuis des temps imm\u00e9moriaux agissent ainsi, sans les conseils de M. Sombart. De telles p\u00e9riodes d&rsquo;\u00e9largissement de la production, c&rsquo;est&#8209;\u00e0&#8209;dire d&rsquo;essor industriel, sont \u00e9videmment tr\u00e8s favorables pour des revendications d&rsquo;augmentation de salaires. Mais l&rsquo;\u00e9largissement de la production n&rsquo;est pas un moyen commode pour compenser l&rsquo;augmentation du salaire; au contraire, c&rsquo;est une pr\u00e9misse qui rend possible l&rsquo;augmentation des salaires, et cette pr\u00e9misse \u00e0 son tour est li\u00e9e \u00e0 la situation du march\u00e9, c&rsquo;est&#8209;\u00e0&#8209;dire aux int\u00e9r\u00eats de la r\u00e9alisation du capital.<\/p>\n<p class=Texte>Mais peut&#8209;\u00eatre les entrepreneurs devraient&#8209;ils compenser l&rsquo;augmentation des salaires par des am\u00e9liorations techniques. Simplicit\u00e9 d&rsquo;\u00e2me, Monsieur le Professeur! De tout temps, les perfectionnements techniques ont \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9s par les entrepreneurs pour paralyser la lutte \u00e9conomique des ouvriers et non pas pour satisfaire ces derniers (Rosa LUXEMBOURG: Contre Sombart, t. II).<\/p>\n<p class=Texte>Si, pour justifier sa conception, la bureaucratie syndicale se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 l&rsquo;exemple des \u00c9tats&#8209;Unis, elle ne fait par l\u00e0 qu&rsquo;attester sa profonde incompr\u00e9hension de la situation \u00e9conomique dans ce pays. Ce n&rsquo;est pas seulement l&rsquo;ouvrier am\u00e9ricain, mais en premier lieu le fermier exploitant de fa\u00e7on ind\u00e9pendante son bien qui forment la base d&rsquo;un puissant march\u00e9 int\u00e9rieur pour l&rsquo;industrie am\u00e9ricaine. Le fermier est le principal acheteur des automobiles Ford, des tracteurs et autres articles d&rsquo;usage courant. La masse des fermiers, dont chacun ressemble au paysan fran\u00e7ais comme une pomme de terre \u00e0 une autre, pour employer l&rsquo;expression de Marx, constitue une base solide pour la production industrielle am\u00e9ricaine standardis\u00e9e.<\/p>\n<p class=Texte>De m\u00eame que l&rsquo;augmentation du salaire, la r\u00e9duction g\u00e9n\u00e9rale de la journ\u00e9e de travail ne peut supprimer le ch\u00f4mage pour longtemps. En r\u00e9gime capitaliste, une telle r\u00e9duction permettant de donner du travail \u00e0 tous les ouvriers entra\u00eene soit l&rsquo;adoption g\u00e9n\u00e9rale du travail \u00e0 journ\u00e9e r\u00e9duite, soit une surproduction permanente, une crise permanente. Quelque n\u00e9cessaire que soit la lutte pour les salaires et la journ\u00e9e de travail, lutte o\u00f9 il importe que les communistes donnent le ton, elle n&rsquo;est pas suffisante pour am\u00e9liorer de fa\u00e7on durable la situation des masses \u00e0 notre \u00e9poque. Pour combattre le mal \u00e0 sa racine, il faut transformer cette lutte en lutte pour le contr\u00f4le de la production. <\/p>\n<p class=Texte>Pour ce qui est des grandes entreprises agricoles, les m\u00eames revendications qu&rsquo;aux entreprises industrielles leur sont applicables, en d&rsquo;autres termes, il faut faire ici le premier pas dans la voie de l&rsquo;expropriation, pr\u00e9coniser le contr\u00f4le de la production par les ouvriers agricoles. En outre, nous demandons qu&rsquo;on prenne sur les grands domaines de la terre arable assurant compl\u00e8tement la subsistance des petits paysans et d&rsquo;une certaine partie des ouvriers agricoles qui ont ou veulent avoir une exploitation agricole.<\/p>\n<p class=Texte>Ce que nous demandons imm\u00e9diatement, aujourd&rsquo;hui m\u00eame, c&rsquo;est l&rsquo;exon\u00e9ration de l&rsquo;imp\u00f4t pour les paysans pauvres et les petits paysans, jusqu&rsquo;\u00e0 une certaine limite de revenu et l&rsquo;octroi de cr\u00e9dits \u00e0 long terme fournis par l&rsquo;\u00c9tat aux petits paysans \u00e0 des conditions avantageuses. Dans notre agitation parmi la paysannerie, nous ne devons pas commettre la faute d&rsquo;isoler nos revendications pour la paysannerie de la lutte g\u00e9n\u00e9rale du prol\u00e9tariat et de suivre ainsi le principe de l\u2019&quot;entr&rsquo;aide&quot; paysanne. Au contraire, nous ne devons cesser de souligner que la paysannerie laborieuse ne peut s&rsquo;aider elle&#8209;m\u00eame seule, qu&rsquo;elle ne progressera pas sans l&rsquo;aide des ouvriers. Sinon, nous \u00e9tablirions, dans l&rsquo;hypoth\u00e8se la plus favorable, une liaison personnelle avec les couches et organisations paysannes, et non pas l&rsquo;union combattive du prol\u00e9tariat et de la paysannerie laborieuse.<\/p>\n<h1>Notes<\/h1>\n<\/p><\/div>\n<div><br clear=all> <\/p>\n<hr align=left size=1 width=\"33%\">\n<div id=edn1>\n<p class=Notedefindbut><a name=\"_edn1\"><\/a><a href=\"#_ednref1\" name=\"_edn1\" title=\"\"><\/a><a href=\"#_ednref1\" title=\"\">[1]<\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; [321ignition] Les annotations sont formul\u00e9es par nous en tenant compte d&rsquo;\u00e9ventuelles notes figurant dans la source.<\/p>\n<p class=Notedefindbut><a href=\"#_ednref2\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[2]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Friedrich Engels: Introduction \u00e0 l&rsquo;\u00e9dition 1895 de &quot;Luttes de classe en France 1848 \u00e0 1850&quot;.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Tel que reproduit ici, la citation est le r\u00e9sultat de la traduction en fran\u00e7ais effectu\u00e9e \u00e0 partir du texte de Brandler en allemand. Voici le texte selon l&rsquo;\u00e9dition des oeuvres de Marx et Engels par les \u00c9ditions sociales:<\/p>\n<p class=Notedefincitation>Dans l&rsquo;appr\u00e9ciation d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements et de suites d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements emprunt\u00e9s \u00e0 l&rsquo;histoire quotidienne, on ne sera jamais en mesure de remonter jusqu&rsquo;aux derni\u00e8res causes \u00e9conomiques. M\u00eame aujourd&rsquo;hui o\u00f9 la presse technique comp\u00e9tente fournit des mat\u00e9riaux si abondants, il sera encore impossible, m\u00eame en Angleterre, de suivre jour par jour la marche de l&rsquo;industrie et du commerce sur le march\u00e9 mondial et les modifications survenues dans les m\u00e9thodes de production, de fa\u00e7on \u00e0 pouvoir, \u00e0 n&rsquo;importe quel moment, faire le bilan d&rsquo;ensemble de ces facteurs infiniment complexes et toujours changeants, facteurs dont, la plupart du temps, les plus importants agissent, en outre, longtemps dans l&rsquo;ombre avant de se manifester soudain violemment au grand jour. Une claire vision d&rsquo;ensemble de l&rsquo;histoire \u00e9conomique d&rsquo;une p\u00e9riode donn\u00e9e n&rsquo;est jamais possible sur le moment m\u00eame; on ne peut l&rsquo;acqu\u00e9rir qu&rsquo;apr\u00e8s coup, apr\u00e8s avoir rassembl\u00e9 et s\u00e9lectionn\u00e9 les mat\u00e9riaux. La statistique est ici une ressource n\u00e9cessaire et elle suit toujours en boitant. Pour l&rsquo;histoire contemporaine en cours on ne sera donc que trop souvent contraint de consid\u00e9rer ce facteur, le plus d\u00e9cisif, comme constant, de traiter la situation \u00e9conomique que l&rsquo;on trouve au d\u00e9but de la p\u00e9riode \u00e9tudi\u00e9e comme donn\u00e9e et invariable pour toute celle-ci ou de ne tenir compte que des modifications \u00e0 cette situation qui r\u00e9sultent des \u00e9v\u00e9nements, eux-m\u00eames \u00e9vidents, et apparaissent donc clairement elles aussi. En cons\u00e9quence la m\u00e9thode mat\u00e9rialiste ne devra ici que trop souvent se borner \u00e0 ramener les conflits politiques \u00e0 des luttes d&rsquo;int\u00e9r\u00eats entre les classes sociales et les fractions de classes existantes, impliqu\u00e9es par le d\u00e9veloppement \u00e9conomique, et \u00e0 montrer que les divers partis politiques sont l&rsquo;expression politique plus ou moins ad\u00e9quate de ces m\u00eames classes et fractions de classes.<\/p>\n<p class=Notedefincitation>Il est bien \u00e9vident que cette n\u00e9gligence in\u00e9vitable des modifications simultan\u00e9es de la situation \u00e9conomique, c&rsquo;est-\u00e0-dire de la base m\u00eame de tous les \u00e9v\u00e9nements \u00e0 examiner, ne peut \u00eatre qu&rsquo;une source d&rsquo;erreurs. Mais toutes les conditions d&rsquo;un expos\u00e9 d&rsquo;ensemble de l&rsquo;histoire qui se fait sous nos yeux renferment in\u00e9vitablement des sources d&rsquo;erreurs; or, cela ne d\u00e9tourne personne d&rsquo;\u00e9crire l&rsquo;histoire du pr\u00e9sent.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite align=left style='text-align:left;text-indent:0cm'>[Source: Karl Marx, Les luttes de classes en France 1848-1850; Paris, \u00c9ditions sociales, 1984]<\/p>\n<p class=Notedefindbut><a href=\"#_ednref3\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[3]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Concernant le passage &quot;repr\u00e9sente pour les 70&nbsp;millions d&rsquo;exploitations rurales&#8230; il cr\u00e9erait un nouveau concurrent&quot;.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Dans l&rsquo;\u00e9dition prise comme source, ce passage a \u00e9t\u00e9 alt\u00e9r\u00e9 par une faute de composition d&rsquo;imprimerie que nous avons rectifi\u00e9e. Une ligne s&rsquo;\u00e9tait trouv\u00e9e d\u00e9plac\u00e9e:<\/p>\n<p class=Notedefincitation>&quot;repr\u00e9sente pour les 70&nbsp;millions d&rsquo;exploitations rurales que 300&nbsp;mil-\/lions de dollars environ (ce chiffre, \u00e9videmment, est tr\u00e8s approxi-\/Chine). Un d\u00e9veloppement du capitalisme indig\u00e8ne en Chine \u00e9qui-\/vaudrait, il est vrai, \u00e0 l&rsquo;ouverture d&rsquo;un nouveau d\u00e9bouch\u00e9 pour\/les moyens de production et pour les investissements de capital\/<i>matif et changera au cours du d\u00e9veloppement \u00e9conomique de la<\/i>\/<br \/> \u00e9tranger, mais d&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9 il cr\u00e9erait un nouveau concurrent&quot;<\/p>\n<p class=Notedefindbut><a href=\"#_ednref4\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[4]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &quot;Surimp\u00e9rialisme&quot;.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Dans l&rsquo;original en allemand, &quot;Ultraimperialismus&quot;. Le terme a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 par Karl Kautsky. Ainsi, par exemple, L\u00e9nine cite Kautsky dans son ouvrage &quot;L&rsquo;imp\u00e9rialisme, stade supr\u00eame du capitalisme&quot;:<\/p>\n<p class=Notedefincitation>Du point de vue purement \u00e9conomique, \u00e9crit Kautsky, il n&rsquo;est pas impossible que le capitalisme traverse encore une nouvelle phase o\u00f9 la politique des cartels serait \u00e9tendue \u00e0 la politique ext\u00e9rieure, une phase d&rsquo;ultra-imp\u00e9rialisme&quot;, c&rsquo;est-\u00e0-dire de superimp\u00e9rialisme, d&rsquo;union et non de lutte des imp\u00e9rialismes du monde entier, une phase de la cessation des guerres en r\u00e9gime capitaliste, une phase &quot;d&rsquo;exploitation en commun de l&rsquo;univers par le capital financier uni \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle internationale.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>L\u00e9nine se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 deux textes de Kautsky publi\u00e9s dans <i><span lang=DE>Die Neue Zeit<\/span><\/i> (<i>Le Temps nouveau<\/i>). Voici les paragraphes en question.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite align=left style='margin-left:45.35pt;text-align:left; text-indent:0cm'><span lang=DE>Karl Kautsky: &quot;Der Imperialismus&quot;;<i> Die Neue Zeit<\/i>, <\/span>32e ann\u00e9e vol.&nbsp;2, n\u00b0&nbsp;21, 11 septembre 1914; p. 908-922 (ici p. 921)<br \/> <i>http:\/\/library.fes.de\/cgi-bin\/nzpdf.pl?dok=191314b&amp;f=905&amp;l=936<\/i><\/p>\n<p class=Notedefincitation><span lang=DE>Vom rein \u00f6konomischen Standpunkt ist es also nicht ausgeschlossen, da\u00df der Kapitalismus noch eine neue Phase erlebt, die \u00dcbertragung der Kartellpolitik auf die \u00e4u\u00dfere Politik, eine Phase des Ultraimperialismus, den wir nat\u00fcrlich ebenso energisch bek\u00e4mpfen m\u00fc\u00dften wie den Imperialismus, dessen Gefahren aber in anderer Richtung l\u00e4gen, nicht in der des Wettr\u00fcstens und der Gef\u00e4hrdung des Weltfriedens.<\/span><\/p>\n<p class=Notedefincitation>[D&rsquo;un point de vue purement \u00e9conomique, on ne peut donc pas exclure que le capitalisme connaisse encore une nouvelle phase, le transfert de la politique des cartels \u00e0 la politique \u00e9trang\u00e8re, une phase d&rsquo;ultra-imp\u00e9rialisme, que nous devons bien s\u00fbr combattre aussi vigoureusement que l&rsquo;imp\u00e9rialisme, mais dont les dangers se situeraient dans une direction diff\u00e9rente, pas dans celle de la course aux armements et de la mise en danger de la paix mondiale.]<\/p>\n<p class=Notedefinsuite align=left style='margin-left:45.35pt;text-align:left; text-indent:0cm'><span lang=DE>Karl Kautsky: &quot;Zwei Schriften zum Umlernen&quot;<\/span> (fin); <i><span lang=DE>Die Neue Zeit<\/span><\/i>, 33e ann\u00e9e vol.&nbsp;2 n\u00b0&nbsp;5, 30 avril 1915; p. 138-146 (ici p. 144)<br \/> <i>http:\/\/library.fes.de\/cgi-bin\/nzpdf.pl?dok=191415b&amp;f=129&amp;l=160<\/i><\/p>\n<p class=Notedefincitation><span lang=DE>Der R\u00fcckgang der schutzz\u00f6llnerischen Bewegung in England, die Herabsetzung der Z\u00f6lle in Amerika, die Bestrebungen nach Abr\u00fcstung, der rasche R\u00fcckgang des Kapitalexports aus Frankreich und Deutschland in den letzten Jahren vor dem Kriege, endlich die zunehmende internationale Verfilzung der verschiedenen Kl\u00fcngel des Finanzkapitals veranla\u00dften mich, zu erw\u00e4gen, ob es nicht m\u00f6glich sei, da\u00df die jetzige imperialistische Politik durch eine neue, ultraimperialistische verdr\u00e4ngt werde, die an Stelle des Kampfes der nationalen Finanzkapitale untereinander die gemeinsame Ausbeutung der Welt durch das international verb\u00fcndete Finanzkapital setzte. Eine solche neue Phase des Kapitalismus ist jedenfalls denkbar. Ob auch realisierbar, das zu entscheiden fehlen noch die gen\u00fcgenden Voraussetzungen.<\/span><\/p>\n<p class=Notedefincitation>[Le d\u00e9clin du mouvement en faveur des droits de douane protecteurs en Angleterre, la baisse des droits de douane en Am\u00e9rique, les efforts de d\u00e9sarmement, le d\u00e9clin rapide des exportations de capitaux de la France et de l&rsquo;Allemagne dans les derni\u00e8res ann\u00e9es avant la guerre, et enfin l&rsquo;enchev\u00eatrement international croissant des diff\u00e9rents cliques du capital financiers m&rsquo;ont amen\u00e9 \u00e0 examiner s&rsquo;il ne serait pas possible que la politique imp\u00e9rialiste actuelle soit remplac\u00e9e par une nouvelle politique ultra-imp\u00e9rialiste, qui au lieu de la lutte des capitaux financiers nationaux exercerait l&rsquo;exploitation conjointe du monde par le capital financier internationalement alli\u00e9. Une telle nouvelle phase du capitalisme est en tout cas concevable. Les pr\u00e9misses pr\u00e9alables suffisantes manquent encore pour d\u00e9cider si cela puisse \u00e9galement \u00eatre faisable.]<\/p>\n<p class=Notedefindbut><a href=\"#_ednref5\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[5]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Chine, r\u00e9volte des Boxers, 1898&#8209;1900.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>La R\u00e9volte des Boxers fut une r\u00e9volte men\u00e9e en Chine contre l&rsquo;influence commerciale et politique des puissances occidentales dans le pays.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>La soci\u00e9t\u00e9 secr\u00e8te dite des Boxers, apparue probablement d\u00e8s le d\u00e9but du 18e&nbsp;si\u00e8cle, atteint son apog\u00e9e vers 1896&#8209;1897 dans la province du Shandong. Son nom de &quot;Boxers&quot; vient de ce que ses membres pratiquaient un art martial ressemblant \u00e0 de la boxe. Le nom officiel de la soci\u00e9t\u00e9 est cependant &quot;Y\u00ech\u00e9tu\u00e1n Y\u00f9nd\u00f2ng&quot; (milices de la justice et de la concorde), ou &quot;Yi he quan&quot; (poings de la justice et de la concorde). Ces milices, initialement oppos\u00e9es \u00e0 la dynastie imp\u00e9riale Qing, se sont surtout d\u00e9velopp\u00e9es en r\u00e9action aux missionnaires occidentaux implant\u00e9s sur le territoire chinois. Les r\u00e9voltes qu&rsquo;ils suscitent se traduisent par des attaques contre les missions \u00e9trang\u00e8res, ainsi que des actions visant les technologies import\u00e9es d&rsquo;occident (lignes de t\u00e9l\u00e9graphe et voies de chemin de fer), essentiellement dans le nord&#8209;est du pays, o\u00f9 les puissances europ\u00e9ennes et japonaise avaient commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9tendre leurs concessions.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>\u00c0 l&rsquo;\u00e9poque le pouvoir dynastique en Chine est marqu\u00e9 par des rivalit\u00e9s internes. A la mort de l&#8217;empereur Xianfeng, en 1861, son fils Tongzhi n &lsquo; avait que cinq ans. L &lsquo; imp\u00e9ratrice consort Ci &#8211; an et la m\u00e8re du nouvel empereur, Ci &#8211; xi, deviennent imp\u00e9ratrices douairi\u00e8res. Tongzhi d\u00e9c\u00e8de en 1875. Ci-xi r\u00e9ussit \u00e0 faire en sorte que son neveu, alors ag\u00e9 de trois ans, soit d\u00e9sign\u00e9 comme empereur Guangxu et elle-m\u00eame comme r\u00e9gente. Le meurtre de deux missionnaires allemands en novembre 1897 am\u00e8ne l&rsquo;occupation du port de Qingdao par l&rsquo;Allemagne, un mouvement d&rsquo;appropriation de concessions qui est rapidement suivi par des interventions de la Russie avec Lushun (nomm\u00e9 aussi Port-Arthur), la France (avec Zhanjiang) et la Grande-Bretagne (avec Weihai). Les Boxers en mars 1898 manifestent ouvertement dans les rues sous le slogan &quot;Renversons les Qing, d\u00e9truisons les \u00e9trangers&quot;. Cependant un groupe d&rsquo;intellectuels, men\u00e9 notamment par Liang Qichao, Kang Youwei et Tan Sitong, impulse un mouvement r\u00e9formiste visant \u00e0 moderniser et occidentaliser le pays. Ils parviennent en 1898 \u00e0 s\u2019imposer au gouvernement avec le soutien de l\u2019empereur Guangxu. L&rsquo;exp\u00e9rience est interrompue par l&rsquo;imp\u00e9ratrice douairi\u00e8re Ci&nbsp;Xi soutenue par les forces conservatrices au sein de l&rsquo;arm\u00e9e qui, se rapprochant des Boxers. C&rsquo;est ce qu&rsquo;on d\u00e9signe comme la &quot;r\u00e9forme des cent jours&quot; (11&nbsp;juin &#8211; 21&nbsp;septembre 1898). Ci&nbsp;Xi commence \u00e0 \u00e9carter les g\u00e9n\u00e9raux modernistes qui r\u00e9primaient la r\u00e9bellion (tels Yuan Shikai) et proclame des \u00e9dits de reconnaissance et de soutien envers les soci\u00e9t\u00e9s secr\u00e8tes (janvier 1900). <\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Apr\u00e8s un dernier accrochage avec les troupes imp\u00e9riales en octobre 1899, l&rsquo;activit\u00e9 des boxers se concentre contre les missionnaires et leurs convertis. D\u00e9but juin 1900, pr\u00e8s de 450 hommes de troupes occidentaux p\u00e9n\u00e8trent dans la capitale chinoise pour prot\u00e9ger les d\u00e9l\u00e9gations \u00e9trang\u00e8res. Des insurg\u00e9s (d\u00e9sormais soutenus par des \u00e9l\u00e9ments de l&rsquo;arm\u00e9e et dont le slogan est chang\u00e9 en &quot;Soutenons les Qing, d\u00e9truisons les \u00e9trangers&quot;) attaquent les quartiers occidentaux des villes de Tianjin et P\u00e9kin. Le chancelier japonais Sugiyama est assassin\u00e9 le&nbsp;6 juin, le ministre allemand von Ketteler le&nbsp;20. Plusieurs dizaines de milliers de Boxers tiennent la ville et assi\u00e8gent le quartier des ambassades. Les puissances \u00e9trang\u00e8res constituent un corps exp\u00e9ditionnaire de pr\u00e8s de 20.000 hommes pour aller secourir les d\u00e9l\u00e9gations assi\u00e9g\u00e9es. Form\u00e9 de troupes issues de huit nations (Allemagne, Autriche-Hongrie, \u00c9tats&#8209;Unis, France, Italie, Japon, Grande-Bretagne, Russie), il atteint bient\u00f4t 45.000 hommes et est plac\u00e9 sous le commandement du vice-amiral Edward Seymour. Apr\u00e8s la prise de Tianjin le&nbsp;14 juillet, P\u00e9kin tombe le&nbsp;14 aout, la cour imp\u00e9riale quitte la capitale pour Xi&rsquo;an. <\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Un mois apr\u00e8s la chute de la capitale imp\u00e9riale, l&rsquo;effectif alli\u00e9 atteint les 100.000 hommes, dont 15.000 fran\u00e7ais et 18.000 allemands. Le comte allemand von Waldersee prend la direction des op\u00e9rations \u00e0 la mi&#8209;octobre. D&rsquo;octobre 1900 au printemps 1901, les troupes allemandes effectuent plusieurs dizaines d&rsquo;exp\u00e9ditions punitives dans l&rsquo;arri\u00e8re-pays. Cette terreur commandit\u00e9e par l&#8217;empereur Wilhelm II a pour but ouvertement revendiqu\u00e9 d&rsquo;imposer le respect aux Chinois et de pr\u00e9venir toute autre r\u00e9volte. Les puissances \u00e9trang\u00e8res s&rsquo;accordent d&rsquo;abord difficilement, puis d\u00e9butent les pourparlers avec la Chine, et les termes sont formalis\u00e9s et accept\u00e9s le&nbsp;7 septembre 1901. <\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Le protocole de 1901 Tandis que les soldats \u00e9trangers \u00e9crasent les Boxeurs et massacrent la population, Ci-xi nomme Li Hong-zhang pl\u00e9nipotentiaire. Le 16 janvier 1901, il accepte les exigences \u00e9trang\u00e8res, qui sont consacr\u00e9es dans un protocole sign\u00e9 le 7 septembre 1901 par les repr\u00e9sentants de onze Puissances, le prince Qing et lui-m\u00eame. Aux termes de l&rsquo;accord, les principaux coupables sont punis de mort ou de bannissement. Afin de ch\u00e2tier les lettr\u00e9s, les examens sont suspendus pendant cinq ans dans 45 districts o\u00f9 les Boxeurs ont \u00e9t\u00e9 actifs; les soci\u00e9t\u00e9s anti-\u00e9trang\u00e8res sont interdites. Le zongli yamen prend le nom de waiwubu (minist\u00e8re des Affaires \u00e9trang\u00e8res) et a pr\u00e9s\u00e9ance sur les autres minist\u00e8res. La Chine s&rsquo;engage \u00e0 verser aux Puissances une indemnit\u00e9 de 450 millions de ta\u00ebls, payable en or en 39 annuit\u00e9s, et garantie par les recettes des douanes et de la gabelle; compte tenu des int\u00e9r\u00eats et des taux de conversion, le total s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve en r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 plus de 980 millions de ta\u00ebls. Plusieurs forts entre P\u00e9kin et la mer, dont ceux de Dagu, seront ras\u00e9s; pendant deux ans, la Chine n&rsquo;aura le droit d&rsquo;importer aucune arme. Le quartier des l\u00e9gations, au cour de la capitale, est agrandi et interdit aux r\u00e9sidents chinois; il est plac\u00e9 sous la garde permanente de troupes \u00e9trang\u00e8res, ainsi que douze points sur les voies d&rsquo;acc\u00e8s de P\u00e9kin \u00e0 la mer. L&rsquo;imp\u00e9ratrice revient \u00e0 Beijing en janvier 1902. Le pays resta occup\u00e9 jusqu&rsquo;au d\u00e9but des ann\u00e9es 1930. La Russie augmenta son emprise sur les territoires du nord-est mandchou, jusqu&rsquo;\u00e0 la conflagration de 1905 contre le Japon.<\/p>\n<p class=Notedefindbut><a href=\"#_ednref6\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[6]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Grande&#8209;Bretagne, mines, 1925-1926.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>En Grande&#8209;Bretagne, le&nbsp;30&nbsp;juin 1925 les propri\u00e9taires des mines annoncent qu&rsquo;ils r\u00e9duiront les salaires des mineurs. Suite \u00e0 l&rsquo;opposition du Syndicat national des travailleurs des mines (<span lang=EN-US>National Union of Mineworkers<\/span>), soutenu par le <span lang=EN-US>Trades Union Congress<\/span> (Congr\u00e8s de Syndicats, TUC, l&rsquo;unique organisation centralis\u00e9e de syndicats, li\u00e9e au Labour Party), le gouvernement conservateur de Stanley Baldwin d\u00e9cide d&rsquo;intervenir et accorde les fonds n\u00e9cessaires pour maintenir le niveau des salaires, pendant une p\u00e9riode de neuf&nbsp;mois. Il constitue une commission pr\u00e9sid\u00e9e par Herbert Samuel charg\u00e9e d&rsquo;examiner la situation de l&rsquo;industrie mini\u00e8re, laquelle publie son rapport en mars 1926. Elle \u00e9carte l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une nationalisation, recommande l&rsquo;arr\u00eat des subventions et que les salaires des mineurs soient effectivement r\u00e9duits. Au m\u00eame moment les propri\u00e9taires des mines, au&#8209;del\u00e0 des r\u00e9ductions de salaires, modifient de fa\u00e7on plus g\u00e9n\u00e9rale les conditions d&#8217;emploi, notamment par un prolongement de l&rsquo;horaire journalier et la fixation des taux de salaires par district; ils annoncent que si les mineurs n&rsquo;acceptent pas ces d\u00e9cisions avant le&nbsp;1er&nbsp;mai, ils proc\u00e8deront \u00e0 un lockout.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Le&nbsp;1er&nbsp;mai, le TUC annonce un appel \u00e0 la gr\u00e8ve pour le&nbsp;4&nbsp;mai, et entame des n\u00e9gociations dans l&rsquo;espoir d&rsquo;arriver \u00e0 un accord avant. Depuis le d\u00e9c\u00e8s du Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du TUC <span lang=EN-GB>Fred Bramley<\/span> en octobre 1925, Walter Citrine assume la fonction \u00e0 titre provisoire, il sera officiellement d\u00e9sign\u00e9 comme Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral en septembre 1926. <span lang=EN-GB>Ramsay MacDonald<\/span>, le dirigeant du Labour Party, est oppos\u00e9 au d\u00e9clenchement d&rsquo;une gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale. Les n\u00e9gociations \u00e9chouent. Le TUC applique la m\u00e9thode de mettre en gr\u00e8ve d&rsquo;abord les travailleurs de certains secteurs cl\u00e9&nbsp;&#8209; chemins de fer, transports, ports, imprimeries, construction, sid\u00e9rurgie. Le&nbsp;7&nbsp;mai, Samuel prend contact avec le TUC. Sans se coordonner avec les mineurs, les repr\u00e9sentants du TUC s&rsquo;accordent avec Samuel sur les conditions dans lesquelles la gr\u00e8ve pourrait \u00eatre r\u00e9voqu\u00e9e en \u00e9change d&rsquo;une poursuite des n\u00e9gociations. Les mineurs rejettent l&rsquo;arrangement, mais le&nbsp;11&nbsp;mai le Conseil g\u00e9n\u00e9ral du TUC l&rsquo;ent\u00e9rine et d\u00e9clare la fin de la gr\u00e8ve. Cependant, le gouvernement ne reprend pas \u00e0 son compte les termes de l&rsquo;arrangement.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Le&nbsp;21&nbsp;juin, le gouvernement fait adopter une loi qui suspend la loi concernant la journ\u00e9e de travail de sept&nbsp;heures dans les mines (Miners&rsquo; Seven Hours Act) pour une dur\u00e9e de cinq&nbsp;ans, ce qui autorise le retour \u00e0 la journ\u00e9e de huit&nbsp;heures. Ainsi en juillet les propri\u00e9taires des mines confirment les mesures annonc\u00e9es. Les mineurs poursuivent la gr\u00e8ve, mais sont contraints de reprendre progressivement le travail; un grand nombre parmi eux sont sanctionn\u00e9s et restent au ch\u00f4mage.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Par la suite, en&nbsp;1927, le gouvernement adopte le <span lang=EN-US>Trade Disputes and Trade Unions Act<\/span> (Loi sur les conflits de travail et les syndicats), qui prohibe les gr\u00e8ves g\u00e9n\u00e9rales ainsi que les gr\u00e8ves de solidarit\u00e9, et interdit aux fonctionnaires publics d&rsquo;adh\u00e9rer aux syndicats affili\u00e9s au <span lang=EN-US>Trade Union Congress<\/span>.<\/p>\n<p class=Notedefindbut><a href=\"#_ednref7\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[7]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Plan&nbsp;Dawes.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Le&nbsp;1er septembre 1924 entre en vigueur le plan&nbsp;Dawes, du nom du banquier am\u00e9ricain Charles Dawes. Adopt\u00e9 \u00e0 Londres par un comit\u00e9 d&rsquo;experts, il fixe le montant des r\u00e9parations de guerre dues par l&rsquo;Allemagne au titre du trait\u00e9 de Versailles (cf.&nbsp;note&nbsp;40&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_a\">&#9658;<\/a>) et pr\u00e9voit leur paiement sous la forme d&rsquo;un emprunt et d&rsquo;imp\u00f4ts, ainsi que l&rsquo;\u00e9vacuation progressive de la r\u00e9gion de la Ruhr par les troupes fran\u00e7aises et belges.<\/p>\n<p class=Notedefindbut>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Plan&nbsp;Young.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Le&nbsp;31 mai 1929, une commission interalli\u00e9e r\u00e9unie \u00e0 Paris adopte un plan pour le r\u00e9\u00e9chelonnement sur 59&nbsp;ans (jusqu&rsquo;en&nbsp;1988) du reliquat des r\u00e9parations de guerre dues par l&rsquo;Allemagne au titre du trait\u00e9 de Versailles. Il prend le nom de plan&nbsp;Young, d&rsquo;apr\u00e8s l&rsquo;un des membres de la Commission, Owen Young (pr\u00e9sident du conseil de surveillance de General&nbsp;Electric). Il se substitue au plan&nbsp;Dawes (cf. ci-dessus) adopt\u00e9 en&nbsp;1924. Cependant les USA refusent, au sujet des dettes des alli\u00e9s \u00e0 leur \u00e9gard, que le remboursement de celles&#8209;ci soit li\u00e9 \u00e0 la question des r\u00e9parations allemandes. Une nouvelle conf\u00e9rence tenue du&nbsp;16 juin au&nbsp;9 juillet 1932 \u00e0 Lausanne, r\u00e9duit le montant des r\u00e9parations et conc\u00e8de un moratoire de trois ans. Finalement, les comptes ne seront sold\u00e9s d\u00e9finitivement qu&rsquo;en&nbsp;2010, par la R\u00e9publique F\u00e9d\u00e9rale Allemande.<\/p>\n<p class=Notedefindbut><a href=\"#_ednref8\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[8]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Junker.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Mot <span class=NotedefinsuiteCar>allemand, litt\u00e9ralement &quot;jeune seigneur&quot;. Couramment utilis\u00e9 pour d\u00e9signer les hobereaux prussiens. Plus sp\u00e9cifiquement, s&rsquo;applique \u00e0 un fils de propri\u00e9taires terriens nobles qui entre \u00e0 l&rsquo;arm\u00e9e comme simple solda<\/span>t.<\/p>\n<p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref9\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[9]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <span lang=DE>Friedrich Wilhelm Viktor Albrecht von Hohenzollern<\/span><\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Sous le titre de Guillaume II, il est Empereur allemand et Roi de Prusse (1888-1918). Le 9 novembre 1918 il est contraint d\u2019abdiquer, le lendemain, quelques heures avant la signature de l\u2019Armistice, il s&rsquo;exile aux Pays-Bas.<\/p>\n<p class=Notedefindbut><a href=\"#_ednref10\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[10]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Demande d&rsquo;expropriation des familles princi\u00e8res, Allemagne, janvier 1926.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Les possessions princi\u00e8res ont \u00e9t\u00e9 confisqu\u00e9es lors de la r\u00e9volution de 1918\/19, mais pas expropri\u00e9es. Puisque la Constitution de Weimar garantit la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e \u00e0 l&rsquo;article 153, les princes exigent le r\u00e9tablissement de la libre disposition sur leurs biens, ainsi qu&rsquo;une compensation financi\u00e8re pour la perte de gains subie. Ils pr\u00e9tendent \u00e0 des indemnit\u00e9s totalisant 2,5&nbsp;milliards de Reichsmarks. Aux tribunaux, des juges \u00e9lev\u00e9s acceptent r\u00e9guli\u00e8rement ces demandes. Le 25 novembre 1925, le KPD pr\u00e9sente un projet de loi au Reichstag, dont le premier article se lit comme suit: &quot;L&rsquo;ensemble du patrimoine des princes r\u00e9gnant autrefois ainsi que de tous les membres de leur famille avec tous leurs biens immeubles, meubles et autres \u00e9l\u00e9ments sont expropri\u00e9s sans compensation.&quot; [<span lang=DE>&quot;Das gesamte Verm\u00f6gen der ehemals regierenden F\u00fcrsten sowie aller ihrer Familienangeh\u00f6rigen mit allen seinen unbeweglichen, beweglichen und sonstigen Bestandteilen wird ohne Entsch\u00e4digung enteignet.&quot;<\/span>] La loi devrait \u00eatre r\u00e9troactive au 8 novembre 1918, afin que toutes les faveurs accord\u00e9es pr\u00e9c\u00e9demment soient annul\u00e9es. Le 19 janvier 1926, la direction du SPD d\u00e9cide de soutenir la campagne. Un projet d&rsquo;expropriation des princes, sign\u00e9 par le pr\u00e9sident du SPD, Otto Wels, conjointement avec Ernst Th\u00e4lmann pour le KPD, est pr\u00e9sent\u00e9 dans le cadre d&rsquo;une proc\u00e9dure dite de pl\u00e9biscite (<span lang=DE>Volksbegehren<\/span>). 12,5 millions d&rsquo;\u00e9lecteurs se sont inscrits sur les listes r\u00e9f\u00e9rendaires entre le 12 et le 17 mars, ce qui a pour cons\u00e9quence que le projet soit soumis au vote au Reichstag. Le 6 mai, le vote aboutit au rejet. La proc\u00e9dure se poursuit alors, selon les dispositions l\u00e9gislatives, par un r\u00e9f\u00e9rendum (<span lang=DE>Volksentscheid<\/span>) mis en oeuvre le 20 juin. Pr\u00e8s de 14,5 millions de votes, soit 36,4% de l&rsquo;\u00e9lectorat se prononcent en faveur de l&rsquo;expropriation des princes; cependant, 20 millions de voix auraient \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessaires pour adopter la loi. Apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9chec du r\u00e9f\u00e9rendum, la plupart des gouvernements des \u00c9tats (<span lang=DE>L\u00e4nder<\/span>) et leurs familles princi\u00e8res parviennent assez rapidement \u00e0 un accord sur des compromis financiers.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>En Prusse en octobre 1925, <span lang=DE>Hermann H\u00f6pker Aschoff (DDP) <\/span>(cf.&nbsp;note&nbsp;<b>Erreur&nbsp;! Signet non d\u00e9fini.<\/b>&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_b\">&#9658;<\/a>), ministre des finances dans le gouvernement dirig\u00e9 par Otto Braun (SPD), avait pr\u00e9sent\u00e9 un projet d&rsquo;un &quot;Accord sur le diff\u00e9rend entre l&rsquo;\u00c9tat prussien et les membres de la maison royale prussienne anciennement r\u00e9gnante, au sujet des possessions&quot; [<span lang=DE>&quot;Vertrag \u00fcber die Verm\u00f6gensauseinandersetzungen zwischen dem Preu\u00dfischen Staat und den Mitgliedern des vormals regierenden Preu\u00dfischen K\u00f6nigshauses&quot;<\/span>] qui pr\u00e9voyait que les Hohenzollern r\u00e9cup\u00e8rent les trois quarts des propri\u00e9t\u00e9s fonci\u00e8res et en outre une somme de 30&nbsp;millions Reichsmark \u00e0 titre de compensation pour les propri\u00e9t\u00e9s qui seraient transf\u00e9r\u00e9es \u00e0 l&rsquo;\u00c9tat. Pass\u00e9 l&rsquo;interm\u00e8de du r\u00e9f\u00e9rendum, ce projet est repris en octobre 1926. Apr\u00e8s avoir subi quelques adaptations, il est adopt\u00e9 avec 257 voix de DDP, DVP (cf.&nbsp;note&nbsp;19&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_c1\">&#9658;<\/a>), <span lang=DE>Zentrum<\/span> (cf.&nbsp;note&nbsp;20&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_d\">&#9658;<\/a>), DNVP (cf.&nbsp;note&nbsp;19&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_c2\">&#9658;<\/a>) contre 37 voix du KPD et de la repr\u00e9sentation polonaise. Les d\u00e9put\u00e9s du SPD participant au vote respectent la d\u00e9cision adopt\u00e9e par le parti en faveur de l&rsquo;abstention, mais un certain nombre quittent l&rsquo;assembl\u00e9e avant le vote en signe de d\u00e9saccord. Ainsi, \u00e0 la lign\u00e9e principale des Hohenzollern sont attribu\u00e9s 250.000 <span lang=DE>Morgen<\/span>&nbsp;* et une somme de 15&nbsp;Millions de Reichsmark; aux lign\u00e9es secondaires sont attribu\u00e9s 137.000 <span lang=DE>Morgen<\/span>. De l&rsquo;ensemble des possessions confisqu\u00e9es en 1918, l&rsquo;\u00c9tat de Prusse retient 250.000 <span lang=DE>Morgen<\/span> ainsi que diverses propri\u00e9t\u00e9s immobili\u00e8res.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>*&nbsp;<span lang=DE>Morgen<\/span> (arpent, litt\u00e9ralement: matin, matin\u00e9e): une mesure de superficie ancienne, \u00e0 l&rsquo;origine un morceau de terre sur lequel on pouvait effectuer la r\u00e9colte en une matin\u00e9e. La superficie d\u00e9sign\u00e9e variait selon la r\u00e9gion, entre environ 0,255 ha (en Prusse) et 1,2 ha (en Oldenburg).<\/p>\n<p class=Notedefindbut><a href=\"#_ednref11\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[11]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;Union nationale de l&rsquo;industrie allemande (<span lang=DE>Reichsverband der Deutschen Industrie, RDI<\/span>), 1926.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Les 3 et 4 septembre \u00e0 <span lang=DE>Dresden<\/span> se tient la 7e Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale du RDI. Le RDI est pr\u00e9sid\u00e9 depuis le 1er avril 1925 par <span lang=DE>Carl Duisberg<\/span> (cf.&nbsp;note&nbsp;12&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_e\">&#9658;<\/a>) qui a entam\u00e9 une r\u00e9orientation politique. Lors de l&rsquo;assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de 1925, il avait d\u00e9clar\u00e9: &quot;Je reste fid\u00e8le \u00e0 la constitution telle qu&rsquo;elle a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e \u00e0 Weimar, et je souhaite seulement qu&rsquo;elle s&rsquo;adapte \u00e0 l&rsquo;\u00e9volution des circonstances de l&rsquo;\u00e9poque, que l&rsquo;administration devienne toujours meilleure et plus parfaite. De fait, le meilleur \u00c9tat, c&rsquo;est simplement \u00c9tat le mieux administr\u00e9. En cela, le salut du point de vue de l&rsquo;\u00c9tat ne d\u00e9pend pas du fait qu&rsquo;il soit gouvern\u00e9 selon des principes monarchiques ou r\u00e9publicains, mais de la mani\u00e8re dont il est gouvern\u00e9.&quot; [<span lang=DE>&quot;Ich stehe zur Verfassung, wie sie in Weimar beschlossen ist, und w\u00fcnsche nur, da\u00df sie sich den Zeitverh\u00e4ltnissen entwicklungsgem\u00e4\u00df anpa\u00dft, da\u00df die Verwaltung immer besser und vollkommener wird. Der bestverwaltete Staat ist nun einmal der beste Staat. Dabei h\u00e4ngt das Staatswohl nicht davon ab, ob monarchisch oder republikanisch regiert wird, sondern davon, wie er regiert wird.&quot;<\/span>] Durant l&rsquo;assembl\u00e9e de 1926 cette vision est affirm\u00e9e, en particulier par la voie d&rsquo;un discours prononc\u00e9 par <span lang=DE>Paul Silverberg<\/span> (cf.&nbsp;note&nbsp;13&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_f\">&#9658;<\/a>):<\/p>\n<p class=Notedefincitation>La r\u00e9volution politique, par laquelle a commenc\u00e9 l&rsquo;apr\u00e8s-guerre apr\u00e8s la perte de la guerre, s&rsquo;est rapidement transform\u00e9e en une r\u00e9volution \u00e9conomique et sociale. L&rsquo;entrepreneuriat allemand, jusqu&rsquo;\u00e0 la guerre et, \u00e0 part quelques-uns, \u00e9galement durant la guerre, politiquement indiff\u00e9rent, du moins pas actif, s&rsquo;est soudainement vu comme un objet de la lutte politique. Il consid\u00e9rait les ouvriers r\u00e9volutionnaires et l&rsquo;\u00c9tat qu&rsquo;ils dirigeaient comme leur opposant imm\u00e9diat. Il a d\u00fb mener une lutte pour son existence dans de nombreuses directions: contre le d\u00e9veloppement \u00e9conomique et financier, qui l&rsquo;a frapp\u00e9 \u00e0 \u00e9galit\u00e9 avec le peuple tout entier, en outre contre les gouvernements r\u00e9volutionnaires qui repr\u00e9sentaient l&rsquo;\u00c9tat. Il a d\u00fb lutter contre eux dans leurs tendances \u00e0 la socialisation et \u00e0 l&rsquo;\u00e9conomie commune, pour sa propri\u00e9t\u00e9 et la base de son existence. Il en d\u00e9coulait que l&rsquo;entrepreneuriat allemand adopte en rangs serr\u00e9s son attitude de rejet \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard du nouvel \u00c9tat tel qu&rsquo;il se pr\u00e9senta et se comporta dans la premi\u00e8re p\u00e9riode apr\u00e8s la r\u00e9volution. Alors que, d&rsquo;une part, les repr\u00e9sentants de l&rsquo;\u00c9tat ont ni\u00e9 toute bonne tradition et tir\u00e9 dans la poussi\u00e8re tous les souvenirs d&rsquo;un pass\u00e9 glorieux proche et lointain, d&rsquo;autres se surench\u00e9rissent pour d\u00e9truire les fondements de l&rsquo;entrepreneuriat allemand par vandalisme malveillante ou incompr\u00e9hension id\u00e9aliste. Cette lutte devait \u00eatre men\u00e9e jusqu&rsquo;au bout, ou du moins jusqu&rsquo;au point o\u00f9 une base passablement stable soit gagn\u00e9e et construite pour le peuple et l&rsquo;\u00e9conomie. Cet objectif a \u00e9t\u00e9 atteint dans une certaine mesure aujourd&rsquo;hui, et il est particuli\u00e8rement int\u00e9ressant de noter que c&rsquo;est la d\u00e9tresse politique du peuple tout entier &#8211; je nomme la question des r\u00e9parations et de la guerre de la Ruhr &#8211; et donc la politique \u00e9trang\u00e8re, qui ont amen\u00e9 l&rsquo;entrepreneuriat et les gouvernements post-r\u00e9volutionnaires \u00e0 une coop\u00e9ration active pour la \u00c9tat. Et malgr\u00e9 toutes les nouvelles difficult\u00e9s et critiques particuli\u00e8res concernant le faire ou ne pas faire, cette coop\u00e9ration a eu pour r\u00e9sultat positif que l&rsquo;attitude de l&rsquo;entrepreneuriat vis-\u00e0-vis de l&rsquo;\u00c9tat actuel a \u00e9t\u00e9 amen\u00e9 vers une ligne claire: l&rsquo;entrepreneuriat allemand se place totalement sur le point de vue affirmatif \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de l&rsquo;\u00c9tat. Un tel ou un tel peut encore \u00eatre plus ou moins influenc\u00e9e par des ressentiments de nature plus personnelle: tous les gens s\u00e9rieux et consciencieux se sont plac\u00e9s sur le terrain de l&rsquo;\u00c9tat actuel et de la constitution du Reich: la constitution du Reich, mais cela soit dit aussi en aller \u00d6ffentlichkeit, avec tout les dispositions pr\u00e9voyant des modifications \u00e0 apporter sur certains points, manquant de clart\u00e9 intentionnellement ou non. De m\u00eame que l&rsquo;entrepreneuriat allemand rejette tous les \u00e9l\u00e9ments extr\u00eames de droite et de gauche, dont le but ouvert ou secret est la modification inconstitutionnel et violent de la constitution du Reich, l&rsquo;entrepreneuriat allemand rejette \u00e9galement ces d\u00e9fenseurs de la r\u00e9publique qui encore aujourd&rsquo;hui voient dans la constitution avant tout un instrument pour des objectifs de r\u00e9volution \u00e9conomique. Car ces amis de la r\u00e9publique doivent \u00eatre clairs \u00e0 ce sujet: pour toutes les personnes s\u00e9rieuses dans le pays et \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger, la reconnaissance de la R\u00e9publique allemande et de sa constitution par l&rsquo;entrepreneuriat allemand p\u00e8se mille fois plus que tout le battage m\u00e9diatique de tactique de parti, qui ne fait que semer la m\u00e9fiance, cr\u00e9er des troubles et absorbe des forces. C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment cette attitude de l&rsquo;entrepreneuriat allemand qui est \u00e0 la base de la confiance de la part de l&rsquo;\u00e9tranger dans la stabilit\u00e9 des conditions allemandes.<\/p>\n<p class=Notedefindbut><a href=\"#_ednref12\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[12]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <span lang=DE>Carl Duisberg<\/span>.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>En 1900, <span lang=DE>Duisberg<\/span> devient membre du conseil d&rsquo;administration du groupe Bayer (dont l&rsquo;origine date de la constitution en 1863 par Friedrich Bayer, de la &quot;<span lang=DE>Friedr. Bayer &amp; Co.<\/span>&quot;); en 1912, il est d\u00e9sign\u00e9 comme pr\u00e9sident du conseil d&rsquo;administration. Depuis 1905 existe une association (<span lang=DE>Interessengemeinschaft<\/span>) entre Bayer, BASF, Agfa. En 1915-1916, \u00e0 l&rsquo;initiative de <span lang=DE>Duisberg<\/span>, elle est \u00e9largie \u00e0 d&rsquo;autres entreprises de l&rsquo;industrie des colorants allemande. Finalement, en 1925, l&rsquo;ensemble des entreprises associ\u00e9es fusionnent en une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9nomm\u00e9e <span lang=DE>I.G. Farbenindustrie AG. Duisberg<\/span> devient pr\u00e9sident du conseil de surveillance de cette soci\u00e9t\u00e9 (jusqu&rsquo;en 1935).<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Par ailleurs, en 1914, <span lang=DE>Duisberg<\/span> devient membre du directoire et du comit\u00e9 principal de la Chambre de l&rsquo;industrie et du commerce allemande (<span lang=DE>Deutscher Industrie- und Handelstag<\/span>). En 1919 il devient membre du pr\u00e9sidium de l&rsquo;Union nationale de l&rsquo;industrie allemande (<span lang=DE>Reichsverband der deutschen Industrie, RDI<\/span>) nouvellement constitu\u00e9e; il en devient pr\u00e9sident en 1925, poste qu&rsquo;il occupe jusqu&rsquo;en 1931.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Cf. &quot;Quelques t\u00eates de grands capitalistes allemands des ann\u00e9es 1920&quot;&nbsp;<a href=\"..\/art\/pag_004\/pag_03.htm#_ednref20\">&#9658;<\/a>.<\/p>\n<p class=Notedefindbut><a href=\"#_ednref13\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[13]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <span lang=DE>Paul Silverberg<\/span>.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>En 1898, <span lang=DE>Adolf Silverberg <\/span><span style='font-family:\"Times New Roman\",\"serif\"'>&#8209;<\/span> le p\u00e8re de Paul <span style='font-family:\"Times New Roman\",\"serif\"'>&#8209;<\/span> acquiert quatre mines de lignite, rassembl\u00e9es dans le consortium d\u00e9nomm\u00e9 <span lang=DE>Gewerkschaft Fortuna<\/span>, transform\u00e9 en 1902 en <span lang=DE>Fortuna AG<\/span>. Apr\u00e8s la mort du p\u00e8re, en 1903, <span lang=DE>Paul Silverberg<\/span> devient directeur g\u00e9n\u00e9ral de la <span lang=DE>Fortuna AG<\/span>. En 1908 cette soci\u00e9t\u00e9 fusionne avec la <span lang=DE>Gruhlwerk GmbH<\/span> et la <span lang=DE>Gewerkschaft Donatus<\/span>, et se transforme en <span lang=DE>Rheinische AG f\u00fcr Braunkohlenbergbau und Brikettfabrikation<\/span> (<span lang=DE>RAG<\/span>, en abr\u00e9g\u00e9 aussi <span lang=DE>Rheinbraun<\/span>) ayant son si\u00e8ge \u00e0 <span lang=DE>K\u00f6ln<\/span> (Cologne). En 1908 la <span lang=DE>RAG<\/span> constitue la <span lang=DE>Rheinisches Elektrizit\u00e4tswerk im Braunkohlenrevier AG<\/span> (<span lang=DE>REW<\/span>). En 1924 la <span lang=DE>RAG<\/span> acquiert une participation dans la <span lang=DE>Harpener Bergbau AG<\/span> install\u00e9e \u00e0 <span lang=DE>Dortmund<\/span>; en 1925 <span lang=DE>Silverberg<\/span> devient membre du conseil de surveillance de la <span lang=DE>Harpen<\/span>, puis pr\u00e9sident de cette instance. En 1926 il devient pr\u00e9sident du conseil de surveillance de la <span lang=DE>RAG<\/span>.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>En 1927 <span lang=DE>Silverberg<\/span> d\u00e9tient environ 60 mandats dans divers conseils de surveillance, entre autre: les entreprises <span lang=DE>Clouth<\/span>, <span lang=DE>Colonia<\/span> ainsi que <span lang=DE>Felten &amp; Guilleaume<\/span> install\u00e9es \u00e0 <span lang=DE>K\u00f6ln<\/span>, <span lang=DE>Charlottenh\u00fctte<\/span> contr\u00f4l\u00e9e par <span lang=DE>Friedrich Flick<\/span>&nbsp;*, <span lang=DE>RWE<\/span> (en tant que pr\u00e9sident adjoint du conseil de surveillance), <span lang=DE>VEW<\/span>, <span lang=DE>Deutsche Bank<\/span>, <span lang=DE>HAPAG<\/span>, <span lang=DE>Norddeutscher Lloyd<\/span>, <span lang=DE>DEMAG<\/span>, <span lang=DE>Harpener Bergbau<\/span>, <span lang=DE>Metallgesellschaft<\/span>, <span lang=DE>Mitteldeutsche Stahlwerke<\/span>, <span lang=DE>Vereinigte Stahlwerke<\/span>, <span lang=DE>Siemens<\/span>, <span lang=DE>Universum Film<\/span>.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>\u00c0 partir de 1914 il est pr\u00e9sident de la Soci\u00e9t\u00e9 unie de mines de lignite rh\u00e9nane (<span lang=DE>Vereinigungsgesellschaft Rheinischer Braunkohlenwerke<\/span>), pr\u00e9sident du conseil de surveillance du Syndicat du lignite rh\u00e9nan (<span lang=DE>Rheinisches Braunkohlensyndikat<\/span>), il est membre du comit\u00e9 de direction de la F\u00e9d\u00e9ration des Unions d&#8217;employeurs allemandes (<span lang=DE>Vereinigung der Deutschen Arbeitgeberverb\u00e4nde<\/span>). En 1927 il devient pr\u00e9sident adjoint de l&rsquo;Union nationale de l&rsquo;industrie allemande (<span lang=DE>Reichsverband der deutschen Industrie, RDI<\/span>) (cf.&nbsp;note&nbsp;11&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_n1\">&#9658;<\/a>).<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>\u00c0 partir de 1929 il est membre du <span lang=DE>Deutsche Volkspartei (DVP)<\/span> (cf.&nbsp;note&nbsp;19&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_c1\">&#9658;<\/a>). Il est membre de diverses organisations, entre autre: <span lang=DE>Bund zur Erneuerung des Reiches<\/span> (Union pour le renouveau de l&#8217;empire), <span lang=DE>Deutsche Gesellschaft zum Studium Osteuropas<\/span> (Soci\u00e9t\u00e9 allemande pour l&rsquo;\u00e9tude de l&rsquo;Europe de l&rsquo;Est), <span lang=DE>Deutsche Kolonialgesellschaft<\/span> (Soci\u00e9t\u00e9 coloniale allemande), <span lang=DE>Deutscher Flottenverein<\/span> (Association navale allemande), <span lang=DE>Komitee Pro Pal\u00e4stina zur F\u00f6rderung der j\u00fcdischen Pal\u00e4stinasiedlung<\/span> (Comit\u00e9 Pro-Palestine pour la promotion de la colonisation juive en Palestine), <span lang=DE>Deutscher Herrenclub<\/span> [cercle \u00e0 tendances conservatrices, compos\u00e9 d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments de l&rsquo;aristocratie prussienne, de Junkers et de hauts fonctionnaires], <span lang=DE>Industrieclub D\u00fcsseldorf<\/span>.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Cf. &quot;Quelques t\u00eates de grands capitalistes allemands des ann\u00e9es 1920&quot;&nbsp;<a href=\"..\/art\/pag_004\/pag_03.htm#_ednref12\">&#9658;<\/a>.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>*&nbsp;<span lang=DE>Friedrich Flick<\/span> (1883<span style='font-family:\"Times New Roman\",\"serif\"'>&#8209;<\/span>1972)[21]<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>En 1906, <span lang=DE>Flick<\/span> termine des \u00e9tudes par un dipl\u00f4me en commerce. En 1913, il entre au conseil d&rsquo;administration de la <span lang=DE>Westf\u00e4lische Eisengesellschaft<\/span>, en 1915 \u00e0 celui de la <span lang=DE>Charlottenh\u00fctte<\/span> \u00e0 <span lang=DE>Niederschelden<\/span> pr\u00e8s de Siegen. En 1917 il devient pr\u00e9sident du conseil d&rsquo;administration de la <span lang=DE>Charlottenh\u00fctte<\/span>. \u00c0 la fin de la guerre il proc\u00e8de \u00e0 des achats d&rsquo;actions de la <span lang=DE>Charlottenh\u00fctte<\/span>, en 1920 il arrive \u00e0 d\u00e9tenir la majorit\u00e9 et au cours des ann\u00e9es suivantes il accroit sa participation jusqu&rsquo;\u00e0 95 %. Au cours des ann\u00e9es 1920 il \u00e9tend son consortium dans le secteur du charbon et de l&rsquo;acier, en particulier \u00e0 travers des participations dans des usines sid\u00e9rurgiques en Haute-Sil\u00e9sie.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>En 1926 <span lang=DE>Flick<\/span> participe \u00e0 la constitution de la <span lang=DE>Vereinigte Stahlwerke AG (VStAG)<\/span> (cf.&nbsp;l&rsquo;entr\u00e9e correspondante dans la page &quot;Quelques t\u00eates de grands capitalistes allemands des ann\u00e9es 1920&quot; <a href=\"..\/art\/pag_004\/pag_03.htm#_ednref46\">&#9658;<\/a>). Initialement, il en contr\u00f4le environ 20 % du capital. Il est membre du conseil de surveillance et du conseil d&rsquo;administration. La m\u00eame ann\u00e9e est constitu\u00e9e la <span lang=DE>Mitteldeutsche Stahlwerke AG<\/span> (dite \u201c<span lang=DE>Mittelstahl<\/span>\u201d) qui int\u00e8gre des entreprises contr\u00f4l\u00e9es par <span lang=DE>Flick<\/span>: la <span lang=DE>Linke-Hofmann-Lauchhammer AG<\/span>, le <span lang=DE>Stahl- und Walzwerk Weber<\/span> c\u00e9d\u00e9e par la <span lang=DE>VStAG<\/span>, ainsi que des mines de lignite en Allemagne du centre, une fabrique de briquette et une centrale \u00e9lectrique. La <span lang=DE>Mittelstahl<\/span> est une filiale de la <span lang=DE>VStAG<\/span>, <span lang=DE>Flick<\/span> est actionnaire principal et pr\u00e9sident du conseil de surveillance. Par la suite, \u00e0 travers des manoeuvres de restructuration de ses propres soci\u00e9t\u00e9s et des acquisitions d&rsquo;actions des autres entit\u00e9s composant le <span lang=DE>VStAG<\/span>, il r\u00e9ussit \u00e0 \u00e9tablir une situation o\u00f9 il contr\u00f4le 51 % du capital de la <span lang=DE>Gelsenkirchener Bergwerks<\/span><span lang=DE style='font-family:\"Times New Roman\",\"serif\"'>&#8209;<\/span><span lang=DE>AG (GBAG)<\/span>, et celle-ci contr\u00f4le 56 % du capital de la <span lang=DE>VStAG<\/span>.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>En 1929 <span lang=DE>Flick<\/span> acquiert la <span lang=DE>Maxh\u00fctte<\/span> (situ\u00e9e \u00e0 <span lang=DE>Haidhof en Oberpfalz<\/span>, la <span lang=DE>Maxh\u00fctte<\/span> s&rsquo;\u00e9tait d\u00e9velopp\u00e9e avant la premi\u00e8re guerre mondiale pour devenir la plus grande usine sid\u00e9rurgique en Allemagne du Sud, puis en 1921 elle avait \u00e9t\u00e9 acquise par les fr\u00e8res <span lang=DE>R\u00f6chling<\/span> alli\u00e9s \u00e0 un groupe belge). En 1931 <span lang=DE>Flick<\/span> acquiert la majorit\u00e9 du capital de la <span lang=DE>Mittelstahl<\/span>. Cette soci\u00e9t\u00e9 constitue un groupement d&rsquo;int\u00e9r\u00eat \u00e9conomique [<span lang=DE>Interessengemeinschaft<\/span>] avec la <span lang=DE>Maxh\u00fctte<\/span>.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Sous l&rsquo;effet de la crise \u00e9conomique de 1929, le consortium de <span lang=DE>Flick<\/span> se trouve fortement endett\u00e9. En 1932 le gouvernement dirig\u00e9 par Heinrich Br\u00fcning vient \u00e0 son secours en rachetant les actions de la <span lang=DE>GBAG<\/span> pour une somme d\u00e9passant le triple de la valeur en bourse (acqu\u00e9rant ainsi environ 23 % des actions de la <span lang=DE>VStAG<\/span>).<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>En 1934 la <span lang=DE>Mittelstahl<\/span> fusionne avec la <span lang=DE>Charlottenh\u00fctte<\/span>. Maintenant <span lang=DE>Flick<\/span> d\u00e9tient environ 99 % du capital de <span lang=DE>Mittelstahl<\/span>. En 1936 l&rsquo;\u00e9tat r\u00e9troc\u00e8de \u00e0 la <span lang=DE>VStAG<\/span> sa participation dans le groupe, dans des conditions qui notamment sont favorables \u00e0 <span lang=DE>Flick<\/span>. \u00c0 travers les mesures d&rsquo;\u201caryanisation\u201d d&rsquo;entreprises allemandes, <span lang=DE>Flick<\/span> \u00e9largit encore son consortium, qui est rassembl\u00e9 en 1937 dans le cadre de la <span lang=DE>D\u00fcsseldorfer Holdinggesellschaft Friedrich Flick KG<\/span>. En 1943 <span lang=DE>Mittelstahl<\/span> est transform\u00e9 en <span lang=DE>GmbH<\/span>.<\/p>\n<p class=Notedefindbut><a href=\"#_ednref14\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[14]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <span lang=DE>Peter Kl\u00f6ckner<\/span>.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Lorsque <span lang=DE>Peter Kl\u00f6ckner<\/span> commence \u00e0 investir des fonds dans l&rsquo;industrie, il ne se contente pas d&rsquo;\u00eatre actionnaire, mais intervient dans la gestion commerciale et op\u00e9rationnelle des usines. Il r\u00e9organise l&rsquo;usine sid\u00e9rurgique <span lang=DE>Krieger &amp; Co. \u00e0 Hagen-Haspe<\/span>. Sa nomination au conseil de surveillance du <span lang=DE>A. Schaaffhausenscher Bankverein<\/span> (Association bancaire de A. Schaaffhausen) \u00e0 <span lang=DE>K\u00f6ln<\/span> (Cologne) joue un r\u00f4le important dans l&rsquo;industrie rh\u00e9no-westphalienne. La structure de propri\u00e9t\u00e9 \u00e9tablie dans la r\u00e9gion de la Ruhr fixe des limites \u00e0 l&rsquo;expansion de son influence. Il se tourne vers la Lorraine. Au nom de l&rsquo;Association bancaire, il rejoint le conseil de surveillance du <span lang=DE>Lothringer H\u00fcttenverein<\/span> (Association lorraine de mines), qui exploite une aci\u00e9rie \u00e0 <span lang=DE>Kneuttingen<\/span> pr\u00e8s de <span lang=DE>Diedenhofen<\/span>. L&rsquo;entreprise poss\u00e8de \u00e9galement la mine &quot;<span lang=DE>General<\/span>&quot; pr\u00e8s de <span lang=DE>Bochum<\/span>, dont <span lang=DE>Kl\u00f6ckner<\/span> avait d\u00e9j\u00e0 acquis les parts des partenaires lorrains en 1908. Pour le compte de cette soci\u00e9t\u00e9, il acquiert des parts dans &quot;<span lang=DE>K\u00f6nigsborn AG f\u00fcr Bergbau<\/span>&quot; \u00e0 <span lang=DE>Unna<\/span>. En 1913, il assume la pr\u00e9sidence du conseil de surveillance du <span lang=DE>Lothringer H\u00fcttenverein<\/span>. Il r\u00e9ussit \u00e0 compenser la perte des sites lorrains en acqu\u00e9rant la majorit\u00e9 des parts de &quot;<span lang=DE>Georgsmarien-Bergwerks- und H\u00fcttenwerke AG<\/span>&quot; \u00e0 Osnabr\u00fcck. Le 9 f\u00e9vrier 1923, les usines qui existaient auparavant sous des noms diff\u00e9rents sont r\u00e9unies pour former &quot;<span lang=DE>Kl\u00f6ckner-Werke AG<\/span>&quot;.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Outre les usines sid\u00e9rurgiques et les houill\u00e8res de <span lang=DE>Kl\u00f6ckner-Werke AG, Kl\u00f6ckner<\/span> d\u00e9tient la majorit\u00e9 des parts de plusieurs petites usines: &quot;Union Quint&quot; pr\u00e8s de Trier, &quot;<span lang=DE>Eisen- und Drahtindustrie AG<\/span>&quot; \u00e0 <span lang=DE>D\u00fcsseldorf<\/span>, &quot;<span lang=DE>Fassonwalzwerk Mannstaedt<\/span>&quot; \u00e0 Troisdorf pr\u00e8s de <span lang=DE>K\u00f6ln<\/span> et la &quot;<span lang=DE>Isselburger H\u00fctte AG<\/span>&quot; \u00e0 <span lang=DE>Isselburg<\/span>. Pour vendre les produits de son groupe et comme base pour d&rsquo;autres entreprises, il fond la soci\u00e9t\u00e9 commerciale &quot;<span lang=DE>Kl\u00f6ckner u. Co.<\/span>&quot; \u00e0 <span lang=DE>Duisburg<\/span>.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>L&rsquo;Association bancaire de Schaaffhausen a mis K. en contact avec l&rsquo;industrie de la transformation du fer, y compris la &quot;<span lang=DE>Maschinenbauanstalt Humboldt AG<\/span>&quot; \u00e0 <span lang=DE>K\u00f6ln-Kalk<\/span>. \u00c0 la demande de la famille <span lang=DE>Langen<\/span>, qui \u00e9tait \u00e9troitement li\u00e9e \u00e0 l&rsquo;Association bancaire, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque encore l&rsquo;actionnaire principal de &quot;<span lang=DE>Gasmotorenfabrik Deutz AG<\/span>&quot;, il rejoint leur conseil de surveillance en 1906. Il r\u00e9ussit \u00e0 acqu\u00e9rir la majorit\u00e9 des actions de sorte qu&rsquo;en 1924, il prend la pr\u00e9sidence du conseil de surveillance. Puisqu&rsquo;il \u00e9tait \u00e9galement pr\u00e9sident du conseil de surveillance de la &quot;<span lang=DE>Maschinenbauanstalt Humboldt AG<\/span>&quot; \u00e0 <span lang=DE>K\u00f6ln-Kalk<\/span> (depuis 1915), il unit les deux soci\u00e9t\u00e9s. En 1930, il proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 la fusion de la <span lang=DE>Maschinenbauanstalt Humboldt AG<\/span> avec la <span lang=DE>Motorenfabrik Deutz AG<\/span> (y compris la <span lang=DE>Motorenfabrik Oberursel AG<\/span>, qui y est associ\u00e9e depuis 1921). En 1936 est acquise la soci\u00e9t\u00e9 &quot;<span lang=DE>C. D. Magirus AG <\/span>&quot;.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Avec <span lang=DE>August Thyssen<\/span> (p\u00e8re de <span lang=DE>Fritz Thyssen<\/span>) (cf.&nbsp;note&nbsp;15&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_m\">&#9658;<\/a>), il a particip\u00e9 \u00e0 la fondation d&rsquo;une usine d&rsquo;acier inoxydable \u00e0 Krefeld. En collaboration avec &quot;<span lang=DE>Wintershall AG<\/span>&quot;, il fonde le &quot;<span lang=DE>Gewerkschaft Victor, Chemische Werke AG<\/span>&quot; en 1926, et en 1938, il parach\u00e8ve le d\u00e9veloppement de son groupe en rejoignant la soci\u00e9t\u00e9 de <span lang=DE>K\u00f6ln<\/span> avec les usines de <span lang=DE>K\u00f6ln-Deutz<\/span>, <span lang=DE>K\u00f6ln-Kalk<\/span> et <span lang=DE>Ulm<\/span> et <span lang=DE>Oberursel<\/span> au moyen du rattachement \u00e0 la <span lang=DE>Kl\u00f6ckner-Werke AG<\/span>. Lors de cette r\u00e9organisation, la soci\u00e9t\u00e9, qui \u00e9tait auparavant connue sous le nom de &quot;<span lang=DE>Humboldt-Deutz-Motoren AG<\/span>&quot;, est rebaptis\u00e9e &quot;<span lang=DE>Kl\u00f6ckner-Humboldt-Deutz AG<\/span>&quot;.<\/p>\n<p class=Notedefindbut><a href=\"#_ednref15\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[15]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <span lang=DE>Fritz Thyssen<\/span>.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>\u00c0 partir de 1898 Fritz Thyssen est membre du conseil de surveillance de l&rsquo;<span lang=DE>August-Thyssen-H\u00fctte<\/span>, fond\u00e9e par son p\u00e8re <span lang=DE>August<\/span>. Apr\u00e8s la mort de celui-ci en 1926, <span lang=DE>Fritz<\/span> lui succ\u00e8de \u00e0 la t\u00eate de l&rsquo;entreprise. En 1926 il participe \u00e0 la cr\u00e9ation de la <span lang=DE>Vereinigte Stahlwerke AG (VStAG)<\/span> (cf.&nbsp;l&rsquo;entr\u00e9e correspondante dans la page &quot;Quelques t\u00eates de grands capitalistes allemands des ann\u00e9es 1920&quot; <a href=\"..\/art\/pag_004\/pag_03.htm#_ednref46\">&#9658;<\/a>). Il en est pr\u00e9sident du conseil de surveillance jusqu&rsquo;en 1935. En 1923 Thyssen devient membre de l&rsquo;Union nationale de l&rsquo;industrie allemande (<span lang=DE>Reichsverband der deutschen Industrie, RDI<\/span>), en 1926 il devient membre du pr\u00e9sidium de celle-ci. De 1933 \u00e0 1935 il est pr\u00e9sident du Groupe Nord-Ouest (<span lang=DE>Nordwestliche Gruppe<\/span>) de l&rsquo;Association d&rsquo;industriels du fer et de l&rsquo;acier allemands (<span lang=DE>Verein deutscher Eisen- und Stahlindustrieller, VdESI<\/span>). Il est membre du parti <span lang=DE>DNVP<\/span> (cf.&nbsp;note&nbsp;19&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_c2\">&#9658;<\/a>).<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Cf. &quot;Quelques t\u00eates de grands capitalistes allemands des ann\u00e9es 1920&quot;&nbsp;<a href=\"..\/art\/pag_004\/pag_03.htm#_ednref41\">&#9658;<\/a>.<\/p>\n<p class=Notedefindbut><a href=\"#_ednref16\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[16]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <span lang=DE>Paul Reusch<\/span>.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>En 1905 <span lang=DE>Paul Reusch<\/span> entre au conseil d&rsquo;administration de la <span lang=DE>Gutehoffnungsh\u00fctte (GHH)<\/span> \u00e0 <span lang=DE>Oberhausen<\/span>, en 1909 il en devient pr\u00e9sident. Il met en oeuvre l&rsquo;extension de l&rsquo;entreprise \u00e0 travers diverses acquisitions. Il occupe diverses fonctions de direction dans les organismes d&#8217;employeurs: pr\u00e9sident adjoint de l&rsquo;Association d&rsquo;industriels du fer et de l&rsquo;acier allemands (<span lang=DE>Verein deutscher Eisen- und Stahlindustrieller, VdESI<\/span>) (1922-1929) membre du pr\u00e9sidium de l&rsquo;Union nationale de l&rsquo;industrie allemande (<span lang=DE>Reichsverband der deutschen Industrie, RDI<\/span>) (1923 \u00e0 1933).<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Cf. &quot;Quelques t\u00eates de grands capitalistes allemands des ann\u00e9es 1920&quot;&nbsp;<a href=\"..\/art\/pag_004\/pag_03.htm#_ednref27\">&#9658;<\/a>.<\/p>\n<p class=Notedefindbut><a href=\"#_ednref17\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[17]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <span lang=DE>Jakob Wilhelm Reichert<\/span>.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>En 1912, <span lang=DE>Jakob Reichert<\/span> devient directeur g\u00e9n\u00e9ral et plus tard membre du conseil d&rsquo;administration de l&rsquo;Association d&rsquo;industriels du fer et de l&rsquo;acier allemands (<span lang=DE>Verein deutscher Eisen- und Stahlindustrieller, VdESI<\/span>). De 1920 \u00e0 1930, il est membre du Reichstag pour le <span lang=DE>DNVP<\/span> (cf.&nbsp;note&nbsp;19&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_c2\">&#9658;<\/a>), en 1930, il quitte ce parti.<\/p>\n<p class=Notedefindbut><a href=\"#_ednref18\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[18]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <span lang=DE>Albert V\u00f6gler<\/span>.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>En 1912 <span lang=DE>Albert V\u00f6gler<\/span> entre au conseil d&rsquo;administration de la <span lang=DE>H\u00fcttenwerk Dortmunder<\/span> Union, soci\u00e9t\u00e9 que <span lang=DE>Hugo Stinnes<\/span> (cf.&nbsp;note&nbsp;47&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_g\">&#9658;<\/a>) a acquise en 1910 pour l&rsquo;int\u00e9grer dans la <span lang=DE>Deutsch-Luxemburgischen Bergwerks- und H\u00fctten-AG<\/span> (appel\u00e9e <span lang=DE>Deutsch-Lux<\/span> en abr\u00e9g\u00e9). En 1917 <span lang=DE>V\u00f6gler<\/span> est nomm\u00e9 pr\u00e9sident du conseil d&rsquo;administration. En 1920 est form\u00e9 la <span lang=DE>Rheinelbe-Unio<\/span>n, groupement d&rsquo;int\u00e9r\u00eats [<span lang=DE>Interessengemeinschaft<\/span>] entre la <span lang=DE>Deutsch-Lux<\/span> et la <span lang=DE>Gelsenkirchener Bergwerks AG (GBAG)<\/span>; la <span lang=DE>Rheinelbe-Union<\/span> devient <span lang=DE>Siemens-Rheinelbe-Schuckert-Union<\/span> lorsque s&rsquo;y joint aussi la <span lang=DE>Siemens-Schuckertwerke GmbH<\/span>, puis s&rsquo;y ajoute en 1921 le <span lang=DE>Bochumer Verein f\u00fcr Bergbau und Gu\u00dfstahlfabrikation<\/span>. <span lang=DE>V\u00f6gler<\/span> y d\u00e9tient une position dirigeante. Lors de la constitution de la <span lang=DE>Vereinigte Stahlwerke AG (VStAG)<\/span> (cf.&nbsp;l&rsquo;entr\u00e9e correspondante dans la page &quot;Quelques t\u00eates de grands capitalistes allemands des ann\u00e9es 1920&quot; <a href=\"..\/art\/pag_004\/pag_03.htm#_ednref46\">&#9658;<\/a>), <span lang=DE>V\u00f6gler<\/span> devient pr\u00e9sident du conseil d&rsquo;administration. \u00c0 la fondation de l&rsquo;Union nationale de l&rsquo;industrie allemande (<span lang=DE>Reichsverband der deutschen Industrie, RDI<\/span>) en 1919 il devient membre du pr\u00e9sidium. Il est membre du comit\u00e9 de direction de l&rsquo;Association d&rsquo;industriels du fer et de l&rsquo;acier allemands (<span lang=DE>Verein deutscher Eisen- und Stahlindustrieller, VdESI<\/span>). En 1918 <span lang=DE>V\u00f6gler<\/span> participe \u00e0 la fondation du parti <span lang=DE>DVP<\/span> (cf.&nbsp;note&nbsp;19&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_c1\">&#9658;<\/a>). Il quitte ce parti en 1924.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Cf. &quot;Quelques t\u00eates de grands capitalistes allemands des ann\u00e9es 1920&quot;&nbsp;<a href=\"..\/art\/pag_004\/pag_03.htm#_ednref43\">&#9658;<\/a>.<\/p>\n<p class=Notedefindbut><a href=\"#_ednref19\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[19]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Parti allemand du peuple (<span lang=DE>Deutsche Volkspartei, DVP<\/span>).<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Apr\u00e8s l&rsquo;effondrement de l&rsquo;Empire allemand, l&rsquo;aile droite de l&rsquo;ancien Parti national lib\u00e9ral (<span lang=DE>Nationalliberale Partei<\/span>) et une partie de l&rsquo;ancien Parti progressiste du peuple (<span lang=DE>Fortschrittlichen Volkspartei<\/span>) fusionnent pour former le Parti populaire allemand (<span lang=DE>DVP<\/span>) en d\u00e9cembre 1918. Les principes du <span lang=DE>DVP<\/span> publi\u00e9s en octobre 1919 visent toujours \u00e0 restaurer l&#8217;empire. Avec le soutien financier massif de l&rsquo;industrie lourde, le <span lang=DE>DVP<\/span> est en confrontation avec les objectifs politiques du <span lang=DE>SPD<\/span>. Tout aussi clairement que le <span lang=DE>DNVP<\/span> (cf. ci-apr\u00e8s), le <span lang=DE>DVP<\/span> en tant que parti du &quot;national-lib\u00e9ralisme&quot; rejette en principe la r\u00e9volution de 1918-19. La revendication d&rsquo;une s\u00e9paration claire de l&rsquo;\u00c9glise et de l&rsquo;\u00c9tat, faite en particulier par le DDP (cf.&nbsp;note&nbsp;<b>Erreur&nbsp;! Signet non d\u00e9fini.<\/b>&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_b\">&#9658;<\/a>) et le <span lang=DE>DVP<\/span>, conduit \u00e0 plusieurs reprises \u00e0 des conflits avec le Parti du centre (<span lang=DE>Zentrumspartei<\/span>) (cf.&nbsp;note&nbsp;20&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_d\">&#9658;<\/a>). Avec l&rsquo;adh\u00e9sion \u00e0 la coalition du <span lang=DE>Zentrumspartei<\/span> et du DDP form\u00e9e sous <span lang=DE>Konstantin Fehrenbach<\/span> en juin 1920, le <span lang=DE>DVP<\/span> participe pour la premi\u00e8re fois \u00e0 un gouvernement du Reich.<\/p>\n<p class=Notedefindbut>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Parti allemand-national du peuple (<span lang=DE>Deutschnationale Volkspartei, DNVP<\/span>)<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Des repr\u00e9sentants du Parti conservateur libre (<span lang=DE>Freikonservative Partei<\/span>), du Parti allemand-conservateur (<span lang=DE>Deutschkonservative Partei<\/span>), du Parti allemand de la patrie (<span lang=DE>Deutsche Vaterlandspartei<\/span>,), de l&rsquo;Association pangermaniste (<span lang=DE>Alldeutscher Verband<\/span>), du mouvement social-chr\u00e9tien et celui allemand-national signent un appel publi\u00e9 le 24 novembre 1918 pour la cr\u00e9ation d&rsquo;un nouveau parti de droite, connu sous le nom de Parti allemand-national du peuple (<span lang=DE>DNVP<\/span>). <span lang=DE>Alfred von Tirpitz<\/span> et <span lang=DE>Wolfgang Kapp<\/span>, les deux fondateurs du Parti de la patrie, ainsi qu&rsquo;Alfred Hugenberg (cf.&nbsp;note&nbsp;47&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_g1\">&#9658;<\/a>), chef d&rsquo;un groupe de m\u00e9dias, figurent parmi les membres les plus connus du parti. Le <span lang=DE>DNVP<\/span> repr\u00e9sente principalement les int\u00e9r\u00eats politiques et \u00e9conomiques des \u00e9lites de l&#8217;empire: la noblesse, les fonctionnaires du secteur public, le corps des officiers et la haute bourgeoisie. Le parti trouve un soutien solide chez l&rsquo;\u00c9glise protestante, parmi les agrariens de l&rsquo;Elbe oriental et les repr\u00e9sentants de l&rsquo;industrie et du commerce. Les allemand-nationaux combattent le syst\u00e8me parlementaire-d\u00e9mocratique de la R\u00e9publique de Weimar, ils exigent la restauration de la monarchie des Hohenzollern. L&rsquo;abrogation du trait\u00e9 de Versailles (cf.&nbsp;note&nbsp;40&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_a\">&#9658;<\/a>) et le retour des zones c\u00e9d\u00e9es et des anciennes colonies allemandes sont au c\u0153ur de leurs revendications de politique \u00e9trang\u00e8re.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Le <span lang=DE>DNVP<\/span> obtient pr\u00e8s de 19,5 pour cent de tous les votes aux \u00e9lections du Reichstag le 4 mai 1924, par la suite le nombre de membres et les r\u00e9sultats des \u00e9lections diminuent. La politique des allemand-nationaux \u00e9tant trop mod\u00e9r\u00e9e pour une partie des allemand-populistes, beaucoup d&rsquo;entre eux quittent le <span lang=DE>DNVP<\/span> en 1922 et fondent le Parti allemand-populiste de la libert\u00e9 (<span lang=DE>Deutschv\u00f6lkische Freiheitspartei, DVFP<\/span>). Dans la phase de relative stabilisation de la r\u00e9publique, la <span lang=DE>DNVP<\/span> met temporairement en retrait ses r\u00e9serves sur le syst\u00e8me parlementaire et participe pour la premi\u00e8re fois \u00e0 un gouvernement du Reich. En 1928, en tant que repr\u00e9sentant de l&rsquo;aile nationaliste radicale, <span lang=DE>Hugenberg<\/span> prend la pr\u00e9sidence du parti et remet le parti sur une voie stricte de rejet du &quot;syst\u00e8me de Weimar&quot;.<\/p>\n<p class=Notedefindbut><a href=\"#_ednref20\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[20]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <span lang=DE>Deutsche Zentrumspartei<\/span> (Parti allemand du centre, <span lang=DE>Zentrum<\/span>).<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Le <span lang=DE>Zentrum<\/span> a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9 en&nbsp;1870 en tant que repr\u00e9sentant politique du catholicisme. Apr\u00e8s la Deuxi\u00e8me guerre mondiale, ses principaux dirigeants contribueront \u00e0 la formation de l&rsquo;actuelle <span lang=DE>Christlich-Demokratische Union Deutschlands<\/span> (Union chr\u00e9tien-d\u00e9mocrate d&rsquo;Allemagne, CDU).<\/p>\n<p class=Notedefindbut><a href=\"#_ednref21\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[21]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <span lang=DE>Friedrich Wilhelm von Loebell<\/span>.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>En mai 1914 <span lang=DE>Friedrich Loebell<\/span> est nomm\u00e9 Ministre de l&rsquo;int\u00e9rieur de Prusse, il d\u00e9missionne en juillet 1917. Il est nomm\u00e9 pr\u00e9sident en chef (<span lang=DE>Oberpr\u00e4sident<\/span>) de la Province <span lang=DE>Brandenburg<\/span>, fonction qu&rsquo;il garde jusqu&rsquo;en mars 1919. \u00c0 la fin de 1919, il assume la pr\u00e9sidence du Conseil des citoyens du Reich (<span lang=DE>Reichsb\u00fcrgerrat<\/span>), initialement dirig\u00e9 principalement contre les conseils ouvriers, en tant que point de rassemblement de toutes les forces consid\u00e9r\u00e9es comme piliers de l&rsquo;\u00c9tat, et bourgeoises. Son activit\u00e9 la plus significative ici concerne la candidature de rassemblement bourgeois \u00e0 la pr\u00e9sidence du Reich au printemps 1925, pour laquelle Karl Jarres a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 au premier tour, puis Hindenburg au second tour.<\/p>\n<p class=Notedefindbut><a href=\"#_ednref22\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[22]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <span lang=DE>Paul von Hindenburg<\/span>.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>En 1911 arriv\u00e9 au grade de g\u00e9n\u00e9ral commandant un corps d&rsquo;Arm\u00e9e, et ayant atteint la limite d&rsquo;\u00e2ge, <span lang=DE>Paul von Hindenburg<\/span> quitte le service militaire. Le 21 aout 1914, trois semaines apr\u00e8s le d\u00e9but de la Premi\u00e8re Guerre mondiale, il est rappel\u00e9 et assume le commandement de la 8e arm\u00e9e en tant que commandant en chef avec Erich Ludendorff en tant que chef d&rsquo;\u00e9tat-major. Le 29 aout 1916 il assume commandement supr\u00eame de l&rsquo;arm\u00e9e (<span lang=DE>OHL<\/span>) avec Ludendorff comme premier quartier-maitre g\u00e9n\u00e9ral. Le 10 novembre 1918 il se prononce en faveur de la signature de l&rsquo;accord d&rsquo;armistice. Il se met \u00e0 la disposition du gouvernement provisoire du Conseil des d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s du peuple <span lang=DE>(Rat der Volksbeauftragten) <\/span>pour lutter contre les troubles r\u00e9volutionnaires et ramener les troupes du front au pays. 1919 il part \u00e0 la retraite. Lors des \u00e9lections pr\u00e9sidentielles d&rsquo;avril 1925, cons\u00e9cutives au d\u00e9c\u00e8s de Friedrich Ebert (SPD), les partis de droite pressent Hindenburg, sans-parti, de se pr\u00e9senter au second tour de l&rsquo;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle. Il est \u00e9lu \u00e0 la majorit\u00e9 relative devant le candidat du <span lang=DE>Zentrum<\/span> (cf.&nbsp;note&nbsp;20&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_d\">&#9658;<\/a>), Wilhelm Marx. Malgr\u00e9 son attachement \u00e0 la monarchie, il pr\u00eate serment sur la Constitution de Weimar.<\/p>\n<p class=Notedefindbut><a href=\"#_ednref23\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[23]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Hans Luther.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>En 1922 Hans Luther assume le poste de Ministre du Reich pour l&rsquo;alimentation et l&rsquo;agriculture, en octobre 1923 celui de ministre des Finances. Le 15 janvier 1925, \u00e0 l&rsquo;issue de plusieurs semaines de n\u00e9gociations de coalition \u00e0 la suite des \u00e9lections du Reichstag du 7 d\u00e9cembre 1924, il r\u00e9ussit \u00e0 former un gouvernement \u00e0 majorit\u00e9 bourgeoise comprenant le Parti allemand-national du peuple (DNVP) (cf.&nbsp;note&nbsp;19&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_c2\">&#9658;<\/a>). Le 19 janvier 1926 il forme un gouvernement minoritaire sans la participation du DNVP, il d\u00e9missionne le12 mai apr\u00e8s un vote de d\u00e9fiance du Reichstag. En 1927 Luther rejoint le Parti populaire allemand (DVP) (cf.&nbsp;note&nbsp;19&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_c1\">&#9658;<\/a>).<\/p>\n<p class=Notedefindbut><a href=\"#_ednref24\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[24]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <span lang=DE>Reichswehr<\/span>.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>C&rsquo;est la d\u00e9signation officielle pour les forces arm\u00e9es allemandes, compos\u00e9es de l&rsquo;arm\u00e9e de terre et de la marine. Les dispositions du Trait\u00e9 de Versailles (cf.&nbsp;note&nbsp;40&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_a\">&#9658;<\/a>) interdisent la cr\u00e9ation d&rsquo;une arm\u00e9e de l&rsquo;air. N\u00e9anmoins des efforts sont entrepris pour \u00e9tablir les conditions en vue d&rsquo;une reconstitution de forces a\u00e9riennes. Le Trait\u00e9 de Rapallo conclu en avril 1922 avec l&rsquo;Union sovi\u00e9tique permet une coop\u00e9ration en ce sens. En&nbsp;1930 sont form\u00e9es trois escadrilles d&rsquo;avions camoufl\u00e9es comme civiles. Le r\u00e9gime national-socialiste, en avril 1933, cr\u00e9e le minist\u00e8re de l&rsquo;aviation, puis en&nbsp;1935 proclame la souverainet\u00e9 de d\u00e9fense de l&rsquo;Allemagne, et le d\u00e9veloppement de l&rsquo;arm\u00e9e de l&rsquo;air se d\u00e9roule de fa\u00e7on ouverte.<\/p>\n<p class=Notedefindbut><a href=\"#_ednref25\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[25]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L&rsquo;organisation \u201cCasque d&rsquo;acier, Ligue des soldats du front\u201d (\u201c<span lang=DE>Stahlhelm, Bund der Frontsoldaten<\/span>\u201d).<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>L&rsquo;organisation Casque d&rsquo;acier est cr\u00e9\u00e9e en d\u00e9cembre 1918 \u00e0 Magdeburg par l&rsquo;officier de r\u00e9serve <span lang=DE>Franz Seldte<\/span>. En&nbsp;1930 elle est avec environ&nbsp;500.000&nbsp;membres la plus puissante f\u00e9d\u00e9ration de d\u00e9fense d&rsquo;Allemagne. En octobre 1931 le Casque d&rsquo;acier, le <span lang=DE>NSDAP<\/span> et le Parti allemand-national du peuple (<span lang=DE>Deutschnationale Volkspartei, DNVP<\/span>) (cf.&nbsp;note&nbsp;19&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_c2\">&#9658;<\/a>) forment le \u201cFront de <span lang=DE>Harzburg<\/span>\u201d (\u201c<span lang=DE>Harzburger Front<\/span>\u201d). En&nbsp;1934 le Casque d&rsquo;acier est int\u00e9gr\u00e9 dans la SA (<span lang=DE>Sturmabteilung<\/span>, c&rsquo;est-\u00e0-dire Section d&rsquo;assaut) en tant que \u201c<span lang=DE>NS-Frontk\u00e4mpferbund<\/span>\u201d (\u201cLigue des combattants du Front &#8211; National-socialiste\u201d), puis l&rsquo;organisation est dissoute en&nbsp;1935.<\/p>\n<p class=Notedefindbut>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <i><span lang=DE>Die Standarte<\/span><\/i>.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Le p\u00e9riodique <i><span lang=DE>Die Standarte<\/span><\/i><span lang=DE> <\/span>(<i>L&rsquo;\u00e9tendard<\/i>) a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e en juin 1925 sous la direction de <span lang=DE>Helmut Franke<\/span>, par ailleurs r\u00e9dacteur en chef de l&rsquo;organe du Casque d&rsquo;Acier, intitul\u00e9 <i><span lang=DE>Stahlhelm &#8211; Wochenschrift des Bundes der Frontsoldaten<\/span><\/i> (<i><span lang=DE>Stahlhelm &#8211; <\/span>hebdomadaire de la Ligue des soldats du front<\/i>). <i>Die <\/i><i><span lang=DE>Standarte<\/span><\/i> est destin\u00e9e \u00e0 \u00eatre le porte-parole de la jeune g\u00e9n\u00e9ration de combattants. Elle parait comme suppl\u00e9ment sp\u00e9cial \u00e0 l&rsquo;hebdomadaire du Casque d&rsquo;Acier. Cependant, les concepts radicaux du groupe rassembl\u00e9 autour de la <i><span lang=DE>Standarte<\/span><\/i> incommodent la direction du Casque d&rsquo;Acier; celui-ci s&rsquo;\u00e9tait adapt\u00e9 \u00e0 une orientation vers la l\u00e9galit\u00e9, ce qui \u00e0 son tour entraine des critiques de la part des auteurs de la <i><span lang=DE>Standarte<\/span><\/i>. C&rsquo;est pourquoi la <i><span lang=DE>Standarte<\/span><\/i> est d\u00e9tach\u00e9e de l&rsquo;hebdomadaire en mars 1926 et re\u00e7oit le titre modifi\u00e9 <i><span lang=DE>Standarte &#8211; Wochenschrift des neuen Nationalismus<\/span><\/i> (<i><span lang=DE>Standarte<\/span> &#8211; Hebdomadaire du nouveau nationalisme<\/i>) en tant que magazine ind\u00e9pendant, mais toujours en association avec l&rsquo;hebdomadaire du Casque d&rsquo;Acier. Quand le 12 aout 1926 parait un article dans la <i><span lang=DE>Standarte<\/span><\/i> dans lequel le combattant de la Ruhr <span lang=DE>Leo Schlageter<\/span>&nbsp;*, l&rsquo;assassin de <span lang=DE>Erzberger<\/span> (<span lang=DE>Tillesen<\/span>)&nbsp;** et les assassins de <span lang=DE>Rathenau<\/span> (<span lang=DE>Fischer et Kern<\/span>)&nbsp;*** sont salu\u00e9s comme des &quot;martyrs nationalistes&quot;, le journal est interdit pendant trois mois. <span lang=DE>Franke<\/span> est cong\u00e9di\u00e9 de sa fonction de r\u00e9dacteur en chef, et par la suite lui et la plupart des autres auteurs de la <i><span lang=DE>Standarte<\/span><\/i> se s\u00e9parent du <span lang=DE>Stahlhelm<\/span>.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Restant fid\u00e8les \u00e0 leur programme politique, ils utilisent leurs contacts avec <span lang=DE>Hermann Ehrhardt<\/span> (cf. ci-apr\u00e8s). Celui-ci finance alors le magazine <i><span lang=DE>Arminius &#8211; Kampfschrift f\u00fcr deutsche Nationalisten<\/span><\/i> (<i>Arminius &#8211; publication de combat pour des nationalistes allemands<\/i>) qui succ\u00e8de \u00e0 la <i><span lang=DE>Standarte<\/span><\/i>. Le <i><span lang=DE>Arminius<\/span><\/i> est officiellement publi\u00e9 par <span lang=DE>Helmut Franke<\/span> en association avec <span lang=DE>Ernst J\u00fcnger<\/span> et <span lang=DE>Wilhelm Wei\u00df<\/span>. Ce dernier est membre du <span lang=DE>NSDAP<\/span> et en janvier 1927 il passe \u00e0 la t\u00eate du service du <i><span lang=DE>V\u00f6lkischer Beobachter<\/span><\/i>, organe du NSDAP. Le <i><span lang=DE>Arminius<\/span><\/i> ne se maintient que jusqu&rsquo;en septembre 1927.<\/p>\n<p class=Notedefindbut>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <span lang=DE>Hermann Ehrhardt<\/span>.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite><span lang=DE>Hermann Ehrhardt<\/span> a \u00e9t\u00e9 impliqu\u00e9 dans les luttes politiques int\u00e9rieures de l&rsquo;apr\u00e8s-guerre en tant que capitaine de corvette pendant la Premi\u00e8re Guerre mondiale, commandant la 2e Brigade de Marine. L&rsquo;article 160 du Trait\u00e9 de Versailles (cf.&nbsp;note&nbsp;40&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_a\">&#9658;<\/a>) prescrit la r\u00e9duction de l&rsquo;arm\u00e9e allemande \u00e0 100.000 soldats de m\u00e9tier, et la dissolution des corps francs compos\u00e9s de volontaires. Pour respecter ces limitations, \u00e0 partir de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1919 environ 200.000 soldats de corps francs sont d\u00e9mobilis\u00e9s. En particulier, sur ordre des puissances alli\u00e9es vainqueurs doit \u00eatre dissoute la Brigade <span lang=DE>Ehrhardt<\/span>. Le g\u00e9n\u00e9ral le plus haut grad\u00e9 de l&rsquo;arm\u00e9e (d\u00e9nomm\u00e9e \u00e0 cette \u00e9poque &quot;<span lang=DE>Reichswehr<\/span> provisoire&quot;), <span lang=DE>Walther von L\u00fcttwitz<\/span>, initie un putsch; le 13 mars 1920, \u00e0 la t\u00eate de la Brigade <span lang=DE>Ehrhardt<\/span> qui est sous ses ordres, il occupe le quartier gouvernemental de Berlin et nomme <span lang=DE>Wolfgang Kapp<\/span>, un fonctionnaire de l&rsquo;administration prussienne, comme chancelier. Cependant les travailleurs r\u00e9agissent par la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale et la r\u00e9sistance arm\u00e9e, de sorte qu&rsquo;apr\u00e8s quatre jours le putsch est mis en \u00e9chec.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite><span lang=DE>Ehrhardt<\/span> constitue alors une union secr\u00e8te d\u00e9nomm\u00e9e &quot;Organisation Consul&quot;. Celle-ci joue un r\u00f4le cl\u00e9 dans le meurtre d&rsquo;<span lang=DE>Erzberger<\/span>&nbsp;** et de <span lang=DE>Rathenau<\/span>&nbsp;***. Elle est interdite dans le cadre de la loi sur la protection de la R\u00e9publique (<span lang=DE>Republikschutzgesetz<\/span>, du 21 juillet 1922), elle se maintient sous la forme du &quot; <span lang=DE>Neudeutscher Bund<\/span>&quot;, puis du &quot;<span lang=DE>Bund Wiking<\/span>&quot; constitu\u00e9 en 1923. En 1926 le <span lang=DE>Bund Wiking<\/span> est interdit dans plusieurs \u00c9tats (<span lang=DE>L\u00e4nder<\/span>), en Bavi\u00e8re il se dissout en avril 1928.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite><span lang=DE>Ehrhardt<\/span> et ses partisans rejoignent le <span lang=DE>Stahlhelm<\/span> en mai 1926. <span lang=DE>Ehrhardt<\/span> publie \u00e0 partir de juin 1927 le <i><span lang=DE>Vormarsch<\/span><\/i>; en octobre, il d\u00e9missionne du <span lang=DE>Stahlhelm<\/span>. \u00c0 partir de juin 1928, le <i><span lang=DE>Vormarsch<\/span><\/i> s&rsquo;intitule <i><span lang=DE>Kampfschrift des Deutschen Nationalismus<\/span><\/i>.<\/p>\n<p class=Notedefindbut>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; *&nbsp;<span lang=DE>Albert Leo Schlageter<\/span>.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Avec la fin de la 1e Guerre mondiale, la d\u00e9faite de l&rsquo;Allemagne et les amorces de mouvements anticapitalistes, se constituent des Corps francs contrer\u00e9volutionnaires. <span lang=DE>Schlageter<\/span> rejoint le <span lang=DE>Freikorps Medem<\/span> et participe aux combats dans le <span lang=DE>Baltikum<\/span>. En 1920 il participe en tant que membre de la 3e Brigade de Marine \u00e0 la r\u00e9pression des mouvements insurrectionnels qui se d\u00e9veloppent en r\u00e9action au putsch <span lang=DE>L\u00fcttwitz-Kapp<\/span>. En 1921 il rejoint le <span lang=DE>Freikorps Hauenstein<\/span> en Haute-Sil\u00e9sie et participe aux op\u00e9rations contre les combattants polonais. L&rsquo;entr\u00e9e dans la r\u00e9gion de la Ruhr, le 11 janvier, de troupes fran\u00e7aises et belges d\u00e9clenche une r\u00e9sistance active et passive de la part des travailleurs et d&rsquo;autres couches de la population. <span lang=DE>Schlageter<\/span> participe au 1er Congr\u00e8s du <span lang=DE>NSDAP<\/span>, tenu du 27 au 29 janvier \u00e0 Munich. Il organise un groupe de sabotage contre les troupes d&rsquo;occupation. Il est arr\u00eat\u00e9 le 7 avril, condamn\u00e9 \u00e0 mort le 7 mai et ex\u00e9cut\u00e9 le 26.<\/p>\n<p class=Notedefindbut>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; **&nbsp;Assassinat de Matthias Erzberger.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>En f\u00e9vrier 1919 Erzberger assume dans le cabinet Scheidemann le poste de ministre sans portefeuille avec une responsabilit\u00e9 pour les questions concernant l&rsquo;armistice; en juin il est nomm\u00e9 vice-chancelier et ministre des Finances du cabinet Bauer. Le 26 aout 1921 il est attaqu\u00e9 et abattu par <span lang=DE>Heinrich Tillessen<\/span> et <span lang=DE>Heinrich Schulz<\/span>. L&rsquo;assassinat a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9 par l&rsquo;Ordre Germanique (<span lang=DE>Germanenorden<\/span>) sous <span lang=DE>Manfred von Killinger<\/span>.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite><span lang=DE>Heinrich Tillessen<\/span>: En 1917 il sert sous la 17e flottille de torpilleurs, directement subordonn\u00e9e au lieutenant de vaisseau <span lang=DE>Hermann Ehrhardt<\/span>, en 1920 pendant le Putsch <span lang=DE>L\u00fcttwitz-Kapp<\/span> il se trouve dans le corps franc &quot;<span lang=DE>Offiziers-Sturmkompanie Wilhelmshaven<\/span>&quot; de <span lang=DE>Ehrhardt<\/span>. Durant les ann\u00e9es 1920-1921 il est membre du <span lang=DE>Deutscher Schutz- und Trutzbund<\/span> (Union allemande de protection et de d\u00e9fense) et de l&rsquo;Organisation Consul. Apr\u00e8s l&rsquo;attentat il se r\u00e9fugie d&rsquo;abord en Hongrie, puis en Espagne. En 1932 il retourne en Allemagne, en 1933 il b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;un d\u00e9cret d&rsquo;impunit\u00e9, il est accueilli au <span lang=DE>NSDAP<\/span> et nomm\u00e9<span lang=DE> SA Sturmbannf\u00fchrer<\/span> \u00e0 titre honorifique.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Heinrich Schulz: Apr\u00e8s l&rsquo;attentat il est en fuite jusqu&rsquo;en 1933, puis retourne en Allemagne.<\/p>\n<p class=Notedefindbut>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; ***&nbsp;assassinat de <span lang=DE>Walther Rathenau<\/span>.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>En mai 1921 Rathenau assume dans le cabinet <span lang=DE>Wirth<\/span> le poste de ministre pour la Reconstruction; en f\u00e9vrier 1922 il est nomm\u00e9 ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res du deuxi\u00e8me cabinet <span lang=DE>Wirth<\/span>. Le 24 juin 1922 il est attaqu\u00e9 et abattu par <span lang=DE>Erwin Kern<\/span> et <span lang=DE>Hermann Fischer<\/span>. Les deux assassins sont interceptes le 17 juillet, <span lang=DE>Kern<\/span> est bless\u00e9 mortellement, Fischer commet suicide.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite><span lang=DE>Erwin Kern<\/span> et <span lang=DE>Hermann Fischer<\/span> \u00e9taient membres de l&rsquo;Organisation Consul.<\/p>\n<p class=Notedefindbut><a href=\"#_ednref26\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[26]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Organisation &quot;<span lang=DE>Reichsbanner Schwarz-Rot-Gold<\/span>&quot;<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>L&rsquo;organisation &quot;<span lang=DE>Reichsbanner Schwarz-Rot-Gold<\/span>&quot; (&quot;Banni\u00e8re du Reich Noir-Rouge-Or&quot;) est une organisation de masse proche du SPD, fond\u00e9e en 1924 par ce parti ensemble avec le Parti du centre (<span lang=DE>Zentrumspartei, Zentrum<\/span>) (cf.&nbsp;note&nbsp;20&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_d\">&#9658;<\/a>), le Parti d\u00e9mocratique allemande (<span lang=DE>Deutsche Demokratische Partei, DDP<\/span>) (cf.&nbsp;note&nbsp;<b>Erreur&nbsp;! Signet non d\u00e9fini.<\/b>&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_b\">&#9658;<\/a>) et quelques petits partis, ayant comme but la protection de la R\u00e9publique contre les activit\u00e9s d&rsquo;extr\u00eame droite et aussi du KPD. De la fondation jusqu&rsquo;en 1931, le pr\u00e9sident est <span lang=DE>Otto H\u00f6rsing<\/span> (SPD). Les couleurs noir-blanc-rouge constituaient \u00e0 partir de 1867 le drapeau de l&rsquo;Union allemande du Nord [<span lang=DE>Norddeutscher Bund<\/span>], puis servaient de 1871 \u00e0 1919 ainsi que de 1933 \u00e0 1945 comme couleurs de l&rsquo;Empire allemand. En 1919 l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale de Weimar d\u00e9cide que les couleurs nationales sont noir-rouge-or, mais les groupes monarchistes, conservateurs et <span lang=DE>national-socialistes<\/span> continuaient \u00e0 arborer les couleurs noir-blanc-rouge.<\/p>\n<p class=Notedefindbut><a href=\"#_ednref27\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[27]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <i><span lang=DE>Die Standarte<\/span>.<\/i><\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Cf. <span lang=DE>Stahlhelm<\/span> (note&nbsp;25&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_p\">&#9658;<\/a>)<\/p>\n<p class=Notedefindbut><a href=\"#_ednref28\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[28]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Hermann Ehrhardt.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Pour la p\u00e9riode avant 1926, cf. <span lang=DE>Stahlhelm<\/span> (cf.&nbsp;note&nbsp;25&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_p\">&#9658;<\/a>)<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>L&rsquo;amnistie est accord\u00e9e \u00e0 <span lang=DE>Ehrhardt<\/span> en automne 1925. En mars 1926 est publi\u00e9 un &quot;programme de travail du capitaine <span lang=DE>Ehrhardt<\/span> et de ses unions affili\u00e9es&quot;. Il va dans le sens d&rsquo;une rupture avec les orientations et m\u00e9thodes pr\u00e9c\u00e9dentes. Il s&rsquo;agit toujours de devenir &quot;pouvoir et \u00c9tat&quot; [&quot;<span lang=DE>Macht und Staat<\/span>&quot;]. Mais il ne vise plus d&rsquo;obtenir ce pouvoir par un coup d&rsquo;\u00c9tat, car l&rsquo;\u00c9tat \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme trop puissant et la position de l&rsquo;Allemagne trop pr\u00e9caire. &quot;Le seul moyen l\u00e9gal d&rsquo;acc\u00e9der au pouvoir est l&rsquo;\u00e9lection.&quot; [&quot;<span lang=DE>Das einzig legale Mittel, zur Macht zu kommen, ist die Wahl.<\/span>&quot;] Le &quot;<span lang=DE>Wiking<\/span>&quot; ne se con\u00e7oit plus comme une association purement militaire, mais veut d\u00e9ployer un travail politique en tant que &quot;pionnier&quot; et &quot;\u00e9ducateur&quot; [<span lang=DE>&quot;Wegbereiter&quot;, &quot;Erzieher&quot;<\/span>]. N\u00e9anmoins, il rejette explicitement l&rsquo;&quot;esprit de parti&quot; [&quot;<span lang=DE>Parteigeist<\/span>&quot;] et aspire \u00e0 l&rsquo;\u00e9tablissement d&rsquo;un &quot;front uni national&quot; [&quot;<span lang=DE>nationale Einheitsfront<\/span>&quot;] du DVP (cf.&nbsp;note&nbsp;19&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_c1\">&#9658;<\/a>) aux <span lang=DE>Deutschv\u00f6lkische<\/span> en passant par le <span lang=DE>DNVP<\/span> (cf.&nbsp;note&nbsp;19&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_c2\">&#9658;<\/a>) et le <span lang=DE>BVP<\/span> (cf.&nbsp;note&nbsp;3020&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_o\">&#9658;<\/a>), si possible aussi avec des \u00e9l\u00e9ments du <span lang=DE>Zentrum<\/span> (cf.&nbsp;note&nbsp;20&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_d\">&#9658;<\/a>).<\/p>\n<p class=Notedefinsuite><span lang=DE>Ehrhardt<\/span> se trouve au d\u00e9part politiquement du c\u00f4t\u00e9 de la r\u00e9action, puisque la r\u00e9publique, \u00e0 ses yeux, a \u00e9limin\u00e9 l&#8217;empire avec l&rsquo;aide des &quot;criminels de novembre&quot;, [&quot;<span lang=DE>Novemberverbrecher<\/span>&quot;]. Cependant, il ne rejoint pas une direction politique d\u00e9termin\u00e9. Ce qui prime, c&rsquo;est le maintien de &quot;la paix et de l&rsquo;ordre&quot;: &quot;Il n&rsquo;y a pas de politisation dans les troupes car nous devons cultiver la camaraderie.&quot; [&quot;<span lang=DE>Ruhe und Ordnung<\/span>&quot;: &quot;<span lang=DE>Politisieren in der Truppe gibt es nicht, da wir Kameradschaftlichkeit zu pflegen haben.<\/span>&quot;.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Pour les jeunes officiers qui avaient fait leurs preuves pendant la guerre, comme <span lang=DE>Ehrhardt<\/span>, la monarchie \u00e9tait devenue un probl\u00e8me secondaire. Ils ne tournent pas le dos \u00e0 la monarchie comme forme de gouvernement, mais ils sont marqu\u00e9s par la d\u00e9ception que cause l&rsquo;abdication sans r\u00e9sistance de Guillaume&nbsp;II. Dans les associations &quot;patriotiques&quot; [&quot;<span lang=DE>vaterl\u00e4ndisch<\/span>&quot;], la fuite de l&#8217;empereur, du prince h\u00e9ritier et du prince f\u00e9d\u00e9ral produit des tensions. Il arrive \u00e0 <span lang=DE>Ehrhardt<\/span>, en 1926, de prononcer un discours contre la monarchie, accusant Wilhelm&nbsp;II d&rsquo;avoir abandonn\u00e9 l&rsquo;Allemagne. Le pr\u00e9sident Hindenburg s&rsquo;en trouve offens\u00e9, au point que lui et Mackensen &#8211; les seuls membres honoraires du Casque d&rsquo;Acier &#8211; menacent de d\u00e9missionner. Par la suite, en novembre 1926, en soutien \u00e0 <span lang=DE>Ehrhardt<\/span>, dans une lettre aux termes clairs adress\u00e9 au <span lang=DE>Pr\u00e4sidium der Vereinigten Vaterl\u00e4ndischen Verb\u00e4nde<\/span>, un groupe de jeunes officiers d\u00e9clare leur pr\u00e9tention de &quot;faire la distinction entre la monarchie et le porteur individuel apr\u00e8s que ce dernier ait abandonn\u00e9 la monarchie&quot;. [&quot;<span lang=DE>zwischen der Monarchie und dem einzelnen Tr\u00e4ger zu unterscheiden, nachdem dieser die Monarchie preisgegeben hat<\/span>&quot;] Parmi les signataires, <span lang=DE>Dietrich v. Jagow<\/span> et <span lang=DE>Manfred Freiherr v. Killinger<\/span> font d\u00e9j\u00e0 partie du mouvement national-socialiste \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque. <span lang=DE>Ehrhardt<\/span> quitte la direction du Casque d&rsquo;Acier en novembre 1927.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>[Cf. Gabriele Kr\u00fcger: <span lang=DE>Die Brigade Ehrhardt<\/span>, <span lang=DE>Leibniz-Verlag Hamburg<\/span> 1971 S. 121, 127]<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>R\u00e9trospectivement <span lang=DE>Ehrhardt<\/span> commente ces \u00e9v\u00e8nements en 1958 dans les termes suivants:<\/p>\n<p class=Notedefincitation>La monarchie \u00e9tait finie pour moi et une grande partie de mes officiers apr\u00e8s que l&#8217;empereur et le prince h\u00e9ritier aient quitt\u00e9 le front pendant la guerre et travers\u00e9 la fronti\u00e8re au lieu de tomber sur les marches de leur tr\u00f4ne les \u00e9p\u00e9es tir\u00e9es. En pratique, au lieu de se rendre \u00e0 Berlin avec quelques r\u00e9giments de gardes et d&rsquo;abattre le peloton rouge. [&#8230;]. Personnellement, j&rsquo;aurais \u00e9t\u00e9 tout \u00e0 fait pr\u00eat \u00e0 collaborer \u00e0 b\u00e2tir une r\u00e9publique ordonn\u00e9e et forte.<\/p>\n<p class=Notedefincitation>[<span lang=DE>Die Monarchie war f\u00fcr mich und einen gro\u00dfen Teil meiner Offiziere erledigt, nachdem der Kaiser und der Kronprinz noch im Kriege die Front verlassen haben und \u00fcber die Grenze gingen, statt mit gezogenem Schwert auf den Stufen ihres Thrones zu fallen. In Praxis, statt mit ein paar Garderegimentern nach Berlin zu reiten und das rote Pack niederzuschlagen. [&#8230;]. Ich pers\u00f6nlich w\u00e4re durchaus bereit gewesen, an dem Aufbau einer geordneten und starken Republik mitzuarbeiten. <\/span><\/p>\n<p class=Notedefincitation><span lang=DE>Cf. Johannes Erger: Der Kapp-L\u00fcttwitz-Putsch: Ein Beitrag zur deutschen Innenpolitik 1919\/20, Droste, 1967 (<\/span>Extrait d&rsquo;une lettre de Ehrhardts de 19. 6. 1958 \u00e0 l&rsquo;auteur<span lang=DE>)<\/span>]<\/p>\n<p class=Notedefindbut><a href=\"#_ednref29\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[29]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <span lang=DE>Jungdeutscher Orden<\/span> (Ordre Jeune-allemand).<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Le<span lang=DE> Jungdeutscher Orden<\/span> (Ordre Jeune-allemand) est une organisation \u00e0 caract\u00e8re militaro-r\u00e9actionnaire cr\u00e9\u00e9e en 1920 par <span lang=DE>Artur Mahraun<\/span>, qui avait \u00e9t\u00e9 officier dans l&rsquo;arm\u00e9e imp\u00e9riale. Lors de la convention de fondation de l&rsquo;Ordre, ont \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9 des &quot;directives et statuts&quot; selon lesquels l&rsquo;objectif est la r\u00e9conciliation des Allemands et la r\u00e9\u00e9mergence du Reich, &quot;libre de contradictions de position sociale et de parti&quot; [&quot;<span lang=DE>frei von Standes- und Parteiengegens\u00e4tzen<\/span>&quot;]. Les plans de <span lang=DE>Mahraun<\/span> envisagent un \u00c9tat populaire [<span lang=DE>Volksstaat<\/span>] \u00e0 caract\u00e8re d\u00e9mocratique et chr\u00e9tien dirig\u00e9 par une personnalit\u00e9 forte. En 1920, l&rsquo;Ordre s&rsquo;impliqu\u00e9 du c\u00f4t\u00e9 du gouvernement dans la r\u00e9pression des travailleurs qui se soul\u00e8vent apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9chec du Putsch <span lang=DE>L\u00fcttwitz-Kapp<\/span> et en 1921, 3.500 membres sont envoy\u00e9s pour intervenir dans batailles aux fronti\u00e8res de la Haute-Sil\u00e9sie. Avec probablement plus de 200.000 membres, c&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;un des plus grands groupes paramilitaires au milieu des ann\u00e9es 1920.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite><span lang=DE>Mahraun<\/span> voyait la R\u00e9publique de Weimar uniquement comme une phase de transition de courte dur\u00e9e, n\u00e9anmoins il \u00e9tait pr\u00eat \u00e0 la d\u00e9fendre contre un renversement imminent, que ce soit de la droite ou de la gauche. Cette attitude le diff\u00e9rencie de nombreux autres groupes radicaux de droite, par exemple le Casque d&rsquo;acier. L&rsquo;\u00e9lection de Paul Hindenburg (1847\u20131934) \u00e0 la pr\u00e9sidence du Reich en 1925 a \u00e9t\u00e9 salu\u00e9e par l&rsquo;Ordre en raison de son pass\u00e9 militaire et de ses opinions conservatrices. Cela a conduit l&rsquo;Ordre \u00e0 abandonner d\u00e9finitivement son attitude r\u00e9serv\u00e9e envers la r\u00e9publique.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>En 1927 <span lang=DE>Mahraun<\/span> publie un document programmatique &quot;<span lang=DE>Jungdeutsches Manifest<\/span>&quot;. Il \u00e9crit: le &quot;mouvement de d\u00e9fense allemand&quot; a &quot;cru assez longtemps qu&rsquo;il servirait \u00e0 l&rsquo;entretien de la force de d\u00e9fense \u00e0 travers des jeux de soldats et des soci\u00e9t\u00e9s secr\u00e8tes militaires&quot;. Cependant, son &quot;vrai champ de travail&quot; est &quot;l&rsquo;armement intellectuel et spirituel de la jeunesse vaillante&quot;. [<span lang=DE>&quot;Jungdeutsches Manifest&quot;: die &quot;deutsche Wehrbewegung&quot; habe &quot;lange genug geglaubt, durch Soldatenspielerei und milit\u00e4rische Geheimb\u00fcnde der Pflege der Wehrkraft zu dienen.&quot; Ihr &quot;wahres Feld der Arbeit&quot; jedoch sei &quot;die geistige und seelische R\u00fcstung der wehrhaften Jugend.&quot; <\/span>(Cf. <i>https:\/\/books.ub.uni-heidelberg.de\/arthistoricum\/reader\/download\/359\/359-17-80673-1-10-20180319.pdf)<\/i>]<\/p>\n<p class=Notedefindbut><a href=\"#_ednref30\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[30]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Parti bavarois du peuple (<span lang=DE>Bayerische Volkspartei, BVP<\/span>)<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Le 12 novembre 1918, le Parti bavarois du peuple (BVP) se constitue \u00e0 partir de la partie bavaroise du Parti du centre (<span lang=DE>Zentrumspartei<\/span>) (cf.&nbsp;note&nbsp;20&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_d\">&#9658;<\/a>). Les membres protestent ainsi principalement contre la politique centraliste du politicien du <span lang=DE>Zentrum Matthias Erzberger<\/span>, qui se conforme aux r\u00e9sultats de la r\u00e9volution de 1918\/19 et \u00e0 la constitution de Weimar. Le BVP d\u00e9veloppe un programme ind\u00e9pendant bas\u00e9 sur des fondements catholiques avec un accent clairement conservateur et f\u00e9d\u00e9raliste. Bien que la R\u00e9publique de Weimar soit reconnue en principe, le BVP favorise une conf\u00e9d\u00e9ration allemande dotant la Bavi\u00e8re d&rsquo;une autonomie \u00e9tendue en tant qu&rsquo;\u00e9tat \u00c9tat et le r\u00e9tablissement de droits sp\u00e9ciaux traditionnels. Suite \u00e0 l&rsquo;\u00e9crasement du gouvernement des conseils de Munich, le BVP participe au gouvernement social-d\u00e9mocrate de Bavi\u00e8re. Apr\u00e8s sa d\u00e9mission forc\u00e9e au cours du putsch de <span lang=DE>L\u00fcttwitz-Kapp <\/span>en 1920, <span lang=DE>Gustav Ritter von Kahr<\/span>, du BVP, devient Premier ministre de Bavi\u00e8re. Dans les ann\u00e9es 1920, le BVP reste le parti le plus fort de Bavi\u00e8re avec des r\u00e9sultats \u00e9lectoraux r\u00e9guliers de plus de 30% et, avec <span lang=DE>Heinrich Held<\/span> comme Premier ministre, dirige tous les cabinets bavarois entre 1924 et 1933.<\/p>\n<p class=Notedefindbut><a href=\"#_ednref31\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[31]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &quot;<span lang=DE>Vernunftrepublikaner<\/span>&quot; (&quot;R\u00e9publicain de raison&quot;).<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>L&rsquo;utilisation de ce terme s&rsquo;est r\u00e9pandue, apr\u00e8s que <span lang=DE>Friedrich Meinecke<\/span> l&rsquo;a appliqu\u00e9 \u00e0 lui-m\u00eame: <span lang=DE>&quot;Ich bleibe, der Vergangenheit zugewandt, Herzensmonarchist und werde, der Zukunft zugewandt, Vernunftrepublikaner.&quot;<\/span> [&quot;Tourn\u00e9 vers le pass\u00e9, je reste un monarchiste de coeur et, tourn\u00e9 vers l&rsquo;avenir, je serai un r\u00e9publicain de raison.&quot; (Cf. <span lang=DE>Verfassung und Verwaltung der deutschen Republik <\/span>&#8211; Janvier 1919), in: <span lang=DE>Politische Schriften und Reden, hg. v. Georg Kotowski, Darmstadt<\/span> 1979, S. 280\u2013298, ici p. 281)]. En 1893 Meinecke prend en charge la direction de la <i><span lang=DE>Historische Zeitschrift<\/span><\/i> (<i>Revue historique<\/i>), qui s&rsquo;\u00e9tait d\u00e9velopp\u00e9e pour devenir une revue sp\u00e9cialis\u00e9e importante; il dirige la r\u00e9daction jusqu&rsquo;en 1935. Il participe \u00e0 la fondation du Parti d\u00e9mocratique allemand (<span lang=DE>Deutsche Demokratische Partei, DDP<\/span>) (cf.&nbsp;note&nbsp;<b>Erreur&nbsp;! Signet non d\u00e9fini.<\/b>&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_b\">&#9658;<\/a>).<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Voici quelques \u00e9chantillons des appels \u00e0 la raison (cf. <i>https:\/\/media.dav-medien.de\/sample\/400009110_p__v2.pdf<\/i>).<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Philippe Scheidemann (SPD) le 7 octobre 1919 \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale, en direction de la droite monarchiste:<\/p>\n<p class=Notedefincitation>&quot;(Aujourd&rsquo;hui) dans les circonstances chang\u00e9es, chaque Allemand doit au moins \u00eatre un r\u00e9publicain de raison.&quot; [<span lang=DE>&quot;(Heute mu\u00df) unter den ver\u00e4nderten Verh\u00e4ltnissen jeder Deutsche zum mindesten Vernunftrepublikaner sein.&quot;<\/span>]<\/p>\n<p class=Notedefinsuite><span lang=DE>Wilhelm Dittmann (USPD)<\/span>, en automne 1920:<\/p>\n<p class=Notedefincitation>&quot;(Par rapport au mauvais chemin des bolcheviks), il ne pouvait y avoir d&rsquo;autre rem\u00e8de que la v\u00e9rit\u00e9 nue; seule une explication sans r\u00e9serve de la r\u00e9alit\u00e9 russe pourrait convertir les masses de leur erreur et les ramener progressivement \u00e0 leurs sens et \u00e0 leur conscience.&quot;[<span lang=DE>&quot;(Gegen\u00fcber dem Irrweg der Bolschewiki) konnte es kein anderes Heilmittel geben als die nackte Wahrheit; nur die r\u00fcckhaltlose Aufkl\u00e4rung \u00fcber die russische Wirklichkeit konnte die Massen von ihrem Irrtum bekehren und sie allm\u00e4hlich wieder zur Vernunft und Besinnung bringen.&quot;<\/span>]<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>DDP, 1921, pour expliquer les r\u00e9sultats \u00e9lectoraux en baisse:<\/p>\n<p class=Notedefincitation>&quot;&#8230; que depuis le d\u00e9but il (le DDP) s&rsquo;est r\u00e9solue \u00e0 ne faire que ce qui est raisonnable. Pour nous, il s&rsquo;agit maintenant de savoir si nous devons rejoindre le slogan politique ou continuer la politique pr\u00e9c\u00e9dente de la raison.&quot; [<span lang=DE>&quot;&#8230; da\u00df sie <\/span>(die DDP) <span lang=DE>von Anfang an sich vorgenommen hat, nur das Vern\u00fcnftige zu tun. F\u00fcr uns handelt es sich nun darum, ob wir uns der Schlagwortepolitik anschlie\u00dfen oder die bisherige Politik der Vernunft weiter f\u00fchren sollen.&quot;<\/span>]<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Appel du gouvernement du Reich concernant le pl\u00e9biscite contre le Plan Young (cf.&nbsp;note&nbsp;7&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_s1\">&#9658;<\/a>), le 10 octobre 1929: <\/p>\n<p class=Notedefincitation>&quot;Aucun Allemand r\u00e9fl\u00e9chissant de fa\u00e7on raisonnable (&#8230;) ne peut soutenir un tel projet. (&#8230;) Le peuple allemand doit maintenant choisir entre raison et non-sens.&quot; [<span lang=DE>&quot;Kein vern\u00fcnftig denkender Deutscher (&#8230;) kann ein solches Vorhaben f\u00f6rdern. (&#8230;) Das deutsche Volk hat jetzt zwischen Vernunft und Unsinn zu w\u00e4hlen.&quot;<\/span>]<\/p>\n<p class=Notedefindbut><a href=\"#_ednref32\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[32]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <span lang=DE>Aufwertung<\/span>.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>[<span lang=DE>W\u00e4hrungs-]Aufwertung<\/span>: r\u00e9\u00e9valuation de la monnaie nationale.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Cf. Parti pour le droit populaire et la r\u00e9\u00e9valuation (note&nbsp;34&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_r\">&#9658;<\/a>).<\/p>\n<p class=Notedefindbut><a href=\"#_ednref33\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[33]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Parti des couches moyennes allemandes &#8211; Parti de l&rsquo;\u00e9conomie (<span lang=DE>Reichspartei des deutschen Mittelstandes &#8211; Wirtschaftspartei, WP<\/span>)<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Dans le contexte de la hausse continue de l&rsquo;inflation dans la phase initiale de la R\u00e9publique de Weimar, de nombreuses associations \u00e9conomiques sont cr\u00e9\u00e9es pendant la r\u00e9volution de 1918\/19. Ils repr\u00e9sentent principalement les int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques de la classe moyenne bourgeoise, en particulier les propri\u00e9taires de maisons et de terres, les artisans et les commer\u00e7ants. Afin de pouvoir d\u00e9fendre leurs pr\u00e9occupations au Reichstag, diverses associations des couches moyennes s&rsquo;unissent pour former le Parti de l&rsquo;\u00e9conomie. Il demande la protection du secteur priv\u00e9, un all\u00e8gement fiscal pour la classe moyenne, le d\u00e9mant\u00e8lement de la r\u00e8glementation concernant les logements et se prononce contre les repr\u00e9sentants des travailleurs dans les entreprises et les gr\u00e8ves. Puisque le WP ne commente gu\u00e8re les questions fondamentales de politique, il reste dans un premier temps un petit parti sans importance. Surtout lors des \u00e9lections r\u00e9gionales, le WP arrive \u00e0 prendre pied parmi les cercles petits-bourgeois et urbains \u00e0 partir du milieu des ann\u00e9es 1920 et est repr\u00e9sent\u00e9 dans plusieurs parlements d&rsquo;\u00c9tat. Lorsqu&rsquo;il entre au Reichstag en 1924, le WP a \u00e9t\u00e9 contraint de prendre position aussi sur les questions de politique \u00e9trang\u00e8re et int\u00e9rieure. En r\u00e9f\u00e9rence au Parti allemand-national du peuple (DNVP) (cf.&nbsp;note&nbsp;19&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_c2\">&#9658;<\/a>), il repr\u00e9sente des positions national-conservatrices et, entre autres, se prononce en faveur de l&rsquo;abrogation du trait\u00e9 de Versailles. Sur le plan int\u00e9rieur, il concentre son int\u00e9r\u00eat sur la politique fiscale et \u00e9conomique, qu&rsquo;il essaie de modifier avec des propositions radicales en faveur des couches moyennes.<\/p>\n<p class=Notedefindbut><a href=\"#_ednref34\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[34]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Parti pour le droit du peuple et la r\u00e9\u00e9valuation (<span lang=DE>Reichspartei f\u00fcr Volksrecht und Aufwertung &#8211; Volksrecht-Partei<\/span>)<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>En tant que fusion de nombreuses organisations qui repr\u00e9sentent les int\u00e9r\u00eats des \u00e9pargnants endommag\u00e9s par l&rsquo;inflation, est form\u00e9 en 1923\/24. le \u00ab<span lang=DE>Sparerbund<\/span>\u00bb, qui en 1926 s&rsquo;affilie \u00e0 une organisation politique qui a pour nom &quot;<span lang=DE>Reichspartei f\u00fcr Volksrecht und Aufwertung (Volksrecht-Partei)<\/span>&quot;. Selon les principes directeurs adopt\u00e9s en 1926, le programme du Parti des droits du peuple se limite essentiellement \u00e0 une seule revendication: \u00abExpiation pour l&rsquo;injustice de la politique d&rsquo;inflation\u00bb, suppos\u00e9e \u00eatre contenue dans la l\u00e9gislation de r\u00e9\u00e9valuation de 1924\/25.<\/p>\n<p class=Notedefindbut><a href=\"#_ednref35\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[35]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <span lang=DE>Eduard Bernstein<\/span>.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>En 1872 <span lang=DE>Eduard Bernstein<\/span> adh\u00e8re au Parti ouvrier social-d\u00e9mocrate (<span lang=DE>Sozialdemokratische Arbeiterpartei, SDAP<\/span>). Le <span lang=DE>SDAP<\/span> a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9 en 1869 par le congr\u00e8s tenu \u00e0 Eisenach, sous la direction d&rsquo;August Bebel et Wilhelm Liebknecht. En 1875 se tient \u00e0 Gotha le congr\u00e8s qui constitue le Parti ouvrier socialiste d&rsquo;Allemagne (<span lang=DE>Sozialistische Arbeiterpartei Deutschlands, SAPD<\/span>) par l&rsquo;unification entre le SDAP et l&rsquo;Association ouvri\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale allemande (<span lang=DE>Allgemeiner Deutscher Arbeiterverein, ADAV<\/span>) de Ferdinand Lassalle. De 1878 \u00e0 1890 est en vigueur la dite &quot;loi contre les socialistes&quot; (&quot;<span lang=DE>Sozialistengesetz<\/span>&quot;) Ainsi, toutes les &quot;tentatives social-d\u00e9mocrates, socialistes ou communistes&quot; visant \u00e0 &quot;renverser l&rsquo;ordre \u00e9tatique et social existant&quot; [<span lang=DE>&quot;sozialdemokratische, sozialistische oder kommunistische Bestrebungen&quot;, &quot;Umsturz der bestehenden Staats- und Gesellschaftsordnung&quot;<\/span>] sont interdites.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Bernstein est recherch\u00e9 en Allemagne par la police dans le cadre de la loi contre les socialistes (les poursuites seront abandonn\u00e9es en 1901.), il se rend \u00e0 Zurich o\u00f9 parait, \u00e0 partir d&rsquo;octobre 1879, l\u2019organe officiel en exil du SAPD, <i><span lang=DE>Der Sozialdemokrat<\/span><\/i>. Bernstein participe \u00e0 la direction de cette publication. Il fait la connaissance de Karl Kautsky qui se trouve \u00e9galement \u00e0 Z\u00fcrich. En d\u00e9cembre 1880 lui ainsi que Bebel voyagent \u00e0 Londres et rendent visite \u00e0 Marx et Engels. Kautsky s\u00e9journe \u00e0 Londres entre mars et juin 1881 et voit \u00e9galement Marx.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>En avril 1888, la r\u00e9daction du <i><span lang=DE>Sozialdemokrat<\/span><\/i> est expuls\u00e9e de Suisse. Bernstein se rend alors \u00e0 Londres o\u00f9 se resserrent ses liens avec Engels. Il devint correspondant de l&rsquo;organe central du SPD, <i><span lang=DE>Vorw\u00e4rts<\/span><\/i><span lang=DE> <\/span>(<i>En avant<\/i>), et de la revue publi\u00e9e par Kautsky, <i><span lang=DE>Die Neue Zeit<\/span><\/i><span lang=DE> <\/span>(<i>Le Temps nouveau<\/i>). \u00c0 la fin de la loi contre les socialistes, Bernstein est toujours recherch\u00e9, il reste \u00e0 Londres.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>En 1891 se tient \u00e0 Erfurt le congr\u00e8s du parti d\u00e9sormais d\u00e9nomm\u00e9 SPD. Un programme est adopt\u00e9 dont le projet avait \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9 par Kautsky pour la partie th\u00e9orique et Bernstein pour la partie &quot;pratique&quot;. <\/p>\n<p class=Notedefinsuite>A la mort d\u2019Engels, <span lang=DE>Bernstein<\/span> devient un des ex\u00e9cuteurs testamentaires. Il entreprend alors de mettre en cause pas \u00e0 pas des points fondamentaux du marxisme. \u00c0 partir de 1896, il publie dans la <i><span lang=DE>Neue Zeit<\/span><\/i><span lang=DE> <\/span>la s\u00e9rie d\u2019articles intitul\u00e9e &quot;Probl\u00e8mes du socialisme&quot;. Les social-d\u00e9mocrates originaires de l\u2019empire russe l\u2019attaquent les premiers: Parvus, Rosa Luxemburg, Plekhanov. Kautsky conseilla \u00e0 <span lang=DE>Eduard Bernstein<\/span><span lang=DE> <\/span>d\u2019\u00e9crire un ouvrage pour pr\u00e9ciser ses positions: &quot;<span lang=DE>Die Voraussetzungen des Sozialismus und die Aufgaben der Sozialdemokratie&quot; <\/span>(&quot;Les pr\u00e9suppos\u00e9s du socialisme et les t\u00e2ches de la social-d\u00e9mocratie&quot;<span lang=DE>)<\/span> parait en 1899.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Kautsky aussi, dans un premier temps, s&rsquo;oppose \u00e0 Bernstein. En septembre 1903 se tient \u00e0 <span lang=DE>Dresden<\/span> le congr\u00e8s du SPD. Sur initiative de Kautsky le congr\u00e8s rejette \u00e0 une forte majorit\u00e9 la position th\u00e9orique de Bernstein. En 1909, Kautsky publie une brochure, &quot;<span lang=DE>Der Weg zur Macht&quot;<\/span> (&quot;Le Chemin du pouvoir&quot;), o\u00f9 il pr\u00e9tend r\u00e9futer le r\u00e9visionnisme.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Bernstein est d\u00e9put\u00e9 au Reichstag de 1902 \u00e0 1907, puis de 1912 \u00e0 1918 et enfin de 1920 \u00e0 1928. Il approuve les cr\u00e9dits de guerre le 4&nbsp;aout 1914, mais s\u2019allie ensuite aux pacifistes bourgeois et entre ainsi en conflit avec la plupart de ses partisans. En juin 1919 se tient le premier congr\u00e8s du SPD apr\u00e8s la guerre. Bernstein se prononce pour la reconnaissance de la culpabilit\u00e9 de l&rsquo;Allemagne concernant le d\u00e9clenchement de la guerre, et pour la signature du trait\u00e9 de Versailles. Il se trouve isol\u00e9 dans le parti.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>\u00c0 partir de 1912, Bernstein et Kautsky se rejoignent finalement dans le rejet du marxisme et du pouvoir sovi\u00e9tique en Russie. Bernstein d\u00e9c\u00e8de en 1932. En 1959, avec le programme adopt\u00e9 au congr\u00e8s de Godesberg, les concepts r\u00e9visionnistes de Bernstein deviennent d\u00e9finitivement la base du SPD. En 1964, le ministre f\u00e9d\u00e9ral Carlo Schmid (SPD), d\u00e9clare \u00e0 l&rsquo;occasion du 100e anniversaire de la 1e&nbsp;Internationale (Association internationale des travailleurs): &quot;<span lang=DE>Eduard Bernstein<\/span> \u00e0 vaincu sur toute la ligne&quot;.<\/p>\n<p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref36\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[36]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les &quot;Jeunes&quot; du SPD, Allemagne, ann\u00e9es 1890.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>En 1890 interviennent des modifications significatives de la situation politique, avec le cong\u00e9diement de Bismarck, un succ\u00e8s consid\u00e9rable des social-d\u00e9mocrates aux \u00e9lections au Reichstag (doublement des voix avec 1,4&nbsp;millions correspondant \u00e0 20&nbsp;%, triplement de mandats par rapport \u00e0 1887), et le 1er octobre la fin de la validit\u00e9 de la loi sur les socialistes. La perspective de la l\u00e9galit\u00e9 stimule l&rsquo;expression d&rsquo;une opposition au sein du parti vis-\u00e0-vis de la direction, de la part de membres appartenant principalement \u00e0 la jeune g\u00e9n\u00e9ration &#8211; ce qui est le cas de certains porte-paroles (Bruno Wille, Paul Ernst). C&rsquo;est ainsi que ce groupe est d\u00e9sign\u00e9 comme &quot;les Jeunes&quot;. Au centre des critiques se trouvent des aspects du parlementarisme et de la structure organisationnelle h\u00e9rit\u00e9e de la clandestinit\u00e9. L&rsquo;opposition est marqu\u00e9e par un rejet du poids que rev\u00eat la fraction au parlement, centraliste, autoritaire, r\u00e9formiste et de tendance petite-bourgeoise. Un \u00e9l\u00e9ment qui contribue au d\u00e9clenchement des controverses vient du fait que le congr\u00e8s de fondation en juillet 1889 de l&rsquo;Association internationale des travailleurs d\u00e9cide de manifester le 1er mai 1890 pour la journ\u00e9e de travail de huit heures. Or la direction du SPD reste dans un premier temps passive pour ne pas mettre en p\u00e9ril la perspective d&rsquo;une l\u00e9galisation prochaine. Puis suite \u00e0 un appel \u00e0 la gr\u00e8ve lanc\u00e9 \u00e0 Berlin o\u00f9 l&rsquo;opposition est forte, la direction pousse \u00e0 la mod\u00e9ration. L&rsquo;ann\u00e9e suivante se reproduit un contexte similaire autour du 1er mai. Cette m\u00eame ann\u00e9e, au congr\u00e8s d&rsquo;Erfurt, le groupe oppositionnel est exclu du parti. Ils cr\u00e9ent alors un &quot;Union de socialistes ind\u00e9pendants&quot; (&quot;<span lang=DE>Verein Unabh\u00e4ngiger Sozialisten<\/span>&quot;), avec comme organe le <i><span lang=DE>Sozialist<\/span><\/i> dont le sous-titre est &quot;Organe des socialistes ind\u00e9pendants&quot; (&quot;<span lang=DE>Organ der unabh\u00e4ngigen Sozialisten<\/span>&quot;). <span lang=DE>Gustav Landauer<\/span> prend en charge la r\u00e9daction, en 1893 il se d\u00e9clare anarchiste, le sous-titre du <i><span lang=DE>Sozialist<\/span><\/i> devient &quot;<i>Organe de tous les r\u00e9volutionnaires<\/i>&quot; (&quot;<i><span lang=DE>Organ aller Revolution\u00e4re<\/span><\/i>&quot;). Ceux parmi les militants du groupe qui se con\u00e7oivent encore comme socialistes radicaux marxistes quittent le groupe et en partie retournent au SPD. L&rsquo;Union se dissout officiellement en 1894.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite><span lang=DE>[Cf. Walter F\u00e4hnders: Anarchismus und Literatur: Ein vergessenes Kapitel deutscher Literaturgeschichte zwischen 1890 und 1910, Springer-Verlag,<\/span> 2016, p. 4-8.]<\/p>\n<p class=Notedefindbut><a href=\"#_ednref37\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[37]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 4&nbsp;aout 1914, Allemagne.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Le 1er aout 1914, l&rsquo;Allemagne d\u00e9clare la guerre \u00e0 la Russie, puis le 3, \u00e0 la France. Au d\u00e9part, il y a l&rsquo;approbation unanime des cr\u00e9dits de guerre au Reichstag, y compris par le SPD. M\u00eame Karl Liebknecht s&rsquo;est soumis \u00e0 la discipline de parti et a approuv\u00e9 les cr\u00e9dits de guerre; le pr\u00e9sident du SPD et du groupe parlementaire, Hugo Haase, a pr\u00e9sent\u00e9 la d\u00e9claration sur l&rsquo;approbation des cr\u00e9dits au Reichstag, bien qu&rsquo;il ait vot\u00e9 contre elle au sein du groupe parlementaire du parti.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>D\u00e8s le tournant de l&rsquo;ann\u00e9e 1914\/15, une discussion sur les objectifs de la guerre se d\u00e9veloppe apr\u00e8s que des groupes d&rsquo;int\u00e9r\u00eats influents aient exig\u00e9 des conqu\u00eates qui allaient bien au-del\u00e0 de la d\u00e9fense nationale d\u00e9clar\u00e9e. \u00c0 l&rsquo;exception d&rsquo;une minorit\u00e9 des sociaux-d\u00e9mocrates, tous les camps politiques sont en faveur de buts de guerre offensifs; n\u00e9anmoins l&rsquo;ampleur des annexions d\u00e9sir\u00e9es et la mesure dans laquelle des formes directes ou indirectes de domination allemande devraient \u00eatre recherch\u00e9es deviennent controvers\u00e9es. \u00c0 partir de d\u00e9cembre 1914, Liebknecht, suivi un peu plus tard par Otto R\u00fchle, vote au Reichstag contre de nouveaux cr\u00e9dits de guerre. Des critiques proviennent aussi des r\u00e9visionnistes d\u00e9clar\u00e9s comme <span lang=DE>Eduard Bernstein<\/span>, qui, en juin 1915, avec Haase et Karl Kautsky publie un appel &quot;L&rsquo;imp\u00e9ratif de l&rsquo;heure&quot; [&quot;<span lang=DE>Das Gebot der Stunde<\/span>&quot;] contre le soutien \u00e0 la guerre. En d\u00e9cembre 1915, en plus de Liebknecht et R\u00fchle, 18 autres membres du SPD votent contre les cr\u00e9dits de guerre. En mars 1916 la minorit\u00e9 rejette un budget d&rsquo;urgence, elle est expuls\u00e9e du groupe parlementaire du parti. En janvier 1917, une conf\u00e9rence nationale se tient \u00e0 l&rsquo;appel des minoritaires, la direction du parti proclame que l&rsquo;opposition s&rsquo;est mise &quot;hors du Parti&quot;. En avril les opposants cr\u00e9ent le Parti social-d\u00e9mocrate ind\u00e9pendant d&rsquo;Allemagne (<span lang=DE>Unabh\u00e4ngige sozialdemokratische Partei Deutschlands, USPD<\/span>), dirig\u00e9 par Hugo Haase; il inclut le <span lang=DE>Spartakusbund<\/span> qui quittera l&rsquo;USPD seulement en d\u00e9cembre 1918 pour fonder le Parti communiste d&rsquo;Allemagne.<\/p>\n<p class=Notedefindbut><a href=\"#_ednref38\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[38]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Gustav Noske.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>En&nbsp;1884 Noske adh\u00e8re au Parti ouvrier socialiste d&rsquo;Allemagne (<span lang=DE>Sozialistische Arbeiterpartei Deutschlands<\/span>, <span lang=DE>SAPD<\/span>), qui en&nbsp;1890 adopte le nom de Parti social-d\u00e9mocrate d&rsquo;Allemagne (<span lang=DE>Sozialdemokratische Partei Deutschlands<\/span>, <span lang=DE>SPD<\/span>). De&nbsp;1906 \u00e0&nbsp;1918 il est d\u00e9put\u00e9 pour le SPD. En&nbsp;1914 il publie un livre <span lang=DE>&quot;Kolonialpolitik und Sozialdemokratie&quot;<\/span> (&quot;Politique coloniale et social-d\u00e9mocratie&quot;), qui juge favorablement la politique coloniale de l&rsquo;Allemagne. Durant la Premi\u00e8re guerre mondiale il soutient la position de d\u00e9fense nationale. En d\u00e9cembre 1918, il devient membre du Conseil des mandat\u00e9s du peuple qui exerce la fonction de gouvernement provisoire. En janvier 1919 il dirige l&rsquo;\u00e9crasement, impos\u00e9 avec le concours de corps francs, de la tentative d&rsquo;insurrection r\u00e9volutionnaire. En f\u00e9vrier il est nomm\u00e9 ministre de la d\u00e9fense et met en oeuvre la reconstruction des forces arm\u00e9es. En mars 1920, au moment de la mise en \u00e9chec du putsch L\u00fcttwitz-Kapp, il est forc\u00e9 de d\u00e9missionner sous la pression des travailleurs en lutte. De&nbsp;1920 \u00e0&nbsp;1933 il occupe le poste de pr\u00e9sident <span lang=DE>[Oberpr\u00e4sident] <\/span>de la province <span lang=DE>Hannover<\/span>.<\/p>\n<p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref39\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[39]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Allemagne, Coop\u00e9ratives de consommation.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>En Allemagne, en 1850, est fond\u00e9e la premi\u00e8re coop\u00e9rative de consommation, la &quot;Association de denr\u00e9es alimentaires&quot; (&quot;<span lang=DE>Lebensmittel-Association<\/span>&quot;). Ouvriers et artisans se sont r\u00e9unis pour former cette coop\u00e9rative cens\u00e9e am\u00e9liorer la subsistance de tous les groupes de population menac\u00e9s par la pauvret\u00e9 et la mis\u00e8re. Par la suite de nombreuses autres coop\u00e9ratives de consommateurs sont fond\u00e9es dans toute l&rsquo;Allemagne. Avec la cr\u00e9ation de la &quot;Soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;achat en gros d&rsquo;associations de consommateurs allemandes&quot; (&quot;<span lang=DE>Gro\u00dfeinkaufs-Gesellschaft Deutscher Consumvereine m.b.H. &#8211; GEG<\/span>&quot;) \u00e0 Hamburg en 1894, les coop\u00e9ratives individuelles de consommateurs peuvent profiter des avantages des achats \u00e0 grande \u00e9chelle dans toutes les coop\u00e9ratives. \u00c0 partir de 1910, la GEG cr\u00e9e ou reprend des soci\u00e9t\u00e9s de production et devient progressivement la plus grande soci\u00e9t\u00e9 commerciale allemande.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>En 1903 est fond\u00e9e la &quot;Union centrale d&rsquo;associations allemandes de consommateurs&quot; (<span lang=DE>&quot;Zentralverband deutscher Konsumvereine eG&quot;<\/span>), dont le si\u00e8ge est \u00e9tabli \u00e0 Hambourg. Environ 80% des associations de consommateurs sont organis\u00e9es dans le <span lang=DE>Zentralverband<\/span>. Il existe en outre la &quot;Union du Reich de d&rsquo;associations allemandes de consommateurs&quot; (&quot;<span lang=DE>Reichsverband deutscher Konsumvereine e.V.&quot;<\/span>).<\/p>\n<p class=Notedefindbut>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Heinrich Kaufmann: <\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Il rejoint en 1901 la <span lang=DE>Gro\u00dfeinkaufs-Gesellschaft. <\/span>En 1903 il devient secr\u00e9taire du <span lang=DE>Zentralverband<\/span> d\u00e8s la fondation de celui-ci, 1907 il devient membre du conseil de surveillance de la <span lang=DE>Gro\u00dfeinkaufs-Gesellschaft,<\/span>&nbsp; 1908 secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du <span lang=DE>Zentralverband<\/span> puis membre du comit\u00e9 directeur en 1912. Par ailleurs en 1902 il entre au conseil d&rsquo;administration de l&rsquo;Union internationale de coop\u00e9ratives (<span lang=DE>Internationaler Genossenschaftsbund<\/span>) puis aussi au comit\u00e9 directeur central en 1921.<\/p>\n<p class=Notedefindbut>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <span lang=DE>August Kasch<\/span><\/p>\n<p class=Notedefinsuite>R\u00e9dacteur en chef de la <i><span lang=DE>Konsumgenossenschaftliche Rundschau<\/span><\/i> , organe du <span lang=DE>Zentralverband<\/span> et de la <span lang=DE>Gro\u00dfeinkaufs-Gesellschaft.<\/span><\/p>\n<p class=Notedefindbut><a href=\"#_ednref40\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[40]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Trait\u00e9 de Versailles, 1920.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Pour r\u00e9tablir l&rsquo;\u00e9tat de paix avec l&rsquo;Allemagne, les vingt&#8209;sept puissances vainqueurs alli\u00e9es ou associ\u00e9es (en fait, trente&#8209;deux, dans la mesure o\u00f9 la Grande&#8209;Bretagne parle au nom du Canada, de l&rsquo;Australie, de l&rsquo;Afrique du Sud, de la Nouvelle-Z\u00e9lande et de l&rsquo;Inde) se r\u00e9unissent en conf\u00e9rence de la paix \u00e0 Paris, du&nbsp;18&nbsp;janvier 1919 au&nbsp;10&nbsp;aout 1920; lors de ses n\u00e9gociations sont \u00e9labor\u00e9s, en outre, les quatre&nbsp;trait\u00e9s secondaires de Saint-Germain-en-Laye, Trianon, Neuilly-sur-Seine et S\u00e8vres.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>En pratique, les travaux sont domin\u00e9s par un directoire de quatre membres: Georges Clemenceau pour la France, David Lloyd George pour la Grande&#8209;Bretagne, Vittorio Emanuele Orlando pour l&rsquo;Italie, Thomas Woodrow Wilson pour les USA. Le pacte de la Soci\u00e9t\u00e9 des Nations (SdN) est incorpor\u00e9 au texte du trait\u00e9 de paix sous forme de pr\u00e9ambule.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Les principales clauses territoriales concernent la restitution de l&rsquo;Alsace-Lorraine \u00e0 la France, l&rsquo;administration de la Sarre d&rsquo;abord par la SdN pendant quinze ans, puis l&rsquo;organisation d&rsquo;un pl\u00e9biscite, ainsi que l&rsquo;organisation d&rsquo;un autre pl\u00e9biscite, revendiqu\u00e9e par l&rsquo;Allemagne et la Pologne, au Schleswig et en Sil\u00e9sie. Toru&#324; (ant\u00e9rieurement Thorn) est c\u00e9d\u00e9e \u00e0 la Pologne; Dantzig (aujourd&rsquo;hui Gdansk) devient une ville libre administr\u00e9e sous le contr\u00f4le de la SdN, et le \u201ccorridor\u201d de Dantzig, qui assure \u00e0 cet \u00c9tat un acc\u00e8s \u00e0 la mer, isole ainsi la Prusse orientale des autres territoires d&rsquo;Allemagne. Les Allemands des Sud\u00e8tes sont int\u00e9gr\u00e9s \u00e0 la Tch\u00e9coslovaquie. Aussi, l&rsquo;Allemagne renonce \u00e0 toutes ses colonies, et ceci au profit des puissances alli\u00e9es, la SdN ayant charge d&rsquo;en attribuer le mandat \u00e0 certaines d&rsquo;entre elles.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Apr\u00e8s suppression du service militaire, l&rsquo;arm\u00e9e allemande est ramen\u00e9e \u00e0&nbsp;100.000&nbsp;hommes (contre&nbsp;400.000 au&nbsp;d\u00e9but de&nbsp;1919) et la marine \u00e0&nbsp;15.000. La fabrication d&rsquo;un nouveau mat\u00e9riel de guerre (sous-marins, artillerie lourde et chars) est interdite, la flotte de guerre confisqu\u00e9e et les ouvrages fortifi\u00e9s doivent \u00eatre d\u00e9truits sous le contr\u00f4le de la Commission des r\u00e9parations. L&rsquo;Allemagne doit, \u00e0 titre transitoire, verser 20&nbsp;milliards de marks&#8209;or en attendant que la Commission des r\u00e9parations fixe le montant des r\u00e9parations destin\u00e9es \u00e0 couvrir les dommages de guerre.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Pour garantir l&rsquo;ex\u00e9cution des clauses du trait\u00e9, la rive gauche du Rhin ainsi que trois t\u00eates de pont sur la rive droite doivent \u00eatre occup\u00e9es pendant (au maximum) quinze&nbsp;ans par les puissances alli\u00e9s, la Rh\u00e9nanie est d\u00e9militaris\u00e9e, et l&rsquo;Allemagne doit reconnaitre sa responsabilit\u00e9 concernant les dommages caus\u00e9s du fait de la guerre.<\/p>\n<p class=Notedefindbut><a href=\"#_ednref41\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[41]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Trait\u00e9 d&rsquo;arbitrage Allemagne-Italie, 1926.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>\u00c0 l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1926, il devient clair que l&rsquo;Allemagne et l&rsquo;Italie se rapprochent progressivement apr\u00e8s la controverse au sujet du Tyrol du Sud. Lors de la n\u00e9gociation d&rsquo;un trait\u00e9, la partie allemande se conforme aux souhaits italiens en acceptant notamment la restriction suivante: &quot;Le contrat actuel ne s&rsquo;applique pas aux questions qui, selon les contrats en vigueur entre les deux parties et le droit international, sont de la comp\u00e9tence des deux parties.&quot; [<span lang=DE>&quot;Der gegenw\u00e4rtige Vertrag findet keine Anwendung auf die Fragen, die nach den zwischen den beiden Parteien geltenden Vertr\u00e4gen und dem internationalen Recht zur Zust\u00e4ndigkeit der beiden Parteien geh\u00f6ren.&quot;<\/span>] Selon l&rsquo;interpr\u00e9tation juridique allemande, la possibilit\u00e9 que des controverses sur la question des minorit\u00e9s fassent l&rsquo;objet d&rsquo;un acte transactionnel subsiste \u00e0 l&rsquo;avenir. L&rsquo;interpr\u00e9tation italienne, en revanche, consid\u00e8re qu&rsquo;en r\u00e9affirmant la reconnaissance du trait\u00e9 de Saint-Germain, l&rsquo;Allemagne admet que le traitement des Tyroliens du Sud est une affaire int\u00e9rieure italienne. Mussolini a tent\u00e9 de pr\u00e9senter ce trait\u00e9 comme une r\u00e9plique \u00e0 Thoiry <span style='color:red'>(cf note)<\/span>. Le ministre allemand des Affaires \u00e9trang\u00e8res Constantin von Neurath et Mussolini signent la convention d&rsquo;arbitrage le 29 d\u00e9cembre 1926 \u00e0 Rome. Les deux \u00c9tats s&rsquo;engagent \u00e0 r\u00e9gler les diff\u00e9rends qui surviennent par le biais d&rsquo;une proc\u00e9dure de r\u00e8glement. C&rsquo;est le premier trait\u00e9 d&rsquo;arbitrage que l&rsquo;Allemagne conclut avec une grande puissance apr\u00e8s la guerre. Sous cette forme, le contrat fait suite \u00e0 des conventions d&rsquo;arbitrage ant\u00e9rieures, il a une dur\u00e9e de dix ans et transf\u00e8re la fonction d&rsquo;arbitrage \u00e0 un comit\u00e9 permanent de r\u00e8glement, \u00e9ventuellement un tribunal d&rsquo;arbitrage sp\u00e9cial ou la Cour internationale de justice de La Haye.<\/p>\n<p class=Notedefindbut><a href=\"#_ednref42\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[42]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; N\u00e9gociations Allemagne-France, Thoiry, septembre 1926.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Le ministre allemand des Affaires \u00e9trang\u00e8res Gustav Stresemann et le ministre fran\u00e7ais des Affaires \u00e9trang\u00e8res Aristide Briand tiennent des n\u00e9gociations secr\u00e8tes \u00e0 Thoiry (France) le 17 septembre 1926 sur des questions \u00e9conomiques et politiques en suspens (retour de la r\u00e9gion de la Sarre \u00e0 l&rsquo;Allemagne, fin de l&rsquo;occupation de la Rh\u00e9nanie et autres ) dans le but de parvenir \u00e0 une entente entre l&rsquo;imp\u00e9rialisme allemand et fran\u00e7ais. En contrepartie, le gouvernement allemand devrait accompagner la France dans la restructuration de ses finances en vendant des obligations ferroviaires allemandes. Les n\u00e9gociations suscitent l&rsquo;indignation des milieux nationalistes en France et, aussi \u00e0 cause de l&rsquo;intervention du gouvernement britannique, n&rsquo;aboutissent pas \u00e0 un accord. Cependant, ils contribuent \u00e0 l&rsquo;intensification ult\u00e9rieure des antagonismes entre les puissances imp\u00e9rialistes en Europe.<\/p>\n<p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref43\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[43]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Trait\u00e9 de Locarno, 1925.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Le&nbsp;5 octobre 1925, une conf\u00e9rence internationale sur les questions de s\u00e9curit\u00e9 europ\u00e9enne d\u00e9bute \u00e0 Locarno, en pr\u00e9sence du chancelier allemand Hans Luther &#8209;&nbsp;qui en&nbsp;1927 adh\u00e8rera au Parti allemand du peuple (<span lang=DE>Deutsche Volkspartei, DVP<\/span>) (cf.&nbsp;note&nbsp;19&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_c1\">&#9658;<\/a>)&nbsp;&#8209; et de son ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res Gustav Stresemann (<span lang=DE>DVP<\/span>), ainsi que des principaux hommes d&rsquo;\u00c9tat d&rsquo;Italie, de France, de Grande-Bretagne, de Belgique, de Pologne et de Tch\u00e9coslovaquie. Le&nbsp;16, des trait\u00e9s sont conclus pour \u00e9tablir un syst\u00e8me europ\u00e9en de s\u00e9curit\u00e9 et de paix. L&rsquo;Allemagne, la France et la Belgique renoncent \u00e0 un changement par la force de leurs fronti\u00e8res. La fronti\u00e8re occidentale allemande d\u00e9finie dans le trait\u00e9 de Versailles (cf.&nbsp;note&nbsp;40&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_a\">&#9658;<\/a>) est confirm\u00e9e par l&rsquo;Allemagne, de m\u00eame que la d\u00e9militarisation de la Rh\u00e9nanie. La Grande-Bretagne et l&rsquo;Italie assument la garantie de venir en aide, en cas d&rsquo;une violation du trait\u00e9, \u00e0 la partie l\u00e9s\u00e9e respective.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>En outre, lors de la conf\u00e9rence est convenue l&rsquo;adh\u00e9sion de l&rsquo;Allemagne \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 des Nations, laquelle est officialis\u00e9e le&nbsp;10 septembre 1926. En revanche, la reconnaissance de la fronti\u00e8re germano-polonaise ne s&rsquo;est pas mat\u00e9rialis\u00e9e \u00e0 Locarno, l&rsquo;Allemagne s&rsquo;est explicitement r\u00e9serv\u00e9 la possibilit\u00e9 de r\u00e9viser sa fronti\u00e8re orientale.<\/p>\n<p class=Notedefindbut><a href=\"#_ednref44\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[44]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Entente internationale de l\u2019acier (EIA) &#8211; <span lang=DE>Westeurop\u00e4ische Rohstahlgemeinschaft<\/span>, septembre 1926.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Le 30 septembre 1926 a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 une entente internationale de l&rsquo;acier, entrant en vigueur le lendemain pour une dur\u00e9e de cinq ans. Les signataires sont: Allemagne, France, Belgique, Luxembourg, ainsi que la Sarre. (En vertu des dispositions du trait\u00e9 de Versailles (cf.&nbsp;note&nbsp;40&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_a\">&#9658;<\/a>), le territoire de la Sarre fut, de 1920 \u00e0 1935, s\u00e9par\u00e9 de l\u2019Allemagne et plac\u00e9 sous la tutelle de la Soci\u00e9t\u00e9 des Nations, la France disposant de la propri\u00e9t\u00e9 de ses houill\u00e8res en compensation des destructions de son propre bassin minier pendant la guerre.) Cette association ne constitue pas un cartel achev\u00e9, mais seulement une base pour aller dans cette direction. L&rsquo;entente devait \u00eatre assez efficace pour r\u00e9gulariser la production, et assez souple pour ne pas porter pr\u00e9judice \u00e0 l&rsquo;industrie sid\u00e9rurgique dans son ensemble. \u00c0 cet effet, il est d\u00e9cid\u00e9: 1.&nbsp;Que la part de chaque pays sera arr\u00eat\u00e9e \u00e0 un pourcentage fixe; 2.&nbsp;Que chacun des pays faisant partie de l&rsquo;entente r\u00e9partit la production entre ses adh\u00e9rents; 3.&nbsp;Que le quantum g\u00e9n\u00e9ral de la production est d\u00e9termin\u00e9 au commencement de chaque trimestre. La r\u00e9partition g\u00e9n\u00e9rale a \u00e9t\u00e9 \u00e9tablie comme suit: Allemagne 43,50&nbsp;%, France 31,19&nbsp;%, Belgique 11,56&nbsp;%, Luxembourg 8,50&nbsp;%, Sarre 5,25&nbsp;%. \u00c0 l&rsquo;\u00e9poque le total de la production de ces 5 pays ne repr\u00e9sente qu&rsquo;une faible partie de la fabrication mondiale de l&rsquo;acier. Elle \u00e9gale un peu moins des 2\/7 de la production internationale. Cette derni\u00e8re atteint environ 97&nbsp;millions de tonnes, dont plus de la moiti\u00e9 pour les USA. L&rsquo;URSS, dont la production d\u00e9passe un million de tonnes annuellement, les pays de l&rsquo;Europe non compris dans le cartel, soit La Grande Bretagne d&rsquo;une part, et la Tch\u00e9coslovaquie, la Pologne et l&rsquo;Autriche d&rsquo;autre part, ne peuvent faire \u00e9tat que de 10&nbsp;millions et demi de tonnes. \u00c0 elle seule, la Grande-Bretagne s&rsquo;inscrit pour 6&nbsp;millions et demi, soit un peu plus de deux fois la capacit\u00e9 de la Belgique.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>En Grande-Bretagne, l&rsquo;industrie de l&rsquo;acier garde une attitude d&rsquo;expectative. <i>L&rsquo;Observer<\/i> estime que &quot;comme l&rsquo;industrie charbonni\u00e8re, l&rsquo;industrie m\u00e9tallurgique anglaise n&rsquo;est pas organis\u00e9e pour pouvoir remplir les obligations qu&rsquo;implique la participation \u00e0 un accord de ce genre&quot;.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>D\u00e9but octobre, des n\u00e9gociations entre industriels allemands et britanniques ont eu lieu \u00e0 Romsey, pr\u00e8s de Southampton, pour examiner les conditions mondiales de production et de consommation.. Le pr\u00e9sident, Robert Home, met en relief que la production, dans les principales industries, est en train de se d\u00e9velopper hors de toute proportion avec la capacit\u00e9 d&rsquo;absorption. Au milieu du mois, des repr\u00e9sentants des milieux financiers et industriels europ\u00e9ens et am\u00e9ricains de 16&nbsp;pays, r\u00e9unis pour une conf\u00e9rence, ont pris personnellement position contre les barri\u00e8res douani\u00e8res excessivement \u00e9lev\u00e9es, les sp\u00e9cialisations, les offres, les tarifs ferroviaires, etc. qui emp\u00eachent les \u00e9conomies de la plupart des pays europ\u00e9ens, presque d\u00e9truits par la guerre et ses cons\u00e9quences, de se redresser. Les principales causes du d\u00e9clin \u00e9conomique de l&rsquo;Europe se trouvent dans la d\u00e9sint\u00e9gration de communaut\u00e9s interd\u00e9pendantes et la cr\u00e9ation de nouvelles fronti\u00e8res; Le r\u00e9tablissement de la libert\u00e9 du commerce est le meilleur moyen de restaurer le commerce et le cr\u00e9dit dans le monde. L&rsquo;appel a \u00e9t\u00e9 accueilli avec un jugement partag\u00e9. Les USA rejettent pour eux-m\u00eames tout d\u00e9mant\u00e8lement des droits de douanes et d&rsquo;autres obstacles \u00e0 la libre circulation. L&rsquo;Italie et la France ont \u00e9galement soulev\u00e9 des objections. La France en particulier craint une forte augmentation de l&rsquo;influence allemande si les barri\u00e8res tarifaires disparaissent effectivement.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Cette premi\u00e8re Entente internationale de l\u2019acier s&rsquo;av\u00e8re impuissante \u00e0 contr\u00f4ler le d\u00e9veloppement de nouvelles capacit\u00e9s de production dans les pays membres. Fin 1929, les maitres de forges sont convaincus que l\u2019EIA ne peut survivre qu\u2019en passant \u00e0 une r\u00e8glementation des exportations. Ils lancent l\u2019entreprise des Comptoirs internationaux d\u2019exportation dont la mise en route s\u2019av\u00e8re aussi difficile que leur fonctionnement ult\u00e9rieur. Ils \u00e9chouent apr\u00e8s quelques mois seulement (\u00e9t\u00e9 1930). En mars 1931, la premi\u00e8re EIA cesse de fonctionner. On assiste alors \u00e0 un d\u00e9chainement sans pr\u00e9c\u00e9dent de la concurrence. Les prix s\u2019effondrent. Les dirigeants des firmes sid\u00e9rurgiques cherchent alors le salut dans une nouvelle entente internationale. Les tractations aboutissent \u00e0 la cr\u00e9ation de la seconde EIA (f\u00e9vrier 1933) qui, \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 de la premi\u00e8re, est ax\u00e9e sur un partage des seules exportations. Elle est coiff\u00e9e d\u2019une demi-douzaine de Comptoirs de vente internationaux qui r\u00e8glementent les ventes \u00e0 l\u2019exportation. En m\u00eame temps, on note une tendance tr\u00e8s nette \u00e0 la protection mutuelle des march\u00e9s int\u00e9rieurs au sein de l\u2019EIA.<\/p>\n<p class=Notedefindbut><a href=\"#_ednref45\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[45]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; N. Boukharine, 24e&nbsp;Conf\u00e9rence de la r\u00e9gion de Leningrad du PC(b) de l\u2019URSS, f\u00e9vrier 1927.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite style='text-indent:0cm'>Discours de N. Boukharine (extrait):<\/p>\n<p class=Notedefincitation>R\u00e9volution &quot;internationale&quot; ne veut pas dire qu\u2019elle doit se faire dans les diff\u00e9rents pays, au m\u00eame moment, le m\u00eame jour.<\/p>\n<p class=Notedefincitation>La r\u00e9volution &quot;internationale&quot; consiste en ce que tout le monde capitaliste est emp\u00eatr\u00e9 dans un tel r\u00e9seau de contradictions qu\u2019il commence \u00e0 craquer, qu\u2019il est devenu fatal qu\u2019il sera vaincu par la r\u00e9volution, que les \u00e9ruptions r\u00e9volutionnaires se suivront les unes les autres, bien que le temps qui s\u2019\u00e9coulera entre ces diff\u00e9rentes \u00e9ruptions puisse durer des ann\u00e9es.<\/p>\n<p class=Notedefincitation>Le synchronisme de la r\u00e9volution internationale, dont il fut question lorsque nous donnions la formule g\u00e9n\u00e9rale, n\u2019est pas non plus le synchronisme d\u2019un jour, d\u2019une heure ou d\u2019une ann\u00e9e. Ce synchronisme est maintenant d\u00e9chiffr\u00e9 comme synchronisme d\u2019une \u00e9poque, d\u2019une grande \u00e9poque historique dont le courant se cristallise d\u2019un syst\u00e8me de diff\u00e9rents canaux de ce formidable processus r\u00e9volutionnaire mondial qui comprend les r\u00e9volutions prol\u00e9tariennes victorieuses et les d\u00e9faites partielles de la classe ouvri\u00e8re, les r\u00e9volutions en Orient aussi bien que les premi\u00e8res tentatives positives d&rsquo;\u00e9difier le socialisme, les guerres de lib\u00e9ration nationale et les insurrections coloniales. Ce n\u2019est que lorsque l\u2019humanit\u00e9 aura travers\u00e9 tout le cycle de sa propre transformation, quand la classe ouvri\u00e8re victorieuse se sera consolid\u00e9e partout, que l\u2019on pourra dire que le grand cycle historique est ferm\u00e9, que la r\u00e9volution internationale a couronn\u00e9 son oeuvre.<\/p>\n<p class=Notedefincitation>Voil\u00e0, camarades, comment il faut caract\u00e9riser la situation mondiale. Non pas: ou bien stabilisation ou bien r\u00e9volution mondiale &#8211; mais: aussi bien stabilisation partielle que r\u00e9volution mondiale s\u2019op\u00e9rant effectivement, minant syst\u00e9matiquement les forces de la stabilisation capitaliste.<\/p>\n<p class=Notedefincitation>C\u2019est d\u2019une telle appr\u00e9ciation de la situation mondiale, d\u2019une telle compr\u00e9hension de la stabilisation et de la r\u00e9volution internationale, mais aussi en m\u00eame temps de notre conception sur l&rsquo;\u00e9dification socialiste dans un seul pays, que d\u00e9coule la position toute sp\u00e9ciale de la question de savoir quel est notre r\u00f4le dans le processus de la r\u00e9volution internationale.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite align=left style='text-align:left;text-indent:0cm'>[Source: <i>La Correspondance Internationale<\/i>, n\u00b021, 7e ann\u00e9e, 12 f\u00e9vrier 1927, p. 277-279 (ici p. 278)<br \/> <i>https:\/\/pandor.u-bourgogne.fr\/img-viewer\/CI\/CI_1927_02\/viewer.html?ns=CI_1927_02_0032.jpg<\/i> et <i>CI_1927_02_0033.jpg<\/i>]<\/p>\n<p class=Notedefindbut><a href=\"#_ednref46\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[46]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Programmes des partis social-d\u00e9mocrates en Allemagne.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Le 23 mai 1863, l&rsquo;Association g\u00e9n\u00e9rale des travailleurs allemands (<span lang=DE>Allgemeiner Deutscher Arbeiterverein,<\/span> ADAV) est fond\u00e9e \u00e0 Leipzig en tant que premier parti ouvrier orient\u00e9 vers l&rsquo;ensemble des territoires allemands. Les premi\u00e8res sections locales de l&rsquo;ADAV se trouvent \u00e0 Leipzig, Hambourg, D\u00fcsseldorf, Solingen, Cologne, Barmen et Elberfeld. L&rsquo;organisation, pour des raisons de droit d&rsquo;association, ne sollicite pas de fusions r\u00e9gionales. Ferdinand Lassalle est \u00e9lu pr\u00e9sident.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Lors du &quot;Premier Congr\u00e8s g\u00e9n\u00e9ral allemand social-d\u00e9mocrate des travailleurs &quot; le 9 ao\u00fbt 1869 \u00e0 Eisenach, le Parti social-d\u00e9mocrate des travailleurs (<span lang=DE>Sozialdemokratische Arbeiterpartei<\/span>, SDAP) est fond\u00e9 par 262 d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s de 193 localit\u00e9s, pr\u00e9sid\u00e9 par August Bebel et Wilhelm Liebknecht. Il est issue du Congr\u00e8s des associations ouvri\u00e8res allemandes (<span lang=DE>Vereinstag Deutscher Arbeitervereine<\/span>, VDAV), lesquelles initialement avaient adopt\u00e9 des positions bourgeois-lib\u00e9rales, dans lesquelles, cependant, en 1869, une forte pr\u00e9pond\u00e9rance de travailleurs s&rsquo;\u00e9tait d\u00e9velopp\u00e9e. Les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s adoptent le &quot;Programme d&rsquo;Eisenach&quot; \u00e9labor\u00e9 par Bebel et Liebknecht, ce qui aboutit au retrait des forces bourgeoises restantes du VDAV. Le SDAP s&rsquo;affilie \u00e0 l&rsquo;Association internationale des travailleurs (AIT) fond\u00e9 en 1964, \u00e9galement connue sous le nom de &quot;Premi\u00e8re Internationale&quot;.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>\u00c0 partir de 1875, des n\u00e9gociations entre le SDAP et l&rsquo;ADAV ont lieu, qui aboutissent au congr\u00e8s constitutif du Parti Socialiste Ouvrier (<span lang=DE>Sozialistische Arbeiterpartei<\/span> SAP) du 22 au 27 mai \u00e0 Gotha. Pour la premi\u00e8re fois, le nouveau parti vise \u00e0 d\u00e9velopper une implantation globale, locale et r\u00e9gionale. Le &quot;programme de Gotha&quot; est un compromis entre les deux composantes, car il contient des points essentiels des programmes des deux partis qui fusionnent.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Lorsque la &quot;loi sur les socialistes&quot; n&rsquo;est pas prolong\u00e9e, le SAP est officiellement r\u00e9tabli en 1890 sous le nom de Parti social-d\u00e9mocrate d&rsquo;Allemagne (<span lang=DE>Sozialdemokratische Partei Deutschlands<\/span>, SPD). Le congr\u00e8s tenu \u00e0 Erfurt en 1891 adopte un nouveau programme qui restera en vigueur jusqu&rsquo;au congr\u00e8s tenu \u00e0 G\u00f6rlitz en 1921.<\/p>\n<p class=Notedefindbut><a href=\"#_ednref47\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[47]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Hugo Stinnes.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>En 1892 Stinnes constitue la <span lang=DE>Hugo Stinnes GmbH<\/span>, dont l&rsquo;activit\u00e9 consiste dans le traitement et le commerce du charbon. En 1898 il est un des principaux fondateurs de la <span lang=DE>Rheinisch-Westf\u00e4lisches Elektrizit\u00e4tswerk AG (RWE)<\/span>. La m\u00eame ann\u00e9e il constitue ensemble avec August Thyssen (p\u00e8re de Fritz Thyssen) (cf.&nbsp;note&nbsp;15&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_m\">&#9658;<\/a>) l&rsquo;<span lang=DE>AG M\u00fclheimer Bergwerksverein<\/span>. En 1901 il constitue la <span lang=DE>Deutsch-Luxemburgische Bergwerks- und H\u00fctten AG (Deutsch-Luxemburg)<\/span>. En 1902 il acquiert en commun avec August Thyssen la majorit\u00e9 des actions de la <span lang=DE>RWE<\/span>, dont il devient pr\u00e9sident du conseil de surveillance. En 1910, la <span lang=DE>Deutsch-Luxemburg<\/span>, apr\u00e8s d&rsquo;autres op\u00e9rations, acquiert la <span lang=DE>Dortmunder Union AG<\/span> et devient une des plus grandes entreprises d&rsquo;Allemagne dans le secteur de l&rsquo;industrie mini\u00e8re. En 1913 il forme avec Alfred Hugenberg&nbsp;* et <span lang=DE>Emil Kirdorf<\/span>&nbsp;** une \u201ccommission de trois\u201d qui agit parall\u00e8lement \u00e0 la direction officielle de la CDI. En 1920 <span lang=DE>Stinnes<\/span> constitue ensemble avec <span lang=DE>Albert V\u00f6gler<\/span> (cf.&nbsp;note&nbsp;18&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_h\">&#9658;<\/a>) la <span lang=DE>Rhein-Elbe-Union GmbH<\/span>, en tant que r\u00e9union de la <span lang=DE>Deutsch-Luxemburg<\/span>, de la <span lang=DE>Gelsenkirchener Bergwerks AG (GBAG)<\/span> et du <span lang=DE>Bochumer Verein f\u00fcr Bergbau und Gu\u00dfstahlfabrikation.<\/span> Parall\u00e8lement, la <span lang=DE>Rhein-Elbe-Union<\/span> constitue un groupement d&rsquo;int\u00e9r\u00eat avec le groupe <span lang=DE>Siemens<\/span>, dans le cadre de la <span lang=DE>Siemens-Rhein-Elbe-Schuckert-Union GmbH<\/span> cr\u00e9\u00e9e \u00e0 cet effet \u00e0 <span lang=DE>D\u00fcsseldorf<\/span>. En 1920 <span lang=DE>Stinnes<\/span> adh\u00e8re au <span lang=DE>DVP<\/span> (cf.&nbsp;note&nbsp;19&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_c1\">&#9658;<\/a>)<span lang=DE>.<\/span><\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Stinnes d\u00e9c\u00e8de en 1924. L&rsquo;ann\u00e9e suivante Edmund, l&rsquo;un de ses fils, se retire du groupe Stinnes, et se fait d\u00e9livrer ses parts d&rsquo;h\u00e9ritage sous forme mon\u00e9taire. Le groupe est rapidement expos\u00e9 \u00e0 des difficult\u00e9s financi\u00e8res, les 23 banques qui d\u00e9tiennent des participations proc\u00e8dent \u00e0 des cessions. La participation \u00e0 la <span lang=DE>Deutsch-Luxemburg<\/span> est reprise par un groupe anglo-am\u00e9ricain et la <span lang=DE>Deutsch-Luxemburg<\/span> sera peu apr\u00e8s int\u00e9gr\u00e9e \u00e0 la <span lang=DE>(VStAG)<\/span> (cf.&nbsp;l&rsquo;entr\u00e9e correspondante dans la page &quot;Quelques t\u00eates de grands capitalistes allemands des ann\u00e9es 1920&quot; <a href=\"..\/art\/pag_004\/pag_03.htm#_ednref46\">&#9658;<\/a>). La participation \u00e0 la <span lang=DE>RWE<\/span> est reprise par l&rsquo;\u00e9tat Prusse. En 1926, la famille <span lang=DE>Stinnes<\/span> conclut un accord avec des banques US et les actifs restants sont transf\u00e9r\u00e9s \u00e0 deux holdings am\u00e9ricaines, <span lang=DE>Hugo Stinnes Industries Inc.<\/span> et <span lang=DE>Hugo Stinnes Corporation<\/span>.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>*&nbsp;<span lang=DE>Alfred Hugenberg<\/span> (1865<span style='font-family:\"Times New Roman\",\"serif\"'>&#8209;<\/span>1951)[23]<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>De 1883 \u00e0 1888, Hugenberg effectue des \u00e9tudes de droit. Apr\u00e8s diff\u00e9rents emplois dans le secteur bancaire ainsi que l&rsquo;administration publique, il est pr\u00e9sident du conseil d&rsquo;administration de la Friedrich Krupp AG \u00e0 Essen, de 1909 \u00e0 1918. \u00c0 partir de 1911 il est membre du comit\u00e9 de direction de l&rsquo;Union centrale d&rsquo;industriels allemands (<span lang=DE>Centralverband Deutscher Industrieller<\/span>, CDI). En 1912 il devient pr\u00e9sident de l&rsquo;Association pour les int\u00e9r\u00eats miniers dans le district Oberberg-Dortmund (<span lang=DE>Verein f\u00fcr die bergbaulichen Interessen im Oberbergamtsbezirk Dortmund<\/span>) ainsi que pr\u00e9sident de l&rsquo;Association de mines (<span lang=DE>Zechenverband<\/span>) (il occupera ce dernier poste jusqu&rsquo;en 1925). En 1913 il devient membre du conseil d&rsquo;administration de la F\u00e9d\u00e9ration d&rsquo;Unions d&#8217;employeurs allemands (<span lang=DE>Vereinigung Deutscher Arbeitgeberverb\u00e4nde, VDAV<\/span>) nouvellement cr\u00e9\u00e9e; il est aussi nomm\u00e9 pr\u00e9sident de la Chambre de l&rsquo;industrie et du commerce pour Essen, <span lang=DE>M\u00fclheim<\/span> (Ruhr) et Oberhausen, ainsi que de l&rsquo;association des chambres du commerce de la r\u00e9gion industrielle du Bas-Rhin et de Westphalie. En 1919 il devient membre du pr\u00e9sidium de l&rsquo;Union nationale de l&rsquo;industrie allemande (<span lang=DE>Reichsverband der deutschen Industrie, RDI<\/span>) nouvellement constitu\u00e9e (cf. plus loin), en m\u00eame temps que pr\u00e9sident de la section industrie mini\u00e8re au sein de la RDI (il occupera ce dernier poste jusqu&rsquo;en 1928).<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>En 1913 il forme avec Hugo Stinnes et <span lang=DE>Emil Kirdorf<\/span> (cf. ci-dessous) une \u201ccommission de trois\u201d qui agit parall\u00e8lement \u00e0 la direction officielle de la CDI. Par la suite s&rsquo;y joint Wilhelm Beukenberg (pr\u00e9sident du conseil d&rsquo;administration de la Phoenix AG, ce qui en fait un \u201cgroupe de quatre\u201d. En 1916 ce groupe s&rsquo;\u00e9largit sous la forme de la \u201c<span lang=DE>Wirtschaftliche Gesellschaft<\/span>\u201d (\u201cSoci\u00e9t\u00e9 \u00e9conomique\u201d) qui int\u00e8gre des entreprises et des unions industrielles.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Entre 1916 et 1920 <span lang=DE>Hugenberg<\/span> constitue un conglom\u00e9rat compos\u00e9 de maisons d&rsquo;\u00e9dition, agences de presse, journaux, soci\u00e9t\u00e9s de production cin\u00e9matographique etc. En 1919 est constitu\u00e9e la \u201c<span lang=DE>Wirtschaftsvereinigung zur F\u00f6rderung der geistigen Wiederaufbaukr\u00e4fte<\/span>&quot; (\u201cAssociation d&rsquo;\u00e9conomie pour la promotion des forces de reconstruction spirituelles\u201d) qui prend la suite de la Soci\u00e9t\u00e9 \u00e9conomique. Elle exerce la fonction de soci\u00e9t\u00e9 holding du consortium de Hugenberg. Douze personnalit\u00e9s dirigent cette structure: Hugenberg, <span lang=DE>Albert V\u00f6gler <\/span>(cf.&nbsp;note&nbsp;18&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_h\">&#9658;<\/a>), Emil Kirdorf, Franz Winkhaus (fonctionnaire dans le secteur des mines), Eugen Wiskott (magistrat dans le secteur des mines), Hans von und zu Loewenstein (magistrat dans le secteur des mines), Franz-Heinrich Witthoeft (s\u00e9nateur), capitaine \u00e0 la retraite Mann, Johann Neumann (maire), Johann Becker (ex-ministre des finances de Hessen et ex-ministre de l&rsquo;\u00e9conomie), Leo Wegener (ex-directeur de la <span lang=DE>Posensche Landesgenossenschaftsbank<\/span>), Ludwig Bernhard (professeur d&rsquo;universit\u00e9)<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>En 1894 Hugenberg participe \u00e0 la fondation du \u201c<span lang=DE>Alldeutscher Verband<\/span>\u201d (\u201cUnion panallemande\u201d). En 1918 il participe \u00e0 la fondation du \u201c<span lang=DE>Deutschnationale Volkspartei<\/span>\u201d (\u201c<span lang=DE>Parti allemand-national du peuple<\/span>\u201d, DNVP) (cf.&nbsp;note&nbsp;19&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_c2\">&#9658;<\/a>), dont il est pr\u00e9sident \u00e0 partir de 1928.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>**&nbsp;Emil Kirdorf (1847<span style='font-family: \"Times New Roman\",\"serif\"'>&#8209;<\/span>1938)[24]<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>En 1873 Kirdorf devient directeur commercial de la <span lang=DE>Gelsenkirchener Bergwerks<\/span><span lang=DE style='font-family:\"Times New Roman\",\"serif\"'>&#8209;<\/span><span lang=DE>AG (GBAG)<\/span> nouvellement fond\u00e9e. En 1889 il participe \u00e0 la constitution du Syndicat du charbon de Rh\u00e9nanie-Westphalie (<span lang=DE>Rheinisch-Westf\u00e4lisches Kohlensyndikat<\/span>) (cf. plus loin). Entre 1903 et 1910 Kirdorf oeuvre \u00e0 l&rsquo;\u00e9largissement de l&rsquo;activit\u00e9 de la GBAG et du Syndicat du charbon de Rh\u00e9nanie-Westphalie vers les secteurs du fer et de l&rsquo;acier. Par l\u00e0 il entre en concurrence notamment avec les entreprises d&rsquo;August Thyssen (cf.&nbsp;note&nbsp;15&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_m\">&#9658;<\/a>) et Hugo Stinnes.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>En 1913 il forme avec Hugo Stinnes et Alfred Hugenberg (cf. ci-dessus) une \u201ccommission de trois\u201d qui agit parall\u00e8lement \u00e0 la direction officielle de la CDI.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>En 1920 le consortium de Stinnes reprend des parts importantes de la GBAG et du Syndicat du charbon de Rh\u00e9nanie-Westphalie. En 1926 la GBAG est absorb\u00e9e par la <span lang=DE>Vereinigte Stahlwerke AG (VStAG)<\/span> (cf.&nbsp;l&rsquo;entr\u00e9e correspondante dans la page &quot;Quelques t\u00eates de grands capitalistes allemands des ann\u00e9es 1920&quot; <a href=\"..\/art\/pag_004\/pag_03.htm#_ednref46\">&#9658;<\/a>); Kirdorf d\u00e9missionne de son poste de directeur g\u00e9n\u00e9rale.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>En 1894 Kirdorf participe \u00e0 la fondation du \u201c<span lang=DE>Alldeutscher Verband<\/span>\u201d (\u201cUnion panallemande\u201d). En 1927 il adh\u00e8re au NSDAP. Il en sort en 1928 au motif de son d\u00e9saccord vis-\u00e0-vis de l&rsquo;influence de Gregor Strasser, puis rejoint le parti de nouveau en 1934.<\/p>\n<p class=Notedefindbut><a href=\"#_ednref48\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[48]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Quelques \u00e9l\u00e9ments concernant les discussions au sujet du contr\u00f4le ouvrier du point de vue des programmes des Partis communistes.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>La remarque de <span lang=DE>Brandler<\/span> qui attribue \u00e0 <span lang=DE>Maslow<\/span> une certaine conception en mati\u00e8re de programme est trop allusive pour qu&rsquo;on puisse la commenter en tant que telle. Toutefois, il faut la mettre en rapport avec ce que <span lang=DE>Brandler<\/span> \u00e9crit au sujet du programme d&rsquo;Erfurt (cf. ici dans le texte <a href=\"#REF_a\">&#9658;<\/a>) (concernant le programme d&rsquo;Erfurt cf. note&nbsp;46&nbsp;<a href=\"#NOT_k\">&#9658;<\/a> ), \u00e0 savoir que &quot;la partie concr\u00e8te&quot; du programme d&rsquo;Erfurt &quot;repr\u00e9sentait un programme de r\u00e9formes dans le cadre de l&rsquo;\u00c9tat bourgeois et de l&rsquo;\u00e9conomie capitaliste&quot;, et qu&rsquo;il \u00e9tait &quot;destin\u00e9 \u00e0 renforcer, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque du capitalisme ascendant, les positions du prol\u00e9tariat pour la lutte d\u00e9cisive contre la bourgeoisie et \u00e0 tremper ce dernier dans la lutte de classe pour les r\u00e9formes afin de le pr\u00e9parer \u00e0 la bataille plus importante qui approchait&quot;; sont \u00e0 prendre en consid\u00e9ration \u00e9galement les consid\u00e9rations par lesquelles <span lang=DE>Brandler<\/span> enchaine en rapport avec Rosa Luxemburg.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Quoi qu&rsquo;il en soit, il convient de rappeler quelques \u00e9l\u00e9ments concernant d&rsquo;une part les discussions au sein de l&rsquo;Internationale communiste au sujet de la question du programme, et d&rsquo;autre part la trajectoire parcourue par le KPD du point de vue des organismes de direction. (Cf. entre autre &quot;L&rsquo;Internationale communiste et la question de la tactique &#8211; documents&quot;&nbsp;<a href=\"http:\/\/321ignition.free.fr\/pag\/fr\/lin\/pag_001\/pag.htm\">&#9658;<\/a>.)<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Du 7 au 11 juin 1922 se tient le 2e pl\u00e9num, \u00e9largi, du Comit\u00e9 ex\u00e9cutif de l&rsquo;Internationale communiste (le 1er pl\u00e9num, \u00e9largi, s&rsquo;\u00e9tait tenu du 21 f\u00e9vrier au 4 mars). Il forme une commission charg\u00e9e d&rsquo;\u00e9laborer un projet de programme pour l&rsquo;IC. Le KPD d\u00e9l\u00e8gue <span lang=DE>August Thalheimer<\/span> pour y participer, et constitue par ailleurs en automne de 1922 une commission en vue de l&rsquo;\u00e9laboration d&rsquo;un programme pour le Parti. Cette derni\u00e8re est dirig\u00e9e par <span lang=DE>Thalheimer<\/span> et comprend <span lang=DE>Heinrich Brandler, Edwin Hoernle, Wilhelm Koenen, Emil Ludwig, Clara Zetkin<\/span>. Un projet est publi\u00e9 le 7 octobre 1922. La Centrale du KPD d\u00e9cide, par 29 voix contre 23, de le soumettre au 4e Congr\u00e8s de l&rsquo;IC. Celui-ci se tient du 5 novembre au 5 d\u00e9cembre 1922. <span lang=DE>A. Thalheimer<\/span> intervient en tant que membre de la commission de programme qui avait \u00e9t\u00e9 form\u00e9e par le Comit\u00e9 ex\u00e9cutif de l&rsquo;IC. Voici un extrait de son intervention (cf. des extraits plus larges ici <a href=\"http:\/\/321ignition.free.fr\/pag\/fr\/lin\/pag_003\/1922_11_05-12_05_IC_IV_Thalheimer_programme.htm\">&#9658;<\/a>):<\/p>\n<p class=Notedefincitation>Et, camarades, il n&rsquo;existe pas seulement de tels probl\u00e8mes de la transition qui soient vari\u00e9s selon diff\u00e9rents pays et qui soient vari\u00e9s de semaine en semaine et de mois en mois, il existe aussi toute une s\u00e9rie de telles questions de la transition, de telles questions de nature g\u00e9n\u00e9rale, qui doivent imp\u00e9rativement \u00eatre fix\u00e9s dans un programme communiste. Et je dis, un programme g\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;Internationale communiste, qui sur ce large parcours pr\u00e9senterait ici une tache blanche, un tel programme g\u00e9n\u00e9ral n&rsquo;a que peu de valeur pratique pour les partis de l&rsquo;occident. (Tr\u00e8s juste! chez les Allemands.) Pour un temps proche, le l&rsquo;accent principale porte justement sur ce parcours transitoire et son jalonnement. Je voudrais mentionner quelques-unes parmi ces questions concernant la transition, qui \u00e0 mon avis doivent imp\u00e9rativement avoir leur place dans un tel programme communiste. J&rsquo;y inclue la question du contr\u00f4le de production, la question du capitalisme d&rsquo;\u00c9tat, des lignes directrices pour une politique de fiscalit\u00e9 et une politique budg\u00e9taire des diff\u00e9rents partis. (Tr\u00e8s juste!) En effet, ces questions se posent tous les jours aux partis, la question concr\u00e8te change. (Boukharine: Ah!) Oui, mais il faut avoir des lignes directrices, dont peut \u00eatre d\u00e9riv\u00e9 le comportement pratique. Par comparaison prenez le Programme d&rsquo;Erfurt: Celui-ci contenait des principes pour la politique fiscale, qui naturellement aujourd&rsquo;hui sont d\u00e9pass\u00e9s. Vous ne nierais quand m\u00eame pas, camarade Boukharine, que les conditions fiscales et budg\u00e9taires des diff\u00e9rents pays et aussi de l&rsquo;Allemagne, \u00e9taient vari\u00e9es dans les diff\u00e9rentes ann\u00e9es, et pourtant un tel fil conducteur est important, utile et n\u00e9cessaire.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Le congr\u00e8s d\u00e9cide de ne pas adopter de programme lui-m\u00eame et renvoie la question au congr\u00e8s suivant. Cependant, le 5e congr\u00e8s de l&rsquo;IC, en juin 1924, ne tranchera pas non plus la question du programme.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Durant les ann\u00e9es 1923&#8209;1925, des modifications consid\u00e9rables interviennent en ce qui concerne les organismes de direction du KPD.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Du 28 janvier au 1er f\u00e9vrier 1923 se tient \u00e0 Leipzig le 8e Congr\u00e8s du KPD. Une r\u00e9solution, &quot;Lignes directrices sur la tactique du front uni et du gouvernement ouvrier&quot;, pr\u00e9sent\u00e9e par <span lang=DE>H. Brandler<\/span>, est adopt\u00e9e par 118 voix contre 59. Elle stipule notamment (cf. le document, en allemand <a href=\"http:\/\/321ignition.free.fr\/pag\/de\/lin\/pag_007\/1923_02_01_KPD_Leitsaetze.htm\">&#9658;<\/a>):<\/p>\n<p class=Notedefincitation>Le gouvernement ouvrier n&rsquo;est ni la dictature du prol\u00e9tariat ni une ascension pacifique vers elle. Elle est une tentative de la part de la classe ouvri\u00e8re de mener une politique ouvri\u00e8re, dans le cadre et dans un premier temps avec les moyens de la d\u00e9mocratie bourgeoisie, appuy\u00e9 sur des organes prol\u00e9tariens et des mouvements de masse.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Un certain nombre de membres du Parti autour de <span lang=DE>R. Fischer, Arkadij Maslow, Werner Scholem, Ernst Th\u00e4lmann<\/span>, s&rsquo;opposent \u00e0 cette orientation. Un texte alternatif &quot;Th\u00e8ses sur le front uni et le gouvernement ouvrier&quot; est soumis au congr\u00e8s. Cependant, le congr\u00e8s \u00e9lit \u00e0 la Centrale principalement des repr\u00e9sentants en accord avec l&rsquo;orientation propos\u00e9e, comme <span lang=DE>H. Brandler, Hugo Eberlein, Paul Fr\u00f6lich, A. Thalheimer, Jakob Walcher, C. Zetkin<\/span>. En mai, les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s des deux tendances du KPD se rendent \u00e0 Moscou pour discuter avec le Bureau de l&rsquo;IC. Les th\u00e8ses du congr\u00e8s sont condamn\u00e9es. Le 17 mai, <span lang=DE>R. Fischer, O. Geschke, A. K\u00f6nig et E. Th\u00e4lmann<\/span> sont coopt\u00e9s \u00e0 la Centrale comme repr\u00e9sentants de l&rsquo;orientation divergente au sujet de la question des gouvernements ouvriers.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Du 7 au 10 avril 1924, se r\u00e9unit clandestinement le 9e Congr\u00e8s du KPD, \u00e0 Francfort-sur-le-Main. La nouvelle Centrale est compos\u00e9e de 15 membres: <span lang=DE>H. Eberlein, R. Fischer, Wilhelm Florin, O. Geschke, F. Heckert, I. Katz, A. K\u00f6nig, A. Maslow, W. Pieck, H. Remmele, Arthur Rosenberg, Ernst Schneller, W. Scholem, Max Sch\u00fctz, E. Th\u00e4lmann<\/span>. Dimitrij Manuilskij, repr\u00e9sentant du Comit\u00e9 ex\u00e9cutif de l&rsquo;Internationale communiste, est pr\u00e9occup\u00e9 par le manque d&rsquo;unit\u00e9 du Parti et pr\u00e9conise <span style='font-family:\"Times New Roman\",\"serif\"'>&#8209;<\/span> sans succ\u00e8s <span style='font-family:\"Times New Roman\",\"serif\"'>&#8209;<\/span> l&rsquo;inclusion dans la nouvelle Centrale de quelques dirigeants \u00e9cart\u00e9s. Fischer est d\u00e9sign\u00e9e comme Pr\u00e9sidente du Bureau politique du Comit\u00e9 central, qui comprend en outre <span lang=DE>Katz, Maslow, Rosenberg, Paul Schlecht, Scholem, Sch\u00fctz, Th\u00e4lmann<\/span>. Le Secr\u00e9tariat est compos\u00e9 de <span lang=DE>Fischer, Maslow<\/span> et <span lang=DE>Scholem<\/span>. <span lang=DE>Maslow <\/span>est arr\u00eat\u00e9 le 20 mai suite \u00e0 un contr\u00f4le de police (il sera condamn\u00e9 \u00e0 4 ans d&#8217;emprisonnement, mais lib\u00e9r\u00e9 en juillet 1926 pour de raisons de sant\u00e9) et <span lang=DE>Remmele<\/span>, qui avait \u00e9t\u00e9 inclus \u00e0 la Centrale comme repr\u00e9sentant du groupe interm\u00e9diaire mais s&rsquo;\u00e9tait ensuite rapproch\u00e9 des positions du groupe autour de Fischer, est coopt\u00e9 au bureau politique.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Du 12 au 17 juillet 1925 se tient le 10e Congr\u00e8s du KPD \u00e0 Berlin. Depuis le printemps une partie du groupe autour de <span lang=DE>R. Fischer<\/span> et <span lang=DE>A. Maslow<\/span>, notamment <span lang=DE>W. Scholem, I. Katz<\/span> et <span lang=DE>A. Rosenberg<\/span> avaient form\u00e9 une nouvelle opposition. Au congr\u00e8s <span lang=DE>Fischer<\/span>, soutenue par <span lang=DE>E. Th\u00e4lmann, E. Schneller et H. Remmele<\/span>, les critiquent. Une nouvelle direction, appel\u00e9e maintenant Comit\u00e9 central, est \u00e9lue. Sont membres <span lang=DE>Konrad Blenkle, Philipp Dengel, H. Eberlein, Fischer, W. Florin, O. Geschke, A. Gohlke, F. Heckert, Maslow, W. Pieck, Remmele, Fritz Schimanski, Joseph Schlaffer, P. Schlecht, F. Schmidt, Schneller, Scholem, Wilhelm Schwan, Th\u00e4lmann, Hugo Urbahns<\/span>. D. Manuilskij, pr\u00e9sent au congr\u00e8s au nom de l&rsquo;IC, avait demand\u00e9 en vain que la direction ne soit pas compos\u00e9e exclusivement de membres du groupe autour de Fischer, mais que soient repr\u00e9sent\u00e9es \u00e9galement les deux autres orientations. En novembre 1925 le bureau politique est compos\u00e9 comme suit: <span lang=DE>Blenkle, Dengel, Ewert, Geschke, Schneller, Schwan, Remmele, Th\u00e4lmann<\/span>.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Du 12 au 14 aout 1925, des discussions ont lieu entre le pr\u00e9sidium du Comit\u00e9 ex\u00e9cutif de l&rsquo;IC et des repr\u00e9sentants du Comit\u00e9 central du KPD. Il en r\u00e9sulte une Lettre ouverte du Comit\u00e9 ex\u00e9cutif de l&rsquo;Internationale communiste critiquant la situation qui pr\u00e9vaut au sein du KPD (cf. le document, en allemand <a href=\"http:\/\/321ignition.free.fr\/pag\/de\/lin\/pag_007\/1925_08_xx_KI_EK_Offener_Brief.htm\">&#9658;<\/a>). Le 20 aout une majorit\u00e9 du Comit\u00e9 central approuve la lettre ouverte contre la voix de <span lang=DE>J. Lenz (Winternitz)<\/span>; font partie de cette majorit\u00e9 entre autre <span lang=DE>K. Blenkle, Ph. Dengel, H. Eberlein, A. Ewert, W. Florin, O. Geschke, F. Heckert, W. Pieck, H. Remmele, E. Th\u00e4lmann, J. Schehr, E. Schneller, J. Winterich<\/span>. Les 31 octobre et 1er novembre se tient la 1e Conf\u00e9rence nationale du KPD. Les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9sign\u00e9s sur la base de cellules d&rsquo;entreprise. Le 11 novembre, <span lang=DE>E. Th\u00e4lmann<\/span> devient pr\u00e9sident du Bureau politique. La direction comprend notamment <span lang=DE>Dengel, Schneller, Ernst Meyer, Ewert. R. Fischer, A. Maslow<\/span> et <span lang=DE>W. Scholem<\/span> sont exclus du Comit\u00e9 central, puis le seront du Parti (<span lang=DE>Fischer<\/span> et <span lang=DE>Maslow<\/span> en aout 1926, <span lang=DE>Scholem<\/span> en novembre 1926). Seront \u00e9galement exclus <span lang=DE>I. Katz<\/span> (en janvier 1926) et <span lang=DE>H. Urbahns<\/span> (en novembre 1926); <span lang=DE>A. Rosenberg<\/span> quittera le Parti en avril 1927.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Du 2 au 7 mars 1927 se tient \u00e0 Essen le 11e Congr\u00e8s du KPD. Le Comit\u00e9 central d\u00e9sign\u00e9 comprend <span lang=DE>K. Becker, Adolf Betz, K. Blenkle, Franz Dahlem, Ph. Dengel, Paul Dietrich, H. Eberlein, A. Ewert, Leo Flieg, W. Florin, Max Gerbig, O. Geschke, Arthur Golke, Walter H\u00e4hnel, F. Heckert, Wilhelm Hein, Paul Merker, E. Meyer, W. M\u00fcnzenberg, Michael Niederkirchner, Helene Overlach, W. Pieck, H. Remmele, J. Schlaffer, E. Schneller, Hans Schr\u00f6ter, Fritz Schulte, G. Schumann, W. Stoecker, E. Th\u00e4lmann, W. Ulbricht, J. Winterich, John Wittorf, C. Zetkin, Julius Biefang.<\/span> Le Bureau politique est compos\u00e9 de <span lang=DE>Th\u00e4lmann<\/span> comme pr\u00e9sident, <span lang=DE>Dengel, Eberlein, Ewert, Heckert, Merker, Meyer, Remmele<\/span> et <span lang=DE>Schneller<\/span> comme membres; en outre <span lang=DE>Flieg<\/span> occupe la fonction de secr\u00e9taire du Bureau politique. Le Secr\u00e9tariat politique est form\u00e9 de <span lang=DE>Dengel, Ewert, Meyer<\/span> et <span lang=DE>Th\u00e4lmann<\/span>.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>(Pour un expos\u00e9 plus d\u00e9taill\u00e9 des controverses au sein du KPD, cf. dans le dossier &quot;1933&#8209;1945: Le KPD dans la lutte contre la dictature national-socialiste&quot;, la partie &quot;1923&#8209;1932: R\u00e9action et contre-attaque&quot; <a href=\"http:\/\/321ignition.free.fr\/pag\/fr\/ana\/pag_008\/pag_02.htm\">&#9658;<\/a>).<\/p>\n<p class=Notedefindbut>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <span lang=DE>Heinrich Brandler<\/span>.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite><span lang=DE>Brandler<\/span> fait partie du Groupe Spartakus form\u00e9 \u00e0 partir de 1915 autour de Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht, puis il est membre du KPD fond\u00e9 en d\u00e9cembre 1918. Au 2e congr\u00e8s du Parti (octobre 1919) il est \u00e9lu comme membre de la direction, en f\u00e9vrier 1921 il devient co-pr\u00e9sident (aux c\u00f4t\u00e9s de <span lang=DE>Walter Stoecker<\/span>), en juillet 1922 il est d\u00e9sign\u00e9 secr\u00e9taire du bureau politique. Du 10 au 29 octobre 1923 il fait partie d&rsquo;un gouvernement r\u00e9gional social-d\u00e9mocrate-communiste dans la r\u00e9gion de Sachsen. En janvier 1924 il est d\u00e9mis de ses fonctions dans le parti. Il se rend Moscou, o\u00f9 il poursuit des activit\u00e9s en tant que membre du PCR. En octobre 1928 il revient en Allemagne. En d\u00e9cembre 1928 il est avec <span lang=DE>August Thalheimer<\/span> l&rsquo;un des principaux fondateurs du KPD Opposition (KPD O, aussi KPO). En janvier 1929 il est exclu du PCUS et de l&rsquo;Internationale communiste.<\/p>\n<p class=Notedefindbut>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <span lang=DE>August Thalheimer<\/span>.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Lors congr\u00e8s de fondation du KPD, Thalheimer est \u00e9lu \u00e0 la Centrale, dont il est membre jusqu&rsquo;en f\u00e9vrier 1924. Apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9chec de l&rsquo;action d&rsquo;insurrection d&rsquo;octobre 1923, il d\u00e9fend, comme Heinrich Brandler, la tactique de la Centrale et devint l&rsquo;un des repr\u00e9sentants les plus importants de la droite, qui perd la position dirigeante au 9e congr\u00e8s du parti en 1924. Recherch\u00e9 par la police, il doit quitter l&rsquo;Allemagne et se rendre \u00e0 Moscou, o\u00f9 r\u00e9side \u00e9galement Brandler. Les deux appartiennent maintenant au PCUS. En mai 1928, il peut retourner \u00e0 Berlin. Il rassemble \u00e0 nouveau le groupe de droite du KPD. En d\u00e9cembre 1928, Brandler et lui sont les principaux cofondateurs de l&rsquo;organisation KPD-Opposition (KPD-O, \u00e9galement KPO). En janvier 1929, il est expuls\u00e9 du PCUS et de l&rsquo;Internationale communiste.<\/p>\n<p class=Notedefindbut><a href=\"#_ednref49\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[49]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Friedrich Engels: &quot;Les Communistes et Karl Heinzen&quot; (1847).<\/p>\n<p class=Notedefinsuite align=left style='text-align:left;text-indent:0cm'><span lang=DE>Friedrich Engels: &quot;Die Kommunisten und Karl Heinzen&quot;, <i>Deutsche-Br\u00fcsseler-Zeitung<\/i>, N\u00b0 79 du 3. octobre 1847; Karl Marx &#8211; Friedrich Engels, Werke, Band 4, Berlin, Dietz Verlag, 1977; p. 309.<\/span><\/p>\n<p class=Notedefinsuite align=left style='text-align:left;text-indent:0cm'><span lang=DE>Ici p. 313:<\/span><\/p>\n<p class=Notedefincitation><span lang=DE>Alle Ma\u00dfregeln zur Beschr\u00e4nkung der Konkurrenz, der Anh\u00e4ufung gro\u00dfer Kapitalien in den H\u00e4nden einzelner, alle Beschr\u00e4nkung oder Aufhebung des Erbrechts, alle Organisation der Arbeit von Staats wegen etc., alle diese Ma\u00dfregeln sind als revolution\u00e4re Ma\u00dfregeln nicht nur m\u00f6glich, sondern sogar n\u00f6tig. Sie sind m\u00f6glich, weil das ganze insurgierte Proletariat hinter ihnen steht und sie mit bewaffneter Hand aufrechterh\u00e4lt. Sie sind m\u00f6glich, trotz aller von den \u00d6konomen gegen sie geltend gemachten Schwierigkeiten und \u00dcbelst\u00e4nde, weil eben diese Schwierigkeiten und \u00dcbelst\u00e4nde das Proletariat zwingen werden, immer weiter und weiter zu gehen bis zur g\u00e4nzlichen Aufhebung des Privateigentums, um nicht auch das wieder zu verlieren, was es schon gewonnen hat. Sie sind m\u00f6glich als Vorbereitungen, vor\u00fcbergehende Zwischenstufen f\u00fcr die Abschaffung des Privateigentums, aber auch nicht anders.<\/span><\/p>\n<p class=Notedefindbut><a href=\"#_ednref50\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span lang=DE>[50]<\/span><\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Centuries, Allemagne, 1923.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>En mars 1923, des groupes dits Centuries prol\u00e9tariens [<span lang=DE>proletarische Hundertschaften<\/span>] se forment initialement en Th\u00fcringen, o\u00f9 un gouvernement SPD est au pouvoir. Par la suite, ces organes d&rsquo;autod\u00e9fense du mouvement ouvrier se sont \u00e9galement d\u00e9velopp\u00e9s en Sachsen, \u00e0 Berlin et dans la r\u00e9gion de la Ruhr. Pour la Prusse, le ministre de l&rsquo;Int\u00e9rieur, Carl Severing (SPD), prononce une interdiction des Centuries prol\u00e9tariens le 12 mai 1923.<\/p>\n<p class=Notedefindbut><a href=\"#_ednref51\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[51]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Loi pour la protection de la R\u00e9publique [<span lang=DE>Republikschutzgesetz<\/span>], 1922&#8209;1932.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Durant la phase initiale de fondation de la R\u00e9publique les d\u00e9crets d&rsquo;exception \u00e9mis par l&rsquo;Ex\u00e9cutif au cas par cas selon l&rsquo;art. 48 par. 2 (cf.&nbsp;note&nbsp;52&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_q\">&#9658;<\/a>) de la Constitution dite &quot;de Weimar&quot; (Constitution du Reich allemand, adopt\u00e9e le 11 aout 1919 \u00e0 Weimar) sont d&rsquo;usage. Suite \u00e0 l&rsquo;assassinat de Walter Rathenau en juin 1922, le parlement entreprend l&rsquo;introduction d&rsquo;une loi g\u00e9n\u00e9rale pour la protection de la r\u00e9publique. Le 4 juillet 1922, les syndicats organisent une gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale pour appuyer leur revendication d&rsquo;une protection efficace de la r\u00e9publique. Le 21 juillet, le Reichstag adopte la premi\u00e8re loi sur la protection de la R\u00e9publique \u00e0 la majorit\u00e9 des deux tiers, ce qui donne au texte le statut de modification de la constitution (cf. le document <a href=\"http:\/\/www.documentarchiv.de\/wr\/repschutz_ges01.html\">&#9658;<\/a>). Elle est limit\u00e9e \u00e0 cinq ans et contient dans sa partie principale des dispositions p\u00e9nales pour la protection de la r\u00e9publique, qui visent la pr\u00e9paration et le soutien de l&rsquo;assassinat de politiciens r\u00e9publicains et la participation \u00e0 des associations criminelles, ainsi que des actes d&rsquo;insulte ou d&rsquo;outrage envers la r\u00e9publique, ses symboles ou ses repr\u00e9sentants. Dans d&rsquo;autres parties, est r\u00e8glement\u00e9e l&rsquo;instauration d&rsquo;une Haute Cour constitutionnelle <span lang=DE>(Staatsgerichtshof) <\/span>pour la protection de la r\u00e9publique ainsi que l&rsquo;interdiction d&rsquo;associations et d&rsquo;rassemblements et des restrictions \u00e0 la libert\u00e9 de la presse. Les dispositions p\u00e9nales les plus s\u00e9v\u00e8res de la loi visent les &quot;organisations d&rsquo;assassins et leurs instigateurs&quot;; de mani\u00e8re caract\u00e9ristique, ces faits n&rsquo;ont m\u00eame pas \u00e9t\u00e9 abord\u00e9s dans le proc\u00e8s contre l&rsquo;Organisation Consul, qui a \u00e9t\u00e9 accus\u00e9 des meurtres d&rsquo;Erzberger (cf.&nbsp;note&nbsp;25&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_p1\">&#9658;<\/a>) et de Rathenau (cf.&nbsp;note&nbsp;25&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_p2\">&#9658;<\/a>). Un autre ensemble de dispositions p\u00e9nales, qui a acquis une importance pratique beaucoup plus grande, est dirig\u00e9 contre le soutien accord\u00e9 aux &quot;associations hostiles \u00e0 l&rsquo;\u00c9tat&quot; qui cherchent \u00e0 &quot;saper la forme de gouvernement r\u00e9publicain constitutionnellement \u00e9tablie&quot;. Presque toutes les parties de la loi \u00e9taient dirig\u00e9es contre les opposants de droite et de gauche \u00e0 la r\u00e9publique.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Le fait est que l&rsquo;application et la pratique d&rsquo;interpr\u00e9tation par le pouvoir judiciaire ont conduit \u00e0 une action particuli\u00e8rement s\u00e9v\u00e8re contre la politique communiste. Cette tendance a \u00e9t\u00e9 favoris\u00e9e par un \u00e9tatisme qui pla\u00e7ait l&rsquo;\u00c9tat en tant que tel au centre, mais pas la protection de la r\u00e9publique d\u00e9mocratique. \u00c9tant donn\u00e9 que les infractions organisationnelles de la loi sur la protection de la R\u00e9publique \u00e9taient li\u00e9es \u00e0 l&rsquo;existence d&rsquo;une organisation criminelle au sens de l&rsquo;article 129 du Code p\u00e9nal, le KPD a \u00e9t\u00e9 plac\u00e9 au centre des poursuites p\u00e9nales. Depuis 1925, sa politique a toujours \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9e comme la pr\u00e9paration d&rsquo;une entreprise de haute trahison au titre de l&rsquo;article 86. La jurisprudence a interpr\u00e9t\u00e9 le concept de violence dans le paragraphe sur la haute trahison de mani\u00e8re si extensive qu&rsquo;en fin de compte, toute forme de propagande communiste a \u00e9t\u00e9 \u00e9valu\u00e9e comme une pr\u00e9paration au &quot;but ultime&quot; de la r\u00e9volution. Il en r\u00e9sulte que le KPD, en tant qu&rsquo;organisation criminelle accus\u00e9e de haute trahison, a toujours \u00e9t\u00e9 qualifi\u00e9 d &lsquo;&quot;association hostile \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat&quot; au sens de l&rsquo;article 7 (4) de la loi sur la protection de la R\u00e9publique. Les tribunaux ont proc\u00e9d\u00e9 diff\u00e9remment dans le cas du NSDAP: alors que le caract\u00e8re anti\u00e9tatique du KPD \u00e9tait pr\u00e9sum\u00e9 &quot;connu du tribunal&quot; et devait \u00eatre r\u00e9fut\u00e9 au cas par cas pour parvenir \u00e0 l&rsquo;impunit\u00e9, \u00e0 l&rsquo;inverse, le m\u00eame caract\u00e8re du NSDAP devait \u00eatre \u00e9tabli au cas par cas.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>La loi de protection de la r\u00e9publique de juillet 1922 a \u00e9t\u00e9 prolong\u00e9e de deux ans par la loi du 2 juin 1927 (RGBl. I p. 125). En juin 1928 est form\u00e9 un gouvernement de coalition incluant SPD, DVP (cf.&nbsp;note&nbsp;19&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_c1\">&#9658;<\/a>), Zentrum (cf.&nbsp;note&nbsp;20&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_d\">&#9658;<\/a>), DDP (cf.&nbsp;note&nbsp;<b>Erreur&nbsp;! Signet non d\u00e9fini.<\/b>&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_b\">&#9658;<\/a>) et BVP (cf.&nbsp;note&nbsp;3020&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_o\">&#9658;<\/a>) avec Hermann M\u00fcller (SPD) comme chancelier. Une nouvelle extension a \u00e9chou\u00e9 parce que la majorit\u00e9 des deux tiers au Reichstag, qui \u00e9tait n\u00e9cessaire en raison du caract\u00e8re de changement constitutionnel de certaines dispositions particuli\u00e8res, n&rsquo;a pas pu \u00eatre obtenu du fait que le Parti allemand-national <span lang=DE>du peuple<\/span> (<span lang=DE>Deutschnationale Volkspartei)<\/span> ne participe pas au gouvernement. Ainsi, la loi expira le 22 juillet 1929. Le ministre de l&rsquo;Int\u00e9rieur, Severing (SPD), a ensuite pr\u00e9sent\u00e9 un nouveau projet modifi\u00e9, qui est approuv\u00e9 par l&rsquo;assembl\u00e9e nationale, avec 265 voix contre 150. Cette loi, qui n&rsquo;avait donc pas caract\u00e8re constitutionnel, a \u00e9t\u00e9 qualifi\u00e9e de conforme \u00e0 la constitution dans la jurisprudence. Elle est publi\u00e9e le 25 mars (cf. le document <a href=\"http:\/\/www.documentarchiv.de\/wr\/1930\/republikschutzgesetz.html\">&#9658;<\/a>). Son objet est globalement similaire \u00e0 loi pr\u00e9c\u00e9dente. Elle vise \u00e0 r\u00e9primer et punir la participation directe ou indirecte \u00e0 des actes consid\u00e9r\u00e9s comme menace pour la R\u00e9publique: assassinat en g\u00e9n\u00e9ral, en particulier attentat contre le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique ou un membre de gouvernement, un comportement susceptible d&rsquo;\u00e9branler ou d\u00e9nigrer la forme d&rsquo;\u00e9tat r\u00e9publicaine constitutionnelle au niveau nationale ou r\u00e9gional (notamment dans le cadre d&rsquo;une association), actes de violence contre des personnes en rapport avec leur activit\u00e9 politique, r\u00e9unions et imprim\u00e9s contrevenant \u00e0 la loi en rapport avec les actes mentionn\u00e9s. Cette loi cesse d&rsquo;\u00eatre en vigueur le 20 d\u00e9cembre 1932 sous l&rsquo;effet du d\u00e9cret pour la pr\u00e9servation de la paix int\u00e9rieure du 19 d\u00e9cembre 1932.<\/p>\n<p class=Notedefindbut><a href=\"#_ednref52\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[52]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Allemagne, Constitution de Weimar, Article&nbsp;48.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Le&nbsp;6&nbsp;f\u00e9vrier 1919, une Assembl\u00e9e constituante allemande se r\u00e9unit dans la ville de Weimar. La nouvelle constitution fixe \u00e0 l&rsquo;Allemagne un cadre institutionnel d\u00e9fini comme r\u00e9publique f\u00e9d\u00e9rale. L&rsquo;assembl\u00e9e l\u00e9gislative (Reichstag) est \u00e9lue pour une p\u00e9riode de quatre&nbsp;ans. Le pr\u00e9sident est \u00e9lu au suffrage universel pour une p\u00e9riode de sept&nbsp;ans et dispose de larges pr\u00e9rogatives. Il peut dissoudre le Reichstag, et l&rsquo;article&nbsp;48 de la constitution lui donne le droit, en cas de menace \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 publique, d&rsquo;instaurer l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;exception et d&rsquo;\u00e9dicter des d\u00e9crets d&rsquo;urgence ayant caract\u00e8re de loi.<\/p>\n<p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref53\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[53]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &quot;la Jungle&quot;.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Ainsi dans le document original en fran\u00e7ais. Il s&rsquo;agit en fait de l&rsquo;organisation <span lang=DE>Jungdo<\/span> (pour &quot;<span lang=DE>Jungdeutscher Orden<\/span>&quot;) (cf.&nbsp;note&nbsp;29&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_t\">&#9658;<\/a>).<\/p>\n<p class=Notedefindbut><a href=\"#_ednref54\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[54]<\/span><\/a><span lang=DE>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Hans von&nbsp;Seeckt.<\/span><\/p>\n<p class=Notedefinsuite><span lang=DE>Seeckt<\/span> est \u00e0 partir d&rsquo;octobre 1919, avec l&rsquo;instauration du <span lang=DE>Truppenamt<\/span> [Office des troupes] dans le cadre du minist\u00e8re de la <span lang=DE>Reichswehr<\/span> [d\u00e9fense], Chef de l&rsquo;\u00e9tat&#8209;major. En mars 1920 survient la tentative de putsch L\u00fcttwitz-Kapp (cf. note&nbsp;25&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_p3\">&#9658;<\/a>). Seeckt refuse d&rsquo;engager la <span lang=DE>Reichswehr<\/span> pour mettre en \u00e9chec l&rsquo;op\u00e9ration, craignant une division au sein de l&rsquo;arm\u00e9e. Suite \u00e0 ces \u00e9v\u00e8nements, le 14 mars 1920, Walther Reinhardt d\u00e9missionne du poste de chef de la direction de l&rsquo;arm\u00e9e [<span lang=DE>Oberste Heeresleitung, OHL<\/span>] qu&rsquo;il occupait depuis octobre 1919. Seeckt est d&rsquo;abord charg\u00e9 des affaires courantes \u00e0 sa place, puis nomm\u00e9 officiellement \u00e0 ce poste en juin. 1923, dans le contexte de l&rsquo;occupation de la r\u00e9gion du Ruhr par les puissances alli\u00e9es vainqueurs, le gouvernement allemand r\u00e9agit d&rsquo;abord par une politique de &quot;r\u00e9sistance passive&quot;. Une gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale s&rsquo;\u00e9tend largement, le SPD d\u00e9cide de retirer sa confiance au gouvernement de Wilhelm Cuno, qui d\u00e9missionne le 12 aout. Le 26 septembre le nouveau chancelier Gustav Stresemann (DVP) annonce la d\u00e9cision prise par le gouvernement, de mettre la fin \u00e0 la \u201cr\u00e9sistance passive\u201d. Le gouvernement du Reich craint alors un putsch bavarois dirig\u00e9 contre Berlin et le pr\u00e9sident Friedrich Ebert (SPD) instaure l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;exception dans tous le Reich. Le pouvoir ex\u00e9cutif est conf\u00e9r\u00e9 au ministre de la d\u00e9fense O. Ge\u00dfler. En novembre, apr\u00e8s la tentative de putsch d&rsquo;Adolf Hitler, Ebert modifie cette derni\u00e8re disposition et conf\u00e8re pouvoir ex\u00e9cutif \u00e0 Seeckt. L&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;exception est r\u00e9voqu\u00e9 le 1er mars 1924. Seeckt est sollicit\u00e9 par divers repr\u00e9sentants de cercles r\u00e9actionnaires, parmi lesquels Stinnes, en vue de la formation d&rsquo;un gouvernement dictatorial. Il envisage diff\u00e9rentes options en ce sens, mais ne donne finalement pas suite. En 1926, \u00e0 cause d&rsquo;un conflit avec le ministre de la <span lang=DE>Reichswehr Otto Ge\u00dfler<\/span>, Seeckt est mis en cong\u00e9 de son service militaire. Entre 1930 et 1932 il est d\u00e9put\u00e9 au parlement (Reichstag) pour le DVP. Durant les ann\u00e9es&nbsp;1930&#8209;1932 puis&nbsp;1934&#8209;1935 il tient un r\u00f4le en Chine comme conseiller du g\u00e9n\u00e9ral Jiang&nbsp;Jieshi (Chiang&nbsp;Kai&#8209;shek), dirigeant du Guomindang. \u00c0 son retour en Allemagne il est nomm\u00e9 commandant d&rsquo;un r\u00e9giment d&rsquo;infanterie.<\/p>\n<p class=Notedefindbut><a href=\"#_ednref55\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[55]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <span lang=DE>Deutsche demokratische Partei<\/span> (Parti d\u00e9mocratique allemand, DDP).<\/p>\n<p class=Notedefinsuite><span lang=DE>Le<\/span> DDP est fond\u00e9 le&nbsp;20&nbsp;novembre 1918 comme successeur du <span lang=DE>Fortschrittliche Volkspartei<\/span> (Parti progressiste du peuple, FVP), form\u00e9 en&nbsp;1910. Le DDP inclut aussi des ex-membres du <span lang=DE>Nationalliberale Partei<\/span> (Parti national-lib\u00e9ral, NLP), fond\u00e9 en&nbsp;1866 et dont l&rsquo;existence se termine en novembre 1918.<\/p>\n<p class=Notedefindbut><a href=\"#_ednref56\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[56]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Gerhart Seger (Seeger).<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Gerhart Seger est d&rsquo;abord en 1921 membre de l&rsquo;USPD, puis suit la r\u00e9int\u00e9gration de l&rsquo;USPD au SPD en 1922. \u00c0 partir de 1923 il est secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la Soci\u00e9t\u00e9 allemande de la paix&nbsp;*; lors de l&rsquo;Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de f\u00e9vrier 1929 il d\u00e9missionne du Pr\u00e9sidium. Il est \u00e0 partir de 1928 collaborateur du p\u00e9riodique <i>La lutte de classe<\/i> (<i><span lang=DE>Der Klassenkampf)<\/span><\/i> auquel participe notamment Paul Levi&nbsp;**.<\/p>\n<p class=Notedefindbut>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; *&nbsp;DFG<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>En novembre 1892, \u00e0 l&rsquo;initiative de l&rsquo;\u00e9diteur Alfred Hermann Fried et de la baronne Bertha von Suttner, est fond\u00e9e la Soci\u00e9t\u00e9 allemande de la paix (<span class=NotedefinsuiteCar><span lang=DE>Deutsche Friedensgesellschaft<\/span><\/span>, DFG) sur le mod\u00e8le de la Soci\u00e9t\u00e9 autrichienne des amis de la paix (<span class=NotedefinsuiteCar><span lang=DE>\u00d6sterreichischen Gesellschaft der Friedensfreunde<\/span><\/span>, fond\u00e9e en 1891). La DFG \u00e9tablit son si\u00e8ge central \u00e0 Berlin. Les orientations de la DFG incluent le refus du service militaire et de toute guerre en g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<p class=Notedefindbut>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; **&nbsp;Paul Levi.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Levi fait partie des fondateurs du KPD, dont il est pr\u00e9sident \u00e0 partir de mars 1919. Lorsqu&rsquo;en 1920 une partie de l&rsquo;USPD rejoint le KPD, il est co-pr\u00e9sident du VKPD au c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;<span lang=DE>Ernst D\u00e4umig<\/span> qui vient de l&rsquo;USPD. Au bout de conflits au sein du parti et avec la direction de l&rsquo;IC Levi est exclu du KPD en 1921. Certains autres dirigeants du KPD, dont D\u00e4umig, quittent alors le parti. D\u00e4umig constitue avec Levi la Communaut\u00e9 communiste de travail (<span lang=DE>Kommunistische Arbeitsgemeinschaft, KAG<\/span>), laquelle en 1922 rejoint l&rsquo;USPD et suit le retour au SPD. \u00c0 partir de 1923 Levi publie le p\u00e9riodique <i>Politique et \u00e9conomie socialiste<\/i> (<i><span lang=DE>Sozialistische Politik und Wirtschaft<\/span><\/i>). En octobre 1927parait un bimensuel <i>La lutte de classe. Feuilles marxistes<\/i> (<i><span lang=DE>Der Klassenkampf. Marxistische Bl\u00e4tter<\/span><\/i>), avec l&rsquo;objectif de regrouper l&rsquo;opposition au sein du SPD; comme r\u00e9dacteurs apparaissent &nbsp;<span lang=DE>Max Adler<\/span> (Vienne), <span lang=DE>Kurt Rosenfeld<\/span>, <span lang=DE>Max Seydewitz <\/span>et <span lang=DE>Heinrich Str\u00f6bel<\/span>. En 1928 le <i><span lang=DE>Klassenkampf<\/span><\/i> est r\u00e9uni avec la publication de Levi, lequel devient co\u00e9diteur.<\/p>\n<p class=Notedefindbut><a href=\"#_ednref57\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[57]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &quot;Travail organique&quot;.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite style='text-indent:0cm'>Le 2e Congr\u00e8s de l&rsquo;Internationale communiste, en juillet 1920, adopte des &quot;Lignes directrices sur les partis communistes et le parlementarisme&quot;. Elles stipulent entre autre:<\/p>\n<p class=Notedefincitation>On ne peut pas invoquer contre l&rsquo;action parlementaire, la qualit\u00e9 bourgeoise de l&rsquo;institution m\u00eame. Le Parti communiste y entre non pour s&rsquo;y livrer \u00e0 une action organique, mais pour saper de l&rsquo;int\u00e9rieur la machine gouvernementale et le Parlement.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite style='text-indent:0cm'>Concernant la teneur de cette phrase, on peut signaler que dans la version en allemand, elle est quelque peu plus pr\u00e9cise (en italiques, la partie qui diff\u00e8re):<\/p>\n<p class=Notedefincitation>[&#8230;] mais pour <i>saper de l&rsquo;int\u00e9rieur la machine gouvernementale et le Parlement<\/i>.<\/p>\n<p class=Notedefincitation><span lang=DE>[&#8230;] sondern um <i>vom Parlament aus den Massen zu helfen, die Staatsmaschine und das Parlament selbst durch die Aktion zu sprengen<\/i>.<\/span><\/p>\n<p class=Notedefincitation>\u00c0 savoir en fran\u00e7ais:<\/p>\n<p class=Notedefincitation>[&#8230;] mais pour <i>aider les masses, \u00e0 partir du Parlement, \u00e0 faire \u00e9clater elles-m\u00eames la machine d&rsquo;\u00e9tat et le parlement par l&rsquo;action<\/i>.<\/p>\n<p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref58\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[58]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Politique du &quot;moindre mal&quot;(<span lang=DE>&quot;Kleineres \u00dcbel&quot;<\/span>).<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>La formule se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 un type de raisonnement appliqu\u00e9 couramment par le SPD &#8211; et d&rsquo;autres &#8211; pour justifier des choix en mati\u00e8re de soutien ou du moins de tol\u00e9rance \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de tel ou tel parti, gouvernement, candidat aux \u00e9lections. Concr\u00e8tement il s&rsquo;agissait en g\u00e9n\u00e9ral de consid\u00e9rer Hitler et les national-socialistes comme &quot;le plus grand mal&quot;.<\/p>\n<p class=Notedefindbut><a href=\"#_ednref59\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[59]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Phrase telle quelle dans le texte.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>En la comparant avec la version en allemand, on constate qu&rsquo;il manquent quelques mots. Voici la phrase compl\u00e9t\u00e9e (l&rsquo;ajout en italiques):<\/p>\n<p class=Notedefincitation>Dans la d\u00e9termination de notre attitude de principe envers la rationalisation<i>, il faut avant tout constater que cette devise,<\/i><span style='color:#0070C0'> <\/span>pr\u00e9conis\u00e9e par la bourgeoisie et la social-d\u00e9mocratie, et qui leur sert \u00e0 embellir la r\u00e9alit\u00e9 et \u00e0 induire les masses en erreur, ne fait en somme que grouper une s\u00e9rie de m\u00e9thodes qui au fond ne sont pas nouvelles et qui contribuent \u00e0 augmenter le profit capitaliste.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>En effet, en allemand:<\/p>\n<p class=Notedefincitation><span lang=DE>Bei der Bestimmung unserer grunds\u00e4tzlichen Stellung zur Rationalisierung <i>ist vor allem festzustellen, da\u00df dieses<\/i><span style='color:#0070C0'> <\/span>von der Bourgeoisie und Sozialdemokratie zu Besch\u00f6nigungszwecken und zur Irref\u00fchrung der Massen in die Welt gesetzte <i>Schlagwort<\/i> in Wirklichkeit nur eine ganze Reihe grunds\u00e4tzlich nicht neuer Methoden zur Erh\u00f6hung des kapitalistischen Profits umfa\u00dft. <\/span><\/p>\n<p class=Notedefindbut><a href=\"#_ednref60\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[60]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Preussag.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>En octobre 1923 est publi\u00e9e la loi cr\u00e9ant la Soci\u00e9t\u00e9 prussienne par actions de mines et de haut-fourneaux (<span lang=DE>Preu\u00dfische Bergwerks- und H\u00fctten-Aktiengesellschaft, Preussag<\/span>) qui transforme les entreprises mini\u00e8res de l&rsquo;\u00c9tat de Prusse en soci\u00e9t\u00e9 par actions. Preussag g\u00e8re les mines et les forges de l&rsquo;\u00c9tat prussien en Basse-Saxe, en Sarre et en Haute-Sil\u00e9sie; l&rsquo;\u00c9tat reste propri\u00e9taire du capital. Apr\u00e8s la Deuxi\u00e8me guerre mondiale, la soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9m\u00e9nage son si\u00e8ge \u00e0 <span lang=DE>Hannover<\/span>. Elle passe au secteur priv\u00e9 en 1959 et par la suite diversifie ses activit\u00e9s qui vont du p\u00e9trole au bain de bouche. Dans les ann\u00e9es 1980 elle se s\u00e9pare de l&rsquo;exploitation mini\u00e8re. Depuis 1994, Preussag s&rsquo;est transform\u00e9 en groupe de tourisme TUI au moyen d&rsquo;acquisitions cibl\u00e9es.<\/p>\n<p class=Notedefindbut><a href=\"#_ednref61\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[61]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Karl Marx, Le Capital &#8211; Livre 2e,<\/p>\n<p class=Notedefindbut align=left style='text-align:left'>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 3e section: La reproduction et la circulation de l&rsquo;ensemble du capital social, Chapitre 20: La reproduction simple, Sous-chapitres 1 \u00e0 8,<br \/> IV. <span style='font-family:\"Times New Roman\",\"serif\"'>&#8209;<\/span> Les \u00e9changes \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de la section II. Subsistances n\u00e9cessaires et objets de luxe.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Le Capital &#8211; Livre deuxi\u00e8me &#8211; Tome II, Paris, \u00c9ditions sociales, 1974, p. 46<span style='font-family:\"Times New Roman\",\"serif\"'>&#8209;<\/span>84<\/p>\n<p class=Notedefincitation>C&rsquo;est pure tautologie que de dire: les crises proviennent de ce que la consommation solvable ou les consommateurs capables de payer font d\u00e9faut. Le syst\u00e8me capitaliste ne conna\u00eet d&rsquo;autres modes de consommation que payants, \u00e0 l&rsquo;exception de ceux de l&rsquo;indigent ou du &quot;filou&quot;. Dire que des marchandises sont invendables ne signifie rien d&rsquo;autre que: il ne s&rsquo;est pas trouv\u00e9 pour elles d&rsquo;acheteurs capables de payer, donc de consommateurs (que les marchandises soient achet\u00e9es en derni\u00e8re analyse pour la consommation productive ou individuelle). Mais si, pour donner une apparence de justification plus profonde \u00e0 cette tautologie, on dit que la classe ouvri\u00e8re re\u00e7oit une trop faible part de son propre produit et que cet inconv\u00e9nient serait palli\u00e9 d\u00e8s qu&rsquo;elle en recevrait une plus grande part, d\u00e8s que s&rsquo;accro\u00eetrait en cons\u00e9quence son salaire, il suffit de remarquer que les crises sont chaque fois pr\u00e9par\u00e9es justement par une p\u00e9riode de hausse g\u00e9n\u00e9rale des salaires, o\u00f9 la classe ouvri\u00e8re obtient effectivement une plus grande part de la fraction du produit annuel destin\u00e9e \u00e0 la consommation. Du point de vue de ces chevaliers, qui rompent des lances en faveur du &quot;simple&quot; (!) bon sens, cette p\u00e9riode devrait au contraire \u00e9loigner la crise. Il semble donc que la production capitaliste implique des conditions qui n&rsquo;ont rien \u00e0 voir avec la bonne ou la mauvaise volont\u00e9, qui ne tol\u00e8rent cette prosp\u00e9rit\u00e9 relative de la classe ouvri\u00e8re que passag\u00e8rement et toujours seulement comme signe annonciateur d&rsquo;une crise.<\/p>\n<p class=Notedefindbut><a href=\"#_ednref62\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference>[62]<\/span><\/a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Werner Sombart.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Werner Sombart d\u00e9bute en 1890 un poste de Professeur d&rsquo;\u00e9conomie politique (<span lang=DE>National\u00f6konomie<\/span>) \u00e0 Wroclaw *. En 1906 il passe \u00e0 un poste de Professeur d&rsquo;\u00e9conomie politique \u00e0 l&rsquo;\u00c9cole des hautes \u00e9tudes commerciales <span lang=DE>\u00e0 Berlin<\/span>. <span lang=DE>En 1918 <\/span>il passe \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Berlin comme professeur de d&rsquo;\u00e9conomie politique et sociologie. Il enseigne jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort en 1941 (\u00e0 partir de 1935 seulement \u00e9conomie).<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>D\u00e8s le d\u00e9but il acquiert une r\u00e9putation de connaisseur du marxisme et du mouvement social. Lorsqu&rsquo;en 1894 parait le troisi\u00e8me volume du Capital de Marx, Sombart publie lui-m\u00eame une \u00e9tude du syst\u00e8me marxiste. Engels lui adresse alors une lettre de politesse dans lequel il \u00e9value positivement la parution du livre de Sombart, dans la mesure o\u00f9 il se d\u00e9marque de l&rsquo;esprit qui pr\u00e9vaut dans les universit\u00e9s allemandes&nbsp;**. En 1896 est publi\u00e9 un recueil de conf\u00e9rences de Sombart, intitul\u00e9 &quot;Socialisme et mouvement social au XIXe si\u00e8cle&quot; (<span lang=DE>Sozialismus und soziale Bewegung im 19. Jh.<\/span>). <\/p>\n<p class=Notedefinsuite>En 1902 Sombart publie &quot;Le capitalisme moderne&quot; (&quot;<span lang=DE>Der Moderne Kapitalismus<\/span>&quot;). Ici, il lie la justification th\u00e9orique de la sup\u00e9riorit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9conomie capitaliste sur les anciennes formes d&rsquo;\u00e9conomie telles que l&rsquo;artisanat et l&rsquo;industrie domestique, \u00e0 la question historique de la gen\u00e8se du capitalisme. Il con\u00e7oit cette gen\u00e8se comme une psychogen\u00e8se, il s&rsquo;interroge donc entre autre sur les racines d&rsquo;une nouvelle mentalit\u00e9 \u00e9conomique.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>En 1903 il publie &quot;L&rsquo;\u00e9conomie nationale allemande au dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle et au d\u00e9but du 20. si\u00e8cle&quot; (&quot;<span lang=DE>Die deutsche Volkswirtschaft im neunzehnten Jahrhundert und im Anfang des 20. Jahrhunderts<\/span>&quot;). Ce texte connaitra des modifications dans des \u00e9ditions ult\u00e9rieures.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>En 1919 parait la 7e \u00e9dition de &quot;Socialisme et mouvement social au 19e si\u00e8cle&quot;. \u00c0 ce stade Sombart tient encore \u00e0 faire semblant d&rsquo;accorder au marxisme un r\u00f4le historique positif, mais fait entrevoir d\u00e9j\u00e0 la r\u00e9orientation totale qui marqueront &#8211; d\u00e8s la m\u00eame ann\u00e9e &#8211; ses \u00e9crits ult\u00e9rieurs.<\/p>\n<p class=Notedefincitation><span lang=DE>[&#8230;] i<\/span>l n&rsquo;y a qu&rsquo;un seul socialisme vivant \u00e0 notre \u00e9poque: le marxisme <span lang=DE>[&#8230;] <\/span>tous les mouvements socialistes du pr\u00e9sent sont remplis d&rsquo;un esprit marxiste dans la mesure o\u00f9 ils aspirent \u00e0 la socialisation des moyens de production par la voie de la lutte de classe et sont port\u00e9s par le prol\u00e9tariat: le socialisme est devenu prol\u00e9tarien, le prol\u00e9tariat socialiste: cette unification est l&rsquo;acte de Karl Marx contribuant \u00e0 l&rsquo;histoire universelle.<\/p>\n<p class=Notedefincitation><span lang=DE>[(&#8230;) es gibt nur einen lebendigen Sozialismus in unserer Zeit: den Marxismus (&#8230;) alle sozialistischen Bewegungen der Gegenwart sind aber insofern von Marxistischem Geiste erf\u00fcllt, als sie auf dem Wege des Klassenkampfes die Vergesellschaftung der Produktionsmittel anstreben und vom Proletariate getragen werden: der Sozialismus ist proletarisch, das Proletariat sozialistisch geworden: diese Vereinigung ist die weltgeschichtliche Tat von Karl Marx.]<\/span><\/p>\n<p class=Notedefinsuite style='text-indent:0cm'>En 1919 Sombart publie &quot;Fondements et critique du socialisme&quot; (<span lang=DE>&quot;Grundlagen und Kritik des Sozialismus&quot;<\/span>).<\/p>\n<p class=Notedefincitation>Mais ce qui fait la sp\u00e9cificit\u00e9 du socialisme moderne, c&rsquo;est concours de l&rsquo;id\u00e9al socialiste avec toutes sortes de choses qui au fond n&rsquo;ont absolument rien \u00e0 voir avec le socialisme. Le premier corps \u00e9tranger \u00e0 s&rsquo;\u00eatre associ\u00e9 au socialisme, ce sont les efforts d&rsquo;\u00e9mancipation d&rsquo;une classe sociale: le prol\u00e9tariat, c&rsquo;est-\u00e0-dire de la classe ouvri\u00e8re salari\u00e9e, et par cons\u00e9quent les &quot;id\u00e9ologies&quot; d&rsquo;un int\u00e9r\u00eat de classe tout \u00e0 fait d\u00e9termin\u00e9, pr\u00e9cis\u00e9ment celui prol\u00e9tarien. (&#8230;) En principe, l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de classe du prol\u00e9tariat n&rsquo;a pas plus \u00e0 voir avec du socialisme que l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de classe de la bourgeoisie. Les folies et les crimes dont les masses arriv\u00e9es au pouvoir se rendent souvent coupables aujourd&rsquo;hui sont la meilleure preuve de la justesse de cette affirmation. L&rsquo;esprit qui emplit actuellement le prol\u00e9tariat non seulement n&rsquo;est pas du socialisme: c&rsquo;est le contraire du socialisme. Le deuxi\u00e8me corps \u00e9tranger rattach\u00e9 au socialisme est une th\u00e9orie du d\u00e9veloppement social, dont le contenu devrait avoir et a une validit\u00e9 pour les socialistes comme pour les non-socialistes: la th\u00e9orie marxiste. (&#8230;) Et ce qui est le plus bizarre, c&rsquo;est: (&#8230;) que cet \u00e9trange formation hybride, le &quot;marxisme&quot;, est consid\u00e9r\u00e9 comme une vari\u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement significative du socialisme, alors que le marxisme en tant que tel, c&rsquo;est-\u00e0-dire en tant que le syst\u00e8me th\u00e9orique de Karl Marx, n\u2019est pas du tout du socialisme. (&#8230;) Marx n&rsquo;a pas apport\u00e9 la moindre contribution \u00e0 la substance des id\u00e9es du socialisme. Il n&rsquo;a cr\u00e9\u00e9 pas une seule nouvelle id\u00e9e socialiste et, bien s\u00fbr, ses partisans encore moins. Ce qui fait du marxisme une doctrine sp\u00e9cifique n&rsquo;a rien \u00e0 voir avec du socialisme, car c&rsquo;est justement de nature scientifique et peut (m\u00eame doit, dans la mesure o\u00f9 il s&rsquo;agit de connaissances tenables) \u00eatre d\u00e9vendu par un socialiste aussi bien que par un non-socialiste.<\/p>\n<p class=Notedefincitation><span lang=DE>[Was aber die Besonderheit des modernen Sozialismus ausmacht, ist die Verquickung des sozialistischen Ideals mit allen m\u00f6glichen Dingen, die im Grunde gar nichts mit Sozialismus zu tun haben. Der erste Fremdk\u00f6rper, der sich mit dem Sozialismus verbunden bat, sind die Emanzipationsbestrebungen einer sozialen Klasse: des Proletariats, d. h. der Lohnarbeiterklasse, und demgem\u00e4\u00df die &quot;Ideologien&quot; eines ganz bestimmten Klasseninteresses, eben des proletarischen. (&#8230;) An und f\u00fcr sich hat das Klasseninteresse des Proletariats nicht mehr mit Sozialismus zu tun als das Klasseninteresse der Bourgeoisie. Die Tollheiten und Verbrechen, deren sich die zur Herrschaft gelangten Massen heute vielfach schuldig machen, sind der beste Beweis f\u00fcr die Richtigkeit dieser Behauptung. Der Geist, der im Augenblick das Proletariat erf\u00fcllt, ist nicht nur kein Sozialismus: er ist das Gegenteil von Sozialismus. Der zweite Fremdk\u00f6rper, der dem Sozialismus angeschlossen ist, ist eine soziale Entwicklungstheorie, deren Inhalt f\u00fcr Sozialisten wie Nicht-Sozialisten Geltung haben soll und hat: die marxistische. (&#8230;) Und was nun das allerseltsamste ist, ist dieses: (&#8230;) da\u00df man dieses seltsame Zwittergebilde, den &quot;Marxismus&quot;, f\u00fcr eine besonders bedeutsame Spielart des Sozialismus h\u00e4lt, w\u00e4hrend doch der Marxismus als solcher, d. h. als das theoretische System Karl Marxens, \u00fcberhaupt kein Sozialismus ist. (&#8230;) Marx hat zu dem Ideengehalt des Sozialismus nicht den allergeringsten Beitrag geliefert. Er hat keine einzige neue sozialistische Idee geschaffen und seine Anh\u00e4nger nat\u00fcrlich noch viel weniger. Was den Marxismus zu einer besonderen Doktrin macht, hat mit Sozialismus nichts zu tun, weil es eben wissenschaftlicher Natur ist, und kann (mu\u00df sogar, soweit es haltbare Erkenntnisse sind) ebensogut von einem Sozialisten als von einem Nicht-Sozialisten vertreten werden.]<\/span><\/p>\n<p class=Notedefinsuite>En 1924 parait la dixi\u00e8me \u00e9dition, remani\u00e9e, de &quot;Socialisme et mouvement social au XIXe si\u00e8cle&quot; sous le titre &quot;Le Socialisme prol\u00e9tarien (Marxisme)&quot; [<span lang=DE>Der proletarische Sozialismus (Marxismus)<\/span>], compos\u00e9e de deux volumes. Les r\u00e9flexions consistent en un expos\u00e9 niais, et le rejet du marxisme vire au ridicule.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>En 1928 parait un troisi\u00e8me volume de &quot;Le capitalisme moderne&quot;. Dans la pr\u00e9face Sombart explique que cet ouvrage ne constitue pour l&rsquo;essentiel &quot;rien d&rsquo;autre qu&rsquo;une suite et en un certain sens un ach\u00e8vement des travaux de Marx&quot;.<\/p>\n<p class=Notedefincitation>En conclusion, je voudrais seulement \u00e9voquer encore en quelques mots ma relation avec Karl Marx et son oeuvre, ce qui est d&rsquo;autant plus n\u00e9cessaire qu&rsquo;apr\u00e8s la publication de mon &quot;socialisme prol\u00e9tarien&quot;, il pourrait sembler que je me trouve constamment dans une opposition fondamentale d&rsquo;avec ce g\u00e9nie. De cela il n&rsquo;est pas question, au point que je peux plut\u00f4t assurer: ce travail ne veut \u00eatre rien d&rsquo;autre qu&rsquo;une continuation et, en un certain sens, l&rsquo;ach\u00e8vement de l&rsquo;\u0153uvre de Marx. Autant je rejette vertement la vision du monde de cet homme et par l\u00e0 tout ce qu&rsquo;on d\u00e9signe maintenant, en r\u00e9sum\u00e9 et en mettant en exergue la valeur, comme &quot;marxisme&quot;, autant je l&rsquo;admire sans retenue en tant que th\u00e9oricien et historien du capitalisme. <span lang=DE>(&#8230;) <\/span>Et tout ce qui \u00e9ventuellement a du bon dans mon travail le doit \u00e0 l&rsquo;esprit de Marx. Ce qui n&rsquo;exclut certainement pas que je m&rsquo;\u00e9loigne de lui non seulement dans des d\u00e9tails, voire dans la plupart des points de vue d\u00e9taill\u00e9s, mais aussi sur des points essentiels de la conception d&rsquo;ensemble.<\/p>\n<p class=Notedefincitation><span lang=DE>[Nur \u00fcber mein Verh\u00e4ltnis zu Karl Marx und seinem Werke will ich zum Schlu\u00df noch ein paar Worte bemerken, was um so notwendiger ist, als es nach der Ver\u00f6ffentlichung meines &quot;Proletarischen Sozialismus&quot; den Anschein gewinnen k\u00f6nnte, als st\u00e4nde ich durchg\u00e4ngig in einem grunds\u00e4tzlichen Gegens\u00e4tze zu diesem Genius. Davon ist so wenig die Rede, da\u00df ich vielmehr versichern kann: dieses Werk will nichts anderes als eine Fortsetzung und in einem gewissen Sinne die Vollendung des Marxschen Werkes sein. So schroff ich die Weltanschauung jenes Mannes ablehne und damit alles, was man jetzt zusammenfassend und wertbetonend als &quot;Marxismus&quot; bezeichnet, so &nbsp;&nbsp;bewundere ich ihn als Theoretiker und Historiker des Kapitalismus. (&#8230;) Und alles, was etwa Gutes in meinem Werke ist, verdankt es dem Geiste Marx. Was gewi\u00df nicht ausschlie\u00dft, da\u00df ich nicht nur in Einzelheiten, ja in den meisten einzelnen Ansichten, sondern auch in wesentlichen Punkten der Gesamtauffassung von ihm abweiche.]<\/span><\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Dans ce volume il pr\u00e9sente l&rsquo;\u00e9poque du haut capitalisme comme un processus de rationalisation progressive, l&rsquo;artisanat et l&rsquo;agriculture constituant les derniers refuges avant que le capitalisme et le socialisme ne partagent la rationalisation et l&rsquo;ali\u00e9nation qui va avec.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>\u00c0 partir de 1904 il \u00e9dite avec Max Weber et Edgar Jaff\u00e9 l&rsquo;<i>Archive pour Science sociale et politique sociale<\/i> (<i><span lang=DE>Archiv f\u00fcr Sozialwissenschaft und Sozialpolitik<\/span><\/i>), qui parait jusqu&rsquo;en 1933.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>En 1911 il publie &quot;Les Juifs et la vie \u00e9conomique&quot; (&quot;<span lang=DE>Die Juden und das Wirtschaftsleben<\/span>&quot;).<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Sombart a \u00e9t\u00e9 membre de l&rsquo;Acad\u00e9mie pour le droit allemand (<span lang=DE>Akademie f\u00fcr Deutsches Recht<\/span>), fond\u00e9e en 1933. Il a pr\u00e9tendu \u00eatre le p\u00e8re spirituel du national-socialiste. Ainsi il \u00e9crit dans une lettre \u00e0 Johann Plenge, en septembre 1933:<\/p>\n<p class=Notedefincitation>En ce qui concerne votre revendication de la paternit\u00e9 du national-socialisme, cela ne se passe pas diff\u00e9remment pour vous qu&rsquo;aussi pour d&rsquo;autres. Je suis donc conscient que depuis longtemps j&rsquo;ai \u00e9galement d\u00e9fendu de nombreuses id\u00e9es qui font bouger la politique d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. <span lang=DE>(&#8230;)<\/span> Moi aussi, je suis &quot;disparu et oubli\u00e9&quot;. De p\u00e8res spirituels, on n&rsquo;en veut pas. Toutes les pens\u00e9es commencent avec l&rsquo;ann\u00e9e I de la &quot;r\u00e9volution nationale&quot;.<\/p>\n<p class=Notedefincitation><span lang=DE>[Was Ihren Anspruch auf die Vaterschaft des Nationalsozialismus betrifft, so geht es Ihnen nicht anders wie andern auch. So bin ich mir bewu\u00dft, ebenfalls zahlreiche Ideen schon seit langem vertreten zu haben, die die heutige Politik bewegen. (&#8230;) Auch ich bin &quot;versunken und vergessen&quot;. Man will keine geistigen V\u00e4ter haben. Alle Gedanken fangen mit dem Jahre I der &quot;nationalen Revolution&quot; an.]<\/span><\/p>\n<p class=Notedefincitation><span lang=DE>[Source: Dieter Kr\u00fcger, National\u00f6konomen im wilhelminischen Deutschland; G\u00f6ttingen, Vandenhoeck &amp; Ruprecht, 1983; p. 240.]<\/span><\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s de Paul von Hindenburg, Adolf Hitler met en sc\u00e8ne, le 19 aout 1934, un pl\u00e9biscite pour faire approuver la fusion des postes de pr\u00e9sident et de chancelier du Reich. \u00c0 cette occasion, le <i><span lang=DE>V\u00f6lkischer Beobachter<\/span><\/i> (organe du NSDAP) publie deux appels: un &quot;Appel des cr\u00e9ateurs culturels&quot; (&quot;<span lang=DE>Aufruf der Kulturschaffenden&quot;)<\/span>, et un autre, intitul\u00e9 <span lang=DE>&quot;<\/span>Scientifiques allemands derri\u00e8re Adolf Hitler<span lang=DE>&quot; (&quot;Deutsche Wissenschaftler hinter Adolf Hitler&quot;).<\/span> Sombart figure parmi les signataires de ce dernier, dont voici un extrait:<\/p>\n<p class=Notedefincitation>Nous signataires, repr\u00e9sentants de la science allemande, <span lang=DE>(&#8230;) <\/span>avons confiance en Adolf Hitler en tant que guide de l&rsquo;\u00c9tat, en qu&rsquo;il conduira le peuple allemand hors de sa mis\u00e8re et oppression. Notre espoir repose sur lui, que sous sa direction la science \u00e9galement b\u00e9n\u00e9ficiera de la promotion dont elle a besoin dans sa globalit\u00e9 pour s\u2019acquitter de la noble t\u00e2che qui lui revient dans la reconstruction de la nation.<\/p>\n<p class=Notedefincitation><span lang=DE>[Wir unterzeichneten Vertreter der deutschen Wissenschaft, (&#8230;) haben das Vertrauen zu Adolf Hitler als Staatsf\u00fchrer, da\u00df er das deutsche Volk aus seiner Not und Bedr\u00fcckung herausf\u00fchren wird. Wir vertrauen auf ihn, da\u00df auch die Wissenschaft unter seiner F\u00fchrung die F\u00f6rderung erfahren wird, deren sie in ihrer Gesamtheit bedarf, um die hohe Aufgabe zu erf\u00fcllen, die ihr beim Wiederaufbau der Nation zukommt. ]<\/span><\/p>\n<p class=Notedefincitation><span lang=DE>[&quot;Deutsche Wissenschaftler hinter Adolf Hitler&quot;, in: <i>V\u00f6lkischer Beobachter. Kampfblatt der nationalsozialistischen Bewegung Gro\u00dfdeutschlands<\/i>, Berliner Ausgabe\/Ausgabe A, 47. Jg., Berlin, Sonntag\/Montag, 19.\/20. August 1934, 231. und 232. Ausg., S. 2.]<\/span><\/p>\n<p class=Notedefinsuite>En 1934 Sombart publie &quot;Le socialisme allemand&quot; [&quot;Deutscher Sozialismus&quot;]<\/p>\n<p class=Notedefincitation>La t\u00e2che que je me suis assign\u00e9e dans ce livre est de donner une vue unifi\u00e9e des divers probl\u00e8mes sociaux de l&rsquo;\u00e9poque, comme on peut l&rsquo;obtenir du point de vue d&rsquo;une mentalit\u00e9 national-socialiste <span lang=DE>(&#8230;). <\/span>La contradiction est ce par quoi la v\u00e9rit\u00e9 est susceptible de se r\u00e9v\u00e9ler au mieux. Et je peux donc esp\u00e9rer que les id\u00e9es d\u00e9velopp\u00e9es dans ce livre auront quand m\u00eame un jour une influence, bien que modeste, sur le cours des \u00e9v\u00e8nements politiques. <span lang=DE>(&#8230;) <\/span>Toute conviction honn\u00eate doit pouvoir participer \u00e0 cette lutte, \u00e0 condition, bien entendu, qu&rsquo;elle reste dans le cadre de l&rsquo;\u00e9ventail des id\u00e9es du mouvement. Elle doit \u00eatre nationaliste, mais aussi socialiste. Que par ces termes peuvent souvent \u00eatre entendu des choses tr\u00e8s diff\u00e9rentes, de cela t\u00e9moignent les manifestations de nos tenants du pouvoir en paroles et en actes, et ce livre sur le socialisme allemand en t\u00e9moigne \u00e9galement. Sa t\u00e2che d\u00e9clar\u00e9e est l&rsquo;intention de diriger les forces manifestement puissantes qui aspirent \u00e0 mener \u00e0 bien l&rsquo;id\u00e9e national-socialiste de son c\u00f4t\u00e9 socialiste de mani\u00e8re \u00e0 ce qu&rsquo;elles puissent avoir un effet non pas d\u00e9vastateur mais fructueux.<\/p>\n<p class=Notedefincitation><span lang=DE>[Die Aufgabe, die ich mir in diesem Buche gestellt habe, eine einheitliche Ansicht von den verschiedenen sozialen Problemen der Zeit zu geben, wie sie sich vom Standpunkt einer nationalsozialistischen Gesinnung aus gewinnen l\u00e4\u00dft (&#8230;). Durch Widerspruch kommt am ehesten die Wahrheit an den Tag. Und so darf ich hoffen, da\u00df die in diesem Buche entwickelten Ideen doch auch einmal auf den Gang der politischen Ereignisse einen, wenn auch bescheidenen Einflu\u00df, gewinnen werden. (&#8230;) An diesem Ringen darf jede ehrliche Ueberzeugung sich beteiligen, vorausgesetzt nat\u00fcrlich, da\u00df sie sich im Rahmen des Ideenkreises der Bewegung h\u00e4lt. Sie mu\u00df nationalistisch, sie mu\u00df aber auch sozialistisch sein. Da\u00df unter diesen Begriffen oft recht verschiedenes verstanden werden kann, bezeugen die Kundgebungen unserer Machthaber in Wort und Tat, und bezeugt auch dieses Buch \u00fcber den Deutschen Sozialismus. Seine ausgesprochene Aufgabe soll die sein, die offenbar starken Kr\u00e4fte, die einer Vollendung der nationalsozialistischen Idee nach ihrer sozialistischen Seite hin zustreben, in Bahnen zu lenken, in denen sie nicht verheerend, sondern befruchtend sich auswirken k\u00f6nnen.<\/span><\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Sombart pr\u00eate aussi int\u00e9r\u00eat \u00e0 <span lang=DE>Otto Strasser<\/span>, un de ses anciens \u00e9l\u00e8ves, dissident du <span lang=DE>NSDAP<\/span> qui insiste comme Sombart sur le terme &quot;socialisme&quot; dans &quot;national-socialisme&quot;. <span lang=DE>Otto Strasser<\/span> est auteur d&rsquo;un livre intitul\u00e9 &quot;L&rsquo;\u00e9dification du socialisme allemand&quot; (&quot;<span lang=DE>Der Aufbau des deutschen Sozialismus<\/span>&quot;).<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Le 5 octobre 1934 parait dans le <i><span lang=DE>V\u00f6lkischer Beobachter<\/span><\/i> (organe du NSDAP) une recension, \u00e9crite par <span lang=DE>Fritz Nonnenbruch<\/span>, du livre &quot;<span lang=DE>Deutscher Sozialismus<\/span>&quot;. On y lit:<\/p>\n<p class=Notedefincitation>Il n&rsquo;y a qu&rsquo;une seule voie, celle de notre F\u00fchrer Adolf Hitler, et aucune seconde du professeur Sombart.<\/p>\n<p class=Notedefincitation><span lang=DE>[Es gibt nur einen Weg, den unseres F\u00fchrers Adolf Hitler, und keinen zweiten des Herrn Professor Sombart.]<\/span><\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Le 25 mars 1936 Sombart s&rsquo;exprime dans le journal de Londres <i><span lang=EN-US>The Times<\/span><\/i>, en se d\u00e9fendant contre l&rsquo;all\u00e9gation d&rsquo;avoir modifi\u00e9e sa position concernant les Juifs:<\/p>\n<p class=Notedefincitation>Je suis national-socialiste depuis plus d&rsquo;un quart de si\u00e8cle, bien avant de faire les commentaires sur les Juifs qui ont \u00e9t\u00e9 cit\u00e9s.<\/p>\n<p class=Notedefincitation><span lang=EN-US>[I have been a National-Socialist for more than a quarter-century, long before I made the comments about the Jews which have been quoted.]<\/span><\/p>\n<p class=Notedefincitation>[Cf. http:\/\/hicks.wiwi.hu-berlin.de\/history\/start.php?type=sombart]<\/p>\n<p class=Notedefindbut>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; *&nbsp;Wrozlaw.<\/p>\n<p class=Notedefinsuite>Pass\u00e9e de la Pologne \u00e0 la Boh\u00eame (Saint-Empire germanique) en 1335, puis \u00e0 l&rsquo;Autriche en 1526, conquise par la Prusse, Wroclaw fait ensuite partie de l&rsquo;Empire allemand en 1871. En Sil\u00e9sie, Les pertes de territoires \u00e0 l&rsquo;Est (\u00e0 la suite du pl\u00e9biscite du 20 mars 1921, les communes polonaises de haute Sil\u00e9sie ont \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9es \u00e0 la Pologne) et les questions nationales non r\u00e9solues laissent la r\u00e9gion dans un climat d&rsquo;instabilit\u00e9. La situation strat\u00e9gique de Breslau est consid\u00e9rablement modifi\u00e9e. Du statut de base de ravitaillement pour la ligne de d\u00e9fense contre les russes, elle devient un poste avanc\u00e9 d&rsquo;une zone sensible, \u00e0 la fronti\u00e8re de la Pologne nouvellement ind\u00e9pendante. Suite aux accords de Potsdam, Wroclaw fut en 1945 \u00e0 nouveau rattach\u00e9e \u00e0 la Pologne.<\/p>\n<p class=Notedefindbut>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; ** Engels \u00e0 Werner Sombart \u00e0 Breslau &#8211; Londres, le 11 mars 1895.<\/p>\n<p class=Notedefincitation>Monsieur, En r\u00e9ponse \u00e0 vos quelques lignes du 14 dernier, permettez-moi de vous remercier pour votre aimable envoi de votre ouvrage sur Marx. Je l&rsquo;avais d\u00e9j\u00e0 lu avec beaucoup d&rsquo;int\u00e9r\u00eat dans le fascicule de l\u2019&quot;Archive&quot; [revue <i><span lang=DE>Archiv f\u00fcr sociale Gesetzgebung und Statistik<\/span><\/i><span lang=DE> (<\/span>Archive pour les questions de l\u00e9gislation sociale et statistique<span lang=DE>)] <\/span>que m&rsquo;avait envoy\u00e9s le docteur H. Braun, et je me suis r\u00e9joui alors d&rsquo;avoir rencontr\u00e9 enfin une telle compr\u00e9hension du Capital dans une universit\u00e9 allemande. Il va de soi que je ne puis enti\u00e8rement partager votre interpr\u00e9tation des vues de Marx.<\/p>\n<p class=Notedefincitation>[Karl Marx et Friedrich Engels, \u0152uvres choisies, Tome 3; Moscou, \u00c9ditions du Progr\u00e8s, 1970.]<\/p>\n<p class=Notedefincitation><span lang=DE>[Hochgeehrter Herr, Ich danke Ihnen in ergebner Erwiderung Ihrer Zeilen vom 1 4. v. M. f\u00fcr g\u00fctige Einsendung Ihrer Arbeit \u00fcber Marx; ich hatte sie bereits in dem mir von Dr. H. Braun freundlichst zugesandten Heft des &quot;Archivs&quot; [&quot;Archiv f\u00fcr sociale Gesetzgebung und Statistik&quot;] mit gro\u00dfem Interesse gelesen und mich gefreut, ein solches Verst\u00e4ndnis des &quot;Kapital&quot; endlich auch einmal an einer deutschen Universit\u00e4t zu finden. Selbstverst\u00e4ndlich kann ich mich nicht mit allen den Ausdr\u00fccken identifizieren, in welche Sie die Marxsche Darstellung hinein\u00fcbersetzen.]<\/span><\/p>\n<p class=Notedefincitation style='margin-bottom:1000.0pt'><span lang=DE>[Karl Marx-Friedrich Engels, Werke, Band 39; Berlin, Dietz-Verlag, 1968; p. 427.]<\/span><\/p>\n<p class=MsoEndnoteText>&nbsp;<\/p>\n<p class=MsoEndnoteText>&nbsp;<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<!--themify_builder_content-->\n<div id=\"themify_builder_content-1266\" data-postid=\"1266\" class=\"themify_builder_content themify_builder_content-1266 themify_builder tf_clear\">\n    <\/div>\n<!--\/themify_builder_content-->\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[7,9,32],"tags":[],"class_list":["post-1266","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-article-document","category-francais-document","category-kpd-documents","has-post-title","has-post-date","has-post-category","has-post-tag","has-post-comment","has-post-author",""],"builder_content":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1266"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1266"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1266\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1266"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1266"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1266"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}