{"id":309,"date":"2024-10-30T12:58:56","date_gmt":"2024-10-30T11:58:56","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/?p=309"},"modified":"2025-08-06T23:36:32","modified_gmt":"2025-08-06T21:36:32","slug":"autriche-fevrier-1934-resistance-fascisme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/autriche-fevrier-1934-resistance-fascisme\/","title":{"rendered":"Autriche, f\u00e9vrier 1934 : Un jalon dans la r\u00e9sistance contre le fascisme"},"content":{"rendered":"\n<div class=WordSection1>\n<p class=Intertitre2 style='margin:0cm;margin-bottom:.0001pt;line-height:14.0pt; page-break-after:auto'>Autriche, f\u00e9vrier 1934<br \/> Un jalon dans la r\u00e9sistance contre le fascisme&nbsp;<a href=\"#_edn1\" name=\"_ednref1\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-weight:normal'><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt;letter-spacing:1.0pt'>[1]<\/span><\/span><\/span><\/span><\/a><\/p>\n<p class=MsoNormal>&nbsp;<\/p>\n<p class=Texte>Apr\u00e8s qu&rsquo;a \u00e9t\u00e9 instaur\u00e9e la dictature national-socialiste en Allemagne en 1933, la France \u00e0 son tour fut secou\u00e9e par les agissements de l&rsquo;extr\u00eame droite, entrainant la chute du gouvernement Daladier, le 6&nbsp;f\u00e9vrier 1934. L&rsquo;avanc\u00e9e de la r\u00e9action fut stopp\u00e9e par une mobilisation de masse des forces d\u00e9mocratiques, dont le succ\u00e8s \u00e9tait facilit\u00e9 par les contradictions internes au mouvement fasciste.<\/p>\n<p class=Texte>En f\u00e9vrier 1934, en Autriche, des combats oppos\u00e8rent les travailleurs \u00e0 la <span lang=DE>Heimwehr<\/span> (\u201cmilice patriotique\u201d, organisation fasciste paramilitaire)<a href=\"#_edn2\" name=\"_ednref2\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt'>[2]<\/span><\/span><\/span><\/a>, qui s&rsquo;appr\u00eatait \u00e0 d\u00e9clencher une tentative de putsch. Le gouvernement en place&nbsp;&#8209;comprenant des repr\u00e9sentants de la <span lang=DE>Heimwehr<\/span>&nbsp;&#8209;, en conformit\u00e9 avec son caract\u00e8re av\u00e9r\u00e9 de longue date, se fit le complice actif des putschistes. L&rsquo;issue de l&rsquo;affrontement fut une d\u00e9faite lourde de cons\u00e9quences pour le peuple autrichien. \u00c0 sa suite, une constitution inspir\u00e9e par les principes du fascisme (lesquels dans la p\u00e9riode ant\u00e9rieure avaient d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 introduits progressivement dans la soci\u00e9t\u00e9) fut adopt\u00e9e et mise en place sous l&rsquo;\u00e9gide d&rsquo;<span lang=DE>Engelbert Dollfuss<\/span>, chancelier f\u00e9d\u00e9ral depuis le 20&nbsp;mai 1932.<\/p>\n<p class=Texte>Le 25&nbsp;juillet 1934, Dollfuss mourut lors d&rsquo;une autre tentative de putsch, ex\u00e9cut\u00e9e contre lui par des repr\u00e9sentants du national-socialisme allemand. Ce putsch \u00e9choua. Le nouveau chef du gouvernement, Kurt Schuschnigg, suivit d&rsquo;abord une orientation penchant vers le r\u00e9gime fasciste italien, puis \u00e0 partir de juillet 1936 se tourna vers l&rsquo;Allemagne national-socialiste qui finit par r\u00e9aliser ses vis\u00e9es expansionnistes \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de l&rsquo;Autriche.<\/p>\n<p class=Texte>Ainsi, les \u00e9v\u00e8nements de f\u00e9vrier 1934 constituent \u00e0 la fois le point de d\u00e9part d&rsquo;une \u00e9volution conduisant \u00e0 la soumission directe du peuple autrichien \u00e0 la dictature national-socialiste, et l&rsquo;aboutissement d&rsquo;un processus profond\u00e9ment affect\u00e9 par la politique que suivait le Parti ouvrier social-d\u00e9mocrate d&rsquo;Autriche, le SDAPD\u00d6<a href=\"#_edn3\" name=\"_ednref3\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt'>[3]<\/span><\/span><\/span><\/a>, dont l&rsquo;influence sur les masses populaires \u00e9tait alors largement pr\u00e9pond\u00e9rant.<\/p>\n<p class=Intertitre2 style='margin-top:6.0pt;margin-right:0cm;margin-bottom: 0cm;margin-left:0cm;margin-bottom:.0001pt;line-height:12.0pt'>*&nbsp;&nbsp;*<\/p>\n<p class=Intertitre2 style='margin-top:0cm;margin-right:0cm;margin-bottom:3.0pt; margin-left:0cm;line-height:12.0pt'>*<\/p>\n<p class=Texte>La p\u00e9riode pr\u00e9c\u00e9dant f\u00e9vrier 1934 fut marqu\u00e9e par des conflits r\u00e9p\u00e9t\u00e9s; on n&rsquo;en citera que quelques-uns parmi les plus graves.<\/p>\n<p class=Texte>En avril 1923 fut constitu\u00e9 le <span lang=DE>Republikanischer Schutzbund<\/span> (\u201cligue de protection r\u00e9publicaine\u201d, couramment appel\u00e9 \u201c<span lang=DE>Schutzbund<\/span>\u201d tout court), une organisation prol\u00e9tarienne arm\u00e9e issue de formations surgies en 1918&#8209;1919, \u00e0 savoir les services d&rsquo;ordre li\u00e9s aux conseils ouvriers et les groupes de d\u00e9fense des usines. De par les circonstances de sa formation et sa composition, le <span lang=DE>Schutzbund<\/span> \u00e9tait associ\u00e9 au <span lang=DE>SDAPD\u00d6<\/span>. En 1928 il comptait 80&nbsp;000 membres. Ceux-ci suivaient un entrainement \u00e0 l&rsquo;usage des armes, dont des stocks consid\u00e9rables \u00e9taient tenus \u00e0 disposition dans des d\u00e9p\u00f4ts clandestins.<\/p>\n<p class=Texte>Le 30&nbsp;janvier 1927, \u00e0 <span lang=DE>Schattendorf<\/span>, localit\u00e9 de la province du Burgenland, un groupe d&rsquo;anciens combattants monarchistes ouvrit le feu sur un d\u00e9fil\u00e9 du <span lang=DE>Schutzbund<\/span>. L&rsquo;attaque fit deux morts, dont un enfant. Jug\u00e9s le 14&nbsp;juillet, les tireurs &#8209;&nbsp;qui pourtant n&rsquo;avaient nullement ni\u00e9 les faits&nbsp;&#8209; furent acquitt\u00e9s. Le&nbsp;15, une gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale spontan\u00e9e \u00e9clata et conduisit \u00e0 un affrontement avec la police. Celle-ci fit usage d&rsquo;armes \u00e0 feu; le lendemain, les fusillades continuaient encore. Au total on compta 86&nbsp;morts parmi la population, ainsi que 4&nbsp;policiers; plus de 1000&nbsp;bless\u00e9s furent hospitalis\u00e9s. Autre exemple: le 18&nbsp;aout 1929, la <span lang=DE>Heimwehr<\/span> tenta une fois de plus d&#8217;emp\u00eacher un rassemblement organis\u00e9 par le SDAPD\u00d6; lorsque les manifestants ripost\u00e8rent, la <span lang=DE>Heimwehr<\/span> tira, et on d\u00e9plora 3&nbsp;ouvriers morts ainsi qu&rsquo;environ 200&nbsp;bless\u00e9s.<\/p>\n<p class=Texte>Le gouvernement se trouvait de plus en plus sous l&#8217;emprise de la <span lang=DE>Heimwehr<\/span>, qui le poussait sur la voie vers un changement de r\u00e9gime. Le 7&nbsp;d\u00e9cembre 1929, une nouvelle constitution fut adopt\u00e9e par l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale (<span lang=DE>Nationalrat<\/span>), avec les voix des social-d\u00e9mocrates. Les pouvoirs du Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique se trouvaient consid\u00e9rablement \u00e9largis, ce qui allait ouvrir notamment au gouvernement la possibilit\u00e9 d&rsquo;avoir recours \u00e0 la proc\u00e9dure des d\u00e9crets-lois.<\/p>\n<p class=Texte>Le 30&nbsp;septembre 1930, le nouveau chef f\u00e9d\u00e9ral de la <span lang=DE>Heimwehr<\/span> (depuis le d\u00e9but du mois), <span lang=DE>Ernst R\u00fcdiger von Starhemberg<\/span>, entra au gouvernement en tant que ministre de l&rsquo;Int\u00e9rieur. Il avait particip\u00e9 \u00e0 la tentative de putsch conduite par Adolf Hitler, \u00e0 Munich en 1923. Le dirigeant de la <span lang=DE>Heimwehr<\/span> de Salzbourg, <span lang=DE>Franz Hueber<\/span>, beau-fr\u00e8re de <span lang=DE>Hermann Goering<\/span> (l&rsquo;un des principaux dirigeants du NSDAP, le Parti national-socialiste allemand), devint ministre de la Justice. Le 3&nbsp;octobre, <span lang=DE>Starhemberg<\/span> et <span lang=DE>Walter Pfrimer<\/span> &#8209;&nbsp;dirigeant de la <span lang=DE>Heimwehr<\/span> dans la province de Steiermark&nbsp;&#8209; firent publier un appel dans lequel on lit<a href=\"#_edn4\" name=\"_ednref4\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt'>[4]<\/span><\/span><\/span><\/a>:<\/p>\n<p class=MsoQuote>Quand la <span lang=DE>Heimwehr<\/span>, aujourd&rsquo;hui, a mis sa main au gouvernail du gouvernement, cela ne s&rsquo;est pas fait pour appuyer le Parti chr\u00e9tien-social, mais pour retenir le gouvernail pour notre mouvement, le mouvement de la <span lang=DE>Heimwehr<\/span>, en \u00e9tant r\u00e9solument d\u00e9termin\u00e9 de ne pas nous le laisser arracher ni m\u00eame par une majorit\u00e9 rouge. [&#8230;] Aujourd&rsquo;hui, la <span lang=DE>Heimwehr<\/span> est dans le gouvernement, demain le &quot;bloc de la patrie&quot; (&quot;<span lang=DE>Heimatblock<\/span>&quot;) doit conqu\u00e9rir le Parlement, non pas pour se pr\u00e9lasser dans ses fauteuils, mais pour \u00e9difier, sur les ruines du parlement bas\u00e9 sur la politique de partis, le nouvel \u00e9tat, celui de la <span lang=DE>Heimwehr<\/span>.<\/p>\n<p class=Texte>Le 12&nbsp;septembre 1931, une tentative de putsch eut lieu, \u00e0 l&rsquo;initiative de <span lang=DE>Pfrimer<\/span> qui avait remplac\u00e9 <span lang=DE>Starhemberg<\/span> comme chef f\u00e9d\u00e9ral de la <span lang=DE>Heimwehr<\/span>. <span lang=DE>Pfrimer<\/span> proclama &quot;l&rsquo;\u00c9tat des <span lang=DE>Heimwehren<\/span>&quot;. L&rsquo;entreprise \u00e9choua, mais gr\u00e2ce \u00e0 la complicit\u00e9 du gouvernement, les putschistes purent se retirer sans encombre.<\/p>\n<p class=Texte>En avril 1932, plusieurs \u00e9lections partielles importantes (aux di\u00e8tes et aux conseils communaux, concernant plus de trois quarts des \u00e9lecteurs) eurent une issue particuli\u00e8rement d\u00e9favorable pour le gouvernement; le nombre des voix national-socialistes<a href=\"#_edn5\" name=\"_ednref5\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt'>[5]<\/span><\/span><\/span><\/a>, jusque-l\u00e0 tr\u00e8s faible, connut une augmentation consid\u00e9rable. Ainsi, apr\u00e8s une succession de gouvernements de courte dur\u00e9e, le 20&nbsp;mai 1932 <span lang=DE>Engelbert Dollfuss<\/span> fut nomm\u00e9 chancelier f\u00e9d\u00e9ral. En s&rsquo;appuyant sur les d\u00e9put\u00e9s chr\u00e9tiens-sociaux et les repr\u00e9sentants de la <span lang=DE>Heimwehr<\/span>, il disposa d&rsquo;une majorit\u00e9 d&rsquo;une seule voix. Les national-socialistes exig\u00e8rent alors la tenue d&rsquo;\u00e9lections \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale; le SDAPD\u00d6 se pronon\u00e7a dans le m\u00eame sens, mais les chr\u00e9tien-sociaux s&rsquo;y oppos\u00e8rent cat\u00e9goriquement. En fait, le gouvernement \u00e9tait dor\u00e9navant d\u00e9cid\u00e9 d&rsquo;agir en s&rsquo;appuyant sur la loi des pleins pouvoirs relative \u00e0 l&rsquo;\u00e9conomie de guerre &#8209;&nbsp;datant de 1917 et jamais abrog\u00e9e formellement depuis&nbsp;&#8209; qui avait autoris\u00e9e le gouvernement de la monarchie \u00e0 adopter des d\u00e9crets-lois sans intervention du parlement, en vue de l&rsquo;approvisionnement de la population en biens de premi\u00e8re n\u00e9cessit\u00e9. C&rsquo;est le 1er&nbsp;octobre 1932 que pour la premi\u00e8re fois le gouvernement proc\u00e9da ainsi.<\/p>\n<p class=Texte>En mars 1933 les employ\u00e9s des chemins de fer d\u00e9clench\u00e8rent une gr\u00e8ve. Le 4&nbsp;mars, le parlement devait d\u00e9lib\u00e9rer au sujet des mesures \u00e0 prendre \u00e0 l&rsquo;encontre des gr\u00e9vistes. \u00c0 l&rsquo;issue de la s\u00e9ance, suite \u00e0 une succession de manoeuvres de proc\u00e9dure employ\u00e9es par les uns et les autres, les d\u00e9put\u00e9s se s\u00e9par\u00e8rent dans la plus grande confusion. Il n&rsquo;y avait plus de pr\u00e9sident du parlement pour le convoquer \u00e0 si\u00e9ger, il appartenait d\u00e9sormais au gouvernement de le faire. Dollfuss en profita pour perp\u00e9trer un coup d&rsquo;\u00e9tat; la nuit du 7&nbsp;au&nbsp;8, il offrit sa d\u00e9mission au pr\u00e9sident de la r\u00e9publique, et se fit r\u00e9tablir dans ses fonctions sur la base de la proc\u00e9dure de d\u00e9cret d&rsquo;urgence. Par la suite, \u00e0 diverses occasions, il exposait son programme. Ainsi le 14&nbsp;mai il d\u00e9clara<a href=\"#_edn6\" name=\"_ednref6\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt'>[6]<\/span><\/span><\/span><\/a>: &quot;Cette forme de parlement et de parlementarisme, qui est morte, ne reviendra plus&quot;. Puis le 11&nbsp;septembre<a href=\"#_edn7\" name=\"_ednref7\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt'>[7]<\/span><\/span><\/span><\/a>: &quot;L&rsquo;\u00e9poque du syst\u00e8me capitaliste, l&rsquo;\u00e9poque de l&rsquo;ordre \u00e9conomique capitaliste-lib\u00e9ral est termin\u00e9e, l&rsquo;\u00e9poque du d\u00e9voiement marxiste, mat\u00e9rialiste, du peuple appartient au pass\u00e9! L&rsquo;\u00e9poque de la domination des partis est finie! Nous refusons la mise au pas et la terreur, nous voulons l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;Autriche social, chr\u00e9tien, allemand, sur une base corporative, sous une direction forte, autoritaire! Autorit\u00e9 ne signifie pas arbitraire, autorit\u00e9 signifie pouvoir dans l&rsquo;ordre, signifie direction par des hommes conscients des responsabilit\u00e9s, d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9s, pr\u00eats aux sacrifices.&quot;<\/p>\n<p class=Texte>Aussit\u00f4t, le 8&nbsp;mars, le gouvernement interdit toutes les r\u00e9unions et manifestations, et \u00e9tablit la possibilit\u00e9 d&rsquo;une censure pr\u00e9alable de la presse; cette derni\u00e8re fut appliqu\u00e9e d\u00e8s le&nbsp;24, au journal du SDAPD\u00d6, <i><span lang=DE>Arbeiter-Zeitung<\/span><\/i> (<i>Journal ouvrier<\/i>). Le&nbsp;31, fut prononc\u00e9e l&rsquo;interdiction du <span lang=DE>Schutzbund<\/span> (que le SDAPD\u00d6 camoufla d\u00e8s lors en service d&rsquo;ordre du parti), suivie de celles du Parti communiste (<span lang=DE>Kommunistische Partei \u00d6sterreichs, KP\u00d6<\/span>), le 26&nbsp;mai, ainsi que de son journal, <i><span lang=DE>Die&nbsp;Rote&nbsp;Fahne<\/span><\/i> (<i>Le Drapeau rouge<\/i>), le 22&nbsp;juillet. Ult\u00e9rieurement, le gouvernement interdit \u00e9galement la <span lang=DE>Arbeiterwehr<\/span> (\u201cMilice ouvri\u00e8re\u201d, organisation constitu\u00e9e en septembre 1928 pour succ\u00e9der au <span lang=DE>Roter Frontk\u00e4mpferbund<\/span> &#8209;&nbsp;\u201cLigue rouge de combattants du Front\u201d&nbsp;&#8209; qui, lui, avait \u00e9t\u00e9 dissout en avril 1928), dirig\u00e9e par les communistes, et l&rsquo;organisation de secours mutuel <span lang=DE>Rote Hilfe<\/span> (\u201cSecours rouge\u201d).<\/p>\n<p class=Texte>Le 19&nbsp;juin Dollfuss interdit le Parti national-socialiste. Cela n&rsquo;en fit pas un antifasciste. Bien au contraire, le 23&nbsp;septembre, il instaura, en suivant le mod\u00e8le hitl\u00e9rien, des camps de concentration, appel\u00e9s pudiquement &quot;camps d&rsquo;arr\u00eat&quot; (<span lang=DE>Anhaltelager)<\/span>. Le 10&nbsp;novembre, le gouvernement mit en vigueur les cours martiales et la peine de mort pour meurtre, ainsi que pour incendie et d\u00e9t\u00e9rioration volontaires de biens.<\/p>\n<p class=Texte>La <span lang=DE>Heimwehr<\/span> pouvait se servir de l&rsquo;autorit\u00e9 gouvernementale, en la personne d&rsquo;<span lang=DE>Emil Fey<\/span>, dirigeant de la <span lang=DE>Heimwehr<\/span> \u00e0 Vienne et adjoint de <span lang=DE>Starhemberg<\/span> \u00e0 la direction nationale de la <span lang=DE>Heimwehr<\/span>. Il avait \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 d&rsquo;abord secr\u00e9taire d&rsquo;\u00e9tat en octobre 1932, puis \u00e9tait pass\u00e9 au rang de ministre en mai 1933, puis vice-chancelier depuis septembre 1933. Le 21&nbsp;janvier 1934, le journal du SDAPD\u00d6 <i><span lang=DE>Arbeiter-Zeitung<\/span><\/i> fut interdit de vente, trois jours apr\u00e8s d\u00e9marr\u00e8rent des op\u00e9rations de perquisition des locaux du parti et du <span lang=DE>Schutzbund<\/span>, ainsi que des logements des militants. Fin janvier, les attaques multiples de la part de la <span lang=DE>Heimwehr<\/span> prirent ouvertement l&rsquo;orientation vers la tentative de putsch, annonc\u00e9 depuis longtemps. Le 31&nbsp;janvier, la <span lang=DE>Heimwehr<\/span><span lang=DE> <\/span>de la province de <span lang=DE>Tirol<\/span> mobilisa environ 8&nbsp;000 hommes fortement arm\u00e9s qui occup\u00e8rent tous les points d&rsquo;importance strat\u00e9gique. En outre la parution du <i><span lang=DE>Arbeiter-Zeitung<\/span><\/i> fut emp\u00each\u00e9e. Le 1er&nbsp;f\u00e9vrier, les dirigeants de la <span lang=DE>Heimwehr<\/span> pos\u00e8rent un ultimatum au gouvernement de la province, en exigeant que celui-ci soit remplac\u00e9 par un comit\u00e9 dont les membres seraient d\u00e9sign\u00e9s parmi les organisations fascistes, et que soient interdits les unions et associations &quot;hostiles \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat&quot;. Par la suite, des unit\u00e9s de la <span lang=DE>Heimwehr<\/span> dans d&rsquo;autres provinces se mobilis\u00e8rent dans le m\u00eame sens. Le 9&nbsp;f\u00e9vrier, Dollfuss entama des n\u00e9gociations avec la <span lang=DE>Heimwehr<\/span>; le lendemain il d\u00e9clara qu&rsquo;il \u00e9tait pr\u00eat \u00e0 satisfaire leurs revendications.<\/p>\n<p class=Texte>Lorsque, le 12&nbsp;f\u00e9vrier, une unit\u00e9 de la <span lang=DE>Heimwehr<\/span> mandat\u00e9e \u00e0 titre de police auxiliaire tenta de perquisitionner le si\u00e8ge du SDAPD\u00d6 \u00e0 Linz, capitale de la province de <span lang=DE>Ober\u00f6sterreic<\/span>h, des militants du <span lang=DE>Schutzbund<\/span> sous la direction de <span lang=DE>Richard Bernaschek<\/span> r\u00e9sist\u00e8rent par les armes. Des combats \u00e9clat\u00e8rent \u00e9galement \u00e0 Vienne, ainsi que dans la plupart des provinces; ils se prolongeaient jusqu&rsquo;au&nbsp;18. <\/p>\n<p class=Texte>Cet affrontement se d\u00e9roulait dans des conditions d\u00e9favorables pour les forces antifascistes. La plupart des principaux dirigeants du <span lang=DE>Schutzbund<\/span> avaient d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s et de nombreux stock d&rsquo;armes clandestins restaient ainsi inaccessibles; la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale ne se produisit que tr\u00e8s partiellement; sous l&rsquo;effet des consignes donn\u00e9es par la direction social-d\u00e9mocrate centrale le recours aux armes restait limit\u00e9 \u00e0 la riposte au cas o\u00f9 l&rsquo;ennemi ouvrirait le feu. Pour ce qui est du KP\u00d6, sa capacit\u00e9 d&rsquo;influer sur les \u00e9v\u00e8nements \u00e9tait limit\u00e9e, en particulier il n&rsquo;avait pas acc\u00e8s aux stocks d&rsquo;armes du <span lang=DE>Schutzbund<\/span>.<\/p>\n<p class=Texte>Les forces arm\u00e9es au service du pouvoir bourgeois &#8209;&nbsp;l&rsquo;arm\u00e9e, la police, la gendarmerie, les unit\u00e9s de la <span lang=DE>Heimwehr<\/span> lesquelles leur \u00e9taient officiellement associ\u00e9es&nbsp;&#8209; proc\u00e9d\u00e8rent sans retenue. Des immeubles o\u00f9 se concentrait la population ouvri\u00e8re, \u00e0 <span lang=DE>Wien, Linz, Steyr, Bruck an der Mur<\/span>, subissaient des bombardements de l&rsquo;artillerie. Au moyen de proc\u00e9dures de loi martiale, furent prononc\u00e9es 21&nbsp;condamnations \u00e0 mort, dont 9&nbsp;furent appliqu\u00e9es. Les chiffres officiels pour Vienne uniquement, indiquent en 1934 l&rsquo;arrestation de 7&nbsp;000 communistes et 12&nbsp;000 socialistes. Plus de&nbsp;1000 furent condamn\u00e9s \u00e0 des peines lourdes de prison. <\/p>\n<p class=Texte>Le SDAPD\u00d6, les syndicats et les autres organisations et unions des travailleurs furent interdits. Le 24&nbsp;avril, une nouvelle constitution f\u00e9d\u00e9rale fut publi\u00e9e par voie de d\u00e9cret-loi, \u00e9tablissant &quot;l&rsquo;\u00c9tat f\u00e9d\u00e9ral chr\u00e9tien, allemand, \u00e0 base corporative&quot;, et ceci &quot;au nom de Dieu, le Tout-Puissant dont proc\u00e8de tout droit&quot;.<\/p>\n<p class=Intertitre2 style='margin-top:6.0pt;margin-right:0cm;margin-bottom: 0cm;margin-left:0cm;margin-bottom:.0001pt;line-height:12.0pt'>*&nbsp;&nbsp;*<\/p>\n<p class=Intertitre2 style='margin-top:0cm;margin-right:0cm;margin-bottom:3.0pt; margin-left:0cm;line-height:12.0pt'>*<\/p>\n<p class=Texte>L&rsquo;attitude du SDAPD\u00d6 au cours de cette p\u00e9riode \u00e9tait n\u00e9faste, d&rsquo;abord parce qu&rsquo;elle \u00e9tait guid\u00e9e par un penchant constant au compromis, aux mesures d\u00e9fensives, voire \u00e0 la capitulation.<\/p>\n<p class=Texte>\u00c0 l&rsquo;occasion de l&rsquo;enterrement des victimes des \u00e9v\u00e8nements de <span lang=DE>Schattendorf<\/span> du 30&nbsp;janvier 1927 (cf. plus haut), les social-d\u00e9mocrates appel\u00e8rent \u00e0 une manifestation \u00e0 Innsbruck (capitale du Land de <span lang=DE>Tirol<\/span>) pour le 4&nbsp;f\u00e9vrier. La <span lang=DE>Heimwehr<\/span><span lang=DE> <\/span>de la province investit alors la ville de fa\u00e7on ostentatoire, puis le gouvernement r\u00e9gional interdit la manifestation pr\u00e9vue, sous pr\u00e9texte de danger d&rsquo;affrontements. Finalement les social-d\u00e9mocrates se contentaient d&rsquo;un rassemblement en local ferm\u00e9. Le 15&nbsp;juillet, au cours des affrontements cons\u00e9cutifs \u00e0 l&rsquo;acquittement des tireurs du 30&nbsp;janvier, le <span lang=DE>Schutzbund<\/span> laissait d&rsquo;abord les manifestants seuls face \u00e0 la police; ensuite il intervenait, mais non arm\u00e9e, et contre les travailleurs en essayant de d\u00e9samorcer leur action; finalement, expos\u00e9 aux attaques meurtri\u00e8res de la police, il se retira. D\u00e8s la nuit du 15&nbsp;au 16&nbsp;juillet, le KP\u00d6 diffusa une \u00e9dition sp\u00e9ciale du <i><span lang=DE>Rote Fahne<\/span><\/i> \u00e9non\u00e7ant les revendications formul\u00e9es par le Parti<a href=\"#_edn8\" name=\"_ednref8\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt'>[8]<\/span><\/span><\/span><\/a>: dissolution et d\u00e9sarmement de toutes les organisations fascistes, \u00e9puration de l&rsquo;appareil d&rsquo;\u00e9tat (police, arm\u00e9e, gendarmerie) d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments r\u00e9actionnaires, armement des travailleurs. Finalement, l&rsquo;apr\u00e8s-midi du 15&nbsp;juillet, alors que des centaines de milliers de travailleurs s&rsquo;\u00e9taient rassembl\u00e9s au centre-ville et d\u00e9j\u00e0 on comptait parmi eux des dizaines de morts, le SDAPD\u00d6 et les dirigeants syndicaux se d\u00e9cid\u00e8rent \u00e0 appeler \u00e0 une gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale de 24&nbsp;heures, et une gr\u00e8ve illimit\u00e9e des transports et des PTT fut proclam\u00e9e, en adressant au gouvernement une s\u00e9rie de revendications<a href=\"#_edn9\" name=\"_ednref9\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt'>[9]<\/span><\/span><\/span><\/a>: fin des repr\u00e9sailles, inculpation des responsables du carnage, convocation du parlement. Le chancelier f\u00e9d\u00e9ral <span lang=DE>Ignaz Seipel<\/span> rejeta les revendications et remarqua pour se moquer de la d\u00e9l\u00e9gation, qu&rsquo;en vue de la tenue d&rsquo;une session du parlement, ils devaient &quot;d&rsquo;abord faire en sorte que les trains circulent \u00e0 nouveaux, puisqu&rsquo;autrement les d\u00e9put\u00e9s ne peuvent pas se rendre \u00e0 Vienne&quot;<a href=\"#_edn10\" name=\"_ednref10\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt'>[10]<\/span><\/span><\/span><\/a>. Les social-d\u00e9mocrates annul\u00e8rent effectivement la gr\u00e8ve des transports. Le 16&nbsp;juillet, le <i>Bulletin d&rsquo;information de la social-d\u00e9mocratie<\/i> (<i><span lang=DE>Mitteilungsblatt der Sozialdemokratie<\/span><\/i>) \u00e9crivit<a href=\"#_edn11\" name=\"_ednref11\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt'>[11]<\/span><\/span><\/span><\/a>: &quot;Plus est total, de la part des camarades, le respect de la consigne de rester aujourd&rsquo;hui \u00e0 la maison et de ne pas descendre dans la rue, d&rsquo;autant plus efficace sera la prompte disposition du <span lang=DE>Schutzbund<\/span> d&rsquo;intervenir en cas de besoin.&quot; Puis le 7&nbsp;aout, le <i><span lang=DE>Arbeiter-Zeitung<\/span><\/i><span lang=DE> <\/span>\u00e9crivit<a href=\"#_edn12\" name=\"_ednref12\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt'>[12]<\/span><\/span><\/span><\/a>: &quot;Nous n&rsquo;avons pas \u00e9t\u00e9 vaincus dans le combat, c&rsquo;est plut\u00f4t que nous avons \u00e9vit\u00e9 le combat.&quot;<\/p>\n<p class=Texte>Cette attitude n&rsquo;\u00e9tait pas circonstancielle. Elle est l&rsquo;expression des orientations adopt\u00e9es par les dirigeants du SDAPD\u00d6, avant tout Otto Bauer, pr\u00e9sident adjoint du parti (<span lang=DE>Karl Seitz<\/span> \u00e9tant pr\u00e9sident) et aussi Karl Renner, autre personnalit\u00e9 importante. Voici par exemple ce qu&rsquo;explique Bauer au congr\u00e8s du parti en 1927<a href=\"#_edn13\" name=\"_ednref13\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt'>[13]<\/span><\/span><\/span><\/a>:<\/p>\n<p class=MsoQuote>Notre autre t\u00e2che consiste \u00e0 ce que, le mieux possible, nous rendions la classe ouvri\u00e8re elle-m\u00eame apte au combat, apte \u00e0 la r\u00e9sistance, face aux dangers qui nous menacent aujourd&rsquo;hui. Pour cela, diff\u00e9rents aspects sont requis. D&rsquo;abord je voudrais dire une chose: chaque travailleur, et chaque organisation ouvri\u00e8re si petite qu&rsquo;elle soit, doit comprendre aujourd&rsquo;hui, que nous traversons une certaine zone de dangers, et que nous pourrons nous d\u00e9fendre contre les dangers qui nous menacent uniquement par une discipline intensifi\u00e9e, renforc\u00e9e, serr\u00e9e. Pour moi il ne souffre aucun doute que le fascisme a int\u00e9r\u00eat \u00e0 nous provoquer \u00e0 de nouveaux affrontements violents, \u00e0 nous attirer devant les fusils de la police, de la gendarmerie et de l&rsquo;arm\u00e9e. Cela nous place avant tout devant la t\u00e2che de ne pas tomber dans le pi\u00e8ge qu&rsquo;on nous tend. [&#8230;] Camarades, nous \u00f4tons au fascisme sa plus importante occasion, si nous sommes \u00e0 m\u00eames de mener \u00e0 bien la discipline politique, syndicale avec une telle rigueur. [&#8230;]<\/p>\n<p class=MsoQuote>Ici en Autriche nous avons r\u00e9ussi \u00e0 convaincre les travailleurs qu&rsquo;ils peuvent, non pas dans une \u00e9poque lointaine, mais durant la g\u00e9n\u00e9ration actuelle, conqu\u00e9rir le pouvoir d&rsquo;\u00e9tat, sur le terrain de la d\u00e9mocratie et avec les moyens de la d\u00e9mocratie, si seulement nous restons unis, et si seulement nous restons r\u00e9solus \u00e0 d\u00e9fendre les moyens de combat d\u00e9mocratiques. <\/p>\n<p class=Texte>Par la suite la <span lang=DE>Heimwehr<\/span> et les employeurs poursuivaient avec succ\u00e8s l&rsquo;objectif d&rsquo;introduire des membres de la <span lang=DE>Heimwehr<\/span> dans les entreprises pour cr\u00e9er des noyaux de syndicats &quot;ind\u00e9pendants&quot;. Les travailleurs tentaient de contrecarrer ces agissements. Dans un certain nombre d&rsquo;entreprises des provinces de Steiermark et <span lang=DE>K\u00e4rnten<\/span>, des gr\u00e8ves se produisirent. Le 10&nbsp;mai 1928, les 550&nbsp;travailleurs de la <span lang=DE>\u00d6sterreichisch-Alpine Montan-Gesellschaft<\/span> (importante soci\u00e9t\u00e9 sid\u00e9rurgique, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque majoritairement contr\u00f4l\u00e9e par des capitaux allemands) \u00e0 <span lang=DE>H\u00fcttenberg<\/span>, en <span lang=DE>K\u00e4rnten<\/span>, se mirent en gr\u00e8ve, et des travailleurs d&rsquo;autres sites du groupe se joignirent \u00e0 eux. Cependant la direction social-d\u00e9mocrate du syndicat n&rsquo;\u00e9tait pas dispos\u00e9e \u00e0 entrer en lutte. Elle entama des n\u00e9gociations avec la direction du groupe et de l&rsquo;association patronale de la sid\u00e9rurgie (<span lang=DE>Stahlwerksverband<\/span>) en vue du r\u00e8glement du conflit. Il en r\u00e9sulta la capitulation totale des dirigeants de la F\u00e9d\u00e9ration des travailleurs de la m\u00e9tallurgie (<span lang=DE>Metallarbeiterverband<\/span>) et de la F\u00e9d\u00e9ration des mineurs (<span lang=DE>Verband der Bergarbeiter<\/span>). Ils donn\u00e8rent leur accord \u00e0 l&rsquo;exigence d&rsquo;une &quot;\u00e9galit\u00e9 des droits&quot; pour les syndicats mis en place par les employeurs et \u00e0 la &quot;libert\u00e9 d&#8217;embauche&quot; de la part de la direction d&rsquo;entreprise, ce qui induisait des licenciements frappant les travailleurs organis\u00e9s. Dans d&rsquo;autres entreprises \u00e9galement, les travailleurs se d\u00e9fendaient contre l&rsquo;installation des pr\u00e9tendus &quot;ind\u00e9pendants&quot;, mais ne trouvaient aucun soutien aupr\u00e8s de la direction syndicale social-d\u00e9mocrate. Cela conduisait \u00e0 ce que dans quelques centres industriels beaucoup de travailleurs, sous la menace d&rsquo;\u00eatre licenci\u00e9s, pass\u00e8rent des &quot;syndicats libres&quot; aux syndicats contr\u00f4l\u00e9s par la <span lang=DE>Heimwehr<\/span>. \u00c0 la fin de mai 1928, \u00e0 <span lang=DE>Donawitz<\/span> en <span lang=DE>Steiermark<\/span>, 1600&nbsp;travailleurs sur&nbsp;4000 avaient rejoint le <span lang=DE>Heimwehr<\/span>, \u00e0 <span lang=DE>H\u00fcttenberg<\/span> c&rsquo;\u00e9tait le cas pour la majorit\u00e9.<\/p>\n<p class=MsoNormal style='margin-bottom:6.0pt;text-align:justify;text-indent: 14.2pt;line-height:15.0pt'>Le 5&nbsp;juin 1928, la <span lang=DE>Heimwehr<\/span> de la province de <span lang=DE>Nieder\u00f6sterreich<\/span> d\u00e9clara pour les 6&nbsp;et 7&nbsp;octobre la tenue d&rsquo;une assembl\u00e9e \u00e0 Wiener Neustadt, un centre industriel; le 6&nbsp;juillet le <span lang=DE>Schutzbund<\/span> de la r\u00e9gion annon\u00e7a \u00e0 son tour un d\u00e9fil\u00e9 pour le 7&nbsp;octobre aussi \u00e0 Wiener Neustadt<a href=\"#_edn14\" name=\"_ednref14\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt'>[14]<\/span><\/span><\/span><\/a>. Le 7&nbsp;septembre une session de la direction du <span lang=DE>SDAPD\u00d6<\/span> discuta de la situation ainsi cr\u00e9\u00e9e. Bauer consid\u00e8re qu&rsquo;il faut \u00e0 tout prix \u00e9viter les affrontements pr\u00e9visibles, et donc obtenir l&rsquo;annulation des deux manifestations. Il demande que le maire de la ville, social-d\u00e9mocrate, interdise lui-m\u00eame les manifestations pour autant qu&rsquo;il en ait la comp\u00e9tence juridique, et qu&rsquo;en tout cas il adresse au chef de gouvernement de la province une requ\u00eate en ce sens. Le 22&nbsp;septembre parut un article dans le <i><span lang=DE>Arbeiter-Zeitung<\/span><\/i>, dans lequel le parti se d\u00e9clare pr\u00eat \u00e0 renoncer \u00e0 son d\u00e9fil\u00e9 si celui de la <span lang=DE>Heimwehr<\/span> n&rsquo;a pas lieu. En m\u00eame temps le parti, pour donner plus d&rsquo;ampleur \u00e0 la question, annon\u00e7a qu&rsquo;il s&rsquo;agira pour lui d&rsquo;une &quot;journ\u00e9e ouvri\u00e8re socialiste&quot; rassemblant les membres de toutes les organisations socialistes. Un accord fut finalement conclu sur les conditions dans lesquelles se d\u00e9rouleront les deux rassemblements, de fa\u00e7on \u00e0 \u00e9viter tout contact. Ainsi le 5&nbsp;octobre l&rsquo;organe social-d\u00e9mocrate local <i><span lang=DE>Gleichheit<\/span><\/i><span lang=DE> <\/span>(<i>\u00c9galit\u00e9<\/i>) \u00e9crit<a href=\"#_edn15\" name=\"_ednref15\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt'>[15]<\/span><\/span><\/span><\/a>: &quot;Celui qui provoque des affrontements violents est, ou bien un type agissant de fa\u00e7on inconsid\u00e9r\u00e9e qui ne sait pas ce qu&rsquo;il fait, ou alors une crapule qui veut provoquer intentionnellement une effusion de sang.&quot; Le jour annonc\u00e9, le 7&nbsp;octobre, se r\u00e9unissaient environ 14&nbsp;000 membres de la <span lang=DE>Heimwehr<\/span>, et environ 35&nbsp;000 militants socialistes. La pr\u00e9sence des forces de police et de l&rsquo;arm\u00e9e \u00e9tait consid\u00e9rable, il n&rsquo;y eut pas d&rsquo;incidents. Cependant le KP\u00d6, qui en commun avec un comit\u00e9 de d\u00e9fense antifasciste ayant \u00e0 sa t\u00eate un d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 d&rsquo;entreprise social-d\u00e9mocrate avait appel\u00e9 \u00e0 une action dans le but d&#8217;emp\u00eacher le d\u00e9fil\u00e9 de la <span lang=DE>Heimwehr<\/span>, fut la cible directe de la r\u00e9pression: d\u00e8s le matin, 17&nbsp;membres et sympathisants du Parti furent arr\u00eat\u00e9s par la gendarmerie sur demande de l&rsquo;adjoint du maire, et \u00e0 l&rsquo;initiative de celui-ci \u00e9galement, d&rsquo;autres militants communistes se trouv\u00e8rent en prison pour un jour ou deux.<\/p>\n<p class=Texte>Bauer persiste \u00e0 d\u00e9biter ses exhortations obsessionnelles au sujet de la discipline, notamment au congr\u00e8s du parti tenu du 14&nbsp;au 17&nbsp;septembre 1928<a href=\"#_edn16\" name=\"_ednref16\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt'>[16]<\/span><\/span><\/span><\/a>:<\/p>\n<p class=MsoQuote>Voyez-vous, selon ma conviction les putschistes, qui se trouvent dans l&rsquo;entourage le plus proche du monsieur <span lang=DE>Steidle<\/span> et du monsieur Pfrimer et qui forment leur \u00e9tat-major, ont un plan bien pr\u00e9cis. Ces messieurs partent de la consid\u00e9ration suivante: si jamais se produisait un r\u00e9f\u00e9rendum populaire, une campagne \u00e9lectorale, au cours de laquelle le peuple d\u00e9cide tout \u00e0 fait dans le calme et la clart\u00e9 au sujet de la politique de logement, alors selon la plus grande probabilit\u00e9 il y aura une victoire social-d\u00e9mocrate. [&#8230;] Et voyez-vous, camarades, pour cette raison je suis convaincu que les gens de la <span lang=DE>Heimwehr<\/span>, de fa\u00e7on tout \u00e0 fait planifi\u00e9e, font la politique de provoquer, de fa\u00e7on planifi\u00e9e, intentionnelle et consciente, les travailleurs \u00e0 des affrontements violents, parce qu&rsquo;ils ont besoin de ces affrontements, pour pouvoir, au cas o\u00f9 le peuple dans un d\u00e9lai proche serait appel\u00e9 \u00e0 prendre une d\u00e9cision, d\u00e9tourner cette d\u00e9cision par rapport \u00e0 la question de la protection des locataires. Face \u00e0 cette tentative, au sujet de laquelle je ne doute pas un instant qu&rsquo;elle est entreprise de fa\u00e7on tout \u00e0 fait consciente, intentionnelle et frivole &#8209;&nbsp;\u00e0 ces messieurs, que leur importe que soit vers\u00e9 du sang humain, quand les rentes des propri\u00e9taires d&rsquo;immeubles sont en jeu&nbsp;&#8209; notre tactique doit \u00eatre marqu\u00e9e du plus grand sang-froid. [&#8230;] Autant je ne suis nullement pour un quelconque recul qui puisse encourager les fascistes, autant je suis de l&rsquo;avis que c&rsquo;est une t\u00e2che tout \u00e0 fait importante du parti et de chacun des d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s, de faire comprendre \u00e0 tous nos camarades que des affrontements violents avec les <span lang=DE>Heimwehren<\/span> ne sont pas de notre int\u00e9r\u00eat. Eux y ont int\u00e9r\u00eat. [&#8230;] c&rsquo;est pourquoi je suis de l&rsquo;avis que nous ne reculerons pas devant ces messieurs. Mais nous ne nous laisserons pas nous forcer la main.<\/p>\n<p class=Texte>En r\u00e9action \u00e0 l&rsquo;acquittement, en d\u00e9cembre 1931, du putschiste <span lang=DE>Pfrimer<\/span>, la direction du SDAPD\u00d6 publia un appel \u00e0 ne rien faire<a href=\"#_edn17\" name=\"_ednref17\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt'>[17]<\/span><\/span><\/span><\/a>:<\/p>\n<p class=MsoQuote>Nous ne voulons pas de guerre civile. Depuis treize ans nous avons fait les plus grands sacrifices pour l&rsquo;\u00e9viter. Maintenant encore, \u00e0 la derni\u00e8re, nous nous voulons tout faire pour emp\u00eacher que du sang humain pr\u00e9cieux soit vers\u00e9. [&#8230;] Donc pas d&rsquo;actes inconsid\u00e9r\u00e9s, pas d&rsquo;\u00e9ruption de rage, pas de manifestations inutiles durant cette journ\u00e9e! Nous ne gaspillerons pas nos forces. Nous les garderons concentr\u00e9es intactes en vue de l&rsquo;heure d\u00e9cisive!<\/p>\n<p class=Texte>Apr\u00e8s le coup d&rsquo;\u00e9tat du 7&nbsp;mars 1933, le gouvernement d\u00e9clara contraire \u00e0 la constitution la convocation pour le 15&nbsp;mars d&rsquo;une s\u00e9ance du parlement, annon\u00e7ant qu&rsquo;il emp\u00eacherait sa tenue par l&rsquo;intervention de la police; les travailleurs exig\u00e8rent que la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale f\u00fbt proclam\u00e9e, mais selon les dirigeants du SDAPD\u00d6 il \u00e9tait erron\u00e9 de mener ce qu&rsquo;ils consid\u00e9raient comme une guerre pr\u00e9ventive. Le 13&nbsp;septembre le comit\u00e9 ex\u00e9cutif du parti ensemble avec la direction syndicale formula quatre crit\u00e8res devant servir aux travailleurs de d\u00e9clencher, sans consigne explicite, une gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale<a href=\"#_edn18\" name=\"_ednref18\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt'>[18]<\/span><\/span><\/span><\/a>:<\/p>\n<p class=MsoQuote>1.&nbsp;Si le gouvernement promulgue, de fa\u00e7on contraire \u00e0 la loi et la constitution, une constitution fasciste;<\/p>\n<p class=MsoQuote>2.&nbsp;si le gouvernement destitue, de fa\u00e7on contraire \u00e0 la loi et la constitution, l&rsquo;administration municipale et provinciale en place conform\u00e9ment \u00e0 la constitution, de Vienne la Rouge, et transfert l&rsquo;administration de Vienne \u00e0 un commissaire gouvernementale;<\/p>\n<p class=MsoQuote>3.&nbsp;si le gouvernement dissout le parti;<\/p>\n<p class=MsoQuote>4.&nbsp;si les syndicats sont dissouts ou &quot;mis au pas&quot;.<\/p>\n<p class=Texte>Le 8&nbsp;f\u00e9vrier 1934 encore, la direction du parti persistait dans son inaction. Voici ce qu&rsquo;en dit r\u00e9trospectivement Karl Renner<a href=\"#_edn19\" name=\"_ednref19\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt'>[19]<\/span><\/span><\/span><\/a>: &quot;<span lang=DE>Le <\/span>comit\u00e9 ex\u00e9cutif social-d\u00e9mocrate s&rsquo;est r\u00e9uni la derni\u00e8re fois le jeudi 8&nbsp;f\u00e9vrier. En \u00e9tant bien inform\u00e9 du fait que le coup est planifi\u00e9 pour mercredi, il fixe la prochaine r\u00e9union pour le lundi, r\u00e9solu \u00e0 ne donner en aucun cas lui-m\u00eame le signal \u00e0 la guerre civile, mais \u00e0 attendre l&rsquo;attaque venant d&rsquo;en haut et de laisser au gouvernement la responsabilit\u00e9.&quot; Apr\u00e8s avoir arr\u00eat\u00e9 le 12&nbsp;f\u00e9vrier, Renner, devant le juge d&rsquo;instruction d\u00e9crivit de fa\u00e7on similaire l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit r\u00e9gnant ce m\u00eame 8&nbsp;f\u00e9vrier dans le cadre d&rsquo;une session du groupe parlementaire<a href=\"#_edn20\" name=\"_ednref20\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt'>[20]<\/span><\/span><\/span><\/a>: &quot;Nous n&rsquo;y pouvons plus rien faire, nous devons nous attendre \u00e0 tout. [&#8230;] Nous avons la conscience tranquille, la responsabilit\u00e9 historique, c&rsquo;est les autres qui la portent.&quot;<\/p>\n<p class=Texte>Les travailleurs ne partageaient pas cette vision. Voici comment Renner d\u00e9crit la tournure que prirent les \u00e9v\u00e8nements pendant que le comit\u00e9 ex\u00e9cutif social-d\u00e9mocrate \u00e9tait en train, selon ses mots, d\u00b4&quot;attendre l&rsquo;attaque venant d&rsquo;en haut&quot;<a href=\"#_edn21\" name=\"_ednref21\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt'>[21]<\/span><\/span><\/span><\/a>:<\/p>\n<p class=MsoQuote>Des incidents inattendus perturbent toutes les attentes. Les travailleurs, agit\u00e9s au plus haut degr\u00e9, lisent le dimanche les annonces de <span lang=DE>Fey<\/span> et de <span lang=DE>Sch\u00f6nburg<\/span>, l&rsquo;interview de Starhemberg, une interview de <span lang=DE>Funder<\/span> qui revient au m\u00eame, ils lisent aussi qu&rsquo;\u00e0 Paris la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9e. Ils gardent la discipline, bien que celle-ci soit le plus durement \u00e9prouv\u00e9e par l&rsquo;\u00e9limination du parlement, par la dissolution du <span lang=DE>Schutzbund<\/span>, par la pers\u00e9cution dont fait l&rsquo;objet le &quot;<span lang=DE>Arbeiterzeitung<\/span>&quot;, par l&rsquo;arrestation des dirigeants du <span lang=DE>Schutzbund<\/span>. Ils gardent la discipline, pour autant que sous l&rsquo;effet de ces complications les d\u00e9cisions arrivent jusqu&rsquo;\u00e0 eux. Mais \u00e0 Linz, o\u00f9 le lundi matin est d\u00e9clench\u00e9e une fouille \u00e0 la recherche d&rsquo;armes dans les locaux ouvriers de l\u00e0-bas, les travailleurs pr\u00e9sents dans les locaux se d\u00e9fendent, les premiers tirs \u00e9clatent. Le malheur suit son cours: avant que le comit\u00e9 ex\u00e9cutif ne puisse se r\u00e9unir, la gr\u00e8ve \u00e9clate aussi \u00e0 Vienne, et deux jours avant l&rsquo;heure le plan d&rsquo;action du gouvernement se d\u00e9roule, tel un mouvement d&rsquo;horlogerie.<\/p>\n<p class=Texte>Au-del\u00e0 d&rsquo;une attitude g\u00e9n\u00e9rale d\u00e9fensive, le SDAPD\u00d6 se basait sur des analyses profond\u00e9ment erron\u00e9es. La situation de l&rsquo;Autriche \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque \u00e9tait particuli\u00e8rement significative du fait de l&rsquo;existence de deux mouvements rivaux d&rsquo;extr\u00eame droite, tout aussi n\u00e9faste l&rsquo;un que l&rsquo;autre. Or, la politique du SDAPD\u00d6 \u00e9tait guid\u00e9e par la recherche d&rsquo;une alliance avec le courant fasciste incarn\u00e9 par le gouvernement, contre les national-socialistes. C&rsquo;est cela qui inspirait les compromis que le parti recherchait vis-\u00e0-vis de la majorit\u00e9 gouvernementale. Selon un raisonnement erron\u00e9 et, qui plus est, incoh\u00e9rent, le SDAPD\u00d6 consid\u00e9rait d&rsquo;une part le r\u00e9gime domin\u00e9 par la <span lang=DE>Heimwehr<\/span> comme &quot;le moindre mal&quot;, mais d&rsquo;autre part d\u00e9veloppa aussi certaines appr\u00e9ciations t\u00e9moignant d&rsquo;un singulier aveuglement devant le danger national-socialiste. Ainsi, lorsqu&rsquo;apr\u00e8s les \u00e9lections partielles d&rsquo;avril 1932, marqu\u00e9es par un renforcement consid\u00e9rable des national-socialistes, le SDAPD\u00d6 se pronon\u00e7a en faveur de nouvelles \u00e9lections \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale, ce fut, selon Bauer, parce que &quot;nous croyions que de nouvelles \u00e9lections seraient utiles pour que les nationaux-socialistes fissent leur entr\u00e9e au Parlement et que la n\u00e9cessit\u00e9 de prendre position \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des questions \u00e9conomiques et politiques concr\u00e8tes d\u00e9masqu\u00e2t leur d\u00e9magogie&quot;<a href=\"#_edn22\" name=\"_ednref22\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt'>[22]<\/span><\/span><\/span><\/a>. Il est vrai que la m\u00eame attitude faussement rassurante se manifestait \u00e9galement \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de la Heimwehr, au sujet desquelles on trouve dans la presse social-d\u00e9mocrate par exemple l&rsquo;appr\u00e9ciation suivante<a href=\"#_edn23\" name=\"_ednref23\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt'>[23]<\/span><\/span><\/span><\/a>: &quot;Qu&rsquo;il a l&rsquo;air minable, le mouvement des Heimwehren bouffi d&rsquo;orgueil, par comparaison \u00e0 la puissance de la social-d\u00e9mocratie [&#8230;] Et \u00e7a veut dominer le pays par la force des armes!&quot;<\/p>\n<p class=Texte>En f\u00e9vrier 1934, les travailleurs autrichiens ont ripost\u00e9 \u00e0 l&rsquo;attaque des forces fascistes. Ils ont subi une d\u00e9faite. L&rsquo;influence profond\u00e9ment n\u00e9gative de l&rsquo;orientation suivie par le SDAPD\u00d6 au cours de la p\u00e9riode depuis 1918 en \u00e9tait une des principales causes. Et face aux p\u00e9rip\u00e9ties que traversaient par la suite les men\u00e9es des fascistes et des national-socialistes ayant pour objectif la soumission d\u00e9finitive de l&rsquo;Autriche, la population \u00e9tait, dans les conditions ainsi \u00e9tablies, quasiment impuissante. Le 17&nbsp;mars 1934 l&rsquo;Autriche, l&rsquo;Italie et la Hongrie sign\u00e8rent les &quot;Protocoles de Rome&quot; d\u00e9finissant le cadre d&rsquo;une collaboration politique et \u00e9conomique. Le 25&nbsp;juillet, eut lieu une tentative de putsch national-socialiste, au cours duquel Dollfuss fut tu\u00e9. Son successeur comme chancelier f\u00e9d\u00e9ral \u00e9tait Kurt Schuschnigg. Le 11&nbsp;mars 1938, le r\u00e9gime national-socialiste imposa le rattachement de l&rsquo;Autriche \u00e0 l&rsquo;Allemagne. Alors, Schuschnigg pronon\u00e7a des paroles qui marquent le stade ultime de l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit du bannissement de la violence face \u00e0 la violence<a href=\"#_edn24\" name=\"_ednref24\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt'>[24]<\/span><\/span><\/span><\/a>:<\/p>\n<p class=MsoQuote>Le gouvernement du Reich allemand a lanc\u00e9 au pr\u00e9sident f\u00e9d\u00e9ral un ultimatum limit\u00e9 dans le temps, selon lequel le pr\u00e9sident f\u00e9d\u00e9ral devra nommer comme chancelier f\u00e9d\u00e9ral un candidat propos\u00e9, et investir un gouvernement compos\u00e9 selon les propositions, de la part du gouvernement du Reich allemand. Dans le cas contraire serait envisag\u00e9e l&rsquo;entr\u00e9e, \u00e0 l&rsquo;expiration du d\u00e9lai, de troupes allemandes. [&#8230;]<\/p>\n<p class=MsoQuote>Le pr\u00e9sident f\u00e9d\u00e9ral me charge de faire savoir au peuple autrichien que nous c\u00e9dons \u00e0 la violence. N&rsquo;\u00e9tant \u00e0 aucun prix, m\u00eame en cette heure tragique, dispos\u00e9s \u00e0 verser du sang allemand, nous avons donn\u00e9 l&rsquo;ordre \u00e0 nos forces arm\u00e9es, dans le cas o\u00f9 l&rsquo;entr\u00e9e de troupes aurait lieu, de se retirer sans r\u00e9sistance essentielle&nbsp;&#8209; sans r\u00e9sistance&nbsp;&#8209; et d&rsquo;attendre les d\u00e9cisions des prochaines heures.<\/p>\n<p class=Intertitre2 style='margin-top:6.0pt;margin-right:0cm;margin-bottom: 0cm;margin-left:0cm;margin-bottom:.0001pt;line-height:12.0pt'>*&nbsp;&nbsp;*<\/p>\n<p class=Intertitre2 style='margin-top:0cm;margin-right:0cm;margin-bottom:3.0pt; margin-left:0cm;line-height:12.0pt'>*<\/p>\n<p class=Texte>Au cours de chaque conflit partiel, le probl\u00e8me sous-jacent \u00e9tait bien celui de l&rsquo;affrontement g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 potentiel, et les dirigeants du SDAPD\u00d6 savaient qu&rsquo;au bout du compte ils seraient acul\u00e9s \u00e0 choisir leur camp dans les faits, de fa\u00e7on tangible, et que la propagande tortueuse par laquelle ils tentaient de donner un air r\u00e9volutionnaire \u00e0 leur orientation volerait en \u00e9clats. L&rsquo;absurdit\u00e9 de leur conception concernant l&rsquo;arriv\u00e9e au pouvoir de la classe ouvri\u00e8re dans le cadre et par les moyens de la d\u00e9mocratie bourgeoise ne manquerait pas d&rsquo;apparaitre au grand jour. Ce qui motivait le refus d&rsquo;une quelconque action \u00e9nergique de leur part, c&rsquo;\u00e9tait la conscience du fait que finirait par se poser l&rsquo;enjeu ultime, celui de la conqu\u00eate du pouvoir par la classe ouvri\u00e8re par le renversement du pouvoir de la bourgeoisie. Cette consid\u00e9ration conduisait la direction du SDAPD\u00d6 \u00e0 des renoncements anticip\u00e9s continuels.<\/p>\n<p class=Texte>Le fond du probl\u00e8me ne r\u00e9side pas dans le d\u00e9bat de savoir si \u00e0 tel ou tel moment les conditions \u00e9taient r\u00e9unies, ou pas, pour le d\u00e9clenchement de l&rsquo;insurrection r\u00e9volutionnaire d\u00e9finitive, ou simplement pour des batailles arm\u00e9es \u00e0 port\u00e9e limit\u00e9e. Les r\u00e9volutionnaires authentiques doivent \u00e9videmment analyser la situation sous cet angle, et il se peut d&rsquo;ailleurs qu&rsquo;ils formulent des appr\u00e9ciations erron\u00e9es conduisant \u00e0 des d\u00e9faites. Mais si le contexte impose aux forces r\u00e9volutionnaires d&rsquo;\u00e9viter une bataille, il est n\u00e9anmoins imp\u00e9ratif de faire tout ce qui est possible pour consolider les positions et accumuler des forces. Or les dirigeants social-d\u00e9mocrates ont syst\u00e9matiquement oeuvr\u00e9 en sens inverse. Nous en avons donn\u00e9 un aper\u00e7u dans ce qui pr\u00e9c\u00e8de. Citons encore la pr\u00e9sentation faite r\u00e9trospectivement par Bauer<a href=\"#_edn25\" name=\"_ednref25\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt'>[25]<\/span><\/span><\/span><\/a>:<\/p>\n<p class=MsoQuote>Des couches de plus en plus larges de travailleurs concourent \u00e0 une pouss\u00e9e vers la r\u00e9volution contre la dictature. Le parti \u00e9tait pleinement conscient des dangers d&rsquo;un soul\u00e8vement r\u00e9volutionnaire. Nous savions \u00e0 quel point il \u00e9tait difficile de mener au succ\u00e8s une gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale \u00e0 une \u00e9poque, o\u00f9 plus d&rsquo;un tiers de l&rsquo;ensemble des travailleurs sont sans travail, ou beaucoup de sans-travail, au ch\u00f4mage depuis trois, quatre, cinq ann\u00e9es, us\u00e9s et d\u00e9moralis\u00e9s par la d\u00e9tresse la plus terrible, ou chaque travailleur qui a encore du travail, tremble pour son emploi. Nous savions que la dictature tentera de briser une quelconque gr\u00e8ve par la force, que donc une quelconque gr\u00e8ve en peu d&rsquo;heures devrait basculer vers une lutte arm\u00e9e. Nous savions que dans une telle lutte arm\u00e9e d&rsquo;ennemi aurait la terrible sup\u00e9riorit\u00e9 de la technique de guerre moderne. Nous avons donc fait tout ce qui d&rsquo;une fa\u00e7on ou d&rsquo;une autre \u00e9tait possible, pour \u00e9viter que les choses soient tranch\u00e9es par la force. Durant les premi\u00e8res semaines apr\u00e8s le coup d&rsquo;\u00e9tat du 7&nbsp;mars 1933 quelques-uns parmi nous avaient encore la possibilit\u00e9 de parler avec <span lang=DE>Dollfu\u00df<\/span>. Ils lui propos\u00e8rent des n\u00e9gociations sur un arrangement; sur une r\u00e9forme de la constitution et du r\u00e8glement des parlements. <span lang=DE>Dollfu\u00df<\/span> promit d&rsquo;entamer de telles n\u00e9gociations fin mars 1933. Non seulement il ne les a pas entam\u00e9es, par la suite il a refus\u00e9 toute discussion avec des social-d\u00e9mocrates. [&#8230;] Constamment nous avons utilis\u00e9 une quelconque occasion de mettre en garde des hommes politiques bourgeois et \u00e0 travers eux le gouvernement, devant la mont\u00e9e d&rsquo;un \u00e9tat d&rsquo;esprit r\u00e9volutionnaire parmi les travailleurs, devant le danger croissant qu&rsquo;un incident puisse conduire &#8209;&nbsp;f\u00fbt-ce contre la volont\u00e9 du parti&nbsp;&#8209; \u00e0 un \u00e9ruption violente de la rage accumul\u00e9e contre la dictature. <span lang=DE>Dollfu\u00df<\/span> rejeta toutes ces mises en garde [&#8230;] Nous offrions des concessions allant toujours plus loin pour rendre possible une solution pacifique. Nous f\u00eemes savoir <span lang=DE>Dollfu\u00df<\/span> que nous serions pr\u00eats d&rsquo;accorder au gouvernement, d&rsquo;une fa\u00e7on conforme \u00e0 la constitution, des pouvoirs extraordinaires pour deux ans, si ces pouvoirs serait mani\u00e9s exclusivement avec la participation d&rsquo;une commission restreinte\u00a0 du parlement et sous contr\u00f4le de la cour constitutionnelle, et qu&rsquo;en \u00e9change nous ne demanderions rien en dehors de la libert\u00e9 de mouvement, du r\u00e9tablissement du droit de r\u00e9union l\u00e9gal et de la libert\u00e9 de presse dans le respect des limitations l\u00e9gales. Nous nous d\u00e9clarions pr\u00eats \u00e0 faire des concessions m\u00eame \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e de l&rsquo;organisation &quot;corporative&quot; de la soci\u00e9t\u00e9 et de l&rsquo;\u00e9tat, uniquement dans le but de pouvoir trouver un terrain d&rsquo;entente. Tout fut vain; <span lang=DE>Dollfu\u00df<\/span> refusa toute n\u00e9gociation.<\/p>\n<p class=Texte>Les argumentations d\u00e9velopp\u00e9es au sein de la social-d\u00e9mocratie autrichienne et allemande prirent parfois des tournures hallucinantes. \u00c0 titre d&rsquo;illustration, voici des extraits de deux textes, respectivement de Bauer et de Karl Kautsky.<\/p>\n<p class=Texte>Bauer fait parler &quot;les travailleurs, les socialistes du monde entier&quot; pour s&rsquo;approprier au nom des &quot;socialistes&quot; autrichiens la gloire qui revient en r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 ceux qui n&rsquo;ont pas imit\u00e9 l&rsquo;attitude de collaboration de classe des dirigeants social-d\u00e9mocrates ni suivi les consignes qui leur \u00e9taient donn\u00e9es en cons\u00e9quence. Il juxtapose \u00e0 cette pr\u00e9sentation l&rsquo;affirmation selon laquelle les national-socialistes en Allemagne avait accapar\u00e9 le pouvoir &quot;sans r\u00e9sistance&quot;, y compris de la part des &quot;partis ouvriers&quot;, c&rsquo;est-\u00e0-dire SPD et KPD r\u00e9unis<a href=\"#_edn26\" name=\"_ednref26\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt'>[26]<\/span><\/span><\/span><\/a>:<\/p>\n<p class=MsoQuote>Lorsque Hitler, sans rencontrer de r\u00e9sistance, avait bris\u00e9 les deux puissants partis ouvriers d&rsquo;Allemagne, d\u00e9truit par un trait de plume les \u00e9normes syndicats allemands, terrass\u00e9 la classe ouvri\u00e8re allemande qui durant des d\u00e9cennies fut le champion du prol\u00e9tariat international, son mod\u00e8le amplement admir\u00e9, alors un \u00e9tat d&rsquo;esprit de profond abattement se saisit des socialistes du monde entier, et Arnoldo Mussolini [fr\u00e8re de Benito] d\u00e9clara triomphalement: &quot;Le socialisme est comme une \u00e9ponge totalement imbib\u00e9; il suffit de la comprimer, pour voir \u00e0 quel point il n&rsquo;y a pas grande chose!&quot; [&#8230;] Un an plus tard se soulev\u00e8rent les hommes du <span lang=DE>Schutzbund<\/span> autrichien. Ils furent vaincus. En Autriche aussi, la classe ouvri\u00e8re fut terrass\u00e9e. Mais malgr\u00e9 la d\u00e9faite le combat des hommes du <span lang=DE>Schutzbund<\/span> autrichien \u00e9veilla un enthousiasme sans pr\u00e9c\u00e9dent des travailleurs, des socialistes du monde entier. [&#8230;] Et partout on disait maintenant: &quot;\u00c7a, c&rsquo;est des gars autrement qu&rsquo;en Allemagne! Les Autrichiens, eux au moins, ils ont combattu! Ils ont montr\u00e9 au monde entier qu&rsquo;il y a encore des homes qui sont pr\u00eats \u00e0 mourir pour le socialisme! Encore des h\u00e9ros qui, en pronon\u00e7ant le Vive le socialisme, vont vers la potence!&quot;<\/p>\n<p class=Texte>De l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de la fronti\u00e8re intra-germanique, Kautsky se montre vex\u00e9 par les comparaisons qui pr\u00e9sentent les travailleurs allemands sous un jour d\u00e9favorable, mais comme Bauer il consid\u00e8re l&rsquo;absence de r\u00e9sistance comme un fait<a href=\"#_edn27\" name=\"_ednref27\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt'>[27]<\/span><\/span><\/span><\/a>:<\/p>\n<p class=MsoQuote>Sans aucun doute, l&rsquo;attitude de la classe ouvri\u00e8re allemande dans les ann\u00e9es 1932 et 1933 nous a \u00e9branl\u00e9s et d\u00e9prim\u00e9s au plus profond. Mais est-ce qu&rsquo;il est permis d&rsquo;en conclure que les travailleurs allemands soient de valeur morale inf\u00e9rieure et qu&rsquo;ils soient plac\u00e9s loin en-dessous de ceux autrichiens? Certes, nous attendions des travailleurs allemands quelque chose tout \u00e0 fait diff\u00e9rent de ce qu&rsquo;ils nous ont montr\u00e9s; c&rsquo;\u00e9tait pour nous terrible de voir qu&rsquo;en partie ils pass\u00e8rent en masse du c\u00f4t\u00e9 des nazis, et en partie comme paralys\u00e9s regardaient arriver le malheur. <\/p>\n<p class=Texte>Il partage l&rsquo;angoisse existentielle de Bauer en rapport avec l&rsquo;\u00e9ventualit\u00e9 d&rsquo;affrontements arm\u00e9s provoqu\u00e9s par le gouvernement ou la Heimwehr, mais il est plus cons\u00e9quent dans la conclusion qu&rsquo;il en tire<a href=\"#_edn28\" name=\"_ednref28\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt'>[28]<\/span><\/span><\/span><\/a>:<\/p>\n<p class=MsoQuote>[&#8230;] un grand nombre de social-d\u00e9mocrates, dont presque tous les dirigeants, se rendaient compte qu&rsquo;au plan purement militaire le <span lang=DE>Schutzbund<\/span> ne pouvait pas se mesurer aux forces qui pouvaient \u00eatre mobilis\u00e9es contre lui. Cependant ils savaient aussi, de par les exp\u00e9riences historiques, qu&rsquo;une d\u00e9faite dans une lutte arm\u00e9e en rapport avec un conflit int\u00e9rieur, non seulement d\u00e9blaye le terrain pour le mal que l&rsquo;on veut repousser, mais qu&rsquo;elle l&rsquo;amplifie dans une mesure beaucoup plus grande que cela aurait \u00e9t\u00e9 le cas sans l&rsquo;intervention des armes. C&rsquo;est pourquoi tout gouvernement r\u00e9actionnaire qui s&rsquo;est vu face \u00e0 un ennemi int\u00e9rieur ayant pr\u00e9serv\u00e9 ses forces, a cherch\u00e9 \u00e0 provoquer l&rsquo;adversaire au point qu&rsquo;il passe \u00e0 la d\u00e9fense arm\u00e9e. Car c&rsquo;\u00e9tait le moyen le plus s\u00fbr de paralyser totalement pour une longue p\u00e9riode sa force de combat, par l&rsquo;extermination sanglante ou en arr\u00eatant ou mettant en fuite ses meilleurs forces et en d\u00e9courageant le reste. [&#8230;]<\/p>\n<p class=MsoQuote>La tactique des social-d\u00e9mocrates autrichiens \u00e9tait tout \u00e0 fait particuli\u00e8re. Sa faiblesse ne r\u00e9sidait pas dans l&rsquo;id\u00e9ologie d\u00e9fensive, mais dans son caract\u00e8re ambivalent. Elle se rendait bien compte des cons\u00e9quences d\u00e9sastreuses d&rsquo;un conflit arm\u00e9e. Elle l&rsquo;\u00e9vitait de son mieux, cherchait \u00e0 calmer autant que possible les hommes du <span lang=DE>Schutzbund<\/span>, dans les rangs desquels grandissait l&rsquo;agitation sous les coups de la contrer\u00e9volution. Mais elle n&rsquo;arriva pas \u00e0 se d\u00e9cider \u00e0 s&rsquo;abstenir de fa\u00e7on cons\u00e9quente de tout appel au <span lang=DE>Schutzbund<\/span> dans la situation donn\u00e9e, mais agitait la menace d&rsquo;une riposte violente au cas o\u00f9 serait franchi cette limite qui selon Schiller s&rsquo;impose \u00e0 tout pouvoir tyrannique.<\/p>\n<p class=Texte>Il est certain que les dirigeants de la social-d\u00e9mocratie respectivement autrichienne et allemande se caract\u00e9risent par des positions quasiment identiques, en ce qui concerne cet aspect doublement mensonger et hypocrite des analyses, qui d&rsquo;une part d\u00e9forment les faits &#8209;&nbsp;notamment quand il s&rsquo;agit des communistes&nbsp;&#8209;, et d&rsquo;autre part passent sous silence leur propre culpabilit\u00e9 \u00e9vidente en ce qui concerne la &quot;passivit\u00e9&quot; des travailleurs.<\/p>\n<p class=Texte>\u00c0 titre d&rsquo;exemple, prenons les phrases cit\u00e9es plus haut, extraites d&rsquo;un appel publi\u00e9 par la direction social-d\u00e9mocrate en d\u00e9cembre 1931: &quot;Donc pas d&rsquo;actes inconsid\u00e9r\u00e9s, pas d&rsquo;\u00e9ruption de rage, pas de manifestations inutiles durant cette journ\u00e9e! Nous ne gaspillerons pas nos forces. Nous les garderons concentr\u00e9es intactes en vue de l&rsquo;heure d\u00e9cisive!&quot;<\/p>\n<p class=Texte>Voici par comparaison quelques \u00e9chantillons des positions exprim\u00e9es par les directions social-d\u00e9mocrates allemandes le 30&nbsp;janvier 1933 \u00e0 l&rsquo;annonce de la formation d&rsquo;un gouvernement Hitler-Papen-<span lang=DE>Hugenber<\/span>g.<\/p>\n<p class=Texte>Appel du comit\u00e9 directeur et du groupe \u00e0 l&rsquo;assembl\u00e9e nationale, du SPD<a href=\"#_edn29\" name=\"_ednref29\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt'>[29]<\/span><\/span><\/span><\/a>:<\/p>\n<p class=MsoQuote>Toute tentative du gouvernement, d&rsquo;utiliser ou de maintenir son pouvoir en allant contre la constitution, se heurtera \u00e0 la r\u00e9sistance extr\u00eame de la classe ouvri\u00e8re et de tous les cercles de tendance lib\u00e9rale. Toutes les forces doivent \u00eatre tenues pr\u00eates pour cette lutte d\u00e9cisive. Des interventions indisciplin\u00e9es d&rsquo;organisations ou groupes isol\u00e9es, de leur propre initiative, causeraient \u00e0 la classe ouvri\u00e8re tout enti\u00e8re des dommages graves au plus haut point.<\/p>\n<p class=Texte>Appel de l&rsquo;ADGB en commun avec d&rsquo;autres syndicats<a href=\"#_edn30\" name=\"_ednref30\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt'>[30]<\/span><\/span><\/span><\/a>:<\/p>\n<p class=MsoQuote>Pour repousser le cas \u00e9ch\u00e9ant efficacement des attaques contre la constitution et les droits du peuple, la n\u00e9cessit\u00e9 premi\u00e8re actuelle est sang-froid et circonspection. Ne vous laissez pas entrainer \u00e0 des actions isol\u00e9es pr\u00e9cipit\u00e9es et donc nocives.<\/p>\n<p class=Texte>Article de l&rsquo;organe du SPD <i><span lang=DE>Vorw\u00e4rts<\/span><\/i><a href=\"#_edn31\" name=\"_ednref31\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt'>[31]<\/span><\/span><\/span><\/a>:<\/p>\n<p class=Texte>Face \u00e0 ce gouvernement de menace de coup d&rsquo;\u00e9tat la social-d\u00e9mocratie et tout le Front de fer se tiennent les deux pieds sur le terrain de la constitution et de la l\u00e9galit\u00e9. Ils ne feront pas le premier pas pour s&rsquo;\u00e9loigner de ce terrain. La lutte la plus s\u00e9v\u00e8re contre ce gouvernement, elle la m\u00e8nera plut\u00f4t en mettant \u00e0 profit tous les moyens constitutionnels et l\u00e9gaux. Elle laisse exclusivement \u00e0 ses adversaires la responsabilit\u00e9 pour l&rsquo;\u00e9clatement d&rsquo;une lutte qui des deux c\u00f4t\u00e9s ne serait plus men\u00e9e avec les armes normales de la lutte politique.<\/p>\n<h1>Notes<\/h1>\n<\/p><\/div>\n<div><br clear=all> <\/p>\n<hr align=left size=1 width=\"33%\">\n<div id=edn1>\n<p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref1\" name=\"_edn1\" title=\"\"><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt'><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:12.0pt'>[1]<\/span><\/span><\/span><\/span><\/a>.&nbsp;Nous reproduisons ce texte avec l\u2019accord du responsable du site 321ignition.free.fr.<\/p>\n<p class=MsoEndnoteText>Pour des extraits des documents cit\u00e9s, reproduits selon les sources d&rsquo;origine: <a href=\"https:\/\/www.rocml.org\/References-ML\/autriche-fevrier-1934-resistance-fascisme-extraits-documents\/\">&#9658;<\/a>.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=edn2>\n<p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn2\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[2]<\/span><\/a>.&nbsp;Par ce terme <span lang=DE>Heimwehr<\/span> (ou les variantes <span lang=DE>Heimatschutz, Heimatwehr, Heimwehren<\/span>) on d\u00e9signe collectivement un ensemble d&rsquo;unit\u00e9s de milices volontaires form\u00e9es initialement apr\u00e8s la 1e&nbsp;guerre mondiale, puis regroup\u00e9es au niveau de diff\u00e9rentes provinces.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=edn3>\n<p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref3\" name=\"_edn3\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[3]<\/span><\/a>.&nbsp;Commun\u00e9ment, selon la d\u00e9signation actuelle: <span lang=DE>Sozialdemokratische Partei \u00d6sterreichs<\/span> (SP\u00d6). D\u00e9signations ant\u00e9rieures: 1888\/89&#8209;1934 <span lang=DE>Sozialdemokratische Arbeiterpartei Deutsch\u00f6sterreichs<\/span> (SDAPD\u00d6, ou SDAP\u00d6), 1945&#8209;1991 <span lang=DE>Sozialistische Partei \u00d6sterreichs<\/span> (SP\u00d6).<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=edn4>\n<p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref4\" name=\"_edn4\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[4]<\/span><\/a>.&nbsp;SDAPD\u00d6 (Hg.): <span lang=DE>Jahrbuch der \u00f6sterreichischen Arbeiterbewegung, Wiener Volksbuchhandlung<\/span>, 1930, p.&nbsp;62.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=edn5>\n<p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref5\" name=\"_edn5\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[5]<\/span><\/a>.&nbsp;Les origines historiques du national-socialisme allemand remontent au Mouvement Panallemand (&quot;<span lang=DE>Alldeutsche Bewegung<\/span>&quot;) fond\u00e9 en 1873 \u00e0 Vienne par <span lang=DE>Georg Ritter von Sch\u00f6nerer<\/span>. Celui-ci, en 1882, formule le &quot;Programme de Linz&quot; comme base du Mouvement National-allemand (&quot;<span lang=DE>Deutschnationalen Bewegung<\/span>&quot;). En 1903 est fond\u00e9 en Boh\u00e8me le Parti ouvrier allemand (&quot;<span lang=DE>Deutsche Arbeiterpartei<\/span>&quot;, DAP) qui reprend le contenu du &quot;Programme de Linz&quot;. En mai 1918 le DAP se transforme en Parti ouvrier national-socialiste allemand (&quot;<span lang=DE>Deutsche Nationalsozialistische Arbeiterpartei<\/span>&quot;, DNSAP). Dans la m\u00eame tradition en Allemagne est fond\u00e9 en janvier 1919 un autre Parti ouvrier allemand (DAP), transform\u00e9 en f\u00e9vrier 1920 en Parti ouvrier allemand national-socialiste (NSDAP). Apr\u00e8s le d\u00e9membrement de la monarchie des <span lang=DE>Habsburg<\/span>, le NSDAP r\u00e9ussit \u00e0 poursuivre son activit\u00e9 uniquement en Autriche et en Tch\u00e9coslovaquie.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=edn6>\n<p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref6\" name=\"_edn6\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[6]<\/span><\/a>.&nbsp;<span lang=DE>Edmund Weber (Hg.): Dollfuss an \u00d6sterreich &#8211; eines Mannes Wort und Ziel, Reinhold-Verlag<\/span>, 1935, p.&nbsp;217.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=edn7>\n<p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref7\" name=\"_edn7\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[7]<\/span><\/a>.&nbsp;<span lang=DE>Rudolf Hoke, Ilse Reiter (Hg.): Quellensammlung zur \u00f6sterreichischen und deutschen Rechtsgeschichte, Wien, B\u00f6hlau Verlag<\/span>, 1993, p.&nbsp;523.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=edn8>\n<p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref8\" name=\"_edn8\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[8]<\/span><\/a>.&nbsp;<span lang=DE>Historische Kommission beim ZK der KP\u00d6: Geschichte der Kommunistischen Partei \u00d6sterreichs, 1918&#8209;1955 &#8211; Kurzer Abriss, Wien, Globus Verlag<\/span>, 1977, p.&nbsp;103.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=edn9>\n<p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref9\" name=\"_edn9\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[9]<\/span><\/a>.&nbsp;<span lang=DE>HK beim ZK der KP\u00d6: Geschichte der KP\u00d6&#8230;<\/span>, p.&nbsp;104.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=edn10>\n<p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref10\" name=\"_edn10\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[10]<\/span><\/a>.&nbsp;<span lang=DE>HK beim ZK der KP\u00d6: Geschichte der KP\u00d6&#8230;<\/span>, p.&nbsp;104.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=edn11>\n<p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref11\" name=\"_edn11\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[11]<\/span><\/a>.&nbsp;<span lang=DE>HK beim ZK der KP\u00d6: Geschichte der KP\u00d6.<\/span>.., p.&nbsp;104.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=edn12>\n<p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref12\" name=\"_edn12\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[12]<\/span><\/a>.&nbsp;<span lang=DE>HK beim ZK der KP\u00d6: Geschichte der KP\u00d6&#8230;<\/span>, p.&nbsp;104.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=edn13>\n<p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref13\" name=\"_edn13\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[13]<\/span><\/a>.&nbsp;<span lang=DE>Protokoll der Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Arbeiterpartei Deutsch\u00f6sterreichs, abgehalten in Wien, 29.&nbsp;Oktober bis 1.&nbsp;November 1927, Wiener Volksbuchhandlung<\/span>, 1927, p.&nbsp;103&#8209;130 (ici p.&nbsp;123 et p.&nbsp;130).<\/p>\n<p class=MsoEndnoteText>Reproduit dans:<\/p>\n<p class=MsoEndnoteText>Otto Bauer: <span lang=DE>Werkausgabe<\/span> Band&nbsp;5, <span lang=DE>Europa Verlag<\/span>, 1978. p.&nbsp;467&#8209;492 (ici p.&nbsp;486 et p.&nbsp;492).<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=edn14>\n<p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref14\" name=\"_edn14\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[14]<\/span><\/a>.&nbsp;SDAPD\u00d6 (Hg.): <span lang=DE>Jahrbuch der \u00f6sterrreichischen Arbeiterbewegung, Verlag der Wiener Volksbuchhandlung<\/span>, 1928, p.&nbsp;17 et s.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=edn15>\n<p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref15\" name=\"_edn15\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[15]<\/span><\/a>.&nbsp;<span lang=DE>Gertrud Buttlar: Wiener Neustadt &#8211; Geschichte, Kunst, Kultur, Wirtschaft, Wien, Braum\u00fcller<\/span>, 1993, p.&nbsp;482.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=edn16>\n<p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref16\" name=\"_edn16\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[16]<\/span><\/a>.&nbsp;<span lang=DE>Protokoll der Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Arbeiterpartei Deutsch\u00f6sterreichs, abgehalten in Wien, 14.&nbsp;bis 17.&nbsp;September 1928, Wiener Volksbuchhandlung<\/span>, 1928, p.&nbsp;26&#8209;27.<\/p>\n<p class=MsoEndnoteText>Reproduit dans:<\/p>\n<p class=MsoEndnoteText><span lang=DE>Otto Bauer: Werkausgabe Band&nbsp;3, Europa Verlag<\/span>, 1976, p.&nbsp;693&#8209;694.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=edn17>\n<p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref17\" name=\"_edn17\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[17]<\/span><\/a>.&nbsp;<span lang=DE>SDAPD\u00d6 (Hg.): Jahrbuch der \u00f6sterreichischen Arbeiterbewegung, Wiener Volksbuchhandlung<\/span>, 1931, p. 26&#8209;27.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=edn18>\n<p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref18\" name=\"_edn18\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[18]<\/span><\/a>.&nbsp;<span lang=DE>Arnold Reisberg: Februar 1934, Wien, Globus Verlag,<\/span> 1974, p.&nbsp;177.<\/p>\n<p class=MsoEndnoteText><span lang=DE>Otto Bauer: Der Aufstand der \u00f6sterreichischen Arbeiter &#8211; Seine Ursachen und Wirkungen, Deutsche. Sozialdemokratische Arbeiterpartei (DSAP) in der Tschechoslowakei (Hg.), Prag,<\/span> 1934 (Texte dat\u00e9 du 19&nbsp;f\u00e9vrier 1934), p.&nbsp;14. <\/p>\n<p class=MsoEndnoteText>Le texte d&rsquo;O.&nbsp;Bauer est reproduit dans:<\/p>\n<p class=MsoEndnoteText><span lang=DE>Otto Bauer: Werkausgabe Band&nbsp;3, Europa Verlag,<\/span> 1976, p.&nbsp;957&#8209;997 (ici p.&nbsp;973).<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=edn19>\n<p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref19\" name=\"_edn19\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[19]<\/span><\/a>.&nbsp;<span lang=DE>Karl Renner: Nachgelassene Werke, Vol.&nbsp;2 &#8211; \u00d6sterreich von der Ersten zur Zweiten Republik, Verlag der Wiener Volksbuchhandlung<\/span>, 1953, p.&nbsp;137.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=edn20>\n<p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref20\" name=\"_edn20\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[20]<\/span><\/a>.&nbsp;<span lang=DE>Jacques Hannak: Karl Renner und seine Zeit, M\u00fcnchen, Europa Verlag,<\/span> 1965, p.&nbsp;603-604.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=edn21>\n<p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref21\" name=\"_edn21\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[21]<\/span><\/a>.&nbsp;<span lang=DE>Karl Renner: Nachgelassene Werke &#8211; Vol.&nbsp;2 &#8211; \u00d6sterrreich von der Ersten zur Zweiten Republik, Wiener Volksbuchhandlung,<\/span> 1953, p.&nbsp;137.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=edn22>\n<p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref22\" name=\"_edn22\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[22]<\/span><\/a>.&nbsp;<span lang=DE>Otto Bauer: Der Aufstand der \u00f6sterreichischen Arbeiter&#8230;, p.&nbsp;24. (Werkausgabe&#8230;,<\/span> p. 988.)<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=edn23>\n<p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref23\" name=\"_edn23\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[23]<\/span><\/a>.&nbsp;Journal <i><span lang=DE>Der Vertrauensmann<\/span><\/i><span lang=DE> <\/span>(D\u00e9cembre 1930).<\/p>\n<p class=MsoEndnoteText>Cf.: <span lang=DE>HK beim ZK der KP\u00d6: Geschichte der KP\u00d6&#8230;<\/span>, p.&nbsp;116.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=edn24>\n<p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref24\" name=\"_edn24\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[24]<\/span><\/a>.&nbsp;<span lang=DE>Rudolf Hoke, Ilse Reiter (Hg.): Quellensammlung&#8230;<\/span>, p.&nbsp;545<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=edn25>\n<p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref25\" name=\"_edn25\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[25]<\/span><\/a>.&nbsp;<span lang=DE>Otto Bauer: Der Aufstand der \u00f6sterreichischen Arbeiter&#8230;,\u00a0 p.&nbsp;11. (Werkausgabe&#8230;<\/span>, p. 971.)<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=edn26>\n<p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref26\" name=\"_edn26\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[26]<\/span><\/a>.&nbsp;<span lang=DE>Otto Bauer, &quot;Der Aufstand als &#8211; Fehler&quot;, in: <i>Der Kampf<\/i>, 1.&nbsp;Jg.<\/span>\u201a Nr.&nbsp;6, 1934, p.&nbsp;197 et suiv.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=edn27>\n<p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref27\" name=\"_edn27\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[27]<\/span><\/a>.&nbsp;<span lang=DE>Anonym: Grenzen der Gewalt &#8211; Aussichten und Wirkungen bewaffneter Erhebungen des Proletariats (Probleme des Sozialismus, Sozialdemokratische Schriftenreihe, Ausgabe&nbsp;10), Karlsbad, Graphia<\/span>, 1934, p.&nbsp;23.<\/p>\n<p class=MsoEndnoteText>La brochure a \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9e par Karl Kautsky.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=edn28>\n<p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref28\" name=\"_edn28\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[28]<\/span><\/a>.&nbsp;<span lang=DE>Anonym: Grenzen der Gewalt&#8230;<\/span>, p.&nbsp;17.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=edn29>\n<p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref29\" name=\"_edn29\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[29]<\/span><\/a>.&nbsp;<span lang=DE>IML beim ZK der SED (Hg.): Geschichte der deutschen Arbeiterbewegung &#8211; Vol.&nbsp;5 &#8211; Von Januar 1933 bis Mai 1945, Berlin, Dietz<\/span>, 1966, p.&nbsp;442.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=edn30>\n<p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref30\" name=\"_edn30\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[30]<\/span><\/a>.&nbsp;<span lang=DE>ADGB (Hg.): <i>Gewerkschafts-Zeitung<\/i> &#8211; Jg.&nbsp;43 (1933), Verlag des ADGB<\/span>, p.&nbsp;65.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=edn31>\n<p class=MsoEndnoteText><a href=\"#_ednref31\" name=\"_edn31\" title=\"\"><span style='font-size:10.0pt;font-family:\"Garamond\",\"serif\"'>[31]<\/span><\/a>.&nbsp;<span lang=DE>W.&nbsp;Ruge, W.&nbsp;Schumann (Hg.): Dokumente zur deutschen Geschichte &#8211; Vol.&nbsp;8 &#8211; 1929&#8209;1933, Frankfurt am Main, R\u00f6derberg Verlag<\/span>, 1977, p.&nbsp;92.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<!--themify_builder_content-->\n<div id=\"themify_builder_content-309\" data-postid=\"309\" class=\"themify_builder_content themify_builder_content-309 themify_builder tf_clear\">\n    <\/div>\n<!--\/themify_builder_content-->\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Autriche, f\u00e9vrier 1934 Un jalon dans la r\u00e9sistance contre le fascisme&nbsp;[1] &nbsp; Apr\u00e8s qu&rsquo;a \u00e9t\u00e9 instaur\u00e9e la dictature national-socialiste en Allemagne en 1933, la France \u00e0 son tour fut secou\u00e9e par les agissements de l&rsquo;extr\u00eame droite, entrainant la chute du gouvernement Daladier, le 6&nbsp;f\u00e9vrier 1934. 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