{"id":292,"date":"2024-10-29T23:06:52","date_gmt":"2024-10-29T22:06:52","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/?p=292"},"modified":"2024-12-10T23:08:03","modified_gmt":"2024-12-10T22:08:03","slug":"ic-1935-07-08-7e-thorez-intervention-front-antifasciste","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/ic-1935-07-08-7e-thorez-intervention-front-antifasciste\/","title":{"rendered":"7e Congr\u00e8s de l\u2019IC (25 juillet \u2013 20 aout 1935) &#8211; Maurice Thorez : Intervention &#8211; Les succ\u00e8s du front unique antifasciste"},"content":{"rendered":"<div class=WordSection1> <p class=Texte align=left style='margin-bottom:0cm;margin-bottom:.0001pt; text-align:left;text-indent:0cm;line-height:3.0pt'><span style='font-size:3.0pt; color:white'><!--more --><\/span><\/p><p class=rocmlIntertitre2art style='margin-top:0cm'><\/p> <div align=center> <table class=MsoTableGrid border=1 cellspacing=0 cellpadding=0 style='border-collapse:collapse;border:none'> <tr> <td width=756 valign=top style='width:16.0cm;border:solid windowtext 1.0pt; border-bottom:none;padding:5.65pt 14.2pt 5.65pt 14.2pt'> <p class=Intertitre2 style='margin:0cm;margin-bottom:.0001pt;page-break-after: auto'><span style='color:#E36C0A'>7e&nbsp;congr\u00e8s de l&rsquo;Internationale communiste<br> (25 juillet &#8211; 20 aout 1935)<\/span><\/p> <\/td> <\/tr> <tr> <td width=756 valign=top style='width:16.0cm;border-top:none;border-left: solid windowtext 1.0pt;border-bottom:none;border-right:solid windowtext 1.0pt; padding:5.65pt 14.2pt 5.65pt 14.2pt'> <p class=Intertitre2 style='margin:0cm;margin-bottom:.0001pt'>Maurice Thorez<br> Intervention &#8211; Les succ\u00e8s du front unique antifasciste<\/p> <\/td> <\/tr> <tr> <td width=756 valign=top style='width:16.0cm;border:solid windowtext 1.0pt; border-top:none;padding:5.65pt 14.2pt 5.65pt 14.2pt'> <p class=Intertitre2a style='margin:0cm;margin-bottom:.0001pt;line-height: 12.0pt'><span style='font-size:11.0pt'>3 aout 1935<\/span><\/p> <\/td> <\/tr> <tr> <td width=756 valign=top style='width:16.0cm;border:solid windowtext 1.0pt; border-top:none;padding:5.65pt 14.2pt 5.65pt 14.2pt'> <p class=Texte align=left style='margin-bottom:0cm;margin-bottom:.0001pt; text-align:left;text-indent:0cm;line-height:12.0pt'><span style='font-size: 11.0pt'>Source&nbsp;:<br> <i>L&rsquo;Internationale communiste<\/i>, n\u00b0 16, 20 aout 1935&nbsp;<a href=\"#_edn1\" name=\"_ednref1\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:11.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[1]<\/span><\/span><\/span><\/a>.<\/span><\/p> <p class=Texte align=left style='margin-bottom:0cm;margin-bottom:.0001pt; text-align:left;text-indent:0cm;line-height:12.0pt'><span style='font-size: 11.0pt'>[Nous reproduisons ce texte avec l\u2019accord du responsable du site <i>321ignition.free.fr<\/i>]<\/span><\/p> <\/td> <\/tr> <\/table> <\/div> <p class=MsoNormal>&nbsp;<\/p> <p class=Texte>Le rapport pr\u00e9sent\u00e9 au VIIe&nbsp;congr\u00e8s de notre Internationale communiste sur l&rsquo;offensive du fascisme et la lutte pour l&rsquo;unit\u00e9 de la classe ouvri\u00e8re contre le fascisme soul\u00e8ve des questions d&rsquo;une importance consid\u00e9rable et d&rsquo;une port\u00e9e internationale exceptionnelle. Nul ne pouvait traiter de telles questions avec plus de comp\u00e9tence et d&rsquo;autorit\u00e9 que notre camarade Dimitrov, le h\u00e9ros du proc\u00e8s de Leipzig<a href=\"#_edn2\" name=\"_ednref2\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[2]<\/span><\/span><\/span><\/a>.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;acte d&rsquo;accusation contre la barbarie sanglante du fascisme dress\u00e9 \u00e0 cette tribune, la plus haute qui soit, c&rsquo;est \u00e0 Leipzig, face aux Goebbels et aux G\u00f6ring, sinistres lieutenants du sinistre Hitler, que Dimitrov l&rsquo;a signifi\u00e9 magistralement, au nom, d\u00e9clara-t-il fi\u00e8rement, de l&rsquo;Internationale communiste et de tous les travailleurs du monde.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;unit\u00e9 de la classe ouvri\u00e8re, l&rsquo;union de tous les antifascistes, contre le plus grand crime que connaisse l&rsquo;histoire, c&rsquo;est encore Dimitrov qui l&rsquo;a stimul\u00e9e, par l&rsquo;exemple de son courage tranquille et indomptable. \u00c0 travers le monde, des millions et des millions d&rsquo;hommes, communistes, socialistes, antifascistes, travailleurs manuels et intellectuels ont suivi avec une \u00e9motion angoiss\u00e9e la bataille h\u00e9ro\u00efque livr\u00e9e par Dimitrov contre les bourreaux du peuple allemand, les pers\u00e9cuteurs de notre vaillant Thaelmann.<\/p> <p class=Texte>Le nom du bolch\u00e9vik Dimitrov est prononc\u00e9 avec une reconnaissance \u00e9mue et une admiration affectueuse par tous ceux qui veulent s&rsquo;unir afin de repousser l&rsquo;assaut brutal du fascisme. La voix de Dimitrov, retentissant bien au-del\u00e0 de l&rsquo;enceinte du tribunal de Leipzig, a redonn\u00e9 la confiance et l&rsquo;espoir aux travailleurs d&rsquo;Allemagne; elle a insuffle une nouvelle ardeur aux combattants antifascistes de tous les pays.<\/p> <p class=Texte>D\u00e9j\u00e0, Marcel Cachin a donn\u00e9 au congr\u00e8s une vivante relation de la grande bataille qui se livre en France entre les forces du fascisme r\u00e9trograde et celles de l&rsquo;antifascisme progressiste et r\u00e9volutionnaire. Notre lutte en France rev\u00eat sans conteste une grande signification internationale. De l&rsquo;issue de la bataille, de l&rsquo;avenir de notre mouvement antifasciste d\u00e9pend pour de nombreuses ann\u00e9es le sort du peuple de France et des peuples de l&rsquo;Europe. Conscients des responsabilit\u00e9s de notre Parti communiste, non seulement devant les travailleurs de France, mais aussi devant nos fr\u00e8res des autres pays, nous nous permettrons d&rsquo;apporter dans la discussion du rapport \u00e0 la fois si puissant, si simple et si \u00e9mouvant de notre camarade Dimitrov, une contribution bas\u00e9e sur la riche exp\u00e9rience de notre mouvement antifasciste.<\/p> <p class=Intertitre2a>I.&nbsp;Le fascisme en France, danger r\u00e9el et imm\u00e9diat<\/p> <p class=Texte>La puissante d\u00e9monstration du Front populaire du 14&nbsp;juillet en France a eu de grosses r\u00e9percussions dans le monde entier. Jamais encore on n&rsquo;avait assist\u00e9 \u00e0 Paris \u00e0 une manifestation d&rsquo;une telle ampleur. Un demi-million d&rsquo;hommes et de femmes parcoururent de la Bastille \u00e0 la Nation, le vieux faubourg Saint-Antoine, riche de souvenirs r\u00e9volutionnaires. Sur l&rsquo;initiative du comit\u00e9 d&rsquo;Amsterdam-Pleyel<a href=\"#_edn3\" name=\"_ednref3\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[3]<\/span><\/span><\/span><\/a>, de nombreuses d\u00e9l\u00e9gations parmi lesquelles: le Parti communiste, le parti socialiste, le parti radical-socialiste, les deux CGT, la Ligue des droits de l&rsquo;homme, diff\u00e9rentes associations d&rsquo;anciens combattants, la F\u00e9d\u00e9ration sportive unifi\u00e9e et les Jeunesses communistes, socialistes, radicales et r\u00e9publicaines, etc., particip\u00e8rent \u00e0 Paris et dans toute la France aux manifestations populaires du 14&nbsp;juillet. La foule \u00e9tait ardente, enthousiaste. Elle acclamait le Front populaire et ses mots d&rsquo;ordre de lutte imm\u00e9diate pour la paix, le pain et la libert\u00e9. Elle manifestait un attachement particulier pour notre Parti communiste, champion de l&rsquo;unit\u00e9 ouvri\u00e8re, initiateur et organisateur du Front populaire. Elle lan\u00e7ait le mot d&rsquo;ordre d\u00e9sormais le plus r\u00e9pandu en France: &quot;Les Soviets partout&quot;. Ce fut un immense succ\u00e8s.<\/p> <p class=Texte>Cependant, comme le soulignait hier le camarade Dimitrov, il serait bien dangereux de se laisser aller \u00e0 l&rsquo;illusion que le fascisme est d\u00e9j\u00e0 vaincu. Tandis que le peuple de Paris proclamait sa volont\u00e9 de ne pas laisser passer le fascisme, \u00e0 la m\u00eame heure, le colonel comte de&nbsp;la&nbsp;Rocque passait en revue ses troupes de guerre civile. Ils \u00e9taient 35&nbsp;000, invit\u00e9s par le chef du gouvernement a ranimer la flamme du souvenir sur la tombe du soldat inconnu. Ils d\u00e9fil\u00e8rent au pas cadenc\u00e9, en formations militaires. Et l&rsquo;on sait que les Croix de feu poss\u00e8dent des armes, des motos, des autos et des avions. L&rsquo;ennemi fasciste n&rsquo;est pas \u00e9cras\u00e9. Il regroupe ses forces et se pr\u00e9pare \u00e0 de prochains assauts. Le danger croit toujours. Les causes profondes qui font na\u00eetre le fascisme, qui lui permettent de se d\u00e9velopper et de se renforcer, n&rsquo;ont pas disparu. L&rsquo;aggravation continue de la crise g\u00e9n\u00e9rale du capitalisme, la persistance de la crise \u00e9conomique rendent toujours plus mis\u00e9rables les conditions d&rsquo;existence des travailleurs. Pour pr\u00e9venir et contenir la r\u00e9volte des masses laborieuses et pour pr\u00e9parer la guerre, en assurant ses arri\u00e8res, la bourgeoisie, \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle internationale, a besoin du fascisme.<\/p> <p class=Texte>En France, la courbe de la production s&rsquo;est de nouveau abaiss\u00e9e, retombant au point le plus bas enregistre en 1932. Le ch\u00f4mage est plus grand que l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re. Malgr\u00e9 les restrictions de toute nature, impos\u00e9es depuis trois ann\u00e9es aux ouvriers, aux petits fonctionnaires, aux paysans, aux boutiquiers, le d\u00e9ficit du budget de l&rsquo;\u00c9tat subsiste et s&rsquo;aggrave. 15&nbsp;milliards furent d\u00e9j\u00e0 rogn\u00e9s sur les traitements, les pensions, les allocations, les secours, les cr\u00e9dits utiles \u00e0 la collectivit\u00e9. Mais, d&rsquo;une part, les rentr\u00e9es d&rsquo;imp\u00f4ts diminuent constamment en raison de la crise \u00e9conomique, et, d&rsquo;autre part, les budgets de guerre et de police s&rsquo;enflent d\u00e9mesur\u00e9ment. Aussi le gouvernement Laval vient-il de d\u00e9cider \u00e0 nouveau, par le moyen des d\u00e9crets-lois, 11&nbsp;milliards d&rsquo;\u00e9conomies. Il r\u00e9duit de 10&nbsp;% les traitements des fonctionnaires, des employ\u00e9s et des ouvriers des grands services publics. Il pr\u00e9lev\u00e9 10&nbsp;% sur les pensions des anciens combattants et victimes de la guerre et sur les retraites vers\u00e9es aux anciens fonctionnaires. Il ampute de 10&nbsp;% le coupon des petits rentiers.<\/p> <p class=Texte>Une puissante vague de m\u00e9contentement se l\u00e8ve dans le pays. \u00c0 Paris et en province, malgr\u00e9 les interdictions, les arrestations, les licenciements, les manifestations se multiplient, imposantes et combatives. La pouss\u00e9e r\u00e9volutionnaire grandit. L&rsquo;influence communiste se d\u00e9veloppe. C&rsquo;est pourquoi la bourgeoisie fran\u00e7aise s&rsquo;oriente vers la dictature fasciste, arme et excite ses bandes mercenaires. C&rsquo;est pourquoi le pr\u00e9sident Laval tol\u00e8re, encourage et m\u00eame l\u00e9galise les Croix de feu, au moment o\u00f9 le Front populaire en demande le d\u00e9sarmement et la dissolution.<\/p> <p class=Texte>En outre, certains milieux de la grande bourgeoisie combattent le pacte d&rsquo;assistance mutuelle franco-sovi\u00e9tique. Ils m\u00e8nent campagne contre l&rsquo;Union sovi\u00e9tique et le communisme en g\u00e9n\u00e9ral. Ils pr\u00e9conisent un rapprochement avec l&rsquo;Allemagne hitl\u00e9rienne. Ils s&rsquo;appuient sur les \u00e9l\u00e9ments les plus r\u00e9actionnaires et sur les groupements fascistes, dont les hommes ont convers\u00e9 avec Hitler. Ils ont m\u00eame trouve, pour sa honte, un porte-parole en la personne du ren\u00e9gat Doriot<a name=\"NOT_d\"><\/a><a href=\"#_edn4\" name=\"_ednref4\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[4]<\/span><\/span><\/span><\/a>.<\/p> <p class=Texte>Comme nous le montrerons plus compl\u00e9tement tout \u00e0 l&rsquo;heure, le fascisme pr\u00e9sente en France cette originalit\u00e9, par rapport \u00e0 d&rsquo;autres pays, d&rsquo;un d\u00e9veloppement moindre a la campagne. Il a recrut\u00e9 jusqu&rsquo;alors beaucoup plus dans les villes, parmi les employ\u00e9s et les cadres de ma\u00eetrise des grandes entreprises et des administrations, parmi les boutiquiers et les gens de professions lib\u00e9rales que parmi les paysans, malgr\u00e9 les gros efforts qu&rsquo;il fait dans les villages.<\/p> <p class=Texte>Cela tient, comme nous le verrons, \u00e0 des conditions historiques et politiques, et notamment au fait que la France est, depuis la R\u00e9volution de 1789, un pays de vieille d\u00e9mocratie bourgeoise.<\/p> <p class=Texte>En analysant les conditions g\u00e9n\u00e9rales et particuli\u00e8res du d\u00e9veloppement fasciste, on doit accorder une attention toute particuli\u00e8re aux causes subjectives qui ont permis la victoire momentan\u00e9e du fascisme dans plusieurs pays. Ce sont surtout l&rsquo;isolement de la classe ouvri\u00e8re, ou son influence insuffisante sur les classes moyennes entra\u00een\u00e9es par le fascisme et plac\u00e9es sous la direction politique de la grande bourgeoisie, et la division de la classe ouvri\u00e8re provoqu\u00e9e et entretenue par la politique r\u00e9formiste de la social-d\u00e9mocratie.<\/p> <p class=Texte>Le d\u00e9roulement des \u00e9v\u00e9nements en Allemagne, o\u00f9 l&rsquo;on a connu plusieurs gouvernements purement socialistes ou de coalition, en Autriche, en Espagne, o\u00f9 des ministres socialistes si\u00e9g\u00e8rent \u00e9galement dans les conseils du gouvernement, illustre particuli\u00e8rement cette r\u00e9alit\u00e9 tragique. L&rsquo;accord de la social-d\u00e9mocratie avec la bourgeoisie avait pour compl\u00e9ment le refus obstine du front unique avec les communistes.<\/p> <p class=Texte>La lutte arm\u00e9e des prol\u00e9taires d&rsquo;Autriche et d&rsquo;Espagne, les combats de Vienne et des Asturies, s&rsquo;ils n&rsquo;ont pu emp\u00eacher la victoire du fascisme, ont toutefois d\u00e9termine l&rsquo;\u00e9largissement du front unique. Les prol\u00e9taires communistes et socialistes ont m\u00eal\u00e9 leur sang dans la lutte contre l&rsquo;ennemi commun pour la m\u00eame grande et noble cause de la lib\u00e9ration de la classe ouvri\u00e8re. Les \u00e9v\u00e9nements d&rsquo;Allemagne, d&rsquo;Autriche, d&rsquo;Espagne ont \u00e9clair\u00e9 soudainement la voie \u00e0 une masse consid\u00e9rable de nos fr\u00e8res socialistes.<\/p> <p class=Texte>Ils leur ont ouvert les yeux sur une autre politique, sur la politique de Marx, d&rsquo;Engels, de L\u00e9nine, de Staline, sur la politique de l&rsquo;Internationale communiste.<\/p> <p class=Texte>Quel contraste saisissant entre les r\u00e9sultats des deux politiques, des deux voies propos\u00e9es \u00e0 la classe ouvri\u00e8re, l&rsquo;une par la social-d\u00e9mocratie, l&rsquo;autre par l&rsquo;Internationale communiste:<\/p> <p class=Texte>D&rsquo;un cote, la d\u00e9faite, le fascisme et son cort\u00e8ge d&rsquo;horreurs: la crise \u00e9conomique et ses cons\u00e9quences redoutables pour la classe ouvri\u00e8re, le ch\u00f4mage, la mis\u00e8re, la famine, la d\u00e9gradation de l&rsquo;homme, et au-dessus de ce sombre tableau, la course folle aux armements, la pr\u00e9paration d&rsquo;une guerre effroyable qui plongerait le monde dans un ab\u00eeme de ruines et de sang.<\/p> <p class=Texte>De l&rsquo;autre cote, l&rsquo;\u00e9dification victorieuse du socialisme, les miracles de l&rsquo;industrialisation, de la collectivisation, le bien-\u00eatre, l&rsquo;\u00e9panouissement culturel d&rsquo;un peuple libre, la joie de vivre retrouv\u00e9e dans l&rsquo;amour du travail cr\u00e9ateur, un monde nouveau qui exalte la personnalit\u00e9 en \u00e9levant la collectivit\u00e9, le pays des Soviets qui lutte pour la paix.<\/p> <p class=Texte>Gloire au Parti bolch\u00e9vik! Gloire \u00e0 L\u00e9nine qui a conduit la classe ouvri\u00e8re au pouvoir sur un sixi\u00e8me du globe, et trace la voie dans laquelle nous marchons! Gloire \u00e0 Staline, notre chef aime, qui a donn\u00e9 des solutions g\u00e9niales aux probl\u00e8mes de l&rsquo;\u00e9dification socialiste en URSS et qui conduit \u00e0 la victoire le prol\u00e9tariat international!<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;Union sovi\u00e9tique, par sa seule existence, met \u00e0 nu et accentue les contradictions internes et externes du capitalisme. Elle aiguise et approfondit la crise g\u00e9n\u00e9rale du capitalisme. Elle est le levier de la r\u00e9volution prol\u00e9tarienne dans le monde. Par son exemple vivant, elle gagne les ouvriers et les masses laborieuses \u00e0 la cause du socialisme; elle les encourage \u00e0 la lutte r\u00e9volutionnaire sous la direction des Partis communistes.<\/p> <p class=Texte>C&rsquo;est dans ces conditions g\u00e9n\u00e9rales de l&rsquo;offensive du fascisme et de la croissance parall\u00e8le des forces de la r\u00e9volution, sous l&rsquo;influence de l&rsquo;Union sovi\u00e9tique, que la r\u00e9sistance des masses, l&rsquo;ampleur du mouvement antifasciste en France acqui\u00e8rent une grande signification internationale.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;accession de Hitler au pouvoir en Allemagne a galvanise les forces de r\u00e9action dans tous les pays du capitalisme. En Autriche, en Pologne, en Tch\u00e9coslovaquie, en France m\u00eame, le succ\u00e8s du national-socialisme, tout en secouant la classe ouvri\u00e8re, a renforc\u00e9 les \u00e9l\u00e9ments et les tendances fascistes, et fortifi\u00e9 le fascisme l\u00e0 o\u00f9 il est au pouvoir. En m\u00eame temps grandissait la menace d&rsquo;une nouvelle guerre imp\u00e9rialiste et de l&rsquo;agression contre l&rsquo;Union sovi\u00e9tique.<\/p> <p class=Texte>Les succ\u00e8s de notre lutte antifasciste en France galvanisent les forces de la classe ouvri\u00e8re et de l&rsquo;antifascisme dans tous les pays capitalistes, en m\u00eame temps qu&rsquo;ils contribuent \u00e0 \u00e9loigner la guerre imp\u00e9rialiste et \u00e0 emp\u00eacher l&rsquo;agression contre l&rsquo;Union sovi\u00e9tique.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;ampleur et l&rsquo;\u00e9lan du mouvement antifasciste en France modifient, dans une certaine mesure, le rapport des forces a l&rsquo;\u00e9chelle internationale en faveur du camp de la r\u00e9volution prol\u00e9tarienne.<\/p> <p class=Intertitre2a>II.&nbsp;Les le\u00e7ons de l&rsquo;exp\u00e9rience internationale<\/p> <p class=Texte>Avant de parler du d\u00e9roulement de la bataille entre le fascisme et la classe ouvri\u00e8re en France, il me para\u00eet utile de souligner combien les travailleurs de France ont \u00e9t\u00e9 instruits par les le\u00e7ons douloureuses et l&rsquo;exp\u00e9rience internationale, et particuli\u00e8rement, par les \u00e9v\u00e9nements d&rsquo;Allemagne.<\/p> <p class=Texte>Le camarade Dimitrov a expliqu\u00e9 dans son rapport que les Partis communistes n&rsquo;avaient pas \u00e9t\u00e9 assez forts pour entra\u00eener contre le fascisme la classe ouvri\u00e8re et tous les travailleurs divis\u00e9s par la politique n\u00e9faste de la social-d\u00e9mocratie.<\/p> <p class=Texte>Beaucoup de faiblesses et de lacunes de la lutte antifasciste dans d&rsquo;autres pays eurent pour origine une appr\u00e9ciation inexacte du fascisme, et, tout au moins, une confusion sur le contenu sp\u00e9cifique du fascisme par rapport \u00e0 la d\u00e9mocratie bourgeoise. Il ne pouvait r\u00e9sulter de cette erreur fondamentale que la passivit\u00e9, la sous-estimation du danger fasciste et de la menace terrible qu&rsquo;il fait peser sur tous les peuples, tant par l&rsquo;exercice de sa dictature bestiale que par sa politique ext\u00e9rieure d&rsquo;aventures et de provocations qui conduit directement \u00e0 la guerre.<\/p> <p class=Texte>Lorsqu&rsquo;on disait \u00e0 tout bout de champ: &quot;Le fascisme est l\u00e0&quot; pour caract\u00e9riser le moindre fait de la r\u00e9pression, on ne donnait pas une analyse juste des \u00e9v\u00e9nements, de leur d\u00e9veloppement.<\/p> <p class=Texte>On ne facilitait pas aux ouvriers la compr\u00e9hension du danger fasciste et des m\u00e9thodes \u00e0 employer pour le faire reculer. Quand Neumann<a href=\"#_edn5\" name=\"_ednref5\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span lang=DE><span class=MsoEndnoteReference><span lang=DE style='font-size:12.0pt; font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[5]<\/span><\/span><\/span><\/span><\/a> \u00e9crivait dans la <i><span lang=DE>Rote Fahne<\/span><\/i> que &quot;le gouvernement Br\u00fcning<a href=\"#_edn6\" name=\"_ednref6\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[6]<\/span><\/span><\/span><\/a>, c&rsquo;\u00e9tait la dictature fasciste&quot;<a href=\"#_edn7\" name=\"_ednref7\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[7]<\/span><\/span><\/span><\/a>, il d\u00e9sorientait nos camarades d&rsquo;Allemagne, il g\u00eanait le Parti communiste d&rsquo;Allemagne dans son effort pour rassembler tous les travailleurs contre leur pire ennemi, le fascisme hitl\u00e9rien.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;incompr\u00e9hension du r\u00f4le du fascisme qui est \u00e0 la fois le produit de la d\u00e9composition capitaliste et l&rsquo;instrument de l&rsquo;offensive brutale et violente du Capital contre la classe ouvri\u00e8re, conduisit aussi \u00e0 un certain fatalisme.<\/p> <p class=Texte>A la XIe&nbsp;assembl\u00e9e pl\u00e9ni\u00e8re<a href=\"#_edn8\" name=\"_ednref8\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[8]<\/span><\/span><\/span><\/a>, en mars 1931, le camarade Manouilski a d\u00e9nonc\u00e9 l&rsquo;erreur monstrueuse de ceux, qui, n&rsquo;apercevant que le premier de ces \u00e9l\u00e9ments, &quot;auraient attribu\u00e9 au fascisme un r\u00f4le exclusivement r\u00e9volutionnaire<a href=\"#_edn9\" name=\"_ednref9\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[9]<\/span><\/span><\/span><\/a>&quot;.<\/p> <p class=Texte>Le camarade Ercoli<a href=\"#_edn10\" name=\"_ednref10\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[10]<\/span><\/span><\/span><\/a> a expos\u00e9 \u00e0 la XIIe&nbsp;assembl\u00e9e pl\u00e9ni\u00e8re du Comit\u00e9 ex\u00e9cutif de l&rsquo;Internationale communiste combien il pouvait \u00eatre dangereux de s&rsquo;attendre \u00e0 un effondrement automatique et rapide du fascisme, lorsqu&rsquo;il se serait empare du pouvoir. Une position analogue de notre Parti communiste d&rsquo;Italie, ou les tendances sectaires domin\u00e8rent longtemps, ne lui permit pas d&rsquo;agir efficacement lors de l&rsquo;assassinat de Matteotti<a href=\"#_edn11\" name=\"_ednref11\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[11]<\/span><\/span><\/span><\/a>.<\/p> <p class=Texte>D&rsquo;autres faiblesses ou d\u00e9fauts provenaient d&rsquo;une appr\u00e9ciation superficielle, et forcement inexacte du d\u00e9veloppement de la lutte, de la corr\u00e9lation des forces des classes, des \u00e9pisodes de progr\u00e8s et de recul du fascisme et des ph\u00e9nom\u00e8nes de diff\u00e9renciation et de regroupement qui s&rsquo;op\u00e9raient en son sein. &quot;L&rsquo;action politique ne ressemble en rien au trottoir de la perspective Nevski&quot;, aimait \u00e0 r\u00e9p\u00e9ter L\u00e9nine<a href=\"#_edn12\" name=\"_ednref12\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[12]<\/span><\/span><\/span><\/a>. La marche de la contre-r\u00e9volution, en cons\u00e9quence, n&rsquo;est pas non plus uniforme. Elle pr\u00e9sente des zigzags, des hauts et des bas; dans les p\u00e9riodes d&rsquo;ascension, le fascisme a tendance \u00e0 se consolider. Par contre, dans les phases de pi\u00e9tinement, ou parfois de recul d&rsquo;influence, sous la pression des masses r\u00e9volutionnaires, il peut conna\u00eetre des tiraillements, des luttes int\u00e9rieures, des abandons. Dans ces derniers cas, il ne faut pas se h\u00e2ter de proclamer que &quot;le fascisme est d\u00e9j\u00e0 battu&quot;, ni d&rsquo;exag\u00e9rer les dissensions int\u00e9rieures et m\u00eame quelques sympt\u00f4mes de d\u00e9sagr\u00e9gation.<\/p> <p class=Texte>La faiblesse capitale, ce fut dans plusieurs pays, et surtout en Allemagne, l&rsquo;absence du front unique de lutte de la classe ouvri\u00e8re contre le fascisme, La social-d\u00e9mocratie allemande a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 s&rsquo;ensevelir elle-m\u00eame sous les ruines de la R\u00e9publique de Weimar plut\u00f4t que de consentir \u00e0 l&rsquo;unit\u00e9 de front de la classe ouvri\u00e8re. Malheureusement, les directives de Thaelmann et du Comit\u00e9 central du Parti communiste d&rsquo;Allemagne pour l&rsquo;organisation du front unique n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 pleinement r\u00e9alis\u00e9es.<\/p> <p class=Texte>La crise de la social-d\u00e9mocratie, le recul de son influence et de ses effectifs organises, le d\u00e9sarroi dans les masses ouvri\u00e8res ne sont pas toujours appr\u00e9cies de fa\u00e7on juste. Dans la mesure o\u00f9 les prol\u00e9taires ne sont pas gagn\u00e9s au front unique, c&rsquo;est un affaiblissement de la classe ouvri\u00e8re dont profite le fascisme. Les progr\u00e8s si importants de notre Parti fr\u00e8re d&rsquo;Allemagne, qui \u00e9tait parvenu \u00e0 recueillir 6&nbsp;millions de suffrages, \u00e9taient moindres que ceux des nationaux-socialistes. De tels faits se sont reproduits r\u00e9cemment dans les r\u00e9gions allemandes de Tch\u00e9coslovaquie. Notre Parti communiste tch\u00e8que a remport\u00e9 une grande victoire \u00e9lectorale dans les pays tch\u00e8que et slovaque et en Ukraine subcarpatique<a href=\"#_edn13\" name=\"_ednref13\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[13]<\/span><\/span><\/span><\/a>. Dans les r\u00e9gions de langue allemande, c&rsquo;est le parti pronazi de Henlein<a href=\"#_edn14\" name=\"_ednref14\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[14]<\/span><\/span><\/span><\/a> qui a d\u00e9vor\u00e9 les partis bourgeois, et, dans une grande mesure, la social-d\u00e9mocratie, et qui nous a fait reculer.<\/p> <p class=Texte>Les autres faiblesses essentielles ont consist\u00e9 dans l&rsquo;insuffisance de l&rsquo;attention accord\u00e9e aux revendications partielles des masses laborieuses, principalement aux besoins des classes moyennes qui devenaient une proie facile offerte a la d\u00e9magogie du fascisme. Enfin, il y eut parfois quelques h\u00e9sitations \u00e0 d\u00e9cider et \u00e0 r\u00e9aliser au moment opportun l&rsquo;action, qui peut seule entra\u00eener les masses et faire pencher du c\u00f4t\u00e9 de la classe ouvri\u00e8re le plateau de la balance.<\/p> <p class=Intertitre2a>III.&nbsp;La marche de l&rsquo;offensive du fascisme et de la r\u00e9sistance des masses en France<\/p> <p class=Texte>Dans son ouvrage remarquable: <i>les Luttes de classes en France<\/i>, Marx a \u00e9crit que la r\u00e9volution organise la contre-r\u00e9volution et que, par une application des lois de la dialectique, la contre-r\u00e9volution \u00e0 son tour arme la r\u00e9volution en lui donnant un v\u00e9ritable parti r\u00e9volutionnaire m\u00fbri dans la bataille contre l&rsquo;adversaire.<\/p> <p class=Texte>La th\u00e8se de Marx permet de mieux saisir les \u00e9tapes et les aspects du d\u00e9veloppement du fascisme en France et de la r\u00e9sistance croissante des masses \u00e0 l&rsquo;offensive du fascisme.<\/p> <p class=Texte>Les premiers groupements de caract\u00e8re nettement fasciste apparurent en France \u00e0 la fin de 1924, \u00e0 la suite de la manifestation puissante qui accompagna la d\u00e9pouille de Jaur\u00e8s de la Chambre des d\u00e9putes au Panth\u00e9on. Nous \u00e9tions \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque du premier cartel, c&rsquo;est-\u00e0-dire des gouvernements radicaux soutenus par le parti socialiste. \u00c0 la suite de la campagne courageuse men\u00e9e par notre Parti contre l&rsquo;occupation de la Ruhr et contre le gouvernement Poincar\u00e9, l&rsquo;influence communiste \u00e9tait en progr\u00e8s.<\/p> <p class=Texte>La bourgeoisie finan\u00e7a l&rsquo;organisation de d\u00e9tachements de combat contre la classe ouvri\u00e8re. Cette premi\u00e8re tentative avorta, tant en raison de la situation g\u00e9n\u00e9rale que de la riposte vigoureuse du Parti. \u00c0 l&rsquo;activit\u00e9 des ligues r\u00e9pondit une plus grande activit\u00e9 du Parti communiste. Nous avons alors lutte seuls a la t\u00eate des travailleurs contre la guerre du Maroc<a href=\"#_edn15\" name=\"_ednref15\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[15]<\/span><\/span><\/span><\/a>, puis contre l&rsquo;\u201cexp\u00e9rience Poincar\u00e9\u201d<a href=\"#_edn16\" name=\"_ednref16\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[16]<\/span><\/span><\/span><\/a>, r\u00e9alis\u00e9e en 1926 sur le dos des travailleurs.<\/p> <p class=Texte>En 1929, en pr\u00e9sence de l&rsquo;autorit\u00e9 grandissante du Parti, en raison des r\u00e9percussions de ses campagnes, et dans une p\u00e9riode ou l&rsquo;imp\u00e9rialisme fran\u00e7ais \u00e9tait \u00e0 la t\u00eate des ennemis jur\u00e9s de l&rsquo;Union sovi\u00e9tique et se pr\u00e9parait f\u00e9brilement \u00e0 la guerre, une nouvelle attaque fut dirig\u00e9e contre le Parti communiste et son journal l&rsquo;Humanit\u00e9. Les groupements fascistes reparurent sur la sc\u00e8ne. Une caract\u00e9ristique de cette p\u00e9riode, c&rsquo;est que les bourgeois de France ne se contentaient pas de pousser \u00e0 l&rsquo;organisation de ligues recrutant parmi les nationaux fran\u00e7ais, mais encourageaient et soutenaient les groupements d&rsquo;\u00e9migres contre-r\u00e9volutionnaires, de gardes-blancs, tr\u00e8s nombreux \u00e0 Paris.<\/p> <p class=Texte>\u00c0 la faveur de l&rsquo;arrestation des principaux dirigeants du Parti communiste, le groupe Barb\u00e9-Celor<a href=\"#_edn17\" name=\"_ednref17\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[17]<\/span><\/span><\/span><\/a> parvint \u00e0 cette \u00e9poque \u00e0 s&#8217;emparer de la direction du Parti. Il engagea le mouvement r\u00e9volutionnaire dans une voie sectaire qui facilita l&rsquo;attaque de la bourgeoisie et aussi la trahison des leaders pupistes<a href=\"#_edn18\" name=\"_ednref18\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[18]<\/span><\/span><\/span><\/a>.<\/p> <p class=Texte>Le groupe Barb\u00e9-C\u00e9lor ayant \u00e9t\u00e9 d\u00e9masque, sa politique opportuniste sectaire ayant \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9e, le Parti entreprit une nouvelle marche en avant. En 1932, ce fut la p\u00e9riode du deuxi\u00e8me cartel, co\u00efncidant avec l&rsquo;aggravation de la crise \u00e9conomique, le d\u00e9but de la crise financi\u00e8re et le d\u00e9ficit chronique du budget de l&rsquo;\u00c9tat. Ce fut aussi la p\u00e9riode de l&rsquo;offensive rapide du fascisme en Europe centrale. Le m\u00e9contentement croissant des masses et une juste politique revendicative du Parti communiste, facilit\u00e8rent le courant de front unique et d&rsquo;unit\u00e9 syndicale. Le mouvement d&rsquo;Amsterdam-Pleyel se d\u00e9veloppa avec succ\u00e8s \u00e0 l&rsquo;appel de Romain Rolland et d&rsquo;Henri Barbusse.<\/p> <p class=Texte>\u00c0 la fin de l&rsquo;ann\u00e9e 1933, un gros scandale financier ayant \u00e9clat\u00e9, les groupements fascistes tent\u00e8rent de l&rsquo;utiliser pour mener campagne contre le Parlement et contre le parti radical qui se trouvait au gouvernement.<\/p> <p class=Texte>Les dirigeants des ligues fascistes, les politiciens r\u00e9actionnaires s&rsquo;efforc\u00e8rent de d\u00e9tourner du communisme et de canaliser au profit du Capital l&rsquo;indignation l\u00e9gitime du peuple de France contre les escrocs et leurs complices: parlementaires, ministres, hauts magistrats, ambassadeurs, pr\u00e9fets et g\u00e9n\u00e9raux en retraite, grands dignitaires de la L\u00e9gion d&rsquo;honneur. Ils men\u00e8rent une violente campagne de presse; ils tent\u00e8rent de multiples manifestations. Le 6&nbsp;f\u00e9vrier 1934<a name=\"NOT_c\"><\/a><a href=\"#_edn19\" name=\"_ednref19\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[19]<\/span><\/span><\/span><\/a>, les chefs fascistes et r\u00e9actionnaires lanc\u00e8rent leurs troupes \u00e0 l&rsquo;assaut de la Chambre des d\u00e9putes. Ils ne purent r\u00e9ussir dans leur entreprise. La riposte de la classe ouvri\u00e8re fut prompte et efficace. D\u00e8s le&nbsp;6, notre Parti avait organis\u00e9 des contre-manifestations. Le&nbsp;7, les faubourgs alert\u00e9s \u00e9taient en pleine effervescence. Le gouvernement Daladier d\u00e9missionna; l&rsquo;ancien pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, Doumergue, fut appel\u00e9 au pouvoir. Toutes les manifestations furent interdites. Le parti socialiste renon\u00e7a \u00e0 une manifestation qu&rsquo;il avait annonc\u00e9e pour le&nbsp;8, place de la Bastille.<\/p> <p class=Texte>Le Parti communiste, passant outre \u00e0 l&rsquo;interdiction de la police, maintint la manifestation qu&rsquo;il avait fix\u00e9e au 9&nbsp;f\u00e9vrier place de la R\u00e9publique. Les petits-fils des communards, les prol\u00e9taires de Paris et de la banlieue rouge, r\u00e9pondirent sans h\u00e9siter \u00e0 l&rsquo;appel du Parti communiste. On se battit contre la police pendant 5&nbsp;heures, aux cris de &quot;les Soviets partout! \u00c0 bas le fascisme!&quot;, sur un tiers de Paris, dans les quartiers de l&rsquo;Est et autour de la place de la R\u00e9publique.<\/p> <p class=Texte>De nombreux ouvriers socialistes avaient abandonn\u00e9 les locaux, o\u00f9 on les tenait confines, pour se joindre \u00e0 leurs fr\u00e8res communistes. Les fonctionnaires autonomes descendirent en colonne le boulevard Magenta en direction de la R\u00e9publique. Dix morts rest\u00e8rent sur le pav\u00e9, parmi lesquels un cimentier conf\u00e9d\u00e8re et plusieurs ouvriers sans-parti.<\/p> <p class=Texte>La bataille courageuse du Paris communiste \u00e9lectrisa la province ouvri\u00e8re et paysanne. Ce fut le signal et l&rsquo;exemple. Le 12&nbsp;f\u00e9vrier, la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale, d\u00e9clench\u00e9e par la CGT sous la pression de la CGTU et du Parti communiste, faisait sortir des entreprises 4&nbsp;millions et demi d&rsquo;ouvriers. Les manifestations group\u00e8rent pour la premi\u00e8re fois, sur une grande \u00e9chelle, des communistes, des socialistes, des unitaires et des conf\u00e9d\u00e8res. On compta plus d&rsquo;un million de manifestants dont 200&nbsp;000 \u00e0 Paris. Une m\u00eame foule \u00e9mue et ardente participa le 17&nbsp;f\u00e9vrier aux obs\u00e8ques des victimes. La classe ouvri\u00e8re de France, influenc\u00e9e par l&rsquo;action \u00e9nergique du Parti communiste, avait repouss\u00e9 le premier grand assaut du fascisme.<\/p> <p class=Texte>Mais Doumergue est au pouvoir. C&rsquo;est l&rsquo;Union nationale, une formation politique au service du grand Capital. Le gouvernement impose de lourds sacrifices aux travailleurs. Il favorise les agissements criminels de bandes fascistes qui essayent de gagner en influence apr\u00e8s leur demi-\u00e9chec de f\u00e9vrier. Dans tout le pays, les tentatives de parades fascistes ou de r\u00e9unions provoquent de vigoureuses contre-manifestations ouvri\u00e8res. Une douzaine de travailleurs sont tu\u00e9s dans la bataille contre les fascistes arm\u00e9s et prot\u00e9g\u00e9s par la police. Mais chaque victime tomb\u00e9e pour la cause rend plus farouche et plus ardente la volont\u00e9 des ouvriers qui ne c\u00e8dent pas et gagnent du terrain. Dans l&rsquo;intervalle, le Pacte de lutte commune contre le fascisme est signe entre le Parti communiste et le parti socialiste. Les classes moyennes commencent \u00e0 subir l&rsquo;attraction de la classe ouvri\u00e8re unie.<\/p> <p class=Texte>Aux \u00e9lections cantonales, en octobre 1934, le Parti communiste remporte un \u00e9clatant succ\u00e8s et limite l&rsquo;avance des partis de droite favorables au fascisme. Doumergue est contraint de d\u00e9missionner.<\/p> <p class=Texte>Alors, face au progr\u00e8s de l&rsquo;influenc\u00e9e communiste et au d\u00e9veloppement de l&rsquo;unit\u00e9 d&rsquo;action, les groupements fascistes redoublent d&rsquo;activit\u00e9. Certains sont demeures \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat de sectes, de bandes mercenaires, sans grande influence dans les masses. Les Croix de feu, au contraire, se sont d\u00e9velopp\u00e9s et ils multiplient leurs exercices de guerre civile.<\/p> <p class=Texte>Pendant les derni\u00e8res crises minist\u00e9rielles, le colonel comte de&nbsp;la&nbsp;Rocque, pr\u00e9sident des Croix de feu, d\u00e9clara &quot;qu&rsquo;il y aurait du sport au cas o\u00f9 un gouvernement de gauche prendrait la direction des affaires&quot;. Les menaces insolentes de&nbsp;la&nbsp;Rocque, les r\u00e9p\u00e9titions de futures exp\u00e9ditions punitives eurent pour r\u00e9sultat de rapprocher les radicaux du Front populaire. Ils donn\u00e8rent leur adh\u00e9sion au rassemblement du 14&nbsp;juillet.<\/p> <p class=Texte>Et maintenant la bataille va encore se d\u00e9velopper et s&rsquo;\u00e9lever \u00e0 un niveau sup\u00e9rieur, \u00e0 la suite de l&rsquo;effervescence provoqu\u00e9e par l&rsquo;application des d\u00e9crets-lois Laval.<\/p> <p class=Texte>Il y a actuellement un pi\u00e9tinement et parfois m\u00eame un recul de l&rsquo;influence du fascisme en France. On assiste \u00e0 des pol\u00e9miques entre les diff\u00e9rents groupements fascistes, \u00e0 des dissensions dans plusieurs de ces groupements. Les fascistes fran\u00e7ais ne sont pas parvenus \u00e0 unifier enti\u00e8rement leur mouvement. Les Camelots du roi se disputent avec les Jeunesses patriotes; les Francistes et la Solidarit\u00e9 fran\u00e7aise pol\u00e9misent dans leur presse avec les Croix de feu, etc.<\/p> <p class=Texte>Le parti agraire n&rsquo;a pas encore r\u00e9ussi \u00e0 organiser le front paysan. Ses dirigeants ont un moment d\u00e9nonc\u00e9 le fasciste Dorg\u00e8res qui agit pour le compte d&rsquo;un clan de hobereaux et de gros propri\u00e9taires terriens. La Ligue des contribuables, dirig\u00e9e par des r\u00e9actionnaires, a subi une premi\u00e8re scission et se trouve menac\u00e9e d&rsquo;une seconde, parce que sa direction, inf\u00e9od\u00e9e au grand Capital, pr\u00e9tend justifier les d\u00e9crets-lois. De m\u00eame chez les anciens combattants et dans les syndicats de petits commer\u00e7ants, parmi ceux qui \u00e9taient derri\u00e8re les groupements fascistes dans la soir\u00e9e du 6&nbsp;f\u00e9vrier, les chefs r\u00e9actionnaires et profascistes sont souvent mis en difficult\u00e9 par les adh\u00e9rents de la base influences par le Parti communiste et le Front populaire.<\/p> <p class=Texte>Le camp r\u00e9actionnaire conna\u00eet des d\u00e9faillances et des abandons. Autre fait assez important, parmi les catholiques des voix se sont \u00e9lev\u00e9es contre le fascisme et contre la p\u00e9n\u00e9tration fasciste dans les organisations catholiques. Des sections de la Jeunesse ouvri\u00e8re chr\u00e9tienne ont exclu de leurs rangs des membres des Jeunesses patriotes. L&rsquo;attaque de Hitler contre les \u00c9glises n&rsquo;est pas sans r\u00e9percussion en France. Le 27&nbsp;juillet dernier, \u00e0 Boulogne, dans la banlieue de Paris, une grande assembl\u00e9e pour la lib\u00e9ration de Thaelmann a group\u00e9 10&nbsp;000 assistants. \u00c0 cette r\u00e9union, apr\u00e8s les orateurs communiste et socialiste et l&rsquo;ancien ministre radical Pierre Cot, un pr\u00eatre catholique est venu d\u00e9noncer les pers\u00e9cutions de Hitler et appeler \u00e0 la lutte organis\u00e9e contre le fascisme. Enfin, certains chefs r\u00e9actionnaires, tel l&rsquo;ancien pr\u00e9sident du Conseil Tardieu, professent un noir pessimisme. Il exhale publiquement sa rancoeur contre ses amis d&rsquo;hier. Il bl\u00e2me les uns et les autres; il les accuse tous de manquer de courage.<\/p> <p class=Texte>Mais, encore une fois, sous l&rsquo;aiguillon de la n\u00e9cessit\u00e9, la grande bourgeoisie qui craint pour sa domination, pousse les chefs et les \u00e9l\u00e9ments les plus r\u00e9solus et les plus combatifs du fascisme a un regroupement de leurs forces. C&rsquo;est ce que fait appara\u00eetre le grand d\u00e9veloppement du mouvement des Croix de feu. Les Croix de feu, les Volontaires nationaux, se donnent maintenant plus de 300&nbsp;000 membres. Ils ont constitu\u00e9 des sections subdivis\u00e9es en groupes. Leur chef, le colonel comte de&nbsp;la&nbsp;Rocque, dont le fr\u00e8re est attach\u00e9 au service du pr\u00e9tendant au tr\u00f4ne de France, est un ancien officier du service d&rsquo;espionnage du 2e&nbsp;Bureau. Il a servi au Maroc, comme officier du service de renseignements. Il s&rsquo;est fait mettre en cong\u00e9 pour entrer au service du trust de l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9, dans un emploi grassement r\u00e9tribu\u00e9. Devenu pr\u00e9sident du mouvement des Croix de feu, il l&rsquo;orienta dans un sens nettement fasciste. Son programme tient dans la formule: R\u00e9conciliation fran\u00e7aise, amour de la patrie, r\u00e9forme de la Constitution. La traduction, c&rsquo;est le mouvement des Croix de feu au service du Capital, contre la classe ouvri\u00e8re. Sa d\u00e9magogie anticapitaliste, antiparlementaire, antigouvernementale dissimule mal les points pr\u00e9cis de son programme, telles que l&rsquo;abrogation de la loi des assurances sociales et, en ce moment, l&rsquo;acceptation des d\u00e9crets-lois. Ses dirigeants sont au service de ceux qui les paient: le trust de l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 avec, \u00e0 sa t\u00eate, Mercier<a href=\"#_edn20\" name=\"_ednref20\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[20]<\/span><\/span><\/span><\/a>, membre des Croix de feu; les grandes banques fran\u00e7aises avec, \u00e0 leur t\u00eate, Finaly<a href=\"#_edn21\" name=\"_ednref21\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[21]<\/span><\/span><\/span><\/a>; le Comite des Forges<a href=\"#_edn22\" name=\"_ednref22\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[22]<\/span><\/span><\/span><\/a>, et la Banque de France, avec de&nbsp;Wendel<a href=\"#_edn23\" name=\"_ednref23\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[23]<\/span><\/span><\/span><\/a>, porteur de la carte n\u00b013 des Croix de feu.<\/p> <p class=Texte>Quelques mots sur les m\u00e9thodes des Croix de feu. Ils ont cr\u00e9\u00e9 des soupes populaires, des ouvroirs pour apprendre la couture aux jeunes filles, des vestiaires, des dispensaires pour soigner les malades, des services d&rsquo;infirmi\u00e8res-visiteuses \u00e0 domicile, des services d&rsquo;assistantes sociales, des groupes d&rsquo;enfants, des garderies d&rsquo;enfants. Ils ont organis\u00e9 des foyers de jeunes, des th\u00e9\u00e2tres, des chorales, des salles d&rsquo;\u00e9ducation physique, des colonies de vacances. Ils ont m\u00eame ouvert quelques ateliers de bricolage pour les jeunes ch\u00f4meurs, sous pr\u00e9texte d&rsquo;apprentissage. Ils ont am\u00e9nag\u00e9 un solarium, des maisons de convalescence.<\/p> <p class=Texte>Les Croix de feu avaient install\u00e9 une de leurs soupes \u00e0 Villejuif, ville administr\u00e9e par une municipalit\u00e9 communiste. Le Parti a recommand\u00e9 aux ch\u00f4meurs d&rsquo;aller manger la soupe des Croix de feu, tout en manifestant contre les dirigeants fascistes. Pendant trois semaines, ce fut ainsi une lutte originale qui passionna les ouvriers dans tout le pays. Les ch\u00f4meurs, communistes en t\u00eate, se rendaient \u00e0 la soupe en chantant l&rsquo;Internationale et en conspuant les Croix de feu, aux cris de &quot;De&nbsp;la&nbsp;Rocque au poteau!&quot;<\/p> <p class=Texte>Il n&rsquo;est pas besoin d&rsquo;ajouter que les Croix de feu n&rsquo;ont pas continue longtemps \u00e0 distribuer leurs soupes.<\/p> <p class=Texte>J&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 rappel\u00e9 un discours de la&nbsp;Rocque \u00e0 Alger annon\u00e7ant qu&rsquo;il y aurait du sport en cas d&rsquo;un gouvernement de gauche.<\/p> <p class=Texte>Voici une autre d\u00e9claration \u00e0 Chartres, le 23&nbsp;juin. Il dit, parlant dans un pr\u00e9, la nuit \u00e0 la lueur des torches, \u00e0 la fa\u00e7on des hitleriens:<\/p> <p class=MsoQuote>Mesurant toute la gravite de mes paroles, Croix de feu, je vous le dis: Vous faites ce soir votre veill\u00e9e d&rsquo;armes. Dans quelques semaines \u00e0 peine, nos id\u00e9es seront au pouvoir, je vous le jure. Employez activement le peu de temps qui nous reste \u00e0 perfectionner vos sections de fa\u00e7on \u00e0 ce qu&rsquo;\u00e0 mon ordre et \u00e0 la minute que j&rsquo;aurai choisie, tout soit pr\u00eat dans les moindres d\u00e9tails. Nous balayerons le parlementarisme &#8230;<\/p> <p class=Texte>Les fascistes m\u00e8nent des campagnes chauvines contre les ouvriers \u00e9trangers, les &quot;m\u00e9t\u00e8ques&quot;. Ils sont antis\u00e9mites.<\/p> <p class=Texte>Ils pr\u00e9conisent par ailleurs l&rsquo;entente avec Hitler. Ils essayent de s&rsquo;entendre avec Hitler contre l&rsquo;Union sovi\u00e9tique, contre le communisme.<\/p> <p class=Texte>Sans insister \u00e0 nouveau sur les moyens mat\u00e9riels consid\u00e9rables dont disposent les Croix de feu, je voudrais dire encore quelques mots sur leurs m\u00e9thodes. Dans un rayon de 100&nbsp;kilom\u00e8tres, les Croix de feu se rassemblent \u00e0 un endroit d\u00e9termin\u00e9. Le chef arrive de Paris en auto ou en avion. Lors de son voyage en Alg\u00e9rie, la Rocque passa en revue sur le terrain les \u00e9quipages d&rsquo;une trentaine d&rsquo;appareils. Les Croix de feu sont lies aux officiers sup\u00e9rieurs et g\u00e9n\u00e9raux et particuli\u00e8rement \u00e0 l&rsquo;actuel ministre de l&rsquo;Air. M.&nbsp;Laval a d\u00fb en faire l&rsquo;aveu dans sa d\u00e9claration, lors de la cl\u00f4ture des Chambres. Les Croix de feu sont soutenus par l&rsquo;\u00c9glise, par le haut clerg\u00e9.<\/p> <p class=Texte>Les fascistes fran\u00e7ais ont d\u00e9j\u00e0 assassine des travailleurs. Ils tiennent un langage cynique. Les fascistes ont distribu\u00e9 en Moselle un tract dans lequel on pouvait lire:<\/p> <p class=MsoQuote>Le fascisme triomphera, m\u00eame si nous devons leur ouvrir le ventre, leur bouffer le coeur et leur mettre les tripes au soleil.<\/p> <p class=Texte>Les groupements fascistes s&rsquo;exercent ouvertement au tir. Ils ont molest\u00e9 et bless\u00e9 m\u00eame des radicaux qui penchent vers le Front populaire.<\/p> <p class=Texte>La victoire du fascisme en France, ce serait l&rsquo;\u00e9crasement \u00e9conomique et politique des masses laborieuses. Ce serait pour les ouvriers des salaires de famine, la suppression de leurs maigres lois sociales, l&rsquo;interdiction des gr\u00e8ves, de toute r\u00e9sistance \u00e0 l&rsquo;offensive \u00e9conomique du Capital, la destruction de nos syndicats, la dispersion ou la mise au pas de nos coop\u00e9ratives. Pour les fonctionnaires, ce serait les traitements r\u00e9duits \u00e0 n\u00e9ant, les licenciements, le caporalisme outrancier des administrations. D\u00e9j\u00e0 le gouvernement d&rsquo;Union nationale a supprim\u00e9 5000 postes d&rsquo;instituteurs la\u00efques. La victoire du fascisme, ce serait les boutiquiers et les artisans livres sans d\u00e9fense a l&rsquo;impitoyable exploitation du grand Capital, des propri\u00e9taires, des trusts, des compagnies de transports, de M.&nbsp;Mercier de l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9, de M.&nbsp;de&nbsp;Wendel du Comit\u00e9 des forges; les paysans sacrifi\u00e9s aux int\u00e9r\u00eats, aux privil\u00e8ges des capitalistes monopolisateurs, des financiers, la ruine compl\u00e8te de leurs entreprises. Ce serait les intellectuels brim\u00e9s; d\u00e9j\u00e0 les plus grands savants comme Perrin, Langevin, subissent d&rsquo;odieuses attaques, les professeurs sont attaqu\u00e9s vilement et bassement par les bandes fascistes. Ce serait \u00e0 l&rsquo;exemple de l&rsquo;Allemagne hitl\u00e9rienne, les autodaf\u00e9s moyen\u00e2geux, la suppression de toutes les Libert\u00e9s, la terreur sanglante, la population totalement asservie, les militants de la classe ouvri\u00e8re emprisonn\u00e9s, assassin\u00e9s, les communistes, les socialistes, les r\u00e9publicains et les d\u00e9mocrates frapp\u00e9s par le fascisme. Ce serait comme en Allemagne, apr\u00e8s les Juifs, les catholiques et les protestants frapp\u00e9s par le fascisme. Ce serait la catastrophe pour le pays, la r\u00e9action renforc\u00e9e en Europe. Ce serait la guerre entre les peuples et l&rsquo;agression de l&rsquo;Union sovi\u00e9tique.<\/p> <p class=Texte>\u00c0 tout prix, nous voulons \u00e9viter et emp\u00eacher une telle horreur pour notre pays, pour le monde entier.<\/p> <p class=Texte>Nous avons commenc\u00e9. Comment nous y sommes-nous pris?<\/p> <p class=Intertitre2a>IV.&nbsp;La d\u00e9fense des revendications et des libert\u00e9s du peuple de France<\/p> <p class=Texte>Le point de d\u00e9part des succ\u00e8s de notre Parti dans l&rsquo;organisation du front unique et du Front populaire contre le fascisme, ce fut l&rsquo;attention accord\u00e9e aux revendications imm\u00e9diates des masses laborieuses, la d\u00e9fense de leurs int\u00e9r\u00eats quotidiens.<\/p> <p class=Texte>Le Parti conseille utilement par l&rsquo;Internationale communiste, s&rsquo;est efforc\u00e9 de formuler les revendications int\u00e9ressant chaque cat\u00e9gorie de travailleurs.<\/p> <p class=Texte>Surtout apr\u00e8s la XIIe&nbsp;assembl\u00e9e pl\u00e9ni\u00e8re, apr\u00e8s la forte critique qui fut faite alors de notre activit\u00e9, le Parti apporta le plus grand soin \u00e0 l&rsquo;\u00e9laboration des cahiers de revendications. Les documents, appels et r\u00e9solutions du Comit\u00e9 central accord\u00e8rent une place pr\u00e9pond\u00e9rante \u00e0 l&rsquo;expos\u00e9 des revendications imm\u00e9diates. Les comit\u00e9s r\u00e9gionaux et de rayons, les cellules de base furent aides et guides dans la voie du travail de masse et de la lutte revendicative.<\/p> <p class=Texte>Notre fraction parlementaire popularisa \u00e0 la tribune de la Chambre les cahiers de revendications.<\/p> <p class=Texte>Nous avons lutte et nous luttons contre la diminution des salaires et des traitements, pour la semaine de 40&nbsp;heures sans diminution du salaire, pour des contrats collectifs, pour de v\u00e9ritables assurances sociales garantissant tous les risques aux frais exclusifs du patronat et de l&rsquo;\u00c9tat.<\/p> <p class=Texte>Nous avons lutte et nous luttons pour le travail aux ch\u00f4meurs, pour leur inscription au fonds de ch\u00f4mage, l&rsquo;augmentation des allocations vers\u00e9es aux sans-travail, pour l&rsquo;organisation de soupes et de distributions de charbon, de v\u00eatements et de lait aux enfants.<\/p> <p class=Texte>Dans nos municipalit\u00e9s communistes, nous avons accord\u00e9 tout ce que nous pouvions aux ch\u00f4meurs. Par exemple, \u00e0 Ivry, une voiture municipale distribue \u00e0 domicile le lait gratuit aux petits enfants des ch\u00f4meurs. Les enfants plus \u00e2g\u00e9s re\u00e7oivent gratuitement leur repas \u00e0 la cantine scolaire. De tels exemples portes \u00e0 la connaissance des ouvriers, notamment dans la r\u00e9gion parisienne, ont beaucoup contribu\u00e9 \u00e0 nos succ\u00e8s aux derni\u00e8res \u00e9lections.<\/p> <p class=Texte>Nous avons lutt\u00e9 pour la protection de l&rsquo;enfance et de la jeunesse ouvri\u00e8re. Notre F\u00e9d\u00e9ration de la jeunesse communiste a \u00e9labor\u00e9 sous la direction du Comit\u00e9 central, un programme de d\u00e9fense de la jeunesse laborieuse qui est devenu la base du front unique de la jeunesse.<\/p> <p class=Texte>Nous avons lutt\u00e9 et nous luttons pour la d\u00e9fense des petits fonctionnaires, des cheminots, des postiers, contre les d\u00e9crets-lois, contre les licenciements et les r\u00e9vocations.<\/p> <p class=Texte>Nous avons lutt\u00e9 et nous luttons pour la d\u00e9fense des droits des anciens combattants et des victimes de la guerre, contre la diminution de leurs pensions.<\/p> <p class=Texte>Nous avons lutt\u00e9 et nous luttons pour le soutien des int\u00e9r\u00eats des locataires, des boutiquiers, des artisans et des paysans. Nous avons r\u00e9clam\u00e9 la r\u00e9duction des loyers et des baux, la diminution des imp\u00f4ts, l&rsquo;organisation d&rsquo;une aide imm\u00e9diate \u00e0 toutes les victimes de la crise.<\/p> <p class=Texte>Nous avons soutenu les paysans qui manifestaient contre l&rsquo;avilissement des prix de leurs produits, nous avons propos\u00e9 pour eux le moratoire des dettes, nous avons r\u00e9clam\u00e9 pour eux des secours de crise, des pr\u00eats sans int\u00e9r\u00eats, la distribution de semences et d&rsquo;engrais.<\/p> <p class=Texte>Nous avons lutt\u00e9 et nous luttons contre la vie ch\u00e8re, pour entra\u00eener les femmes travailleuses dans la bataille contre les gros interm\u00e9diaires, en prenant soin toutefois de ne pas dresser consommateurs contre paysans, ou contre petits boutiquiers, mais en les associant contre l&rsquo;ennemi commun, le grand Capital.<\/p> <p class=Texte>Nous avons \u00e9labor\u00e9 certaines revendications, mais nous n&rsquo;avons pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 reprendre \u00e0 notre compte celles qui avaient \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9es par d&rsquo;autres organisations, m\u00eame hostiles au Parti communiste, pourvu que ces revendications correspondent au d\u00e9sir de certaines cat\u00e9gories sociales et qu&rsquo;elles ne soient pas en contradiction avec les int\u00e9r\u00eats de la classe ouvri\u00e8re. On ne peut mieux souligner le succ\u00e8s de notre politique revendicative qu&rsquo;en citant l&rsquo;extrait suivant d&rsquo;un journal de Paris, <i>la R\u00e9publique<\/i><a href=\"#_edn24\" name=\"_ednref24\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[24]<\/span><\/span><\/span><\/a>, en date du 21&nbsp;juillet 1935:<\/p> <p class=MsoQuote>Les communistes perfectionnent chaque jour leur tactique; elle est simple, mais elle a une puissance d&rsquo;attraction incontestable; on appuie syst\u00e9matiquement sur les m\u00e9contents. Y a-t-il un m\u00e9content quelque part, on se pr\u00e9cipite: &quot;Camarade, les communistes sont avec toi.&quot; Les anciens combattants sont-ils touch\u00e9s par les d\u00e9crets-lois? &quot;Camarades, voici les communistes.&quot; Les fonctionnaires le sont-ils? &quot;Camarades, voici les communistes.&quot; Les communistes sont derri\u00e8re les fermiers, les m\u00e9tayers, les paysans en g\u00e9n\u00e9ral, derri\u00e8re les locataires. Et parce que toute la France est m\u00e9contente, les voil\u00e0 les avocats du pays.<\/p> <p class=Texte>Nous avons fait plus que formuler des revendications urgentes des masses laborieuses. Nous avons indiqu\u00e9 les moyens de les financer sans aggraver le d\u00e9ficit du budget de l&rsquo;\u00c9tat Nous avons m\u00eame propos\u00e9 nos solutions pour combler le d\u00e9ficit du budget. Nous avons propos\u00e9 la r\u00e9duction des budgets de guerre et de police, la r\u00e9cup\u00e9ration des avances consenties aux grandes banques qui dominent le gouvernement et la r\u00e9vision des marches de l&rsquo;\u00c9tat. Nous avons surtout propos\u00e9 un pr\u00e9l\u00e8vement extraordinaire et progressif sur le capital.<\/p> <p class=Texte>Toute notre campagne est men\u00e9e sous le mot d&rsquo;ordre: &quot;Faire payer les riches.&quot; Et non seulement nous avons men\u00e9 campagne mais, dans la mesure o\u00f9 l&rsquo;administration des grandes municipalit\u00e9s nous en donnait la possibilit\u00e9, nous avons donn\u00e9 l&rsquo;exemple. L&rsquo;\u00c9tat permet aux municipalit\u00e9s de pr\u00e9lever une taxe progressive sur les loyers \u00e0 usage commercial et industriel. \u00c0 Paris, cette taxe est fix\u00e9e au taux invariable de 3&nbsp;%. Nous, \u00e0 Ivry, dans une municipalit\u00e9 communiste, nous avons institu\u00e9 la m\u00eame taxe de la fa\u00e7on suivante: 1&nbsp;% pour les loyers de moins de 10&nbsp;000 francs, pour les petits commer\u00e7ants; 2&nbsp;% pour les loyers moyens de 10&nbsp;000 \u00e0 20&nbsp;000 et 6&nbsp;% au-dessus de 20&nbsp;000 francs. Cette taxe a fourni \u00e0 notre budget local 1&nbsp;275&nbsp;000 francs, et c&rsquo;est l&rsquo;argent vers\u00e9 par les industriels d&rsquo;Ivry qui a permis de donner le lait aux enfants des ch\u00f4meurs.<\/p> <p class=Texte>Toute la presse a parl\u00e9 de notre programme financier.<\/p> <p class=Texte>\u00c0 plusieurs reprises dans des discours radiodiffus\u00e9s, le pr\u00e9sident du Conseil, Doumergue, pol\u00e9misa avec les communistes, critiquant nos propositions financi\u00e8res. Le Comit\u00e9 central \u00e9dita une affiche: &quot;Le Parti communiste r\u00e9pond \u00e0 M.&nbsp;Doumergue&quot;, qui connut un succ\u00e8s sans pr\u00e9c\u00e9dent et qui fit par son contenu et son ton volontairement mod\u00e9r\u00e9 une impression consid\u00e9rable sur les petites gens des classes moyennes.<\/p> <p class=Texte>Le Parti s&rsquo;efforce de r\u00e9pondre \u00e0 toutes les questions du moment, de pr\u00e9senter ses solutions \u00e0 tous les probl\u00e8mes actuels. Le Comit\u00e9 central a \u00e9labor\u00e9 ces jours derniers un &quot;plan de redressement financier&quot;. Il a inscrit en t\u00eate sa proposition de pr\u00e9l\u00e8vement sur les grosses fortunes et diff\u00e9rentes mesures contre les riches. Il a ajout\u00e9 la mainmise de l&rsquo;\u00c9tat sur la Banque de France et le contr\u00f4le des banques priv\u00e9es. En raison de la crise financi\u00e8re et de la sp\u00e9culation sur le franc, le contr\u00f4le de la Banque de France est devenu actuel.<\/p> <p class=Texte>Marx a soulign\u00e9 autrefois l&rsquo;int\u00e9r\u00eat qu&rsquo;avaient les financiers et les banquiers au d\u00e9ficit du budget de l&rsquo;\u00c9tat. Le d\u00e9ficit, les emprunts de l&rsquo;\u00c9tat sont \u00e0 la fois pour les banquiers l&rsquo;objet de la sp\u00e9culation, la source de leurs profits, et le moyen de dominer l&rsquo;\u00c9tat, de le tenir \u00e0 leur merci sous la menace constante de la banqueroute. Le pr\u00e9sident Daladier, radical, a d\u00e9clar\u00e9 dans un congr\u00e8s de son parti:<\/p> <p class=MsoQuote>Deux cents familles sont devenues ma\u00eetresses indiscutables non seulement de l&rsquo;\u00e9conomie fran\u00e7aise, mais de la politique fran\u00e7aise.<\/p> <p class=Texte>L\u00e9nine avait \u00e9crit, citant Lysis<a href=\"#_edn25\" name=\"_ednref25\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[25]<\/span><\/span><\/span><\/a>:<\/p> <p class=MsoQuote>La R\u00e9publique fran\u00e7aise est une monarchie financi\u00e8re. L&rsquo;oligarchie financi\u00e8re s&rsquo;exerce \u00e0 fond: elle domine la presse et le gouvernement<a href=\"#_edn26\" name=\"_ednref26\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[26]<\/span><\/span><\/span><\/a>.<\/p> <p class=Texte>Les r\u00e9gents de la Banque de France sont parmi ces deux cents familles. Ils sont les possesseurs et les administrateurs des grandes banques, des mines, des hauts fourneaux, des chemins de fer. Le Parti communiste propose, parce que cela est d\u00e9j\u00e0 maintenant dans l&rsquo;esprit des masses, la d\u00e9ch\u00e9ance pure et simple de ce conseil de r\u00e9gence, ma\u00eetre du cr\u00e9dit et de la monnaie, et v\u00e9ritable d\u00e9tenteur du pouvoir dans le pays.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;efficacit\u00e9 de notre proposition est soulign\u00e9e par la col\u00e8re des journaux r\u00e9actionnaires et profascistes.<\/p> <p class=Texte>Un des \u00e9l\u00e9ments de notre succ\u00e8s dans l&rsquo;organisation d&rsquo;un large front antifasciste en France, c&rsquo;est la position cons\u00e9quente de notre Parti communiste dans la question de la d\u00e9mocratie bourgeoise et aussi l&rsquo;utilisation des traditions r\u00e9volutionnaires du peuple de France. Le fascisme et la d\u00e9mocratie bourgeoise sont deux formes de la dictature du Capital. Il ne s&rsquo;ensuit pas que nous puissions \u00eatre indiff\u00e9rents \u00e0 l&rsquo;une ou \u00e0 l&rsquo;autre de ces formes d&rsquo;asservissement \u00e9conomique et politique.<\/p> <p class=Texte>Le fascisme, c&rsquo;est la terreur sanglante contre la classe ouvri\u00e8re, c&rsquo;est la destruction des organisations ouvri\u00e8res, la dissolution des syndicats de classe, l&rsquo;interdiction des Partis communistes, l&rsquo;arrestation massive des militants ouvriers et r\u00e9volutionnaires, les tortures et l&rsquo;assassinat des meilleurs fils de la classe ouvri\u00e8re. Le fascisme, c&rsquo;est le d\u00e9cha\u00eenement de la bestialit\u00e9, le retour aux pogroms du moyen \u00e2ge, l&rsquo;an\u00e9antissement de toute culture, le r\u00e8gne de l&rsquo;ignorance et de la cruaut\u00e9, c&rsquo;est la guerre hideuse \u00e0 laquelle conduisent les provocations incessantes et tous les actes de Hitler et de Mussolini.<\/p> <p class=Texte>La d\u00e9mocratie bourgeoise, c&rsquo;est un minimum de libert\u00e9s pr\u00e9caires, al\u00e9atoires, sans cesse r\u00e9duites par la bourgeoisie au pouvoir, mais qui offrent toutefois \u00e0 la classe ouvri\u00e8re, aux masses laborieuses des possibilit\u00e9s de mobilisation et d&rsquo;organisation contre le capitalisme. Dans son rapport au XVIIe&nbsp;congr\u00e8s du Parti bolch\u00e9vik, Staline ayant d\u00e9montr\u00e9 que &quot;l&rsquo;id\u00e9e de l&rsquo;assaut contre le capitalisme m\u00fbrit dans la conscience des masses<a href=\"#_edn27\" name=\"_ednref27\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[27]<\/span><\/span><\/span><\/a>&quot;, disait:<\/p> <p class=MsoQuote>C&rsquo;est ce qui explique, \u00e0 proprement parler, le fait que les classes dominantes des pays capitalistes an\u00e9antissent scrupuleusement ou r\u00e9duisent \u00e0 n\u00e9ant les derniers vestiges du parlementarisme ou de la d\u00e9mocratie bourgeoise, vestiges pouvant \u00eatre utilis\u00e9s par la classe ouvri\u00e8re dans sa lutte contre les oppresseurs<a href=\"#_edn28\" name=\"_ednref28\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[28]<\/span><\/span><\/span><\/a>.<\/p> <p class=Texte>Staline, dans le passage rappel\u00e9 hier par le camarade Dimitrov, montrait ensuite que le fascisme n&rsquo;\u00e9tait pas seulement le signe de la faiblesse de la classe ouvri\u00e8re, mais aussi celle de la bourgeoisie.<\/p> <p class=Texte>Staline nous a donn\u00e9 la clef des probl\u00e8mes pos\u00e9s devant les Partis communistes, le n\u00f4tre en particulier. Il nous fait comprendre d&rsquo;abord que le fascisme ne r\u00e9sulte pas de la simple volont\u00e9 de la bourgeoisie. La bourgeoisie doit s&rsquo;assurer ou se conserver une base de masse pour l&rsquo;exercice de sa domination de classe. Elle est oblig\u00e9e, souligne Staline, de recourir aux m\u00e9thodes du fascisme, uniquement en raison, de l&rsquo;aggravation extr\u00eame de toutes les contradictions du syst\u00e8me capitaliste.<\/p> <p class=Texte>Staline nous fait comprendre, d\u00e8s lors, l&rsquo;enjeu d&rsquo;une lutte cons\u00e9quente pour conserver \u00e0 la classe ouvri\u00e8re et, en g\u00e9n\u00e9ral, aux masses laborieuses, les libert\u00e9s d\u00e9mocratiques, les restes de la d\u00e9mocratie bourgeoise qui peuvent \u00eatre utilis\u00e9s contre l&rsquo;ennemi capitaliste et son instrument fasciste.<\/p> <p class=Texte>La classe ouvri\u00e8re de France a conscience de ces indications de Staline, chef du prol\u00e9tariat international. Instruite et guid\u00e9e par le Parti communiste, la classe ouvri\u00e8re de France a \u00e9galement conscience des larges possibilit\u00e9s de mobilisation des classes moyennes que lui offre la d\u00e9fense, contre le fascisme, des libert\u00e9s auxquelles est profond\u00e9ment attach\u00e9 le peuple de France. Le camarade Dimitrov a dit justement qu&rsquo;il ne fallait pas fermer les yeux sur la limitation r\u00e9actionnaire croissante de la d\u00e9mocratie bourgeoise, sur le proc\u00e8s de fascisation de l&rsquo;\u00c9tat, sur la n\u00e9cessit\u00e9 de lutter pied \u00e0 pied pour chaque possibilit\u00e9, pour chaque libert\u00e9 de la classe ouvri\u00e8re. Nous b\u00e9n\u00e9ficions sans aucun doute, sous ce rapport, de conditions objectives favorables.<\/p> <p class=Texte>La France est un pays de vieille d\u00e9mocratie bourgeoise, le pays classique de la r\u00e9volution bourgeoise. La classe ouvri\u00e8re a particip\u00e9 \u00e0 plusieurs r\u00e9volutions, la Commune de Paris a \u00e9t\u00e9 le premier exemple de la dictature du prol\u00e9tariat.<\/p> <p class=Texte>Le paysan de France a en horreur les descendants et les successeurs des anciens f\u00e9odaux. Il d\u00e9teste le ch\u00e2telain, le cur\u00e9 et le ci-devant noble. Il sait que la grande R\u00e9volution lui a donn\u00e9 la terre. En 1848, le paysan n&rsquo;a pas compris la IIe&nbsp;R\u00e9publique et il s&rsquo;est jet\u00e9 dans les bras de Louis Bonaparte parce que la grande bourgeoisie, l&rsquo;aristocratie financi\u00e8re, l&rsquo;avaient, d\u00e8s le d\u00e9but de la r\u00e9volution de F\u00e9vrier, frapp\u00e9 de nouveaux imp\u00f4ts, grev\u00e9 d&rsquo;hypoth\u00e8ques et par cons\u00e9quent menac\u00e9 dans la propri\u00e9t\u00e9 de sa parcelle. Par la suite, sous la IIIe&nbsp;R\u00e9publique, le paysan de France, qui forme encore la masse la plus nombreuse de la population de notre pays, a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d&rsquo;avantages certains. La bourgeoisie, jusqu&rsquo;\u00e0 ces derniers temps, l&rsquo;avait m\u00e9nag\u00e9. Il avait l&rsquo;illusion, par le suffrage universel, d&rsquo;\u00eatre le souverain du pays. En fait, il \u00e9tait et reste l&rsquo;arbitre de la situation. Le paysan de France est r\u00e9publicain. Ce n&rsquo;est pas un mot. Il a suffi que l&rsquo;agitateur fasciste Dorg\u00e8res soit d\u00e9masqu\u00e9 comme un royaliste pour que les paysans de la circonscription\u00a0 de Blois, cependant tr\u00e8s m\u00e9contents des gouvernants, le battent dans une \u00e9lection l\u00e9gislative partielle.<\/p> <p class=Texte>Notre Parti communiste n&rsquo;a pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 utiliser les traditions r\u00e9volutionnaires. Engels, dans une lettre \u00e0 Joseph Bloch en date du 21&nbsp;septembre 1890, \u00e9crit:<\/p> <p class=MsoQuote>Entre toutes, ce sont les conditions \u00e9conomiques qui sont finalement d\u00e9terminantes. Mais les conditions politiques, etc., voire la tradition qui hante les cerveaux des hommes, jouent \u00e9galement un r\u00f4le, bien que non d\u00e9cisif<a href=\"#_edn29\" name=\"_ednref29\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[29]<\/span><\/span><\/span><\/a>.<\/p> <p class=Texte>La bourgeoisie s&rsquo;\u00e9tait, jusqu&rsquo;alors, servie de ces traditions contre la classe ouvri\u00e8re pour justifier et consolider sa domination. Maintenant les traditions r\u00e9volutionnaires deviennent une arme compl\u00e9mentaire entre les mains de la classe ouvri\u00e8re dans sa lutte contre l&rsquo;\u00c9tat bourgeois sous sa forme fasciste. Nous puisons dans le pass\u00e9 pour pr\u00e9parer notre avenir.<\/p> <p class=Texte>Nous revendiquons, au nom de la classe ouvri\u00e8re, l&rsquo;h\u00e9ritage intellectuel et r\u00e9volutionnaire des encyclop\u00e9distes du XVIIIe&nbsp;si\u00e8cle qui pr\u00e9par\u00e8rent, par leurs \u00e9crits et leurs travaux, la grande R\u00e9volution de 1789. Nous montrons que leur doctrine mat\u00e9rialiste, approfondie, d\u00e9velopp\u00e9e, enrichie par le g\u00e9nie de Marx, Engels, L\u00e9nine, Staline, est devenue le mat\u00e9rialisme dialectique, le marxisme-l\u00e9ninisme, la th\u00e9orie et la pratique du prol\u00e9tariat r\u00e9volutionnaire, le grand b\u00e2tisseur du socialisme, d\u00e9j\u00e0 ma\u00eetre du pouvoir sur un sixi\u00e8me du globe.<\/p> <p class=Texte>Nous montrons comment les prol\u00e9taires communistes, attentifs \u00e0 la recommandation de L\u00e9nine, cherchent &quot;\u00e0 s&rsquo;assimiler les connaissances accumul\u00e9es par la science humaine<a href=\"#_edn30\" name=\"_ednref30\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[30]<\/span><\/span><\/span><\/a>&quot;. Et cela au moment o\u00f9 la bourgeoisie et particuli\u00e8rement le fascisme pr\u00e9tendent nous ramener \u00e0 la barbarie des si\u00e8cles r\u00e9volus, d\u00e9laissent l&rsquo;oeuvre des encyclop\u00e9distes, condamnent le mat\u00e9rialisme, refusent d&rsquo;enseigner les th\u00e9ories de Darwin, br\u00fblent les oeuvres de Marx et entretiennent la cr\u00e9dulit\u00e9, la superstition et l&rsquo;abrutissement.<\/p> <p class=Texte>Nous revendiquons, au nom de la classe ouvri\u00e8re, l&rsquo;h\u00e9ritage d&rsquo;audace et d&rsquo;\u00e9nergie r\u00e9volutionnaire des Jacobins. L\u00e9nine disait souvent: &quot;Les bolch\u00e9viks sont les Jacobins de la r\u00e9volution prol\u00e9tarienne.&quot; Il \u00e9crivait<a href=\"#_edn31\" name=\"_ednref31\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[31]<\/span><\/span><\/span><\/a>:<\/p> <p class=MsoQuote>Les historiens de la bourgeoisie voient dans le jacobinisme une chute. Les historiens du prol\u00e9tariat y voient un des points culminants que la classe opprim\u00e9e atteint dans la lutte pour son \u00e9mancipation. Les Jacobins ont donn\u00e9 \u00e0 la France les meilleurs exemples de r\u00e9volution d\u00e9mocratique et de riposte \u00e0 la coalition des monarques contre la R\u00e9publique.<\/p> <p class=MsoQuote>Le propre de la bourgeoisie est d&rsquo;ex\u00e9crer le jacobinisme. Le propre de la petite bourgeoisie est de le craindre. Les ouvriers conscients et les travailleurs croient au passage du pouvoir \u00e0 la classe r\u00e9volutionnaire opprim\u00e9e, car c&rsquo;est le fond m\u00eame du jacobinisme, la seule issue \u00e0 la crise, la seule fa\u00e7on d&rsquo;en finir avec la ruine et la guerre.<\/p> <p class=Texte>Nous exaltons le souvenir de la Commune, celle de 1793 et de la Commune de Paris de 1871. Contre le chauvinisme du fascisme et le patriotisme des marchands de canons, nous proclamons notre amour du pays, de notre peuple.<\/p> <p class=Texte>Nous disons notre fiert\u00e9 de son passe de luttes s\u00e9culaires contre l&rsquo;esclavage et l&rsquo;oppression. Et nous, arri\u00e8re-petits-fils des sans-culottes de 1792, des soldats de Valmy, nous d\u00e9nions aux aristocrates, aux descendants des \u00e9migres de Coblence, \u00e0 M.&nbsp;le&nbsp;colonel de&nbsp;la&nbsp;Rocque, pr\u00e9sident des Croix de feu, dont l&rsquo;arri\u00e8re-grand-p\u00e8re \u00e9tait \u00e0 l&rsquo;arm\u00e9e de Cond\u00e9 et du roi de Prusse, nous leur d\u00e9nions le droit de parler au nom de notre pays.<\/p> <p class=Texte>Nous les d\u00e9non\u00e7ons comme les tra\u00eetres d&rsquo;hier et de demain, pr\u00eats comme leurs a\u00efeux autrefois, comme les gardes-blancs russes aujourd&rsquo;hui, \u00e0 porter les armes contre leur pays pour conserver ou recouvrer leurs privil\u00e8ges et leurs profits.<\/p> <p class=Texte>La conf\u00e9rence nationale d&rsquo;Ivry, qui s&rsquo;est tenue, il y a d\u00e9j\u00e0 plus d&rsquo;un an, en juin 1934, orienta hardiment le Parti dans ce sens, selon la th\u00e8se d\u00e9velopp\u00e9e hier si brillamment par le camarade Dimitrov. Nous avons tenu ce langage \u00e0 la tribune de la Chambre et dans nos meetings. Nous avons d\u00e9velopp\u00e9 la m\u00eame pens\u00e9e dans nos affiches, nos articles, dans tout notre mat\u00e9riel.<\/p> <p class=Texte>Nous luttons d&rsquo;ailleurs avec encore plus d&rsquo;\u00e9nergie pour le droit \u00e0 la libre disposition des peuples d&rsquo;Alsace et de Lorraine, pour l&rsquo;ind\u00e9pendance des peuples coloniaux de l&rsquo;Afrique du Nord et de l&rsquo;Indochine que nous soutenons de toutes nos forces dans leur lutte contre l&rsquo;imp\u00e9rialisme fran\u00e7ais.<\/p> <p class=Texte>En Alg\u00e9rie, sous l&rsquo;influence de notre politique, les ouvriers arabes, soutenus, encourages par les travailleurs europ\u00e9ens, ont r\u00e9pondu par de grandes manifestations \u00e0 la d\u00e9monstration des Croix de feu. En France m\u00eame, nous sommes parvenus \u00e0 nous entendre, contre les d\u00e9crets R\u00e9gnier<a href=\"#_edn32\" name=\"_ednref32\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[32]<\/span><\/span><\/span><\/a> qui frappent le peuple d&rsquo;Alg\u00e9rie, avec de nombreux groupements et personnalit\u00e9s.<\/p> <p class=Texte>La presse r\u00e9actionnaire a fulmine contre la pr\u00e9sence du drapeau tricolore a c\u00f4te du drapeau rouge en t\u00eate de la d\u00e9monstration du 14&nbsp;juillet. La bourgeoisie r\u00e9actionnaire comprend tr\u00e8s bien que c&rsquo;est le signe de l&rsquo;alliance entre la petite bourgeoisie et la classe ouvri\u00e8re, alliance qu&rsquo;elle craint plus que tout. Nous ne voulons pas laisser au fascisme le drapeau de la grande R\u00e9volution, ni m\u00eame la Marseillaise des soldats de la Convention.<\/p> <p class=Texte>Quand notre camarade Duclos a lu la d\u00e9claration du Parti communiste au rassemblement de Buffalo, le 14&nbsp;juillet au matin, il a expliqu\u00e9 ce que repr\u00e9sentait pour nous la Marseillaise, hymne du passe, et l&rsquo;Internationale, hymne de l&rsquo;avenir. L&rsquo;assistance s&rsquo;est lev\u00e9e et a chant\u00e9 un couplet de la Marseillaise et un couplet de l&rsquo;Internationale, en l&rsquo;honneur du repr\u00e9sentant du Parti communiste.<\/p> <p class=Texte>Nous nous sommes, d\u00e8s l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re, adress\u00e9s aux soldats fils du peuple et aux officiers r\u00e9publicains. Nous avons dit notre espoir qu&rsquo;ils ne se laisseraient pas entra\u00eener contre le peuple; qu&rsquo;ils sauraient, le cas \u00e9ch\u00e9ant, d\u00e9jouer le complot que des officiers et des g\u00e9n\u00e9raux r\u00e9actionnaires et fascistes pr\u00e9parent contre les libert\u00e9s populaires et contre le pays. Le 14&nbsp;juillet, au rassemblement du Front populaire, un d\u00e9put\u00e9 radical a parl\u00e9 en des termes que je vous demande la permission de citer tant ils r\u00e9pondent \u00e0 la pens\u00e9e exprim\u00e9e hier par notre camarade Dimitrov:<\/p> <p class=MsoQuote>Les r\u00e9publicains savent qu&rsquo;ils peuvent compter sur le loyalisme de l&rsquo;arm\u00e9e, expression de la force publique &#8209;&nbsp;de l&rsquo;arm\u00e9e form\u00e9e des fils du peuple entier&nbsp;&#8209; pour donner un d\u00e9menti a tous ceux qui tenteraient d&rsquo;en faire un instrument pour l&rsquo;ambition d&rsquo;un homme ou pour celle d&rsquo;une minorit\u00e9 de factieux. Ils saluent dans les arm\u00e9es de terre, de mer et de l&rsquo;air &#8209;&nbsp;officiers, sous-officiers, soldats et marins&nbsp;&#8209; les forces nationales constitu\u00e9es pour la d\u00e9fense de la libert\u00e9.<\/p> <p class=Texte>Nous nous pr\u00e9sentons aux masses populaires comme les champions de la libert\u00e9 et de l&rsquo;ind\u00e9pendance du pays, comme les repr\u00e9sentants des int\u00e9r\u00eats actuels et futurs du peuple de France. Le ton m\u00eame de nos campagnes, de nos discours, articles, affiches, exprime cette conscience de la mission historique de la classe ouvri\u00e8re organis\u00e9e et dirig\u00e9e par son parti r\u00e9volutionnaire.<\/p> <p class=Texte>C&rsquo;est cette politique qui a permis au Parti communiste fran\u00e7ais de provoquer, stimuler et influencer efficacement un mouvement de masses d&rsquo;une ampleur consid\u00e9rable. Des \u00e9l\u00e9ments de la classe ouvri\u00e8re jusqu&rsquo;alors passifs ont \u00e9t\u00e9 appel\u00e9s \u00e0 la vie politique. Des couches importantes de la petite bourgeoisie ont \u00e9t\u00e9 entra\u00een\u00e9es \u00e0 la lutte contre le fascisme. Il existe, naturellement, des int\u00e9r\u00eats particuliers, divers, parfois contradictoires, entre toutes les cat\u00e9gories et \u00e9l\u00e9ments sociaux unis sous le signe du Front populaire. Il en r\u00e9sulte que le Parti doit savoir faire aboutir les revendications mat\u00e9rielles de toutes ces couches, influencer id\u00e9ologiquement et politiquement et organiser tout le mouvement en se pla\u00e7ant au point de vue du prol\u00e9tariat qui repr\u00e9sente les int\u00e9r\u00eats de tout le peuple travailleur de France. Formuler les revendications n&rsquo;est pas suffisant, c&rsquo;est un premier pas. Il nous faut, nous nous en rendons compte, arracher par l&rsquo;action de masse des succ\u00e8s m\u00eame minimes.<\/p> <p class=Texte>Nous devons, en outre, formuler des mots d&rsquo;ordre et des propositions qui \u00e9l\u00e8vent le mouvement. Nous sommes le Parti du prol\u00e9tariat, de la classe la plus exploit\u00e9e et aussi la plus homog\u00e8ne, la plus r\u00e9volutionnaire, celle qui n&rsquo;attend sa compl\u00e8te lib\u00e9ration que d&rsquo;une transformation compl\u00e8te de la soci\u00e9t\u00e9. Le Parti communiste, parti de la classe ouvri\u00e8re, arm\u00e9 de la th\u00e9orie marxiste-l\u00e9niniste, est seul en mesure d&rsquo;appliquer une politique cons\u00e9quente, qui a fait ses preuves magnifiques dans l&rsquo;Union sovi\u00e9tique. Il n&rsquo;en est pas de m\u00eame pour nos amis et allies. La petite bourgeoisie commer\u00e7ante et rurale hait le Capital et surtout les banquiers, d\u00e9tenteurs du cr\u00e9dit; mais elle croit \u00e0 l&rsquo;existence \u00e9ternelle de sa propri\u00e9t\u00e9 et m\u00eame \u00e0 la possibilit\u00e9 de l&rsquo;arrondir. Les repr\u00e9sentants des professions lib\u00e9rales, les fonctionnaires des cadres moyens et sup\u00e9rieurs ont des illusions et des pr\u00e9jug\u00e9s d&rsquo;un autre genre. Ils croient que la soci\u00e9t\u00e9 actuelle peut \u00eatre am\u00e9lior\u00e9e graduellement et pacifiquement. Parmi tous ces \u00e9l\u00e9ments, un grain de chauvinisme se m\u00eale parfois \u00e0 l&rsquo;antifascisme. Le fascisme leur appara\u00eet essentiellement sous les aspects de Hitler et des bandes nazies. Les partis et les groupements s&rsquo;appuyant sur les classes moyennes refl\u00e8tent in\u00e9vitablement leurs illusions et leurs pr\u00e9jug\u00e9s. Ils ne sauraient mener une politique cons\u00e9quente, ils oscillent fr\u00e9quemment. Nous nous effor\u00e7ons de leur d\u00e9montrer que le succ\u00e8s du mouvement antifasciste, du Front populaire ne sera garanti que dans la mesure o\u00f9 les masses laborieuses, non prol\u00e9tariennes, se grouperont autour de la classe ouvri\u00e8re. Comment faciliter cette marche de la petite bourgeoisie vers les positions de la classe ouvri\u00e8re? En montrant que la classe ouvri\u00e8re est capable de diriger la lutte g\u00e9n\u00e9rale et en faisant la preuve de ses propres forces. C&rsquo;est ainsi que le camarade Manouilski a r\u00e9pondu \u00e0 cette question dans son discours de cl\u00f4ture \u00e0 la XIe&nbsp;assembl\u00e9e pl\u00e9ni\u00e8re du Comit\u00e9 ex\u00e9cutif de l&rsquo;Internationale communiste:<\/p> <p class=MsoQuote>Le prol\u00e9tariat ne peut conqu\u00e9rir ses allies qu&rsquo;en faisant la d\u00e9monstration de sa force et de la force de son avant-garde: le Parti communiste<a href=\"#_edn33\" name=\"_ednref33\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[33]<\/span><\/span><\/span><\/a>.<\/p> <p class=Texte>Les masses populaires de la ville et des champs, les classes moyennes, et en particulier les paysans, jouent incontestablement un r\u00f4le historique tr\u00e8s important. Mais, cependant, ce r\u00f4le n&rsquo;est jamais ind\u00e9pendant, soit qu&rsquo;elles tombent sous l&rsquo;influence de la grande bourgeoisie, du Capital, et deviennent l&rsquo;instrument de sa politique, soit qu&rsquo;elles s&rsquo;allient \u00e0 la classe ouvri\u00e8re.<\/p> <p class=Texte>Dans le premier cas, les r\u00e9sultats sont un renforcement de l&rsquo;exploitation et de l&rsquo;oppression de tous les travailleurs et \u00e0 notre \u00e9poque du fascisme. C&rsquo;est ce que montrent les exp\u00e9riences de la France en 1848&#8209;1852, de l&rsquo;Allemagne de 1918 \u00e0 1933, de l&rsquo;Espagne depuis 1931.<\/p> <p class=Texte>Dans le deuxi\u00e8me cas, les r\u00e9sultats sont la fin de l&rsquo;exploitation et de l&rsquo;oppression du peuple, l&rsquo;\u00e9panouissement de la d\u00e9mocratie et des libert\u00e9s populaires. C&rsquo;est ce que prouve de fa\u00e7on \u00e9clatante l&rsquo;exp\u00e9rience de l&rsquo;Union sovi\u00e9tique.<\/p> <p class=Texte>Enfin, notre Parti communiste doit &quot;d\u00e9penser des tr\u00e9sors d&rsquo;organisation&quot; pour unifier et consolider le mouvement populaire antifasciste.<\/p> <p class=Texte>Malgr\u00e9 de r\u00e9els progr\u00e8s, l&rsquo;organisation reste notre point faible. Les comit\u00e9s de front unique se comptent par milliers. Le mouvement d&rsquo;Amsterdam, sous la: direction attentive de Barbusse, rayonne \u00e0 lui seul sur 2&nbsp;000 comit\u00e9s. Mais c&rsquo;est encore bien insuffisant. En outre, beaucoup de comit\u00e9s sont constitu\u00e9s simplement au sommet par la r\u00e9union des repr\u00e9sentants des organisations participantes. L&rsquo;effort du Parti doit tendre vers l&rsquo;\u00e9lection d\u00e9mocratique de comit\u00e9s \u00e0 la base dans les usines, dans les assembl\u00e9es de village et de quartier. L&rsquo;exp\u00e9rience nous a d\u00e9j\u00e0 appris qu&rsquo;en ce domaine on doit faire appel \u00e0 l&rsquo;initiative des masses qui ont d\u00e9j\u00e0 trouv\u00e9 pour se grouper les formes les plus vari\u00e9es.<\/p> <p class=Intertitre2a>V.&nbsp;L&rsquo;organisation du front populaire<\/p> <p class=Texte>Notre Parti, en menant activement la politique de masse que je viens d&rsquo;esquisser, en s&rsquo;int\u00e9ressant aux revendications de toutes les couches laborieuses, en prenant position sur toutes les questions, a r\u00e9ussi \u00e0 faire triompher dans tout le pays le Front populaire. Nous sommes parvenus \u00e0 \u00e9tendre dans une mesure consid\u00e9rable le rayonnement de notre influence sur la classe ouvri\u00e8re et sur les petites gens des classes moyennes.<\/p> <p class=Texte>Quand le Comit\u00e9 central a con\u00e7u l&rsquo;id\u00e9e du Front populaire et qu&rsquo;il en a fix\u00e9 le programme, en octobre 1934, nous ne pouvions imaginer combien les succ\u00e8s en seraient rapides.<\/p> <p class=Texte>Nous avons d&rsquo;abord fait part de nos intentions au parti socialiste. Puis, sans attendre une r\u00e9ponse, qui tarda longtemps, nous avons pos\u00e9 la question dans un grand meeting central, d\u00e8s le lendemain de notre entrevue avec les repr\u00e9sentants du parti socialiste.<\/p> <p class=Texte>Le Parti mena une campagne soutenue dans la presse, par affiches, dans les meetings et \u00e0 la tribune de la Chambre. \u00c0 la veille de chacun des deux congr\u00e8s du parti radical, \u00e0 Nantes, en octobre, et \u00e0 Lyon en mars, le Parti communiste organisa de grands meetings o\u00f9 les repr\u00e9sentants du Comit\u00e9 central expos\u00e8rent notre conception du Front populaire, en s&rsquo;adressant tout particuli\u00e8rement aux d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s radicaux.<\/p> <p class=Texte>Une longue discussion publique s&rsquo;engagea avec le parti socialiste. Mais les ouvriers et les petites gens acclamaient le Front populaire. La formule et son contenu triomph\u00e8rent dans les masses au cours des derni\u00e8res \u00e9lections municipales. Les adversaires bourgeois fascistes eux-m\u00eames n&#8217;emploient plus d&rsquo;autre expression pour d\u00e9signer le large rassemblement antifasciste qui s&rsquo;op\u00e8re peu \u00e0 peu sous l&rsquo;influence de notre politique.<\/p> <p class=Texte>\u00c0 la fin du mois de mai, le Parti d\u00e9cida d&rsquo;\u00e9tendre encore le Front populaire et de s&rsquo;adresser aux partis de gauche en vue d&rsquo;une action contre les ligues fascistes, pour d\u00e9poser au Parlement une r\u00e9solution exigeant du gouvernement le d\u00e9sarmement et la dissolution des ligues fascistes. La fraction communiste, alors compos\u00e9e de 9&nbsp;d\u00e9put\u00e9s sur&nbsp;615 que compte la Chambre, prit l&rsquo;initiative d&rsquo;une r\u00e9union des groupes parlementaires de gauche. Le parti socialiste, invit\u00e9, s&rsquo;associa \u00e0 notre initiative. Le parti radical, le parti r\u00e9publicain-socialiste, le parti socialiste de France (n\u00e9o-socialiste), le groupe des ind\u00e9pendants de gauche et le groupe pupiste (compos\u00e9 de dissidents de notre Parti communiste) r\u00e9pondirent \u00e0 la convocation. La r\u00e9union eut lieu le 30&nbsp;mai. La discussion s&rsquo;engagea sur la d\u00e9claration faite par le repr\u00e9sentant du Parti communiste. Nous avons, nous communistes, avons-nous dit, la volont\u00e9 de battre le fascisme. Les \u00e9lections municipales et cantonales montrent que la majorit\u00e9 du pays est contre la politique dite d&rsquo;Union nationale qui fraye la voie au fascisme. Cette majorit\u00e9 peut trouver une expression ici m\u00eame, \u00e0 la Chambre, les groupes qui ont r\u00e9pondu \u00e0 notre invitation constituant la majorit\u00e9 de cette Chambre. Si cette majorit\u00e9 veut appliquer un programme frappant les riches et les sp\u00e9culateurs, soulageant les pauvres et les ch\u00f4meurs, nous, communistes, nous soutiendrons cette mesure. Si cette majorit\u00e9 veut d\u00e9fendre les libert\u00e9s d\u00e9mocratiques, non pas en paroles mais en prenant des mesures efficaces, telles que le d\u00e9sarmement et la dissolution des ligues fascistes, l&rsquo;arrestation de leurs chefs, nous soutiendrons ces mesures. Une telle politique, avons-nous ajoute, cr\u00e9erait, en outre, les conditions les meilleures pour le maintien de la paix et elle aurait notre appui non seulement au Parlement, mais dans tout le pays.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;impression fut consid\u00e9rable. Nos d\u00e9clarations furent renouvel\u00e9es en s\u00e9ance publique, \u00e0 la tribune de la Chambre.<\/p> <p class=Texte>Le soir m\u00eame, le gouvernement Flandin \u00e9tait renverse.<\/p> <p class=Texte>Nous avions donn\u00e9 un peu plus d&rsquo;audace aux d\u00e9put\u00e9s radicaux.<\/p> <p class=Texte>Ensuite, toujours sur l&rsquo;initiative des communistes, les groupes de gauche se r\u00e9unirent \u00e0 nouveau. Une discussion s&rsquo;engagea sur l&rsquo;\u00e9ventualit\u00e9 d&rsquo;un gouvernement de gauche. C&rsquo;est notre Parti communiste qui animait les s\u00e9ances, posait les questions, pr\u00e9cisant d&rsquo;ailleurs qu&rsquo;il n&rsquo;entendait nullement participer \u00e0 un gouvernement de gauche, mais d\u00e9clarant qu&rsquo;il \u00e9tait toujours pr\u00eat \u00e0 appuyer des dispositions favorables aux masses laborieuses. Le parti socialiste et le parti radical furent amen\u00e9s \u00e0 d\u00e9finir leur politique respective.<\/p> <p class=Texte>Dans l&rsquo;intervalle, le gouvernement Bouisson<a href=\"#_edn34\" name=\"_ednref34\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[34]<\/span><\/span><\/span><\/a> s&rsquo;\u00e9tait constitu\u00e9. Mais la pouss\u00e9e des masses, se refl\u00e9tant dans l&rsquo;attitude de la majorit\u00e9 des d\u00e9put\u00e9s radicaux, \u00e9lus par des paysans, fut telle que, le jour de sa pr\u00e9sentation, Bouisson \u00e9tait renvers\u00e9.<\/p> <p class=Texte>Et les s\u00e9ances de la d\u00e9l\u00e9gation des gauches reprirent.<\/p> <p class=Texte>Le parti socialiste soumit comme base de son accord \u00e0 une collaboration avec le parti radical un programme de socialisation dont je reparlerai encore et que le parti radical repoussa. Alors, notre Parti fit la d\u00e9claration suivante, rendue publique:<\/p> <p class=MsoQuote>Le Parti communiste constate qu&rsquo;\u00e0 deux reprises la Chambre s&rsquo;est prononc\u00e9e contre les pleins pouvoirs qui mettraient en p\u00e9ril les libert\u00e9s d\u00e9mocratiques et aggraveraient la situation des masses laborieuses.<\/p> <p class=MsoQuote>Ces votes traduisent la volont\u00e9 du pays, exprim\u00e9e notamment dans les \u00e9lections municipales et cantonales, de mettre fin \u00e0 la politique dite d&rsquo;Union nationale, \u00e0 laquelle sont sacrifies les int\u00e9r\u00eats les plus l\u00e9gitimes de la classe ouvri\u00e8re et de tous les travailleurs.<\/p> <p class=MsoQuote>Le Parti communiste, dont le programme fondamental comporte la socialisation des moyens de production et d&rsquo;\u00e9change, qui sera r\u00e9alis\u00e9e par le gouvernement ouvrier et paysan, croit qu&rsquo;il est possible et n\u00e9cessaire, dans le moment actuel, d&rsquo;appliquer une politique d&rsquo;action positive, s&rsquo;appuyant sur un large Front populaire.<\/p> <p class=MsoQuote>Le Parti communiste, renouvelant ses d\u00e9clarations ant\u00e9rieures concernant son attitude \u00e9ventuelle \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard d&rsquo;un gouvernement de gauche, rappelle qu&rsquo;il est dispose \u00e0 appuyer \u00e0 la Chambre et dans le pays toutes mesures propres \u00e0 assurer la sauvegarde du franc, la r\u00e9pression \u00e9nergique de la sp\u00e9culation, la protection des int\u00e9r\u00eats de la population laborieuse, la d\u00e9fense des libert\u00e9s d\u00e9mocratiques, le d\u00e9sarmement et la dissolution des ligues fascistes et le maintien de la paix.<\/p> <p class=Texte>Le minist\u00e8re Laval fut constitu\u00e9 entre-temps. Le Parti communiste avait jou\u00e9 un r\u00f4le de premier plan au cours des deux crises minist\u00e9rielles. La presse r\u00e9actionnaire et fasciste souligna de ses cris de col\u00e8re le succ\u00e8s de notre tactique.<\/p> <p class=Texte>Le comit\u00e9 d&rsquo;Amsterdam-Pleyel prit \u00e0 ce moment l&rsquo;initiative du rassemblement populaire du 14&nbsp;juillet. Il re\u00e7ut l&rsquo;adh\u00e9sion de nombreux groupements et organisations parmi lesquels la CGT et le parti radical. Le Comit\u00e9 ex\u00e9cutif du parti radical, convoqu\u00e9 sp\u00e9cialement \u00e0 cet effet, fut unanime \u00e0 une voix pr\u00e8s dans sa d\u00e9cision.<\/p> <p class=Texte>Et maintenant? Le Parti a influenc\u00e9, a entra\u00een\u00e9 vers la gauche, vers la classe ouvri\u00e8re, des masses importantes des couches moyennes. S&rsquo;appuyant sur la pouss\u00e9e des masses, le Parti communiste a contribu\u00e9 \u00e0 jeter bas deux minist\u00e8res successifs. De nouveaux probl\u00e8mes vont se poser devant notre Parti. Il s&rsquo;agit de l&rsquo;\u00e9ventualit\u00e9 d&rsquo;un gouvernement du front unique ou du Front populaire antifasciste.<\/p> <p class=Texte>Certes, il ne saurait \u00eatre question de combinaisons parlementaires analogues \u00e0 celle de Brandler<a href=\"#_edn35\" name=\"_ednref35\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[35]<\/span><\/span><\/span><\/a> en Saxe en 1923<a href=\"#_edn36\" name=\"_ednref36\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[36]<\/span><\/span><\/span><\/a>. Il ne s&rsquo;agit pas non plus, d&rsquo;un &quot;gouvernement ouvrier&quot;, du genre de ceux que nous avons connus ou que nous connaissons encore, en Angleterre et dans tel ou tel pays scandinave; encore moins de ces gouvernements de coalition comme ceux auxquels participent ou ont particip\u00e9 les partis socialistes en Belgique, en Tch\u00e9coslovaquie et en Espagne. Il ne s&rsquo;agit pas de g\u00e9rer les affaires de la bourgeoisie. Il s&rsquo;agit de se battre contre le fascisme, de lui barrer \u00e0 tout prix le chemin du pouvoir, en s&rsquo;appuyant sur la pouss\u00e9e de masses et sur l&rsquo;action extra-parlementaire.<\/p> <p class=Texte>Nous, communistes, nous luttons pour le pouvoir des Soviets, pour la dictature du prol\u00e9tariat. Nous savons que c&rsquo;est le seul moyen d&rsquo;en finir \u00e0 jamais avec la crise, la mis\u00e8re, le fascisme et la guerre. Mais nous savons aussi que pour l&rsquo;instant une minorit\u00e9 seulement de la classe ouvri\u00e8re et surtout une minorit\u00e9 seulement du peuple de France, partage notre conviction et se bat avec la ferme volont\u00e9 d&rsquo;\u00e9tablir le pouvoir des Soviets. C&rsquo;est pourquoi le pouvoir des Soviets ne peut constituer le but imm\u00e9diat de notre lutte actuelle. Mais, tout en \u00e9tant la minorit\u00e9, nous pouvons et nous devons diriger la majorit\u00e9 du pays qui est r\u00e9solue \u00e0 \u00e9viter \u00e0 tout prix l&rsquo;\u00e9tablissement d&rsquo;une dictature fasciste, nous pouvons et nous devons convaincre les masses, dans la lutte et sur la base de leur propre exp\u00e9rience, de la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;aboutir \u00e0 la R\u00e9publique des Soviets.<\/p> <p class=Texte>Le m\u00e9contentement qui s&rsquo;accumule et se manifeste par de nombreuses d\u00e9monstrations contre les d\u00e9crets-lois peut exploser et aboutir au renversement du gouvernement Laval. Le d\u00e9veloppement du Front populaire, son renforcement constant peuvent l&rsquo;amener \u00e0 prendre la succession des gouvernements d&rsquo;Union nationale.<\/p> <p class=Texte>Une nouvelle crise minist\u00e9rielle signifiera le d\u00e9but d&rsquo;une crise politique s\u00e9rieuse. Laval aurait dit \u00e0 Herriot: &quot;Si je pars sur l&rsquo;opposition des radicaux, les vacances parlementaires se termineront par une dictature des Croix de Feu.&quot; Le Parti communiste, animateur du Front populaire, peut peser d&rsquo;un poids d\u00e9cisif sur les \u00e9v\u00e9nements. Si le Front populaire manque de coh\u00e9sion et de hardiesse, au gouvernement Laval, au gouvernement de l&rsquo;Union nationale peut succ\u00e9der une formation politique encore plus r\u00e9actionnaire, peut m\u00eame succ\u00e9der une dictature fasciste. Il faut se souvenir des \u00e9tapes qui ont conduit, par des voies en apparence l\u00e9gales, du gouvernement M\u00fcller au gouvernement Hitler en passant par <span lang=DE>Br\u00fcning, von&nbsp;Papen<\/span> et <span lang=DE>von&nbsp;Schleicher<a name=\"NOT_a\"><\/a><a href=\"#_edn37\" name=\"_ednref37\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span lang=DE style='font-size:12.0pt;font-family: \"Garamond\",\"serif\"'>[37]<\/span><\/span><\/span><\/a><\/span>.<\/p> <p class=Texte>Si, au contraire, le Parti communiste lance, propage, popularise et fait admettre \u00e0 temps, dans les conditions o\u00f9 la crise r\u00e9volutionnaire surgirait et s&rsquo;aggraverait, un minimum de mesures de caract\u00e8re transitoire qui puissent &quot;\u00e9branler davantage le pouvoir \u00e9conomique et politique de la bourgeoisie et augmenter les forces de la classe ouvri\u00e8re&quot;, alors la pouss\u00e9e du mouvement des masses peut imposer la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;un gouvernement du Front populaire, que notre Parti appuierait et auquel il pourrait m\u00eame participer le cas \u00e9ch\u00e9ant.<\/p> <p class=Texte>La bataille antifasciste deviendrait encore plus rude, car l&rsquo;assaut r\u00e9actionnaire et fasciste serait brutal et imm\u00e9diat. Mais le Front populaire et le Parti communiste auraient occup\u00e9 de nouvelles positions, que nous aurions \u00e0 utiliser pour pr\u00e9parer l&rsquo;instauration du pouvoir des Soviets, de la dictature du prol\u00e9tariat.<\/p> <p class=Texte>C&rsquo;est sans doute une politique audacieuse qui exige beaucoup de fermet\u00e9 et de prudence. Notre Parti peut la r\u00e9aliser; il ne risque plus de se confondre ou d&rsquo;\u00eatre confondu avec les autres partis. Nous avons conquis de haute lutte, par quinze ann\u00e9es de bataille, notre place, dans l&rsquo;ar\u00e8ne politique. Non seulement le Parti communiste, ses membres et ses militants, et aussi ses sympathisants ont conscience de leur r\u00f4le unique, et des buts uniques, qu&rsquo;ils poursuivent de fa\u00e7on absolument ind\u00e9pendante&nbsp;&#8209; mais les allies et les adversaires du communisme reconnaissent d\u00e9sormais, chacun \u00e0 leur fa\u00e7on, notre originalit\u00e9 prol\u00e9tarienne et r\u00e9volutionnaire, et ils tiennent compte de notre force et de notre activit\u00e9 propres.<\/p> <p class=Texte>Nous devons en particulier cette ind\u00e9pendance \u00e0 l&rsquo;application de la tactique &quot;classe contre classe&quot; qui nous a fait appara\u00eetre sur un plan absolument diff\u00e8rent, distinct de tous les autres partis, y compris du parti socialiste. Notre action du 9&nbsp;f\u00e9vrier a \u00e9t\u00e9 guid\u00e9e par ces principes d&rsquo;ind\u00e9pendance.<\/p> <p class=Intertitre2a>VI.&nbsp;La lutte pour l&rsquo;unit\u00e9 de la classe ouvri\u00e8re<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;Internationale communiste n&rsquo;a pas cess\u00e9 de combattre pour que se r\u00e9alise le d\u00e9sir d&rsquo;unit\u00e9 de la classe ouvri\u00e8re. Elle n&rsquo;a pas cess\u00e9 de pr\u00e9coniser l&rsquo;unit\u00e9 de lutte de tous les prol\u00e9taires. Elle s&rsquo;est adress\u00e9e vainement, depuis de nombreuses ann\u00e9es a l&rsquo;Internationale ouvri\u00e8re socialiste en vue d&rsquo;organiser le front unique dans tous les pays.<\/p> <p class=Texte>Le 5&nbsp;mars 1933, l&rsquo;Internationale communiste invitait les Partis communistes \u00e0 s&rsquo;adresser aux partis socialistes en vue de r\u00e9aliser partout le bloc de tous les travailleurs contre les progr\u00e8s mena\u00e7ants de l&rsquo;offensive du fascisme et d&rsquo;assurer l&rsquo;aide \u00e0 nos fr\u00e8res d&rsquo;Allemagne.<\/p> <p class=Texte>Le 10&nbsp;octobre 1934, l&rsquo;Internationale communiste s&rsquo;adressait directement aux ouvriers socialistes et \u00e0 leur direction, pour l&rsquo;organisation urgente de l&rsquo;action commune en faveur des ouvriers et des paysans d&rsquo;Espagne attaques f\u00e9rocement par la r\u00e9action, les fascistes et les monarchistes.<\/p> <p class=Texte>Le 15&nbsp;octobre 1934 eut lieu l&rsquo;entrevue de Bruxelles, o\u00f9, au nom de l&rsquo;Internationale communiste, nous rencontr\u00e2mes, Cachin et moi, les repr\u00e9sentants de l&rsquo;Internationale ouvri\u00e8re socialiste<a name=\"NOT_b\"><\/a><a href=\"#_edn38\" name=\"_ednref38\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[38]<\/span><\/span><\/span><\/a>: Vandervelde<a href=\"#_edn39\" name=\"_ednref39\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[39]<\/span><\/span><\/span><\/a> et Friedrich Adler<a href=\"#_edn40\" name=\"_ednref40\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[40]<\/span><\/span><\/span><\/a>.<\/p> <p class=Texte>Alors que nous pressions les dirigeants de la social-d\u00e9mocratie internationale de r\u00e9pondre favorablement \u00e0 notre proposition loyale et s\u00e9rieuse, ils nous pos\u00e8rent la question: &quot;Est-ce une manoeuvre de grand style ou un changement de cours a Moscou?&quot; Nous avons r\u00e9pliqu\u00e9 comme il convenait. Notre camarade Cachin disait<a href=\"#_edn41\" name=\"_ednref41\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[41]<\/span><\/span><\/span><\/a>:<\/p> <p class=MsoQuote>Je suis pein\u00e9 de vous entendre parler de manoeuvres&#8230; Nous sommes dans une Europe aux deux tiers fasciste; si demain le fascisme s&rsquo;\u00e9tablit en Espagne [nous \u00e9tions en pleine bataille des Asturies (M.T.)], quelle force, quelle puissance ne va-t-il pas acqu\u00e9rir et combien le fascisme en France ne va-t-il pas tirer de l\u00e0 un encouragement formidable? Combien partout dans l&rsquo;univers le fascisme ne deviendra-t-il pas dangereux? Et penser alors que nous songerions \u00e0 des manoeuvres, ce serait vraiment \u00e0 l&rsquo;heure actuelle avoir de nous une bien m\u00e9diocre opinion. Le danger est l\u00e0, le feu est dans nos maisons, la classe ouvri\u00e8re est menac\u00e9e partout de la mani\u00e8re la plus tragique.<\/p> <p class=Texte>Et j&rsquo;ajoutai:<\/p> <p class=MsoQuote>Je vous dirai tr\u00e8s franchement, citoyen Adler, qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de nouveau cours, ni de manoeuvre de grand style du c\u00f4t\u00e9 de Moscou. Il n&rsquo;y a pas et il n&rsquo;y aura pas de changement dans la politique de l&rsquo;Internationale communiste&#8230; Nous consid\u00e9rons comme juste ce que nous avons fait.<\/p> <p class=MsoQuote>J&rsquo;ajoute m\u00eame que nous consid\u00e9rons que l&rsquo;exp\u00e9rience des bolch\u00e9viks, en contraste avec l&rsquo;exp\u00e9rience des partis socialistes, dans d&rsquo;autres pays, nous para\u00eet d\u00e9sormais concluante, je dirai m\u00eame d\u00e9cisive<a href=\"#_edn42\" name=\"_ednref42\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[42]<\/span><\/span><\/span><\/a>.<\/p> <p class=Texte>Vous connaissez les r\u00e9sultats: les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s de la IIe&nbsp;Internationale ajourn\u00e8rent leur r\u00e9ponse jusqu&rsquo;\u00e0 la tenue de la conf\u00e9rence de leur Internationale, r\u00e9unie \u00e0 Paris au mois de novembre. Cet ajournement \u00e9quivalait \u00e0 un refus. Et, \u00e0 cette conf\u00e9rence, les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s ne purent se mettre d&rsquo;accord sur la teneur de leur r\u00e9ponse \u00e0 l&rsquo;Internationale communiste. Ils durent se borner \u00e0 retirer, ainsi qu&rsquo;ils se sont eux-m\u00eames exprim\u00e9s dans leur lettre, leur r\u00e9solution des 18&nbsp;et 19&nbsp;mars 1933, interdisant \u00e0 leurs partis d&rsquo;\u00e9tablir le front unique \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle nationale. D\u00e9sormais, \u00e9crivaient-ils, chaque parti socialiste reste libre d&rsquo;agir \u00e0 sa guise.<\/p> <p class=Texte>Nous avions remport\u00e9 un premier grand succ\u00e8s.<\/p> <p class=Texte>Faut-il rappeler encore qu&rsquo;au mois d&rsquo;avril, notre Internationale communiste s&rsquo;est adress\u00e9e a nouveau \u00e0 l&rsquo;Internationale ouvri\u00e8re socialiste pour lui demander d&rsquo;organiser en commun les d\u00e9monstrations du 1er&nbsp;mai, contre le fascisme et la guerre, cette fois encore en vain.<\/p> <p class=Texte>Cependant le front unique s&rsquo;organisait peu \u00e0 peu en France.<\/p> <p class=Texte>Depuis 1923, en douze ann\u00e9es, nous nous sommes adresses 26&nbsp;fois au parti socialiste. Nous avions essuy\u00e9 chaque fois un refus, parfois m\u00eame grossier. Le premier pas s\u00e9rieux fut r\u00e9alis\u00e9 en juillet 1932 avec le congr\u00e8s d&rsquo;Amsterdam. Au congr\u00e8s d&rsquo;Amsterdam, la d\u00e9l\u00e9gation fran\u00e7aise comprenait de nombreux socialistes d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s officiellement par des sections, et m\u00eame des f\u00e9d\u00e9rations. Malgr\u00e9 les sanctions et les exclusions dont furent l&rsquo;objet les camarades socialistes, un contact fraternel s&rsquo;\u00e9tablit dans les comit\u00e9s d&rsquo;Amsterdam.<\/p> <p class=Texte>Au mois de mars 1933, lorsque, sur la base de la lettre de l&rsquo;Internationale communiste, nous nous sommes adress\u00e9s aux ouvriers socialistes et \u00e0 leur direction, on ne nous a pas r\u00e9pondu directement, mais Blum s&#8217;employa dans une s\u00e9rie d&rsquo;articles \u00e0 d\u00e9tourer son parti du front unique.<\/p> <p class=Texte>Mais d\u00e9j\u00e0 les \u00e9v\u00e9nements internationaux, et notamment ceux d&rsquo;Allemagne, influen\u00e7aient l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit des ouvriers socialistes.<\/p> <p class=Texte>Le 6&nbsp;f\u00e9vrier 1934 donna l&rsquo;\u00e9lan d\u00e9cisif. Les ouvriers socialistes se jet\u00e8rent dans la bataille aux c\u00f4t\u00e9s des ouvriers communistes, participant \u00e0 l&rsquo;action d\u00e9cid\u00e9e par notre Parti \u00e0 Paris et en province.<\/p> <p class=Texte>Le 30&nbsp;mai, nous nous adressions \u00e0 la Commission administrative permanente du parti socialiste en lui demandant d&rsquo;organiser en commun la lutte pour la lib\u00e9ration de Thaelmann. Nous avions pour la premi\u00e8re fois une entrevue avec Blum et Zyromski<a href=\"#_edn43\" name=\"_ednref43\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[43]<\/span><\/span><\/span><\/a>. Apr\u00e8s plusieurs semaines de r\u00e9flexions, la direction du parti socialiste refusa une fois de plus le front unique. Mais, dans l&rsquo;intervalle, la F\u00e9d\u00e9ration socialiste de la Seine avait accept\u00e9 d&rsquo;organiser et de participer le 8&nbsp;juillet \u00e0 une d\u00e9monstration commune contre les Croix de feu. Depuis, les initiatives communistes obtinrent de plus en plus la faveur des ouvriers socialistes. Le Conseil national socialiste, r\u00e9uni le 15&nbsp;juillet pour se prononcer sur notre proposition publique d&rsquo;un Pacte de lutte commune contre la guerre et le fascisme, accepta enfin le front unique.<\/p> <p class=Texte>Vous connaissez le contenu du Pacte. Il s&rsquo;agit d&rsquo;organiser l&rsquo;action en commun, de mettre en commun nos moyens d&rsquo;organisation pour la lutte contre le fascisme. Nous avions propos\u00e9 que l&rsquo;action contre les d\u00e9crets-lois comport\u00e2t, en plus des moyens habituels d&rsquo;agitation et des manifestations publiques, la pr\u00e9paration et le d\u00e9clenchement de gr\u00e8ves. Nous avions propos\u00e9 que le Parti communiste et le parti socialiste, ensemble, s&rsquo;adressent aux deux centrales syndicales, CGT et CGTU. Le parti socialiste a refus\u00e9. Pour conclure le pacte, nous avons fait une concession \u00e0 propos de la critique, en nous inspirant de la lettre de l&rsquo;Internationale communiste en date du 5&nbsp;mai 1933. Nous avons souscrit au texte ci-apr\u00e8s:<\/p> <p class=MsoQuote>Au cours de cette action commune, les deux partis s&rsquo;abstiendront r\u00e9ciproquement d&rsquo;attaques et de critiques contre les organismes et les militants participant loyalement a l&rsquo;action. Toutefois, chaque parti, en dehors de l&rsquo;action commune, gardera son ind\u00e9pendance pour d\u00e9velopper sa propagande sans injures ni outrages \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de l&rsquo;autre Parti et pour assurer son propre recrutement.<\/p> <p class=Texte>Le pacte a beaucoup donne \u00e0 la classe ouvri\u00e8re en France. Il a renforc\u00e9 l&rsquo;\u00e9lan vers l&rsquo;unit\u00e9 syndicale, il a permis d&rsquo;entra\u00eener plus efficacement les classes moyennes. Mais ce qu&rsquo;il faut souligner c&rsquo;est qu&rsquo;avant comme depuis la signature du pacte, notre Parti \u00e0 aucun moment n&rsquo;a oubli\u00e9 que le contenu essentiel du front unique, c&rsquo;est l&rsquo;action.<\/p> <p class=Texte>Nous avons pris l&rsquo;initiative de l&rsquo;action le 9&nbsp;f\u00e9vrier 1934. Puis le 10&nbsp;f\u00e9vrier 1935, lorsque le Parti communiste a d\u00e9cid\u00e9 seul d&rsquo;inviter le prol\u00e9tariat parisien \u00e0 honorer la m\u00e9moire de ses morts du 9&nbsp;f\u00e9vrier 1934. Nous avons ensuite propose au parti socialiste de participer \u00e0 notre manifestation.<\/p> <p class=Texte>Nous avons \u00e9galement eu l&rsquo;initiative, le 19&nbsp;mai, cette ann\u00e9e, \u00e0 l&rsquo; occasion de la manifestation traditionnelle du Mur, organis\u00e9e sous la direction du Comit\u00e9 central du Parti communiste. Sous l&rsquo;influence d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments trotskisants, la F\u00e9d\u00e9ration socialiste de la Seine voulait nous engager, le 19&nbsp;mai, \u00e0 participer \u00e0 une contre-manifestation contre les Croix de feu. Nous lui avons r\u00e9pondu: &quot;Voil\u00e0 notre d\u00e9cision. Si vous voulez aller au Mur des F\u00e9d\u00e9r\u00e9s le&nbsp;19, c&rsquo;est bon, vous aurez votre place dans le cort\u00e8ge. Si vous ne voulez pas, nous irons au Mur sans vous.&quot; Et la F\u00e9d\u00e9ration socialiste de la Seine a d\u00fb renoncer \u00e0 son projet et se joindre \u00e0 notre cort\u00e8ge. 200&nbsp;000 travailleurs \u00e9taient au Mur sous la direction du Parti communiste.<\/p> <p class=Texte>Parall\u00e8lement \u00e0 l&rsquo;organisation du front unique \u00e0 la base, nous nous sommes efforc\u00e9s de d\u00e9velopper la lutte pour l&rsquo;unit\u00e9 syndicale. La prochaine \u00e9tape de l&rsquo;organisation de l&rsquo;unit\u00e9 de la classe ouvri\u00e8re en France doit \u00eatre la r\u00e9alisation de l&rsquo;unit\u00e9 syndicale.<\/p> <p class=Texte>Je veux souligner combien, gr\u00e2ce au front unique, nous avons pu avancer dans la voie de l&rsquo;unit\u00e9 syndicale, et cela malgr\u00e9 la grande r\u00e9sistance de certains dirigeants r\u00e9formistes. 700&nbsp;syndicats uniques ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s. Les unions de r\u00e9seaux de cheminots &#8209;&nbsp;\u00e0 l&rsquo;exception de deux&nbsp;&#8209; se sont unifi\u00e9es. Des unions locales uniques et des unions d\u00e9partementales uniques ont \u00e9t\u00e9 constitu\u00e9es.<\/p> <p class=Texte>La direction de la CGT a d\u00fb accepter de reprendre la discussion avec les repr\u00e9sentants de la CGTU en vue de la r\u00e9alisation de l&rsquo;unit\u00e9 syndicale.<\/p> <p class=Texte>Une tr\u00e8s grande responsabilit\u00e9 p\u00e8se maintenant sur les Partis communistes en pr\u00e9sence de la crise de l&rsquo;Internationale ouvri\u00e8re socialiste, en pr\u00e9sence de la r\u00e9gression de son influence, de ses effectifs. Il s&rsquo;agit de ne pas laisser aller les ouvriers socialistes \u00e0 la d\u00e9sillusion et au d\u00e9sespoir. Il s&rsquo;agit m\u00eame de ne pas laisser une partie d&rsquo;entre eux tomber sous l&rsquo;influence du fascisme et de les amener maintenant \u00e0 la lutte commune contre le fascisme, m\u00eame s&rsquo;ils ne sont pas encore enti\u00e8rement d&rsquo;accord avec nous, m\u00eame s&rsquo;ils conservent contre nous des pr\u00e9ventions que la lutte commune att\u00e9nuera ou fera dispara\u00eetre.<\/p> <p class=Texte>Nous avons travaill\u00e9, selon l&rsquo;expression de Blum, \u00e0 rendre le front unique &quot;in\u00e9vitable&quot; et l&rsquo;avons, en effet, rendu in\u00e9vitable. En signant le Pacte, certains dirigeants socialistes ont pens\u00e9 r\u00e9tablir leur autorit\u00e9 sur des adh\u00e9rents et des organisations socialistes qui \u00e9taient amen\u00e9s peu \u00e0 peu \u00e0 choisir entre la discipline de parti et le front unique n\u00e9cessaire avec les communistes. Mais les ouvriers ont parfois le sentiment que certains dirigeants du parti socialiste recherchent toutes les occasions de susciter ou d&rsquo;aggraver les difficult\u00e9s, de ralentir l&rsquo;action commune, voire de rompre le front unique.<\/p> <p class=Texte>Trois faits pr\u00e9cis ont contribu\u00e9 \u00e0 donner cette impression.<\/p> <p class=Texte>C&rsquo;est d&rsquo;abord la discussion sur le Front populaire.<\/p> <p class=Texte>Le parti socialiste, d\u00e8s le d\u00e9but, a \u00e9t\u00e9 hostile \u00e0 notre conception de Front populaire. Il a tendance \u00e0 consid\u00e9rer les diff\u00e9rents probl\u00e8mes sous un aspect parlementaire et manifeste une certaine crainte de l&rsquo;action des masses. Mais il voulait se donner une allure plus gauche. Il a trouv\u00e9 notre programme trop mod\u00e9r\u00e9; il a trouv\u00e9 que revendiquer le pr\u00e9l\u00e8vement sur le capital n&rsquo;\u00e9tait pas suffisant. Il a propos\u00e9 la socialisation des banques et des grandes industries.<\/p> <p class=Texte>Nous avons tr\u00e8s tranquillement r\u00e9plique: &quot;Nous, communistes, nous sommes pour la socialisation, nous sommes pour l&rsquo;expropriation pure et simple des expropriateurs capitalistes, mais nous consid\u00e9rons que pour socialiser, il faut remplir une condition, une toute petite condition: poss\u00e9der le pouvoir, prendre le pouvoir. Or, pour prendre le pouvoir il n&rsquo;y a jusqu&rsquo;alors qu&rsquo;une m\u00e9thode qui ait fait ses preuves, c&rsquo;est la m\u00e9thode des bolch\u00e9viks, l&rsquo;insurrection victorieuse du prol\u00e9tariat, l&rsquo;exercice de la dictature du prol\u00e9tariat et le pouvoir des Soviets. Cependant, nous, communistes, nous ne vous proposons pas, \u00e0 vous, socialistes, notre programme fondamental. Nous vous proposons de vous mettre d&rsquo;accord avec nous sur ce qu&rsquo;il est possible de faire ensemble des aujourd&rsquo;hui. Ne nous demandez pas d&rsquo;adopter votre programme. Nous pouvons ensemble lutter pour les revendications imm\u00e9diates; nous pouvons imposer un pr\u00e9l\u00e8vement sur le capital. Cette revendication du pr\u00e9l\u00e8vement sur le capital, nous avons d&rsquo;autant plus de chances de la faire admettre qu&rsquo;elle a figure autrefois dans le programme du parti radical. C&rsquo;est au surplus une mesure qui a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9e en d&rsquo;autres pays.&quot;<\/p> <p class=Texte>Apr\u00e8s quatre mois de discussions publiques, men\u00e9es dans les colonnes de notre journal l&rsquo;Humanit\u00e9 et par l&rsquo;\u00e9change de documents, de lettres, de r\u00e9solutions, il a fallu constater le d\u00e9saccord persistant. Nous avons poursuivi notre effort. Et le congr\u00e8s socialiste de Mulhouse, apr\u00e8s les \u00e9lections municipales et cantonales, a d\u00fb adopter une r\u00e9solution en faveur du Front populaire.<\/p> <p class=Texte>Deuxi\u00e8me fait. Au moment de l&rsquo;assassinat criminel de notre camarade Kirov<a href=\"#_edn44\" name=\"_ednref44\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[44]<\/span><\/span><\/span><\/a> le prol\u00e9tariat de l&rsquo;Union sovi\u00e9tique, son Parti communiste ont pris \u00e9nergiquement, comme se devaient de le faire les prol\u00e9taires qui d\u00e9tiennent le pouvoir, des mesures s\u00e9v\u00e8res, rigoureuses, contre les assassins et leurs auxiliaires.<\/p> <p class=Texte>Les bolch\u00e9viks ont appris et retenu la le\u00e7on des r\u00e9volutions pass\u00e9es. Ils savent que la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 des Communards \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des Versaillais a \u00e9t\u00e9 pay\u00e9e par l&rsquo;assassinat f\u00e9roce de 35&nbsp;000 Communards. Les bolch\u00e9viks ont frapp\u00e9 les assassins du glaive de la justice prol\u00e9tarienne, mais ces contre-r\u00e9volutionnaires ont trouv\u00e9 des avocats jusque parmi des socialistes.<\/p> <p class=Texte>L\u00e9on Blum \u00e9crivit un article larmoyant. Son journal <i>le Populaire<\/i> publia l&rsquo;odieuse d\u00e9claration des mencheviks russes. Nous avons riposte \u00e9nergiquement et sans tarder et dit vertement leur fait aux mencheviks. Nous avons rappel\u00e9 la phrase historique de Robespierre: &quot;La sensibilit\u00e9 qui g\u00e9mit seulement sur les mis\u00e8res des ennemis du peuple nous est suspecte.&quot; Nous avons proclame notre enti\u00e8re solidarit\u00e9 avec la justice r\u00e9volutionnaire, avec les bolch\u00e9viks. Les mencheviks et leurs amis se sont tus.<\/p> <p class=Texte>Troisi\u00e8me fait. Quand fut conclu le pacte d&rsquo;assistance mutuelle franco-sovietique, et surtout quand, \u00e0 la suite des entretiens du pr\u00e9sident du Conseil Laval avec notre camarade Staline, fut publi\u00e9 le communique, la presse bourgeoise eut la pr\u00e9tention de triompher des communistes de France. Elle soulignait bruyamment la d\u00e9claration de Staline, &quot;comprenant et approuvant la politique de d\u00e9fense nationale de la France&quot;, et &quot;la n\u00e9cessit\u00e9 pour le pays de mettre ses moyens mat\u00e9riels au niveau de sa d\u00e9fense&quot;. L&rsquo;attaque ne vint pas seulement du c\u00f4t\u00e9 r\u00e9actionnaire.<\/p> <p class=Texte>Le parti\u00b7 socialiste, ses journaux, nous cribl\u00e8rent de leurs sarcasmes. L\u00e9on Blum \u00e9crivit qu&rsquo;il n&rsquo;en revenait pas. Il se demandait, il s&rsquo;interrogeait: &quot;Staline a-t-il bien r\u00e9fl\u00e9chi, avant de d\u00e9sapprouver l&rsquo;action du Parti communiste et du parti socialiste?&quot;<\/p> <p class=Texte>Trotskistes, ren\u00e9gats, pupistes, Doriot en t\u00eate, jou\u00e8rent leur vilain r\u00f4le.<\/p> <p class=Texte>D\u00e8s le lendemain de la publication du communique avait lieu une assembl\u00e9e des communistes et sympathisants de Paris. Le rapporteur du Bureau politique d\u00e9clarait en substance: 1\u00b0&nbsp;la politique de paix de l&rsquo;Union sovi\u00e9tique est conforme aux directives historiques de L\u00e9nine, elle est men\u00e9e fermement par Staline, elle r\u00e9pond aux int\u00e9r\u00eats du prol\u00e9tariat international; 2\u00b0&nbsp;\u00e9tant donn\u00e9 la situation internationale et notamment l&rsquo;accession en Allemagne du fascisme, il y a momentan\u00e9ment co\u00efncidence entre les int\u00e9r\u00eats de la France bourgeoise et de l&rsquo;Union sovi\u00e9tique, contre Hitler et son national-socialisme, principaux instigateurs de la guerre en Europe.<\/p> <p class=Texte>Nous avons ajoute: &quot;La classe ouvri\u00e8re de France et son Parti communiste continuent r\u00e9solument leur lutte contre la bourgeoisie de France; ils restent contre toute union sacr\u00e9e, contre l&rsquo;utilisation \u00e9ventuelle de l&rsquo;arm\u00e9e contre la classe ouvri\u00e8re, contre le joug que l&rsquo;imp\u00e9rialisme fran\u00e7ais fait peser sur les peuples coloniaux. Nous n&rsquo;avons pas \u00e0 nous solidariser avec la politique de classe de la bourgeoisie fran\u00e7aise. Nous continuons \u00e0 d\u00e9noncer et a protester an nom de la classe ouvri\u00e8re, \u00e0 la t\u00eate de la classe ouvri\u00e8re, contre l&rsquo;augmentation des cr\u00e9dits militaires, contre le retour aux deux ans. Mais nous, communistes de France, qui ne jugeons pas de la guerre a la fa\u00e7on des partis bourgeois, des r\u00e9formistes ou des pacifistes, nous d\u00e9clarons qu&rsquo;en cas d&rsquo;agression contre l&rsquo;Union sovi6tique, nous saurons rassembler toutes les forces et la d\u00e9fendre par tous les moyens.&quot;<\/p> <p class=Texte>\u00c0 la suite de ce rapport, une r\u00e9solution unanime, moins une voix, fut adopt\u00e9e par les 5000 assistants. Les communistes s&rsquo;en all\u00e8rent dans les assembl\u00e9es, dans les r\u00e9unions, dans les meetings organis\u00e9s par le Parti \u00e0 l&rsquo;occasion des \u00e9lections cantonales. Ils d\u00e9velopp\u00e8rent le contenu de la grande affiche que nous avions fait placarder imm\u00e9diatement, sous le titre: &quot;Staline a raison&quot;. Dans cette affiche nous avions reproduit et commente les sages paroles prononc\u00e9es par le chef du prol\u00e9tariat international, notre camarade Staline.<\/p> <p class=Texte>Les r\u00e9sultats: aux \u00e9lections cantonales, qui eurent lieu 8&nbsp;jours apr\u00e8s, notre Parti communiste augmentait encore ses voix sur les \u00e9lections municipales; il obtenait 25&nbsp;si\u00e8ges sur 50&nbsp;au conseil g\u00e9n\u00e9ral de la Seine. Nous ne poss\u00e9dions que 4&nbsp;si\u00e8ges auparavant. Les prol\u00e9taires, les travailleurs de la banlieue rouge, et par eux, le peuple de France \u00e9clair\u00e9 par notre Parti communiste, faisait confiance \u00e0 Staline, au chef \u00e9prouv\u00e9 de notre Internationale communiste.<\/p> <p class=Texte>Que penser encore du fait suivant: la Commission administrative permanente du parti socialiste d\u00e9cide avec le Comit\u00e9 central du Parti communiste une campagne en commun a propos de l&rsquo;anniversaire de la guerre et pour c\u00e9l\u00e9brer la m\u00e9moire de Jaur\u00e8s et de Guesde. Or, \u00e0 Roubaix, un des dirigeants socialistes les plus en vue, Lebas, organise une manifestation dont il exclut les communistes et les unitaires.<\/p> <p class=Texte>Nous continuerons \u00e0 Roubaix, dans le Nord, et dans tout le pays \u00e0 travailler pour que se r\u00e9alise effectivement le front unique.<\/p> <p class=Texte>Au lendemain du congr\u00e8s de Mulhouse, un membre de la Commission administrative permanente \u00e9crivit dans <i>le Populaire<\/i>: &quot;Qu&rsquo;il y ait un malaise dans le parti, la chose n&rsquo;est pas \u00e0 contester&#8230; Le diff\u00e9rend essentiel, ajoute-t-il, porte sur l&rsquo;unit\u00e9 d&rsquo;action.&quot;<\/p> <p class=Texte>Pendant longtemps les dirigeants socialistes oppos\u00e8rent l&rsquo;unit\u00e9 au front unique, mais notre Parti r\u00e9pondait: &quot;Le front unique pr\u00e9parera le parti unique.&quot; Lorsque gr\u00e2ce \u00e0 nos efforts et au soutien des masses, l&rsquo;unit\u00e9 d&rsquo;action commen\u00e7a \u00e0 se r\u00e9aliser et \u00e0 s&rsquo;\u00e9tendre, nous avons nous-m\u00eames formule notre conception du parti prol\u00e9tarien unique.<\/p> <p class=Texte>Nous avons propos\u00e9, en novembre dernier, au Conseil national du parti socialiste de r\u00e9unir une conf\u00e9rence nationale d&rsquo;unification, de tenir des .assembl\u00e9es communes ouvertes aux membres des Partis communiste et socialiste, et de faire discuter dans ces assembl\u00e9es communes les probl\u00e8mes de l&rsquo;action imm\u00e9diate et la question du parti unique du prol\u00e9tariat.<\/p> <p class=Texte>Nous avons renouvel\u00e9 notre proposition en mai dernier dans un document intitule: la <i>Charte d&rsquo;unit\u00e9 de la classe ouvri\u00e8re<\/i>.<\/p> <p class=Texte>Dans l&rsquo;introduction qui donne une br\u00e8ve analyse de la situation nous avons reproduit la phrase de Staline: &quot;L&rsquo;id\u00e9e de l&rsquo;assaut m\u00fbrit dans la conscience des masses.&quot;<\/p> <p class=Texte>Les principes formul\u00e9s dans notre proposition sont: a)&nbsp;Pas de collaboration de classe; b)&nbsp;aucune union sacr\u00e9e; c)&nbsp;transformation de la guerre imp\u00e9rialiste en guerre civile; d)&nbsp;d\u00e9fense dans tous les cas et par tous les moyens de l&rsquo;Union sovi\u00e9tique; e)&nbsp;soutien des peuples coloniaux; f)&nbsp;pr\u00e9paration \u00e0 l&rsquo;insurrection arm\u00e9e, \u00e0 la dictature du prol\u00e9tariat, au pouvoir des Soviets, comme forme du gouvernement ouvrier; g)&nbsp;internationalisme cons\u00e9quent; h)&nbsp;appartenance \u00e0 un parti unique mondial de la classe ouvri\u00e8re; i)&nbsp;centralisme d\u00e9mocratique, travail dans les entreprises.<\/p> <p class=Texte>Nous avons termin\u00e9 par un expose g\u00e9n\u00e9ral du programme que r\u00e9aliserait l&rsquo;\u00c9tat prol\u00e9tarien, ce qu&rsquo;il donnerait aux diff\u00e9rentes cat\u00e9gories de travailleurs.<\/p> <p class=Texte>La direction du parti socialiste n&rsquo;a pas encore r\u00e9pondu, bien que notre Comit\u00e9 central l&rsquo;ait pri\u00e9e de bien vouloir faire conna\u00eetre son opinion sur la question de l&rsquo;unit\u00e9.<\/p> <p class=Texte>Le front unique a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s utile \u00e0 la classe ouvri\u00e8re, il lui a permis de mieux r\u00e9sister \u00e0 l&rsquo;offensive du fascisme, \u00e0 l&rsquo;offensive du Capital. Le front unique a rapproch\u00e9 de la classe ouvri\u00e8re les couches de la petite bourgeoisie. Certains chefs socialistes, ceux de droite en particulier, disaient: &quot;Si nous acceptons le front unique, les couches moyennes s&rsquo;\u00e9loigneront de la classe ouvri\u00e8re.&quot; Les faits ont d\u00e9menti cette affirmation.<\/p> <p class=Texte>Le front unique a aussi renforc\u00e9 notre Parti communiste. Ce n&rsquo;\u00e9tait pas le but essentiel. Ce fut une des cons\u00e9quences de l&rsquo;unit\u00e9 d&rsquo;action. L&rsquo;influence et l&rsquo;autorit\u00e9 du Parti communiste ont augment\u00e9. Ses effectifs se sont accrus consid\u00e9rablement. La capacit\u00e9 politique du Parti a progress\u00e9.<\/p> <p class=Texte>Les cadres se sont \u00e9lev\u00e9s. Oh, il y a eu de grandes difficult\u00e9s, des h\u00e9sitations, des t\u00e2tonnements! Tout ne fut pas bien, tout n&rsquo;est pas encore bien. Mais quels immenses changements! Combien l&rsquo;esprit de responsabilit\u00e9 et d&rsquo;initiative s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9 dans nos rangs!<\/p> <p class=Texte>Nous enregistrons d&rsquo;excellents r\u00e9sultats non seulement pour notre Parti, mais aussi pour notre Jeunesse. Nous avons pos\u00e9 \u00e0 notre F\u00e9d\u00e9ration la t\u00e2che de gagner la jeunesse, de l&rsquo;arracher \u00e0 la d\u00e9magogie fasciste, de satisfaire son besoin d&rsquo;activit\u00e9, de travailler \u00e0 cr\u00e9er une organisation de la jeunesse qui ne copie pas \u00e9troitement les formules et les mots d&rsquo;ordre du Parti communiste. Notre Jeunesse communiste a quintuple ses effectifs; elle a pris une grande part au mouvement d&rsquo;Amsterdam-Pleyel, a entra\u00een\u00e9 sur sa plate-forme du front unique les organisations des Jeunesses socialistes et des Jeunesses r\u00e9publicaines et la\u00efques; elle a conclu un pacte avec la Jeunesse socialiste, malgr\u00e9 la r\u00e9sistance prolong\u00e9e du parti socialiste.<\/p> <p class=Texte>Le mouvement sportif ouvrier s&rsquo;est unifi\u00e9, il a gagn\u00e9 10&nbsp;000 nouveaux membres et en groupe actuellement pr\u00e8s de 40&nbsp;000.<\/p> <p class=Texte>L&rsquo;ARAC, association d&rsquo;anciens combattants, s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9e. Elle a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e par Henri Barbusse et comptait au d\u00e9but quelques milliers de membres, elle est arriv\u00e9e jusqu&rsquo;\u00e0 20&nbsp;000. Elle a obtenu son admission dans la Conf\u00e9d\u00e9ration g\u00e9n\u00e9rale des anciens combattants qui groupe 2&nbsp;millions et demi d&rsquo;adh\u00e9rents.<\/p> <p class=Texte>Notre tactique \u00e9lectorale a \u00e9t\u00e9 inspir\u00e9e par le souci permanent de battre les candidats du fascisme el de la r\u00e9action. Au premier tour, nous avons men\u00e9 une lutte ind\u00e9pendante. Sur la base de l&rsquo;application du Pacte, au deuxi\u00e8me tour, nous avons vote r\u00e9ciproquement socialiste pour communiste et communiste pour socialiste, sauf en quelques rares exceptions. Aux \u00e9lections municipales, nous avons permis quelques listes communes.<\/p> <p class=Texte>\u00c9tant donn\u00e9 notre ligne du Front populaire, nous avons fait voter pour des radicaux \u00e0 Paris et en province, nous n&rsquo;avons pos\u00e9 que les conditions suivantes: d\u00e9fense des libert\u00e9s d\u00e9mocratiques et d\u00e9sarmement et dissolution des ligues fascistes. \u00c0 Paris, nous avons demand\u00e9 en plus: votez contre Chiappe<a href=\"#_edn45\" name=\"_ednref45\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[45]<\/span><\/span><\/span><\/a>. Nous avons m\u00eame constitu\u00e9 en quelques cas des listes communes avec les radicaux.<\/p> <p class=Texte>\u00c0 Paris, nous avons retir\u00e9 notre candidat arriv\u00e9 le premier des antifascistes et nous avons fait \u00e9lire le socialiste Rivet contre l&rsquo;un des hommes les plus repr\u00e9sentatifs de la r\u00e9action.<\/p> <p class=Texte>Cette politique a grandi notre Parti dans l&rsquo;esprit des travailleurs. Il appara\u00eet comme ne menant pas une politique mesquine, mais comme un grand parti politique, agissant avec bon sens et selon une claire perspective des efforts et des batailles \u00e0 mener, une juste notion des moyens \u00e0 employer pour remporter la victoire.<\/p> <p class=Texte>Nous avons l&rsquo;espoir que notre exp\u00e9rience servira utilement les travailleurs des autres pays. Et je m&rsquo;adresse tout particuli\u00e8rement \u00e0 nos fr\u00e8res d&rsquo;Allemagne, aux ouvriers socialistes allemands. Je leur dis mon espoir de retourner un jour prochain, comme ce 15&nbsp;mars 1933, sur la tombe de Karl Liebknecht et de Rosa Luxembourg, profan\u00e9e par les chiens de Hitler, pour y c\u00e9l\u00e9brer, aux c\u00f4t\u00e9s de Thaelmann, leur victoire obtenue gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;unit\u00e9 de la classe ouvri\u00e8re.<\/p> <p class=Texte>Nous sommes heureux de saluer l&rsquo;unit\u00e9 d&rsquo;action r\u00e9alis\u00e9e partiellement par nos fr\u00e8res d&rsquo;Autriche et d&rsquo;Espagne, pays o\u00f9 l&rsquo;on s&rsquo;est battu.<\/p> <p class=Texte>Nous sommes fiers que notre Internationale proclame une fois de plus hautement, nettement, qu&rsquo;elle est pr\u00eate \u00e0 engager des pourparlers avec la direction de l&rsquo;Internationale ouvri\u00e8re socialiste, \u00e0 la fois pour l&rsquo;organisation du front unique et pour la pr\u00e9paration de l&rsquo;unit\u00e9 totale du prol\u00e9tariat international.<\/p> <p class=Texte>La situation en France et dans le monde nous fait un devoir d&rsquo;\u00eatre toujours plus exigeants a l&rsquo;\u00e9gard de nos propres succ\u00e8s. De trop grandes faiblesses subsistent dans notre mouvement et dans notre Parti, notamment dans le domaine des luttes \u00e9conomiques et du travail syndical chez les paysans; les femmes et d&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale dans les questions d&rsquo;organisation.<\/p> <p class=Texte>Si quelques progr\u00e8s sont r\u00e9alis\u00e9s dans le travail d&rsquo;organisation, il est bien \u00e9vident que nous devons faire beaucoup plus. Il subsiste une grande lenteur, un rythme insuffisant dans le travail du Parti aux diff\u00e9rents \u00e9chelons.<\/p> <p class=Texte>Il nous faut aussi r\u00e9aliser un plus gros effort pour \u00e9lever le niveau id\u00e9ologique de notre Parti.<\/p> <p class=Texte>Nous allons en France vers de grandes batailles. Nous avons devant nous la perspective des grands conflits de classe que montrait notre camarade Pieck dans son discours de cl\u00f4ture. D\u00e9j\u00e0, en ce moment, l&rsquo;effervescence grandit en raison de l&rsquo;application des d\u00e9crets-lois. Les 800&nbsp;000 fonctionnaires &#8209;&nbsp;cette armature de l&rsquo;\u00c9tat dont parlait Marx dans son 18&nbsp;Brumaire&nbsp;&#8209; se soul\u00e8vent; la petite bourgeoisie perd confiance dans la direction des partis de la grande bourgeoisie. Les manifestations sont fr\u00e9quentes, nombreuses, ardentes, combatives. La pouss\u00e9e vers le front unique, vers l&rsquo;unit\u00e9, vers le Front populaire antifasciste grandit. Mais grandit aussi la menace du fascisme qui renforce ses organisations, arme ses d\u00e9tachements de combat. La bourgeoisie cherchera \u00e0 isoler notre grand Parti afin de le frapper et de briser la r\u00e9sistance des masses laborieuses.<\/p> <p class=Texte>Nous portons une grande responsabilit\u00e9 devant la classe ouvri\u00e8re de France, devant le peuple de notre pays et devant le prol\u00e9tariat international. Nous avons conscience de cette responsabilit\u00e9 et des obligations qu&rsquo;elle nous cr\u00e9e.<\/p> <p class=Texte>Renforcer le front unique dans le domaine politique, plus encore dans le domaine \u00e9conomique, aboutir \u00e0 l&rsquo;unit\u00e9 syndicale; \u00e9tendre, consolider le Front populaire antifasciste, gagner les larges masses paysannes, obtenir la dissolution et le d\u00e9sarmement des ligues fascistes qui conspirent contre le peuple et contre la R\u00e9publique, qui complotent avec Hitler contre la paix, combattre contre toutes les forces de la r\u00e9action, contre l&rsquo;\u00c9glise, combattre pour \u00e9purer l&rsquo;arm\u00e9e, pour la d\u00e9fense des libert\u00e9s, pour la d\u00e9fense de l&rsquo;Union sovi\u00e9tique.<\/p> <p class=Texte>Pour r\u00e9aliser ces t\u00e2ches, nous devons renforcer notre Parti communiste en nous inspirant de la pens\u00e9e de Staline:<\/p> <p class=MsoQuote>La victoire de la r\u00e9volution ne vient jamais d&rsquo;elle-m\u00eame. Il faut la pr\u00e9parer et la conqu\u00e9rir. Or, seul peut la pr\u00e9parer et la conqu\u00e9rir un fort parti prol\u00e9tarien r\u00e9volutionnaire<a href=\"#_edn46\" name=\"_ednref46\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[46]<\/span><\/span><\/span><\/a>.<\/p> <p class=Texte>Nous avons la volont\u00e9 d&rsquo;accomplir ces t\u00e2ches. Nous avons la volont\u00e9 de r\u00e9pondre aux espoirs que L\u00e9nine pla\u00e7ait en notre classe ouvri\u00e8re et dans le Parti communiste de France lorsqu&rsquo;il nous \u00e9crivit, en 1920, pour nous demander d&rsquo;adh\u00e9rer \u00e0 la IIIe&nbsp;Internationale.<\/p> <p class=Texte>Nous avons la volont\u00e9 d&rsquo;\u00eatre dignes \u00e0 la fois du pass\u00e9 r\u00e9volutionnaire du peuple de France, des combattants de la glorieuse Commune ct de l&rsquo;exemple du Parti bolch\u00e9vik, b\u00e2tisseur du nouveau monde socialiste.<\/p> <p class=Texte>Nous avons la volont\u00e9 d&rsquo;\u00e9viter \u00e0 notre pays la honte et l&rsquo;horreur du fascisme, de contribuer a la lib\u00e9ration de nos fr\u00e8res courb\u00e9s sous le joug du fascisme, de lutter de tout notre coeur, de toutes nos forces pour le pain, pour la libert\u00e9, pour la paix, pour la d\u00e9fense de l&rsquo;Union sovi\u00e9tique. Nous avons la volont\u00e9 d&rsquo;aller plus loin jusqu&rsquo;a la R\u00e9publique fran\u00e7aise des soviets que nous ferons triompher sous le drapeau de l&rsquo;Internationale communiste, sous la banni\u00e8re invincible de Marx, Engels, L\u00e9nine, Staline.<\/p> <p class=Texte>Nous savons que la bataille sera rude, mais nous sommes s\u00fbrs de la victoire et nous ne craignons pas, \u00e0 l&rsquo;appel de Dimitrov, d&rsquo;affronter les flots tumultueux, car la barre de notre navire est entre les mains fermes du plus grand des pilotes, notre cher et grand Staline.<\/p> <h1>Notes<\/h1> <\/div> <div><br clear=all> <hr align=left size=1 width=\"33%\"> <div id=edn1> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref1\" name=\"_edn1\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[1]<\/span><\/a>.&nbsp;[321ignition] Les annotations sont formul\u00e9es par nous en tenant compte d&rsquo;\u00e9ventuelles notes figurant dans la source.<\/p> <\/div> <div id=edn2> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn2\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[2]<\/span><\/a>.&nbsp;Le 21&nbsp;septembre 1933 d\u00e9buta \u00e0 Leipzig le proc\u00e8s concernant l&rsquo;incendie du Reichstag, survenu le 27&nbsp;f\u00e9vrier de la m\u00eame ann\u00e9e. Le 9&nbsp;mars, Georgi Dimitrov, Blago\u00ef Popov et Vassili Tanev avaient \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s, contre lesquels un mandat d&rsquo;arr\u00eat avait ensuite \u00e9t\u00e9 d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 le 31&nbsp;mars. L&rsquo;acte d&rsquo;accusation avait \u00e9t\u00e9 formul\u00e9 le 24&nbsp;juillet. Le 23&nbsp;d\u00e9cembre sera prononc\u00e9 le jugement: Ernst Torgler (du KPD), G.&nbsp;Dimitrov, B.&nbsp;Popov et V.&nbsp;Tanev sont lib\u00e9r\u00e9s pour cause de manque de preuves. Marinus van der Lubbe, qui avait \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 sur les lieux la nuit de l&rsquo;incendie, est condamn\u00e9 \u00e0 mort pour haute trahison et incendie volontaire, il sera ex\u00e9cut\u00e9 le 10&nbsp;janvier 1934. Le 27&nbsp;f\u00e9vrier 1934, G.&nbsp;Dimitrov, B.&nbsp;Popov et V.&nbsp;Tanev seront expuls\u00e9s vers l&rsquo;URSS. E.&nbsp;Torgler restera en d\u00e9tention pr\u00e9ventive jusqu&rsquo;en novembre 1936.<\/p> <\/div> <div id=edn3> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref3\" name=\"_edn3\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[3]<\/span><\/a>.&nbsp;En aout 1932, se tient \u00e0 Amsterdam un congr\u00e8s aboutissant \u00e0 la constitution d&rsquo;un \u201cComit\u00e9 mondial contre la guerre imp\u00e9rialiste\u201d. Les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s viennent de 30&nbsp;pays et comprennent des sans-parti, des socialistes et des communistes. Puis, dans le prolongement de cette initiative, en juin 1933 se tient \u00e0 Paris \u00e0 la salle Pleyel un second congr\u00e8s \u201couvrier europ\u00e9en antifasciste\u201d.<\/p> <\/div> <div id=edn4> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref4\" name=\"_edn4\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[4]<\/span><\/a>.&nbsp;<a name=\"REF_NOT_d\"><\/a>Jacques Doriot.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En 1916 Doriot adh\u00e8re aux Jeunesses socialistes. Au congr\u00e8s de Tours il suit la cr\u00e9ation du PCF. Il participe au 3e&nbsp;congr\u00e8s de l&rsquo;Internationale communiste, devient en 1922 secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral des Jeunesses communistes, puis en 1924 en prend la direction et entre au Comit\u00e9 directeur du Parti. \u00c0 la suite d&rsquo;une conf\u00e9rence nationale du Parti tenue en juin 1934, est annonc\u00e9e l&rsquo;exclusion de Doriot. En juin 1936 il cr\u00e9e le Parti populaire fran\u00e7ais (PPF), au sein duquel il est rejoint par d&rsquo;anciens communistes (dont Henri Barb\u00e9), d&rsquo;anciens maurassiens, d&rsquo;anciens Croix de feu (comme Pierre Pucheu) ainsi que, entre autres, Bertrand de Jouvenel, Pierre Drieu la Rochelle. \u00c0 partir de 1940, Doriot choisit la collaboration, il est nomm\u00e9 membre du Conseil national instaur\u00e9 par Vichy. Le 8&nbsp;juillet 1941, il appuie la cr\u00e9ation de la L\u00e9gion des volontaires fran\u00e7ais (LVF), en novembre 1944 il est int\u00e9gr\u00e9 dans le SS (<span lang=DE>Schutzstaffel<\/span>, c&rsquo;est-\u00e0-dire escadron de protection).<\/p> <\/div> <div id=edn5> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref5\" name=\"_edn5\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[5]<\/span><\/a>.&nbsp;<span lang=DE>Heinz Neumann<\/span><\/p> <p class=MsoEndnoteText>En 1920 <span lang=DE>Neumann<\/span> adh\u00e8re au KPD. En 1922 il est condamn\u00e9 \u00e0 six mois de prison pour activit\u00e9 ill\u00e9gale. Initialement il fait partie de l&rsquo;opposition autour de <span lang=DE>Ruth Fischer<\/span>. Il est d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 au 8e<span lang=DE>&nbsp;<\/span>Congr\u00e8s du KPD en janvier 1923. En avril 1923, ensemble avec <span lang=DE>Arthur Ewert, Gerhart Eisler<\/span> et <span lang=DE>Hans Pfeiffer<\/span>, il se s\u00e9pare du groupe <span lang=DE>Fischer-Maslow<\/span> et adopte une position dite de \u201cconciliation\u201d. En 1923 il est \u00e0 nouveau inculp\u00e9, il poursuit son activit\u00e9 dans l&rsquo;ill\u00e9galit\u00e9, se rend d&rsquo;abord \u00e0 Vienne, puis il \u00e9migre \u00e0 Moscou. Le 11e<span lang=DE>&nbsp;<\/span>Congr\u00e8s du KPD en 1927 l&rsquo;\u00e9lit comme candidat au Comit\u00e9 central. En 1928, aux c\u00f4t\u00e9s d&rsquo;Ernst<span lang=DE> Th\u00e4lmann<\/span> et <span lang=DE>Hermann Remmele<\/span> il fait partie du Secr\u00e9tariat politique. Il est nomm\u00e9 \u00e0 la fonction de r\u00e9dacteur en chef du <i><span lang=DE>Rote Fahne<\/span><\/i>, organe du Parti. Au 12e<span lang=DE>&nbsp;<\/span>Congr\u00e8s du KPD en 1929 il est \u00e9lu au Comit\u00e9 central et comme candidat au Bureau politique. En avril 1932 il est d\u00e9mis de ses fonctions, et cette mesure est confirm\u00e9e \u00e0 la 3e<span lang=DE>&nbsp;<\/span>Conf\u00e9rence du KPD en octobre. Il se rend \u00e0 Moscou et est envoy\u00e9 aupr\u00e8s de la d\u00e9l\u00e9gation de l&rsquo;Internationale communiste en Espagne. En novembre 1933 il est accus\u00e9 d&rsquo;activit\u00e9 fractionnelle. De l&rsquo;Espagne il est expuls\u00e9 vers la Suisse, les national-socialistes demandent son extradition vers l&rsquo;Allemagne, en 1935 il s&rsquo;installe \u00e0 Moscou. En 1937 il y est arr\u00eat\u00e9, condamn\u00e9 \u00e0 mort et ex\u00e9cut\u00e9.<\/p> <\/div> <div id=edn6> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref6\" name=\"_edn6\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[6]<\/span><\/a>.&nbsp;Voir&nbsp;:&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_a\">&#9658;<\/a>.<\/p> <\/div> <div id=edn7> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref7\" name=\"_edn7\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[7]<\/span><\/a>.&nbsp;Article paru dans le <i><span lang=DE>Rote Fahne<\/span><\/i> du 2&nbsp;d\u00e9cembre 1930 sous le titre &quot;Dictature fasciste&quot; (extrait):<\/p> <p class=Notecitation>&quot;Le gouvernement semi-fasciste de Br\u00fcning a accompli le pas d\u00e9cisif vers l&rsquo;instauration de la dictature fasciste en Allemagne. La dictature fasciste n&rsquo;est plus une menace, mais elle est d\u00e9j\u00e0 l\u00e0. [&#8230;] Nous avons une r\u00e9publique rendue fascis\u00e9e. Le cabinet Br\u00fcning s&rsquo;est transform\u00e9 en gouvernement fasciste.&quot;<\/p> <p class=Notecitation><span lang=DE>[&quot;Die halbfaschistische Regierung Br\u00fcning hat den entscheidenden Schritt zur Errichtung der faschistischen Diktatur \u00fcber Deutschland vollzogen. Die faschistische Diktatur droht nicht mehr, sondern ist bereits da. (&#8230;) Wir haben eine faschisierte Republik. Das Kabinett Br\u00fcning hat sich in die faschistische Regierung verwandelt.&quot;]<\/span><\/p> <\/div> <div id=edn8> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref8\" name=\"_edn8\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[8]<\/span><\/a>.&nbsp;Du 26&nbsp;mars au 11&nbsp;avril 1931 se tient le 11e&nbsp;Pl\u00e9num du Comit\u00e9 ex\u00e9cutif de l&rsquo;Internationale communiste.<\/p> <\/div> <div id=edn9> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref9\" name=\"_edn9\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[9]<\/span><\/a>.&nbsp;Cf. <span lang=DE>Dmitri Z.&nbsp;Manuilski: L<\/span>es Partis communistes et la crise du capitalisme, Paris, Bureau d&rsquo;\u00c9ditions, 1931. Il dit notamment (pp.&nbsp;50&#8209;51):<\/p> <p class=Notecitation>&quot;Fr\u00e9quemment, on consid\u00e8re ces \u201cr\u00e9volutions\u201d fascistes comme l&rsquo;instauration de la dictature fasciste ou sa consolidation d\u00e9finitive. Cela est faux. Le fascisme italien a r\u00e9alis\u00e9 la plupart des t\u00e2ches de fascisation apr\u00e8s la \u201cmarche sur Rome\u201d. La social-d\u00e9mocratie, en particulier, sp\u00e9cule sur le fant\u00f4me de la \u201cr\u00e9volution fasciste\u201d, et endort la vigilance des ouvriers au sujet de la fascisation par la voie \u201cs\u00e8che\u201d. Mais il y a \u00e9galement des communistes qui, hypnotis\u00e9s par l&rsquo;id\u00e9e de la \u201cr\u00e9volution fasciste\u201d, pensent que la lutte contre les fascistes commence \u00e0 partir du moment o\u00f9 ceux-ci descendent en armes dans la rue pour r\u00e9aliser le \u201ccoup d&rsquo;\u00c9tat\u201d. La th\u00e9orie du \u201cfascisme coup d&rsquo;\u00c9tat\u201d proc\u00e8de en fait d&rsquo;une conception absolument superficielle, parlementaire du fascisme. L&rsquo;\u00e9l\u00e9ment d\u00e9cisif dans le fascisme serait soi-disant l&rsquo;abolition du Parlement, la liquidation des institutions de la d\u00e9mocratie bourgeoise. En r\u00e9alit\u00e9, ce qui constitue l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment essentiel du fascisme&nbsp;&#8209; c&rsquo;est son offensive ouverte contre la classe ouvri\u00e8re par toutes les m\u00e9thodes de la contrainte et de la violence; c&rsquo;est la guerre civile contre les travailleurs. La suppression de tous les vestiges de la d\u00e9mocratie bourgeoisie n&rsquo;est qu&rsquo;un r\u00e9sultat accessoire, secondaire de cette ligne fondamentale d\u00e9cisive, de l&rsquo;offensive de classe contre le prol\u00e9tariat. D&rsquo;ailleurs, la suppression du Parlement sous la dictature fasciste n&rsquo;est point obligatoire, exemple: la Pologne.&quot;<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Pour un extrait plus extensif de ce texte, cf.&nbsp;<a href=\"http:\/\/321ignition.free.fr\/pag\/fr\/lin\/pag_003\/1931_03_26_IC_CE_XI_Manuilski.htm\">&#9658;<\/a>.<\/p> <\/div> <div id=edn10> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref10\" name=\"_edn10\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[10]<\/span><\/a>.&nbsp;Palmiro Togliatti.<\/p> <\/div> <div id=edn11> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref11\" name=\"_edn11\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[11]<\/span><\/a>.&nbsp;Giacomo Matteotti, dirigeant du Parti socialiste italien, assassin\u00e9 le 10&nbsp;juin 1924 par les fascistes.<\/p> <\/div> <div id=edn12> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref12\" name=\"_edn12\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[12]<\/span><\/a>.&nbsp;Voir V.&nbsp;I.&nbsp;L\u00e9nine: La Maladie infantile du communisme, Paris, \u00c9ditions sociales, 1950, pp.&nbsp;43&#8209;44.<\/p> <\/div> <div id=edn13> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref13\" name=\"_edn13\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[13]<\/span><\/a>.&nbsp;R\u00e9gion de population ruth\u00e8ne dans les Carpates qui apr\u00e8s la premi\u00e8re guerre mondiale avait \u00e9t\u00e9 int\u00e9gr\u00e9e dans la Tch\u00e9coslovaquie.<\/p> <\/div> <div id=edn14> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref14\" name=\"_edn14\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[14]<\/span><\/a>.&nbsp;Konrad Henlein.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En octobre 1933 Henlein cr\u00e9e le <span lang=DE>\u201cSudetendeutsche Heimatfront\u201d<\/span> (\u201cFront patriotique allemand des Sud\u00e8tes\u201d, SHF). Peu auparavant le gouvernement tch\u00e9coslovaque avait interdit le Parti national-socialiste allemand <span lang=DE>(Deutsche National-Sozialistische Arbeiterpartei, DNSAP) et le <\/span>Parti national-allemand (<span lang=DE>Deutschnationale Partei<\/span>). Bon nombre d&rsquo;ex-repr\u00e9sentants de ces organisations participent \u00e0 la cr\u00e9ation du SHF. En 1935 le SHF change de nom pour <span lang=DE>\u201cSudetendeutsche Partei\u201d<\/span> (<span lang=DE>\u201c<\/span>Parti\u00a0 allemand des Sud\u00e8tes<span lang=DE>\u201d<\/span>, SdP).<\/p> <\/div> <div id=edn15> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref15\" name=\"_edn15\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[15]<\/span><\/a>.&nbsp;Il s&rsquo;agit de la guerre men\u00e9e par l&rsquo;imp\u00e9rialisme fran\u00e7ais en 1925 (P\u00e9tain commandant les troupes fran\u00e7aises) pour r\u00e9primer le mouvement d&rsquo;ind\u00e9pendance du peuple marocain et, en particulier, le soul\u00e8vement arm\u00e9 des Riffains (population du Riff, r\u00e9gion du Nord du Maroc) que dirige Abd-el-Krim.<\/p> <\/div> <div id=edn16> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref16\" name=\"_edn16\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[16]<\/span><\/a>.&nbsp;Raymond Poincar\u00e9 dirige, de 1926 \u00e0 1928, un gouvernement dit d&rsquo;Union nationale, dont font partie Andr\u00e9 Tardieu et \u00c9douard Herriot.<\/p> <\/div> <div id=edn17> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref17\" name=\"_edn17\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[17]<\/span><\/a>.&nbsp;Henri Barb\u00e9.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En 1917 Barb\u00e9 adh\u00e8re aux Jeunesses socialistes, puis suit en 1920 la cr\u00e9ation du PCF, comme membre des Jeunesse communistes qui en 1921 prennent le nom de \u201cF\u00e9d\u00e9ration nationale des jeunesses communistes de France\u201d. En 1924 il est d\u00e9sign\u00e9 comme secr\u00e9taire de la F\u00e9d\u00e9ration de Paris des jeunesses communistes, et il repr\u00e9sente le PCF au 5e&nbsp;Congr\u00e8s de l&rsquo;Internationale communiste. En 1926 il devient secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9rale de la F\u00e9d\u00e9ration nationale des jeunesses communistes et il est \u00e9lu au Comit\u00e9 directeur du PCF. Suite au 8e&nbsp;Plenum \u00e9largi du Comit\u00e9 ex\u00e9cutif de l&rsquo;IC en mai 1927 il entre au Secr\u00e9tariat politique du CE. \u00c0 son retour en France il est arr\u00eate, et emprisonn\u00e9 d&rsquo;aout 1927 \u00e0 f\u00e9vrier 1928. Il retourne \u00e0 Moscou et devient membre du Pr\u00e9sidium du CE de l&rsquo;IC. En aout 1928 il intervient au 6e&nbsp;Congr\u00e8s de l&rsquo;IC et est \u00e0 nouveau \u00e9lu au CE, au Pr\u00e9sidium et au Secr\u00e9tariat politique. Il reste membre du Pr\u00e9sidium au 10e&nbsp;Plenum (juillet 1929) et au 11e&nbsp;Plenum (avril 1931). Au 6e&nbsp;Congr\u00e8s du PCF en avril 1929 il est \u00e9lu, comme aussi Pierre C\u00e9lor, au secr\u00e9tariat du Parti. Au cours d&rsquo;une r\u00e9union du Bureau politique du PCF en juillet 1931, le &quot;groupe Barb\u00e9-C\u00e9lor&quot; est d\u00e9nonc\u00e9, Barb\u00e9 est d\u00e9mis de ses fonctions au Bureau politique du Parti et au CE de l&rsquo;IC. En 1934 il soutient Jacques Doriot (voir&nbsp;:&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_d\">&#9658;<\/a>) et est exclu du Parti en septembre. Lorsque Doriot fonde le Parti populaire fran\u00e7ais (PPF) en 1936, Barb\u00e9 assume la fonction de Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral, mais il rompt avec Doriot en 1939. Sous l&rsquo;occupation allemande il rejoint le Rassemblement National Populaire (RNP) de Marcel D\u00e9at.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Pierre C\u00e9lor.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Pierre adh\u00e8re au PCF en 1923. En 1928 il repr\u00e9sente le PCF au 6e&nbsp;Congr\u00e8s de l&rsquo;Internationale communiste, et il est \u00e9lu au Comit\u00e9 directeur du PCF. En 1929 il entre au Bureau politique et devient l&rsquo;un des quatre secr\u00e9taires du CD. Suite au 11e&nbsp;Plenum du Comit\u00e9 ex\u00e9cutif de l&rsquo;IC en avril 1931 il devient membre suppl\u00e9ant du Pr\u00e9sidium et du Secr\u00e9tariat politique du CE. Apr\u00e8s la d\u00e9nonciation du &quot;groupe Barb\u00e9-C\u00e9lor&quot; en 1931 il retourne en France mais est exclu du PCF. En 1941 il rejoint le Rassemblement National Populaire (RNP) de Marcel D\u00e9at, puis en 1942 passe au Parti populaire fran\u00e7ais (PPF) de Jacques Doriot (voir&nbsp;:&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_d\">&#9658;<\/a>).<\/p> <\/div> <div id=edn18> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref18\" name=\"_edn18\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[18]<\/span><\/a>.&nbsp;Parti d&rsquo;unit\u00e9 prol\u00e9tarienne, constitu\u00e9 essentiellement par des anciens membres du Parti communiste (Louis Sellier, Jean Garchery, etc.). La plupart des dirigeants de ce petit groupe entrent ensuite \u00e0 la SFIO.<\/p> <\/div> <div id=edn19> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref19\" name=\"_edn19\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[19]<\/span><\/a>.&nbsp;<a name=\"REF_NOT_c\"><\/a>Le 8&nbsp;janvier 1934 l\u2019aventurier et affairiste Alexandre Stavisky, \u00e0 l&rsquo;origine de la faillite du Cr\u00e9dit Municipal de Bayonne, est retrouv\u00e9 mort. Un scandale d\u2019\u00c9tat est alors r\u00e9v\u00e9l\u00e9 par la presse: Stavisky avait soudoy\u00e9 des parlementaires et des ministres du gouvernement radical-socialiste de Camille Chautemps. La droite se saisit de la r\u00e9v\u00e9lation en d\u00e9non\u00e7ant les corrompus et en pointant du doigt la franc-ma\u00e7onnerie. Le Pr\u00e9sident Albert Lebrun appelle \u00c9douard Daladier \u00e0 la Pr\u00e9sidence du Conseil pour remplacer Chautemps. Le Pr\u00e9fet de la Seine, Jean Chiappe, dont les sympathies pour les Ligues sont connues, est mut\u00e9 \u00e0 un poste au Maroc. Les Ligues de droite d\u00e9cident alors d\u2019occuper la rue le 6&nbsp;f\u00e9vrier 1934. Toutefois, elles n\u2019ont pas v\u00e9ritablement de ligne commune et vont d\u00e9filer en ordre dispers\u00e9. On trouve l\u2019Action Fran\u00e7aise monarchiste et organe du &quot;nationalisme int\u00e9gral&quot; dirig\u00e9e par L\u00e9on Daudet, Charles Maurras et Maurice Pujo; les Jeunesses Patriotes de Pierre Taittinger; l&rsquo;UNC (Union Nationale des Combattants); les Croix de feu du Colonel Fran\u00e7ois de la Roque. On trouve aussi des membres de mouvements plus radicalis\u00e9s comme le Faisceau de Georges Valois (se revendiquant du fascisme italien), le Parti Franciste de Marcel Bucard, Solidarit\u00e9 Fran\u00e7aise du parfumeur Fran\u00e7ois Coty et la F\u00e9d\u00e9ration des Contribuables. Ainsi, 30&nbsp;000 manifestants d\u00e9filent sans r\u00e9elle coordination. L\u2019UNC et l\u2019Action Fran\u00e7aise convergent vers l\u2019Assembl\u00e9e Nationale. Mais la manifestation tourne \u00e0 l\u2019\u00e9meute. La Police de Paris, les Gardes Mobiles et les Gendarmes tirent. On d\u00e9nombre plusieurs morts et des dizaines de bless\u00e9s. Albert Lebrun accepte la d\u00e9mission de Daladier et rappelle Gaston Doumergue qui forme un Gouvernement d\u2019Union Nationale, incorporant notamment le Mar\u00e9chal Philippe P\u00e9tain, Andr\u00e9 Tardieu et Louis Barthou.<\/p> <\/div> <div id=edn20> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref20\" name=\"_edn20\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[20]<\/span><\/a>.&nbsp;Ernest Mercier. Membre de nombreux conseils d&rsquo;administration de soci\u00e9t\u00e9s de p\u00e9troles et d&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9, et de la Banque de Paris et des Pays-Bas. Est aussi le dirigeant de l&rsquo;organisation \u201cRedressement Fran\u00e7ais\u201d.<\/p> <\/div> <div id=edn21> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref21\" name=\"_edn21\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[21]<\/span><\/a>.&nbsp;Horace Finaly. Administrateur de nombreuses banques et de quelques soci\u00e9t\u00e9s (parmi ces derni\u00e8res la Standard franco-am\u00e9ricaine, filiale de la Standard Oil). Est longtemps directeur g\u00e9n\u00e9ral de la Banque de Paris et des Pays-Bas.<\/p> <\/div> <div id=edn22> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref22\" name=\"_edn22\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[22]<\/span><\/a>.&nbsp;Entente r\u00e9alis\u00e9e par le haut patronat de la sid\u00e9rurgie fran\u00e7aise pour la r\u00e9partition des marches et de la production. Ce comit\u00e9, \u00e9troitement li\u00e9 aux grandes banques d&rsquo;affaires, exerce une influence consid\u00e9rable sur la politique int\u00e9rieure et ext\u00e9rieure fran\u00e7aise, et par ses liaisons avec de grands trusts similaires (Krupp en Allemagne, Vickers en Grande-Bretagne, Skoda en Tch\u00e9coslovaquie, etc.) sur la politique internationale.<\/p> <\/div> <div id=edn23> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref23\" name=\"_edn23\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[23]<\/span><\/a>.&nbsp;Grande famille d&rsquo;industriels et financiers fran\u00e7ais (et quelques fois allemands) jouant un r\u00f4le consid\u00e9rable dans la sid\u00e9rurgie fran\u00e7aise et ayant notamment des int\u00e9r\u00eats pr\u00e9dominants dans les mines de fer et la m\u00e9tallurgie de Lorraine.<\/p> <\/div> <div id=edn24> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref24\" name=\"_edn24\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[24]<\/span><\/a>.&nbsp;Journal radical que dirige \u00c9mile Roche.<\/p> <\/div> <div id=edn25> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref25\" name=\"_edn25\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[25]<\/span><\/a>.&nbsp;Journaliste et \u00e9conomiste fran\u00e7ais, auteur d&rsquo;un ouvrage <i>Contre l&rsquo;oligarchie financi\u00e8re en France<\/i>, que L\u00e9nine cite dans l&rsquo;ouvrage <i>L&rsquo;Imp\u00e9rialisme, stade supr\u00eame du capitalisme<\/i>.<\/p> <\/div> <div id=edn26> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref26\" name=\"_edn26\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[26]<\/span><\/a>.&nbsp;V.&nbsp;I.&nbsp;L\u00e9nine: <i>L&rsquo;Imp\u00e9rialisme, stade supr\u00eame du capitalisme<\/i>, Paris, \u00c9ditions sociales, 1945, p.&nbsp;50.<\/p> <\/div> <div id=edn27> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref27\" name=\"_edn27\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[27]<\/span><\/a>.&nbsp;J.&nbsp;Staline: <i>Deux Mondes<\/i>, Paris, Bureau d&rsquo;\u00e9ditions, 1934, p.&nbsp;12.<\/p> <\/div> <div id=edn28> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref28\" name=\"_edn28\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[28]<\/span><\/a>.&nbsp;Ibidem.<\/p> <\/div> <div id=edn29> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref29\" name=\"_edn29\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[29]<\/span><\/a>.&nbsp;F.&nbsp;Engels: <i>\u00c9tudes philosophiques<\/i>, Paris, \u00c9ditions sociales, 1951, pp.&nbsp;128 et&nbsp;129.<\/p> <\/div> <div id=edn30> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref30\" name=\"_edn30\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[30]<\/span><\/a>.&nbsp;Dans <i>L\u00e9nine, Staline et la jeunesse<\/i>, Paris, \u00c9ditions sociales, 1949, p.&nbsp;12.<\/p> <\/div> <div id=edn31> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref31\" name=\"_edn31\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[31]<\/span><\/a>.&nbsp;V.&nbsp;I.&nbsp;L\u00e9nine: <i>Oeuvres compl\u00e8tes<\/i>, t.&nbsp;20, Paris, \u00c9ditions sociales internationales; 1928, p.&nbsp;640.<\/p> <\/div> <div id=edn32> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref32\" name=\"_edn32\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[32]<\/span><\/a>.&nbsp;Marcel R\u00e9gnier. S\u00e9nateur radical de l&rsquo;Allier, ministre de 1&rsquo;Interieur dans le gouvernement Doumergue en 1934.<\/p> <\/div> <div id=edn33> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref33\" name=\"_edn33\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[33]<\/span><\/a>.&nbsp;D.&nbsp;Z.&nbsp;Manuilski: les Partis communistes et la crise du capitalisme, Paris, Bureau d&rsquo;\u00c9ditions, 1931, p.&nbsp;127. Pour un extrait plus extensif de ce texte, cf.&nbsp;<a href=\"http:\/\/321ignition.free.fr\/pag\/fr\/lin\/pag_003\/1931_03_26_IC_CE_XI_Manuilski.htm\">&#9658;<\/a>.<\/p> <\/div> <div id=edn34> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref34\" name=\"_edn34\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[34]<\/span><\/a>.&nbsp;Fernand Bouisson. \u00c0 l&rsquo;\u00e9poque, d\u00e9pute socialiste des Bouches-du-Rh\u00f4ne, pr\u00e9sident de la Chambre des d\u00e9put\u00e9s.<\/p> <\/div> <div id=edn35> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref35\" name=\"_edn35\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[35]<\/span><\/a>.&nbsp;Heinrich Brandler.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>Brandler fait partie du Groupe Spartakus form\u00e9 \u00e0 partir de 1915 autour de Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht, puis il est membre du Parti communiste d&rsquo;Allemagne (<span lang=DE>Kommunistische Partei Deutschlands, KPD<\/span>) fond\u00e9 en d\u00e9cembre 1918. Au 2e&nbsp;congr\u00e8s du Parti en octobre 1919 il est \u00e9lu comme membre de la direction, en f\u00e9vrier 1921 il devient co-pr\u00e9sident (aux c\u00f4t\u00e9s de Walter Stoecker), en juillet 1922 il est d\u00e9sign\u00e9 secr\u00e9taire du bureau politique. Du 10&nbsp;au 29&nbsp;octobre 1923 il fait partie d&rsquo;un gouvernement r\u00e9gional social-d\u00e9mocrate-communiste en Sachsen. En janvier 1924 il est d\u00e9mis de ses fonctions dans le parti (le 19&nbsp;f\u00e9vrier Hermann Remmele est d\u00e9sign\u00e9 comme secr\u00e9taire, Ernst Th\u00e4lmann comme secr\u00e9taire adjoint). Il se rend Moscou, o\u00f9 il poursuit des activit\u00e9s en tant que membre du PCR. En octobre 1928 il revient en Allemagne. En d\u00e9cembre 1928 il est avec August <span lang=DE>Thalheimer<\/span> l&rsquo;un des principaux fondateurs du KPD-Opposition (KPD-O, aussi KPO). En janvier 1929 il est exclu du PCUS et de l&rsquo;Internationale communiste.<\/p> <\/div> <div id=edn36> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref36\" name=\"_edn36\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[36]<\/span><\/a>.&nbsp;Pour plus de d\u00e9tails, cf.&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/internationale-communiste-question-tactique\/\">L&rsquo;Internationale communiste et la question de la tactique&nbsp;&#9658;<\/a>.<\/p> <\/div> <div id=edn37> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref37\" name=\"_edn37\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[37]<\/span><\/a>.&nbsp;<a name=\"REF_NOT_a\"><\/a>En 1919, apr\u00e8s la prise de fonction de <span lang=DE>Friedrich Ebert<\/span> (SPD) comme pr\u00e9sident du Reich, <span lang=DE>Hermann M\u00fcller<\/span><span lang=DE> <\/span>conjointement avec <span lang=DE>Otto Wels<\/span> est \u00e9lu comme pr\u00e9sident du SPD. En mars 1920, apr\u00e8s la mise en \u00e9chec du putsch <span lang=DE>L\u00fcttwitz-Kapp<\/span>, il devient chancelier du Reich avec un gouvernement de coalition incluant <span lang=DE>SPD, <\/span>Parti d\u00e9mocratique allemand<span lang=DE> (Deutsche Demokratische Partei<\/span>, <span lang=DE>DDP)<\/span> et Parti du centre <span lang=DE>(Zentrumspartei<\/span>,<span lang=DE> Zentrum)<\/span>; les r\u00e9sultats des \u00e9lections de juin conduisent \u00e0 sa d\u00e9mission. Au Congr\u00e8s du SPD de 1921 <span lang=DE>M\u00fcller<\/span><span lang=DE> <\/span>obtient l&rsquo;approbation d&rsquo;une r\u00e9solution qui autorise le parti \u00e0 former au niveau national de m\u00eame que r\u00e9gional des coalitions avec le Parti populaire allemand<span lang=DE> (Deutsche Volkspartei<\/span>, <span lang=DE>DVP)<\/span>. En juin 1928 il forme un gouvernement de coalition incluant <span lang=DE>SPD, DVP, Zentrum<\/span><span lang=DE> <\/span>et <span lang=DE>DDP<\/span>. Le 31&nbsp;mars 1930, ce gouvernement est remplac\u00e9 par un gouvernement avec <span lang=DE>Heinrich Br\u00fcning<\/span> (du Parti <span lang=DE>Zentrum<\/span>) \u00e0 sa t\u00eate, lequel se situe d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment en dehors d&rsquo;une coalition parlementaire fig\u00e9e. Le 18&nbsp;juillet, \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale (le <span lang=DE>Reichstag<\/span>), <span lang=DE>Br\u00fcning<\/span> pr\u00e9sente un d\u00e9cret sign\u00e9 d&rsquo;avance par le pr\u00e9sident <span lang=DE>Paul von&nbsp;Hindenburg<\/span>, qui dissout le Parlement. \u00c0 partir d&rsquo;octobre 1930, ont lieu de multiples rencontres des principaux acteurs politiques et \u00e9conomiques avec <span lang=DE>Adolf Hitler<\/span> et d&rsquo;autres repr\u00e9sentants du <span lang=DE>NSDAP<\/span>, dans le but de trouver d&rsquo;une mani\u00e8re ou d&rsquo;une autre une formule l&rsquo;associant au gouvernement. Le 1er&nbsp;juin 1931 est constitu\u00e9 un gouvernement dirig\u00e9 par <span lang=DE>Franz von&nbsp;Papen<\/span> (du Parti <span lang=DE>Zentrum<\/span>). Le gouvernement d\u00e9clare explicitement ne pas \u00eatre une \u00e9manation des partis. Le 20&nbsp;juillet, il destitue le gouvernement de Prusse &#8209;&nbsp;dirig\u00e9 par le SPD auquel \u00e9taient associ\u00e9s le Parti <span lang=DE>Zentrum<\/span>, le Parti d\u00e9mocratique allemand (<span lang=DE>Deutsche demokratische Partei<\/span>, DDP), le Parti d&rsquo;\u00c9tat allemand (<span lang=DE>Deutsche Staatspartei<\/span>, DStP)&nbsp;&#8209; et le chancelier du Reich assume la fonction de commissaire du Reich pour la Prusse. Le 31&nbsp;juillet ont lieu de nouvelles \u00e9lections \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale. Le <span lang=DE>NSDAP<\/span> obtient 230&nbsp;si\u00e8ges sur un total de&nbsp;608, le SPD&nbsp;133, le KPD&nbsp;89, le <span lang=DE>Zentrum<\/span>&nbsp;75. Le 6&nbsp;novembre sont organis\u00e9es encore des \u00e9lections. Cette fois le <span lang=DE>NSDAP<\/span> obtient 196&nbsp;si\u00e8ges sur un total de&nbsp;584, le SPD&nbsp;121, le KPD&nbsp;100, le <span lang=DE>Zentrum<\/span>&nbsp;70. Le 3&nbsp;d\u00e9cembre, Kurt von Schleicher (sans parti) remplace Papen et constitue un nouveau gouvernement. Il tente de trouver une solution au fait que le r\u00e9gime souffre du manque d&rsquo;une base de masse. Dans ce but il s&rsquo;efforce \u00e0 \u00e9tablir une alliance incluant les national-socialistes, et aussi les syndicats et les social-d\u00e9mocrates. Il \u00e9choue dans sa d\u00e9marche, et n&rsquo;obtenant pas du pr\u00e9sident Hindenburg la dissolution, une fois de plus, de l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale, il d\u00e9missionne le 28&nbsp;janvier 1933. Le 30&nbsp;janvier 1933 <span lang=DE>Hindenburg<\/span> nomme <span lang=DE>Hitler<\/span> chancelier.<\/p> <\/div> <div id=edn38> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref38\" name=\"_edn38\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[38]<\/span><\/a>.&nbsp;<a name=\"REF_NOT_b\"><\/a>En 1889 se tient un congr\u00e8s ouvrier international \u00e0 Paris. La coordination ainsi \u00e9tablie entre partis d&rsquo;orientation marxiste est d\u00e9sign\u00e9 couramment comme &quot;Deuxi\u00e8me Internationale&quot;. Dans un premier temps, aucune structure organisationnelle particuli\u00e8re n&rsquo;est mise en place, en dehors de la convocation de congr\u00e8s. En 1900 est constitu\u00e9 un Bureau socialiste international, ainsi qu&rsquo;un Comit\u00e9 ex\u00e9cutif charg\u00e9 des affaires courantes, avec si\u00e8ge \u00e0 Bruxelles. Apr\u00e8s la Premi\u00e8re guerre mondiale, se tient d&rsquo;abord en f\u00e9vrier 1919 une conf\u00e9rence \u00e0 Bern, puis en aout 1920 la 2e&nbsp;Internationale est reconstitu\u00e9e \u00e0 Gen\u00e8ve avec la participation d&rsquo;un nombre r\u00e9duit de partis. Elle \u00e9tablit son si\u00e8ge \u00e0 Londres. Un certain nombre d&rsquo;autres partis constituent en f\u00e9vrier 1921 \u00e0 Vienne en Autriche la \u201cCommunaut\u00e9 internationale de travail de partis socialistes\u201d. Friedrich Adler et Otto Bauer jouent un r\u00f4le important. Officiellement l&rsquo;organisation est d\u00e9sign\u00e9e aussi comme Internationale de Vienne, mais elle est couramment nomm\u00e9e &quot;l&rsquo;Internationale 2&nbsp;1\/2&quot;. En mai 1923 durant un congr\u00e8s tenu \u00e0 Hambourg cette Internationale et la 2e&nbsp;Internationale cr\u00e9ent en commun l&rsquo;\u201cInternationale ouvri\u00e8re socialiste\u201d.<\/p> <\/div> <div id=edn39> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref39\" name=\"_edn39\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[39]<\/span><\/a>.&nbsp;\u00c9mile Vandervelde.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En 1885, \u00e0 Bruxelles, est constitu\u00e9 le Parti ouvrier belge (POB). Vandervelde adh\u00e8re au POB peu apr\u00e8s sa fondation, et \u00e0 partir de 1894 il en devient un des principaux dirigeants. (Il assure la pr\u00e9sidence de 1933, date de la cr\u00e9ation de la fonction, jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort en 1938). Il est pr\u00e9sident du Bureau de la 2e&nbsp;Internationale de 1900 \u00e0 1914, puis pr\u00e9sident de l&rsquo;Internationale ouvri\u00e8re socialiste de 1929 \u00e0 1936 (voir&nbsp;:&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_b\">&#9658;<\/a><span class=MsoHyperlink>)<\/span>.<\/p> <\/div> <div id=edn40> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref40\" name=\"_edn40\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[40]<\/span><\/a>.&nbsp;Friedrich Adler.<\/p> <p class=MsoEndnoteText>En 1911 Adler assume la fonction de secr\u00e9taire du Parti ouvrier social-d\u00e9mocrate d&rsquo;Autriche <span lang=DE>(Sozialdemokratischen Arbeiterpartei Deutsch-\u00d6sterreichs, SDAPD\u00d6)<\/span>, pr\u00e9sid\u00e9 par son p\u00e8re Victor Adler. Apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9clatement de la Premi\u00e8re guerre mondiale il s&rsquo;oppose \u00e0 l&rsquo;approbation des cr\u00e9dits de guerre et d\u00e9missionne de son poste de secr\u00e9taire. Dans le contexte des \u00e9v\u00e8nements de novembre 1918 il devient dirigeant au niveau national des conseils d&rsquo;ouvriers, mais s&rsquo;oppose \u00e0 la cr\u00e9ation d&rsquo;une r\u00e9publique des conseils. En 1923 il d\u00e9missionne de son poste de secr\u00e9taire du SDAP\u00d6, pour participer \u00e0 la formation de l&rsquo;Internationale ouvri\u00e8re socialiste (voir&nbsp;:&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_b\">&#9658;<\/a>), dont il devient secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral en 1925. Il rejette les initiatives de l&rsquo;Internationale communiste en vue d&rsquo;un front uni. En 1940, du fait de la d\u00e9sagr\u00e9gation de l&rsquo;Internationale ouvri\u00e8re socialiste, il abandonne son poste de secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral.<\/p> <\/div> <div id=edn41> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref41\" name=\"_edn41\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[41]<\/span><\/a>.&nbsp;Front unique international, voir Oeuvres de Maurice Thorez, t.&nbsp;7, pp.&nbsp;34 et suiv.<\/p> <\/div> <div id=edn42> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref42\" name=\"_edn42\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[42]<\/span><\/a>.&nbsp;<i>Idem<\/i>, p.&nbsp;35.<\/p> <\/div> <div id=edn43> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref43\" name=\"_edn43\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[43]<\/span><\/a>.&nbsp;Jean Zyromski. Membre de l&rsquo;aile gauche de la SFIO avant 1934. Pendant l&rsquo;occupation, il adh\u00e8re au PCF.<\/p> <\/div> <div id=edn44> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref44\" name=\"_edn44\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[44]<\/span><\/a>.&nbsp;Serguei Kirov, membre du Bureau politique du Parti bolchevik, secr\u00e9taire de la r\u00e9gion de Leningrad, est assassine le 1er&nbsp;d\u00e9cembre 1934.<\/p> <\/div> <div id=edn45> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref45\" name=\"_edn45\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[45]<\/span><\/a>.&nbsp;Voir&nbsp;:&nbsp;<a href=\"#REF_NOT_c\">&#9658;<\/a>.<\/p> <\/div> <div id=edn46> <p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref46\" name=\"_edn46\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[46]<\/span><\/a>.&nbsp;J.&nbsp;Staline: <i>Les Questions du L\u00e9ninisme<\/i>, &quot;Rapport au XVIIe&nbsp;congr\u00e8s du P C(b)&quot;, t.&nbsp;2, Paris, \u00c9ditions sociales; 1947, p.&nbsp;142.<\/p> <\/div> <\/div>\n <!--themify_builder_content-->\n<div id=\"themify_builder_content-292\" data-postid=\"292\" class=\"themify_builder_content themify_builder_content-292 themify_builder tf_clear\">\n    <\/div>\n<!--\/themify_builder_content-->","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[7,9,23],"tags":[],"class_list":["post-292","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-article-document","category-francais-document","category-ic-congres-7","has-post-title","has-post-date","has-post-category","has-post-tag","has-post-comment","has-post-author",""],"builder_content":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/292"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=292"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/292\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=292"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=292"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=292"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}