{"id":261,"date":"2024-10-29T11:54:48","date_gmt":"2024-10-29T10:54:48","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/?p=261"},"modified":"2024-12-10T23:09:16","modified_gmt":"2024-12-10T22:09:16","slug":"ic-1935-07-08-7e-pieck_rapport-ce-cloture","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/ic-1935-07-08-7e-pieck_rapport-ce-cloture\/","title":{"rendered":"7e Congr\u00e8s de l\u2019IC (25 juillet \u2013 20 aout 1935) &#8211;  Wilhelm Pieck : Rapport sur l&rsquo;activit\u00e9 du C.E. de l&rsquo;I.C. et Discours de cl\u00f4ture de la discussion du rapport"},"content":{"rendered":"<div class=WordSection1> <p class=Texte align=left style='margin-bottom:0cm;margin-bottom:.0001pt; text-align:left;text-indent:0cm;line-height:3.0pt'><span style='font-size:3.0pt; color:white'><!--more --><\/span><\/p><p class=rocmlIntertitre2art style='margin-top:0cm'><\/p> <div align=center> <table class=MsoTableGrid border=1 cellspacing=0 cellpadding=0 style='border-collapse:collapse;border:none'> <tr> <td width=756 nowrap valign=top style='width:16.0cm;border:solid windowtext 1.0pt; border-bottom:none;padding:5.65pt 14.2pt 5.65pt 14.2pt'> <p class=Intertitre2 style='margin:0cm;margin-bottom:.0001pt;page-break-after: auto'><span style='color:#E36C0A'>7e&nbsp;congr\u00e8s de l&rsquo;Internationale communiste<br> (25 juillet &#8211; 20 aout 1935)<\/span><\/p> <\/td> <\/tr> <tr> <td width=756 nowrap valign=top style='width:16.0cm;border-top:none; border-left:solid windowtext 1.0pt;border-bottom:none;border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:5.65pt 14.2pt 5.65pt 14.2pt'> <p class=Intertitre2 style='margin:0cm;margin-bottom:.0001pt;page-break-after: auto'>Wilhelm Pieck&nbsp;:<br> Rapport sur l&rsquo;activit\u00e9 du C.E. de l&rsquo;I.C.<br> et<br> Discours de cl\u00f4ture de la discussion du rapport<\/p> <\/td> <\/tr> <tr> <td width=756 nowrap valign=top style='width:16.0cm;border:solid windowtext 1.0pt; border-top:none;padding:5.65pt 14.2pt 5.65pt 14.2pt'> <p class=Intertitre2a style='margin:0cm;margin-bottom:.0001pt;line-height: 12.0pt'><span style='font-size:11.0pt'>26&nbsp;juillet et 1er&nbsp;aout 1935<\/span><\/p> <\/td> <\/tr> <tr> <td width=756 valign=top style='width:16.0cm;border:solid windowtext 1.0pt; border-top:none;padding:5.65pt 14.2pt 5.65pt 14.2pt'> <p class=Texte align=left style='margin-bottom:0cm;margin-bottom:.0001pt; text-align:left;text-indent:0cm;line-height:12.0pt'><span style='font-size: 11.0pt'>Source&nbsp;:<br> VII\u00e8me Congr\u00e8s mondial de l&rsquo;Internationale communiste &#8211; W. Pieck &#8211; La Marche au socialisme; Paris, Bureau d&rsquo;\u00e9ditions, 1935&nbsp;<a href=\"#_edn1\" name=\"_ednref1\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:11.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[1]<\/span><\/span><\/span><\/a>.<\/span><\/p> <p class=Texte align=left style='margin-bottom:0cm;margin-bottom:.0001pt; text-align:left;text-indent:0cm;line-height:12.0pt'><span style='font-size: 11.0pt'>[Nous reproduisons ce texte avec l\u2019accord du responsable du site <i>321ignition.free.fr<\/i>]<\/span><\/p> <\/td> <\/tr> <\/table> <\/div> <p class=MsoNormal align=center style='text-align:center'>&nbsp;<\/p> <p class=Intertitre2 style='margin-top:6.0pt;page-break-after:auto'>Rapport sur l&rsquo;activit\u00e9 du C.E. de l&rsquo;I.C.<br> Les deux voies de d\u00e9veloppement soumises \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve de l&rsquo;histoire<\/p> <p class=Texte>Camarades,<\/p> <p class=Texte>Sept ann\u00e9es d&rsquo;une lutte p\u00e9nible et dure de sacrifices des masses travailleuses contre leurs oppresseurs et exploiteurs s\u00e9parent les 6e et 7e congr\u00e8s mondiaux de l&rsquo;Internationale communiste. Ces sept ann\u00e9es ont apport\u00e9 un grand changement aux rapports de forces entre les classes dans le monde entier et fourni au prol\u00e9tariat une exp\u00e9rience r\u00e9volutionnaire d&rsquo;une richesse immense.<\/p> <p class=Texte>La question d\u00e9cisive qui se posait devant notre 6e congr\u00e8s mondial \u00e9tait celle-ci: O\u00f9 m\u00e8ne le d\u00e9veloppement international? Cette question se posait \u00e9galement au congr\u00e8s de la 2e&nbsp;Internationale qui se tenait au m\u00eame moment \u00e0 Bruxelles. Elle \u00e9tait pos\u00e9e aussi par les \u00e9conomistes et politiques bourgeois.<\/p> <p class=Texte>C&rsquo;\u00e9tait la p\u00e9riode de la stabilisation relative partielle du capitalisme, p\u00e9riode o\u00f9 l&rsquo;industrie et le commerce d\u00e9pass\u00e8rent le niveau d&rsquo;avant-guerre et connurent une phase de prosp\u00e9rit\u00e9. Quelle fut la r\u00e9ponse des social-d\u00e9mocrates \u00e0 la question de la perspective du d\u00e9veloppement international?<\/p> <p class=Texte>Le capitalisme ayant r\u00e9ussi, jusqu&rsquo;\u00e0 un certain point, \u00e0 se mettre en selle, la production, la technique et le commerce \u00e9tant en progression et les relations entre les puissances imp\u00e9rialistes r\u00e9gl\u00e9es par tout un syst\u00e8me de trait\u00e9s internationaux, les chefs social-d\u00e9mocrates en concluaient que l&rsquo;\u00e9poque des r\u00e9volutions et des guerres \u00e9tait termin\u00e9e, que les bolch\u00e9viks avaient fait faillite dans leur th\u00e9orie et leur pratique et que force \u00e9tait \u00e0 l&rsquo;Union sovi\u00e9tique de capituler devant la bourgeoisie internationale ou de p\u00e9rir.<\/p> <p class=Texte>Mais les social-d\u00e9mocrates en tiraient encore cette autre conclusion: si une \u00e9poque de &quot;capitalisme organis\u00e9&quot;, de prosp\u00e9rit\u00e9 \u00e9ternelle et de d\u00e9veloppement pacifique est imminente, la th\u00e9orie marxiste de la lutte de classes et du renversement violent de la domination de la bourgeoisie est p\u00e9rim\u00e9e, il faut qu&rsquo;elle c\u00e8de la place \u00e0 la th\u00e9orie de la p\u00e9n\u00e9tration pacifique dans le socialisme \u00e0 l&rsquo;aide du renforcement du pouvoir d&rsquo;\u00c9tat plac\u00e9 pr\u00e9tendument au-dessus des classes, de la paix \u00e9conomique et de la participation aux gouvernements de coalition.<\/p> <p class=Texte>Mais ce n&rsquo;\u00e9tait pas l\u00e0 seulement l&rsquo;attitude de la social-d\u00e9mocratie officielle. Son influence avait p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 m\u00eame dans nos rangs. C&rsquo;\u00e9tait les \u00e9l\u00e9ments de droite qui, dans les sections de l&rsquo;Internationale communiste, d\u00e9fendaient la th\u00e9orie que le d\u00e9veloppement international conduisait \u00e0 une consolidation de la stabilisation du capitalisme, que celui-ci avait r\u00e9ussi \u00e0 se r\u00e9organiser, que le d\u00e9veloppement technique rendait possible un nouvel essor du capitalisme. Les droitiers pr\u00e9tendaient encore qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas \u00e0 compter sur une rapide victoire du socialisme dans l&rsquo;Union sovi\u00e9tique et qu&rsquo;on ne saurait pas pr\u00e9voir dans un avenir prochain une mont\u00e9e nouvelle de la vague r\u00e9volutionnaire.<\/p> <p class=Texte>Contrairement \u00e0 ces conceptions social-d\u00e9mocrates et opportunistes de droite sur la marche de d\u00e9veloppement de l&rsquo;Union sovi\u00e9tique, le camarade Staline &#8209;&nbsp;partant de la th\u00e9orie l\u00e9niniste qu&rsquo;un pays isol\u00e9 peut, par ses forces int\u00e9rieures, \u00e9difier la soci\u00e9t\u00e9 socialiste et que la victoire du socialisme en U.R.S.S. est d&rsquo;une grande importance internationale&nbsp;&#8209; conduisait l&rsquo;Union sovi\u00e9tique dans la voie de l&rsquo;industrialisation, dans la voie de la collectivisation de l&rsquo;\u00e9conomie paysanne.<\/p> <p class=Texte>Contrairement \u00e0 toutes les conceptions social-d\u00e9mocrates et opportunistes de droite sur la durabilit\u00e9 et la solidit\u00e9 de la stabilisation capitaliste, sur le triomphe du capitalisme et la possibilit\u00e9 d&rsquo;un d\u00e9veloppement pacifique et sans crises, le camarade Staline tra\u00e7ait, d\u00e8s d\u00e9cembre 1927, la perspective suivante:<\/p> <p class=MsoQuote>De la stabilisation elle-m\u00eame, du fait que la production s&rsquo;accro\u00eet, que le commerce se d\u00e9veloppe, que la technique progresse et que les possibilit\u00e9s de production augmentent, pendant que le march\u00e9 mondial, les limites de ce march\u00e9 et les sph\u00e8res d&rsquo;influence des diff\u00e9rents groupes imp\u00e9rialistes restent plus ou moins stables, r\u00e9sultera pr\u00e9cis\u00e9ment la crise la plus profonde et la plus aigu\u00eb du capitalisme mondial, crise qui provoquera de nouvelles guerres et mettra en question toute stabilisation quelle qu&rsquo;elle soit<a href=\"#_edn2\" name=\"_ednref2\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[2]<\/span><\/span><\/span><\/a>.<\/p> <p class=Texte>Le camarade Staline disait:<\/p> <p class=MsoQuote>Si un fait tel que l&rsquo;assassinat de Sacco et Vanzetti a pu \u00eatre l&rsquo;occasion de manifestations de la classe ouvri\u00e8re, cela prouve indubitable ment que des \u00e9nergies r\u00e9volutionnaires se sont accumul\u00e9es au sein de la classe ouvri\u00e8re, \u00e9nergies qui cherchent et chercheront une occasion, un \u00e9v\u00e9nement, parfois tout \u00e0 fait insignifiant, en apparence, pour se faire jour et monter \u00e0 l&rsquo;assaut du syst\u00e8me capitaliste<a href=\"#_edn3\" name=\"_ednref3\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[3]<\/span><\/span><\/span><\/a>.<\/p> <p class=Texte>C&rsquo;est sur la base de cette analyse marxiste-l\u00e9niniste juste de la situation mondiale par le camarade Staline que le 6e congr\u00e8s mondial de l&rsquo;Internationale communiste donna, \u00e0 l&rsquo;encontre de la social-d\u00e9mocratie et des opportunistes de droite, cette orientation que la nouvelle p\u00e9riode commen\u00e7ante, la troisi\u00e8me du d\u00e9veloppement d&rsquo;apr\u00e8s-guerre est la p\u00e9riode de l&rsquo;aggravation de toutes les contradictions du capitalisme, la p\u00e9riode d&rsquo;un nouvel essor r\u00e9volutionnaire et de l&rsquo;\u00e9branlement de la stabilisation du capitalisme. Nous avons montr\u00e9 que nous nous trouvions \u00e0 la veille non d&rsquo;un d\u00e9veloppement pacifique, mais de l&rsquo;aggravation de la lutte de classe et de la menace croissante d&rsquo;une nouvelle guerre imp\u00e9rialiste.<\/p> <p class=Intertitre2a>Qui avait raison? Nous ou la social-d\u00e9mocratie?<\/p> <p class=Texte>La social-d\u00e9mocratie ainsi que les opportunistes de droite ont fait faillite, leurs th\u00e9ories ont subi un \u00e9chec piteux.<\/p> <p class=Texte>La perspective du d\u00e9veloppement mondial que posait le 6e congr\u00e8s mondial de l&rsquo;I.C., la perspective de l&rsquo;\u00e9dification victorieuse du socialisme en U.R.S.S. et de l&rsquo;\u00e9branlement de la stabilisation capitaliste, a \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9e par tout le cours du d\u00e9veloppement.<\/p> <p class=Texte>La p\u00e9riode \u00e9coul\u00e9e a \u00e9t\u00e9 celle d&rsquo;un revirement dans tout le d\u00e9veloppement mondial. Dans l&rsquo;Union sovi\u00e9tique ce fut une p\u00e9riode d&rsquo;essor imp\u00e9tueux et de victoire du socialisme; dans les pays capitalistes, celle d&rsquo;un d\u00e9clin continu: une crise \u00e9conomique profonde, sans pr\u00e9c\u00e9dent, la recherche infructueuse d&rsquo;une issue, une p\u00e9riode de l&rsquo;aggravation de la crise g\u00e9n\u00e9rale du capitalisme.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;Union sovi\u00e9tique est devenue, au point de vue \u00e9conomique et politique, une grande puissance socialiste, d\u00e9bordante de forces qui, \u00e0 un degr\u00e9 croissant, exerce son influence sur tout le d\u00e9veloppement mondial. Le monde capitaliste, par contre, est affaibli par la crise et \u00e9branl\u00e9 jusque dans ses fondements par des antagonismes profonds, insurmontables entre les classes et les \u00c9tats, antagonismes dont le d\u00e9veloppement ult\u00e9rieur conduit \u00e0 la maturation des conditions n\u00e9cessaires pour le renversement de la domination de la classe des exploiteurs.<\/p> <p class=Texte>Le mouvement r\u00e9volutionnaire des travailleurs, dans les pays capitalistes, n&rsquo;a cess\u00e9 de cro\u00eetre durant ces sept ann\u00e9es. Les Partis communistes qui ont donn\u00e9 aux masses des mots d&rsquo;ordre justes et les ont orient\u00e9es vers la lutte, ont grandi et deviennent dans un nombre toujours croissant de pays, des facteurs importants de la vie politique.<\/p> <p class=Texte>Le grand revirement historique des masses passant du r\u00e9formisme au communisme, du soutien du capitalisme \u00e0 la lutte pour le socialisme, a commenc\u00e9.<\/p> <p class=Intertitre2>***<\/p> <p class=Texte>Dans mon rapport sur l&rsquo;activit\u00e9 du Comit\u00e9 ex\u00e9cutif de l&rsquo;I.C., je mettrai au premier plan deux grands groupes de questions: les r\u00e9sultats du travail des communistes parmi les masses et le d\u00e9veloppement de notre travail de parti.<\/p> <p class=Texte>Pour avoir une vue d&rsquo;ensemble de la situation, je diviserai, conform\u00e9ment au d\u00e9veloppement de la lutte de classe et aux formes d\u00e9termin\u00e9es du mouvement r\u00e9volutionnaire qui pr\u00e9dominent \u00e0 chaque moment donn\u00e9, la p\u00e9riode faisant l&rsquo;objet de ce rapport en trois secteurs de lutte.<\/p> <p class=Texte>1. La maturation du nouvel essor du mouvement r\u00e9volutionnaire.<\/p> <p class=Texte>2. Le mouvement r\u00e9volutionnaire dans les ann\u00e9es de la plus forte aggravation de la crise.<\/p> <p class=Texte>3. Le tournant des ouvriers socialistes vers le front unique avec les communistes.<\/p> <p class=Intertitre2a>I.&nbsp;&#8209; La maturation du nouvel essor du mouvement r\u00e9volutionnaire<\/p> <p class=Texte>Aussit\u00f4t apr\u00e8s le 6e congr\u00e8s mondial, les \u00e9v\u00e9nements ont confirm\u00e9 la justesse de notre analyse des perspectives du mouvement r\u00e9volutionnaire. Nous avions raison de dire que le d\u00e9veloppement de la r\u00e9volution en Chine, l&rsquo;insurrection d&rsquo;Indon\u00e9sie<a href=\"#_edn4\" name=\"_ednref4\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[4]<\/span><\/span><\/span><\/a>, les puissantes manifestations qui se d\u00e9roul\u00e8rent en Europe et en Am\u00e9rique contre l&rsquo;ex\u00e9cution de Sacco et Vanzetti<a href=\"#_edn5\" name=\"_ednref5\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[5]<\/span><\/span><\/span><\/a>, la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale en Angleterre (1926)<a href=\"#_edn6\" name=\"_ednref6\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[6]<\/span><\/span><\/span><\/a>, les \u00e9v\u00e9nements de juillet 1927 \u00e0 Vienne<a href=\"#_edn7\" name=\"_ednref7\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[7]<\/span><\/span><\/span><\/a> et l&rsquo;accroissement marqu\u00e9 du mouvement gr\u00e9viste dans la plupart des pays capitalistes depuis 1927 \u00e9taient les indices du nouvel essor r\u00e9volutionnaire commen\u00e7ant. Nous pr\u00e9disions l&rsquo;accroissement ult\u00e9rieur de cet essor, qu&rsquo;aucune muraille de Chine ne s\u00e9pare de la crise r\u00e9volutionnaire, nous avons pr\u00e9dit l&rsquo;essor ult\u00e9rieur de la r\u00e9volution. Le congr\u00e8s fixa comme t\u00e2che aux sections de l&rsquo;Internationale communiste d&rsquo;organiser et de diriger la lutte grandissante des travailleurs contre les classes des exploiteurs.<\/p> <p class=Intertitre2a>Les luttes \u00e9conomiques et politiques du prol\u00e9tariat<\/p> <p class=Texte>Quelques mois apr\u00e8s le 6e congr\u00e8s on vit d\u00e9j\u00e0 monter dans tous les pays d&rsquo;Europe une vague de gr\u00e8ves \u00e9conomiques telle qu&rsquo;on n&rsquo;en avait pas vu depuis longtemps. \u00c0 Lodz commen\u00e7ait une des plus grandes gr\u00e8ves du textile dans l&rsquo;histoire du mouvement ouvrier polonais, action gr\u00e9viste qui se transforma en une gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale du prol\u00e9tariat de Lodz<a href=\"#_edn8\" name=\"_ednref8\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span lang=DE><span class=MsoEndnoteReference><span lang=DE style='font-size:12.0pt;font-family: \"Garamond\",\"serif\"'>[8]<\/span><\/span><\/span><\/span><\/a>. Dans la Ruhr, 200.000 ouvriers lutt\u00e8rent cinq semaines pour une augmentation des salaires<a href=\"#_edn9\" name=\"_ednref9\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span lang=DE><span class=MsoEndnoteReference><span lang=DE style='font-size:12.0pt; font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[9]<\/span><\/span><\/span><\/span><\/a>. Dans le nord de la France, les textiles se mirent en gr\u00e8ve<a href=\"#_edn10\" name=\"_ednref10\" title=\"\"><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[10]<\/span><\/a>. Aux \u00e9lections parlementaires en Allemagne, en Pologne et en France, le nombre des voix donn\u00e9es aux communistes augmentait consid\u00e9rablement, ce qui indiquait le caract\u00e8re politique croissant de l&rsquo;animation commen\u00e7ante.<\/p> <p class=Texte>Ce nouvel essor r\u00e9volutionnaire ne se limitait nullement aux pays europ\u00e9ens. Il se manifestait dans la r\u00e9volution antiimp\u00e9rialiste et agraire en Chine, dans le mouvement national r\u00e9volutionnaire et le mouvement ouvrier dans l&rsquo;Inde.<\/p> <p class=Texte>Le mouvement a montr\u00e9 que les grandes masses de travailleurs qui s&rsquo;\u00e9taient remises des d\u00e9faites essuy\u00e9es de 1921 \u00e0 1923 n&rsquo;avaient pas l&rsquo;intention de prendre sur elles une nouvelle aggravation de leur situation provoqu\u00e9e par la rationalisation et la crise g\u00e9n\u00e9rale du capitalisme. La production capitaliste fut bien l&rsquo;objet d&rsquo;un fort accroissement, mais la situation de la classe ouvri\u00e8re empira \u00e0 vue d&rsquo;\u0153il. Une partie des ouvriers occup\u00e9s touchaient bien des salaires plus \u00e9lev\u00e9s que dans les premi\u00e8res ann\u00e9es d&rsquo;apr\u00e8s-guerre, mais, en revanche, l&rsquo;exploitation du fait de la rationalisation s&rsquo;intensifiait dans une mesure inou\u00efe, et une grande partie de la classe ouvri\u00e8re \u00e9tait chass\u00e9e du processus de la production.<\/p> <p class=Texte>Les socialistes parlaient de &quot;prosp\u00e9rit\u00e9&quot;, mais le ch\u00f4mage allait croissant. Ils parlaient de &quot;d\u00e9mocratie \u00e9conomique&quot;, mais l&rsquo;exploitation \u00e9hont\u00e9e et les brimades dans les entreprises devenaient intol\u00e9rables. Les social-d\u00e9mocrates faisaient des phrases sur le &quot;capitalisme organis\u00e9&quot; qui surmonte ses contradictions int\u00e9rieures, mais les antagonismes de classe s&rsquo;aggravaient de jour en jour et provoquaient l&rsquo;accentuation de la lutte de classe.<\/p> <p class=Texte>La social-d\u00e9mocratie dans tous les pays du monde se mettait enti\u00e8rement au service du d\u00e9veloppement de l&rsquo;\u00e9conomie capitaliste. Sa perspective de l&rsquo;\u00e9volution de l&rsquo;\u00e9conomie capitaliste au socialisme, elle la d\u00e9duisait de la croissance et des succ\u00e8s du capitalisme dans cette p\u00e9riode. D&rsquo;o\u00f9 sa th\u00e9orie de la possibilit\u00e9 d&rsquo;une &quot;prosp\u00e9rit\u00e9 \u00e9ternelle&quot;, d&rsquo;un &quot;d\u00e9veloppement sans crises&quot;, d&rsquo;un &quot;capitalisme organis\u00e9&quot; et d&rsquo;une &quot;d\u00e9mocratie \u00e9conomique&quot;, dans laquelle ouvriers et patrons seraient des &quot;contractants \u00e9gaux en droits&quot; dans la solution des questions \u00e9conomiques.<\/p> <p class=Texte>Dans quelques pays les social-d\u00e9mocrates ont appel\u00e9 cela &quot;socialisme constructif&quot;, pr\u00e9tendant ainsi que le d\u00e9veloppement de l&rsquo;\u00e9conomie capitaliste conduirait au socialisme par la voie de la d\u00e9mocratie parlementaire et de la coalition gouvernementale.<\/p> <p class=Texte>Guid\u00e9e par ces conceptions, la social-d\u00e9mocratie se rapprochait de plus en plus de l&rsquo;\u00c9tat bourgeois et participait en Allemagne, en Angleterre, au Danemark, aux gouvernements capitalistes. Elle s&rsquo;incorporait \u00e9galement dans les organismes dirigeants des trusts et obtenait de la bourgeoisie des postes dans les conseils d&rsquo;administration. La cons\u00e9quence toute naturelle, c&rsquo;\u00e9tait que la social-d\u00e9mocratie s&#8217;employait \u00e0 limiter la lutte de classe, pr\u00e9conisait la paix \u00e9conomique et cherchait \u00e0 faire \u00e9chouer les gr\u00e8ves des ouvriers. Toutes les questions touchant les int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques de la classe ouvri\u00e8re devaient \u00eatre tranch\u00e9es par les tribunaux d&rsquo;arbitrage de l&rsquo;\u00c9tat.<\/p> <p class=Texte>Du fait de cette orientation des chefs social-d\u00e9mocrates et des positions puissantes que la bourgeoisie occupait face \u00e0 la classe ouvri\u00e8re, il va de soi que le prol\u00e9tariat se trouvait compl\u00e8tement livr\u00e9 \u00e0 la merci de la bourgeoisie et qu&rsquo;il serait rest\u00e9 sans aucune direction dans ses luttes \u00e9conomiques si les communistes n&rsquo;avaient pas, avec la plus grande vigueur, oppos\u00e9 la lutte de classes \u00e0 cette collaboration de classes de la social-d\u00e9mocratie avec la bourgeoisie et essay\u00e9 d&rsquo;organiser une direction r\u00e9volutionnaire des luttes \u00e9conomiques et politiques, du prol\u00e9tariat.<\/p> <p class=Texte>Cette n\u00e9cessit\u00e9 de d\u00e9fendre les int\u00e9r\u00eats vitaux des masses travailleuses, d&rsquo;accro\u00eetre leur capacit\u00e9 de lutte contre l&rsquo;exploitation et l&rsquo;oppression renforc\u00e9es, de rassembler des masses pour cette lutte, d\u00e9termina la 9e&nbsp;Assembl\u00e9e pl\u00e9ni\u00e8re du C.E. de l&rsquo;I.C., en 1928&nbsp;<a href=\"#_edn11\" name=\"_ednref11\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[11]<\/span><\/span><\/span><\/a>, \u00e0 fixer pour les communistes la t\u00e2che de<\/p> <p class=MsoQuote>Mettre en relief, d&rsquo;une mani\u00e8re plus pr\u00e9cise et plus vigoureuse, leur ligne politique particuli\u00e8re, diff\u00e9rant fondamentalement de celle des r\u00e9formistes, de la mettre en relief aussi bien dans toutes les questions politiques g\u00e9n\u00e9rales (guerre, attitude \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de l&rsquo;Union sovi\u00e9tique, de la Chine, de l&rsquo;Inde, de l&rsquo;\u00c9gypte, etc.) que dans celles des luttes quotidiennes de la classe ouvri\u00e8re (contre les tribunaux d&rsquo;arbitrage, la r\u00e9duction des salaires, la prolongation de la journ\u00e9e de travail, contre le soutien des capitalistes dans la question de la rationalisation, contre la &quot;paix dans l&rsquo;industrie&quot;, etc.)<a href=\"#_edn12\" name=\"_ednref12\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[12]<\/span><\/span><\/span><\/a>.<\/p> <p class=Texte>Cette ligne politique des communistes a trouv\u00e9 son expression dans la tactique ayant pour mot d&rsquo;ordre &quot;classe contre classe&quot;, la classe des prol\u00e9taires contre la classe bourgeoise.<\/p> <p class=Texte>La tactique &quot;classe contre classe&quot; \u00e9tait dirig\u00e9e contre le bloc de la coalition de la social-d\u00e9mocratie avec la bourgeoisie. Elle visait \u00e0 d\u00e9truire ce bloc des chefs de la social-d\u00e9mocratie avec la bourgeoisie. Elle n&rsquo;\u00e9tait pas dirig\u00e9e contre le front unique des communistes avec les socialistes pour la lutte contre la bourgeoisie, mais l&rsquo;impliquait au contraire. Elle tendait \u00e0 la cr\u00e9ation d&rsquo;une direction r\u00e9volutionnaire des luttes \u00e9conomiques et politiques du prol\u00e9tariat.<\/p> <p class=Texte>La r\u00e9solution du C.E. de l&rsquo;I.C. de f\u00e9vrier 1928 sur la tactique &quot;classe contre classe&quot; en Angleterre le dit tr\u00e8s nettement<a href=\"#_edn13\" name=\"_ednref13\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[13]<\/span><\/span><\/span><\/a>:<\/p> <p class=MsoQuote>Dans la mesure o\u00f9 des couches importantes de la classe ouvri\u00e8re suivent encore les chefs r\u00e9formistes, il est absolument n\u00e9cessaire de proposer le front unique \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle nationale, comme aussi dans le cadre local, pour avoir, une fois de plus, l&rsquo;occasion de d\u00e9masquer les chefs du Labour Party, et des syndicats, qui pr\u00e9f\u00e8rent \u00e0 l&rsquo;unit\u00e9 avec les ouvriers r\u00e9volutionnaires l&rsquo;unit\u00e9 avec les capitalistes.<\/p> <p class=Texte>Une d\u00e9marcation nette entre la politique r\u00e9formiste et la politique communiste, d\u00e9marcation qui est une n\u00e9cessit\u00e9 absolue et une des bases essentielles de notre tactique &quot;classe contre classe&quot;, ne signifie nullement que les communistes, aux \u00e9lections, ne puissent, tout en menant ind\u00e9pendamment leur campagne \u00e9lectorale, s&rsquo;engager, en Angleterre, par exemple, \u00e0 soutenir ceux des candidats du Labour Party qui voteront pour les revendications urgentes de la classe ouvri\u00e8re ou de conclure, en France, dans certains cas, des accords \u00e9lectoraux avec les socialistes, pour emp\u00eacher l&rsquo;\u00e9lection de candidats r\u00e9actionnaires. Sans r\u00e9aliser ce front unique des ouvriers contre les capitalistes, il est impossible de d\u00e9fendre efficacement les int\u00e9r\u00eats vitaux des ouvriers dans la lutte contre la bourgeoisie.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;application de la tactique &quot;classe contre classe&quot; a consolid\u00e9 les Partis communistes et leur a permis de s&rsquo;affirmer devant la classe ouvri\u00e8re, comme force ind\u00e9pendante, dans la direction de la lutte de classe. En Angleterre, les communistes ont commenc\u00e9, pour la premi\u00e8re fois, \u00e0 mener d&rsquo;une fa\u00e7on ind\u00e9pendante dans tout le pays, de grandes campagnes de masse. En France, les communistes se sont dress\u00e9s comme facteur ind\u00e9pendant face au bloc des gauches. En Allemagne, seule l&rsquo;application r\u00e9solue d&rsquo;une ligne ind\u00e9pendante a permis au Parti communiste d&rsquo;Allemagne d&rsquo;entra\u00eener \u00e0 sa suite des groupes importants de grandes masses qui se d\u00e9tournaient de la social-d\u00e9mocratie, d&rsquo;organiser de puissants mouvements gr\u00e9vistes et de grandes manifestations et de former un front solide de la lutte de classe r\u00e9volutionnaire.<\/p> <p class=Texte>Mais ces succ\u00e8s ne doivent pas nous leurrer sur le fait que dans l&rsquo;application de cette tactique &quot;classe contre classe&quot; un certain nombre de fautes sectaires ont \u00e9t\u00e9 commises. Si juste que ce f\u00fbt pour les communistes, en Angleterre, de pr\u00e9senter aux \u00e9lections parlementaires des candidatures ind\u00e9pendantes contre les chefs du Labour Party et de lutter pour elles, c&rsquo;\u00e9tait cependant une faute pour le petit Parti communiste de concentrer toute son attention sur ses propres candidats, sans gu\u00e8re s&rsquo;occuper de faire pr\u00e9senter des candidats par des conf\u00e9rences ouvri\u00e8res des syndicats locaux et des organisations locales du Labour Party. Si juste qu&rsquo;il f\u00fbt, pour les communistes d&rsquo;Allemagne, de se discriminer r\u00e9solument d&rsquo;avec la social-d\u00e9mocratie et de mener une lutte intransigeante contre Zoergiebel<a href=\"#_edn14\" name=\"_ednref14\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span lang=DE><span class=MsoEndnoteReference><span lang=DE style='font-size:12.0pt; font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[14]<\/span><\/span><\/span><\/span><\/a><span lang=DE> <\/span>\u00a0et S\u00e9vering<a href=\"#_edn15\" name=\"_ednref15\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span lang=DE><span class=MsoEndnoteReference><span lang=DE style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[15]<\/span><\/span><\/span><\/span><\/a>, il \u00e9tait par contre erron\u00e9, de la part des communistes, de commencer \u00e0 s&rsquo;isoler aussi des ouvriers social-d\u00e9mocrates et de les traiter de &quot;petits Z\u0153rgiebels&quot;. Si juste qu&rsquo;il f\u00fbt pour les communistes d&rsquo;Allemagne, de France et d&rsquo;Angleterre et d&rsquo;un certain nombre d&rsquo;autres pays, dans les conditions des ann\u00e9es 1928-1929, de ne pas adresser des propositions de front unique aux dirigeants de la social-d\u00e9mocratie, c&rsquo;\u00e9tait, par contre, une faute d&rsquo;interpr\u00e9ter les d\u00e9cisions de l&rsquo;Internationale communiste en ce sens que nos camarades ne devaient pas non plus faire de telles propositions aux organisations locales de la social-d\u00e9mocratie et des syndicats r\u00e9formistes.<\/p> <p class=Texte>Par suite de cette application d\u00e9fectueuse de notre tactique &quot;classe contre classe&quot; et m\u00eame de sa d\u00e9formation fr\u00e9quente jusqu&rsquo;\u00e0 dire que cette tactique excluait pr\u00e9tendument le front unique, nos sections n&rsquo;ont pas obtenu dans cette phase de la lutte les succ\u00e8s qui auraient pu l&rsquo;\u00eatre. C&rsquo;est seulement lorsque l&rsquo;essor commen\u00e7a dans le mouvement gr\u00e9viste, lorsque la social-d\u00e9mocratie s&rsquo;opposa \u00e0 ce mouvement, mit en marche la machine d&rsquo;arbitrage de l&rsquo;\u00c9tat et se mit \u00e0 \u00e9touffer les gr\u00e8ves, que la tactique r\u00e9volutionnaire des communistes gagna les sympathies de grandes masses ouvri\u00e8res. Nos sections commenc\u00e8rent \u00e0 se rendre compte de l&rsquo;importance qu&rsquo;il y a pour la lutte des ouvriers \u00e0 organiser des comit\u00e9s de gr\u00e8ves ind\u00e9pendants, \u00e9lus par les ouvriers eux-m\u00eames.<\/p> <p class=Texte>Certes, les communistes, \u00e0 ce propos, entr\u00e8rent en conflit avec les chefs syndicaux r\u00e9formistes qui, en invoquant la discipline syndicale et en agitant la menace d&rsquo;exclusion, cherchaient \u00e0 d\u00e9tourner les communistes de l&rsquo;organisation de la lutte gr\u00e9viste. Mais les communistes ne devaient, en aucune circonstance, renoncer, par respect de cette discipline syndicale, \u00e0 lutter pour les revendications des masses et \u00e0 organiser ces luttes. Si l&rsquo;on n&rsquo;avait pas viol\u00e9 la discipline syndicale manipul\u00e9e pal les chefs r\u00e9formistes et si on n&rsquo;avait pas organis\u00e9 des directions ind\u00e9pendantes de lutte, on n&rsquo;aurait eu ni la gr\u00e8ve de Lodz, ni la lutte de la Ruhr, ni le puissant mouvement gr\u00e9viste de Tch\u00e9coslovaquie.<\/p> <p class=Texte>\u00c9tant donn\u00e9 la politique social-d\u00e9mocrate de paix \u00e9conomique, s&rsquo;il n&rsquo;y avait pas eu de direction communiste des luttes gr\u00e9vistes, la bourgeoisie aurait r\u00e9ussi dans une mesure beaucoup plus grande, d\u00e8s les ann\u00e9es de haute conjoncture \u00e9conomique, \u00e0 r\u00e9aliser son plan de r\u00e9duction des salaires, de prolongation de la journ\u00e9e de travail et d&rsquo;aggravation des conditions de travail. Des milliers et des milliers d&rsquo;ouvriers, ne voyant personne diriger leur lutte, se seraient d\u00e9tourn\u00e9s, d\u00e9\u00e7us, de la lutte de classe.<\/p> <p class=Texte>C&rsquo;est ainsi que les communistes sauv\u00e8rent de nouveau, comme en 1914, l&rsquo;honneur du mouvement ouvrier, l&rsquo;honneur du socialisme.<\/p> <p class=Texte>Les communistes, en se mettant \u00e0 la t\u00eate d&rsquo;une s\u00e9rie de grandes gr\u00e8ves et de nombre de petites, en organisant des piquets de gr\u00e8ves et des manifestations et en entra\u00eenant les masses des batailles \u00e9conomiques \u00e0 la lutte politique, ont montr\u00e9 la plus grande combativit\u00e9 et fait eux-m\u00eames les plus grands sacrifices. Ils ont gagn\u00e9 de la sorte une influence consid\u00e9rable parmi les masses ouvri\u00e8res et dans toutes les organisations de masse des ouvriers.<\/p> <p class=Intertitre2a>Les cons\u00e9quences des fautes sectaires<\/p> <p class=Texte>Mais dans ce mouvement \u00e9galement les communistes ont commis nombre d&rsquo;erreurs sectaires. Ils n&rsquo;ont pas su implanter organiquement leur influence dans les organisations r\u00e9formistes et parmi les ouvriers inorganis\u00e9s. En organisant la lutte gr\u00e9viste, les communistes ont renforc\u00e9 l&rsquo;esprit de la lutte de classe dans le prol\u00e9tariat bien que la social-d\u00e9mocratie se pronon\u00e7\u00e2t pour la paix \u00e9conomique et pr\u00each\u00e2t le &quot;mondisme&quot;<a href=\"#_edn16\" name=\"_ednref16\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span lang=DE><span class=MsoEndnoteReference><span lang=DE style='font-size:12.0pt;font-family: \"Garamond\",\"serif\"'>[16]<\/span><\/span><\/span><\/span><\/a> et autres th\u00e9ories analogues. Cependant, les communistes ont souvent commis la faute de continuer la gr\u00e8ve alors que la majorit\u00e9 des gr\u00e9vistes avaient d\u00e9j\u00e0 repris le travail. De la sorte, ils se sont assez souvent isol\u00e9s des grandes masses ouvri\u00e8res.<\/p> <p class=Texte>Au moyen du mot d&rsquo;ordre de la direction ind\u00e9pendante des gr\u00e8ves par la minorit\u00e9 r\u00e9volutionnaire, les communistes ont contribu\u00e9 \u00e0 d\u00e9clencher des gr\u00e8ves et \u00e0 lib\u00e9rer le travail syndical-r\u00e9volutionnaire des cha\u00eenes de l&rsquo;appareil syndical r\u00e9formiste. Mais en r\u00e9alisant ce mot d&rsquo;ordre on a n\u00e9glig\u00e9 la t\u00e2che essentielle primordiale de la minorit\u00e9 r\u00e9volutionnaire: assurer le ralliement de la majorit\u00e9 des ouvriers de l&rsquo;entreprise \u00e0 la d\u00e9claration de la gr\u00e8ve et la formation d&rsquo;un comit\u00e9 de gr\u00e8ve ind\u00e9pendant, \u00e9lu par les gr\u00e9vistes.<\/p> <p class=Texte>Bien que les communistes eussent raison de s&rsquo;\u00e9lever contre l&rsquo;attitude aristocratique traditionnelle des r\u00e9formistes \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des inorganis\u00e9s et de se prononcer pour l&rsquo;entra\u00eenement des inorganis\u00e9s dans les gr\u00e8ves, pour leur entr\u00e9e dans les comit\u00e9s de gr\u00e8ve, un certain nombre d&rsquo;entre eux, en Allemagne surtout, se sont laisse aller \u00e0 sous-estimer l&rsquo;importance des ouvriers organises et 1 influence des syndicats r\u00e9formistes non seulement sur les ouvriers organis\u00e9s, mais aussi sur les inorganis\u00e9s.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;Internationale syndicale rouge a pos\u00e9 d&rsquo;une mani\u00e8re juste la tache de briser la pr\u00e9tention de la bureaucratie syndicale r\u00e9formiste de d\u00e9cider souverainement des luttes \u00e9conomiques, pr\u00e9tention dont elle n&rsquo;usait que pour les emp\u00eacher. Mais la d\u00e9cision de la conf\u00e9rence de Strasbourg tenue au d\u00e9but de 1929<a href=\"#_edn17\" name=\"_ednref17\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span lang=DE><span class=MsoEndnoteReference><span lang=DE style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[17]<\/span><\/span><\/span><\/span><\/a><span lang=DE> <\/span>d\u00e9passait cet objectif en proclamant que &quot;les comit\u00e9s de gr\u00e8ve et les comit\u00e9s d&rsquo;action ont pour t\u00e2che de pr\u00e9parer et de diriger d&rsquo;une fa\u00e7on ind\u00e9pendante la lutte gr\u00e9viste, malgr\u00e9 et contre la volont\u00e9 des syndicats r\u00e9formistes&quot;. Cela se rapporte \u00e9galement \u00e0 la consigne donn\u00e9e qu<span style='font-family:\"Times New Roman\",\"serif\"'>&#697;<\/span>&quot;aux \u00e9lections des comit\u00e9s de lutte dans les lock-outs, ainsi que des comit\u00e9s de gr\u00e8ves et autres organismes de lutte, toutes les personnes li\u00e9es \u00e0 la social-d\u00e9mocratie et \u00e0 la bureaucratie syndicale doivent \u00eatre \u00e9cart\u00e9es comme briseurs de gr\u00e8ve&quot;.<\/p> <p class=Texte>Les exp\u00e9riences des luttes ont \u00e9galement enseign\u00e9 que les chefs syndicaux r\u00e9formistes, sous la pression de l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit des masses, de plus en plus favorables \u00e0 la gr\u00e8ve, n&rsquo;ont pas toujours pu y opposer leur refus et que, par cons\u00e9quent, la tactique du front unique \u00e9tait possible et n\u00e9cessaire. Les opportunistes dans nos rangs soutenaient l&rsquo;opinion qu&rsquo;il fallait bien, dans la question de la gr\u00e8ve, placer les bonzes syndicaux r\u00e9formistes sous la pression de la masse des membres, mais que dans le cas o\u00f9 les chefs syndicaux refuseraient la gr\u00e8ve, il fallait se soumettre \u00e0 leurs d\u00e9cisions. Cette conception opportuniste devait, il va de soi, \u00eatre combattue par nous. Mais c&rsquo;\u00e9tait, d&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, une faute de supposer qu&rsquo;il est opportuniste d&rsquo;exercer en g\u00e9n\u00e9ral une pression sur la bureaucratie syndicale r\u00e9formiste \u00e0 l&rsquo;aide de la masse des membres, sens qu&rsquo;on a donn\u00e9 en Allemagne, et plus tard dans d&rsquo;autres pays \u00e9galement, \u00e0 notre point de vue, contre le mot d&rsquo;ordre brandl\u00e9rien<a href=\"#_edn18\" name=\"_ednref18\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span lang=DE><span class=MsoEndnoteReference><span lang=DE style='font-size:12.0pt; font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[18]<\/span><\/span><\/span><\/span><\/a>: &quot;Imposez votre volont\u00e9 aux bonzes&quot;. La minorit\u00e9 r\u00e9volutionnaire concentrait toute son attention sur la direction ind\u00e9pendante des gr\u00e8ves, mais perdait alors de vue la t\u00e2che de prendre part aux mouvements gr\u00e9vistes dirig\u00e9s par les chefs syndicaux r\u00e9formistes comme \u00e0 un travail qui contribue \u00e0 nous y faire conqu\u00e9rir une forte influence sur la majorit\u00e9 des ouvriers participant \u00e0 ces mouvements gr\u00e9vistes.<\/p> <p class=Texte>En d\u00e9pit de ces fautes sectaires, l&rsquo;influence des communistes sur les masses des ouvriers organis\u00e9s s&rsquo;est tr\u00e8s rapidement accrue. Aussi les chefs syndicaux r\u00e9formistes, en Allemagne, en Angleterre et aux \u00c9tats-Unis, ainsi&rsquo; que dans divers autres pays, ont-ils commenc\u00e9 \u00e0 exclure les communistes des syndicats.<\/p> <p class=Texte>Le Parti communiste allemand adopta, pour combattre ces mesures, une tactique de combat tout \u00e0 fait juste en recommandant \u00e0 ses adh\u00e9rents de signer les engagements propos\u00e9s par les chefs syndicaux r\u00e9formistes concernant la soumission \u00e0 la discipline syndicale, afin de conserver ainsi la possibilit\u00e9 de rester dans les syndicats. L&rsquo;indignation croissante des ouvriers r\u00e9volutionnaires contre les exclusions et contre la politique r\u00e9formiste scissioniste poussa maints militants communistes \u00e0 poser la revendication, pseudo-radicale, mais absolument sectaire, de la cessation du versement des cotisations. Les chefs syndicaux r\u00e9formistes en profit\u00e8rent naturellement aussit\u00f4t pour proc\u00e9der avec plus de vigueur encore \u00e0 l&rsquo;exclusion de l&rsquo;opposition. Une politique scissioniste analogue fut pratiqu\u00e9e par les r\u00e9formistes aussi dans les organisations sportives et \u00e9ducatives.<\/p> <p class=Texte>Cette politique des r\u00e9formistes exigeait une consolidation organique de l&rsquo;opposition syndicale r\u00e9volutionnaire, surtout en Allemagne et en Pologne. Et, en effet, en 1928-1929, on obtint quelques succ\u00e8s. Mais, en m\u00eame temps, on commit de nouveau une faute sectaire en transformant l&rsquo;O.S.R.<a href=\"#_edn19\" name=\"_ednref19\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[19]<\/span><\/span><\/span><\/a> en de nouveaux syndicats et en s&rsquo;isolant ainsi de la masse principale des syndiqu\u00e9s r\u00e9formistes. Une autre faute, ce fut pour nos sections dans d&rsquo;autres pays, de reprendre cette d\u00e9cision du P.C.A. d&rsquo;une fa\u00e7on m\u00e9canique sans tenir compte de la situation concr\u00e8te, toute diff\u00e9rente de leur pays.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;exemple de sectarisme le plus criant dans le mouvement syndical fut fourni par l&rsquo;Angleterre o\u00f9, devant les violences des attaques des membres droitiers du Conseil g\u00e9n\u00e9ral et les h\u00e9sitations des chefs syndicaux de gauche, les communistes us\u00e8rent d&rsquo;une tactique si maladroite et si sectaire que le mouvement minoritaire fut en proie \u00e0 une d\u00e9sagr\u00e9gation r\u00e9elle. Les communistes qui s&rsquo;orientaient vers la direction ind\u00e9pendante des luttes \u00e9conomiques, par suite des erreurs de droite commises pr\u00e9c\u00e9demment et de l&rsquo;implantation organique insuffisante du mouvement minoritaire, se mirent \u00e0 transf\u00e9rer le centre de gravit\u00e9 de leur activit\u00e9 des groupes syndicaux, sur les membres individuels, et des syndicats, sur les inorganis\u00e9s, opposant leurs forces insignifiantes \u00e0 l&rsquo;ensemble du mouvement syndical. Ces fautes s&rsquo;aggrav\u00e8rent encore du fait que les communistes consid\u00e9raient le mouvement minoritaire comme les embryons de nouveaux syndicats, qu&rsquo;ils cessaient de recruter des ouvriers pour les syndicats et qu&rsquo;ils les appelaient \u00e0 adh\u00e9rer au mouvement minoritaire. On doit se rappeler que ces fautes ont \u00e9t\u00e9 commises par nos camarades dans un pays o\u00f9 les syndicats r\u00e9formistes poss\u00e8dent les traditions les plus anciennes. Il ne pouvait manquer d&rsquo;en r\u00e9sulter un isolement des communistes d&rsquo;avec le mouvement syndical en g\u00e9n\u00e9ral, et de ce fait une d\u00e9sagr\u00e9gation du mouvement minoritaire. C&rsquo;est \u00e0 grand&rsquo;peine seulement que nos camarades anglais, qui se sont rendus compte de leurs erreurs et qui ont modifi\u00e9 leur tactique en cons\u00e9quence, parviennent \u00e0 regagner leur influence dans le mouvement syndical.<\/p> <p class=Texte>C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment parce qu&rsquo;ils ont sous-estim\u00e9 la force des traditions qui lient les masses aux vieilles organisations syndicales, parce qu&rsquo;ils ont transf\u00e9r\u00e9 le centre de gravit\u00e9 de notre activit\u00e9 sur le renforcement des syndicats rouges et le d\u00e9veloppement de l&rsquo;opposition syndicale r\u00e9volutionnaire que les communistes, durant quelques ann\u00e9es, ont n\u00e9glig\u00e9 le travail dans les syndicats r\u00e9formistes, bien que ce travail f\u00fbt parfaitement possible. Ce fait devait naturellement avoir des r\u00e9percussions tout \u00e0 fait f\u00e2cheuses sur l&rsquo;extension de notre influence parmi les masses syndicalement organis\u00e9es.<\/p> <p class=Texte>II n&rsquo;en reste pas moins que ce sont les communistes qui, dans la p\u00e9riode pr\u00e9c\u00e9dant la crise, alors que la gr\u00e8ve \u00e9conomique constituait la principale forme du d\u00e9veloppement de la lutte de classe, ont \u00e9t\u00e9 les principaux promoteurs et chefs de la lutte gr\u00e9viste dans nombre de pays. Les Partis communistes, durant ce temps, se sont raffermis politiquement et leur influence id\u00e9ologique sur les masses s&rsquo;est consid\u00e9rablement \u00e9largie. Mais ils n&rsquo;\u00e9taient pas encore devenus une force capable d&rsquo;utiliser dans toute son ampleur, pour la lutte de classe du prol\u00e9tariat, la nouvelle situation qui s&rsquo;\u00e9tait constitu\u00e9e avec le d\u00e9but de la crise \u00e9conomique.<\/p> <p class=Texte>Et c&rsquo;est ainsi que j&rsquo;en arrive au second secteur de lutte durant la p\u00e9riode envisag\u00e9e, comprenant le mouvement r\u00e9volutionnaire durant les ann\u00e9es de la plus grande acuit\u00e9 de la crise.<\/p> <p class=Intertitre2a>II.&nbsp;&#8209; Le mouvement r\u00e9volutionnaire durant les ann\u00e9es de la plus grande acuit\u00e9 de la crise<\/p> <p class=Texte>En automne 1929, commen\u00e7a aux \u00c9tats-Unis la crise industrielle qui se combina \u00e0 la crise agraire dans les pays agricoles et \u00e0 la crise dans les colonies et qui gagna avec une rapidit\u00e9 inusit\u00e9e le monde capitaliste tout entier.<\/p> <p class=Texte>Cette crise jeta les masses travailleuses dans une mis\u00e8re inou\u00efe. Des millions et des millions d&rsquo;ouvriers et d&#8217;employ\u00e9s furent renvoy\u00e9s des usines, des puits et des bureaux. Selon les statistiques du bulletin du Bureau international du travail pr\u00e8s de la Soci\u00e9t\u00e9 des nations, le nombre des ch\u00f4meurs, rien que dans 34 pays industriels, est pass\u00e9 de 6.538.000, en 1929, \u00e0 29.042.000, en 1932. Aux \u00c9tats-Unis, en 1932, selon les statistiques officielles, il y a eu 12 millions de ch\u00f4meurs et, selon les statistiques de l&rsquo;institut Hamilton, m\u00eame 17 millions. En Allemagne, le nombre des ch\u00f4meurs atteignit, selon les statistiques officielles, 7 millions en 1932.<\/p> <p class=Texte>Les salaires des ouvriers occup\u00e9s ont diminu\u00e9 dans tous les pays. Des millions d&rsquo;ouvriers ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9duits au ch\u00f4mage partiel et leurs salaires ont diminu\u00e9 proportionnellement. Les ouvriers qualifi\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 ramen\u00e9s au niveau d&rsquo;existence des ouvriers non qualifi\u00e9s; les ouvriers occup\u00e9s \u00e0 celui des ch\u00f4meurs.<\/p> <p class=Texte>En Allemagne, selon l&rsquo;Office gouvernemental de statistique, la somme globale des salaires des ouvriers, employ\u00e9s et fonctionnaires serait descendue de 44,5 milliards de marks en 1929 \u00e0 26 milliards en 1932. La somme globale des salaires est tomb\u00e9e, aux \u00c9tats-Unis, de 17,2 milliards de dollars en 1929 \u00e0 6,8 milliards en 1932.<\/p> <p class=Texte>Nul ouvrier ou employ\u00e9, dans aucun pays capitaliste, n&rsquo;\u00e9tait plus s\u00fbr du lendemain. Des millions de travailleurs souffraient de la faim et du froid et sont devenus des mendiants et des sans-abri, passant la nuit sur les bancs des parcs, sur les places ou sous les ponts. La classe ouvri\u00e8re, cr\u00e9atrice de toutes les richesses de la soci\u00e9t\u00e9 moderne, sombrait dans une d\u00e9tresse de m\u00e9moire d&rsquo;homme inconnue.<\/p> <p class=Texte>Cependant, toute la mis\u00e8re et la d\u00e9tresse des paysans travailleurs n&rsquo;est pas moindre que celle de la classe ouvri\u00e8re. Pour ran\u00e7onner les grandes masses paysannes, le Capital monopoliste, les trusts et les banques compriment les prix des produits agricoles, livr\u00e9s par les paysans, tout en maintenant les prix des marchandises industrielles. Les banques font impitoyablement rentrer les int\u00e9r\u00eats de leurs pr\u00eats et de leurs dettes hypoth\u00e9caires. Le fardeau des imp\u00f4ts est toujours plus lourd, parce que l&rsquo;\u00c9tat subventionne les banques et les trusts en faillite.<\/p> <p class=Texte>Cette politique de ran\u00e7onnement de la paysannerie acc\u00e9l\u00e8re la d\u00e9cadence de l&rsquo;\u00e9conomie paysanne, ruine totalement des dizaines de milliers d&rsquo;exploitations paysannes et condamne des millions d&rsquo;autres exploitations \u00e0 v\u00e9g\u00e9ter lamentablement. Dans certains pays, des \u00e9l\u00e9ments de f\u00e9odalisme sont r\u00e9introduits et consolid\u00e9s. Les couches les plus pauvres de la paysannerie sont victimes des usuriers. L&rsquo;huissier est devenu l<span style='font-family:\"Times New Roman\",\"serif\"'>&#697;<\/span>&quot;h\u00f4te&quot; permanent de la maison du paysan. Des r\u00e9gions agricoles enti\u00e8res de la Pologne, du nord-est du Japon, de l&rsquo;Ukraine carpathique sont en proie \u00e0 la famine. Une partie consid\u00e9rable des farmers am\u00e9ricains est dans la mis\u00e8re.<\/p> <p class=Texte>La situation para\u00eet d&rsquo;autant plus atroce lorsqu&rsquo;on pense que dans tous les pays, les magasins et les entrep\u00f4ts regorgent de grains, que les locomotives sont chauff\u00e9es avec du bl\u00e9, que l&rsquo;on jette des sacs de caf\u00e9 \u00e0 la mer, tandis que les paysans producteurs de ces denr\u00e9es v\u00e9g\u00e8tent et meurent de faim.<\/p> <p class=Texte>La petite bourgeoisie des villes est dans la m\u00eame situation. Les trusts et les gros capitalistes profitent de sa paup\u00e9risation pour s&#8217;emparer de ce qu&rsquo;elle poss\u00e8de. Les intellectuels petits-bourgeois perdent toujours davantage leurs possibilit\u00e9s d&rsquo;existence. Des milliers d&rsquo;instituteurs, de m\u00e9decins, d&rsquo;avocats et plus particuli\u00e8rement d&rsquo;ing\u00e9nieurs et d&rsquo;agronomes, rest\u00e9s sans place, v\u00e9g\u00e8tent mis\u00e9rablement. Capacit\u00e9s et connaissances perdent toute signification du moment que les capitalistes n&rsquo;en peuvent plus tirer de profit.<\/p> <p class=Texte>Mais la situation des peuples des colonies et. des pays d\u00e9pendants est encore plus d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e. Ils sont ruin\u00e9s par la chute encore plus grande des prix des produits de leur travail sous la pression des monopoles imp\u00e9rialistes et par les prix \u00e9lev\u00e9s des marchandises industrielles. Des centaines de millions de paysans coloniaux souffrent de la faim; des \u00e9pid\u00e9mies que jadis l&rsquo;on croyait disparues, \u00e9clatent avec une nouvelle virulence el d\u00e9ciment les populations physiquement \u00e9puis\u00e9es. Les ch\u00f4meurs endurent une faim horrible en Chine, dans l&rsquo;Inde, dans l&rsquo;Indochine et en Afrique, sans recevoir le moindre secours.<\/p> <p class=Texte>La rapacit\u00e9 de la bourgeoisie imp\u00e9rialiste qui n&rsquo;a nul \u00e9gard pour les masses affam\u00e9es, d\u00e9clenche parmi les travailleurs une vague montante toujours plus forte de mouvements contre leurs exploiteurs et leurs bourreaux. Et ces mouvements menacent de plus en plus la domination des imp\u00e9rialistes dans les colonies et dans les pays d\u00e9pendants.<\/p> <p class=Intertitre2a>La bourgeoisie imp\u00e9rialiste cherche une issue dans la guerre et le fascisme<\/p> <p class=Texte>La bourgeoisie imp\u00e9rialiste ne peut se limiter au ran\u00e7onnement des masses travailleuses de son propre pays et des possessions coloniales dont elle s&rsquo;est empar\u00e9e. L&rsquo;aggravation des luttes de classes, le resserrement des profits, les faillites, la r\u00e9gression du commerce ext\u00e9rieur l&rsquo;incitent \u00e0 pr\u00e9parer la guerre pour accro\u00eetre ses profits par la conqu\u00eate et le pillage de pays \u00e9trangers. Cette pr\u00e9paration de la guerre vise en m\u00eame temps et en premier lieu la destruction de l&rsquo;Union sovi\u00e9tique&nbsp;&#8209; foyer, base et rempart de la r\u00e9volution prol\u00e9tarienne. Et voil\u00e0 que commence une course fr\u00e9n\u00e9tique aux armements.<\/p> <p class=Texte>Le Japon s&#8217;empare de la Mandchourie<a name=\"NOT_d\"><\/a><a href=\"#_edn20\" name=\"_ednref20\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[20]<\/span><\/span><\/span><\/a> \u00a0pour en faire une base d&rsquo;op\u00e9rations pour la guerre contre l&rsquo;Union sovi\u00e9tique. Pour soumettre la Chine \u00e0 son influence, il a ras\u00e9 Chape\u00ef, le faubourg prol\u00e9tarien de Changha\u00ef. La guerre \u00e9clate entre le Paraguay et la Bolivie<a href=\"#_edn21\" name=\"_ednref21\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[21]<\/span><\/span><\/span><\/a>.<\/p> <p class=Texte>En Allemagne, les \u00e9l\u00e9ments les plus chauvins, les plus nationalistes et les plus r\u00e9actionnaires du Capital financier instaurent la dictature du fascisme. Ils propagent le &quot;mythe du sang et de l&rsquo;honneur&quot;, la &quot;th\u00e9orie des races&quot;, cette th\u00e9orie de l&rsquo;imp\u00e9rialisme allemand avide de guerres. Ils pr\u00eachent la croisade contre l&rsquo;Union sovi\u00e9tique et l&rsquo;extermination du marxisme dans le monde entier.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;imp\u00e9rialisme italien pr\u00e9pare l&rsquo;annexion de l&rsquo;Abyssinie, cr\u00e9ant ainsi un nouveau foyer de guerre.<\/p> <p class=Texte>En effet, la bourgeoisie est pr\u00eate aux crimes les plus sanguinaires, les plus f\u00e9roces, les plus affreux, pour accro\u00eetre ses profits, ou plus encore pour les emp\u00eacher de diminuer.<\/p> <p class=Texte>Pourtant l&rsquo;essor r\u00e9volutionnaire croissant, la sympathie toujours plus grande des masses travailleuses pour l&rsquo;Union sovi\u00e9tique comme, d&rsquo;autre part, le ran\u00e7onnement sans pr\u00e9c\u00e9dent des masses, les armements insens\u00e9s pour une nouvelle guerre et l&rsquo;organisation des forces fascistes par la bourgeoisie montrent que de formidables batailles de classes approchent, r\u00e9v\u00e9lant en m\u00eame temps la faiblesse de la bourgeoisie.<\/p> <p class=Texte>Les premiers indices de l&rsquo;approche de ces luttes apparaissaient d\u00e9j\u00e0 en 1930 et 1931. En Espagne, le puissant mouvement spontan\u00e9 des masses a renvers\u00e9 la dictature fasciste au printemps de 1931 et chass\u00e9 le roi Alphonse. La r\u00e9volution bourgeoise d\u00e9mocratique espagnole a commenc\u00e9.<\/p> <p class=Texte>En Chine, une nouvelle vague de la r\u00e9volution agraire et anti imp\u00e9rialiste a d\u00e9ferl\u00e9 et son expression a \u00e9t\u00e9 la cr\u00e9ation de Soviets et la formation d&rsquo;une puissante Arm\u00e9e rouge.<\/p> <p class=Texte>En Indochine, les masses paysannes se sont soulev\u00e9es pour secouer le joug imp\u00e9rialiste.<\/p> <p class=Texte>Mais le syst\u00e8me imp\u00e9rialiste a \u00e9t\u00e9 \u00e9galement \u00e9branl\u00e9 profond\u00e9ment dans les plus grands pays imp\u00e9rialistes. La 11e Assembl\u00e9e pl\u00e9ni\u00e8re du C.E. de l&rsquo;I.C. a pu constater, d\u00e8s le printemps de 1931, qu&rsquo;en Allemagne m\u00fbrissent les pr\u00e9mices de la crise r\u00e9volutionnaire et que grandissent en Pologne les \u00e9l\u00e9ments de la crise r\u00e9volutionnaire<a href=\"#_edn22\" name=\"_ednref22\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[22]<\/span><\/span><\/span><\/a>. La 12e Assembl\u00e9e pl\u00e9ni\u00e8re du C.E. de l&rsquo;I.C. a constat\u00e9, pendant l&rsquo;automne de 1932, que la stabilisation partielle temporaire du capitalisme avait pris fin et qu&rsquo;on s&rsquo;engageait dans un nouveau cycle de r\u00e9volutions et de guerres<a href=\"#_edn23\" name=\"_ednref23\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[23]<\/span><\/span><\/span><\/a>.<\/p> <p class=Texte>La 12e Assembl\u00e9e pl\u00e9ni\u00e8re, pour faire cette constatation, s&rsquo;est bas\u00e9e sur les nouveaux progr\u00e8s de l&rsquo;essor r\u00e9volutionnaire, sur la maturation de la crise r\u00e9volutionnaire en Allemagne et en Pologne, sur les r\u00e9volutions en Chine et en Espagne sur le d\u00e9clenchement de l&rsquo;offensive japonaise contre la Chine. Elle s&rsquo;est bas\u00e9e aussi sur l&rsquo;\u00e9branlement profond du syst\u00e8me de Versailles, sur la rupture de l&rsquo;entente des pays vainqueurs contre l&rsquo;Allemagne, ainsi que sur la rupture de l&rsquo;entente de l&rsquo;Angleterre, du Japon, des \u00c9tats-Unis et de la France pour l&rsquo;exploitation commune de la Chine. \u00c0 cela s&rsquo;ajoutait encore la maturation d&rsquo;une nouvelle guerre imp\u00e9rialiste, simultan\u00e9ment au d\u00e9veloppement de la puissance politique, \u00e9conomique et militaire de l&rsquo;Union sovi\u00e9tique.<\/p> <p class=Intertitre2a>La classe ouvri\u00e8re cherche une issue dans la r\u00e9volution.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;Internationale communiste a montr\u00e9 \u00e0 tous les travailleurs que dans l&rsquo;Union sovi\u00e9tique la dictature du prol\u00e9tariat a fait dispara\u00eetre le ch\u00f4mage dans les villes et le paup\u00e9risme dans les campagnes, que la situation des masses travailleuses s&rsquo;y am\u00e9liore chaque jour, que le socialisme y a triomph\u00e9.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;Union sovi\u00e9tique a montr\u00e9 aux masses travailleuses l&rsquo;unique voie \u00e0 suivre pour sortir de la mis\u00e8re, de la d\u00e9tresse et des souffrances inou\u00efes. C&rsquo;est la voie salvatrice pour \u00e9chapper au fascisme et \u00e0 la guerre.<\/p> <p class=Texte>Faire mieux comprendre aux masses travailleuses du monde entier ce formidable exemple que l&rsquo;Union sovi\u00e9tique leur a donn\u00e9, leur inculquer \u00e0 fond la grande le\u00e7on de cet exemple, les en impr\u00e9gner jusqu&rsquo;\u00e0 la moelle, telle fut la t\u00e2che que l&rsquo;Internationale communiste posa \u00e0 ses sections.<\/p> <p class=Texte>Cet exemple devait signifier que les travailleurs doivent rompre avec toutes les th\u00e9ories charlatanesques bourgeoises et social-d\u00e9mocrates qui veulent faire croire \u00e0 la classe ouvri\u00e8re que du moment que les crises sont inh\u00e9rentes au capitalisme, la classe ouvri\u00e8re doit en supporter humblement toutes les charges; qui font croire aux masses travailleuses que du moment que les guerres sont inh\u00e9rentes au capitalisme, il leur est impossible de les emp\u00eacher; qui veulent faire croire aux masses travailleuses que du moment que le d\u00e9veloppement du capitalisme pourri conduit au fascisme, celui-ci est in\u00e9vitable.<\/p> <p class=Texte>La t\u00e2che tactique imm\u00e9diate, durant la crise, \u00e9tait d&rsquo;organiser la lutte pour emp\u00eacher que le fardeau de cette crise f\u00fbt rejet\u00e9 sur le dos des masses en proie \u00e0 la faim et au froid. Le point strat\u00e9gique essentiel de cette lutte se trouvait en Allemagne.<\/p> <p class=Texte>Mais la classe ouvri\u00e8re s&rsquo;engageait divis\u00e9e dans cette lutte. La social-d\u00e9mocratie, le plus ancien et le plus grand parti ouvrier, \u00e9tait rong\u00e9 par la rouille r\u00e9formiste et, dans les conditions de la crise, elle se pla\u00e7ait sur le terrain de la collaboration de classe avec la bourgeoisie. Seul, le Parti communiste, relativement jeune, ayant dans beaucoup de pays une influence encore insuffisante, se pla\u00e7ait sur le terrain de la lutte de classe intransigeante.<\/p> <p class=Texte>Collaboration de classe avec la bourgeoisie ou lutte de classe. Cette question d\u00e9chirait encore les rangs du prol\u00e9tariat et affaiblissait ses forces.<\/p> <p class=Texte>Les communistes marchaient \u00e0 la t\u00eate de nombreuses actions, petites et grandes, des ouvriers et des paysans et les appelaient \u00e0 la lutte. La social-d\u00e9mocratie d\u00e9clarait au contraire que la lutte contre les licenciements et la r\u00e9duction des salaires est un non-sens en temps de crise.<\/p> <p class=Intertitre2a>La lutte des ch\u00f4meurs<\/p> <p class=Texte>Les communistes parvinrent dans un certain nombre de pays, en d\u00e9pit de la social-d\u00e9mocratie, \u00e0 porter \u00e0 un niveau \u00e9lev\u00e9 le mouvement des ch\u00f4meurs, les masses les plus d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9es parmi les travailleurs. Dans les pays o\u00f9 les ouvriers sont assur\u00e9s par l&rsquo;\u00c9tat contre le ch\u00f4mage, tels que l&rsquo;Allemagne, l&rsquo;Angleterre, la Pologne, la Tch\u00e9coslovaquie, l&rsquo;Autriche, les communistes \u00e9taient \u00e0 la t\u00eate de la lutte contre l&rsquo;aggravation du syst\u00e8me d&rsquo;assurances, contre la r\u00e9duction du taux de secours, contre la r\u00e9duction du temps pendant lequel les ch\u00f4meurs ont droit aux secours, contre le remplacement des secours de ch\u00f4mage par les secours de crise. Aux \u00c9tats-Unis, o\u00f9 il n&rsquo;existe aucun syst\u00e8me d&rsquo;assurance publique contre le ch\u00f4mage, les communistes ont engag\u00e9 une campagne pour la cr\u00e9ation d&rsquo;assurances de ce genre; ils ont \u00e9labor\u00e9 un projet d&rsquo;assurance contre le ch\u00f4mage; ils ont organis\u00e9, pour l&rsquo;appuyer, des manifestations, des meetings, des congr\u00e8s et ont acquis, ce faisant, le concours des syndicats et des intellectuels d&rsquo;avant-garde.<\/p> <p class=Texte>Dans tous les pays, les communistes ont \u00e9t\u00e9 \u00e0 la t\u00eate de la lutte contre l&rsquo;expulsion de leur logement des ch\u00f4meurs qui ne peuvent pas payer leur loyer, pour des secours suppl\u00e9mentaires des municipalit\u00e9s, en argent et en nature: pommes de terre, charbon, etc.<\/p> <p class=Texte>Cette lutte a \u00e9t\u00e9 extr\u00eamement difficile. C&rsquo;est seulement en cr\u00e9ant tout un r\u00e9seau d&rsquo;organisations de ch\u00f4meurs et en faisant de grandes manifestations, o\u00f9 il y a eu bien souvent de violentes collisions avec la police, qu&rsquo;on parvint \u00e0 arracher \u00e0 l&rsquo;\u00c9tat bourgeois et \u00e0 ses organismes des concessions en faveur des ch\u00f4meurs.<\/p> <p class=Texte>Gr\u00e2ce \u00e0 cette lutte, on a r\u00e9ussi dans nombre de pays \u00e0 soulager le sort d&rsquo;une partie des ch\u00f4meurs et \u00e0 opposer une s\u00e9rieuse r\u00e9sistance \u00e0 l&rsquo;aggravation de la l\u00e9gislation sociale, sans parvenir cependant \u00e0 emp\u00eacher de telles aggravations.<\/p> <p class=Texte>Si, malgr\u00e9 l&rsquo;acharnement de la lutte de la partie la plus avanc\u00e9e des ch\u00f4meurs, on n&rsquo;est pas arriv\u00e9 \u00e0 intensifier encore davantage ce mouvement et \u00e0 en faire la lutt\u00e9 des grandes masses de travailleurs, si le mouvement des ch\u00f4meurs a m\u00eame faibli en 1932 dans la plupart des pays, la cause r\u00e9side, nous semble-t-il, dans les faits suivants:<\/p> <p class=Texte>1. Le sabotage criminel et la lutte directe des chefs de la social-d\u00e9mocratie contre les revendications et contre le mouvement des ch\u00f4meurs ont emp\u00each\u00e9 d&rsquo;obtenir une am\u00e9lioration sensible du sort des grandes masses de ch\u00f4meurs, ce qui a provoqu\u00e9 parmi eux de la d\u00e9ception et de la passivit\u00e9.<\/p> <p class=Texte>2. La social-d\u00e9mocratie a emp\u00each\u00e9 que le mouvement des ch\u00f4meurs soit appuy\u00e9 par les mouvements de gr\u00e8ves des ouvriers qui travaillent, et ceux-ci sont rest\u00e9s passifs devant la mis\u00e8re, la d\u00e9tresse, la faim dont souffraient les ch\u00f4meurs.<\/p> <p class=Texte>3. Nous n&rsquo;avons r\u00e9ussi \u00e0 entra\u00eener dans la lutte active qu&rsquo;une partie peu consid\u00e9rable, 10 \u00e0 20 % des ch\u00f4meurs, tandis que la majorit\u00e9 restait passive.<\/p> <p class=Texte>4. On n&rsquo;a pas exp\u00e9riment\u00e9 toutes les formes et toutes les m\u00e9thodes de lutte oui auraient pu agiter davantage l&rsquo;opinion publique et gagner davantage la sympathie de tout le peuple \u00e0 la lutte des ch\u00f4meurs. On ne pouvait y parvenir seulement par des manifestations politiques qui n&rsquo;avaient d&rsquo;ailleurs pas de but concret. Nous nous souvenons tous de la grande impression que les marches de la faim en Angleterre et aux \u00c9tats-Unis ont produite dans le monde entier. Mais l&rsquo;impression sur toute l&rsquo;opinion publique aurait \u00e9t\u00e9 beaucoup plus grande si vraiment la totalit\u00e9 des ch\u00f4meurs affam\u00e9s \u00e9tait descendue dans la rue avec femmes et enfants en exigeant tout simplement du pain et des secours. <\/p> <p class=Texte>5. Les communistes n&rsquo;ont pas su non plus populariser des mots d&rsquo;ordre qui, par leur contenu concret, auraient pu mobiliser les ch\u00f4meurs pour la lutte contre le Capital et lier \u00e9galement \u00e0 cette lutte les masses des ouvriers qui travaillent.<\/p> <p class=Texte>Il s&rsquo;agit de revendications telles que confisquer les stocks au profit des ch\u00f4meurs, imposer sp\u00e9cialement les capitalistes, mise en r\u00e9gie des entreprises qui ferment ou qui licencient leur personnel, et d&rsquo;autres analogues. Les communistes ont bien lanc\u00e9 de telles revendications dans quelques pays mais, le plus souvent ils ne l&rsquo;ont pas fait au moment opportun, leur popularisation n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 faite dans d&rsquo;assez larges proportions et surtout on n&rsquo;a pas lutt\u00e9 assez s\u00e9rieusement pour elles.<\/p> <p class=Texte>6. On n&rsquo;a pas trouv\u00e9 non plus tous les moyens possibles de faire secourir les ch\u00f4meurs par l&rsquo;\u00c9tat et les organismes publics. Je ne veux citer qu&rsquo;un exemple tir\u00e9 de l&rsquo;Union sovi\u00e9tique. Lorsque, en 1921, la famine s\u00e9vissait dans l&rsquo;Union sovi\u00e9tique, les masses populaires ont forc\u00e9 le clerg\u00e9 de l&rsquo;\u00c9glise chr\u00e9tienne, le plus r\u00e9actionnaire, \u00e0 c\u00e9der, pour secourir les affam\u00e9s, l&rsquo;or et l&rsquo;argent qu&rsquo;il avait amass\u00e9s. De m\u00eame, les masses populaires auraient d\u00fb exiger que les poss\u00e9dants, l&rsquo;\u00c9glise et l&rsquo;\u00c9tat, en Allemagne, aux \u00c9tats-Unis, en Autriche, en Pologne, et dans les autres pays, ouvrissent leurs tr\u00e9sors aux ch\u00f4meurs mourant de faim.<\/p> <p class=Texte>Il est hors de doute aussi que la position fataliste de la social-d\u00e9mocratie soutenant qu&rsquo;il n&rsquo;y a rien \u00e0 faire contre la force \u00e9l\u00e9mentaire de la crise, a influenc\u00e9 tout le prol\u00e9tariat. Il y a eu dans la direction du mouvement des ch\u00f4meurs beaucoup trop de simple agitation et pas assez d&rsquo;initiative pour l&rsquo;organisation d&rsquo;une lutte r\u00e9elle. Les communistes qui avaient bien su organiser des milliers et des dizaines de milliers de ch\u00f4meurs, n&rsquo;avaient pas encore acquis l&rsquo;aptitude n\u00e9cessaire pour en gagner des millions au mouvement.<\/p> <p class=Texte>Telle fut la raison pour laquelle en Allemagne une partie des ch\u00f4meurs a donn\u00e9 dans le pi\u00e8ge des fascistes lorsque ceux-ci ont ouvert leurs soupes populaires pour ch\u00f4meurs, s&rsquo;est laiss\u00e9e s\u00e9duire par leur propagande de la &quot;communaut\u00e9 du peuple&quot;, se d\u00e9tournant ainsi de la lutte r\u00e9volutionnaire. L&rsquo;activit\u00e9 du mouvement a aussi faibli dans d&rsquo;autres pays.<\/p> <p class=Intertitre2a>Le mouvement de gr\u00e8ves<\/p> <p class=Texte>Je passe maintenant au mouvement de gr\u00e8ves durant la crise. Si les communistes n&rsquo;ont pas r\u00e9ussi, durant les premi\u00e8res ann\u00e9es de la crise, de 1930 \u00e0 1932, \u00e0 entra\u00eener les ouvriers d&rsquo;entreprises dans les gr\u00e8ves, si ceux-ci sont rest\u00e9s sourds aux appels des communistes \u00e0 la gr\u00e8ve, la cause en fut dans le sabotage de chaque mouvement de gr\u00e8ve par les chefs syndicaux r\u00e9formistes, dans la conception social-d\u00e9mocrate qu&rsquo;on ne peut pas faire gr\u00e8ve en temps de crise. De plus, l&rsquo;exclusion en masse des communistes des syndicats avait consid\u00e9rablement affaibli leur influence dans les entreprises sur les ouvriers syndiqu\u00e9s.<\/p> <p class=Texte>Mais, finalement, les ouvriers commenc\u00e8rent en 1932 dans nombre de pays, \u00e0 entrer plus fr\u00e9quemment et spontan\u00e9ment en lutte. Ce d\u00e9sir croissant des masses de recourir \u00e0 la gr\u00e8ve obligea les chefs syndicaux \u00e0 s&rsquo;y r\u00e9signer et m\u00eame \u00e0 se mettre \u00e0 leur t\u00eate.<\/p> <p class=Texte>En Pologne, 50.399 ouvriers seulement ont fait gr\u00e8ve en 1930 contre la r\u00e9duction des salaires, le licenciement des ouvriers et la fermeture des usines; il y en avait, en 1931, 106.985, d\u00e9j\u00e0, en 1932, 313.934 et, en 1933, 458.399. Dans certains cas, les gr\u00e9vistes ont occup\u00e9 les usines, dans lesquelles ils se sont barricad\u00e9s pour emp\u00eacher la fermeture des \u00e9tablissements et le licenciement des ouvriers. Cet acharnement extr\u00eame des ouvriers polonais a forc\u00e9 dans bien des cas les patrons \u00e0 renoncer \u00e0 la r\u00e9duction des salaires et aux licenciements. Les communistes prirent une part \u00e9minente dans l&rsquo;organisation de ces luttes. On a ainsi prouv\u00e9 \u00e0 la classe ouvri\u00e8re qu&rsquo;il est possible, m\u00eame en temps de crise, de repousser l&rsquo;offensive du Capital, ce qui a, en m\u00eame temps, accru la combativit\u00e9 des ouvriers et augment\u00e9 le prestige des communistes en tant qu&rsquo;organisateurs de la lutte.<\/p> <p class=Texte>En Angleterre, d\u00e8s le d\u00e9but de la crise, la classe ouvri\u00e8re a oppos\u00e9 une r\u00e9sistance consid\u00e9rable \u00e0 l&rsquo;offensive du capitalisme. En 1930, 307.000 ouvriers ont fait gr\u00e8ve; en 1931, 490.000; en 1932, 379.000. Environ le quart des gr\u00e8ves s&rsquo;est termin\u00e9 \u00e0 l&rsquo;avantage des ouvriers et 34 % environ par un compromis. L\u00e0 aussi, il a \u00e9t\u00e9 prouv\u00e9 que l&rsquo;on peut victorieusement faire gr\u00e8ve en temps de crise.<\/p> <p class=Texte>Mais dans d&rsquo;autres pays, o\u00f9 la crise a \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement profonde, comme en Allemagne et aux \u00c9tats-Unis, la classe ouvri\u00e8re, durant les premi\u00e8res ann\u00e9es de la crise, n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 \u00e0 m\u00eame d&rsquo;opposer par la gr\u00e8ve une r\u00e9sistance quelque peu s\u00e9rieuse \u00e0 la r\u00e9duction des salaires. C&rsquo;est en 1933 seulement que le mouvement de gr\u00e8ves a commenc\u00e9 \u00e0 prendre son essor aux \u00c9tats-Unis, avec 774.763 gr\u00e9vistes. En Allemagne, le mouvement de gr\u00e8ves n&rsquo;a \u00e9clat\u00e9 qu&rsquo;en automne 1932, apr\u00e8s la p\u00e9riode de calme g\u00e9n\u00e9ral, avec la formidable gr\u00e8ve des ouvriers des transports de Berlin, qui acquit une grande importance politique. Mais cette gr\u00e8ve fut \u00e9trangl\u00e9e \u00e9galement par les social-d\u00e9mocrates.<\/p> <p class=Texte>Il s&rsquo;av\u00e9ra, comme les communistes l&rsquo;avaient pr\u00e9dit aux ouvriers d\u00e8s le d\u00e9but de la crise, que la politique et la strat\u00e9gie social-d\u00e9mocrates entra\u00eenaient la paralysie des forces combatives du prol\u00e9tariat et, partant, une aggravation \u00e9norme de sa mis\u00e8re. Il en fut ainsi parce que les ouvriers n&rsquo;avaient pas r\u00e9pondu aux appels des communistes \u00e0 la lutte contre la r\u00e9duction des salaires et les licenciements, \u00e0 la lutte pour le maintien et l&rsquo;augmentation des secours de ch\u00f4mage, permettant ainsi aux capitalistes d&rsquo;aggraver encore davantage la situation des travailleurs et d&rsquo;am\u00e9liorer la leur \u00e0 leurs d\u00e9pens.<\/p> <p class=Texte>En d\u00e9pit de cette politique de la social-d\u00e9mocratie visant \u00e0 emp\u00eacher de grandes luttes, des groupes avanc\u00e9s de travailleurs engag\u00e8rent sans cesse la lutte politique contre le Capital, montrant ainsi la voie juste \u00e0 des millions et des millions de travailleurs.<\/p> <p class=Texte>Il suffit de rappeler les grandes manifestations du 6 mars 1930, d&rsquo;environ un million de ch\u00f4meurs aux \u00c9tats-Unis<a href=\"#_edn24\" name=\"_ednref24\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[24]<\/span><\/span><\/span><\/a>, la s\u00e9rie de grandes manifestations en Allemagne en 1930 et 1931, l&rsquo;imposante manifestation de ch\u00f4meurs \u00e0 Budapest le 1er septembre 1930<a href=\"#_edn25\" name=\"_ednref25\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[25]<\/span><\/span><\/span><\/a>, la gr\u00e8ve des farmers aux \u00c9tats-Unis en 1932, la grande marche des v\u00e9t\u00e9rans de la guerre sur Washington, en 1932, la r\u00e9volution espagnole du 14 avril 1931&nbsp;<a href=\"#_edn26\" name=\"_ednref26\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[26]<\/span><\/span><\/span><\/a>, la gr\u00e8ve de la marine de guerre anglaise le 14 septembre 1931 \u00e0 Invergordon<a href=\"#_edn27\" name=\"_ednref27\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[27]<\/span><\/span><\/span><\/a>, la r\u00e9volte de la marine de guerre au Chili en septembre 1931&nbsp;<a href=\"#_edn28\" name=\"_ednref28\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[28]<\/span><\/span><\/span><\/a>, les soul\u00e8vements de paysans en Ukraine occidentale en 1932&nbsp;<a href=\"#_edn29\" name=\"_ednref29\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[29]<\/span><\/span><\/span><\/a>, la mutinerie du navire de guerre hollandais De Zeven Provincien (les Sept Provinces) en f\u00e9vrier 1933<a href=\"#_edn30\" name=\"_ednref30\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[30]<\/span><\/span><\/span><\/a>.<\/p> <p class=Intertitre2a>Les lacunes dans l&rsquo;organisation de la lutte de masse des travailleurs<\/p> <p class=Texte>Mais pourquoi ces mouvements politiques imp\u00e9tueux des travailleurs n&rsquo;ont-ils jet\u00e9 qu&rsquo;une vive flamme sans r\u00e9sultats s\u00e9rieux pour la lutte lib\u00e9ratrice? Pourquoi n&rsquo;ont-ils pas tourn\u00e9 en une lutte politique de masse contre l&rsquo;\u00c9tat bourgeois?<\/p> <p class=Texte>Les causes en r\u00e9sident dans quatre faiblesses essentielles:<\/p> <p class=Texte>1. Ces mouvements \u00e9taient pour la plupart spontan\u00e9s, sans pr\u00e9paration s\u00e9rieuse, sans rassemblement organique de toutes les forces, sans objectif concret. Une petite partie seulement de ces mouvements se sont d\u00e9clench\u00e9s a l&rsquo;appel du Parti communiste.<\/p> <p class=Texte>2. Le Parti communiste s&rsquo;est bien efforc\u00e9 de donner \u00e0 ces mouvements des mots d&rsquo;ordre concrets, de les \u00e9largir, de les porter \u00e0 un niveau plus \u00e9lev\u00e9 de la conscience politique des masses. Mais la social-d\u00e9mocratie et les syndicats r\u00e9formistes s&rsquo;y sont oppos\u00e9s de toutes leurs forces. Les Partis communistes n&rsquo;\u00e9taient pas encore assez forts et assez influents pour organiser les masses qui engageaient spontan\u00e9ment la lutte politique et leur donner une solide direction.<\/p> <p class=Texte>3. \u00c0 ces mouvements ont pris part communistes, social-d\u00e9mocrates et inorganis\u00e9s. Ces masses entr\u00e9es spontan\u00e9ment dans la lutte n&rsquo;auraient pu garder leur coh\u00e9sion et \u00eatre conduites plus avant dans la lutte que si l&rsquo;on avait cr\u00e9\u00e9 un front unique entre les organisations communistes et social-d\u00e9mocrates. Mais la social-d\u00e9mocratie s&rsquo;opposait \u00e0 un tel front unique et l&rsquo;a rendu impossible. Il eut fallu aussi constituer des organismes permanents, \u00e9lus par les masses, compos\u00e9s de communistes, de social-d\u00e9mocrates et de sans-parti pour diriger la lutte, des organismes poss\u00e9dant une autorit\u00e9 assez .grande pour entra\u00eener dans la lutte des masses toujours plus grandes et, en m\u00eame temps, assurer \u00e0 tout le mouvement une direction r\u00e9volutionnaire. Or, de tels organismes n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s.<\/p> <p class=Texte>4. L&rsquo;id\u00e9e de tels organismes permanents a bien surgi dans le mouvement des ch\u00f4meurs. Mais les comit\u00e9s de ch\u00f4meurs de villes et de quartiers, cr\u00e9\u00e9s \u00e7\u00e0 et l\u00e0 par les communistes, n&rsquo;avaient ni une base assez large ni assez d&rsquo;autorit\u00e9 dans les masses pour accomplir cette grande t\u00e2che. Ils n&rsquo;ont \u00e9t\u00e9 nulle part un centre politique tant soit peu consid\u00e9rable, un centre d&rsquo;attraction de la sympathie de tous les travailleurs, ils ne sont pas devenus la chose de toute la classe. Les communistes n&rsquo;ont pas tent\u00e9 une seule fois d&rsquo;une fa\u00e7on s\u00e9rieuse de faire comprendre aux travailleurs le sens et l&rsquo;importance de ces organismes. Il en est r\u00e9sult\u00e9 que la bourgeoisie et la social-d\u00e9mocratie ont pu les faire passer pour des organisations &quot;sans responsabilit\u00e9&quot;, occasionnelles, ou pour des instruments du Parti communiste, et affaiblir ainsi leur influence sur les ouvriers non communistes.<\/p> <p class=Texte>Les Partis communistes, dans les conditions de la crise, avaient \u00e0 assumer une grande et difficile t\u00e2che dans la conduite des masses; les communistes devaient compter avec les millions de travailleurs et chercher \u00e0 entra\u00eener dans le front de lutte toutes leurs couches. Cette t\u00e2che \u00e9tait d&rsquo;autant plus difficile \u00e0 accomplir que les Partis communistes, dans la plupart des pays, \u00e9taient avant la crise, des organisations num\u00e9rique ment faibles, exer\u00e7ant une influence sur une couche relativement \u00e9troite d&rsquo;ouvriers.<\/p> <p class=Texte>Le changement rapide de la situation, ainsi que la croissance immense du m\u00e9contentement des masses, les progr\u00e8s du danger fasciste et de la menace de guerre n\u00e9cessit\u00e8rent de la part des communistes un contr\u00f4le constant de la situation, du r\u00f4le des diff\u00e9rents partis, groupes ou personnes, le lancement en temps opportun de mots d&rsquo;ordre r\u00e9pondant aux situations modifi\u00e9es. Cette complexit\u00e9 de la situation exigeait aussi un formidable travail d&rsquo;organisation. Dans l&rsquo;accomplissement de ces t\u00e2ches, les communistes fournirent plus d&rsquo;un exemple \u00e9clatant de travail exemplaire. Mais avec le d\u00e9veloppement politique pr\u00e9cipit\u00e9 et compliqu\u00e9, leurs mots d&rsquo;ordre venaient parfois trop tard, ils n&rsquo;appr\u00e9ciaient pas toujours d&rsquo;une fa\u00e7on juste le rapport des forces de classe, ils persistaient parfois sur des mots d&rsquo;ordre et sur des m\u00e9thodes de lutte qui, encore justes peu de temps auparavant, se trouvaient d\u00e9j\u00e0 p\u00e9rim\u00e9s une fois la situation chang\u00e9e.<\/p> <p class=Texte>Les Partis communistes se sont bien assimiles les constatations importantes du 6e congr\u00e8s mondial, qu&rsquo;un nouvel essor r\u00e9volutionnaire est en train de grandir. Mais, bien des fois, ils ne se sont pas suffisamment repr\u00e9sent\u00e9s que l&rsquo;essor r\u00e9volutionnaire n&rsquo;est pas s\u00e9par\u00e9 de la crise r\u00e9volutionnaire par une muraille de Chine. Maintes fois, ils se sont fait une id\u00e9e par trop simpliste de la fa\u00e7on dont les masses ouvri\u00e8res rompront avec leurs vieux chefs r\u00e9formistes et se rallieront \u00e0 la lutte r\u00e9volutionnaire.<\/p> <p class=Intertitre4a>Toujours \u00eatre avec les masses, \u00e0 la t\u00eate des masses.<\/p> <p class=Texte>Dans un certain nombre de cas, les communistes ont surestim\u00e9 la maturit\u00e9 politique des masses et ont pens\u00e9 qu&rsquo;on n&rsquo;avait plus besoin d&rsquo;un travail difficile et opini\u00e2tre pour apprendre aux masses la lutte politique et les convaincre de sa n\u00e9cessit\u00e9. Ils ont pens\u00e9 qu&rsquo;il suffisait de populariser le pouvoir sovi\u00e9tique, d&rsquo;expliquer aux masses le programme que les communistes r\u00e9aliseront apr\u00e8s la prise du pouvoir pour inciter aussit\u00f4t les ouvriers \u00e0 les suivre. Ces id\u00e9es erron\u00e9es ont fait que certains Partis communistes sont devenus temporairement de simples organismes de propagande de notre programme au lieu de lier a la propagande du programme la t\u00e2che de lancer en temps opportun dans les masses des mots d&rsquo;ordre qui les mobilisent a retape donn\u00e9e de la lutte.<\/p> <p class=Texte>Ces conceptions erron\u00e9es de beaucoup de communistes sont apparues notamment dans la question syndicale et dans le d\u00e9veloppement de la lutte \u00e9conomique. Les communistes exclus des syndicats r\u00e9formistes ont pris une attitude hostile \u00e0 ces derniers, s&rsquo;imaginant que plus nous combattrions les syndicats r\u00e9formistes pour leur passivit\u00e9, leur sabotage des gr\u00e8ves leur r\u00e9formisme, et plus vite les masses rompraient spontan\u00e9ment avec eux pour passer aux petites organisations syndicales de cadres des communistes.<\/p> <p class=Texte>Les communistes avaient oubli\u00e9 ce que le camarade Staline avait dit le 9 mai 1925 \u00e0 la r\u00e9union des militants de Moscou<a href=\"#_edn31\" name=\"_ednref31\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[31]<\/span><\/span><\/span><\/a>:<\/p> <p class=MsoQuote>Si les Partis communistes veulent devenir une v\u00e9ritable force de masse qui soit capable de faire avancer la r\u00e9volution, il faut qu&rsquo;ils se lient aux syndicats et s&rsquo;appuyent sur eux.<\/p> <p class=Texte>Le camarade Staline avait signal\u00e9 que certains communistes<a href=\"#_edn32\" name=\"_ednref32\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[32]<\/span><\/span><\/span><\/a>:<\/p> <p class=MsoQuote>&#8230;ne comprennent pas que les simples ouvriers, membres des syndicats, que ceux-ci soient bons ou mauvais, voient en eux les forteresses qui les aident \u00e0 d\u00e9fendre leur salaire, leur journ\u00e9e de travail, etc.<\/p> <p class=Texte>C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment pendant la crise o\u00f9 s&rsquo;abattit une grande mis\u00e8re sur les masses travailleuses que le simple ouvrier sentit d&rsquo;une fa\u00e7on particuli\u00e8rement forte que son syndicat, si mauvais qu&rsquo;il p\u00fbt \u00eatre, n&rsquo;en \u00e9tait pas moins en \u00e9tat de d\u00e9fendre ses droits et de lui assurer une aide mat\u00e9rielle, f\u00fbt-ce minime, que ce syndicat n&rsquo;en constituait pas moins une certaine force, et c&rsquo;est pour cette raison qu&rsquo;il ne voulait pas rompre avec lui.<\/p> <p class=Texte>Dans un certain nombre de pays, les communistes ont commis la faute de ne pas tenir compte de cet \u00e9tat d&rsquo;esprit des masses, de ne pas travailler dans les syndicats et aussi de ne pas savoir changer \u00e0 temps leur attitude envers eux, de ne pas savoir passer du front unique seulement par en bas au front unique avec les organisations. En Allemagne, au moment de l&rsquo;offensive du fascisme, certains communistes ont m\u00eame parl\u00e9 de la n\u00e9cessit\u00e9 de &quot;d\u00e9truire&quot; les syndicats r\u00e9formistes, contribuant ainsi \u00e0 isoler les communistes des ouvriers organis\u00e9s.<\/p> <p class=Texte>Aux \u00c9tats-Unis, les communistes ont d\u00e9clar\u00e9 pendant longtemps que la F\u00e9d\u00e9ration am\u00e9ricaine du travail (American Federation of Labour) \u00e9tait une organisation purement capitaliste, de briseurs de gr\u00e8ves, ne voyant que son leader Green<a name=\"NOT_h\"><\/a><a href=\"#_edn33\" name=\"_ednref33\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span lang=EN-US><span class=MsoEndnoteReference><span lang=EN-US style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[33]<\/span><\/span><\/span><\/span><\/a>, et ignorant les ouvriers.<\/p> <p class=Texte>La 12e Assembl\u00e9e pl\u00e9ni\u00e8re du C.E. de l&rsquo;I.C. en automne 1932 a condamn\u00e9 la conception assez r\u00e9pandue que les &quot;syndicats sont une \u00e9cole du capitalisme&quot;. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;en automne 1932 que le Parti communiste allemand a donn\u00e9 aux communistes la consigne de d\u00e9fendre les organisations ouvri\u00e8res et leurs biens, ce qui eut pour effet de provoquer parmi tous les adh\u00e9rents des syndicats, des coop\u00e9ratives et du Parti social-d\u00e9mocrate, de grandes sympathies pour les communistes. C&rsquo;est d&rsquo;une fa\u00e7on bien plus tardive encore et m\u00eame en Allemagne seulement apr\u00e8s la prise du pouvoir par Hitler, que les communistes ont donn\u00e9 le mot d&rsquo;ordre clair: &quot;D\u00e9fense des syndicats libres&quot;, puis, plus tard: &quot;R\u00e9tablissement des syndicats libres&quot;. Il fallut beaucoup de temps pour que les communistes comprissent dans d&rsquo;autres pays la grande importance du travail dans les syndicats.<\/p> <p class=Texte>Une faute aussi grande que celle de sous-estimer le danger fasciste fut, d&rsquo;autre part, de voir le fascisme m\u00eame l\u00e0 o\u00f9 il n&rsquo;existait pas encore. Cette faute venait de ce que certains publicistes communistes avaient interpr\u00e9t\u00e9 d&rsquo;une fa\u00e7on m\u00e9canique ce que signalait le 6e congr\u00e8s, \u00e0 savoir que la bourgeoisie cherche \u00e0 se servir de plus en plus des m\u00e9thodes de domination fasciste.<\/p> <p class=Texte>En Allemagne, les communistes ont pens\u00e9 assez longtemps que le gouvernement Hermann Muller<a name=\"NOT_a\"><\/a><a href=\"#_edn34\" name=\"_ednref34\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span lang=DE><span class=MsoEndnoteReference><span lang=DE style='font-size:12.0pt;font-family: \"Garamond\",\"serif\"'>[34]<\/span><\/span><\/span><\/span><\/a> r\u00e9alisait la fascisation, que le gouvernement Br\u00fcning<a name=\"NOT_o\"><\/a><a href=\"#_edn35\" name=\"_ednref35\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span lang=DE><span class=MsoEndnoteReference><span lang=DE style='font-size:12.0pt;font-family: \"Garamond\",\"serif\"'>[35]<\/span><\/span><\/span><\/span><\/a> \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 un gouvernement de dictature fasciste. D&rsquo;autre part, ils ont sous-estim\u00e9 le mouvement hitl\u00e9rien, s&rsquo;imaginant qu&rsquo;en un pays comme l&rsquo;Allemagne, o\u00f9 la classe ouvri\u00e8re \u00e9tait organis\u00e9e \u00e0 un degr\u00e9 \u00e9lev\u00e9, il serait impossible aux hitl\u00e9riens de prendre le pouvoir et que les masses petites-bourgeoises qui affluaient spontan\u00e9ment aux hitl\u00e9riens leur tourneraient aussi rapidement le dos.<\/p> <p class=Texte>En Autriche, le gouvernement Schober a \u00e9t\u00e9 qualifi\u00e9 encore en 1929 de gouvernement fasciste. En Tch\u00e9coslovaquie, le groupe Masaryk-Ben\u00e8s a \u00e9t\u00e9 trait\u00e9 par les communistes de groupe fasciste. Il y a encore nombre d&rsquo;autres exemples de telles conceptions erron\u00e9es.<\/p> <p class=Texte>Ces conceptions erron\u00e9es de la nature du fascisme, cette absence d&rsquo;une analyse s\u00e9rieuse du fascisme italien et polonais ont fait que les communistes n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 capables de lancer \u00e0 temps des mots d&rsquo;ordre pour d\u00e9fendre, contre le fascisme pass\u00e9 \u00e0 l&rsquo;attaque, ce qui restait encore de d\u00e9mocratie bourgeoise et d&rsquo;exploiter les antagonismes au sein de la bourgeoisie.<\/p> <p class=Texte>En Allemagne, c&rsquo;est seulement \u00e0 l&rsquo;\u00e9lection de la pr\u00e9sidence \u00e0 la Di\u00e8te prussienne en 1932 que les communistes ont d\u00e9clar\u00e9 qu&rsquo;ils voteront pour les candidats de la social-d\u00e9mocratie et du centre pour emp\u00eacher l&rsquo;\u00e9lection des fascistes.<\/p> <p class=Texte>M\u00eame en Pologne o\u00f9, apr\u00e8s 1926, les communistes se sont livr\u00e9s plus que dans beaucoup d&rsquo;autres pays \u00e0 l&rsquo;\u00e9tude du fascisme et ont lanc\u00e9 dans les masses des mots d&rsquo;ordre de lutte contre la destruction des restes des libert\u00e9s d\u00e9mocratiques bourgeoises, lorsque le bloc &quot;centriste des gauches&quot; a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 les communistes n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 capables d&rsquo;exploiter les divergences entre le camp gouvernemental et le camp de l&rsquo;opposition bourgeoise-d\u00e9mocratique.<\/p> <p class=Texte>Ces fautes provenaient de l&rsquo;id\u00e9e absolument fausse que tous les partis bourgeois sont fascistes, &quot;qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas deux m\u00e9thodes de domination de la bourgeoisie&quot;, qu&rsquo;il ne sied pas aux communistes de d\u00e9fendre les restes de la d\u00e9mocratie bourgeoise. Tant que nous ne pouvons pas remplacer la d\u00e9mocratie bourgeoise par la d\u00e9mocratie prol\u00e9tarienne, par la dictature du prol\u00e9tariat, le prol\u00e9tariat est int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 tout lambeau de la d\u00e9mocratie bourgeoise et doit s&rsquo;en servir pour pr\u00e9parer les masses au renversement du Capital, \u00e0 la conqu\u00eate de la d\u00e9mocratie prol\u00e9tarienne.<\/p> <p class=Texte>De telles conceptions sectaires, qui n&rsquo;ont rien de commun ni avec les enseignements de Marx, Engels, L\u00e9nine, Staline, ni avec les d\u00e9cisions du 6e congr\u00e8s de l&rsquo;I.C., ont frein\u00e9 les progr\u00e8s de l&rsquo;influence des Partis communistes et emp\u00each\u00e9 notamment la conqu\u00eate des ouvriers social-d\u00e9mocrates \u00e0 la lutte commune.<\/p> <p class=Texte>Il est impossible, si l&rsquo;on n&rsquo;extirpe pas ces conceptions sectaires, de former le front unique avec les ouvriers social-d\u00e9mocrates ni de cr\u00e9er le large front populaire avec celles des masses travailleuses qui se tiennent encore \u00e9loign\u00e9es des communistes et qui, cependant, peuvent lutter de concert avec nous contre le fascisme et la guerre, contre l&rsquo;offensive du Capital, pour leurs revendications partielles et pour la d\u00e9fense des restes de d\u00e9mocratie bourgeoise.<\/p> <p class=Intertitre2a>La lutte pour les alli\u00e9s du prol\u00e9tariat<\/p> <p class=Texte>\u00c0 cette \u00e9tape de notre lutte, le caract\u00e8re r\u00e9trograde de notre action pour la conqu\u00eate des alli\u00e9s du prol\u00e9tariat parmi les paysans et la petite bourgeoisie des villes se fit sentir avec une force extraordinaire. Nous avons bien triomph\u00e9 de la sous-estimation de principe et du m\u00e9pris corporatif des vieux partis social-d\u00e9mocrates pour les masses petites-bourgeoises, selon lesquels le prol\u00e9tariat ne saurait se commettre avec les masses petites-bourgeoises. N\u00e9anmoins, dans la plupart des pays, abstraction faite de la Pologne et des Balkans, les communistes, jusqu&rsquo;au moment de la crise, n&rsquo;ont gu\u00e8re \u00e9t\u00e9 au del\u00e0 de la simple reconnaissance de principe de la n\u00e9cessit\u00e9 du travail dans les masses petites-bourgeoises des villes et des campagnes.<\/p> <p class=Texte>En Pologne, les communistes poss\u00e8dent depuis longtemps une influence consid\u00e9rable dans la partie avanc\u00e9e des paysans, qui souffrent des vestiges du f\u00e9odalisme ainsi que du manque de terres. Le Parti communiste polonais a lutt\u00e9 pour la conqu\u00eate des masses paysannes sous le mot d&rsquo;ordre: &quot;Toute la terre aux paysans&quot;, et, en m\u00eame temps, il a lanc\u00e9 des revendications partielles telles que, par exemple: &quot;Pas un sou d&rsquo;imp\u00f4t au gouvernement fasciste&quot;, &quot;Contre le remembrement fasciste des terres&quot;, &quot;Contre la suppression des droits d&rsquo;usage&quot;, &quot;Contre la corv\u00e9e des routes&quot; (charvarka), et &quot;Contre le syst\u00e8me des paiements en travail&quot;. Ces revendications \u00e9taient tr\u00e8s populaires dans les masses, mais elles peuvent, de par leur nature, \u00e0 peine \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme des revendications partielles. Elles avaient pour but principal de pousser les paysans \u00e0 des collisions directes avec le pouvoir d&rsquo;\u00c9tat. Une fois la crise r\u00e9volutionnaire survenue, quand le prol\u00e9tariat s&rsquo;engagerait dans la lutte, le mouvement paysan pourrait, sous ces mots d&rsquo;ordre, apporter un s\u00e9rieux renfort au prol\u00e9tariat. Mais lorsque, apr\u00e8s l&rsquo;insurrection paysanne en Galicie centrale, une r\u00e9gression du mouvement paysan se fit sentir et que le prol\u00e9tariat n&rsquo;apporta pas \u00e0 la lutte le concours n\u00e9cessaire, il e\u00fbt \u00e9t\u00e9 du devoir du Parti de transf\u00e9rer le centre de gravit\u00e9 sur des revendications partielles, telles qu&rsquo;elles eussent \u00e9t\u00e9 capables de mener \u00e0 la lutte les plus grandes masses paysannes.<\/p> <p class=Texte>Souvent, les communistes n&rsquo;ont pas eu, dans leur tactique, assez de souplesse pour r\u00e9aliser, malgr\u00e9 la menace d&rsquo;exp\u00e9ditions punitives, des succ\u00e8s partiels en faveur des paysans par la diminution des paiements en travail, de la corv\u00e9e des routes, etc., et conserver ainsi leur influence sur les masses paysannes et leurs organisations en vue de la lutte ult\u00e9rieure.<\/p> <p class=Texte>Dans les pays o\u00f9 la paysannerie, durant la crise, \u00e0 la suite de la mis\u00e8re qui s&rsquo;\u00e9tait abattue sur elle, a commenc\u00e9 \u00e0 tourner le dos \u00e0 la bourgeoisie, les communistes ont n\u00e9glig\u00e9 de donner en temps opportun au mouvement paysan qui d\u00e9ferlait, des mots d&rsquo;ordre de lutte contre la toute-puissance du Capital monopoliste ruinant les paysans, contre les bas prix et contre l<span style='font-family:\"Times New Roman\",\"serif\"'>&#697;<\/span>&quot; esclavage de l&rsquo;usure&quot;.<\/p> <p class=Texte>En Allemagne, o\u00f9 le m\u00e9contentement des masses paysannes \u00e0 la suite des prix exorbitants des imp\u00f4ts et des int\u00e9r\u00eats usuraires, s&rsquo;\u00e9tait \u00e9norm\u00e9ment accru, le Parti communiste a publi\u00e9 pendant l&rsquo;automne de 1931 son programme d&rsquo;aide aux paysans<a href=\"#_edn36\" name=\"_ednref36\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[36]<\/span><\/span><\/span><\/a>, dans lequel il faisait de la propagande pour l&rsquo;annulation des dettes, pour l&rsquo;abolition des imp\u00f4ts indirects, pour l&rsquo;expropriation de la grosse propri\u00e9t\u00e9 fonci\u00e8re et o\u00f9 il r\u00e9clamait l&rsquo;aide de l&rsquo;\u00c9tat aux paysans travailleurs. Gr\u00e2ce \u00e0 ce programme, un groupe de paysans du nord de l&rsquo;Allemagne, qui \u00e9tait li\u00e9 auparavant aux fascistes, se tourna en 1931 vers le Parti communiste. Mais le Parti, n&rsquo;ayant pas assez de propagandistes et d&rsquo;organisateurs pour les campagnes, ne sut pas aborder comme il convenait l&rsquo;explication de ce programme dans les campagnes et s&rsquo;opposer ainsi \u00e0 l&rsquo;influence croissante des fascistes qui usaient largement de leur d\u00e9magogie &quot;contre les trusts et les banques&quot;. Le paysan se tourna vers le Parti qu&rsquo;il ne connaissait pas encore par ses actes et qui n&rsquo;\u00e9tait pas encore au pouvoir, mais qui lui promettait d&rsquo;augmenter les prix des denr\u00e9es agricoles et d&rsquo;am\u00e9liorer le sort des paysans sans renverser le capitalisme.<\/p> <p class=Texte>En France et aux \u00c9tats-Unis, le m\u00e9contentement des paysans provoqua un vaste mouvement contre les bas prix des produits agricoles. Le Parti communiste soutint tr\u00e8s tard, lorsque le mouvement commen\u00e7ait d\u00e9j\u00e0 \u00e0 reculer, les revendications des paysans; il s&rsquo;\u00e9leva contre les profits des interm\u00e9diaires et des minoteries, pr\u00e9parant ainsi le terrain \u00e0 l&rsquo;extension ult\u00e9rieure de son influence parmi les paysans.<\/p> <p class=Texte>Dans les couches moyennes des villes, les communistes ne surent pas non plus se mettre \u00e0 la t\u00eate de leur mouvement contre les banques et les trusts monopolistes et entra\u00eener ces couches \u00e0 leur suite. Lorsque la Danatbank fit, en Allemagne, une faillite o\u00f9 de grandes masses de la petite bourgeoisie perdirent leurs \u00e9pargnes<a href=\"#_edn37\" name=\"_ednref37\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[37]<\/span><\/span><\/span><\/a>, le Parti communiste ne donna \u00e0 ces couches aucun mot d&rsquo;ordre pour leur lutte, perdant ainsi une excellente occasion d&rsquo;acqu\u00e9rir une grande influence sur elles. Dans la plupart des autres pays \u00e9galement, la petite bourgeoisie ne trouva pas de soutien suffisant chez les communistes dans sa r\u00e9sistance contre les trusts et les banques qui lui su\u00e7aient le sang. Il en est r\u00e9sult\u00e9 que ces couches sont rest\u00e9es \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart de la lutte et ont fini par suivre les fascistes et par les aider \u00e0 triompher.<\/p> <p class=Texte>Bien que l&rsquo;influence et l&rsquo;importance du Parti communiste dans les masses travailleuses se fussent puissamment accrues, les communistes ne furent pas assez forts pour briser l&rsquo;influence des chefs du Parti social-d\u00e9mocrate et des syndicats sur les grandes masses ouvri\u00e8res et emp\u00eacher ainsi ceux-ci de d\u00e9tourner, au nom de la simple discipline, les masses de la lutte. Il apparut que les Partis communistes n&rsquo;\u00e9taient pas assez \u00e9duqu\u00e9s sur les terrains de la th\u00e9orie et de la pratique pour trouver les formes d&rsquo;influence et de direction des masses qui auraient rapidement fait dispara\u00eetre la division du mouvement ouvrier, accru la force et l&rsquo;organisation de la classe ouvri\u00e8re, conditions premi\u00e8res de la lutte victorieuse de la classe ouvri\u00e8re.<\/p> <p class=Texte>C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment la faiblesse de la classe ouvri\u00e8re, provoqu\u00e9e par sa division et par la trahison de la social-d\u00e9mocratie envers les int\u00e9r\u00eats des ouvriers, qui a permis \u00e0 la bourgeoisie allemande de profiter des flottements de la petite bourgeoisie et de la paysannerie pour attirer momentan\u00e9ment ces couches dans le camp du fascisme. Les communistes allemands n&rsquo;ont pas assez rapidement tenu compte de l&rsquo;importance extr\u00eame du joug de Versailles qui faisait peser un fardeau inou\u00ef sur les masses travailleuses, ils n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 assez habiles pour utiliser la situation ainsi cr\u00e9\u00e9e dans l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de la lutte de classe. Ils ont permis \u00e0 la bourgeoisie allemande de mettre la haine contre le joug de Versailles au service du maintien de sa domination.<\/p> <p class=Intertitre2a>L&rsquo;offensive des fascistes contre les travailleurs d&rsquo;Allemagne<\/p> <p class=Texte>La d\u00e9faite du prol\u00e9tariat allemand et l&rsquo;instauration de la dictature fasciste en Allemagne sont le plus grand \u00e9v\u00e9nement de ces premi\u00e8res ann\u00e9es de crise, dans les pays capitalistes. Les organisations les plus anciennes de la classe ouvri\u00e8re, fond\u00e9es sous le drapeau du marxisme, furent d\u00e9molies par une horde bestiale de brigands. Un des peuples les plus avanc\u00e9s et les plus cultiv\u00e9s passa sous la f\u00e9rule du parti le plus chauvin et le plus r\u00e9actionnaire du capital financier. Un des pays les plus cultiv\u00e9s devint le foyer de la r\u00e9action europ\u00e9enne, la plus horrible chambre de tortures, l&rsquo;instigateur d&rsquo;une nouvelle guerre.<\/p> <p class=Texte>De grave importance est la question de savoir si les masses travailleuses d&rsquo;Allemagne auraient pu emp\u00eacher cette catastrophe. Il n&rsquo;est pas douteux qu&rsquo;elles eussent \u00e9t\u00e9 \u00e0 m\u00eame de le faire. Mais pour cela, la classe ouvri\u00e8re aurait d\u00fb former le front unique, elle aurait d\u00fb briser le front unique contre- r\u00e9volutionnaire de la social-d\u00e9mocratie et des chefs syndicaux r\u00e9formistes avec la bourgeoisie, elle n&rsquo;aurait pas d\u00fb se laisser aveugler par la th\u00e9orie social-d\u00e9mocrate que la lutte de classe est impossible en temps de crise et qu&rsquo;il faut attendre passive ment qu&rsquo;elle passe, qu&rsquo;il est inutile de se dresser contre le fascisme. Il e\u00fbt fallu pour cela que la classe ouvri\u00e8re pass\u00e2t \u00e0 la contre-attaque contre l&rsquo;offensive du Capital et lui impos\u00e2t l&rsquo;aide \u00e0 ceux qui sont dans la mis\u00e8re. Il e\u00fbt fallu pour cela que la classe ouvri\u00e8re ne tol\u00e9r\u00e2t pas que la Ligue du front rouge f\u00fbt bris\u00e9e et d\u00e9sarm\u00e9e, mais qu&rsquo;elle impos\u00e2t sa fusion avec la Banni\u00e8re d&rsquo;Empire et f\u00eet de cette derni\u00e8re, en changeant sa politique, une puissante organisation de lutte r\u00e9volutionnaire du prol\u00e9tariat. La classe ouvri\u00e8re n&rsquo;avait pas le droit de regarder tranquillement les fascistes s&rsquo;armer sous la conduite d&rsquo;Hitler, mais elle devait forcer le gouvernement de la R\u00e9publique de Weimar \u00e0 d\u00e9sarmer les bandes fascistes, \u00e0 confisquer les biens de leurs organisations et \u00e0 emprisonner leurs chefs, la classe ouvri\u00e8re ne devait pas permettre aux fascistes de d\u00e9velopper leur d\u00e9magogie contre le joug de Versailles, mais il lui fallait obliger le gouvernement de la R\u00e9publique de Weimar \u00e0 d\u00e9chirer le trait\u00e9 de Versailles.<\/p> <p class=Texte>Mais la classe ouvri\u00e8re allemande ne l&rsquo;a pas fait. Dans sa majorit\u00e9, elle a continu\u00e9 \u00e0 suivre aveugl\u00e9ment la social-d\u00e9mocrate, restant sourde aux avertissements des communistes. Voil\u00e0 pourquoi il lui faut subir maintenant les horreurs de l&rsquo;enfer fasciste. Les communistes d&rsquo;Allemagne ne pouvaient, \u00e0 eux seuls, d\u00e9tourner cette catastrophe des masses ouvri\u00e8res.<\/p> <p class=Texte>D\u00e8s 1930, l&rsquo;\u00e9branlement du syst\u00e8me de Weimar \u00e9tait manifeste. Une rivalit\u00e9 effr\u00e9n\u00e9e pour mobiliser les masses commen\u00e7a entre la r\u00e9volution qui approchait et la contre-r\u00e9volution qui s&rsquo;armait contre elle. Il devenait clair que la bourgeoisie allemande ne pouvait r\u00e9gner plus longtemps par les m\u00e9thodes du parlementarisme et de la d\u00e9mocratie bourgeoise.<\/p> <p class=Texte>Au printemps de 1932, il \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 nettement visible que les fascistes avaient consid\u00e9rablement devanc\u00e9 les communistes dans la mobilisation des masses et que l&rsquo;instauration de la dicta ture la plus atroce et la plus sanglante des fascistes \u00e9tait in\u00e9vitable en Allemagne, si le rapport des forces de classes ne changeait pas rapidement au profit du prol\u00e9tariat. Les communistes tent\u00e8rent d&rsquo;amener ce changement du rapport des forces en faveur du prol\u00e9tariat, en faisant tout leur possible pour renforcer la lutte pour le front unique. Ils se fix\u00e8rent comme t\u00e2che de r\u00e9aliser \u00e0 tout prix un accord avec le Parti social-d\u00e9mocrate et avec la Conf\u00e9d\u00e9ration g\u00e9n\u00e9rale des syndicats allemands. Ce front unique aurait eu pour t\u00e2che de repousser le fascisme et de d\u00e9fendre ce qui restait encore de la d\u00e9mocratie bourgeoise.<\/p> <p class=Texte>Mais le Parti social-d\u00e9mocrate repoussa r\u00e9solument toute proposition de ce genre. M\u00eame lorsque les fascistes eurent d\u00e9j\u00e0 port\u00e9 la lutte dans la rue, alors qu&rsquo;ils terrorisaient les ouvriers dans toutes les villes de l&rsquo;Allemagne et assassinaient l\u00e2chement les meilleurs repr\u00e9sentants du prol\u00e9tariat, la social-d\u00e9mocratie continua \u00e0 se borner exclusivement \u00e0 de molles protestations au Parlement. Il \u00e9tait clair pour tout homme clairvoyant que la lutte avec les fascistes ne pouvait plus se d\u00e9cider au Parlement, que la question de l&rsquo;avenir de l&rsquo;Allemagne et du sort du mouvement ouvrier allemand avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 port\u00e9e dans la rue par les fascistes.<\/p> <p class=Texte>M\u00eame lorsque le gouvernement Papen chassa, le 20 juillet, les ministres social-d\u00e9mocrates de la Prusse<a href=\"#_edn38\" name=\"_ednref38\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[38]<\/span><\/span><\/span><\/a> et que le Parti communiste proposa au Parti social-d\u00e9mocrate et \u00e0 la Conf\u00e9d\u00e9ration g\u00e9n\u00e9rale des syndicats de d\u00e9clarer la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale, ces deux organisations invit\u00e8rent les ouvriers \u00e0 garder le calme. Quant aux ministres chass\u00e9s, ils firent &quot;appel \u00e0 la haute cour&quot; contre l&rsquo;infraction \u00e0 la Constitution.<\/p> <p class=Texte>M\u00eame le 30 janvier 1933 encore, lorsque le capital financier avait d\u00e9j\u00e0 remis au parti d&rsquo;Hitler les r\u00eanes du gouvernement pour exercer la dictature fasciste, la social-d\u00e9mocratie et la Conf\u00e9d\u00e9ration g\u00e9n\u00e9rale des syndicats repouss\u00e8rent de nouveau la proposition de gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale faite par le Parti communiste. Ils d\u00e9clar\u00e8rent que les communistes \u00e9taient des provocateurs et invit\u00e8rent les ouvriers \u00e0 n&rsquo;opposer aucune r\u00e9sistance.<\/p> <p class=Texte>Les communistes, \u00e0 ce moment, ont fait tout ce qui \u00e9tait en leur pouvoir pour entra\u00eener les masses travailleuses \u00e0 la lutte r\u00e9volutionnaire dans le but d&#8217;emp\u00eacher la dictature fasciste.<\/p> <p class=Texte>Les communistes ont remport\u00e9 sous ce rapport d&rsquo;importants succ\u00e8s. Mais ils n&rsquo;\u00e9taient pas \u00e0 m\u00eame de changer le rapport des forces tel qu&rsquo;il \u00e9tait \u00e9tabli tant que la social-democratic n&rsquo;abandonnait pas son hostilit\u00e9 au front unique et \u00e0 la lutte.<\/p> <p class=Texte>Puissent les ouvriers d&rsquo;Allemagne, puisse le prol\u00e9tariat mondial juger maintenant sur qui retombe la faute de la d\u00e9faite allemande; puissent les le\u00e7ons sanglantes des \u00e9v\u00e9nements d&rsquo;Allemagne leur apprendre que cette d\u00e9faite a \u00e9t\u00e9 possible seulement parce que la majorit\u00e9 de la classe ouvri\u00e8re suivait encore aveugl\u00e9ment la social-d\u00e9mocratie et qu&rsquo;elle ne s&rsquo;est pas souci\u00e9e des avertissements des communistes et n&rsquo;a pas voulu lutter. Il y a de pr\u00e9tendus r\u00e9volutionnaires &quot;de gauche&quot; qui affirment que les communistes auraient d\u00fb malgr\u00e9 tout engager la lutte en d\u00e9pit du fait qu&rsquo;une telle lutte de la minorit\u00e9 du prol\u00e9tariat e\u00fbt conduit \u00e0 son \u00e9crasement. Ces h\u00e9ros de la phrase pseudo-r\u00e9volutionnaire ne veulent pas comprendre que cela aurait signifi\u00e9 une d\u00e9faite encore plus grande et la d\u00e9molition compl\u00e8te des cadres r\u00e9volutionnaires du prol\u00e9tariat allemand.<\/p> <p class=Texte>Le prol\u00e9tariat allemand a subi une d\u00e9faite. Les communistes ne voulaient pas et ne veulent pas que les cadres r\u00e9volutionnaires p\u00e9rissent par pur h\u00e9ro\u00efsme. Ce n&rsquo;est pas l\u00e0 le plus grand h\u00e9ro\u00efsme! Ils veulent qu&rsquo;ils organisent les nouvelles luttes et les futures victoires. (Applaudissements.)<\/p> <p class=Intertitre2a>La bourgeoisie n&rsquo;a pas r\u00e9ussi \u00e0 affaiblir la volont\u00e9 de lutte des masses<\/p> <p class=Texte>La d\u00e9faite du prol\u00e9tariat en Allemagne \u00e0 un des points strat\u00e9giques les plus importants de la lutte de classe internationale, eut pour effet de ralentir un court moment la croissance du mouvement r\u00e9volutionnaire de masse, d&rsquo;arr\u00eater momentan\u00e9ment la maturation des \u00e9l\u00e9ments de la crise r\u00e9volutionnaire en Pologne \u00e9galement. La d\u00e9faite d&rsquo;Allemagne rendit la r\u00e9action internationale plus audacieuse, elle accrut la menace de guerre, renfor\u00e7a la pression de la bourgeoisie sur la classe ouvri\u00e8re et multiplia les tentatives d&rsquo;instaurer le fascisme aussi dans d&rsquo;autres pays.<\/p> <p class=Texte>Au moment m\u00eame o\u00f9 les fascistes accablaient les travailleurs d&rsquo;Allemagne, le prol\u00e9tariat r\u00e9ussissait \u00e0 remporter une s\u00e9rie de grandes victoires dans d&rsquo;autres pays. Les prol\u00e9taires et paysans chinois \u00e9rigeaient leur R\u00e9publique des Soviets. Au cours des campagnes militaires que le gouvernement de Nankin entreprenait contre l&rsquo;Arm\u00e9e rouge, les masses populaires donnaient d&rsquo;admirables exemples d&rsquo;h\u00e9ro\u00efsme et de d\u00e9vouement \u00e0 la r\u00e9volution. Devant 1 agression des imp\u00e9rialistes japonais et le renoncement \u00e0 la lutte du gouvernement de Nankin contre cette agression, les Soviets chinois ont lev\u00e9 le drapeau de la lutte pour affranchir le peuple chinois du joug japonais, le drapeau de la guerre r\u00e9volutionnaire populaire contre l&rsquo;imp\u00e9rialisme japonais, entravant ainsi son avance dans l&rsquo;int\u00e9rieur de la Chine. En peu de temps, les Soviets chinois sont devenus une force dont la politique internationale des imp\u00e9rialistes est oblig\u00e9e de tenir compte.<\/p> <p class=Texte>En Espagne, nous voyons, malgr\u00e9 la division de la classe ouvri\u00e8re, un puissant essor du mouvement de masse, une large vague de gr\u00e8ves de masse, un accroissement des gr\u00e8ves politiques et du mouvement des paysans qui s&#8217;emparent des terres seigneuriales.<\/p> <p class=Texte>Dans tous les pays capitalistes et coloniaux on peut enregistrer une vague de plus en plus grande de gr\u00e8ves et de mouvements paysans.<\/p> <p class=Texte>Cependant, ce qui est d&rsquo;une importance d\u00e9cisive pour tout le front mondial r\u00e9volutionnaire, c&rsquo;est que pr\u00e9cis\u00e9ment durant les ann\u00e9es o\u00f9 les masses travailleuses du monde entier \u00e9taient plong\u00e9es par le capitalisme dans une mis\u00e8re indicible, o\u00f9, en Allemagne, le fascisme d\u00e9molissait les organisations ouvri\u00e8res, l&rsquo;Union sovi\u00e9tique achevait le premier plan quinquennal et am\u00e9liorait de jour en jour le bien-\u00eatre de tous les travailleurs. C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment durant ces ann\u00e9es que le socialisme triomphait d\u00e9finitivement et irr\u00e9vocablement dans l&rsquo;Union sovi\u00e9tique.<\/p> <p class=Texte>Cette victoire historique mondiale du socialisme dans l&rsquo;Union sovi\u00e9tique sape le syst\u00e8me de l&rsquo;imp\u00e9rialisme mondial, multiplie les forces de la r\u00e9volution, accro\u00eet l&rsquo;importance de l&rsquo;Union sovi\u00e9tique en tant que facteur de paix, en tant que base de la r\u00e9volution mondiale et renforce la volont\u00e9 des travailleurs du monde entier de lutter pour le socialisme, pour le pouvoir sovi\u00e9tique.<\/p> <p class=Texte>La bourgeoisie a r\u00e9ussi \u00e0 la fin de cette \u00e9tape de la lutte \u00e0 am\u00e9liorer sa situation aux d\u00e9pens des ouvriers, des paysans et des peuples coloniaux, \u00e0 cr\u00e9er les conditions lui permettant de passer de la crise \u00e0 la d\u00e9pression et \u00e0 infliger une d\u00e9faite au prol\u00e9tariat allemand. En revanche, la bourgeoisie n&rsquo;a pas r\u00e9ussi \u00e0 affaiblir le front r\u00e9volutionnaire mondial, \u00e0 d\u00e9molir le Parti communiste en Allemagne, elle n&rsquo;a pas r\u00e9ussi \u00e0 cr\u00e9er les pr\u00e9mices d&rsquo;un nouvel essor \u00e9conomique.<\/p> <p class=Texte>Le rapport international des forces a chang\u00e9 non pas eu faveur du capitalisme, mais du socialisme, non pas en faveur de la bourgeoisie, mais du prol\u00e9tariat.<\/p> <p class=Texte>J&rsquo;aborde maintenant la troisi\u00e8me \u00e9tape de la lutte durant la p\u00e9riode envisag\u00e9e, celle qui comprend le revirement des ouvriers socialistes vers le front unique avec les communistes.<\/p> <p class=Intertitre2a>III.&nbsp;&#8209; Le revirement des ouvriers socialistes vers le front unique avec les communistes<\/p> <p class=Texte>Sous l&rsquo;influence de la victoire d\u00e9finitive et sans retour du socialisme dans l&rsquo;Union sovi\u00e9tique et, d&rsquo;autre part, devant les atrocit\u00e9s du fascisme en Allemagne, tout le syst\u00e8me de conception du monde des grandes masses de travailleurs qui, r\u00e9cemment encore, croyaient que le capitalisme, que la d\u00e9mocratie bourgeoise \u00e9taient in\u00e9branlables, qu&rsquo;il \u00e9tait possible d&rsquo;arriver pacifiquement au socialisme, sans r\u00e9volution et sans guerre, commence \u00e0 s&rsquo;effondrer. La base id\u00e9ologique sur laquelle reposaient le programme, la tactique des partis r\u00e9formistes, s&rsquo;\u00e9croule.<\/p> <p class=Texte>La classe ouvri\u00e8re a compris que c&rsquo;est la division du mouvement ouvrier qui a conduit \u00e0 la victoire du fascisme en Allemagne et qu&rsquo;elle a besoin d&rsquo;unit\u00e9.<\/p> <p class=Texte>La victoire du fascisme en Allemagne n&rsquo;a nullement inaugur\u00e9, comme le pr\u00e9disaient les social-d\u00e9mocrates, une longue p\u00e9riode de r\u00e9action. Bien au contraire, on peut constater dans le monde entier &quot;une tendance \u00e0 la maturation la plus acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e de. la crise r\u00e9volutionnaire&quot;, ainsi que le soulignait la 13e Assembl\u00e9e pl\u00e9ni\u00e8re<a href=\"#_edn39\" name=\"_ednref39\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[39]<\/span><\/span><\/span><\/a>. Dans le monde entier, &quot;l&rsquo;id\u00e9e de l&rsquo;assaut contre le capitalisme m\u00fbrit dans la conscience des masses&quot;, comme l&rsquo;a formul\u00e9 le camarade Staline au 17e congr\u00e8s du P.C. de l&rsquo;U.R.S.S.<\/p> <p class=Texte>C&rsquo;est dans cette situation que l&rsquo;Union sovi\u00e9tique conquiert toujours davantage le coeur et l&rsquo;esprit des travailleurs et leur montre le chemin de la lutte. C&rsquo;est dans cette situation que la victoire du socialisme incite des millions de travailleurs \u00e0 changer totalement d&rsquo;opinions et d&rsquo;id\u00e9es. C&rsquo;est dans cette situation que s&rsquo;accomplit un revirement dans l&rsquo;esprit des grandes masses travailleuses et, avant tout, dans l&rsquo;esprit des ouvriers membres des Partis social-d\u00e9mocrates et de ceux qui sont organis\u00e9s dans les syndicats r\u00e9formistes.<\/p> <p class=Texte>Les premi\u00e8res formes o\u00f9 s&rsquo;est exprim\u00e9 ce revirement furent premi\u00e8rement le front unique du prol\u00e9tariat mondial organis\u00e9 spontan\u00e9ment sur une grande \u00e9chelle pour d\u00e9fendre les inculp\u00e9s de Leipzig<a href=\"#_edn40\" name=\"_ednref40\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span lang=DE><span class=MsoEndnoteReference><span lang=DE style='font-size:12.0pt;font-family: \"Garamond\",\"serif\"'>[40]<\/span><\/span><\/span><\/span><\/a> o\u00f9 la d\u00e9fense courageuse du communisme par notre camarade Dimitrov eut une grande importance historique pour l&rsquo;\u00e9tablissement du front unique; deuxi\u00e8mement, le passage des ouvriers \u00e0 la riposte active contre le fascisme dans leur propre pays. Le prol\u00e9tariat ne recule d\u00e9j\u00e0 plus sans lutte devant le fascisme comme cela eut lieu en Allemagne, mais il r\u00e9pond \u00e0 l&rsquo;offensive fasciste par la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale en France en f\u00e9vrier 1934&nbsp;<a href=\"#_edn41\" name=\"_ednref41\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[41]<\/span><\/span><\/span><\/a> et par la lutte arm\u00e9e en Autriche en f\u00e9vrier 1934&nbsp;<a name=\"NOT_b\"><\/a><a href=\"#_edn42\" name=\"_ednref42\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span lang=DE><span class=MsoEndnoteReference><span lang=DE style='font-size:12.0pt; font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[42]<\/span><\/span><\/span><\/span><\/a> et en Espagne en octobre 1934&nbsp;<a href=\"#_edn43\" name=\"_ednref43\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[43]<\/span><\/span><\/span><\/a>.<\/p> <p class=Texte>La lutte arm\u00e9e en Autriche et en Espagne a montr\u00e9 la combativit\u00e9 puissante de la classe ouvri\u00e8re, l&rsquo;h\u00e9ro\u00efsme illimit\u00e9 et l&rsquo;esprit de sacrifice, la fermet\u00e9 r\u00e9volutionnaire et l&rsquo;endurance des ouvriers en lutte. Les hardis schutzbundl\u00e9riens<a name=\"NOT_k\"><\/a><a href=\"#_edn44\" name=\"_ednref44\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[44]<\/span><\/span><\/span><\/a>, les h\u00e9ros de Floridsdorf, les d\u00e9fenseurs des Karl Marx-Hof et Goethe-Hof \u00e0 Vienne, Koloman Wallisch, l&rsquo;ing\u00e9nieur Weissel, Munichreiter entrent tous et pour toujours dans l&rsquo;histoire de la lutte du prol\u00e9tariat pour sa lib\u00e9ration.<\/p> <p class=Texte>Les mineurs h\u00e9ro\u00efques des Asturies, les premiers combattants de la Garde rouge espagnole, les d\u00e9fenseurs d&rsquo;Oviedo, communistes, socialistes, anarchistes et sans-parti, se sont couverts d&rsquo;une gloire immortelle. Nous envoyons notre salut aux milliers de r\u00e9volutionnaires espagnols qui s&rsquo;\u00e9tiolent dans les ge\u00f4les de Lerroux<a name=\"NOT_e\"><\/a><a href=\"#_edn45\" name=\"_ednref45\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[45]<\/span><\/span><\/span><\/a> et de Gil Robles<a name=\"NOT_n\"><\/a><a href=\"#_edn46\" name=\"_ednref46\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[46]<\/span><\/span><\/span><\/a>, ainsi qu&rsquo;au chef des socialistes espagnols, Caballero, qui languit dans son cachot.<\/p> <p class=Texte>Les chefs social-d\u00e9mocrates qui ont fui les champs de bataille et ont oubli\u00e9 leurs devoirs \u00e9l\u00e9mentaires de chefs de la lutte se sont couverts par contre de honte et d&rsquo;infamie. Les chefs anarchistes espagnols qui, au cours de la lutte, l&rsquo;ont bris\u00e9e et ont agi de concert avec Lerroux et Gil Robles, se sont couverts pour toujours de honte et d&rsquo;infamie.<\/p> <p class=Texte>Camarades, rappelons-nous quel souffle r\u00e9volutionnaire passa sur les quartiers ouvriers des villes du monde entier \u00e0 la nouvelle des \u00e9v\u00e9nements en Autriche et en Espagne. Comme les combats h\u00e9ro\u00efques des prol\u00e9taires pour d\u00e9fendre Oviedo galvanis\u00e8rent les travailleurs de tous les pays! Quel enthousiasme se d\u00e9cha\u00eena chez tous les ouvriers en apprenant que l&rsquo;\u00e9tendard de la lutte pour le pouvoir sovi\u00e9tique \u00e9tait lev\u00e9 dans les Asturies!<\/p> <p class=Intertitre2a>La banqueroute de la politique de la social-d\u00e9mocratie<\/p> <p class=Texte>Mais pourquoi donc la lutte arm\u00e9e du prol\u00e9tariat en f\u00e9vrier 1934 en Autriche et en octobre 1934 en Espagne n&rsquo;a-t-elle pas men\u00e9 \u00e0 la victoire du prol\u00e9tariat, contrairement \u00e0 l&rsquo;insurrection arm\u00e9e d&rsquo;octobre 1917 en Russie?<\/p> <p class=Texte>En avril 1931, la monarchie fut renvers\u00e9e en Espagne comme elle le fut en Russie en f\u00e9vrier 1917. La r\u00e9volution bourgeoise d\u00e9mocratique commen\u00e7a en Espagne. \u00c0 l&rsquo;encontre les bolch\u00e9viks, qui ont-lutt\u00e9 dans les Soviets pour la continuation de la r\u00e9volution, les socialistes espagnols sont entr\u00e9s comme ministres dans le gouvernement d&rsquo;Azana<a name=\"NOT_f\"><\/a><a href=\"#_edn47\" name=\"_ednref47\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[47]<\/span><\/span><\/span><\/a>, suivant ainsi l&rsquo;exemple des mench\u00e9viks et des socialistes r\u00e9volutionnaires russes, qui \u00e9taient entr\u00e9s alors comme ministres dans le gouvernement de K\u00e9renski.<\/p> <p class=Texte>Que firent les ministres socialistes espagnols, que fit tout le Parti socialiste espagnol au cours des trois ann\u00e9es de la r\u00e9volution, ce m\u00eame Parti socialiste qui, en octobre 1934, appela les ouvriers \u00e0 la lutte arm\u00e9e?<\/p> <p class=Texte>Au lieu de lutter pour le d\u00e9sarmement de la garde civile fasciste r\u00e9actionnaire, les socialistes espagnols ont vot\u00e9 des cr\u00e9dits pour son d\u00e9veloppement ult\u00e9rieur et firent du g\u00e9n\u00e9ral Sanjurjo, monarchiste, qui s&rsquo;\u00e9tait dress\u00e9 les armes \u00e0 la main contre la R\u00e9publique, apr\u00e8s qu&rsquo;il fut mis en libert\u00e9, le chef de cette garde civile qui devait d\u00e9fendre la R\u00e9publique. Au lieu de lutter pour l&rsquo;\u00e9loignement des officiers r\u00e9actionnaires et pour la d\u00e9mocratisation de l&rsquo;arm\u00e9e, ils laiss\u00e8rent les coud\u00e9es franches aux r\u00e9actionnaires dans l&rsquo;arm\u00e9e. Au lieu de d\u00e9sarmer les ennemis du peuple, les fascistes, et de les mettre en prison, ils poursuivirent les communistes et promulgu\u00e8rent la loi pour la d\u00e9fense de la R\u00e9publique, sur la base de laquelle sont jug\u00e9s les participants des combats d&rsquo;octobre, socialistes et communistes.<\/p> <p class=Texte>Ils ne touch\u00e8rent pas aux terres, aux propri\u00e9t\u00e9s et aux droits de l&rsquo;\u00c9glise r\u00e9actionnaire pas plus qu&rsquo;\u00e0 ceux des couvents et ne donn\u00e8rent pas de terre aux paysans qu&rsquo;il fallait gagner \u00e0 la r\u00e9volution.<\/p> <p class=Texte>Ils n&rsquo;introduisirent pas de contr\u00f4le ouvrier sur la production, ils n&rsquo;am\u00e9lior\u00e8rent pas la situation des ouvriers et ne les arm\u00e8rent pas pour la d\u00e9fense de la r\u00e9volution. Au lieu d&rsquo;acculer la bourgeoisie r\u00e9actionnaire \u00e0 une impasse, ils lui permirent de s&rsquo;organiser et de s&rsquo;armer. Est-ce que c&rsquo;est ainsi que les bolch\u00e9viks ont agi en 1917, est-ce ainsi qu&rsquo;ils ont pr\u00e9par\u00e9 le succ\u00e8s du prol\u00e9tariat dans la r\u00e9volution? Les socialistes espagnols n&rsquo;ont-ils pas agi pr\u00e9cis\u00e9ment comme K\u00e9renski dont le gouvernement tut renverse par les bolch\u00e9viks?<\/p> <p class=Texte>Encore, en f\u00e9vrier 1917, sous la pression des bolch\u00e9viks, la gendarmerie tsariste fut-elle liquid\u00e9e, les comit\u00e9s de soldats institu\u00e9s, les droits civiques accord\u00e9s aux soldats, le tsar et les plus hauts fonctionnaires arr\u00eat\u00e9s. Les bolch\u00e9viks firent l&rsquo;insurrection sous les mots d&rsquo;ordre: Paix, pain, terre et libert\u00e9, ils lutt\u00e8rent pour ces mots d&rsquo;ordre \u00e0 toutes les \u00e9tapes de la r\u00e9volution et ils mobilis\u00e8rent les masses du peuple.<\/p> <p class=Texte>D\u00e9j\u00e0 le premier jour de l&rsquo;insurrection ils d\u00e9cr\u00e9t\u00e8rent la remise de toute la terre aux paysans.<\/p> <p class=Texte>Aussit\u00f4t apr\u00e8s la victoire, ils lutt\u00e8rent pour la conclusion d&rsquo;un trait\u00e9 de paix, ils donn\u00e8rent la libert\u00e9 aux peuples asservis, ils introduisirent le contr\u00f4le ouvrier dans les entreprises, proc\u00e9d\u00e8rent \u00e0 la confiscation de la propri\u00e9t\u00e9 des contre-r\u00e9volutionnaires et d\u00e9truisirent int\u00e9gralement la classe des propri\u00e9taires fonciers et l&rsquo;appareil bourgeois servant \u00e0 l&rsquo;oppression des travailleurs.<\/p> <p class=Texte>Longtemps encore avant la r\u00e9volution, l&rsquo;activit\u00e9 enti\u00e8re des bolcheviks \u00e9tait orient\u00e9e vers la mobilisation du prol\u00e9tariat et de ses alli\u00e9s pour renverser la domination bourgeoise, pour cr\u00e9er la dictature du prol\u00e9tariat&nbsp;&#8209; qui devait transformer en actes les revendications les plus br\u00fblantes du peuple. C&rsquo;est pourquoi aussi la majorit\u00e9 de tous les travailleurs appuya les bolch\u00e9viks et les aida \u00e0 triompher.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;activit\u00e9 enti\u00e8re des chefs socialistes espagnols dans le gouvernement de Azana et en dehors de celui-ci avait pour but de s&rsquo;entendre avec la bourgeoisie, de maintenir la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e, de prot\u00e9ger les int\u00e9r\u00eats des propri\u00e9taires fonciers, de l&rsquo;\u00c9glise et de la bourgeoisie contre l&rsquo;assaut r\u00e9volutionnaire des masses et de laisser intact l&rsquo;ancien appareil d&rsquo;\u00c9tat bourgeois. De ce fait, ils ont affaibli le prol\u00e9tariat et renforc\u00e9 les fascistes. En Autriche, il n&rsquo;y avait pas de situation r\u00e9volutionnaire avant les combats arm\u00e9s, comme c&rsquo;\u00e9tait le cas en Espagne, mais le prol\u00e9tariat autrichien avait cet avantage que la majorit\u00e9 \u00e9crasante des ouvriers \u00e9tait organis\u00e9e en un parti et dans les syndicats suivant ce parti et que le pourcentage du prol\u00e9tariat dans ce petit pays \u00e9tait extraordinairement \u00e9lev\u00e9.<\/p> <p class=Texte>Mais le Parti social-d\u00e9mocrate, que suivaient 90&nbsp;% des prol\u00e9taires autrichiens, n&rsquo;\u00e9tait pas un parti r\u00e9volutionnaire ayant pr\u00e9par\u00e9 syst\u00e9matiquement et d&rsquo;apr\u00e8s un plan la lutte pour la victoire du prol\u00e9tariat. Ce Parti avait encore aid\u00e9, pendant la r\u00e9volution de 1918 \u00e0 1920, la bourgeoisie \u00e0 prendre le dessus et s&rsquo;\u00e9tait content\u00e9 du fait qu&rsquo;il restait \u00e0 la classe ouvri\u00e8re des droits d\u00e9mocratiques de pure forme et quelques conqu\u00eates sociales.<\/p> <p class=Texte>Lorsque les fascistes engag\u00e8rent la lutte contre la d\u00e9mocratie bourgeoise, les chefs de la social-d\u00e9mocratie recul\u00e8rent pas \u00e0 pas, abandonnant, les unes apr\u00e8s les autres, les conqu\u00eates de la r\u00e9volution de 1918. Ils donn\u00e8rent leur assentiment \u00e0 l&rsquo;extension des droits du pr\u00e9sident, au changement de la Constitution au pr\u00e9judice des travailleurs, ils tol\u00e9r\u00e8rent l&rsquo;interdiction de leur presse et le d\u00e9sarmement partiel du Schutzbund. Pendant des ann\u00e9es, ils persuad\u00e8rent les masses de rester sur le terrain de la d\u00e9mocratie bourgeoise, ne pensant pas \u00e0 la r\u00e9volution prol\u00e9tarienne et n&rsquo;y pr\u00e9parant pas les masses.<\/p> <p class=Texte>Les forces de combat de la bourgeoisie se d\u00e9velopp\u00e8rent tandis que celles du prol\u00e9tariat s&rsquo;affaiblirent. La foi des masses travailleuses dans la possibilit\u00e9 d&rsquo;une am\u00e9lioration de leur situation sous la direction social-d\u00e9mocrate disparut.<\/p> <p class=Texte>C&rsquo;est une ridicule entreprise de la part de Otto Bauer de vouloir maintenant, apr\u00e8s que la social-d\u00e9mocratie autrichienne a d\u00e9sorganis\u00e9 les travailleurs par sa fa\u00e7on d&rsquo;agir et n&rsquo;a pas pr\u00e9par\u00e9 la lutte, essayer de prouver qu&rsquo;il a agi d&rsquo;apr\u00e8s l&rsquo;exemple des bolch\u00e9viks en adaptant seulement la tactique des bolch\u00e9viks &quot;asiatiques&quot; aux conditions &quot;europ\u00e9ennes&quot;<a href=\"#_edn48\" name=\"_ednref48\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[48]<\/span><\/span><\/span><\/a>.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;insurrection arm\u00e9e doit \u00eatre pr\u00e9par\u00e9e comme la cause de toute la classe ouvri\u00e8re. Pour cela, il faut gagner la majorit\u00e9 du prol\u00e9tariat, il y a plus, il est indispensable d&rsquo;avoir le soutien de la lutte par la majorit\u00e9 des travailleurs. Les socialistes espagnols et autrichiens, par contre, ont fait de l&rsquo;insurrection une affaire des seules formations de combat.<\/p> <p class=Texte>Pour qu&rsquo;une insurrection triomphe, il est n\u00e9cessaire de choisir le moment le plus favorable au prol\u00e9tariat. Les socialistes espagnols et autrichiens, par contre, ont depuis longtemps laiss\u00e9 \u00e9chapper l&rsquo;initiative de leurs mains, abandonnant aux fascistes le soin de fixer le moment du combat.<\/p> <p class=Texte>Pour le succ\u00e8s d&rsquo;une insurrection arm\u00e9e, il est n\u00e9cessaire que les masses connaissent clairement les objectifs de lutte pour suivis. Or, les chefs social-d\u00e9mocrates espagnols et autrichiens n&rsquo;ont pas formul\u00e9 ces objectifs de lutte. Ils n&rsquo;avaient pas saisi les armes pour renverser la bourgeoisie, mais uniquement pour faire pression sur la bourgeoisie et se d\u00e9fendre contre son offensive.<\/p> <p class=Texte>Le prol\u00e9tariat russe forma en 1917 des Soviets, en tant qu&rsquo;organismes capables de grouper tous les ouvriers, paysans, employ\u00e9s, soldats et marins.<\/p> <p class=Texte>Les bolch\u00e9viks ont lutt\u00e9 pour la direction des masses au sein des Soviets. Les bolch\u00e9viks ont transform\u00e9 les Soviets en organismes de la pr\u00e9paration et de la r\u00e9alisation de l&rsquo;insurrection prol\u00e9tarienne.<\/p> <p class=Texte>En Espagne, par contre, Largo Caballero<a name=\"NOT_g\"><\/a><a href=\"#_edn49\" name=\"_ednref49\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[49]<\/span><\/span><\/span><\/a> d\u00e9clara qu&rsquo;on n&rsquo;avait pas besoin de Soviets parce que la classe ouvri\u00e8re enti\u00e8re \u00e9tait organis\u00e9e dans les syndicats et dans les partis. Est-ce juste? Non, absolument pas. En Espagne comme dans tous les autres pays capitalistes, la majorit\u00e9 des ouvriers n&rsquo;est pas organis\u00e9e.<\/p> <p class=Texte>En se pronon\u00e7ant contre la formation des Soviets, Largo Caballero et les socialistes espagnols voulaient transformer l&rsquo;insurrection qui ne peut \u00eatre que la cause de la classe ouvri\u00e8re enti\u00e8re en la cause du Parti socialiste, ou en celle d&rsquo;un Bloc des partis pour att\u00e9nuer la force du mouvement et son caract\u00e8re de masse.<\/p> <p class=Texte>En Autriche, Bauer et Deutsch<a href=\"#_edn50\" name=\"_ednref50\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[50]<\/span><\/span><\/span><\/a> ne pensaient gu\u00e8re \u00e0 des organismes de masse de pr\u00e9paration et de direction de la lutte, mais ils suivaient la vraie m\u00e9thode blanquiste en abandonnant la cause de la lutte arm\u00e9e uniquement au Schutzbund qui luttait isolement. Il aurait suffi de leur part d&rsquo;appeler les masses \u00e0 la lutte pour cr\u00e9er en quelques jours des organismes qui eussent \u00e9t\u00e9 capables de mobiliser pour le combat les grandes masses de travailleurs et d&rsquo;organiser l&rsquo;appui des Schutzbundl\u00e9riens en lutte. Cela aurait chang\u00e9 tout le cours du d\u00e9veloppement ult\u00e9rieur des combats \u00e0 l&rsquo;avantage du prol\u00e9tariat.<\/p> <p class=Texte>Cependant, les socialistes autrichiens et espagnols trouv\u00e8rent \u00e9galement opportun de n\u00e9gliger au moment de la lutte arm\u00e9e l&rsquo;exp\u00e9rience de la r\u00e9volution russe. Des milliers de prol\u00e9taires durent payer de leur vie et de tortures inou\u00efes cet oubli voulu de l&rsquo;exp\u00e9rience russe.<\/p> <p class=Texte>Nous reconnaissons le fait important que tant en Espagne qu&rsquo;en Autriche, une partie des chefs social-d\u00e9mocrates, bien que ce ne f\u00fbt que sous la pression des niasses, se sont d\u00e9cid\u00e9s \u00e0 la lutte arm\u00e9e contre la bourgeoisie. Les communistes les ont appuy\u00e9s d&rsquo;une fa\u00e7on d\u00e9cisive.<\/p> <p class=Texte>En Espagne, les communistes adh\u00e9r\u00e8rent \u00e0 l&rsquo;Alliance ouvri\u00e8re, &quot;bien qu&rsquo;ils n&rsquo;eussent aucune influence s\u00e9rieuse dans celle-ci&quot;. En Espagne comme en Autriche, les communistes combattirent aux premiers rangs, car la place des. communistes est partout o\u00f9 l&rsquo;on m\u00e8ne la lutte. Mais, pr\u00e9cis\u00e9ment, l&rsquo;exp\u00e9rience de ces combats arm\u00e9s qui se sont d\u00e9roul\u00e9s sous la direction social-d\u00e9mocrate montre que sous cette direction le prol\u00e9tariat ne peut pas vaincre.<\/p> <p class=Texte>Les succ\u00e8s de la lutte arm\u00e9e dans les Asturies o\u00f9 fut organis\u00e9e la Garde rouge, o\u00f9 sous la direction des communistes la lutte arm\u00e9e s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9e en une v\u00e9ritable insurrection confirment ce que la r\u00e9volution russe a d\u00e9j\u00e0 d\u00e9montr\u00e9: que pour le succ\u00e8s de la lutte arm\u00e9e du prol\u00e9tariat une direction communiste bolchevik est n\u00e9cessaire. Mais, par suite de la faiblesse et de la jeunesse des Partis communistes tant en Espagne qu&rsquo;en Autriche, cette direction n&rsquo;a pas exist\u00e9.<\/p> <p class=Texte>Aussi les \u00e9l\u00e9ments r\u00e9volutionnaires du Schutzbund et des socialistes espagnols en ont-ils tir\u00e9 les conclusions justes, en passant dans les rangs du Parti communiste, montrant ainsi qu&rsquo;ils ne consid\u00e9raient pas la lutte comme termin\u00e9e.<\/p> <p class=Intertitre2a>Les succ\u00e8s du front unique et du front populaire antifasciste<\/p> <p class=Texte>La lutte en France qui prit des proportions particuli\u00e8rement consid\u00e9rables en f\u00e9vrier 1934, resta dans sa manifestation ext\u00e9rieure \u00e0 un degr\u00e9 de lutte plus bas qu&rsquo;en Espagne et en Autriche, mais du fait que les actions de lutte du prol\u00e9tariat fran\u00e7ais furent tourn\u00e9es au moment n\u00e9cessaire contre le fascisme, elles exer\u00e7aient une influence plus grande sur le d\u00e9veloppement de la lutte prol\u00e9tarienne dans tous les pays.<\/p> <p class=Texte>Quel est le trait distinctif de la lutte en France?<\/p> <p class=Texte>Lorsque les bandes fascistes, pour la premi\u00e8re fois, descendirent en masse dans les rues de Paris, le prol\u00e9tariat fran\u00e7ais ne se laissa pas endormir comme en Allemagne par la th\u00e9orie du moindre mal et par le bavardage sur la d\u00e9mocratie de pure forme, mais sans distinction de parti, il d\u00e9ferla d\u00e8s la premi\u00e8re offensive fasciste dans les rues pour faire face au fascisme par la manifestation politique puissante du 9 f\u00e9vrier et par la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale politique du 12 f\u00e9vrier 1934. Ce faisant, le prol\u00e9tariat fran\u00e7ais a repouss\u00e9 la premi\u00e8re grande offensive des fascistes en France. (Applaudissements.)<\/p> <p class=Texte>Le prol\u00e9tariat fran\u00e7ais qui, dans les journ\u00e9es de f\u00e9vrier, a \u00e9tabli le front unique de lutte, a d\u00e9montr\u00e9 ainsi quelle formidable force repr\u00e9sente le prol\u00e9tariat lorsqu&rsquo;il est uni et lorsqu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9vite pas la lutte, mais au contraire fait, \u00e0 temps, face \u00e0 l&rsquo;ennemi.<\/p> <p class=Texte>Par cette action, le prol\u00e9tariat contraignit le Parti socialiste fran\u00e7ais \u00e0 accepter d&rsquo;\u00e9tablir le front unique avec le Parti communiste, bien qu&rsquo;avec de grandes h\u00e9sitations. Cela fut la base des actions antifascistes communes de l&rsquo;ensemble du mouvement ouvrier organis\u00e9 qui exercent une influence \u00e9norme sur la majorit\u00e9 inorganis\u00e9e de la classe ouvri\u00e8re et des masses petites-bourgeoises dans les villes et les campagnes.<\/p> <p class=Texte>Notre Parti communiste fran\u00e7ais, puissamment accru et faisant preuve de grande initiative, ne s&rsquo;est pas content\u00e9 d&rsquo;\u00e9tablir le front unique avec les socialistes, mais il a \u00e9tabli un programme de revendications attaquant la bourgeoisie en pleine chair. Ce sont des revendications comme: l&rsquo;imposition sans m\u00e9nagement de la fortune, ou encore des revendications d\u00e9sorganisant le fascisme, comme, par exemple, la revendication d&rsquo;interdire les organisations fascistes et leur presse, l&rsquo;arrestation des chefs fascistes et la confiscation des ressources mat\u00e9rielles des organisations fascistes; ou des revendications tendant \u00e0 att\u00e9nuer le danger de guerre, comme, par exemple, la revendication du pacte de paix avec l&rsquo;Union sovi\u00e9tique et de la vraie lutte contre les instigateurs de la guerre. Ce sont autant de revendications oui all\u00e8gent la situation des masses travailleuses et fortifient leurs positions.<\/p> <p class=Texte>Le Parti communiste fran\u00e7ais, par sa fa\u00e7on d&rsquo;agir, a pos\u00e9 les fondements d&rsquo;un vaste front populaire en vue de la lutte contre le fascisme et la guerre, qui attire des couches de plus on plus grandes de paysans, de la petite bourgeoisie urbaine et des intellectuels, am\u00e8ne au mouvement les adh\u00e9rents du Parti radical-socialiste, et assure, de plus en plus, au prol\u00e9tariat r\u00e9volutionnaire, l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie et la direction de la lutte de tous les travailleurs.<\/p> <p class=Texte>La puissante manifestation antifasciste, le 14 juillet 1935, jour de la f\u00eate nationale fran\u00e7aise, o\u00f9 d\u00e9fil\u00e8rent ensemble les communistes, les socialistes et les radicaux-socialistes, et \u00e0 laquelle particip\u00e8rent plus de 500.000 travailleurs, fut non seulement la plus forte de toutes les manifestations tenues jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent dans les pays capitalistes, mais elle fut \u00e9galement l&rsquo;expression de l&rsquo;influence puissante exerc\u00e9e par le front unique sur la combativit\u00e9 des ouvriers, par l&rsquo;interm\u00e9diaire desquels les autres couches travailleuses sont entra\u00een\u00e9es dans le front populaire. (Applaudissements prolong\u00e9s.)<\/p> <p class=Texte>Cela s&rsquo;est \u00e9galement manifest\u00e9 dans les succ\u00e8s \u00e9lectoraux importants du P.C.F. aux derni\u00e8res \u00e9lections municipales de cette ann\u00e9e. Ces succ\u00e8s furent le r\u00e9sultat de la lutte du P.C. pour la formation du front unique de la classe ouvri\u00e8re et du front populaire antifasciste pour la d\u00e9fense des droits d\u00e9mocratiques, le r\u00e9sultat de l&rsquo;activit\u00e9 et de l&rsquo;initiative des communistes au sujet des crises gouvernementales et de la lutte en faveur du pacte d&rsquo;assistance mutuel entre la France et l&rsquo;Union sovi\u00e9tique en cas d&rsquo;agression arm\u00e9e.<\/p> <p class=Texte>Ce succ\u00e8s du P.C. de France renforce le prol\u00e9tariat fran\u00e7ais rendant ainsi plus difficile pour la bourgeoisie son passage \u00e0 des m\u00e9thodes fascistes de domination.<\/p> <p class=Texte>La situation en France s&rsquo;est extr\u00eamement aggrav\u00e9e. Le sort de la 3e R\u00e9publique et de la d\u00e9mocratie, le sort des masses travailleuses d\u00e9pend maintenant du d\u00e9veloppement ult\u00e9rieur du front unique et du front populaire, de l&rsquo;activit\u00e9 des masses.<\/p> <p class=Texte>La lutte du prol\u00e9tariat fran\u00e7ais a une grande importance internationale. Les succ\u00e8s du prol\u00e9tariat fran\u00e7ais qui, en f\u00e9vrier 1934, a refoul\u00e9 le premier assaut de masse des fascistes gr\u00e2ce au front unique des communistes et des socialistes qui, le 14 juillet 1935, a d\u00e9clench\u00e9 sa formidable marche de lutte contre le fascisme, ont montr\u00e9 aux travailleurs de tous les pays, que seule la lutte commune des travailleurs sur la base d&rsquo;une tactique r\u00e9volutionnaire peut repousser l&rsquo;offensive du Capital et du fascisme, et mettre fin aux man\u0153uvres des instigateurs de la guerre.<\/p> <p class=Texte>La lutte du prol\u00e9tariat fran\u00e7ais a montr\u00e9 \u00e0 tous les travailleurs comment doit agir le prol\u00e9tariat dans les pays capitalistes pour repousser les attaques du fascisme et pour marcher \u00e0 la conqu\u00eate de la dictature du prol\u00e9tariat, au socialisme.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;accord de front unique entre les socialistes et les communistes en France, auquel les socialistes n&rsquo;ont consenti que sous la pression des masses, contre la volont\u00e9 de l&rsquo;Ex\u00e9cutif de la 2e Internationale, a montr\u00e9 le chemin aux social-d\u00e9mocrates de gauche dans tous les pays.<\/p> <p class=Texte>Des accords de front unique se sont r\u00e9alis\u00e9s entre les communistes et les socialistes en Autriche, en Espagne, en Italie, et des actions de masse de la classe ouvri\u00e8re sur la base du front unique ont eu lieu en Angleterre, aux \u00c9tats-Unis, en Pologne, en Tch\u00e9coslovaquie et dans beaucoup d&rsquo;autres pays o\u00f9 les dirigeants des Partis socialistes, de m\u00eame que l&rsquo;Ex\u00e9cutif de la 2e Internationale, continuent \u00e0 d\u00e9cliner tout accord avec les communistes.<\/p> <p class=Texte>En Angleterre, le petit Parti communiste a r\u00e9alis\u00e9 le front unique avec le Parti socialiste ind\u00e9pendant, avec de nombreux syndicats et avec des organisations de base du Labour Party. Le 9 septembre 1934, le P.C. r\u00e9ussit \u00e0 entra\u00eener 150.000 ouvriers dans la rue<a href=\"#_edn51\" name=\"_ednref51\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[51]<\/span><\/span><\/span><\/a> et, en janvier-f\u00e9vrier 1935, \u00e0 forcer le gouvernement, par une vague de manifestations, de r\u00e9unions et de gr\u00e8ves, \u00e0 renoncer \u00e0 l&rsquo;application de la deuxi\u00e8me partie de la loi sur le ch\u00f4mage, loi qui a pr\u00e9vu l&rsquo;organisation des camps de travail<a href=\"#_edn52\" name=\"_ednref52\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[52]<\/span><\/span><\/span><\/a> et qui a confi\u00e9 \u00e0 une commission extra-parlementaire le r\u00e8glement des secours de ch\u00f4mage<a href=\"#_edn53\" name=\"_ednref53\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[53]<\/span><\/span><\/span><\/a>. L&rsquo;\u00e9tablissement du front unique avec les organisations syndicales locales et le travail tenace des communistes dans leur sein ont eu ceci pour r\u00e9sultat: les syndicats, dans nombre de cas, ont pris position contre le Conseil g\u00e9n\u00e9ral des syndicats et ont r\u00e9pudi\u00e9 la &quot;circulaire noire&quot; r\u00e9dig\u00e9e par celui-ci qui exige l&rsquo;expulsion des communistes des syndicats.<\/p> <p class=Texte>Aux \u00c9tats-Unis, les ouvriers r\u00e9volutionnaires ont r\u00e9ussi, gr\u00e2ce \u00e0 la tactique du front unique, \u00e0 consolider et \u00e0 \u00e9tendre leur influence dans nombre des organisations de la F.A.T., \u00e0 gagner dans une large mesure les syndicats en vue d&rsquo;appuyer le projet de loi sur l&rsquo;institution d&rsquo;assurances contre le ch\u00f4mage pr\u00e9sent\u00e9 par les communistes et \u00e0 faire ainsi de cette revendication la cause de tous les travailleurs. Ce faisant, les ouvriers r\u00e9volutionnaires parvinrent \u00e0 gagner une influence d\u00e9cisive dans la grande gr\u00e8ve de 1934, dans la gr\u00e8ve des marins sur la c\u00f4te du Pacifique et dans la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale \u00e0 San Francisco<a href=\"#_edn54\" name=\"_ednref54\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[54]<\/span><\/span><\/span><\/a>, et \u00e0 obtenir ainsi nombre d&rsquo;avantages, mat\u00e9riels pour les ouvriers ainsi qu&rsquo;\u00e0 renforcer les positions politiques g\u00e9n\u00e9rales et la conscience de classe du prol\u00e9tariat am\u00e9ricain. De la sorte, le caract\u00e8re du mouvement ouvrier am\u00e9ricain a subi un changement profond\u00e9ment marqu\u00e9 qui a pouss\u00e9 la classe ouvri\u00e8re \u00e0 s&rsquo;engager dans la voie d&rsquo;une politique ind\u00e9pendante.<\/p> <p class=Texte>En Pologne, bien que la direction du Parti social-d\u00e9mocrate (P.P.S.) eut rejet\u00e9 tout accord avec les communistes, le revirement dans l&rsquo;esprit des masses a fait que les communistes r\u00e9alis\u00e8rent avec diverses organisations socialistes le front unique et que le mouvement antifasciste des grandes masses travailleuses se renfor\u00e7a. Cela se manifesta de la fa\u00e7on la plus claire dans la vague puissante de gr\u00e8ves politiques et de mouvements paysans d\u00e9clench\u00e9s sur l&rsquo;initiative du Parti communiste contre la nouvelle Constitution fasciste. Cette vague gagna tous les centres industriels et certains districts paysans du pays, et fut appuy\u00e9e par les deux Partis. Ce mouvement gr\u00e9viste politique \u00e0 la direction exclusive duquel pr\u00e9tend le P.S.P., tout en s&rsquo;effor\u00e7ant en m\u00eame temps de le diviser en gr\u00e8ves s\u00e9par\u00e9es, conduira indubitablement \u00e0 la r\u00e9volutionnarisation ult\u00e9rieure des masses influenc\u00e9es par le Parti socialiste polonais et au d\u00e9veloppement ult\u00e9rieur du front unique sous forme d&rsquo;accords entre communistes et socialistes pour la lutte contre le fascisme, pour la d\u00e9fense de la l\u00e9galit\u00e9 des syndicats et des organisations ouvri\u00e8res.<\/p> <p class=Texte>Le mouvement de front unique des travailleurs se fraie la voie dans tous les pays capitalistes, quoi que fassent les chefs de la social-d\u00e9mocratie, quelle que soit, chez les chefs, la peur de l&rsquo;influence revolutionnarisante du front unique avec les communistes sur les masses qui les suivent. Il me faudrait trop de temps pour exposer dans ce rapport tous les succ\u00e8s de ce front unique des travailleurs.<\/p> <p class=Texte>Ce mouvement se manifeste sous les formes les plus vari\u00e9es, en commen\u00e7ant par des accords entre les Partis et le mouvement au-dessus des Partis d&rsquo;Amsterdam-Pleyel contre le fascisme et la guerre<a name=\"NOT_m\"><\/a><a href=\"#_edn55\" name=\"_ednref55\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[55]<\/span><\/span><\/span><\/a>, \u00e0 la t\u00eate duquel se trouvait notre ami Henri Barbusse, jusqu&rsquo;\u00e0 la fusion d&rsquo;organisations syndicales, d&rsquo;organisations des jeunes, sportives, culturelles et autres. Les chefs r\u00e9formistes, malgr\u00e9 toute la peine qu&rsquo;ils se donnent, ne sont plus en mesure de briser l&rsquo;influence puissante du mot d&rsquo;ordre de l&rsquo;unit\u00e9 de la lutte de tous les prol\u00e9taires contre le fascisme et la guerre. Ils r\u00e9ussissent encore moins \u00e0 arr\u00eater l&rsquo;influence grandissante qu&rsquo;exerce la victoire du socialisme dans l&rsquo;Union sovi\u00e9tique sur les masses travailleuses du monde entier.<\/p> <p class=Texte>Que les social-d\u00e9mocrates si\u00e8gent dans les gouvernements de Tch\u00e9coslovaquie, de Belgique, de Danemark, de Su\u00e8de et de Norv\u00e8ge, que le Labour Party s&#8217;empare du gouvernement en Angleterre &#8209;&nbsp;les communistes les prot\u00e8geront contre les fascistes&nbsp;&#8209; les masses ouvri\u00e8res de ces pays ont commenc\u00e9 \u00e0 comprendre que leur force ne r\u00e9side pas dans les postes de ministres, mais dans la lutte du front unique.<\/p> <p class=Texte>Mais les ministres social-d\u00e9mocrates de Tch\u00e9coslovaquie, du Danemark, de Su\u00e8de, de Norv\u00e8ge ne m\u00e8nent pas de lutte r\u00e9elle contre le fascisme.<\/p> <p class=Texte>Le peuple tch\u00e8que est saisi d&rsquo;inqui\u00e9tude sur le sort de son ind\u00e9pendance nationale. Cette inqui\u00e9tude est partag\u00e9e aussi par les communistes. Or, que font les ministres social-d\u00e9mocrates? Au lieu de faire perdre du terrain aux agents hitl\u00e9riens en Tch\u00e9coslovaquie par une politique conforme aux int\u00e9r\u00eats nationaux et \u00e9conomiques des masses travailleuses, ils cultivent le mouvement fasciste de Henlein et lui permettent d&rsquo;entra\u00eener dans son parti la majorit\u00e9 des Allemands de Tch\u00e9coslovaquie. Au lieu de mobiliser toutes les forces du peuple contre le fascisme ils pers\u00e9cutent les communistes. Au lieu de jeter les fascistes dans les prisons et les camps de concentration, ils y jettent les communistes et les antifascistes. Au lieu de lutter contre les instigateurs de la guerre, les gouvernements social-d\u00e9mocrates du Danemark et de Su\u00e8de soutiennent objectivement par leur politique les fascistes allemands. Cette politique anti-ouvri\u00e8re men\u00e9e par les Partis social-d\u00e9mocrates de Tch\u00e9coslovaquie et des pays Scandinaves fait clairement comprendre aux masses ouvri\u00e8res que les ministres social-d\u00e9mocrates ne sont pas une digue contre le fascisme, les pr\u00e9paratifs de la guerre et l&rsquo;offensive du Capital.<\/p> <p class=Texte>Cette compr\u00e9hension pousse la classe ouvri\u00e8re, comme cela est particuli\u00e8rement manifeste en Tch\u00e9coslovaquie, \u00e0 rechercher le front unique avec les communistes pour r\u00e9gler son compte de fa\u00e7on prol\u00e9tarienne au fascisme et aux instigateurs de la guerre, et pour \u00e9viter une situation identique \u00e0 celle que le prol\u00e9tariat allemand doit souffrir \u00e0 pr\u00e9sent et ne pas permettre \u00e0 l&rsquo;avenir une nouvelle boucherie mondiale.<\/p> <p class=Texte>La grande force et la valeur du front unique ont \u00e9t\u00e9 comprises, en premier lieu, par la classe ouvri\u00e8re dans les pays fascistes. En d\u00e9pit d&rsquo;un certain nombre de conceptions sectaires qui, r\u00e9cemment encore, se manifestaient dans la direction du Parti communiste d&rsquo;Allemagne et en d\u00e9pit de la r\u00e9sistance des chefs social-d\u00e9mocrates, les masses ouvri\u00e8res de l&rsquo;Allemagne se rendent de plus en plus compte que c&rsquo;est seulement par le front unique des communistes et des social-d\u00e9mocrates que peut \u00eatre men\u00e9e une lutte efficace contre le fascisme et qu&rsquo;on peut le renverser.<\/p> <p class=Texte>En Hongrie, les ouvriers comprennent qu&rsquo;ils ne peuvent d\u00e9fendre leurs syndicats et m\u00eame les organisations social-d\u00e9mocrates que par le front unique avec ces m\u00eames communistes qui, r\u00e9cemment encore, \u00e9taient d\u00e9nonc\u00e9s \u00e0 la police par les chefs social-d\u00e9mocrates.<\/p> <p class=Intertitre2a>La voie pour venir \u00e0 bout de la scission dans la classe ouvri\u00e8re<\/p> <p class=Texte>Le mouvement pour le front unique des communistes et des socialistes a de profondes racines. Il part de l&rsquo;impression profonde que la victoire du socialisme dans l&rsquo;Union sovi\u00e9tique produit sur les grandes masses ouvri\u00e8res, sous l&rsquo;influence de laquelle m\u00fbr\u00eet dans la conscience des masses l&rsquo;id\u00e9e de l&rsquo;assaut contre le capitalisme. Il part des exp\u00e9riences du mouvement ouvrier international tout entier dans les pays capitalistes, de l&rsquo;exp\u00e9rience de la d\u00e9faite allemande, de l&rsquo;exp\u00e9rience des combats arm\u00e9s en Autriche et en Espagne, de l&rsquo;exp\u00e9rience de la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale du front unique en France. La classe ouvri\u00e8re en tire la conclusion que la lutte contre le capitalisme ne doit \u00eatre men\u00e9e qu&rsquo;en front unique et dans la liaison la plus \u00e9troite avec I Union sovi\u00e9tique.<\/p> <p class=Texte>C&rsquo;est cette conclusion des masses tir\u00e9e de leur propre exp\u00e9rience de lutte qui a op\u00e9r\u00e9 dans le mouvement ouvrier international le plus grand revirement depuis la r\u00e9volution d&rsquo;Octobre.<\/p> <p class=Texte>Camarades, le mouvement pour le front unique signifie beaucoup plus que l&rsquo;addition arithm\u00e9tique des forces des deux partis ouvriers. La majorit\u00e9 de la classe ouvri\u00e8re dans les pays capitalistes est inorganis\u00e9e et dans beaucoup de pays elle suit encore les partis bourgeois. Le front unique du mouvement ouvrier signifie une telle augmentation de ses forces qu&rsquo;il devient une force d&rsquo;attraction, puissante pour les masses prol\u00e9tariennes jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent sans conscience de classe, qu&rsquo;il les d\u00e9tache des partis bourgeois et les entra\u00eene dans la lutte de classe.<\/p> <p class=Texte>En Pologne, o\u00f9 le P.S.P. est encore l\u00e9gal, tandis que les communistes sont en butte aux pers\u00e9cutions les plus f\u00e9roces, o\u00f9 les ouvriers socialistes et sans-parti prenant part \u00e0 des actions communes avec les communistes sont soumis aux m\u00eames pers\u00e9cutions que ceux-ci, le front unique t\u00e9moigne de l&rsquo;accroissement puissant de la r\u00e9volutionnarisation des masses ouvri\u00e8res et de leur volont\u00e9 de faire des sacrifices pour la lutte r\u00e9volutionnaire. Si les 3 millions de membres du Labour Partv anglais s&rsquo;orientent vers l&rsquo;unit\u00e9 de front avec le Parti communiste, nous n&rsquo;avons nullement affaire ici \u00e0 une addition arithm\u00e9tique des forces des deux partis, mais c&rsquo;est qu&rsquo;il se produit ici un tournant des masses du r\u00e9formisme vers la politique r\u00e9volutionnaire.<\/p> <p class=Texte>Le front unique est le premier pas en avant pour mettre fin \u00e0 la division du mouvement ouvrier, pour cr\u00e9er un fort parti r\u00e9volutionnaire unique du prol\u00e9tariat.<\/p> <p class=Texte>En Autriche, les communistes ont soulev\u00e9 la question de la fusion avec le Parti des socialistes r\u00e9volutionnaires. Cette fusion n&rsquo;a pas encore eu lieu jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent, parce que les socialistes ne l&rsquo;ont pas voulue.<\/p> <p class=Texte>En France. les communistes ont commenc\u00e9 avec le Parti socialiste des pourparlers pour un parti r\u00e9volutionnaire unique.<\/p> <p class=Texte>Dans les Pays baltes se font entendre les voix de maints socialistes qui consid\u00e8rent n\u00e9cessaire le rapprochement politique avec le mouvement ouvrier sovi\u00e9tique et nous ne pouvons que les saluer.<\/p> <p class=Texte>Ce mouvement pour un parti r\u00e9volutionnaire unique se d\u00e9veloppera indubitablement, car la victoire du socialisme dans l&rsquo;Union sovi\u00e9tique a d\u00e9truit les fondements du r\u00e9formisme et tous les travailleurs du monde entier se rallieront autour de la politique de l&rsquo;Union sovi\u00e9tique.<\/p> <p class=Texte>Cela est confirm\u00e9 non seulement par le d\u00e9veloppement dans les pays imp\u00e9rialistes, mais aussi par le d\u00e9veloppement dans les pays coloniaux et d\u00e9pendants.<\/p> <p class=Intertitre2a>Le raid victorieux des Soviets chinois<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;\u00e9v\u00e9nement dominant de toute la p\u00e9riode d&rsquo;apr\u00e8s-guerre imprimant son cachet \u00e0 tout le monde colonial, est la r\u00e9volution chinoise qui, apr\u00e8s le 6e congr\u00e8s mondial de l&rsquo;I.C., a pris la forme des Soviets. La formation et le d\u00e9veloppement victorieux du mouvement sovi\u00e9tique en Chine ont une importance historique mondiale de la plus grande port\u00e9e. La lutte h\u00e9ro\u00efque de l&rsquo;Arm\u00e9e rouge chinoise qui s&rsquo;est couverte de gloire immortelle est un illustre exemple pour les travailleurs de l&rsquo;ensemble du monde colonial. Six fois d\u00e9j\u00e0, les militaristes du Kuomintang<a href=\"#_edn56\" name=\"_ednref56\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[56]<\/span><\/span><\/span><\/a> ont arm\u00e9 des exp\u00e9ditions avec tout l&rsquo;appui des imp\u00e9rialistes internationaux pour \u00e9craser le mouvement sovi\u00e9tique.<\/p> <p class=Texte>Malgr\u00e9 les moyens et les forces \u00e9normes qui furent mis en oeuvre dans ce but par les ennemis du peuple chinois, l&rsquo;Arm\u00e9e rouge des ouvriers et des paysans chinois a pu parer tous les coups des imp\u00e9rialistes et des classes contre-r\u00e9volutionnaires exploitrices chinoises. (Applaudissements.) Les six campagnes des g\u00e9n\u00e9raux contre les r\u00e9gions sovi\u00e9tiques se termin\u00e8rent toutes par la d\u00e9faite des militaristes du Kuomintang. (Applaudis sements.)<\/p> <p class=Texte>Bien que l&rsquo;Arm\u00e9e rouge chinoise, pour \u00e9viter son encerclement par les troupes du Kuomintang, fut contrainte, apr\u00e8s la sixi\u00e8me campagne, d&rsquo;abandonner le territoire de l&rsquo;ancienne r\u00e9gion sovi\u00e9tique centrale de la province de Kiangsi, elle a r\u00e9ussi \u00e0 d\u00e9jouer le plan des imp\u00e9rialistes et des militaristes chinois, dont l&rsquo;objectif \u00e9tait d&rsquo;encercler et de d\u00e9cimer l&rsquo;Arm\u00e9e rouge chinoise. Au cours de combats acharn\u00e9s, l&rsquo;Arm\u00e9e rouge a augment\u00e9 consid\u00e9rablement ses effectifs. La marche brillamment ex\u00e9cut\u00e9e par les forces principales de l&rsquo;Arm\u00e9e rouge chinoise se dirigeant sur la province de Setchouan montre les perspectives du d\u00e9veloppement ult\u00e9rieur de la r\u00e9volution sovi\u00e9tique en Chine. Les enseignements de la lutte militaire de l&rsquo;Arm\u00e9e rouge chinoise fournissent la preuve frappante qu&rsquo;un peuple pi\u00e9tin\u00e9 par l&rsquo;imp\u00e9rialisme est capable de lutter avec succ\u00e8s contre un ennemi sup\u00e9rieur et contre l&rsquo;imp\u00e9rialisme international arm\u00e9 jusqu&rsquo;aux dents, lorsqu&rsquo;au cours de la guerre r\u00e9volutionnaire les besoins fondamentaux des travailleurs sont satisfaits.<\/p> <p class=Texte>Les succ\u00e8s des Soviets chinois sont une confirmation brillante de la justesse de la ligne de l&rsquo;Internationale communiste s&rsquo;appuyant sur la th\u00e9orie de L\u00e9nine et Staline de la r\u00e9volution coloniale. Les succ\u00e8s des Soviets chinois sont l&rsquo;expression de l&rsquo;influence puissante de la R\u00e9volution socialiste d&rsquo;Octobre qui a inaugur\u00e9 une \u00e9poque nouvelle dans l&rsquo;histoire de la soci\u00e9t\u00e9 humaine.<\/p> <p class=Texte>Pour la premi\u00e8re fois dans l&rsquo;histoire du monde, une lutte pour la lib\u00e9ration nationale r\u00e9volutionnaire en Chine aboutit \u00e0 une dictature d\u00e9mocratique r\u00e9volutionnaire souveraine du prol\u00e9tariat et de la paysannerie. Pour la premi\u00e8re fois dans l&rsquo;histoire mondiale, la r\u00e9volution agraire anti-imp\u00e9rialiste d&rsquo;un pays semi-colonial se d\u00e9roule sous la forme de la lutte pour les Soviets. Ainsi, la possibilit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9tablissement du pouvoir sovi\u00e9tique dans un pays colonial est d\u00e9montr\u00e9e en pratique, d&rsquo;un pouvoir sovi\u00e9tique, s&rsquo;affirmant ici comme la forme \u00e9tatique de la dictature r\u00e9volutionnaire d\u00e9mocratique du prol\u00e9tariat et de la paysannerie, et assurant la transformation de la r\u00e9volution bourgeoise d\u00e9mocratique en r\u00e9volution socialiste.<\/p> <p class=Texte>La r\u00e9volution chinoise fournit l&rsquo;exemple de la premi\u00e8re r\u00e9volution coloniale o\u00f9 se r\u00e9alise l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie id\u00e9ologique du prol\u00e9tariat, ainsi que son h\u00e9g\u00e9monie \u00e9tatique sous sa forme initiale. En la personne de la classe ouvri\u00e8re chinoise, le prol\u00e9tariat colonial a montr\u00e9 en pratique sa capacit\u00e9 de r\u00e9soudre de grands probl\u00e8mes historiques, de d\u00e9fendre la compl\u00e8te ind\u00e9pendance \u00e9conomique et politique du pays, de mettre int\u00e9gralement fin aux survivances f\u00e9odales, de liquider la grande propri\u00e9t\u00e9 fonci\u00e8re, d&rsquo;\u00e9liminer le chancre de l&rsquo;usure et de proc\u00e9der \u00e0 des transformations r\u00e9volutionnaires qui frayent le chemin \u00e0 la victoire du socialisme.<\/p> <p class=Texte>La politique des Soviets chinois, les mesures pratiques prises par eux assurant une am\u00e9lioration absolument tangible de la situation des ouvriers et des paysans, contribuent \u00e0 \u00e9veiller les grandes masses des travailleurs \u00e0 une vie politique active et \u00e0 intensifier rapidement leur esprit d&rsquo;organisation et leur conscience politique. Parmi la population travailleuse des territoires de la Chine du Kuomintang, qui vit dans des conditions telles qu&rsquo;elle est priv\u00e9e de tous droits, vou\u00e9e \u00e0 la ruine, \u00e0 la famine, \u00e0 la disparition, que le r\u00e9gime du Kuomintang condamne \u00e0 un nouvel esclavage colonial, se renforce la conviction que seuls les Soviets peuvent les sauver. Chaque jour, des masses plus grandes de travailleurs chinois en arrivent \u00e0 comprendre que seuls les Soviets sont la force capable de d\u00e9fendre l&rsquo;unit\u00e9 et l&rsquo;ind\u00e9pendance de la Chine, d&rsquo;unifier le pays, de repousser les attaques des conqu\u00e9rants imp\u00e9rialistes et d&rsquo;assurer une am\u00e9lioration radicale de la situation des masses travailleuses.<\/p> <p class=Texte>Les succ\u00e8s du d\u00e9veloppement du mouvement sovi\u00e9tique en Chine remplissent d&rsquo;enthousiasme les travailleurs de tout le monde colonial pour lesquels les Soviets chinois sont devenus l&rsquo;exemple et le drapeau de la lutte r\u00e9volutionnaire pour la libert\u00e9.<\/p> <p class=Texte>Camarades, j&rsquo;en ai fini avec l&rsquo;analyse des trois \u00e9tapes de la lutte. R\u00e9sumons les r\u00e9sultats du d\u00e9veloppement du mouvement ouvrier international depuis le 6e congr\u00e8s mondial.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;insupportable joug \u00e9conomique, l&rsquo;absence de toute perspective d&rsquo;am\u00e9lioration \u00e0 la situation des masses dans le cadre du capitalisme, le danger de guerre imm\u00e9diat, l&rsquo;offensive brutale, aveugle de la bourgeoisie contre les derniers restes des libert\u00e9s d\u00e9mocratiques et du parlementarisme, et les tentatives d&rsquo;instaurer dans un nombre de plus en plus grand de pays le r\u00e9gime fasciste de sang et de terreur, font monter chaque mois \u00e0 une hauteur plus grande la vague de la lutte de classe du prol\u00e9tariat dans le monde capitaliste.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;Union sovi\u00e9tique devient de plus en plus un point d&rsquo;attraction pour les masses travailleuses, ce qui signifie que dans la conscience des masses m\u00fbrit l&rsquo;id\u00e9e de la n\u00e9cessit\u00e9 de cr\u00e9er leur propre pouvoir sovi\u00e9tique.<\/p> <p class=Texte>Aucun changement temporaire de la conjoncture \u00e9conomique, aucune manoeuvre de gouvernements &quot;de gauche&quot; et social-d\u00e9mocrates ne peuvent changer cette tendance principale dans le mouvement ouvrier international.<\/p> <p class=Texte>Cet essor du mouvement ouvrier et la volont\u00e9 accrue des masses de lutter pour le socialisme, montrent que la crise r\u00e9volutionnaire m\u00fbrit dans le monde entier.<\/p> <p class=Texte>J&rsquo;en viens maintenant \u00e0 la partie de mon rapport qui traite de l&rsquo;\u00e9tat de nos sections.<\/p> <p class=Intertitre2a>IV.&nbsp;&#8209; L&rsquo;Internationale communiste et ses sections<\/p> <p class=Texte>Le d\u00e9veloppement des \u00e9v\u00e9nements historiques d\u00e9pend aujourd&rsquo;hui, plus que jamais, du degr\u00e9 de conscience et d&rsquo;organisation de la classe ouvri\u00e8re, d&rsquo;une tactique habile et intelligente des communistes, de la puissance et des effectifs de l&rsquo;Internationale communiste.<\/p> <p class=Texte>Le camarade Staline a dit dans son rapport au 17e congr\u00e8s du P.C. de l&rsquo;U.R.S.S. en janvier-f\u00e9vrier 1934&nbsp;<a href=\"#_edn57\" name=\"_ednref57\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[57]<\/span><\/span><\/span><\/a>:<\/p> <p class=MsoQuote>Certains camarades pensent qu&rsquo;aussit\u00f4t que commence une crise r\u00e9volutionnaire, force est \u00e0 la bourgeoisie d&rsquo;entrer dans une situation sans issue, que sa fin est donc d\u00e9j\u00e0 d\u00e9termin\u00e9e \u00e0 l&rsquo;avance, que la victoire de la r\u00e9volution s&rsquo;en trouve d\u00e9j\u00e0 assur\u00e9e et qu&rsquo;ils n&rsquo;ont qu&rsquo;\u00e0 attendre simplement le renversement de la bourgeoisie et \u00e0 \u00e9crire des r\u00e9solutions de victoire. C&rsquo;est une grave erreur; la victoire de la r\u00e9volution ne vient jamais d&rsquo;elle-m\u00eame, il faut la pr\u00e9parer et l&#8217;emporter de haute lutte. Or, seul un fort parti prol\u00e9tarien r\u00e9volutionnaire peut la pr\u00e9parer et la gagner. Il y a des moments o\u00f9 la situation est r\u00e9volutionnaire, o\u00f9 le pouvoir de la bourgeoisie est \u00e9branl\u00e9 jusqu&rsquo;aux fondements, mais o\u00f9 la victoire de la r\u00e9volution, n\u00e9anmoins, n&rsquo;arrive pas, parce qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de parti r\u00e9volutionnaire du prol\u00e9tariat poss\u00e9dant assez de force et d&rsquo;autorit\u00e9 pour conduire les masses et pour prendre le pouvoir entre ses mains. Il serait absurde de croire que de pareils &quot;cas&quot; ne peuvent pas se produire.<\/p> <p class=Texte>Camarades, nous devons avouer que de pareils &quot;cas&quot; se r\u00e9p\u00e8tent, que de pareils &quot;cas&quot; peuvent encore se r\u00e9p\u00e9ter, si nous ne tenons pas compte de l&rsquo;avertissement du camarade Staline, et si nous ne faisons pas tout ce qui est possible et n\u00e9cessaire pour renforcer les Partis communistes, et veiller \u00e0 ce qu&rsquo;ils acqui\u00e8rent la possibilit\u00e9 de conqu\u00e9rir la majorit\u00e9 du prol\u00e9tariat.<\/p> <p class=Texte>Souvenons-nous: est-ce que la situation en Allemagne n&rsquo;\u00e9tait pas r\u00e9volutionnaire de 1918 \u00e0 1920 et en 1923? Et cependant le prol\u00e9tariat n&rsquo;a pas vaincu parce qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas \u00e0 ce moment, en Allemagne, de fort parti r\u00e9volutionnaire du prol\u00e9tariat capable d&rsquo;organiser sa victoire sur la bourgeoisie. M\u00eame en 1932, le P.C.A. ne se montra pas encore suffisamment fort pour mener les ouvriers social-d\u00e9mocrates, contrairement a la volont\u00e9 de leurs chefs, \u00e0 la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale contre le fascisme.<\/p> <p class=Texte>Est-ce qu&rsquo;en 1920 la situation en Italie n&rsquo;\u00e9tait pas r\u00e9volutionnaire? Et cependant le prol\u00e9tariat n&rsquo;a pas vaincu; alors ce sont les fascistes, au contraire, qui sont venus au pouvoir, parce qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas encore de fort parti r\u00e9volutionnaire du prol\u00e9tariat.<\/p> <p class=Texte>Ensuite, est-ce que l&rsquo;issue des \u00e9v\u00e9nements en Autriche, en f\u00e9vrier 1934, n&rsquo;aurait pas pu \u00eatre autre s&rsquo;il y avait eu alors en Autriche un fort Parti communiste, si le Parti socialiste-d\u00e9mocrate n&rsquo;avait pas domin\u00e9 en Autriche, parti qu&rsquo;Otto Bauer lui-m\u00eame qualifie de parti non r\u00e9volutionnaire?<\/p> <p class=Texte>Est-ce qu&rsquo;en Espagne aussi, o\u00f9 la r\u00e9volution bourgeoise d\u00e9mocratique pi\u00e9tine d\u00e9j\u00e0 depuis quatre ann\u00e9es sur place, la situation ne pourrait pas \u00eatre autre pour le d\u00e9veloppement ult\u00e9rieur du mouvement r\u00e9volutionnaire?<\/p> <p class=Texte>Est-ce que les succ\u00e8s du mouvement des ch\u00f4meurs et des actions politiques de la classe ouvri\u00e8re ces derni\u00e8res ann\u00e9es dans nombre de pays capitalistes n&rsquo;auraient pu \u00eatre plus grands si les Partis communistes eussent \u00e9t\u00e9 plus forts, s&rsquo;ils avaient su cr\u00e9er un syst\u00e8me puissant d&rsquo;organisations prol\u00e9tariennes de masse, s&rsquo;ils avaient su entra\u00eener le prol\u00e9tariat et les grandes masses travailleuses, et les conduire \u00e0 l&rsquo;attaque contre le capitalisme?<\/p> <p class=Texte>Si le prol\u00e9tariat russe a vaincu en octobre 1917, cela fut avant tout parce qu&rsquo;il y avait en Russie le parti fort et exp\u00e9riment\u00e9 des bolch\u00e9viks qui, sous la ferme direction de L\u00e9nine, avait su \u00e9tablir un contact \u00e9troit avec la masse enti\u00e8re des exploit\u00e9s et des opprim\u00e9s, et conqu\u00e9rir la majorit\u00e9 du prol\u00e9tariat pour mener le prol\u00e9tariat entier \u00e0 la r\u00e9volution victorieuse triomphale.<\/p> <p class=Texte>Sans un pareil parti, le prol\u00e9tariat de Russie n&rsquo;aurait pu, malgr\u00e9 la situation r\u00e9volutionnaire, conqu\u00e9rir le pouvoir.<\/p> <p class=Texte>La le\u00e7on principale qui nous est donn\u00e9e par l&rsquo;histoire du mouvement r\u00e9volutionnaire est donc que nous, communistes, devons travailler inlassablement \u00e0 l&rsquo;organisation des masses, au renforcement des Partis communistes et \u00e0 leur liaison avec les masses, au renforcement de l&rsquo;Internationale communiste.<\/p> <p class=Texte>Si nous ne nous pr\u00e9parons pas \u00e0 accomplir cette t\u00e2che, alors il pourra arriver, si profonde que puisse \u00eatre la crise r\u00e9volutionnaire, que la bourgeoisie r\u00e9ussisse \u00e0 duper les masses, \u00e0 \u00e9craser encore une fois pour un certain laps de temps le mouvement de lib\u00e9ration du prol\u00e9tariat, \u00e0 \u00e9tablir la dictature fasciste dans nombre d&rsquo;autres pays encore et \u00e0 chercher dans une nouvelle guerre imp\u00e9rialiste, pour un nouveau partage du monde, une issue \u00e0 sa situation difficile.<\/p> <p class=Texte>La p\u00e9riode entre les 6e et 7e o congr\u00e8s mondiaux de l&rsquo;Internationale communiste a \u00e9t\u00e9, comme je l&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 dit auparavant, une p\u00e9riode de revirement dans les masses ouvri\u00e8res en faveur de la lutte r\u00e9volutionnaire, une p\u00e9riode d&rsquo;accroissement rapide de l&rsquo;influence des Partis communistes sur les masses et, en m\u00eame temps, une p\u00e9riode de consolidation organique et politique des Partis communistes.<\/p> <p class=Texte>Cette consolidation politique et organique des Partis communistes s&rsquo;est r\u00e9alis\u00e9e dans la lutte contre les \u00e9l\u00e9ments de droite qui poussaient le Parti \u00e0 capituler devant la social-d\u00e9mocratie. Aussit\u00f4t apr\u00e8s le 6e congr\u00e8s mondial, ce fut le soul\u00e8vement des droitiers contre la ligne du congr\u00e8s; Brandler en Allemagne, un peu plus tard Lovestone<a href=\"#_edn58\" name=\"_ednref58\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[58]<\/span><\/span><\/span><\/a> aux \u00c9tats-Unis, Jilek<a href=\"#_edn59\" name=\"_ednref59\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[59]<\/span><\/span><\/span><\/a> en Tch\u00e9coslovaquie, Kilbom<a href=\"#_edn60\" name=\"_ednref60\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[60]<\/span><\/span><\/span><\/a> en Su\u00e8de, Sellier<a href=\"#_edn61\" name=\"_ednref61\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[61]<\/span><\/span><\/span><\/a> et plus tard Doriot<a href=\"#_edn62\" name=\"_ednref62\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[62]<\/span><\/span><\/span><\/a> en France.<\/p> <p class=Texte>Cependant, ni en Allemagne, ni aux \u00c9tats-Unis, ni en Tch\u00e9coslovaquie, ni en France, les opportunistes de droite n&rsquo;ont r\u00e9ussi \u00e0 entra\u00eener \u00e0 leur suite une partie tant soit peu importante des membres du Parti. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;en Su\u00e8de que le groupe de Kilbom r\u00e9ussit \u00e0 scinder le Parti communiste de Su\u00e8de par suite d&rsquo;un travail d&rsquo;explication d\u00e9fectueux et des fautes des partisans de la ligne de l&rsquo;I.C., et \u00e0 d\u00e9tacher de l&rsquo;I.C. une partie des ouvriers r\u00e9volutionnaires.<\/p> <p class=Texte>Dans la lutte contre les droitiers, de m\u00eame que dans la lutte simultan\u00e9e contre les conceptions sectaires &quot;de gauche&quot; menant le Parti \u00e0 l&rsquo;isolement des larges masses, les Partis communistes se sont suffisamment tremp\u00e9s pour se d\u00e9fendre de l&rsquo;influence opportuniste; ils ont contr\u00f4l\u00e9 leurs rangs, en ont rejet\u00e9 les \u00e9l\u00e9ments pourris, inaptes \u00e0 la lutte, acqu\u00e9rant en m\u00eame temps la capacit\u00e9 de mieux man\u0153uvrer dans la lutte contre la bourgeoisie et le r\u00e9formisme, et de mieux adapter leur tactique aux conditions concr\u00e8tes de la lutte de classe du prol\u00e9tariat dans chaque pays.<\/p> <p class=Intertitre2a>Les h\u00e9ro\u00efques d\u00e9tachements de lutte du communisme<\/p> <p class=Texte>Par suite de la consolidation au sein du Parti, gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;exp\u00e9rience recueillie dans la nouvelle \u00e9tape de lutte et d&rsquo;\u00e9ducation s\u00e9rieuse des cadres, les Partis communistes sont parvenus a un nouveau degr\u00e9, \u00e0 un degr\u00e9 sup\u00e9rieur. On en trouve le t\u00e9moignage dans les combats h\u00e9ro\u00efques de l&rsquo;Arm\u00e9e rouge chinoise a la t\u00eate de laquelle sont des paysans, des ouvriers agricoles, des \u00e9tudiants qui, au cours de ces sept ann\u00e9es, ont \u00e9t\u00e9 \u00e9duqu\u00e9s par le Parti et se sont d\u00e9velopp\u00e9s en organisateurs et guides marquants des masses et en hommes d&rsquo;\u00c9tat prol\u00e9tariens.<\/p> <p class=Texte>On en trouve le t\u00e9moignage dans le travail du Parti communiste d&rsquo;Allemagne, dans le travail de ses cadres de base qui, malgr\u00e9 la d\u00e9sorganisation fr\u00e9quente de la direction centrale par la Gestapo [police Secr\u00e8te d&rsquo;\u00c9tat] et une atroce terreur moyen\u00e2geuse, savent s&rsquo;orienter d&rsquo;une fa\u00e7on ind\u00e9pendante dans les questions politiques compliqu\u00e9es, publient des milliers de journaux ill\u00e9gaux et organisent la lutte des ouvriers contre les nationaux-socialistes. On en trouve le t\u00e9moignage dans la tac tique habile du P.C. de France qui a am\u00e8ne 1 \u00e9tablissement du front unique et l&rsquo;union des grandes masses du peuple pour la lutte contre l&rsquo;offensive des fascistes. On en trouve le t\u00e9moignage dans les combats d&rsquo;octobre en Espagne, o\u00f9 cinq ans auparavant il n&rsquo;y avait qu&rsquo;un insignifiant groupe de propagande communiste, dirig\u00e9 par des \u00e9l\u00e9ments semi-trotskistes qui, plus tard, bris\u00e8rent m\u00eame avec l&rsquo;I.C., mais o\u00f9, au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es, fut fond\u00e9 un fort Parti communiste qui a dirig\u00e9 les combats arm\u00e9s dans une importante partie des Asturies.<\/p> <p class=Texte>Les sept ann\u00e9es \u00e9coul\u00e9es ont pu montrer au monde que par tout o\u00f9 les masses travailleuses commencent la lutte contre le joug imp\u00e9rialiste, contre le ran\u00e7onnement des travailleurs par la haute finance, les banques et les trusts, pour la d\u00e9fense de la libert\u00e9 des peuples et pour la culture humaine, les communistes ont lutt\u00e9 dans les tout premiers rangs.<\/p> <p class=Texte>Au cours des sept ann\u00e9es \u00e9coul\u00e9es, le monde a pu se persuader de la fermet\u00e9 et de l&rsquo;abn\u00e9gation, du d\u00e9vouement illimit\u00e9 des cadres de l&rsquo;Internationale communiste \u00e0 la cause de la lutte pour la lib\u00e9ration de tous les exploit\u00e9s et opprim\u00e9s.<\/p> <p class=Texte>Souvenez-vous de l&rsquo;attitude du camarade Dimitrov au proc\u00e8s de Leipzig, rappelez-vous les proc\u00e8s contre Rakosi<a href=\"#_edn63\" name=\"_ednref63\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[63]<\/span><\/span><\/span><\/a> en Hongrie, Antikainen<a href=\"#_edn64\" name=\"_ednref64\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[64]<\/span><\/span><\/span><\/a> en Finlande, Fiete Schulze<a href=\"#_edn65\" name=\"_ednref65\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[65]<\/span><\/span><\/span><\/a> en Allemagne, souvenez-vous de la mort h\u00e9ro\u00efque des camarades Tsou Tso Bo (Strakhov)<a href=\"#_edn66\" name=\"_ednref66\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[66]<\/span><\/span><\/span><\/a>, de L\u00fctgens<a href=\"#_edn67\" name=\"_ednref67\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span lang=DE><span class=MsoEndnoteReference><span lang=DE style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[67]<\/span><\/span><\/span><\/span><\/a>, Kofardjiev<a href=\"#_edn68\" name=\"_ednref68\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[68]<\/span><\/span><\/span><\/a>, souvenez-vous enfin des nombreux h\u00e9ros et victimes de la grande lutte de lib\u00e9ration dans tous les pays du monde.<\/p> <p class=Texte>Il faut attribuer une importance exceptionnelle au fait que, dans la p\u00e9riode qui fait l&rsquo;objet de ce rapport, des Partis isol\u00e9s ou plusieurs Partis ensemble ont souvent pris l&rsquo;initiative d&rsquo;actions internationales dans la cause de la lutte pour les ch\u00f4meurs, contre le fascisme et la guerre. D&rsquo;une importance exceptionnelle a \u00e9t\u00e9 aussi le fait que les Partis plus forts, ayant le plus d&rsquo;exp\u00e9rience, ont aid\u00e9 de leurs conseils les Partis plus faibles, ont \u00e9labor\u00e9 pour eux des programmes et des documents, que les communistes des pays imp\u00e9rialistes ont aid\u00e9 constamment dans leur travail les communistes des pays coloniaux, ainsi que les partis plus faibles tant pour leur consolidation int\u00e9rieure que dans leur lutte contre la bourgeoisie.<\/p> <p class=Texte>Le fait que dans ces derni\u00e8res ann\u00e9es un revirement s&rsquo;est produit dans la conscience des grandes masses ouvri\u00e8res, des ouvriers social-d\u00e9mocrates surtout, donne aux Partis communistes des possibilit\u00e9s incomparablement plus grandes de gagner les masses ouvri\u00e8res. Nos mots d&rsquo;ordre acqui\u00e8rent de la popularit\u00e9 parmi des couches de plus en plus larges de la classe ouvri\u00e8re et aussi dans les rangs des Partis social-d\u00e9mocrates.<\/p> <p class=Texte>Il faut que la position des chefs social-d\u00e9mocrates soit mauvaise parmi les masses pour que beaucoup d&rsquo;entre eux se mettent aujourd&rsquo;hui \u00e0 reconna\u00eetre la dictature du prol\u00e9tariat, la forme sovi\u00e9tique de l&rsquo;\u00c9tat, la confiscation des moyens de production et leur nationalisation, le renversement violent du pouvoir de la classe des exploiteurs. Cette victoire des mots d&rsquo;ordre et id\u00e9es de l&rsquo;Internationale communiste montre que si les Partis communistes, durant les ann\u00e9es de stabilisation, n&rsquo;ont pu \u00e9largir que lentement leur influence et n&rsquo;ont pas pu briser celle des vieux partis r\u00e9formistes plus influents, toutes les conditions pr\u00e9alables se trouvent d\u00e9sormais r\u00e9alis\u00e9es permettant aux Partis communistes d&rsquo;accro\u00eetre plus rapidement leur influence et de progresser plus rapidement dans la conqu\u00eate de la majorit\u00e9 de la classe ouvri\u00e8re.<\/p> <p class=Texte>La bourgeoisie s&rsquo;efforce de rendre plus difficile pour les Partis communistes la conqu\u00eate de la majorit\u00e9 de la classe ouvri\u00e8re, en restreignant la libert\u00e9 de la propagande communiste, en paralysant le travail l\u00e9gal des Partis communistes, en proc\u00e9dant par la terreur contre les communistes et en opposant \u00e0 leurs mots d&rsquo;ordre les mots d&rsquo;ordre des diff\u00e9rents partis bourgeois, semi-fascistes et fascistes.<\/p> <p class=Texte>Face \u00e0 l&rsquo;abandon imp\u00e9tueux du r\u00e9formisme par les masses, \u00e0 la menace de la r\u00e9volution prol\u00e9tarienne, la bourgeoisie pro c\u00e8de \u00e0 la suppression des derniers vestiges des libert\u00e9s d\u00e9mocratiques bourgeoises et des organisations du prol\u00e9tariat, y compris celles des Partis social-d\u00e9mocrates et des syndicats.<\/p> <p class=Texte>Par suite de cette offensive de la bourgeoisie contre les organisations ouvri\u00e8res, sur les 67 sections de l&rsquo;Internationale communiste dans les pays capitalistes, 22 sections seulement, dont 11 en Europe, peuvent aujourd&rsquo;hui travailler l\u00e9galement ou semi-l\u00e9galement. 45 sections, dont 15 en Europe, sont contraintes de travailler dans la plus stricte ill\u00e9galit\u00e9 et dans les conditions de la terreur la plus cruelle. Dans le nombre, il y a quelques pays comme l&rsquo;Italie, l&rsquo;Allemagne, l&rsquo;Autriche, la Lettonie o\u00f9 les fascistes ont d\u00e9truit toutes les organisations du prol\u00e9tariat, y compris aussi celles des Partis social-democrates et des syndicats, et poussent de force les ouvriers dans les organisations fascistes.<\/p> <p class=Intertitre2a>Il faut expliquer clairement aux masses le programme, la strat\u00e9gie et la tactique de l&rsquo;I.C.<\/p> <p class=Texte>Les formes et m\u00e9thodes de la lutte des communistes pour la conqu\u00eate des masses ouvri\u00e8res, l&rsquo;agitation et la propagande, le travail d&rsquo;organisation, sont d\u00e9termin\u00e9s par la situation des Partis communistes, dans chaque pays pris en particulier. Cependant, dans tous les pays capitalistes sans exception, cette lutte se d\u00e9roule sous les mots d&rsquo;ordre g\u00e9n\u00e9raux de la lutte contre l&rsquo;offensive du Capital, le fascisme et la pr\u00e9paration d&rsquo;une nouvelle guerre imp\u00e9rialiste. Dans tous les pays, le travail des communistes a lieu sous le mot d&rsquo;ordre fondamental de l&rsquo;I.C., le mot d&rsquo;ordre de la lutte pour le pouvoir sovi\u00e9tique.<\/p> <p class=Texte>Notre agitation et notre propagande ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9termin\u00e9es par le fait que les communistes, dans leur lutte contre le capitalisme, le fascisme et la guerre, ont d\u00fb, en m\u00eame temps, combattre la social-d\u00e9mocratie qui emp\u00eache les masses de lutter. Sans combattre la social-d\u00e9mocratie, il \u00e9tait impossible de lutter contre la bourgeoisie, car il s&rsquo;agissait de gagner les ouvriers social- d\u00e9mocrates \u00e0 la lutte.<\/p> <p class=Texte>C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment la situation pr\u00e9sente qui nous oblige \u00e0 accentuer la critique contre ceux des Partis et chefs social-d\u00e9mocrates qui continuent \u00e0 emp\u00eacher les masses de lutter et \u00e0 jouer dans la lutte de la classe ouvri\u00e8re le r\u00f4le de briseurs de gr\u00e8ve. Mais, en m\u00eame temps, nous devons, dans notre agitation et propagande, lutter avec la plus grande vigueur contre la bourgeoisie, notamment contre ses partis les plus r\u00e9actionnaires, fascistes, qui cherchent \u00e0 capter par leurs mots d&rsquo;ordre d\u00e9magogiques, anticapitalistes, les masses autrefois politiquement passives et sans conscience de classe qui se d\u00e9tournent du r\u00e9formisme et se mettent pour la premi\u00e8re fois en mouvement.<\/p> <p class=Texte>Les m\u00e9thodes d&rsquo;agitation et de propagande employ\u00e9es par les fascistes, et par un grand nombre d&rsquo;autres partis bourgeois et de leurs chefs sont le t\u00e9moignage que la bourgeoisie se sent faible, qu&rsquo;elle n&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 plus en mesure de maintenir sa domination en s&rsquo;affirmant ouvertement pour le capitalisme devant les masses.<\/p> <p class=Texte>Beaucoup de nos agitateurs et de nos r\u00e9dacteurs pensent que notre t\u00e2che est de faire la preuve th\u00e9orique que ces mots d&rsquo;ordre de la bourgeoisie ne sont pas scientifiques et ne sont pas conformes \u00e0 1 \u00e9conomie politique marxiste-l\u00e9niniste. Pr\u00e9occupation tout \u00e0 fait oiseuse. Notre t\u00e2che est de d\u00e9montrer par tous les moyens que les chefs bourgeois, \u00e0 l&rsquo;aide de ces mots d&rsquo;ordre, trompent les masses, qu&rsquo;aucun parti bourgeois ne peut les r\u00e9aliser, mais que seul le pouvoir sovi\u00e9tique lib\u00e9rera les travailleurs de la domination des banques et des trusts, du joug du Capital, de la pauvret\u00e9, de la faim et de la mis\u00e8re.<\/p> <p class=Texte>Notre t\u00e2che est de montrer aux masses que dans le &quot;national- socialisme&quot; allemand il n&rsquo;y a pas trace de socialisme. Les d\u00e9magogues fascistes cherchent \u00e0 se draper dans la toge des tribuns du peuple se pr\u00e9occupant de sauver les &quot;int\u00e9r\u00eats&quot; de l&rsquo;ensemble de la nation.<\/p> <p class=Texte>C&rsquo;est pourquoi notre t\u00e2che est de les d\u00e9masquer comme les agents des trusts les plus puissants, des rois du canon, de montrer aux masses ce qui se cache derri\u00e8re la l\u00e9gende de l&rsquo;unit\u00e9 nationale, comment une poign\u00e9e de capitalistes et de chefs fascistes s&rsquo;engraissent aux d\u00e9pens du peuple. Nous devons montrer aux masses que seule la dictature du prol\u00e9tariat, cette unique et v\u00e9ritable d\u00e9mocratie pour les travailleurs, cr\u00e9\u00e9e sur le mod\u00e8le de l&rsquo;Union sovi\u00e9tique, peut aider les travailleurs.<\/p> <p class=Texte>Le syst\u00e8me capitaliste se montre aux travailleurs sous un aspect toujours plus odieux. Contre le syst\u00e8me capitaliste se dressent tous les hommes \u00e9minents du moment pr\u00e9sent. Le communisme apparait aux masses comme la seule planche de salut.<\/p> <p class=Texte>Les masses travailleuses sont contre le capitalisme, elles ont perdu la foi dans le r\u00e9formisme et commencent \u00e0 rompre avec lui. Les masses travailleuses sont pour le front unique de lutte contre le Capital, le fascisme et la guerre.<\/p> <p class=Texte>Les communistes qui organisent de fa\u00e7on cons\u00e9quente la lutte contre l&rsquo;offensive du Capital, le fascisme et la guerre, sont pour le front unique comme \u00e9tant la forme d&rsquo;unit\u00e9 qu&rsquo;il faut r\u00e9aliser aussit\u00f4t.<\/p> <p class=Texte>Mais l&rsquo;unit\u00e9 d&rsquo;action seule n&rsquo;est pas tout. Le revirement survenu dans les masses du fait du changement de la situation mondiale, gr\u00e2ce \u00e0 la victoire du socialisme en Union sovi\u00e9tique et au fait que la bourgeoisie est pass\u00e9e aux m\u00e9thodes de dictature fasciste dans un nombre de plus en plus grand de pays, a eu pour r\u00e9sultat que les masses social-d\u00e9mocrates se sont mises \u00e0 s&rsquo;orienter spontan\u00e9ment vers le front unique. Mais cela ne veut pas encore dire que ces masses viendront tout aussi spontan\u00e9ment au communisme.<\/p> <p class=Texte>Les ouvriers sont pour un parti unique, mais souvent ils se repr\u00e9sentent la cr\u00e9ation de ce parti d&rsquo;une mani\u00e8re par trop simple Pour que tous les ouvriers r\u00e9volutionnaires soient rassembl\u00e9s en un seul parti, il faut que les masses elles-m\u00eames discutent largement les questions de programme et de tactique, les objectifs de la lutte.<\/p> <p class=Texte>Un parti v\u00e9ritablement unique du prol\u00e9tariat ne peut \u00eatre cr\u00e9\u00e9 que sur la base de l&rsquo;unit\u00e9 du programme, de la strat\u00e9gie et de la tactique. Le programme et la tactique de la social- d\u00e9mocratie ont fait faillite. Le programme, la strat\u00e9gie et la tactique de l&rsquo;Internationale communiste ont subi avec succ\u00e8s toutes les \u00e9preuves. C&rsquo;est pourquoi nous sommes tout \u00e0 fait en droit de faire comprendre aux ouvriers social-democrates notre programme, notre tactique et notre strat\u00e9gie, de lutter sur cette base pour l&rsquo;union de toutes les forces r\u00e9volutionnaires et de passer sur tout le front \u00e0 l&rsquo;offensive contre le r\u00e9formisme.<\/p> <p class=Intertitre2a>La liaison avec les masses &#8211; Loi du bolch\u00e9visme<\/p> <p class=Texte>Je passe maintenant \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;organisation de nos sections. Dans tous les pays, nos sections ont grandi politiquement et num\u00e9riquement. Mais les progr\u00e8s d&rsquo;organisation ne r\u00e9pondent pas \u00e0 l&rsquo;accroissement de notre influence et il peut en r\u00e9sulter que les Partis communistes soient incapables de se montrer pleinement \u00e0 la hauteur de la t\u00e2che formidable que leur impose la situation politique dans la question de la direction des masses.<\/p> <p class=Texte>Les progr\u00e8s d&rsquo;organisation des sections de l&rsquo;Internationale communiste dans les pays o\u00f9 le mouvement est l\u00e9gal, se heurtant aujourd&rsquo;hui avant tout \u00e0 un certain nombre de d\u00e9fauts dans le recrutement de nouveaux membres, dans le travail de leur \u00e9ducation, ainsi que dans le d\u00e9veloppement des organisations du Parti. C&rsquo;est ce qui ressort tout particuli\u00e8rement dans les fluctuations d&rsquo;effectifs: les membres nouvellement gagn\u00e9s au Parti ou bien n&rsquo;entrent pas r\u00e9ellement dans ses rangs ou le quittent \u00e0 nouveau au bout de quelques mois. Beaucoup parmi les ouvriers nouvellement affili\u00e9s au Parti sont politiquement encore peu \u00e9duqu\u00e9s, ne sont pas encore suffisamment actifs et disciplin\u00e9s. Il faut donc que l&rsquo;organisation du Parti s&rsquo;occupe beaucoup d&rsquo;eux pour en faire des communistes voulant lutter et des militants du Parti. Or, c&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment de cela que souvent les anciens membres se pr\u00e9occupent fort peu. Le d\u00e9veloppement organique des sections de l&rsquo;Internationale communiste dans les pays o\u00f9 le mouvement est ill\u00e9gal se trouve fortement entrav\u00e9 par les mesures de r\u00e9pression polici\u00e8re et par la peur de la p\u00e9n\u00e9tration de provocateurs dans l&rsquo;organisation. Mais dans les sections ill\u00e9gales, les nouveaux adh\u00e9rents, en r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, sont mieux disciplines et plus actifs. Cependant, l\u00e0 \u00e9galement, de grands d\u00e9fauts se manifestent.<\/p> <p class=Texte>Tr\u00e8s souvent les cellules ne sont pas des organisations politiques examinant les diverses questions politiques, ce qui ne s&rsquo;explique nullement par les besoins \u00e9ventuels de la conspiration. Les cellules ne sont souvent que des organisations qui encaissent les cotations ou r\u00e9partissent les fonctions du travail du Parti.<\/p> <p class=Texte>Dans beaucoup d&rsquo;organisations, aussi bien dans les sections l\u00e9gales qu&rsquo;ill\u00e9gales, r\u00e8gne une peur sectaire de l&rsquo;afflux d&rsquo;anciens ouvriers social-democrates. Ce sectarisme, dans maintes organisations d&rsquo;Allemagne, a atteint un tel point qu&rsquo;on a \u00e9tabli pour les anciens social-d\u00e9mocrates des conditions sp\u00e9ciales d&rsquo;admission ou qu&rsquo;on les a group\u00e9s dans des cellules sp\u00e9ciales, en formulant m\u00eame souvent, \u00e0 leur \u00e9gard, des exigences politiques trop \u00e9lev\u00e9es. Une telle fa\u00e7on de traiter les anciens social-d\u00e9mocrates t\u00e9moigne d&rsquo;une incompr\u00e9hension totale du revirement qui se produit parmi les masses social-d\u00e9mocrates.<\/p> <p class=Texte>Ce revirement ressort de l&rsquo;exemple de notre Parti autrichien, qui, aujourd&rsquo;hui, se compose pour plus des deux tiers de camarades qui, il y a une ann\u00e9e encore, \u00e9taient dans le Parti social-d\u00e9mocrate et sont aujourd&rsquo;hui des membres fid\u00e8les, d\u00e9vou\u00e9s et actifs du Parti communiste d&rsquo;Autriche. Et il en est ainsi non seulement des simples membres du rang de la social-d\u00e9mocratie, mais \u00e9galement des anciens militants social-d\u00e9mocrates. Je soulignerai avec une joie particuli\u00e8re que la d\u00e9l\u00e9gation de notre section autrichienne \u00e0 ce congr\u00e8s se compose pour une partie notable de camarades qui, jusqu&rsquo;\u00e0 f\u00e9vrier 1934, \u00e9taient des militants \u00e9minents du Parti social-d\u00e9mocrate. (Applaudissements.) La composition de la d\u00e9l\u00e9gation autrichienne est pr\u00e9cis\u00e9ment la meilleure preuve du d\u00e9clin du r\u00e9formisme et de la victoire de nos mots d&rsquo;ordre.<\/p> <p class=Texte>Le principe fondamental de notre organisation du Parti, c&rsquo;est qu&rsquo;il faut qu&rsquo;elle sache maintenir le contact le plus \u00e9troit avec les masses et utiliser toutes les possibilit\u00e9s pour organiser la lutte et entra\u00eener les ouvriers dans cette lutte. \u00c0 cet effet, il faut s&rsquo;appuyer sur les couches d\u00e9cisives des ouvriers des entreprises et branches d&rsquo;industrie les plus importantes.<\/p> <p class=Texte>Je voudrais ici indiquer deux secteurs particuli\u00e8rement importants du travail d&rsquo;organisation de nos Partis qui sont pr\u00e9cis\u00e9ment les plus n\u00e9glig\u00e9s, c&rsquo;est le travail parmi les femmes et parmi les jeunes. Les pr\u00e9mices dans tous les pays sont des plus favorables, pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 l&rsquo;heure actuelle pour les gagner \u00e0 la lutte r\u00e9volutionnaire.<\/p> <p class=Texte>Le travail des communistes dans les syndicats et dans les autres organisations groupant des masses ouvri\u00e8res est la condition premi\u00e8re, d\u00e9cisive pour le succ\u00e8s du travail de masse des communistes et pour la conqu\u00eate des masses pour les Partis communistes. Sans assurer leur influence sur les masses des membres de ces organisations, il ne saurait \u00eatre question pour les Partis communistes de conqu\u00e9rir la majorit\u00e9 de la classe ouvri\u00e8re.<\/p> <p class=Texte>Ces derniers temps, une certaine am\u00e9lioration de notre travail est \u00e0 noter dans les syndicats amsterdamiens<a href=\"#_edn69\" name=\"_ednref69\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[69]<\/span><\/span><\/span><\/a> en Angleterre, en Hongrie, en Pologne et dans la F\u00e9d\u00e9ration du travail d&rsquo;Am\u00e9rique (American Federation of Labour). Cela a d\u00e9j\u00e0 eu comme r\u00e9sultat, que les r\u00e9formistes n&rsquo;ont pu, ni en Angleterre, ni aux \u00c9tats-Unis, appliquer les directives donn\u00e9es dans ce qu&rsquo;on appelle leur &quot;circulaire noire&quot; sur l&rsquo;exclusion des communistes, En Hongrie et en Pologne, notre travail a rendu plus difficile aux fascistes la suppression des organisations syndicales.<\/p> <p class=Texte>Les communistes d&rsquo;Autriche et d&rsquo;Allemagne ont d\u00e9ploy\u00e9 \u00e9galement une grande initiative ces derniers temps, participant activement au r\u00e9tablissement des syndicats libres. Mais beaucoup de communistes consid\u00e8rent toujours les syndicats amsterdamiens comme un fief de la social-d\u00e9mocratie et non comme leurs propres organisations, non comme des organisations fondamentales de la classe ouvri\u00e8re, pour le renforcement de laquelle il nous faut faire un travail concret.<\/p> <p class=Texte>Dans les pays o\u00f9 toutes les organisations ouvri\u00e8res sont d\u00e9truites par les fascistes, les communistes ne pourront toucher les grandes masses ouvri\u00e8res s&rsquo;ils n&rsquo;utilisent toutes les possibilit\u00e9 l\u00e9gales ou semi-l\u00e9gales, s&rsquo;ils ne travaillent dans les syndicat fascistes en Italie et en Autriche ainsi que dans les rangs du pr\u00e9tendu &quot;front du travail&quot; en Allemagne, si dans ces organisations ils ne luttent pour conqu\u00e9rir l&rsquo;influence sur les masses, pour leur direction.<\/p> <p class=Texte>Notre mot d&rsquo;ordre, dans la lutte pour la conqu\u00eate de la majorit\u00e9 du prol\u00e9tariat pour le Parti communiste est: \u00e9largir le front, p\u00e9n\u00e9trer pins profond\u00e9ment dans tontes les organisations de masse.<\/p> <p class=Texte>La t\u00e2che de notre travail au sein du Parti est: renforcer le Parti et \u00e9lever le niveau politique de ses organisations.<\/p> <p class=Intertitre2a>Les sections les plus importantes de l&rsquo;I.C.<\/p> <p class=Texte>Je vais parler maintenant de l&rsquo;\u00e9tat de quelques-unes de nos plus importantes sections.<\/p> <p class=Texte>Dans les sept ann\u00e9es \u00e9coul\u00e9es, les Partis communistes ont appris \u00e0 conduire des millions de travailleurs et ont acquis une formidable exp\u00e9rience de lutte. Dans tous les pays, l&rsquo;importance des Partis communistes s&rsquo;est \u00e9norm\u00e9ment accrue. Nos sections sont devenues plus fortes.<\/p> <p class=Texte>Le Parti communiste allemand, notre plus grand Parti dans le monde capitaliste, qui n&rsquo;a pas cess\u00e9 un seul jour, apr\u00e8s la d\u00e9faite du prol\u00e9tariat allemand en janvier 1933, sa lutte contre la bourgeoisie, a \u00e9t\u00e9 r\u00e9duit \u00e0 l&rsquo;ill\u00e9galit\u00e9. C&rsquo;est dans l&rsquo;histoire du mouvement ouvrier, le plus grand Parti ill\u00e9gal du prol\u00e9tariat. En d\u00e9pit de la terreur et en surmontant la position sectaire d&rsquo;une partie de la direction, le Parti mobilise les masses prol\u00e9tariennes contre le fascisme et contre la pr\u00e9paration d&rsquo;une nouvelle guerre, il lutte pour la satisfaction des besoins courants des ouvriers. \u00c0 l&rsquo;encontre des d\u00e9clarations des chefs des nationaux-socialistes pr\u00e9tendant avoir an\u00e9anti le marxisme, le Parti a prouv\u00e9 qu&rsquo;on peut d\u00e9truire le pseudo-marxisme social-d\u00e9mocrate et les illusions d\u00e9mocratiques, mais qu&rsquo;on ne saurait an\u00e9antir Je marxisme. (Applaudissements.) Il ne saurait \u00eatre question, d&rsquo;une consolidation du r\u00e9gime national-socialiste pour longtemps.<\/p> <p class=Texte>Le Parti communiste autrichien qui, il y a une ann\u00e9e et demie encore, n&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;un petit groupe de propagande, ne jouissant que d&rsquo;une faible influence, est devenu, apr\u00e8s la faillite de la \u00a0social-d\u00e9mocratie, le seul h\u00e9ritier des traditions r\u00e9volutionnaires et le Parti dirigeant du prol\u00e9tariat autrichien. (Applaudissements.) Il lutte avec succ\u00e8s contre les vestiges du r\u00e9formisme, pour le front unique, pour le rassemblement de tous les ouvriers r\u00e9volutionnaires dans un seul parti, un Parti communiste unique.<\/p> <p class=Texte>Le Parti communiste espagnol qui, au temps du 6e congr\u00e8s mondial, \u00e9tait un groupe sectaire, compos\u00e9 en majeure partie d&rsquo;\u00e9migr\u00e9s, est devenu un Parti de masse coh\u00e9rent et tremp\u00e9 dans la lutte, un puissant facteur dans le d\u00e9veloppement de la r\u00e9volution espagnole. (Applaudissements.) Ses mots d&rsquo;ordre sont repris par des masses toujours plus nombreuses. En octobre 1934, il joua dans les luttes arm\u00e9es d\u00e9j\u00e0 un grand r\u00f4le politique.<\/p> <p class=Texte>R\u00e9capitulant ce qui a \u00e9t\u00e9 dit sur ces trois partis, nous pouvons souligner avec une grande fiert\u00e9 l&rsquo;endurance et la t\u00e9nacit\u00e9 inou\u00efes des communistes allemands dans les conditions d&rsquo;une terreur f\u00e9roce, ainsi que le fait extr\u00eamement important que les communistes d&rsquo;Espagne et d&rsquo;Autriche n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 seulement aux tout premiers rangs sur les barricades, mais aussi qu&rsquo;apr\u00e8s la d\u00e9faite, sans perdre de temps, ils ont montr\u00e9 les faiblesses du front prol\u00e9tarien aux masses ouvri\u00e8res, fait front contre le r\u00e9formisme et organis\u00e9 le front unique de tous les prol\u00e9taires pour cr\u00e9er ainsi les fondements solides pour les victoires futures.<\/p> <p class=Texte>Notre Parti communiste de Chine, couvert de gloire, s&rsquo;est tenu, durant les sept derni\u00e8res ann\u00e9es, aux tout premiers avant-postes de combat dans la lutte des peuples des colonies et pays d\u00e9pendants. Il compte plus de 300.000 membres. Il a cr\u00e9\u00e9 une Arm\u00e9e rouge et conquis le pouvoir dans une partie importante de la Chine. (Applaudissements.) Ses succ\u00e8s montrent que seuls les mots d&rsquo;ordre de l&rsquo;Internationale communiste servent d&rsquo;\u00e9toile conductrice aux grandes masses travailleuses des peuples coloniaux. Mais notre Parti chinois n&rsquo;a pas encore conquis la majorit\u00e9 des travailleurs dans la Chine du Kuomintang. Il n&rsquo;a pas su encore organiser les prol\u00e9taires des centres industriels les plus avanc\u00e9s et il voit se poser devant lui, dans la lutte contre la bourgeoisie nationale et l&rsquo;intervention japonaise, la t\u00e2che immense et extr\u00eamement difficile d&rsquo;\u00e9tendre la r\u00e9volution sovi\u00e9tique \u00e0 toute la Chine.<\/p> <p class=Texte>Un autre \u00e9v\u00e9nement d&rsquo;immense importance dans le d\u00e9veloppement du mouvement r\u00e9volutionnaire des colonies est la cr\u00e9ation du Parti communiste de l&rsquo;Inde. (Applaudissements.) Le Parti communiste fran\u00e7ais a \u00e0 enregistrer, comparativement aux Partis communistes des autres pays imp\u00e9rialistes, les plus grands succ\u00e8s. Il a tripl\u00e9 ses effectifs et est devenu, par l&rsquo;application couronn\u00e9e de succ\u00e8s de la tactique du front unique, un facteur extr\u00eamement important en France. (Applaudissements.) Il a pour t\u00e2che de renforcer le front unique de tous les travailleurs contre l&rsquo;offensive du fascisme et la guerre, pour les revendications quotidiennes des masses ouvri\u00e8res, de repousser les futures attaques du fascisme et de conduire les travailleurs de la lutte contre le fascisme \u00e0 la lutte pour les Soviets.<\/p> <p class=Texte>Le Parti communiste d&rsquo;Angleterre, petite organisation en comparaison du Labour Party, a augment\u00e9 ses effectifs d&rsquo;un tiers, a r\u00e9alis\u00e9 le front unique avec l&rsquo;I.L.P. et, par son travail efficace parmi les masses et une juste application de la tactique du front unique, a consolid\u00e9 sa position dans le mouvement syndical et, partant, en m\u00eame temps dans toute la classe ouvri\u00e8re. Il soutient les revendications d\u00e9mocratiques des masses dans leurs aspirations \u00e0 la formation d&rsquo;un gouvernement du Labour Party et propage en m\u00eame temps le programme d&rsquo;une r\u00e9volution prol\u00e9tarienne, seule issue \u00e0 la mis\u00e8re et \u00e0 la d\u00e9tresse Cependant, le Parti communiste anglais est rest\u00e9 une petite organisation.<\/p> <p class=Texte>Le Parti communiste des \u00c9tats-Unis, apr\u00e8s avoir surmont\u00e9 la lutte fractionnelle, s&rsquo;est accru num\u00e9riquement de fa\u00e7on consid\u00e9rable et au fur et \u00e0 mesure de l&rsquo;aggravation de la crise \u00e9conomique, a commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9largir son influence parmi deux grandes masses de la classe ouvri\u00e8re, parmi les farmers et les intellectuels. Mais pour renforcer encore davantage son influence dans les masses ouvri\u00e8res, il faut que le Parti grandisse lui-m\u00eame et consolide ses positions dans, le mouvement syndical. Il faut qu&rsquo;il m\u00e8ne plus \u00e9nergiquement que jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent la lutte pour la cr\u00e9ation d&rsquo;un grand parti de masse des ouvriers et des paysans, en tant que coalition de toutes les organisations des travailleurs contre la bourgeoisie.<\/p> <p class=Texte>Le parti communiste du Japon, qui travaille sous un r\u00e9gime de terreur inou\u00efe, a organis\u00e9 d&rsquo;une mani\u00e8re bolch\u00e9vik la lutte contre l&rsquo;offensive de l&rsquo;imp\u00e9rialisme japonais et pr\u00eat\u00e9 un s\u00e9rieux appui aux masses travailleuses de Chine. Cependant, la terreur gouvernementale et les provocations ont eu pour- r\u00e9sultat de l&rsquo;affaiblir notablement. Pour pouvoir obtenir de nouveaux succ\u00e8s, les communistes japonais doivent extirper r\u00e9solument les survivances sectaires et utiliser r\u00e9ellement toutes les possibilit\u00e9s l\u00e9gales en vue de la lutte pour les int\u00e9r\u00eats quotidiens de la classe ouvri\u00e8re. C&rsquo;est l\u00e0, en m\u00eame temps, la condition premi\u00e8re de la consolidation politique et d&rsquo;organisation du Parti, pour conduire les masses travailleuses \u00e0 la lutte contre la r\u00e9action.<\/p> <p class=Texte>Le Parti communiste de Pologne n&rsquo;a pas seulement surmont\u00e9 sa lutte longue fractionnelle, mais a plus que tripl\u00e9 ses effectifs entre les 6e et 7e congr\u00e8s mondiaux, \u00e9largi son influence politique, et il a su, gr\u00e2ce \u00e0 ses mots d&rsquo;ordre de combat justes, se mettre \u00e0 la t\u00eate de grands mouvements de masse. (Applaudissements.) Le front unique a permis au Parti de se rapprocher encore davantage des grandes masses. Il faut qu&rsquo;il utilise toutes les possibilit\u00e9s l\u00e9gales et d\u00e9fende les derniers vestiges des libert\u00e9s et droits d\u00e9mocratiques du peuple travailleur, afin de rendre les masses m\u00fbres pour la lutte en vue du renversement de la dictature fasciste et afin de les entra\u00eener en vue de la lutte pour une Pologne sovi\u00e9tique.<\/p> <p class=Texte>Le Parti communiste de Tch\u00e9coslovaquie a dirig\u00e9, durant les ann\u00e9es \u00e9coul\u00e9es, de grands mouvements de masse, et s&rsquo;est consolid\u00e9 au point de vue politique et d&rsquo;organisation. Gr\u00e2ce \u00e0 son bon travail de masses, il a pu, malgr\u00e9 le rejet cat\u00e9gorique de toutes les propositions de front unique par la direction de la social-d\u00e9mocratie, r\u00e9aliser le front unique avec de nombreuses organisations social-d\u00e9mocrates locales. Les r\u00e9sultats des \u00e9lections parlementaires de 1935, qui ont donn\u00e9 au Parti 850.000 voix, montrent l&rsquo;influence notablement croissante du Parti parmi les masses ouvri\u00e8res et paysannes. Le Parti doit d\u00e9velopper largement le front unique contre l&rsquo;offensive du Capital, sovi\u00e9tique contre l&rsquo;oppression nationale dans les territoires allemands, ukrainiens et slovaques. En organisant les luttes pour les revendications partielles, le Parti doit conduire les masses \u00e0 la lutte contre la bourgeoisie, \u00e0 la lutte pour le pouvoir. Et pour conclure, camarades, quelques mots encore sur la plus grande section, la section de t\u00e8te de notre internationale, sur le parti de L\u00e9nine et de Staline, sur le Parti communiste de l&rsquo;Union sovi\u00e9tique. (Applaudissements.) ,<\/p> <p class=Texte>Durant la p\u00e9riode \u00e9coul\u00e9e, il a remport\u00e9, sous la direction du camarade Staline, de nouvelles victoires d&rsquo;une port\u00e9e historique mondiale et il m\u00e8ne une lutte victorieuse pour la cr\u00e9ation d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 socialiste sans classe. Il est pour nous le grand exemple de la fa\u00e7on dont il faut lutter et vaincre.<\/p> <p class=Texte>Camarades, je n&rsquo;ai mentionn\u00e9 dans ce rapport que quelques-uns des plus grands Partis de notre Internationale. Faire \u00e0 ce congr\u00e8s un rapport m\u00eame bref, sur chaque section, eut \u00e9t\u00e9 extr\u00eamement difficile.<\/p> <p class=Intertitre2a>Le style l\u00e9niniste de la direction<\/p> <p class=Texte>D&rsquo;une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, je ne veux souligner tout particuli\u00e8rement qu&rsquo;un seul point. Un nombre de plus en plus grand de Partis communistes qui, au moment du 6e congr\u00e8s mondial, n&rsquo;\u00e9taient encore que de simples groupes de propagande, commencent aujourd&rsquo;hui \u00e0 se transformer en partis de masse et \u00e0 devenir des facteurs politiques importants dans leur pays. Dans tous les Partis communistes des grands pays, il s&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 form\u00e9 des organismes dirigeants fid\u00e8les \u00e0 nos principes et capables de r\u00e9soudre de fa\u00e7on ind\u00e9pendante, en se basant sur les d\u00e9cisions de nos congr\u00e8s et Assembl\u00e9es pl\u00e9ni\u00e8res, les questions politiques et tactiques les plus complexes de leur pays.<\/p> <p class=Texte>Ce fait modifie les fonctions du Comit\u00e9 ex\u00e9cutif de l&rsquo;Internationale communiste et permet au C. E. de l&rsquo;l. C. de porter le centre de gravit\u00e9 de son activit\u00e9 sur l&rsquo;\u00e9laboration de l&rsquo;orientation politique et tactique fondamentale du mouvement ouvrier international, \u00e9tant bien entendu que, pour la solution de toutes les questions, il faut partir des conditions concr\u00e8tes et des particularit\u00e9s de chaque pays donn\u00e9, se faire une r\u00e8gle d&rsquo;\u00e9viter l&rsquo;immixtion dans les questions d&rsquo;organisation int\u00e9rieure des diff\u00e9rents Partis, et venir en aide \u00e0 tous les Partis pour la consolidation d&rsquo;organismes dirigeants v\u00e9ritablement bolcheviks, dans la question de l&rsquo;agitation, de la propagande et de l&rsquo;utilisation internationale de l&rsquo;exp\u00e9rience du mouvement communiste mondial.<\/p> <p class=Texte>\u00c9tant donn\u00e9 la gravit\u00e9 exceptionnelle et l&rsquo;aggravation de la situation actuelle, nous estimons en m\u00eame temps d&rsquo;une n\u00e9cessit\u00e9 urgente la participation plus active et permanente des repr\u00e9sentants les plus autoris\u00e9s de toutes les sections plus ou moins grandes de l&rsquo;Internationale communiste aux travaux du Comit\u00e9 ex\u00e9cutif, de son Pr\u00e9sidium et de son secr\u00e9tariat.<\/p> <p class=Texte>Cela renforcera davantage encore notre direction internationale et portera notre organisme dirigeant et tout notre travail \u00e0 un niveau encore plus \u00e9lev\u00e9.<\/p> <p class=Texte>Le style et les m\u00e9thodes de notre travail se modifient au fur et \u00e0 mesure des changements de la situation politique, du d\u00e9veloppement; et du renforcement de nos Partis. Si, au moment du 6e congr\u00e8s, beaucoup de nos Partis \u00e9taient d\u00e9chir\u00e9s par des dissensions int\u00e9rieures et des luttes de fraction, nous avons aujourd&rsquo;hui plus d&rsquo;union et plus de coh\u00e9sion que jamais. (Applaudissements.).<\/p> <p class=Texte>Il faut que nous donnions \u00e0 notre travail une beaucoup plus forte impulsion et il ne doit pas y avoir aujourd&rsquo;hui, ni dans la politique int\u00e9rieure et ext\u00e9rieure des pays, ni dans les rapports r\u00e9ciproques entre le Parti et les groupes, de questions sur lesquelles les communistes ne portent pas leur attention, au sujet desquelles ils ne prennent pas position, afin d&rsquo;influencer tout le cours du d\u00e9veloppement historique.<\/p> <p class=Texte>Un mod\u00e8le de ce nouveau style de notre travail est l&rsquo;activit\u00e9 du Parti communiste fran\u00e7ais, qui, gr\u00e2ce au front unique et au front populaire, est arriv\u00e9 \u00e0 organiser les partis de gauche pour la r\u00e9sistance \u00e0 la formation d&rsquo;un gouvernement de droite et \u00e0 souder les plus grandes masses du peuple pour la manifestation antifasciste du 14 juillet.<\/p> <p class=Texte>C&rsquo;est de l&rsquo;activit\u00e9 des communistes, de leur aptitude \u00e0 utiliser tout changement dans la politique de la bourgeoisie de leur pays, tout antagonisme parmi les classes dirigeantes, pour se d\u00e9fendre contre la r\u00e9action, le fascisme et les fauteurs de guerre, que d\u00e9pend aujourd&rsquo;hui le renforcement du front des travailleurs, contre le front de la bourgeoisie en proie \u00e0 la folie furieuse, le renforcement du front du communisme contre le front du capitalisme.<\/p> <p class=Intertitre2a>L&rsquo;\u00e8re de la 2e Internationale est close<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;\u00e8re de la 2e Internationale dans le mouvement ouvrier est close. La situation dans les pays capitalistes, la situation du capitalisme mondial, incapable de trouver une issue aux difficult\u00e9s dans lesquelles il se d\u00e9bat, incapable d&rsquo;all\u00e9ger la mis\u00e8re et la famine des masses, montre qu&rsquo;un nouvel essor, une nouvelle p\u00e9riode de prosp\u00e9rit\u00e9 ne sont d\u00e9j\u00e0 plus possibles pour le r\u00e9formisme. Il se peut que dans quelques pays, pour une courte p\u00e9riode, les Partis social-d\u00e9mocrates se consolident, que \u00e7\u00e0 et l\u00e0 ils parviennent encore au pouvoir et participent au gouvernement bourgeois. Mais ce ne sera plus parce que les masses nourrissent encore l&rsquo;illusion que cela conduira au socialisme, mais seulement parce que les masses ne se sentent pas encore assez fortes pour renverser la domination de la bourgeoisie et pensent pouvoir ainsi repousser les agressions de la r\u00e9action, fut-ce m\u00eame \u00e0 l&rsquo;aide de gouvernements social-d\u00e9mocrates.<\/p> <p class=Texte>La 2e Internationale traverse une profonde crise politique. C&rsquo;est la crise du r\u00e9formisme mondial, provoqu\u00e9e par l&rsquo;aggravation de toute la situation mondiale, par le regroupement commen\u00e7ant des masses, par leur revirement vers la lutte contre la bourgeoisie, leur revirement vers la r\u00e9volution.<\/p> <p class=Texte>La crise de la social-d\u00e9mocratie et de la 2e Internationale toute enti\u00e8re pose devant tous les ouvriers social-d\u00e9mocrates, devant tous les militants social-d\u00e9mocrates honn\u00eates la question &quot;O\u00f9 allons-nous?&quot;<\/p> <p class=Texte>Nous avons, \u00e0 plusieurs reprises, propos\u00e9 au Comit\u00e9 ex\u00e9cutif de la 2e Internationale d&rsquo;\u00e9tablir le front unique de lutte contre l&rsquo;offensive du Capital, contre le fascisme et la guerre. Ce n&rsquo;est pas pour faire des d\u00e9clarations, mais ayant en vue la lutte v\u00e9ritable que nous avons propos\u00e9 en 1933 d&rsquo;entamer des pourparlers entre les diff\u00e9rents Partis. Cependant la 2e Internationale a d\u00e9clin\u00e9 notre proposition et d\u00e9clar\u00e9 que les pourparlers ne pouvaient \u00eatre men\u00e9s qu&rsquo;entre les deux Internationales. En 1934, nous avons propos\u00e9 au Comit\u00e9 ex\u00e9cutif de la 2e Internationale des pourparlers directs sur des actions communes concr\u00e8tes. Nos propositions furent \u00e0 nouveau d\u00e9clin\u00e9es. En 1935, avant le ler Mai, nous avons encore une fois propos\u00e9 au C.E. de la 2e Internationale d&rsquo;\u00e9tablir le front unique. Cette fois, il a d\u00e9clar\u00e9 que les pourparlers peuvent \u00eatre men\u00e9s entre les Partis et non pas entre les Internationales.<\/p> <p class=Intertitre2a>Que veut la 2e Internationale? O\u00f9 veut-elle mener les masses?<\/p> <p class=Texte>De deux choses l&rsquo;une: ou elle ne peut d\u00e9j\u00e0 plus agir comme une organisation internationale ou elle sabote l&rsquo;unit\u00e9 du prol\u00e9tariat. Si les chefs de la 2e Internationale esp\u00e8rent survivre \u00e0 ces temps difficiles pour le r\u00e9formisme, s&rsquo;ils croient qu&rsquo;une conjoncture favorable au r\u00e9formisme peut encore revenir, nous d\u00e9clarons devant les grandes masses ouvri\u00e8res: chaque manoeuvre de la social-d\u00e9mocratie dans l&rsquo;espoir que la conjoncture favorable au r\u00e9formisme reviendra, est vaine pour les chefs r\u00e9formistes et catastrophique pour la classe ouvri\u00e8re.<\/p> <p class=Texte>Nous proposons \u00e0 tous les socialistes, nous proposons \u00e0 tous les Partis socialistes de suivre avec nous, communistes, le seul chemin juste et possible, le chemin du front unique de lutte contre le fascisme, la guerre et le capitalisme, pour le socialisme.<\/p> <p class=Texte>Nous proposons l&rsquo;union de toutes les forces r\u00e9volutionnaires du prol\u00e9tariat en un seul parti r\u00e9volutionnaire sur la base \u00e9prouv\u00e9e dans la th\u00e9orie et dans l&rsquo;organisation des doctrines de Marx et de L\u00e9nine.<\/p> <p class=Texte>Nous, les communistes du monde entier, nous avons devant nous une tache de la plus haute importance, la t\u00e2che de faire en sorte que toute possibilit\u00e9 soit enlev\u00e9e aux coquineries de la bourgeoisie de duper par une d\u00e9magogie quelconque les masses qui ont perdu leurs illusions dans le r\u00e9formisme, nous avons la t\u00e2che de mener le prol\u00e9tariat sur la base du front unique \u00e0 la lutte contre l&rsquo;offensive du Capital, contre le fascisme et la guerre, de gagner le prol\u00e9tariat \u00e0 la r\u00e9volution, \u00e0 la lutte pour le pouvoir sovi\u00e9tique.<\/p> <p class=Texte>Maintenant, camarades, j&rsquo;arrive \u00e0 la partie cl\u00f4turant mon rapport, \u00e0 la question des perspectives du d\u00e9veloppement mondial et de la r\u00e9volution mondiale.<\/p> <p class=Intertitre2a>V.&nbsp;&#8209; Les perspectives du d\u00e9veloppement mondial et de la r\u00e9volution mondiale<\/p> <p class=Texte>Quelles sont les perspectives du d\u00e9veloppement mondial, quelles sont les perspectives de la r\u00e9volution mondiale?<\/p> <p class=Texte>Le syst\u00e8me capitaliste est \u00e9branl\u00e9 jusque dans ses fondements par le d\u00e9veloppement de la crise g\u00e9n\u00e9rale du capitalisme, par la crise \u00e9conomique mondiale, par la r\u00e9volutionnarisation croissante des travailleurs et par les sympt\u00f4mes de la crise politique qui se manifestent dans nombre de pays.<\/p> <p class=Texte>Les forces de la bourgeoisie se sont affaiblies, les forces du prol\u00e9tariat se sont consolid\u00e9es. Le rapport des forces \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle mondiale a chang\u00e9 en faveur du socialisme, au d\u00e9triment du capitalisme.<\/p> <p class=Intertitre2a>L&rsquo;U.R.S.S., orgueil et gloire du prol\u00e9tariat mondial<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;Union sovi\u00e9tique est devenue le facteur le plus puissant et le plus important dans la lutte mondiale pour le socialisme. Si, au moment du 6e congr\u00e8s mondial de l&rsquo;I.C., elle \u00e9tait encore un \u00c9tat relativement faible qui ne poss\u00e9dait pas de grande industrie digne d&rsquo;\u00eatre mentionn\u00e9e, aujourd&rsquo;hui l&rsquo;Union sovi\u00e9tique est devenue une grande puissance socialiste, regorgeant de forces au point de vue \u00e9conomique et politique qui s&rsquo;appuie sur une industrie lourde parachev\u00e9e et sur la meilleure technique moderne.<\/p> <p class=Texte>Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;Union sovi\u00e9tique, par l&rsquo;ensemble de sa politique, a une influence de plus en plus forte sur les destin\u00e9es du capitalisme mondial et sur le d\u00e9veloppement de la lutte pour la lib\u00e9ration du prol\u00e9tariat mondial, et des peuples des pays coloniaux et d\u00e9pendants. C&rsquo;est dans cette influence de plus en plus croissante de la victoire du socialisme dans l&rsquo;Union sovi\u00e9tique sur le d\u00e9veloppement mondial et sur la conscience des masses travailleuses des pays capitalistes que se manifeste l&rsquo;importance mondiale de la victoire du socialisme dans un seul pays, car c&rsquo;est une victoire qui ne peut rester isol\u00e9e, mais qui m\u00e8ne \u00e0 la victoire du socialisme dans le monde entier.<\/p> <p class=Texte>Nous n&rsquo;avons aucun doute que le revirement qui s&rsquo;est fait dans les masses travailleuses, c&rsquo;est-a-dire l&rsquo;orientation de ces masses vers la lutte r\u00e9volutionnaire contre l&rsquo;offensive du Capital, contre le fascisme et la guerre, soit d\u00fb dans une mesure d\u00e9cisive aux succ\u00e8s de l&rsquo;Union sovi\u00e9tique. Ces succ\u00e8s ont d\u00e9montr\u00e9 au monde entier que la classe ouvri\u00e8re est capable d&rsquo;\u00e9difier par ses propres forces une nouvelle soci\u00e9t\u00e9, une soci\u00e9t\u00e9 socialiste, que le socialisme apporte aux travailleurs une vie de joie, de libert\u00e9 et de bien-\u00eatre.<\/p> <p class=Texte>La sup\u00e9riorit\u00e9 du nouveau syst\u00e8me \u00e9conomique, du syst\u00e8me socialiste, sur le syst\u00e8me capitaliste, la sup\u00e9riorit\u00e9 du nouvel ordre social socialiste sur la soci\u00e9t\u00e9 de classe bourgeoise, le contraste entre l&rsquo;Union sovi\u00e9tique et les pays du fascisme qui saute aux yeux, voil\u00e0 la force qui, au moyen d&rsquo;un travail \u00e9nergique et s\u00e9rieux des communistes, est capable en peu d&rsquo;ann\u00e9es de r\u00e9duire \u00e0 n\u00e9ant l&rsquo;influence de masse du r\u00e9formisme.<\/p> <p class=Texte>La victoire du socialisme dans l&rsquo;Union sovi\u00e9tique d\u00e9montre en m\u00eame temps que la victoire du socialisme dans le monde entier est in\u00e9vitable.<\/p> <p class=Texte>Sur la base des avantages \u00e9normes de l&rsquo;\u00e9conomie socialiste s&rsquo;appuyant sur la meilleure technique du temps pr\u00e9sent, et sur l&rsquo;agriculture collectivis\u00e9e, sur la base de la consolidation de la propri\u00e9t\u00e9 sociale, le niveau mat\u00e9riel et culturel des travailleurs continuera \u00e0 s&rsquo;\u00e9lever avec une rapidit\u00e9 extraordinaire, la puissance \u00e9conomique et politique de l&rsquo;Union sovi\u00e9tique, continuera \u00e0 grandir et la d\u00e9mocratie sovi\u00e9tique continuera \u00e0 se perfectionner pour tous les travailleurs.<\/p> <p class=Texte>Le pays des Soviets appara\u00eetra dans une mesure de plus en plus grande devant le monde entier comme le pays de la culture et de la technique avanc\u00e9e, comme le pays de&rsquo; la paix et du bien-\u00eatre de tout le peuple, comme le pays de la d\u00e9mocratie et de la libert\u00e9, comme le grand pays socialiste o\u00f9 chaque homme a la possibilit\u00e9 de d\u00e9velopper compl\u00e8tement ses capacit\u00e9s et aptitudes individuelles.<\/p> <p class=Texte>C&rsquo;est dans la victoire du socialisme en U. R. S. S. et les perspectives illimit\u00e9es du d\u00e9veloppement futur de l&rsquo;U. R. S. S. dans la voie du socialisme que nous puisons l&rsquo;assurance que notre influence sur les masses travailleuses du monde entier s&rsquo;accro\u00eetra avec une rapidit\u00e9 \u00e9norme, que la victoire du socialisme orientera vers le communisme la classe ouvri\u00e8re de tous les pays et entra\u00eenera la victoire du socialisme dans le monde entier.<\/p> <p class=Texte>Il suffit pour cela de la paix assurant la possibilit\u00e9 de nouvelles victoires du socialisme en U.R.S.S. Il suffit pour cela de la possibilit\u00e9 d&rsquo;instruire et d&rsquo;organiser les travailleurs des pays capitalistes, il suffit pour cela de l&rsquo;\u00e9nergie, de la force, de la volont\u00e9, du d\u00e9vouement des communistes \u00e0 la cause de la lutte pour le socialisme pour que notre victoire soit assur\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle mondiale dans un court d\u00e9lai historique.<\/p> <p class=Texte>Si moins de cinquante ann\u00e9es furent n\u00e9cessaires pour arriver de la premi\u00e8re v\u00e9ritable r\u00e9volution bourgeoise, la grande R\u00e9volution fran\u00e7aise de 1789, \u00e0 l&rsquo;aube de l&rsquo;\u00e9poque o\u00f9 une vague de r\u00e9volutions bourgeoises, qui an\u00e9antira d\u00e9finitivement la puissance du f\u00e9odalisme, a d\u00e9ferl\u00e9 sur toute l&rsquo;Europe, on aura besoin d&rsquo;un d\u00e9lai non pas plus grand, mais essentiellement plus court pour arriver de la victoire de la premi\u00e8re r\u00e9volution socialiste, la grande R\u00e9volution d&rsquo;Octobre 1917, \u00e0 la victoire du socialisme dans le monde entier.<\/p> <p class=Intertitre2a>La crise r\u00e9volutionnaire m\u00fbrit<\/p> <p class=Texte>Mais le syst\u00e8me capitaliste n&rsquo;abandonnera pas sans lutte l&rsquo;ar\u00e8ne de l&rsquo;histoire mondiale.<\/p> <p class=Texte>Le syst\u00e8me capitaliste est affaibli, mais le capitalisme a r\u00e9ussi \u00e0 remonter du point le plus bas de la crise \u00e9conomique. Cependant, trois ans apr\u00e8s que fut d\u00e9pass\u00e9 ce point le plus bas de la crise, malgr\u00e9 l&rsquo;influence notoire des pr\u00e9paratifs de guerre sur l&rsquo;accroissement de la production, la production dans la majorit\u00e9 des pays n&rsquo;a n\u00e9anmoins pas atteint \u00e0 nouveau le niveau de la p\u00e9riode d&rsquo;avant la crise. Quant au commerce ext\u00e9rieur, il continue jusqu&rsquo;aux derniers temps \u00e0 se resserrer par suite du rel\u00e2chement des relations \u00e9conomiques mondiales.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;accroissement \u00e9norme du ch\u00f4mage par comparaison avec la p\u00e9riode pr\u00e9c\u00e9dant la crise, le niveau de vie extr\u00eamement r\u00e9duit de tous les travailleurs, la crise agraire dans les pays agricoles, le niveau extr\u00eamement bas des investissements de capitaux dans l&rsquo;industrie, dans la grande majorit\u00e9 des pays, l&rsquo;accroissement colossal du parasitisme de l&rsquo;\u00c9tat, le fait que l&rsquo;\u00c9tat, sous forme d&rsquo;imp\u00f4ts fiscaux, accapare une partie consid\u00e9rable du revenu national pour financer les pr\u00e9paratifs de guerre et pour entre tenir l&rsquo;appareil d&rsquo;\u00c9tat d\u00e9mesur\u00e9ment d\u00e9velopp\u00e9&nbsp;&#8209; tout cela a fortement r\u00e9duit la capacit\u00e9 d&rsquo;achat du march\u00e9 int\u00e9rieur des pays imp\u00e9rialistes.<\/p> <p class=Texte>En outre, le renforcement formidable des trusts et des cartels monopolistes qui cherchent \u00e0 maintenir les prix \u00e9lev\u00e9s du march\u00e9 int\u00e9rieur, fait obstacle \u00e0 l&rsquo;extension du march\u00e9 et a l&rsquo;absorption des r\u00e9serves de marchandises et entra\u00eene une accumulation acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e de nouveaux stocks de marchandises. Les barri\u00e8res douani\u00e8res prohibitives, l&rsquo;annulation des vestiges du libre-\u00e9change, la guerre commerciale, le dumping, la r\u00e9duction de la capacit\u00e9 d&rsquo;absorption des march\u00e9s coloniaux, la crise persistante dans les colonies, la d\u00e9sagr\u00e9gation du syst\u00e8me mon\u00e9taire et de cr\u00e9dit international&nbsp;&#8209; tout cela fait obstacle au r\u00e9tablissement des liaisons internationales et \u00e0 l&rsquo;extension du commerce ext\u00e9rieur. Et cela r\u00e9duit les limites de l&rsquo;essor possible de la production industrielle et rend extr\u00eamement difficile un essor s\u00e9rieux g\u00e9n\u00e9ral de la production pour tous les pays.<\/p> <p class=Texte>La tension g\u00e9n\u00e9rale des relations entre les classes et les \u00c9tats, le danger imm\u00e9diat de la guerre et les sympt\u00f4mes d&rsquo;une crise politique dans un grand nombre de pays cr\u00e9ent une atmosph\u00e8re d&rsquo;inqui\u00e9tude d\u00e9favorable \u00e0 la consolidation de l&rsquo;\u00e9conomie et \u00e0 l&rsquo;essor \u00e9conomique.<\/p> <p class=Texte>Ce que nous venons de dire montre que la crise g\u00e9n\u00e9rale du capitalisme, sur la base de laquelle se d\u00e9veloppe la crise \u00e9conomique a cr\u00e9\u00e9 une situation dans laquelle continuent \u00e0 persister les conditions d\u00e9favorables au d\u00e9veloppement de l&rsquo;\u00e9conomie, qui emp\u00eachent l&rsquo;\u00e9conomie capitaliste d&rsquo;avoir un mouvement ascendant quelque peu s\u00e9rieux et qui favorisent le processus de d\u00e9composition.<\/p> <p class=Texte>Ces causes font que dans la plupart des pays domine une tendance manifeste \u00e0 la prolongation ult\u00e9rieure de la d\u00e9pression d&rsquo;un caract\u00e8re particulier et il est tout \u00e0 fait probable que l&rsquo;accroissement de la production de peu de dur\u00e9e, in\u00e9gal dans les diff\u00e9rents pays et branches, s&rsquo;accompagnera de nouveaux acc\u00e8s de la crise \u00e9conomique.<\/p> <p class=Texte>Cette situation \u00e9conomique, qui est caract\u00e9ris\u00e9e par une d\u00e9pression de nature particuli\u00e8re, qui condamne dans tous les pays capitalistes des dizaines de millions de ch\u00f4meurs \u00e0 la famine et \u00e0 la mort lente et des centaines de millions d&rsquo;ouvriers, de paysans, d&rsquo;intellectuels, de petits bourgeois et d&rsquo;esclaves coloniaux \u00e0 l&rsquo;indigence, a encore approfondi l&rsquo;ab\u00eeme entre le petit groupe de monopolistes du Capital financier et les masses fondamentales du peuple vou\u00e9es \u00e0 la mis\u00e8re et au d\u00e9sespoir.<\/p> <p class=Texte>La foi dans le capitalisme, dans l&rsquo;aptitude des chefs el des dirigeants de l&rsquo;\u00e9conomie capitaliste et de l&rsquo;\u00c9tat, \u00e0 trouver une issue \u00e0 la crise et \u00e0 arriver \u00e0 une nouvelle prosp\u00e9rit\u00e9, est sap\u00e9e parmi les grandes masses du peuple. L&rsquo;autorit\u00e9 des imp\u00e9rialistes est affaiblie dans les colonies, tous les fondements \u00e9conomiques sociaux et politiques de la soci\u00e9t\u00e9 bourgeoise sont \u00e9branl\u00e9s, de sorte que les classes dominantes elles-m\u00eames sont oblig\u00e9es de recourir \u00e0 une d\u00e9magogie anticapitaliste.<\/p> <p class=Texte>Telle est la situation qui, mettant sous les yeux des masses travailleuses de la fa\u00e7on la plus tangible le contraste entre le capitalisme et le socialisme, aggravera rapidement la lutte des opprimes contre leurs oppresseurs, fera rapidement grandir l&rsquo;indignation des masses contre le r\u00e9gime capitaliste, am\u00e8nera \u00e0 sa maturit\u00e9 la crise r\u00e9volutionnaire et fera m\u00fbrir dans la conscience des masses prol\u00e9tariennes de plus en plus importantes l&rsquo;id\u00e9e de l&rsquo;assaut du capitalisme.<\/p> <p class=Texte>Mais il peut arriver que, dans quelques pays, l&rsquo;\u00e9conomie capitaliste, surmontant les conditions d\u00e9favorables \u00e0 son d\u00e9veloppement, connaisse encore un essor passager, que la bourgeoisie de ces pays trouve un all\u00e8gement. Cependant un tel essor de l&rsquo;\u00e9conomie capitaliste dans les conditions d&rsquo;aggravation g\u00e9n\u00e9rale de la crise du capitalisme ne saurait amener la stabilisation et le reflux de la vague r\u00e9volutionnaire. Au contraire, cela ne fera que renforcer la lutte entre les diff\u00e9rents groupes de la bourgeoisie qui s&#8217;empresseront de profiter de la conjoncture am\u00e9lior\u00e9e, cela accentuera la lutte sur l&rsquo;ar\u00e8ne internationale, car les march\u00e9s sont prot\u00e9g\u00e9s par de hautes barri\u00e8res douani\u00e8res, car, en fin de compte, l&rsquo;essor d&rsquo;un pays quelconque se fera aux d\u00e9pens d&rsquo;autres pays qui seront refoul\u00e9s \u00e0 l&rsquo;arri\u00e8re-plan.<\/p> <p class=Texte>Tout cela aggravera la situation politique tout enti\u00e8re, le danger de guerre grandira, l&rsquo;incertitude des masses quant \u00e0 leur avenir n&rsquo;en sera pas diminu\u00e9e. Cela signifie que, quel que soit le d\u00e9veloppement \u00e9conomique des prochaines ann\u00e9es, la d\u00e9composition du capitalisme est d\u00e9j\u00e0 si avanc\u00e9e qu&rsquo;une am\u00e9lioration s\u00e9rieuse de la situation du capitalisme est d\u00e9j\u00e0 impossible. Cela signifie que tout le d\u00e9veloppement du capitalisme va \u00e0 la maturation de la crise r\u00e9volutionnaire.<\/p> <p class=Texte>Le d\u00e9clin du syst\u00e8me capitaliste d&rsquo;une part et, d&rsquo;autre part, la victoire du socialisme en U. R. S. S. et l&rsquo;accroissement de son influence sur les travailleurs des pays capitalistes r\u00e9volutionnent les masses travailleuses du monde entier et rendent la situation des classe dominantes de plus en plus mal assur\u00e9e et chancelante.<\/p> <p class=Texte>La bourgeoisie se sent faible et isol\u00e9e. Le pouvoir de la bourgeoisie devient de plus en plus instable, sa base sociale r\u00e9formiste vacille et dispara\u00eet de plus en plus. C&rsquo;est pourquoi la bourgeoisie ne peut plus conserver son masque d\u00e9mocratique qui lui \u00e9tait utile pour r\u00e9aliser sa domination, elle est contrainte de l&rsquo;enlever. La bourgeoisie, non qu&rsquo;elle le veuille, mais contrainte par la n\u00e9cessit\u00e9, cherche de plus en plus dans un nombre de plus en plus grand de pays nouveaux \u00e0 assurer sa domination en passant des m\u00e9thodes parlementaires \u00e0 la m\u00e9thode gouvernementale de terreur fasciste, en privant les travailleurs des derniers vestiges des droits d\u00e9mocratiques et du droit de d\u00e9fense de leurs int\u00e9r\u00eats.<\/p> <p class=Intertitre2a>Le fascisme, c&rsquo;est la guerre<\/p> <p class=Texte>Mais la politique d&rsquo;autarchie, la politique de nationalisme \u00e9conomique pratiqu\u00e9e par les fascistes dans le but de mettre le march\u00e9 int\u00e9rieur \u00e0 la disposition exclusive de la bourgeoisie du pays pour d\u00e9trousser les masses, d\u00e9sorganise encore davantage le commerce ext\u00e9rieur et l&rsquo;\u00e9conomie mon\u00e9taire. L&rsquo;orientation vers un nouveau partage du monde renforce le joug militariste, d\u00e9sorganise de plus en plus les finances de l&rsquo;\u00c9tat, entra\u00eene le pillage d&rsquo;une partie, de plus en plus grande, du revenu national pour le financement des pr\u00e9paratifs de guerre et aggrave de plus en plus la situation des travailleurs.<\/p> <p class=Texte>Le chauvinisme effr\u00e9n\u00e9 des fascistes et les pr\u00e9paratifs guerre des pays fascistes les plus importants m\u00e8nent au renforcement du chauvinisme et de la fi\u00e8vre d&rsquo;armement dans tout le monde capitaliste.<\/p> <p class=Texte>Mais l\u00e0 o\u00f9 la bourgeoisie a r\u00e9ussi \u00e0 r\u00e9tablir la dictature fasciste, les masses ouvri\u00e8res du fait de l&rsquo;oppression, de l&rsquo;absence de tous droits de l&rsquo;exploitation croissante et de la pr\u00e9paration de la guerre, comprennent de plus en plus clairement que le fascisme agit non pas dans l&rsquo;int\u00e9r\u00eat du peuple, mais uniquement dans les int\u00e9r\u00eats d&rsquo;une oligarchie financi\u00e8re. L\u00e0 s&rsquo;accro\u00eet rapidement le m\u00e9contentement des masses qui ont perdu leurs illusions sur le capitalisme, sur les voies d\u00e9mocratiques de lutte. L\u00e0 m\u00fbrit dans les t\u00e9n\u00e8bres de la dictature fasciste les soul\u00e8vements des masses populaires contre le fascisme.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;offensive de la bourgeoisie, ses tentatives d&rsquo;instaurer la dictature fasciste ont d\u00e9j\u00e0 men\u00e9 \u00e0 des crises politiques en Autriche, en Espagne, en France. Maintenant, o\u00f9 chaque ouvrier sait d\u00e9j\u00e0 ce que lui r\u00e9serve le fascisme, la r\u00e9sistance des masses \u00e0 l&rsquo;instauration de la dictature fasciste se renforcera chaque jour, le m\u00e9contentement des masses grandira dans des proportions toujours plus grandes.<\/p> <p class=Texte>Toute la politique des fascistes produit un renforcement du mouvement antifasciste dans les pays o\u00f9 sont encore rest\u00e9s des vestiges de parlementarisme et de&rsquo; libert\u00e9s d\u00e9mocratiques. La bourgeoisie de ces pays en a plus de difficult\u00e9s pour passer \u00e0 la dictature fasciste. Cela d\u00e9sorganise de plus en plus tout le syst\u00e8me imp\u00e9rialiste. Notre mot d&rsquo;ordre c&rsquo;est la lutte contre le fascisme.<\/p> <p class=Intertitre2a>Le socialisme, c&rsquo;est la paix<\/p> <p class=Texte>Nous sommes persuad\u00e9s qu&rsquo;il est possible d&rsquo;\u00e9viter la guerre, au moyen de la lutte commune pour la paix du prol\u00e9tariat des pays capitalistes et de l&rsquo;U. R. S. S.<\/p> <p class=Texte>Si Ion r\u00e9ussit, par la lutte de l&rsquo;Union sovi\u00e9tique et des travailleurs de tous les pays, \u00e0 emp\u00eacher les imp\u00e9rialistes de d\u00e9cha\u00eener une nouvelle boucherie mondiale et \u00e0 maintenir la paix, cela ne t\u00e9moignera pas seulement d&rsquo;une croissance formidable des forces du prol\u00e9tariat, cela aura aussi pour effet que l&rsquo;\u00e9dification du socialisme dans l&rsquo;Union sovi\u00e9tique et le contraste toujours plus grand entre celle-ci et le monde capitaliste assureront une croissance formidable de la r\u00e9volutionnarisation des masses travailleuses.<\/p> <p class=Texte>Si par la lutte de l&rsquo;Union sovi\u00e9tique et des travailleurs de tous les pays capitalistes pour la paix on ajourne la guerre, ne f\u00fbt-ce que pour un certain temps, cela permettra aussi au prol\u00e9tariat de mieux d\u00e9velopper ses positions dans les pays capitalistes, de renforcer encore davantage la puissance de l&rsquo;Union sovi\u00e9tique et de se cr\u00e9er des conditions plus favorables pour transformer la guerre entre les imp\u00e9rialistes, ou la guerre des imp\u00e9rialistes contre l&rsquo;Union sovi\u00e9tique en une r\u00e9volution victorieuse, triomphale.<\/p> <p class=Texte>Mais si le prol\u00e9tariat ne r\u00e9ussit pas \u00e0 emp\u00eacher la guerre, la nouvelle guerre mondiale ourdie par les imp\u00e9rialistes sera une guerre de brigands imp\u00e9rialistes pour le pillage des peuples de l&rsquo;Union sovi\u00e9tique, pour l&rsquo;assouvissement des peuples petits et faibles aujourd&rsquo;hui encore ind\u00e9pendants, pour un nouveau partage des colonies et des sph\u00e8res d&rsquo;influence des grandes puissances imp\u00e9rialistes.<\/p> <p class=Texte>La guerre apportera \u00e0 tous les travailleurs une mis\u00e8re indicible. Les travailleurs souffriront-ils cela?<\/p> <p class=Texte>Si la guerre du Japon contre le peuple chinois a d\u00e9j\u00e0 provoqu\u00e9 une effervescence des masses populaires dans les deux pays, une pouss\u00e9e des gens les meilleurs du peuple chinois vers l&rsquo;union pour la lutte commune, aux c\u00f4t\u00e9s de l&rsquo;Arm\u00e9e rouge chinoise, si les pr\u00e9paratifs de guerre de l&rsquo;Allemagne ont provoqu\u00e9 dans le monde entier un mouvement contre la guerre, il ne saurait y avoir de doute que le d\u00e9clenchement d&rsquo;une guerre des imp\u00e9rialistes contre l&rsquo;Union sovi\u00e9tique ou entre eux provoquera une conflagration ouverte de toutes les contradictions du syst\u00e8me imp\u00e9rialiste et conduira les prol\u00e9taires de tous les pays, les travailleurs du monde entier et des peuples tout entiers, \u00e0 l&rsquo;accentuation extr\u00eame de la lutte de classe.<\/p> <p class=Texte>Le d\u00e9cha\u00eenement de la guerre par les imp\u00e9rialistes signifiera le d\u00e9but de la crise r\u00e9volutionnaire dans le monde capitaliste tout entier.<\/p> <p class=Texte>Le devoir des prol\u00e9taires de tous les pays sera de lutter pour la victoire de la r\u00e9volution, pour la transformation de la guerre imp\u00e9rialiste en guerre civile contre la bourgeoisie.<\/p> <p class=Texte>Quel que soit le d\u00e9veloppement ult\u00e9rieur de la situation, il conduit \u00e0 la r\u00e9volution.<\/p> <p class=Texte>La crise r\u00e9volutionnaire n&rsquo;est pas encore mure, mais elle m\u00fbrit dans le monde entier. La bourgeoisie, par ses pr\u00e9paratifs effr\u00e9n\u00e9s de guerre et par les tentatives d&rsquo;instaurer la dictature fasciste dans des pays toujours nouveaux, aggrave toujours davantage la situation, acc\u00e9l\u00e8re la maturation de cette crise. Les paroles suivantes de L\u00e9nine caract\u00e9risent la situation<a href=\"#_edn70\" name=\"_ednref70\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[70]<\/span><\/span><\/span><\/a>:<\/p> <p class=MsoQuote>La bourgeoisie se conduit comme un forban sans vergogne qui a perdu la t\u00eate. Elle fait b\u00eatise sur b\u00eatise, aggravant la situation et pr\u00e9cipitant sa propre ruine&#8230; Il s&rsquo;agit de &quot;d\u00e9montrer&quot; maintenant par la pratique des partis r\u00e9volutionnaires, que ces derniers ont assez de conscience, d&rsquo;esprit et d&rsquo;organisation, d&rsquo;attaches avec les masses exploit\u00e9es, de r\u00e9solution, de savoir-faire pour exploiter cette crise au profit d&rsquo;une r\u00e9volution victorieuse.<\/p> <p class=Intertitre2a>Sous le drapeau de L\u00e9nine-Staline, \u00e0 l&rsquo;assaut du capitalisme<\/p> <p class=Texte>Nul ordre social ne tombe de lui-m\u00eame, si pourri qu&rsquo;il soit, il faut le renverser. Nulle crise r\u00e9volutionnaire ne peut octroyer la victoire au prol\u00e9tariat, si celui-ci ne sait pas organiser cette victoire et la remporter.<\/p> <p class=Texte>Notre t\u00e2che est d&rsquo;organiser ces masses travailleuses qui se l\u00e8vent contre le capitalisme en une arm\u00e9e r\u00e9volutionnaire coh\u00e9rente du prol\u00e9tariat et de la conduire \u00e0 l&rsquo;assaut du capitalisme.<\/p> <p class=Texte>Notre congr\u00e8s mondial doit raffermir la volont\u00e9 de tous les prol\u00e9taires de mettre fin \u00e0 la division dans la classe ouvri\u00e8re, d&rsquo;\u00e9tablir un vaste front unique capable de mobiliser les plus grandes masses du peuple pour la lutte contre l&rsquo;offensive du Capital, contre le fascisme et la guerre.<\/p> <p class=Texte>Notre congr\u00e8s mondial doit montrer au prol\u00e9tariat la voie vers un parti r\u00e9volutionnaire unique se pla\u00e7ant sur le terrain in\u00e9branlable du marxisme-l\u00e9ninisme.<\/p> <p class=Texte>Nous tous, nous devrons emporter de ce congr\u00e8s la claire conscience que le sort du prol\u00e9tariat et de toute l&rsquo;humanit\u00e9 d\u00e9pend de nous, de notre travail.<\/p> <p class=Texte>Nous devrons emporter de ce congr\u00e8s la claire conscience que seul le renversement de la domination des classes exploiteuses, seule l&rsquo;instauration de la dictature du prol\u00e9tariat et du pouvoir sovi\u00e9tique peuvent arracher les masses travailleuses \u00e0 la mis\u00e8re, \u00e0 la d\u00e9tresse et \u00e0 leur sort horrible.<\/p> <p class=Texte>Le prol\u00e9tariat s&rsquo;est av\u00e9r\u00e9, dans de nombreuses luttes de classe, encore trop faible, parce qu&rsquo;il est divis\u00e9, parce que les Partis communistes \u00e9taient encore trop faibles.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;heure exige de renforcer les Partis communistes en tant que guides dans la lutte pour le pouvoir sovi\u00e9tique. La situation mondiale est extr\u00eamement tendue. Chaque jour peut nous placer devant de grands \u00e9v\u00e9nements r\u00e9volutionnaires, devant la n\u00e9cessite de nous mettre \u00e0 la t\u00eate d&rsquo;un mouvement de millions de travailleurs pour leur affranchissement, nous communistes, nous montrons aux masses la seule issue de la crise, l&rsquo;issue des ouvriers et des paysans de l&rsquo;Union sovi\u00e9tique, l&rsquo;issue du pouvoir sovi\u00e9tique.<\/p> <p class=Texte>Notre t\u00e2che n&rsquo;est pas seulement de montrer cette issue aux masses, mais de nous y engager avec elles, \u00e0 leur t\u00eate.<\/p> <p class=Texte>Nous partons en lutte pour la libert\u00e9, pour la paix, pour le pain, pour le pouvoir sovi\u00e9tique, pour le socialisme.<\/p> <p class=Texte>Notre principal mot d&rsquo;ordre est la lutte pour le pouvoir sovi\u00e9tique.<\/p> <p class=Texte>Notre drapeau est le drapeau de Marx, d&rsquo;Engels, de L\u00e9nine, de Staline!<\/p> <p class=Texte>Notre chef est Staline!<\/p> <p class=Texte>Sous ce drapeau p\u00e9n\u00e9trons plus profond\u00e9ment dans les masses, resserrons nos liens avec les masses, \u00e9largissons le front unique avec le prol\u00e9tariat!<\/p> <p class=Texte>Communistes! Cimentez la classe r\u00e9volutionnaire en une seule arm\u00e9e politique de millions d&rsquo;organis\u00e9s! <\/p> <p class=Intertitre2>Discours de cl\u00f4ture sur la discussion du rapport sur l&rsquo;activit\u00e9 du C.E. de l&rsquo;I.C.<\/p> <p class=Texte>Camarades, les six jours de d\u00e9bats sur le rapport d&rsquo;activit\u00e9 du Comit\u00e9 ex\u00e9cutif de l&rsquo;Internationale communiste auxquels 60 orateurs de 46 pays ont particip\u00e9, ont montr\u00e9 quel chemin formidable l&rsquo;Internationale communiste, l&rsquo;avant-garde du prol\u00e9tariat mondial, a parcouru dans son d\u00e9veloppement depuis le 6e congr\u00e8s mondial. Les Partis communistes se sont renforc\u00e9s dans tous les pays et se sont plac\u00e9s \u00e0 la t\u00eate de grands mouvements de masse des travailleurs. Si, au moment du 6e congr\u00e8s mondial, nous avions encore dans une s\u00e9rie de sections un travail fractionnel int\u00e9rieur \u00e0 enregistrer, l&rsquo;I.C. et ses sections ont aujourd&rsquo;hui une homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 et une coh\u00e9sion telles qu&rsquo;elles n&rsquo;en connurent jamais auparavant. Les d\u00e9bats ont fourni un t\u00e9moignage \u00e9loquent de la coh\u00e9sion id\u00e9ologique et politique de toutes nos sections, ainsi que de l&rsquo;augmentation de leur influence sur les masses. (Applaudissements enthousiastes.)<\/p> <p class=Texte>Le rapport du Comit\u00e9 ex\u00e9cutif a trouv\u00e9 l&rsquo;approbation enti\u00e8re des orateurs de tous les Partis communistes. Tout ce que les camarades intervenus dans les d\u00e9bats ont expos\u00e9, au sujet des exp\u00e9riences faites dans leurs luttes, confirme enti\u00e8rement la justesse de la ligne bolchevik de l&rsquo;I.C., son analyse et ses perspectives du d\u00e9veloppement international.<\/p> <p class=Texte>La formation du front unique prol\u00e9tarien et la formation du front populaire de tous les travailleurs pour la lutte contre l&rsquo;offensive du Capital, le fascisme et la guerre, ont \u00e9t\u00e9 pos\u00e9es par toutes les sections comme la t\u00e2che principale, \u00e9tant donn\u00e9 qu&rsquo;un certain nombre de sections dans la lutte pour l&rsquo;accomplissement de cette t\u00e2che extr\u00eamement importante, ont d\u00e9j\u00e0 enregistr\u00e9 quelques succ\u00e8s. Mais il nous faut malheureusement constater que les orateurs n&rsquo;ont pas suffisamment pris position dans les d\u00e9bats \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de l&rsquo;exp\u00e9rience internationale expos\u00e9e dans le rapport, mais qu&rsquo;ils se sont, au contraire, pour le plus grand nombre, exclusivement born\u00e9s \u00e0 mettre en lumi\u00e8re les \u00e9v\u00e9nements pass\u00e9s dans leur propre pays, ainsi que les exp\u00e9riences qui y ont \u00e9t\u00e9 faites.<\/p> <p class=Texte>Dans le rapport du C.E. de l&rsquo;I.C., une critique tout \u00e0 fait s\u00e9rieuse a \u00e9t\u00e9 faite du travail et des fautes de nos diff\u00e9rents Partis. La plupart des camarades ont bien reconnu dans leurs discours, au cours de la discussion, la justesse de cette critique, mais il s&rsquo;en faut de beaucoup qu&rsquo;ils en soient arriv\u00e9s aux conclusions qu&rsquo;il faut en tirer pour am\u00e9liorer leur travail. Nous esp\u00e9rons que dans la discussion du second point de l&rsquo;ordre du jour qui posera les probl\u00e8mes du front unique, les camarades combleront cette lacune.<\/p> <p class=Texte>Il faut faire remarquer aussi que, dans leurs interventions, quelques camarades ont manifest\u00e9 de la suffisance relative aux succ\u00e8s obtenus, et ils n&rsquo;ont pas assez expliqu\u00e9 pourquoi, malgr\u00e9 les conditions favorables, notre influence n&rsquo;a pu \u00eatre implant\u00e9e plus fortement dans es masses.<\/p> <p class=Texte>Le camarade Cachin a parl\u00e9 du grand travail que le Parti communiste de France a fait pour le front unique du prol\u00e9tariat et pour le front populaire de tous les travailleurs contre le fascisme. La tactique des camarades fran\u00e7ais a r\u00e9sist\u00e9 victorieusement \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve et a fourni au Parti de grands succ\u00e8s politiques, mais les succ\u00e8s obtenus ont besoin encore de consolidation. Mais le danger fasciste est extr\u00eamement grand en France, et c&rsquo;est pourquoi nous sommes en droit d&rsquo;exiger des camarades fran\u00e7ais de nouveaux succ\u00e8s dans la lutte contre le fascisme, sur la base de la ligne juste dans laquelle s&rsquo;est engag\u00e9 le Parti et qui est un exemple pour l&rsquo;ensemble de l&rsquo;I.C.<\/p> <p class=Texte>Nous sommes en France \u00e0 la veille de luttes formidables. Les deux camps mobilisent pour ces combats et la victoire ou la d\u00e9faite du front populaire sera d&rsquo;une port\u00e9e immense pour l&rsquo;ensemble du mouvement ouvrier international, pour l&rsquo;ensemble de la situation mondiale.<\/p> <p class=Texte>Le travail de notre Parti fran\u00e7ais, qui a su \u00e9veiller et organiser la volont\u00e9 de r\u00e9sistance contre la barbarie fasciste dans les couches les plus profondes du peuple fran\u00e7ais, doit \u00eatre un exemple pour tous nos partis.<\/p> <p class=Texte>Le repr\u00e9sentant du Parti communiste d&rsquo;Espagne, le camarade Garcia, nous a fait un tableau vivant des grands combats d&rsquo;octobre et des efforts du Parti pour \u00e9tablir le front unique du prol\u00e9tariat.<\/p> <p class=Texte>Mais le Parti espagnol a des faiblesses politiques. \u00c0 la diff\u00e9rence du Parti communiste autrichien, nos camarades d&rsquo;Espagne, apr\u00e8s l&rsquo;insurrection arm\u00e9e en octobre 1934, n&rsquo;ont pas su expliquer aux masses les fautes de la direction social-d\u00e9mocrate et n&rsquo;ont pas abouti \u00e0 un tournant des grandes masses social-d\u00e9mocrates vers le communisme.<\/p> <p class=Texte>La lutte en Espagne n&rsquo;est pas termin\u00e9e. Il faut que le Parti d\u00e9ploie maintenant plus d&rsquo;initiative encore dans l&rsquo;organisation des masses. Il faut qu&rsquo;il fasse encore de plus grands efforts pour instaurer le front unique avec les ouvriers socialistes et anarchistes, afin de se pr\u00e9parer aux combats politiques d&rsquo;avenir.<\/p> <p class=Texte>Nous avons l&rsquo;assurance que les camarades espagnols qui se trouvent sur la voie juste, non seulement corrigeront les lacunes de leur travail, mais remporteront aussi de nouveaux grands succ\u00e8s.<\/p> <p class=Texte>Le camarade Furini, au nom de la d\u00e9l\u00e9gation italienne, a exprim\u00e9 son accord complet avec ma d\u00e9claration qui constate le commencement d&rsquo;un revirement dans les sentiments des ouvriers italiens. Cependant, cela seul ne suffit pas. Le Parti communiste d&rsquo;Italie travaille encore de fa\u00e7on faible dans les organisations fascistes. Or, sans un travail s\u00e9rieux dans ces organisations, il ne saurait \u00e9tablir le contact avec les grandes masses. Il importe de vaincre les restes des orientations sectaires, afin que le travail puisse \u00eatre mieux d\u00e9velopp\u00e9 dans les organisations fascistes de masse. C&rsquo;est une chose d&rsquo;autant plus n\u00e9cessaire que la situation qui se forme par suite de la guerre imminente contre l&rsquo;Abysinie<a href=\"#_edn71\" name=\"_ednref71\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[71]<\/span><\/span><\/span><\/a>, exige imp\u00e9rieusement que le Parti devienne le v\u00e9ritable chef des grandes masses de la classe ouvri\u00e8re.<\/p> <p class=Texte>Les trois camarades chinois qui sont intervenus au congr\u00e8s nous ont pr\u00e9sent\u00e9 un tableau des luttes qui se d\u00e9roulent en Chine et nous ont montr\u00e9 comment le Parti chinois, dans les conditions les plus difficiles, organise la lutte contre les oppresseurs du pays et de l&rsquo;\u00e9tranger, la lutte pour le pouvoir sovi\u00e9tique. Leurs interventions nous ont montr\u00e9 le grand chemin que le P.C. de Chine a parcouru dans la p\u00e9riode \u00e9coul\u00e9e entre le 6e et le 7e congr\u00e8s, chemin qui remplit le coeur des communistes du monde entier d&rsquo;orgueil et de joie. (Vifs applaudissements.)<\/p> <p class=Texte>Les camarades ont indiqu\u00e9 comment le Parti est devenu une immense organisation de masse, comment fut form\u00e9e l&rsquo;Arm\u00e9e rouge et comment a \u00e9t\u00e9 instaur\u00e9 le nouvel \u00c9tat sovi\u00e9tique.<\/p> <p class=Texte>Ils nous ont indiqu\u00e9 comment des chefs d&rsquo;arm\u00e9e et des hommes d&rsquo;\u00c9tat ont \u00e9t\u00e9 form\u00e9s d&rsquo;anciens ouvriers, paysans, artisans et \u00e9tudiants, et comment, sous la direction du Parti, un peuple de 450 millions d&rsquo;\u00eatres humains, foul\u00e9 aux pieds et martyris\u00e9 par les imp\u00e9rialistes, m\u00e8ne la lutte pour sa lib\u00e9ration.<\/p> <p class=Texte>Le P.C. de Chine est un mod\u00e8le pour tous les communistes des colonies et des pays d\u00e9pendants. Mais \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du P.C. de Chine, les Partis communistes de quelques pays coloniaux se trouvaient aussi, entre le 6e et le 7e congr\u00e8s, \u00e0 la t\u00eate de vastes mouvements de masse. Cependant, ces mouvements furent \u00e9cras\u00e9s par les imp\u00e9rialistes. Il faut que les partis de ces pays concentrent d\u00e9sormais leurs forces pour de nouveaux combats.<\/p> <p class=Texte>Il faut qu&rsquo;un certain nombre d&rsquo;autres partis des pays coloniaux qui constituent encore des groupes d&rsquo;avant-garde insignifiants, concentrent maintenant leur attention de fa\u00e7on \u00e0 faire p\u00e9n\u00e9trer, par le moyen de l&rsquo;organisation de la lutte elle-m\u00eame pour les plus petites revendications quotidiennes, la conscience r\u00e9volutionnaire dans les grandes masses ouvri\u00e8res et a cr\u00e9er des cadres de r\u00e9volutionnaires. Il faut extirper jusque dans la racine le sectarisme encore r\u00e9pandu dans les sections de ces pays.<\/p> <p class=Texte>Tous les camarades qui ont pris la parole dans la discussion ont reconnu la n\u00e9cessit\u00e9 de notre travail dans toutes les organisations de masse des travailleurs. Nous avons d\u00e9j\u00e0 entendu \u00e0 nos sessions pr\u00e9c\u00e9dentes de l&rsquo;Assembl\u00e9e pl\u00e9ni\u00e8re du C.E. de l&rsquo;I.C. reconna\u00eetre de cette fa\u00e7on la n\u00e9cessite du travail de masse et, n\u00e9anmoins, ce travail n&rsquo;a progress\u00e9 que tr\u00e8s lentement. On ne peut expliquer cela que par le fait que les communistes pr\u00e9f\u00e8rent ne travailler que dans des organisations r\u00e9volutionnaires et consid\u00e8rent le petit travail journalier dans les organisations cr\u00e9\u00e9es par les partis r\u00e9formistes, bourgeois-d\u00e9mocratiques ou fascistes comme une t\u00e2che secondaire, nullement importante ou m\u00eame indigne d&rsquo;un communiste. Il faut en finir tout \u00e0 fait r\u00e9solument avec de telles conceptions et orientations.<\/p> <p class=Texte>Le rapport d&rsquo;activit\u00e9 du C.E. de l&rsquo;I.C. a soulign\u00e9 un certain nombre de lacunes importantes non seulement dans le travail de certaines sections, mais aussi dans le travail du Comit\u00e9 ex\u00e9cutif de l&rsquo;Internationale communiste. Le Comit\u00e9 ex\u00e9cutif de l&rsquo;I.C. consid\u00e8re comme d&rsquo;une n\u00e9cessit\u00e9 pressante et comme une chose importante l&rsquo;am\u00e9lioration de son travail. Un certain nombre de sections ont pr\u00e9sent\u00e9 des propositions sp\u00e9ciales pour l&rsquo;am\u00e9lioration du travail du Comit\u00e9 ex\u00e9cutif de l&rsquo;Internationale communiste et j&rsquo;en ai d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9 quelques-unes dans le rapport du Comit\u00e9 ex\u00e9cutif. Le projet de r\u00e9solution r\u00e9dig\u00e9 sur la base des propositions des d\u00e9l\u00e9gations pr\u00e9sente \u00e0 votre ratification ces propositions d&rsquo;am\u00e9lioration.<\/p> <p class=Texte>Dans le travail du Comit\u00e9 ex\u00e9cutif il y avait un certain nombre de d\u00e9fectuosit\u00e9s. Naturellement, cela n&rsquo;est pas d&rsquo;une grave importance si, dans certains cas, le Comit\u00e9 ex\u00e9cutif n&rsquo;a pas r\u00e9pondu \u00e0 temps \u00e0 telle ou telle lettre ne touchant pas \u00e0 des questions politiques fondamentales de notre mouvement. Il est tout \u00e0 fait possible que des cas de ce genre se soient produits et que le camarade Muller, du Parti communiste de Luxembourg, ait tout \u00e0 fait raison de se plaindre \u00e0 ce sujet. Cependant beaucoup plus importants sont les cas o\u00f9 le Comit\u00e9 ex\u00e9cutif a tard\u00e9 \u00e0 soutenir telle ou telle section dans les questions politiques importantes. Au cours des d\u00e9bats, le camarade Campbell, le repr\u00e9sentant du Parti communiste d&rsquo;Angleterre, s&rsquo;est occup\u00e9 particuli\u00e8rement de ces d\u00e9fectuosit\u00e9s politiques g\u00e9n\u00e9rales du travail du Comit\u00e9 ex\u00e9cutif. Nous soulignons express\u00e9ment que nous approuvons tout \u00e0 fait la critique du camarade Campbell. Mais cette critique n&rsquo;est pas juste dans tous les cas. Si je m&rsquo;arr\u00eate sur cette critique, c&rsquo;est seulement dans le but de mettre un peu plus au premier plan la question soulev\u00e9e par le camarade Campbell.<\/p> <p class=Texte>Le Comit\u00e9 ex\u00e9cutif porte au m\u00eame titre que les sections la responsabilit\u00e9 de toutes nos insuffisances. Mais dans son effort pour renforcer et am\u00e9liorer le travail, le Comit\u00e9 ex\u00e9cutif de l&rsquo;I.C. ne peut s&rsquo;appuyer que sur les sections elles-m\u00eames. Nous avons soulign\u00e9 cat\u00e9goriquement cette grande lacune que le Comit\u00e9 ex\u00e9cutif dans son travail n&rsquo;\u00e9tait pas suffisamment aid\u00e9 par les sections. Nous ne pourrons supprimer les fautes et lacunes de notre travail que lorsque les meilleurs repr\u00e9sentants des sections collaboreront d&rsquo;une fa\u00e7on permanente au Comit\u00e9 ex\u00e9cutif, et lorsque les sections elles-m\u00eames soumettront au Comit\u00e9 ex\u00e9cutif les affaires correspondantes.<\/p> <p class=Texte>Le camarade Campbell s&rsquo;est occup\u00e9 d&rsquo;une fa\u00e7on particuli\u00e8rement d\u00e9taill\u00e9e du travail syndical et des tendances sectaires qui s&rsquo;y sont fait jour. Il a pos\u00e9 la question de savoir s&rsquo;il est vrai que toute la responsabilit\u00e9 des fautes sectaires qui ont \u00e9t\u00e9 commises dans la strat\u00e9gie et la tactique gr\u00e9vistes, p\u00e8se sur les diff\u00e9rents partis et si le Comit\u00e9 ex\u00e9cutif a pris \u00e0 temps l&rsquo;initiative de combattre les tendances \u00e0 nier la n\u00e9cessit\u00e9 du travail dans les syndicats r\u00e9formistes.<\/p> <p class=Texte>Dans le rapport du Comit\u00e9 ex\u00e9cutif, les fautes sectaires qui sont apparues dans le travail syndical ont \u00e9t\u00e9 amplement condamn\u00e9es, en s&rsquo;appuyant sur les citations des passages correspondants de la r\u00e9solution de Strasbourg. Mais le camarade Campbell, dans sa critique, n&rsquo;a pas suffisamment tenu compte du fait que les 10e, 11e et 12e Assembl\u00e9es pl\u00e9ni\u00e8res du Comit\u00e9 ex\u00e9cutif de l&rsquo;I.C. se sont prononc\u00e9es contre les tendances sectaires dans la question syndicale qui se sont fait jour aussi dans la r\u00e9solution de Strasbourg. Aussi suis-je oblig\u00e9 de faire quelques citations.<\/p> <p class=Texte>Dans la r\u00e9solution de la 10e Assembl\u00e9e pl\u00e9ni\u00e8re du C.E. de l&rsquo;I.C.<a href=\"#_edn72\" name=\"_ednref72\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[72]<\/span><\/span><\/span><\/a>, il est dit express\u00e9ment que les communistes ne doivent &quot;dans aucun cas inviter les ouvriers \u00e0 sortir des syndicats r\u00e9formistes&quot;. Au sujet du travail dans les syndicats r\u00e9formistes, on peut lire: &quot;au contraire, il faut encore renforcer ce travail&quot;. Il y a plus encore, la 10e Assembl\u00e9e pl\u00e9ni\u00e8re du C.E. de l&rsquo;I.C. s est prononc\u00e9e, d&rsquo;une fa\u00e7on tout \u00e0 fait r\u00e9solue, contre les &quot;tendances dangereuses \u00e0 renoncer au travail dans les syndicats r\u00e9formistes&quot;, contre toute &quot;r\u00e9vision des d\u00e9cisions&quot; sur le travail au sein des syndicats r\u00e9formistes. \u00c0 cet effet, on cite encore dans cette r\u00e9solution de la 10e Assembl\u00e9e pleni\u00e8re du C.E. de l&rsquo;I.C. la phrase suivante tir\u00e9e du livre de L\u00e9nine, la Maladie infantile du communisme<a href=\"#_edn73\" name=\"_ednref73\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[73]<\/span><\/span><\/span><\/a>:<\/p> <p class=MsoQuote>Pour aider les &quot;masses&quot;, pour s&rsquo;acqu\u00e9rir le soutien, la sympathie, l&rsquo;adh\u00e9sion de la &quot;masse&quot;, on ne doit pas craindre les difficult\u00e9s, on ne doit craindre aucune intrigue, aucune perfidie, aucune chicane, aucune offense, aucune r\u00e9pression de la part des &quot;chefs&quot;&#8230;, et il faut absolument travailler l\u00e0 o\u00f9 sont les masses.<\/p> <p class=Texte>La 11e Assembl\u00e9e pl\u00e9ni\u00e8re du C.E. de l&rsquo;I.C. d\u00e9clare dans sa r\u00e9solution qu&rsquo;une lacune essentielle dans le travail de la plupart des sections de l&rsquo;I.C. r\u00e9side:<\/p> <p class=MsoQuote>&#8230;dans la sous-estimation opportuniste ou sectaire et dans la n\u00e9gligence du travail d&rsquo;une immense importance au sein des syndicats r\u00e9formistes<a href=\"#_edn74\" name=\"_ednref74\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[74]<\/span><\/span><\/span><\/a>.<\/p> <p class=Texte>La 12e Assembl\u00e9e pl\u00e9ni\u00e8re du C.E. de l&rsquo;I.C. a aussi pris nettement position contre les tendances antisyndicales. Je ne citerai que le paragraphe suivant de cette r\u00e9solution<a href=\"#_edn75\" name=\"_ednref75\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[75]<\/span><\/span><\/span><\/a>:<\/p> <p class=MsoQuote>Une des raisons les plus importantes de la mobilisation insuffisante des masses par les Partis communistes et les organisations syndicales r\u00e9volutionnaires pour la lutte contre l&rsquo;offensive du Capital est le travail d&rsquo;une faiblesse inadmissible dans les syndicats r\u00e9formistes&#8230; L&rsquo;influence de la bureaucratie syndicale r\u00e9formiste&#8230; ne peut \u00eatre bris\u00e9e ni par de grands cris sur la destruction des syndicats que les communistes ne recherchent pas, ni par la fuite hors des syndicats, mais seulement par un travail opini\u00e2tre dans les syndicats r\u00e9formistes, par la lutte pour chaque poste \u00e9lectif dans le syndicat&#8230;.<\/p> <p class=Texte>Je pense donc qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de raison pour faire au Comit\u00e9 ex\u00e9cutif le reproche de n&rsquo;avoir pas pris l&rsquo;initiative de s&rsquo;opposer aux tendances sectaires dans le travail syndical. N\u00e9anmoins, il est possible que le Comit\u00e9 ex\u00e9cutif, en effet, dans quelques cas, ne soit pas intervenu imm\u00e9diatement et pas avec l&rsquo;\u00e9nergie n\u00e9cessaire contre les tendances sectaires qui se sont fait jour dans le travail du Parti et en particulier dans le travail syndical.<\/p> <p class=Texte>Le Comit\u00e9 ex\u00e9cutif a \u00e9galement tard\u00e9 \u00e0 corriger les r\u00e9solutions de la conf\u00e9rence de Strasbourg, et n&rsquo;a pas modifi\u00e9 imm\u00e9diatement les formules qui, s&rsquo;av\u00e9rant erron\u00e9es et ne convenant plus \u00e0 la situation modifi\u00e9e, provoqu\u00e8rent de grandes alt\u00e9rations dans le travail des sections.<\/p> <p class=Texte>Le camarade Campbell s&rsquo;est plaint que la r\u00e9solution de Strasbourg ait \u00e9t\u00e9 &quot;impos\u00e9e&quot;, comme il dit, au Parti communiste d&rsquo;Angleterre, comme tout \u00e0 fait correcte dans tous ses d\u00e9tails et toutes ses formulations. Or, le Comit\u00e9 ex\u00e9cutif a toujours pris en consid\u00e9ration les conditions particuli\u00e8res \u00e0 l&rsquo;Angleterre et attir\u00e9 particuli\u00e8rement l&rsquo;attention de nos camarades anglais sur le fait que les traditions syndicales, fortement implant\u00e9es en Angleterre, doivent \u00eatre prises en consid\u00e9ration dans le travail du Parti et qu&rsquo;une importance sp\u00e9ciale doit \u00eatre accord\u00e9e au travail dans les syndicats et au contact le plus \u00e9troit avec les ouvriers organises syndicalement. Si cependant dans le travail du Parti communiste d&rsquo;Angleterre des fautes de droite ont \u00e9t\u00e9 commises, et si l&rsquo;I.C. a du critiquer ces fautes, cela ne saurait \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 comme favorisant des fautes sectaires.<\/p> <p class=Intertitre2a>Renforcer le travail parmi les jeunes<\/p> <p class=Texte>Passons maintenant \u00e0 la question de la jeunesse. Le camarade Browder, de la d\u00e9l\u00e9gation am\u00e9ricaine, a trouv\u00e9 anormal que dans le rapport du Comit\u00e9 ex\u00e9cutif, la question de la jeunesse ait \u00e9t\u00e9 trop bri\u00e8vement trait\u00e9e. En cela il a raison. Nous aurions d\u00fb, dans le rapport, indiquer encore davantage les grandes lacunes qui se trouvent dans le travail de nos sections, dans la conqu\u00eate, des masses de la jeunesse travailleuse et dans le soutien de nos F\u00e9d\u00e9rations communistes de jeunes.<\/p> <p class=Texte>La conqu\u00eate des masses de la jeunesse laborieuse est une de nos t\u00e2ches les plus importantes, surtout dans la lutte contre le fascisme et la guerre imp\u00e9rialiste. Il faut que nos sections dans les pays aux conditions de travail, l\u00e9gales et ill\u00e9gales, consacrent \u00e0 la conqu\u00eate de la jeunesse la plus grande attention et prennent les mesures pratiques qui, tenant compte du d\u00e9sir ardent de la jeunesse de participer activement au travail dans les domaines sportifs, culturel et politique, soient propres \u00e0 entra\u00eener la jeunesse dans le front unique et \u00e0 emp\u00eacher qu&rsquo;elle soit la proie de la d\u00e9magogie fasciste.<\/p> <p class=Texte>Le camarade Furini, de la d\u00e9l\u00e9gation italienne, a \u00e9lev\u00e9 des reproches tr\u00e8s s\u00e9rieux contre le Comit\u00e9 ex\u00e9cutif de l&rsquo;Internationale des jeunesses communistes. Il a reproch\u00e9 au Comit\u00e9 ex\u00e9cutif de l&rsquo;Internationale des jeunesses communistes d&rsquo;avoir une orientation sectaire et de s&rsquo;\u00eatre av\u00e9r\u00e9 ainsi dans l&rsquo;impossibilit\u00e9 de diriger de fa\u00e7on juste nos f\u00e9d\u00e9rations communistes de jeunes. Cette affirmation est incontestablement exag\u00e9r\u00e9e. Mais c&rsquo;est un fait qu&rsquo;il a exist\u00e9 pendant longtemps dans l&rsquo;I.C.J. de fortes tendances sectaires qui ont emp\u00each\u00e9 la formation d&rsquo;un mouvement de jeunes de masse. La situation dans l&rsquo;I.C.J. s&rsquo;est s\u00e9rieusement am\u00e9lior\u00e9e dans les derni\u00e8res ann\u00e9es. Mais, n\u00e9anmoins, le mouvement des jeunes n&rsquo;a pas encore un caract\u00e8re de masse et on peut y d\u00e9celer encore de tr\u00e8s forts \u00e9l\u00e9ments de sectarisme.<\/p> <p class=Texte>Le camarade Andrey, qui a parl\u00e9 au nom du Comit\u00e9 ex\u00e9cutif de l&rsquo;Internationale des jeunesses communistes a indiqu\u00e9 comment l&rsquo;I.C.J. s&rsquo;est efforc\u00e9e d&rsquo;entra\u00eener les F\u00e9d\u00e9rations des jeunesses communistes dans un v\u00e9ritable travail de masse parmi la jeunesse laborieuse. Sa critique des fautes sectaires \u00e9tait tout \u00e0 fait juste, mais elle avait cette lacune qu&rsquo;elle ne d\u00e9passait pas le cadre des g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9s et qu&rsquo;il y manquait une auto-critique concr\u00e8te du travail de l&rsquo;I.C.J. Une analyse approfondie des causes des fautes sectaires y manquait aussi, ainsi que des propositions concr\u00e8tes pour surmonter ces insuffisances.<\/p> <p class=Texte>Il est certain que l&rsquo;I.C.J. porte \u00e0 un grand degr\u00e9 la responsabilit\u00e9 de la faiblesse du travail dans la jeunesse, mais nous autres, le Comit\u00e9 ex\u00e9cutif de l&rsquo;Internationale communiste, nous autres, les Partis communistes, nous portons avec l&rsquo;I.C.J. l&rsquo;enti\u00e8re responsabilit\u00e9 de la conqu\u00eate de la jeunesse travailleuse pour la lutte r\u00e9volutionnaire. Il faut que les sections de l&rsquo;Internationale communiste consid\u00e8rent le mouvement de la jeunesse comme un des secteurs les plus importants de leur front de travail et qu&rsquo;elles m\u00e8nent la lutte pour gagner les masses de la jeunesse travailleuse au front unique, afin de les entra\u00eener dans la lutte r\u00e9volutionnaire.<\/p> <p class=Texte>C&rsquo;est la t\u00e2che du Comit\u00e9 ex\u00e9cutif de transf\u00e9rer le centre de gravit\u00e9 de son activit\u00e9 sur l&rsquo;\u00e9laboration des orientations politiques et tactiques fondamentales du mouvement ouvrier international et d&rsquo;\u00e9viter, plus que par le pass\u00e9, de s&rsquo;ing\u00e9rer dans les affaires d&rsquo;organisation int\u00e9rieures des sections. Nous autres, nous sommes, contrairement \u00e0 la 2e Internationale, un parti mondial \u00e0 discipline de fer.<\/p> <p class=Texte>Le Comit\u00e9 ex\u00e9cutif continuera, il va de soi, \u00e0 intervenir encore lorsqu&rsquo;il se manifestera de grandes lacunes dans le travail de nos sections. Mais &#8209;&nbsp;pour le souligner encore une fois&nbsp;&#8209; le centre de gravit\u00e9 doit \u00eatre transf\u00e9r\u00e9 pr\u00e9cis\u00e9ment sur l&rsquo;\u00e9laboration des orientations politiques et tactiques fondamentales du mouvement ouvrier international.<\/p> <p class=Texte>Camarades !<\/p> <p class=Texte>Devant les masses la question est pos\u00e9e:<\/p> <p class=Texte>Fascisme ou socialisme, guerre ou paix.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;une ou l&rsquo;autre des solutions d\u00e9pend de la force de notre classe, du travail de son avant-garde, des communistes.<\/p> <p class=Texte>Sur nos sections p\u00e8se une responsabilit\u00e9 \u00e9crasante, la responsabilit\u00e9 de gagner dans le d\u00e9lai le plus court sur les masses l&rsquo;in fluence n\u00e9cessaire pour les entra\u00eener dans les combats d\u00e9cisifs.<\/p> <p class=Texte>Nous entrons dans une p\u00e9riode o\u00f9 nous venons \u00e0 bout de la scission de la classe ouvri\u00e8re, cr\u00e9ant ainsi dans son sein les forces capables de renverser le capitalisme et d&rsquo;instaurer la dictature du prol\u00e9tariat.<\/p> <p class=Texte>La voie dans laquelle nous nous engageons, c&rsquo;est la cr\u00e9ation du front unique prol\u00e9tarien, c&rsquo;est la cr\u00e9ation de l&rsquo;unit\u00e9 syndicale, la cr\u00e9ation du front populaire de tous les travailleurs, c&rsquo;est la cr\u00e9ation d&rsquo;un parti r\u00e9volutionnaire unique du prol\u00e9tariat sur les fondements \u00e9prouv\u00e9s du point de vue th\u00e9orique et d&rsquo;organisation de la doctrine de Marx, Engels, L\u00e9nine, Staline.<\/p> <p class=Texte>Nous, communistes, nous sommes les initiateurs et les organisateurs du front de lutte le plus large des ouvriers pour la paix, la libert\u00e9 et le pain, contre le front des exploiteurs et des oppresseurs.<\/p> <p class=Texte>La cr\u00e9ation d&rsquo;un tel front n&rsquo;est pas chose facile. Il faut que nous, communistes, nous arrivions \u00e0 nous faire comprendre des masses, \u00e0 leur parler leur langage, \u00e0 saisir et diriger les masses.<\/p> <p class=Texte>Il faut que nous apprenions \u00e0 soulever les millions d&rsquo;\u00eatres humains aux opinions, convictions et conceptions du monde diverses pour la lutte commune. Pour cela, il faut modifier le style et les m\u00e9thodes de notre travail, afin d&rsquo;atteindre dans le d\u00e9lai le plus court le maximum de grandes liaisons avec ces masses.<\/p> <p class=Texte>Il faut que nous, communistes, nous sachions utiliser chaque changement dans la politique de la bourgeoisie de chaque pays, chaque contradiction parmi les classes dirigeantes pour riposter \u00e0 la r\u00e9action, au fascisme, au danger de guerre et \u00e0 l&rsquo;offensive du Capital.<\/p> <p class=Texte>Les ouvriers et les paysans de l&rsquo;Union sovi\u00e9tique ont, sous la direction du parti de L\u00e9nine et de Staline, montr\u00e9 la voie aux ouvriers du monde entier.<\/p> <p class=Texte>La victoire du socialisme en Union sovi\u00e9tique nous donne, \u00e0 nous, communistes, et aux masses la force de suivre cet exemple.<\/p> <p class=Texte>Le contraste soulign\u00e9, dans son discours impressionnant, par le camarade Popov, lorsqu&rsquo;il comparait le d\u00e9veloppement de l&rsquo;Ukraine sovi\u00e9tique et le d\u00e9veloppement de l&rsquo;Ukraine occidentale sous la botte des pans polonais, montre, sur un secteur particulier, le contraste de deux mondes: le monde du socialisme et le monde du capitalisme.<\/p> <p class=Texte>La bourgeoisie pousse au fascisme et \u00e0 la guerre pour \u00e9chapper au front r\u00e9volutionnaire des masses travailleuses. C&rsquo;est de nous, de nous communistes, de la classe ouvri\u00e8re, que d\u00e9pend la question de savoir si la bourgeoisie y r\u00e9ussira.<\/p> <p class=Texte>Jamais encore la responsabilit\u00e9 des Partis communistes n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 pos\u00e9e avec une telle grandeur et une telle gravit\u00e9 qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Le 7e congr\u00e8s mondial de l&rsquo;Internationale communiste et ses sections appellent les masses travailleuses \u00e0 la lutte commune pour la libert\u00e9, la paix, le pain, le pouvoir sovi\u00e9tique et le socialisme.<\/p> <p class=Texte>Notre mot d&rsquo;ordre dans la lutte pour la conqu\u00eate de la majorit\u00e9 du prol\u00e9tariat est:<\/p> <p class=Texte>\u00c9largissons le front: Entrons plus profond\u00e9ment dans toutes les organisations de masse.<\/p> <p class=Texte>Noire t\u00e2che au sein des Partis communistes est:<\/p> <p class=Texte>Le renforcement des Partis et l&rsquo;\u00e9l\u00e9vation du niveau politique de nos organisations de parti.<\/p> <p class=Texte>Camarades! Luttez pour l&rsquo;accomplissement de notre t\u00e2che historique supr\u00eame!<\/p> <p class=Texte>Pour la lib\u00e9ration, le bien-\u00eatre et le bonheur pour toute l&rsquo;humanit\u00e9 travailleuse!<\/p> <p class=Intertitre2a>Notes<\/p> <\/div> <div><br clear=all> <hr align=left size=1 width=\"33%\"> <div id=edn1> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref1\" name=\"_edn1\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[1]<\/span><\/a>.&nbsp;[321ignition] Les annotations sont formul\u00e9es par nous en tenant compte d&rsquo;\u00e9ventuelles notes figurant dans la source.<\/p> <\/div> <div id=edn2> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn2\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[2]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Staline: &quot;Rapport politique du C.C. du P.C. de l&rsquo;U.R.S.S.&quot;, dans: XVe&nbsp;congr\u00e8s du P.C. de l&rsquo;U.R.S.S., p.&nbsp;25. (Bureau d&rsquo;\u00e9ditions.) [Note de l&rsquo;\u00e9d.]<\/p> <p class=MsoEndnoteText>[321ignition] Cf. Joseph Staline: Rapport politique du C.C. au XVe&nbsp;congr\u00e8s du P.C.(b) de l&rsquo;U.R.S.S. (3&nbsp;d\u00e9cembre 1927) (in: Les Questions du L\u00e9ninisme, Tome&nbsp;2, Paris, \u00c9ditions sociales internationales, 1931):<\/p> <p class=Notedefincitation style='margin-bottom:6.0pt'>Au contraire, le fait m\u00eame de l&rsquo;accroissement de la production et du commerce, du d\u00e9veloppement du progr\u00e8s technique et de l&rsquo;augmentation des possibilit\u00e9s de la production, alors que le march\u00e9 mondial, les limites de ce march\u00e9 et les sph\u00e8res d&rsquo;influence des divers groupes imp\u00e9rialistes restent plus ou moins stables, ce fait pr\u00e9cis\u00e9ment fait na\u00eetre la plus profonde et la plus grave crise du capitalisme mondial, crise qui fait pr\u00e9voir de nouvelles guerres et menace toute stabilisation.<\/p> <\/div> <div id=edn3> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref3\" name=\"_edn3\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[3]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Staline: <i>Idem<\/i>, p. 32. [Note de l&rsquo;\u00e9d.]<\/p> <p class=MsoEndnoteText>[321ignition] Cf. Joseph Staline: Rapport politique du C.C. au XVe&nbsp;congr\u00e8s du P.C.(b) de l&rsquo;U.R.S.S.; <i>op. cit.<\/i>:<\/p> <p class=Notedefincitation style='margin-bottom:6.0pt'>Si l&rsquo;assassinat de Sacco et Vanzetti a pu \u00eatre la cause d&rsquo;une telle effervescence dans toute la classe ouvri\u00e8re, cela montre avec \u00e9vidence qu&rsquo;au sein de celle-ci s&rsquo;est accumul\u00e9e une \u00e9nergie r\u00e9volutionnaire qui cherchera une occasion, parfois insignifiante, pour se donner libre cours et attaquer le r\u00e9gime capitaliste.<\/p> <\/div> <div id=edn4> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref4\" name=\"_edn4\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[4]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Indon\u00e9sie, insurrection de 1926.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En d\u00e9cembre 1925 est prise par les dirigeants du Parti communiste d&rsquo;Indon\u00e9sie (Partai Komunis Indonesia, PKI) la d\u00e9cision de lancer une insurrection en&nbsp;1926. Deux repr\u00e9sentants, Alimin et Musso, se rendent \u00e0 Moscou pour obtenir des conseils et un accord sur son d\u00e9clenchement. Les dirigeants de l&rsquo;Internationale communiste les mettent en garde. Autant Semaun, dirigeant du PKI pr\u00e9sent \u00e0 Moscou, que Tan Malaka, dirigeant du PKI en exil, se montrent d\u00e9favorables au projet. Mais l&rsquo;insurrection est d\u00e9clench\u00e9e avant le retour d&rsquo;Alimin et Musso en Indon\u00e9sie. L&rsquo;action \u00e9choue, le PKI est contraint \u00e0 la clandestinit\u00e9.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Pour plus de d\u00e9tails cf.&nbsp;<a href=\"http:\/\/321ignition.free.fr\/pag\/fr\/ana\/pag_002\/docu_01.htm\">L&rsquo;Indon\u00e9sie au VIe&nbsp;Congr\u00e8s de l&rsquo;Internationale Communiste&nbsp;&#8211;&nbsp;1928&nbsp;&#9658;<\/a>.<\/p> <\/div> <div id=edn5> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref5\" name=\"_edn5\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[5]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Nicola Sacco, Bartolomeo Vanzetti.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Sacco et Vanzetti sont deux immigr\u00e9s italiens aux USA. Apr\u00e8s avoir rejoint, s\u00e9par\u00e9ment, la m\u00eame aile du mouvement anarchiste (celle ayant pour principal repr\u00e9sentant l&rsquo;avocat Luigi Galleani), ils se rencontrent en&nbsp;1917 lorsqu&rsquo;ils passent au Mexique pour se soustraire \u00e0 l&rsquo;enregistrement obligatoire en vue de la mobilisation pour l&rsquo;arm\u00e9e. Le&nbsp;15&nbsp;avril 1920, le caissier de la manufacture de chaussures <span lang=EN-US>Slater and Morril<\/span>, \u00e0 <span lang=EN-US>South Braintree<\/span> (<span lang=EN-US>Massachusetts<\/span>), situ\u00e9e \u00e0 une vingtaine de kilom\u00e8tres de <span lang=EN-US>Boston<\/span>, et son garde du corps, porteurs de deux coffres contenant la paye du personnel, sont abattus \u00e0 coups de r\u00e9volver par deux hommes. \u00c0 cette date, la police du Massachusetts enqu\u00eate sur une affaire semblable, survenue quelques mois plus t\u00f4t dans la petite ville de <span lang=EN-US>Bridgewater<\/span>. Le&nbsp;4&nbsp;mai 1920, elle arr\u00eate Sacco et Vanzetti. Ce dernier est inculp\u00e9 dans l&rsquo;affaire du <span lang=EN-US>hold&#8209;up<\/span> de <span lang=EN-US>Bridgewater<\/span>, et condamn\u00e9 \u00e0 quinze&nbsp;ans de prison. Le proc\u00e8s des auteurs pr\u00e9sum\u00e9s du <span lang=EN-US>hold&#8209;up<\/span> de <span lang=EN-US>South Braintree<\/span><span lang=EN-US> <\/span>a lieu \u00e0 <span lang=EN-US>Dedham<\/span>, du&nbsp;31&nbsp;mai au&nbsp;14&nbsp;juillet 1921, Sacco et Vanzetti sont condamn\u00e9s \u00e0 mort. Diff\u00e9rentes requ\u00eates en r\u00e9vision du proc\u00e8s sont d\u00e9pos\u00e9es entre&nbsp;1921 et&nbsp;1927, en vain. Le&nbsp;23&nbsp;aout 1927 Sacco et Vanzetti sont ex\u00e9cut\u00e9s \u00e0 la prison de <span lang=EN-US>Charlestown, Massachusetts<\/span>.<\/p> <\/div> <div id=edn6> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref6\" name=\"_edn6\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[6]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Grande&#8209;Bretagne, mines, 1926.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En Grande&#8209;Bretagne, le&nbsp;30&nbsp;juin 1925 les propri\u00e9taires des mines annoncent qu&rsquo;ils r\u00e9duiront les salaires des mineurs. Suite \u00e0 l&rsquo;opposition du Syndicat national des travailleurs des mines (<span lang=EN-US>National Union of Mineworkers<\/span>), soutenu par le <span lang=EN-US>Trades Union Congress<\/span> (Congr\u00e8s de Syndicats, TUC, l&rsquo;unique organisation centralis\u00e9e de syndicats, li\u00e9e au Labour Party), le gouvernement conservateur de Stanley Baldwin d\u00e9cide d&rsquo;intervenir et accorde les fonds n\u00e9cessaires pour maintenir le niveau des salaires, pendant une p\u00e9riode de neuf&nbsp;mois. Il constitue une commission pr\u00e9sid\u00e9e par Herbert Samuel charg\u00e9e d&rsquo;examiner la situation de l&rsquo;industrie mini\u00e8re, laquelle publie son rapport en mars 1926. Elle \u00e9carte l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une nationalisation, recommande l&rsquo;arr\u00eat des subventions et que les salaires des mineurs soient effectivement r\u00e9duits. Au m\u00eame moment les propri\u00e9taires des mines, au&#8209;del\u00e0 des r\u00e9ductions de salaires, modifient de fa\u00e7on plus g\u00e9n\u00e9rale les conditions d&#8217;emploi, notamment par un prolongement de l&rsquo;horaire journalier et la fixation des taux de salaires par district; ils annoncent que si les mineurs n&rsquo;acceptent pas ces d\u00e9cisions avant le&nbsp;1er&nbsp;mai, ils proc\u00e8deront \u00e0 un lockout.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Le&nbsp;1er&nbsp;mai, le TUC annonce un appel \u00e0 la gr\u00e8ve pour le&nbsp;4&nbsp;mai, et entame des n\u00e9gociations dans l&rsquo;espoir d&rsquo;arriver \u00e0 un accord avant. Depuis le d\u00e9c\u00e8s du Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du TUC <span lang=EN-US>Fred Bramley<\/span> en octobre 1925, Walter Citrine assume la fonction \u00e0 titre provisoire, il sera officiellement d\u00e9sign\u00e9 comme Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral en septembre 1926. <span lang=EN-US>Ramsay MacDonald<\/span>, le dirigeant du Labour Party, est oppos\u00e9 au d\u00e9clenchement d&rsquo;une gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale. Les n\u00e9gociations \u00e9chouent. Le TUC applique la m\u00e9thode de mettre en gr\u00e8ve d&rsquo;abord les travailleurs de certains secteurs cl\u00e9&nbsp;&#8209; chemins de fer, transports, ports, imprimeries, construction, sid\u00e9rurgie. Le&nbsp;7&nbsp;mai, Samuel prend contact avec le TUC. Sans se coordonner avec les mineurs, les repr\u00e9sentants du TUC s&rsquo;accordent avec Samuel sur les conditions dans lesquelles la gr\u00e8ve pourrait \u00eatre r\u00e9voqu\u00e9e en \u00e9change d&rsquo;une poursuite des n\u00e9gociations. Les mineurs rejettent l&rsquo;arrangement, mais le&nbsp;11&nbsp;mai le Conseil g\u00e9n\u00e9ral du TUC l&rsquo;ent\u00e9rine et d\u00e9clare la fin de la gr\u00e8ve. Cependant, le gouvernement ne reprend pas \u00e0 son compte les termes de l&rsquo;arrangement.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Le&nbsp;21&nbsp;juin, le gouvernement fait adopter une loi qui suspend la loi concernant la journ\u00e9e de travail de sept&nbsp;heures dans les mines (<span lang=EN-US>Miners&rsquo; Seven Hours Act<\/span>) pour une dur\u00e9e de cinq&nbsp;ans, ce qui autorise le retour \u00e0 la journ\u00e9e de huit&nbsp;heures. Ainsi en juillet les propri\u00e9taires des mines confirment les mesures annonc\u00e9es. Les mineurs poursuivent la gr\u00e8ve, mais sont contraints de reprendre progressivement le travail; un grand nombre parmi eux sont sanctionn\u00e9s et restent au ch\u00f4mage.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Par la suite, en&nbsp;1927, le gouvernement adopte le <span lang=EN-US>Trade Disputes and Trade Unions Act<\/span> (Loi sur les conflits de travail et les syndicats), qui prohibe les gr\u00e8ves g\u00e9n\u00e9rales ainsi que les gr\u00e8ves de solidarit\u00e9, et interdit aux fonctionnaires publics d&rsquo;adh\u00e9rer aux syndicats affili\u00e9s au <span lang=EN-US>Trade Union Congress<\/span>.<\/p> <\/div> <div id=edn7> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref7\" name=\"_edn7\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[7]<\/span><\/a>.&nbsp;Autriche, Vienne, 1927.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Le&nbsp;30&nbsp;janvier 1927, \u00e0&nbsp;<span lang=DE>Schattendorf<\/span>, localit\u00e9 de la province du <span lang=DE>Burgenland<\/span>, un groupe d&rsquo;anciens combattants monarchistes ouvre le feu sur un d\u00e9fil\u00e9 de la Ligue de protection r\u00e9publicaine (<span lang=DE>Republikanischer Schutzbund<\/span>, une organisation prol\u00e9tarienne arm\u00e9e cr\u00e9\u00e9e en&nbsp;1923, li\u00e9e \u00e0 la social-d\u00e9mocratie). L&rsquo;attaque fait deux morts, dont un enfant. Le cas est trait\u00e9 devant le tribunal le&nbsp;14&nbsp;juillet \u00e0 Vienne, les auteurs sont acquitt\u00e9s en d\u00e9pit du fait qu&rsquo;ils ne nient pas les faits. Le&nbsp;15, une gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale spontan\u00e9e \u00e9clate et conduit \u00e0 des affrontements autour du Palais de Justice de Vienne. La police fait usage d&rsquo;armes \u00e0 feu; le lendemain, les fusillades continuent encore. Dans un premier temps la Ligue de protection ne r\u00e9agit pas; ensuite elle intervient, mais non arm\u00e9e et dans l&rsquo;intention de d\u00e9samorcer l&rsquo;action des manifestants; finalement, expos\u00e9e aux attaques meurtri\u00e8res de la police, elle se retire. Au total on compte 86&nbsp;morts parmi la population, ainsi que 4&nbsp;policiers; plus de&nbsp;1000&nbsp;bless\u00e9s sont hospitalis\u00e9s. Durant la nuit du&nbsp;15 au&nbsp;16&nbsp;juillet, le Parti communiste d&rsquo;Autriche (<span lang=DE>Kommunistische Partei \u00d6sterreichs, KP\u00d6<\/span>) diffuse une \u00e9dition sp\u00e9ciale de son organe <i><span lang=DE>Die&nbsp;Rote&nbsp;Fahne<\/span><\/i> \u00e9non\u00e7ant les revendications formul\u00e9es par le Parti: dissolution et d\u00e9sarmement de toutes les organisations fascistes, \u00e9puration de l&rsquo;appareil d&rsquo;\u00e9tat (police, arm\u00e9e, gendarmerie) d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments r\u00e9actionnaires, armement des travailleurs. L&rsquo;apr\u00e8s&#8209;midi du&nbsp;15&nbsp;juillet, le Parti ouvrier social-d\u00e9mocrate d&rsquo;Autriche (<span lang=DE>Sozialdemokratische Arbeiterpartei Deutsch-\u00d6sterreichs, SDAPD\u00d6<\/span>) et les dirigeants syndicaux se d\u00e9cident \u00e0 appeler \u00e0 une gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale de&nbsp;24&nbsp;heures ainsi qu&rsquo;\u00e0 une gr\u00e8ve illimit\u00e9e des transports et des services de postes, t\u00e9l\u00e9graphes et t\u00e9l\u00e9phones, en adressant au gouvernement une s\u00e9rie de revendications: fin des repr\u00e9sailles, inculpation des responsables du carnage, convocation du Parlement. Le chancelier f\u00e9d\u00e9ral <span lang=DE>Ignaz Seipel<\/span> rejette les revendications et, pour se moquer de la d\u00e9l\u00e9gation, il remarque qu&rsquo;en vue de la tenue d&rsquo;une session du parlement, ils devraient &quot;d&rsquo;abord faire en sorte que les trains circulent \u00e0 nouveaux, puisqu&rsquo;autrement les d\u00e9put\u00e9s ne peuvent pas se rendre \u00e0 Vienne&quot;. Les social-d\u00e9mocrates annulent effectivement la gr\u00e8ve des transports.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Le&nbsp;16&nbsp;juillet, le <i>Bulletin d&rsquo;information de la social-d\u00e9mocratie<\/i> (<i><span lang=DE>Mitteilungsblatt der Sozialdemokratie<\/span><\/i>) \u00e9crit: &quot;Plus est total, de la part des camarades, le respect de la consigne de rester aujourd&rsquo;hui \u00e0 la maison et de ne pas descendre dans la rue, d&rsquo;autant plus efficace sera la prompte disposition du <span lang=DE>Schutzbund<\/span> d&rsquo;intervenir en cas de besoin.&quot; [<span lang=DE>&quot;Je vollst\u00e4ndiger die Genossen die Parole, heute zu Hause zu bleiben und nicht auf die Stra\u00dfe zu gehen, befolgen, desto wirksamer wird die Bereitschaft des Schutzbundes sein, im Falle der Notwendigkeit einzugreifen.&quot;]<\/span><\/p> <p class=MsoEndnoteText>Puis le&nbsp;7&nbsp;aout, l&rsquo;<i><span lang=DE>Arbeiter&#8209;Zeitung<\/span><\/i> \u00e9crit: &quot;Nous n&rsquo;avons pas \u00e9t\u00e9 vaincus dans le combat, c&rsquo;est plut\u00f4t que nous avons \u00e9vit\u00e9 le combat.&quot; [<span lang=DE>&quot;Wir sind nicht im Kampf besiegt, wir sind vielmehr dem Kampf ausgewichen.&quot;]<\/span><\/p> <p class=MsoEndnoteText>[Citations selon <span lang=DE>Historische Kommission beim ZK der KP\u00d6: Geschichte der Kommunistischen Partei \u00d6sterreichs, 1918-1955: Kurzer Abriss; Wien, Globus Verlag, 1977;<\/span> p. 103&#8209;104.]<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Pour plus de d\u00e9tails cf.&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/autriche-fevrier-1934-resistance-fascisme\/\">Autriche, f\u00e9vrier 1934 : Un jalon dans la r\u00e9sistance contre le fascisme&nbsp;&#9658;<\/a>.<\/p> <\/div> <div id=edn8> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref8\" name=\"_edn8\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[8]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Pologne, Lodz, mouvements de gr\u00e8ve.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Lodz est historiquement un centre important d&rsquo;industrie du textile. Des mouvements de gr\u00e8ve importants ont eu lieu \u00e0 diff\u00e9rents moments, notamment en 1892, 1905, 1913, 1923. En ce qui concerne 1905, les combats men\u00e9s par les ouvriers de Lodz constituaient les premi\u00e8res actions arm\u00e9es du prol\u00e9tariat en Russie. Les fabricants, apr\u00e8s avoir d\u00fb faire des concessions suite \u00e0 une gr\u00e8ve en janvier 1905, durcissaient leur attitude en avril. S&rsquo;en suivirent des mouvements de gr\u00e8ve en mai, des troupes interviennent pour les r\u00e9primer par la forces des armes, mais les manifestations se poursuivent en juin. Une assembl\u00e9e organis\u00e9e par le parti social-d\u00e9mocrate est r\u00e9prim\u00e9e, dix ouvriers sont tu\u00e9s. Les ouvriers r\u00e9pondent par la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale qui se transforme en insurrection arm\u00e9e. Les combats durent trois jours jusqu&rsquo;\u00e0 ce que les troupes r\u00e9ussissent \u00e0 reprendre le contr\u00f4le, 300&nbsp;ouvriers sont tu\u00e9s, environ 1000&nbsp;bless\u00e9s, l&rsquo;\u00e9tat de guerre est impos\u00e9.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En mars 1927 on compte \u00e0 Lodz environ 80.000 ouvriers du textile en gr\u00e8ve. En 1928 le Parti communiste engage une d\u00e9marche pour pr\u00e9parer l&rsquo;action en vue de l&rsquo;expiration de la convention collective, en septembre. Dans ce contexte se produisent en juillet des affrontements entre gr\u00e9vistes et employeurs, puis en septembre le mouvement revendicatif se renforce, 50.000 ouvriers du textile se mettent en gr\u00e8ve, il s&rsquo;en suit des n\u00e9gociations infructueuses, en octobre se d\u00e9veloppe une gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale qui s&rsquo;\u00e9tend \u00e0 des localit\u00e9s des environs et inclut notamment les transports et l&rsquo;approvisionnement en gaz et donc l&rsquo;\u00e9clairage. La police intervient et proc\u00e8de \u00e0 des arrestations nombreuses. \u00c0 Varsovie \u00e9galement, environ 2500 ouvriers du textile sont en gr\u00e8ve. Le conflit se termine par l&rsquo;acceptation de la part du syndicat socialiste, d&rsquo;un accord avec les employeurs. Par la suite, un mouvement de gr\u00e8ve se produit en 1932, puis en 1936 une gr\u00e8ve \u00e0 Lodz et dans ses environs qui dure deux semaines et \u00e0 laquelle participent jusqu&rsquo;\u00e0 environ 130.000 ouvriers.<\/p> <\/div> <div id=edn9> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref9\" name=\"_edn9\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[9]<\/span><\/a>.&nbsp;Allemagne, Ruhr, 1928.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Au printemps 1928, un conflit est en cours dans les mines de charbon de la Ruhr, au sujet des salaires et des horaires de travail. Les f\u00e9d\u00e9rations des travailleurs des mines pour la r\u00e9gion revendiquent l&rsquo;introduction de l&rsquo;\u00e9quipe de&nbsp;7&nbsp;heures sous terre et 8&nbsp;heures en surface, ce que les employeurs refusent. Le&nbsp;14&nbsp;avril est prononc\u00e9e, par l&rsquo;administration gouvernementale, une sentence arbitrale, elle est rejet\u00e9e autant par le l&rsquo;Association de mines (<span lang=DE>Zechenverband<\/span>, l&rsquo;union des employeurs des mines de la Ruhr) que par les syndicats. Le ministre du travail <span lang=DE>Heinrich Brauns<\/span><span lang=DE> <\/span>(Parti allemand du centre &#8211; <span lang=DE>Deutsche Zentrumspartei<\/span>) entreprend des n\u00e9gociations avec les syndicats, mais ses propositions sont rejet\u00e9es par les syndicats de la Conf\u00e9d\u00e9ration G\u00e9n\u00e9rale Syndicale Allemande [<span lang=DE>Allgemeiner deutscher Gewerkschaftsbund<\/span>] (<span lang=DE>ADGB)<\/span>. De leur c\u00f4t\u00e9 les employeurs font savoir qu&rsquo;aucune des solutions propos\u00e9es par <span lang=DE>Brauns<\/span> n&rsquo;est acceptable de leur point de vue. Le&nbsp;23&nbsp;avril, <span lang=DE>Brauns<\/span> valide la sentence arbitrale d&rsquo;autorit\u00e9. <\/p> <p class=MsoEndnoteText>En automne de la m\u00eame ann\u00e9e, dans le secteur de la m\u00e9tallurgie de la Ruhr, des n\u00e9gociations ont lieu \u00e0 l&rsquo;approche de l&rsquo;expiration, au&nbsp;30&nbsp;octobre, de la dur\u00e9e d&rsquo;une sentence arbitrale de d\u00e9cembre 1927. Une nouvelle sentence arbitrale est rendue par le conciliateur <span lang=DE>Wilhelm Joetten<\/span>. Mais les employeurs du Groupe Nord&#8209;Ouest de l&rsquo;Association d&rsquo;industriels du fer et de l&rsquo;acier brusquent la situation en annon\u00e7ant le&nbsp;15&nbsp;octobre le licenciement de l&rsquo;ensemble des travailleurs, au nombre d&rsquo;environ&nbsp;213&nbsp;000, \u00e0 l&rsquo;\u00e9ch\u00e9ance du 1er&nbsp;novembre. Les n\u00e9gociations se poursuivent avec le ministre du travail <span lang=DE>Rudolf Wissel<\/span><span lang=DE> <\/span>(Parti social-d\u00e9mocrate d&rsquo;Allemagne &#8211; <span lang=DE>Sozialdemokratische Partei Deutschlands, SPD)<\/span> qui rend une sentence arbitrale accept\u00e9e par les syndicats. Les employeurs imposent n\u00e9anmoins le lockout. S&rsquo;ensuite une proc\u00e9dure judiciaire prolong\u00e9e. En attendant l&rsquo;issue de celle-ci, le gouvernement du Reich charge le ministre de l&rsquo;Int\u00e9rieur <span lang=DE>Carl Severing (SPD)<\/span> d&rsquo;une m\u00e9diation qui aboutit \u00e0 la fin du conflit.<\/p> <\/div> <div id=edn10> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref10\" name=\"_edn10\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[10]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;France, textile, Roubaix-Tourcoing 1930&#8209;1931.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Un puissant mouvement de gr\u00e8ve a lieu dans l&rsquo;industrie textile du nord de la France, du 18&nbsp;mai au 28&nbsp;juillet 1931.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Le contexte est marqu\u00e9 par un conflit qui s&rsquo;\u00e9tait d\u00e9roul\u00e9 auparavant entre juillet et septembre 1930. Le&nbsp;1er&nbsp;juillet 1930 entre en application la loi instituant les Assurances Sociales. Les salari\u00e9s gagnant moins de&nbsp;18.000&nbsp;Francs par an y sont seuls assujettis. Ils sont class\u00e9s en&nbsp;5&nbsp;cat\u00e9gories de salaires auxquelles correspondent des cotisations fixes variant de&nbsp;1,50 \u00e0&nbsp;10,00&nbsp;F par semaine. L&#8217;employeur doit pr\u00e9lever la cotisation \u00e0 compter de la premi\u00e8re paie suivant le&nbsp;1er&nbsp;juillet 1930. Les ouvriers demandent la prise en charge de leur cotisation par l&#8217;employeur, ou \u00e0 d\u00e9faut, une hausse de salaires de&nbsp;0,25&nbsp;F de&nbsp;l&rsquo;heure. Dans l&rsquo;industrie du textile de la r\u00e9gion Roubaix-Tourcoing, quelques entreprises ind\u00e9pendantes du Consortium de l&rsquo;industrie textile de Roubaix-Tourcoing (*&nbsp;cf.&nbsp;la note plus loin&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_c1\">&#9658;<\/a>) acceptent de prendre en charge la cotisation ouvri\u00e8re. Mais le Conseil d&rsquo;Administration du Consortium s&rsquo;y refuse et annonce le&nbsp;1er&nbsp;juillet \u00e0 Roubaix-Tourcoing et dans la Vall\u00e9e de la Lys une &quot;prime de fid\u00e9lit\u00e9&quot; ayant pour but de masquer l&rsquo;effet de la cotisation ouvri\u00e8re sur le salaire, sans pour autant accepter officiellement sa prise en charge. La prime, payable apr\u00e8s un an de pr\u00e9sence dans l&rsquo;entreprise \u00e0 la condition que le travail n&rsquo;ait pas \u00e9t\u00e9 interrompu au cours de l&rsquo;ann\u00e9e, quelles que soient la cause et la dur\u00e9e de l&rsquo;interruption, est critiqu\u00e9e par les syndicats qui demandent la prise en charge de la cotisation ouvri\u00e8re. Des mouvements de gr\u00e8ve s&rsquo;observent \u00e7\u00e0&nbsp;et&nbsp;l\u00e0 \u00e0 partir du&nbsp;16&nbsp;juillet; les entreprises n&rsquo;adh\u00e9rant pas au Consortium &#8209;&nbsp;qui paient les cotisations ouvri\u00e8res aux Assurances Sociales&nbsp;&#8209; continuent \u00e0 travailler. Devant l&rsquo;inflexible rigueur du Consortium, le&nbsp;4&nbsp;aout la gr\u00e8ve s&rsquo;\u00e9tend, \u00e0 l&rsquo;appel de la CGT, \u00e0 l&rsquo;ensemble des usines du Consortium. Elle se termine le&nbsp;15&nbsp;septembre sur l&rsquo;arbitrage de Pierre Laval, ministre du Travail et de la Pr\u00e9voyance sociale: la prime de &quot;fid\u00e9lit\u00e9&quot; est supprim\u00e9e, elle est remplac\u00e9e par une prime de &quot;pr\u00e9sence&quot;, vers\u00e9e \u00e0 l&rsquo;issue de la premi\u00e8re ann\u00e9e, et cette prime est ensuite incorpor\u00e9e au salaire et pay\u00e9e en m\u00eame temps que celui&#8209;ci. La pression des industriels, d\u00e9sireux d&rsquo;en terminer, est telle que l&rsquo;administrateur-d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 du Consortium, D\u00e9sir\u00e9 Ley, doit s&rsquo;incliner. Le&nbsp;11&nbsp;septembre, la Commission intersyndicale de l&rsquo;industrie textile de Roubaix-Tourcoing accepte les propositions du ministre du Travail. D&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, les syndicats CGT et chr\u00e9tiens acceptent que les ouvriers supportent la retenue de leur cotisation aux Assurances Sociales. Les communistes et la CGTU sont hostiles \u00e0 la loi sur les Assurances et refusent les retenues sur salaire tout en rejetant la &quot;prime de pr\u00e9sence&quot;.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Puis, le&nbsp;14&nbsp;avril 1931, le Consortium annonce aux d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s de la CGT et des syndicats chr\u00e9tiens qu&rsquo;\u00e0 partir du&nbsp;20&nbsp;avril suivant, tous les salaires seront r\u00e9duits de&nbsp;10&nbsp;%; l&rsquo;\u00e9ch\u00e9ance est finalement repouss\u00e9 au&nbsp;11&nbsp;mai. Quelques jours avant l&rsquo;\u00e9ch\u00e9ance, Adolphe Landry, ministre du Travail et de la Pr\u00e9voyance sociale dans le cabinet form\u00e9 le&nbsp;27&nbsp;janvier 1931 sous la pr\u00e9sidence du Conseil de Pierre Laval, se saisit du litige et obtient un nouveau sursis jusqu&rsquo;au&nbsp;18&nbsp;mai. Le&nbsp;16, des assembl\u00e9es des syndicats CGT et chr\u00e9tiens d\u00e9cident d&rsquo;appeler \u00e0 la gr\u00e8ve pour le&nbsp;18. Au m\u00eame moment, le Consortium annonce par voie d&rsquo;affiches qu&rsquo;il n&rsquo;applique pas la baisse de salaires, mais qu&rsquo;il supprime la prime de pr\u00e9sence, ce qui \u00e9quivaut \u00e0 une diminution des salaires de&nbsp;4&nbsp;\u00e0&nbsp;5&nbsp;%. Cependant la Commission intersyndicale pr\u00e9cise le sens de cette position en indiquant que la question de la diminution de salaires, en dehors de la suppression de la prime de pr\u00e9sence, ne serait pas pos\u00e9e \u00e0 nouveau avant un d\u00e9lai minimum de&nbsp;trois&nbsp;mois&nbsp;&#8209; ce qui signifie qu&rsquo;elle sera effectivement pos\u00e9e ult\u00e9rieurement. Les dirigeants des syndicats chr\u00e9tiens sollicitent la m\u00e9diation du ministre du travail. D\u00e8s le premier jour de la gr\u00e8ve, on compte 93.000&nbsp;gr\u00e9vistes \u00e0 Roubaix-Tourcoing, le&nbsp;20, on compte au total 112.000&nbsp;gr\u00e9vistes sur les&nbsp;128.000&nbsp;ouvriers du secteur textile (43.000 sur&nbsp;47.000 \u00e0 Tourcoing). Le&nbsp;6&nbsp;juin, un industriel qui n&rsquo;adh\u00e8re pas au Consortium offre \u00e0 ses ouvriers de reprendre le travail aux m\u00eames conditions qu&rsquo;avant la gr\u00e8ve (la question de la prime de pr\u00e9sence ne se posant pas puisque les cotisations ouvri\u00e8res aux Assurances Sociales \u00e9taient prises en charge par cet employeur), une r\u00e9duction de salaires limit\u00e9e \u00e0&nbsp;3&nbsp;% n&rsquo;\u00e9tant appliqu\u00e9e que le&nbsp;1er&nbsp;septembre 1931. Un certain nombre de firmes, qui se constituent en Groupement Patronal Interprofessionnel, distinct du Consortium, font leur cette initiative. Le&nbsp;26&nbsp;juin le ministre du travail et le pr\u00e9sident du Conseil entament des nouvelles m\u00e9diations avec les repr\u00e9sentants patronaux et ouvriers, il en ressort le&nbsp;30&nbsp;juin la proposition de supprimer la prime de pr\u00e9sence tandis que les ouvriers recevraient une augmentation de&nbsp;2&nbsp;%. Par une note du&nbsp;2&nbsp;juillet, la Commission intersyndicale d\u00e9clare les pourparlers clos. Le&nbsp;3&nbsp;juillet, un accord est conclu entre les industriels ind\u00e9pendants et les syndicats CGT et chr\u00e9tiens: prime de pr\u00e9sence supprim\u00e9e, prime de compensation de&nbsp;3&nbsp;% jusqu&rsquo;au&nbsp;15&nbsp;septembre, puis ramen\u00e9e \u00e0&nbsp;1&nbsp;% et int\u00e9gr\u00e9e dans le salaire. Le&nbsp;20&nbsp;juillet, 46.000&nbsp;ouvriers ont repris le travail, dont 90&nbsp;% au&nbsp;moins dans les firmes du Groupement Patronal Interprofessionnel. Le Consortium, qui ne veut pas c\u00e9der, trouve un alli\u00e9 dans le gouvernement belge qui insiste vivement pour que les travailleurs frontaliers impliqu\u00e9s dans le mouvement cessent la gr\u00e8ve. Le&nbsp;21&nbsp;juillet, il reste 64.000&nbsp;gr\u00e9vistes, contre&nbsp;62.000&nbsp;ouvriers au travail; le&nbsp;22, 43.000, contre&nbsp;83&nbsp;000; le&nbsp;23, 31.000, contre&nbsp;95.000. Le weekend des&nbsp;25&#8209;26&nbsp;juillet, la CGT et les syndicats chr\u00e9tiens annoncent la reprise du travail pour lundi. La CGTU tente de de poursuivre le mouvement mais au bout du compte constate que la gr\u00e8ve est termin\u00e9e le&nbsp;28&nbsp;juillet.<\/p> <p class=MsoEndnoteText><a name=\"REF_NOT_c1\"><\/a>*&nbsp;Note au sujet du Consortium de l&rsquo;industrie textile de Roubaix-Tourcoing et de la Commission intersyndicale de l&rsquo;industrie textile de Roubaix-Tourcoing:<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Durant la Premi\u00e8re guerre mondiale, le syndicalisme purement patronal, inconnu en&nbsp;1914 du fait de la doctrine du syndicat mixte qui avait la pr\u00e9f\u00e9rence des industriels catholiques, s&rsquo;organise. Les membres de l&rsquo;Association catholique des patrons du Nord tiennent en commun des r\u00e9unions bimensuelles \u00e0 Tourcoing et \u00e0 Roubaix. Elles commencent le&nbsp;8&nbsp;juin 1915 \u00e0 Tourcoing, le&nbsp;29&nbsp;septembre suivant \u00e0 Roubaix. Louis Tiberghien-Motte, de la firme Tiberghien fr\u00e8res, constate que &quot;l&rsquo;apostolat \u00e0 l&rsquo;usine est moins efficace que nous l&rsquo;avions esp\u00e9r\u00e9&quot; et que l&rsquo;ouvrier &quot;ne veut plus confier la d\u00e9fense de ses int\u00e9r\u00eats au patron&quot;. Mais le roubaisien Eug\u00e8ne Mathon, tr\u00e8s hostile aux syndicats ouvriers, qu&rsquo;ils soient &quot;confessionnels ou ind\u00e9pendants&quot;, et persuad\u00e9 que le &quot;meilleur moyen&quot; de maintenir la paix sociale est &quot;de traiter les ouvriers avec bienveillance et justice&quot;, entraine \u00e0 sa suite la majorit\u00e9 du patronat textile. La guerre termin\u00e9e, Mathon met sur pied deux organismes patronaux: le \u201cConsortium de l&rsquo;industrie textile de Roubaix-Tourcoing\u201d, qui a pour objet la gestion des oeuvres sociales, notamment des allocations familiales institu\u00e9es b\u00e9n\u00e9volement au profit du personnel des entreprises adh\u00e9rentes, et la \u201cCommission intersyndicale de l&rsquo;industrie textile de Roubaix-Tourcoing\u201d, charg\u00e9e de r\u00e9gler les questions de salaires et de r\u00e9pondre aux revendications ouvri\u00e8res. Il en confie la direction \u00e0 D\u00e9sir\u00e9 Ley, un ancien ouvrier n\u00e9 \u00e0 Roubaix en&nbsp;1883. Les deux hommes ont en commun un paternalisme absolu du patronat, seul maitre de la cr\u00e9ation des oeuvres sociales et de leur fonctionnement. Ainsi les conditions d&rsquo;octroi du &quot;sursalaire familial&quot;, premier nom des allocations familiales, sont d\u00e9termin\u00e9es par l&rsquo;int\u00e9r\u00eat patronal: un seul jour d&rsquo;absence au cours d&rsquo;un mois suffit \u00e0 en faire perdre le b\u00e9n\u00e9fice. C&rsquo;est une arme antigr\u00e8ve tr\u00e8s efficace, ce que Louis Blain, l&rsquo;un des chefs des syndicats chr\u00e9tiens, souligne d\u00e8s&nbsp;1922. D\u00e9sir\u00e9 Ley instaure une v\u00e9ritable dictature, qui s&rsquo;impose m\u00eame aux chefs d&rsquo;entreprises, puisqu&rsquo;il leur est interdit de n\u00e9gocier ou de traiter directement avec leur personnel. Ley refuse tout contact avec les syndicats unitaires et finit par rompre toutes relations d&rsquo;abord en&nbsp;1924 avec les syndicats chr\u00e9tiens, accus\u00e9s \u00e0 Rome de connivence avec le socialisme, puis en&nbsp;1928 avec la CGT.<\/p> <\/div> <div id=edn11> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref11\" name=\"_edn11\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[11]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Le 9e&nbsp;Pl\u00e9num du Comit\u00e9 ex\u00e9cutif de l&rsquo;Internationale communiste se tient du&nbsp;9 au&nbsp;25 f\u00e9vrier 1928.<\/p> <\/div> <div id=edn12> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref12\" name=\"_edn12\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[12]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Dans: R\u00e9solutions adopt\u00e9es \u00e0 la IXe&nbsp;Session pl\u00e9ni\u00e8re du C.E. de l&rsquo;I.C., p.&nbsp;33 (Bureau d&rsquo;\u00e9ditions). [Note de l&rsquo;\u00e9d.]<\/p> <p class=MsoEndnoteText>[321ignition] Extrait de la r\u00e9solution:<\/p> <p class=Notedefincitation style='margin-bottom:6.0pt'>Dans ces conditions, la n\u00e9cessit\u00e9 imp\u00e9rieuse s\u2019impose au parti communiste, en tirant avantage de la radicalisation grandissante des masses, d&rsquo;adopter une tactique d\u2019opposition plus claire et plus \u00e2pre envers le Labour Party et les chefs des Trade-Unions en vue de gagner les ouvriers de l\u2019aile gauche \u00e0 la lutte contre la bureaucratie comme moyen de s\u2019assurer la direction de la classe ouvri\u00e8re dans la lutte de classe contre le capitalisme. Ce n\u2019est qu\u2019en ayant une ligne politique \u00e0 lui qui se distingue profond\u00e9ment de la ligne r\u00e9formiste sur toutes les questions de la politique en g\u00e9n\u00e9ral (guerre, attitude envers l&rsquo;U.R.S.S., envers la Chine, envers les Indes, l\u2019\u00c9gypte. etc&#8230;) et de la lutte quotidienne dc la classe ouvri\u00e8re (contre les tribunaux d\u2019arbitrage, contre la diminution des salaires, contre l&rsquo;augmentation de la journ\u00e9e de travail, contre l\u2019aide au capital dans l\u2019oeuvre dc rationalisation, contre la paix industrielle, ete&#8230;), que le parti communiste pourra consolider son influence parmi les masses et organiser celles-ci pour combattre les capitalistes et leurs laquais.<\/p> <\/div> <div id=edn13> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref13\" name=\"_edn13\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[13]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;<i>Idem<\/i>, p.&nbsp;36. [Note de l&rsquo;\u00e9d.]<\/p> <p class=MsoEndnoteText>[321ignition] Extrait de la r\u00e9solution:<\/p> <p class=Notedefincitation>11.&nbsp;On ne peut comparer la situation qui existait en 1918 et en 1920, quand L\u00e9nine pr\u00e9conisait la tactique qui consistait \u00e0 soutenir le Labour Party et de le pousser au pouvoir, avec la situation actuelle. En 1918 et en 1920, un gouvernement du Labour Party aurait pu jouer le r\u00f4le d&rsquo;un gouvernement de K\u00e9rensky, avec ses h\u00e9sitations. La situation actuelle ne peut non plus \u00eatre compar\u00e9e \u00e0 celle de 1922-23, alors que le L:&#305;bour P:&#305;rty avait \u00e0 son programme des revendications auxquelles s&rsquo;opposait vigoureusement la classe capitaliste (imp\u00f4t sur le capital, ch\u00f4mage, Russie). Aucuns comparaison possible, \u00e9galement, avec la situation en 1924, quand le gouvernement fut oblig\u00e9 de choisir entre deux issues objectivement r\u00e9volutionnaires. Actuellement, un tel gouvernement sera d\u00e8s le d\u00e9but un instrument d&rsquo;offensive contre les ouvriers. L&rsquo;exp\u00e9rience du gouvernement Macdonald, la trahison de la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale et de la gr\u00e8ve des mineurs, le changement de position des instances du Labour Party et des Trade-Unions dans les questions de la guerre, de l&rsquo;attitude envers l&rsquo;U.R.S.S., envers la Chine et envers les Indes et l&rsquo;\u00c9gypte, le changement de position dans les questions fondamentales de politique int\u00e9rieure (rationalisation, bill antisyndical, paix industrielle, etc.), tout cela exige du P.C. anglais qu&rsquo;il se manifeste toujours plus clairement et plus \u00e9nergiquement comme un parti politique ind\u00e9pendant, qu&rsquo;il change son attitude \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard du Labour Party et du gouvernement travailliste et que, par cons\u00e9quent, il remplace le mot d&rsquo;ordre du gouvernement travailliste par celui d&rsquo;un gouvernement r\u00e9volutionnaire ouvrier.<\/p> <p class=Notedefincitation>[&#8230;]<\/p> <p class=Notedefincitation style='margin-bottom:6.0pt'>13.&nbsp;Il est absolument n\u00e9cessaire de pr\u00e9senter des candidats contre les chefs du Labour Party et du Conseil g\u00e9n\u00e9ral. [&#8230;] Il est indispensable de proposer un front unique tant sur le plan national qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle locale en vue de d\u00e9masquer encore une fois les chefs du Labour Party et des syndicats qui pr\u00e9f\u00e8rent l&rsquo;unit\u00e9 avec les capitalistes \u00e0 l&rsquo;unit\u00e9 avec les ouvriers r\u00e9volutionnaires.<\/p> <\/div> <div id=edn14> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref14\" name=\"_edn14\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[14]<\/span><\/a>.&nbsp;<span lang=DE>Carl Z\u00f6rgiebel (SPD).<\/span><\/p> <p class=MsoEndnoteText>En 1922, <span lang=DE>Z\u00f6rgiebel<\/span> est nomm\u00e9 Pr\u00e9fet de <span lang=DE>K\u00f6ln<\/span>, \u00e0 partir de 1926 il est Pr\u00e9fet de <span lang=DE>Berlin<\/span>. \u00c0 l&rsquo;occasion de la journ\u00e9e du Premier mai de 1929, il d\u00e9ploie contre le KPD une campagne planifi\u00e9e de provocation et de r\u00e9pression meurtri\u00e8re.<\/p> <\/div> <div id=edn15> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref15\" name=\"_edn15\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[15]<\/span><\/a>.&nbsp;<span lang=DE>Carl Severing (SPD).<\/span><\/p> <p class=MsoEndnoteText>En avril 1919, <span lang=DE>Severing<\/span> est nomm\u00e9 commissaire du Reich et de l&rsquo;\u00e9tat [<span lang=DE>Reichs- und Staatskommissar]<\/span> pour la r\u00e9gion industrielle de <span lang=DE>Rheinland-Westfalen<\/span> (la Ruhr). En mars 1920, apr\u00e8s la mise en \u00e9chec du putsch <span lang=DE>L\u00fcttwitz-Kapp<\/span>, il proc\u00e8de \u00e0 la r\u00e9pression des luttes arm\u00e9es organis\u00e9es par les travailleurs de la r\u00e9gion. Il est nomm\u00e9 ministre de l&rsquo;int\u00e9rieur de Prusse. En mars 1921 il dirige la r\u00e9pression contre le mouvement insurrectionnel en Allemagne du centre. En juin 1928 il entre comme ministre de l&rsquo;Int\u00e9rieur au gouvernement de coalition dirig\u00e9 par Hermann M\u00fcller (SPD), auquel participent le Parti populaire allemand (<span lang=DE>Deutsche Volkspartei<\/span>, DVP), le Parti du centre (<span lang=DE>Zentrumspartei, Zentrum<\/span>) et le Parti d\u00e9mocratique allemande (<span lang=DE>Deutsche Demokratische Partei<\/span>, DDP).<\/p> <\/div> <div id=edn16> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref16\" name=\"_edn16\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[16]<\/span><\/a>.&nbsp;Il s&rsquo;agit d&rsquo;une allusion aux conceptions d&rsquo;Alfred Mond.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Mond est un des principaux repr\u00e9sentants du grand capital britannique du secteur de la chimie. Son p\u00e8re, ensemble avec John Brunner, avait fond\u00e9 en 1873 une soci\u00e9t\u00e9, Brunner,&nbsp;Mond and&nbsp;Co. Alfred Mond poursuit le d\u00e9veloppement de l&rsquo;entreprise qui en 1926, \u00e0 travers la fusion avec d&rsquo;autres soci\u00e9t\u00e9s, devient Imperial Chemical Industries (ICI), dont Mond est pr\u00e9sident. En novembre 1927, apr\u00e8s des contacts exploratoires entre certains repr\u00e9sentants des employeurs et la direction de la conf\u00e9d\u00e9ration syndicale britannique (<span lang=EN-US>Trade Union Congress, TUC<\/span>), Mond ensemble avec quelques autres entrepreneurs, adresse une lettre au conseil g\u00e9n\u00e9ral du TUC afin de solliciter l&rsquo;ouverture de n\u00e9gociations directes entre les deux parties. Il \u00e9crit entre autre:<\/p> <p class=Notedefincitation>&quot;Nous r\u00e9alisons que la reconstruction industrielle peut \u00eatre entreprise uniquement en conjonction avec, et avec la coop\u00e9ration de, ceux \u00e9tant en droit et autoris\u00e9s \u00e0 parler pour les travailleurs organis\u00e9s. C&rsquo;est pourquoi la n\u00e9cessit\u00e9 de toute action \u00e0 prendre pour obtenir les mesures les plus compl\u00e8tes et rapides de reconstruction \u00e9conomique nous pousse \u00e0 chercher la coop\u00e9ration imm\u00e9diate de ceux qui sont int\u00e9ress\u00e9s en la mati\u00e8re aussi vitalement que nous-m\u00eames. Nous croyons que les int\u00e9r\u00eats communs qui nous lient sont plus puissants que les int\u00e9r\u00eats apparemment divergents qui semblent nous s\u00e9parer.&quot;<\/p> <p class=Notedefincitation style='margin-bottom:6.0pt'><span lang=EN-US>[&quot;We realise that industrial reconstruction can be undertaken only in conjunction with and with the co-operation of those entitled and empowered to speak for organised labour. The necessity of every action being taken to achieve the fullest and speediest measures of industrial reconstruction therefore impels us to seek the immediate co-operation of those who are as vitally interested in the subject as ourselves. We believe that the common interests which bind us are more powerful than the apparently divergent interests which seem to separate.&quot;]<\/span><\/p> <p class=MsoEndnoteText>Ainsi, sous l&rsquo;\u00e9gide de Mond d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 et le pr\u00e9sident du TUC Ben Turner de l&rsquo;autre, plusieurs conf\u00e9rences se tiennent entre janvier 1928 et mars 1929, d\u00e9sign\u00e9s commun\u00e9ment comme &quot;entretiens Mond-Turner&quot; ou &quot;Melchett-Turner&quot; (\u00e9tant donn\u00e9 qu&rsquo;en 1928 Mond est \u00e9lev\u00e9 \u00e0 la pairie sous le nom de Lord Melchett).<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En 1929 Mond, dont les parents sont d&rsquo;origine juive d&rsquo;Allemagne, participe \u00e0 la cr\u00e9ation de l&rsquo;Agence juive pour Isra\u00ebl et il est d\u00e9sign\u00e9 comme pr\u00e9sident du conseil de cette institution.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Le 11&nbsp;mai 1928 au cours d&rsquo;un voyage \u00e0 Rome, Mond donne une interview qui ensuite est rapport\u00e9e dans la presse britannique, qui attribue notamment \u00e0 Mond une appr\u00e9ciation selon laquelle le fascisme &quot;tend vers la r\u00e9alisation de mes id\u00e9aux politiques&quot; [<span lang=EN-US>&quot;is tending towards the realisation of my political ideals&quot;]<\/span>. Interpel\u00e9 \u00e0 ce sujet par la direction du TUC, Mond explique:<\/p> <p class=Notedefincitation>&quot;Mes r\u00e9f\u00e9rences au fascisme \u00e9taient enti\u00e8rement restreintes \u00e0 son application en Italie. Je ne pense pas, et il ne m&rsquo;est jamais venu \u00e0 l&rsquo;esprit que le fascisme en tant qu&rsquo;id\u00e9al politique soit en une quelconque mani\u00e8re appropri\u00e9 \u00e0 la m\u00e9thode britannique ou le sentiment britannique. [&#8230;] Pour autant que le fascisme puisse avoir am\u00e9lior\u00e9 la coop\u00e9ration industrielle en Italie, sous les circonstances particuli\u00e8res de moment et de lieu, j&rsquo;ai exprim\u00e9 l&rsquo;avis que l&rsquo;Italie en avait tir\u00e9 b\u00e9n\u00e9fice. [&#8230;] Personne dans notre pays songera \u00e0 tenter d&rsquo;appliquer ni le bolch\u00e9visme ni le fascisme au progr\u00e8s ordonn\u00e9 de notre propre pays. [&#8230;] C&rsquo;est uniquement par le progr\u00e8s ordonn\u00e9 et la coop\u00e9ration industrielle que peut \u00eatre atteint un niveau de vie plus \u00e9lev\u00e9, que nous tous esp\u00e9rons sinc\u00e8rement voir progressivement appliqu\u00e9 \u00e0 ce pays.&quot;<\/p> <p class=Notedefincitation style='margin-bottom:6.0pt'><span lang=EN-US>[&quot;My references to Fascism were entirely restricted to its application to Italy. I do not believe, and it has never occurred to me that Fascism as a political ideal is in any way suitable to the British method or British sentiment. (&#8230;) In -so far as Fascism may have improved industrial co-operation in Italy, under the peculiar circumstances of time and place, I expressed the view that Italy had benefited. <\/span>(&#8230;)<span lang=EN-US> No one in this country would think of endeavouring to apply either Bolshevism or Fascism to the orderly progress of our own country. It is by orderly progress and industrial co-operation alone that the higher standard of living, which we all so earnestly hope to see progressively applied to this country, can be attained.&quot;]<\/span><\/p> <p class=MsoEndnoteText>(Les citations proviennent de: <span lang=EN-US>Trades Union Congress: Report of Proceedings at the Annual Trades Union Congress<\/span>, t.&nbsp;60, 1928.)<\/p> <\/div> <div id=edn17> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref17\" name=\"_edn17\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[17]<\/span><\/a>.&nbsp;ISR, conf\u00e9rence de janvier 1929.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En mi-janvier 1929 se tient \u00e0 Berlin une conf\u00e9rence de l&rsquo;Internationale syndicale rouge (ISR) \u00e0 laquelle participent des d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s des pays d&rsquo;Europe centrale et de la Grande-Bretagne. \u00c0 des fins de camouflage, elle est d\u00e9sign\u00e9e comme Conf\u00e9rence de Strasbourg.<\/p> <\/div> <div id=edn18> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref18\" name=\"_edn18\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[18]<\/span><\/a>.&nbsp;<span lang=DE>Heinrich Brandler.<\/span><\/p> <p class=MsoEndnoteText><span lang=DE>Brandler<\/span> fait partie du Groupe Spartakus form\u00e9 \u00e0 partir de 1915 autour de Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht, puis il est membre du Parti communiste d&rsquo;Allemagne (<span lang=DE>Kommunistische Partei Deutschlands, KPD<\/span>) fond\u00e9 en d\u00e9cembre 1918. Au 2e&nbsp;congr\u00e8s du Parti (octobre 1919) il est \u00e9lu comme membre de la direction, en f\u00e9vrier 1921 il devient co-pr\u00e9sident (aux c\u00f4t\u00e9s de <span lang=DE>Walter Stoecker<\/span>), en juillet 1922 il est d\u00e9sign\u00e9 secr\u00e9taire du bureau politique. Du 10&nbsp;au 29&nbsp;octobre 1923 il fait partie d&rsquo;un gouvernement r\u00e9gional social-d\u00e9mocrate-communiste en Sachsen. En janvier 1924 il est d\u00e9mis de ses fonctions dans le Parti (le 19&nbsp;f\u00e9vrier <span lang=DE>Hermann Remmele<\/span> est d\u00e9sign\u00e9 comme secr\u00e9taire, Ernst Th\u00e4lmann comme secr\u00e9taire adjoint). Il se rend Moscou, o\u00f9 il poursuit des activit\u00e9s en tant que membre du PCR. En octobre 1928 il revient en Allemagne. En d\u00e9cembre 1928 il est avec <span lang=DE>August Thalheimer<\/span> l&rsquo;un des principaux fondateurs du KPD-Opposition (KPD-O, aussi KPO). En janvier 1929 il est exclu du PCUS et de l&rsquo;Internationale communiste.<\/p> <\/div> <div id=edn19> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref19\" name=\"_edn19\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[19]<\/span><\/a>.&nbsp;Opposition syndicale rouge.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En 1929 se tient du&nbsp;30 novembre au&nbsp;1er d\u00e9cembre \u00e0 Berlin un congr\u00e8s syndical national convoqu\u00e9 au nom d&rsquo;un Comit\u00e9 national de l&rsquo;opposition syndicale r\u00e9volutionnaire <span lang=DE>[Reichskomitee der revolution\u00e4ren Gewerkschaftsopposition] (RGO)<\/span>, structure constitu\u00e9e par le KPD au sein de la Conf\u00e9d\u00e9ration syndicale g\u00e9n\u00e9rale allemande <span lang=DE>[Allgemeiner Deutscher Gewerkschaftsbund] (ADGB)<\/span>. L&rsquo;objectif consiste \u00e0 rassembler les forces antir\u00e9formistes parmi les travailleurs. Le congr\u00e8s maintient le principe que l&rsquo;opposition syndicale doit se structurer au sein des syndicats existants, autour des fractions communistes, en lien avec la cr\u00e9ation de \u201ccomit\u00e9s de promotion de l&rsquo;opposition syndicale r\u00e9volutionnaire\u201d <span lang=DE>[\u201cAussch\u00fcsse zur F\u00f6rderung der revolution\u00e4ren Gewerkschaftsopposition\u201d]<\/span> locaux. <\/p> <p class=MsoEndnoteText>En aout 1930 se r\u00e9unit le 5e&nbsp;congr\u00e8s de l&rsquo;Internationale syndicale rouge (ISR) \u00e0 Moscou. Il d\u00e9cide de consolider les groupes syndicaux oppositionnels comme unit\u00e9s autonomes. En octobre, des gr\u00e8ves ont lieu dans la m\u00e9tallurgie \u00e0 Berlin. Confront\u00e9s \u00e0 l&rsquo;obstruction de la part de la direction syndicale officielle, les syndicats oppositionnels constituent la \u201cF\u00e9d\u00e9ration unitaire des travailleurs de la m\u00e9tallurgie de Berlin\u201d <span lang=DE>[\u201cEinheitsverband der Metallarbeiter Berlins\u201d]<\/span>. Les&nbsp;15<span style='font-family:\"Times New Roman\",\"serif\"'>&#8209;<\/span>16 novembre, la RGO tient son 2e&nbsp;congr\u00e8s national. Il est d\u00e9cid\u00e9 de transformer la RGO en une organisation ind\u00e9pendante r\u00e9unissant aussi bien des membres des syndicats que des travailleurs en dehors des syndicats existants. L&rsquo;importance de la poursuite de l&rsquo;activit\u00e9 au sein des syndicats de l&rsquo;ADGB est r\u00e9affirm\u00e9e. Le&nbsp;11 janvier 1931 la RGO constitue la \u201cF\u00e9d\u00e9ration unitaire des travailleurs des mines d&rsquo;Allemagne\u201d <span lang=DE>[\u201cEinheitsverband der Bergarbeiter Deutschlands\u201d]<\/span>, et le&nbsp;18 janvier la \u201cF\u00e9d\u00e9ration unitaire des travailleurs des ports et des marins\u201d <span lang=DE>[\u201cEinheitsverbandes der Hafenarbeiter und der Seeleute\u201d]<\/span> issu de la \u201cF\u00e9d\u00e9ration allemande des transports\u201d <span lang=DE>[\u201cDeutscher Verkehrsbund\u201d]<\/span><span lang=DE> <\/span>(DVB). En 1932 la RGO compte environ 250.000&nbsp;membres.<\/p> <\/div> <div id=edn20> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref20\" name=\"_edn20\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[20]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Araki Sadao.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Le g\u00e9n\u00e9ral Araki Sadao est ministre de l&rsquo;Arm\u00e9e du Japon, de&nbsp;1931 \u00e0&nbsp;1934. Il est l&rsquo;un des principaux repr\u00e9sentants d&rsquo;une faction de militaires, d\u00e9sign\u00e9e comme K&#333;d&#333;ha, (la Voie Imp\u00e9riale). Elle pr\u00e9conise une dictature militaire sous l&rsquo;\u00e9gide de l&#8217;empereur. L&rsquo;objectif affich\u00e9 \u00e9tait la cr\u00e9ation d&rsquo;une union \u00e9conomique et militaire regroupant le Japon, la Cor\u00e9e, la Mandchourie et la Chine. K&#333;d&#333;ha entraine l&rsquo;arm\u00e9e du Kwantung (Kant&#333;gun) dans une conqu\u00eate de la Mandchourie (*&nbsp;cf.&nbsp;note plus loin&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_d1\">&#9658;<\/a>), sous pr\u00e9texte d&rsquo;un sabotage sur la voie ferr\u00e9e du Sud-Mandchourien, pr\u00e8s de Moukden (aujourd&rsquo;hui Shenyang) le&nbsp;18 septembre 1931. Les troupes japonaises chassent les autorit\u00e9s chinoises, et en f\u00e9vrier 1932 le Japon \u00e9tablit l&rsquo;\u00c9tat vassal du Mandchoukouo, \u00e0 la t\u00eate duquel il place l&rsquo;ex&#8209;empereur de Chine, Puyi. Le&nbsp;26 f\u00e9vrier 1936, la faction K&#333;d&#333;ha s&rsquo;efforce de provoquer un coup d&rsquo;\u00e9tat militaire, mais elle \u00e9choue dans son entreprise.<\/p> <p class=MsoEndnoteText><a name=\"REF_NOT_d1\"><\/a>*&nbsp;Note sur la Mandchourie:<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Au d\u00e9but de l&rsquo;\u00e8re chr\u00e9tienne, des nomades d&rsquo;origine turco-mongole s&rsquo;\u00e9tablissent en Mandchourie et se s\u00e9dentarisent. Au d\u00e9but du&nbsp;13e&nbsp;si\u00e8cle, les Mongols prennent le pouvoir \u00e0 P\u00e9kin, apr\u00e8s s&rsquo;\u00eatre appropri\u00e9 la Mandchourie. En 1644, la dynastie mandchoue s&rsquo;\u00e9tablit sur le tr\u00f4ne de Chine \u00e0 la faveur d&rsquo;un conflit dynastique et y demeurera jusqu&rsquo;en 1911 (dynastie des Qing). Il s&rsquo;ensuit une union prolong\u00e9e de la Mandchourie avec la Chine. Le pays est l&rsquo;objet de plusieurs accords entre la Russie et la Chine. La Russie obtient, en 1896, le droit d&rsquo;\u00e9tablir une voie ferr\u00e9e \u00e0 travers la Mandchourie, avec contr\u00f4le administratif, pour relier directement Vladivostok au Transsib\u00e9rien, et, en 1897, la concession du territoire de Port-Arthur (aujourd&rsquo;hui L\u00fcshun) et Dairen (aujourd&rsquo;hui Dalian). En 1905, la victoire du Japon dans la guerre russo-japonaise permet \u00e0 celui-ci de prendre pratiquement la place de la Russie. La Mandchourie est partag\u00e9e en fait entre les deux zones d&rsquo;influence, russe et japonaise. L&rsquo;arm\u00e9e japonaise maintient des troupes dans le nord&#8209;est de la Chine pour assurer la protection de la ligne ferroviaire entre Changchun et Lushun. Ces unit\u00e9s sont r\u00e9organis\u00e9es en 1919 et donnent naissance \u00e0 l&rsquo;arm\u00e9e du Kwantung (Kant\u00f4gun) connue pour son r\u00f4le dans l&rsquo;expansion militaire du Japon durant les ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dant la guerre sino-japonaise. En 1924, l&rsquo;URSS renonce officiellement \u00e0 ses int\u00e9r\u00eats en Mandchourie, laissant au Japon le champ libre. Celui-ci \u00e9tablit un protectorat. \u00c0 l&rsquo;immigration chinoise, tr\u00e8s importante \u00e0 dater de 1776, et devenue une colonisation syst\u00e9matique \u00e0 partir de 1920 dans le Sud, succ\u00e8de une immigration non n\u00e9gligeable de Japonais et de Cor\u00e9ens.<\/p> <\/div> <div id=edn21> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref21\" name=\"_edn21\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[21]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Guerre entre le Paraguay et la Bolivie, dite Guerre du Chaco, 1932&#8209;1935.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Le Chaco bor\u00e9al est une plaine qui s&rsquo;\u00e9tend entre les contreforts andins et le Rio Paraguay, pratiquement d\u00e9peupl\u00e9e durant les premi\u00e8res d\u00e9cennies du 20e&nbsp;si\u00e8cle, \u00e0 l&rsquo;exception de petites communaut\u00e9s d&rsquo;origine indienne et europ\u00e9enne. L&rsquo;exploitation du <span lang=es-419>quebracho<\/span> (nom d\u00e9signant diverses esp\u00e8ces d&rsquo;arbre dont on extrait du tanin, substance servant au tannage des peaux) et du b\u00e9tail dans la r\u00e9gion fournissait le tiers environ des revenus du Paraguay.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Le Paraguay et la Bolivie entretenaient des revendications antagonistes sur le Chaco Bor\u00e9al depuis leur ind\u00e9pendance, et ne parvinrent pas \u00e0 un accord bilat\u00e9ral sur le trac\u00e9 de leur fronti\u00e8re commune. Durant la seconde moiti\u00e9 du 19e&nbsp;si\u00e8cle, les deux pays perdirent une partie de leurs territoires; le Paraguay vit sa taille r\u00e9duite de moiti\u00e9 lors de la guerre de la Triple Alliance, et la Bolivie dut renoncer \u00e0 son acc\u00e8s \u00e0 la mer \u00e0 l&rsquo;issue de la guerre du Pacifique. Pour la Bolivie, contr\u00f4ler le Chaco et \u00e9tablir un port fluvial sur le Rio Paraguay aurait permis de compenser la perte de sa province maritime sur le Pacifique en obtenant un acc\u00e8s, tr\u00e8s indirect, \u00e0 l&rsquo;oc\u00e9an Atlantique. Les tensions s&rsquo;accroissent dans les ann\u00e9es&nbsp;1920. La d\u00e9couverte de p\u00e9trole au pied des Andes, laissant esp\u00e9rer que le Chaco d\u00e9tient \u00e9galement des gisements p\u00e9troliers, accroit encore l&rsquo;attrait de la r\u00e9gion. De plus, des compagnies p\u00e9troli\u00e8res occidentales rivales facilitent alors le financement du r\u00e9armement des deux \u00c9tats en leur octroyant des pr\u00eats. En juillet 1932, une s\u00e9rie d&rsquo;escarmouches d\u00e9bouche sur un \u00e9change d&rsquo;ultimatums entre les deux nations, qui mobilisent leurs arm\u00e9es, puis la guerre \u00e9clate.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Apr\u00e8s trois ans de campagnes militaires marqu\u00e9es par des rapports de forces changeantes, le&nbsp;12 juin 1935 est sign\u00e9 un cessez-le feu qui prend effet le 14&nbsp;juin. Une tr\u00eave entre en vigueur le&nbsp;21 janvier 1936 puis les bellig\u00e9rants signent deux ans plus tard, \u00e0 Buenos Aires, un accord c\u00e9dant au Paraguay les trois quarts du Chaco Bor\u00e9al, soit 80&nbsp;% des territoires contest\u00e9s par les deux pays avant la guerre. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;en 2009 qu&rsquo;un trait\u00e9 d\u00e9finisse d\u00e9finitivement le trac\u00e9 de la fronti\u00e8re commune.<\/p> <\/div> <div id=edn22> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref22\" name=\"_edn22\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[22]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Le 11e&nbsp;Pl\u00e9num du Comit\u00e9 ex\u00e9cutif de l&rsquo;Internationale communiste se tient du&nbsp;26 mars au&nbsp;11 avril 1931.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Cf. Th\u00e8ses adopt\u00e9es par la 11e Assembl\u00e9e pl\u00e9ni\u00e8re du C.E. de l&rsquo;I.C. sur le rapport du camarade Manouilski et sur les co-rapports des camarades Thaelmann, Lenski et Tch\u00e9modanov, sur&nbsp;:<\/p> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"http:\/\/321ignition.free.fr\/pag\/fr\/lin\/pag_003\/1931_03_26_IC_CE_XI_Manuilski.htm\">La situation et les t\u00e2ches des Partis communistes d&rsquo;Allemagne et de Pologne&nbsp;&#9658;<\/a>.<\/p> <\/div> <div id=edn23> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref23\" name=\"_edn23\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[23]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Le 12e&nbsp;Pl\u00e9num du Comit\u00e9 ex\u00e9cutif de l&rsquo;Internationale communiste se tient du&nbsp;27 aout au&nbsp;15 septembre 1932.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Cf. Th\u00e8ses adopt\u00e9es par la 12e Assembl\u00e9e pl\u00e9ni\u00e8re du C.E. de l&rsquo;I.C. sur le rapport du camarade Kuusinen, sur<br> <a href=\"http:\/\/321ignition.free.fr\/pag\/fr\/lin\/pag_003\/1932_08_27-09_15_IC_CE_XII_Theses_situation_taches.htm\">La situation internationale et les t\u00e2ches de l&rsquo;IC&nbsp;&#9658;<\/a>.<\/p> <\/div> <div id=edn24> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref24\" name=\"_edn24\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[24]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;USA, manifestations de ch\u00f4meurs, 1930.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Le&nbsp;6 mars 1930 le Parti communiste des USA organise une journ\u00e9e de manifestations nationales. Des marches, auxquelles participent un nombre important de noirs, ont lieu \u00e0 San Francisco, Los Angeles, Detroit, Washington, Boston, New York. Presque partout les manifestations sont violemment r\u00e9prim\u00e9es, en particulier \u00e0 New York o\u00f9 a lieu la manifestation la plus importante. Forts de la mobilisation provoqu\u00e9e par ces manifestations, les communistes poursuivent leurs efforts, cr\u00e9ent des &quot;conseils de ch\u00f4meurs&quot; dans les grandes villes et tentent de les coordonner dans une organisation nationale.<\/p> <\/div> <div id=edn25> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref25\" name=\"_edn25\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[25]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Hongrie, Budapest, septembre 1930.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Vers l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1930, en Hongrie, la volont\u00e9 de lutte des masses travailleuses se renforce. Sous la pression des circonstances, la social-d\u00e9mocratie d\u00e9cide d&rsquo;organiser des manifestations contre le ch\u00f4mage. Ainsi le&nbsp;1er septembre \u00e0 Budapest et dans d&rsquo;autres villes elle appelle \u00e0 des manifestations associ\u00e9es des gr\u00e8ves partielles. De la part de la social-d\u00e9mocratie il devait s&rsquo;agir d&rsquo;actions pacifiques. Le Parti communiste appelle \u00e0 la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale et \u00e0 des manifestations combattives. Les protestations prennent une ampleur jamais atteinte depuis l&rsquo;\u00e9crasement de la r\u00e9publique des soviets de&nbsp;1919. D\u00e8s la veille, le pouvoir mobilise la police fortement arm\u00e9e, des chars, proc\u00e8de \u00e0 plus de 300 arrestations. Les travailleurs ne suivent pas les consignes des social-d\u00e9mocrates, mais celles des communistes. Des affrontements se d\u00e9veloppent, avec des nombreux bless\u00e9s des deux c\u00f4t\u00e9s, la circulation est totalement d\u00e9sorganis\u00e9e. Le d\u00e9put\u00e9 social-d\u00e9mocrate Karl Peyer tente de calmer les masses par une tirade anticommuniste et en appelant \u00e0 la coop\u00e9ration avec la police; il est malmen\u00e9 par les manifestants et se sauve sous protection de la police. Le dirigeant social-d\u00e9mocrate Qarami est extrait de sa voiture, tabass\u00e9, la voiture est renvers\u00e9e et incendi\u00e9e. L&rsquo;arm\u00e9e intervient. Des restaurants fr\u00e9quent\u00e9s par les bourgeois sont d\u00e9vast\u00e9s. Des barricades sont \u00e9rig\u00e9es. Tard dans la soir\u00e9e la police r\u00e9ussit \u00e0 pousser les travailleurs hors du centre vers les quartiers p\u00e9riph\u00e9riques. Le rapport officiel fait \u00e9tat de deux morts et 57&nbsp;bless\u00e9s graves, des r\u00e9cits de la part de la social-d\u00e9mocratie indiquent dix&nbsp;travailleurs tu\u00e9s et 600&nbsp;personnes bless\u00e9es. Selon la police, ce sont les dirigeants social-d\u00e9mocrates qui ont appel\u00e9 la police au secours. Le nombre de manifestants est estim\u00e9 \u00e0&nbsp;250.000.<\/p> <\/div> <div id=edn26> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref26\" name=\"_edn26\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[26]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Espagne, instauration de la 2e&nbsp;R\u00e9publique, 14&nbsp;avril 1931.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Dans la nuit du&nbsp;12 au&nbsp;13 septembre 1923 le g\u00e9n\u00e9ral Miguel Primo de Rivera soul\u00e8ve la garnison de Barcelone et d\u00e9clare l&rsquo;\u00e9tat de guerre et la suspension de la Constitution. Au cours des sept ann\u00e9es que dura la dictature se succ\u00e9d\u00e8rent deux formes de gouvernement: le <span lang=ES>Directorio Militar<\/span> (1923-1925) et le <span lang=ES>Directorio Civil<\/span> (1925-1929). Progressivement des forces d&rsquo;opposition \u00e9mergent, qui tendent \u00e0 se f\u00e9d\u00e9rer autour de revendications communes: la proclamation de la R\u00e9publique et la convocation de Cort\u00e8s constituantes. Primo de Rivera, perdant le soutien des cadres de l&rsquo;arm\u00e9e et du roi Alphonse&nbsp;XIII, pr\u00e9sente sa d\u00e9mission le&nbsp;30 janvier 1930. Le roi charge un autre g\u00e9n\u00e9ral, <span lang=ES>D\u00e1maso Berenguer<\/span>, de liquider la dictature et de revenir \u00e0 la constitution telle qu&rsquo;elle fonctionnait jusqu&rsquo;en 1923. D&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, un comit\u00e9 se r\u00e9unit en aout 1930 \u00e0 <span lang=ES>San&nbsp;Sebasti\u00e1n<\/span> pour pr\u00e9parer le changement de r\u00e9gime; il regroupe les r\u00e9publicains de toutes les tendances &#8209;&nbsp;dont <span lang=ES>Alcal\u00e1 Zamora, Alejandro Lerroux<\/span> (cf. note&nbsp;45&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_e\"><span lang=DE>&#9658;<\/span><\/a>)<span lang=ES>, Manuel Aza\u00f1a<\/span> (cf. note&nbsp;47&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_f\"><span lang=DE>&#9658;<\/span><\/a>)&nbsp;&#8209; et il obtient l&rsquo;adh\u00e9sion des nationalistes catalans, de l&rsquo;UGT et du parti socialiste avec Largo Caballero (cf. note&nbsp;49&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_g\"><span lang=DE>&#9658;<\/span><\/a>) et <span lang=ES>Indalecio Prieto<\/span>; les anarcho-syndicalistes de la CNT acceptent \u00e9galement de s&rsquo;entendre avec les r\u00e9publicains. <span lang=ES>Berenguer<\/span> pr\u00e9sente sa d\u00e9mission le&nbsp;14 f\u00e9vrier 1931 et est remplac\u00e9 par l&rsquo;amiral <span lang=ES>Juan B.&nbsp;Aznar<\/span>. Des \u00e9lections municipales sont convoqu\u00e9es pour le&nbsp;12 avril. Dans les villes les r\u00e9publicains sont gagnants. Le&nbsp;14, <span lang=ES>Eibar<\/span>, Barcelone, <span lang=ES>San&nbsp;Sebasti\u00e1n<\/span> proclament la R\u00e9publique. \u00c0 Madrid, le chef de la Garde civile, <span lang=ES>Jos\u00e9 Sanjurjo<\/span>, ne garantit plus la monarchie. Le roi doit se r\u00e9signer au d\u00e9part. Le Comit\u00e9 ex\u00e9cutif, issu du pacte de <span lang=ES>San&nbsp;Sebasti\u00e1n de 1930<\/span>, devient gouvernement provisoire, sous la pr\u00e9sidence d&rsquo;un ancien ministre de la monarchie, Alcal\u00e1 Zamora. Il r\u00e9unit des tendances tr\u00e8s diverses: r\u00e9publicains conservateurs (<span lang=ES>Miguel Maura<\/span>), radicaux (<span lang=ES>Lerroux<\/span>), radicaux-socialistes et Action r\u00e9publicaine (<span lang=ES>Aza\u00f1a<\/span>), socialistes mod\u00e9r\u00e9s (<span lang=ES>Prieto<\/span>) ou avanc\u00e9s (<span lang=ES>Caballero<\/span>), catalanistes et autonomistes galiciens (<span lang=ES>Casares Qu\u00edroga<\/span>).<\/p> <\/div> <div id=edn27> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref27\" name=\"_edn27\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[27]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Grande-Bretagne, gr\u00e8ve de marins \u00e0 Invergordon, 1931.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En 1931, le gouvernement britannique d\u00e9cide de proc\u00e9der \u00e0 des r\u00e9ductions de salaires dans le secteur public, mesures qui s&rsquo;appliquent \u00e9galement aux forces arm\u00e9es. Le recrutement de la marine de guerre touche particuli\u00e8rement les centres industriels connaissant un fort taux de ch\u00f4mage. D\u00e9but septembre, des informations au sujet des mesures gouvernementales circulent parmi les marins de la flotte d&rsquo;Atlantique, qui effectue des manoeuvres dans la Mer du Nord. Quand, le&nbsp;11&nbsp;septembre, un groupe de dix navires accoste dans le <span lang=EN-US>Cromarty Firth<\/span> en Ecosse du Nord, les marins en permission dans la ville d&rsquo;<span lang=EN-US>Invergordon<\/span> obtiennent confirmation des rumeurs. Le&nbsp;12 au soir, un groupe de marins tient une r\u00e9union et vote la gr\u00e8ve. Le&nbsp;14, quatre autres navires accostent, des r\u00e9unions sont organis\u00e9es. La gr\u00e8ve d\u00e9bute le&nbsp;15. Des manoeuvres au large des c\u00f4tes sont ordonn\u00e9es, mais seulement quatre navires sortent, dont d&rsquo;ailleurs trois finalement reviennent faute de membres de l&rsquo;\u00e9quipage pr\u00eats \u00e0 ex\u00e9cuter les ordres. Les gr\u00e9vistes sont rejoints par des membres de la force de police de la marine ainsi que quelques officiers subalternes. Environ&nbsp;1000&nbsp;personnes participent. Des n\u00e9gociations ont lieu, le jour m\u00eame les gr\u00e9vistes obtiennent des concessions, qui sont ent\u00e9rin\u00e9es par le gouvernement et l&rsquo;amiraut\u00e9. Suite au conflit, des gr\u00e9vistes sont emprisonn\u00e9s, frapp\u00e9s de mesures de repr\u00e9sailles. Les bureaux du <i>Daily Worker<\/i>, journal du Parti communiste de Grande-Bretagne (<span lang=EN-US>Communist Party of Great-Britain, CPGB<\/span>) sont perquisitionn\u00e9s, plusieurs responsables arr\u00eat\u00e9s.<\/p> <\/div> <div id=edn28> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref28\" name=\"_edn28\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[28]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Chili, r\u00e9volte de la marine de guerre, septembre 1931.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Au Chili, des \u00e9lections pr\u00e9sidentielles ont lieu en 1920. Est \u00e9lu le candidat lib\u00e9ral <span lang=ES>Arturo Alessandri<\/span>, gr\u00e2ce au soutien de la bourgeoisie urbaine et des couches moyennes. Ainsi prend fin un si\u00e8cle de pouvoir de l&rsquo;oligarchie conservatrice d&rsquo;origine espagnole. Cependant, \u00e0 partir de 1923 des organisations factieuses apparaissent au sein de l&rsquo;arm\u00e9e. Une loge militaire d&rsquo;orientation conservatrice intitul\u00e9e T.E.A. (pour: T\u00e9nacit\u00e9, Enthousiasme, Abn\u00e9gation) regroupant g\u00e9n\u00e9raux et amiraux sous la direction de l&rsquo;inspecteur g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;arm\u00e9e de terre, <span lang=ES>Luis Altamirano<\/span>, se forme dans le but de renverser <span lang=ES>Alessandri<\/span> par les armes. Parall\u00e8lement, de jeunes officiers progressistes se r\u00e9unissent r\u00e9guli\u00e8rement pour discuter de probl\u00e8mes d&rsquo;ordre politique ou professionnel.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Le&nbsp;5 septembre 1924 un groupe d&rsquo;officiers constitue un &quot;Comit\u00e9 militaire&quot;. Sous la pression de celui-ci, le Congr\u00e8s national vote un train de lois sociales qui comprend notamment la journ\u00e9e de travail de huit heures, la suppression du travail d&rsquo;enfants, la r\u00e8glementation des conventions collectives, la loi sur les accidents de travail, l&rsquo;assurance-maladie pour les ouvriers, la l\u00e9galisation des syndicats, la loi des coop\u00e9ratives, la cr\u00e9ation de tribunaux de conciliation et d&rsquo;arbitrage en mati\u00e8re du travail.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Poussant plus loin, le Comit\u00e9 militaire demande a <span lang=ES>Alessandri<\/span> de dissoudre le Congr\u00e8s, mais <span lang=ES>Alessandri<\/span> voyant que la r\u00e9alit\u00e9 du pouvoir lui avait \u00e9chapp\u00e9e, d\u00e9cide, le&nbsp;9, de s&rsquo;exiler en Europe. Le&nbsp;12, s&rsquo;installe une Junte de gouvernement pr\u00e9sid\u00e9e par <span lang=ES>Luis Altamirano<\/span> et comprenant le g\u00e9n\u00e9ral <span lang=ES>Juan Pablo Bennett<\/span> et l&rsquo;amiral <span lang=ES>Francisco Neff<\/span>, qui d\u00e9cr\u00e8te la fermeture du Congr\u00e8s national. Or, cette &quot;<span lang=ES>Junta de Gobierno<\/span>&quot; est constitu\u00e9e de militaires de haut rang, \u00e2g\u00e9s, proches de l&rsquo;oligarchie et du Parti Conservateur. Les jeunes officiers progressistes, qui s&rsquo;\u00e9taient d\u00e8s le 5&nbsp;septembre regroup\u00e9s dans la &quot;<span lang=ES>Junta Militar y Naval<\/span>&quot;, avaient dans un premier temps apporte leur soutien au putsch de leurs sup\u00e9rieurs. Quand les divergences politiques entre les deux juntes s&rsquo;accentuent, et qu&rsquo;il devient clair que la <span lang=ES>Junta de Gobierno<\/span> se pr\u00e9parait \u00e0 rendre le pouvoir aux vaincus de l&rsquo;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle de 1920, la <span lang=ES>Junta Militar y Naval<\/span> renverse la <span lang=ES>Junta de Gobierno<\/span> par le coup d&rsquo;\u00c9tat du&nbsp;23 janvier 1925, et met en place une nouvelle junte pr\u00e9sid\u00e9e par un civil, <span lang=ES>Emilio Bello<\/span>, avec en outre deux militaires, le g\u00e9n\u00e9ral <span lang=ES>Pedro P. Dartnell<\/span> et l&rsquo;amiral <span lang=ES>Carlos Ward<\/span>.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Ce nouveau coup d&rsquo;\u00c9tat a \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9 par un nombre r\u00e9duit de jeunes officiers, dont <span lang=ES>Marmaduke Grove<\/span> et <span lang=ES>Carlos Ib\u00e1\u00f1ez<\/span>. Leur mouvement re\u00e7oit le soutien de la majorit\u00e9 des officiers techniciens et subalternes de la marine, ainsi que de partisans civils d&rsquo;<span lang=ES>Alessandri<\/span>. Les tractations entam\u00e9es aux lendemains du coup d&rsquo;\u00c9tat entre le gouvernement provisoire qui est civil (\u00e0 l&rsquo;exception de Carlos <span lang=ES>Ib\u00e1\u00f1ez<\/span> au portefeuille de la guerre), l&rsquo;arm\u00e9e et les syndicats, aboutissent au retour d&rsquo;<span lang=ES>Alessandri<\/span> \u00e0 la pr\u00e9sidence, <span lang=ES>Ib\u00e1\u00f1ez<\/span> demeurant ministre de la guerre. L&rsquo;\u00e9quilibre instable de ce gouvernement, min\u00e9 par les intrigues d&rsquo;<span lang=ES>Ib\u00e1\u00f1ez<\/span>, ainsi que par la poursuite de l&rsquo;agitation militaire (un soul\u00e8vement de la marine \u00e9choue en septembre 1925) ne lui permet de durer que quelque mois; cette br\u00e8ve p\u00e9riode a cependant comme r\u00e9sultat la promulgation d&rsquo;une nouvelle constitution d&rsquo;essence nettement pr\u00e9sidentialiste qui restera en vigueur jusqu&rsquo;au coup d&rsquo;\u00c9tat de 1973.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>N&rsquo;ayant pu obtenir le d\u00e9part d&rsquo;<span lang=ES>Ib\u00e1\u00f1ez<\/span> qui affiche ouvertement ses ambitions pr\u00e9sidentielles, <span lang=ES>Alessandri<\/span> d\u00e9cide de d\u00e9missionner \u00e0 la fin de 1925. Une \u00e9lection pr\u00e9sidentielle (\u00e0 laquelle <span lang=ES>Ib\u00e1\u00f1ez<\/span> pr\u00e9f\u00e8re ne pas participer) porte au pouvoir <span lang=ES>Emiliano Figueroa<\/span>, tandis qu&rsquo;<span lang=ES>Ib\u00e1\u00f1ez<\/span> est nomm\u00e9 ministre de l&rsquo;Int\u00e9rieur. Un an et demi seulement apr\u00e8s son \u00e9lection, <span lang=ES>Figueroa<\/span> doit d\u00e9missionner \u00e0 son tour, et une nouvelle \u00e9lection pr\u00e9sidentielle a lieu en&nbsp;mai 1927 avec cette fois la participation d&rsquo;<span lang=ES>Ib\u00e1\u00f1ez<\/span>. B\u00e9n\u00e9ficiant de l&rsquo;appui quasi&#8209;total de la gauche, <span lang=ES>Ib\u00e1\u00f1ez<\/span> obtient aussi celui de la droite qui, encourag\u00e9e par l&rsquo;anticommunisme de certaines de ses d\u00e9clarations, voit en lui un homme d&rsquo;ordre, le meilleur rempart contre la r\u00e9volution, comme il l&rsquo;avait montr\u00e9 en r\u00e9primant fermement des \u00e9meutes ouvri\u00e8res survenues \u00e0 <span lang=ES>Iquique<\/span> en mai&#8209;juin 1925. <span lang=ES>Ib\u00e1\u00f1ez<\/span><span lang=ES> <\/span>obtient 96,7&nbsp;% des suffrages exprim\u00e9s. Sit\u00f4t \u00e9lu, il se retourne contre les milieux politiques qui venaient de le porter au pouvoir en exilant aussi bien des membres \u00e9minents de l&rsquo;oligarchie que des responsables communistes, anarchistes et syndicalistes.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>D\u00e8s sa nomination au minist\u00e8re de la guerre en 1925, <span lang=ES>Ib\u00e1\u00f1ez<\/span><span lang=ES> <\/span>avait mis en oeuvre une politique visant \u00e0 moderniser l&rsquo;arm\u00e9e et \u00e0 renforcer sa coh\u00e9rence, tout en accroissant le poids de son aile progressiste. D&rsquo;importants moyens financiers permirent l&rsquo;achat d&rsquo;\u00e9normes quantit\u00e9s de mat\u00e9riel, tandis que la solde des officiers sup\u00e9rieurs se trouve doubl\u00e9e entre 1927 et 1931. Sur le plan politique, une premi\u00e8re \u00e9puration des officiers conservateurs avait eu lieu en 1924&#8209;25, une seconde vague d&rsquo;\u00e9puration, en f\u00e9vrier 1927, d\u00e9cime l&rsquo;\u00c9tat-Major de la marine, apr\u00e8s que l&rsquo;amiral Arturo <span lang=ES>Swett<\/span>, ministre conservateur de la marine, eut \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 par le capitaine Carlos <span lang=ES>Fr\u00f6dden<\/span>, un des chefs de file du courant progressiste de la marine. Tous les officiers limog\u00e9s sont remplac\u00e9s par des \u00e9l\u00e9ments progressistes et nationalistes.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>La politique sociale d&rsquo;<span lang=ES>Ib\u00e1\u00f1ez<\/span> a favoris\u00e9 les aspirations des masses populaires, mais a aussi tent\u00e9 de les canaliser dans un syndicalisme d&rsquo;\u00c9tat tout en r\u00e9primant partis de gauche et syndicats. Sa politique \u00e9conomique allait \u00e0 l&rsquo;encontre des int\u00e9r\u00eats la droite politique et la frange la plus archa\u00efque de l&rsquo;oligarchie (loi de r\u00e9forme agraire), mais a stimul\u00e9 le d\u00e9veloppement \u00e9conomique du Chili (modernisation des instruments d&rsquo;intervention \u00e9conomique de l&rsquo;\u00c9tat, importante politique de travaux publics, appel aux investissements am\u00e9ricains).<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En 1928 des contacts sont nou\u00e9s en Grande-Bretagne entre l&rsquo;ex-pr\u00e9sident <span lang=ES>Alessandri<\/span>, le g\u00e9n\u00e9ral <span lang=ES>Enrique Bravo<\/span>, le major <span lang=ES>Carlos Mill\u00e1n<\/span>, le colonel <span lang=ES>Marmaduke Bravo<\/span>. Il en r\u00e9sulte une tentative de coup d&rsquo;\u00e9tat en septembre 1930 qui cependant \u00e9choue, les impliqu\u00e9s sont d\u00e9port\u00e9s \u00e0 l&rsquo;Ile de P\u00e2ques.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>La crise \u00e9conomique mondiale fragilise le gouvernement d&rsquo;<span lang=ES>Ib\u00e1\u00f1ez<\/span> qui s&rsquo;effondre en juillet 1931 sans que l&rsquo;arm\u00e9e n&rsquo;intervienne, apr\u00e8s que les \u00e9tudiants et les organisations de couches moyennes eurent lanc\u00e9 une vague de gr\u00e8ves et de manifestations en faveur du r\u00e9tablissement des libert\u00e9s publiques. <span lang=ES>Ib\u00e1\u00f1ez<\/span> remet le pouvoir au pr\u00e9sident du Senat <span lang=ES>Pedro Opazo Letelier<\/span>, puis part \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger. <span lang=ES>Opazo<\/span><span lang=ES> <\/span>nomme comme vice-pr\u00e9sident le radical <span lang=ES>Juan Esteban Montero<\/span>. Celui-ci accepte aussit\u00f4t l&rsquo;offre de la part des partis politiques, d&rsquo;\u00eatre candidat \u00e0 la pr\u00e9sidence. Il transmet la vice-pr\u00e9sidence \u00e0 <span lang=ES>Manuel Trucco<\/span>, dont le gouvernement devait se limiter \u00e0 l&rsquo;administration du pays et convoquer des \u00e9lections pr\u00e9sidentielles. Ce nouveau pouvoir fut rapidement min\u00e9 par les intrigues d&rsquo;<span lang=ES>Alessandri<\/span> et d&rsquo;<span lang=ES>Ib\u00e1\u00f1ez<\/span>, ainsi que par l&rsquo;hostilit\u00e9 d&rsquo;une grande partie de l&rsquo;arm\u00e9e, en raison tant du limogeage de nombreux officiers partisans d&rsquo;<span lang=ES>Ib\u00e1\u00f1ez<\/span> que de mesures l\u00e9sant l&rsquo;arm\u00e9e sous le pr\u00e9texte de r\u00e9duire les d\u00e9penses publiques (abaissement des soldes de 30&nbsp;%, diminution de deux tiers du budget de l&rsquo;aviation et r\u00e9duction de la ration de nourriture des \u00e9quipages de la marine, ce qui d\u00e9clenche la r\u00e9volte des marins de <span lang=ES>Coquimbo<\/span> et <span lang=ES>Talcahuano)<\/span>.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Dirig\u00e9 par des sous-officiers et soutenu par plusieurs milliers de marins, ce mouvement dure du&nbsp;1er au&nbsp;8 septembre 1931 avant d&rsquo;\u00eatre vaincu par les forces loyalistes dirig\u00e9es par le g\u00e9n\u00e9ral <span lang=ES>Carlos Vergara<\/span>, ministre de la guerre. Les chefs de la mutinerie sont emprisonn\u00e9s.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>D&rsquo;un point de vue id\u00e9ologique, les marins mutin\u00e9s affichaient des positions radicales, comme en t\u00e9moigne cette proclamation:<\/p> <p class=Notedefincitation>[Traduit de l&rsquo;espagnol:]<\/p> <p class=Notedefincitation>Au gouvernement du pays. De l&rsquo;\u00c9tat-major du &quot;Latorre&quot;: Devant la conscience du pays nous d\u00e9clarons qu&rsquo;en ces moments les \u00e9quipages, au vu de l&rsquo;attitude antipatriotique du gouvernement et en consid\u00e9rant que l&rsquo;unique rem\u00e8de \u00e0 cette situation est le changement de r\u00e9gime social, nous avons d\u00e9cid\u00e9 de nous unir aux aspirations du peuple et \u00e0 nos c\u00f4t\u00e9s se trouve \u00e0 bord une commission d&rsquo;ouvriers qui repr\u00e9sente ce que ressent le prol\u00e9tariat de la nation, de la F\u00e9d\u00e9ration ouvri\u00e8re du Chili et du Parti communiste. La lutte civile \u00e0 laquelle nous a pouss\u00e9s le gouvernement se transforme en ce moment en une r\u00e9volution sociale.<\/p> <p class=Notedefincitation>[Texte original en espagnol*:]<\/p> <p class=Notedefincitation><span lang=ES>Al Gobierno del pa\u00eds. Del Estado Mayor del &quot;Latorre&quot;: Declaramos ante la conciencia del pa\u00eds que en estos momentos las tripulaciones, al ver la actitud antipatri\u00f3tica del gobierno, y al considerar que el \u00fanico remedio para la situaci\u00f3n es el cambio de r\u00e9gimen social, hemos decidido unirnos a las aspiraciones del pueblo y zarpa junto con nosotros, una comisi\u00f3n de obreros que representa el sentir del proletariado de la naci\u00f3n, de la Federaci\u00f3n Obrera de Chile y Partido Comunista. La lucha civil a que nos ha inducido el gobierno, se transforma en este momento en una revoluci\u00f3n social.<\/span><\/p> <p class=Notedefincitation style='margin-bottom:6.0pt'><span lang=ES>* Edgardo von Schroeders, El delegado del gobierno y el mot\u00edn de la Escuadra; Santiago, Chile, Sociedad Imprenta y litograf\u00eda Universo, 1933; p.&nbsp;7&#8209;8.<\/span><\/p> <p class=MsoEndnoteText>Pour la premi\u00e8re fois dans l&rsquo;histoire du Chili, un soul\u00e8vement militaire se r\u00e9clamait explicitement du communisme. Un des chefs des mutins, Pedro Pacheco, adh\u00e8re par la suite au P.C.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En octobre 1931 se tiennent des \u00e9lections pr\u00e9sidentielles, <span lang=ES>Montero<\/span> est \u00e9lu. <span lang=ES>Marmaduke Grove<\/span> revient au pays. En f\u00e9vrier 1932 <span lang=ES>Montero<\/span> le r\u00e9int\u00e9gr\u00e9 \u00e0 l&rsquo;arm\u00e9e, et en mars le nomme commandant en chef des Forces a\u00e9riennes. Cependant, Grove organise un soul\u00e8vement de l&rsquo;\u00e9cole de l&rsquo;aviation d&rsquo;<span lang=ES>El Bosque<\/span> et renverse <span lang=ES>Montero<\/span> le&nbsp;4 juin. Il instaure une R\u00e9publique socialiste gouvern\u00e9e par une junte militaire, qui dure 12&nbsp;jours, form\u00e9e par le g\u00e9n\u00e9ral <span lang=ES>Arturo Puga<\/span>, <span lang=ES>Carlos D\u00e1vila<\/span><span lang=ES> <\/span>et Eugenio Matte. Le&nbsp;13, <span lang=ES>D\u00e1vila<\/span> d\u00e9missionne et est remplac\u00e9 par <span lang=ES>Rolando Merino<\/span>. <span lang=ES>Grove<\/span> est nomm\u00e9 ministre de la D\u00e9fense nationale (du&nbsp;5 au&nbsp;16 juin). Le gouvernement \u00e9tablit des relations diplomatiques avec l&rsquo;URSS. Les chefs de la mutinerie de 1931 sont lib\u00e9r\u00e9s. Le&nbsp;16 juin <span lang=ES>Carlos D\u00e1vila<\/span> renverse la Junte, <span lang=ES>Grove<\/span> est \u00e0 nouveau d\u00e9port\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Ile de P\u00e2ques.<\/p> <\/div> <div id=edn29> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref29\" name=\"_edn29\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[29]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Ukraine des Carpates (appel\u00e9e aussi Ruth\u00e9nie subcarpatique).<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En&nbsp;1921, \u00e0 l&rsquo;issue des modifications de fronti\u00e8res appliqu\u00e9es apr\u00e8s la Premi\u00e8re guerre mondiale, la Pologne int\u00e8gre notamment deux r\u00e9gions: la Galicie, ayant appartenue pr\u00e9c\u00e9demment \u00e0 l&#8217;empire Austro-hongrois, et la Volhynie qui est limitrophe \u00e0 la Galicie au nord, ayant appartenue pr\u00e9c\u00e9demment \u00e0 l&#8217;empire russe (les deux constituent aujourd&rsquo;hui la partie la plus occidentale de l&rsquo;Ukraine). Par ailleurs une r\u00e9gion limitrophe de la Galicie, au sud, l&rsquo;Ukraine des Carpates (appel\u00e9e aussi Ruth\u00e9nie subcarpatique), ayant appartenue pr\u00e9c\u00e9demment \u00e0 la Hongrie dans le cadre de l&#8217;empire Austro-hongrois (tout comme d&rsquo;ailleurs la Slovaquie), est int\u00e9gr\u00e9e dans sa quasi-totalit\u00e9 \u00e0 la Tch\u00e9coslovaquie, dont elle forme la partie la plus orientale.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En juillet 1932 dans le district de Lesko (qui portait jusqu&rsquo;en&nbsp;1931 le nom ukrainien Lisko) situ\u00e9 en Galicie de l&rsquo;Ouest se produit un soul\u00e8vement d\u00e9clench\u00e9 face \u00e0 la volont\u00e9 des autorit\u00e9s d&rsquo;\u00e9tendre les diff\u00e9rentes formes de travaux obligatoires non r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s (Szarwarki). Le soul\u00e8vement mobilise 10.000&nbsp;paysans de&nbsp;19&nbsp;villages, durant deux semaines. Environ cent paysans sont tu\u00e9s, cinq condamn\u00e9s \u00e0 mort. Suite \u00e0 une campagne du Secours rouge international les ex\u00e9cutions ne sont pas effectu\u00e9es. En nombre croissant les paysans fuient dans les for\u00eats et forment des groupes de partisans. Cette aggravation des conflits se propage vers une grande partie de la Galicie de l&rsquo;Est et de la Volhynie o\u00f9, partout, la population souffre des effets d&rsquo;une p\u00e9nurie de vivres. Pour r\u00e9primer les mouvements le pouvoir d\u00e9ploie trois r\u00e9giments d&rsquo;infanterie, quatre escadrons de cavalerie, des chars, v\u00e9hicules blind\u00e9s, avions, ainsi que des forces de police dont l&rsquo;effectif s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve \u00e0&nbsp;15.000. Douze paysans sont ex\u00e9cut\u00e9s.<\/p> <\/div> <div id=edn30> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref30\" name=\"_edn30\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[30]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Navire de guerre hollandais De Zeven Provincien, mutinerie du&nbsp;4 f\u00e9vrier 1933.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Le Zeven Provincien (Sept Provinces) \u00e9tait un cuirass\u00e9 garde-c\u00f4te. L&rsquo;\u00e9quipage n\u00e9erlandais et javanais se rebelle \u00e0 Sourabaya, au large de Sumatra, parce que la solde a \u00e9t\u00e9 diminu\u00e9e. La mutinerie est \u00e9cras\u00e9e dans le sang, avec un nombre \u00e9lev\u00e9 de morts et bless\u00e9s (une source indique douze hommes tu\u00e9s et vingt-cinq bless\u00e9s, une autre vingt-trois tu\u00e9s et quatorze bless\u00e9s). Le&nbsp;31 octobre 1933 dix-neuf accus\u00e9s comparaissent \u00e0 un proc\u00e8s.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>\u00c0 l&rsquo;\u00e9poque, l&rsquo;Internationale des marins et ouvriers portuaires [<span lang=DE>Internationale der Seeleute und Hafenarbeiter<\/span>\/<span lang=EN-US>International of Seamen and Harbourworkers<\/span>] (ISH) agit en Hollande par l&rsquo;interm\u00e9diaire de l&rsquo;Opposition syndicale r\u00e9volutionnaire [Revolutionaire Vakverenigings Oppositie] (RVO) des transports par eau mais aussi du Club international (interclub) des marins de Rotterdam. Elle tente de d\u00e9velopper sa section en direction des marins chinois et indon\u00e9siens, des ch\u00f4meurs, et autour de l&rsquo;interclub de Rotterdam. Rotterdam est \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque un des premiers ports europ\u00e9ens pour le transport de marchandises. Joseph Rimbertus Schaapa est le principal dirigeant de l&rsquo;interclub de Rotterdam. Il a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 en 1928 bien que l&rsquo;interclub n&rsquo;ouvrit vraiment ses portes qu&rsquo;en 1931, apr\u00e8s \u00eatre rest\u00e9 ferm\u00e9 pendant un certain temps suite \u00e0 des diff\u00e9rends au sein du Parti communiste hollandais. Il existe alors une section chinoise dans l&rsquo;interclub, celui-ci soutient la mutinerie du Zeven Provincien et organise ensuite une campagne de solidarit\u00e9.<\/p> <\/div> <div id=edn31> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref31\" name=\"_edn31\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[31]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Staline: Les Questions du l\u00e9ninisme, tome&nbsp;1, p.&nbsp;200. E.S.I. [Note de l&rsquo;\u00e9d.]<\/p> <p class=MsoEndnoteText>[321ignition] Cf. Joseph Staline: R\u00e9sum\u00e9 des travaux de la XIVe conf\u00e9rence du P.C.R. &#8211; Discours prononc\u00e9 le 9 mai 1925 \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e des militants de l&rsquo;organisation de Moscou (in: Les Questions du L\u00e9ninisme, Tome&nbsp;1, Paris, \u00c9ditions sociales internationales, 1931):<\/p> <p class=MsoEndnoteText>[Extrait]<\/p> <p class=Notedefincitation>II&nbsp;&#8209;&nbsp;T\u00e2ches courantes des partis communistes dans les pays capitalistes<\/p> <p class=Notedefincitation>Ce qui caract\u00e9rise en ce moment la situation des partis communistes dans les pays capitalistes, c&rsquo;est que la p\u00e9riode de pouss\u00e9e r\u00e9volutionnaire a fait place \u00e0 une p\u00e9riode de reflux, \u00e0 une p\u00e9riode d&rsquo;accalmie.<\/p> <p class=Notedefincitation>C&rsquo;est cette accalmie qu&rsquo;il s&rsquo;agit de mettre \u00e0 profit pour renforcer les partis communistes, les bolch\u00e9viser et les transformer en v\u00e9ritables partis de masse, appuy\u00e9s sur les syndicats, pour grouper les travailleurs de certaines cat\u00e9gories sociales non-prol\u00e9tariennes, et en premier lieu la paysannerie, autour du prol\u00e9tariat, enfin, pour \u00e9duquer les prol\u00e9taires dans l&rsquo;esprit de la r\u00e9volution et la dictature du prol\u00e9tariat.<\/p> <p class=Notedefincitation>Je n&rsquo;\u00e9num\u00e9rerai pas toutes les t\u00e2ches courantes qui se posent aux partis communistes d&rsquo;Occident. Si vous lisez les r\u00e9solutions adopt\u00e9es \u00e0 ce sujet, notamment les r\u00e9solutions adopt\u00e9es par l&rsquo;Ex\u00e9cutif \u00e9largi sur la bolch\u00e9visation, vous n&rsquo;aurez pas de peine \u00e0 comprendre en quoi consistent pratiquement ces probl\u00e8mes. Je me bornerai \u00e0 examiner la t\u00e2che essentielle des partis communistes d&rsquo;Occident et \u00e0 la mettre en lumi\u00e8re, ce qui facilitera la solution de tous les autres probl\u00e8mes du moment.<\/p> <p class=Notedefincitation>Cette t\u00e2che, c&rsquo;est de cimenter les partis communistes d&rsquo;Occident et les syndicats, de d\u00e9velopper et de mener \u00e0 bonne fin la campagne en faveur de l&rsquo;unit\u00e9 du mouvement syndical, d&rsquo;obliger tous les communistes \u00e0 adh\u00e9rer aux syndicats, d&rsquo;y mener un travail m\u00e9thodique en faveur du front unique des ouvriers contre le capital et de cr\u00e9er ainsi des conditions permettant aux partis communistes de s&rsquo;appuyer sur les syndicats.<\/p> <p class=Notedefincitation>Sans l&rsquo;accomplissement de cette t\u00e2che, il n&rsquo;est pas possible de transformer les partis communistes en v\u00e9ritables partis de masse, ni de pr\u00e9parer des conditions favorables \u00e0 la victoire du prol\u00e9tariat.<\/p> <p class=Notedefincitation>Les syndicats et les partis en Occident ne sont pas ce qu&rsquo;ils sont chez nous. Leurs rapports ne ressemblent nullement \u00e0 ceux qui existent en Russie. Chez nous, les syndicats ont fait leur apparition apr\u00e8s le parti et autour du parti de la classe ouvri\u00e8re. Chez nous, avant l&rsquo;existence des syndicats, le parti et ses organisations dirigeaient d\u00e9j\u00e0 non seulement la lutte politique, mais la lutte \u00e9conomique de la classe ouvri\u00e8re, jusques et y compris les gr\u00e8ves les moins importantes. C&rsquo;est ce qui, dans une large mesure, permet de comprendre l&rsquo;autorit\u00e9 exceptionnelle dont jouissait notre parti parmi les ouvriers avant la r\u00e9volution de F\u00e9vrier comparativement aux embryons de syndicats qui existaient alors de-ci de-l\u00e0. Les v\u00e9ritables syndicats ne firent leur apparition en Russie qu&rsquo;apr\u00e8s f\u00e9vrier 1917. Mais, \u00e0 la veille de la r\u00e9volution d&rsquo;Octobre, nous avions d\u00e9j\u00e0 des organisations professionnelles parfaitement constitu\u00e9es qui jouissaient parmi les ouvriers d&rsquo;une tr\u00e8s grande autorit\u00e9. L\u00e9nine disait \u00e0 ce moment que, sans l&rsquo;appui des syndicats, il \u00e9tait impossible d&rsquo;\u00e9tablir ou de maintenir la dictature du prol\u00e9tariat. Mais les syndicats n&rsquo;atteignirent leur plein d\u00e9veloppement qu&rsquo;apr\u00e8s la prise du pouvoir, et surtout apr\u00e8s l&rsquo;application de la Nep. Il est indubitable que, maintenant, nos puissants syndicats constituent un des plus fermes appuis de la dictature du prol\u00e9tariat. Le trait le plus caract\u00e9ristique de leur histoire, c&rsquo;est qu&rsquo;ils sont n\u00e9s, qu&rsquo;ils se sont d\u00e9velopp\u00e9s et consolid\u00e9s apr\u00e8s le parti, autour de lui, dans une atmosph\u00e8re d&rsquo;amiti\u00e9 r\u00e9ciproque.<\/p> <p class=Notedefincitation>En Europe occidentale, les syndicats se sont d\u00e9velopp\u00e9s dans une ambiance tr\u00e8s diff\u00e9rente. D&rsquo;abord ils ont surgi et grandi bien avant l&rsquo;apparition des partis ouvriers. Ensuite, ce ne sont pas les syndicats qui se sont d\u00e9velopp\u00e9s autour des partis, mais au contraire, les partis ouvriers qui sont issus des syndicats. Enfin, \u00e9tant donn\u00e9 que dans le domaine de la lutte \u00e9conomique, qui touche le plus la classe ouvri\u00e8re, la place \u00e9tait, pour ainsi dire, d\u00e9j\u00e0 prise par les syndicats, les partis se virent contraints de se consacrer surtout \u00e0 la lutte parlementaire, ce qui devait forc\u00e9ment se r\u00e9percuter sur le caract\u00e8re de leur travail et sur leur autorit\u00e9 aupr\u00e8s de la classe ouvri\u00e8re. Et c&rsquo;est parce que les partis apparurent en Occident apr\u00e8s les syndicats et que les syndicats naquirent longtemps avant les partis pour devenir les principales forteresses du prol\u00e9tariat dans sa lutte contre le capital, que les partis, en tant que forces autonomes, sans point d&rsquo;appui sur les syndicats, se virent rel\u00e9gu\u00e9s \u00e0 l&rsquo;arri\u00e8re-plan.<\/p> <p class=Notedefincitation>Il en r\u00e9sulte que si les partis communistes veulent devenir r\u00e9ellement une force massive, capable d&rsquo;actionner la r\u00e9volution, ils doivent \u00e9troitement se lier aux syndicats et s&rsquo;appuyer sur eux.<\/p> <p class=Notedefincitation>Ne pas tenir compte de cette particularit\u00e9 de la situation en Occident, c&rsquo;est \u00e0 coup s\u00fbr nuire \u00e0 la cause du mouvement communiste.<\/p> <p class=Notedefincitation>Et pourtant, il existe encore en Occident certains &quot;communistes&quot; qui ne veulent pas voir cette particularit\u00e9 et qui vont r\u00e9p\u00e9tant leur mot d\u2019ordre antiprol\u00e9tarien et antir\u00e9volutionnaire: &quot;Abandon des syndicats!&quot;. Le mouvement communiste d&rsquo;Occident n&rsquo;a pas d&rsquo;adversaires plus nuisibles que cette esp\u00e8ce de &quot;communistes&quot; qui r\u00eavent de se lancer \u00e0 l&rsquo;attaque des syndicats incarnant \u00e0 leurs yeux des citadelles ennemies. Ils ne comprennent pas qu&rsquo;une semblable politique doit forc\u00e9ment les faire consid\u00e9rer comme des ennemis par les ouvriers. Ils ne comprennent pas que, bons ou mauvais, les syndicats sont pour l&rsquo;ouvrier du rang comme des citadelles d&rsquo;o\u00f9 lui vient le secours pour le maintien des salaires, de la journ\u00e9e de travail, et ainsi de suite. Ils ne comprennent pas qu&rsquo;une semblable politique ne facilite pas, mais entrave le travail de p\u00e9n\u00e9tration des communistes dans les couches profondes de la classe ouvri\u00e8re.<\/p> <p class=Notedefincitation>&quot;Vous attaquez ma citadelle, peut dire le simple ouvrier \u00e0 de tels communistes, vous voulez d\u00e9truire l&rsquo;\u0153uvre \u00e0 laquelle je me suis consacr\u00e9 pendant des dizaines d&rsquo;ann\u00e9es en me persuadant que le communisme est un progr\u00e8s sur le trade-unionisme: Il se peut que vous ayez raison dans vos sp\u00e9culations th\u00e9oriques sur le communisme, ce n&rsquo;est pas \u00e0 moi, simple ouvrier, d&rsquo;en juger; mais ce que je sais, c&rsquo;est que j&rsquo;ai ma forteresse dans mon syndicat, que ce syndicat m&rsquo;a conduit \u00e0 la lutte, qu&rsquo;il m&rsquo;a d\u00e9fendu tant bien que mal contre les agressions des capitalistes et que celui qui cherche \u00e0 d\u00e9truire cette forteresse nuit \u00e0 mes int\u00e9r\u00eats. Cessez d&rsquo;attaquer les syndicats, entrez&#8209;y, militez&#8209;y cinq ann\u00e9es et plus s&rsquo;il le faut, contribuez \u00e0 les am\u00e9liorer et \u00e0 les renforcer, et si vous me persuadez de la sup\u00e9riorit\u00e9 de vos m\u00e9thodes, soyez s\u00fbrs que je ne me refuserai pas \u00e0 vous soutenir.&quot;<\/p> <p class=Notedefincitation>Tel est \u00e0 peu pr\u00e8s l&rsquo;accueil que r\u00e9serve l&rsquo;ouvrier moyen de nos jours aux antiprofessionnalistes. Si l&rsquo;on n&rsquo;a pas compris ce trait particulier de la psychologie de l&rsquo;ouvrier moyen, on ne comprendra rien \u00e0 la situation de nos partis communistes \u00e0 l&rsquo;heure actuelle.<\/p> <p class=Notedefincitation>En quoi r\u00e9side la force de la social-d\u00e9mocratie en Occident?<\/p> <p class=Notedefincitation>En ce qu&rsquo;elle a les syndicats pour point d&rsquo;appui.<\/p> <p class=Notedefincitation>En quoi r\u00e9side la faiblesse de nos partis communistes en Occident?<\/p> <p class=Notedefincitation>Dans le fait qu&rsquo;ils ne se sont pas encore intimement li\u00e9s et que certains de leurs \u00e9l\u00e9ments ne veulent pas se lier aux syndicats.<\/p> <p class=Notedefincitation>C&rsquo;est pourquoi la t\u00e2che essentielle des partis communistes d&rsquo;Occident en ce moment est de d\u00e9velopper et de mener \u00e0 bien la campagne en faveur de l&rsquo;unit\u00e9 syndicale, d&rsquo;obliger tous les communistes \u00e0 entrer dans les syndicats, d&rsquo;y accomplir un travail m\u00e9thodique de longue haleine en faveur du groupement de la classe ouvri\u00e8re contre le capital, et d&rsquo;arriver ainsi \u00e0 s&rsquo;appuyer sur les syndicats.<\/p> <p class=Notedefincitation>Tel est le sens de notre campagne en faveur de l&rsquo;unit\u00e9 syndicale.<\/p> <p class=Notedefincitation>Telle est la signification des d\u00e9cisions de l&rsquo;Ex\u00e9cutif \u00e9largi de l&rsquo;Internationale communiste au sujet des t\u00e2ches courantes des partis communistes d&rsquo;Occident \u00e0 l&rsquo;heure actuelle.<\/p> <\/div> <div id=edn32> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref32\" name=\"_edn32\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[32]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;<i>Ibidem<\/i>. [Note de l&rsquo;\u00e9d.]<\/p> <\/div> <div id=edn33> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref33\" name=\"_edn33\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[33]<\/span><\/a>.&nbsp;<a name=\"REF_NOT_h\"><\/a>USA, <span lang=EN-US>American Federation of Labor.<\/span><\/p> <p class=MsoEndnoteText>En 1886 est cr\u00e9\u00e9 aux USA l&rsquo;\u201c<span lang=EN-US>American Federation of Labor\u201d<\/span> (\u201cConf\u00e9d\u00e9ration am\u00e9ricaine du travail\u201d, AFL). La pr\u00e9sidence est assum\u00e9e par Samuel Gompers. Celui-ci, pendant la Premi\u00e8re guerre mondiale, est membre du Conseil national de la d\u00e9fense (<span lang=EN-US>Council of National Defense<\/span>). \u00c0 la fin de la guerre, le pr\u00e9sident <span lang=EN-US>Woodrow Wilson<\/span> le nomme \u00e0 la commission sur la l\u00e9gislation internationale du travail dans le cadre de la conf\u00e9rence de Versailles. Il participe ainsi \u00e0 la mise en place de l&rsquo;Organisation internationale du travail. \u00c0 la mort de Gompers en 1924 lui succ\u00e8de William Green. Durant toute une premi\u00e8re p\u00e9riode, l&rsquo;AFL ne se pr\u00e9occupe nullement d&rsquo;organiser les ouvriers industriels non qualifi\u00e9s. En 1935 <span lang=EN-US>John L.&nbsp;Lewis<\/span>, de la f\u00e9d\u00e9ration des mineurs, constitue au sein de l&rsquo;AFL le \u201c<span lang=EN-US>Committee for Industrial Organization\u201d<\/span><span lang=EN-US> <\/span>(\u201cComit\u00e9 d&rsquo;organisation industrielle<span lang=EN-US>\u201d<\/span>) qui rompt avec l&rsquo;AFL en 1938 et prend le nom de \u201c<span lang=EN-US>Congress of Industrial Organizations\u201d<\/span> (\u201cCongr\u00e8s d&rsquo;organisations industrielles<span lang=EN-US>\u201d<\/span>, CIO). Finalement, en 1955 AFL et CIO fusionnent pour constituer l&rsquo;AFL-CIO.<\/p> <\/div> <div id=edn34> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref34\" name=\"_edn34\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[34]<\/span><\/a>.&nbsp;<a name=\"REF_NOT_a\"><\/a>Allemagne, gouvernements Hermann M\u00fcller (SPD), 1920\/1928.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En 1919, apr\u00e8s la prise de fonction de <span lang=DE>Friedrich Ebert<\/span> (SPD) comme pr\u00e9sident du Reich, Hermann <span lang=DE>M\u00fcller<\/span><span lang=DE> <\/span>conjointement avec <span lang=DE>Otto Wels<\/span> est \u00e9lu comme pr\u00e9sident du SPD. En mars 1920, apr\u00e8s la mise en \u00e9chec du putsch <span lang=DE>L\u00fcttwitz-Kapp<\/span>, il devient chancelier du Reich \u00e0 la t\u00eate d&rsquo;un gouvernement de coalition incluant <span lang=DE>SPD, <\/span>Parti d\u00e9mocratique allemand<span lang=DE> (Deutsche Demokratische Partei<\/span>, <span lang=DE>DDP)<\/span> et Parti du centre <span lang=DE>(Zentrumspartei<\/span>,<span lang=DE> Zentrum)<\/span>; cependant les r\u00e9sultats des \u00e9lections de juin conduisent \u00e0 sa d\u00e9mission. Au Congr\u00e8s du SPD de 1921 <span lang=DE>M\u00fcller<\/span><span lang=DE> <\/span>obtient l&rsquo;approbation d&rsquo;une r\u00e9solution qui autorise le parti \u00e0 former au niveau national de m\u00eame que celui r\u00e9gional des coalitions avec le Parti populaire allemand<span lang=DE> (Deutsche Volkspartei<\/span>, <span lang=DE>DVP)<\/span>. En juin 1928 il forme un gouvernement de coalition incluant <span lang=DE>SPD, DVP, Zentrum<\/span><span lang=DE> <\/span>et <span lang=DE>DDP<\/span>, qui restera en place jusqu&rsquo;en mars 1930.<\/p> <\/div> <div id=edn35> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref35\" name=\"_edn35\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[35]<\/span><\/a>.&nbsp;Allemagne, gouvernement <span lang=DE>Heinrich Br\u00fcning<\/span> (<span lang=DE>Zentrum<\/span>), 1930.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Le 31&nbsp;mars 1930, le gouvernement de coalition form\u00e9 en juin 1928 (cf. note&nbsp;34&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_a\"><span lang=DE>&#9658;<\/span><\/a>) est remplac\u00e9 par un gouvernement avec \u00e0 sa t\u00eate<span lang=DE> Heinrich Br\u00fcning du<\/span><span lang=DE> <\/span>Parti du centre <span lang=DE>(Zentrumspartei<\/span>,<span lang=DE> Zentrum)<\/span>, lequel se situe d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment en dehors d&rsquo;une coalition parlementaire fig\u00e9e. Le 18&nbsp;juillet, \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale (le <span lang=DE>Reichstag<\/span>), <span lang=DE>Br\u00fcning<\/span> pr\u00e9sente un d\u00e9cret sign\u00e9 d&rsquo;avance par le pr\u00e9sident <span lang=DE>Paul von&nbsp;Hindenburg<\/span>, qui dissout le Parlement. \u00c0 partir d&rsquo;octobre 1930, ont lieu de multiples rencontres des principaux acteurs politiques et \u00e9conomiques avec <span lang=DE>Adolf Hitler<\/span> et d&rsquo;autres repr\u00e9sentants du <span lang=DE>NSDAP<\/span>, dans le but de trouver d&rsquo;une mani\u00e8re ou d&rsquo;une autre une formule l&rsquo;associant au gouvernement. <a name=\"REF_NOT_o1\"><\/a>Le 1er&nbsp;juin 1931 est constitu\u00e9 un gouvernement dirig\u00e9 par <span lang=DE>Franz von&nbsp;Papen<\/span><span lang=DE> <\/span><span lang=DE>du<\/span><span lang=DE> <\/span>Parti du centre. Le gouvernement d\u00e9clare explicitement ne pas \u00eatre une \u00e9manation des partis.<\/p> <\/div> <div id=edn36> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref36\" name=\"_edn36\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[36]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Parti communiste d&rsquo;Allemagne (KPD), Programme d&rsquo;aide aux paysans, 1931.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Le 22 mai 1931, l&rsquo;organe du KPD, le <i><span lang=DE>Rote Fahne<\/span><\/i> (<i>Drapeau rouge<\/i>), publie un document intitul\u00e9 &quot;Aide aux paysans opprim\u00e9s&quot; (<span lang=DE>&quot;Hilfe f\u00fcr die unterdr\u00fcckten Bauern&quot;)<\/span>, adopt\u00e9 lors de la r\u00e9union du Comit\u00e9 central des&nbsp;14 et&nbsp;15 mai. (<a href=\"http:\/\/321ignition.free.fr\/pag\/fr\/lin\/pag_007\/1931_05_14-15_KPD_CC_Aide_paysans.htm\">Cf. le document: &#9658;<\/a>.) La pr\u00e9sentation indique que &quot;le Parti communiste appelle les travailleurs, les employ\u00e9s de bureau, les fonctionnaires subalternes et les petits entrepreneurs \u00e0 soutenir les millions de paysans qui souffrent dans la lutte pour leur existence m\u00eame, contre les saisies et les ventes judiciaires&quot; et que &quot;le programme d&rsquo;aide aux paysans du KPD poursuit clairement la ligne du programme au sujet de la libert\u00e9 sociale et nationale d&rsquo;aout 1930&quot;. Ce dernier document (<span lang=DE>&quot;Programmerkl\u00e4rung zur nationalen und sozialen Befreiung des deutschen Volkes&quot;<\/span>), adopt\u00e9 par le CC, avait \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 le&nbsp;24 aout 1930. (<a href=\"http:\/\/321ignition.free.fr\/pag\/fr\/lin\/pag_007\/1930_08_24_KPD_CC_Declaration_programme.htm\">Cf. le document: &#9658;<\/a>.) Par ailleurs le KPD publie aussi, le&nbsp;29 mai 1931, un &quot;plan de cr\u00e9ation d&#8217;emplois&quot; portant le sous-titre &quot;Contre le programme de rapine et la politique de catastrophe du capital financier &#8211; Travail et pain pour des millions&quot; (<span lang=DE>&quot;Arbeitsbeschaffungsplan &#8211; Gegen das Raubprogramm und die Katastrophenpolitik des Finanzkapitals &#8211; Arbeit und Brot f\u00fcr Millionen&quot;<\/span>).<\/p> <\/div> <div id=edn37> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref37\" name=\"_edn37\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[37]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Allemagne, Danatbank.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Durant le progr\u00e8s rapide du processus d&rsquo;industrialisation en Allemagne au&nbsp;19e&nbsp;si\u00e8cle, le syst\u00e8me bancaire qui \u00e9tait entre les mains de banquiers priv\u00e9s, ne pouvait initialement se d\u00e9velopper au m\u00eame rythme. Outre l&rsquo;unification de la monnaie et la disparition des barri\u00e8res douani\u00e8res depuis 1834, la cr\u00e9ation de banques par actions a \u00e9t\u00e9 une \u00e9tape importante dans la promotion de l&rsquo;industrialisation, car seules celles-ci pouvaient fournir un capital suffisamment volumineux sous forme d&rsquo;actions. La premi\u00e8re banque par actions \u00e9tait le <span lang=DE>Schaaffhausensche Bankverein<\/span> (Association bancaire de Schaaffhausen), qui doit sa formation \u00e0 l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1848, \u00e0 un cabinet lib\u00e9ral prussien. En r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, toutefois, il n&rsquo;y avait pas en Prusse de concession pour les banques par actions, car elles \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9es comme un instrument sp\u00e9culatif et seule la responsabilit\u00e9 priv\u00e9e du banquier \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9e comme base d&rsquo;une activit\u00e9 bancaire saine. \u00c0 Francfort, centre financier de premier plan, un blocage s&rsquo;exer\u00e7ait \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de la cr\u00e9ation de banques par actions du fait de la grande influence des banquiers priv\u00e9s r\u00e9sidents, avant tout des Rothschild.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Ainsi le d\u00e9veloppement du syst\u00e8me des grandes banques a commenc\u00e9 \u00e0 Darmstadt en&nbsp;1853 avec la cr\u00e9ation de la Banque du commerce et de l&rsquo;industrie (<span lang=DE>Bank f\u00fcr Handel und Industrie<\/span>. C&rsquo;\u00e9tait la premi\u00e8re banque allemande cr\u00e9\u00e9e intentionnellement comme banque par actions. En 1855-56 a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e une banque d&rsquo;\u00e9mission en tant qu&rsquo;institution soeur, la Banque pour l&rsquo;Allemagne du Sud (<span lang=DE>Bank f\u00fcr S\u00fcddeutschland<\/span>), dirig\u00e9e en union personnelle avec la Banque du commerce et de l&rsquo;industrie. La Banque pour l&rsquo;Allemagne du Sud devient le mod\u00e8le pour la cr\u00e9ation de nouvelles banques par actions. Outre les d\u00e9p\u00f4ts, l&rsquo;activit\u00e9 principale consiste en l&rsquo;\u00e9mission d&rsquo;obligations d&rsquo;\u00c9tat et le financement de l&rsquo;industrie. Elle assume le r\u00f4le de banque fondatrice de nombreuses soci\u00e9t\u00e9s industrielles et conserve ses participations de fa\u00e7on prolong\u00e9e pour assurer le succ\u00e8s de l&rsquo;op\u00e9ration. La Banque du commerce et de l&rsquo;industrie joue \u00e9galement un r\u00f4le de premier plan dans le financement des chemins de fer et participe \u00e0 l&rsquo;expansion de plusieurs lignes en l&rsquo;Allemagne du Sud, l&rsquo;Autriche et la Hongrie.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Ult\u00e9rieurement, les deux banques, la Banque du commerce et de l&rsquo;industrie et la Banque pour l&rsquo;Allemagne du Sud, fusionnent pour devenir la Banque de Darmstadt (<span lang=DE>Darmst\u00e4dter Bank<\/span>), puis suit en 1922 la fusion avec la Banque nationale pour l&rsquo;Allemagne (<span lang=DE>Nationalbank f\u00fcr Deutschland<\/span>) \u00e0 Br\u00eame pour former la Banque de Darmstadt et Banque nationale (<span lang=DE>Darmst\u00e4dter und Nationalbank, Danatbank<\/span>). La <span lang=DE>Darmst\u00e4dter Bank<\/span><span lang=DE> <\/span>constitue un vaste r\u00e9seau de succursales dans tous les centres financiers importants de l&rsquo;Empire allemand et \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger, \u00e0 commencer avec New York, et par la suite le Danatbank devient la deuxi\u00e8me plus grande banque d&rsquo;Allemagne.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>La crise \u00e9conomique mondiale qui \u00e9clate en 1929 entraine en 1931 en Allemagne une s\u00e9v\u00e8re crise bancaire. Lorsque la <span lang=DE>\u00d6sterreichischen Creditanstalt<\/span> se d\u00e9clare en cessation de paiements, les banques allemandes subissent un brusque assaut de clients souhaitant retirer leurs fonds. La Danatbank est particuli\u00e8rement affect\u00e9e par la faillite de la <span lang=DE>Norddeutsche Wollk\u00e4mmerei und Kammgarnspinnerei A.G.<\/span> (Soci\u00e9t\u00e9 anonyme de peignage et de filature de laine de l&rsquo;Allemagne du Nord, appel\u00e9 <span lang=DE>Nordwolle<\/span>), dont elle est le principal fournisseur de fonds. La <span lang=DE>Nordwolle<\/span> est la soci\u00e9t\u00e9 textile allemande plus importante, elle comprend dix usines, des filiales en Autriche, en Tch\u00e9coslovaquie, en Argentine. Les propri\u00e9taires de la <span lang=DE>Nordwolle<\/span> sont les fr\u00e8res <span lang=DE>Karl<\/span> et <span lang=DE>Heinz Lahussen<\/span>. Le konzern qu&rsquo;ils dirigent comprend en outre des usines de savon, des fonderies, des journaux. Une instruction judicaire entam\u00e9 ult\u00e9rieurement r\u00e9v\u00e8le que les fr\u00e8res <span lang=DE>Lahussen<\/span> ont syst\u00e9matiquement falsifi\u00e9 les bilans depuis 1925, d\u00e9tournant 30 millions de marks pour leur propre usage et affectant 170 millions \u00e0 des d\u00e9penses prestigieuses, Aux pertes comptabilis\u00e9es de 200 millions, la Danatbank participe pour 35 millions, la Dresdner Bank (fond\u00e9e en 1872) pour 28 millions. Ces \u00e9v\u00e8nements s&rsquo;ajoutent aux difficult\u00e9s que l&rsquo;Allemagne subit en raison des paiements \u00e0 titre de r\u00e9parations impos\u00e9s par les puissances vainqueurs. Il en r\u00e9sulte que la <span lang=DE>Reichsbank<\/span> n&rsquo;a plus que 100 millions de marks en or et devises, repr\u00e9sentant juste le taux minimal de 40&nbsp;% de couverture des billets en circulation. Le pr\u00e9sident de la Danatbank, Jakob Goldschmidt, cherche du secours, il propose en vain une fusion \u00e0 la Deutsche Bank, finalement il annonce la suspension des paiements. Les difficult\u00e9s se r\u00e9percutent notamment sur la Dresdner Bank qui depuis 1930 est li\u00e9e \u00e0 la Danatbank par une entente amicale. Le gouvernement d\u00e9cide la fermeture de tous les \u00e9tablissements de cr\u00e9dit les 14 et 15 juillet, et soumet toutes les transactions en devises au contr\u00f4le par la <span lang=DE>Reichsbank<\/span>. \u00c0 nouveau les r\u00e9actions en chaine vont au-del\u00e0 des fronti\u00e8res: en Autriche, l&rsquo;\u00c9tat doit contribuer au renflouement du <span lang=DE>Wiener Bank-Verein<\/span> et de la <span lang=DE>Nieder\u00f6sterreichische Escompte-Gesellschaft<\/span>, \u00e0 Budapest et \u00e0 Belgrade, les banques interrompent leurs paiements, la plus importante banque priv\u00e9e de Roumanie, la Marmorosch, Blanc et Cie, fait faillite, en Tch\u00e9coslovaquie, les cotations boursi\u00e8res des valeurs bancaires sont suspendues par mesure de pr\u00e9caution. En aout 1931 le gouvernement allemand, afin de consolider la capitalisation de la Dresdner Bank, met \u00e0 sa disposition 300 millions de Reichsmark sous forme d&rsquo;actions pr\u00e9f\u00e9rentielles d\u00e9tenues par l&rsquo;\u00c9tat. Il revend une partie de ces actions \u00e0 la <span lang=DE>Deutsche Golddiskontbank<\/span>, une filiale de la <span lang=DE>Reichsbank<\/span>. Ainsi 66&nbsp;% des actions de la Dresdner Bank sont propri\u00e9t\u00e9 de l&rsquo;\u00c9tat, 22&nbsp;% de la Deutsche <span lang=DE>Golddiskontbank<\/span>. Finalement, en mars 1932 le gouvernement d\u00e9cr\u00e8te la fusion de la Danatbank avec la Dresdner Bank, avec effet r\u00e9troactif au 1er janvier 1931. Cette nouvelle institution dispose d&rsquo;un capital de 220 millions de Reichsmark.<\/p> <\/div> <div id=edn38> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref38\" name=\"_edn38\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[38]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Allemagne, gouvernement de Prusse, juillet 1932.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Le&nbsp;20&nbsp;juillet 1932, le chancelier <span lang=DE>Franz von Papen<\/span> (cf. note&nbsp;35&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_o1\"><span lang=DE>&#9658;<\/span><\/a>) destitue le gouvernement de Prusse dirig\u00e9 par le SPD auquel \u00e9taient associ\u00e9s le <span lang=DE>Zentrum<\/span>, le DDP, le Parti d&rsquo;\u00c9tat allemand (<span lang=DE>Deutsche Staatspartei, DStP<\/span>), et Papen assume la fonction de commissaire du Reich pour la Prusse.<\/p> <\/div> <div id=edn39> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref39\" name=\"_edn39\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[39]<\/span><\/a>.&nbsp;Le 13e&nbsp;Pl\u00e9num du Comit\u00e9 ex\u00e9cutif de l&rsquo;Internationale communiste se tient en d\u00e9cembre 1933.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Cf. Th\u00e8ses adopt\u00e9es par la 13e Assembl\u00e9e pl\u00e9ni\u00e8re du C.E. de l&rsquo;I.C. sur le rapport du camarade Kuusinen, sur<br> <a href=\"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/13e-plenum-ce-ic-theses-fascisme-danger-guerre-taches-partis-communistes\/\">Le fascisme, le danger de guerre et les t\u00e2ches des partis communistes&nbsp;&#9658;<\/a>.<\/p> <\/div> <div id=edn40> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref40\" name=\"_edn40\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[40]<\/span><\/a>.&nbsp;Allemagne, incendie du b\u00e2timent du Reichstag.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Le 21&nbsp;septembre 1933 s&rsquo;ouvre \u00e0 <span lang=DE>Leipzig<\/span> le proc\u00e8s concernant l&rsquo;incendie du b\u00e2timent de l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale (le <span lang=DE>Reichstag<\/span>). Georgi Dimitrov, Blago\u00ef Popov et Vassili Tanev avaient \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s le 9&nbsp;mars et inculp\u00e9s le 24&nbsp;juillet. Le jugement est prononc\u00e9 le 23&nbsp;d\u00e9cembre. <span lang=DE>Marinus van der Lubbe<\/span> est condamn\u00e9 \u00e0 mort pour haute trahison et incendie volontaire, et ex\u00e9cut\u00e9 le 10&nbsp;janvier 1934. Dimitrov, Popov et Tanev sont lib\u00e9r\u00e9s &quot;pour manque de preuves&quot; et expuls\u00e9s vers l&rsquo;URSS le 27&nbsp;f\u00e9vrier 1934. <span lang=DE>Ernst Torgler<\/span> (du KPD) qui avait \u00e9t\u00e9 inculp\u00e9 \u00e9galement, est lib\u00e9r\u00e9 aussi, mais reste jusqu&rsquo;en novembre 1936 en &quot;d\u00e9tention pr\u00e9ventive&quot;.<\/p> <\/div> <div id=edn41> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref41\" name=\"_edn41\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[41]<\/span><\/a>.&nbsp;France, Alexandre Stavisky.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Le 8&nbsp;janvier 1934 l&rsquo;aventurier et affairiste Alexandre Stavisky, \u00e0 l&rsquo;origine de la faillite du Cr\u00e9dit Municipal de Bayonne, est retrouv\u00e9 mort. Un scandale d&rsquo;\u00c9tat est alors r\u00e9v\u00e9l\u00e9 par la presse: Stavisky avait soudoy\u00e9 des parlementaires et des ministres du gouvernement radical-socialiste de Camille Chautemps. La droite se saisit de la r\u00e9v\u00e9lation en d\u00e9non\u00e7ant les corrompus et en pointant du doigt la franc-ma\u00e7onnerie. Le Pr\u00e9sident Albert Lebrun appelle \u00c9douard Daladier \u00e0 la Pr\u00e9sidence du Conseil pour remplacer Chautemps. Le Pr\u00e9fet de la Seine, Jean Chiappe, dont les sympathies pour les Ligues de droite sont connues, est mut\u00e9 \u00e0 un poste au Maroc. Les Ligues d\u00e9cident alors d&rsquo;occuper la rue le&nbsp;6 f\u00e9vrier 1934. Toutefois, elles n&rsquo;ont pas v\u00e9ritablement de ligne commune et vont d\u00e9filer en ordre dispers\u00e9. On trouve l&rsquo;Action Fran\u00e7aise monarchiste et organe du &quot;nationalisme int\u00e9gral&quot; dirig\u00e9e par L\u00e9on Daudet, Charles Maurras et Maurice Pujo; les Jeunesses Patriotes de Pierre Taittinger; l&rsquo;UNC (Union Nationale des Combattants); les Croix de feu du Colonel Fran\u00e7ois de la Roque. On trouve aussi des membres de mouvements plus radicalis\u00e9s comme le Faisceau de Georges Valois (se revendiquant du fascisme italien), le Parti Franciste de Marcel Bucard, Solidarit\u00e9 Fran\u00e7aise du parfumeur Fran\u00e7ois Coty et la F\u00e9d\u00e9ration des Contribuables. Ainsi, 30.000 manifestants d\u00e9filent sans r\u00e9elle coordination. L&rsquo;UNC et l&rsquo;Action Fran\u00e7aise convergent vers l&rsquo;Assembl\u00e9e Nationale. Mais la manifestation tourne \u00e0 l&rsquo;\u00e9meute. La Police de Paris, les Gardes Mobiles et les Gendarmes tirent. On d\u00e9nombre plusieurs morts et des dizaines de bless\u00e9s. Albert Lebrun accepte la d\u00e9mission de Daladier et rappelle Gaston Doumergue qui forme un Gouvernement d&rsquo;Union Nationale, incorporant notamment le Mar\u00e9chal Philippe P\u00e9tain, Andr\u00e9 Tardieu et Louis Barthou.<\/p> <\/div> <div id=edn42> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref42\" name=\"_edn42\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[42]<\/span><\/a>.&nbsp;<a name=\"REF_NOT_b\"><\/a>Autriche, <span lang=DE-AT>Republikanischer Schutzbund<\/span>, affrontements arm\u00e9s en f\u00e9vrier 1934.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En Autriche, en mars 1933 est organis\u00e9 une gr\u00e8ve des travailleurs et employ\u00e9s des chemins de fer. Le 4&nbsp;mars au parlement doit avoir lieu un vote au sujet des mesures \u00e0 prendre contre les gr\u00e9vistes. Sous des pr\u00e9textes de proc\u00e9dure, le chancelier <span lang=DE>Engelbert Dollfu\u00df<\/span> d\u00e9clare l<span style='font-family:\"Calibri\",\"sans-serif\"'>&#700;<\/span>&quot;autodissolution&quot; du parlement. D\u00e9sormais il gouverne sur la base d&rsquo;une loi de pleins pouvoirs datant de 1917 et transforme la r\u00e9publique en un &quot;\u00e9tat corporatif autoritaire&quot;. Il interdit tous les partis, y compris la Ligue de protection r\u00e9publicaine [<span lang=DE>Republikanischer Schutzbund<\/span>] (cf. note&nbsp;44&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_k\"><span lang=DE>&#9658;<\/span><\/a>) li\u00e9 au Parti ouvrier social-d\u00e9mocrate d&rsquo;Autriche <span lang=DE-AT>[Sozialdemokratischen Arbeiterpartei Deutsch-\u00d6sterreichs] (SDAPD\u00d6)<\/span>, mais pas le Front patriotique [<span lang=DE>Vaterl\u00e4ndische Front<\/span>], de tendance social-chr\u00e9tienne.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En janvier 1934 le r\u00e9gime proc\u00e8de \u00e0 l&rsquo;\u00e9limination compl\u00e8te des structures social-d\u00e9mocrates, le&nbsp;24 des perquisitions pour confisquer les armes sont mises en oeuvre. La direction social-d\u00e9mocrate, notamment <span lang=DE>Karl Renner<\/span> et <span lang=DE>Otto Bauer<\/span>, adoptent une position de capitulation tacite. Une opposition de gauche au sein du parti se forme autour Richard Bernaschek qui au niveau de la province de Haute-Autriche [<span lang=DE>Ober\u00f6sterreich<\/span>] est secr\u00e9taire du parti et pr\u00e9sident de la Ligue de protection. Le 12&nbsp;f\u00e9vrier, au si\u00e8ge du parti \u00e0 Linz, il s&rsquo;oppose avec ses militants \u00e0 une intervention de la police. \u00c0 partir de l\u00e0, se d\u00e9veloppent des affrontements arm\u00e9s au niveau national qui durent quatre jours. Le Parti communiste d&rsquo;Autriche [<span lang=DE>Kommunistische Partei \u00d6sterreichs] (KP\u00d6<\/span>) n&rsquo;a que peu d&rsquo;influence sur les \u00e9v\u00e8nements, notamment du fait qu&rsquo;il n&rsquo;a pas acc\u00e8s aux stocks d&rsquo;armes de la Ligue de protection. La r\u00e9pression exerc\u00e9e par le pouvoir est meurtri\u00e8re. Du&nbsp;14 au&nbsp;21 f\u00e9vrier, au moyen de proc\u00e9dures de loi martiale, sont prononc\u00e9es 21&nbsp;condamnations \u00e0 mort, 9&nbsp;personnes sont effectivement ex\u00e9cut\u00e9es. Plus de 10.000 combattants sont arr\u00eat\u00e9s, dont 1200 sont condamn\u00e9s \u00e0 des peines de prison s&rsquo;\u00e9levant \u00e0 1400&nbsp;ans au total. <\/p> <p class=MsoEndnoteText>Pour plus de d\u00e9tails cf.&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/autriche-fevrier-1934-resistance-fascisme\/\">Autriche, f\u00e9vrier 1934 : Un jalon dans la r\u00e9sistance contre le fascisme&nbsp;&#9658;<\/a>.<\/p> <\/div> <div id=edn43> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref43\" name=\"_edn43\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[43]<\/span><\/a>.&nbsp;Espagne, insurrection des Asturies, 1934.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En Espagne, en 1933 le Parti radical dirig\u00e9 par <span lang=ES>Alejandro Lerroux<\/span> gagne les \u00e9lections en coalition avec la Conf\u00e9d\u00e9ration espagnol de droites autonomes (<span lang=ES>Confederaci\u00f3n Espa\u00f1ola de Derechas Aut\u00f3nomas,<\/span><span lang=ES> <\/span><span lang=ES>CEDA)<\/span> dirig\u00e9 par Jos\u00e9 <span lang=ES>Gil Robles<\/span>. <span lang=ES>Lerroux<\/span> pr\u00e9side un gouvernement form\u00e9 de ministres de son parti, appuy\u00e9 par la CEDA. <span lang=ES>\u00c0<\/span> partir du d\u00e9but de 1934, se d\u00e9veloppe une tendance \u00e0 la radicalisation du mouvement ouvrier. Le Parti socialiste ouvrier espagnol (<span lang=ES>Partido Socialista Obrero Espa\u00f1ol, PSOE<\/span>) est conduit \u00e0 participer \u00e0 des &quot;Alliances ouvri\u00e8res&quot; orient\u00e9es \u00e0 s&rsquo;opposer \u00e0 la menace fasciste. Une telle structure se forme d&rsquo;abord en Catalogne, sous l&rsquo;influence du Bloc ouvrier et paysan (<span lang=ES>Bloque obrero y campesino<\/span>, cf. note* ci-dessous). Cependant la Conf\u00e9d\u00e9ration nationale du travail (<span lang=ES>Confederaci\u00f3n Nacional del Trabajo, CNT<\/span>) anarchosyndicaliste ne se joint pas \u00e0 ces mobilisations, sauf dans les Asturies o\u00f9 les organisations socialistes et anarchistes forment un Alliance Ouvri\u00e8re en mars 1934. Le 4&nbsp;octobre la CEDA entre au gouvernement, ce \u00e0 quoi le PSOE r\u00e9agit par un appel \u00e0 la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale de protestation. Dans les Asturies, les travailleurs des mines forment des milices et prennent le contr\u00f4le des localit\u00e9s. Puis une troupe d&rsquo;un millier de miliciens est envoy\u00e9e pour investir Oviedo qui est la capitale de la r\u00e9gion; ils r\u00e9ussissent \u00e0 cerner les forces gouvernementales de la ville, lesquelles sont oblig\u00e9es \u00e0 se retrancher. Dans les autres r\u00e9gions du pays, la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale va rapidement \u00e0 l&rsquo;\u00e9chec. Les insurg\u00e9s des Asturies sont la cible de troupes command\u00e9es par le g\u00e9n\u00e9ral Francisco Franco; ils se rendent le 18&nbsp;octobre. Dans l&rsquo;ensemble, environ 2000&nbsp;personnes meurent victimes de la r\u00e9pression.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>*&nbsp;Le Bloc ouvrier et paysan est cr\u00e9\u00e9 en mars 1931 par la fusion, d&rsquo;une part du Parti communiste catalan (<span lang=ES>Partit Comunista Catal\u00e1<\/span>) lequel s&rsquo;\u00e9tait constitu\u00e9 en novembre 1923 en dehors du Parti communiste espagnol (PCE), et d&rsquo;autre part de la F\u00e9d\u00e9ration Catalano-Balear du PCE laquelle rompt ainsi avec le parti.<\/p> <\/div> <div id=edn44> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref44\" name=\"_edn44\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[44]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;<a name=\"REF_NOT_k\"><\/a>Autriche, <span lang=DE>Republikanischer Schutzbund<\/span>.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>La situation de l&rsquo;apr\u00e8s-guerre dans le sud-est de l&rsquo;Europe apr\u00e8s 1918 est r\u00e9gie par le trait\u00e9 de Saint-Germain-en-Laye. En particulier, la port\u00e9e et la composition des forces arm\u00e9es et de police sont limit\u00e9es. Il existe cependant un certain nombre d&rsquo;organisations paramilitaires pourvues d&rsquo;armements.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En 1919, Julius Deutsch, du Parti ouvrier social-d\u00e9mocrate d&rsquo;Autriche [<span lang=DE>Sozialdemokratischen Arbeiterpartei Deutsch-\u00d6sterreichs<\/span>] (<span lang=DE>SDAPD\u00d6<\/span>), en tant que secr\u00e9taire d&rsquo;\u00c9tat aux Affaires de l&rsquo;Arm\u00e9e, organise la \u201cD\u00e9fense populaire autrichienne\u201d [\u201c<span lang=DE>Deutsch\u00f6sterreichische Volkswehr<\/span>\u201d], issue des services d&rsquo;ordre des conseils d&rsquo;ouvriers ainsi que des milices d&rsquo;usine, form\u00e9s durant les ann\u00e9es 1918 1919, qui comprend ainsi des volontaires appartenant principalement au camp social-d\u00e9mocrate. \u00c0 la suite du trait\u00e9 de Saint-Germain-en-Laye, cette formation est dissoute. Apr\u00e8s les \u00e9lections l\u00e9gislatives d&rsquo;octobre 1920, le <span lang=DE>SDAPD\u00d6<\/span> n&rsquo;est plus partie prenante dans le gouvernement, mais il occupe des positions fortes aux niveaux administratifs inf\u00e9rieurs, notamment \u00e0 Vienne. En avril 1923 est fond\u00e9 en Autriche le <span lang=DE>\u201cRepublikanischer Schutzbund\u201d<\/span> (\u201cLigue de protection r\u00e9publicaine\u201d), que Deutsch d\u00e9veloppe en 1923-1924 comme organisation regroupant des troupes de travailleurs arm\u00e9s. Le <span lang=DE>Schutzbund<\/span> est rejoint par de nombreux anciens membres de la <span lang=DE>Volkswehr<\/span>, et il peut recourir \u00e0 des stocks d&rsquo;armes non officiels, mis \u00e0 disposition en accord avec la <span lang=DE>SDAPD\u00d6<\/span>. Au point culminant de son existence, il compte environ 80.000 membres.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Le gouvernement, pour sa part, tente de placer les armes du <span lang=DE>Schutzbund<\/span><span lang=DE> <\/span>sous son contr\u00f4le. Lorsqu&rsquo;il obtient des informations sur un d\u00e9p\u00f4t d&rsquo;armes dans l&rsquo;Arsenal de Vienne, le ministre de l&rsquo;arm\u00e9e, <span lang=DE>Carl Vaugoin<\/span> (du Parti social-chr\u00e9tien) [<span lang=DE>Christlichsoziale Partei<\/span>] (<span lang=DE>CSP<\/span>), entreprend une action de confiscation le&nbsp;2 mars 1927. Des groupes du <span lang=DE>Schutzbund<\/span> du quartier, alarm\u00e9s, interviennent, certaines unit\u00e9s de l&rsquo;arm\u00e9e f\u00e9d\u00e9rale sont utilis\u00e9es. Le pr\u00e9sident de la F\u00e9d\u00e9ration des m\u00e9tallurgistes, <span lang=DE>Franz Domes<\/span>, menace le pr\u00e9sident de la police, <span lang=DE>Johann Schober<\/span>, de faire gr\u00e8ve de l&rsquo;alimentation en \u00e9lectricit\u00e9. L&rsquo;arm\u00e9e se retire de l&rsquo;Arsenal. Trois jours plus tard, <span lang=DE>Vaugoin<\/span> pr\u00e9pare toute la garnison viennoise \u00e0 une action renouvel\u00e9e. Cependant, le maire <span lang=DE>Karl Seitz<\/span> (<span lang=DE>SDAPD\u00d6<\/span>) et le chancelier <span lang=DE>Ignaz Seipel<\/span> (<span lang=DE>CSP<\/span>) conviennent d&rsquo;entamer des n\u00e9gociations pour le placement des armes. Le&nbsp;16 mai, les sociaux-d\u00e9mocrates et le gouvernement arrivent \u00e0 un arrangement selon lequel, en juin, l&rsquo;entrep\u00f4t d&rsquo;armes est install\u00e9 dans un autre b\u00e2timent, o\u00f9 il est contr\u00f4l\u00e9 conjointement par un officier et un repr\u00e9sentant de confiance social-d\u00e9mocrate. Peu apr\u00e8s, \u00e0 la suite de la crise gouvernementale qui \u00e9clat\u00e9 en septembre, <span lang=DE>Vaugoin<\/span> dirige un gouvernement provisoire et pr\u00e9voit de nouvelles \u00e9lections le 9&nbsp;novembre. Passant outre le r\u00e8glement convenu, il ordonne la confiscation unilat\u00e9rale des armes de l&rsquo;Arsenal le&nbsp;8 novembre.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>(Cf. \u00e9galement note&nbsp;42&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_b\"><span lang=DE>&#9658;<\/span><\/a><span class=MsoHyperlink><span lang=DE>.<\/span><\/span>)<\/p> <\/div> <div id=edn45> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref45\" name=\"_edn45\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[45]<\/span><\/a>.&nbsp;<a name=\"REF_NOT_e\"><\/a><span lang=ES>Alejandro Lerroux Garc\u00eda.<\/span><\/p> <p class=MsoEndnoteText>En 1908 <span lang=ES>Alejandro Lerroux<\/span> fonde le Parti radical (<span lang=ES>Partido Radical<\/span>). Il s&rsquo;oppose \u00e0 la dictature instaur\u00e9e par <span lang=ES>Primo de Rivera<\/span> entre 1923 et 1929. En 1931 il fait partie du premier gouvernement provisoire de la R\u00e9publique. En 1933 son parti gagne les \u00e9lections en coalition avec la <span lang=ES>CEDA<\/span> dirig\u00e9 par <span lang=ES>Gil Robles (cf. <\/span>note&nbsp;46&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_n\"><span lang=DE>&#9658;<\/span><\/a>). Le nouveau gouvernement applique une politique de r\u00e9pression envers les forces de gauche et le mouvement ouvrier. Lorsqu&rsquo;\u00e9clate la guerre civile en 1936, Lerroux s&rsquo;installe au Portugal; il revient en Espagne en 1947.<\/p> <\/div> <div id=edn46> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref46\" name=\"_edn46\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[46]<\/span><\/a>.&nbsp;<a name=\"REF_NOT_n\"><\/a><span lang=ES>Jos\u00e9 Mar\u00eda Gil Robles y Qui\u00f1ones.<\/span><\/p> <p class=MsoEndnoteText>En 1922 Jos\u00e9 <span lang=ES>Gil Robles<\/span> adh\u00e8re au Parti social populaire (<span lang=ES>Partido Social Popular<\/span>). En 1931 il prend la direction du parti Action populaire (<span lang=ES>Acci\u00f3n popular<\/span>), puis il est \u00e0 la t\u00eate de la Conf\u00e9d\u00e9ration espagnol de droites autonomes (<span lang=ES>Confederaci\u00f3n Espa\u00f1ola de Derechas Aut\u00f3nomas,<\/span><span lang=ES> <\/span><span lang=ES>CEDA)<\/span>. En octobre 1934 la CEDA entre au gouvernement, puis en mai 1935 Gil Robles lui-m\u00eame devient ministre de la Guerre. Il place \u00e0 des postes de responsabilit\u00e9 des militaires comme Francisco Franco qui sont par la suite des protagonistes du soul\u00e8vement fasciste. Apr\u00e8s la victoire du Front populaire en 1936 Robles est \u00e0 la t\u00eate de l&rsquo;opposition au parlement. Finalement il quitte le pays. Lorsque s&rsquo;annonce l&rsquo;\u00e9clatement de la guerre civile, il soutient Franco. Apr\u00e8s l&rsquo;instauration de la dictature, il soutient la monarchie en la personne de <span lang=ES>Juan de Borb\u00f3n<\/span> dont il est conseiller priv\u00e9.<\/p> <\/div> <div id=edn47> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref47\" name=\"_edn47\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[47]<\/span><\/a>.&nbsp;<a name=\"REF_NOT_f\"><\/a><span lang=ES>Manuel Aza\u00f1a<\/span>.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En 1925 <span lang=ES>Aza\u00f1a<\/span> cr\u00e9e le parti Action r\u00e9publicaine (<span lang=ES>Acci\u00f3n Republicana, AR)<\/span>. Suite \u00e0 l&rsquo;instauration de la 2e&nbsp;R\u00e9publique en 1931, il pr\u00e9side un gouvernement comprenant notamment des ministres du Parti socialiste ouvrier espagnol (<span lang=ES>Partido Socialista Obrero Espa\u00f1ol, PSOE<\/span>). Lui succ\u00e8de en septembre 1933 un gouvernement dirig\u00e9 par <span lang=ES>Alejandro Lerroux<\/span>.<\/p> <\/div> <div id=edn48> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref48\" name=\"_edn48\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[48]<\/span><\/a>.&nbsp;Otto Bauer.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En 1900 Bauer adh\u00e8re au Parti ouvrier social-d\u00e9mocrate d&rsquo;Autriche (<span lang=DE>Sozialdemokratische Arbeiterpartei Deutsch-\u00d6sterreichs, SDAPD\u00d6<\/span>). En 1904 il prend contact avec <span lang=DE>Karl Kautsky<\/span>, qui dirige l&rsquo;organe du Parti social-d\u00e9mocrate d&rsquo;Allemagne (<span lang=DE>Sozialdemokratische Partei Deutschlands, SPD<\/span>), le <i><span lang=DE>Neue Zeit<\/span><\/i> (<i>Temps nouveau<\/i>). Bauer collabore par la suite \u00e0 ce journal, en 1907 il est charg\u00e9 \u00e9galement de la direction du mensuel nouvellement cr\u00e9\u00e9, <i><span lang=DE>Der Kampf<\/span><\/i> (<i>Le combat<\/i>) et fait partie aussi de la direction de l&rsquo;organe du <span lang=DE>SDAP\u00d6<\/span>, l&rsquo;<i><span lang=DE>Arbeiter-Zeitung<\/span><\/i> (<i>Journal ouvrier<\/i>). Au cours de la Premi\u00e8re guerre mondiale, il est fait prisonnier par les troupes russes, il revient \u00e0 Vienne apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9clatement de la R\u00e9volution russe. Il devient collaborateur \u00e9troit du pr\u00e9sident du <span lang=DE>SDAP\u00d6<\/span>, <span lang=DE>Victor Adler<\/span>. Il pr\u00e9pare notamment le programme qui est adopt\u00e9 en novembre 1926 au Congr\u00e8s de Linz du Parti. \u00c0 l&rsquo;issu des \u00e9v\u00e8nements de f\u00e9vrier 1934 (cf. note&nbsp;42&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_b\"><span lang=DE>&#9658;<\/span><\/a>) il s&rsquo;\u00e9tablit en exil en Tch\u00e9coslovaquie, \u00e0 Br\u00fcnn, o\u00f9 il est l&rsquo;un des principaux membres du Bureau \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger des social-d\u00e9mocrates autrichiens (<span lang=DE>Auslandsb\u00fcro der \u00f6sterreichischen Sozialdemokraten, AL\u00d6S<\/span>). En mars 1938 il se rend \u00e0 Bruxelles. D\u00e9cision est prise de dissoudre l&rsquo;<span lang=DE>AL\u00d6S<\/span> et de cr\u00e9er la Repr\u00e9sentation \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger des socialistes autrichiens (<span lang=DE>Auslandsvertretung der \u00f6sterreichischen Sozialisten, AVOES<\/span>) au sein de laquelle sont repr\u00e9sent\u00e9s le <span lang=DE>SDAP\u00d6<\/span> et les membres de l&rsquo;organisation Socialistes r\u00e9volutionnaires (<span lang=DE>Revolution\u00e4re Sozialisten<\/span>).<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Les positions d\u00e9fendues par Bauer se caract\u00e9risent notamment par l&rsquo;insistance sur la d\u00e9mocratie comme \u00e9l\u00e9ment fondamental pour le passage du capitalisme au socialisme. Il tente n\u00e9anmoins de camoufler ses conceptions bourgeoisies par un semblant de soutien au pouvoir de dictature du prol\u00e9tariat instaur\u00e9 en URSS. Pour cela, au sujet de ce qu&rsquo;il consid\u00e8re \u00eatre une absence de d\u00e9mocratie en URSS, il d\u00e9clare que cela se justifie par le retard de d\u00e9veloppement dont souffre l&rsquo;\u00e9conomie de ce pays. Voici ce qu&rsquo;il \u00e9crit entre autre:<\/p> <p class=Notedefincitation>&quot;L&rsquo;industrialisation rapide de la Russie doit \u00eatre obtenu au prix de la famine. [&#8230;] Tous les bouleversements sans pr\u00e9c\u00e9dents se sont accomplis sous une dictature terroriste et peuvent s&rsquo;accomplir uniquement sous un tel r\u00e9gime. Seulement une dictature terroriste peut obliger un peuple de plus de cent-cinquante millions d&rsquo;hommes \u00e0 supporter au nom d&rsquo;un futur, des privations aussi lourdes dans le pr\u00e9sent. Seulement la dictature terroriste peut imposer le d\u00e9placement par la contrainte des forces de travail vers les nouvelles r\u00e9gions industrielles. Seulement la dictature terroriste peut obtenir par la force la collectivisation des entreprises agricoles, \u00e9liminer par la violence les koulaks.&quot;<\/p> <p class=Notedefincitation><span lang=DE>[&quot;Die schnelle Industrialisierung Ru\u00dflands mu\u00df erhungert werden [&#8230;] Die gesamte beispiellose Umw\u00e4lzung vollzog sich unter einer terroristischen Diktatur und kann sich nur unter ihr vollziehen. Nur eine terroristische Diktatur kann ein Volk von mehr als hundertf\u00fcnfzig Millionen Menschen zwingen, um einer gr\u00f6\u00dferen Zukunft willen so schwere Entbehrungen in der Gegenwart auf sich zu nehmen. Nur die terroristische Diktatur kann die zwangsweise Verschiebung der Arbeitskr\u00e4fte in die neuen Industriegebiete durchsetzen. Nur eine terroristische Diktatur kann die Kollektivierung der b\u00e4uerlichen Wirtschaften erzwingen, die Kulaken gewaltsam vernichten.&quot;]<\/span><\/p> <p class=Notedefincitation style='margin-bottom:6.0pt'><span lang=DE>(Otto Bauer, Kapitalismus und Sozialismus nach dem Weltkrieg &#8211; Band&nbsp;1 &#8211; Rationalisierung-Fehlrationalisierung, Berlin, B\u00fcchergilde Gutenberg, 1931. Cf. Werkausgabe, Band&nbsp;3, Wien, Europa Verlag, 1976, p.&nbsp;899 et p.&nbsp;907.)<\/span><\/p> <p class=MsoEndnoteText>Karl Kautsky, connu pour ses attaques frontales contre le bolchevisme, publie un article, <span lang=DE>&quot;Die Aussichten des Sozialismus in Sowjetru\u00dfland&quot;<\/span> (&quot;Les perspectives du socialisme en Russie sovi\u00e9tique&quot;) dirig\u00e9 contre ces efforts de conciliation de la part de Bauer. Dans une lettre adress\u00e9e \u00e0 <span lang=DE>Eduard Bernstein<\/span>, il \u00e9voque son propre texte dans les termes suivants:<\/p> <p class=Notedefincitation>&quot;[&#8230;] un article contre Otto Bauer, lequel consid\u00e8re que pour les Russes la m\u00e9thode bolcheviste convient pas mal. Il y aurait deux voies au socialisme, la d\u00e9mocratie et la dictature, la voie europ\u00e9enne et celle asiatique. Et pour l&rsquo;Autriche, semi-Asie, il semble que les deux voies soient praticables.&quot;<\/p> <p class=Notedefincitation><span lang=DE>[&quot;(&#8230;) ein Artikel gegen Otto Bauer, der meint, f\u00fcr die Russen sei die bolschewistische Methode ganz gut. Es gebe zwei Wege zum Sozialismus, die Demokratie und die Diktatur, den europ\u00e4ischen und den asiatischen Weg. Und f\u00fcr \u00d6sterreich, Halbasien, sieht er wohl beide Wege gangbar.&quot;]<\/span><\/p> <p class=Notedefincitation style='margin-bottom:6.0pt'>(Cf. <span lang=DE>Eva Bettina G\u00f6rtz, \u00c9d.: Eduard Bernsteins Briefwechsel mit Karl Kautsky 1912&#8209;1932, Frankfurt, Campus Verlag, <\/span>2011.)<\/p> <\/div> <div id=edn49> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref49\" name=\"_edn49\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[49]<\/span><\/a>.&nbsp;<a name=\"REF_NOT_g\"><\/a>Francisco Largo Caballero.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En 1894 Largo Caballero adh\u00e8re au Parti socialiste ouvrier espagnol (<span lang=ES>Partido Socialista Obrero Espa\u00f1ol, PSOE<\/span>) dont le pr\u00e9sident est <span lang=ES>Pablo Iglesias<\/span>. En 1918 Largo Caballero est \u00e9lu secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;Union g\u00e9n\u00e9ral de travailleurs (<span lang=ES>Uni\u00f3n General de Trabajadores, UGT<\/span>) \u00e9galement pr\u00e9sid\u00e9 par <span lang=ES>Iglesias<\/span>. \u00c0 la mort de ce dernier, <span lang=ES>Juli\u00e1n Besteiro Fern\u00e1ndez<\/span> assume la pr\u00e9sidence des deux organisations. Durant la dictature de <span lang=ES>Primo de Rivera<\/span> (1923&#8209;1930) <span lang=ES>Largo Caballero<\/span> adopte une position de collaboration avec le r\u00e9gime. Avec l&rsquo;instauration de la 2e&nbsp;r\u00e9publique en 1931, <span lang=ES>Besteiro<\/span> refuse de participer \u00e0 la formation du gouvernement et d\u00e9missionne de sa fonction de pr\u00e9sident du <span lang=ES>PSOE<\/span>; par la suite, en 1932 <span lang=ES>Largo Caballero<\/span> est d\u00e9sign\u00e9 pour lui succ\u00e9der et en 1934 il le remplace en outre dans le poste de secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;<span lang=ES>UGT<\/span>. Cependant en 1935 il abandonne la pr\u00e9sidence du <span lang=ES>PSOE<\/span>. En septembre 1936, apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9clatement de la guerre civile, il est nomm\u00e9 pr\u00e9sident du gouvernement et ministre de la guerre. En 1939 il passe en France, il est d\u00e9tenu par le gouvernement de Vichy jusqu&rsquo;en 1945.<\/p> <\/div> <div id=edn50> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref50\" name=\"_edn50\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[50]<\/span><\/a>.&nbsp;Julius Deutsch.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>\u00c0 partir de 1909 Deutsch fait partie du secr\u00e9tariat central du Parti ouvrier social-d\u00e9mocrate d&rsquo;Autriche <span lang=DE>(Sozialdemokratischen Arbeiterpartei Deutsch-\u00d6sterreichs, SDAPD\u00d6)<\/span>. En 1919 il est nomm\u00e9 secr\u00e9taire d&rsquo;\u00e9tat pour les questions de l&rsquo;arm\u00e9e. Il oeuvre \u00e0 l&rsquo;organisation d&rsquo;une arm\u00e9e nomm\u00e9e \u201cForce de d\u00e9fense populaire allemand-autrichienne\u201d (<span lang=DE>\u201cDeutsch\u00f6sterreichische Volkswehr\u201d<\/span>) form\u00e9e principalement de volontaires venant de la social-d\u00e9mocratie. En conformit\u00e9 avec les dispositions du Trait\u00e9 de Saint-Germain-en-Laye sign\u00e9 le 10&nbsp;septembre 1919 entre l&rsquo;Autriche et les puissances alli\u00e9es vainqueurs, lequel autorise seulement la cr\u00e9ation d&rsquo;une petite arm\u00e9e professionnelle, la <span lang=DE>Volkswehr<\/span> est dissoute. Ses membres sont en partie int\u00e9gr\u00e9s dans le <span lang=DE>\u201cRepublikanische Schutzbund\u201d<\/span> (\u201cLigue de protection r\u00e9publicaine\u201d) cr\u00e9\u00e9 en avril 1923 sous la direction de Deutsch (cf. note&nbsp;44&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_k\"><span lang=DE>&#9658;<\/span><\/a>). \u00c0 l&rsquo;issue des combats de f\u00e9vrier 1934 (cf. note&nbsp;42&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_b\"><span lang=DE>&#9658;<\/span><\/a>) Deutsch, de m\u00eame qu&rsquo;Otto Bauer, s&rsquo;\u00e9tablit en Tch\u00e9coslovaquie o\u00f9 ils installent le Bureau \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger des social-d\u00e9mocrates autrichiens (<span lang=DE>Auslandsb\u00fcro der \u00f6sterreichischen Sozialdemokraten, AL\u00d6S<\/span>). De 1936 \u00e0 1939 Deutsch se trouve en Espagne aux c\u00f4t\u00e9s des troupes r\u00e9publicaines, puis il se rend aux USA.<\/p> <\/div> <div id=edn51> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref51\" name=\"_edn51\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[51]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Londres, manifestation de la <span lang=EN-US>British Union of Fascists<\/span>, 9 septembre 1934.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En juin 1934, l&rsquo;Union britannique de Fascistes [<span lang=EN-US>British Union of Fascists<\/span>] (BUF) dirig\u00e9 par <span lang=EN-US>Oswald Mosley&nbsp;*<\/span> organise un rassemblement \u00e0 l&rsquo;Olympia Hall \u00e0 Londres. Une contremanifestation est organis\u00e9e, des affrontements se produisent qui font de nombreux bless\u00e9s. Un Comit\u00e9 pour la coordination d&rsquo;activit\u00e9s antifascistes [<span lang=EN-US>Committee for Coordinating Anti-Fascist Activities<\/span>] li\u00e9 au Comit\u00e9 mondiale contre la guerre et le fascisme (Amsterdam-Pleyel) (cf. note&nbsp;55&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_m\"><span lang=DE>&#9658;<\/span><\/a>) est constitu\u00e9 avec John Strachey comme secr\u00e9taire. Le&nbsp;9 septembre 1934 la BUF organise une autre manifestation au Hyde Park, avec une participation d&rsquo;environ 3000 fascistes. Le Comit\u00e9 pour la coordination d&rsquo;activit\u00e9s antifascistes organise une contremanifestation sur place. Le Parti travailliste [Labour Party] et le Congr\u00e8s des syndicats [<span lang=EN-US>Trade Union Congress] (TUC)<\/span> \u00e9mettent une d\u00e9claration appelant les travailleurs \u00e0 se tenir \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart du rassemblement de la BUF. La contre-d\u00e9monstration rassemble environ 60.000 manifestants; en incluant la foule qui se joint \u00e0 eux, le nombre atteint environ 150.000. Les effectifs de police pr\u00e9sents atteignent 6.000, les manifestants de la BUF finissent par se disperser au bout d&rsquo;une heure sous leur protection.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>*&nbsp;Note: <span lang=EN-US>Oswald Mosley<\/span>.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En&nbsp;1918 <span lang=EN-US>Mosley<\/span> est \u00e9lu \u00e0 la Chambre des communes (House of Commons) pour le Parti conservateur, puis r\u00e9\u00e9lu en&nbsp;1922 comme candidat conservateur ind\u00e9pendant, finalement en&nbsp;1924 il adh\u00e8re au Parti travailliste (Labour Party, LP), il est \u00e9lu \u00e0 la Chambre des communes en&nbsp;1926. En&nbsp;1927 il est \u00e9lu au Comit\u00e9 ex\u00e9cutif national du LP. Dans le cadre du gouvernement travailliste en place de mai 1929 \u00e0 aout 1931 il est charg\u00e9 de la question de la reconstruction nationale, mais le gouvernement rejette les plans qu&rsquo;il \u00e9labore \u00e0 ce sujet, \u00e0 la suite de quoi il d\u00e9missionne de son poste en mai 1930. Il fonde le \u201cNew Party\u201d [\u201cParti nouveau\u201d] (NP). Lors des \u00e9lections d&rsquo;octobre 1931, le NP n&rsquo;obtient aucun si\u00e8ge. En octobre 1932, apr\u00e8s une visite aupr\u00e8s de Benito Mussolini en Italie, en janvier de la m\u00eame ann\u00e9e, il dissout le NP et cr\u00e9e <span lang=EN-US>la <\/span>\u201c<span lang=EN-US>British Union of Fascists<\/span>\u201d [\u201cUnion britannique de fascistes\u201d], (BUF). (Ne pas confondre la BUF avec l&rsquo;Union nationale de Fascistes [<span lang=EN-US>National Union of Fascists]<\/span>, NUF; ce dernier groupe est cr\u00e9\u00e9 en&nbsp;1961 par Keith Goodall lorsque celui&#8209;ci quitte la BUF.)<\/p> <\/div> <div id=edn52> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref52\" name=\"_edn52\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[52]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Grande-Bretagne, camps de travail, 1928-ann\u00e9es&nbsp;1930.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En Grande-Bretagne, \u00e0 l&rsquo;issue de la 1e&nbsp;Guerre mondiale, le minist\u00e8re du Travail est charg\u00e9 de superviser la d\u00e9mobilisation et la r\u00e9installation des ex-soldats. Un \u201cComit\u00e9 pour la d\u00e9mobilisation et la r\u00e9installation civils\u201d [\u201c<span lang=EN-US>Civil Demobilisation and Resettlement Committee<\/span>\u201d] est constitu\u00e9, il d\u00e9bute son activit\u00e9 le&nbsp;1er janvier 1919. En mars il est renomm\u00e9 en \u201cComit\u00e9 pour les interventions d\u2019urgence concernant les d\u00e9penses en mati\u00e8re de travail\u201d [\u201c<span lang=EN-US>Labour Expenditure Emergency Committee<\/span>\u201d]. <\/p> <p class=MsoEndnoteText>En 1928, ce comit\u00e9 instaure un syst\u00e8me de camps de travail. Selon les explications d&rsquo;un repr\u00e9sentant du minist\u00e8re du Travail, il vise &quot;ceux, en particulier les hommes plus jeunes, qui, du fait du ch\u00f4mage prolong\u00e9, sont devenus si \u201cmous\u201d et temporairement d\u00e9moralis\u00e9s qu&rsquo;il ne serait pas praticable d&rsquo;introduire plus d&rsquo;un tr\u00e8s petit nombre d&rsquo;entre eux dans nos centres de formation ordinaires sans mettre en p\u00e9ril le moral du centre&quot;* Et un autre repr\u00e9sentant du minist\u00e8re explique: &quot;Le but est d&rsquo;amener chaque homme \u00e0 la condition physique n\u00e9cessaire pour obtenir et conserver un emploi, et de raviver les habitudes d&rsquo;une bonne ponctualit\u00e9 et d&rsquo;un travail stable.&quot;**<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Le premier camp est \u00e9tabli \u00e0 Blackpool en avril 1929. Entre 1929 et 1938 pr\u00e8s de 190.000 personnes ont \u00e9t\u00e9 intern\u00e9s dans ces camps, le nombre annuel le plus \u00e9lev\u00e9 \u00e9tant atteint en 1934 avec 33.000. \u00c0 l&rsquo;origine sont cibl\u00e9s les personnes registr\u00e9es comme ch\u00f4meurs pendant au moins six mois et r\u00e9sidant dans les endroits d\u00e9clar\u00e9s &quot;zones sinistr\u00e9es&quot; [<span lang=EN-US>distressed areas<\/span>], mais ult\u00e9rieurement la dur\u00e9e est r\u00e9duit \u00e0 trois mois et le p\u00e9rim\u00e8tre \u00e9largi \u00e0 l&rsquo;ensemble de la Grande-Bretagne. Officiellement la pr\u00e9sence est volontaire. La loi de 1934 sur le ch\u00f4mage [<span lang=EN-US>Unemployment Act<\/span>] la rend formellement obligatoire, mais cette disposition n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 rendu effective jusqu&rsquo;au bout. Dans la pratique, ce sont les agents locaux charg\u00e9s des ch\u00f4meurs qui forcent les individus \u00e0 se plier \u00e0 l&rsquo;exigence sous menace de perdre les allocations. L<span style='font-family:\"Calibri\",\"sans-serif\"'>&#700;<\/span>&quot;entrainement&quot; consiste en douze semaines de cours incluant du travail subalterne, manuel et dur, tel que l&rsquo;abattement d&rsquo;arbres, le concassage de pierres, la construction de routes et le niv\u00e8lement de terrains. Le but des camps est de nature disciplinaire et ils sont dirig\u00e9s selon des m\u00e9thodes strictement militaires. Le directeur du camp vient invariablement des forces arm\u00e9es. Pour ceux qui partent avant le terme, les allocations sont interrompues pendant six semaines.<\/p> <p class=MsoEndnoteText><span lang=EN-US>* David Colledge, Labour Camps &#8211; The British Experience; Sheffield, Sheffield Popular Publishing, 1989; p.&nbsp;6.<\/span><\/p> <p class=MsoEndnoteText><span lang=EN-US>** David Colledge et John Field, &quot;To Recondition Human Material &#8211; An account of a British Labour Camp in the 1930s &#8211; An interview with William Heard&quot;; History Workshop Journal, vol.&nbsp;15, issue&nbsp;1, 1983; p.&nbsp;156.<\/span><\/p> <\/div> <div id=edn53> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref53\" name=\"_edn53\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[53]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Grande-Bretagne, manifestations contre la Loi sur le ch\u00f4mage, janvier-f\u00e9vrier 1935.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En 1931 le r\u00e9gime d&rsquo;indemnisation des ch\u00f4meurs en vigueur en Grande-Bretagne est remani\u00e9. Le syst\u00e8me pr\u00e9existant combinait un r\u00e9gime d&rsquo;assurance administr\u00e9 par le minist\u00e8re du Travail et une assistance publique assur\u00e9e par les Comit\u00e9s locaux d&rsquo;assistance publique [<span lang=EN-US>Public Assistance Committees<\/span>] (<span lang=EN-US>PACs<\/span>) qui avaient succ\u00e9d\u00e9s aux Gardiens de la Loi sur les pauvres [<span lang=EN-US>Poor Law Guardians<\/span>]. D\u00e9sormais, les autorit\u00e9s locales n&rsquo;apportent plus de financements, mais sont charg\u00e9es de d\u00e9terminer les droits d&rsquo;allocations auxquels un demandeur peut pr\u00e9tendre, sur la base d&rsquo;une investigation concernant les ressources de sa famille. En outre le montant des allocations est r\u00e9duit de 10&nbsp;%. Ces mesures suscitent d&rsquo;importantes protestations. La Loi sur le ch\u00f4mage [<span lang=EN-US>Unemployment Act<\/span>] de juillet 1934 s\u00e9pare les allocations en deux dispositifs. En premier lieu, les ch\u00f4meurs peuvent b\u00e9n\u00e9ficier d&rsquo;allocations sur la base du r\u00e9gime d&rsquo;assurance. Lorsque ces droits sont \u00e9puis\u00e9s, ils peuvent solliciter des allocations li\u00e9es au test de ressources. Pour g\u00e9rer ce dernier dispositif, est cr\u00e9\u00e9 un Comit\u00e9 d&rsquo;assistance ch\u00f4mage [<span lang=EN-US>Unemployment Assistance Board<\/span>] (UAB) qui reprend ainsi le r\u00f4le des PAC locaux. L&rsquo;UAB est autonome vis-\u00e0-vis du gouvernement, il \u00e9tablit un bar\u00e8me national qui remplace les bar\u00e8mes locaux des PAC et il dispose de son propre syst\u00e8me d&rsquo;instances de paiement et d&rsquo;appel.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Le transfert vers ce syst\u00e8me d\u00e9bute le&nbsp;7 janvier 1935. Dans un premier temps il est suppos\u00e9 que cela se fera sans pr\u00e9judice notable pour les ch\u00f4meurs concern\u00e9s. L&rsquo;UAB pr\u00e9voit des contestations essentiellement en pays de Galles du Sud et consid\u00e8re pouvoir y faire face localement. Effectivement, le&nbsp;20 janvier une manifestation de 50.000 participants se produit dans les vall\u00e9es de Rhondda. Le&nbsp;22 une protestation massive se d\u00e9roule \u00e0 <span lang=EN-US>Merthyr Tydfil<\/span>, soutenue par le Parti communiste, le Parti travailliste ind\u00e9pendant [<span lang=EN-US>Independent Labour Part<\/span>y] (ILP) et le Mouvement national des travailleurs sans emploi [<span lang=EN-US>National Unemployed Workers&rsquo; Movement<\/span>] (NUWM), tandis que le Parti travailliste [Labour Party] (LP) se tient \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart. Par la suite, des manifestations ont lieu tous les jours dans le sud du pays de Galles, \u00e0 une \u00e9chelle inattendue. Leur succ\u00e8s d\u00e9clenche des protestations dans d&rsquo;autres r\u00e9gions. Le&nbsp;25, les ch\u00f4meurs de West Cumberland inondent les autorit\u00e9s locales de plaintes relatives \u00e0 la r\u00e9duction des indemnit\u00e9s. En \u00c9cosse, des groupes li\u00e9s au LP et aux syndicats rejoignent les communistes, l&rsquo;ILP et le NUWM pour exiger une r\u00e9vision significative \u00e0 la hausse des bar\u00e8mes. Au cours de la semaine suivante, les conseils municipaux, les syndicats locaux, les groupes de travailleurs et les organisations de ch\u00f4meurs du nord de l&rsquo;Angleterre, de l&rsquo;Ecosse et du pays de Galles commencent \u00e0 se rassembler pour d\u00e9noncer avec v\u00e9h\u00e9mence les r\u00e9ductions g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9es. L&rsquo;agitation s&rsquo;est propag\u00e9e en quelques jours \u00e0 partir des r\u00e9gions les plus d\u00e9prim\u00e9es jusqu&rsquo;\u00e0 Sheffield, Oldham, Manchester, Stoke, Bolton, Blackburn, etc. Des r\u00e9unions sont souvent convoqu\u00e9es s\u00e9par\u00e9ment, d&rsquo;une part par le NUWM et ses alli\u00e9s communistes et ILP, ainsi que d&rsquo;autre part par le LP et ses alli\u00e9s syndicaux. La campagne de protestation atteint finalement Londres le&nbsp;28 janvier. Durant le weekend des&nbsp;2&#8209;3 f\u00e9vrier des manifestations sont organis\u00e9es, qui rien qu&rsquo;en pays de Galles du Sud rassemblent 300.000 participants, et le NUWM, le PC et le ILP poussent \u00e0 la d\u00e9claration d&rsquo;une gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Des tractations entre le gouvernement et l&rsquo;UAB &#8211; cens\u00e9 \u00eatre autonome &#8211; se prolongent. Le&nbsp;5 f\u00e9vrier est annonc\u00e9 que pour une dur\u00e9e ind\u00e9termin\u00e9e sera appliqu\u00e9 le principe selon lequel les demandeurs d&rsquo;allocation recevront le montant plus \u00e9lev\u00e9 entre celui d\u00e9coulant des r\u00e8gles propres \u00e0 l&rsquo;UAB, et celui qu&rsquo;ils auraient re\u00e7u de leur PAC local.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Le r\u00e8glement du conflit achoppe sur le d\u00e9marrage des paiements. Les allocations peu \u00e9lev\u00e9es au titre de l&rsquo;UAB seraient vers\u00e9es dans la semaine du&nbsp;7 au&nbsp;13 f\u00e9vrier, tandis que les anciennes indemnit\u00e9s, potentiellement plus \u00e9lev\u00e9es, seraient vers\u00e9es \u00e0 compter du&nbsp;14 f\u00e9vrier. La r\u00e9action ne tarde pas. \u00c0 Sheffield dix mille personnes se rendent \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel de ville le&nbsp;6, pour demander l&rsquo;abrogation de la loi sur le ch\u00f4mage et le paiement imm\u00e9diat des anciennes allocations. Ils se heurtent \u00e0 un barrage policier et des combats \u00e9clatent sur la place. Huit policiers sont bless\u00e9s et vingt-trois manifestants sont arr\u00eat\u00e9s. Cette nuit-l\u00e0, le Parti communiste, pour constituer un fonds de d\u00e9fense, organise un rassemblement auquel assistent 6000 personnes. Le gouvernement, pris de panique, consent \u00e0 une restauration imm\u00e9diate \u00e0 Sheffield seulement. Le lendemain, de nombreuses autorit\u00e9s locales, y compris \u00e0 Londres et \u00e0 Manchester, ignorent simplement les instructions et commencent \u00e9galement \u00e0 appliquer les anciens tarifs PAC. Le&nbsp;11 \u00e0 Maryport, dans le comt\u00e9 de Cumberland, le NUWM \u00e0 la t\u00eate de&nbsp;500 personnes impose le si\u00e8ge \u00e0 un bureau de la police, qui dure jusqu&rsquo;au paiement des anciens montants de secours.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Les weekends des&nbsp;16&#8209;17 et&nbsp;23&#8209;24 f\u00e9vrier sont marqu\u00e9s par les derni\u00e8res actions importantes. Le NUWM organise une marche \u00e0 Londres le&nbsp;24. Le Parti communiste tente d&rsquo;organiser des manifestations de Front uni, avec succ\u00e8s dans certaines r\u00e9gions. Ailleurs, le LP organise ses propres rassemblements. Les manifestations sont impressionnantes \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle nationale. Les plus importantes se d\u00e9roulent dans le sud du pays de Galles, mais des milliers de manifestants se mobilisent aussi \u00e0 Bristol, Norwich, Newcastle, Rotherham, Manchester, Hull, Nottingham et Glasgow. Ces rassemblements, tenus apr\u00e8s qu&rsquo;officiellement la crise soit consid\u00e9r\u00e9e comme r\u00e9gl\u00e9e, voient la premi\u00e8re participation publique des dirigeants syndicaux: Citrine, Cripps, Bevin, Greenwood et Lansbury prennent tous la parole lors de r\u00e9unions. Les anciens bar\u00e8mes \u00e9tant maintenant appliqu\u00e9s, les appels en faveur de la suppression du test de ressources reprennent le dessus. Le crit\u00e8re de ressources du m\u00e9nage n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 \u00e9cart\u00e9. Or du point de vue du gouvernement, une assurance sociale contributive qui ne serait pas limit\u00e9 en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 ce crit\u00e8re est impensable. Menac\u00e9e bri\u00e8vement en janvier-f\u00e9vrier 1935, la division des assurances et des secours a surv\u00e9cu et a persist\u00e9 apr\u00e8s 1945.<\/p> <\/div> <div id=edn54> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref54\" name=\"_edn54\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[54]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;USA, gr\u00e8ve des marins sur la c\u00f4te du Pacifique, 1934.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En juin 1933, le Congr\u00e8s US adopte le <span lang=EN-US>National Industrial Recovery Act (NIRA)<\/span> dans l&rsquo;objectif de combattre la d\u00e9pression \u00e9conomique en diminuant la dur\u00e9e du travail, augmentant les salaires et \u00e9liminant les pratiques d\u00e9loyales de commerce. La loi cr\u00e9e aussi la <span lang=EN-US>National Recovery Administration (NRA)<\/span> charg\u00e9e de travailler avec les industriels et les travailleurs pour d\u00e9velopper l&#8217;emploi.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Le volume des gr\u00e8ves s&rsquo;accroit: le nombre d&rsquo;arr\u00eats de travail double en 1933 (1.695) par rapport \u00e0 1932; celui des gr\u00e9vistes est multipli\u00e9 par quatre (1.170.000 en 1933, il atteint 1.470.000 en 1934). Le taux de participation des travailleurs \u00e0 ces gr\u00e8ves passe de 1,8&nbsp;% en 1932 \u00e0 6,3&nbsp;% en 1933 et 7,2&nbsp;% en 1934. En 1934, parmi les principaux gr\u00e8ves on peut mentionner celle \u00e0 l&rsquo;usine Auto-Lite (Toledo, Ohio) et celle des camionneurs \u00e0 Minneapolis. Il se produit quelques occupations d&rsquo;usine, dans les industries du caoutchouc (<span lang=EN-US>General Tire<\/span> \u00e0 Akron, Ohio), de l&rsquo;automobile (<span lang=EN-US>Briggs Manufacturing Company<\/span>, \u00e0 Detroit).<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Le NIRA incite entre autre les diff\u00e9rents secteurs industriels \u00e0 \u00e9tablir des codes op\u00e9ratoires et accorde aux travailleurs le droit de choisir leurs repr\u00e9sentants afin de n\u00e9gocier collectivement avec les employeurs. Du&nbsp;2 au&nbsp;5 juillet 1933 se tient une session des sections de l&rsquo;Association internationale des dockers <span lang=EN-US>[International Longshoremen&rsquo;s Association]<\/span> (ILA) (*&nbsp;cf.&nbsp;note plus loin&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_l\">&#9658;<\/a>) du District de la c\u00f4te Pacifique, qui \u00e9labore une proposition d&rsquo;un tel code. Les employeurs du secteur maritime ont leur propre document et refusent une d\u00e9marche commune avec les travailleurs. Du&nbsp;25 f\u00e9vrier au 6&nbsp;mars 1934 les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s de l&rsquo;ILA pour la c\u00f4te Pacifique se r\u00e9unissent \u00e0 nouveau et \u00e9lisent un comit\u00e9 charg\u00e9 d&rsquo;entamer des n\u00e9gociations avec l&rsquo;association des employeurs du front de mer de San Francisco [<span lang=EN-US>Waterfront Employers Association of San Francisco<\/span>]. Le comit\u00e9 a pour instruction de demander que le district de l&rsquo;ILA soit reconnu comme instance officielle de n\u00e9gociation, et qu&rsquo;en cas de r\u00e9ponse n\u00e9gative serait vot\u00e9e la gr\u00e8ve. Les employeurs se montent dispos\u00e9s \u00e0 n\u00e9gocier au sujet des salaires et des conditions de travail, mais refusent que les syndicats contr\u00f4lent l&#8217;embauche. Les n\u00e9gociations \u00e9tant bloqu\u00e9es, et la date du&nbsp;23 mars ayant \u00e9t\u00e9 annonc\u00e9e pour le d\u00e9but de la gr\u00e8ve, le pr\u00e9sident Franklin D.&nbsp;Roosevelt demande au Comit\u00e9 ex\u00e9cutif de l&rsquo;ILA de la c\u00f4te Pacifique de repousser la gr\u00e8ve et cr\u00e9e une commission de m\u00e9diation, laquelle cependant n&rsquo;obtient aucun r\u00e9sultat.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Le&nbsp;9 mai 12.000 dockers se d\u00e9clarent en gr\u00e8ve. Tous les ports de la c\u00f4te Nord-Ouest &#8211; Bellingham, Everett, Tacoma, Aberdeen, Grays Harbor, Olympia, et Portland &#8211; sont bloqu\u00e9s, de sorte que pour la premi\u00e8re fois les employeurs du secteur ne disposent d&rsquo;aucun port de recours pour le transit des cargaisons, et compte tenu de la participation des matelots et des camionneurs, la gr\u00e8ve s&rsquo;\u00e9tend vers le sud jusqu&rsquo;\u00e0 San Francisco et San Diego.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Dans l&rsquo;ensemble le mouvement mobilise pr\u00e8s de&nbsp;35.000 travailleurs et se poursuit pendant 83&nbsp;jours. Les dockers sont soutenus par les matelots, m\u00e9caniciens, capitaines, et d&rsquo;autres syndicats de la marine. Parall\u00e8lement, par des gr\u00e8ves s\u00e9par\u00e9es, les navigants demandaient des hausses de salaire, le passage \u00e0 trois tours de garde au lieu de deux, et la reconnaissance de leurs syndicats par les employeurs. Seule une infime minorit\u00e9 de dockers franchit les piquets de gr\u00e8ve.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>L&rsquo;Union internationale des gens de la mer [<span lang=EN-US>International Seamen&rsquo;s Union<\/span>] d\u00e9clare la gr\u00e8ve le&nbsp;16 mai, puis les syndicats des officiers, entre le&nbsp;19 et le&nbsp;21. Les camionneurs (dont le syndicat porte toujours la d\u00e9signation anachronique de <span lang=EN-US>&quot;teamsters&quot;<\/span>) d\u00e9cident qu&rsquo;apr\u00e8s le&nbsp;13 ils ne transporteront plus de cargaisons d\u00e9charg\u00e9s par des briseurs de gr\u00e8ve. N\u00e9anmoins ils continuent de transporter des cargaisons \u00e0 partir des entrep\u00f4ts, ce qui concerne les cargaisons achemin\u00e9es entre les quais et les entrep\u00f4ts en passant par une ligne de chemin de fer propri\u00e9t\u00e9 de l&rsquo;\u00e9tat (le <span lang=EN-US>Belt Line Railroad<\/span>). Finalement d\u00e8s le&nbsp;14 ils refusent aussi de prendre en charge ce dernier type de transports.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>D\u00e8s le troisi\u00e8me jour de la gr\u00e8ve, les dockers de Tacoma constituent une unit\u00e9 sp\u00e9ciale appel\u00e9e \u201cBrigade volante\u201d [<span lang=EN-US>\u201cFlying squad\u201d<\/span>] s&rsquo;occupant de tenir les briseurs de gr\u00e8ve \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart des quais de Seattle. En tout, 600&nbsp;dockers de Tacoma et&nbsp;200 d&rsquo;Everett prot\u00e8gent le front de mer entre le Quai Nelson et le Terminal de Bell Street. La Brigade vient \u00e9galement au secours aux dockers dans d&rsquo;autres ports de l&rsquo;\u00e9tat de Washington. Tout au long de la gr\u00e8ve se succ\u00e8dent ces actions avec un certain succ\u00e8s, tandis que les employeurs renouv\u00e8lent constamment leurs tentatives de remplacer les gr\u00e9vistes par des &quot;jaunes&quot;. Ainsi, le&nbsp;15 mai se produit un conflit entre gr\u00e9vistes et briseurs de gr\u00e8ve \u00e0 <span lang=EN-US>Wilmington, California (Port of Long Beach)<\/span>. Deux gr\u00e9vistes, Richard Parker et John Knudsen sont bless\u00e9s mortellement par balles.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Les affrontements les plus acharn\u00e9s se produisent \u00e0 Seattle, dans le p\u00e9rim\u00e8tre du <span lang=EN-US>Smith Cove<\/span> (d\u00e9nomm\u00e9 ainsi en m\u00e9moire de Henry A.&nbsp;Smith, qui s&rsquo;\u00e9tait install\u00e9 dans la zone en 1853). Le&nbsp;14 juin, le maire de Seattle, Charles L. Smith, d\u00e9clare l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;urgence et cr\u00e9e 500&nbsp;nouveaux groupes anti\u00e9meutes pour le service de police, tandis que les employeurs du secteur riverain constituent une force de s\u00e9curit\u00e9 priv\u00e9e. Apr\u00e8s une confrontation tendue entre la police et les dockers, Smith d\u00e9cide d&rsquo;ouvrir le port de force le&nbsp;20 juin. Plus de&nbsp;300 policiers fortement arm\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 mass\u00e9s sur les lieux. Sous leur protection, une centaine de briseurs de gr\u00e8ve commencent \u00e0 d\u00e9charger une cargaison de navires amarr\u00e9s au quai. Le&nbsp;21, 600 membres du syndicat forment des piquets de gr\u00e8ve pour faire face \u00e0 la police. Les employeurs s&rsquo;appr\u00eatent \u00e0 \u00e9vacuer les marchandises en train, les dockers graissent les rails, ils parviennent \u00e0 convaincre le m\u00e9canicien de ne pas faire partir le convoi. Les cheminots et les camionneurs refusent \u00e9galement de prendre en charge les marchandises se trouvant \u00e0 Smith Cove. Le&nbsp;30 juin, au terminal p\u00e9trolier de Point Wells (localis\u00e9 un peu plus au nord que <span lang=EN-US>Smith Cove<\/span>), les gr\u00e9vistes ont \u00e9t\u00e9 alert\u00e9s au sujet d&rsquo;une intervention de briseurs de gr\u00e8ve qui devraient faire sortir deux bateaux-citernes. Lorsqu&rsquo;ils tentent d&rsquo;intervenir, des gardiens de la <span lang=EN-US>Standard Oil Company<\/span><span lang=EN-US> <\/span>les interceptent, l&rsquo;un des syndicalistes, <span lang=EN-US>Shelvy Daffron<\/span>, est tu\u00e9 par un tir dans le dos.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Le&nbsp;3 juillet, \u00e0 San Francisco, l&rsquo;Association industrielle [<span lang=EN-US>Industrial Association]<\/span> de la ville en coordination avec la police entreprend une action d&rsquo;envergure pour ouvrir le port. Plus de&nbsp;3.000 gr\u00e9vistes r\u00e9sistent, la bataille se prolonge tout l&rsquo;apr\u00e8s-midi. Apr\u00e8s une pause durant le&nbsp;4, la police revient \u00e0 la charge le&nbsp;5. 2000 gr\u00e9vistes sont d\u00e9log\u00e9s d&rsquo;un des quais, puis 5000 de <span lang=EN-US>Rincon Hill<\/span>, endroit qui jouxte le front de mer et le chemin de fer de la <span lang=EN-US>Belt Line<\/span>. La police appuy\u00e9e par la Garde nationale attaque le local des syndicats, un gr\u00e9viste, Howard Sperry, et un militant, Nick Bordoise, sont tu\u00e9s. Cette op\u00e9ration permet aux employeurs d&rsquo;\u00e9vacuer les cargaisons vers les entrep\u00f4ts, mais elles restent bloqu\u00e9es du fait que les camionneurs refusent de les transporter. La gr\u00e8ve persiste.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Par l&rsquo;entr\u00e9e en sc\u00e8ne de l&rsquo;Association industrielle de San Francisco, la dimension du conflit passe \u00e0 un niveau sup\u00e9rieur. Pour faire face, il semble d\u00e9sormais n\u00e9cessaire de passer au stade de la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale. Le&nbsp;12 juillet, les camionneurs cessent le travail, les bouchers, les chaudronniers de navires, m\u00e9caniciens, soudeurs, les travailleurs de blanchisserie suivent. D&rsquo;autres comme les travailleurs du b\u00e2timent, du nettoyage, les cuisiniers, serveurs, coiffeurs, m\u00e9caniciens de voiture, teinturiers, personnel de tramway, n&rsquo;attendent que l&rsquo;appel du comit\u00e9 de gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale, nomm\u00e9 par le pr\u00e9sident du Conseil du travail, Edward Vandeleur, qui depuis le d\u00e9but \u00e9tait oppos\u00e9 \u00e0 la gr\u00e8ve. Le samedi&nbsp;14, la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale semble se dessiner pour le lundi. Cependant, les syndiqu\u00e9s de base, militants, ne contr\u00f4lent pas le cours des \u00e9v\u00e8nements. D\u00e8s le premier jour, les dirigeants au niveau central d\u00e9cident de faire rentrer les chauffeurs municipaux. Le jour suivant, les transports d&rsquo;alimentation obtiennent le passage libre par les piquets de gr\u00e8ve. Certains restaurants sont autoris\u00e9s \u00e0 ouvrir, finalement la totalit\u00e9. L&#8217;embargo des camions citernes est bient\u00f4t lev\u00e9, et finalement le&nbsp;19 la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale est r\u00e9voqu\u00e9e. Lorsque les camionneurs d\u00e9cident de reprendre le travail, les dockers, eux aussi bien que contrari\u00e9s votent le retour au travail.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Les employeurs et l&rsquo;ILA conviennent d&rsquo;avoir recours \u00e0 un arbitrage moyennant une commission sp\u00e9ciale d\u00e9sign\u00e9e par le pr\u00e9sident Roosevelt.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>L&rsquo;arbitrage est favorable aux gr\u00e9vistes: les embauches seront g\u00e9r\u00e9es par les syndicats, conjointement avec les employeurs; des augmentations des salaires et une diminution des heures de travail seront accord\u00e9es; les contrats couvriront d\u00e9sormais l&rsquo;ensemble de la c\u00f4te. Les syndicats approuvent cet accord le&nbsp;24, cependant les employeurs tentent de prendre de fait le contr\u00f4le des embauches. Les gr\u00e9vistes r\u00e9cusent les manoeuvres, et la reprise du travail est effective seulement le&nbsp;31. Le r\u00e8glement final du conflit intervient en octobre. Concernant les embauches, la d\u00e9cision de l&rsquo;affectation incombe au repr\u00e9sentant du syndicat. Le regroupement de l&rsquo;ensemble des dockers de la c\u00f4te Pacifique, de Bellingham a San Diego, en une organisation unifi\u00e9e est officiellement reconnu.<\/p> <p class=MsoEndnoteText><a name=\"REF_NOT_l\"><\/a>*&nbsp;Note sur l&rsquo;ILA<\/p> <p class=MsoEndnoteText>La constitution des syndicats de dockers sur la c\u00f4te du Pacifique remonte au 19e&nbsp;si\u00e8cle. \u00c0 l&rsquo;\u00e9poque les d\u00e9parts de navires se faisaient souvent de mani\u00e8re impr\u00e9vue et la main-d&rsquo;oeuvre \u00e9tait alors recrut\u00e9e \u00e0 la derni\u00e8re minute, par des personnes le long du rivage criant: <span lang=EN-US>&quot;Men along the shore!&quot;<\/span> (&quot;Hommes le long du rivage!&quot;), d&rsquo;o\u00f9 vient la d\u00e9signation traditionnelle aux USA pour les dockers. <\/p> <p class=MsoEndnoteText>En&nbsp;1892 des d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s des dockers de&nbsp;11 ports se r\u00e9unissent \u00e0 Detroit, se constituent en Association nationale des dockers des \u00c9tats-Unis [<span lang=EN-US>National Longshoremen&rsquo;s Association of The United States]<\/span>. En 1895, le nom est chang\u00e9 en <span lang=EN-US>International Longshoremen&rsquo;s Association<\/span> pour tenir compte du nombre croissant de membres canadiens. Peu apr\u00e8s l&rsquo;ILA s&rsquo;affilie \u00e0 la F\u00e9d\u00e9ration du Travail am\u00e9ricaine [<span lang=EN-US>American Federation of Labor] (AFL)<\/span><span lang=EN-US> <\/span>(cf. note&nbsp;33&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_h\"><span lang=DE>&#9658;<\/span><\/a>). En 1902, les dockers de la c\u00f4te Pacifique prennent contact avec l&rsquo;<span lang=EN-US>ILA<\/span>. Mais les liens de ces syndicats avec la direction au niveau national sont faibles, et l&rsquo;existence des syndicats est souvent \u00e9ph\u00e9m\u00e8re. Au cours de la d\u00e9cennie suivante, les syndicats de dockers de la c\u00f4te se d\u00e9veloppent lentement. Chaque section locale prot\u00e8ge son p\u00e9rim\u00e8tre g\u00e9ographique de comp\u00e9tence et ses opportunit\u00e9s limit\u00e9es pour du travail, et aucune ne souhaite c\u00e9der son autonomie \u00e0 une autorit\u00e9 ext\u00e9rieure. N\u00e9anmoins en 1909, lors d&rsquo;une convention \u00e0 Portland, dans l&rsquo;Oregon, une f\u00e9d\u00e9ration vaguement structur\u00e9e est cr\u00e9\u00e9e. L&rsquo;objectif est principalement de se prot\u00e9ger contre les matelots qui de plus en plus effectuent des travaux sur les c\u00f4tes et dont le contrat de 1902 pr\u00e9voit qu&rsquo;ils s&rsquo;occuperont de tout navire, quitte \u00e0 faire concurrence aux dockers syndiqu\u00e9s. Lors de la convention de cette f\u00e9d\u00e9ration \u00e0 San Francisco en 1910, les dockers d\u00e9cident de s&rsquo;affilier \u00e0 nouveau l&rsquo;ILA, sous la condition que soit garantie l&rsquo;autonomie pour le District de la c\u00f4te Pacifique nouvellement \u00e9tabli au sein de l&rsquo;ILA. Les sections locales sont autonomes au sein du district et le district est autonome au sein du syndicat international.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Les employeurs pouvaient tirer b\u00e9n\u00e9fice de cette autonomie, en exploitant les divisions entre les syndicats locaux, ce qui causait des d\u00e9faites successives des dockers durant des gr\u00e8ves en 1916, 1919 et 1921. Subissant les effets de la d\u00e9pression cons\u00e9cutive \u00e0 la crise de 1929, les dockers red\u00e9finissent leur relation avec l&rsquo;ILA en structurant leur organisation comme une unit\u00e9 unique englobant toute la c\u00f4te ouest et toute la profession. En avril 1935 est constitu\u00e9e la F\u00e9d\u00e9ration maritime du Pacifique [<span lang=EN-US>Maritime Federation of the Pacific]<\/span>, r\u00e9unissant une majorit\u00e9 des syndicats de front de mer et de navigants. <\/p> <p class=MsoEndnoteText>\u00c0 cette \u00e9poque, les divergences au sujet des structures d&rsquo;organisation prennent de l&rsquo;ampleur au sein de l&rsquo;<span lang=EN-US>AFL<\/span>. Sous l&rsquo;impulsion de <span lang=EN-US>John L.&nbsp;Lewis<\/span>, dirigeant des Travailleurs unis des mines [<span lang=EN-US>United Mine Workers]<\/span>, est constitu\u00e9 en novembre 1935 le Comit\u00e9 d&rsquo;organisation industrielle [<span lang=EN-US>Committee for the Industrial Organization]<\/span>, r\u00e9unissant les mineurs de charbon, les industries du textile, les typographes, les travailleurs des champs p\u00e9troliers et raffineries, les fondeurs. Alors que traditionnellement l&rsquo;<span lang=EN-US>AFL<\/span> organise en premier lieu les travailleurs qualifi\u00e9s dans des syndicats structur\u00e9s par m\u00e9tier, le <span lang=EN-US>CIO<\/span> vise \u00e0 d\u00e9velopper l&rsquo;organisation des travailleurs non qualifi\u00e9s de toute origine et par branche d&rsquo;industrie. L&rsquo;<span lang=EN-US>AFL<\/span> est hostile \u00e0 cette initiative et expulse les syndicats concern\u00e9s. Alors en 1937, dans leur grande majorit\u00e9 les syndicats de la c\u00f4te Pacifique se d\u00e9saffilient de l&rsquo;<span lang=EN-US>ILA<\/span> et constituent l&rsquo;<span lang=EN-US>ILWU<\/span> qui inclut \u00e9galement les travailleurs des entrep\u00f4ts. L&rsquo;<span lang=EN-US>ILWU<\/span> s&rsquo;affilie au CIO. Le CIO rompt avec l&rsquo;<span lang=EN-US>AFL<\/span> en 1938 et prend le nom de \u201cCongr\u00e8s d&rsquo;organisations industrielles\u201d [<span lang=EN-US>\u201cCongress of Industrial Organizations\u201d, CIO<\/span>]. Finalement, en 1955 <span lang=EN-US>AFL<\/span> et <span lang=EN-US>CIO<\/span> fusionnent pour constituer l&rsquo;<span lang=EN-US>AFL-CIO<\/span>.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>L&rsquo;<span lang=EN-US>ILA<\/span> a toujours \u00e9t\u00e9, et est toujours caract\u00e9ris\u00e9e par des positions anticommunistes prononc\u00e9es, allant de pair avec une pratique de collaboration de classe. Elle s&rsquo;en vante dans la pr\u00e9sentation historique qu&rsquo;on trouve sur son site Internet*. Celle-ci souligne entre autre que <span lang=EN-US>Daniel Keefe<\/span>, fondateur en 1877 dans la r\u00e9gion des Grands Lacs, de l&rsquo;organisation qui allait devenir ult\u00e9rieurement l&rsquo;<span lang=EN-US>ILA<\/span>, et qui la dirigeait jusqu&rsquo;en 1908, avait \u00e9t\u00e9 bien inspir\u00e9 en optant pour le &quot;refus \u00e0 \u00eatre impliqu\u00e9 dans le mouvement pour la journ\u00e9e de huit heures qui s&rsquo;est termin\u00e9 dans la r\u00e9volt\u00e9 sanglante de <span lang=EN-US>Haymarket<\/span> en 1877&quot;. Au sujet d&rsquo;une grande gr\u00e8ve organis\u00e9e par les syndicats de la c\u00f4te Pacifique de fin octobre 1936 \u00e0 d\u00e9but f\u00e9vrier 1937 la pr\u00e9sentation affirme qu&rsquo;une &quot;infiltration communiste du district de la c\u00f4te Pacifique de l&rsquo;<span lang=EN-US>ILA<\/span> conduisait \u00e0 la gr\u00e8ve maritime infructueuse de 98 jours&quot;. En ce qui concerne Joseph Ryan, pr\u00e9sident de l&rsquo;<span lang=EN-US>ILA<\/span> de 1927 \u00e0 1953, parmi les t\u00e9moignages \u00e9logieux \u00e0 son \u00e9gard on peut citer celui prononc\u00e9 en 1952 par George Meany, pr\u00e9sident de l&rsquo;<span lang=EN-US>AFL**<\/span>: &quot;L&rsquo;Association internationale des dockers a \u00e9t\u00e9 un facteur vital pour notre \u00e9conomie am\u00e9ricaine tout au long de cette p\u00e9riode d&rsquo;un quart de si\u00e8cle, qui co\u00efncide avec la pr\u00e9sidence de Joseph P. Ryan. [&#8230;] Et les membres de l&rsquo;ILA sont aux premiers rangs, bataillant contre la menace quotidienne qui p\u00e8se sur notre mode de vie &#8211; le communisme. Sur notre front de mer vital, il n\u2019y a pas de place pour les communistes ou leurs compagnons de route. L&rsquo;ILA a fait comprendre cela clairement. Elle est all\u00e9e m\u00eame plus loin, avec la distribution de litt\u00e9rature anticommuniste sur les navires qui se dirigent vers des ports \u00e9trangers, et par son attitude adopt\u00e9e en ce qui concerne les cargaisons de produits issus du travail forc\u00e9 [c&rsquo;est-\u00e0-dire les marchandises export\u00e9es par l&rsquo;URSS].&quot;<\/p> <p class=MsoEndnoteText>* https:\/\/ilaunion.org\/ila-history\/<\/p> <p class=MsoEndnoteText><span lang=EN-US>** New Jersey-New York Waterfront Commission Compact : hearing before Subcommittee No. 3 of the Committee on the Judiciary, House of Representatives, Eighty-third Congress, first session, on H.R. 6286, H.R. 6321, H.R. 6343, and S.2383, bills granting the consent of Congress to a compact between the State of New Jersey and the State of New York, known as the Waterfront Commission compact, and for other purposes, July 22, 1953; United States Government Printing Office, Washington; p. 214&#8209;215.<\/span><\/p> <\/div> <div id=edn55> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref55\" name=\"_edn55\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[55]<\/span><\/a>.&nbsp;<a name=\"REF_NOT_m\"><\/a>Mouvement dit d&rsquo;Amsterdam-Pleyel.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En aout 1932, se tient \u00e0 Amsterdam un congr\u00e8s aboutissant \u00e0 la constitution d&rsquo;un \u201cComit\u00e9 mondial contre la guerre imp\u00e9rialiste\u201d. Les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s viennent de&nbsp;30&nbsp;pays et comprennent des sans-parti, des socialistes et des communistes. Puis, dans le prolongement de cette initiative, en juin 1933 se tient \u00e0 Paris \u00e0 la salle Pleyel un second congr\u00e8s \u201couvrier europ\u00e9en antifasciste\u201d.<\/p> <\/div> <div id=edn56> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref56\" name=\"_edn56\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[56]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Guomindang ou Kuomintang (&quot;Parti nationaliste&quot;)<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Au cours de l&rsquo;ann\u00e9e&nbsp;1911, l&rsquo;Alliance r\u00e9volutionnaire (Zhongguo geming Tongmenghui, c&rsquo;est&#8209;\u00e0&#8209;dire Ligue r\u00e9volutionnaire unie de Chine, ou simplement Tongmenghui), fond\u00e9e par Sun&nbsp;Y\u00ecxian (Sun&nbsp;Yat&#8209;sen) en&nbsp;1905, intervient activement pour d\u00e9velopper l&rsquo;agitation, qui se dirige contre le r\u00e9gime imp\u00e9rial et am\u00e8ne l&rsquo;effondrement de celui&#8209;ci. Le&nbsp;29&nbsp;d\u00e9cembre, des repr\u00e9sentants des diverses provinces choisissent Sun&nbsp;Y\u00ecxian comme pr\u00e9sident de la R\u00e9publique. En f\u00e9vrier 1912 Yuan&nbsp;Shikai, charg\u00e9 par la Cour de r\u00e9primer les r\u00e9voltes, obtient l&rsquo;abdication du jeune empereur Puyi; une Assembl\u00e9e r\u00e9unie \u00e0 Nanjing (Nanking) d\u00e9signe Yuan Shikai comme pr\u00e9sident de la R\u00e9publique. La Tongmenghui est transform\u00e9e en Guomindang, qui formule comme programme les \u201cTrois Principes du peuple\u201d: nationalisme, d\u00e9mocratie, bien\u00eatre&nbsp;*. Cependant en&nbsp;1913 des soul\u00e8vements provoquent la dissolution du Guomindang par le r\u00e9gime. En&nbsp;1914 le Japon s&#8217;empare des concessions allemandes en Chine (Qingdao, dans la province Shandong) et en&nbsp;1915 impose \u00e0 la Chine son protectorat. Yuan&nbsp;Shikai d\u00e9c\u00e8de en&nbsp;1916, la Chine entre alors dans une longue p\u00e9riode de luttes entre les chefs r\u00e9publicains et les g\u00e9n\u00e9raux. En Chine du Nord les dujun (&quot;seigneurs de la guerre&quot;) rivaux &#8209;&nbsp;Zhang&nbsp;Zuolin, gouverneur de Mandchourie, Cao&nbsp;Kun, gouverneur du Zhili (correspondant approximativement \u00e0 la province actuelle Hebei), etc.&nbsp;&#8209; s&rsquo;opposent dans des conflits arm\u00e9es qui se poursuivront jusqu&rsquo;en&nbsp;1927.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En&nbsp;1921 est cr\u00e9\u00e9 \u00e0 Shanghai le Parti communiste chinois (PCC), qui adh\u00e8re \u00e0 l&rsquo;Internationale communiste l&rsquo;ann\u00e9e suivante. En&nbsp;1922 Sun&nbsp;Y\u00ecxian est port\u00e9 \u00e0 Guangzhou (Canton) \u00e0 la pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique. Il se donne pour objectif la reconqu\u00eate de toute la Chine du Sud et la prise de Beijing (P\u00e9kin), face aux deux factions ennemis, dont l&rsquo;une soutenue par le Japon, l&rsquo;autre par la Grande&#8209;Bretagne. \u00c0 partir de&nbsp;1923&#8209;1924 il obtient le soutien de l&rsquo;U.R.S.S. et le Guomindang accepte le principe d&rsquo;un front uni impliquant l&rsquo;int\u00e9gration des communistes en son sein. Apr\u00e8s la mort de Sun&nbsp;Y\u00ecxian en&nbsp;1925, s&rsquo;op\u00e8re une scission au sein du Guomindang entre, d&rsquo;une part, une fraction autour de Wang&nbsp;Jingwei et Song&nbsp;Qingling (veuve de Sun&nbsp;Y\u00ecxian) et, d&rsquo;autre part, celle dirig\u00e9e par Jiang&nbsp;Jieshi (Chiang&nbsp;Kai&#8209;shek). En&nbsp;1926 Jiang&nbsp;Jieshi l&#8217;emporte et exclut les communistes des organes dirigeants. Il organise une \u201cexp\u00e9dition vers le Nord\u201d dans l&rsquo;objectif de reconqu\u00e9rir les provinces tenues par les divers gouverneurs. Le&nbsp;12&nbsp;avril 1927 un soul\u00e8vement des travailleurs de Shanghai, anim\u00e9 par le PCC, est r\u00e9prim\u00e9 par l&rsquo;arm\u00e9e de Jiang&nbsp;Jieshi, le massacre fait des milliers de victimes. Nanjing devient le si\u00e8ge du gouvernement du Guomintang de Jiang&nbsp;Jieshi. Les communistes sont priv\u00e9s de leurs bases urbaines, Mao&nbsp;Zedong, Zhou&nbsp;Enlai et Zhu&nbsp;De rassemblent des troupes pour former une arm\u00e9e populaire de lib\u00e9ration qui se regroupe dans les montagnes du Hunan puis du Jiangxi. En&nbsp;1928 Jiang&nbsp;Jieshi marche vers le nord et entre en juin \u00e0 Beijing, qui est d\u00e9clar\u00e9 capitale.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En novembre 1931 est cr\u00e9\u00e9 une R\u00e9publique sovi\u00e9tique chinoise (capitale Ruijin au Jiangxi). En septembre de la m\u00eame ann\u00e9e les Japonais occupent la Mandchourie qui l&rsquo;ann\u00e9e suivante devient le Mandchoukouo, \u00c9tat pr\u00e9tendument ind\u00e9pendant, plac\u00e9 sous l&rsquo;autorit\u00e9 de Puyi, dernier empereur mandchou (cf.&nbsp;note&nbsp;20&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_d1\">&#9658;<\/a>).<\/p> <p class=MsoEndnoteText>*&nbsp;\u201cTrois Principes du peuple\u201d (en chinois \u201cSanmin zhuyi\u201d, \u201cmin\u201d signifie peuple, citoyen): nation (minzu), d\u00e9mocratie (minquan), bien\u00eatre (minsheng).<\/p> <\/div> <div id=edn57> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref57\" name=\"_edn57\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[57]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Staline: Deux Mondes, p.&nbsp;16&#8209;17. (Bureau d&rsquo;\u00e9ditions.) [Note de l&rsquo;\u00e9d.]<\/p> <p class=Notedefincitation>[321ignition] Extrait:<\/p> <p class=Notedefincitation>Certains camarades pensent que, d\u00e8s l&rsquo;instant o\u00f9 il y a crise r\u00e9volutionnaire, la bourgeoisie doit tomber dans une situation sans issue; que sa fin est, par cons\u00e9quent, pr\u00e9d\u00e9termin\u00e9e, que la victoire de la r\u00e9volution est, par cela m\u00eame, assur\u00e9e, et qu&rsquo;il ne leur reste donc qu&rsquo;\u00e0 attendre la chute de la bourgeoisie et \u00e0 \u00e9crire des r\u00e9solutions triomphales. C&rsquo;est l\u00e0 une erreur profonde. La victoire de la r\u00e9volution ne vient jamais d&rsquo;elle-m\u00eame. Il faut la pr\u00e9parer et la conqu\u00e9rir. Or, seul un fort parti prol\u00e9tarien r\u00e9volutionnaire peut la pr\u00e9parer et la conqu\u00e9rir. Il est des moments o\u00f9 la situation est r\u00e9volutionnaire, o\u00f9 le pouvoir de la bourgeoisie est \u00e9branl\u00e9 jusque dans ses fondements, mais o\u00f9, pourtant, la victoire de la r\u00e9volution n&rsquo;arrive pas, parce qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de parti r\u00e9volutionnaire du prol\u00e9tariat suffisamment fort et autoris\u00e9 pour entra\u00eener \u00e0 sa suite les masses et prendre le pouvoir en mains. Il ne serait pas raisonnable de croire que des &quot;cas&quot; pareils ne puissent se produire.<\/p> <p class=Notedefincitation>Il ne serait pas superflu ici, de rappeler les paroles proph\u00e9tiques de L\u00e9nine sur la crise r\u00e9volutionnaire, prononc\u00e9es par lui au IIe&nbsp;congr\u00e8s de l&rsquo;Internationale communiste*:<\/p> <p class=Notedefincitation>Nous voici arriv\u00e9s maintenant au probl\u00e8me de la crise r\u00e9volutionnaire, base de notre action r\u00e9volutionnaire. Ici encore, il faut avant tout signaler deux erreurs tr\u00e8s r\u00e9pandues. D&rsquo;une part, les \u00e9conomistes bourgeois repr\u00e9sentent cette crise comme un simple &quot;malaise&quot;, selon l&rsquo;\u00e9l\u00e9gante expression des Anglais. D&rsquo;autre part, les r\u00e9volutionnaires s&rsquo;efforcent parfois de d\u00e9montrer que cette crise est absolument sans issue. C&rsquo;est l\u00e0 une erreur. Il n&rsquo;est point de situation absolument sans issue. La bourgeoisie se conduit comme un forban sans vergogne, qui a perdu la t\u00eate. Elle commet b\u00eatise sur b\u00eatise, aggravant la situation et pr\u00e9cipitant sa propre ruine. C&rsquo;est entendu. Mais on ne peut &quot;d\u00e9montrer&quot; qu&rsquo;il lui soit absolument impossible d&rsquo;endormir, \u00e0 l&rsquo;aide de certaines petites concessions, une minorit\u00e9 d&rsquo;exploit\u00e9s et de r\u00e9primer tel mouvement ou telle insurrection, d&rsquo;une certaine partie des opprim\u00e9s et des exploit\u00e9s. Tenter de &quot;d\u00e9montrer&quot; \u00e0 priori que la situation est &quot;absolument&quot; sans issue, serait vain p\u00e9dantisme ou jeu de mots et d&rsquo;id\u00e9es. Sur ce point et d&rsquo;autres analogues, seule la pratique peut \u00eatre une &quot;d\u00e9monstration&quot; v\u00e9ritable. L&rsquo;ordre bourgeois traverse dans le monde entier une profonde crise r\u00e9volutionnaire. Il faut &quot;d\u00e9montrer&quot; maintenant par la pratique des partis r\u00e9volutionnaires que ces derniers ont assez de conscience, d&rsquo;organisation, de contact avec les masses exploit\u00e9es, de r\u00e9solution, de savoir-faire pour exploiter cette crise en faveur d&rsquo;une r\u00e9volution victorieuse.<\/p> <p class=Notecitation style='margin-bottom:6.0pt'>*&nbsp;&quot;Rapport sur la situation internationale et les t\u00e2ches fondamentales de l\u2019Internationale communiste&quot;.<\/p> <\/div> <div id=edn58> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref58\" name=\"_edn58\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[58]<\/span><\/a>.&nbsp;<span lang=EN-US>Jay Lovestone.<\/span><\/p> <p class=MsoEndnoteText>En&nbsp;1915 <span lang=EN-US>Lovestone<\/span> adh\u00e8re au Parti socialiste d&rsquo;Am\u00e9rique (<span lang=EN-US>Socialist Party of America, SPA<\/span>). En f\u00e9vrier 1919 il participe \u00e0 la constitution d&rsquo;une aile gauche favorable \u00e0 l&rsquo;orientation du PCR(b). La direction du SPA r\u00e9agit avec des exclusions massives, ce qui conduit en juillet \u00e0 la cr\u00e9ation du Parti communiste des \u00c9tats-Unis (<span lang=EN-US>Communist Party of the United States, CPUS<\/span>). En 1927 <span lang=EN-US>Lovestone<\/span> est d\u00e9sign\u00e9 comme secr\u00e9taire national du parti. En mai 1929 il est la cible de critiques de la part du Comit\u00e9 ex\u00e9cutif de l&rsquo;Internationale communiste, <span lang=EN-US>William Z.&nbsp;Foster<\/span> le remplace comme secr\u00e9taire national. <span lang=EN-US>Lovestone<\/span> participe alors \u00e0 la cr\u00e9ation d&rsquo;un nouveau parti, nomm\u00e9 d&rsquo;abord \u201c<span lang=EN-US>Communist Party (Majority Group)<\/span><span lang=EN-US> <\/span>\u201d puis \u201c<span lang=EN-US>Communist Party (Opposition)<\/span>\u201d, \u201c<span lang=EN-US>Independent Communist Labor League<\/span>\u201d et finalement en 1938, \u201c<span lang=EN-US>Independent Labor League of America<\/span>\u201d. Parall\u00e8lement <span lang=EN-US>Lovestone<\/span> assume diverses fonctions dans l&rsquo;appareil de la Conf\u00e9d\u00e9ration am\u00e9ricaine du travail (<span lang=EN-US>American Federation of Labor<\/span>, AFL) et noue des liens avec la CIA qui finance certaines activit\u00e9s de l&rsquo;AFL.<\/p> <\/div> <div id=edn59> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref59\" name=\"_edn59\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[59]<\/span><\/a>.&nbsp;Bohumil Jilek.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Avant la Premi\u00e8re guerre mondiale, Jilek adh\u00e8re au Parti socialiste tch\u00e8que. En&nbsp;1921 une aile gauche se s\u00e9pare du parti et fonde le Parti communiste tch\u00e9coslovaque, dont Jilek devient membre du comit\u00e9 central, et secr\u00e9taire. En octobre 1922 il est exclu du Parti avec six autres membres du Comit\u00e9 central, mais en novembre le Comit\u00e9 ex\u00e9cutif de l&rsquo;Internationale communiste annule cette d\u00e9cision, Jilek reste membre du parti mais est d\u00e9mis de ses fonctions de direction. Apr\u00e8s le 3e&nbsp;congr\u00e8s du Parti en&nbsp;1925 il est \u00e0 nouveau secr\u00e9taire. En&nbsp;1926 il participe au 7e&nbsp;pl\u00e9num \u00e9largi du CE de l&rsquo;IC, au 9e&nbsp;pl\u00e9num en 1928 il est \u00e9lu membre du pr\u00e9sidium. Au 6e&nbsp;congr\u00e8s de l&rsquo;IC il est confirm\u00e9 dans ces fonctions. Au 5e&nbsp;congr\u00e8s du Parti en f\u00e9vrier 1929, il est d\u00e9mis de ses fonctions de dirigeant, et exclu en juin. Par la suite il coop\u00e8re avec le Parti socialiste tch\u00e8que.<\/p> <\/div> <div id=edn60> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref60\" name=\"_edn60\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[60]<\/span><\/a>.&nbsp;Karl Kilbom.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En Su\u00e8de, le Parti communiste est issu du Parti social-d\u00e9mocrate \u00e0 travers deux scissions successives de&nbsp;1917 et 1921. En&nbsp;1924 le Parti communiste subit \u00e0 son tour une scission: une fraction majoritaire sous la direction de Zeth H\u00f6glund quitte le Parti et rejoint en 1925 le Parti social-d\u00e9mocrate. En 1929 le Parti communiste se divise une nouvelle fois par la s\u00e9paration d&rsquo;une fraction men\u00e9e par Kilbom, le Parti communiste ayant maintenant comme dirigeants Sven Linderot et Hugo Sill\u00e9n. Dans un premier temps, jusqu&rsquo;en 1934, la fraction de Kilbom utilise le nom de Parti communiste, puis se nomme Parti socialiste. En 1937 Kilbom avec la majorit\u00e9 de ce Parti socialiste rejoint le Parti social-d\u00e9mocrate.<\/p> <\/div> <div id=edn61> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref61\" name=\"_edn61\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[61]<\/span><\/a>.&nbsp;Louis Sellier<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Sellier adh\u00e8re \u00e0 la SFIO en&nbsp;1909. Avec le congr\u00e8s de Tours en d\u00e9cembre 1920 il suit la cr\u00e9ation du PCF, il est membre du Comit\u00e9 directeur. Il participe au 1er&nbsp;pl\u00e9num \u00e9largi du Comit\u00e9 ex\u00e9cutif de l&rsquo;Internationale communiste tenu en f\u00e9vrier&#8209;mars 1922 o\u00f9 il est \u00e9lu au Pr\u00e9sidium, puis au 2e&nbsp;pl\u00e9num \u00e9largi en juin de la m\u00eame ann\u00e9e. En octobre il est exclu du Comit\u00e9 directeur du Parti. \u00c0 l&rsquo;issue du 4e&nbsp;congr\u00e8s de l&rsquo;IC qui se tient en novembre-d\u00e9cembre 1922, est constitu\u00e9e au sein du PCF une nouvelle direction dont Sellier fait partie. En janvier 1923, apr\u00e8s la d\u00e9mission d&rsquo;Oscar Louis Frossard (dit Ludovic Oscar Frossard), il devient avec Albert Treint l&rsquo;un des deux secr\u00e9taires du Parti. Au congr\u00e8s du Parti de janvier 1924 il est nomm\u00e9 secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral et membre du Bureau politique. En juin-juillet 1924 il participe au 5e&nbsp;congr\u00e8s de l&rsquo;IC et devient membre du CE. En aout Pierre S\u00e9mard le remplace comme secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du Parti. Toutefois Sellier est reconduit dans ses fonctions au Comit\u00e9 directeur et au Bureau politique jusqu&rsquo;en 1929, mais il est exclu du Parti en novembre de cette ann\u00e9e. En d\u00e9cembre 1929 est constitu\u00e9 le \u201cParti ouvrier paysan\u201d (POP) avec comme principal dirigeant Sellier. En d\u00e9cembre 1930 le POP fusionne avec le Parti socialiste-communiste (un avatar d&rsquo;organisations cr\u00e9\u00e9es en 1922-1923 par des exclus du PCF, dont Frossard) pour former le \u201cParti d&rsquo;unit\u00e9 prol\u00e9tarienne\u201d (PUP) qui survit jusqu&rsquo;en 1937. En 1937 Sellier rejoint la SFIO et en juin 1940 il vote en faveur des pleins pouvoirs pour P\u00e9tain.<\/p> <\/div> <div id=edn62> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref62\" name=\"_edn62\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[62]<\/span><\/a>.&nbsp;Jacques Doriot.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En&nbsp;1916 Doriot adh\u00e8re aux Jeunesses socialistes. Au congr\u00e8s de Tours il suit la cr\u00e9ation du PCF. Il participe au 3e&nbsp;congr\u00e8s de l&rsquo;Internationale communiste, devient en&nbsp;1922 secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral des Jeunesses communistes, puis en&nbsp;1924 en prend la direction et entre au Comit\u00e9 directeur du Parti. \u00c0 la suite d&rsquo;une conf\u00e9rence nationale du Parti tenue en juin 1934, est annonc\u00e9e l&rsquo;exclusion de Doriot. En juin 1936 il cr\u00e9e le \u201cParti populaire fran\u00e7ais\u201d (PPF), au sein duquel il est rejoint par d&rsquo;anciens communistes (dont Henri Barb\u00e9), d&rsquo;anciens maurassiens, d&rsquo;anciens Croix de feu (comme Pierre Pucheu) ainsi que, entre autres, Bertrand de Jouvenel, Pierre Drieu la Rochelle. \u00c0 partir de&nbsp;1940, Doriot choisit la collaboration, il est nomm\u00e9 membre du Conseil national instaur\u00e9 par Vichy. Le 8&nbsp;juillet 1941, il appuie la cr\u00e9ation de la L\u00e9gion des volontaires fran\u00e7ais (LVF), en novembre 1944 il est int\u00e9gr\u00e9 dans le SS (<span lang=DE>Schutzstaffel<\/span>, c&rsquo;est-\u00e0-dire escadron de protection).<\/p> <\/div> <div id=edn63> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref63\" name=\"_edn63\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[63]<\/span><\/a>.&nbsp;M\u00e1ty\u00e1s R\u00e1kosi.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>R\u00e1kosi adh\u00e8re au Parti social-d\u00e9mocrate hongrois (Magyarorsz\u00e1gi Szoci\u00e1ldemokrata P\u00e1rt, MSzDP) en&nbsp;1910. Pendant la Premi\u00e8re guerre mondiale en&nbsp;1915 il est fait prisonnier par les troupes russes. En avril 1918, il est \u00e9chang\u00e9 contre un prisonnier de guerre russe, il retourne en Hongrie et participe \u00e0 la cr\u00e9ation du Parti communiste hongrois (Magyar Kommunista P\u00e1rt, MKP) en novembre 1918. Il est arr\u00eat\u00e9 en f\u00e9vrier 1919, puis lib\u00e9r\u00e9 en mars. Il fait partie de la direction de la R\u00e9publique de Conseils, de mars \u00e0 juillet. Apr\u00e8s la chute de la R\u00e9publique des conseils le&nbsp;1er aout 1919, il \u00e9migre \u00e0 Vienne, o\u00f9 il est arr\u00eat\u00e9. Lib\u00e9r\u00e9 en mai 1920, il se rend en Russie. Il participe au 2e&nbsp;Congr\u00e8s de l&rsquo;Internationale communiste (juillet-aout 1920). \u00c0 l&rsquo;issue du 3e&nbsp;Congr\u00e8s de l&rsquo;IC (juin-juillet 1921), il est \u00e9lu secr\u00e9taire du Comit\u00e9 ex\u00e9cutif de l&rsquo;IC et le reste jusqu&rsquo;au 4e&nbsp;Congr\u00e8s (novembre-d\u00e9cembre 1922), ensuite il occupe le poste de secr\u00e9taire adjoint du CE de l&rsquo;IC jusqu&rsquo;au 5e&nbsp;Congr\u00e8s (juin-juillet 1924). Il participe au congr\u00e8s de r\u00e9organisation du Parti avec B\u00eala Kun et d&rsquo;autres en aout 1925 \u00e0 Vienne. Il est arr\u00eat\u00e9 en septembre, condamn\u00e9 l&rsquo;ann\u00e9e suivante \u00e0 huit ans et demi de prison; apr\u00e8s avoir purg\u00e9 la peine il est inculp\u00e9 \u00e0 nouveau, condamn\u00e9 \u00e0 la prison \u00e0 vie. Absent lors du 7e&nbsp;Congr\u00e8s de l&rsquo;IC (juillet-aout 1935), il est \u00e9lu au Pr\u00e9sidium du CE. En octobre 1940, il est mis en libert\u00e9 dans le cadre d&rsquo;un \u00e9change de prisonniers politiques entre les gouvernements sovi\u00e9tique et hongrois. De&nbsp;1940 \u00e0&nbsp;1944 il dirige le Bureau \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger du Parti \u00e0 Moscou; revenu en Hongrie en f\u00e9vrier 1945, il devient secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral.<\/p> <\/div> <div id=edn64> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref64\" name=\"_edn64\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[64]<\/span><\/a>.&nbsp;To\u00efvo Antika\u00efnen.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Antika\u00efnen participe \u00e0 la fondation du Parti communiste de Finlande en aout 1918. \u00c0 partir de&nbsp;1923 il est membre du Comit\u00e9 central, puis \u00e0 partir de&nbsp;1925, du Bureau politique. Il est arr\u00eat\u00e9 en&nbsp;1934 et apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 il se rend en URSS en&nbsp;1940.<\/p> <\/div> <div id=edn65> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref65\" name=\"_edn65\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[65]<\/span><\/a>.&nbsp;Fiete Schulze.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En&nbsp;1913 Schulze adh\u00e8re au SPD, en&nbsp;1919 il passe \u00e0 l&rsquo;USPD, puis en&nbsp;1920 il suit l&rsquo;unification de l&rsquo;aile gauche de l&rsquo;USPD avec le KPD. Il participe activement, \u00e0 Hamburg, \u00e0 la tentative d&rsquo;insurrection organis\u00e9e par le KPD en octobre 1923. Il quitte l&rsquo;Allemagne, revient ill\u00e9galement en&nbsp;1925, puis se rend \u00e0 Moscou, finalement il rentre \u00e0 nouveau en Allemagne en&nbsp;1932. Pour la direction locale du KPD du district Wasserkante* il constitue une unit\u00e9 d&rsquo;autod\u00e9fense. Il est arr\u00eat\u00e9 le&nbsp;16 avril 1933, condamn\u00e9 \u00e0 mort en mars 1935 et ex\u00e9cut\u00e9.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>*&nbsp;\u00c0 l&rsquo;\u00e9poque le district Wasserkante rassemblait des territoires correspondant maintenant \u00e0 Schleswig-Holstein, Hamburg, ainsi que la partie nord-est de Niedersachsen.<\/p> <\/div> <div id=edn66> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref66\" name=\"_edn66\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[66]<\/span><\/a>.&nbsp;Tsou-tsu-bo (Strakhov).<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Autres transcriptions: Tsiou Tsiou-Bo, Tsiui Tsube, Qu Qiubai.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Qu Qiubai s&rsquo;engage d&rsquo;abord dans le Mouvement du 4&nbsp;mai 1919. Ce jour-l\u00e0 se d\u00e9roule une vaste manifestation d&rsquo;\u00e9tudiants sur la place Tian&rsquo;anmen, \u00e0 P\u00e9kin, pour protester contre le traitement r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 la Chine par les puissances signataires du trait\u00e9 de Versailles, le mois pr\u00e9c\u00e9dent. Ult\u00e9rieurement, \u00e0 partir de cet \u00e9v\u00e8nement se d\u00e9veloppe un mouvement culturel. Le Parti communiste chinois est cr\u00e9\u00e9 en&nbsp;1921, avec comme principaux dirigeants Chen Duxiu et Li Dazhao. En&nbsp;1920 Qu entame un s\u00e9jour en Union sovi\u00e9tique, o\u00f9 il adh\u00e8re au PCC en&nbsp;1922. Apr\u00e8s son retour en Chine en&nbsp;1923, il est \u00e9lu au Comit\u00e9 central au 3e&nbsp;congr\u00e8s du Parti. En&nbsp;1924 il est \u00e9lu comme membre suppl\u00e9ant du Comit\u00e9 central ex\u00e9cutif du Guomindang. En&nbsp;1927 il tient un r\u00f4le dirigeant au cours de la deuxi\u00e8me insurrection ouvri\u00e8re de Shanghai, l&rsquo;insurrection \u00e9choue. Avec la rupture entre le Guomindang et le PCC, Qu se trouve en opposition \u00e0 Chen Duxiu. Celui-ci est \u00e9cart\u00e9 de la direction, le 5e&nbsp;Congr\u00e8s du Parti, en aout, \u00e9lit un nouveau Bureau politique pr\u00e9side par Qu. En juin 1928 se tient le 6e&nbsp;congr\u00e8s du Parti, \u00e0 Moscou. Qu est remplac\u00e9 par Xiang Zhongfa, mais reste au Bureau politique. Au 6e&nbsp;congr\u00e8s de l&rsquo;Internationale communiste en juillet il est \u00e9lu au Comit\u00e9 ex\u00e9cutif de l&rsquo;IC. En juillet 1930 l&rsquo;IC l&rsquo;envoie en Chine. En janvier 1934 il re\u00e7oit l&rsquo;ordre de la direction du PCC de rejoindre la base de la R\u00e9publique sovi\u00e9tique chinoise de Ruijin, o\u00f9 il est nomm\u00e9 Commissaire \u00e0 l&rsquo;\u00e9ducation dans le gouvernement pr\u00e9sid\u00e9 par Mao Zedong. Lorsqu&rsquo; en octobre d\u00e9bute la Longue marche, il est laiss\u00e9 dans le Jiangxi, il est captur\u00e9 par les troupes du Guomindang. Il est condamn\u00e9 \u00e0 mort, et ex\u00e9cut\u00e9 le&nbsp;18 juin 1935.<\/p> <\/div> <div id=edn67> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref67\" name=\"_edn67\" title=\"\"><span lang=DE><span lang=DE style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[67]<\/span><\/span><\/a><span lang=DE>.&nbsp;August L\u00fctgens.<\/span><\/p> <p class=MsoEndnoteText>Le&nbsp;2 juin 1933, un tribunal sp\u00e9cial fasciste \u00e9tabli \u00e0 <span lang=DE>Altona<\/span> (maintenant partie de Hambourg) prononce des condamnations \u00e0 mort \u00e0 l&rsquo;encontre d&rsquo;<span lang=DE>August L\u00fctgens, Walter M\u00f6ller, Karl Wolff<\/span> et <span lang=DE>Bruno Tesch<\/span>. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une machination dont l&rsquo;origine r\u00e9side dans des \u00e9v\u00e8nements survenus le&nbsp;17 juillet 1932: durant des affrontements \u00e0 <span lang=DE>Altona<\/span> entre un cort\u00e8ge de la SA (<span lang=DE>Sturmabteilung<\/span>, c&rsquo;est-\u00e0-dire section d&rsquo;assaut) et des habitants du quartier, deux membres de la SA avaient \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s. Peu apr\u00e8s d\u00e9j\u00e0, la justice avait construit des accusations all\u00e9guant un complot communiste et en automne 1932 les quatre personnes cit\u00e9es avaient \u00e9t\u00e9 plac\u00e9es en d\u00e9tention provisoire, puis la proc\u00e9dure avait \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9e, mais les r\u00e9sultats de l&rsquo;enqu\u00eate servent de base \u00e0 la justice fasciste. <span lang=DE>L\u00fctgens, M\u00f6ller, Wolff<\/span> et <span lang=DE>Tesch<\/span> sont ex\u00e9cut\u00e9s le&nbsp;1er aout.<\/p> <\/div> <div id=edn68> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref68\" name=\"_edn68\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[68]<\/span><\/a>.&nbsp;Nikola Kofardjiev.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Kofardjiev adh\u00e8re au Parti Communiste bulgare en&nbsp;1922. En&nbsp;1925 il \u00e9migre en URSS. De&nbsp;1926 \u00e0 1928 il est Secr\u00e9taire du Comit\u00e9 central de l&rsquo;Union des Jeunesses communistes de Bulgarie. Entre&nbsp;1928 et 1930, il travaille au Comit\u00e9 ex\u00e9cutif de l&rsquo;Internationale Communiste de la Jeunesse. \u00c0 partir de&nbsp;1930 il est Secr\u00e9taire du CC du Parti communiste de Bulgarie. En Bulgarie, suite aux \u00e9lections de juin 1931, est form\u00e9 un gouvernement port\u00e9 par une coalition dite &quot;Bloc populaire&quot;, dirig\u00e9 par Alexandre Malinov, du Parti d\u00e9mocrate bulgare. Le&nbsp;19 mai 1934, un groupe d&rsquo;officiers men\u00e9 par le colonel Damyan Velchev effectue un coup d&rsquo;\u00e9tat, Kimon Georgiev est d\u00e9sign\u00e9 pour diriger un nouveau gouvernement, le roi Boris&nbsp;III abdique. La constitution, datant de&nbsp;1879, est suspendu, tous les partis politiques sont interdits par un d\u00e9cret du&nbsp;14 juin. Ult\u00e9rieurement, Boris reprend le pouvoir en main, le&nbsp;22 janvier 1935 il charge le g\u00e9n\u00e9ral Pentcho Zlatev de former un nouveau gouvernement, puis le&nbsp;18 avril il investit un gouvernement dirig\u00e9 par Andrey Toshev. En octobre 1931 Kofardjiev est assassin\u00e9 dans la rue au cours d&rsquo;un accrochage avec la Police.<\/p> <\/div> <div id=edn69> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref69\" name=\"_edn69\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[69]<\/span><\/a>.&nbsp;F\u00e9d\u00e9ration syndicale internationale (dite \u201cInternationale syndicale d&rsquo;Amsterdam\u201d).<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En&nbsp;1901 se tient \u00e0 Copenhague une r\u00e9union entre repr\u00e9sentants des centrales syndicales de Norv\u00e8ge, Su\u00e8de, Finlande, Danemark, Allemagne, France et Belgique. Une autre rencontre suit en&nbsp;1903, et se constitue un secr\u00e9tariat international avec Carl Legien (SPD) comme secr\u00e9taire. En&nbsp;1913 est adopt\u00e9e la d\u00e9signation \u201cF\u00e9d\u00e9ration syndicale internationale\u201d (FSI). La 1e&nbsp;guerre mondiale induit le clivage correspondant aux alliances bellig\u00e9rantes. En&nbsp;1919 la FSI est reconstitu\u00e9e. Une premi\u00e8re r\u00e9union se tient en f\u00e9vrier 1919 \u00e0 Bern, en juillet-aout le si\u00e8ge est \u00e9tabli \u00e0 Amsterdam. La FSI est reconnue par la nouvelle Organisation internationale du travail. L&rsquo;admission \u00e0 la FSI des syndicats de l&rsquo;Union sovi\u00e9tique est refus\u00e9e. La F\u00e9d\u00e9ration am\u00e9ricaine du travail (AFL) adh\u00e8re finalement \u00e0 la FSI en&nbsp;1937.<\/p> <\/div> <div id=edn70> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref70\" name=\"_edn70\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[70]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;L\u00e9nine: \u0152uvres compl\u00e8tes, tome&nbsp;25, p.&nbsp;420. E.S.I. (Sous presse.) [Note de l&rsquo;\u00e9d.]<\/p> <p class=MsoEndnoteText>[321ignition] Cf. V.&nbsp;I.&nbsp;L\u00e9nine: Rapport au 2e&nbsp;Congr\u00e8s de l&rsquo;IC sur la situation internationale et les t\u00e2ches fondamentales de l&rsquo;IC (19&nbsp;juillet 1920) (in: Oeuvres, Tome&nbsp;31, Paris, \u00c9ditions sociales, 1961; p.&nbsp;233&#8209;234):<\/p> <p class=Notedefincitation>Camarades, nous abordons maintenant la question de la crise r\u00e9volutionnaire, base de notre action r\u00e9volutionnaire. Et ici, il faut avant tout noter deux erreurs tr\u00e8s r\u00e9pandues. D\u2019une part, les \u00e9conomistes bourgeois repr\u00e9sentent cette crise comme un simple &quot;malaise&quot;, selon l&rsquo;\u00e9l\u00e9gante formule des Anglais. D&rsquo;autre part, des r\u00e9volutionnaires s\u2019efforcent parfois de d\u00e9montrer que cette crise est absolument sans issue.<\/p> <p class=Notedefincitation style='margin-bottom:6.0pt'>C&rsquo;est une erreur. Il n&rsquo;existe pas de situation absolument sans issue. La bourgeoisie se conduit comme un forban sans vergogne qui a perdu la t\u00eate; elle commet b\u00eatise sur b\u00eatise aggravant la situation et h\u00e2tant sa propre perte. C\u2019est un fait. Mais il n&rsquo;est pas possible de &quot;prouver&quot; qu\u2019il n&rsquo;y a absolument aucune chance qu&rsquo;elle endorme une minorit\u00e9 d&rsquo;exploit\u00e9s \u00e0 l&rsquo;aide de petites concessions, qu&rsquo;elle r\u00e9prime un mouvement ou une insurrection d&rsquo;une partie des opprim\u00e9s et des exploit\u00e9s. Tenter d&rsquo;en &quot;prouver&quot; \u00e0 l\u2019avance l&rsquo;impossibilit\u00e9 &quot;absolue&quot; serait pur p\u00e9dantisme, verbiage ou jeu d&rsquo;esprit. Dans cette question et dans des questions analogues, seule la pratique peut fournir la &quot;preuve&quot; r\u00e9elle. Le r\u00e9gime bourgeois traverse dans monde entier une profonde crise r\u00e9volutionnaire. Il faut &quot;d\u00e9montrer&quot; maintenant, par l&rsquo;action pratique des partis r\u00e9volutionnaires, qu&rsquo;ils poss\u00e8dent suffisamment de conscience, d&rsquo;organisation, de liens avec les masses exploit\u00e9es, d&rsquo;esprit de d\u00e9cision et de savoir<span style='font-family:\"Times New Roman\",\"serif\"'>&#8209;<\/span>faire pour exploiter cette crise au profit d&rsquo;une r\u00e9volution victorieuse.<\/p> <\/div> <div id=edn71> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref71\" name=\"_edn71\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[71]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;\u00c9thiopie.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Historiquement, l&rsquo;\u00c9thiopie constitue une r\u00e9gion compos\u00e9e principalement de la Nubie et de l&rsquo;Abyssinie. Cependant, l&rsquo;Abyssinie ou Haut-\u00c9thiopie est toujours rest\u00e9 nettement distincte de la Basse-\u00c9thiopie, d\u00e9nomm\u00e9e selon les \u00e9poques M\u00e9ro\u00e9, Nubie, ou Soudan.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Selon la tradition \u00e9thiopienne, la reine de Saba (nomm\u00e9e Makeda) et Salomon ont un fils, M\u00e9n\u00e9lik Ier, qui fonde la dynastie royale de l&rsquo;\u00c9thiopie. En&nbsp;1889, Sahle Maryam, roi de Choa &#8209;&nbsp;une des composantes territoriales de l&rsquo;\u00c9thiopie&nbsp;&#8209;, acc\u00e8de au tr\u00f4ne du roi des rois d&rsquo;\u00c9thiopie, sous le titre de M\u00e9n\u00e9lik&nbsp;II. Il entame des relations avec l&rsquo;Italie, concr\u00e9tis\u00e9es par un trait\u00e9 sign\u00e9 en&nbsp;1889 et compl\u00e9t\u00e9 en&nbsp;1891, qui permet \u00e0 ce pays de s&rsquo;installer en \u00c9rythr\u00e9e. En&nbsp;1893, M\u00e9n\u00e9lik d\u00e9nonce le trait\u00e9, ce qui suscite, en&nbsp;1895, l&rsquo;envoi en Abyssinie d&rsquo;un corps exp\u00e9ditionnaire italien. Ce dernier est balay\u00e9 par l&rsquo;arm\u00e9e \u00e9thiopienne le&nbsp;1er mars 1896 \u00e0 Adoua. Cette victoire permet \u00e0 M\u00e9n\u00e9lik d&rsquo;imposer d\u00e9sormais ses propres conditions aux puissances europ\u00e9ennes, qui en&nbsp;1906 reconnaissent l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 de l&rsquo;\u00c9thiopie,<\/p> <p class=MsoEndnoteText>M\u00e9n\u00e9lik d\u00e9c\u00e8de en&nbsp;1913, son testament d\u00e9signe son petit&#8209;fils Iyasu comme son successeur. Mais l&rsquo;\u00e9pouse de Menelik, Taytu, manoeuvre et obtient que Zewditu Ire, fille de M\u00e9l\u00e9nik, est associ\u00e9e \u00e0 Iyasu. Toutefois, les dignitaires fid\u00e8les \u00e0 M\u00e9n\u00e9lik et \u00e0 son testament pr\u00e9f\u00e8rent Iyasu \u00e0 Zewditu, et celui&#8209;ci est intronis\u00e9 empereur. Iyasu est renvers\u00e9 par un coup d&rsquo;\u00c9tat qui intronise, en&nbsp;1916, Zewditu comme &quot;reine des reines&quot; d&rsquo;\u00c9thiopie. Elle se voit toutefois attribuer un r\u00e9gent, Ras Tafari Makonnen, petit&#8209;neveu de M\u00e9n\u00e9lik. Celui&#8209;ci, lorsque Zewditu d\u00e9c\u00e8de en&nbsp;1930, acc\u00e8de au tr\u00f4ne du roi des rois d&rsquo;\u00c9thiopie, sous le titre de Ha\u00efl\u00e9 S\u00e9lassi\u00e9&nbsp;Ier.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Entretemps, l&rsquo;Italie avait d\u00e9ploy\u00e9 des efforts pour participer \u00e0 la course aux colonies, sans r\u00e9sultat notable. En&nbsp;1922, l&rsquo;Empire ne se composait que des rudes plateaux de l&rsquo;\u00c9rythr\u00e9e, des d\u00e9serts somaliens et de quelques points d&rsquo;ancrage en Libye. Dans la d\u00e9cennie qui suivit, Mussolini tenta une politique de p\u00e9n\u00e9tration pacifique pour arriver \u00e0 une sorte de protectorat. Il appuya m\u00eame la demande d&rsquo;adh\u00e9sion de l&rsquo;\u00c9thiopie \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 des nations (SDN) de Gen\u00e8ve. D\u00e8s&nbsp;1933, l&rsquo;Italie entama des pr\u00e9parations pour conqu\u00e9rir militairement l&rsquo;\u00c9thiopie. Les op\u00e9rations militaires elles&#8209;m\u00eames commenc\u00e8rent en octobre 1935, en mars 1936 Ha\u00efl\u00e9 S\u00e9lassi\u00e9 demande la paix.<\/p> <\/div> <div id=edn72> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref72\" name=\"_edn72\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[72]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Le 10e&nbsp;Pl\u00e9num du Comit\u00e9 ex\u00e9cutif de l&rsquo;Internationale communiste se tient du&nbsp;3 au&nbsp;19 juillet 1929.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>[321ignition] Cf. Th\u00e8ses adopt\u00e9es par la 10e&nbsp;Assembl\u00e9e pl\u00e9ni\u00e8re du C.E. de l&rsquo;I.C. sur les rapports de Th\u00e4lmann et Lozovski, sur&nbsp;:<\/p> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"http:\/\/321ignition.free.fr\/pag\/fr\/lin\/pag_003\/1929_07_00_IC_CE_X_Theses_lutte_economique.htm\">La lutte \u00e9conomique et les t\u00e2ches des partis communistes&nbsp;&#9658;<\/a>.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Extrait de la r\u00e9solution:<\/p> <p class=Notedefincitation>1. Le nouveau caract\u00e8re du r\u00e9formisme syndical, la fusion ouverte de l&rsquo;appareil r\u00e9formiste syndical avec l&rsquo;\u00c9tat bourgeois font que la question de notre tactique au sein des syndicats r\u00e9formistes acquiert de nouveau de l&rsquo;actualit\u00e9. La 10e Session pl\u00e9ni\u00e8re du C.E. de l&rsquo;I.C. confirme encore une fois que la politique de scission du mouvement syndical men\u00e9e par la bureaucratie syndicale social-fasciste (exclusion des communistes et des membres de l&rsquo;opposition r\u00e9volutionnaire du sein des syndicats r\u00e9formistes, les clauses reversales, etc&#8230;), ne doit en aucun cas aboutir \u00e0 un rel\u00e2chement de l&rsquo;action pour la conqu\u00eate des syndicats de masses, donc, par cons\u00e9quent, \u00e0 inviter les ouvriers \u00e0 quitter les syndicats r\u00e9formistes. Au contraire, ce travail doit redoubler d&rsquo;intensit\u00e9. &quot;Pour aider la masse et gagner sa sympathie, son appui, il ne faut pas craindre les difficult\u00e9s, ne pas craindre les chicanes, les subterfuges, les attaques, les brimades des \u201cleaders\u201d (qui, \u00e9tant opportunistes et social-chauvins, sont, dans la plupart des cas, li\u00e9s directement ou indirectement \u00e0 la bourgeoisie et \u00e0 la police), mais il faut travailler absolument l\u00e0 o\u00f9 il y a des masses.&quot; (L\u00e9nine, &quot;La Maladie infantile du communisme&quot;. Voir le chapitre &quot;Les r\u00e9volutionnaires doivent<span style='font-family:\"Times New Roman\",\"serif\"'>&#8209;<\/span>ils mener une action dans les syndicats r\u00e9actionnaires?&quot;).<\/p> <p class=Notedefincitation>2. La pouss\u00e9e grandissante du mouvement ouvrier et la crise croissante dans les syndicats r\u00e9formistes ont donn\u00e9 naissance \u00e0 des tendances dangereuses qui veulent renoncer au travail dans les syndicats r\u00e9formistes. En m\u00eame temps, cette croissante du mouvement ouvrier a soulev\u00e9 un nouveau probl\u00e8me: la constitution de nouveaux syndicats r\u00e9volutionnaires \u00e0 certaines \u00e9tapes et dans des conditions d\u00e9termin\u00e9es.<\/p> <p class=Notedefincitation>3. La premi\u00e8re tendance a pour base une conception erron\u00e9e du probl\u00e8me des inorganis\u00e9s, une confusion des syndicats avec les comit\u00e9s de lutte, une sous<span style='font-family:\"Times New Roman\",\"serif\"'>&#8209;<\/span>estimation de la possibilit\u00e9 de conqu\u00e9rir les syndicats en gagnant les masses syndiqu\u00e9es (cr\u00e9ation artificielle des formes d&rsquo;organisation &quot;transitoires&quot; vers de nouveaux syndicats). Ces tendances se trouvent en contradiction directe avec les d\u00e9cisions maintes fois adopt\u00e9es par l&rsquo;I.C. sur la conqu\u00eate des masses ouvri\u00e8res dans les syndicats. La provocation croissante de la part des r\u00e9formistes dans le but d&rsquo;obtenir la scission du mouvement syndical, qui s&rsquo;exprime par l&rsquo;exclusion des communistes et des membres de l&rsquo;opposition r\u00e9volutionnaire, ne peut \u00eatre un pr\u00e9texte pour r\u00e9viser les d\u00e9cisions sur le travail au sein des syndicats r\u00e9formistes dans les pays o\u00f9 n&rsquo;existent pas de syndicats r\u00e9volutionnaires ind\u00e9pendants et ne peut servir \u00e0 justifier le rel\u00e2chement du travail pour la conqu\u00eate des masses syndiqu\u00e9es et pour l&rsquo;organisation artificielle de nouveaux syndicats. La p\u00e9riode actuelle impose \u00e0 l&rsquo;I.C. non pas une politique d&rsquo;abandon des syndicats r\u00e9formistes ou de cr\u00e9ation artificielle de nouveaux syndicats r\u00e9volutionnaires, mais la lutte pour gagner la majorit\u00e9 de la classe ouvri\u00e8re, au sein des syndicats r\u00e9formistes, comme au sein des organisations dont l&rsquo;influence s&rsquo;\u00e9tend sur de plus grandes masses (comit\u00e9s de lutte, comit\u00e9s d&rsquo;usines) qui, avec le mouvement r\u00e9volutionnaire, poursuivent les m\u00eames buts, mais qui les r\u00e9alisent par des moyens qui leur sont propres.<\/p> <p class=Notedefincitation>4. Ce serait en m\u00eame temps une illusion opportuniste nuisible que de penser que nous pouvons dans les conditions actuelles nous emparer de l&rsquo;appareil syndical r\u00e9formiste, m\u00eame si nous avions avec nous la masse des syndiqu\u00e9s. Cela ne signifie nullement que l&rsquo;opposition r\u00e9volutionnaire et les communistes doivent \u00eatre passifs dans les \u00e9lections \u00e0 la direction syndicale. Au contraire, la lutte pour chasser des syndicats tous les bureaucrates et les agents des capitalistes, la lutte pour chaque fonction \u00e9lective dans les syndicats, en particulier la lutte pour les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s syndicaux \u00e0 la base doit \u00eatre, entre nos mains, une arme puissante pour d\u00e9 masquer le r\u00f4le de la bureaucratie syndicale social-fasciste et lutter contre elle.<\/p> <p class=Notedefincitation>5. En corr\u00e9lation avec ceci, se trouve la lutte contre la politique scissionniste de la bureaucratie syndicale sociale fasciste. Cette lutte contre les exclusions et autres mesures de scission doit devenir une lutte contre la politique r\u00e9formiste du monde industriel, pour l&rsquo;unit\u00e9 sur la base de la lutte de classes, pour la d\u00e9mocratie prol\u00e9tarienne dans les syndicats. L&rsquo;activit\u00e9 scissionniste de la direction r\u00e9formiste a pour but l&rsquo;affaiblissement de la force organis\u00e9e des masses ouvri\u00e8res dans leurs luttes pour les revendications \u00e9conomiques et politiques, et l&rsquo;isolement des communistes et de l&rsquo;opposition r\u00e9volutionnaire de la masse ouvri\u00e8re organis\u00e9e. C&rsquo;est pourquoi, une des t\u00e2ches les plus importantes consiste \u00e0 mobiliser les grandes masses ouvri\u00e8res contre l&rsquo;activit\u00e9 scissionniste de la bureaucratie syndicale social-fasciste. En m\u00eame temps, il est n\u00e9cessaire de combattre \u00e9nergiquement tout esprit de capitulation. La capitulation en face de la bureaucratie syndicale \u00e9quivaudrait non seulement \u00e0 discr\u00e9diter, mais aussi \u00e0 briser l&rsquo;opposition r\u00e9volutionnaire.<\/p> <p class=Notedefincitation>Il faut r\u00e9pondre \u00e0 l&rsquo;exclusion d&rsquo;organisations syndicales enti\u00e8res, par une continuation active de la lutte et un renforcement de ces organisations, tout en luttant simultan\u00e9ment pour la r\u00e9int\u00e9gration dans le syndicat sous le mot d&rsquo;ordre de l&rsquo;unit\u00e9 sur la base de la lutte de classes. Ces organisations syndicales qui auront \u00e9t\u00e9 exclues ne peuvent devenir le point de rassemblement des ouvriers exclus des autres organisations syndicales. Lors d&rsquo;exclusions isol\u00e9es d&rsquo;ouvriers r\u00e9volutionnaires, il faut tendre toutes les forces pour mobiliser les masses dans la lutte contre la politique de scission des r\u00e9formistes. La lutte pour la r\u00e9int\u00e9gration des exclus devra s&rsquo;effectuer sous le mot d&rsquo;ordre de la conqu\u00eate aux c\u00f4t\u00e9s de l&rsquo;opposition r\u00e9volutionnaire des ouvriers qui se trou vent encore sous l&rsquo;influence des r\u00e9formistes.<\/p> <p class=Notedefincitation>Dans ces pays, la lutte contre la politique scissionniste de la bureaucratie syndicale doit s&rsquo;effectuer non pas par \u00a1&rsquo;organisation des communistes et des membres de l&rsquo;opposition r\u00e9volutionnaire exclus dans de nouveaux syndicats, mais par une accentuation de la lutte pour la d\u00e9mocratie prol\u00e9tarienne dans les syndicats, contre le r\u00e9formisme, pour le renvoi des bureaucrates syndicaux r\u00e9formistes. La fusion de l&rsquo;appareil syndical r\u00e9formiste avec l&rsquo;appareil de l&rsquo;\u00c9tat bourgeois, d&rsquo;une part, l&rsquo;influence croissante des partis communistes sur les masses ouvri\u00e8res et dans les syndicats r\u00e9formistes de masses, d&rsquo;autre part, non seulement \u00e9largissent les possibilit\u00e9s de lutte contre la dictature des r\u00e9formistes, mais rendent indispensable la mobilisation des masses pour briser les statuts et rompre avec le l\u00e9galisme des syndicats r\u00e9formistes.<\/p> <p class=Notedefincitation>6. L&rsquo;opposition r\u00e9volutionnaire ne peut \u00e9galement tol\u00e9rer la dispersion des membres de l&rsquo;opposition r\u00e9volutionnaire exclus en masses toujours plus grandes du sein des syndicats r\u00e9formistes. Pour cette raison, il est n\u00e9cessaire que l&rsquo;opposition r\u00e9volutionnaire se lie activement avec tous les membres de l&rsquo;opposition exclus des syndicats. Cependant, ceci ne doit pas \u00eatre un motif \u00e0 la cr\u00e9ation de nouvelles organisations (par exemple, en exigeant des cotisations sp\u00e9ciales), qui pourraient \u00eatre des formes artificielles &quot;transitoires&quot; vers de nouveaux syndicats.<\/p> <p class=Notedefincitation>7. Mais les communistes ne peuvent \u00eatre en principe contre la scission des syndicats. La r\u00e9solution du 2e Congr\u00e8s de l&rsquo;I.C. donne les conditions auxquelles les communistes sont tenus d&rsquo;accepter la scission. Elles sont les suivantes: &quot;Les communistes ne doivent pas s&rsquo;arr\u00eater devant la scission des organisations syndicales, si le renoncement \u00e0 la scission signifiait le renoncement \u00e0 la lutte r\u00e9volutionnaire dans les syndicats, le renoncement \u00e0 organiser la partie la plus exploit\u00e9e du prol\u00e9tariat.&quot; L&rsquo;accroissement du mouvement de gr\u00e8ves depuis le 6e Congr\u00e8s de l&rsquo;I.C et la lutte acharn\u00e9e de la bureaucratie syndicale social-fasciste laquelle emploie les exclusions et la dissolution d&rsquo;organisations enti\u00e8res (A.D.G.B.)[2] et restreint artificiellement, \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;en traves corporatives, le cercle de prol\u00e9taires syndiqu\u00e9s (l&rsquo;exemple le plus frappant est la F\u00e9d\u00e9ration am\u00e9ricaine du Travail et son action ouverte de briseur de gr\u00e8ves), ont cr\u00e9\u00e9 dans certains pays des conditions telles que, parfois, il a \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessaire de former de nouveaux syndicats r\u00e9volutionnaires.<\/p> <p class=Notedefincitation>La 9e Session pl\u00e9ni\u00e8re du C.E. de l&rsquo;I.C. et le 6e Congr\u00e8s de l&rsquo;I.C. ont pr\u00e9vu pour le Parti communiste am\u00e9ricain la cr\u00e9ation de nouveaux syndicats, en premier lieu dans les branches d&rsquo;industrie o\u00f9 les organisations syndicales font d\u00e9faut en g\u00e9n\u00e9ral et, en outre, dans les cas o\u00f9, \u00e0 la suite de l&rsquo;action r\u00e9volutionnaire des ouvriers, les masses ouvri\u00e8res sont sorties des syndicats, par suite de la trahison de la bureaucratie syndicale et que le mouvement syndical \u00e9tait d\u00e9truit. Le parti a entrepris ce travail et il doit le r\u00e9aliser avec la plus grande \u00e9nergie en gagnant aux nouveaux syndicats les masses \u00e9normes d&rsquo;ouvriers inorganis\u00e9s des \u00c9tats<span style='font-family: \"Times New Roman\",\"serif\"'>&#8209;<\/span>Unis. Il en fut ainsi en Angleterre, o\u00f9 un nouveau syndicat de la Couture et un nouveau syndicat des Mineurs d&rsquo;Ecosse ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s. Il en fut ainsi en Pologne o\u00f9, sur la base du mouvement de gr\u00e8ves de masses \u00e0 Lodz et de la scission du P.S.P., il fut n\u00e9cessaire de soulever le probl\u00e8me de la cr\u00e9ation d&rsquo;un nouveau syndicat unique du textile sur la base de la lutte de classe r\u00e9volutionnaire (\u00e0 Lodz); cette question se pose aussi chez les mineurs (dans la r\u00e9gion de Dombrovo). Il en fut de m\u00eame au Mexique o\u00f9 fut constitu\u00e9e, sur la base de la radicalisation des masses ouvri\u00e8res et de la d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence r\u00e9actionnaire de la C.R.O.M., une nouvelle C.G.T.U. r\u00e9volutionnaire comptant environ 100.000 adh\u00e9rents.<\/p> <p class=Notedefincitation style='margin-bottom:6.0pt'>8. Mais les communistes doivent comprendre que la scission des syndicats ne consiste pas \u00e0 former d&rsquo;une fa\u00e7on m\u00e9canique de nouveaux syndicats. Il faut lutter \u00e9nergiquement contre toute orientation vers la scission en bloc des syndicats. La cr\u00e9ation de nouveaux syndicats n&rsquo;est possible qu&rsquo;en cas d&rsquo;essor de la vague de gr\u00e8ves, que l\u00e0 o\u00f9 la lutte politique prend une plus grande acuit\u00e9, o\u00f9 de grandes masses du prol\u00e9tariat ont d\u00e9j\u00e0 compris la nature social-imp\u00e9rialiste de la bureaucratie syndicale r\u00e9formiste et lorsque ces masses appuient activement la cr\u00e9ation d&rsquo;un nouveau syndicat. Mais, m\u00eame si toutes ces conditions existent, la cr\u00e9ation de nouveaux syndicats dans les pays o\u00f9 n&rsquo;existait pas jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent de mouvement syndical r\u00e9volutionnaire ind\u00e9pendant (par exemple en Allemagne) ne doit avoir lieu que dans certains cas, en prenant en consid\u00e9ration la situation objective.<\/p> <\/div> <div id=edn73> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref73\" name=\"_edn73\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[73]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;V.&nbsp;I.&nbsp;L\u00e9nine: La Maladie infantile du communisme, p.&nbsp;42. E.S.I. [Note de l&rsquo;\u00e9d.]<\/p> <p class=MsoEndnoteText>[321ignition] Cf. V.&nbsp;I.&nbsp;L\u00e9nine, Oeuvres, Tome&nbsp;31, Paris, \u00c9ditions sociales, 1961; p.&nbsp;41):<\/p> <p class=MsoEndnoteText>[Extrait]<\/p> <p class=Notedefincitation>6.&nbsp;Les r\u00e9volutionnaires doivent&#8209;ils militer dans les syndicats r\u00e9actionnaires?<\/p> <p class=Notedefincitation>[&#8230;]<\/p> <p class=Notedefincitation>Mais nous luttons contre &quot;l&rsquo;aristocratie ouvri\u00e8re&quot; au nom de la masse ouvri\u00e8re et pour la gagner \u00e0 nous; nous combattons les leaders opportunistes et social-chauvins pour gagner \u00e0 nous la classe ouvri\u00e8re. Il serait absurde de m\u00e9conna\u00eetre cette v\u00e9rit\u00e9 \u00e9l\u00e9mentaire et \u00e9vidente entre toutes. Or, c&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment la faute que commettent les communistes allemands &quot;de gauche&quot; qui, de l&rsquo;esprit r\u00e9actionnaire et contre-r\u00e9volutionnaire des milieux dirigeants syndicaux, concluent \u00e0&#8230; la sortie des communistes des syndicats ! Au refus d&rsquo;y travailler! et voudraient cr\u00e9er de nouvelles formes d&rsquo;organisation ouvri\u00e8re qu&rsquo;ils inventent ! B\u00eatise impardonnable qui \u00e9quivaut \u00e0 un immense service rendu par les communistes \u00e0 la bourgeoisie. Car nos mencheviks, de m\u00eame que tous les leaders opportunistes, social-chauvins et kautskistes des syndicats, ne sont pas autre chose que des &quot;agents de la bourgeoisie au sein du mouvement ouvrier&quot; (ce que nous avons toujours dit des mencheviks) ou &quot;les commis ouvriers de la classe capitaliste&quot; (labour lieutenants of the capitalist class), selon la belle expression, profond\u00e9ment juste, des disciples am\u00e9ricains de Daniel De Leon. Ne pas travailler dans les syndicats r\u00e9actionnaires, c&rsquo;est abandonner les masses ouvri\u00e8res insuffisamment d\u00e9velopp\u00e9es ou arri\u00e9r\u00e9es \u00e0 l&rsquo;influence des leaders r\u00e9actionnaires, des agents de la bourgeoisie, des aristocrates ouvriers ou des &quot;ouvriers embourgeois\u00e9s&quot; (cf. \u00e0 ce sujet la lettre d&rsquo;Engels \u00e0 Marx sur les ouvriers anglais, 1858).<\/p> <p class=Notedefincitation style='margin-bottom:6.0pt'>La &quot;th\u00e9orie&quot; saugrenue de la non-participation des communistes dans les syndicats r\u00e9actionnaires montre, de toute \u00e9vidence, avec quelle l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 ces communistes &quot;de gauche&quot; envisagent la question de l&rsquo;influence sur les &quot;masses&quot;, et quel abus ils font dans leurs clameurs du mot &quot;masse&quot;. Pour savoir aider la &quot;masse&quot; et gagner sa sympathie, son adh\u00e9sion et son appui, il ne faut pas craindre les difficult\u00e9s, les chicanes, les pi\u00e8ges, les outrages, les pers\u00e9cutions de la part des &quot;chefs&quot; (qui, opportunistes et social-chauvins, sont dans la plupart des cas li\u00e9s &#8211; directement ou indirectement &#8211; \u00e0 la bourgeoisie et \u00e0 la police) et travailler absolument l\u00e0 o\u00f9 est la masse. Il faut savoir consentir tous les sacrifices, surmonter les plus grands obstacles, afin de faire un travail de propagande et d&rsquo;agitation m\u00e9thodique, pers\u00e9v\u00e9rant, opini\u00e2tre et patient justement dans les institutions, soci\u00e9t\u00e9s, organisations &#8211; m\u00eame tout ce qu&rsquo;il y a de plus r\u00e9actionnaires &#8211; partout o\u00f9 il y a des masses prol\u00e9tariennes ou semi-prol\u00e9tariennes. Or les syndicats et les coop\u00e9ratives ouvri\u00e8res (celles-ci dans certains cas, tout au moins) sont justement des organisations o\u00f9 se trouve la masse.<\/p> <\/div> <div id=edn74> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref74\" name=\"_edn74\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[74]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Th\u00e8ses et r\u00e9solutions de la XIe&nbsp;Assembl\u00e9e pl\u00e9ni\u00e8re du C.E. de l&rsquo;I.C., p.&nbsp;22. (Bureau d&rsquo;\u00e9ditions.) [Note de l&rsquo;\u00e9d.]<\/p> <p class=MsoEndnoteText>[321ignition] Cf. Th\u00e8ses adopt\u00e9es par la 11e&nbsp;Assembl\u00e9e pl\u00e9ni\u00e8re du C.E. de l&rsquo;I.C. sur le rapport du camarade Manouilski et sur les corapports des camarades Thaelmann, Lenski et Tch\u00e9modanov, sur&nbsp;:<\/p> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"http:\/\/321ignition.free.fr\/pag\/fr\/lin\/pag_003\/1931_03_26_IC_CE_XI_Manuilski.htm\">La situation et les t\u00e2ches des Partis communistes d&rsquo;Allemagne et de Pologne&nbsp;&#9658;<\/a>.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Extrait de la r\u00e9solution:<\/p> <p class=Notedefincitation>\u00c0 c\u00f4t\u00e9 de ces succ\u00e8s, la 11e&nbsp;session pl\u00e9ni\u00e8re constate dans le travail de la majeure partie des sections de l&rsquo;I.C. certaines graves faiblesses et lacunes qui consistent surtout en ce que les partis communistes retardent sur la radicalisation des masses, qu&rsquo;ils ne d\u00e9masquent pas suffisamment la social-d\u00e9mocratie; ces faiblesses et lacunes sont particuli\u00e8rement dangereuses dans les conditions de l&rsquo;\u00e9tape actuelle, \u00e9lev\u00e9e, de la lutte de classes. Ces lacunes ont trouv\u00e9 leur expression dans les faits suivants:<\/p> <p class=Notedefincitation>a)&nbsp;Le suivisme dans certains grands mouvements r\u00e9volutionnaires: mouvements des ch\u00f4meurs, gr\u00e8ves, mouvements paysans; la faiblesse du travail des -partis communistes dans les campagnes, en particulier parmi les ouvriers agricoles.<\/p> <p class=Notedefincitation>b)&nbsp;Une mobilisation tardive des masses sur la base de la d\u00e9fense des int\u00e9r\u00eats quotidiens des ouvriers, une liaison insuffisante de la lutte pour ces revendications avec la lutte pour la dictature du prol\u00e9tariat (faible activit\u00e9 de la plupart des sections de l&rsquo;I.C. dans la Journ\u00e9e internationale de lutte contre le ch\u00f4mage du&nbsp;25 f\u00e9vrier).<\/p> <p class=Notedefincitation>c)&nbsp;Une passivit\u00e9 intol\u00e9rable pour r\u00e9pondre \u00e0 l&rsquo;offensive du fascisme, comme cela eut lieu en Finlande lors du coup d&rsquo;\u00c9tat de Lappo, ce qui fut reconnu et critiqu\u00e9 par le Comit\u00e9 central et par la conf\u00e9rence du Parti communiste de Finlande.<\/p> <p class=Notedefincitation>d)&nbsp;Une passivit\u00e9- opportuniste en ce qui concerne l&rsquo;action dans l&rsquo;arm\u00e9e, la lutte contre la menace de guerre imp\u00e9rialiste et d&rsquo;intervention militaire en U.R.S.S. (en particulier l&rsquo;utilisation insuffisante, par la plupart des partis communistes, des proc\u00e8s du Parti industriel et des mench\u00e9viks pour renforcer cette lutte).<\/p> <p class=Notedefincitation>e)&nbsp;Un soutien absolument insuffisant par les partis communistes des pays imp\u00e9rialistes du mouvement r\u00e9volutionnaire d&rsquo;affranchissement des colonies et semi-colonies, une faible participation des partis communistes des nations dominantes aux mouvements r\u00e9volutionnaires d&rsquo;affranchissement des peuples opprim\u00e9s des pays d&rsquo;Europe.<\/p> <p class=Notedefincitation>f)&nbsp;Une sous-estimation opportuniste ou sectaire et un m\u00e9pris pour le travail, excessivement important, \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur des syndicats r\u00e9formistes; une action insuffisante dans les usines, en particulier les grandes usines d\u00e9cisives et dans les principales industries; la faiblesse de la vie politique des cellules.<\/p> <p class=Notedefincitation>g)&nbsp;Le travail d&rsquo;organisation est en g\u00e9n\u00e9ral faible; la consolidation organique de l&rsquo;influence politique du Parti reste faible, il y a une intol\u00e9rable passivit\u00e9 dans la lutte contre la fluctuation des effectifs.<\/p> <p class=Notedefincitation style='margin-bottom:6.0pt'>Partout o\u00f9 les communistes ne d\u00e9ploient pas une activit\u00e9, suffisant dans la lutte contre le danger de droite en leur sein, o\u00f9 ils appliquent m\u00e9caniquement la tactique juste &quot;classe contre classe&quot; sans tenir compte du niveau du mouvement communiste, sans adapter cette tactique aux conditions sp\u00e9ciales du pays m\u00eame, o\u00f9 ils identifient le fascisme et le social-fascisme, les chefs social-fascistes et la masse ouvri\u00e8re social-d\u00e9mocrate, les communistes affaiblissent leur direction ind\u00e9pendante de la lutte de classe et le caract\u00e8re offensif de leur lutte contre la social-d\u00e9mocratie, permettant ainsi \u00e0 cette derni\u00e8re de manoeuvrer en simulant la lutte contre le fascisme (Autriche, Pologne) et de tromper les masses qui la suivent.<\/p> <\/div> <div id=edn75> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref75\" name=\"_edn75\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[75]<\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Th\u00e8ses, d\u00e9cisions, r\u00e9solutions de la XIIe&nbsp;Assembl\u00e9e pl\u00e9ni\u00e8re du C.E. de l&rsquo;I.C., p.&nbsp;23. (Bureau d&rsquo;\u00e9ditions.) [Note de l&rsquo;\u00e9d.] <\/p> <p class=MsoEndnoteText>[321ignition] Cf. R\u00e9solution adopt\u00e9e par la 12e&nbsp;session pl\u00e9ni\u00e8re du C.E. de l&rsquo;I.C. sur le rapport du camarade Th\u00e4lmann, et les corapports des camarades Lenski et Gottwald., sur&nbsp;:<\/p> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"http:\/\/321ignition.free.fr\/pag\/fr\/lin\/pag_003\/1932_08_27-09_15_IC_CE_XII_Resolution_greves_chomeurs.htm\">Les le\u00e7ons des gr\u00e8ves \u00e9conomiques et de la lutte des ch\u00f4meurs&nbsp;&#9658;<\/a>.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Extrait de la r\u00e9solution:<\/p> <p class=Notedefincitation>Une des principales causes de la mobilisation insuffisante des masses par les partis communistes et les organisations syndicales r\u00e9volutionnaires pour la lutte contre l&rsquo;offensive du capital, est le faible travail, chose inadmissible, \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur des syndicats r\u00e9formistes.<\/p> <p class=Notedefincitation>La lutte quotidienne et cons\u00e9quente des communistes et des partisans du mouvement syndical r\u00e9volutionnaire pour le front unique des ouvriers pose cat\u00e9goriquement devant toutes les sections de l&rsquo;I.C. et de l&rsquo;I.S.R. la question du travail \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur des syndicats r\u00e9formistes et des m\u00e9thodes de ce travail. L&rsquo;influence de la bureaucratie syndicale r\u00e9formiste, surtout dans les pays o\u00f9 il existe de forts et vieux syndicats r\u00e9formistes, est un des freins les plus s\u00e9rieux au d\u00e9veloppement de la lutte de classe. On peut d\u00e9truire cette influence non pas en poussant des hauts cris sur la destruction des syndicats, ce que les communistes ne visent pas, non pas en quittant les syndicats, mais en menant un travail opini\u00e2tre au sein des syndicats r\u00e9formistes, en luttant pour chaque membre du syndicat r\u00e9formiste, pour chaque poste \u00e9lectif dans le syndicat, pour \u00e9vincer les bureaucrates syndicaux r\u00e9formistes et conqu\u00e9rir les organisations locales des diff\u00e9rents syndicats, ainsi que la direction des Unions locales des syndicats r\u00e9formistes.<\/p> <p class=Notedefincitation>La 12e&nbsp;session pl\u00e9ni\u00e8re du C.E. de l&rsquo;I.C. invite toutes les sections de l&rsquo;I.C. \u00e0 poursuivre d&rsquo;une fa\u00e7on bolch\u00e9viste, cons\u00e9quente et \u00e9nergique, la lutte contre la capitulation devant la bureaucratie syndicale r\u00e9formiste, comme \u00e9tant le principal danger, et contre les \u00e9l\u00e9ments opportunistes au sein des partis communistes et du mouvement syndical r\u00e9volutionnaire qui sont jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent les adversaires des syndicats rouges existants et de l&rsquo;opposition syndicale r\u00e9volutionnaire, et de l&rsquo;organisation et de la conduite par ces derniers des gr\u00e8ves \u00e9conomiques ind\u00e9pendante. Ces \u00e9l\u00e9ments opportunistes soutiennent, par contre, le mot d&rsquo;ordre: &quot;Obliger les bureaucrates syndicaux \u00e0 lutter&quot; (<span lang=DE>Zwingt die Bonzen<\/span>). Le C.E. de l&rsquo;I.C. propose \u00e0 toutes les sections de l&rsquo;I.C. d&rsquo;expliquer aux membres des partis et aux ouvriers r\u00e9volutionnaires sans parti qu&rsquo;on ne peut d\u00e9masquer avec succ\u00e8s les bureaucrates syndicaux, lib\u00e9rer de leur influence la masse des adh\u00e9rents aux syndicats de masse r\u00e9formistes, catholiques, nationalistes, kuomintaniens, jaunes et autres syndicats semblables, que si les partisans de l&rsquo;I.S.R., tout en effectuant un travail constant et minutieux, tout en expliquant et en pr\u00e9sentant leurs propositions, interviennent dans toutes les r\u00e9unions, assembl\u00e9es, conf\u00e9rences et congr\u00e8s sur toutes les questions de l&rsquo;organisation et de la tactique de la lutte \u00e9conomique, en critiquant et en d\u00e9masquant la direction de ces syndicats parce qu&rsquo;ils m\u00e8nent les pourparlers dans les coulisses avec le patronat, parce qu&rsquo;ils acceptent volontairement l&rsquo;aggravation des conditions de travail, font \u00e9chouer la lutte des masses, \u00e9touffent l&rsquo;initiative de la masse des adh\u00e9rents et des membres du rang et quand ils ne peuvent faire \u00e9chouer la lutte ils la commencent avec retard et capitulent devant les bourgeois \u00e0 l&rsquo;insu des ouvriers.<\/p> <p class=Notedefincitation>Les sections de l&rsquo;I.C. doivent mener une lutte implacable contre les \u00e9l\u00e9ments sectaires de &quot;gauche&quot; au sein des partis communistes et du mouvement syndical r\u00e9volutionnaire, qui utilisent la lutte de l&rsquo;I.C. contre le mot d&rsquo;ordre opportuniste &quot;Poussez les bureaucrates syndicaux&quot; pour renoncer en fait au travail r\u00e9volutionnaire au sein des syndicats r\u00e9formistes. La 12e&nbsp;session pl\u00e9ni\u00e8re du C.E. de l&rsquo;I.C. invite toutes les sections de l&rsquo;I.C. \u00e0 lutter \u00e9nergiquement contre la renonciation sectaire de &quot;gauche&quot; \u00e0 combattre pour les fonctions \u00e9lectives dans les syndicats r\u00e9formistes, ce qui est le devoir de chaque communiste conform\u00e9ment aux d\u00e9cisions de la 10e session pl\u00e9ni\u00e8re du C.E. de l&rsquo;I.C.<\/p> <p class=Notedefincitation>Dans les pays o\u00f9 il y a des organisations syndicales fascistes de masse ou d&rsquo;autres organisations r\u00e9actionnaires de masse semblables (Italie, Chine) et surtout l\u00e0 o\u00f9 les syndicats fascistes jouissent du monopole, les communistes doivent travailler activement et d&rsquo;une fa\u00e7on organis\u00e9e \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de ces organisations, en profitant de toutes les possibilit\u00e9s l\u00e9gales et semi<span style='font-family:\"Times New Roman\",\"serif\"'>&#8209;<\/span>l\u00e9gales pour entra\u00eener la masse des adh\u00e9rents de ces organisations dans la lutte de classe, pour discr\u00e9diter ces organisations aux yeux des masses, pour renforcer les positions du mouvement syndical r\u00e9volutionnaire dans les masses.<\/p>\n <!--themify_builder_content-->\n<div id=\"themify_builder_content-261\" data-postid=\"261\" class=\"themify_builder_content themify_builder_content-261 themify_builder tf_clear\">\n    <\/div>\n<!--\/themify_builder_content-->","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[7,9,23],"tags":[],"class_list":["post-261","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-article-document","category-francais-document","category-ic-congres-7","has-post-title","has-post-date","has-post-category","has-post-tag","has-post-comment","has-post-author",""],"builder_content":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/261"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=261"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/261\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=261"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=261"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=261"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}